Retable en broderie d’Alice Basset…

A travers ces trois scènes, l’œuvre nous parle de la royauté, de l’ouverture aux nations et de la manifestation de Dieu.

… église du Christ-Roi, Petit-Lancy (GE)

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Alice Basset est surtout connue pour la tapisserie de Saint-Victor que l’on peut admirer en l’église Saint-Joseph (GE). Ce n’est toutefois pas sa seule œuvre. L’église du Christ-Roi (Petit-Lancy) accueille un remarquable retable brodé.

Sur la partie droite du triptyque, on observe l’Adoration des mages ; sur la partie gauche, la Pentecôte et au centre, l’Agneau mystique entouré des prophètes de l’Ancien Testament et des Pères de l’Eglise. A travers ces scènes, l’œuvre nous parle de la royauté, de l’ouverture aux nations et de la manifestation de Dieu.

La tradition a fait des mages des rois. Mais aussi riches que soient leurs atours, ce ne sont pas eux qui sont dans la lumière. Alice Basset joue avec les tons, mettant l’accent sur le visage de la Vierge et sur l’Enfant. Le seul vrai roi, celui auquel cette église est d’ailleurs consacrée, c’est le Christ. Le panneau central nous renseigne sur la façon dont Il est roi. Sur le trône, se trouve l’Agneau. L’Apocalypse (Ap 5, 6) fait le lien entre la Passion et la royauté : le roi est celui qui donne sa vie pour sauver celle de son peuple. L’Evangile de la Solennité du Christ Roi nous invite d’ailleurs à contempler Jésus sur la croix. (Lc 23, 35-43 en 2022)

L’Adoration des mages est appelée épiphanie, ce qui signifie manifestation. C’est en effet la manifestation de Dieu aux peuples non juifs, les mages venant de pays lointains. A la Pentecôte, les Apôtres reçoivent l’Esprit pour témoigner de la Résurrection jusqu’aux extrémités de la terre. L’Apocalypse annonce la destinée collective de l’humanité : l’Agneau est entouré d’une foule immense « de toute nation, race, peuple, langue ». (Ap 7, 16-17)

A Noël (panneau de gauche), nous fêtons la venue de Dieu sur la terre et la Pentecôte (panneau de droite) célèbre la manifestation de l’Esprit-Saint. Le panneau central annonce le retour du Christ dans la gloire. Cette œuvre est un résumé de l’histoire du Salut : Dieu a parlé par les prophètes, Il est venu par Jésus, Il est présent par l’Esprit et nous attendons son retour dans la Gloire.

Un chantier à rebondissement

Je porte le prénom de trois apôtres, me lance-t-il d’emblée : « Oui, Pierre-André-Paul ! » Je me dis que notre entretien va être des plus palpitants ! « Si après 50 ans d’artisanat et d’amour pour mon métier, je n’ai rien à dire, alors… » En voilà, un sacré artiste : Pierre-André Woeffray met du cœur à l’ouvrage. Maître serrurier forgeron de formation, né à Monthey en 1958, il se dit entrepreneur libre. Il a la justesse et la finesse tout autant que l’humanité chevillées au corps. Il en faut pour aller « accrocher le Christ » au sommet de l’église de Martigny…

PROPOS RECUEILLIS
PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Pierre-André Woeffray.

Pierre-André, vous avez relevé quelques défis en acceptant de travailler sur les chantiers proposés par notre curé Jean-Pascal ?
Oui, les « chantiers » proposés par le chanoine Jean-Pascal Genoud ont toujours été des défis, car il a fallu réaliser concrètement les idées qui ont germé dans son esprit objectif et créatif. Cependant, nous sommes arrivés au terme de ces travaux pour le bien et la beauté de vos églises martigneraines.

Et le chantier « Boular » ?
Oui, j’aimerais décrire l’histoire contemporaine du « Christ de Boular »… Cette œuvre magnifique et organique, datant apparemment du XVIe siècle, était à l’origine de notre intervention. Elle était placée à l’arrière de l’église de la Ville, près de la sortie et sur une grande croix en bois, écrasant quelque peu la valeur dimensionnelle de notre Christ. Le chanoine Genoud m’a demandé de l’extraire de cette position trop discrète et en manque de valorisation. J’ai donc eu l’insigne honneur de le manipuler précautionneusement et de l’avoir deux semaines durant dans mon bureau à l’atelier. Dans un premier temps, nous avons composé un exosquelette métallique, discret mais solide, pour pouvoir suspendre le Christ sur des tirants métalliques, préalablement tendus entre les piliers de l’église et suspendus au centre de la voûte. Premier défi, car les accès et les mesures n’ont pas été de toute facilité. Une fois le Christ ainsi suspendu, fixé sur son support, il est resté un mois à la vue des paroissiens ; quelques critiques ont alors fusé, notamment que sans croix, certains lui ont donné le qualificatif de « plongeur d’Acapulco »… Cependant, sa place devant rester et malgré quelque déception du curé Jean-Pascal, nous l’avons redescendu et, après la fabrication d’une croix métallique adaptée et avalisée, remis en croix et suspendu à nouveau sur les tirants initialement posés.

Voici donc ce fameux « Christ de Boular », qui vous est présenté sur le symbole éternel de son martyre, suspendu à sa place d’honneur, au-dessus de l’autel de votre église de la Visitation, et il vous regarde d’en haut, quelle que soit votre situation dans cette belle maison de Dieu rénovée et lumineuse. Pour cette petite histoire, je précise que c’est lors de la dernière élévation de l’œuvre que les services de protection du patrimoine nous ont ordonné « de ne pas toucher cette sculpture, étant donné sa grande valeur due à son âge et son origine. C’est certainement la pièce la plus précieuse de cette église ! ».

Je vous promets que l’histoire de mon rapport avec le « Christ de Boular » est authentique car, tel l’adage : « Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais… »

J’ajoute enfin que l’église porte au mieux son nom, car au bon vouloir du curé Jean-Pascal, elle se visite actuellement avec des commentaires médias subtilement installés aux endroits névralgiques, tel un musée « tout public ». Cette réalisation me plaît beaucoup et donne à ce lieu un intérêt qui n’était peut-être pas d’actualité avant sa rénovation.

Qu’est-ce qui vous passionne tant dans notre métier ?
Le fait de pouvoir concrètement réaliser les désirs de mes demandeurs, car le métal, quoique dur et rébarbatif, possède une mémoire. Avec l’usinage de ce métier, l’outillage et les connaissances de l’artisan, cette mémoire reste pour très longtemps dans la représentation désirée.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos confrères serruriers forgerons ?
Peut-être l’âge et une certaine volonté exécutoire innée.

Vous m’avez avoué avoir vécu une vie à rebondissements. Qu’est-ce qui vous a poussé en avant ?
Notamment la vraie résilience et l’autre adage : « Comme tu fais ton lit, tu te couches. »

Vous avez toujours eu une fibre sociale aigüe et vous me disiez savoir « dénicher les cœurs droits ». Que voulez-vous dire par là ?
Par opposition aux « cœurs droits », il y aurait les « cœurs fourbes » ! Aussi, il est de notre intérêt commun de dénicher les fourbes.

Qu’est-ce qui vous fait aimer autant aller au cœur des choses, de l’humain ?
Il est dit que Dieu est en chacun de nous, qu’il nous a prêté vie et nous a fait à sa ressemblance. Aussi, quand il nous a ordonné « d’aimer son prochain, comme soi-même », il a aussi logiquement ordonné de s’aimer soi-même.

 Dans son atelier avec le « Christ de Boular ».

Vigilance et Révélation-Apocalypse

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

« C’est bientôt la fin du monde », paraît-il. Cette affirmation, nous l’avons entendue une fois de plus, cet été, quand aux sévices russes commis lors de l’injustifiable attaque contre l’Ukraine, sont venues s’ajouter les catastrophes de la sécheresse et des feux de forêt, un peu partout sur la planète. Avec en plus, les menaces de coupures de courant pour cet hiver.

A vrai dire, cela fait bien longtemps qu’on nous promet le terme de l’histoire : cela a été le cas, au fond, à chaque époque. Pensons aux invasions des Barbares, à la chute de l’Empire byzantin, aux deux Guerres Mondiales du
XXe siècle, aux catastrophes nucléaires de Fukushima ou de Tchernobyl, etc.

Le Nouveau Testament, avec son ultime livre de « Révélation » et les discours apocalyptiques des évangiles, nous invite constamment à la seule attitude qui convienne face à ces drames successifs : la vigilance. Pas de panique, la maîtrise de l’univers reste dans la main du Créateur et Sauveur. Les adversaires de son dessein, les différentes Bêtes, les empires de Babylone et de Rome, les tyrans contemporains ne l’emporteront pas. Le mal sera définitivement plongé dans l’étang de feu et la seconde mort.

« C’est à l’heure où vous ne l’attendez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Matthieu 24, 44) Les soubresauts des conflits, des famines et des tremblements de terre ne signifient que le commencement des douleurs de l’enfantement des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les faux prophètes pulluleront, abusant de la crédulité des gens et dressant nation contre nation. « Mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. » (Matthieu 24, 13) Les tribulations se répandront, le soleil et la lune s’obscurciront, les étoiles tomberont du ciel. C’est alors seulement que le Fils de l’homme viendra sur les nuées.

Tenons-nous donc prêts, car nul ne connaît le jour où l’avènement du Maître se produira ! (Matthieu 24, 42) Pas de crainte, car ce que nous vivons actuellement ne constitue que des signes avant-coureurs de la libération définitive !

Un geste tourné vers la vie

Parler de la fin des temps a quelque chose de grandiloquent. Tout au plus pouvons-nous mettre des mots sur la fin d’un temps, d’un chapitre de vie ou d’un engagement.

PAR JOSÉ MITTAZ | PHOTO : MARION PERRAUDIN

L’appel à la vie dans le regard de Naemi.

« Il y a un moment pour tout, nous dit l’Ecclésiaste, un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher… » (Qo 3, 1-2) Mais il y a aussi l’entre-temps. Ce sont tous ces moments charnières où il s’agit de consentir à la fin d’une étape de vie pour oser se tenir debout sur le seuil, comme épris d’un certain vertige face à la nouvelle page encore inconnue de son histoire, la fameuse page blanche.

Dans l’Evangile, la fin des temps est souvent évoquée par des images apocalyptiques inspirant la terreur : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Lc 21, 25-27) Face au déchainement des forces cosmiques, la place de l’homme semble à première vue aussi insignifiante que le fétu de paille balayé par le vent, en l’occurrence celui de la peur ou de l’affolement. C’est pourquoi, le Christ nous appelle à croire que nous avons reçu la force de vivre debout : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » (Lc 21, 28)

En réponse à une interpellation, Martin Luther aurait dit : « Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier. » Parole éloquente et à la fois mystérieuse, car on ne parvient pas à la retrouver dans l’œuvre du réformateur, mais on sait simplement dire quand elle est apparue : « En 1940 parmi les chrétiens allemands désespérés par la puissance et la folie d’Hitler. A quoi bon lutter face à une telle, comment dire, fureur ? Cette phrase sur le pommier est venue pour s’encourager mutuellement à oser ne serait-ce qu’un geste positif, tourné vers le bien, vers la vie. » (Pasteur Marc Pernot)

Quel est le pommier que je désire planter aujourd’hui ?

Dans la fresque apocalyptique du Jugement Dernier dans l’Evangile de Matthieu (au ch. 25), le Christ inspire notre réponse personnelle : il oriente notre attention sur les gestes simples, les seuls qui humanisent l’homme en l’ouvrant à l’espérance : J’avais faim et tu m’as donné à manger,… j’étais en prison et tu es venu jusqu’à moi. Dans le geste artistique proposé par le peintre Arcabas, le prisonnier ne tire pas en vain sur les chaînes plus fortes que lui, mais il nourrit un dialogue intérieur avec l’oiseau de la vie appuyé sur la branche de la croix. Echange musical et notes grégoriennes évoqués par les losanges qui chantent en silence : De profundis clamavi (Ps 129) ou l’espérance du veilleur qui devance l’aurore.

Vu… d’ailleurs

Comme son nom l’indique, la rubrique « vu d’ailleurs » qui colle au titre cette fois-ci, nous permet de nous déplacer un peu. Un peu poétique, au gré des vents et des nuages, les textes de Valérie nous emmènent là où on se dit « Y a rien à voir »… C’est vite vu… En route !

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTOS : MARION PERRAUDIN, PEXELS.COM

Voir depuis ailleurs que depuis soi-même. Voir d’ailleurs que depuis les réseaux sociaux. Voir d’ailleurs que depuis les embrouillaminis et les compromis qui permettent de rester politiquement correct ou de sauver la face. On va de crise en crise, de contradiction en contradiction, de guerre en guerre, mais la vie continue. On ne change pas grand-chose à notre manière d’envisager l’avenir, de voir le présent, de jeter un coup d’œil en arrière. Les réseaux sociaux effectuent ce travail pour les gens, et on se laisse plus ou moins porter par les vagues d’informations.

Vu d’ailleurs… Je me disais que si j’étais une de ces vaches qui broutent paisiblement pour quelques jours encore à côté de ma maison avant de retrouver l’étable pour les longs mois d’hiver, je serais peut-être comme elle : brouter ce qui se présente sous mon nez, sans regarder plus loin que le bout de mes cornes ; penser juste à opérer un petit demi-tour quand je tombe sur le fil électrique qui m’empêche d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, tout cela sans cesser de ruminer. Mais comment peut-on ruminer autant, d’ailleurs ? Vu depuis le pré, la vie ainsi semble plus simple, moins compromettante.

Mais vu depuis l’autre côté de l’enclos, cette manière de « fonctionner » sans devenir vraiment acteur de sa vie, deviendrait vite ennuyeuse. Passer sa vie à ruminer au sens figuré du terme est aussi peu intéressant que ruminer au sens propre. On ne peut pas passer son existence à digérer. A un moment donné, ne faut-il pas aller de l’avant, goûter du neuf ? Oser, quoi ! C’est peut-être ce que Boris Cyrulnik, le célèbre écrivain psychiatre français, appelle la résilience…

Vu d’ailleurs, je me disais que je pourrais être comme ces écharpes de brouillard qui traînent le long des montagnes et s’y accrochent mollement mais de façon tenace… Traîner le long de ces problèmes qui deviennent des montagnes, sans réussir, à moins d’un grand coup de vent, à ouvrir le panorama sur une vraie lumière, un horizon nouveau.

Mais pour une belle vue d’avion, il faut affronter les vents contraires et accepter le risque de devenir autre chose qu’un nuage lourd et stagnant. Se laisser défaire pour faire place à un ciel coloré.

Vu d’ailleurs, je pourrais me décentrer un peu de ce à quoi je semble être si attachée : mes principes, mes peurs, mes regrets, mes faux rêves… Tout ce qui m’empêche de décoller, pour me laisser élever comme une montgolfière grâce à la flamme de la foi qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une confiance placée dans le Très-Haut qui vient me chercher « Très-Bas » pour m’embarquer dans sa nacelle. Se défaire aussi de l’armure qui protège pour aller son chemin ! Vu d’ailleurs que depuis les murs de la forteresse que l’on construit pour se protéger des autres, de soi, des tentations, des échecs, des doutes ou des remises en question, c’est envisager un chemin de liberté sur lequel cueillir des fleurs de joie… Entre autres.

En cette fin d’année , si nous nous préparions à prendre des chemins de traverse ?

Découvrir la révision de vie

A quoi bon la foi si elle n’est pas mise à l’épreuve de la vie et, surtout, si elle ne devient pas un outil pour avancer ? La révision de vie permet de faire le lien entre la foi et la vie. Elle est une aide mutuelle pour débroussailler sa vie.

PAR SYLVIE HUMBERT 
PHOTO : ACTION CATHOLIQUE OUVRIÈRE

La révision de vie, c’est comme une source que l’on entend chanter dans un coin de forêt broussailleux : on aimerait pouvoir y boire, mais on ne trouve pas le chemin parce que beaucoup de ronces en interdisent l’accès. Alors on va chercher quelques amis pour nous aider à tracer un chemin. Comme la tâche est immense, on procède pas à pas : une ronce après l’autre ! Et si nos amis nous aident à remonter jusqu’à la racine de la première ronce, ils ne la déracineront pas. Ils nous donneront des gants, une pioche et tout autre outil qui pourrait nous être utile afin que nous puissions ouvrir un chemin vers la source.

Voir, comprendre, agir

La révision de vie, ce sont de petits groupes de trois ou quatre personnes qui se retrouvent en moyenne une fois par mois autour d’un animateur. Chacun donne un titre à un fait de vie récent qui lui a posé problème (une ronce), par exemple « Relation père-fils ». Le groupe décide ensuite qui va réviser suivant l’urgence ou la gravité du problème déposé. La personne expose le fait de vie, l’événement, de manière précise : où, quand, quoi, comment, qui, … Chacun peut demander des précisions afin de bien voir ce qui est en jeu.

Puis on essaie de comprendre ce qui s’est passé : quelles émotions ont été vécues, pourquoi, les liens avec l’enfance, les convictions, les prises de conscience, … Là, l’intelligence collective entre en jeu : chacun peut poser des questions qui doivent rester ouvertes, on s’entraide, on ne fait pas le travail à la place de l’autre. L’animateur veille à ce que chacun prenne la parole et que toute l’attention soit tournée vers celui qui révise dans l’amour et l’empathie.

Vient alors le lien vie-foi : à l’aide de textes, de citations bibliques ou autres, le groupe aide le révisant à découvrir les signes de la présence de Dieu dans le fait de vie déposé et l’encourage. Enfin, le groupe l’aide à trouver comment agir : recherche de solutions, réponses aux besoins, actes à poser, motivations, …

La méthode de l’abbé Cardijn

Cette méthode est née en 1925 dans la banlieue de Bruxelles quand l’abbé Joseph Léon Cardijn, accompagnant de jeunes ouvriers faisant face à des conditions de travail désastreuses, s’est efforcé de leur donner des outils pour améliorer leur quotidien et en comprendre le sens. Sa conviction : l’Evangile ne peut rejoindre le cœur des hommes qu’à travers leur existence quotidienne.

La révision de vie c’est, à partir du vécu, faire appel à l’intelligence collective pour aller à l’Evangile avec les outils que sont le voir, comprendre, agir et le lien vie-foi afin que l’amour du prochain qui nous anime puisse se manifester de manière concrète en Eglise et dans sa marge.

Renseignements : Sylvie Humbert, humbert.famille@bluewin.ch ou 079 949 66 39. Trois séances d’expérimentation seront proposées durant l’hiver.

Ensemble dans la confiance

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’année pastorale, qui s’est ouverte dimanche 4 septembre par une célébration joyeuse à l’église de Gland, nous invite à la confiance (pages 4-7). Un thème nous guidera au long des mois, résolument tourné vers l’espérance que donne le Christ : « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

Difficile de garder le cap de l’espérance dans le monde tel qu’il va. Les menaces – climatiques, politiques, économiques, sociales – sont nombreuses et nous sommes souvent tentés de nous replier sur nous-mêmes, de cultiver notre jardin, comme Candide, bien à l’abri derrière nos haies et nos clôtures.

La planète souffre et nous ne ferions rien ? La guerre en Ukraine se poursuit et nous fermerions nos portes ? Le prix de l’énergie monte en flèche et nous hausserions les épaules ? Pour nous chrétiens, les crises sont autant d’occasions de nous engager pour plus de justice et de solidarité. Dans la confiance, car Dieu lui-même est avec nous : il se risque sur nos routes, il marche à nos côtés, il nous appelle à sortir, à aller à la rencontre des femmes et des hommes de ce temps. Comme Raphaël Buyse, prêtre à Lille, dans « Autrement, Dieu » (Bayard Editions), un livre source d’espérance écrit au terme d’une année passée chez des moines bénédictins près de Bruxelles.

« Ne jamais plus demeurer accroupi à attendre. Ne pas répéter les choses, les gestes, les relations, les mots, les rites et les idées. Nous laisser bousculer, atteindre, toucher. Aimer. Ne pas croire que le chemin est terminé », écrit-il. Bouger, faire du neuf, nous laisser émouvoir par les remous du monde, et l’aimer, ce monde, avec ses enthousiasmes et ses fragilités, ses joies et ses détresses. Il est le nôtre, et nous chrétiens sommes appelés à « partir vers ce qui arrive », à vivre « la présence consentie aux évènements et aux rencontres de la vie », « ouvrant les portes et déliant les consciences ».

Pour cela, « croire en l’autre, en la vie, en demain », en soi, en posant sur ce qui vient un regard d’espérance et de bienveillance. Un beau programme à vivre ensemble jour après jour sur notre unité pastorale. Toujours plus, car cette année, elle devient interculturelle, regroupant toutes les communautés linguistiques : francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Autre changement : dès l’an prochain, votre bulletin paraîtra quatre fois par an et chaque numéro sera consacré à un thème. Vous retrouverez néanmoins, à la fin de chacun d’eux, des reflets de la vie de votre communauté. Vos idées sont les bienvenues : Dieu nous fait confiance pour semer, planter, bâtir.

Messe d’ouverture de l’année pastorale

Sous le signe de la confiance

 

Près de 300 paroissiens des communautés francophone, italophone, espagnole, portugaise et coréenne de l’Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte (UP) se sont retrouvés dimanche 4 septembre dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Gland pour célébrer l’ouverture de l’année pastorale 2022-2023. Une année placée sous le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTOS : BRIGITTE BESSET, DANILO DE SIMONE

L’année pastorale 2022-2023 a été lancée dimanche 4 septembre à Gland par une célébration qui a rassemblé des paroissiens de toute l’Unité pastorale interculturelle (UP) sur le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ». Ils étaient près de 300 à avoir pris place dans l’église et la salle paroissiale, où la messe était diffusée, pour ouvrir l’année pastorale autour des prêtres de l’UP, des prêtres des communautés espagnole et portugaise et du diacre Eric Monneron. Une année qui aura pour fil rouge deux textes bibliques : la tempête apaisée
(Mt 8, 23-27) et Pierre marchant sur les eaux (Mt 14, 22-36). Puissent-ils, a dit l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, « nous aider à gagner en confiance et à nous plonger dans l’espérance chrétien-
ne ».

Après l’accueil par Brigitte Besset, présidente, au nom du Conseil de l’UP, l’abbé Dunand a dit l’importance du thème de cette nouvelle année pastorale : « ‘ Confiance, c’est moi ’ : ces mots nous sont murmurés par Jésus, ils nous sont adressés par lui, nous qui sommes ses ouvriers pour la construction de son Eglise ».

Connectés sur Jésus

« Notre vie terrestre avec Dieu est un temps d’espérance. Nous ne savons pas tout de lui. Cependant, même si nous ne savons pas tant de choses sur Dieu, nous sommes capables de nous connecter à lui » par le canal qui a nom espérance, a dit le curé modérateur en ouverture de son homélie. L’espérance, « cette force intérieure qui nous lie à la personne concrète de Jésus, Dieu notre frère », est « au cœur de la foi ». Elle « nous donne la certitude et la force que, malgré nos faiblesses, nous pouvons aller de l’avant ».

Ainsi, l’épisode de Pierre qui marche sur les eaux est parlant : « C’est comme une image de ce qui se passe dans nos vies. Il est question de nos peurs, des fantômes qui hantent nos vies, de nos tempêtes, mais aussi de confiance, de vent qui se calme, de foi ». Croyant voir un fantôme en Jésus qui marche sur la mer, Pierre se jette à l’eau… et s’enfonce. « Et c’est lorsque Jésus lui tend la main qu’il trouve un appui qui le secourt et lui donne la paix. Sa foi en Jésus lui permet d’avancer malgré le péril où il s’enfonçait et elle le fait grandir. Confiance ! »

Et nous ? Nous sommes tous un peu comme les apôtres et Pierre : « On est souvent pris de peur, bouleversés. Dans la tête de beaucoup de gens, de personnes croyantes comme nous, lorsque ça ne va pas, ou si ça va mal dans la vie, c’est que Dieu n’est pas là. En cela nous considérons Dieu, a poursuivi l’abbé Dunand, comme une sorte de négociant, d’homme d’affaires. Nous marchandons avec lui. […]Et si ça ne va pas dans le sens qu’on veut, on perd confiance, comme Pierre. On perd la foi. On s’enfonce ».

Durant la nouvelle année pastorale, « restons connectés sur Jésus, Dieu notre frère, grâce à la chaîne gratuite de l’espérance ! Elle est au cœur de notre foi et nous permet de faire des pas vers Jésus ressuscité. Il nous tend la main… bâtissons son Eglise avec confiance ».

Une UP interculturelle

La nouvelle année pastorale est synonyme de changements. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, a décidé, par décret, de nommer notre UP « Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte » : elle regroupe dès à présent toutes les communautés linguistiques, francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Pour marquer cette étape, une messe franco-coréenne a été célébrée dimanche 16 octobre à la Colombière à Nyon ; et samedi 13 mai 2023, toute l’UP fêtera Notre-Dame de Fatima par une procession et une messe. L’eucharistie sera désormais célébrée selon le nouveau missel, et pour permettre à chacun de mieux participer, de brèves catéchèses seront données durant les messes dominicales.

Nourrir la vie spirituelle

Marie-Agnès de Matteo a été nommée formatrice et accompagnatrice d’adultes dans le service cantonal de la vie spirituelle. Elle compte développer cet axe pastoral sur toute l’UP en ouvrant un Espace Sainte-Thérèse, en cours d’aménagement à Nyon. Le but est d’offrir un accompagnement spirituel, des occasions d’approfondir sa foi dans des groupes de partage et des formations à la prière et au discernement spirituel. Sylvie Humbert, de Begnins, désire s’impliquer bénévolement en proposant des groupes de révision de vie (voir page 10).

Suite à une année de discernement en pastorale sociale et de rue aux côtés de Françoise Gariazzo sur les deux unités pastorales de la Côte, Natacha Schott a commencé en septembre une formation d’animatrice pastorale. A ce titre, elle travaille pour l’UP à la Permanence accueil d’ASOLAC (Association sociale œcuménique de la Côte) à Nyon en partenariat avec l’Eglise réformée vaudoise et Caritas. Elle coordonne le café partage sous l’église de Gland les mardis de 9h30 à 11h. Elle fait aussi partie du groupe solidarité de l’UP Effata, coordonné par Françoise Gariazzo.

Liturgie et écologie

Le Conseil de paroisse de Founex a un nouveau président, Pierre Boppe. Les servants d’autel de l’UP sont placés sous la responsabilité de Sandrine Minniti. Pola Aleksandrowicz est nommée cérémoniaire et responsable pour la paroisse de Founex, Eva Jaggi cérémoniaire et responsable pour la communauté de Gland. Silvia Santos reprend le secrétariat de la catéchèse et la coordination des 5H.

Enfin, un accent particulier sera mis tout au long de l’année sur la liturgie et l’écologie. Deux groupes se sont constitués pour y réfléchir: une commission liturgique (France Boppe, Daniela Meynet, Françoise Merlo, Sandrine Minniti, Emmanuel Caillaud, Sinclaire Burdet et l’abbé Jean-Claude Dunand) qui mettra en place des catéchèses afin de mieux faire comprendre les enjeux de la réforme du missel ; un groupe EcoEglise, sous la responsabilité de Linda Klare, membre de la Commission diocésaine, qui encouragera chacun à s’engager pour la création. Enfin, l’abbé André Fernandes est à la retraite, mais il donnera des coups de main sur l’ensemble de l’UP. Le Père Pedro Delgado, de la communauté espagnole, est pleinement intégré dans l’UP.

Les personnes nommées, debout, ont réaffirmé leur foi. A la fin de la célébration, elles ont été envoyées en mission par l’abbé Dunand qui leur a donné sa bénédiction : « Sur tes amis, Seigneur, fais briller ta lumière : qu’ils discernent toujours ta volonté et soient capables d’accomplir fructueusement leur mission ».

A l’issue de la messe, les paroissiens ont partagé un apéritif dînatoire dans la salle de Montoly. L’occasion d’échanger dans une ambiance conviviale.

 

Tchad Missions Nyon a 40 ans

L’association Tchad Missions Nyon (TMN) a fêté ses 40 ans d’existence dans les salles sous l’église de la Colombière à Nyon dimanche 11 septembre. L’occasion de rendre grâce pour le travail effectué.

PAR BRIGITTE DUMAS | PHOTOS : TIZIANO PANCELLA

La célébration des 40 ans de Tchad Missions Nyon (TMN) a débuté par un apéritif servi sous l’église sur une place inondée de soleil. Un repas convivial a ensuite réuni environ 60 personnes autour d’une somptueuse paella préparée de main de maître par Tiziano Pancella.

L’assemblée était composée de donateurs, des membres du comité et de paroissiens venus pour le plaisir de la découverte, la rencontre et le partage dans une ambiance joyeuse et chaleureuse. Avec enthousiasme et bonne humeur, une petite équipe de jeunes bénévoles a apporté une aide efficace, contribuant à la réussite de cette journée.

Un brin d’histoire

En 1969, dans un esprit missionnaire, des ursulines s’installent au Tchad. Ces religieuses sont aujourd’hui regroupées dans la ville de Pala, au sud du pays. Leurs diverses activités se concrétisent notamment dans l’éducation, la formation humaine et spirituelle et l’animation de groupes de jeunes. Elles viennent aussi en aide aux femmes et aux plus démunis.

Créée à Nyon en 1982, l’association Tchad Missions Nyon (TMN) est née du désir de maintenir des liens d’amitié et de partage entre les Eglises de Pala et de Nyon et de soutenir, par des dons reversés intégralement aux œuvres, l’action des sœurs ursulines présentes dans le diocèse de Pala ainsi que de toutes les personnes qui en assurent l’encadrement et le fonctionnement.

Diaporama et site internet

Claude-Anne Bontron, présidente de TMN, a présenté et remercié les membres du comité et accueilli Sœur Marie-Brigitte, supérieure du couvent de Sainte-
Ursule à Fribourg, Sœur Marie-Noëlle, Sœur Marianne et Sœur Josiane qui avaient accepté l’invitation de TMN à se joindre à l’assemblée pour l’événement. Elle a aussi remercié l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, pour son intervention auprès de l’évêché afin que la quête de la messe du jour revienne à TMN.

TMN fêtait en ce jour ses « noces » d’émeraude, cette pierre précieuse qui symbolise le renouveau, l’harmonie et l’équilibre ; favorise l’accès à la paix et à la sagesse intérieure ; et renforce les liens entre les personnes par la bienveillance et l’amitié.

Un diaporama présentant TMN, préparé par Tiziano Pancella, a été projeté durant le repas. Cet automne, comme cadeau d’anniversaire, un site internet a été créé pour TMN.

De nombreux projets

Après avoir vivement remercié chacun pour son soutien, Sœur Marie-Brigitte a rappelé que notre humanité est une, au-delà d’un pays ou d’un lieu, et souligné le besoin vital de l’engagement de tous. Elle a insisté sur le fait qu’on ne peut plus, désormais, avancer en ne pensant qu’à soi, que le partage et la solidarité sont capitaux pour préparer, par une action responsable, un avenir aux jeunes en difficulté.

Sœur Josiane, engagée à Pala depuis quelques années, a remercié les membres du comité de TMN dont elle a loué la fidélité courageuse et persévérante. Puis elle a évoqué la création de l’association TMN et détaillé quelques projets d’entraide : soutien aux orphelins du sida (scolarité, cours d’appui), Centre culturel Nicodème, foyer de jeunes filles, école des filles, école de couture de Torrock, bourses d’études, aide aux familles nécessiteuses. Elle a avoué que la tâche était souvent rude. Et que quand le découragement guettait, elle se raccrochait à cette pensée : « Nous semons et arrosons les graines, Dieu assure la croissance ! ».

Sœur Marie-Brigitte s’est adressée à une assemblée fournie et attentive.

D’une naissance à l’autre

FABIENNE GIGON, REPRÉSENTANTE DE L’ÉVÊQUE À GENÈVE
PHOTO : CATH.CH

Chère Lectrice, cher Lecteur,

Il se trouve que je suis enceinte. Voilà une drôle de temporalité qui vient s’inscrire sur deux plans. Le premier est bien sûr relatif à mon entrée en fonction. Cette éventualité fut annoncée à l’évêque dès sa demande de le représenter formulée et à l’équipe que j’ai rejointe lors du discernement. La « prise de risque » acceptée de toutes parts, voici que les projets étaient confiés dans les mains de Dieu. Le Seigneur fait grâce à mon couple d’une prompte grossesse et pour ce « miracle » parfois banalisé, je lui suis infiniment reconnaissante. Je porte dans mes prières les couples pour qui ce projet prend plus de temps à se réaliser et ceux qui doivent trouver une autre façon de porter du fruit dans la vie. J’ai beaucoup d’humilité face aux chemins que la vie nous fait emprunter au cours de notre existence.

Durant cette nouvelle réalité qu’il m’est offert de vivre, j’ai été émue des mots de l’évêque qui questionnait : « quelle Eglise serions-nous si nous ne pouvions pas nous réjouir de toute naissance et l’accueillir avec confiance ». Aussi, j’ai été très touchée d’entendre d’une amie de rite oriental que les femmes enceintes, porteuses en elles de la vie, sont sollicitées pour bénir qui le leur demande. Voici l’un de mes bonheurs depuis quelques mois, bénir largement. Je le mets au service de mes rencontres et de l’Eglise à Genève, appelant les bénédictions du Seigneur.

L’autre temporalité qui me rejoint est celle de la Nativité, puisque mon accouchement est prévu en décembre. Je pense à Marie qui rencontre sa cousine Elisabeth, et à cette magnifique visitation qui met au jour, par le tressaillement des enfants dans les ventres, la magnificence du Seigneur et son désir d’être proche de notre humanité. Je pense à Marie, sur les chemins du recensement jusqu’à Bethléem. Dès la fin de ce mois, nous sommes invités à cheminer avec Joseph et elle vers l’avènement de la naissance extraordinaire de Jésus. Car oui, le temps de l’Avent démarre ce 27 novembre déjà. A chacune, à chacun, je souhaite de tout cœur un bon mois de novembre et un beau cheminement avec la Sainte Famille. Qu’il nous amène à accueillir l’Enfant Dieu dans notre quotidien et à approfondir toujours plus le mystère de sa lumineuse présence !

Un parcours «providentiel»

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET

Officiellement fondée en 2017, après l’ordination de Naseem Asmaroo, la communauté chaldéenne catholique compte environ deux cent cinquante familles en Suisse, dont une trentaine à Genève qui se réunit le dernier samedi du mois à l’église Sainte-Marie du Peuple.

Un pont entre l’Orient et l’Occident

Imprégné de la culture et de la spiritualité orientale de son église, Naseem Asmaroo, originaire d’Irak, arrive en Europe en 2007. D’abord la Belgique, où il termine ses études, avant de se rendre en Suisse pour y rejoindre Lusia, qu’il épouse en 2010. Il nomme les opportunités offertes par l’Eglise en Suisse : « providence ». Ces signes du destin se matérialisent par un engagement en tant qu’agent pastoral laïc pour l’Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECVD). En 2017, il est ordonné prêtre dans l’Eglise chaldéenne catholique et sillonne depuis une grande partie de la Suisse romande pour célébrer autant les messes que les mariages ou les baptêmes de cette communauté attachée à son héritage spirituel. C’est ensuite Mgr Morerod qui propose personnellement à Naseem Asmaroo de faire une demande de « bi-ritualité » auprès de Rome. Celle-ci lui est accordée en février 2018. Depuis, le Père Asmaroo célèbre dans les deux rites. « C’est une grâce de vivre cela. Il y a une réelle complémentarité entre ce que je vis avec les fidèles de l’église chaldéenne et les fidèles de l’église latine. C’est une grande richesse et une manière pour moi de construire un pont entre les deux cultures et les deux spiritualités ». D’ailleurs, toutes les messes sont célébrées en araméen, en arabe et en français. Ainsi, quiconque le désirant peut se joindre à la communauté.

Catholicité à tous niveaux

Loin de chercher à « créer une église dans l’Eglise. C’est une manière de perpétuer notre culture en encourageant à vivre pleinement les autres dimanches avec les paroisses locales. Ici, nous nous sentons vraiment chez nous. L’accueil que nous avons reçu donne un bon exemple aux nouvelles générations d’une intégration vécue et non imposée ».

Une dignité inaliénable

Créée en 1988 à l’initiative des trois Eglises officielles du canton de Genève, catholique romaine, catholique chrétienne et protestante, l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des requérants d’asile (AGORA) se bat, hier comme aujourd’hui, pour contrer les idées reçues et remettre au centre de toute discussion la dignité humaine.

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS : OLIVIER CHANSON, ECR

Depuis 1993, on dénombre plus de 48’000 personnes décédées en essayant de fuir vers l’Europe. La plupart noyées dans la mer Méditerranée. D’autres abattues aux frontières. Des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des bébés. Ceux qui survivent aux barricades de la forteresse Europe ne s’attendent pas à trouver un sol inhospitalier qui leur réserve bien souvent un parcours digne des Douze travaux d’Astérix avant l’obtention du droit d’asile.

« La migration et l’asile sont perçus comme un poids. Or, ils font partie de l’histoire et de l’ADN de Genève. D’ailleurs, le développement de l’industrie horlogère aurait été différent sans eux », pointe Virginie Hours. Mais les préjugés sont tenaces. « Trop souvent j’entends la formule : ils viennent en Europe, car ils s’imaginent que la vie y est plus facile. On oublie que la grande majorité d’entre eux aurait préféré rester chez eux au lieu d’être contraints à l’exil ». Virginie Hours fait partie de l’équipe d’aumôniers et bénévoles à pied d’œuvre dans différents lieux du canton : tels que la zone de transit de l’aéroport de Cointrin, dans les établissements de détention administrative, dans les différents logements où les requérants résident sur le territoire.

« De nombreuses situations trouveraient des issues simples et humaines si le droit était appliqué, car les dispositions législatives existent et prévoient les conditions d’accueil ou de régularisation des personnes ». L’Eglise a un vrai rôle de garde-fou à jouer afin de « rappeler sans cesse qu’il s’agit d’hommes et de femmes tous uniques et qui méritent le respect ».

 

Au service, mais comment ?

Une chose que l’AGORA accomplit et dont on ne se rend peut-être pas compte ?

Virginie Hours : Nous faisons partis d’un « réseau », celui des aumôniers suisses qui travaillent dans le domaine de l’asile. Nous nous rencontrons à Berne deux fois par an afin d’échanger sur la situation existante dans les Centres fédéraux d’asile (CFA), un partage d’expérience et d’information. Ces contacts nous permettent ainsi de suivre des personnes que certains collègues accompagnent déjà au sein d’un CFA lorsqu’elles sont affectées au canton de Genève. Aussi, il n’y a pas de rupture. Ces instances sont importantes également pour mener certaines réflexions ou négociations avec Berne. Actuellement par exemple, un accord-cadre avec le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) est en cours de renégociation et un travail de réflexion est mené sur la présence d’aumôniers musulmans, présence que nous appelons de nos vœux.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?

VH : Nous intervenons régulièrement dans les écoles, à la demande des enseignants, pour présenter l’AGORA et rendre plus tangible la question de la migration et de l’accueil. Nous essayons ainsi de contribuer à casser certains préjugés ou certaines peurs. Nous intervenons aussi en appui du travail de la coordination asile lors de temps forts ou en sollicitant que l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) applique simplement les règles en transmettant des dossiers à Berne. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de compréhension et de reconnaissance. Il s’agit aussi de permettre la construction de pont entre les Genevois et les personnes de l’asile et de susciter la réflexion. C’est pourquoi, par exemple, nous avons répondu positivement à la demande de l’Espace Madeleine. Celui-ci proposait de nous y impliquer le mois dernier en animant deux soirées dans le cadre de l’exposition Les Pèlerins afin de susciter la réflexion sur les liens entre pèlerinage, asile et migration.

Une pastorale pour rendre visible

La Pastorale des familles de l’Eglise catholique romaine à Genève a officialisé l’accueil pastoral et spirituel des personnes LGBTIQ+ et de leurs familles ainsi que sa collaboration avec l’Antenne LGBTI Genève de l’Eglise protestante genevoise (EPG). Le 1er septembre dernier, à l’occasion d’une soirée témoignage, un prêtre a partagé la manière dont il concilie son homosexualité et sa vocation ecclésiale. Le point avec Anne-Claire Rivollet, responsable de la Pastorale des familles.

PROPOS RECUEILLIS PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : ECR

Vous avez évoqué lors de la soirée une rencontre avec Mgr Morerod. Que vous a-t-il dit ?

Il était au courant du témoignage du prêtre et m’a remerciée d’oser porter ce dossier.

Depuis le témoignage du prêtre, quelles ont été les réactions ?

Beaucoup de remerciements et d’encouragements, mais également des paroles moins bienveillantes. Certaines personnes ont l’impression que cela met l’Eglise en péril.

Le fait que cet accueil se fasse sous l’étiquette Pastorale des familles heurte les croyants ?

Oui bien entendu. Dans la tradition catholique, la famille naît du sacrement du mariage et donc de l’union d’un homme et d’une femme. Lorsqu’on parle d’un couple de même sexe, l’aspect de procréation disparait et cela va à l’encontre de l’image de la famille prônée dans l’Eglise. La Pastorale des familles se veut le lieu de départ d’une pastorale LGBT : le tremplin pour qu’elle prenne son envol.

Qu’avez-vous voulu officialiser, car de facto « l’accueil » existe déjà ?

En effet, il existe déjà des lieux pastoraux qui accueillent ces personnes dans la bienveillance, mais ce n’est pas le cas partout. L’officialisation est une manière de montrer que la question existe bel et bien en église et que nous n’allons pas l’esquiver.

Comment cet « accueil » va-t-il se matérialiser ?

Nous allons organiser des temps spirituels en collaboration avec l’Antenne LGBTI. Je fais d’ailleurs partie du comité liturgique qui se met en route. Il y a aussi tout l’aspect de la recherche théologique et nous allons mettre sur pied un groupe avec des théologiens et des personnes concernées afin de travailler sur cette question.

Justement, le Catéchisme de l’Eglise catholique est souvent évoqué pour condamner l’homosexualité…

La théologie catholique autour de la distinction entre l’être et l’acte et la manière dont le comportement des personnes est qualifié doit être repensée. Les actes sont jugés et non la personne, mais il n’est pas possible de dissocier pleinement les deux. Cette question est complexe, car elle concerne avant tout l’anthropologie sous-jacente à la foi et à la théologie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de mettre de côté la dimension incarnée de l’humain.

Une proposition…

… pour plonger dans les histoires et imaginaires de nos rues

Des mots soufflés par des panneaux accrochés à des arbres en ville de Genève invitent à plonger dans les histoires qui remplissent nos rues et font les identités singulières de notre ville. Pour écouter ces récits, tissés entre la préhistoire et le futur, on saisira avec son smartphone les codes QR suspendus dans les branchages et on glissera ses écouteurs dans ses oreilles. Des voix de comédiennes donnent vie, d’arbre en arbre, à ce fourmillement d’histoire(s), d’imaginaire et de vécu.

Trois possibilités pour plonger dans ces parcours-récits :

• Les codes QR :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours et vous notez le point de départ pour le parcours sélectionné,

– en saisissant avec votre smartphone les codes QR accrochés aux arbres, vous atterrissez directement sur les podcasts de chaque halte et sur les autres contenus liés à chaque lieu.

• Par GPS / Géolocalisation :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous activez le bouton « GPS » sur le plan,

– vous autorisez Hypercity à accéder à votre localisation si votre appareil vous le demande,

– vous repérez votre position (vous êtes le point bleu sur le plan),

– et vous cliquez sur « Commencer le parcours ».

• Par un « simple » clic :

– vous choisissez un parcours en vous rendant sur la page hypercity.ch/parcours

– vous cliquez sur le n. 1 dans le plan ou dans la liste « Les haltes »,

– après avoir écouté le contenu d’une halte, vous cliquez sur « Poursuivre le parcours », puis sur le no suivant dans le plan, et ainsi de suite…

… pour visiter Genève en répondant à des devinettes

Une application mobile gratuite, dénommée Ouchui, a débarqué à Genève : elle permet de découvrir des lieux de la Cité de Calvin, mais aussi de Lancy ou Carouge, en répondant à des devinettes sur les lieux visités. Au fil d’une enquête faisant appel à la culture générale, la rapidité et le sens de l’observation, ce jeu de piste vous conduira à travers diverses zones géographiques et thématiques tout en satisfaisant votre curiosité grâce à diverses anecdotes et faits historiques. Rendez-vous sur ouchui.ch avec votre smartphone pour commencer à explorer votre ville.

Marcher et prier ensemble

PAR DORIS BUCHARD | PHOTO : WWW.TOURISME-TARN.COM

Marcher, oui, mais vers où ?
Aide-nous, Seigneur, à nous diriger constamment au centre, pour nous reconnaître sarments greffés sur l’unique vigne qui est Jésus.
Aide-nous à nous aider mutuellement afin de rester unis et de porter des fruits autour de nous.
Aide-nous à laisser sur le bas-côté les péripéties existentielles et quotidiennes.
Ainsi notre marche sera convaincue vers le monde afin d’y porter la présence du Seigneur.

Prier, oui, mais comment ?
Dans notre prière aussi, comme sur le chemin, nous ne pouvons pas avancer seuls.
Aide-nous Seigneur, par la grâce de Dieu à la diffuser harmonieusement entre les croyants qui s’aiment.
Aide-nous à prier les uns pour les autres car chacun est une rencontre sur notre chemin.
Aide-nous à être unis dans la prière comme Tu nous l’a appris.
Ainsi, notre prière sera convaincue pour les autres et le vent de l’Esprit soufflera et nous inspirera.
Alors oui PRIER et MARCHER ENSEMBLE aura du sens.

« Chrétien dans un monde qui ne l’est plus »

PAR L’ABBÉ AIMÉ MUNYAWA
PHOTOS: ODIE ARIANE, JEAN-CLAUDE GADMER

Aux jours d’aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre des voix qui disent: «ce monde est pourri» ou encore «tout a changé on ne sait plus où on va». Toutes ces expressions et tant d’autres encore de même nature prouvent à suffisance combien le changement d’époques est parfois déconcertant. S’il n’impose pas un véritable défi ou challenge comme ce fut à l’époque des dinosaures, il exige tout de même des efforts assez particuliers d’adaptation pour se mettre à jour ou de renoncement pour se forger un nouveau style de vie.

« Appelé aujourd’hui à être témoin par des compromis sans compromissions.»

Les chrétiens, dans leurs efforts quotidiens de sainteté et de rectitude morale, se trouvent aussi à la croisée des chemins où ces mutations sociétales et éthiques peuvent tantôt s’emboîter ou tantôt s’opposer. Mais il faut que la marche continue dans une série de compromis sans compromissions. Le défi est de taille quand on veut être une personne de son temps, de son milieu tout en restant un véritable chrétien, c’est-à-dire un aspirant du ciel. Comment vivre avec le cœur au ciel et les pieds sur la terre sans que la terre ne remplisse le cœur ? Rien de nouveau sous le soleil. Le Seigneur Jésus avait déjà prévenu ses disciples en leur disant : « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. » Cette recommandation incite les chrétiens de tous temps à rester comme de véritables lumières pour leur temps et pour leur époque. Pourtant, moult voix invitent fidèles et pasteurs de l’Eglise à s’adapter tant à l’époque qu’à la société. Mais concrètement, à quoi l’Eglise et ses fidèles doivent-ils s’adapter ? Le défi des compromis sans compromissions se révèle être une architecture complexe et sans formule prédéfinie. Il faut du bon sens au rendez-vous ! Or, le bon sens n’étant pas toujours la chose la mieux partagée par l’humanité, l’urgence est à l’humilité du Christ pour porter sur notre société le même regard d’amour qui incite au service.

Bâtisseurs de paix

 

TEXTES ET IMAGES
PAR MADEP-ACE ROMAND

A l’écoute des enfants qui s’interrogent très sérieusement sur leur avenir, le MADEP-ACE propose cette année d’aborder la thématique de la paix avec le slogan:

« Bâtisseurs de paix ! »

Ce thème étant très vaste, nous avons choisi de le développer à travers quatre clés qui sont les suivantes:

Respecter: « Agir, non seulement pour cultiver (labourer, défricher, travailler) notre terre, mais également pour la garder (sauvegarder, soigner, surveiller) » (Laudato Si) afin de la conserver pour les générations futures.

Coopérer : Agir, travailler ensemble en vue de quelque chose, participer, concourir à une œuvre ou à une action commune en laissant une large place aux jeux de coopération qui poursuivent les objectifs de notre Mouvement.

Nuancer : Eveiller l’esprit critique en dépassant la vision binaire (vrai / faux, bien / mal…) pour entrer dans une manière de penser qui transforme l’intériorité pour accueillir l’inattendu et pouvoir ainsi vivre de manière plus fraternelle.

Pardonner : Devenir de vrais bâtisseurs de paix en devenant des exemples vivant d’actions pouvant nous y conduire, le principal moyen d’y parvenir étant, selon le pape François, le pardon qui permet d’élargir nos cœurs et obtenir la paix à laquelle nous aspirons tous.

A l’aide de ces thématiques, qui aident à bâtir la paix quotidiennement dans les différents milieux où vivent les enfants, chacun d’entre eux pourra ainsi développer une empathie envers l’autre afin de mener une vie heureuse dans une société en paix et vivre de la parole de l’évangile :

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ! » (Mt 5, 9)

Oui, Jésus est venu apporter la paix. C’est un don de Dieu qui nous donne confiance pour traverser ensemble les difficultés et les conflits dans l’espérance d’une vie heureuse pour chacun. Contrairement à la paix du monde qui serait absence de guerre, la paix de Dieu nous mobilise en profondeur.

Etre bâtisseurs de paix est ainsi une attitude à adopter à chaque instant pour favoriser une dynamique qui rend possible de vivre ensemble afin de contrer la violence, d’apprendre la tolérance, le respect et l’harmonie.

Lors des rencontres qui se déroulent une fois par mois, il sera donné une couleur particulière à notre démarche du « voir / comprendre / agir » qui deviendra « respecter / nuancer / coopérer, pardonner ».

Si des enfants souhaitent rejoindre ou créer une équipe ou des adultes désirent devenir accompagnateurs d’équipes, vous pouvez prendre contact avec Pascale Delaloye au 078 661 48 90 ou par mail : pascale.
delaloye@paroisses-herens.ch.

Synode 2023…

… qu’attend Dieu de son Eglise du troisième millénaire ?

PAR L’ABBÉ ROBERT NIÊM | PHOTO : DR

A l’occasion du 50e anniversaire du synode des évêques en 2015, le pape François a insisté sur l’égale dignité des baptisés. Ceux-ci ont tous un rôle à jouer dans l’Eglise et forment ensemble un unique Peuple de Dieu. C’est dans cette perspective que le prochain synode mondial aura lieu. Il se déroule en trois étapes: une consultation dans tous les diocèses, une synthèse au niveau des conférences épiscopales et, pour terminer, un débat au niveau continental.

Le dimanche 17 octobre 2021, le synode a été officiellement inauguré par une liturgie dans chaque diocèse du monde catholique; il prendra fin en octobre 2023. Que signifie le mot «synode»? Synode, du grec synodos, signifie «chemin parcouru ensemble», d’où sa dénomination d’assemblée délibérante. Il réunira, en octobre 2023 à Rome, des évêques du monde entier pour discuter de la Mission de l’ensemble de l’Eglise et de l’Unité de la foi en son sein. Par la suite, se fera la mise en œuvre des orientations votées.

Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission. Notre diocèse LGF a organisé des échanges, des enquêtes et des débats sur les expériences et les attentes des fidèles envers une Eglise synodale. Notre Unité Pastorale Sainte-Claire a également mis sur pied une démarche synodale intéressante par deux soirées : mardi 22 et mercredi 23 février 2022. Celles-ci ont réuni une soixantaine de personnes qui ont exprimé de nombreux vœux. Le CUP a retenu deux pistes les plus importantes à ses yeux qui seront discutées lors des prochains conseils de communauté en automne: la liturgie et la place des jeunes dans un proche avenir.

Nous sommes au seuil de ce processus. Poursuivons donc notre chemin conjointement, avec confiance, enthousiasme, fidélité et surtout avec un amour fraternel et solidaire, dans l’unité et dans le souffle de l’Esprit Saint. C’est là le chemin de la synodalité que Dieu attend de chaque baptisé de son Eglise. Amen! Alléluia.

Synodalité, où en sommes-nous?

A l’issue de la phase diocésaine (automne 2021-printemps 2022) et après la rencontre suisse du 30 mai à
Einsiedeln, on peut se demander où en est le processus synodal lancé par le pape François en vue du Synode des évêques en automne 2023.

Le soufflé est-il déjà en train de retomber ? Tout au contraire, mais il faut du souffle pour accompagner sur la durée ce pro- fond renouveau souhaité pour l’Eglise. La Conférence des évêques suisses a publié la synthèse nationale envoyée à Rome, et la suite du processus fera l’objet d’une réflexion sur le plan de chaque continent.

Faut-il attendre des changements structurels immédiats ou de nouvelles règles rela- tives à la question des ministères? Si l’on se souvient que la synodalité, dans l’esprit du Pape, est avant tout une attitude spirituelle et une manière d’être Eglise en ce temps, rien n’empêche d’œuvrer déjà à la mise en œuvre de ce «marcher ensemble» dans toutes nos activités pastorales.

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