This is the end ?

PAR CHRISTOPHE ANÇAY
PHOTO: MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

«Au commencement», tels sont les premiers mots de la Bible. Dieu a créé le monde. Il a un début. Cela veut-il dire qu’il a aussi une fin ?

Dieu a créé le monde et y a placé l’homme et la femme. Et qu’avons-nous fait de cette création ? Notre façon de vivre nous conduit de façon assez certaine si ce n’est à la fin du monde, à la fin d’un monde – la Terre n’a pas besoin de l’humanité pour tourner ni le cosmos de la planète bleue. L’exploitation irraisonnée des ressources, la pollution et le réchauffement qui s’ensuivent auront des conséquences graves pour l’humanité. La domination de l’argent, qui conduit une partie de l’humanité à construire sa fortune sur la misère de l’autre, ne peut conduire à autre chose qu’à un effondrement.

« Dieu créa l’homme à son image. » (Genèse 1, 27) Dans les circonstances qui sont les nôtres, saurons-nous être à l’image de Dieu qui crée et saurons-nous créer un monde nouveau ? Ou serons-nous comme Adam et Eve qui, en voulant se prendre pour Dieu, ont causé la ruine de leur monde ?

La Bible aime parler d’accomplissement plutôt que de fin du monde. Saurons-nous être guidés par l’Esprit pour mettre le génie humain au service de l’accomplissement de la création ? La Bible s’achève par le Livre de l’Apocalypse. Pourquoi ce titre est-il si souvent associé à quelque chose de terrible alors qu’il signifie « révélation » et raconte, dans son langage imagé, la création qui atteint son apothéose en Dieu ?

Voici les mots de la fin dans la Bible : « Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! » (Apocalypse 22, 20-21)

Toutes les citations bibliques, © AELF

Le Renouveau charismatique

De nombreuses communautés et de groupes de prière sont présents en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur le Renouveau charismatique.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Origines : le Renouveau charismatique est une mouvance qui traverse toute l’Eglise et non pas d’abord un mouvement suscité par un fondateur. Dans le sillage du concile Vatican II, le Renouveau s’enracine dans une prise de conscience qui s’emploie à manifester plus intensément aujourd’hui le mystère de la Pentecôte au fondement de l’Eglise.

Mission : donnée par l’Esprit Saint, la prière charismatique se fonde sur trois piliers : la louange exprimée par des chants et des prières spontanées, la Parole reçue dans le silence intérieur qui maintient la communion et nous transforme et l’intercession qui ouvre le groupe à la compassion et aux préoccupations de l’Eglise et du monde.

Dates clés
1975: Le pape Paul VI déclare que « le Renouveau charismatique est une chance pour l’Eglise et pour le monde d’aujourd’hui ».
2001: Adoption d’une charte par les groupes de prières romands.
2017: A Rome, jubilé d’or du Renouveau qui fête les 50 ans de sa reconnaissance officielle.

Organisation et présence en Suisse romande : chaque canton compte plusieurs groupes de prière charismatique qui se rencontrent régulièrement et qui sont chapeautés par un conseil régional, un délégué épiscopal et un berger en lien avec l’équipe de communion romande du Renouveau charismatique.

Une particularité : l’effusion de l’Esprit qui passe par la redécouverte de l’action de l’Esprit Saint en nos vies et qui permet de déployer la grâce de notre baptême et de notre confirmation.

Pour aller plus loin : renouveau.ch

Le Renouveau charismatique représente…

Par Josiane Weger, bergère cantonale pour Fribourg

« – Le départ, comme dans mon cas, pour une vie renouvelée dans la foi en la partageant avec d’autres, dans la louange, l’intercession et la fidélité à la prière et qui introduit dans le déploiement si riche qu’offre l’Eglise pour la sanctification de ses membres.

– Un chemin de purification vers le Cœur du Christ, nous modelant, pas-à-pas, en êtres spirituels tournés vers l’écoute intérieure, le silence, apprenant à discerner et à répondre au Souffle de l’Esprit, ainsi qu’un outil dans notre Eglise pour réveiller la joie de la foi en Jésus vivant et agissant. »

Bâtir des ponts à travers les murs

La beauté et la simplicité des instants vécus l’année dernière lors de diverses rencontres en lien avec le deuil sont pour nous toutes et tous une invitation à renouveler ces temps d’échanges.

PAR JEAN-FRANÇOIS BOBILLIER | PHOTO : DR

Ne sommes-nous pas encouragés à bâtir des ponts plutôt que des murs ? Sans doute que parmi vous, lectrices et lecteurs, un grand nombre répondrait positivement à cette simple question.

Le groupe « lamortlavie » associé au secteur pastoral de Martigny propose, dans le cadre de la fête de la Toussaint, des temps d’écoute ainsi qu’une démarche… au pied d’un mur. Etrange idée me direz-vous ! En réalité, le mur ne sera pas à bâtir. Il sera là, inéluctablement. Il existe des murs que l’on n’a pas à construire, se dressant soudainement face à nous. La mort d’un proche fige, obstrue, obscurcit. Nous n’avons rien désiré ni prévu de ce qui se dresse devant notre esprit et nos yeux.

Le mur dressé au cimetière de Martigny ne sera pas un mur comme les autres. Vous y apercevrez des alvéoles (d’« alveolus » qui signifie petit panier) que vous pourrez librement orner d’un prénom, d’une parole, d’une lumière. Chaque « panier » reflétera votre attachement aux défunts, votre espérance, votre présence liée à leurs présences.

Voici les temps proposés autour de la Toussaint :

Temps d’échange autour du deuil à Martigny (avec les animatrices et animateurs suivants : Rita Bonvin, Christine
Orsinger et Grégoire Hugon)
• Vendredi 28 octobre à 20h à la salle du Coude du Rhône (Rue d’Oche 3a)
• Dimanche 30 octobre à 18h à la Maison de la Visitation (Rue Hôtel-de-Ville 3)
• Jeudi 3 novembre à 19h au Castel Notre-Dame (Rue des Artifices 14)

La Toussaint
• Accueil, temps de présence et d’écoute lundi 31 octobre et mardi 1er novembre au cimetière de Martigny.
• Mardi 1er novembre : Au cimetière de Martigny, célébration commémorative à 14h.
A Bovernier, messe à l’église à 14h puis célébration commémorative au cimetière.

Lourdes et amour de Dieu

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de Louise Defferrard de Genève de prendre la plume.

PAR LOUISE DEFFERRARD | PHOTO : ADOS DE LOURDES

Je m’appelle Louise Defferrard, j’ai 19 ans et j’habite Carouge, dans le canton de Genève. Je crois en Dieu et cela fait huit ans que je vais à Lourdes sans me lasser. Au contraire ! J’y vais chaque année car il s’agit d’une expérience formidable et revigorante pour ma foi et ma vie. Lourdes me permet de rencontrer d’autres jeunes de Suisse romande qui partagent la même foi. Nous nous sentons moins seuls car rassemblés par Dieu avec le sentiment d’appartenir à une grande famille. Cela me permet aussi de comprendre de plus en plus de choses sur Dieu et sur ce que je veux devenir. Je saisis mieux la signification et la symbolique des paroles de la Bible et comment celles-ci peuvent m’aider dans mon quotidien. Lourdes m’a appris à m’exprimer telle que je suis, sans crainte du jugement des autres. Etant tous de la même famille, il n’y a aucune raison d’avoir peur.

Mais c’est mon pèlerinage à Medjugorje qui m’a ouvert les yeux de façon consciente sur l’amour de Dieu. J’y ai vécu des expériences incroyables : ne pas manger le soir durant toute la semaine sans s’en rendre compte, ou danser et chanter toute la nuit comme lorsque j’avais cinq ans. Il y avait de la joie et de la charité partout. Ma mère a dit : « C’est comme un avant-goût du Paradis. » Toutes les nations étaient réunies et tout le monde s’embrassait et s’entraidait sans distinction. J’ai vu un Américain et un Russe s’étreindre après avoir dansé ensemble. Ce moment m’a beaucoup touchée et m’a ouvert les yeux sur l’amour de Dieu. C’est dans cet amour que j’aimerais continuer ma vie.

C’est comme si j’étais née à nouveau, que j’avais reçu cet amour une deuxième fois, de façon consciente. A Lourdes, cela se passait de manière inconsciente.

J’aimerais partager cette joie de vivre et cette paix reçue du Seigneur et dont je suis reconnaissante avec tout le monde. J’aimerais pouvoir croire et exposer mon opinion sans devoir me justifier, en toute liberté et sans jugement. Oser n’être pas d’accord avec quelqu’un sans avoir peur de blesser cette personne ou simplement de la perdre. C’est à travers les relations avec les autres que nous pouvons voir l’amour de Dieu. Si nous voulons le bien autour de nous ou si nous demandons de l’aide au Seigneur par l’intermédiaire de nos proches, tout peut se réaliser ! Je remercie le Seigneur pour ces grâces. On peut se rendre compte de l’amour de Dieu à tout âge. Je souhaite à tous les jeunes, adultes, personnes âgées, handicapés ou bien portants, de le découvrir !

Chrétiennes et chrétiens orthodoxes d’Orient

Deux femmes érythréennes témoignent : à gauche Fana et à droite Fiori.

Chaque année, depuis 2007, la première semaine de novembre est appelée « semaine des religions » et de nombreux événements (rencontres, conférences, expositions) ont lieu à travers toute la Suisse.

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : ANNE-LAURE GAUSSERON

En lien avec ces événements qui témoignent d’une préoccupation d’ouverture à l’autre, je vous propose de découvrir ici quelques éléments de la pratique et de la foi des personnes qui viennent d’Erythrée, chrétiens, chrétiennes comme nous, mais avec une pratique et des habitudes différentes.

La rencontre

J’ai rencontré pour la première fois des jeunes femmes érythréennes en janvier 2016, pour des cours de français (une matinée hebdomadaire), à la cure de Riddes. J’ai été confrontée à leur manière de croire et de pratiquer leur religion lors des pauses. A certains moments de l’année elles ne prenaient rien, « Carême » disaient-elles, d’autres fois elles ne mangeaient que des fruits, « Carême » également… et ce, à des périodes où nous autres, nous n’étions pas en Carême… Par ailleurs, chaque prise de nourriture était précédée et suivie du signe de croix et d’une prière silencieuse… Au fil du temps et du développement de nos possibilités d’échange, j’ai compris que leur pratique religieuse était différente de la nôtre et par certains côtés bien plus exigeante.

Les Carêmes

D’après les renseignements fournis par Fiori Tesfamariam, il y a dans la religion orthodoxe orientale pas moins de sept temps de Carême. Le plus long, avant Pâques dure 55 jours, la durée des autres est de 2 à 4 semaines. Ils précèdent certaines fêtes comme saints Pierre et Paul (fêté le 12 juillet), l’Assomption ou encore Noël (fêté le 7 janvier).

Certains temps de Carême sont plus rigoureux que d’autres, par exemple, durant le Carême qui précède Pâques, les orthodoxes orientaux prennent le premier repas entre 14h et 17h. Ces repas de rupture de jeûne restent légers et sans protéines animales. Tout au long de l’année (sauf les deux mois qui suivent Pâques) le mercredi (parce que c’est le jour où Jésus a été condamné) et le vendredi (jour de sa crucifixion) sont aussi considérés comme des jours de Carême. Dans la religion orthodoxe orientale, il est interdit de consommer du porc.

En Valais

Pour les Erythréen-nes et Ethiopien-nes qui vivent en Valais, les cérémonies ont lieu à Saint-Maurice. Le prêtre vient de Berne, mais il y a d’autres prêtres érythréens en Suisse romande, à Lausanne par exemple. La messe dominicale dure environ quatre heures…

En parlant avec Fiori et Fana, j’ai aussi compris que le rapport à l’eucharistie et au sacrement de réconciliation est très différent de notre pratique habituelle. Le sacrement de réconciliation précède forcément l’accès à l’eucharistie et la personne doit accomplir sa pénitence et changer notoirement de comportement pour recevoir ce sacrement.

Voilà quelques éléments pour nous aider à comprendre la complexité de l’affaire…

Nous faisons partie de la même famille religieuse et, si notre façon de pratiquer notre religion diffère par de nombreux aspects, nous pouvons nous sentir très proches dans notre manière de vivre notre foi.

Un grand merci à Fiori et à Fana pour leur partage !

« Dans ma religion, ce qui est le plus important pour moi c’est d’être reliée,  » soudée  » au Christ, de rester l’un à l’autre en ouvrant grand mes oreilles. Cela m’aide à vivre parce que la religion me rappelle toujours une chose :  » Ne perds pas espoir quoi qu’il arrive et ne stresse pas.  » Grâce à ces deux phrases, ma vie reprend toujours le bon chemin malgré les obstacles que j’ai rencontrés. » Fiori Tesfamariam

« Je prie tous les matins quand je me réveille et tous les soirs avant de m’endormir. Je prie aussi avant et après les repas. Souvent, je dis une prière comme le Notre Père, à des moments dans la journée. J’ai besoin de passer ma journée avec Jésus.

Quand je fais le Carême, ce n’est pas confortable, mais je le fais pour Jésus qui est resté 40 jours sans boire, ni manger. Je le fais volontiers. C’est un choix car Il a donné sa vie pour moi.

Mais le plus important, dans la religion, c’est de suivre les commandements, d’être bon avec les autres, de ne pas dire de mensonge… Je pense que pour Jésus, ce que je mange ou ne mange pas pendant le Carême, ça ne compte pas beaucoup, mais comment je suis dans mon cœur et comment je fais avec les autres, ça compte beaucoup ! Par exemple, si j’ai quelque chose, je vais le partager avec les autres… Je pense vraiment que c’est ça qui compte pour Jésus. » Fana Weldemichael

Pour aller plus loin dans la réflexion interreligieuse :

• Plateforme des plateformes interreligieuses de Suisse, site où sont annoncés toutes les initiatives et tous les événements interreligieux –> https://www.iras-cotis.ch

• Plateforme interreligieuse du Valais (PIV) –> https://interreligieux-valais.ch

« Nous vivons la fin d’un monde »

PAR THIERRY SCHELLING
PHOTO : FLICKR

Si Silvestre II en 1000 et Jean-Paul II en 2000 ont conduit l’Eglise romaine dans un nouveau millénaire, ce n’est pas avec les mêmes craintes et espérances. Mais aucun des deux pontifes n’aurait envisagé les cataclysmes qui surviendraient quelques années plus tard : Grand Schisme d’Occident (Avignon, plusieurs papes en même temps…) pour celui-là, et ouragan des abus par le clergé pour celui-ci. Deux apocalypses 1, vraiment…

Et Bergoglio survint !

Voilà qu’en 2013, le collège des cardinaux-électeurs choisit l’archevêque de Buenos Aires. Un jésuite. Inédit… Et ce pape prend un nom… inédit, lui aussi : François, en écho au Poverello de l’Ombrie moyenâgeuse. Epoque de changements…

L’une des caractéristiques des jésuites est de discerner Dieu en toutes choses : donc dans ce monde-ci, au cœur de cette humanité-là. Et d’y répondre positivement, constructivement : réforme des finances du Saint-Siège, réorganisation de la Curie Romaine, voyages apostoliques aux périphéries du monde…

Changement d’époque

Et plus l’on met la pression sur François pour qu’il n’ouvre quand même pas trop grand les fenêtres de l’Eglise 2, plus il met en place les décisions du Concile Vatican II (enfin !) : accès des femmes aux ministères, ouverture des laïcs et laïques aux postes de décisions, consultations multiples (canaux officiels et officieux…), Synode pour l’Amazonie… sans parler de son récent voyage au Canada pour y faire pénitence devant les membres des Premières Nations.

Et de rappeler en substance : nous ne vivons pas une époque de changements, mais un changement d’époque où « l’Eglise catholique-romaine n’est plus la première productrice de sens, ni même écoutée, ni même sollicitée »… C’est comme ça ! Or, Dieu est présent dans ce monde-ci – et pas celui d’hier ! A nous de discerner…

1 Mot voulant dire « révélation au vu de tou.t.e.s » !
2 Expression prêtée à Jean XXIII pour parler de l’effet Concile Vatican II.

Faim de vie ?

La fin du monde, la fin d’un monde, la fin de mon monde : des questions infinies…

PAR KLAUS SARBACH
PHOTO : PEXELS.COM

On nous pose la question : « La fin du monde, est-elle une histoire sans fin ? »… et personne ne sait donner une réponse juste. Cherchons plutôt des réponses à la question : « Quelle est la fin de mon monde ? »

« Mon monde », c’est le temps de ma vie sur terre qui finit avec la mort du corps. Personne ne connaît cette heure-là. Mais en employant le mot « fin » non comme mort, mais comme but de ma vie, ne trouvons-nous pas chaque jour cent raisons de vivre dans l’amour… qui ne finit pas ?

Sainte Catherine de Sienne nous offre cette clé : « La vie est un pont. Traverse-le, mais n’y fixe pas ta demeure. » Pour sa part, l’abbé Maurice Zundel explique que « le vrai problème n’est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous sommes des vivants avant la mort. » Jacques Clerc écrit dans son cahier scolaire : « Le but de la vie, c’est la mort. » Mais à la fin de sa vie, il écrit : « Le but de la vie, c’est la VIE ! »

«Comment pouvons-nous finir si nous n’avons jamais commencé ?» Père Walter Ludin

La vie ne se résume pas à 24 heures par jour. La vie est un cadeau que Jésus nous donne puisqu’il est la VIE et qu’il nous promet de rester avec nous jusqu’à la fin du monde. Donc, la réponse à la question : « La fin du monde, est-elle une histoire sans fin ? » est un grand OUI, car chaque seconde de notre vie avec Jésus est une histoire d’amour qui commence ici-bas et qui ne finira jamais au ciel.

Qui dit amour dit se lier pour toujours. Et qui dit se lier dit répondre à l’amour. Alors nous expérimentons ce que Vladimir Ghika 1 nous explique : « Si nous savions mettre Dieu dans tout ce que nous faisons, nous le retrouverions dans tout ce qui nous arrive. » Selon le pape François, « on ne peut pas connaître Jésus  » en première classe  » ou dans la tranquillité, encore moins en bibliothèque. Jésus on ne le connaît que sur le chemin quotidien de la vie ». Alors retroussons nos manches en suivant le conseil du pape Jean-Paul II : « Prenez en main votre vie et faites-en un chef-d’œuvre. »

«Ce qui donne un sens à la vie donne également un sens à la mort.» Antoine de Saint-Exupéry

A la fin de son séjour d’été le Père Sébastien Cibumbu nous invite à « faire de notre vie une parole d’Evangile ! » donc, une « Bonne Nouvelle » dans l’Esprit de Jésus ressuscité qui donne aux autres l’envie de vivre dans la confiance, la paix et la joie à travers notre manière de penser, de parler et d’agir.

1 Vladimir Ghika ou Vlad Ghica, né à Constantinople en 1873 et mort à la prison de Jilava en mai 1954, est un prélat roumain issu d’une famille princière. Orthodoxe d’origine, il se convertit au catholicisme et est ordonné prêtre.

Retable en broderie d’Alice Basset…

A travers ces trois scènes, l’œuvre nous parle de la royauté, de l’ouverture aux nations et de la manifestation de Dieu.

… église du Christ-Roi, Petit-Lancy (GE)

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Alice Basset est surtout connue pour la tapisserie de Saint-Victor que l’on peut admirer en l’église Saint-Joseph (GE). Ce n’est toutefois pas sa seule œuvre. L’église du Christ-Roi (Petit-Lancy) accueille un remarquable retable brodé.

Sur la partie droite du triptyque, on observe l’Adoration des mages ; sur la partie gauche, la Pentecôte et au centre, l’Agneau mystique entouré des prophètes de l’Ancien Testament et des Pères de l’Eglise. A travers ces scènes, l’œuvre nous parle de la royauté, de l’ouverture aux nations et de la manifestation de Dieu.

La tradition a fait des mages des rois. Mais aussi riches que soient leurs atours, ce ne sont pas eux qui sont dans la lumière. Alice Basset joue avec les tons, mettant l’accent sur le visage de la Vierge et sur l’Enfant. Le seul vrai roi, celui auquel cette église est d’ailleurs consacrée, c’est le Christ. Le panneau central nous renseigne sur la façon dont Il est roi. Sur le trône, se trouve l’Agneau. L’Apocalypse (Ap 5, 6) fait le lien entre la Passion et la royauté : le roi est celui qui donne sa vie pour sauver celle de son peuple. L’Evangile de la Solennité du Christ Roi nous invite d’ailleurs à contempler Jésus sur la croix. (Lc 23, 35-43 en 2022)

L’Adoration des mages est appelée épiphanie, ce qui signifie manifestation. C’est en effet la manifestation de Dieu aux peuples non juifs, les mages venant de pays lointains. A la Pentecôte, les Apôtres reçoivent l’Esprit pour témoigner de la Résurrection jusqu’aux extrémités de la terre. L’Apocalypse annonce la destinée collective de l’humanité : l’Agneau est entouré d’une foule immense « de toute nation, race, peuple, langue ». (Ap 7, 16-17)

A Noël (panneau de gauche), nous fêtons la venue de Dieu sur la terre et la Pentecôte (panneau de droite) célèbre la manifestation de l’Esprit-Saint. Le panneau central annonce le retour du Christ dans la gloire. Cette œuvre est un résumé de l’histoire du Salut : Dieu a parlé par les prophètes, Il est venu par Jésus, Il est présent par l’Esprit et nous attendons son retour dans la Gloire.

Un chantier à rebondissement

Je porte le prénom de trois apôtres, me lance-t-il d’emblée : « Oui, Pierre-André-Paul ! » Je me dis que notre entretien va être des plus palpitants ! « Si après 50 ans d’artisanat et d’amour pour mon métier, je n’ai rien à dire, alors… » En voilà, un sacré artiste : Pierre-André Woeffray met du cœur à l’ouvrage. Maître serrurier forgeron de formation, né à Monthey en 1958, il se dit entrepreneur libre. Il a la justesse et la finesse tout autant que l’humanité chevillées au corps. Il en faut pour aller « accrocher le Christ » au sommet de l’église de Martigny…

PROPOS RECUEILLIS
PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Pierre-André Woeffray.

Pierre-André, vous avez relevé quelques défis en acceptant de travailler sur les chantiers proposés par notre curé Jean-Pascal ?
Oui, les « chantiers » proposés par le chanoine Jean-Pascal Genoud ont toujours été des défis, car il a fallu réaliser concrètement les idées qui ont germé dans son esprit objectif et créatif. Cependant, nous sommes arrivés au terme de ces travaux pour le bien et la beauté de vos églises martigneraines.

Et le chantier « Boular » ?
Oui, j’aimerais décrire l’histoire contemporaine du « Christ de Boular »… Cette œuvre magnifique et organique, datant apparemment du XVIe siècle, était à l’origine de notre intervention. Elle était placée à l’arrière de l’église de la Ville, près de la sortie et sur une grande croix en bois, écrasant quelque peu la valeur dimensionnelle de notre Christ. Le chanoine Genoud m’a demandé de l’extraire de cette position trop discrète et en manque de valorisation. J’ai donc eu l’insigne honneur de le manipuler précautionneusement et de l’avoir deux semaines durant dans mon bureau à l’atelier. Dans un premier temps, nous avons composé un exosquelette métallique, discret mais solide, pour pouvoir suspendre le Christ sur des tirants métalliques, préalablement tendus entre les piliers de l’église et suspendus au centre de la voûte. Premier défi, car les accès et les mesures n’ont pas été de toute facilité. Une fois le Christ ainsi suspendu, fixé sur son support, il est resté un mois à la vue des paroissiens ; quelques critiques ont alors fusé, notamment que sans croix, certains lui ont donné le qualificatif de « plongeur d’Acapulco »… Cependant, sa place devant rester et malgré quelque déception du curé Jean-Pascal, nous l’avons redescendu et, après la fabrication d’une croix métallique adaptée et avalisée, remis en croix et suspendu à nouveau sur les tirants initialement posés.

Voici donc ce fameux « Christ de Boular », qui vous est présenté sur le symbole éternel de son martyre, suspendu à sa place d’honneur, au-dessus de l’autel de votre église de la Visitation, et il vous regarde d’en haut, quelle que soit votre situation dans cette belle maison de Dieu rénovée et lumineuse. Pour cette petite histoire, je précise que c’est lors de la dernière élévation de l’œuvre que les services de protection du patrimoine nous ont ordonné « de ne pas toucher cette sculpture, étant donné sa grande valeur due à son âge et son origine. C’est certainement la pièce la plus précieuse de cette église ! ».

Je vous promets que l’histoire de mon rapport avec le « Christ de Boular » est authentique car, tel l’adage : « Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais… »

J’ajoute enfin que l’église porte au mieux son nom, car au bon vouloir du curé Jean-Pascal, elle se visite actuellement avec des commentaires médias subtilement installés aux endroits névralgiques, tel un musée « tout public ». Cette réalisation me plaît beaucoup et donne à ce lieu un intérêt qui n’était peut-être pas d’actualité avant sa rénovation.

Qu’est-ce qui vous passionne tant dans notre métier ?
Le fait de pouvoir concrètement réaliser les désirs de mes demandeurs, car le métal, quoique dur et rébarbatif, possède une mémoire. Avec l’usinage de ce métier, l’outillage et les connaissances de l’artisan, cette mémoire reste pour très longtemps dans la représentation désirée.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos confrères serruriers forgerons ?
Peut-être l’âge et une certaine volonté exécutoire innée.

Vous m’avez avoué avoir vécu une vie à rebondissements. Qu’est-ce qui vous a poussé en avant ?
Notamment la vraie résilience et l’autre adage : « Comme tu fais ton lit, tu te couches. »

Vous avez toujours eu une fibre sociale aigüe et vous me disiez savoir « dénicher les cœurs droits ». Que voulez-vous dire par là ?
Par opposition aux « cœurs droits », il y aurait les « cœurs fourbes » ! Aussi, il est de notre intérêt commun de dénicher les fourbes.

Qu’est-ce qui vous fait aimer autant aller au cœur des choses, de l’humain ?
Il est dit que Dieu est en chacun de nous, qu’il nous a prêté vie et nous a fait à sa ressemblance. Aussi, quand il nous a ordonné « d’aimer son prochain, comme soi-même », il a aussi logiquement ordonné de s’aimer soi-même.

 Dans son atelier avec le « Christ de Boular ».

Vigilance et Révélation-Apocalypse

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

« C’est bientôt la fin du monde », paraît-il. Cette affirmation, nous l’avons entendue une fois de plus, cet été, quand aux sévices russes commis lors de l’injustifiable attaque contre l’Ukraine, sont venues s’ajouter les catastrophes de la sécheresse et des feux de forêt, un peu partout sur la planète. Avec en plus, les menaces de coupures de courant pour cet hiver.

A vrai dire, cela fait bien longtemps qu’on nous promet le terme de l’histoire : cela a été le cas, au fond, à chaque époque. Pensons aux invasions des Barbares, à la chute de l’Empire byzantin, aux deux Guerres Mondiales du
XXe siècle, aux catastrophes nucléaires de Fukushima ou de Tchernobyl, etc.

Le Nouveau Testament, avec son ultime livre de « Révélation » et les discours apocalyptiques des évangiles, nous invite constamment à la seule attitude qui convienne face à ces drames successifs : la vigilance. Pas de panique, la maîtrise de l’univers reste dans la main du Créateur et Sauveur. Les adversaires de son dessein, les différentes Bêtes, les empires de Babylone et de Rome, les tyrans contemporains ne l’emporteront pas. Le mal sera définitivement plongé dans l’étang de feu et la seconde mort.

« C’est à l’heure où vous ne l’attendez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Matthieu 24, 44) Les soubresauts des conflits, des famines et des tremblements de terre ne signifient que le commencement des douleurs de l’enfantement des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les faux prophètes pulluleront, abusant de la crédulité des gens et dressant nation contre nation. « Mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. » (Matthieu 24, 13) Les tribulations se répandront, le soleil et la lune s’obscurciront, les étoiles tomberont du ciel. C’est alors seulement que le Fils de l’homme viendra sur les nuées.

Tenons-nous donc prêts, car nul ne connaît le jour où l’avènement du Maître se produira ! (Matthieu 24, 42) Pas de crainte, car ce que nous vivons actuellement ne constitue que des signes avant-coureurs de la libération définitive !

Un geste tourné vers la vie

Parler de la fin des temps a quelque chose de grandiloquent. Tout au plus pouvons-nous mettre des mots sur la fin d’un temps, d’un chapitre de vie ou d’un engagement.

PAR JOSÉ MITTAZ | PHOTO : MARION PERRAUDIN

L’appel à la vie dans le regard de Naemi.

« Il y a un moment pour tout, nous dit l’Ecclésiaste, un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher… » (Qo 3, 1-2) Mais il y a aussi l’entre-temps. Ce sont tous ces moments charnières où il s’agit de consentir à la fin d’une étape de vie pour oser se tenir debout sur le seuil, comme épris d’un certain vertige face à la nouvelle page encore inconnue de son histoire, la fameuse page blanche.

Dans l’Evangile, la fin des temps est souvent évoquée par des images apocalyptiques inspirant la terreur : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Lc 21, 25-27) Face au déchainement des forces cosmiques, la place de l’homme semble à première vue aussi insignifiante que le fétu de paille balayé par le vent, en l’occurrence celui de la peur ou de l’affolement. C’est pourquoi, le Christ nous appelle à croire que nous avons reçu la force de vivre debout : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » (Lc 21, 28)

En réponse à une interpellation, Martin Luther aurait dit : « Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier. » Parole éloquente et à la fois mystérieuse, car on ne parvient pas à la retrouver dans l’œuvre du réformateur, mais on sait simplement dire quand elle est apparue : « En 1940 parmi les chrétiens allemands désespérés par la puissance et la folie d’Hitler. A quoi bon lutter face à une telle, comment dire, fureur ? Cette phrase sur le pommier est venue pour s’encourager mutuellement à oser ne serait-ce qu’un geste positif, tourné vers le bien, vers la vie. » (Pasteur Marc Pernot)

Quel est le pommier que je désire planter aujourd’hui ?

Dans la fresque apocalyptique du Jugement Dernier dans l’Evangile de Matthieu (au ch. 25), le Christ inspire notre réponse personnelle : il oriente notre attention sur les gestes simples, les seuls qui humanisent l’homme en l’ouvrant à l’espérance : J’avais faim et tu m’as donné à manger,… j’étais en prison et tu es venu jusqu’à moi. Dans le geste artistique proposé par le peintre Arcabas, le prisonnier ne tire pas en vain sur les chaînes plus fortes que lui, mais il nourrit un dialogue intérieur avec l’oiseau de la vie appuyé sur la branche de la croix. Echange musical et notes grégoriennes évoqués par les losanges qui chantent en silence : De profundis clamavi (Ps 129) ou l’espérance du veilleur qui devance l’aurore.

Vu… d’ailleurs

Comme son nom l’indique, la rubrique « vu d’ailleurs » qui colle au titre cette fois-ci, nous permet de nous déplacer un peu. Un peu poétique, au gré des vents et des nuages, les textes de Valérie nous emmènent là où on se dit « Y a rien à voir »… C’est vite vu… En route !

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTOS : MARION PERRAUDIN, PEXELS.COM

Voir depuis ailleurs que depuis soi-même. Voir d’ailleurs que depuis les réseaux sociaux. Voir d’ailleurs que depuis les embrouillaminis et les compromis qui permettent de rester politiquement correct ou de sauver la face. On va de crise en crise, de contradiction en contradiction, de guerre en guerre, mais la vie continue. On ne change pas grand-chose à notre manière d’envisager l’avenir, de voir le présent, de jeter un coup d’œil en arrière. Les réseaux sociaux effectuent ce travail pour les gens, et on se laisse plus ou moins porter par les vagues d’informations.

Vu d’ailleurs… Je me disais que si j’étais une de ces vaches qui broutent paisiblement pour quelques jours encore à côté de ma maison avant de retrouver l’étable pour les longs mois d’hiver, je serais peut-être comme elle : brouter ce qui se présente sous mon nez, sans regarder plus loin que le bout de mes cornes ; penser juste à opérer un petit demi-tour quand je tombe sur le fil électrique qui m’empêche d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, tout cela sans cesser de ruminer. Mais comment peut-on ruminer autant, d’ailleurs ? Vu depuis le pré, la vie ainsi semble plus simple, moins compromettante.

Mais vu depuis l’autre côté de l’enclos, cette manière de « fonctionner » sans devenir vraiment acteur de sa vie, deviendrait vite ennuyeuse. Passer sa vie à ruminer au sens figuré du terme est aussi peu intéressant que ruminer au sens propre. On ne peut pas passer son existence à digérer. A un moment donné, ne faut-il pas aller de l’avant, goûter du neuf ? Oser, quoi ! C’est peut-être ce que Boris Cyrulnik, le célèbre écrivain psychiatre français, appelle la résilience…

Vu d’ailleurs, je me disais que je pourrais être comme ces écharpes de brouillard qui traînent le long des montagnes et s’y accrochent mollement mais de façon tenace… Traîner le long de ces problèmes qui deviennent des montagnes, sans réussir, à moins d’un grand coup de vent, à ouvrir le panorama sur une vraie lumière, un horizon nouveau.

Mais pour une belle vue d’avion, il faut affronter les vents contraires et accepter le risque de devenir autre chose qu’un nuage lourd et stagnant. Se laisser défaire pour faire place à un ciel coloré.

Vu d’ailleurs, je pourrais me décentrer un peu de ce à quoi je semble être si attachée : mes principes, mes peurs, mes regrets, mes faux rêves… Tout ce qui m’empêche de décoller, pour me laisser élever comme une montgolfière grâce à la flamme de la foi qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une confiance placée dans le Très-Haut qui vient me chercher « Très-Bas » pour m’embarquer dans sa nacelle. Se défaire aussi de l’armure qui protège pour aller son chemin ! Vu d’ailleurs que depuis les murs de la forteresse que l’on construit pour se protéger des autres, de soi, des tentations, des échecs, des doutes ou des remises en question, c’est envisager un chemin de liberté sur lequel cueillir des fleurs de joie… Entre autres.

En cette fin d’année , si nous nous préparions à prendre des chemins de traverse ?

Découvrir la révision de vie

A quoi bon la foi si elle n’est pas mise à l’épreuve de la vie et, surtout, si elle ne devient pas un outil pour avancer ? La révision de vie permet de faire le lien entre la foi et la vie. Elle est une aide mutuelle pour débroussailler sa vie.

PAR SYLVIE HUMBERT 
PHOTO : ACTION CATHOLIQUE OUVRIÈRE

La révision de vie, c’est comme une source que l’on entend chanter dans un coin de forêt broussailleux : on aimerait pouvoir y boire, mais on ne trouve pas le chemin parce que beaucoup de ronces en interdisent l’accès. Alors on va chercher quelques amis pour nous aider à tracer un chemin. Comme la tâche est immense, on procède pas à pas : une ronce après l’autre ! Et si nos amis nous aident à remonter jusqu’à la racine de la première ronce, ils ne la déracineront pas. Ils nous donneront des gants, une pioche et tout autre outil qui pourrait nous être utile afin que nous puissions ouvrir un chemin vers la source.

Voir, comprendre, agir

La révision de vie, ce sont de petits groupes de trois ou quatre personnes qui se retrouvent en moyenne une fois par mois autour d’un animateur. Chacun donne un titre à un fait de vie récent qui lui a posé problème (une ronce), par exemple « Relation père-fils ». Le groupe décide ensuite qui va réviser suivant l’urgence ou la gravité du problème déposé. La personne expose le fait de vie, l’événement, de manière précise : où, quand, quoi, comment, qui, … Chacun peut demander des précisions afin de bien voir ce qui est en jeu.

Puis on essaie de comprendre ce qui s’est passé : quelles émotions ont été vécues, pourquoi, les liens avec l’enfance, les convictions, les prises de conscience, … Là, l’intelligence collective entre en jeu : chacun peut poser des questions qui doivent rester ouvertes, on s’entraide, on ne fait pas le travail à la place de l’autre. L’animateur veille à ce que chacun prenne la parole et que toute l’attention soit tournée vers celui qui révise dans l’amour et l’empathie.

Vient alors le lien vie-foi : à l’aide de textes, de citations bibliques ou autres, le groupe aide le révisant à découvrir les signes de la présence de Dieu dans le fait de vie déposé et l’encourage. Enfin, le groupe l’aide à trouver comment agir : recherche de solutions, réponses aux besoins, actes à poser, motivations, …

La méthode de l’abbé Cardijn

Cette méthode est née en 1925 dans la banlieue de Bruxelles quand l’abbé Joseph Léon Cardijn, accompagnant de jeunes ouvriers faisant face à des conditions de travail désastreuses, s’est efforcé de leur donner des outils pour améliorer leur quotidien et en comprendre le sens. Sa conviction : l’Evangile ne peut rejoindre le cœur des hommes qu’à travers leur existence quotidienne.

La révision de vie c’est, à partir du vécu, faire appel à l’intelligence collective pour aller à l’Evangile avec les outils que sont le voir, comprendre, agir et le lien vie-foi afin que l’amour du prochain qui nous anime puisse se manifester de manière concrète en Eglise et dans sa marge.

Renseignements : Sylvie Humbert, humbert.famille@bluewin.ch ou 079 949 66 39. Trois séances d’expérimentation seront proposées durant l’hiver.

Ensemble dans la confiance

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’année pastorale, qui s’est ouverte dimanche 4 septembre par une célébration joyeuse à l’église de Gland, nous invite à la confiance (pages 4-7). Un thème nous guidera au long des mois, résolument tourné vers l’espérance que donne le Christ : « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

Difficile de garder le cap de l’espérance dans le monde tel qu’il va. Les menaces – climatiques, politiques, économiques, sociales – sont nombreuses et nous sommes souvent tentés de nous replier sur nous-mêmes, de cultiver notre jardin, comme Candide, bien à l’abri derrière nos haies et nos clôtures.

La planète souffre et nous ne ferions rien ? La guerre en Ukraine se poursuit et nous fermerions nos portes ? Le prix de l’énergie monte en flèche et nous hausserions les épaules ? Pour nous chrétiens, les crises sont autant d’occasions de nous engager pour plus de justice et de solidarité. Dans la confiance, car Dieu lui-même est avec nous : il se risque sur nos routes, il marche à nos côtés, il nous appelle à sortir, à aller à la rencontre des femmes et des hommes de ce temps. Comme Raphaël Buyse, prêtre à Lille, dans « Autrement, Dieu » (Bayard Editions), un livre source d’espérance écrit au terme d’une année passée chez des moines bénédictins près de Bruxelles.

« Ne jamais plus demeurer accroupi à attendre. Ne pas répéter les choses, les gestes, les relations, les mots, les rites et les idées. Nous laisser bousculer, atteindre, toucher. Aimer. Ne pas croire que le chemin est terminé », écrit-il. Bouger, faire du neuf, nous laisser émouvoir par les remous du monde, et l’aimer, ce monde, avec ses enthousiasmes et ses fragilités, ses joies et ses détresses. Il est le nôtre, et nous chrétiens sommes appelés à « partir vers ce qui arrive », à vivre « la présence consentie aux évènements et aux rencontres de la vie », « ouvrant les portes et déliant les consciences ».

Pour cela, « croire en l’autre, en la vie, en demain », en soi, en posant sur ce qui vient un regard d’espérance et de bienveillance. Un beau programme à vivre ensemble jour après jour sur notre unité pastorale. Toujours plus, car cette année, elle devient interculturelle, regroupant toutes les communautés linguistiques : francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Autre changement : dès l’an prochain, votre bulletin paraîtra quatre fois par an et chaque numéro sera consacré à un thème. Vous retrouverez néanmoins, à la fin de chacun d’eux, des reflets de la vie de votre communauté. Vos idées sont les bienvenues : Dieu nous fait confiance pour semer, planter, bâtir.

Messe d’ouverture de l’année pastorale

Sous le signe de la confiance

 

Près de 300 paroissiens des communautés francophone, italophone, espagnole, portugaise et coréenne de l’Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte (UP) se sont retrouvés dimanche 4 septembre dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Gland pour célébrer l’ouverture de l’année pastorale 2022-2023. Une année placée sous le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTOS : BRIGITTE BESSET, DANILO DE SIMONE

L’année pastorale 2022-2023 a été lancée dimanche 4 septembre à Gland par une célébration qui a rassemblé des paroissiens de toute l’Unité pastorale interculturelle (UP) sur le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ». Ils étaient près de 300 à avoir pris place dans l’église et la salle paroissiale, où la messe était diffusée, pour ouvrir l’année pastorale autour des prêtres de l’UP, des prêtres des communautés espagnole et portugaise et du diacre Eric Monneron. Une année qui aura pour fil rouge deux textes bibliques : la tempête apaisée
(Mt 8, 23-27) et Pierre marchant sur les eaux (Mt 14, 22-36). Puissent-ils, a dit l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, « nous aider à gagner en confiance et à nous plonger dans l’espérance chrétien-
ne ».

Après l’accueil par Brigitte Besset, présidente, au nom du Conseil de l’UP, l’abbé Dunand a dit l’importance du thème de cette nouvelle année pastorale : « ‘ Confiance, c’est moi ’ : ces mots nous sont murmurés par Jésus, ils nous sont adressés par lui, nous qui sommes ses ouvriers pour la construction de son Eglise ».

Connectés sur Jésus

« Notre vie terrestre avec Dieu est un temps d’espérance. Nous ne savons pas tout de lui. Cependant, même si nous ne savons pas tant de choses sur Dieu, nous sommes capables de nous connecter à lui » par le canal qui a nom espérance, a dit le curé modérateur en ouverture de son homélie. L’espérance, « cette force intérieure qui nous lie à la personne concrète de Jésus, Dieu notre frère », est « au cœur de la foi ». Elle « nous donne la certitude et la force que, malgré nos faiblesses, nous pouvons aller de l’avant ».

Ainsi, l’épisode de Pierre qui marche sur les eaux est parlant : « C’est comme une image de ce qui se passe dans nos vies. Il est question de nos peurs, des fantômes qui hantent nos vies, de nos tempêtes, mais aussi de confiance, de vent qui se calme, de foi ». Croyant voir un fantôme en Jésus qui marche sur la mer, Pierre se jette à l’eau… et s’enfonce. « Et c’est lorsque Jésus lui tend la main qu’il trouve un appui qui le secourt et lui donne la paix. Sa foi en Jésus lui permet d’avancer malgré le péril où il s’enfonçait et elle le fait grandir. Confiance ! »

Et nous ? Nous sommes tous un peu comme les apôtres et Pierre : « On est souvent pris de peur, bouleversés. Dans la tête de beaucoup de gens, de personnes croyantes comme nous, lorsque ça ne va pas, ou si ça va mal dans la vie, c’est que Dieu n’est pas là. En cela nous considérons Dieu, a poursuivi l’abbé Dunand, comme une sorte de négociant, d’homme d’affaires. Nous marchandons avec lui. […]Et si ça ne va pas dans le sens qu’on veut, on perd confiance, comme Pierre. On perd la foi. On s’enfonce ».

Durant la nouvelle année pastorale, « restons connectés sur Jésus, Dieu notre frère, grâce à la chaîne gratuite de l’espérance ! Elle est au cœur de notre foi et nous permet de faire des pas vers Jésus ressuscité. Il nous tend la main… bâtissons son Eglise avec confiance ».

Une UP interculturelle

La nouvelle année pastorale est synonyme de changements. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, a décidé, par décret, de nommer notre UP « Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte » : elle regroupe dès à présent toutes les communautés linguistiques, francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Pour marquer cette étape, une messe franco-coréenne a été célébrée dimanche 16 octobre à la Colombière à Nyon ; et samedi 13 mai 2023, toute l’UP fêtera Notre-Dame de Fatima par une procession et une messe. L’eucharistie sera désormais célébrée selon le nouveau missel, et pour permettre à chacun de mieux participer, de brèves catéchèses seront données durant les messes dominicales.

Nourrir la vie spirituelle

Marie-Agnès de Matteo a été nommée formatrice et accompagnatrice d’adultes dans le service cantonal de la vie spirituelle. Elle compte développer cet axe pastoral sur toute l’UP en ouvrant un Espace Sainte-Thérèse, en cours d’aménagement à Nyon. Le but est d’offrir un accompagnement spirituel, des occasions d’approfondir sa foi dans des groupes de partage et des formations à la prière et au discernement spirituel. Sylvie Humbert, de Begnins, désire s’impliquer bénévolement en proposant des groupes de révision de vie (voir page 10).

Suite à une année de discernement en pastorale sociale et de rue aux côtés de Françoise Gariazzo sur les deux unités pastorales de la Côte, Natacha Schott a commencé en septembre une formation d’animatrice pastorale. A ce titre, elle travaille pour l’UP à la Permanence accueil d’ASOLAC (Association sociale œcuménique de la Côte) à Nyon en partenariat avec l’Eglise réformée vaudoise et Caritas. Elle coordonne le café partage sous l’église de Gland les mardis de 9h30 à 11h. Elle fait aussi partie du groupe solidarité de l’UP Effata, coordonné par Françoise Gariazzo.

Liturgie et écologie

Le Conseil de paroisse de Founex a un nouveau président, Pierre Boppe. Les servants d’autel de l’UP sont placés sous la responsabilité de Sandrine Minniti. Pola Aleksandrowicz est nommée cérémoniaire et responsable pour la paroisse de Founex, Eva Jaggi cérémoniaire et responsable pour la communauté de Gland. Silvia Santos reprend le secrétariat de la catéchèse et la coordination des 5H.

Enfin, un accent particulier sera mis tout au long de l’année sur la liturgie et l’écologie. Deux groupes se sont constitués pour y réfléchir: une commission liturgique (France Boppe, Daniela Meynet, Françoise Merlo, Sandrine Minniti, Emmanuel Caillaud, Sinclaire Burdet et l’abbé Jean-Claude Dunand) qui mettra en place des catéchèses afin de mieux faire comprendre les enjeux de la réforme du missel ; un groupe EcoEglise, sous la responsabilité de Linda Klare, membre de la Commission diocésaine, qui encouragera chacun à s’engager pour la création. Enfin, l’abbé André Fernandes est à la retraite, mais il donnera des coups de main sur l’ensemble de l’UP. Le Père Pedro Delgado, de la communauté espagnole, est pleinement intégré dans l’UP.

Les personnes nommées, debout, ont réaffirmé leur foi. A la fin de la célébration, elles ont été envoyées en mission par l’abbé Dunand qui leur a donné sa bénédiction : « Sur tes amis, Seigneur, fais briller ta lumière : qu’ils discernent toujours ta volonté et soient capables d’accomplir fructueusement leur mission ».

A l’issue de la messe, les paroissiens ont partagé un apéritif dînatoire dans la salle de Montoly. L’occasion d’échanger dans une ambiance conviviale.

 

Tchad Missions Nyon a 40 ans

L’association Tchad Missions Nyon (TMN) a fêté ses 40 ans d’existence dans les salles sous l’église de la Colombière à Nyon dimanche 11 septembre. L’occasion de rendre grâce pour le travail effectué.

PAR BRIGITTE DUMAS | PHOTOS : TIZIANO PANCELLA

La célébration des 40 ans de Tchad Missions Nyon (TMN) a débuté par un apéritif servi sous l’église sur une place inondée de soleil. Un repas convivial a ensuite réuni environ 60 personnes autour d’une somptueuse paella préparée de main de maître par Tiziano Pancella.

L’assemblée était composée de donateurs, des membres du comité et de paroissiens venus pour le plaisir de la découverte, la rencontre et le partage dans une ambiance joyeuse et chaleureuse. Avec enthousiasme et bonne humeur, une petite équipe de jeunes bénévoles a apporté une aide efficace, contribuant à la réussite de cette journée.

Un brin d’histoire

En 1969, dans un esprit missionnaire, des ursulines s’installent au Tchad. Ces religieuses sont aujourd’hui regroupées dans la ville de Pala, au sud du pays. Leurs diverses activités se concrétisent notamment dans l’éducation, la formation humaine et spirituelle et l’animation de groupes de jeunes. Elles viennent aussi en aide aux femmes et aux plus démunis.

Créée à Nyon en 1982, l’association Tchad Missions Nyon (TMN) est née du désir de maintenir des liens d’amitié et de partage entre les Eglises de Pala et de Nyon et de soutenir, par des dons reversés intégralement aux œuvres, l’action des sœurs ursulines présentes dans le diocèse de Pala ainsi que de toutes les personnes qui en assurent l’encadrement et le fonctionnement.

Diaporama et site internet

Claude-Anne Bontron, présidente de TMN, a présenté et remercié les membres du comité et accueilli Sœur Marie-Brigitte, supérieure du couvent de Sainte-
Ursule à Fribourg, Sœur Marie-Noëlle, Sœur Marianne et Sœur Josiane qui avaient accepté l’invitation de TMN à se joindre à l’assemblée pour l’événement. Elle a aussi remercié l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, pour son intervention auprès de l’évêché afin que la quête de la messe du jour revienne à TMN.

TMN fêtait en ce jour ses « noces » d’émeraude, cette pierre précieuse qui symbolise le renouveau, l’harmonie et l’équilibre ; favorise l’accès à la paix et à la sagesse intérieure ; et renforce les liens entre les personnes par la bienveillance et l’amitié.

Un diaporama présentant TMN, préparé par Tiziano Pancella, a été projeté durant le repas. Cet automne, comme cadeau d’anniversaire, un site internet a été créé pour TMN.

De nombreux projets

Après avoir vivement remercié chacun pour son soutien, Sœur Marie-Brigitte a rappelé que notre humanité est une, au-delà d’un pays ou d’un lieu, et souligné le besoin vital de l’engagement de tous. Elle a insisté sur le fait qu’on ne peut plus, désormais, avancer en ne pensant qu’à soi, que le partage et la solidarité sont capitaux pour préparer, par une action responsable, un avenir aux jeunes en difficulté.

Sœur Josiane, engagée à Pala depuis quelques années, a remercié les membres du comité de TMN dont elle a loué la fidélité courageuse et persévérante. Puis elle a évoqué la création de l’association TMN et détaillé quelques projets d’entraide : soutien aux orphelins du sida (scolarité, cours d’appui), Centre culturel Nicodème, foyer de jeunes filles, école des filles, école de couture de Torrock, bourses d’études, aide aux familles nécessiteuses. Elle a avoué que la tâche était souvent rude. Et que quand le découragement guettait, elle se raccrochait à cette pensée : « Nous semons et arrosons les graines, Dieu assure la croissance ! ».

Sœur Marie-Brigitte s’est adressée à une assemblée fournie et attentive.

Jeux, jeunes et humour – novembre 2022

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi représente-t-on saint André avec une croix en forme de X ?
Fêté le 30 novembre, l’apôtre saint André est considéré comme le premier évangélisateur de l’Ukraine et de plusieurs pays alentour. Bien que cela ne repose sur aucune source, la tradition attribue une forme de X à la croix sur laquelle André a été supplicié sous Néron. Et ce, peut-être pour marquer une différence avec saint Pierre, crucifié la tête en bas.

par Pascal Ortelli

Humour

Une grand-maman était assise sur la plage et regardait nager son petit-fils quand tout à coup une immense vague l’emporta. 
La grand-mère regarda le ciel et s’exclama : « Seigneur, tu es injuste. Je vais tous les dimanches à la messe, je dis mon chapelet tous les jours et voilà que tu enlèves mon petit-fils ! » Le Seigneur eut pitié d’elle et une seconde vague lui rendit son petit enfant. « Du fond du cœur, merci Seigneur ! Vous me direz si j’abuse mais… le petit portait sur lui une casquette neuve ! »

par Calixte Dubosson

Que la lumière soit et la lumière fut

PAR VÉRONIQUE BENZ | PHOTO : R. BENZ

« Dieu dit :  » Que la lumière soit  » et la lumière fut. » Telles sont les premières paroles de Dieu rapportées dans la Genèse, précisément dans le récit de la création du monde (chapitre 1, verset 3). Ces paroles résonnent de manière particulière au moment où nos autorités nous annoncent de possibles pannes d’électricité, où les cantons prennent des mesures pour limiter l’éclairage. En effet, cette année nos rues ne se pareront pas de leurs belles illuminations de l’avent. De nombreux magasins ont décidé de restreindre leurs décorations lumineuses de Noël… Allons-nous vivre un temps de l’avent dans la nuit et les ténèbres ? Non, l’Emmanuel viendra parmi nous à Noël, et nous sommes comme chaque année invités à préparer nos cœurs pour l’accueillir. Pour ce temps de l’avent, les paroisses offrent un large éventail d’activités et de liturgies, vous en découvrirez quelques-unes dans ce numéro, mais aussi sur la feuille dominicale et le site du décanat.

Pour entrer dans cette période qui nous conduit à Noël, ce magazine vous propose une petite rétrospective en images sur les événements de la rentrée pastorale, notamment la remise des médailles Bene merenti à Givisiez, les confirmations et la célébration de rentrée des étudiants.

Une belle initiative de cette année est la messe des familles qui a lieu tous les dimanches au Christ-Roi.

Les inscriptions pour les Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne sont ouvertes, à tous les jeunes l’invitation est lancée « vamos à Lisboa » !

Je vous invite également à faire connaissance de l’abbé Fortunat Badimuene, nouveau prêtre au service des paroisses de notre décanat.

Par ces temps frais rien de mieux qu’une soirée bien au chaud avec un bon bouquin. Si votre bibliothèque ne contient pas un choix qui vous convient, faites comme Jean-Marie Monnerat et rendez-vous à La Doc. La librairie médiathèque de l’Église catholique saura vous conseiller pour emprunter ou acheter un livre.

Si par une belle journée d’automne vous allez vous promener en Basse-Ville, lisez absolument l’article de Sébastien Demichel. Il vous fera découvrir l’histoire de la paroisse Saint-Jean.

Durant ce temps de l’avent, apprêterons-nous à accueillir l’Emmanuel afin que les ténèbres qui nous entourent deviennent lumière.

« Jésus leur adressa la parole et dit :  » Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie.  » » (Jean 8, 12)

Bonne préparation à la venue du Christ parmi nous !

Une retraite bien méritée !

L’abbé André Fernandes, prêtre répondant de notre communauté, a pris sa retraite en septembre. Il réside toujours à la cure de Founex et reste à disposition pour assurer quelques services religieux. Nous avons demandé à ce prêtre attachant et proche des paroissiens de nous raconter son parcours de vie.

PAR ANDRÉ FERNANDES 
PHOTOS : DR

Je suis devenu prêtre par vocation. Cadet de cinq enfants, à l’âge de 11 ans, j’ai été placé par mes parents à l’internat du petit séminaire de mon village où j’ai fait mes études. J’ai poursuivi ma formation dans l’Etat indien de Goa, en Inde, dans la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. En 1973, je suis arrivé en Suisse pour me former en théologie à l’Université de Fribourg. A la fin de cette formation, j’ai été ordonné diacre par Mgr Louis-Séverin Haller, ancien abbé de Saint-Maurice, à la cathédrale de Fribourg. Mon ordination sacerdotale a eu lieu le 4 avril 1976 dans mon village natal de Velsao, à Goa, par Mg Joseph Mittathany, évêque de Tezpur ; j’étais alors âgé de 30 ans.

Son parcours en Suisse

Revenu en Suisse en 1977, j’ai été nommé vicaire à la paroisse de Saint-Guérin à Sion pour une durée de trois ans. J’ai ensuite été nommé vicaire à la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Neuchâtel, qu’on surnomme l’église rouge. Puis curé de Saint-Blaise pendant 17 ans et curé du Locle durant 13 ans. Au cours de ce long ministère, j’ai rencontré beaucoup de personnes à qui j’ai essayé de transmettre la culture indienne ; elles m’ont joyeusement partagé en retour l’amour de leur pays. C’est pour cette raison que j’ai demandé la nationalité suisse, qui m’a été octroyée. Mais je suis et reste avant tout goanais et indien.

Un ministère fructueux

Après trente ans passés dans une région qui était devenue une terre d’adoption, une nouvelle mission m’attendait dans l’Unité pastorale Nyon-Terre Sainte. J’ai résidé dans la paroisse de Founex, dont j’étais prêtre répondant. Dans ce dernier ministère, j’ai beaucoup travaillé avec les laïcs, mes confrères et le Conseil de paroisse. Il compte beaucoup de laïcs et j’ai aimé travailler avec eux.

J’ai été très heureux pendant mes 45 ans de ministère, car le Seigneur m’a porté. Il a beaucoup donné à toutes les personnes que j’ai rencontrées et elles m’ont nourri : ma foi a grandi grâce à des témoins de l’amour de Dieu.

André Fernandes (devant à droite) a été ordonné à Goa, en Inde, en 1976. 
A Founex distribuant la communion.

En librairie – novembre 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Nous pères, qui sommes sur terre
Collectif

Dans ce recueil de témoignages, vous trouverez l’expérience de douze hommes qui ont souvent douté, parfois touché le fond, mais qui ont tous été transformés par la paternité et leurs épreuves. Ils ont surmonté la stérilité, le deuil, le handicap, le déshonneur, l’addiction, la violence, l’absence. Ils nous parlent du père qu’ils sont devenus, des joies et des espérances qui ont forgé leurs cœurs. Un magnifique cadeau pour tous ceux que l’on appelle « père » sur terre, pour leurs épouses, leurs enfants et pour tous ceux qui cherchent le visage de « Notre Père qui es aux cieux ».

Editions Artège

Acheter pour 24.70 CHF

En ces temps qui sont les derniers
Antoine Vidalin

L’histoire a-t-elle véritablement et encore un sens ? Question nécessaire dans une époque livrée à l’immédiateté, à la brutalité, sans mémoire ni espérance. Le Père Vidalin s’en empare en théologien pour chercher à scruter les « signes des temps » à la lumière des Ecritures Saintes. L’auteur replace à la fois l’histoire du peuple juif, de l’Eglise, de l’islam et des nations modernes dans l’histoire longue, en nous révélant les significations spirituelles de celle-ci.

Editions Artège

Acheter pour 20.00 CHF

Après l’hiver vient toujours le printemps
Marie de Jaureguiberry

A la mort de son fils, l’auteure est descendue au plus profond de la souffrance : doutes, culpabilité et sentiment de n’avoir pas su comprendre. Au fil des pages et de l’histoire, elle accompagne le lecteur dans le drame du suicide et dans un lent retour à l’espérance. Un chemin de foi lumineux pour trouver les mots et savoir accompagner des jeunes en souffrance ou des parents endeuillés. A travers le parcours de son fils Adrien, l’auteure nous propose une lecture sans concession de ce qui peut conduire un être humain à cesser de lutter. 

Editions Mame

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Matteo Ricci
Jean Dufaux – Martin Jamar

Pékin, début du XVIIe siècle. Le père Matteo Ricci, un jésuite italien, est tombé amoureux de la Chine. Depuis dix-huit ans, il parcourt ce pays afin de servir Dieu. Respectueux des coutumes et des religions qui ne sont pas les siennes, il poursuit un rêve : rencontrer l’Empereur en personne. Mais la route est longue et semée de dangers jusqu’à la Cité interdite. Dans cette BD, Jean Dufaux et Martin Jamar redonnent vie à un personnage adepte de tolérance, d’ouverture à la différence et du dialogue entre les civilisations. Autant de convictions qui prennent tout leur sens dans notre société fracturée d’aujourd’hui.

Editions Dargaud

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