Les ursulines filles de Marie Immaculée

De nombreuses communautés religieuses sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur les ursulines filles de Marie Immaculée.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Origines : la congrégation a été fondée par le bienheureux Zéphyrin Agostini en 1860 dans le but de créer une école pour les filles à Vérone. Aujourd’hui, elle compte plus de 400 sœurs réparties dans une soixantaine de maisons principalement en Italie et à Madagascar, mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique de l’Ouest.

Comme mère et modèle de vie, il leur propose sainte Angèle Mérici qui a créé en 1535 l’ordre de Sainte-Ursule à Brescia. Son originalité réside dans le fait que ce nouveau mode de vie religieuse rassemble des sœurs non cloitrées qui, initialement, ne vivaient pas en communauté. Aujourd’hui, plus de quarante familles religieuses se réclament d’Angèle Mérici.

Mission : faire tout le bien possible avec un zèle inlassable pour l’éducation humaine et chrétienne de la jeunesse.

Dates clés

1923: Approbation diocésaine

1940: Approbation pontificale définitive

1960: Ouverture d’une première maison en dehors de l’Italie à Madagascar

2000: Arrivée à Genève

Présence en Suisse romande : les sœurs sont installées au Grand Saconnex où elles s’occupent des enfants de la Garderie (Villa Margherita) gérée par la Mission catholique italienne. A Genève, dans le foyer Villa Clotilde, elles gèrent une pension pour étudiantes et sont engagées dans différentes activités paroissiales et en aumônerie.

A noter que les ursulines des maisons de Fribourg, Sion et Brigue proviennent d’une autre branche d’inspiration jésuite, fondée en 1606 à Dole en Franche-Comté par Anne de Xainctonge.

Une particularité : un style de vie religieuse non cloitrée novateur pour l’époque.

Pour aller plus loin : upnsj.ch/la-communaute-des-soeurs-ursulines/

Etre ursuline pour moi c’est…

Par sœur Rossana Aloise, Villa Clotilde Genève

« Cultiver un accueil inconditionnel et une attention à la personne, des attitudes qui me renvoient au Christ, à sa proximité pour apporter la vie et la liberté. Dans le simple partage de la vie quotidienne, la prière, l’activité apostolique, je me suis sentie chez moi et mon désir est de faire en sorte que chaque personne que le Seigneur me donne à rencontrer se sente chez elle et puisse retrouver un reflet du visage du Christ accueillant et bienveillant. »

En librairie – décembre 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Retrouver le goût de la vie
Anselm Grün

Lorsque nous nous heurtons à la frustration et à l’impuissance, quand le chemin que nous avons pris ne nous a finalement menés nulle part, nous nous sentons vidés, épuisés et sans désirs. C’est le burn-out de l’âme. Anselm Grün nous montre comment faire face à ces moments de vide, d’angoisse, voire d’effondrement, qui peuvent être autant d’opportunités de revenir sereinement à soi. En effet, ces grandes fatigues ont la capacité insoupçonnée de nous mener vers l’essentiel de notre vie : le rythme de notre âme et de notre corps, afin de retrouver la source de vie au plus profond de nous.

Editions J’ai lu

Acheter pour 11.90 CHF

S’élever dans la lumière du vitrail
Martial Python

Le vitrail a cette belle vocation consistant à transfigurer l’atmosphère qui règne dans les sanctuaires la rendant ainsi plus immatérielle. La poésie des couleurs se réfractant dans leurs espaces étreint jusqu’à faire vibrer notre âme, nous élevant ainsi à la contemplation des grands ailleurs. Pour vivre cette démarche, sont proposées plusieurs églises et chapelles du pays de La Glâne, une terre ayant beaucoup inspiré les artistes et spécialement ceux qui ont fait chanter la lumière avec l’art du vitrail. Martial Python nous en dévoile plusieurs facettes dans un style simple et accessible.

Editions Cabédita

Acheter pour 35.00 CHF

L’Eglise brûle
Andrea Riccardi

Les flammes qui ont dévoré Notre-Dame de Paris sont le signe, nous dit Andrea Riccardi, de l’incendie que connaît l’Eglise. Recul de la pratique, des vocations, de l’influence publique et culturelle : partout, en France, en Europe, sur les autres continents, l’inquiétude monte. Le christianisme traverse-t-il une des épreuves qui l’ont fortifié hier ou court-il vers un irrésistible déclin demain ? Et si, plutôt que de se lamenter ou de se raidir, il s’agissait de vivre la crise ? D’entrer en lutte, non pas contre les ennemis supposés du dedans ou du dehors, mais en combattant ces deux fléaux que sont le discrédit et l’indifférence ? Il fallait le fondateur de Sant’Egidio pour nous montrer comment l’Eglise qui brûle peut être l’Eglise qui, renaissant de ses cendres, annoncera comme jamais l’Evangile.

Editions du Cerf

Acheter pour 33.00 CHF

Don Bosco
Guri Suzuki

Dans cette bande dessinée japonaise, deux adolescents d’aujourd’hui, Riku et Mana, se retrouvent en Italie à l’époque de la fondation de l’Oratoire par Don Bosco. Entourés des jeunes accueillis à l’Oratoire, de Dominique Savio, de Maman Marguerite, ils vivent avec eux des moments qui les font grandir, sous le regard bienveillant et juste de saint Jean Bosco. A la fin, ils reviennent à leur époque, transformés et grandis. Don Bosco, par sa vie exemplaire et son amour pour les jeunes, ne cesse d’être une source d’inspiration encore aujourd’hui.

Editions Mame

Acheter pour 16.20 CHF

Pour commander

Missionnaire de la « charité »

A Renens, les personnes confrontées à la faim, au froid, qui se retrouvent sans toit ou sans emploi ont certainement croisé la route de Jean de Dieu Rudacogora. Aumônier pour la pastorale sociale et de rue de l’Eglise catholique vaudoise, celui qui a le souci de cette précarité porte un prénom bien programmatique.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Jean de Dieu, c’est un prénom programmatique. On peut dire que vous avez pris à la fois le patronyme et la vocation du saint du même nom ?

J’ai participé récemment aux 20 kilomètres de Lausanne. Comme mon prénom n’est pas très courant en Suisse, ils ont cru que mon prénom était « Jean » et mon nom de famille « de Dieu ». Sur le dossard il était donc inscrit « Dieu » et lorsque je courais à travers Lausanne les gens criaient : « Allez Dieu ! » Je suis né au Congo dans une famille très catholique. A ma naissance, il était alors interdit de donner des prénoms chrétiens. Mes parents ont choisi un prénom rwandais qui signifie « j’appartiens à Dieu ». Lorsque les prénoms chrétiens ont été à nouveau acceptés, le saint le plus proche de mon prénom était Jean-de-Dieu. J’ai été renommé ainsi. Ce saint m’inspire dans tout ce que je fais. Son engagement envers les malades et les pauvres me parle particulièrement dans mon ministère.

Dans un pays « propre en ordre » comme la Suisse, c’est paradoxalement le non-respect du droit des individus (droit du bail et du travail) qui les conduit vers vous…

On voit la Suisse comme un pays où il y a peu de pauvreté, organisé et dont les lois et règlements protègent les citoyens. On pense donc que ce type de situations n’existent pas. Dans mon ministère, je côtoie bien des précarités, mais cachées. Pour vous donner un exemple, une dame est arrivée en Suisse avec la promesse d’un emploi. Depuis, elle travaille pour trois francs par jour de 8h du matin à 20h. Ces gens sont exploités et en dehors du système.

Comment faites-vous pour que cette aide ne soit pas perçue comme de la charité ?

L’idée est vraiment de les aider à trouver la solution eux-mêmes afin qu’ils soient autonomes. Ici, c’est un endroit où l’on peut souffler un moment. Un cadre de confiance où les gens trouvent une écoute, un accompagnement et des pistes pour stabiliser leur situation.

Qu’est-ce que la perspective de la fin d’année et des fêtes amène comme inquiétudes supplémentaires ?

Ceux qui disposent d’un permis de travail s’inquiètent de n’avoir personne avec qui partager ce moment festif et de l’impossibilité financière d’offrir un petit cadeau à leurs proches. Les personnes sans-papiers, quant à elles, ont tout laissé pour essayer d’améliorer le quotidien de leur famille restée au pays, mais aujourd’hui, elles se retrouvent dans une situation pire encore et ne peuvent ni envoyer d’argent, ni même espérer rentrer pour les fêtes.

La Pastorale sociale et de rue de Renens, le Collectif vaudois de soutien aux sans-papiers (CVSSP) et le service de la Cohésion sociale de la ville de Renens ont obtenu en 2020 des fonds de la Chaîne du Bonheur pour venir en aide aux victimes des mesures prises pour endiguer la pandémie du COVID-19… De quelle manière ?

Nous avons mis en place une permanence. Une fois par semaine, ces personnes « inconnues du système » venaient nous voir et nous regardions en premier lieu s’il y avait une possibilité de trouver un soutien ailleurs, comme par exemple des subsides aux assurances maladie, une aide sociale ou même le chômage. Dans le cas contraire, nous apportions une aide financière directe par le paiement des factures d’assurance maladie ou de loyer. Même si ces personnes disposent de papiers en règle, elles ne demandent pas d’aide par peur de perdre leur permis. De plus, il n’y avait pas toute la bureaucratie qui effraie les bénéficiaires.

Les organisations qui ont mis en place ces permanences ont mandaté la Haute école de travail social de la santé Lausanne (HES-SO) pour documenter cette action. Qu’est-ce que cette enquête a révélé ?

Grâce à ce rapport, nous avons pu montrer et documenter cette réalité. Cela va lentement, mais cela a tout de même essaimé. Des associations et des personnes individuelles m’appellent pour demander de quelle manière elles peuvent aider concrètement. Grâce à cette action, les communes alentour ont également débloqué une aide pour ces personnes qui existent et vivent des situations difficiles en marge de notre société.

Biographie express

Jean de Dieu Rudacogora est marié et papa de trois enfants. Il est né le 12 janvier 1973 en RDC. Après trois ans de philosophie au Congo, d’une année de noviciat en Zambie et deux ans d’insertion pastorale en Tanzanie, il entame une licence en théologie à Londres. Depuis 2011 dans la pastorale sociale et de rue à Renens, il considère que « l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des personnes vivant toutes sortes de précarité [le] ramène [aux siennes] » et ce cheminement lui apporte beaucoup plus qu’il n’apporte lui-même.

L’aumônier est marié et papa de trois enfants.

Abbé Gérald Carrel, 25 ans de présence en milieu hospitalier

Accompagner ! Un beau verbe ! Mais pas facile à conjuguer à l’actif. Même quand vous avez décidé de faire de l’accompagnement spirituel votre activité principale. Pour l’abbé Gérald Carrel, aumônier à l’hôpital Riviera-Chablais de Rennaz, l’accompagnement est carrément un « credo de vie ». Rencontre avec un prêtre qui a frôlé la mort à cause du COVID, mais continue à accompagner. Parce qu’il parle de cette forme de ministère comme d’un cadeau !

PAR CLAUDE JENNY | PHOTOS : DR

Ordonné prêtre en 1983, l’abbé Carrel a d’abord œuvré en paroisse. Depuis 1995, il est aumônier d’hôpital. L’accompagnement d’une tante, en fin de vie, puis d’une autre personne qui l’a appelé à son chevet, lui a fait découvrir qu’il pouvait être plus utile dans les hôpitaux qu’en paroisse. Il a œuvré aux HUG à Genève, puis au CHUV, puis dans les hôpitaux de la Riviera et à l’hôpital intercantonal de Rennaz depuis son ouverture en 2019. Vingt-sept ans d’aumônerie ! Sans doute un record au sein du clergé romand.

« Bonjour, je suis l’aumônier ! » Combien de fois a-t-il ouvert une chambre d’hôpital et essayé d’entamer un dialogue avec son ou ses occupants ? Et d’avouer : « Nous, les aumôniers, nous nous faisons rarement remballer. Avec certains malades, les échanges sont brefs. Avec d’autres, ils se prolongent, se renouvellent, sont d’un rare richesse. »

Chaque rencontre est une aventure. « A chaque rencontre, c’est une aventure. J’entre dans la vie d’un homme ou d’une femme qui ne m’a encore jamais vu. J’entre dans son monde. Et souvent, avec peu de mots, le contact s’établit et le malade, en confiance, s’ouvre au dialogue parce que l’on a besoin d’une relation à l’autre, d’humain à humain. Je reçois chaque rencontre comme un cadeau » raconte l’abbé Carrel, qui ne porte jamais de blouse blanche lorsqu’il frappe à la porte d’une chambre d’hôpital. « Je fais partie de l’équipe des soignants parce que l’accompagnement spirituel est une forme de soins. Mais en venant sans blouse blanche, je montre que je ne fais pas partie du personnel médical. Les malades en voient assez des blouses blanches ! » lance l’aumônier.

Un rôle différent. « J’admire le personnel soignant et j’échange avec lui. Mais, comme aumônier, nous avons un rôle différent et nous nous reconnaissons mutuellement comme ayant un rôle spécifique » explique-t-il. L’aumônier est notamment alerté par les équipes lorsqu’elles constatent qu’un patient souffre du « syndrome du glissement » et que l’accompagnement d’un aumônier revêt alors une importance particulière.

Fort de tant d’années d’expérience, l’abbé Carrel voit d’ailleurs un danger : la « surspécialisation des blouses blanches » qui fait que les soignants sont moins disponibles pour écouter le patient et qu’ils peuvent avoir une vision très parcellaire de l’état du malade. L’abbé Carrel n’a jamais regretté d’avoir opté pour la voie de l’aumônerie. Après plus de 25 ans de présence hospitalière, l’abbé Carrel a quitté les aumôneries des hôpitaux. Mais pas question de retraite ! « Nous les prêtres, on doit bosser jusqu’à 70 ans ! » dit-il en riant. Dans quelques mois, il sera aumônier, et à 100 %, dans plusieurs EMS de la région lausannoise.

« J’ai frôlé la mort. J’étais dans le brouillard » Le covid grave, celui qui peut vous emporter, l’abbé Carrel l’a vécu. Il a été intubé, mis dans le coma. Il en est ressorti, sauvé, guéri. Mais, dit-il, « J’étais un mort vivant. J’ai frôlé la mort. J’étais comme dans un brouillard. J’avais perdu tous mes repères. Je n’arrivais plus à prier. Juste à balbutier des bribes de prières » explique ce miraculé, qui vante les mérites du personnel soignant : « Dans de telles circonstances, Dieu vous fait exister à travers les autres. Ils m’ont sauvé et Dieu m’a tenu la main. » Ce vécu difficile a-t-il modifié sa manière de remplir son ministère ? « Sans doute, confie-t-il. Je goûte encore davantage à la joie de la rencontre avec l’autre et je suis devenu encore plus sensible à la dimension humaine des personnes que je rencontre. »

Etonnante trajectoire. Un jour, l’abbé Gérard entre dans une chambre des HUG à Genève. Le patient, qui sort d’un état critique, le remballe. L’aumônier reviendra dans cette chambre. Lui et le malade entameront un dialogue. Aujourd’hui, le malade de l’époque dit : « Je suis certain que l’abbé Gérald est pour quelque chose dans ma vocation de prêtre, et maintenant d’aumônier. » Celui qui parle ainsi n’est autre que l’abbé Vincent Lafargue, qui est devenu prêtre et actuellement aumônier et qui, en janvier 2021, a succédé à l’abbé Carrel comme coordinateur de l’équipe d’aumônerie de l’hôpital de Rennaz…

(Article paru dans la revue chrétienne romande Grandir)

Les aumôniers d’hôpitaux font partie du personnel soignant. 

Quel avenir ?

Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Alain de Raemy qui prend la plume.

PAR MGR ALAIN DE RAEMY, ÉVÊQUE AUXILIAIRE DU DIOCÈSE DE LGF ET ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE DU DIOCÈSE DE LUGANO

La crise climatique bien perceptible, la crise énergétique tout aussi sensible, la crise politique trop évidente et les crises de valeurs, telles que celles du genre ou de la famille, si présentes, nous bousculent, nous inquiètent et peuvent aller jusqu’à nous angoisser.

Il arrive trop souvent d’entendre des adultes soulagés d’avoir vécu leur jeunesse avant et des jeunes quelque peu perturbés par tant d’incertitudes affichées.

Dans la foi, nous sommes aussi déstabilisés. Les abus de toutes sortes partout constatés, les relèves nulle part assurées, les plus grandes certitudes contestées…, pas de quoi tranquillement continuer. L’avenir est bien sombre, pour ne pas dire bouché. Mais peut-être faut-il mieux remarquer ce qu’il nous est donné de prier.

Quand, à la Messe, après la consécration du pain et du vin, le prêtre proclame ou chante : « Il est grand le mystère de la foi ! », il ne dit pas : « Que c’est mystérieux tout ça ! » Le mystère, ce n’est pas ce qui est et reste obscur, c’est au contraire ce que je découvre parce qu’on me l’a révélé. Le mystère de la foi n’est donc pas ce qui reste caché, mais au contraire ce qui est dévoilé, mais que jamais je n’aurais pu imaginer. Je me sens dépassé, oui, mais pas largué. Je suis initié à une beauté et à une profondeur que je n’aurais jamais pu m’inventer ou me représenter. Je suis surpris mais béni.

Ce monde gémit effectivement dans les douleurs d’un enfantement. Saint Paul le dit. Pourtant, dans toutes ces douleurs, un seul cri a de l’avenir : viens Seigneur Jésus ! Oui, il viendra : nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. Inimaginable…mais vrai !

En tant que chrétiens, plus que quiconque, nous avons donc toutes les raisons d’espérer, de continuer à contribuer, dans toutes les crises, et même les pires, à un avenir meilleur. Quand on sait qu’Il reviendra pour tout mener à son accomplissement, aucun effort de bien ou pour le bien n’est inutile. Bien au contraire, chaque contribution pour un bon changement est comme une avance sur la plus grande vérité, celle d’un monde par Dieu aimé et qui ne sera donc jamais abandonné. Si Jésus est ressuscité dans le passé, c’est pour en imprégner tout l’avenir et jusqu’au bout de tout.

L’avenir c’est Lui, et rien d’autre que Lui. Les jeunes ont un immense et magnifique avenir devant eux et nous tous également. Travaillons-y !

« Apprenez à faire le bien, recherchez la justice »

Cette année, ce sont les chrétiens du Minnesota (Etats-Unis) qui ont choisi et travaillé le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2023. Ils nous partagent leur réflexion et nous vous invitons à prier avec eux durant les huit jours qui sépare le 18 du 25 janvier. Le thème retenu s’ancre dans la parole suivante : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice. » (Is 1, 17)

TEXTE ADAPTÉ PAR PASCAL TORNAY
IMAGES : DR

Isaïe exhorte le peuple de Dieu de son temps à apprendre à faire ensemble le bien, à rechercher ensemble la justice, à secourir ensemble les opprimés, à faire droit à l’orphelin et à prendre la défense de la veuve ensemble. Le défi lancé par le prophète ne nous concerne-t-il pas également aujourd’hui ?

Et nous, comment pouvons-nous vivre notre unité en tant que chrétiens afin d’apporter une réponse aux maux et injustices de notre temps ? Comment pouvons-nous engager le dialogue, accroître la sensibilisation, la compréhension et notre intuition par rapport aux expériences vécues par les uns et les autres ?

Ces prières et ces rencontres du cœur ont le pouvoir de nous transformer – individuellement et collectivement. Soyons ouverts à la présence de Dieu dans toutes nos rencontres, alors que nous cherchons à nous transformer, à démanteler les structures sources d’oppression et à guérir les péchés du racisme. Ensemble, engageons-nous dans la lutte pour la justice dans notre société. Nous appartenons tous au Christ.

Prier huit jours pour l’unité en communion avec tous les chrétiens

Prière 1er jour : Apprendre à faire ce qui est juste. – Seigneur, tu as appelé ton peuple de l’esclavage à la liberté, donne-nous la force et le courage de chercher ceux qui ont besoin de justice.

Prière 2e jour : Quand la justice est faite. – Dieu, tu es la source de notre sagesse. Accorde-nous la sagesse et le courage de faire (la) justice, de réagir face à ce qui ne va pas dans le monde et d’agir pour le rendre juste.

Prière 3e jour : Faites la justice, aimez la miséricorde, marchez humblement. – Père aimant et miséricordieux, élargis notre regard afin que nous puissions voir la mission que nous partageons avec tous nos frères et sœurs chrétiens, qui est de montrer la justice et la bonté de ton Royaume.

Prière 4e jour : Regardez les pleurs des opprimés. – Dieu de justice et de miséricorde, fais tomber les écailles de nos yeux pour que nous puissions vraiment voir l’oppression qui nous entoure.

Prière 5e jour : Chanter un chant du Seigneur en terre étrangère. – Dieu des opprimés, ouvre nos yeux sur le mal qui continue d’être infligé à nos frères et sœurs en Jésus Christ.

Prière 6e jour : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits… c’est à moi que vous l’avez fait. – Dieu d’amour, nous te rendons grâce pour la sollicitude et l’amour sans fin que tu nous offres.

Prière 7e jour : Ce qui est aujourd’hui ne doit pas obligatoirement le rester. – Dieu de l’espérance, aide-nous à nous souvenir que tu es près de nous quand nous souffrons.

Prière 8e jour : La justice qui rétablit la communion. – Seigneur Dieu, toi qui es Créateur et Sauveur de toutes choses, apprends-nous à regarder en nous pour nous enraciner dans ton Esprit d’amour, afin que nous puissions nous ouvrir aux autres avec sagesse et courage en choisissant toujours la voie de l’amour et de la justice.

La Parole de Dieu dans le Livre du prophète Isaïe (1, 12-18) :
« Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes : la fumée, je l’ai en horreur ! Néoménie, sabbat, convocation d’assemblée… je n’en puis plus des forfaits et des fêtes. Vos néoménies et vos solennités, je les déteste, elles me sont un fardeau, je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux, vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous. Otez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’exacteur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve. Venez et discutons, dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. »

Pour accéder au dossier complet, visitez le site https://unitedeschretiens.fr

Dimanche 22 : invitation à tous à se joindre au culte au temple de Martigny à 10h dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Dimanche 29 : messe à My-Ville à 10h avec la prédication de la pasteure Roselyne Righetti dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Vitrail de la nativité, église Notre-Dame de l’Assomption, Payerne

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

A priori très simple, le vitrail nous invite à le contempler.

Si sous ses airs d’origami, le vitrail de la nativité qui se trouve dans l’église catholique de Payerne semble très simple, il révèle progressivement ses détails et nous invite à le contempler.

Arrêtons-nous d’abord sur l’inscription tout en bas de l’œuvre. Elle indique qu’il s’agit d’un « souvenir de la grande mission de l’année 1945 ». Il était de coutume d’accueillir des prédicateurs extérieurs qui prêchaient des retraites paroissiales pour raviver la foi et les dévotions. Traditionnellement, on érigeait une croix : à la fois comme souvenir et comme invitation à continuer de se laisser interpeller dans son quotidien une fois la mission terminée. Le choix d’un vitrail, qui plus est de la nativité, peut étonner. Il serait nécessaire de connaître la thématique des prédications de l’époque pour en connaître les raisons. L’œuvre peut toutefois être une invitation, pour nous, aujourd’hui, à nous replonger dans le mystère de la naissance du Sauveur.

Au premier plan, l’Enfant est entouré de Marie et Joseph. La composition est assez habituelle, l’âne et le bœuf sont présents à l’arrière-plan et un ange survole la scène. Cela vaut la peine de s’arrêter sur les expressions des visages. Jésus semble lever le regard vers les deux adultes qui auront la tâche de l’éduquer. Joseph dégage quelque chose de méditatif et taciturne alors que les traits de Marie sont plus énigmatiques.

L’ange, représenté dans l’étoile, semble rappeler à la fois les bergers et les mages. Les premiers ont appris la Bonne Nouvelle de la bouche des anges alors que les seconds ont suivi l’astre jusqu’à la crèche. Le Salut est après tout adressé à tous : pauvres et riches, croyants de naissance et convertis… Lire les deux récits de la nativité nous invite à un constat, tant pour les bergers que pour les mages. C’est de joie qu’il est question : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. » (Luc 2, 10) « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. » (Matthieu 2, 10). Alors, que cette œuvre nous invite donc à cultiver et partager la joie.

Le langage de l’art sacré

PAR JUDITH BALET HECKENMEYER
PHOTOS : JUDITH BALET HECKENMEYER, DR

Comment représenter ce qui est sacré ? Arrivera-t-on jamais à représenter cette flamme qui habite l’âme ? Nos moyens sont dérisoires face à cette immensité d’amour qui emplit tout notre être. Ce langage est fait de symboles, de touches personnelles qui restituent la vision de chaque artiste et qui ne sera que partielle, momentanée. On ne peut pas prendre une photo d’une personne et prétendre que c’est toute sa vie ! Le langage utilisé pour exprimer le sacré me semble donc être un cliché, un instantané de communion avec ce qui élève le cœur et l’âme de celui qui s’exprime par l’art.

En pensant à l’art sacré, je revois les magnifiques sculptures de Jean-Pierre Augier que j’ai découvertes au Grand-Saint-Bernard. Comment cet homme peut-il, avec des faux, des pièces de métal froides et coupantes, faire passer autant d’amour, de délicatesse et de sacré dans ses œuvres ? Il en est une à Martigny, devant la maison de la visitation derrière l’église. Ce qui naît de ces pièces de métal, par les mains de M. Augier, est juste renversant, bouleversant.

Dans un autre registre et avec d’autres matériaux, Christiane Michaud (de Fribourg) peint. Depuis plusieurs années, ses toiles sont habitées, inspirées par la foi. Elle a peint nombre de suaires. Ses œuvres sont également empreintes de délicatesse, de finesse et laissent une belle place à la contemplation.

L’art sacré serait-il une invitation, un prétexte à la contemplation, au recueillement ? Certains parlent français, d’autres allemand. L’art sacré nous parle par
des textes, de la musique, des chants, des sculptures, des peintures, des fresques, des bâtisses. Chacun y est sensible différemment et à sa manière, selon son
tempérament, selon ce qu’il traverse, selon l’ouverture de son cœur au plus grand que soi, au meilleur de chacun qui s’exprime.

Ouvrons nos yeux et laissons-nous pénétrer par tout ce qui réveille le sacré en nous, surtout en ces temps de la nativité, ouvrons notre cœur à Dieu et ses multiples manifestations d’amour.

Chemin de recommencement

PAR CLAUDE AMSTUTZ | PHOTO : DR

C’est l’histoire d’un ami italien. Appelons-le Giovanni. L’an dernier, il a été frappé par la foudre : sa compagne, à quelques semaines de la célébration de leurs 20 ans de vie commune, est emportée par un infarctus, sans signes prémonitoires.

Il éprouve alors l’enfer : cette terrible épreuve qu’est celle du vide, de l’absence physique de l’être aimé. Les jours, puis les semaines et les mois passent. Il commence à panser ses blessures, même si elles demeurent vives. Et peu à peu il se rend compte – ce qu’il avait négligé avant ce drame – que des personnes de son entourage, au sein de son Eglise entre autres, lui manifestent des signes d’amitié inattendus par une écoute attentive, un sourire, une présence, des gestes affectueux, une foi en lui.

Progressivement, il entrevoit qu’une vie nouvelle – voire un bonheur d’une autre nature – n’est pas chose impossible. Aujourd’hui, c’est lui qui fait les premiers pas pour aider les autres à se reconstruire, à surmonter leurs traumatismes et guérir. Quel beau défi !

Moins aliéné à son travail et son portable, le voici qui prend davantage plaisir au silence, à la prière, à la lecture ou à la musique, sans oublier bien sûr sa « nouvelle famille » de la paroisse qui l’aide à retrouver un peu de cette sérénité incomparable venue d’en-Haut.

Mais surtout, il sait que le chemin de ses recommencements est un don de Dieu : celui que Boris Cyrulnik appelle le tuteur de résilience. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne… » Jn 14, 27

Ce temps de l’Avent, n’est-il pas pour nous aussi, le temps de réfléchir à nos propres cicatrices, petites ou grandes qui parfois nous figent dans le passé ou nous orientent à l’envers de la réconciliation, de l’ouverture au monde, du pardon ? Nos propres recommencements peuvent être des instruments de paix et de bonheur entre les mains du Christ. Ne l’oublions pas !

Alors peut-être, comme mon ami Giovanni, à la veille de Noël, pourrons-nous, inspirés par l’Esprit Saint, entendre et répondre à la joie de saint Bernard : « Courez, mes frères, courez vite ; non seulement les anges vous attendent, mais le créateur même des anges vous désire. Eh bien donc ! puisque le festin des noces est prêt, et que toute la cour céleste nous désire et nous attend, courons vite, courons par nos désirs, recevons dans une joie salutaire, la couronne de notre Roi enfant… »

Belle fête de la Nativité à toutes et à tous !

 

Se prendre une châtaigne

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Les bogues c’est toujours embêtant, à moins d’être tombés d’un arbre. Mais pour ces bogues-là, pas besoin d’être un as du décodage pour les distinguer de leurs cousins. On vous raconte tout sur cette piquante surprise automnale, histoire de pas vous faire gauler (sic) en les ramassant.

Il n’y a pas que les amateurs de «castagne» qui les apprécient. A l’automne venu, de petites cahutes fleurissent çà et là dans nos villes. La harangue du vendeur vous promet des «chauds… marrons… chauds». Mais détrompez-vous, ce qui se trouve dans le petit cornet de kraft qu’il vous tend n’a rien à voir avec son cousin de la Promenade de la Treille, annonciateur du printemps et dont les fruits servent aux enfants pour réaliser leurs sculptures «cure-dentesques», ni même avec le marronnier tant apprécié des journalistes en mal de «scoops».

Pour des millions d’Européens, l’importance historique du châtaignier – «l’arbre à pain» – est comparable à celle des céréales ou de la pomme de terre. En Suisse, son fruit occupait jadis une place à part dans l’alimentation de base, surtout dans le sud du pays, en Valais et dans la région du lac des Quatre-Cantons. Divers noms de localités, tels que Kastanienbaum (LU) ou Kestenholz (SO), témoignent de l’importance et de l’ancrage de ce fruit dans la tradition helvétique. Au Tessin, la châtaigne était déjà devenue l’aliment de base au VIe siècle et constituait la principale monnaie de paiement des redevances seigneuriales ou ecclésiastiques. Surnommé «le pain du pauvre», le fruit conférait à la population l’unique source de survie durant plusieurs mois lors de périodes de disette.

Traditionnellement, sa consommation débute entre le 1er novembre et la Saint-Martin. La fourrure que l’on découvre en ouvrant la bogue évoque celle du manteau que saint Martin a partagé alors avec un mendiant et rappelle, outre la générosité du saint, celle de l’arbre. Gare toute- fois : les fruits des châtaigneraies tessinoises – même tombés au sol – appartiennent à leur propriétaire jusqu’à la Saint-Martin. Ensuite, libre à vous de gauler l’arbre…

Recette: Le gâteau des anges

Temps de préparationTemps de cuissonPortions
45 minutes sur deux jours60 minutes sur deux jours12

La châtaigne est une école de persévérance et ne récompense que ceux qui ont le courage de surmonter tous les obstacles qui précèdent sa dégustation: bogue piquante et peau adhérente. Les fins gourmets devront être encore plus patients pour goûter à cette douceur très prisée de la fin d’année: les marrons confits (ou glacés).

Ingrédients et ustensiles

  • 1 panier de cuisson
  • 1 pèse-sirop ou densimètre en degré Baumé (°Bé)
  • 1 kg de marrons
  • 1 c. à s. de sel
  • 1,5 l d’eau
  • 1 kg de sucre en poudre
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 1 gousse de vanille
Les fins gourmets apprécient cette douceur de fin d’année: les marrons confits.

Pelage des marrons

Commencez par pratiquer une incision dans chaque marron. Faites bouillir une marmite d’eau avec une cuillère à soupe de sel. Plongez les marrons 5 min dans l’eau bouillante. Sortez et égouttez-les. Il vous sera plus facile de les peler en ôtant les deux peaux. Rincez les marrons à l’eau froide.

Cuisson des marrons

Placez les marrons dans une marmite et recouvrez-les d’eau froide. Portez l’eau à frémir mais sans la faire bouillir. Laissez cuire les marrons 30 min. Surveillez bien cette cuisson, car les marrons sont fragiles et ne doivent pas casser.

Préparation du sirop

Dans une marmite large, mélangez le litre et demi d’eau, le sucre blanc, le sucre vanillé et la gousse de vanille fendue dont vous aurez préalablement gratté les grains dans l’eau. Portez à ébullition et laissez bouillir pendant 5 min. Le sirop est prêt quand vous mesurez 20°Bé avec le pèse-sirop. Coupez le feu.

Réalisation des marrons confits

Placez les marrons dans un panier de cuisson puis plongez-le dans le sirop bouillant. Laissez cuire à feu très doux jusqu’à ce que le sirop atteigne les 25°Bé (environ 10 min). Puis ôtez du feu et laissez refroidir l’ensemble jusqu’au lendemain (pendant 20 à 24h). Le lendemain, ôtez avec précaution les marrons du sirop. Portez le sirop à ébullition. Puis replongez les marrons dedans et prolongez la cuisson à feu très doux jusqu’à ce que le sirop monte à 35°Bé. Otez les marrons du sirop et laissez-les sécher sur une grille.

Conservation

Une semaine dans le bas du réfrigérateur. A sortir au moins une heure avant la dégustation.

Revivre les gestes de convivialité paroissiale: de l’eucharistie aux agapes

Cela semble une banalité aujourd’hui – voire anachronique – de dire que nous reprenons peu à peu conscience du plaisir des gestes de convivialité au sein de nos communautés.
Le repas des bénévoles et la fête patronale à Sainte-Thérèse en sont les illustrations les plus enthousiastes de ce début d’automne 2022.

PAR ANNE-MARIE COLANDRÉA | PHOTOS : DR

Le repas des bénévoles est l’occasion de retrouver toutes les personnes qui offrent de leur temps et de leurs talents: des enfants et jeunes de la Maîtrise, des membres du chœur mixte, aux personnes de l’accueil lors des messes dominicales, des lecteurs, des ministres de l’eucharistie aux personnes engagées dans le service de la sacristie, des catéchistes et toute autre personne œuvrant pour la vie paroissiale. Tous et toutes ont partagé, avec gourmandise, les agapes aux goûts et couleurs ukrainiennes. Ce repas offert aux bénévoles de Sainte-Thérèse est aussi l’occasion de soutenir une communauté sœur par les liens caritatifs : ainsi l’amitié née des relations pastorales avec le Père Sviatoslav ont permis cette rencontre.

La fête patronale est à la fois l’expression de l’attachement à la Petite Thérèse, avec gratitude, et de l’émerveillement face à la beauté des expressions de la foi. Cette beauté s’exprime dans la liturgie, dans les nombreux bouquets de roses – symbole cher à Thérèse – dans l’église comme dans les locaux avec toute l’attention offerte pour recevoir les paroissiens qui ont pu participer au buffet. C’est aussi l’occasion de se retrouver avec la communauté polonaise qui réside à Sainte-Thérèse. Plus que les mots ce sont les sourires sur les visages rayonnants, les rencontres qui se tissent entre fidèles de longue date et les nouveaux arrivés et l’enthousiasme des enfants qui donnent le ton de cette fête aux cultures multiples, en communion sous le patronage de la sainte. Les enfants ayant fait connaissance avec la Petite Thérèse au caté, sont venus nombreux, entrainant leur famille, pour venir fêter celle qui est comme eux. Ils ont manifesté leur joie en honorant pleinement chaque étape de cette journée avec les jeunes bénévoles venus les accompagner du déjeuner à l’animation des jeux.

Un grand merci à tous les participants et à tous ceux et toutes celles qui contribuent à la réalisation de ces moments de communion.

Mieux ou pas ?

PAR JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND
PHOTOS: JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND, MONIQUE CHESEAUX

A la lecture du thème central du présent numéro « Fin du monde, une histoire sans fin » ce n’est pas l’Apocalypse qui m’est venue à l’esprit, ni même la foule de perspectives peu réjouissantes se profilant dans le sillage du réchauffement climatique. Non. Rien de cela. La première phrase qui a fait écho à cette question dans mon esprit était « C’était mieux avant ».

Du coup, en cherchant le rapport entre ces deux phrases (je me suis dit qu’il y en avait forcément un), je me suis rendu compte que mon état d’esprit du moment avait fait rebondir mes pensées sur « une histoire sans fin », avant de les faire ricocher sur un « c’était mieux avant ».

En effet, ayant eu, peu avant ma lecture, des discussions sur la situation générale des sociétés villageoises et des cycles de hauts et de bas que l’on y rencontre, j’étais forcément exposé à ce type d’association (plus ou moins naturelle je l’avoue). Je pense ici tout particulièrement aux groupes de bénévoles qui « quittent »
parfois, par vagues, la société dans laquelle ils s’étaient engagés durant plusieurs années et dont la participation active était devenue quelque chose d’acquis. Ce phénomène nous met a priori devant un constat pessimiste car tout à coup les chiffres, à qui l’on a donné tant d’importance, chutent. La société qui avait des bases solides, nous apparaît tout à coup en péril, au bord du crash. On fait alors juste abstraction du fait que les membres de ce groupe qui s’en vont étaient arrivés en même temps dans cette société, ou engagés les uns par les autres, les uns envers les autres, justement par la force de leurs liens et intérêts de l’époque.

Pour ma part, je ne vois pas dans ce phénomène un signe de fin, mais bien un signe de renouveau. Immanquablement, de nouvelles forces vont prendre le relais, avec de nouvelles idées, de nouvelles attentes, une énergie nouvelle. Evidemment, il y a parfois un « vide » (la reprise peut prendre plus ou moins de temps), bien souvent des « c’était mieux avant », mais au bout du compte l’essentiel doit rester de répondre aux besoins et attentes du moment en vivant pleinement chaque nouveau cycle.

Lumière de la Paix à Fribourg

Dimanche 11 décembre à 17h, la flamme de Bethléem sera accueillie à l’église Saint-Paul au Schönberg. Des adolescents ainsi que quelques chanteurs à l’étoile seront les ambassadeurs de cette chaîne de lumière, qui se répandra simultanément dans d’autres lieux d’accueil en Suisse et sur le continent européen.

PAR JEAN-MARC WILD ET PAUL SALLES
PHOTOS: FRIEDENSLICHT.CH

Une « Nuit des lumières » œcuménique et interculturelle avec des chants de Taizé nous rassemblera pour recevoir cette lumière qui voyage inlassablement, de main en main, de personne à personne – un cœur à cœur avec « Jésus le Christ, lumière intérieure ».

En ces temps où le bruit des armes fait l’actualité, la prière pour la paix se fait toujours plus pressante et nécessaire. Venez joindre votre prière à notre espérance du Royaume où la fraternité universelle est unie dans le Christ.

Et alors que nous nous préparerons à accueillir dans la crèche le « prince de la paix » (Is 9, 5), celui pour qui les anges chantent dans le ciel « Gloire à Dieu et paix sur la terre » (Lc 2, 14), que cette lumière allumée dans l’église de la Nativité à Bethléem puisse être accueillie dans nos foyers, nos quartiers, nos communautés et que nous soyons des artisans de paix.

Munissez-vous d’une lanterne ou d’une bougie fermée pour porter cette lumière dans vos familles, vos quartiers, vos paroisses et vos célébrations de Noël. Des bougies et lanternes seront également proposées sur place.

La Lumière de la Paix sera ensuite accessible dans la chapelle de Saint-Justin jusqu’au 2 février, fête de la Chandeleur.

Contact : Jean-Marc Wild (jmw@justinus.ch)
Informations : www.friedenslicht.ch/fr

Génial !

 

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : DIVERS

Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien Delphine, Diane, Luca, Iris, Miaro, Gérome, Sviatoslav, Słavomir, Karol, Etienne, Odette, Françoise, Jonathan, Lorenzo, Lionel, Pierre et Astrid ! Ouf, cela fait une longue liste, mais pas aussi longue que celle des servant.e.s de messe célébrant, le soir à St-Jo, à 18h, avec les abbé Karol et Thierry ! Les photos sont à peine assez larges pour embrasser tout le monde, et le chœur de l’église est lui adéquat pour mettre chacune et chacun côte à côte, et ainsi face à l’assemblée qu’ils et elles servent si fidèlement à Champel, aux Eaux-Vives et ailleurs.

A cause du temps, c’est l’option B qui nous a retenus : Meinier, en campagne genevoise. Après quelques jeux à St-Jo’ pour « briser la glace », TPG, accueil église rénovée récemment pour ses 300 ans, présentation par l’aimable président de paroisse, quelques jeux avant le pique-nique, puis, soleil apparaissant, promenade d’une petite heure dans les alentours, retour à la salle, jus, jeux, joie !

Retour à l’église pour se préparer à la célébration, au grand ravissement des fidèles : Où sont-ils les jeunes ? Eh bien… là où elles et ils se sentent co-actrices et co-acteurs de l’animation, y compris de la liturgie ! ! !

 

 

This is the end ?

PAR CHRISTOPHE ANÇAY
PHOTO: MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

«Au commencement», tels sont les premiers mots de la Bible. Dieu a créé le monde. Il a un début. Cela veut-il dire qu’il a aussi une fin ?

Dieu a créé le monde et y a placé l’homme et la femme. Et qu’avons-nous fait de cette création ? Notre façon de vivre nous conduit de façon assez certaine si ce n’est à la fin du monde, à la fin d’un monde – la Terre n’a pas besoin de l’humanité pour tourner ni le cosmos de la planète bleue. L’exploitation irraisonnée des ressources, la pollution et le réchauffement qui s’ensuivent auront des conséquences graves pour l’humanité. La domination de l’argent, qui conduit une partie de l’humanité à construire sa fortune sur la misère de l’autre, ne peut conduire à autre chose qu’à un effondrement.

« Dieu créa l’homme à son image. » (Genèse 1, 27) Dans les circonstances qui sont les nôtres, saurons-nous être à l’image de Dieu qui crée et saurons-nous créer un monde nouveau ? Ou serons-nous comme Adam et Eve qui, en voulant se prendre pour Dieu, ont causé la ruine de leur monde ?

La Bible aime parler d’accomplissement plutôt que de fin du monde. Saurons-nous être guidés par l’Esprit pour mettre le génie humain au service de l’accomplissement de la création ? La Bible s’achève par le Livre de l’Apocalypse. Pourquoi ce titre est-il si souvent associé à quelque chose de terrible alors qu’il signifie « révélation » et raconte, dans son langage imagé, la création qui atteint son apothéose en Dieu ?

Voici les mots de la fin dans la Bible : « Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! » (Apocalypse 22, 20-21)

Toutes les citations bibliques, © AELF

Vigilance et Révélation-Apocalypse

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

« C’est bientôt la fin du monde », paraît-il. Cette affirmation, nous l’avons entendue une fois de plus, cet été, quand aux sévices russes commis lors de l’injustifiable attaque contre l’Ukraine, sont venues s’ajouter les catastrophes de la sécheresse et des feux de forêt, un peu partout sur la planète. Avec en plus, les menaces de coupures de courant pour cet hiver.

A vrai dire, cela fait bien longtemps qu’on nous promet le terme de l’histoire : cela a été le cas, au fond, à chaque époque. Pensons aux invasions des Barbares, à la chute de l’Empire byzantin, aux deux Guerres Mondiales du
XXe siècle, aux catastrophes nucléaires de Fukushima ou de Tchernobyl, etc.

Le Nouveau Testament, avec son ultime livre de « Révélation » et les discours apocalyptiques des évangiles, nous invite constamment à la seule attitude qui convienne face à ces drames successifs : la vigilance. Pas de panique, la maîtrise de l’univers reste dans la main du Créateur et Sauveur. Les adversaires de son dessein, les différentes Bêtes, les empires de Babylone et de Rome, les tyrans contemporains ne l’emporteront pas. Le mal sera définitivement plongé dans l’étang de feu et la seconde mort.

« C’est à l’heure où vous ne l’attendez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Matthieu 24, 44) Les soubresauts des conflits, des famines et des tremblements de terre ne signifient que le commencement des douleurs de l’enfantement des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les faux prophètes pulluleront, abusant de la crédulité des gens et dressant nation contre nation. « Mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. » (Matthieu 24, 13) Les tribulations se répandront, le soleil et la lune s’obscurciront, les étoiles tomberont du ciel. C’est alors seulement que le Fils de l’homme viendra sur les nuées.

Tenons-nous donc prêts, car nul ne connaît le jour où l’avènement du Maître se produira ! (Matthieu 24, 42) Pas de crainte, car ce que nous vivons actuellement ne constitue que des signes avant-coureurs de la libération définitive !

Un geste tourné vers la vie

Parler de la fin des temps a quelque chose de grandiloquent. Tout au plus pouvons-nous mettre des mots sur la fin d’un temps, d’un chapitre de vie ou d’un engagement.

PAR JOSÉ MITTAZ | PHOTO : MARION PERRAUDIN

L’appel à la vie dans le regard de Naemi.

« Il y a un moment pour tout, nous dit l’Ecclésiaste, un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher… » (Qo 3, 1-2) Mais il y a aussi l’entre-temps. Ce sont tous ces moments charnières où il s’agit de consentir à la fin d’une étape de vie pour oser se tenir debout sur le seuil, comme épris d’un certain vertige face à la nouvelle page encore inconnue de son histoire, la fameuse page blanche.

Dans l’Evangile, la fin des temps est souvent évoquée par des images apocalyptiques inspirant la terreur : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Lc 21, 25-27) Face au déchainement des forces cosmiques, la place de l’homme semble à première vue aussi insignifiante que le fétu de paille balayé par le vent, en l’occurrence celui de la peur ou de l’affolement. C’est pourquoi, le Christ nous appelle à croire que nous avons reçu la force de vivre debout : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » (Lc 21, 28)

En réponse à une interpellation, Martin Luther aurait dit : « Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier. » Parole éloquente et à la fois mystérieuse, car on ne parvient pas à la retrouver dans l’œuvre du réformateur, mais on sait simplement dire quand elle est apparue : « En 1940 parmi les chrétiens allemands désespérés par la puissance et la folie d’Hitler. A quoi bon lutter face à une telle, comment dire, fureur ? Cette phrase sur le pommier est venue pour s’encourager mutuellement à oser ne serait-ce qu’un geste positif, tourné vers le bien, vers la vie. » (Pasteur Marc Pernot)

Quel est le pommier que je désire planter aujourd’hui ?

Dans la fresque apocalyptique du Jugement Dernier dans l’Evangile de Matthieu (au ch. 25), le Christ inspire notre réponse personnelle : il oriente notre attention sur les gestes simples, les seuls qui humanisent l’homme en l’ouvrant à l’espérance : J’avais faim et tu m’as donné à manger,… j’étais en prison et tu es venu jusqu’à moi. Dans le geste artistique proposé par le peintre Arcabas, le prisonnier ne tire pas en vain sur les chaînes plus fortes que lui, mais il nourrit un dialogue intérieur avec l’oiseau de la vie appuyé sur la branche de la croix. Echange musical et notes grégoriennes évoqués par les losanges qui chantent en silence : De profundis clamavi (Ps 129) ou l’espérance du veilleur qui devance l’aurore.

Vu… d’ailleurs

Comme son nom l’indique, la rubrique « vu d’ailleurs » qui colle au titre cette fois-ci, nous permet de nous déplacer un peu. Un peu poétique, au gré des vents et des nuages, les textes de Valérie nous emmènent là où on se dit « Y a rien à voir »… C’est vite vu… En route !

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTOS : MARION PERRAUDIN, PEXELS.COM

Voir depuis ailleurs que depuis soi-même. Voir d’ailleurs que depuis les réseaux sociaux. Voir d’ailleurs que depuis les embrouillaminis et les compromis qui permettent de rester politiquement correct ou de sauver la face. On va de crise en crise, de contradiction en contradiction, de guerre en guerre, mais la vie continue. On ne change pas grand-chose à notre manière d’envisager l’avenir, de voir le présent, de jeter un coup d’œil en arrière. Les réseaux sociaux effectuent ce travail pour les gens, et on se laisse plus ou moins porter par les vagues d’informations.

Vu d’ailleurs… Je me disais que si j’étais une de ces vaches qui broutent paisiblement pour quelques jours encore à côté de ma maison avant de retrouver l’étable pour les longs mois d’hiver, je serais peut-être comme elle : brouter ce qui se présente sous mon nez, sans regarder plus loin que le bout de mes cornes ; penser juste à opérer un petit demi-tour quand je tombe sur le fil électrique qui m’empêche d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, tout cela sans cesser de ruminer. Mais comment peut-on ruminer autant, d’ailleurs ? Vu depuis le pré, la vie ainsi semble plus simple, moins compromettante.

Mais vu depuis l’autre côté de l’enclos, cette manière de « fonctionner » sans devenir vraiment acteur de sa vie, deviendrait vite ennuyeuse. Passer sa vie à ruminer au sens figuré du terme est aussi peu intéressant que ruminer au sens propre. On ne peut pas passer son existence à digérer. A un moment donné, ne faut-il pas aller de l’avant, goûter du neuf ? Oser, quoi ! C’est peut-être ce que Boris Cyrulnik, le célèbre écrivain psychiatre français, appelle la résilience…

Vu d’ailleurs, je me disais que je pourrais être comme ces écharpes de brouillard qui traînent le long des montagnes et s’y accrochent mollement mais de façon tenace… Traîner le long de ces problèmes qui deviennent des montagnes, sans réussir, à moins d’un grand coup de vent, à ouvrir le panorama sur une vraie lumière, un horizon nouveau.

Mais pour une belle vue d’avion, il faut affronter les vents contraires et accepter le risque de devenir autre chose qu’un nuage lourd et stagnant. Se laisser défaire pour faire place à un ciel coloré.

Vu d’ailleurs, je pourrais me décentrer un peu de ce à quoi je semble être si attachée : mes principes, mes peurs, mes regrets, mes faux rêves… Tout ce qui m’empêche de décoller, pour me laisser élever comme une montgolfière grâce à la flamme de la foi qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une confiance placée dans le Très-Haut qui vient me chercher « Très-Bas » pour m’embarquer dans sa nacelle. Se défaire aussi de l’armure qui protège pour aller son chemin ! Vu d’ailleurs que depuis les murs de la forteresse que l’on construit pour se protéger des autres, de soi, des tentations, des échecs, des doutes ou des remises en question, c’est envisager un chemin de liberté sur lequel cueillir des fleurs de joie… Entre autres.

En cette fin d’année , si nous nous préparions à prendre des chemins de traverse ?

Découvrir la révision de vie

A quoi bon la foi si elle n’est pas mise à l’épreuve de la vie et, surtout, si elle ne devient pas un outil pour avancer ? La révision de vie permet de faire le lien entre la foi et la vie. Elle est une aide mutuelle pour débroussailler sa vie.

PAR SYLVIE HUMBERT 
PHOTO : ACTION CATHOLIQUE OUVRIÈRE

La révision de vie, c’est comme une source que l’on entend chanter dans un coin de forêt broussailleux : on aimerait pouvoir y boire, mais on ne trouve pas le chemin parce que beaucoup de ronces en interdisent l’accès. Alors on va chercher quelques amis pour nous aider à tracer un chemin. Comme la tâche est immense, on procède pas à pas : une ronce après l’autre ! Et si nos amis nous aident à remonter jusqu’à la racine de la première ronce, ils ne la déracineront pas. Ils nous donneront des gants, une pioche et tout autre outil qui pourrait nous être utile afin que nous puissions ouvrir un chemin vers la source.

Voir, comprendre, agir

La révision de vie, ce sont de petits groupes de trois ou quatre personnes qui se retrouvent en moyenne une fois par mois autour d’un animateur. Chacun donne un titre à un fait de vie récent qui lui a posé problème (une ronce), par exemple « Relation père-fils ». Le groupe décide ensuite qui va réviser suivant l’urgence ou la gravité du problème déposé. La personne expose le fait de vie, l’événement, de manière précise : où, quand, quoi, comment, qui, … Chacun peut demander des précisions afin de bien voir ce qui est en jeu.

Puis on essaie de comprendre ce qui s’est passé : quelles émotions ont été vécues, pourquoi, les liens avec l’enfance, les convictions, les prises de conscience, … Là, l’intelligence collective entre en jeu : chacun peut poser des questions qui doivent rester ouvertes, on s’entraide, on ne fait pas le travail à la place de l’autre. L’animateur veille à ce que chacun prenne la parole et que toute l’attention soit tournée vers celui qui révise dans l’amour et l’empathie.

Vient alors le lien vie-foi : à l’aide de textes, de citations bibliques ou autres, le groupe aide le révisant à découvrir les signes de la présence de Dieu dans le fait de vie déposé et l’encourage. Enfin, le groupe l’aide à trouver comment agir : recherche de solutions, réponses aux besoins, actes à poser, motivations, …

La méthode de l’abbé Cardijn

Cette méthode est née en 1925 dans la banlieue de Bruxelles quand l’abbé Joseph Léon Cardijn, accompagnant de jeunes ouvriers faisant face à des conditions de travail désastreuses, s’est efforcé de leur donner des outils pour améliorer leur quotidien et en comprendre le sens. Sa conviction : l’Evangile ne peut rejoindre le cœur des hommes qu’à travers leur existence quotidienne.

La révision de vie c’est, à partir du vécu, faire appel à l’intelligence collective pour aller à l’Evangile avec les outils que sont le voir, comprendre, agir et le lien vie-foi afin que l’amour du prochain qui nous anime puisse se manifester de manière concrète en Eglise et dans sa marge.

Renseignements : Sylvie Humbert, humbert.famille@bluewin.ch ou 079 949 66 39. Trois séances d’expérimentation seront proposées durant l’hiver.

Ensemble dans la confiance

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’année pastorale, qui s’est ouverte dimanche 4 septembre par une célébration joyeuse à l’église de Gland, nous invite à la confiance (pages 4-7). Un thème nous guidera au long des mois, résolument tourné vers l’espérance que donne le Christ : « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

Difficile de garder le cap de l’espérance dans le monde tel qu’il va. Les menaces – climatiques, politiques, économiques, sociales – sont nombreuses et nous sommes souvent tentés de nous replier sur nous-mêmes, de cultiver notre jardin, comme Candide, bien à l’abri derrière nos haies et nos clôtures.

La planète souffre et nous ne ferions rien ? La guerre en Ukraine se poursuit et nous fermerions nos portes ? Le prix de l’énergie monte en flèche et nous hausserions les épaules ? Pour nous chrétiens, les crises sont autant d’occasions de nous engager pour plus de justice et de solidarité. Dans la confiance, car Dieu lui-même est avec nous : il se risque sur nos routes, il marche à nos côtés, il nous appelle à sortir, à aller à la rencontre des femmes et des hommes de ce temps. Comme Raphaël Buyse, prêtre à Lille, dans « Autrement, Dieu » (Bayard Editions), un livre source d’espérance écrit au terme d’une année passée chez des moines bénédictins près de Bruxelles.

« Ne jamais plus demeurer accroupi à attendre. Ne pas répéter les choses, les gestes, les relations, les mots, les rites et les idées. Nous laisser bousculer, atteindre, toucher. Aimer. Ne pas croire que le chemin est terminé », écrit-il. Bouger, faire du neuf, nous laisser émouvoir par les remous du monde, et l’aimer, ce monde, avec ses enthousiasmes et ses fragilités, ses joies et ses détresses. Il est le nôtre, et nous chrétiens sommes appelés à « partir vers ce qui arrive », à vivre « la présence consentie aux évènements et aux rencontres de la vie », « ouvrant les portes et déliant les consciences ».

Pour cela, « croire en l’autre, en la vie, en demain », en soi, en posant sur ce qui vient un regard d’espérance et de bienveillance. Un beau programme à vivre ensemble jour après jour sur notre unité pastorale. Toujours plus, car cette année, elle devient interculturelle, regroupant toutes les communautés linguistiques : francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Autre changement : dès l’an prochain, votre bulletin paraîtra quatre fois par an et chaque numéro sera consacré à un thème. Vous retrouverez néanmoins, à la fin de chacun d’eux, des reflets de la vie de votre communauté. Vos idées sont les bienvenues : Dieu nous fait confiance pour semer, planter, bâtir.

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp