Pour nos kids d’année de 1re des premières communions, ce fut… dépaysant : direction Choulex pour leur premier jour de retraite ! Idyllique hameau à l’église de pierres et de bois, à la cure libre attenante à un parc où potager et prairie se côtoient pour célébrer Mère Nature. Et échanger, prier, chanter, jouer, goûter, rire et faire silence… Programme encadré par Marianne et Anne-Marie, et votre curé Thierry S., trop contents de nous délecter de ce temps en campagne voisine.
Le lendemain, retour à St-Jo : salles du sous-sol et du premier étage, église et… Jardin Anglais, pour une 2e journée de prépa tous ensemble. L’esprit de groupe est assuré, et vers 16h, le départ à la maison des un.e.s et des autres témoigne que ce furent deux jours formateurs et ludiques tout à la fois !
Dimanche, grande fête, calme et recueillie… Les enfants avaient déjà fait une première communion en petit comité, à St-Jo (chapelle Saint-Victor) au 2e jour de la retraite, histoire de vivre l’intimité avec le Seigneur présent dans Sa Parole et Son pain. C’était donc la 2e communion, mais la première en présence des familles et de la communauté de St-Jo.
Et devinez quoi ? La troisième communion a eu lieu le mercredi suivant, lors de l’heure de caté : bilan en forme de remerciements, de gratitude, de joies et de souvenirs. Et une célébration de la Parole et de la communion a terminé, ou plutôt, envoyé, ces enfants témoigner dans leur quotidien de ce qu’ils et elles avaient reçu…
L’association Enfants au Togo est une association fondée en 2006 par l’abbé Jean-Jacques Agbo sur l’impulsion de quelques amis proches.
Notre but est de venir en aide à des enfants qui en ont besoin au Togo, dans les villes de Lomé ou d’Aneho. Notre volonté est de partager ce que nous avons pour permettre à ces enfants de pouvoir grandir dignement, donc d’avoir de quoi subvenir aux besoins du quotidien. Ainsi nous faisons le lien entre des familles désireuses d’être solidaires ici, en Suisse, avec les structures qui s’occupent des enfants au Togo. A Lomé nous finançons des frais d’écolage pour une centaine d’enfants et à Aneho nous soutenons principalement l’orphelinat Divine Providence qui accueille actuellement autour de 70 enfants. Nous y apportons une aide financière afin d’assurer constamment un minimum de nourriture, ainsi qu’une aide matérielle pour apporter des produits d’hygiène ou des produits plus difficile à trouver sur place.
Notre action est financée par la générosité des personnes qui nous entourent et qui nous connaissent. Nous sommes tous bénévoles et faisons en sorte de n’avoir presque aucun frais de fonctionnement afin de reverser tout ce qui nous a été confié.
Nous sommes sept personnes à faire fonctionner notre association. Nous nous réunissons tous les deux mois selon l’actualité. Cette organisation fonctionne et n’a du sens que si des personnes se sentent concernées par notre action et nous soutiennent financièrement.
Pour cela, vous pouvez retrouver toutes les informations nécessaires sur : www.enfants-au-togo.org
Pour avoir enseigné dans une école secondaire catholique, je me suis souvent demandé quelles étaient les spécificités d’un tel établissement et en quoi il se distinguait du public. Certainement pas par la multiplication des dévotions extérieures. Et c’est tant mieux ! Mais peut-être par un style d’enseignement qui prend en compte l’intégralité de la personne par un accompagnement spécifique. Souvent, on nous disait : « Ici, on se sent comme dans une grande famille. » Les liens qu’ont gardés les élèves après leur passage témoignaient de cette force de proposition de la foi au-delà des stéréotypes.
A la fin du XIXe siècle, l’Eglise clamait qu’elle avait perdu la classe ouvrière. Aujourd’hui, avec le nombre d’écoles catholiques qu’elle a laissé fermer, on pourrait en dire tout autant du tissu éducatif. C’est dommage ! Les jeunes qui nous étaient confiés faisaient à leur niveau une expérience de foi qu’ils n’auraient certainement pas faite ailleurs ; ce n’est pas forcément eux qui usaient les bancs paroissiaux…
L’école catholique n’est pas un petit séminaire, qu’on se le dise. A l’heure de l’évangélisation aux périphéries, il importe paradoxalement de redéployer des lieux « refuges » à visage humain qui, étant donné leur petite taille, favorisent une annonce personnalisée de la foi au-delà de tout repli et fonctionnarisme.
Au courant de l’automne 2021, un petit groupe œcuménique voit le jour. Ses membres souhaitent devenir les compagnons de personnes marginalisées ou en situation de précarité. Grâce à l’engagement de quelques «aubergistes», un lieu de convivialité a été ouvert. Il l’est le jeudi soir de 18h à 20h environ. On y sert un repas simple, on y discute de ses joies et de ses peines, on y partage un moment cordial et fraternel. Vient qui veut.
PAR ROSELYNE RIGHETTI | PHOTO : DR
En route ! Il faut bouger : sortir de ce qui nous enferme, se remuer hors de nos tombeaux ! Le Christ, le Ressuscité, lui, est sorti ! Dans l’Evangile, Jésus bouge sans arrêt : il ne tient pas en place. C’est en marchant qu’il parle. C’est lui qui marche vers nous, où que nous (en) soyons… « Deux hommes sont en route vers un village du nom d’Emmaüs. Ils discutent. Ils sont tristes, préoccupés, ils ruminent les événements qu’ils viennent de vivre. »
Récemment, un groupe soutenu par les paroisses protestante et catholique ainsi que des membres de l’Eglise évangélique locale s’est lancé dans une nouvelle manière de faire chemin, de s’accompagner les uns les autres et de se soutenir. N’est-ce pas aussi ce qui se passe pour nous ici – comme sur le chemin d’Emmaüs – où, à la place des cailloux du chemin, se trouvent les maladies, les soucis, les tristesses, les questions, les colères, la solitude et tout ce qui peut blesser, séparer ou exclure. On y trouve toutes les souffrances liées à une vie dite marginale, mal vue, mal aimée, dont on s’écarte par effroi, tellement elle nous est étrangère, tellement elle réveille en nous d’anciens démons…
« Ils avancent sur le chemin, mais c’est comme si leur discussion les empêchait d’aller de l’avant. « De quoi parlez-vous ensemble ? » demande l’inconnu qui s’est joint à eux en cours de route. » Eh bien, du moral qui n’est pas bon ! Car en fait, il s’agit simplement de consoler, rassurer, serrer dans ses bras, accueillir, écouter, se réjouir d’être ensemble, comprendre…
« Un inconnu s’est aussi mis à discuter avec eux des événements du passé, de leurs espoirs et de leurs déceptions. » Une pastorale de la rue à Martigny ? La P.A.S.T.O. où, sous ce sigle, se cache le désir d’être en Présence, en Accompagnement, en Solidarité avec Tous les Oubliés : ceux qui se sentent oubliés et ceux qu’on a oubliés ! Un lieu où, semaine après semaine, pas à pas, sans autre but que de cheminer ensemble, on poursuit l’aventure. En route aussi dans les ruelles parfois plus sombres de la vie de chacun, mais toujours avec ce mystérieux Compagnon qui écoute si bien, qui comprend si bien…
« Devant l’auberge, sur la place, l’inconnu veut continuer son chemin, mais les deux amis le retiennent : « Allez, reste avec nous encore un moment ! » » Tous les jeudis, à la salle du Verger (rue d’Oche 9), on s’arrête un peu. On se retrouve pour un repas. On a l’impression de mettre un moment son cœur à la Maison : c’est l’Auberge du Verger.
« Pareil pour cet inconnu, tout près de Jérusalem ! Il a beau être inconnu, oublié du monde, mais la manière dont il écoute et dont il parle, a révélé aux deux amis qu’il était pour eux comme un frère de cœur. » N’est-on pas tous sur la route d’Emmaüs ? On est tous invités à l’Auberge du Verger, toi, moi, d’autres encore… Et on se rencontre autour de la table ! Une paroissienne est venue un de ces jeudis soir avec un gâteau qu’elle avait confectionné à l’occasion des 50 ans de sa fille qu’elle n’a finalement pas pu voir… Epaté par ce geste, un des gaillards présents s’écrie : « Je peux être votre fils, madame, j’ai 50 ans ! » Joie du matin de Pâques ! Irruption de ce Seigneur qui, dans nos éclats de rire, n’en finit pas de venir… tous les jeudis soir.
Cette année le pèlerinage des « ados de Lourdes » a rassemblé une trentaine de jeunes venus principalement du diocèse de Sion mais aussi de celui de Lausanne-Genève et Fribourg. Ils étaient encadrés par cinq animateurs et deux prêtres. Martine Pannatier et Louna Pincemin de Saint-Léonard y ont participé et nous partagent ce qu’elles ont vécu.
Ados au service
C’est en car que nous avons quitté le Valais vendredi soir vers 19h pour nous retrouver à Lourdes samedi matin à 9h. A peine arrivés, nous avons pris possession de notre campement au « Village des Jeunes ». Les ados logeaient sous tentes alors que les animateurs dormaient dans le chalet attenant, privilège de l’âge ! Les repas de midi étaient pris au réfectoire et préparés par notre formidable équipe cuisine. Quant à ceux du soir, nous les mangions autour du feu de camp.
Sur les pas de Bernadette
Comme nous étions arrivés deux jours avant le reste des pèlerins romands, nous en avons profité pour visiter la région, notamment les grottes de Bétharram. La partie ouverte au public s’étend sur 2,8 km et comprend une impressionnante dénivellation de 80 m. Avec la canicule qui nous guettait à l’extérieur, cette sortie fut très appréciée par l’ensemble du groupe. Nous nous sommes également rendus à Bartrès, petit village à 3 km de Lourdes, où se situe la bergerie, endroit où Bernadette gardait ses moutons.
La majorité de nos activités se passait au sanctuaire ou dans les environs. Pour certaines d’entre elles, notre groupe se séparait. Les plus âgés ont eu la possibilité, tout au long de la semaine, de seconder les hospitaliers et brancardiers auprès des malades et personnes en situation de handicap. Quant à nous, dont c’était la première fois à Lourdes, nous sommes allées marcher sur « les pas de Bernadette » en visitant les lieux où elle a vécu. Nous avons aussi appris à mieux la connaitre grâce à la comédie musicale qui est jouée à Lourdes durant tout l’été.
Lourdes, lieu de grâces
Marie avait dit à Bernadette : « Viens boire à la source et t’y laver. » Nous avons pu passer plusieurs fois à la grotte, boire à la source ainsi que nous rendre aux piscines pour y effectuer le geste de l’eau (l’immersion n’est actuellement plus possible en raison du Covid). Pour accompagner nos prières, nous avons brûlé des cierges aux intentions qui nous avaient été confiées. Au cœur de notre pèlerinage, nous avons vécu un moment fort de communion avec l’ensemble des autres pèlerins lors de la procession mariale.
Notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, était aussi du voyage et a passé la soirée du jeudi en notre compagnie, au « Village des Jeunes ». Nous avons pu lui poser des questions et partager librement avec lui autour d’une raclette.
Vendredi matin, le réveil fut plus difficile que les jours précédents car il était synonyme de rangement du camp. Après la célébration mariale d’envoi et avant de monter dans le car pour rentrer chez nous, nous avons rempli une dernière fois nos gourdes à la source de la grotte en promettant à Marie et Bernadette d’y revenir l’année prochaine mais cette fois avec nos amies.
PAR BERNADETTE VON NIEDERHÄUSERN | PHOTO : GEORGES LOSEY
Comment est-il Dieu au féminin ? Quelle image vient à mon esprit ?
Tout d’abord, je me pose la question : « Est-ce que Dieu a un genre ? » Il n’est pas plus masculin que féminin. Parce que Jésus est masculin, j’aurais tendance à imaginer un dieu masculin. En disant notre père aussi, on pense spontanément qu’il est masculin. Il y a en chacun de nous un côté féminin et un côté masculin. Je pense que pour Dieu c’est la même chose, vu qu’on a été créé à son image. Parfois, c’est le côté féminin qui ressort, parfois c’est le masculin. Dans la réalité actuelle, Dieu se manifeste à travers les plus pauvres et les plus humiliés comme ces femmes et ces enfants ukrainiens qui fuient la guerre.
Comme nous dit l’Evangile de Matthieu 25 : « 35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; 36 j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. 37 Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? 40 … toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »
Dieu est puissant par l’intensité de son amour pour chacun. Il a un regard compatissant et se met au service. Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, la puissance de Dieu se manifeste grâce à nos faiblesses. Dieu est amour, il est autant féminin que masculin.
Par conséquent, Dieu au féminin, c’est sa miséricorde inconditionnelle.
Le paysage éducatif romand a longtemps été composé d’écoles et d’instituts confessionnels. Leur nombre s’est fortement réduit. Entre fermetures et reprises par l’Etat, les établissements qui subsistent cherchent à préserver la liberté de développer un projet de société autre que celui de l’Etat, tout en coexistant avec celui de l’école publique.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : FLICKR, PXHERE, DR
Les petits Romands ont repris le chemin de l’école. Près de quatre cents d’entre eux, tous degrés primaires et secondaires confondus, ont été confiés par leurs parents aux bons soins d’un des treize établissements gérés par Instruire.ch, un réseau romand d’écoles privées chrétiennes de sensibilité évangélique. « Les parents ont certaines convictions de foi et souhaitent que leurs enfants soient aussi instruits avec ces valeurs-là », indique Martine Pahud, présidente du réseau Instruire.ch. Le choix des parents de Philippe Walker s’est effectué de manière beaucoup plus prosaïque : « Le Cycle d’orientation avait alors très mauvaise réputation. Ils ont préféré m’envoyer à Florimont durant ces trois ans. » Maintenant lui-même enseignant au secondaire I et II à Genève, il note toutefois que cette option était aussi motivée par le caractère catholique de l’école, correspondant aux convictions de ses parents.
Une liberté de choix ?
« Aujourd’hui, l’optique est davantage d’offrir une meilleure formation à ses enfants ou de les mettre à l’abri d’un certain type de socialisation », relève Sarah Scholl, historienne et maître-assistante à la Faculté de théologie de Genève. Cette sélection éducative stratégique reflète aussi le phénomène de la liberté de choix dans tous les domaines de la vie. Or, à l’heure actuelle, il est possible de choisir son fournisseur téléphonique, mais pas l’établissement scolaire de son enfant. En théorie garanti par le Pacte de l’ONU relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, en vigueur depuis 1992 en Suisse, ce droit est difficilement applicable pour nombre de parents, surtout financièrement. Si cet aspect n’entrait pas en ligne de compte, peut-être que Philippe Walker réfléchirait à scolariser sa fille en privé, « mais avec beaucoup d’hésitations ». D’une part, parce qu’il trouvait ce monde « trop clos » et, d’autre part, à cause de la prise de distance avec l’aspect confessionnel. « Je pense qu’il y a une structure, une organisation et un sérieux vis-à-vis de l’éducation dans l’école confessionnelle, liés à certaines valeurs aujourd’hui estompées. »
En Suisse romande, aucun canton hormis Genève ne différencie les écoles privées confessionnelles des autres.
Une responsabilité collective
« Pendant longtemps, si l’enfant allait bien, il était normal qu’il aille à l’école publique. Le privé était réservé, soit à des enfants de riches, soit à des enfants qui avaient besoin d’un cadre spécifique. Maintenant, beaucoup de chrétiens sont soucieux de savoir à qui ils délèguent l’éducation de leurs enfants », affirme Nicole Rosset, responsable pédagogique à la Bergerie. Egalement associée au réseau Instruire.ch, l’école située à l’Isle (VD) offre des possibilités de soutien pour les familles à plus bas revenus. Martine Pahud relève toutefois que « depuis quelques années, de nombreuses familles sont soutenues par les grands-parents ou les parrains-marraines ». La scolarité des plus jeunes semble donc devenue une responsabilité collective. En réalité, « cette responsabilité collective sur l’instruction des enfants date du XVIe siècle au moins. L’école était aux mains de l’Eglise et avait alors pour objectif premier de former l’identité confessionnelle et les valeurs morales des enfants. L’Etat, a depuis, récupéré cette prérogative », nuance Sarah Scholl. Elle estime d’ailleurs que la coexistence de différents projets éducatifs sert au maintien du pluralisme tout en posant des garde-fous à l’Etat lui-même. De plus, « l’existence d’écoles alternatives peut aussi être une source d’inspiration pour l’école publique et d’innovations pédagogiques ».
La scolarité des plus jeunes semble devenue une responsabilité collective.
Panorama du privé en Romandie
Au niveau cantonal, Vaud remporte la palme avec le plus grand nombre d’écoles privées situées sur son territoire. Suit Genève, le Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura. Aucun de ces cantons, hormis Genève, ne différencie les écoles privées confessionnelles des autres. Sarah Scholl y voit un indice d’une laïcisation de ces écoles pourtant « nées avec une visée de préservation de la transmission confessionnelle ». Chaque canton « a son propre curseur » quant à la gestion de ces écoles, par ailleurs encadrées dans les lois cantonales. A Genève (2016 et 2017) et dans le canton de Vaud (en cours), ces législations ont été revues, suite à des controverses concernant les écoles privées confessionnelles et l’enseignement à domicile. La polémique a émergé en 2014 lorsque les écoles privées chrétiennes ont été accusées d’enseigner le créationnisme en cours de sciences. Bien que blanchies de tous soupçons, le « dégât d’image a été important », se désole Nicole Rosset, dont l’école est membre du réseau incriminé. De plus, la Loi sur l’instruction publique (LIP) a été revue et durcie après cela.
Mainmise sur les esprits et les âmes
L’expression « école buissonnière » date du XVIe siècle où plusieurs écoles clandestines avaient été créées dans les campagnes en opposition aux écoles des villes dirigées par le clergé. Luther, qui avait du mal à répandre cette nouvelle religion, s’est mis à prêcher dans les bois.
« Il est intéressant de voir à quel point cela a été difficile de reprendre l’école aux églises et c’est ce qui explique la plus grande crise religieuse du XIXe siècle qu’on connaît sous le nom de Kulturkampf », détaille Sarah Scholl. En Occident, le secteur privé a longtemps été dans le giron presque exclusif de l’Eglise, catholique ou protestante. Au XVIe siècle, Luther plaide pour l’instruction des croyants afin de leur donner directement accès à la Bible pour les libérer de la tutelle du clergé. La Contre-Réforme lui réplique par la création de collèges gérés par les Jésuites et des petites écoles chrétiennes. « L’émergence de la laïcité des Etats, au XIXe siècle, est intimement liée à celle de l’école publique obligatoire et du suffrage universel » rappelle l’historienne. « Il y a un réel enjeu d’organiser la liberté d’opinion, la diversité confessionnelle et idéologique. Il faut des instances neutres permettant la coexistence, ce qui explique la laïcité. Même les cantons les plus catholiques sont tenus, à partir de la fin du XIXe siècle, de permettre cette diversité. Ce qui amène à ce que le fait religieux devienne facultatif à l’école et au compromis que constituent les écoles confessionnelles. »
Dans l’apparent silence,
Où le cri de la prière,
Semble tomber au creux de la terre stérile.
Comme une pluie bienfaisante,
La douceur de la paix irrigue le cœur telle
une ondée apaisante.
Dans l’apparent silence,
De l’absence de Dieu
Lorsque tout semble être néant,
Comme le souffle léger de la brise
Une présence se révèle enveloppant
le cœur de tendresse.
Dans l’apparent silence,
Du souffle créateur du Père,
Lorsque la flamme de l’espérance vacille,
Telle la clarté d’un feu dans la nuit,
La Parole de vie vient éclairer le cœur
par le pardon donné.
Dans l’apparent silence,
De la présence de Dieu,
Cheminant à nos côtés sur le chemin de la vie,
Comme un secret d’amour, simple et discret
Cette présence, sa présence, devient rencontre
du Père et de son enfant.
Dans l’apparent silence,
De la prière qui rejoint le cœur de Dieu,
Dans l’apparent silence,
De l’abandon entre les mains du Père,
La force de l’amour devient réponse
qui relève et raffermit.
C’est dans l’apparent silence,
D’un simple morceau de pain et d’une coupe de vin
Entre les mains du prêtre,
Que le silence de Dieu devient présence.
Une nouvelle année pastorale commence, notre histoire avec Dieu continue, rythmée par nos chutes et nos relèvements. C’est un peu comme dans le conte de Carlo Collodi. Le vieil artisan Geppetto décide de créer une marionnette à l’image d’un garçonnet (le corps). La Fée bleue l’anime (l’esprit), Jiminy le criquet devient sa conscience (l’âme). Pinocchio souffre. Bien que marionnette animée, il désirerait être comme les autres humains. Sans doute ne se trouve-t-il pas beau ? Habité par ce malaise, il va tomber dans plusieurs pièges : paresse à l’école, mensonges qui provoquent l’allongement de son nez, fuite au pays merveilleux des jeux pensant trouver la liberté absolue, mais se retrouvant changé en âne et devenant animal de cirque. Pinocchio pensait devenir plus beau en devenant plus libre, et le voilà devenu captif et laid : un animal ! Suite à une blessure son patron le jette à la mer. C’est là que la baleine l’engloutit et qu’il retrouve et sauve Geppetto en faisant du feu pour faire éternuer la baleine et être recrachés sur le rivage. C’est à travers ces actes de bravoure et la droiture de vie qu’il va mener par la suite que la marionnette deviendra un vrai garçon ! Pinocchio est maintenant comme les autres enfants, de pâte humaine.
Belle métaphore de notre condition de créature, de nos blessures et de notre péché.
Belle image de la patience de Dieu dans l’histoire du salut et du travail de la grâce ! C’est en donnant et en se donnant que l’on grandit et que l’on devient meilleur.
Et si notre vraie beauté dépendait de nos actes, de notre sincérité, de notre bienveillance, de notre générosité et de nos efforts. Il nous appartient de l’accueillir comme un don de Dieu qui nous a fait à son image et à sa ressemblance.
A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de Pauline de Gromard (25 ans), étudiante en droit à Fribourg et future carmélite, de prendre la plume.
PAR PAULINE DE GROMARD
PHOTO : DR
Nous commençons par comprendre ce que signifie la liberté, avant même de nous poser la question de son lien avec l’obéissance.
Chaque homme nait avec le libre-arbitre, il est libre de choisir dans le champ des possibles qui s’étend devant lui. Mais la liberté est plus que cela. Celui qui est vraiment libre, selon Thomas d’Aquin, est celui qui réalise effectivement ce qu’il veut et cherche véritablement, à savoir le bien. Et plus haut est le bien atteint, plus il est libre. Seul donc ceux qui réalisent le bien sont dit véritablement libres (Liberté).
Par exemple, nous recherchons une amitié dans le but d’atteindre le bien qu’est l’amour. Or, il arrive que nous nous trompions en prenant pour un bien ce qui n’en est pas un. Ainsi la recherche du luxe à tout prix ou le plaisir de la drogue ne rendent pas heureux, ils ne sont pas des biens que nous voulons vraiment et ne nous rendent pas libres.
Maintenant que nous avons une définition plus claire de ce qu’est la liberté, nous pouvons nous interroger si l’obéissance s’oppose ou, au contraire, permet d’être libre.
Obéir signifie renoncer à sa volonté propre pour accueillir et faire la volonté de celui à qui on se soumet. Cela s’oppose peut-être au libre-arbitre, car cela réduit le champ des possibles. Mais cette obéissance n’est pas accordée à n’importe qui. L’obéissance est due à Dieu, et à l’Eglise que le Christ a instituée. Et concrètement, c’est par l’obéissance aux supérieurs religieux que le religieux obéit à Dieu.
Dieu choisit des médiations pour nous communiquer sa volonté. Par exemple, Dieu s’adresse à la Vierge Marie à travers l’ange Gabriel. Au moment de leurs vœux, les religieux remettent leur volonté dans les mains de leur supérieur et posent comme acte de foi de prendre ce dernier comme médiation de la volonté de Dieu. Celui-ci a été nommé et reconnu par la hiérarchie de l’Eglise à qui il doit obéir et rendre des comptes. Sa mission est de permettre aux religieux qui lui sont confiés, de suivre la voie qu’ils ont choisie. Le supérieur est là non pas pour écraser mais pour élever. Pour obéir vraiment, il faut être capable de désobéir !
Ainsi, le fruit d’une juste obéissance est la liberté, car obéir à Dieu, par l’intermédiaire des supérieurs, nous fait mûrir dans le bien.
Je connais de significatif seulement ce qui est porté par une dimension de réel. Le réel trouve son fondement dans le Livre de la Vie. La Bible révèle l’identité de l’homme, son origine, sa dignité.
TEXTE ET PHOTO PAR OLIVIER TARAMARCAZ
La dignité humaine n’est pas fondée seulement subjectivement, selon des valeurs humanistes, mais objectivement, selon les principes de vie établis par le Dieu Créateur. La dignité prend racine dans la Parole qui porte le réel. La Bible est le seul livre qui exprime une telle estime à la vie humaine, de la conception à la mort, de la vie passagère sur terre à la vie éternelle.
Le poids du réel. – Si nous ne sommes pas reliés à ce qui constitue l’ADN de notre vie, nous nous perdons. Nous ne discernons plus ce qui nous concerne de près, ce qui est important, digne de confiance, bon. Ce qui constitue notre vie, c’est en premier lieu notre identité spirituelle. Annuler le réel de notre dignité spirituelle, c’est se comporter comme si le réel naturel autant que le réel spirituel n’existaient pas. Nous pouvons gonfler des bulles, nous forger une identité par préférence personnelle. Il n’est pas besoin d’analyse poussée pour observer que nous avons incorporé un désordre des choses, avec tout son poids de perte, de confusion, substituant l’illusion au réel. Notre temps est marqué par des goûts qui portent de moins en moins de saveurs. Le savoir est au service d’idéologies imposant comme nouvelles bornes, les normes subjectives, au fondement sans fondement de vérité autre que soi-même.
Culture libidinale. – Après avoir évacué le Dieu relationnel, qui confère à l’être humain sa dignité, l’inscrivant dans une identité de filiation avec son Créateur, l’homme, maître de lui-même, prétendument libéré de la Loi intérieure, est déboussolé. Il a perdu le nord. Il s’ingénie à redéfinir les pôles d’attraction hors de la réalité des lois de la physique, hors de la réalité des lois spirituelles, révélées dans le Livre par lequel Dieu parle, la Bible. Il cherche son équilibre hors du réel, dans le déséquilibre du sentimentalisme.
Le nouveau jardin d’Eden, sans Dieu, devient un laboratoire libéré des lois antérieures à soi. Il faut tout refondre, partir de zéro. Il convient en premier lieu de labourer, d’extraire toute racine spirituellement inconvenable, comme la pensée d’un Dieu créateur, personnel, qui aurait quelque chose à dire sur notre manière de vivre. La laïcité reconnaît les lois de la Babel inclusive, mais exclut ce qui vient la questionner dans ses fondements. Tout devient possible dans ce champ d’expérimentation, à l’instar de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance entre Dieu et les hommes, détourné de son sens réel, premier, récupéré par les tenants d’une culture libidinale. A défaut de porter une Parole d’alliance transformatrice, la cause rassemble autour d’un alliage performatif, les enfants rois criant à tout va, pancartes et poings levés.
Etre au monde. – J’ai choisi pour ma part de préserver l’alliance de Dieu, la vie relationnelle à laquelle le Seigneur de la vie m’invite. J’ai choisi de suivre Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour racheter mon être séparé, pour régénérer ma nature marquée par le péché et par la mort. En ouvrant la porte de mon cœur au Dieu Saint, en me repentant devant Dieu d’avoir vécu selon la loi de mes désirs, j’ai expérimenté ce qu’est la dignité. Jésus m’a lavé de mes fautes, libéré de mes errances. Il a pris sur lui la tache qui m’aveuglait. Dieu m’a donné une nouvelle identité. Je vis dans la dignité d’être qu’il m’a donnée, acceptant de me laisser transformer intérieurement par le Jésus-Christ.
C’est une nouvelle rentrée pastorale, c’est une nouvelle rentrée des classes, et L’Essentiel semblerait nous guider vers l’école buissonnière, est-ce bien raisonnable?
TEXTE ET PHOTOS PAR MARIUS STULZ
L’école peut désigner l’établissement scolaire, l’ensemble des élèves et du personnel ou le mode d’enseignement lui-même.
A l’école de son Père, Jésus, par son incarnation dans notre monde (l’infini entre dans le monde du fini), va faire une école buissonnière en vue du bien de l’humanité, profitable à toutes et à tous. Pour cette rentrée scolaire ou pastorale, comme pour notre rentrée dans la vie, tous, nous sommes appelés à l’école de l’Amour, à l’école de Jésus.
Sa pédagogie, son école, est simple, exigeante et belle: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.»
Etre chrétien c’est se mettre à l’école de Dieu, à l’école de la foi qui est avant tout une rencontre personnelle avec le Christ. Jésus, sans cesse, nous demande de faire l’école buissonnière de nos certitudes, de nos convictions avec comme seule règle indispensable, incontournable et irremplaçable pour chacun, celle de demeurer dans ce lien d’amour personnel avec lui. Mon seul devoir d’école, mon seul devoir de vie est de compter sur lui et avec lui (la liturgie dira par lui, avec lui et en lui) et saint Augustin de résumer à notre intention le devoir des bons écoliers que nous voulons être ou devenir par: «Aime et fais ce que tu veux.»
Sans cesse, dans cet excellent terreau qui est ce lien d’amour qui nous unit au Christ, Jésus pousse à l’école buissonnière et promet à celui qui lui fait confiance de vivre d’énormes dépassements et de vivre des événements plus grands que tout ce que lui-même a mis en route ou vécu (Jean 14, 12). Ou encore rappelons-nous lorsque Jésus amène les disciples d’Emmaüs, enfermés dans leur tristesse, leurs regrets et leur manque d’espérance, à vivre avec lui l’école buissonnière qui devient une expérience concrète de la liberté, de la résurrection et de l’infini de Dieu; que c’est bon d’être et de se savoir si bien accompagné sur notre chemin.
Ou encore, lorsque Jésus appelle Paul, le pharisien légaliste, le rigoureux, celui qui écoute et vit avec droiture la tradition juive, fidèle aux lois et aux rites, à devenir son apôtre en le poussant au dépassement, afin qu’il rende caduques ses lectures exhaustives de la loi qui séparaient les gens à cause du droit de naissance (lignage), de la culture et la tradition religieuse, de la place sociale, le poussant à revisiter et réinterpréter les rites et les usages à la lumière du ressuscité ; saint Paul l’a si bien fait avec le carcan des règles concernant des rites comme la circoncision et l’ensemble des lois de Moïse contenues dans les cinq premiers livres de la Bible que les juifs-chrétiens voulaient imposer aux païens qui ont accueilli le Christ; au Concile de Jérusalem, les apôtres sous la houlette de Pierre réduisent les centaines observances de la loi juive, en trois grandes orientations qui aideront les nouveaux chrétiens d’origine païenne à progresser dans leur spiritualité en leur demandant de s’abstenir de l’idolâtrie, de l’immoralité, de la viande étouffée et du sang (Ac 15, 5-21). C’est à l’école du maître que les apôtres on pu prendre ces positions nouvelles, rappelons-nous la méditation de Jésus «ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur, mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur», pensée qui ouvre à tous, même aux mécréants, aux pécheurs et aux rejetés, l’accès à une intense rencontre en Dieu, l’accès à la communion. Cette citation est un vrai tuteur pour n’importe quelle situation de vie, lorsque tu ouvres la bouche quel est le bien que tu pourras en faire sortir; … je pense que je devrais me taire plus souvent!
Jésus est et sera toujours le maître de l’école buissonnière pour l’Eglise qu’il ne veut jamais démolir, mais accomplir. «Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous appelle amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père.» (Jn 15, 15) Par l’Esprit-Saint, l’Esprit d’Amour accueilli chaque jour dans nos vies, nous sommes amis de Dieu, donc à même de découvrir dans l’Esprit ce qui est bien, ce qui est bon, ce qui est juste et nous n’avons pas peur de l’annoncer ni de le confronter avec les découvertes de nos sœurs et frères qui eux aussi vivent de l’Esprit, même si le plus souvent il s’exprime à travers eux d’une manière différente, mais qui vient nourrir, construire, édifier, s’harmoniser, communier à l’Esprit qui s’active en chacun de nous.
N’est-ce pas à ce déplacement intérieur auquel sont conviés les catéchumènes qui se préparent au baptême ou les confirmands qui vivent ou qui vont commencer à vivre à la rentrée le cheminement vers la confirmation ; par des moments communautaires où le vivre ensemble devient l’occasion de se laisser rejoindre par le Christ, afin de le reconnaître, de l’accueillir, de l’écouter et de se laisser transformer par cette relation d’Amour qu’il nous offre, et vivre cette école buissonnière qui emmènera chacun au-delà de ses limites, à battre campagne, pour vivre de son amour.
De nombreuses communautés sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur des groupes de laïcs dont la spiritualité d’inspiration jésuite s’incarne dans la pratique des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.
PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR
Dates clés
1540 Approbation par le pape de la Compagnie de Jésus.
1563 Des premiers groupes de laïcs voient le jour au travers de la Congrégation mariale.
1967 A la suite du Concile Vatican II, les Exercices spirituels connaissent un regain d’intérêt. Les groupes de laïcs, alors appelés « Communauté dans le monde », redéfinissent leurs statuts et s’appellent désormais « Communauté vie Chrétienne » (CVX). En Suisse, Anna Beck s’attèle à ce renouvellement.
1982 Naissance des premiers groupes helvétiques.
2001 L’Association CVX en Suisse prend forme avec ses propres statuts
2013 La CVX mondiale fête ses 450 ans et un pèlerinage se déroule de Constance à Einsiedeln.
Organisation : une communauté mondiale constituée de petites équipes qui se réunissent une fois par mois pour discerner comment Dieu parle à chacun au travers de la prière et d’un échange autour des joies et peines du quotidien.
Mission : à la suite de saint Ignace, « chercher et trouver Dieu en toute chose », c’est-à-dire reconnaitre Dieu présent au cœur du monde et de notre vie, apprendre à nous voir comme il nous voit et devenir des « contemplatifs dans l’action ».
Présence en Suisse romande : deux équipes à Lausanne, une à Genève et une à Fribourg.
Une particularité : la relecture ou prière d’alliance, soit s’arrêter chaque jour un instant pour voir comment Dieu a été présent en nous à travers les situations et les personnes rencontrées afin de discerner ce qui va dans le sens de la vie ou ce qui divise.
« Pour moi, c’est un chemin de croissance qui m’aide à vivre ma foi dans mon quotidien, à unifier ma vie (travail, famille, loisirs, engagements…), à faire des choix porteurs de vie. Retrouver mon équipe chaque mois m’oblige à m’arrêter pour relire le mois écoulé, y voir les traces de Dieu ou ce qui est à transformer. Avec les membres de l’équipe, c’est un compagnonnage dans la foi. CVX m’invite également à plus de liberté intérieure et à être actrice de ce monde, à ma façon. »
La parabole du «fils prodigue», lue en temps de Carême et durant ce mois de septembre est un texte d’une richesse extraordinaire qui vaut la peine d’être regardé dans son contexte: Luc en fait l’aboutissement d’une argumentation de Jésus, face à ceux qui lui reprochent ses mauvaises fréquentations.
PAR FRANÇOISE BESSON
PHOTO : DR
Les trois paraboles dites de la brebis perdue (Luc, 15, 4-7), de la pièce perdue (Luc, 15, 8-10) et du fils prodigue (Luc, 15, 11-32) ont le même sujet : quelque chose (quelqu’un) de précieux est perdu puis retrouvé et quand ce qui était perdu est retrouvé, la joie du « propriétaire » est grande, si grande qu’elle se doit d’être partagée, les amis sont réunis et la fête commence !
Les différences mettent en évidence la gradation du récit et la place de l’homme dans le cœur de Dieu. Tout d’abord, au ras des chiffres, ce qui est perdu, c’est d’abord le centième, puis le dixième, puis la moitié, donc par rapport à la richesse initiale, on pourrait dire que la partie qui manque est de plus en plus importante. Et si l’on regarde la nature de ce qui est perdu, on se rend compte qu’on passe d’un bien nécessaire au travail quotidien, à la fortune économisée, et à ce qu’il y a de plus précieux en soi : son propre enfant.
Jésus met en scène des pertes que les hommes peuvent subir et, chaque fois, la joie éprouvée est à la hauteur de ce qui avait manqué. Les personnes autour de lui ont vécu des attentes similaires, sans certitude de pouvoir enfin serrer dans leurs bras celle ou celui qui revient sain et sauf : la joie du Père, ils la connaissent… A l’heure où nous pouvons suivre en temps réel le déplacement de chacun autour de cette planète, il nous faut sans doute faire un petit effort d’imagination, et peut-être avons-nous, dans nos souvenirs, un de ces moments de retrouvailles longtemps attendu où, enfin, on est avec ceux qu’on a tant souhaité revoir ? Ce qui est plus difficile, c’est de se représenter que nous pouvons être pour Dieu l’occasion d’une telle joie… C’est déjà tellement difficile de nous représenter Dieu, de le voir comme un père aimant, mais en plus de tout cela, de se dire que, selon les mouvements de notre cœur, nos retours vers la vie, nous pouvons susciter « quelque part » une joie vibrante… C’est vraiment un mystère…
Il est enfin une différence, et non des moindres, qui parle de nous : la brebis et la pièce ont été activement recherchées, mais le fils non… Il aurait pu mal finir et ne pas revenir, il aurait pu épouser la fille d’un autre éleveur (à l’instar de Moïse) et ne jamais revenir et, dans les deux cas, le père, chaque jour, se serait usé les yeux à regarder au loin les premiers signes d’un retour. Il aurait pu… car tout n’est pas joué puisque ce fils est libre… Vaste sujet que la liberté de l’homme, évidence pour certains, mythe ou illusion pour d’autres, cadeau empoisonné pour d’autres encore… Mais dans cette histoire en tout cas, il y a manifestation de liberté : en temps de famine ou d’abondance, le choix de revenir plutôt que d’aller plus loin reste un choix. Le fils est revenu sans escorte des forces de l’ordre ou des serviteurs de son père, c’est un homme libre…
Mystère troublant de la joie de Dieu, aléas de nos vies et de nos choix, quotidien désenchanté et retour sur soi (et par tant d’autres aspects encore) ce texte de l’évangile de Luc n’a pas fini de faire résonner en nous questions et réflexions… à moins que ce ne soient les premières notes de musique de la fête !
A l’origine observé par protestants comme catholiques, le Jeûne fédéral avait été instauré par la Diète fédérale en signe de «pénitence et d’Action de grâces». Même si la signification de ce lundi chômé tend à se perdre, ce week-end prolongé pour les cantons protestants de Suisse romande ne compte pas pour des prunes.
Dès le XVe siècle, l’observance de jours de jeûne est pratiquée en Suisse. C’est la Diète fédérale, assemblée des députés des cantons jusqu’en 1848, qui fixe ces journées de «pénitence et d’Action de grâces». Le premier document officiel mentionnant la «grande prière des Confédérés» date de 1517. Les épidémies de peste et les disettes ont poussé les autorités des cantons réformés à instituer ce type de journées de prière et de pénitence pour demander à Dieu de les en prémunir ou pour le remercier. Plus tard, elles ont été assorties de collectes en faveur de coreligionnaires persécutés (ndlr. les vaudois du Piémont en 1655).
Ce n’est qu’en 1639, soit durant la guerre de Trente Ans, que la Diète instaura une journée de jeûne annuel pour rendre grâce à Dieu d’avoir préservé la Suisse du conflit. A partir de 1643 les cantons catholiques instituèrent également de telles journées, mais ce n’est que le 8 septembre 1796 qu’elle fut célébrée pour la première fois d’un commun accord par catholiques et protestants. L’institution se maintiendra jusqu’en 1830, même si catholiques et protestants avaient déjà opté pour des jours différents. Loin de se distancier complètement de cette pratique, le concile Vatican II a décrété le Jeûne fédéral comme une manifestation œcuménique.
Qui dit jeûne, dit diète (pas fédérale cette fois-ci). Il était demandé à l’origine de s’abstenir de nourriture durant la journée. Les réunions à l’église se prolongeant jusqu’à tard dans l’après- midi, on n’avait pas le temps de préparer un dîner et on se limi- tait donc à une tarte de fruits de saison, préparée souvent la veille. La tradition de la tarte aux pruneaux serait aussi à chercher dans la pratique ecclésiale. Depuis le début du XIXe siècle, il était courant de conserver l’argent destiné ordinairement au repas du dimanche, pour l’offrir aux pauvres.
Recette: La tarte aux pruneaux du Jeûne fédéral
Temps de préparation
Temps de cuisson
Temps de repos
Portions
30 minutes
60 minutes
30 minutes
8
Ingrédients
9 g de sel
90 g d’eau
100 g de farine complète
200 g de farine blanche
150 g de beurre
50 g de noisettes moulues (ou d’amandes) mélangées à 10 g de farine
1200 g de pruneaux
La tarte aux pruneaux, un classique à déguster le jour du Jeûne fédéral.
Préparation
Dissoudre le sel dans l’eau
Mélanger la farine complète, la farine blanche et le beurre. Ajouter l’eau salée et pétrir légèrement
Laisser reposer la pâte 30 minutes au frigo
Abaisser et piquer la pâte
Déposer le mélange noisettes moulues-farine sur le fond de la tarte
Couper les pruneaux en deux et les déposer sur le fond de tarte
Préchauffer le four à 180°C. Enfourner environ 1 heure, jusqu’à ce que la pâte soit bien dorée
Les jésuites n’ont pas toujours eu très bonne presse. L’image tend à changer grâce au pape François. Néanmoins, si après cet article votre dent contre eux persiste, c’est le moment où jamais d’en croquer un!
Il aura fallu attendre 473 ans pour voir un jésuite élu à la tête de l’Eglise. Une longue patience qui aura au moins permis de redorer le blason de la Compagnie de Jésus. Car, à en croire certains sites internet, l’ordre fondé en 1540 par Ignace de Loyola serait responsable de bien des maux… jusqu’au naufrage du Titanic. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg, puisque cette éminence grise contrôlerait, en sous-marin, toutes les décisions du Vatican. Mais vous auriez bien raison de dire que cette théorie prend l’eau!
Deuxième en termes d’effectifs, derrière les franciscains et devant les dominicains, les jésuites ont la réputation d’être des intellectuels. Qualificatif qu’ils doivent à la longue formation qu’ils reçoivent. La particularité de cet ordre, outre les vœux habituels, est une obéissance absolue au pape et à Dieu. Depuis sa création, la Compagnie de Jésus s’est donné pour priorités l’éducation de la jeunesse et l’évangélisation.
Certains soutenaient un enseignement moral basé sur l’étude des cas particuliers [la casuistique, ndlr.], qui accorde une place prépondérante à la liberté individuelle face à la loi morale. Une posture «laxiste» perçue comme une manière de s’accommoder avec les choses du monde que les jansénistes brocardaient. Les jésuites sont décriés pour leur capacité à donner des réponses retorses pour étayer un argumentaire, cette controverse intellectuelle a lesté le terme d’une connotation péjorative. Il est devenu synonyme d’hypocrite.
Pour être tout à fait sincère, n’y a-t-il pas un plaisir presque littéraire à manger benoîtement un jésuite? Peut-on croquer dans un jésuite sans entendre le «Mangeons du jésuite, mangeons du jésuite!» des sauvages Oreillons du Candide de Voltaire?
Recette: Les Jésuites
Le nom de cette pâtisserie viendrait de la couverture de praline ou de glaçage au chocolat ressemblant par sa forme au chapeau à bords relevés comme des jésuites: un petit triangle de pâte feuilletée fourré à la frangipane et recouvert de praline ou de glaçage au chocolat. Plusieurs versions sur l’origine de la pâtisserie s’affrontent. L’une d’elle avance que la pâtisserie Moura à Santo Tirso aurait confectionné ces gâteaux pour la première fois en 1892. Elle doit la paternité de cette création à un de leur pâtissier ayant travaillé auparavant dans une communauté de prêtres jésuites à Bilbao, au nord de l’Espagne
Temps de préparation
Temps de cuisson
Portions
30 minutes
40 minutes
6
Ingrédients
1 pâte feuilletée abaissée, carrée de 250 g
Pour la crème pâtissière
250 ml de lait
25 g de fécule de maïs
3 jaunes d’œufs de taille moyenne
80 g de sucre en poudre
1 gousse de vanille
Pour la crème d’amande
80 g de poudre d’amande
80 g de beurre
2 oeufs de taille moyenne
80 g de sucre en poudre
Pour le glaçage
1 blanc d’oeuf
125 g de sucre clage
1 cuillère à café de jus de citron
175 g d’amandes effilées
Sucre glace
Le nom de cette pâtisserie viendrait de la couverture de praline ou de glaçage au chocolat ressemblant par sa forme au chapeau à bords relevés comme des jésuites.
Préparation de la crème pâtissière
Dans une casserole, faire chauffer le lait avec la gousse de vanille fendue en deux.
Dans un bol, mélanger les jaunes d’œufs avec le sucre en poudre et la fécule de maïs.
Lorsque le lait commence à bouillir, verser sur le mélange jaunes d’œufs-sucre-fécule de maïs.
Reverser la préparation dans une casserole et faire cuire à feu moyen en remuant sans cesse jusqu’à obtenir une consistance assez épaisse.
Sortir du feu et mettre la crème dans un bol froid, couvert de film. Laisser refroidir.
Préparation de la crème d’amande
Verser le beurre ramolli dans un saladier et ajouter le sucre en poudre.
Fouetter jusqu’à obtenir une consistance de crème.
Ajouter la poudre d’amande et les œufs.
Bien mélanger jusqu’à obtenir une pâte homogène.
Ajouter la crème pâtissière et bien mélanger pour obtenir une crème frangipane à la consistance homogène.
Montage
Mettre la crème d’amande dans une poche à douille.
Etaler la moitié de la pâte feuilletée sur un plan de travail légèrement fariné.
Tracer des triangles sur la pâte feuilletée et découper.
Humidifier le bord des triangles avec un peu d’eau.
Garnir chacun des triangles de crème frangipane.
Mettre la seconde partie de pâte feuilletée par-dessus.
Souder les bords des triangles en appuyant légèrement avec les doigts.
Disposer les triangles sur une plaque à pâtisserie couverte de papier sulfurisé en les espaçant.
Glaçage et finition
Mélanger le blanc d’œuf avec le sucre glace et le jus de citron jusqu’à l’obtention d’une consistance homogène.
Recouvrir le dessus de chaque triangle avec le glaçage.
Saupoudrer le dessus d’amandes effilées.
Préchauffer le four à 180°C.
Enfourner durant 35 à 40 min jusqu’à obtenir une belle couleur dorée. Sortir du four, laisser refroidir et saupoudrer de sucre glace.
Bénédiction de l’orgue à Crassier, veillée pascale à Saint-Cergue, fête patronale à Founex…: nos communautés ont vécu de beaux temps forts ces derniers mois.
Bénédiction de l’orgue à Crassier
Jeanny Berlie avec nos invités, les syndics des communes de la Rippe (à gauche) et de Borex.
Texte et photo par Marie-Josée Desarzens et Jeanny Berlie
Enfin, après de longs mois d’attente, nous avons pu inaugurer le nouvel orgue de la chapelle Sainte-Marie Madeleine. Le 8 mai, après que la vice-présidente, Jeanny Berlie, a coupé le ruban, l’abbé André Fernandes a procédé à la bénédiction. L’organiste Olivier Borer a animé ce moment avec la « Toccata et fugue en ré mineur » de Jean-Sébastien Bach qui a mis en valeur la belle sonorité de l’instrument.
Nous avions invité le président de paroisse, Gilles Vallat, mais il n’a pas pu venir. La personne qui devait le remplacer était également absente, malheureusement.
Samedi 16 avril : Veillée pascale à Saint-Cergue
Transmission de la lumière dans la chapelle obscure. Baptême d’Eloïse.
Ils étaient 77 à se réunir dans notre chapelle autour de l’abbé Zbiniew Wiszowaty pour vivre la cérémonie la plus importante du christianisme ! Un feu a été allumé devant la chapelle pour rappeler que Dieu est lumière et feu d’amour. Le nouveau cierge pascal, qui symbolise le Christ ressuscité, a été allumé avec une flamme provenant du feu. Il a ensuite été amené en procession dans la chapelle obscure jusque devant l’autel. Le diacre, Jérôme, a chanté « Lumière du Christ » à trois reprises. Puis les officiants du jour, prêtre, diacre et servants de messe, ont transmis la lumière à chaque fidèle. Enfin le prêtre a procédé au rite de la bénédiction de l’eau.
Le trompettiste Willy Gerber et le flûtiste bâlois Urs Höchle ont animé la célébration. Au cours de cette cérémonie, la petite Eloïse a reçu le baptême. Nous lui souhaitons, ainsi qu’à ses parents, une cordiale bienvenue dans notre communauté.
La traditionnelle « cassée des œufs » et le verre de l’amitié ont suivi la célébration.
Fête patronale à Founex
L’abbé Fernandes avec les servants de messe.
Apéritif à l’issue de la messe de la fête patronale.
Par Françoise de Courten | Photos : Elisabeth Hauser
L’abbé André Fernandes a célébré la messe dimanche 1er mai en l’honneur du saint protecteur de notre paroisse, saint Robert de Molesme (vers 1029-1111). Aspirant à vivre selon la règle stricte de saint Benoît (pauvreté, pénitence, solitude, travail manuel), il fonda en 1098 l’abbaye de Cîteaux, point de départ de l’ordre cistercien qui connut un rayonnement considérable dans tout l’Occident.
Après la messe a eu lieu la vente en faveur du groupe missionnaire qui a réuni les paroissiens de manière conviviale.
Dans sa mensuelle vidéo par le Réseau mondial de prière du Pape (juin 2021), François résume ainsi le mariage: «un risque qui vaut la peine» d’être pris. Il parle de «voyage exigeant, parfois difficile, parfois aussi conflictuel», un voyage «de toute une vie», un voyage d’amour: «Dieu a un rêve pour nous, à savoir l’amour… Faisons nôtre l’amour qui est le rêve de Dieu.»
Réalisme pastoral
Mais François n’a pas non plus oublié les défis de la vie moderne pour le couple: divorce, infidélité, enfants nés hors mariage, mères célibataires, unions de personnes du même sexe… Pour chacune de ces situations, il a ouvert une porte pour passer du jugement à la rencontre, à l’échange: par le biais de son exhortation apostolique Amoris Laetitia (2016), dans la facilité donnée aux officiaux1 diocésains pour accueillir des demandes de nullités de mariage, dans ses discours annuels à la Rote romaine (le tribunal chargé notamment des causes de nullités de mariage), dans sa déclaration claire en faveur des unions civiles pour personnes du même sexe…
Idéal ?
Pour lui, le mariage catholique devrait être précédé par un catéchuménat: un temps de préparation sur plusieurs mois… alors que les couples débarquent en paroisse souvent peu de temps avant la célébration. Le mariage devrait ensuite être accompagné par un temps de relecture et d’ajustements courant sur les mois qui suivent la cérémonie… alors que les couples disparaissent aussitôt après dans la nature… jusqu’au baptême de leur premier enfant, parfois!
Espérance
«Pour aimer, il faut beaucoup de patience», conclut-il dans sa vidéo. Les retours que partagent les jeunes après les sessions CPM2 sont plus que réconfortants: la plupart d’entre eux reconnaissent qu’il y a un avant et un après CPM… et ce, bien avant leur mariage!
1 L’official est le juge ecclésiastique délégué par l’évêque pour traiter des situations de vie vis-à-vis du Droit Canon (la loi de l’Eglise).
2 Cours de Préparation au Mariage, un des services en Eglise pour les fiancés.
Avec la pandémie de Covid-19 et désormais la guerre en Ukraine, sans oublier les autres conflits qui sévissent continuellement sur la planète, l’humanité est particulièrement éprouvée. Face aux fléaux que représentent la maladie et la guerre, l’homme a de tout temps eu recours à la prière pour obtenir la guérison des malades ou l’apaisement des conflits. Le difficile contexte actuel nous pousse à revenir sur l’histoire de la prière et son application en temps de crise.
PAR SÉBASTIEN DEMICHEL | PHOTOS : PIXABAY, DR
Dans la prière le geste et la parole vont de conert.
La prière : sens et origines
Présente dans toutes les civilisations du monde, la prière comporte deux dimensions centrales. Elle peut être « un acte spontané, jailli du cœur de l’homme qui demande aide ou protection, ou qui remercie », mais aussi « une habitude ritualisée, codifiée dans une tradition qui recouvre des réalités bien différentes selon les époques et les cultures » (Michel Meslin). Le geste et la parole vont de concert dans la prière. Elle implique en outre une altérité. L’autre, en l’occurrence Dieu, est présent et écoute. La prière n’apparaît pas comme une simple conversation, mais elle implique la foi de l’orant.
Les Écritures nous éclairent sur l’histoire de la prière. Dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu entre déjà en dialogue avec lui par l’intermédiaire des prophètes, mais aussi par diverses formes de prière (psaumes, cantiques, hymnes et acclamations). Toutefois, c’est avec les Évangiles et l’exemple du Christ que la prière trouve véritablement son accomplissement. Le Christ apparaît comme un « pédagogue de la prière » (Marcel Metzger) : Jésus entre lui-même souvent en prière (sur la montagne en Luc 6, 12 et 9, 28, durant la Sainte-Cène en Jean 17, et même sur la croix, en Matthieu 27, 46, où il fait l’expérience de l’abandon). Mais le Christ enseigne également la prière. Puisqu’il faut toujours prier sans se décourager (Luc 18, 1), il transmet le Notre Père qui condense la pédagogie de la prière chrétienne.
La prière peut prendre des formes multiples : action de grâces, anamnèse (faire mémoire), profession de foi (reconnaissance et proclamation des qualités de Dieu), demande de pardon (dénonciation du mal) et supplication. C’est dans cette dernière catégorie que se situent les prières en temps de crise.
La prière peut prendre de multiples formes. Eglise Saint-Pierre à Fribourg.
Épidémies et prière
Si l’Ancien Testament insiste sur la maladie comme châtiment divin, le Nouveau Testament préfère y voir la conséquence du péché originel et les guérisons du Christ déplacent la focale sur le soin et la miséricorde. Jésus guérit le paralytique (Marc 2, 1-12) et rend la vue à l’aveugle Bartimée (Marc 10, 46-52). Se fondant sur les actions du Christ, les premiers chrétiens prient déjà pour leurs frères et sœurs malades : « Sois propice, Seigneur, secours et guéris les malades. Commande aux maladies et soutiens ceux qui sont affaiblis » (Euchologe de Sérapion 7, 22).
Dans l’Europe de la fin du Moyen Âge et du début de l’époque moderne, les prières s’orientent principalement contre le terrible fléau que représente la peste. La messe Recordare, Domine, testamenti tui (Souviens-toi, Seigneur, de ton alliance) est instituée par le pape Clément VI en 1348 pour lutter contre la Peste noire. Par la suite, les prières contre la peste s’adressent à Dieu soit directement, soit par le biais d’intercesseurs à l’image de la Vierge Marie, de saint Roch ou encore de saint Sébastien.
La pandémie de Covid-19 est également l’occasion de nombreuses prières. Ainsi, le pape François lance un marathon de prière pour l’humanité blessée. S’adressant à la Vierge, il lui demande qu’elle « illumine les esprits des hommes et des femmes de science pour qu’ils trouvent les bonnes solutions pour vaincre ce virus ». Dans notre diocèse, la messe de la Toussaint 2020 était spécialement dédiée aux victimes du coronavirus et aux familles qui n’ont pas pu célébrer les funérailles comme prévu pendant le printemps.
La pandémie a été l’occasion de nombreuses veillées de prière notamment à l’église du Christ-Roi.
Une arme non violente en réponse à la guerre
Avec la peste et la famine, la guerre est le troisième fléau traditionnellement craint par l’humanité, comme en atteste une prière de la version primitive de la litanie des saints : A peste, fame et bello, libera nos domine (de la peste, de la famine et de la guerre, délivre-nous Seigneur).
Des prières pour la paix sont déjà attestées dans l’Antiquité, lorsque les chrétiens font face aux persécutions. Ainsi, durant la persécution de Dèce, l’évêque Cyprien de Carthage s’adresse à Dieu de la manière suivante : « Demandons que la paix nous soit bientôt rendue et que, rapidement, vienne le secours qui dissipera nos ténèbres et nos dangers […]. Qu’après les ténèbres vienne la lumière, après les orages et les tempêtes, une douce sérénité. » Pendant la guerre de Cent Ans, le seigneur poète Charles d’Orléans prie pour la paix qu’il qualifie de « vrai trésor de joie ».
L’éclatement de la guerre en Ukraine en février dernier suscite une importante vague de prière. À Fribourg, dans l’église du Christ-Roi, une veillée de prière en faveur de la paix en Ukraine réunit 300 fidèles. Considérant la guerre comme un « échec de la politique et de l’humanité, une capitulation honteuse, une déroute devant les forces du mal » (Fratelli Tutti, 261), le pape François prie la Vierge Marie dans un acte de consécration à son Cœur immaculé. Il lance en outre une journée mondiale de prière pour la paix, en invoquant Marie, Reine de la Paix, dans la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure. À ces prières s’ajoute la charité des fidèles. Les paroisses catholiques du décanat de Fribourg ont ainsi fourni à l’Ukraine des produits d’hygiène, de la nourriture, des vêtements ou encore du matériel médical grâce à la générosité des fidèles. La prière est donc secondée par les actes de charité.
Mère de Dieu et notre Mère, nous confions et consacrons solennellement à ton Cœur immaculé nous-mêmes, l’Église et l’humanité tout entière, en particulier la Russie et l’Ukraine. Accueille cet acte que nous accomplissons avec confiance et amour, fais que cesse la guerre, assure au monde la paix. Le « oui » qui a jailli de ton Cœur a ouvert les portes de l’histoire au Prince de la paix ; nous espérons que la paix viendra encore par ton Cœur. Nous te consacrons l’avenir de toute la famille humaine, les nécessités et les attentes des peuples, les angoisses et les espérances du monde. Extrait de l’Acte de consécration au Cœur immaculé de Marie par le pape François (25 mars 2022)
Chers lecteurs, nous sommes deux jeunes croyants qui nous adressons à vous afin de vous faire part de la joie et de l’espérance que nous avons en le mariage à l’Eglise !
Nous nous sommes rencontrés, il y a bientôt six ans, aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Cracovie et sommes toujours, à ce jour, en contact avec le groupe de jeunes avec lequel nous sommes partis. Aujourd’hui, nous souhaitons prononcer un OUI éclairé sous le regard de Dieu.
Qui sommes-nous, si novices dans cette aventure, pour témoigner au sujet du mariage ? Une chose est sûre, à défaut d’avoir de l’expérience, nous avons la profonde conviction que le mariage est intimement lié à Dieu. En effet, quelle plus grande folie que de se marier au XXIe siècle ?
Nous nous sommes rapidement rendu à l’évidence qu’il était possible de nous laisser submerger par l’ampleur de l’organisation matérielle du mariage et de passer à côté de l’Essentiel. C’est pourquoi nous avons tenu à rencontrer fréquemment le prêtre qui célébrera notre mariage, afin d’approfondir les ques-tions de fond liées au sacrement.
La question de liberté nous a rapidement taraudés en évoquant la notion d’engagement définitif. Est-ce que la notion d’engagement peut rimer avec celle de liberté ? Quelle place laisser à la liberté de chacun tout en s’engageant pleinement à deux ?
A l’ère de l’apologie de la liberté (parfois prônée comme la préservation de tous les possibles et/ou l’absence de contrainte), est-ce vraiment rationnel de s’engager dans un parcours à deux pour la vie ? Nous en sommes désormais profondément convaincus !
En effet, nous avons, de par notre préparation au mariage, appris à appréhender cette notion de liberté sous un tout autre regard. Et si la liberté ne correspondait pas à l’absence de choix mais plutôt à la possibilité de choisir le bien (de l’autre et de soi, dans une réelle réciprocité) ? Et si cette dernière correspondait à prendre une décision afin de se libérer de l’emprise des doutes ? Et si être « pleinement libre » ou « libéré », ne consistait pas, justement, à s’engager avec la ferme volonté de tout mettre en œuvre pour entretenir notre couple ?
Ainsi, nous en sommes arrivés à la conclusion que l’engagement pouvait être pleinement source de liberté plutôt que d’enfermement, pour autant qu’elle soit appréhendée telle que proposée ci-dessus, ce qui nous a réjouis. Car oui, c’est quand même drôlement plus beau de percevoir l’engagement ainsi.
Nous sommes conscients de la beauté, mais aussi des défis que comporte le chemin sur lequel nous souhaitons nous engager. Par analogie, écrire cet article peut sembler aisé, et pourtant, cet exercice nous a permis de nous rendre compte de la taille de l’engagement que nous allons prendre. En effet, comment faire pour que cet article ne présente pas deux visions superposées l’une à l’autre mais bien une seule découlant des deux et traduisant les idées de chacun ? Cette question s’apparente drôlement aux défis de la vie de couple, notamment de par les ajustements qu’elle implique. En ce sens, nous imaginons bien que l’aide et la grâce de Dieu, couplées à une communication soignée, sont donc bienvenues et indispensables dans ce projet de vie tellement fou !
Pour conclure, nous espérons de tout cœur que l’Eglise et les croyants sachent accueillir tous les couples dans leur diversité, quelque soit leur parcours, pour les guider au mieux dans leur chemin vers Dieu, afin que Son message puisse toucher le plus grand nombre.
Merci à tous pour vos exemples de longévité dans le mariage et en union de prière !
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