Faut-il se désoler de la baisse des mariages à l’église ?

De moins en moins de couples se marient à l’église. Beaucoup ne se sentent pas à l’aise dans un lieu qu’ils ne fréquentent plus. D’autres utilisent des organismes profanes pour penser la cérémonie. Faut-il se désoler de ce phénomène ou se réjouir d’un surcroît de vérité dans la démarche des jeunes chrétiens d’aujourd’hui ?

PAR CALIXTE DUBOSSON
PHOTOS : PXHERE, DR

« Ils disent « oui, pour toute la vie », mais ils ne savent pas ce qu’ils disent parce qu’ils ont une autre culture. » « Ils ont de la bonne volonté, mais n’ont pas la conscience de ce qu’est le sacrement de mariage. » « La crise du mariage est parce qu’on ne sait pas ce qu’est le sacrement, la beauté du sacrement. On ne sait pas qu’il est indissoluble, on ne sait pas que c’est pour toute la vie. » Trois constats d’un prêtre de paroisse ? Vous n’y êtes pas ! Ces propos ont été prononcés par le pape François en juin 2016. Cela a étonné plus d’un observateur, mais a rejoint nombre de prêtres et de diacres dans leur pastorale d’accompagnement des fiancés qui demandent un mariage à l’église. Il est bon dès lors d’essayer de cerner les causes d’une telle évolution.

Le mariage à la carte

Une église pas trop grande, une chapelle de montagne aux baies vitrées laissant apparaître un décor majestueux, un curé ouvert capable de répondre à leurs attentes… Loin de se cantonner aux seuls détails de la réception, des fleurs, faire-part et autres multiples minuties nuptiales pour un parfait déroulement de leur journée de mariage, les futurs époux font désormais preuve d’exigence marquée pour leur passage devant Dieu. Avec le règne du « consumérisme », regrettent les autorités ecclésiastiques, très nombreux sont ceux qui veulent « composer à la carte » leur cérémonie, privilégiant la « forme au fond ». Trop de couples ne pensent qu’au décorum au lieu de s’attacher au sens. « Le mariage à l’église », comme nos contemporains continuent à le nommer, est le fruit d’un entrelacs complexe de traditions, d’us et de coutumes. La nostalgie est souvent très présente, en témoigne par exemple le goût d’arriver à l’église en vieille voiture, dans un tram rétro ou encore dans une ancienne calèche. De plus, les habits des mariés permettent de dépasser leur condition sociale et leur
statut ordinaire pour devenir, aux yeux de tous les amis présents, les héros du jour.

Amour et convention

Le pasteur neuchâtelois Félix Moser fait une constatation intéressante pour comprendre l’attitude des personnes qui viennent demander un mariage à l’église. Il s’agit, dit-il, « du triomphe de l’amour-passion et de la dévalorisation de l’institution du mariage qui lui est corollaire. L’histoire des mentalités l’atteste : le mariage-passion est une invention tardive. Ainsi, les historiens s’accordent pour dire qu’au Moyen Age, en Europe, le mariage était avant tout une affaire qui relevait de l’arrangement social, de l’économie ; il répondait au désir de poursuivre une lignée et au besoin d’assurer une sécurité matérielle et sociale. Le passage de ces mariages de type social et conventionnel à des mariages d’amour s’est effectué lentement ». Les Eglises chrétiennes ont contribué à cette évolution en inscrivant dans leur liturgie que les mariages devaient être célébrés avec le consentement exprès des époux. Le catéchisme de l’Eglise catholique ne dit-il pas que « le consentement doit être un acte de la volonté de chacun des contractants, libre de violence ou de crainte grave externe. Aucun pouvoir humain ne peut se substituer à ce consentement. Si cette liberté manque, le mariage est invalide ». (CEC no 1626)

Motivations diverses

Laissons maintenant la parole aux premiers concernés. « Mon conjoint et moi nous marions en septembre, nous dit Isabelle. Nous avons décidé de célébrer une cérémonie civile, mais également une cérémonie religieuse à l’église de notre village. Nous avons choisi cette option par respect de la tradition familiale, mais aussi pour célébrer notre amour dans un cadre plus symbolique. » Une étudiante, alors que j’étais professeur au collège de l’Abbaye de Saint-Maurice, m’avait surpris. En effet, elle me confia qu’elle n’avait aucun contact avec une vie de foi et ignorait même s’il y avait une église dans son village. « Je veux me marier à l’église, dit-elle, parce que je rêve depuis toujours d’être la princesse d’un jour et surtout de pouvoir porter la robe blanche de mariage. » Plus profond certainement le témoignage de Francine : « Pour moi ça sera à l’église absolument. Personnellement, si je pouvais me passer du mariage civil, ça ne me dérangerait pas ! Je suis croyante et pratiquante donc pour moi, le mariage c’est créer sa famille auprès de Dieu. Par contre mon amoureux, lui, n’est « plus » croyant, malgré une éducation chrétienne. »

Un de mes confrères m’avait rapporté que lors d’un mariage dans le haut val de Bagnes, les amis du fiancé, connaissant son absence totale aux messes dominicales ou à tout autre service religieux, pensaient que sa présence au pied de l’autel relevait de l’hypocrisie ou au pire d’une séance de cinéma. Pourtant, au début de la célébration, le fiancé prit la parole : « Beaucoup parmi l’assemblée semblent rire sous cape en me voyant pour une fois à un office religieux. Si je le fais, c’est par amour pour ma fiancée qui ne pouvait pas envisager notre union sans la mettre entre les mains de Dieu ». L’atmosphère prit alors une tout autre tournure et cet accent de vérité mit tout le monde à l’aise.

Avec le règne du «consumérisme», nombreux veulent «composer à la carte» leur cérémonie privilégiant la «forme au fond».

Cérémonies laïques à la rescousse

Reste que le malaise est réel et beaucoup de mes confrères pourraient en témoigner : il est très pénible de célébrer un mariage à l’église où le couple et son entourage ne savent pas très bien où ils ont atterri tant ils sont devenus étrangers à force d’indifférence religieuse et d’ignorance des rites que leur Eglise propose. Ce qui fait dire au pasteur Félix Moser « qu’une des propriétés importantes du rite est d’être familier pour ceux qui le vivent. Or, ce n’est plus le cas pour les demandes de « mariage à l’église » aujourd’hui. Et le rite perd sa force et sa signification, si l’officiant doit expliquer à chaque fois ce qu’il est en train de faire ou si les participants doivent jeter des coups d’œil sur leurs voisins de droite et de gauche pour savoir ce qu’ils doivent faire. La majorité de nos contemporains sont désemparés devant les formes du rituel collectif et il est illusoire de vouloir célébrer des mariages comme si les codes et les conventions étaient connus ».

Voilà pourquoi beaucoup de jeunes se tournent aujourd’hui vers des cérémonies laïques. Il existe, en Valais et certainement ailleurs, des organisations qui répondent aux attentes de ceux et celles qui font appel à elles. Ce qui est proposé se passe de tout commentaire et l’on voit que la personne humaine est au centre d’un espace où Dieu est aux abonnés absents. Voici donc un extrait des prestations possibles : « Je vous propose une cérémonie sur mesure, construite avec et pour vous ; pour la simple raison que cette journée doit être synonyme de fraîcheur et d’authenticité. La cérémonie laïque correspond aux mariages mixtes, hétérosexuels, LGBTQ+, aux remariages, aux renouvellements de vœux ou aux anniversaires ! La cérémonie personnalisée s’adapte à vos envies, vos folies, vos origines, vos désirs, votre personnalité. Elle se crée sur mesure, pour tous les couples. »

La nostalgie est souvent très présente.

Pour conclure

Dans ce contexte où les jeunes se sentent plus à l’aise dans un endroit qu’ils ont choisi plutôt que dans une église qui ne leur parle pas, doit-on se désoler de cet état de fait ?

Non, si les actes posés sont plus vrais et plus authentiques. Par contre, nous pouvons nous désoler de ce que les baptisés ne prennent pas au sérieux leur vocation. Ils pourraient comprendre que le mariage est un sacrement, qu’il est un don de Dieu. Par là même, le Christ devient leur compagnon de route dans les bons et les mauvais moments et que ce même Seigneur les envoie en mission pour dire au monde que la fidélité est possible dans un monde dont les engagements sont à l’image d’une Start Up, c’est-à-dire pour environ dix ans au plus de vie commune. Ils pourraient envisager les enfants à naître non pas seulement comme un choix de couple, mais comme un accueil de la vie dont l’auteur n’est autre que le Créateur du ciel et de la terre.

Pour comprendre cela, il faut actualiser la foi reçue au baptême, mais « le Fils de l’homme, quand Il viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8).

Des mariages et des chiffres

Commentaire par Calixte dubosson

Il faut savoir que les cérémonies laïques ont un coût. Du côté de la société valaisanne évoquée ci-contre, elles peuvent être présidées par une personne de l’organisation ou par un major de table désigné par le couple. Dans ce second choix, il est proposé un workshop (une sorte de formation rapide) qui coûte Fr. 150.–. Il n’est pas mentionné combien coûte une cérémonie présidée par l’organisation, mais vu les heures mises à disposition, articuler un chiffre entre Fr. 1’000.– et Fr. 2’000.– ne semble pas exhaustif.

Les mariages à l’église sont nettement moins onéreux et pour la plupart gratuits (prêtre et église inclus). Si pour des raisons financières les jeunes revenaient se marier à l’église, ce serait tout aussi catastrophique que d’y venir sans conviction chrétienne, mais peut-être qu’ils comprendraient que notre Dieu est un Père qui donne gratuitement sans espérer en retour. Et ce serait un bon début d’évangélisation…

Festival Metanoia à Saint-Maurice

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour du jeune Gruyérien Jérémie Favre de prendre la plume.

PAR JÉRÉMIE FAVRE | PHOTOS : DR

Le festival souhaite être un lieu d’Eglise, de rencontre et de joie.

L’édition 2022

L’édition 2022 Metanoia accueillera cet été Sophia Kuby, philosophe allemande, le père Raphael Chilou, franciscain du Bronx, Tugdual Derville, fondateur de l’association d’activités avec les handicapés «A bras ouverts», le spectacle «Coming Out», qui raconte le parcours spirituel atypique de Mehdi Djaadi, un concert des Guetteurs, le père Daniel-Ange, Mgr Alain de Raemy, Carine Salomé, missionnaire sur des lieux de conflits internationaux, un grand concert le samedi soir, le pasteur Arnaud Bersier, de Vevey, Joseph Gotte, auteur et blogueur et Alexandre de Pablos, étudiant passionné d’évangélisation.

Metanoia est un festival qui a lieu du 11 au 17 juillet sur les terres du martyre de saint Maurice.

Proposant des temps de prière, de conférences, de spectacle, de sport et d’amitié à un public large (jeunes et familles), le festival souhaite être un lieu de rencontre et d’expérience de foi, en Eglise.

Découverte

Une semaine par an, la plaine des martyrs de Vérolliez, face à la dent de Morcles, laisse place à son habituelle quiétude pour accueillir des festivaliers venus de toute part, dont les tentes multicolores poussent au milieu des champs.

La journée commence avec les laudes, pour les plus matinaux, puis plusieurs conférences sont proposées : témoignage, engagement dans la société, vulnérabilité, vie de couple, mission… La messe est célébrée chaque jour.

L’après-midi, une trentaine d’ateliers sportifs, culturels ou artistiques sont proposés à la carte : escalade, randonnée en montagne, kayak, chant, artisanat, visite de l’abbaye, discussions autour d’un intervenant… Des temps spécifiques sont également prévus pour les couples.

En soirée, après un spectacle ou un concert, une grande veillée de prière sous les étoiles est un temps de rencontre privilégié avec le Christ. Des prêtres issus de divers diocèses et communautés sont présents pour des confessions ou des temps d’écoute. Les nuits finissent tard, après des discussions animées au bar.

Le festival souhaite être un lieu d’Eglise, de rencontre et de joie. Il accueille un public large (jeunes, adultes, couples avec ou sans enfants), de tous horizons (de Suisse romande, Belgique, France et Allemagne).

Jérémie Favre

La colombe cache bien son jeu

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Alors que l’épisode de la tour de Babel a dispersé les individus à travers le monde faute de se comprendre, la Pentecôte marque le mouvement inverse. Le monde d’alors doit ce prodige à la venue du Saint-Esprit. Symbolisé par une colombe, il est de tradition de déguster à cette occasion un gâteau porte-bonheur.

Couronnement du temps pascal, la Pentecôte commémore le don du Saint-Esprit aux apôtres cinquante jours après Pâques. On entend souvent dire que la Pentecôte est un «anti-Babel». Selon les Ecritures, au moment de l’épisode de la tour de Babel, les hommes ont été dispersés par la confusion linguistique (Genèse 11, 1-9), tandis qu’à la Pentecôte, l’Esprit Saint les a réunifiés par le don des langues (Actes, 2). Signe de l’universalité de l’Eglise, cet événement est aussi compris comme le point de départ de la mission évangélisatrice de l’Eglise animée et soutenue par l’Esprit Saint.

La Pentecôte a officiellement été fêtée à partir du concile d’Elvire, vers 300. A partir de la fin du IVe siècle, sa veillée nocturne était marquée, comme à Pâques, par des baptêmes. La semaine qui suivait, attestée au VIIe siècle, per- mettait de catéchiser les nouveaux baptisés. Au milieu du Moyen Age, dans plusieurs cathédrales d’Ile-de-France, de Normandie et de Provence, des tourterelles et des pigeons symbolisant l’Esprit Saint voltigeaient sous les voûtes.

L’oiseau a inspiré quelques spécialités culinaires propres à la Pentecôte, telles que le Colombier. A

l’époque contemporaine, l’usage d’une fève, en forme d’oiseau blanc aux ailes déployées, cachée dans un gâteau du même nom est attesté lors du repas de Pentecôte. Mais la naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire. Quant à la symbolique de la blanche colombe porteuse de pureté, d’innocence, d’amour ou encore de paix, la zoologie en dresse un autre portrait. La dénomination de «colombe» est, en réalité, un terme générique désignant une famille d’environ 200 espèces…dont aucune n’est blanche. Après cette révélation, le pigeon fait moins grise mine et le corbeau peut médire l’âme en paix…

Recette: Le Colombier de Pentecôte

Temps de préparationTemps d’attentePortions
30 minutes45 minutes8

Ingrédients

Les fruits confits (130 g) à incorporer à la préparation doivent être marinés 12 heures avant dans une bonne rasade de Grand-Marnier, de Cointreau, voire même de Kirsch.

  • 225 g de pâte d’amandes ou massepain
  • 3 œufs
  • 20 g de farine
  • 20 g de fécule
  • 65 g de beurre fondu tiède
  • 150 g d’amandes effilées
  • 130 g de fruits confits marinés au Grand-Marnier (12 heures)
  • 1 moule à tourte ou à manqué d’environ 20 cm

Pour le glaçage:

  • 175 g de sucre glace
  • 2 à 3 cuillères à soupes d’eau chaude (ou à parts égales eau et ligueur de la « marinade » des fruits confits)

La naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire.

Préparation

  1. Déposer la pâte d’amandes dans la cuve du batteur ou un bol. Travailler au fouet puis ajouter un par un les 3 œufs entiers. Mélanger durant 5 minutes.
  2. Incorporer délicatement la farine et la fécule tamisées.
  3. Ajouter le beurre fondu tiède.
  4. Egoutter les fruits confits (conserver la liqueur pour le glaçage), les fariner légèrement et les ajouter à la préparation.
  5. Beurrer généreusement un moule à tourte. Chemiser les bords du moule d’amandes effilées, puis y verser l’appareil.
  6. Cuire dans un four préchauffé à 170° C pendant 25 minutes environ. Vérifier la coloration du gâteau et adapter le temps de cuisson en fonction.
  7. Démouler le gâteau et y introduire une fève (une colombe en porcelaine, si vous en avez une!) puis le laisser refroidir sur une grille.
  8. Glacer le dessus du gâteau avec le mélange de sucre glace-eau (ou de sucre glace-eau-liqueur) et décorer avec des fruits confits.

Dans les évangiles

Voilà revenu le temps du jardin, des heures de travail patient, des jours où nous trouvons le bonheur et l’apaisement dans le soin donné à la terre, qui elle-même parle à notre âme… les images se croisent et nourrissent l’esprit…

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR

Dans les évangiles, il y a des fleurs bien habillées et du blé en épi d’une variété très productive, qui a poussé dans une bonne terre…

Dans les évangiles, il y a des vignes qu’on chérit ou qu’on laisse à l’abandon, des figuiers qui parfois ne produisent rien, et des plantes qui poussent si bien que les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid…

Dans les évangiles, il y a de la vermine, de la mauvaise herbe, des ronces et même des brigands qui abîment les clôtures…

Dans les évangiles, il y a des journées de travail harassantes, d’autres qui commencent au beau milieu de l’après-midi, de la patience, de la poussière, et la satisfaction dangereuse d’avoir les greniers pleins à craquer…

Dans les évangiles, il y a une nature qui nourrit, des épis arrachés et froissés un jour de Sabbat, et le fruit du figuier qui s’offre peut-être enfin, au-delà du récit…

Dans les évangiles, il y a des chemins parcourus en tous sens, des chemins qui mènent à la Vie, une vie qui est Le Chemin…

Dans les évangiles, il y des sources, des puits, de la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir abreuvé la terre…

Dans notre nature, nos champs, nos jardins, il y a toute la Bonne Nouvelle et ses paraboles, la vie à protéger comme on protège les plus petits, la croissance malgré tout, même dans l’adversité, et l’émerveillement de voir la pousse fragile et têtue, soulever la terre et frémir dans le vent…

Dans notre nature, nos jardins, nos vies, il y a tout l’amour du jardinier, parfois penché vers la terre, parfois debout et méconnaissable, jusqu’au moment mystérieux où il prononce notre nom…

Les visagesde l’Eglise

Pour renforcer le sentiment de communauté et, peut-être, agir comme un remède
aux épreuves que certaines personnes traversent, la Pastorale de la santé est présente dans les milieux de santé et de vie pour répondre aux besoins spirituels.
Ces accompagnements offrent la possibilité d’aller puiser les ressources nécessaires
pour affronter une nouvelle étape de vie.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : PASTORALE DE LA SANTÉ

« L’accompagnement spirituel, pour moi, c’est oser se laisser rejoindre par l’autre dans sa propre vulnérabilité comme " Jésus et la samaritaine au bord du puits de Jacob ", d’humain à humain par la nourriture commune de la parole de Dieu ou pas. Ensemble accompagner " le souffle de vie ", le don gratuit de Dieu », témoigne Ami Satchi. Elle est l’une des nouvelles Référentes Régionales Santé (RRS) qui officient au sein de plusieurs EMS genevois. Depuis septembre 2020, ces nouveaux engagements sont venus renforcer l’équipe de bénévoles et d’aumôniers de la Pastorale de la santé. Ils visent à développer encore l’accompagnement spirituel prodigué dans différents lieux d’hospitalisation et de vie.

« La Pastorale de la santé est un grand et dynamique service de l’Eglise Catholique romaine à Genève. Il offre présence, soutien, accompagnement spirituel dans le respect de la personne fragilisée par la maladie ou la vieillesse », détaille Cathy Espy-Ruf, sa responsable. « Sans le concours d’une équipe compétente et expérimentée, les milliers de visites auprès de patients des HUG et de résidents des EMS, les nombreuses messes, célébrations œcuméniques, sacrements, cérémonies du souvenir ou encore funérailles, ne pourraient pas avoir lieu », rappelle-elle également. Les aumôneries œuvrent avec un vrai souci d’œcuménique, dans le respect des convictions de la personne rencontrée et dans un dialogue interreligieux.

Une collaboration soutenue avec le personnel soignant permet d’identifier plus aisément les souffrances morales et spirituelles. Des outils sont mis à disposition des aumôniers et des soignants permettant d’intervenir de la manière la plus appropriée. Deux petites brochures ont, par exemple, été publiées. L’une pour aider le personnel hospitalier à comprendre ce qu’est l’accompagnement spirituel et lui expliquer qu’il n’est pas exclusivement dévolu aux aumôneries, l’autre fournit des indications au sujet de dix-sept confessions chrétiennes et non chrétiennes en matière de pratique religieuse et de soins.

Au service, mais comment ?

Une chose que la Pastorale de la santé accomplit et dont on ne se rend pas compte ?

Cathy Espy-Ruf : On est présents et je pense que les gens ne réalisent pas le nombre de prestations que nous accomplissons. Nous sommes également en lien avec les paroisses au cœur de ce volet

de diaconie. Je remercie vraiment le vicariat de nous donner les moyens d’être sur le terrain.

Toute l’équipe de bénévoles, aumôniers et RRS est motivée. Leurs compétences, ainsi que la diversité de leurs personnalités offrent des prestations de qualités. Je considère toutes ces personnes comme les visages de l’Eglise.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?

CER : Le nombre de personnes qui sont rencontrées dans un moment de fragilité lié à une hospitalisation ou une entrée en EMS est considérable. Cela représente des milliers de visites ! Il y a aussi l’accompagnement des familles, parfois jusqu’aux funérailles. Je pense que nous sommes vraiment un service en interface avec la société, car tout le monde un jour ou l’autre est concerné par la santé, ou sa perte partielle. Nous avons aussi un rôle très important à jouer au niveau social. La santé fait partie des questionnements existentiels. On s’interroge souvent sur la vie et son sens au moment d’un problème de santé.

Faire partie des « meubles » ?

Clocher de l’église de Martigny-Croix.

Le chanoine Klaus Sarbach réagit à sa façon au thème du dossier romand, au centre de votre Magazine, et qui traite du patrimoine immobilier de l’Eglise.

PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : DANIEL TORNAY

Depuis le début de ma vie religieuse, j’ai vécu, par saccades, durant 21 ans en Octodure. Puis-je pour autant affirmer que, pour les martignerains, je fais partie des « meubles » de la Cité ?

« Meuble ? » Oui, dans le sens que la parole est « meuble » c’est-à-dire « mobile » ; qu’elle peut bouger, être déplacée, changer, être utilisée pour différents services. Ainsi, en 47 ans de sacerdoce, j’espère avoir été « utile » dans douze paroisses et trois hospices, en deux pays, en trois langues, en plaine et en montagne… et de pouvoir encore être utile comme « vicaire grand-père » !

Partout, j’étais bien dans ma peau parce que partout je me suis senti « chez moi », dans « ma maison », accueilli par des frères et des sœurs, par des amis de Jésus. J’étais dans mes « meubles » que sont les activités sacerdotales différentes, complémentaires et enrichissantes.

« Immeuble ? » C’est-à-dire que l’on ne peut pas bouger ? Un immeuble est un bâtiment au service de tous qui offre une sécurité, une chaleur, une solidarité, une vie partagée que ce soit en des jours de soleil ou de pluie. L’immeuble « Eglise » a des racines invisibles qui lui fournissent l’eau qui nous nourrit et qui nous purifie ; la sève invisible qui lui apporte les forces de vie qui viennent du Créateur et que nous appelons la foi, l’espérance et la charité.

« Patrimoine ? » Le patrimoine, ce sont des choses et des valeurs que nous n’avons pas fabriquées nous-mêmes, mais que nous héritons gratuitement de Dieu et de nos « pères » (au sens d’ancêtres) dans la vie et dans la foi. L’immeuble « église » n’est donc pas un « musée mort » mais est le lieu où l’on peut trouver ce qui est nécessaire pour se maintenir en vie et maintenir debout l’Eglise de Jésus, la Maison de toutes les filles et de tous les fils du Père. L’église – immeuble visible – devient donc un « meuble vivant » et nourrissant par l’amour que les habitants accueillent régulièrement du Père et partagent entre eux selon les besoins de chacun. Alors, quand nous disons : « je fréquente l’église », nous faisons davantage que le devoir dominical : nous expérimentons cette phrase d’une personne anonyme : « Le charme d’une maison ce sont les amis qui la fréquentent. »

Le patrimoine paroissial

La cité médiévale de Romont possède un riche patrimoine d’art religieux. On peut penser à sa célèbre Collégiale dotée de magnifiques vitraux qui témoignent en style, les diverses époques de la vie religieuse en ces lieux. Durant l’année, de nombreuses visites guidées sont organisées en lien avec le Vitromusée de la ville. Aujourd’hui encore, la pastorale se poursuit dans ces vénérables bâtiments chargés d’histoire. Pour ce qui est de la Collégiale, il a fallu des réadaptations pour mener à bien la vie liturgique dans l’esprit de Vatican II.
Des transformations ont été nécessaires. Il revient donc au Conseil de paroisse de veiller à ces transformations et à l’entretien de ces bâtiments qui, à Romont, sont quasi tous classés monuments historiques. Ainsi, nous proposons quelques questions au président du Conseil de paroisse M. Benoît Chobaz.

PROPOS RECUEILLIS PAR
L’ABBÉ MARTIAL PYTHON | PHOTOS : BENOÎT CHOBAZ, DOMINIQUE AYER

Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre responsabilité quant à la gestion de ce patrimoine ?

En consultant les Statuts des corporations ecclésiastiques catholiques du canton de Fribourg, parmi les tâches et responsabilités qui sont attribuées au Conseil de paroisse, deux font directement référence au patrimoine paroissial : gérer les biens paroissiaux (art. 32 al. 2 let b) et constituer des archives et veiller à leur conservation et à leur gestion (art. 32 al. 2 let. h).

L’ampleur de la tâche des Conseils de paroisse qui se succèdent dépend, d’une part, de la richesse patrimoniale de la paroisse ; celle de Romont est justement dépositaire d’une histoire et d’un patrimoine hors du commun. D’autre part, la grandeur de la tâche dépend du dynamisme des conseillers en cours de législature, des projets qu’ils rêvent de réaliser et qu’ils portent à maturité.

L’aventure commence toujours par des personnes passionnées et convaincues du projet à réaliser, par des conseillers / ères qui y croient et qui osent se lancer parfois contre vents et marées.

Pour illustrer ces propos, parlons de Notre-Dame de l’Assomption, cette belle dame qui demande beaucoup de soin ! De 1976 à 2011, il a fallu 35 ans et 14 étapes de rénovation pour lui redonner son aspect extérieur actuel sous la direction de l’architecte romontois Aloïs Page. Ensuite, s’est enchaînée la rénovation intérieure avec la mise en place d’un nouveau chauffage sous la baguette de l’Atelier d’architectes Antoine Vianin, puis la rénovation de l’orgue de la Collégiale par les soins de la manufacture d’orgues alsacienne Quentin Blumenroeder. Finalement, l’assemblée de paroisse vient d’accepter, il y a un mois, une dernière étape de rénovation des façades extérieures et un rafraîchissement global des pierres soumises aux constantes intempéries.

Si la Collégiale est le joyau de la ville de Romont, le patrimoine paroissial s’étend au-delà de ce majestueux édifice religieux. Il suffit de penser aux bâtiments de la Maison Saint-Charles, construits en partie au XIXe siècle et dans un deuxième temps à partir de 1928 par l’architecte Ferdinand Duma, qui abritent un véritable bijou artistique, la chapelle dédiée à saint Charles Borromée, embellie par des artistes célèbres tels qu’Alexandre Cingria, Gaston Favarel et Marcel Feuillat.

Actuellement, des études sont élaborées pour une rénovation du site de Saint-Charles. Une première étape est déjà en cours avec les travaux de restauration des peintures de Ferdinand Dumas dans certains locaux de l’aile de 1928.

La bibliothèque du clergé et les archives paroissiales représentent également une mémoire historique remarquable, qui s’étend du Moyen-Age au vingtième siècle. Durant dix ans, le Conseil de paroisse a défendu, fait mettre en valeur et cataloguer ses archives et sa bibliothèque du clergé par Florian Defferrard de la maison Passeurs d’archives. Le conseil a également soutenu l’édition de son livre « Des clercs et des livres. Le catalogue de la bibliothèque du clergé de Romont (1478-1900) ». Ce fonds contient des documents concernant le temporel de l’Eglise de Romont et les activités de son clergé. S’y retrouvent aussi les séries concernant les cures dépendant du Clergé de Romont telles que Cudrefin, Attalens, Siviriez et Villaz-Saint-Pierre. Ce travail de recensement et de catalogage met en lumière plus de 1’000 parchemins, 1’189 papiers, 300 cahiers et 146 registres.

La paroisse de Romont est également propriétaire de la cure à la rue de l’Eglise, également monument protégé, d’une ferme au pied de la cité et de nombreuses parcelles de terrain, en particulier sur le versant côté Alpes de notre colline ronde. L’entretien et la gestion de ces immeubles est également sous la responsabilité du Conseil de paroisse.

Comme président de paroisse, il faut parfois être un chef d’orchestre pour coordonner les projets, pour rassembler les bonnes compétences, pour constituer des dossiers, prendre les bonnes décisions collégiales avec le Conseil de paroisse. On y apprend la polyvalence, on y acquiert beaucoup d’expériences. Pour réaliser ces projets et ces tâches, le conseil est en lien avec des mandataires (architectes, ingénieurs), avec de nombreux corps de métier, avec des services financiers et juridiques, avec les services de l’Etat, avec la corporation ecclésiastique, avec des experts, etc.

Mais la conservation du patrimoine ne s’arrête pas à la conservation des pierres et des vieux documents. Les chrétiens sont des pierres vivantes, c’est le patrimoine le plus précieux de l’Eglise.

Certes, des traces remarquables sont inscrites dans le patrimoine architectural et dans celui des archives de la paroisse. Cependant, la vie communautaire ne s’arrête pas au passé, le présent est lui aussi pétri de croyances et de traditions vivantes ancrées dans l’histoire des croyants. Pensons à la procession des pleureuses, aux liturgies, au chant choral, aux fidèles venant prier à Notre-Dame du Portail, à la procession de Notre-Dame de Fatima et tant d’autres événements qui scandent aujourd’hui encore la vie romontoise et manifestent que les femmes et les hommes ont toujours les mêmes aspirations transcendantes, les mêmes préoccupations humaines face à la vie, la même espérance face à la maladie et à la mort. Le Conseil de paroisse est responsable des conditions matérielles pour que cette foi puisse se vivre et s’incarner selon la tradition de l’Eglise.

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres concernant l’entretien de ces bâtiments ?

Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’être interpellé par des paroissiens / nes et même des professionnels / elles engagés dans l’Eglise qui me reprochaient de dépenser des millions pour la rénovation des pierres : « Vous ne faites rien pour la pastorale. » Ce à quoi, je rétorque toujours : « Venez aux Assemblées de paroisse pour vous opposer démocratiquement aux investissements liés aux bâtiments, et prendre conscience, peut-être par vous-mêmes, que votre affirmation n’est pas tout à fait correcte. » Il faut se rendre compte qu’investir, c’est s’enrichir !

Les travaux de rénovation extérieure de la collégiale de 1976 à 2011 ont coûté
Fr. 6’160’000.–. Les travaux de rénovation intérieure et pose d’un nouveau chauffage en 2017-2018 s’élèvent à un montant total de Fr. 2’100’000.–. Le catalogage des archives et leur mise en valeur ont été réalisés pour un montant total de Fr. 150’000.–, réparti sur dix années de travaux.

Lors de gros projets tels que ceux-ci, la paroisse fait appel habituellement à des emprunts. La paroisse, au 31 décembre 2021, est endettée pour un montant de
Fr. 2’200’000.–. Elle paie des intérêts et des amortissements financiers pour un montant global de Fr. 91’000.– par année.

Les charges des comptes 2021 s’élevant à Fr. 1’340’000.–, les charges liées aux investissements décrits ci-dessus représentent donc 6.8% des charges de la paroisse en 2021.

D’une façon globale, les charges pour les assemblées, les conseils, l’administration, les salaires et l’entretien de tous nos bâtiments se montent à 50% des charges des comptes annuels, l’autre 50% est utilisé pour honorer les frais de culte, de célébrations, du ministère pastoral et d’entraide.

Rencontrez-vous de la satisfaction dans l’exercice de cette fonction ?

Prendre la présidence d’une telle paroisse a été et est encore un labeur, un grand et beau défi. Dès lors, il y a naturellement de grandes satisfactions. Parfois même, l’expérience est grisante. Je pense au jour de la bénédiction de l’orgue après sa rénovation. A cet instant, vous vous souvenez de toutes les étapes qu’il a fallu traverser pour arriver à ce jour, à l’énergie mise à convaincre, à toutes les séances ardues, aux devis à défendre et surtout à tenir, aux problèmes administratifs et juridiques réglés, à tous les procès-verbaux interminables à composer et relire, à toutes les coordinations nécessaires, à tous les doutes qu’il a fallu dépasser, à tous les problèmes qui ont trouvé une solution, et surtout au florilège des belles personnes et à leurs compétences qui ont contribué à une telle réussite. Finalement, telle une pièce de musique, chaque note a trouvé sa place pour créer et découvrir l’harmonie. A ce moment, vous êtes très satisfaits, fiers d’avoir servi !

 

Jeux, jeunes et humour – juin 2022

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi y a-t-il des militaires à la Fête-Dieu ?
La Fête-Dieu a été instituée au XIIIe siècle seulement, à une époque où il convenait de rappeler la présence réelle du corps du Christ dans l’hostie. Pour marquer cela, de grandes processions sont organisées où le prêtre porte l’hostie dans un ostensoir. Très vite, militaires, gardes suisses ou grenadiers y ont participé en signe d’hommage et de protection offerte à Jésus. La Fête-Dieu, en associant les autorités politiques et militaires, nous rappelle que la religion n’est pas qu’une affaire privée.

par Pascal Ortelli

Humour

Un grand footballeur aborde son curé au sortir de l’office et lui pose cette question : 
– Mon Père, y a-t-il des matches de foot au Paradis ?
– Question délicate que je soumettrai au Seigneur dans ma prière.
Le dimanche suivant, le curé apporte la réponse. Il est quelque peu contrarié.
– J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.
– Commencez par la bonne, M. le Curé.
– Il y a en effet des matches tous les dimanches au Paradis.
– Et la mauvaise ?
– Vous jouez dimanche prochain !

par Calixte Dubosson

La primauté des saveurs

L’anagramme de saveur est « sauver ». La saveur est ce qui nous sauve. Sans saveur nous sommes perdus. Si nous méprisons le réel, au final, nous perdons la saveur qui fait notre vie. La Bible fait référence à la saveur : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi va-t-on le saler ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. » (Mt 5, 13) En tant qu’êtres humains créés par Dieu, partageons la saveur du sel de la Parole vivifiante.

TEXTE ET PHOTO PAR OLIVIER TARAMARCAZ

Le bol des saveurs. Théodore Monod, le grand explorateur, a cherché une expression capable de traduire en quelques mots son rapport au monde. Il nous livre trois mots simples : « Nul pouvoir, un peu de savoir, beaucoup de saveurs. » L’ami des déserts a bien pointé trois enjeux formulés dans cette simple triade, prenant soin de les positionner dans un ordre choisi. La nuance est marquée en particulier par le choix d’un mot, faisant écho à la métaphore du jardin : les saveurs. Savourer est un verbe qui semble n’avoir que peu de place dans l’échelle de nos considérations. Pourtant, le savoir et la sagesse sont intrinsèquement associés aux saveurs. Le savoir contient la même racine que la saveur. « sapere », « avoir de la saveur », est utilisé pour parler des choses ; « avoir du goût, du discernement », fait référence aux personnes. La saveur contient le germe d’un savoir, une forme de connaissance liée à l’expérience. La Bible n’est pas un livre qui fait l’éloge du savoir pour lui-même. La Bible est le Livre de l’expérience, de la connaissance du Dieu personnel, le Livre du discernement, le Livre du bon goût du réel, le Livre des saveurs : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. » (Gn 1, 31) Il y a pourtant un risque à prendre au sérieux, si nous nous arrêtons au carrefour de la triade proposée par Théodore Monod. En renversant son propos, nous aboutissons à cette formulation : « Nulle saveur, un peu de savoir, beaucoup de pouvoir ». Ce sont les mêmes mots, placés différemment, et ce n’est plus le même monde. La question se pose dans chaque situation, de discerner si le savoir est au service des saveurs ou au service du pouvoir.

Chercher le « la ». Je me souviens d’une histoire au sujet du roi de Siam. Un jour, il se rendit à un concert avec des amis. A la fin, l’un d’eux lui demanda : « Est-ce que cela vous a plu ? »« Oui », répondit le roi de Siam. Son interlocuteur lui adressa encore cette question : « Quelle partie vous a le plus touché ? » Le roi répondit : « Le plus émouvant pour moi a été d’assister au moment où les instruments s’accordent entre eux. » Certains experts en gestion du temps auraient peut-être proposé de supprimer ce moment, le considérant comme non nécessaire. De quelle manière, dans nos relations, donnons-nous un réel espace à la recherche du « la » ? Sans ce temps « perdu », durant lequel nous nous accordons, que peut-on attendre des mouvements suivants ? Ce qui est au début se retrouve généralement dans tout ce qui suit jusqu’à la fin.

Dans la vie chrétienne, la recherche de l’accord se réalise dans la prière, dans la méditation de la Parole, dans l’écoute de la voix du Père. Prendre le temps d’écouter le message libérateur de la Bible, se relier au Souffle de vie de l’Esprit de Dieu, c’est chercher le « la » de sa vie, le « la » qui donne sens à chacun de mes choix, de mes engagements. Il est de bon ton aujourd’hui, de faire des choix, sans considération de la Parole de Dieu, sans chercher à s’y accorder, sans désir de s’approcher de notre Créateur. Le Seigneur, pour sa part, désire me faire découvrir la saveur authentique de la vie accordée au « la » de la Parole qui porte le réel. En négligeant d’accorder une place à mon Créateur, mon identité risque de se désaccorder dans une spirale de déconstruction progressive de ma personnalité.

Une vie relationnelle.Au cœur de la vie est la relation. Il n’y a pas de vie réelle sans relation. Me tenir à l’écart du Dieu relationnel, du Dieu personnel qui m’aime, qui m’a créé pour être en relation, produit un écart dans mon être intérieur, une division, une fracture. Notre temps contemporain illustre cette brisure, ce désaccord. Quelque chose sonne faux. Cette fissure ne peut pas être comblée par des paroles en carton, par des masques. Mon autojustification s’appuyant sur la rhétorique de la satisfaction et du bien-être, perçu comme bien ultime, pourra, au mieux, réduire momentanément le poids d’une identité marquée par la séparation qui a pris place dans mon cœur et dans mon esprit.

La foi chrétienne est d’abord relationnelle. Elle se conjugue selon les mêmes nuances que les saveurs premières de Théodore Monod ; avec la même attention que celle portée par le roi de Siam, à la recherche du « la » ; avec le même souci d’accueillir le souffle de la Parole de Vie. Si j’écrase une fleur, elle répond seulement par ce qui constitue sa nature : en offrant son parfum. Si je méprise la Parole de Dieu, si je rejette le Sauveur, Jésus me répond encore par un regard bienveillant, m’invitant à venir à lui, à goûter la joie de sa présence, à le connaître. Au final, le Ressuscité nous invite à discerner quelles saveurs nous portons réellement par notre vie. Il nous propose de considérer quel parfum nous répandons par notre être au monde. Alors, il nous revient de répondre à la question que Dieu nous pose, comme il l’a posée à Adam et à Eve : « Où es-tu ? » ; « Que fais-tu de la vie que je t’ai donnée ? » Jésus te dit : « Viens, suis-moi. » (Mc 10, 21)

En librairie – juin 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Jésus revient… en Suisse
Philippe Le Bé

Ce 8 novembre 2024, personne ne l’attend. Discrètement, Jésus a choisi la Suisse pour un retour sur notre planète, toujours plus chamboulée par des pandémies qui n’en finissent pas, un climat qui se détraque et une biodiversité qui s’effondre. L’Envoyé a quelques semaines pour dénicher douze nouveaux disciples, de Genève au Jura, qui pourront témoigner qu’un autre monde est possible sur Terre.

Editions Cabedita

Acheter pour 29.00 CHF

Décoder un tableau religieux (Nouveau Testament)
Eliane et Régis Burnet

Comment différencier une Annonciation d’une Assomption ? Que signifie le bleu du manteau de la Vierge Marie ? Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils représenté le Christ sous la figure d’un berger ? Nous sommes entourés de tableaux religieux, mais savons-nous encore les lire. A partir d’éléments facilement reconnaissables – un ange à genoux, une corbeille de pain ou une barque de pêcheurs –, Eliane et Régis Burnet élaborent une grille d’identification des épisodes de l’Evangile et décodent pour nous les symboles du christianisme. Sans dogmatisme ni a priori, ce guide offre les clés de lecture indispensables pour apprécier les plus belles œuvres de notre patrimoine.

Editions Cerf

Acheter pour 49.30 CHF

Père Jacques Sevin
Thierry Martinet

Toujours la tête dans les nuages, le petit Jacques grandit à l’aube du XXe siècle. Deux rencontres vont sceller le destin de ce jeune élève, turbulent et artiste, d’un collège jésuite : d’abord sa rencontre avec Jésus, qui guidera son chemin spirituel, puis sa rencontre avec Baden-Powell, l’inventeur du scoutisme en Angleterre. Il met toutes ses qualités au service des jeunes : pédagogie, enseignement biblique, animation, chanson, écriture, peinture, sculpture. Il est l’homme de toutes les situations, toujours en mouvement pour aller à la rencontre de l’autre. Il a marqué durablement ceux qui ont croisé sa route, par sa profonde intelligence et sa grande humilité. Cette BD vous le fera découvrir.

Editions Plein Vent

Acheter pour 24.70 CHF

L’évangile dans le sable
Mgr Jean-Claude Boulanger

Le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à Tamanrasset. Sa mort parle plus que toute sa vie. Non loin de son corps recroquevillé se trouvent à même le sable, l’Hostie que Frère Charles a tant contemplée et l’Evangile qu’il a tant médité.
Mgr Boulanger relit la vie de Frère Charles à la lumière de cet événement. Celui qui sera canonisé à Rome le 15 mai 2022, par sa pauvreté, sa douceur, son désir de paix et de fraternité, son acceptation de la souffrance et de la persécution, est devenu l’homme des Béatitudes, le Frère universel.

Editions Artège

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Pour commander

« Ma peinture, mon destin, ma vie » : rencontre avec Laurence Bender

Laurence Bender est artiste peintre. Les mots prudents qu’elle emploie pour parler de sa peinture sont comme des phares qui jalonnent une côte déchirée. Sa peinture, c’est sa vocation, son destin, sa vie. Cet univers intérieur à partir duquel elle s’exprime et qui relie l’art et la spiritualité, lui colle à la peau depuis son plus jeune âge. Le 15 avril dernier, elle a présenté à l’église de Martigny-Ville, lors de la célébration de la Passion, les quatorze stations d’un Chemin de Croix qu’elle a mis près de deux ans à réaliser.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY
PHOTOS : DR

Née en 1966 à Fully, elle suit d’abord une formation d’architecte d’intérieur – un joli clin D’Yeux – et travaille sept ans durant à Lausanne comme guillocheuse 1. Durant cette période, elle se questionne profondément sur le sens de son existence. Finalement, elle fait le choix résolu de quitter la sécurité liée à cet emploi pour ouvrir, en janvier 2003, un atelier de peinture à la rue d’Octodure à Martigny.

Un véritable accouchement. « Ce chemin de Croix m’a été dicté à partir de plusieurs lieux sources comme Saillon ou Longeborgne. Dès le début, je me suis dit que je prendrai tout le temps nécessaire pour mener jusqu’au bout ce travail. Ça été un combat pour aboutir : un véritable accouchement. J’ai voulu laisser vivre chaque station dans le temps qui était le mien. En peignant Simon de Cyrène, Véronique ou Marie, j’ai eu affaire tour à tour symboliquement à eux dans ma vie quotidienne : j’ai eu besoin de l’aide d’un ami (S. de Cyrène) ; l’image que je me faisais de mon travail a évolué (Véronique). Et ma relation avec ma propre mère a été transformée… »

Une œuvre : un souffle. « Il ne s’agit pas de quatorze œuvres mais d’une seule, d’un ensemble cohérent. Et aujourd’hui, c’est l’alléluia ! L’aboutissement est là. Je souhaitais que ce travail bouge et soit vivant, c’est pour cela que j’ai conçu des bannières qui bougent et peuvent flotter au vent. Que l’on soit croyant ou pas, je crois qu’on peut être touché par mon travail à travers plusieurs dimensions de la vie. »

Suivre les rythmes. « Pour peindre, il me faut un silence monastique et beaucoup de temps. Je suis sensible aux rythmes. En effet, il y a un temps donné pour travailler et un temps donné pour laisser monter le souffle et il me faut respecter ces rythmes en profondeur. Ma peinture a elle aussi un rythme et il me faut suivre ses propres rythmes. Quand je peins, je suis à fleur de peau. Ce travail m’a emmenée vers davantage de patience et de persévérance. Comme je suis assez dispersée, j’ai dû me battre pour toujours me recentrer. »

Laisser l’élan réaliser ce qui doit. « A proprement parler, ce n’est pas moi qui peins. Je laisse monter en moi, dans mes mains, une force qui me met en mouvement et ça, c’est parfait ! Parfois, je cherche à rectifier cet élan, alors là, je peste contre moi-même ! Comment vais-je améliorer ce qui est monté si parfaitement en moi jusque sur le papier ? Pour moi peindre, c’est être dans la démaîtrise complète. C’est laisser faire : ressentir et laisser. Je crois à ma peinture, car c’est ma vie, mon destin. C’est parfait ! »

Dieu comme un espace pour faire exister. « Des amis m’ont dit : « Tu as vu ce que tu as fait là ? » Je réponds non, car je ne suis qu’une part de mon travail. Je peins par Dieu et à travers lui. Est-ce je sais peindre ou pas ? Je n’en sais rien. Dieu, je le sens comme un espace. Il est fort, invisible, bienveillant et juste. C’est une confiance intime. Je ne le vois pas comme un père ou comme une personne incarnée. Dieu est entre l’inspir et l’expir : un lieu paradoxal et vide. Un lieu où l’âme peut s’exprimer. »

Laisser son travail être vu. « Laisser voir son travail, c’est une petite mort. Alors que j’ai passé près de deux ans dans une intimité totale avec mon travail, au vernissage, je l’abandonne tout d’un coup aux regards d’autrui. Ce n’est pas facile de le laisser aller au jugement des autres. C’est une mise au monde, une mise aux regards qui fait que mon travail m’échappe complètement.

C’est là que je m’aperçois qu’il n’existe que par le biais des multiples regards (et des ressentis) qui seront posés sur lui. C’est ainsi que mon ouvrage sera toujours vivant… car il n’est pas entièrement dépendant de moi. C’est cette part de l’ouvrage qui est plus grande que moi que je peux nommer Dieu, Lumière ou même l’Essentiel »… me rétorque malicieusement Laurence en tournant la dernière page dudit Magazine qu’elle feuilletait tout en m’entretenant…

1 Se dit d’une ouvrière qui orne de lignes gravées et entrecroisées des bijoux, du bois ou du métal et, dans le cas de Laurence, sur les billets de banque (éléments de sécurité).

Le travail de Laurence Bender a été présenté à l’église de Martigny-Ville lors de la célébration du Vendredi saint, le 15 avril dernier.
Les œuvres de Laurence Bender sont « vivantes ». Elles sont faites pour bouger dans le vent…

« Dévouer les biens de l’Eglise aux pauvres »

PAR THIERRY SCHELLING
PHOTO : PIXABAY

En 2021, dans le travail de transparence exigé par le pape François quant aux finances de l’Eglise, l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège (APSA), sorte de trésorerie du Vatican, a publié pour la première fois une série d’informations sur son immobilier : plus de 5’000 propriétés dans le monde… dont 80 % en Italie quand même !

Un peu d’histoire…

Qui sait ce qui s’est passé le 20 septembre 1870 ? La suppression des Etats pontificaux, la relégation du Pape dans ses 0,44 hectares intra muros Vaticani, et le transfert à l’Etat italien d’immeubles et de terres d’une large bande de terre transversale allant en gros du Latium et de sa capitale, Rome, à la Romagne.

Et le 11 février 1929 ? Les Accords du Latran sont signés entre Mussolini et le cardinal Gasparri, Secrétaire d’Etat, garantissant une quantité des bâtiments dans Rome et banlieue sous extraterritorialité (hors pouvoir italien)… et en compensation des pertes de 1870 ! Du coup, il a fallu gérer, et apprendre à le faire avec les règles du XXe siècle… Pour des clercs exclusivement italiens – jusqu’au fameux Marcinkus ! –, l’amateurisme, le népotisme, le favoritisme et l’à peu près ont souvent défrayé la chronique… jusqu’à récemment, avec l’affaire du cardinal Becciu et d’un bel immeuble à Londres…

Assainissement

Dès 2014, tant le changement des personnes que de statuts a déjà permis… qu’un cardinal soit mené devant les tribunaux, qu’un Secrétariat et un Conseil pour l’Economie soient érigés (2014), qu’un Réviseur des comptes soit nommé (2015) et qu’une mise au pas organisationnelle soit décrétée par la Lettre apostolique I beni temporali (2016). Son incipit : « Les biens temporels que l’Eglise possède ont comme fin le culte divin, le soutien honnête du clergé, l’apostolat et les œuvres de charité spécialement au service des pauvres… » Rome ne s’est pas bâtie en un jour…

Petits flashes sur la Semaine sainte

PHOTOS : MARION PERRAUDIN, PASCAL TORNAY

Le chœur Saint-Michel a animé la célébration des Rameaux au Bourg.
Le traditionnel chemin de Croix avec les familles du Bourg à la Ville.
Au Bourg, lors de leur baptême, les catéchumènes ont apporté l’eau baptismale.
En route avec la Croix des Valettes à Bovernier en compagnie des jeunes et des enfants qui ont animé ce temps recueilli.
L’église de Charrat magnifiquement et très symboliquement décorée avec le tombeau et sa pierre roulée.

Formée à l’Ecole Pierre

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de la Valaisanne Laura Pellaud de prendre la plume. 

Par Laura Pellaud | Photos : Raphael Delaloye, DR

Nous sommes tous des pierres vivantes et créatives.
Laura Pellaud.

L’année dernière, j’ai eu la chance de me former à l’Ecole Pierre et c’est de cette expérience que j’ai décidé de vous parler.

L’Ecole Pierre est une école créative pour l’Eglise. Elle propose deux cursus d’étude : la communication et la louange. Ce choix de filière émane du fait que la philosophie de ce lieu est la suivante : « Le message d’amour du Christ est le plus beau message du monde. Il ne faut sous aucun prétexte le modifier. Cependant, pour le partager au plus grand nombre, il peut être intéressant de réfléchir à une forme attrayante de le transmettre. »

C’est pour cette raison que la créativité a une place si centrale et majeure dans ces études. En effet, l’année d’enseignement est rythmée par des projets concrets et artistiques qui permettent aux étudiants de développer leurs compétences créatives et professionnelles. Comme par exemple, la réalisation de clips musicaux, de vidéos pour des communautés religieuses et des festivals chrétiens ou encore la participation à des émissions de radio.

Cependant, comme je l’ai évoqué précédemment, la communication innovante est vaine si le message est désincarné. C’est pour cela qu’une grande partie des cours sont des cours de théologie. Ils aident à en apprendre plus sur le Christ et à se concentrer sur l’essence du message que nous avons tous à partager en tant que baptisés.

Une des forces de cette école est qu’elle se vit en colocation. En effet, tous les étudiants habitent ensemble. Cela permet la création de liens fraternels très forts et d’une vie de prière commune et quotidienne. Cet aspect est vraiment très important, car il permet de nous enrichir de nos diversités, de nous épauler dans les moments plus complexes mais surtout de faire Eglise.

J’aimerais conclure en vous disant que nous sommes tous  des pierres vivantes et créatives remplies de dons et de talents donnés par Dieu. Nous sommes tous appelés à participer à la construction du royaume de Dieu en suivant son plan d’amour pour nos vies. Dans la beauté et la simplicité de nos quotidiens, nous sommes appelés à refléter Jésus.

Et si c’était cela le plus grand et le plus précieux patrimoine immobilier de l’Eglise ? Les pierres uniques et à l’image de Dieu qui, mises ensemble, peuvent former des choses impactantes pour faire rayonner l’amour de Dieu.

Liens utiles : 
https://www.ecolepierre.com
@ecole_pierre (Instagram)

Un matou et une petite « chatonne »

Notre rubrique « Vu d’ailleurs » vous propose régulièrement de petites réflexions à partir d’un fait de vie. Aujourd’hui, un matou et une chatonne en viennent « aux griffes » dans le jardin où la famille Pianta est réunie… Mais où cette histoire va bien pouvoir mener ?

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY

Avec l’arrivée du printemps, la douceur de l’air et la caresse des rayons du soleil qui viennent réveiller les fleurs assoupies, je me pose dehors et j’écoute le bruissement du vent, les mélodies enjouées des oiseaux… Déjà quelques insectes volants se précipitent pour me taquiner. Petits et grands jouissent goulûment de cette liberté retrouvée dans un décor bucolique où tout semble respirer le calme et la sérénité du retour de la Vie… Résurrection de la nature qui s’accorde si bien avec la résurrection du Christ qui vient nous hisser hors de nos tombeaux hivernaux, froids et sombres. Tout va presque bien si on se laisse porter par cette Vie qui l’emporte toujours, si l’on fait confiance, malgré l’hiver, à cette certitude que Jésus est sorti du tombeau. Presque bien… Presque, car voilà qu’éclate un rugissement suivi d’un long grondement, ponctué à nouveaux de rugissements, puis de grondements ! Et soudain un bond, qui suffit à déclencher une bagarre ! Ce n’est ni la première, ni la dernière.

Nous nous regardons tous, distraits de notre douce sérénité, les petits interloqués et interrompus dans leurs rires et dans leurs chamailleries territoriales et possessives. Ma petite chatonne vient de se faire coincer par le matou des voisins qui ne cesse de la harceler, de la traquer, de pénétrer sur son territoire ! Et c’est ainsi trois fois par jour. La petite chatonne défend âprement son territoire – et sa peau – sans mâcher ses miaulements, pas prête du tout à céder, à renoncer. Nous nous regardons.

Dans ma tête, je transpose. Je vois s’inscrire en grosses lettres « GUERRE EN UKRAINE » : fraternité déchirée depuis la nuit des temps, domination géographique, physique, psychologique. Entre ma chatonne et le matou – toujours transposant – je vois se dessiner à gros traits toute cette obsession de l’être vivant qui est animé par ce désir violent d’écraser son semblable, de lui voler son territoire, ses biens matériels et psychologiques. L’être humain est-il donc aussi « animal » pour commettre autant de crimes et d’exactions qui laissent les autres mutilés dans leur corps comme dans leur âme, exsangues ?

Depuis les chats, en passant par les fraternités, puis les dictateurs, les abuseurs et les victimes, je réalise en contemplant les petits enfants qui nous entourent, à quel point il y a quelque chose à transformer dans l’ADN de l’être vivant, pour qu’il puisse s’élever au-dessus de l’instinct animal, jusqu’au rang d’homme. J’ai toujours cru que l’humanité était quelque chose d’inné en l’homme ! Mais depuis quelque temps je ne cesse de tomber de mon petit nuage avec un rude atterrissage, dans le pré, au milieu de la chatonne et du gros matou qui ne la lâche pas, des enfants toujours prêts à se bagarrer autour de ce qu’ils peuvent usurper à l’autre et des discussions amères sur la guerre. Pourtant je veux croire en cette humanité malgré tout, car je sais qu’elle porte en elle l’empreinte de Dieu. Et il nous revient de faire pousser cette humanité déposée en nos enfants comme une graine précieuse, d’élever, au sens propre comme au figuré, ces petits hommes créés à l’image de Dieu. Jardiniers de nos vies, c’est à nous de cultiver avec amour et tendresse chaque petite pousse de vie, de générosité, chaque progrès, chaque réussite, chaque effort, s’émerveiller devant les sourires, la spontanéité… Etre l’eau et le soleil pour nos petits afin que germe cette graine de Dieu déposée en chacun. Prendre soin de la vie pour que celle-ci ne soit pas gâchée ou endommagée par ce désir de posséder, de dominer, d’écraser l’autre, et ainsi de développer l’écologie de l’âme et du cœur plutôt que la sauvagerie animale, c’est la mission d’un jardinier.

Evidemment, je ris en regardant le matou et la chatonne ! Mais de tout cœur, je nous souhaite à tous d’œuvrer pour dépasser ce stade de comportement et révéler d’autres aspects de la vraie nature humaine…

La Communauté Sant’Egidio

De nombreuses communautés composées de religieux ou de laïcs sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur la Communauté S. Egidio à Lausanne.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Fondateur : Andrea Riccardi, professeur d’histoire du christianisme et ministre de la Coopération internationale et de l’Intégration dans le gouvernement Monti (2011-2013), réunit pour la première fois le 7 février 1968 un groupe de jeunes pour lire l’Evangile et le mettre en pratique au quotidien, quand il était élève au lycée Virgile de Rome.

Dates clés :
1973 : La Communauté prend le nom de Sant’Egidio, du nom de l’église dédiée à saint Gilles, à Rome où se réunissaient les premiers membres.
1980 : Actions diplomatiques et pacifistes dans des zones de conflits.
2015 : Mise en place de couloirs humanitaires pour faciliter l’accueil de réfugiés en Europe.
2018 : Marco Impagliazzo, président du mouvement se rend en Corée du Nord où Sant’Egidio soutient un hôpital pédiatrique.

Organisation : Un réseau de communautés présentes dans 70 pays et comptant plus de 70’000 membres, reconnu par le Saint-Siège comme association de fidèles depuis 1986.

Mission : Se réunir par un lien de fraternité dans l’écoute de l’évangile et dans l’engagement bénévole et gratuit pour les pauvres et pour la paix.

Présence en Suisse :
A Lausanne uniquement où un groupe a démarré en 1990 par la rencontre d’enfants qui avaient besoin d’une aide scolaire dans le quartier de la Bourdonnette et entre autres par une prière œcuménique chaque samedi soir à la chapelle du Cénacle (basilique Notre-Dame).

Une particularité : A la suite de la première rencontre interreligieuse d’Assise en 1986, initiée par Jean-Paul II, la Communauté Sant’Egidio organise chaque année une rencontre internationale pour renforcer le dialogue entre les religions et prier pour la paix.

Pour aller plus loin : santegidio.org

« La Communauté S. Egidio, c’est… »

Par Michael Steck, Lausanne

… de pouvoir vivre une amitié et une solidarité sans frontière. Dans la communauté nous essayons de vivre un Esprit de famille, centré autour de la prière et ouverte aux réalités du monde. Nous disons souvent que nous avons deux piliers : la Bible qui nous met en présence de la parole de Dieu et le journal qui nous ouvre à la réalité du monde. C’est ainsi qu’à Lausanne, nous avons une prière hebdomadaire le samedi soir et plusieurs temps de service : cours de français à des étrangers, visites à des requérants d’asile et à des personnes âgées, soutien scolaire à des enfants roms.

Une famille : un synode

PAR PASCAL ET COLETTE TORNAY | PHOTO : PIXABAY

« Faire chemin ensemble » – selon l’étymologie du mot « synode » – en veillant sur la communion, la participation et la mission, comme l’indique l’intitulé du Vatican, n’est-ce pas aussi tout un programme pour chacune de nos familles ? En effet, saint Jean Chrysostome au IVe siècle, repris par les Pères du Concile Vatican II quinze siècles plus tard, ont vu la famille comme une véritable Eglise en marche, une « Eglise domestique ».

Je trouve beau de voir ainsi s’enchevêtrer une multitude d’Eglises dans l’Eglise, comme les innombrables cellules d’un même corps. Peut-être l’Eglise universelle perçoit-elle de plus en plus que le travail synodal est un travail de gestation continuelle. Comme une femme enceinte « en travail » qui porte en elle sa mission : enfanter, mettre au monde…

Une famille, c’est un synode permanent ! Comment avancer autrement ? Une famille, c’est tellement petit et fragile qu’un mauvais vent peut la ballotter comme une frêle embarcation. Comment ne pas se sentir dans le même bateau lorsqu’on fait partie d’une même famille ? Une famille, c’est tellement grand que, si l’on n’avance pas au rythme du plus petit, on ne peut rien faire de grand. Une famille, c’est un synode vivant et continuel. Et quand elle ne l’est plus, elle se fragilise car elle se durcit. Elle peut alors se briser sur les rochers du diktat et de l’égoïsme, sur les hauts-fonds de la duperie et du mensonge.

Le synode, ce n’est pas maintenant. C’est toujours ! C’est un mode de vie qui dit que la vie vient du chemin vécu ensemble ; qu’elle jaillit, chemin faisant, de cette écoute mutuelle qui indique comment se réalisera la mission.

La recherche du bien commun dans une famille – c’est-à-dire le bien de chacun et de tous – prend du temps, car ce bien-là ne se donne pas à voir sans recherche commune, sans détours, sans renoncement, sans échange et sans partage. Combien de fois, le « synode familial » se vit par un détour par le plus fragile (ou par ce qui est fragile en tel ou telle) ? Pour celle ou celui qui est obnubilé par le but, ce peut être très pénible de devoir s’arrêter. Pourtant, le but, c’est déjà le chemin…

Le patrimoine immobilier de l’Eglise

A qui appartiennent les édifices religieux ? Comment gère-t-on ces biens ? Peut-on facilement vendre un terrain paroissial ou désacraliser une chapelle ? Voilà autant de questions faciles à énoncer mais qui cachent des réponses bien plus complexes qu’il n’en paraît, à replacer dans le contexte des rapports entre l’Eglise et l’Etat.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, CATH.CH, DR

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Une lecture trop simpliste du précepte évangélique pourrait nous faire croire de prime abord que les églises appartiennent aux paroisses et les autres biens non sacrés, comme les établissements scolaires ou les hôpitaux, à l’Etat. De la querelle du sacerdoce et de l’empire au Sonderbund, les aléas de l’Histoire viennent compliquer les choses. Les écoles ou autres institutions de soins ont longtemps été gérées par l’Eglise avant que le bras séculier ne s’en occupe, tandis qu’aujourd’hui, certains édifices religieux comme la cathédrale Saint-Nicolas ou l’église jésuite du collège Saint-Michel de Fribourg, appartiennent à l’Etat. En revanche à Sion, la cathédrale est en main du chapitre des chanoines. Difficile donc de s’y retrouver, de dégager une systématique et d’autant plus d’avancer des chiffres.

Qui reconnaît qui ?

Les deux principales difficultés résident dans le fait que l’Eglise, avec son droit canonique, dispose de normes particulières qui ne se retrouvent pas forcément dans le droit suisse et que la situation peut varier d’un canton à l’autre en fonction des conventions de reconnaissance contractées. Si l’entité « paroisse » est clairement définie sur le plan canonique et jouit de la personnalité juridique, qu’en est-il sur le plan civil ?

Cédric Pillonel est le secrétaire général de la FEDEC, qui s’occupe de la gestion financière de l’Eglise dans le canton de Vaud.

Dans le canton de Vaud, Cédric Pillonel, secrétaire général de la FEDEC 1, institution de droit public qui assure la gestion financière et administrative de l’Eglise ainsi que ses relations avec l’Etat, précise d’emblée qu’il n’y a pas de reconnaissance civile de la paroisse canonique. « On double alors la structure d’une association paroissiale où le conseil de paroisse – entité reconnue par le droit canon et responsable de la gestion administrative des biens – en constitue le comité. »

La même logique s’applique dans les autres cantons du diocèse avec quelques différences notoires qui ont leur importance quant à la possibilité ou non de prélever un impôt ecclésiastique. A Fribourg, on parle de corporations ecclésiastiques plutôt que d’associations, tandis qu’à Genève et Neuchâtel, en raison d’une séparation stricte, les paroisses, tant catholiques que protestantes, sont organisées en association de droit privé, ce qui les oblige à s’autofinancer uniquement par des dons. Seuls les cantons du Valais et du Tessin accordent à la paroisse en tant que telle la personnalité juridique.

Qui contrôle qui ?

Pour Jean-Baptiste Henry de Diesbach, président du Conseil d’administration du diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg, « si l’on pousse cette logique à l’extrême, cela pourrait poser des problèmes, car deux régimes diamétralement opposés entrent en concurrence. Une association fonctionne en effet selon un mode démocratique et son assemblée générale peut en théorie à tout moment modifier ses statuts, tandis que l’Eglise est régie par un type de gouvernement monarchique ». Si cela se comprend par la nécessité de préserver l’unité de la foi, à rebours, on pourrait imaginer qu’une assemblée générale décide de salarier, à la place du curé, un assistant social ou de vendre les biens de l’association paroissiale sans en référer à l’évêque. « Fort heureusement, précise-t-il, la bonne volonté de chacune des parties fait que les choses fonctionnent de concert. » Des passerelles existent aussi de part et d’autre. La législation fribourgeoise connait par exemple une spécificité qui oblige le notaire à se référer au droit canon pour certains actes.

Qui peut vendre quoi et à qui ?

Du point de vue de l’Eglise, les transactions relatives aux biens sont très strictes et soumises à un triple veto. Toute vente immobilière dès 1 m2 doit obtenir l’aval de l’évêque. Ce dernier ne donnera son feu vert qu’après avoir obtenu le préavis positif du Conseil diocésain pour les affaires économiques (CDAE) et du Conseil presbytéral. De plus, si la vente dépasse les 5 millions, il faut encore en référer au Saint-Siège. Ces filets de sécurité sont importants pour éviter que des paroisses ou des congrégations religieuses ne se fassent avoir par des agents immobiliers peu scrupuleux. En outre, comme ces biens appartiennent de fait à une multitude d’entités fractionnées, l’évêque dispose d’une prérogative permettant de garder une vision d’ensemble quant à l’utilisation et la valorisation du patrimoine foncier de son diocèse.

Comment générer des revenus pour demain ?

A ce propos, Mgr Morerod a d’ailleurs fait un pas de plus dans la professionnalisation de ces structures. La mise sur pied d’un Conseil d’administration diocésain constitué de membres laïcs ultra compétents dans leur domaine (finance, immobilier, droit…) permet d’élaborer une vision stratégique à long terme pour les affaires temporelles. Comme le relève Jean-Baptiste Henry de Diesbach, « il est important d’anticiper aujourd’hui les revenus de demain, car tôt ou tard, on assistera à une baisse de l’impôt ecclésiastique et des subsides de l’Etat ».

En ce sens, un outil juridique comme le droit de superficie est intéressant. Il donne la possibilité de construire ou modifier un immeuble comme si l’acquéreur en était propriétaire, tout en permettant au véritable détenteur de dégager un revenu sur du long terme jusqu’à 100 ans et de récupérer le bien à la fin.

Ne pas désacraliser

Un bâtiment appartenant à une congrégation religieuse et aujourd’hui inoccupé peut être réaffecté par exemple au canton dans un but d’utilité publique, tout en continuant à générer des produits pour cette dernière. Une fondation ecclésiastique a ainsi mis un ancien couvent à disposition du canton de Fribourg, à long terme et contre une rente annuelle, pour y héberger des requérants d’asile et des réfugiés. L’opération permet l’accueil de migrants sans en gérer les aspects opérationnels, tout en assurant des revenus qui permettent notamment de financer la formation de futurs prêtres.

Ainsi même si l’Eglise catholique en Suisse romande ne vole pas la palme aux CFF en matière de propriété foncière, compte tenu du caractère fractionné de ses possessions, elle n’a néanmoins pas besoin de désacraliser à outrance ses édifices religieux pour trouver de nouvelles liquidités. Il arrive que cela se produise, comme au Locle où une chapelle de quartier a été transformée en villa, mais dans la majorité des cas, une réaffectation sera préférée à une vente pure et simple, tout comme une saine collaboration avec les cantons et les communes qui dans la plupart des cas continuent de la soutenir.

1 Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud.

L’église jésuite du collège Saint-Michel de Fribourg est en main du canton.

Une montée vers Pâques de passion-nés !

Une bonne vingtaine de jeunes « passion-nés » du Christ se sont retrouvés le Jeudi saint pour monter vers Pâques après s’être « plongés » dans le repas traditionnel de la Pâque juive.

PAR MILOS ET ARIANE | PHOTOS : DR

Notre montée vers Pâques du secteur de Martigny a commencé le jeudi après-midi vers 14h, avec la collaboration des écoles de la région, qui ont donné congé à nos jeunes. Mené par une sympathique équipe d’animation, composée de jeunes adultes, le camp itinérant à vélo a pris pour base le rectorat de Martigny-Bourg. Après une prière et des jeux de présentation, les jeunes ont participé à plusieurs ateliers : fabrication de prie-Dieu, méditation sur l’onction de Béthanie, préparation d’un souper original.

En effet, il ne s’agissait pas d’un simple repas, nous nous sommes plongés dans la Pâque juive qu’avait célébrée Jésus la veille de sa passion. Entre les cierges du sabbat, et les bénédictions de coupes, l’ambiance était pour le moins exotique, entraînant les vingt-quatre jeunes de douze à seize ans hors de leur quotidien. Suite à la célébration de la dernière Cène, la veillée d’adoration en retint plus d’un à Gethsémani.

Vendredi, suite au témoignage poignant de l’aumônière d’hôpital Karen Rapin, nous avons pu partager en profondeur sur le thème de la compassion. Revigorés par une soupe communautaire, l’après-midi nous a portés sur les hauts du secteur, des Valettes à Bovernier, avec un chemin de croix ensoleillé, animé par les enfants du caté. La journée s’est achevée par la célébration de la Croix en présence d’un jeune diacre.

Dans l’attente de la veillée pascale, un jeu de piste nous fait rouler dans les dédales de la ville d’Octodure, à la suite de Marie-Madeleine, qui nous mènera jusqu’au matin de la résurrection.

 

Les Eglises unies au front

Le téléphone ne cesse de sonner. Depuis que la guerre a éclaté dans son pays, Sviatoslav Horetskyi reçoit au minimum cinquante appels par jour. Ce prêtre ukrainien gréco-catholique, officiant à Genève et Lausanne, a malgré tout trouvé le temps de nous accorder un entretien.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Comment vivez-vous le conflit qui agite votre pays ?

J’aimerais préciser que ce n’est pas un conflit, mais une guerre. C’est d’ailleurs même pire que la guerre, on évoque dans les médias un génocide. Personnellement, c’est difficile de voir les images de mon pays, car elles sont loin de la réalité.

L’Ukraine compte un tiers de fidèles du Patriarcat de Moscou. Comment se passe la cohabitation avec les autres croyants ?

Le Patriarcat de Moscou nous trompe sur le nombre réel de fidèles. Beaucoup de paroisses qui étaient rattachées à Moscou se sont regroupées avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Certains fidèles de paroisses russes réfléchissent et se demandent si leurs autorités montrent le bon exemple. Il en résulte que beaucoup de ces croyants ont aujourd’hui une vision plus globale de la réalité et quittent l’Eglise russe.

En quoi la religion contribue-t-elle à la guerre en Ukraine ?

Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse dire que le déclencheur de la guerre en Ukraine soit la religion. Aujourd’hui, beaucoup d’églises à l’ouest de l’Ukraine accueillent des réfugiés et essayent de s’organiser pour être présentes pour tous ceux qui ont besoin d’aide et pas seulement pour leurs propres fidèles.

Dans quelle mesure l’Eglise orthodoxe russe craint d’être dépossédée de son pouvoir en Ukraine ?

Elle perd déjà de son pouvoir ! Et si l’Eglise orthodoxe russe ne se positionne pas pour arrêter ce massacre, elle perdra encore plus.

Quelle influence possède le Patriarcat de Moscou au plan politique ?

On constate cette influence rien que dans la réaction du patriarche Kiril, en tant que chef de l’Eglise russe, il use de cette même propagande, de ce mensonge permanent à l’attention des Russes en Russie. Le fait que l’Eglise ne réagisse pas à ce qu’il se passe est déjà pour moi une réponse à cette question.

Certains croyants ont peur d’un retour des persécutions de l’ère communiste ?

Si l’Ukraine arrive à repousser les soldats russes hors de son territoire, alors la liberté religieuse sera garantie pour toutes les communautés. Depuis la chute de l’URSS, la liberté religieuse n’est pas un vain mot en Ukraine et doit le rester.

Une foi illégale

Selon Portes Ouvertes, une ONG internationale qui soutient les chrétiens persécutés, les Eglises de la région du Donbass, non affiliées au patriarcat de Moscou, subissent une pression croissante depuis 2014. Les autorités des deux Républiques autoproclamées (Donetsk et Louhansk) ont édicté des directives qui obligent les organisations religieuses à se faire enregistrer. Une liste de 195 organisations religieuses enregistrées, établie en décembre 2019 par les autorités de Louhansk, a montré qu’aucune communauté protestante n’avait obtenu d’autorisation. Ne pas être enregistré signifie ne pas avoir accès au gaz, à l’électricité ou à l’eau. Cela rend, de fait, toute activité religieuse impossible.

Les Eglises d’Ukraine

Il est utile de préciser que, outre les communautés protestantes dont parle le communiqué de Portes Ouvertes, il existe dans le pays quatre Eglises : l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou (EOU-PM), l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Kiev (Kyïv) (EOU-PK), l’Eglise autocéphale et l’Eglise gréco-catholique (EGCU).

Biographie express

Né en Ukraine centrale dans la ville de Zhytomyr, Sviatoslav Horetskyi est prêtre au sein de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (de rite byzantin).
Marié et père de trois enfants, il appartient à l’éparchie (diocèse) de Saint-Volodymyr le Grand de Paris et a été nommé l’an dernier administrateur des centres pastoraux des villes de Genève et Lausanne. Stagiaire dans l’UP de La Seymaz (GE) pour l’année pastorale 2022, il se forme pour célébrer dans le rite romain.

Il est né dans la ville ukrainienne de Zhytomyr.
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