3 questions à… Jésus !

Pourquoi pas ? Le mois de décembre est celui qui pointe vers la célébration de sa naissance – bien qu’Il ne soit pas né un 25 décembre ! Comment voit-il cette période ?

PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Cher Jésus, tu vas voir une fois encore les temples et les églises se remplirent de gens qui viendront écouter des concerts, des veillées, des Carols, des messes et des cultes bien préparés, pour familles ou avec chœur… qu’en penses-tu ?

Cela me réchauffe le cœur de voir que c’est par la beauté que l’être humain se laisse émouvoir et mouvoir… Pour ma part, c’était la beauté du lys dans les prés qui m’avait le plus ému. Et mu, car j’ai parcouru des kilomètres dans mon propre pays, jusqu’à ses frontières décriées par les bien-pensants et j’y ai toujours trouvé la beauté de la nature, simple et sobre, à l’image de Dieu…

Comment vis-tu le fait que toi et nous savons bien que tu n’es pas né un 25 décembre ?

Eh bien moi non plus, comme des milliers de personnes aujourd’hui dans le monde, spécialement dans des pays où l’administration est déficiente, je ne sais pas exactement ma date de naissance. Mes parents me disaient que c’est à 12 ans, lors de ma Bar Mistvah, que je suis né véritablement : à la communauté juive, à notre village, aux yeux de Yahvé. Pour ma part, il me semble être né des centaines de fois : quand, au matin, contemplant le soleil se lever de derrière les montagnes – j’aimais bien aller seul, tôt, dans la solitude des collines –, le premier rayon me caressait le visage comme un « Shalom » de Dieu mon Père ; quand, le jour où mon cousin Jean-Baptiste m’immergea dans les eaux du Jourdain ; quand mes disciples revenaient, fatigués et tout heureux d’avoir reçu l’annonce que le Royaume était tout proche et changeaient le cœur des écoutants ainsi que le leur…

Que souhaiterais-tu dire à la communauté de Saint-Joseph ?

Chaque matin est un Noël car je ne dors pas mais veille à tes côtés, ô paroisien.ne ! Chaque jour est un Noël car donner est facile et apprendre à recevoir encore mieux. Chaque soir est un Noël car la nuit n’est point ténèbre, mais appelle à la confiance et à l’espérance car demain me porte vers un nouveau jour… de Noël ! Et puis, fais simple cette année, tu veux bien ?

Ces sourds qui savent écouter

Marlène Pochon vit à Chamoson. Elle est maman et grand-maman. Elle a travaillé plus de 20 ans comme infirmière. Il y a 16 ans, elle a ressenti le besoin de changer d’orientation professionnelle. Marlène donc a choisi de se mettre au service des personnes sourdes et malentendantes. Elle travaille comme codeuse interprète en LPC, c’est-à-dire langage parlé complété …

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

Codeuse interprète en LPC… Mais quel est donc ce travail ?

J’interviens auprès des enfants appareillés ou implantés à partir de la garderie ou de la crèche jusqu’à la fin de la formation professionnelle. Mais j’assume aussi d’autres missions pour les personnes adultes sourdes ou malentendantes.

Les sourds entendraient-ils mieux que nous ?

Je dirais plutôt qu’ils savent écouter. Entendre est une difficulté mais ils écoutent vraiment. L’écoute leur permet une relation vraie et leur permet de s’approprier des informations, d’apprendre. Les personnes entendantes, elles, sont noyées par une multitude de sons, de bruits qu’ils entendent, mais écoutent-ils vraiment ?

Qu’est-ce qui t’a poussée dans cet univers des malentendants ?

Ma relation à mon métier ne m’apportait plus la satisfaction nécessaire à un épanouissement. Pour réfléchir, je suis allée passer une semaine chez une amie. Cette personne, orthophoniste, s’occupait du langage des enfants implantés cochléaires *. Ce fut une découverte et même une révélation. Oui, c’était cette relation vraie, juste, que je voulais vivre !

Ton travail, c’est donc d’assister les personnes sourdes ou malentendantes dans leur scolarité ou leur formation ?

Exactement, j’interviens en milieu préscolaire, durant toute la scolarité obligatoire, pendant la formation professionnelle ou les études supérieures. Nous intervenons aussi dans les institutions spécialisées. Nous sommes une aide au développement de l’autonomie de la personne et facilitons l’intégration sociale. Nous aidons à la passation des savoirs et à la transmission d’informations. Nous aidons dans la communication et la relation entre enfants et jeunes en milieu scolaire. Les personnes sourdes ou malentendantes ont des besoins divers et variés (visite chez le médecin, colloque professionnel, formation, permis de conduire, loisirs, etc.

Quelle est cette langue qu’on appelle « parlé complété » ? Que permet-elle ?

D’abord, ce n’est pas une langue, mais un complément à la lecture labiale. Exemple : si je dis « pain, bain ou main », mes lèvres montrent la même chose. Avec la langue parlée complétée, j’ai recours à un système de clés syllabiques associées aux mouvements labiaux pour transmettre un message oral à une personne sourde ou malentendante. Cela permet une réception parfaite du message oral, sans plus de confusion car la main près du visage dessine et complète syllabe après syllabe tout ce qui est dit.

Comment les personnes sourdes ou malentendantes vivent-elles au quotidien ? Quelles sont leurs difficultés ?

C’est une adaptation permanente à l’environnement, aux personnes en face. Les informations sont très souvent mal transmises. Exemple : dans les trains, sur les quais de gare, les informations sont souvent uniquement sonores. Les portables et les ordinateurs aident à la communication mais c’est très insuffisant. Il manque énormément d’informations écrites ou d’attention pour ces personnes. En plus, depuis deux ans avec le COVID, c’est juste l’enfer pour eux, car les masques cachent les visages.

Tu expliques que les traits du visage sont des vecteurs de communication très importants : comment cela ?

Les yeux expriment ce que tu vis à l’intérieur, tu ne peux pas tricher si tu prends le temps d’observer en vérité. Donc avec les yeux, tu communiques. Les traits du visage expriment aussi des émotions, les mimiques, les attitudes passent des messages. Souvent les mots sont inutiles, ton visage montre si tu es heureux, fâché, triste… Elles sont expertes dans le domaine de l’observation. Il y a tellement d’informations sur nos visages ! Tricher avec eux est difficile à ce niveau.

D’une certaine manière, pourrait-on dire que les personnes sourdes/malentendantes entendent mieux que les autres ?

Je dirais qu’elles entendent différemment, pas forcément avec les oreilles mais avec les yeux et là est toute la différence. Elles entendent peut-être mieux car leur attention à l’autre est plus présente, plus profonde, plus vraie. C’est tellement important pour eux, qu’ils y mettent beaucoup d’énergie et de cœur. Leur écoute est peut-être plus vraie.

Quels ont été tes principaux défis dans ta relation avec les personnes sourdes ou malentendantes ?

Je dirais d’abord apprendre moi aussi à écouter différemment. Puis la patience et me réjouir de chaque progrès. L’observation et l’attention sont des aspects importants. Le plus grand défi, c’est d’arriver à dire suffisamment merci pour tout ce que m’ont apporté ces jeunes jusqu’ici. Saurais-je le faire ?

Merci Marlène.

* Implants cochléaires ? L’implant cochléaire est une prothèse auditive interne et externe. L’élément interne est constitué d’un stimulateur électronique et d’un faisceau d’électrodes. Le stimulateur est placé sous la peau et le faisceau inséré dans la cochlée au cours d’une intervention chirurgicale. La partie externe est composée d’un microphone, d’un processeur vocal et d’une antenne. Cette partie est posée sur l’oreille et le cuir chevelu.

Mosaïque d’Alexandre Blanchet

Eglise Saint-Joseph, Genève

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’œuvre que je vous présente ce mois-ci est toute particulière pour moi : Saint-Joseph est l’église de mon enfance. J’ai grandi, dimanche après dimanche, en regardant Jésus marchant sur un établi qui ressemblait beaucoup à celui qui se trouvait dans l’atelier de mon papa encadreur. Cette mosaïque nous parle précisément de cela : d’une histoire d’enfance, d’une photo de famille, de quelques instantanés de la vie d’un enfant et de ceux qui ont pris soin de lui.

Chaque année, pendant la période de l’Avent, nous écoutons les mêmes textes. Avec le temps, nous oublions peut-être de nous laisser émerveiller par l’extraordinaire message de l’ange : « Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit: ‘‘Dieu-avec-nous’’. » (Mt 1, 23)

L’œuvre d’Alexandre Blanchet nous invite à nous arrêter sur ce qu’est l’Incarnation. Le Dieu qui a fait le ciel et la terre, celui qui a fait sortir Israël du pays d’Egypte, qui a fait toutes ces grandes choses… nous rejoint sur terre. Il aurait pu venir directement en tant qu’adulte. Il choisit cependant de le faire, non comme Mary Poppins qui apparaît portée par le vent pour aider les familles qui en ont besoin, mais comme un bébé. Et même comme un embryon qui grandit dans le ventre de sa mère. Notre Dieu se remet, fragile parmi les fragiles, entre les mains de ses créatures. Il choisit de tout recevoir de deux êtres humains.

Ici, Jésus apprend à marcher, tenu par les mains de Joseph; la Sainte Famille est rassemblée autour de l’établi où Joseph travaillait. On rétorquera peut-être que ces scènes ne sont pas bibliques. C’est vrai, elles ne font pas partie de celles qu’il a semblé essentiel de transmettre par les Evangiles. Toutefois, elles nous aident à (re)découvrir des aspects auxquels nous ne pensons peut-être pas tous les jours. Cet enfant qui marche sur l’établi, c’est notre Dieu…

Radio R : la radio positive et souriante !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Radio R est un projet de radio chrétienne lancé en Suisse romande sur le DAB+ et sur Internet en 2015. Il est porté par Radio Réveil, une association du canton de Neuchâtel qui produit des contenus radiophoniques chrétiens depuis 1949.

PAR EMMANUEL ZIEHLI

PHOTOS : LOUANGE.CH, DR

Initialement, son travail était destiné à de grandes radios périphériques françaises (RMC, RTL et Europe1), puis des radios libres, des radios chrétiennes françaises (dont RCF, Notre-Dame et Maria) et quelques radios locales en Suisse (RTN et Rhône FM notamment).

En 2015, elle passe le cap de la diffusion grâce à l’arrivée du DAB+ en Suisse. Vous y entendrez principalement de la musique chrétienne (80% de la programmation) ainsi que des chroniques (20% de la programmation) produites par Radio R ou issues des radios des grandes familles chrétiennes de Suisse et de France (protestantes, catholiques et évangéliques).

Le ton est résolument positif et souriant. Toutes les heures, la RTS prend le relai pour les nouvelles, les équipes de journalistes et d’animateurs accompagnent les auditeurs dès 6h jusqu’à midi et de 16h jusqu’à 20h en vous proposant des réflexions sur des sujets variés (famille, musique, actualité, femmes, etc.) et de manière non exhaustive.

En Valais, deux antennes diffusent Radio R : Crans-Montana et Chemin-Dessus. L’association « Radio Réveil » produit « Twittomélies » depuis 2016 qui enregistre actuellement sa cinquième saison. Contraction de twitto et homélie, ce sont de petits encouragements d’une minute au quotidien et sont dus à l’abbé Vincent Lafargue. Ces contenus sont particulièrement appréciés sur Radio R mais également sur une vingtaine de radios chrétiennes en France et en Afrique.

https://radio-r.ch/ ainsi qu’Appstore et Playstore.

Sépulture dans l’intimité

PAR CALIXTE DUBOSSON | PHOTOS : CATH.CH/FLICKR

Paris 9 décembre 2017: le décès de Johnny Hallyday crée une émotion nationale. Lors de ses obsèques, un «hommage populaire» lui est rendu avec une descente des Champs-Elysées en musique, par le cortège funéraire, devant près d’un million de personnes. Suit une célébration religieuse en présence de nombreuses personnalités politiques, de la chanson, du cinéma et des médias. Le tout est retransmis en direct par les chaînes d’information, en continu.

Authon (France), samedi 5 dé­cembre 2020 : une quarantaine de personnes – famille et cercle proche – assistent à la messe de sépulture de M. Valéry Giscard d’Estaing. Une assemblée réduite, imposée par les mesures sanitaires, mais qui correspond au « souhait et à la volonté » d’intimité de l’ancien président de la République.

Sion, 11 janvier 2021 : « Je désire que ma mort soit annoncée et accueillie comme une fête, celle de la rencontre du Père dans les cieux, la troisième naissance », avait écrit le cardinal Henri Schwery dans son testament spirituel. Malgré ce désir, les normes imposées par la pandémie ont drastiquement limité la participation à ses funérailles : cardinal ou pas, c’était 50 personnes, pas plus.

L’intimité, une pratique de notre temps

Trois événements, trois manières différentes de vivre un deuil. La pandémie du Covid a contraint les familles à vivre leur deuil dans l’intimité. Pourtant, cette pratique n’est pas nouvelle. Elle était en progression constante depuis quelques années. Ce phénomène montre une approche totalement inédite de la façon d’appréhender et de vivre l’évènement de la mort. On assiste actuellement à une modification de l’attitude des gens face aux rituels qui accompagnent la mort ; les funérailles sont de plus en plus fréquemment célébrées dans l’intimité de la famille, voire dans la plus stricte intimité, dans une église, dans un centre funéraire ou dans les locaux aménagés des entreprises de pompes funèbres elles-mêmes. La dimension sociale est progressivement écartée. Par ailleurs, on ne fait plus systématiquement appel au prêtre pour la célébration.

Cette évolution est plus particulièrement perçue en milieu urbain. Dans un village où société civile et communauté religieuse se recoupent souvent plus largement, la sépulture est un événement qui revêt à la fois un caractère social et religieux. En effet, de près ou de loin, une large partie de la population se sent concernée par la mort d’un membre de la communauté villageoise, en raison de sa proximité avec lui. Très souvent, beaucoup ont partagé un bout d’histoire avec le défunt ou sa famille.

En ville, il en va autrement. Cela ne fait pas toujours sens de célébrer des funérailles à l’église si le défunt n’était pas croyant ou si sa proche famille ne l’est pas non plus. Après discussion avec les services funèbres, avec le prêtre, on opte alors pour une célébration dans l’intimité ou dans la plus stricte intimité. Cela met en évidence un élément qui m’interpelle : la famille ne prend plus nécessairement en compte le lien social de son défunt, aussi petit soit-il, pour laisser la possibilité aux personnes ayant, d’une manière ou d’une autre, été proches de celui-ci, de lui dire « à Dieu ». Cela n’est pas toujours bien accepté par ces personnes qui expriment parfois leur regret et leur désapprobation.

L’intimité vue par les professionnels

Comment en est-on arrivé là ? Pour un employé des pompes funèbres : « Certaines familles vivent des ruptures, des déchirures en leur sein et n’envisagent pas d’être exposées au regard de tous : comme mises à nu. La célébration dans l’intimité est alors une protection. » Pour un autre : « L’aspect financier pèse lourd : par exemple, l’argent manque et il apparaît impossible d’honorer la présence de chacun à travers une invitation à une agape largement ouverte. » Pour d’autres enfin, la participation importante ou faible aux obsèques risque de mettre à nu les bonnes ou mauvaises qualités relationnelles du défunt. Ils choisissent alors une cérémonie privée de public.

Georges Mottiez, ancien directeur de pompes funèbres, « considère que la perte, ou l’absence, de pratique religieuse parmi les jeunes générations explique en grande partie la demande d’intimité. Il n’y a plus aucun repère. Les gens viennent à l’église avec leur playlist pour la cérémonie, ignorant qu’il y a souvent un chœur pour l’enterrement. On se fait sa propre religion. C’est « à la carte » », précise-t-il. Même si le défunt était pratiquant, il arrive que les enfants changent parfois les dernières volontés du parent, en demandant l’intimité. La célébration n’a plus la même dimension. La famille souhaite une célébration simple, pas trop longue. Par ailleurs, on ne veut plus trop s’afficher à l’église dont on s’est éloigné ou qu’on n’a jamais fréquentée. Les gens ne participent plus à l’assemblée dominicale, notamment après avoir été forcés dans leur enfance ou leur jeunesse.

Citée par le Journal de Cossonay en 2013, la pasteure Christine Nicolet regrette cette situation : « Nous sommes tous touchés par l’individualisme de notre société, et nous nous en plaignons. Alors pourquoi contribuer encore à la montée de la solitude en demandant à partir tout seul ? La mort n’est pas une affaire privée, elle est affaire de société. En tout cas si on veut que cette société continue d’être humaine. »

L’intimité imposée

Voilà ce qui est pour une intimité choisie et assumée. Mais qu’en est-il lorsque celle-ci est imposée par les circonstances ? La pandémie du coronavirus a profondément impacté la façon de vivre de notre société et aussi celle de l’Eglise. Nous avons été contraints d’aller contre nos réflexes naturels de solidarité avec les familles en deuil en les laissant seules assumer une « double » peine : celle de perdre un être cher et celle de ne pas pouvoir célébrer avec la communauté des amis et des connaissances.

De tout temps, la réaction spontanée des personnes humaines a été de présenter à la famille endeuillée ses condoléances soit par une présence physique, soit par des messages et des offrandes de messes. Au temps de Jésus déjà, les sépultures rassemblaient une affluence considérable comme le souligne saint Luc : « Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. »

Soit en tant que prêtre, soit en tant que famille, lors des célébrations dans l’intimité, jamais nous n’avons autant cruellement ressenti l’absence de nos proches et connaissances ainsi qu’un désir d’être entourés et consolés par des poignées de main ou des accolades sincères. Il est donc précieux de redire ici le rôle essentiel de la communauté paroissiale dans le processus de deuil. Pourtant, j’ai ressenti que les brèves cérémonies vécues dans un décor plus restreint que l’église paroissiale, avec une approche plus personnalisée notamment avec des textes et des musiques que le défunt appréciait, a mis du baume au cœur des familles. Beaucoup ont quand même trouvé une réelle consolation dans ces moments de prière.

Quel avenir pour le processus de deuil ?

La question se pose donc : verra-t-on une augmentation de l’intimité amorcée avant la pandémie ? Ou au contraire, assistera-t-on à un retour de belles cérémonies vécues par de grandes assemblées ? Verra-t-on les célébrations comme celle de Johnny Hallyday devenir monnaie courante ou alors assistera-t-on à un renforcement de celle vécue pour Valéry Giscard d’Estaing et pour le cardinal Schwery qui auraient, à coup sûr, rempli trois églises ? La réponse est à lire d’ici peu dans les faire-part des familles endeuillées de nos quotidiens.

Une prière exaucée

Une dame de 90 ans, fille unique et célibataire, m’a confié qu’elle priait tous les jours pour qu’il y ait du monde à son enterrement. J’ai accueilli cette confidence sans lui rétorquer que c’était humainement impossible. Le jour de son décès, nous fixons la cérémonie pour le mercredi suivant.
Deux heures après, un autre décès m’est signalé. La famille désire également le mercredi. Je réponds que c’est impossible, la place est déjà prise. La famille insiste :
«Ne peut-on pas s’arranger avec la famille de la dame pour une cérémonie commune?» «Bien sûr», acquiesce le curateur de la nonagénaire. L’église fut remplie et la prière de la dame pleinement exaucée !

La veuve et la foule (Luc 7, 11-17)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Quand il est question de funérailles, dans les évangiles, et que Jésus y est mêlé, la famille du défunt est toujours fort bien entourée: ainsi de nombreux Juifs sont venus auprès de Marie et Marthe, les proches du Christ, pour les consoler de la mort de leur frère (cf. Jean 11, 45). De plus, ils restent avec elles quatre jours après la mise au tombeau de Lazare. Si bien qu’ils peuvent assister au miracle du retour à la vie de ce dernier, grâce à l’intervention priante de Jésus : après avoir vu pleurer Marie et les Juifs qui l’accompagnaient, le Maître frémit, il pleure lui aussi, il invoque le Père et arrache son ami à la mort (cf. 11, 33-44). C’est devant l’assemblée des personnes présentes que le Fils de Dieu opère, si bien d’ailleurs que certains vont le dénoncer auprès des pharisiens pour qu’il soit arrêté et mis à mort.

Quand la veuve de Naïn porte en terre son fils unique, une foule considérable de la ville est là et fait route avec la femme désespérée (cf. Luc 7, 11-17). Les gens deviennent ainsi eux aussi témoins de l’acte de résurrection du Christ, lorsque celui-ci s’approchant, touchant le cercueil, intime l’ordre au jeune homme de se lever et qu’il le rend à sa mère. Le deuil et l’œuvre du Fils de l’homme se vivent en groupe.

C’est en peuple que le Seigneur sauve Israël, c’est en communauté que la populace se laisse alors saisir d’admiration devant l’événement inconcevable et glorifie Dieu pour le prophète qui s’est levé de la sorte et a visité la nation élue. C’est toujours en communauté que la Trinité nous rejoint, lorsque nous sommes frappés d’abattement et de malheur et qu’elle nous remet debout par l’espérance.

Ne restons jamais seuls, dans nos épreuves. L’Esprit nous donne des frères et des sœurs « con-solateurs » (c’est le sens du terme latin cum-solus, être avec ceux qui sont seuls). Laissons-nous porter et soutenir par eux. Et donnons à tous la possibilité de dire adieu à la personne décédée.

L’église du Sacré-Cœur va renaître !

Une nouvelle «Maison d’Eglise» pour «faire Eglise»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), novembre 2021

A Plainpalais, le Sacré-Cœur s’apprête à revivre. Rencontre sur le site avec Philippe Fleury, président de son Conseil de paroisse :

«Il y a trois ans, en juillet 2018, un important incendie a ravagé notre église. L’eau d’extinction, de plus, a constitué un dommage collatéral. Il faut imaginer que plusieurs centimètres d’eau ont recouvert le sol de l’église et que des rivières coulaient par les escaliers. L’état de l’église est devenu particulièrement dramatique. Par ailleurs, nous avons joué de malchance. L’église a, selon les points de vue, été trop détruite et pas assez. Elle se trouve dans un état intermédiaire qui nous empêche de faire tabula rasa afin de tout reconstruire et qui donc impose un certain nombre de contraintes. Que faire donc de ce bâtiment âgé de 150 ans ?

C’est l’architecte Jean-Marie Duthilleul, qui a rénové l’intérieur de la basilique Notre-Dame, que nous avons donc consulté et qui nous a proposé de « faire Eglise » dans ce lieu. Celui-ci va donc changer de disposition. Nous allons créer un axe sacramentel sur lequel nous aurons l’orgue, l’ambon (pupitre, placé à l’entrée du chœur), l’autel, le baptistère et un vrai arbre, un olivier. Des bancs seront installés face à face de chaque côté de cet axe sacramentel, ce qui permettra de véritablement « faire communauté », physiquement. Nous souhaitions par ailleurs créer un effet de surprise dans cette église, quelque chose qui attire, raison de l’installation d’un arbre à l’intérieur, éclairé par un puits de lumière provenant du toit et qui traversera tous les étages. La lumière descendra jusque dans la crypte. Ce puits de lumière sera le symbole de la lumière du Ciel qui vient à nous et de nos prières qui montent vers ce Ciel.

Par ailleurs, un restaurant sera ouvert dans la partie arrière du bâtiment, qui donne sur la rue du Général-Dufour. Prendre un café après une prière, c’est bien. Surtout aux beaux jours, car une terrasse sera installée. Nous voulons donner ainsi d’autres raisons au public de venir dans cette église. Par ce moyen, nous ferons vivre – un peu – le bâtiment, mais ce n’est pas suffisant. Il nous faut une présence permanente. C’est là qu’est né le projet de collaboration avec l’ECR Genève.

Créer en ce lieu une « Maison d’Eglise »

L’ECR va donc descendre de la rue des Granges au Sacré-Cœur pour y prendre ses quartiers. Le bâtiment sera ainsi occupé durant toute la semaine (voir encadré).

Mais ce n’est pas encore assez. Nous allons donc refaire une salle des fêtes. Elle prendra place tout en haut du bâtiment, sous une grande verrière qui éclairera le puits de lumière. Cette salle des fêtes sera mise à disposition non seulement des paroissiens mais aussi de tous les Genevois.

Enfin, la crypte sera transformée en un lieu multimodal destiné à des expositions, des concerts, des conférences.

Il s’agit donc de révolutionner la manière de « faire Eglise », de vivre nos valeurs, de projeter cette Eglise à l’extérieur, de donner des raisons au public de la fréquenter.

Tout cela a un coût. Le bâtiment est assuré à hauteur de 11 millions. Après d’âpres discussions avec les assurances, nous avons réussi à obtenir 8,8 millions. Sur ce montant, 1,3 million est consacré à la déconstruction partielle de l’église. Le projet global est évalué à 20 millions. Le financement n’est pas bouclé, nous sommes actuellement à un montant de 10 millions.

En ce qui concerne l’autorisation de construire, nous venons de recevoir une bonne nouvelle. Le service des monuments et sites vient de donner son feu vert informel, ceci au 15 septembre 2021.
Le projet peut donc lui convenir et nous espérons avoir l’autorisation formelle cet automne et démarrer les travaux immédiatement. »

Une « maison d’Eglise » au service d’une catholicité éclairée

« L’ECR songeait depuis plusieurs années à ériger une Maison d’Eglise accessible et proche des Genevois. Nous avions pensé la créer au Cénacle, dont nous sommes propriétaires. Puis il y a eu cet incendie qui a ravagé le Sacré-Cœur. Il nous a semblé évident de contribuer à la renaissance de ce bâtiment historique auquel les Genevois sont attachés », a fait valoir Dominique Pittet, secrétaire général de l’ECR.

Pour Christian Rivola, l’architecte, « cette Maison d’Eglise est un projet magnifique et complexe, qui a deux volets : un pôle de rassemblement pour les catholiques du canton et un pôle au service de la Cité. C’est un lieu qui doit à la fois favoriser le travail, la prière, la réflexion, l’être-ensemble, le calme et l’ouverture, et qui doit permettre aux individus de se ressourcer, de se nourrir. Nous rêvons d’un bâtiment qui embrasse les personnes, avec des espaces modulables qui peuvent fonctionner ensemble ou séparément, avec différentes variantes qui peuvent permettre l’intimité si nécessaire. Le but est de créer des relations intenses, des nouvelles dynamiques et d’ouvrir le lieu à différents publics ».

L’aménagement de la Maison d’Eglise de Genève porte ainsi l’ambition de la paroisse du Sacré-Cœur et de l’Eglise catholique romaine – Genève (ECR) : concentrer en un seul lieu et dans un esprit d’accueil, de partage et d’ouverture, des personnes qualifiées et engagées dans le développement de projets qui favorisent une démarche spirituelle individuelle et la rencontre de personnes autour de thématiques communes.

Une campagne de levée de fonds auprès du public est donc lancée par l’ECR pour la création de cette Maison d’Eglise, pour un montant total de 2’255’000 francs. Une brochure détaillée est à votre disposition auprès de l’ECR. Vos contacts privilégiés pour cette campagne sont :

Christine Maître, présidente du comité de soutien : 079 203 97 78, c.maitre@cath-ge.ch

Audrey Brasier, responsable Grande Philanthropie : 022 319 43 55, audrey.brasier@ecr-ge.ch

Sabine Mongein, responsable de la collecte de fonds : 022 319 43 57, sabine.mongein@ecr-ge.ch

D’ores et déjà, un tout grand Merci pour votre soutien !

Merci aux bénévoles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

L’Equipe pastorale de l’Unité pastorale (UP) Nyon-Terre Sainte a remercié les bénévoles qui se sont particulièrement occupés de l’accueil des paroissiens lors des messes en période de pandémie par un repas à la buvette de la Colombière le 16 septembre.

PAR ANNE DE TRÉVERRET
PHOTOS : ESTHER BÜRKI

Ils étaient vingt-deux à avoir répondu à l’appel ce soir de septembre pour un temps de convivialité et de partage. « L’Equipe pastorale vous invite. Restez assis, laissez-vous gâter », leur a dit le curé modérateur, l’abbé Jean Claude Dunand, en préambule. Ajoutant : « Merci pour votre engagement du passé qui recommence dès ce dimanche ».

La table avait été joliment décorée par Marie-Agnès de Matteo. Préparé par le curé, heureux de mettre ses dons culinaires au service des bénévoles, et servi par l’Equipe pastorale, le repas était « divin »… Il a été émaillé de nombreuses discussions qui ont apporté leur lot d’histoires, de rires, de découvertes et de partages d’expériences.

Jean Paul II a parlé de « cet élan naturel du cœur qui incite tout être humain à aider son semblable… presque une loi de l’existence ». Un engagement que les bénévoles ont assumé avec joie et le sens de l’accueil. La reconnaissance de l’Equipe pastorale, essentielle, a aidé chacun à garder l’élan du don et de la joie dans la bienveillance et l’amour pour œuvrer à la mission du Christ. Merci, chère Equipe pastorale, pour cet élan du cœur !

L’intimité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2021

TEXTE ET PHOTO PAR GENEVIÈVE THURRE

Caractère de ce qui est intime, très personnel.

Avec la pandémie, de nombreuses familles ont dû se résoudre à enterrer leur proche dans l’intimité et ce fut une souffrance. Pour d’autres familles, c’est un choix délibéré. Quelles que soient les motivations des unes et des autres, elles correspondent à un vécu et elles sont à respecter sans aucune condition.

D’un point de vue sociologique, il est reconnu que les rituels entourant le décès permettent aux proches de faire le deuil. Mais est-ce que les proches sont les seuls membres de la famille ? Je pense qu’on en a tous fait l’expérience : au cours d’une vie, nous rencontrons moult personnes avec lesquelles nous créons un lien particulier qu’il est difficile de décrire par des mots car il est de l’ordre du ressenti : amitié, respect, admiration, haine, que sais-je encore ? La palette des sentiments et des émotions est si vaste. Seuls les protagonistes du lien savent ce qu’ils vivent, ressentent. Nous nous retrouvons là véritablement dans le monde de l’intime.

Les personnes qui accompagnent un mort ont, pour la plupart, un ressenti le concernant, un lien qu’elles seules connaissent. Participer au rite funéraire, quel qu’il soit, leur permet de le conscientiser, le sublimer ou l’exorciser, à terme de faire le deuil. Ce qui reste important, c’est de faciliter l’accès au ressenti à travers des rituels, essentiels à toutes civilisations. Ils participent à notre spiritualité, élément indispensable à notre santé physique et psychique.

Steve Dunn, de la passion du Chant à la vibration de la Foi

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), novembre 2021

PAR ANNE-MARIE COLANDREA
PHOTO : STEVE DUNN

Steve Dunn, dès sa plus petite enfance, a toujours été habité par la musique et de manière indissociable par le chant. Il avait une «bonne oreille»: on lui demandait souvent de préciser les accords pour ses camarades guitaristes et chanteurs. A l’âge de 11 ans, Steve arrive à Genève où il déploiera ses talents musicaux jusqu’à composer des chansons, et à chanter dans un groupe rock. Il choisira de poursuivre ses études en guitare classique, il se formera aussi à l’enseignement. Pour Steve, la direction de chœur manifeste le plaisir du partage : être avec des personnes qui aiment simplement chanter en amateur ou en professionnel, en église ou en concert. Son goût pour la musique sacrée croît et mûrit au fil de ses expériences et de sa formation. Il nous confie : « Pour moi la preuve que Dieu existe est que l’harmonie existe, que la musique existe, et chaque fois que l’on chante, on est en train de louer Dieu. »

Steve affirmera sa formation en direction chorale et en direction d’orchestre au Conservatoire supérieur de Genève (actuel HEM). Il y rencontrera un maître en la personne de Michel Corboz qui demeure pour lui une figure décisive dans l’approche de la musique sacrée et de la direction de chœur. A cette époque, il chante dans l’Ensemble vocal de Lausanne et devient l’assistant du maître. Steve vibre toujours de mille facettes et ne cesse de transmettre sa passion et son art : outre le chœur mixte et la Maîtrise de Sainte-Thérèse, il dirige, avec autant de professionnalisme, trois autres chœurs de Genève à Neuchâtel.

En 2002, il est appelé à la direction du chœur mixte de la paroisse Sainte-Thérèse composé de chanteurs de longue date, dont certains répondent toujours présents. L’atmosphère des répétitions se déroule sous le signe de la bonne humeur avec le plaisir de chanter et d’œuvrer pour vivre de beaux et grands moments de la liturgie. En 2013, il relance la Maîtrise de Sainte-Thérèse avec ce désir de donner aux enfants l’envie de chanter dans l’église. Les enfants de la Maîtrise animent avec Steve, Humberto et d’autres amis musiciens, les messes des familles de la paroisse.

Steve, vous l’avez compris, dévoile plus d’une corde… il est compositeur, il a créé trois messes ; il est fédérateur en participant à la création de la nouvelle Fédération des chœurs Genevois. Il ne manque pas d’initiative et de créativité même en « période covid » et ce grâce aussi aux talents de sa famille : chez les Dunn, la musique et surtout le chant représentent toute une histoire de famille ! Steve résume le vécu de cette dernière année comme un temps pour « réfléchir à ce qui compte dans ma vie : ma famille, mes amis, le chant, ma Foi, ma relation à Dieu… le tout ne faisant qu’un ».

Il souhaite encourager toute personne à chanter, sans hésiter, il y a de la place pour tous. Steve invite à venir, à voir et à vivre une répétition : il en est de même pour les enfants. Chanter ça s’apprend, ajoute-t-il, même si l’on chante faux. Il faut se donner le temps. La patience est l’art du chef de chœur. Le chant, précise-t-il avec enthousiasme, est quelque chose de créé, que l’on recrée avec l’interprétation. Le chef et le chœur se communiquent mutuellement l’énergie de la vie. Partager le sens du beau, permettre l’ouverture vers Dieu – qui s’avère immédiate chez l’enfant – autant de motivations et de passions qui animent Steve et qu’il transmet : « La musique et le chant m’ont aidé à retrouver ma Foi et sans cesse me portent à la vivre. »

Pour en savoir plus : voir sur le site https://saintetherese.ch; et notamment dans la rubrique « instant musical ».

Nous sommes Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Belle célébration d’ouverture de l’année pastorale le 5 septembre à la Colombière : festive, priante, elle nous a permis de prendre conscience que « nous sommes Eglise » – le thème de l’année qui s’ouvre. Etre Eglise, qu’est-ce que cela signifie ? C’est, ouverts au souffle de l’Esprit, communiquer pour bâtir ensemble des communautés où il fait bon vivre et prier. C’est élaborer des projets ensemble pour la joie de tous. C’est nous engager, à notre mesure et selon nos talents, pour une Eglise qui appelle et accueille, une Eglise, aussi, qui répond aux questionnements de nos contemporains – nombreux et profonds.

Le 10 octobre, le pape François a inauguré le synode sur la synodalité, un processus qui durera trois ans. Objectif ? Redonner la parole au peuple de Dieu en réformant la gouvernance de l’Eglise. Reconnaître et promouvoir les compétences des laïcs pour lutter contre le cléricalisme et la rigidité. Synodalité veut dire « marcher ensemble » à l’écoute de l’Esprit pour discerner la volonté de Dieu. « Il s’agit de repenser la structure hiérarchique de l’Eglise pour qu’elle soit au service de la fraternité », écrivent Monique Baujard et Etienne Grieu dans la revue « Etudes » d’octobre. Tout un programme qui nous appelle à retrousser nos manches. Dès aujourd’hui !

Notre Unité pastorale s’est mise en route, manifestant son désir de synodalité, par l’envoi en mission de laïcs lors de la messe de reprise. Beau signe : c’est aux laïcs – en collaboration avec les prêtres – qu’est confiée l’Eglise de demain. Dans une société sécularisée et pluraliste, ils sont en première ligne pour témoigner de l’Evangile. Comment ? Il leur faut écouter le monde de ce temps pour entrer dans les questionnements de leurs contemporains et oser la rencontre et le dialogue pour ouvrir des chemins capables d’articuler le message de l’Evangile avec leurs interrogations. Car annoncer la Bonne Nouvelle, c’est d’abord partager la foi qui nous nourrit avec celles et ceux que nous croisons sur nos chemins de vie – « le centre de gravité de l’annonce de l’Evangile quitte les structures ecclésiales et passe aux  » simples laïcs  » ». En puisant dans l’eucharistie dominicale les paroles et le pain pour la route.

Au fil des mois, l’Equipe pastorale nous proposera aussi trois conférences et trois veillées de prière pour approfondir notre foi et mieux en vivre au quotidien. Autant d’occasions de nous retrouver, de réfléchir et de prier ensemble, autant d’occasions d’être Eglise. Ne manquons pas ces puits où nous désaltérer. Et partager, dans l’audace et l’ouverture, nos projets et nos rêves. Pour la croissance de l’Eglise et la joie de tous.

La prière ouvre à la communion avec les défunts

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2021

L’abbé Rémy Delalay, prêtre de notre secteur, témoigne de la façon dont il accueille les familles qui viennent de perdre un proche.

TEXTE ET PHOTO PAR RÉMY DELALAY

Quand on me demande une sépulture, une des premières questions que je dois poser est de savoir si la famille la souhaite dans l’intimité ou avec toute la communauté paroissiale. De plus en plus souvent, on me répond qu’elle sera dans l’intimité. Je dois alors demander si elle sera à l’église paroissiale, dans la chapelle des pompes funèbres ou dans un centre funéraire. Il était autrefois évident que toute la vie chrétienne se déroulait dans l’église du village : du baptême à la sépulture. De nos jours, l’important est d’accompagner nos défunts de notre prière et de les confier à Dieu avec amour et dignité et cela est possible aussi en dehors de l’église paroissiale, que beaucoup de nos contemporains ne visitent plus forcément régulièrement. Ils en sont donc moins attachés.

Comme il n’y a pas de chorale pour animer la célébration, la famille s’investit et s’implique pour choisir un chant et une musique, pour faire la lecture et la prière universelle et dire quelques mots sur la personne qui nous a quittés. Comme l’assemblée est assez petite, on se sent plus proche les uns des autres, plus en famille, plus en sécurité, les larmes coulent ainsi plus facilement et simplement que dans une grande assemblée qui peut impressionner. Comme prêtre, comme pour une sépulture publique, je tente d’y apporter une parole d’espérance et de consolation en m’adressant directement aux personnes les plus éprouvées qui sont souvent à deux mètres de moi. Cette proximité rend la compassion et l’empathie encore plus fortes. Ma présence est signe de la présence du Christ à leur côté et aussi de la présence de la paroisse dans leur deuil. L’assemblée des fidèles prie en effet à chaque messe pour tous nos défunts. Prier pour les défunts et leurs familles dans la peine et l’épreuve du deuil est une œuvre d’amour et de charité. Même sans présence physique, par la prière et la foi, les paroissiens ont une présence spirituelle auprès des endeuillés.

Une sépulture dans l’intimité se déroule généralement sans la distribution de la communion. Celle-ci aura lieu lors de la messe de 7 e ou du souvenir que beaucoup de familles souhaitent vivre en paroisse. Là, surtout s’il n’y a pas eu de visites à la crypte, les connaissances et les membres de diverses sociétés peuvent s’associer au deuil des proches par une présence amicale et réconfortante.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen.

Tous concernés et consultés… en synode !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), novembre 2021

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTOS : DR

Le 10 octobre, le pape François a ouvert le processus du Synode des évêques 2023, qui porte justement sur le thème de la synodalité, et le dimanche suivant, notre évêque Mgr Morerod a officiellement ouvert la première phase de ce synode qui se vit dans les Eglises locales. Tous les baptisés, membres à part entière de l’Eglise Peuple de Dieu sont concernés et consultés. Faire synode, c’est être ensemble (syn) sur le chemin (odos), nous mettre à l’écoute de la Parole et de l’Esprit Saint pour lire les signes de notre temps.

Un questionnaire est proposé. Vous pouvez y répondre seul, mais mieux encore en famille, en groupe de prières, de lecteurs, d’auxiliaires de la communion, d’accueil, de fleuristes, de chorale, de conseil pastoral, etc. Il s’agit de réfléchir sur notre cheminement en Eglise aujourd’hui, et de discerner quels sont les nouveaux pas que l’Esprit nous invite à accomplir pour progresser dans notre « marche ensemble ». Rappelons que le but du synode n’est pas de produire des milliers de documents, ni de nous focaliser sur le changement des structures, mais bien de cheminer ensemble, dans la prière, l’écoute des Ecritures et le partage entre chrétiens et avec la société, en communion avec les successeurs des apôtres.

Le Pape commence ce processus synodal par une consultation la plus large possible, et notre évêque tient beaucoup à ce que les personnes qui ne fréquentent pas régulièrement nos paroisses puissent donner leur avis. Nous vous invitons à vous rendre sur la page Synode du site diocese-lgf.ch ou à appeler le vicariat
(022 319 43 43) pour recevoir la consultation. Et si vous « cheminez » dans un groupe paroissial, n’oubliez pas d’interroger vos proches et vos connaissances pour élargir cette démarche synodale. Nous sommes toutes et tous concernés et consultés… pour cheminer ensemble, en synode !

Un local tout neuf

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

Le local du groupe de jeunes (GDJ) a une longue histoire, que je me propose de vous conter ici. D’où nous venons, ce que nous avons accompli, où nous allons. Au-delà d’une pièce dans un immeuble, c’est le changement de tout un groupe qui s’opère. Une belle aventure.

PAR STEPHANE BÜRKI
PHOTOS : CHARLOTTE OBEZ, JEAN-PIERRE BÜRKI, CLAIRE ET PIERRE GOTTOFREY

« C’est incroyable ! », dis-je à Charlotte Obez, nouvelle responsable du groupe de jeunes (GDJ), en voyant le fruit de trois jours de travail. « T’as vu ? », me répond-elle. Il faut dire que nous revenons de loin. De très loin même.

Un déclic tardif

Cette pièce a une histoire mouvementée. Elle sert de bureau à Roberto De Col entre 2009 et 2014, lorsqu’il gère le GDJ. A l’époque, on commence déjà à y ranger divers objets, car le lieu s’y prête.

Stéphane Ernst reprend le groupe en 2014, et l’habitude d’y conserver des choses hétéroclites s’intensifie. La table pour les apéritifs utilisée après la messe des jeunes ? Rappelons-nous cette époque sans contrôle à l’entrée, quand nous pouvions partager un agréable moment sur le parvis de la Colombière ! Mettons-le « au bureau de Stéphane » ! Pour ces mêmes messes : que faire des instruments pour l’animation musicale ? Gardons-les « au bureau ». Petit à petit, le lieu se remplit.

Un nouveau départ

L’arrivée de Charlotte Obez, qui a pris la succession de Stéphane en 2021, a permis de dépoussiérer ce lieu. Elle ne voulait pas être « Stéphane 2.0 », mais « Charlotte 1.0 » avec ses objectifs et ses propres expériences. Stéphane nous manquera, ainsi que l’humour et la bonne humeur qui le caractérisaient ; mais nous n’avancerons pas à essayer de l’imiter après son départ, une telle démarche ne pouvant que sonner faux.

Un projet que Charlotte avait en tête depuis longtemps et qu’elle avait à cœur de mettre en œuvre ? Proposer un local qui serait dédié au groupe et qu’il pourrait investir à loisir. La nouvelle animatrice du GDJ propose donc aux membres des deux anciens groupes de jeunes de rénover ce qu’on appelle encore le « bureau ». Nos effectifs sont – à l’époque déjà – limités, et avec de nouveaux universitaires, des départs sont à déplorer.

Une équipe petite mais déterminée se forme autour de Charlotte: Audrey Boussat, membre du vieux GDJ, Samantha Minitti, membre du GDJ « jeunes » depuis sa confirmation et le narrateur de cette belle aventure, Stephane Bürki. C’est là la joyeuse troupe qui composera le groupe de refonte du GDJ. N’oublions pas les aides ponctuelles qui se sont révélées absolument nécessaires !

Rénovation jour un

Mercredi 4 août 2021. Un matin pluvieux – qui s’en étonne ? – ouvre trois jours de rénovation. Au programme : mise à la déchetterie des meubles superflus, tris divers, peinture des murs, du bar et de son étagère assortie, réameublement (recherche de canapés, table, chaises, réfrigérateur, étagères, etc.).

Ce premier jour peut être résumé en un mot : tri. Tri des papiers, des contenus des tiroirs, des armoires, des étagères ; tri des meubles : que garder, que jeter ? Et un premier voyage à la déchetterie. Avec une organisation légendaire, nous manquons la fermeture d’avant midi de la déchetterie de Gingins; nous devrons aller à Founex. A notre retour, c’est le canapé que nous avons adopté. La comparaison entre le matin et le soir mérite d’être faite en images.

Rénovation jour deux

Une météo grisâtre nous accueille pour poursuivre le travail : enlever le canapé restant, trop large pour passer par l’entrée « habituelle » (qui donne sur la rue), mais qui nécessitait une clef sans double que nous n’avions pas jusque-là.

Ensuite, nous franchissons un pas qui se révélera décisif : la peinture. Je serai franc : je n’étais pas favorable à l’idée de mener, en plus de ce qu’il y avait à faire, des travaux de peinture, de surcroît pour avoir des murs de coloris différents. Je le reconnais : j’avais tort tant le résultat et le cheminement qui y a conduit se sont révélés plaisants.

Rénovation jour trois

Dernier jour de cette aventure. Il reste les finitions de peinture à contrôler, mais avant tout, c’est l’aller-retour chez le géant jaune et bleu qui nous occupe. On peut affirmer sans trop de crainte que ces magasins sont des labyrinthes et qu’en sortir sans y passer des heures est ardu. Or, nous aurons réussi à ne pas y passer plus d’une heure entre notre entrée et notre sortie, ce qui est à souligner ! Une fois revenus la table en main, nous entamons la dernière ligne droite, qui se révélera ne pas être si rectiligne…

Nous sommes sortis en moins d’une heure du labyrinthe jaune et bleu, certes, mais c’était sans compter sur une erreur : la taille des étagères… « Ça fait vraiment un mètre quarante, ça ? », demandai-je à Charlotte. « Euuuuuuh non, en effet »,
me répond-elle avec un regard médusé. Nous venions de nous rendre compte que nous avions choisi une mauvaise taille d’étagère, ce qui allait ralentir la fin des travaux. Malgré tout, après un second aller-retour à Aubonne, le local a pris une forme très proche de celle qu’il a aujourd’hui.

 

L’inauguration

Vendredi 10 septembre, 19h. Nous sommes une vingtaine pour l’inauguration officielle et la bénédiction du local par le curé modérateur, l’abbé Jean-Claude Dunand. Adultes et jeunes réunis pour voir ce qui était un « bureau » devenu le « local » pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du GDJ. Un chapitre jalonné de belles aventures, de « gaillardes escapades », pour reprendre le mot de Montaigne.

Quand «enterrer dans l’intimité» n’est pas un choix

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), novembre 2021

Enterrer dans l’intimité était déjà une pratique de plus en plus répandue ces dernières années, mais la pandémie a créé une nouvelle situation, lors du confinement, avec des mourants hospitalisés que leurs proches ne pouvaient pas accompagner et des enterrements dans une grande solitude.

PAR GABRIELLE, ANNICK, JEANINE ET LÉONIDAS | PHOTOS : MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

Une situation déroutante

Perdre un proche est toujours un événement douloureux à vivre, surtout dans les jours qui entourent le décès. Mais, si l’on peut dire, la situation telle qu’elle se présentait au moment du décès de ma sœur, en automne 2020, a été rendue plus difficile par l’impact très violent de l’épidémie de Covid. A ce moment-là, la peur dominait. Il y avait de grandes restrictions pour approcher la personne qu’on savait à l’hôpital, en soins intensifs et en danger de mort. Pas d’au revoir donc. Plusieurs membres de la famille étaient en quarantaine et eux-mêmes en souci pour leur santé. Lorsque l’inéluctable a été annoncé, les visites à la crypte étaient réparties sur plusieurs heures afin que les gens se croisent le moins possible. La famille a vécu un grand moment de solitude lors de la messe d’ensevelissement, dans l’intimité, où l’absence de la famille élargie, des nombreux amis et amies, des gens du village s’est fait sentir. En temps normal nous aurions apprécié de parler avec les gens qui ont connu et aimé la défunte, de recevoir leurs témoignages d’affection et leurs encouragements. Une situation bien déroutante que nous avons pourtant dû accepter dans la confiance en Dieu.

Gabrielle

Une trop stricte intimité

Au mois de novembre, nous avons perdu notre papa. Notre maman s’en est allée en février, la séparation était trop difficile pour elle. Deux enterrements dans la plus stricte intimité. Une de mes sœurs et sa famille vivent au Canada, il était impossible pour eux de venir, c’était une douleur supplémentaire. Cette trop stricte intimité nous a empêchés de rendre l’hommage qu’on aurait aimé. A la douleur de perdre nos parents s’ajoute le désarroi d’être privés de toute possibilité de se retrouver entre proches pour se réconforter. Pas question de s’embrasser, de se passer la main dans le dos, de se serrer la main : ces gestes de réconfort, qui viennent naturellement lorsque surgit l’émotion, sont proscrits. Malgré cela, nous nous sommes sentis entourés différemment, par la prière, des cartes, des téléphones, des fleurs…

Annick

Encourager les funérailles dans l’intimité ?

Avant la Covid, la célébration dans l’intimité pouvait s’expliquer par plusieurs raisons : les raisons financières, familiales et religieuses. A cela s’ajoute la perte de repères sur la vraie vision de la vie et de la mort.

En ce temps de Covid, les enterrements dans l’intimité sont très nombreux et le seront encore davantage dans le futur. En effet, les gens ont vu qu’on peut bien simplifier le rite, y faire participer peu de gens ; néanmoins, il amoindrit l’aspect communautaire et social : l’homme est un être relationnel et le fait de se voir entouré d’amis et de connaissances aide à faire le deuil.

La liturgie pâtit de cette célébration : pas de chants, quelquefois pas de messe. Elle favorise l’individualisme, crée des frustrations en famille et nous interpelle : comment, en pastorale, favoriser les célébrations d’enterrement ouvertes au public, après la Covid ?

Abbé Léonidas Uwizeyimana

L’amour est plus fort que la mort

« La mort n’est pas la nuit, au contraire elle déchire les ombres, elle ne sépare pas,

elle unit dans le cœur de Dieu ceux qui se sont aimés véritablement. »

Pour mon mari et moi la mort n’a jamais été un sujet tabou. Nous en parlions naturellement, sans aucune peur ni amertume. Ensemble, depuis plusieurs années, nous avions noté nos souhaits pour la célébration des « à Dieu ».

Hélas, la Covid a dicté sa triste réalité. Les restrictions imposées, les gestes barrières, n’ont pas permis de l’accompagner ni de lui offrir la messe qu’il aurait souhaitée. Ce fut douloureux pour moi et toute notre famille de vivre un deuil dans de telles conditions.

Néanmoins, bien que profondément peinée par la séparation et par la manière cauchemardesque de lui dire au revoir, j’ai très vite compris que pour retrouver la paix intérieure, je devais dépasser ces émotions trop humaines et m’accrocher à l’Essentiel. Je crois aux promesses de Jésus. Donc je sais où est mon mari désormais. Le connaissant tellement bien, il me semble l’entendre me dire : « Près de Dieu, je vis heureux et comblé, ne m’attriste pas en cheminant larmoyante et déprimée. »

De plus, je perçois toujours sa présence à mes côtés, grâce au fil rouge magique qui nous relie désormais : la prière. Ainsi, avec son aide et la grâce de Dieu, je continue ma route pacifiée, confiante et sereine.

Jeanine

Trois questions à… Marianne Delporte

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), novembre 2021

PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : THIERRY SCHELLING

Marianne, catéchiste à Saint-Joseph, quel bonheur de tavoir ! Comment es-tu arrivée dans cette paroisse dans le fond ?

Je suis arrivée dans cette paroisse il y a 20 ans lorsque jeune mariée j’ai emménagée aux Eaux-Vives. A l’époque, je n’allais pas souvent à la messe mais de chez moi, j’entendais les cloches de Saint-Joseph sonner le dimanche matin, et elles m’ont attirée vers elles. Puis, les prêches de Thierry Fouet me touchaient au cœur à chaque fois, ce qui a rallumé le feu de la foi en moi.

Comment vois-tu en quelques mots les enfants daujourdhui, spécialement dans le cadre de ta catéchèse ?

Ce sont des enfants qui savent ce qu’est le libre arbitre de par leur éducation libérale : ils sont habitués à faire des choix tout jeunes donc il est impossible d’être dogmatique et c’est parfait puisque aimer Dieu se choisit mais ne s’impose pas.

Ainsi, les accompagner sur le chemin de la foi est passionnant car ils se questionnent beaucoup mais en même temps, ils ont soif de l’amour de notre Père et aspirent tant à un monde meilleur. Or, la Trinité est un concept abscons et lointain pour eux. A nous de leur montrer sa proximité par la prière et la lecture de la Bible, leurs deux seules armes pour devenir meilleurs.

Que souhaiterais-tu dire à la communauté de Saint-Joseph ?

Je suis très heureuse de faire partie de cette communauté avec laquelle j’avance sur mon chemin de foi depuis 20 ans. Je suis particulièrement attachée à notre église Saint-Joseph qui est pour moi un cocon ouaté où se recueillir quand la ville grise et stressante me fatigue. C’est comme un phare au milieu de la tempête.

Une année pour faire Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

La messe d’ouverture de l’année pastorale, dimanche 5 septembre à la Colombière, et non à l’abbaye de Bonmont, pandémie oblige, a réuni les communautés de notre Unité pastorale (UP) dans une même prière sur le thème «Nous sommes Eglise». Elle a conjugué lancement de l’année pastorale 2021-2022 et envoi en mission de laïcs engagés sur l’UP.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : PHILIPPE ESSEIVA

En signe de communion entre les communautés de l’Unité pastorale Nyon-Terre Sainte (UP) et les communautés linguistiques, dix cierges ont été allumés sur l’autel en ouverture de la célébration. Gland, Founex, Crassier, Saint-Cergue, Begnins, Nyon et les communautés coréenne, lusophone, hispanophone et italophone étaient ainsi représentées et unies par la même lumière.

L’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, a ensuite ouvert l’année pastorale par une réflexion sur le thème choisi, « Faire Eglise » : « Depuis le début de la pandémie, nous sommes affectés par la difficulté de faire Eglise, empêchés de vivre nos rassemblements, habités par la peur de l’autre qui est susceptible de nous transmette le virus, contraints parfois à devoir participer à la prière eucharistique via un écran… » L’inquiétude est là, certes, mais « cette situation de manque ne devrait-elle pas au contraire susciter un désir plus ardent ? Sommes-nous suffisamment ancrés en Christ pour que cette épreuve soit l’occasion de renouveler notre espérance et notre motivation à faire Eglise ? C’est cette ouverture au souffle de l’Esprit que l’Equipe pastorale souhaite favoriser pour cette nouvelle année pastorale ».

Dédicace, soirées, veillées

Une année qui sera jalonnée d’événements importants dont la dédicace de la nouvelle chapelle de Gland avec la consécration de l’autel, dimanche 13 février, par l’évêque, Mgr Charles Morerod, « un événement central susceptible de nous donner un nouvel élan ». Un rituel proche de celui du baptême : « Les baptisés, par la régénération du baptême et l’onction de l’Esprit Saint, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint. » Baptisés, nous sommes habités par la présence de Dieu et nous recevons la vie de l’Esprit.

Le baptême est un trésor à accueillir. Pour aider les paroissiens à en prendre conscience, l’Equipe pastorale organise six temps forts répartis sur l’année : trois conférences – « L’Eglise, corps du Christ », « Vivre l’Eglise en coresponsabilité » et « Marie, mère de l’Eglise, modèle de la communion des saints » – et trois veillées de prière sur les thèmes des conférences à Gland, Nyon et Founex. « Que l’Esprit nous guide durant toute cette année pastorale : nous sommes Eglise » a lancé le curé.

Envoyés en mission

La célébration a aussi vu l’envoi en mission de laïcs engagés sur l’ensemble de l’UP. En lien avec l’Equipe pastorale, le curé a confirmé la création du Groupe solidarité. A partir de témoignages de personnes en précarité et de partages de vécus en pastorale sociale, il s’agira de développer une connaissance concrète sur la question de la précarité; sur la réalité sociale de notre région, les besoins actuels, les ressources déjà en place; sur la place faite au pauvre dans la vie de l’Eglise ; et de dégager des pistes pour l’action. Sont membres du groupe, placé sous la responsabilité de Françoise Gariazzo : Evelyne Pintado, Thérèse N’Galula, Gennaro Larucci, Marie-Josée Desarzens et Olivier Minniti.

L’abbé Dunand a annoncé l’engagement de Charlotte Obez par Mgr Morerod à 50% pour une année de discernement au sein du service de la pastorale jeunesse dans l’UP ; l’engagement d’Emmanuel Milloux par l’évêque comme assistant pastoral à 70% pour la catéchèse de l’adolescence et des projets en lien avec l’Equipe pastorale ; l’envoi en formation de Sandrine Minniti par Mgr Morerod à la FAP (formation des agents pastoraux) pour trois ans.

Il a confié à Esther Bürki le mandat de coordinatrice responsable de la catéchèse dans l’UP et celui de référente pour les projets œcuméniques sur le territoire de l’UP ; et à Marie-Agnès de Matteo le mandat de responsable de la pastorale des baptêmes et la mise en place du pôle spiritualité à Nyon en lien avec l’équipe de Lausanne. Ce pôle développera pour la région un lieu d’écoute, de formation et d’accompagnement spirituel. L’abbé Dunand a confié à Blandine Leyvraz, accompagnée de Marinette Maillard, aumônier en pastorale spécialisée, la mise en route d’un parcours pour personnes en situation de handicap. Enfin, il a nommé Audrey Boussat corédactrice responsable du magazine « L’Essentiel » aux côtés de Geneviève de Simone-Cornet.

S’écouter et communiquer

Dans son homélie, le curé modérateur a souligné que la guérison par Jésus d’un sourd en territoire étranger, dans la Décapole, épisode raconté dans l’évangile de ce dimanche, marque « son attention et sa proximité avec les infirmes et les malades même s’ils n’appartiennent pas au peuple élu ». « En faisant entendre et parler correctement le sourd-muet Jésus l’ouvre, il le sort de son isolement et le fait entrer dans le monde de la communication. »

« Par cette guérison, Jésus nous montre qu’il vient restaurer notre monde aux prises avec toutes sortes de souffrances », qu’« il nous rend capables d’entendre et de parler ». Et « c’est une grâce de pouvoir entendre Dieu, qui a tellement à nous dire, et aussi les appels des personnes qui souffrent et les bons mots des gens heureux. C’est une grâce de pouvoir exprimer notre foi, notre admiration, notre amitié et ce qui nous tient à cœur. Entendre et parler sont des dons merveilleux qui nous permettent de sortir de notre isolement et de communiquer. »

Et nous ? Nous souffrons d’un handicap auditif « lorsque nous prêtons une oreille complaisante aux préjugés, aux racontars, aux propos inutiles et superficiels ». « Il nous arrive aussi de nous boucher les oreilles pour ne pas entendre une parole de vérité, les échos des vrais problèmes et les appels au secours. » Et bien souvent, « nous ne trouvons pas les mots pour témoigner de notre foi », atteints « d’une forme d’aphasie quand il s’agit de dénoncer le mensonge et l’injustice ou de dire des mots d’encouragement et de félicitation ». Car « nous avons tous besoin d’être guéris de notre surdité et de notre mutisme, a relevé l’abbé Dunand. Par les sacrements, qui sont des gestes concrets et sensibles, le Christ ressuscité lui-même nous rejoint et nous guérit maintenant, comme il l’a fait jadis pour le sourd-muet ».

Alors communiquons entre nous « pour réussir nos projets, pour bien bâtir ensemble et rendre nos communautés vivantes. Sachons nous écouter afin d’être à l’aise pour exprimer nos idées et partager nos rêves. Ayons un peu d’audace ! ».

La célébration s’est terminée par la bénédiction et l’envoi en mission des treize personnes ayant reçu une mission au service de l’UP.

Alba: de l’espoir pour l’Albanie !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Bernard et Chantal Falcetti sont des habitués du Vallon de Champex. Ils y ont fait leur nid et y ont de nombreux amis. Ce n’est que depuis juin 2018, après avoir passé des années à «penduler» entre la ville de Lancy (GE) et la banlieue bovernione (Crêtet), qu’ils ont choisi de vivre ici à l’année. Déjà très engagés dans leur communauté chrétienne de Lancy alors qu’ils y vivaient, Bernard et Chantal ont récemment accepté de prendre part à la vie de la paroisse de Bovernier, Chantal en tant que membre du Conseil de communauté. Ils assument par ailleurs tous deux la conduite d’une association nommée «Alba, de l’Espoir pour l’Albanie» qui propose d’assurer un secours matériel à la population défavorisée de ce pays.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : ASSOC. ALBA

Bernard et Chantal, vous êtes nés à Genève, Chantal avec des grands-parents originaires de Vens et Bovernier. Alors que vient faire l’Albanie dans votre histoire ?

Le destin a voulu que, lorsque nous préparions la confirmation avec un groupe de jeunes très motivés, une sœur de St-Vincent-de-Paul de notre paroisse a rencontré, lors des JMJ de Paris, Sœur Tonja d’Albanie qui lui a fait part de toute la détresse des familles auprès desquelles leur communauté procurait de l’aide. De retour à Genève, lors d’une réunion, Sœur Louise Pittet était à table avec Chantal et tout est parti de là.

Avec qui travaillez-vous ici en Suisse ? Et sur place en Albanie, qui sont vos contacts ?

Nous avons commencé par des envois de médicaments. Après deux voyages sur place avec les jeunes, nous nous sommes mis à récolter du matériel que nous trouvions sur les trottoirs avant le ramassage pour la déchetterie. Nous avons trouvé la fondation « Transpaid » qui effectuait des transports humanitaires, ce qui nous a permis, pendant plus de dix ans, d’envoyer un à deux camions par année directement chez les sœurs à Dürres, qui avaient un grand local et assuraient la distribution. Nous avons alors créé une association afin de pouvoir récolter des fonds. Depuis lors, Jean-Pierre Fournier, avec son camion, a pris la relève et assure les transports jusqu’à Shkodër où se trouve la nouvelle maison provinciale des sœurs et où nous avons pu, grâce aux dons, faire construire une grande dépendance qui sert d’entrepôt pour notre matériel et de lieu d’accueil pour les défavorisés.

Notre petite équipe de bénévoles fidèles depuis plus de vingt ans a été renforcée depuis notre venue en Valais par une équipe des pompiers de Bagnes qui faisait de l’entraide en Roumanie.

Qu’est-ce qui vous a décidés, votre époux Bernard et vous-même, d’accepter de prendre une part plus active à la vie paroissiale ?

En devenant « Bovernions », nous avions envie de nous intégrer au village et à ses activités.

N’étant plus rattachés à la paroisse du Grand-Lancy, tout naturellement, nous nous sommes tournés vers la paroisse de Bovernier où nous avons offert un peu de notre temps. Nous avons été très bien accueillis et facilement intégrés.

La paroisse et l’engagement humanitaire : comment reliez-vous les deux engagements ?

Quelques mots suffisent : suivre le Christ et les chemins où il nous envoie ! Un projet d’intégrer les confirmands dans notre action ainsi qu’une conférence avec projection d’un film pour expliquer notre action sont en préparation et nous nous réjouissons de cela !

Quels sont les problèmes et les besoins des gens dans cette région des Balkans ?

Ils sont multiples, car l’Albanie est passée d’une dictature communiste ayant refusé tout contact avec l’extérieur, à un système ultralibéral gangrené par la corruption et sans aucun filet équitable de protection sociale pour les plus défavorisés qui vivent dans une grande précarité. Il y a certes des progrès grâce à un potentiel touristique et à une ouverture à diverses entreprises étrangères qui profitent, souvent avec excès, d’une main d’œuvre bon marché. Les denrées alimentaires, les équipements médicaux, sanitaires, le petit mobilier, l’outillage, le linge de maison, l’habillement constituent les principaux besoins. Si tout ou presque peut se trouver sur place, les prix sont inaccessibles pour une partie de la population très pauvre, en particulier sur le plan de l’accès aux soins. Voilà pourquoi, nos envois et parrainages sont toujours indispensables. Nos envois doivent aussi être respectueux et ce que nous envoyons doit être en bon état et propre. Il est très important que tout soit bien noté pour que les sœurs puissent rapidement trouver ce qui correspond aux familles qui viennent directement leur demander de l’aide où pour savoir ce qu’elles doivent prendre pour leur apporter directement.

Où trouvez-vous le matériel ?

Par le biais du bouche-à-oreille, des personnes nous contactent et nous apportent des biens. Nous pouvons aussi aller les chercher, dans la mesure de nos possibilités. A trois reprises, des EMS nous ont fait don de chambres complètes avec lits électriques. Nous avons alors acheté des matelas médicalisés neufs, ce qui a permis d’équiper des hôpitaux. Cependant, pour cela, nous avons aussi besoins de dons et cotisations, car un transport nous coûte entre Fr. 5000 et Fr. 6000.–. Selon les demandes précises des sœurs, nous achetons aussi du matériel neuf ou nous leur permettons d’en acheter sur place. Les parrainages sont destinés à l’aide alimentaire, car la faim est un réel problème que nous constatons lors de nos voyages sur place. Lors de ceux-ci, nous achetons des denrées alimentaires et des produits d’hygiène et nous les distribuons directement, ce qui nous permet de nous imprégner de la misère, mais aussi de vivre des échanges d’une grande richesse.

 

Comment peut-on vous contacter pour offrir un don ? du matériel ?
Vous pouvez nous joindre par téléphone au 076 320 95 82 par e-mail cfalcetti@protonmail.com ou en consultant notre site groupe-alba.ch

Pour vos dons:
IBAN CH08 0078 8000 S328 2023 7 en faveur de Association Alba,
C/O Chantal Falcetti, Crêtet 34,
1932 Bovernier

Vendredi 19 novembre à 19h30
Conférence et film sur l’association à la salle communale de Bovernier

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