Par Thierry Schelling | Photos : Chrystophe Rakotondranaivo
Que confier à nos jeunes en Eglise ? Pire : « Vous êtes l’Eglise de demain ! » Archi-faux : c’est aujourd’hui et maintenant qu’ils se rendent disponibles pour, par exemple, servir la messe – je les appelle plutôt des « auxiliaires d’autel » au lieu du vieillot « servants de messe ». Et donc, aujourd’hui, pour certains, à la veille de leurs longues études, pour d’autres, en fin de Cycle ou de Collège, ils viennent à St-Jo aux messes du week-end. Et s’intéressent à plus : c’est pourquoi James et Jean-Paul, Mihantatia et Pierre (photo) ont reçu leur mandat de l’évêque comme « ministres extraordinaires de l’eucharistie ». Miaro et Lorin l’ont également reçu et tous rejoignent Anstena, Aiwshu, Gerome et les autres. Toutes et tous… « ministres extraordinaires » !
Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur Photos : Georges Losey
A Pâques, la liturgie nous propose des textes bibliques spécifiques. Nous nous plaçons au tombeau vide avec les femmes de l’entourage de Jésus et ses disciples. Nous nous encourageons aussi par leur témoignage suite aux rencontres avec le Ressuscité.
Cependant, toute la Bible est pleine de messages sur la vie au-delà. Prenons comme exemple le texte du buisson ardent (Exode 3, 2. 6) auquel se réfère Jésus lui-même répondant aux Sadducéens qui lui tendent un piège : De qui sera-t-elle femme à la résurrection ? (Lc 20, 27-38 ; Mc 12, 18-27 ; Mt 22, 23-33).
Ce passage nous dit que nous vivrons après la mort : Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu des VIVANTS ! Nous apprenons également que notre condition de ressuscités sera complètement différente : Quand on ressuscite […] on ne se marie plus.
Toute la Bible nous apprend que la résurrection, c’est le renouvellement de toutes choses et avant tout celui de notre être. La résurrection est une recréation avec un autre mode d’existence. Elle met en doute tout le principe de la fatalité. Mais elle exige la foi en Dieu car elle n’est pas un processus naturel. Elle est acte de Dieu.
Croire en Dieu, c’est croire que notre réalité ne se limite pas à ce qui est matériel. N’est-ce pas que toute pensée concernant Dieu commence par l’accueil de la vérité que rien n’est impossible pour Lui ?
En Dieu notre être est transformé, transfiguré. C’est par notre résurrection que nous devenons vraiment nous-mêmes. Notre vie vient de l’Eternel et elle va vers l’éternité. La valeur infinie de l’homme c’est sa vie sans fin.
Pèlerins d’Espérance, nous tissons notre éternité ici et maintenant par le don de soi inspiré par l’Amour !
Me voilà, plume à la main, après presque quatre ans d’heureux services à la paroisse Sainte-Thérèse de Genève. Me rendant à la messe depuis l’enfance – initialement à la paroisse hispanophone du Sacré-Cœur – ce n’est qu’à 23 ans qu’il me fut proposé de m’engager dans le service de la messe à l’initiative du père Thierry Fouet, pour remplacer l’ancien responsable des servants, que j’ai connu sous le nom de François, en partance pour son séminaire de prêtrise à Fribourg. Une courte initiation et mes premiers pas dans la liturgie devaient marquer le début de mon engagement. Seigneur, serai-je à la hauteur ?
L’appréhension des premiers pas laissa heureusement place à l’émulation du départ et au rythme de la marche. A chaque temps liturgique, son lot d’apprentissages et de défis, avec le sentiment de comprendre toujours mieux que derrière chaque geste, chaque rite, se cache un sens… à découvrir pour mieux grandir, à découvrir pour mieux servir.
Comme tout chemin, le service nous mène à la croisée des routes et des rencontres. Des célébrants, des sacristains, des bénévoles, des lecteurs, des enfants, des parents. Il est alors fascinant de voir se métamorphoser par le service au fil des mois de jeunes gens de 7 à 15 ans, de leurs premiers pas crispés, hésitants et dépendants, à une démarche souple, responsable et sûre. Je constate alors une portée additionnelle du service de l’autel : un véritable processus d’autonomisation par lequel les enfants se familiarisent pour la première fois non plus avec le devoir de suivre des instructions d’adultes comme à l’école, mais avec le plaisir d’endosser une part active de responsabilité devant et avec les adultes du chœur et de l’assemblée.
Les imprévus qui se présentent durant le service sont aussi formateurs. C’est l’occasion d’apprendre les vertus de l’écoute, qu’il est possible de garder son calme et de réagir avec sérénité aux inattendus de la vie. Un pas de plus sur le chemin de l’apprentissage.
Marcher dans le service de la liturgie, comme sur un chemin de foi. On y apprend que le mouvement du corps, des gestes et des rites est aussi mouvement de l’âme. Alors, « La première en chemin, marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi, ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu. »
Deux postes sont à repourvoir au sein du Conseil de la paroisse Saint-Laurent Estavayer. Deux membres émérites – nous y reviendrons dans une prochaine édition – ont en effet annoncé leur démission lors de la dernière assemblée paroissiale. Il s’agit de Mme Christiane Volery, d’Aumont et de M. Alexandre Duc, de Cheyres.
Une double élection complémentaire est agendée au dimanche 22 juin.
Les personnes intéressées sont priées d’adresser leur candidature jusqu’au 12 mai à 12h à l’adresse du secrétariat paroissial, rue Saint-Laurent 9, à Estavayer.
Pour être éligible, il est nécessaire d’être domicilié sur le territoire de la paroisse, de remplir une liste avec 1 ou 2 noms et de récolter les signatures de 20 paroissiens ou paroissiennes qui soutiennent votre candidature.
Etre candidat ou candidate implique évidemment de s’intéresser à la vie de la paroisse, d’avoir une certaine disponibilité pour assister aux séances du Conseil (en principe toutes les trois semaines, sauf durant l’été) et d’assumer un des dicastères que les membres du Conseil se répartissent entre eux. Il peut s’agir des finances, du suivi de chantiers de rénovation des bâtiments paroissiaux, de diverses représentations dans des organes, etc. (cjy)
Les documents nécessaires ainsi que des informations complémentaires peuvent être obtenus au secrétariat paroissial, tél. 026 663 81 18 ou par mail : info@paroisse-st-laurent-estavayer.ch N’hésitez pas à prendre une part active à la vie de la paroisse en étant candidat ou candidate ! (com/cjy)
Alors que d’après un rapport des Nations Unies de 2022 plus de 828 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la sécurité alimentaire reste un défi crucial pour l’avenir de l’humanité. Cette table ronde propose une réflexion approfondie sur les enjeux du droit à l’alimentation, en intégrant des perspectives globales et locales.
La Campagne œcuménique de Carême organise une table ronde autour du « paradoxe de la faim », le mercredi 2 avril à 18h30 à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), Chemin Eugène-Rigot 2, 1202 Genève.
Cette table ronde explorera notamment :
– Le droit à l’alimentation comme droit humain fondamental et les obligations des Etats pour garantir ce droit, avec l’expertise de Christophe Golay, Senior Research Fellow à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève.
– L’agroécologie comme solution durable face aux défis alimentaires et climatiques, avec un focus sur la République démocratique du Congo, présenté par Germain Nyembo Kasendue. Il est économiste spécialisé en agriculture, Coordinateur des programmes d’Action de carême en République Démocratique du Congo.
– La discussion mettra en lumière des initiatives concrètes, des solutions durables et des synergies possibles entre différents acteurs pour garantir un avenir où chacun aura accès à une alimentation suffisante, saine et durable.
… Pour « écouter » sainte Thérèse
Spectacle musical, Sainte-Thérèse : Ma petite voix, autour des textes de sainte Thérèse, écrit, interprété et mis en scène par Mathilde Lemaire.
Le jeudi 3 avril à 20h à l’église Sainte-Thérèse. Durée 1h20
Ce spectacle musical fait suite à la sortie en mars 2017 chez le Label ADF-Bayard d’un album autour de 13 poèmes de sainte Thérèse de Lisieux, interprétés par la chanteuse Mathilde Lemaire et le pianiste Bertrand Lemaire.
Ce spectacle propose plusieurs chants de l’album en fil rouge avec d’autres œuvres de variété et sacrées de compositeurs français contemporains de Thérèse (Fauré, Gounod, Saint-Saëns, etc.), des chants en partage avec le public, des lectures de poèmes et des anecdotes sur la vie de Thérèse Martin. Un diaporama de photo illustratif et quelques surprises musicales et visuelles seront aussi proposées.
Par l’abbé Darius Kapinski Photo : Pierre Bondallaz
Depuis le IVe siècle (temps de l’empereur Constantin), les chrétiens peuvent se rendre à Jérusalem, et surtout lors de la Semaine sainte, refaire le chemin que le Christ avait parcouru les jours précédant sa mort.
Les franciscains, gardiens des lieux saints depuis le XIVe siècle, organisent à Jérusalem, sur la Via Dolorosa, les exercices spirituels pour les pèlerins. Les mêmes célébrations se sont étendues dans le monde entier. En plein air ou dans les églises, on a installé des séries de tableaux, statues, croix… qui évoquent des scènes marquantes du chemin du Christ vers le calvaire. Les fidèles prient et méditent en s’arrêtant aux quatorze stations.
Nous vous invitons à vivre le chemin de croix dans les rues d’Estavayer-le-Lac le vendredi 11 avril prochain, à 18h. Rendez-vous devant la chapelle de l’HIB.
Vous trouverez plus de précisions dans les feuilles et annonces dominicales.
Le nombre d’événements violents à visée politique ou idéologique est en augmentation dans le monde depuis plusieurs années. Lors d’une conférence au Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), le criminologue Ahmed Ajil a tenté de décortiquer les mécanismes à l’œuvre dans le processus de radicalisation vers la violence.
Ahmed Ajil.
Par Myriam Bettens | Photos : GTD, DR
Voiture-béliers, attaques à l’arme blanche, fusillades… Ces événements meurtriers sont en augmentation en occident selon les chiffres de la Global Terrorism Database (GTD), une banque de données recensant tous les faits de terrorisme dans le monde de 1970 à 2020. Ces actes meurtriers sont souvent menés sous couvert de justification religieuse ou idéologique, mais qu’est-ce qui pousse ces individus à la radicalisation vers la violence ?
Cette interrogation a fait l’objet des recherches d’Ahmed Ajil, docteur en criminologie à l’Université de Lausanne. Pour essayer de décortiquer les mécanismes qui mènent à la violence, il est allé à la rencontre de djihadistes, d’anciens d’Al-Qaïda, mais aussi de simples militants, en Suisse, au Canada et au Liban. Il était l’invité, courant février, du Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) pour une conférence publique dans le cadre de la formation Divers-Cités, qui a pour but de « renforcer les compétences en médiation et en communication interculturelle, essentielles pour des interactions respectueuses et avisées dans des contextes de pluralité religieuse ».
Du positif dans la radicalité
« Le sujet est complexe, il faut donc garder certaines nuances », lance d’emblée Ahmed Ajil. Le conférencier, aussi chercheur à l’Université de Lausanne et spécialiste des questions de contre-terrorisme, de radicalisation et des violences politico-idéologiques en lien avec le monde arabe, affirme encore : « La radicalisation est un phénomène positif. La société a besoin de radicaux, car c’est souvent ces personnes qui changent le cours de l’histoire. Ce qui est problématique, c’est lorsqu’on instrumentalise une cause pour des intérêts idiosyncratiques ». Ses recherches de terrain ont démontré « le profond sentiment d’injustice » à la racine de toute mobilisation. Cette dernière passe par trois phases clés : l’identification, l’appropriation et la responsabilisation face à cette injustice. Toutefois, Ahmed Ajil décrit l’engagement vers la violence comme une étape ultérieure à celle de la mobilisation, qui requiert des facteurs additionnels de types contextuels, une disponibilité biographique et un « certain goût pour la radicalité ».
La religion ne fait pas tout
Pour le criminologue, la religion joue, certes, un rôle dans le passage à la violence. Elle apporte aux acteurs de ces violences un lexique religieux de légitimation, une identité et une mémoire collective, ainsi qu’une sacralisation des actes commis. Or, Ahmed Ajil souligne la dialectique constante entre le domaine politique et le religieux. D’ailleurs, il déplore une tendance à séparer ces deux pôles pour ne prendre en compte que le facteur religieux, alors que l’aspect politique est souvent le déclencheur de toute mobilisation. Egalement actif dans la recherche sur le contre-terrorisme, le conférencier estime aussi que cette lutte se focalise trop sur la prévention de l’acte lui-même. « On va chercher des signaux faibles d’une radicalisation potentielle et les personnes ou les groupes le plus facilement associés avec ces phénomènes-là [les communautés musulmanes, ndlr.] payent le prix d’un « surplus de sécurité » ». De plus, « cela réduit l’espace pour l’expression de l’indignation. Les gens ne s’engagent plus, car dès que l’on se mobilise dans un registre politique – avec en plus une identité musulmane – cela devient suspect. »
A l’appel de notre évêque et pour faire suite à la session diocésaine du 7 mai 2024 à Genève, toutes les personnes engagées bénévolement ou professionnellement en pastorale étaient invitées à répondre à l’interpellation « Osons le changement ! Et maintenant que faisons-nous ? »
C’est Florence Murphy-Huber, d’Estavayer, membre de l’équipe de formation de l’Eglise cantonale, qui a conduit cette réflexion.
Par Gérard Devaud, avec cath.ch Photos : Florence Murphy-Huber, Pierre Bondallaz, Gérard Devaud
Mgr Charles Morerod a souhaité que cette session diocésaine se déroule de manière synodale. C’est la raison pour laquelle elle a eu lieu dans différents endroits et en plusieurs temps. Elle a débuté le jeudi 13 février dans la matinée pour tous les agents pastoraux, prêtres et laïcs de notre décanat qui se sont retrouvés pour réfléchir. Ils ont vécu une démarche de discernement ecclésial. A travers des temps de prière, de lecture, de questionnement et de partage, les agents pastoraux ont proposé des projets à développer, des missions à adapter, des activités à transformer, etc. Ils ont exploré, rêvé et essayé de créer ou de mettre en œuvre de nouvelles pistes pastorales.
Rencontre communautaire paroissiale…
Ce travail de réflexion s’est poursuivi en soirée, à Seiry pour notre paroisse. Les bénévoles étaient invités à se retrouver afin de discerner de manière communautaire. Par petits groupes, les participants ont vécu la conversation dans l’Esprit. En partant du récit de la pêche miraculeuse (Luc 5, 1-11), ils ont partagé ce que cette Parole faisait résonner en eux, simplement en s’écoutant sans commenter les interventions des personnes. Ils ont ensuite essayé de définir trois initiatives dans lesquelles s’investir ensemble pour donner du dynamisme missionnaire. Les thématiques, fruits de la réflexion et du discernement des agents pastoraux et des bénévoles, ont été communiquées aux responsables de la session diocésaine.
… et rencontre communautaire diocésaine
Le lendemain matin 14 février, plus de 300 agents pastoraux se sont retrouvés auprès de Mgr Morerod à la paroisse de Renens pour poursuivre la route entreprise la veille. Dans une première partie, ils ont écouté quelques retours de ce qui est ressorti des réflexions dans les cinq régions diocésaines. Puis, après la messe d’action de grâces et une table ronde, Mgr Charles Morerod a encouragé les agents pastoraux à poursuivre leur engagement. « Je crois que le Christ est là et qu’il sera présent jusqu’à la fin des temps. Nous sommes dans une Eglise où nous voyons des éléments de renouveau. Il y a beaucoup de choses positives. Il faut essayer de trouver de la joie dans notre mission. »
Une partie de la journée, les équipes pastorales ont travaillé au niveau décanal.
Témoignage d’une participante : pour une Eglise plus accueillante
Gérard Dévaud a conduit cet échange sur le thème « Osons le changement ! ».
Par Claire Moullet
Discernement communautaire, conversation spirituelle : des expressions peu communes dans les rencontres habituelles des engagés ou autres paroissiens dans l’Eglise. Lors de la soirée de démarche diocésaine du 13 février dernier à Seiry, la conversation dans l’Esprit à partir de l’Evangile de Luc nous a ramenés à Simon : nous avons pêché toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je vais jeter les filets.
A chaque table ronde, quel que soit le thème proposé, on est reparti avec la notion de foi, de transmission de cette foi qui peut avoir diverses sources, avec un constat négatif… Mais avec le thème de cette démarche – « Osons le changement ! », – on s’est penché sur une vision d’une Eglise plus accueillante. Comment ? Quelques idées avancées :
• L’accueil des participants aux célébrations, mais aussi l’accueil de toute personne par notre attitude bienveillante dans le courant des jours ;
• Les rencontres conviviales ;
• L’apéro – messe en plein air ;
• Un coin pour les enfants ;
• Une assemblée chantant avec l’entraînement des chœurs ;
• Un livre d’or, peut-être avec des suggestions, puisque nos églises sont des joyaux visités ;
• Des rencontres œcuméniques avec petits pèlerinages vers nos nombreuses chapelles souvent inconnues…
Chaque communauté étoffera ces réflexions avec ses moyens, ses lieux et trouvera sûrement d’autres pistes pour un espace convivial et ouvert au dialogue.
Des discussions en petits groupes qui furent animées.L’assemblée des communautés paroissiales a permis une réflexion à plus large échelle.
A la mi-juin prochain, notre curé-modérateur, l’abbé Darius, marquera ses 40 ans de prêtrise lors de la messe dominicale à la collégiale. Il nous livre ci-dessous son témoignage sur ce parcours qui l’a conduit à la prêtrise.
A la limite de la nuit et du jour, s’éveille en moi une reconnaissance pour la prêtrise.
Je parcours ces débuts à la source : l’appel, la réponse, la préparation qui, selon la conscience de l’époque, était interminable et également de multiples moments où j’avalais d’amères pastilles de questions :
Où est la frontière entre la croix et le mauvais choix… ? L’Une et l’autre chose peut et devient réellement la cause de la douleur… Suis-je appelé ? Est-ce vraiment mon chemin… ?
Je suis à la première année d’une absolument folle fraîcheur d’évangélisation, combien naturelle et nécessaire.
Je me promène dans mes pensées aux différents milieux reçus en cadeau. Je cherche des visages de ce temps-là avec leurs réalités actuelles. Jusqu’à quel point leurs cœurs se sont-ils ouverts… ?
J’essaie de voir tous les rangs de baptisés « anges », (surtout des nourrissons), les chœurs des filles et garçons souriants, des premiers communiants en vêtements blancs, pour lesquels la plus sérieuse et la plus sûre chose au monde était la vérité que Jésus est leur plus grand Ami !
Où sont aujourd’hui ceux que Dieu dans le Christ a confirmés dans son amour ? En les préparant pour le chemin des adultes chrétiens, je ne perds jamais l’espérance…
C’est pareil pour ceux qui font le don d’eux-mêmes en face de Dieu et en ma présence – témoin de l’Eglise, confiants avec moi de poursuivre leur commun chemin jusqu’à leur mort…
Tellement d’années de ministère se sont écoulées. Combien d’eucharisties, de réconciliations, d’onctions, d’accompagnements à l’éternité… ?
Combien également de manque de conséquences, de faiblesses et de larmes mélangées dans le rayonnement de l’annonce de la Vérité, de la défense de la vie, combien de morts intérieures revivifiantes ?
Dans un ancien catéchisme, à la question de savoir ce que signifie « croire », on peut lire : « Croire, c’est tenir fermement pour vrai ce que Dieu nous a révélé et ce que l’Eglise nous apprend à croire. » Cette réponse est loin d’être fausse aujourd’hui encore, seulement, une telle foi est-elle utile et solide ? Je pense que croire est plus que tenir fermement quelque chose pour vrai, même si je n’en suis pas moi-même convaincu à 100 %.
Lorsque je crois quelqu’un, je lui donne mon cœur, car le mot latin « credere » (croire) est dérivé de « cor dare » (donner son cœur). Il en résulte que la foi est d’abord une relation personnelle. Je fais confiance à quelqu’un que j’aime. C’est la foi en un Toi que nous appelons Dieu. La foi n’est donc pas d’abord l’adhésion à des vérités de foi, mais une relation personnelle et confiante avec Dieu. Le pape Benoît a dit à juste titre dans une homélie : « Ce en quoi nous croyons est important, mais celui en qui nous croyons est encore plus important. » Si je crois en Dieu, je peux lui confier toute ma vie. Je peux lui donner mon cœur, car Dieu n’a pas seulement ouvert son propre cœur pour nous depuis longtemps, mais il nous l’a offert. Je peux compter sur lui face à toutes les épreuves, entre ses mains mon cœur est bien gardé. Dieu, je crois et c’est pourquoi je te donne mon cœur.
Extrait de la préface du livre « Doux désert » de l’abbé Darius. Préface rédigée par l’abbé Marc Donzé, vicaire épiscopal au moment de la parution du livre.
L’abbé Dariusz Kapinski a passé quelques mois en fin 2009 à Jérusalem et en Terre Sainte. Temps de formation, temps de remuement profond de l’être : il en est revenu changé.
Dès le premier moment, il a décidé d’envoyer à ses amis de Pologne un mail quotidien, relatant son séjour et ses découvertes. Il l’a fait avec une belle régularité. Ses récits ont plu, car ils étaient écrits dans un style spontané et joyeux, mais aussi plein de poésie et de profondeur. L’idée de rassembler ces textes en un livre s’est dès lors imposée.
Le livre se présente comme un carnet de voyage en Terre Sainte. Mais l’auteur ne se contente pas de décrire des sites. Il raconte son cheminement intérieur et les ambiances qu’il a perçues avec tous ses sens en éveil. Ambiances très contrastées.
Il faut aller au fond de soi-même pour atteindre à l’essentiel de la Terre Sainte. L’abbé Kapinski évoque les combats presque quotidiens qu’il a dû mener pour trouver le silence et la paix, afin d’arriver aux lieux où le cœur désire rencontrer la trace de lumière laissée par la Révélation divine. Ces combats l’ont transformé, si bien que les carnets du temps sabbatique deviennent le journal d’un voyage intérieur.
Il y a aussi les contacts, que l’abbé aime autant que le silence, dans un bel équilibre. Entre tous, celui de Shady, jeune handicapé rencontré dans la ville portuaire de Haïfa, est magnifique.
J’aimerais dire un grand merci à l’abbé Kapinski pour son beau témoignage sur les routes d’Israël. Et souligner sa forte profession de foi : « O Christ, tu es le seul que je ne veux pas perdre. En toi, je possède tout ! »
Extrait
Qu’il est bon d’être là où je suis, parce que Toi, Tu ES si fortement présent ! Tu donnes le lieu et le temps du rendez-vous et tu ne le manques pas. Je ne désire rien que de te servir fidèlement avec mon cœur renouvelé en permanence. Ouvre-le de plus en plus, pour que ma prêtrise soit comme Ta croix : signe d’amour, de sacrifice, de victoire.
Oh Dieu incarné, le Christ ! Je sais que Tu es devenu le Dieu-Homme pour m’enrichir par ta divinité. Et comme dira l’autre : « rien de mieux ne pouvait arriver à cette terre que le christianisme. » Oh Christ, je te supplie de me donner la force de me relever de chacune de mes chutes.
Dirige souvent mon regard vers nos mères, celle qui nous est commune et la mienne. Que leurs regards soignent mon cœur et me donne la force jusqu’à mon dernier soupir, jusqu’à ma pleine victoire en Toi.
Seigneur, fais que les visages et les cœurs de nos mères terrestres restent à jamais en paix, en joie et pleins de Ta divine lumière. Qu’ils leur manquent de raisons de manifester leur douleur.
Père céleste, je Te remercie pour la liberté et le temps – nécessaires instruments de Ta miséricorde ; pour l’envie de la bonté qui m’habite, pour toutes mes batailles intérieures et Tes grâces que je reçois en Ton Fils, Jésus Christ.
Mon Dieu, dépose les langues du feu de Ton Esprit sur tous ceux que Tu me confies. Que Ton vent remplisse les lieux de leurs séjours, leurs cœurs et leurs vies.
Apprends-nous tous à parler, aimer, vivre pour Ta gloire !
Oh Christ, tu as appelé Tes Apôtres en scrutant leurs cœurs. Tu les as équipés en Toi-même et tu les as envoyés…
Ton Royaume grandit toujours en de nouvelles personnes parce que Tu donnes sans arrêt le ferment, la graine, parce que Tu n’arrêtes pas d’appeler, de scruter, de Te donner Toi-même et d’envoyer.
Je suis présent ! Je me présente devant Toi avec ma nouvelle disponibilité, avec le cœur nouveau et ouvert au neuf.
Apprends-moi toujours à grimper la montagne pour demeurer seul à seul avec le Père.
Je Te supplie, oh Christ, donne-moi la force de la fidélité de puiser en permanence en Toi, d’un fort attachement à Toi.
Descends avec moi de la montagne sur des plaines de difficultés. Donne-moi la force et le courage d’entrer en relation avec les gens ayant faim d’amour, ayant faim de Toi, souvent sans le savoir… Fais de moi Ton instrument, pour que je ne cesse d’ouvrir à Toi mes frères et sœurs par le témoignage que Tu habites en moi.
« Dis-moi comment tu crois, je te dirai qui est ton Dieu. » Une façon d’inviter la foule de demandeurs de sacrements – appelés catéchumènes – à exprimer leur propre credo tout en décortiquant les deux officiels, celui de Nicée-Constantinople et le Symbole des Apôtres. Et leur relecture ne corrobore pas toujours la doctrine officielle. Mais les comprend-on vraiment bien dans le détail ?
Par Thierry Schelling | Photos : DR
Ils seraient 150 credo parmi les Eglises historiques mais c’est le Grand 1 Credo appelé « de Nicée-Constantinople » dont toutes fêtent, en 2025, les 1700 ans de profession solennelle. Cette pluralité a toujours été de mise dans l’histoire de l’Eglise et les Ecritures nous révèlent des traits étonnants sur les premières professions de foi !
Evangiles
Dans les Evangiles, les premiers à croire en Jésus comme Fils de Dieu sont… les mauvais esprits ! (cf. Mc 1, 24 ; Lc 4, 34) Intéressant. Chez Matthieu, le diable se joue même de cette appellation : « Si tu es Fils de Dieu. » (cf. Mt 4, 3.5) Jésus et Satan à part égale ?
Puis arrivent ce que d’aucuns appellent « les païens » et, parmi eux, les pires ennemis des Juifs de l’époque : les Romains ! « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu », dit le centurion au pied de la Croix (cf. Mt 27, 54). Un Romain, donc, comme ce centenier au serviteur malade (cf. Mt 8 5ss). Pareil pour les Samaritains qui tiennent une bonne place dans l’art de professer leur foi en Jésus Messie et Fils de Dieu (cf. le splendide dialogue entre Jésus et la Samaritaine, ch. 4 de Jean).
Enfin, pour en rajouter une couche, les nombreux malades guéris par Jésus l’invoquent comme « Seigneur » : lépreux, épileptiques, possédés et… des femmes connotées « pécheresses » (cf. Lc 7, 36ss) ou étrangères (Syro-phénicienne, cf. Mc 7, 24-30).
En résumé, les premiers à professer la divinité du Christ ne sont pas ses disciples ni ses pères (sa famille le traite de fou !) ni ses pairs (Barabbas est préféré au « roi des Juifs »…), mais des parias dont le credo est repris dans les Ecritures !
Paul
Quelques années avant la parution des évangiles, Paul a déjà réfléchi, mûri, réécrit pour ainsi dire son credo juif à l’aune de l’événement Jésus-Christ. Cela nous vaut de splendides pages dans ses Lettres où il décline Jésus en de multiples articles de foi : nouvel Adam ; unique médiateur entre Dieu et les hommes sans égard de leurs origines, langues, cultures ; image du Dieu invisible, etc. Sans parler de la Lettre aux Hébreux qui explicite le passage du Messie juif au Sauveur universel.
Ce foisonnement permet-il aux Evangélistes de transmettre la foi en Jésus Fils de Dieu émise par des gens hors sérail aux générations futures sans un tri ? Comme le dit de lui Albert Schweitzer, « Paul est le protecteur de l’intelligence dans le christianisme ». Et cette intelligence est polymorphe et évolutive. C’est aussi un effet de la Pentecôte, cet éclatement de l’ethnocentrisme vers l’universalité transculturelle de la Bonne Nouvelle. D’où la pluralité des récits de déclamation de la nouvelle foi, peut-être…
Premiers credo
Si les credo abondent, les « hérésies » pullulent également, non sans raison : articuler intellectuellement, et avec les catégories philosophiques de l’époque, l’Incarnation du Dieu invisible en un homme bien visible, peut bien susciter des volumes théologiques à la qualité variable, qui résultent parfois même en des conflits déstabilisateurs d’une ville, d’une région… Et les politiques sont conscients du danger d’insécurité. Dès lors, un empereur, Constantin Ier, convoque le premier concile de l’Eglise, en 325, à Nicée, pour décider d’un dogme commun pour tous les chrétiens d’Occident comme d’Orient ; et c’est un autre empereur, Théodose, qui convoque à Constantinople en 381, le deuxième concile, pour compléter l’affirmation théologique sur l’Incarnation de Dieu en Jésus. L’orthodoxie au service de l’ordre, en quelque sorte. Et de nouveau l’aspect évolutif : on comprend de mieux en mieux, mais lentement…
C’est ainsi que le Credo dit de Nicée-Constantinople, devient l’unique credo fédérateur des Eglises officielles. Il est rappelé dans chaque concile qui suivra. Il servira d’outil d’excommunication des erronés qui s’entêtent à ne pas vouloir changer leurs opinions. Mais il permettra aussi aux catéchumènes de travailler et d’adhérer à une foi aux articles explicites.
D’ailleurs, l’essor des chrétiens – favorisé par l’édit de Thessalonique (380) qui proclame le christianisme nicéen comme unique religion d’Etat – va diversifier le mode de confesser sa foi en inventant, par exemple, le questions-réponses (« Crois-tu en Dieu le Père… ? ») après le rejet du Menteur, pour le baptême. L’accent est mis sur la démarche personnelle : l’emploi du je va d’ailleurs même remplacer le « Nous croyons… » des origines dans le Grand Credo.
L’autre credo, le court appelé Symbole des Apôtres et qui serait un produit de Rome du IIe siècle, n’en est pas pour autant ignoré ; il devient – après la séparation Catholiques-Orthodoxes (1054) – l’apanage de l’Occident papal, côte à côte avec Nicée-Constantinople… L’ère œcuménique (débutée fin du XIXe siècle) verra le Grand s’universaliser et être utilisé dans les contrées slaves et latines (portugaise, hispanophone, italienne…) alors que l’usage du Symbole va plutôt dominer dans la Francophonie et les terres germaniques et anglophones – allez savoir pourquoi.
Aggiornamento
Assez surprenant, les scissions ecclésiales – Occident et Orient, Réforme et Contre-Réforme, etc. – n’ont pas amoindri la primauté du Grand. Même si d’aucuns appellent à l’amender ou à le récrire 2. Tout comme le Notre Père a été modifié il y a quelques années, des expressions comme « consubstantiel », « engendré non pas créé », ou l’emploi de mots comme « personnes » ou « substance » pour la Trinité, appartiennent à une époque philosophique révolue aujourd’hui ; de fait, ces mots peuvent même prêter à confusion : trois personnes est-il égal à trois divinités du coup ?
Un exemple récent pour illustrer cela : Paul VI, le 30 juin 1968, prononce son credo du Peuple de Dieu pour clore la solennelle Année de la foi. Il rappelle à l’audience du mercredi 30 octobre de la même année, qu’il ne s’agit pas de modifier le Credo, mais de le récrire pour continuer à le rendre toujours plus accessible – l’esprit du concile Vatican II souffle encore…
En conclusion, un (ou deux) credo(s) officiel(s) a/ont été réalisé(s) grâce à la réflexion de dissidents théologiques et pastoraux. Si jadis on les éliminait, aujourd’hui, on a tout à gagner à les écouter : ces « hérétiques » ont une parcelle de vérité s’ils sont bienveillants dans leur démarche. Et qui possède la vérité pleine ? « Je suis la vérité », a dit le Christ, et pas « J’ai la vérité, la voici lyophilisée ! ». D’ailleurs, l’étymologie du mot « hérésie » est celle de « choix, préférence, inclination ». Oui, la foi est aussi une question d’inclination… Qui plus est, accueillir la part de mécréance en moi ne permet-il pas de… mieux croire ?
Constantin (à droite) a convoqué le concile de Nicée en 325. Théodose (à gauche) convoquera celui de Constantinople en 381.
Symbole des Apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Grand Credo : symbole de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu Engendré non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.
Notre paroisse sera en fête à la Pentecôte pour marquer les 60 ans de prêtrise du Père Lucien Pochon, enfant de la région, devenu missionnaire spiritain.
Par Claude Jenny Photo : cath.ch
Agé de 90 ans, le Père Lucien coule aujourd’hui une retraite heureuse en compagnie d’une demi-douzaine de confrères à l’Ecole des Missions du Bouveret, l’un des pôles de la communauté spiritaine de Suisse. Cet enfant de Châtillon est né dans le hameau du « Purgatoire » où il a vécu son enfance en compagnie de onze sœurs et frères, dont un est décédé.
Il y aura donc une famille nombreuse le 8 juin prochain à l’église de Lully pour la messe de la Pentecôte que le Père Lucien célébrera en compagnie de confrères et de notre communauté paroissiale. Le Père Lucien n’aime guère évoquer les diverses étapes de sa vie de religieux, spécialement celles qu’il a vécues en Afrique. « Il y eut des moments difficiles » se borne-t-il à dire. « Il ne faut pas trop parler de soi » ajoute-t-il, alors même que son ministère a pourtant été fécond, tant en Afrique qu’en Suisse.
Missionnaire dans l’âme
« J’ai toujours voulu être prêtre mais aussi missionnaire » : c’est la raison pour laquelle il a d’emblée approché la communauté des Père du Saint-Esprit dont le rayonnement à travers le monde reste important avec quelque 2700 envoyés dans une soixantaine de circonscriptions.
A Saint-Aubin
Le Père Lucien – dont un autre frère, Pierre, est également spiritain – a vécu une première mission au Sénégal durant 16 ans puis une seconde aux Seychelles durant 6 ans jusqu’en 2009. Il fut alors obligé de rentrer en Suisse pour des raisons médicales. Sa santé devenue fragile, il n’en continua pas moins à être actif et exerça notamment dans la Broye un ministère dans la paroisse de Saint-Aubin.
Il a aussi exercé plusieurs hautes charges au sein de sa congrégation, notamment celle de directeur du séminaire des pères du Saint-Esprit à Fribourg et occupa également la charge de provincial de 1993 à 1999. Il occupa également la fonction importante de supérieur de la maison du Conseil de sa congrégation à Rome.
De retour au Bouveret, il a dû restreindre son activité mais, même s’il a quelques difficultés pour se déplacer, il n’en continue pas moins à se rendre chaque semaine à Bex pour y célébrer la messe chez les sœurs de Saint-Maurice à « La Pelouse ». Outre le Chablais valaisan, la communauté des spiritains est bien active dans plusieurs UP de Suisse romande, notamment à Sainte-Claire (région de Marly) et Saint-Barnabé (Payerne). Ses confrères pourront venir le fêter « en voisins » le dimanche 8 juin prochain à 10h à l’église de Lully, dans l’église où il célébra sa première messe.
Le Père Lucien n’aime guère les flonflons, mais cette messe de jubilé le réjouit quand même car « ce sera l’occasion de remercier tous ceux qui m’ont aidé et accompagné durant ma vie de prêtre et de missionnaire » confie-t-il. « Je dirai quelques mots, mais assez brièvement. Il ne faut pas faire trop long… » ajoute-t-il avec une vivacité que son grand âge ne trahit pas !
Le Mur de Planck est un concept fascinant en physique théorique qui nous plonge dans les premiers instants de l’Univers.
Depuis l’élaboration en 1927 de la théorie du Big Bang par l’Abbé Georges Lemaître 1 (1894-1966), les physiciens n’ont eu de cesse de chercher à remonter le temps et à comprendre la formation de l’Univers telle que l’on peut se l’imaginer suivant cette célèbre théorie.
Par Pierre Guillemin | Photos : DR
Un échange a eu lieu en 1981 entre le Pape Jean-Paul II et le célèbre astrophysicien Stephen Hawking. Selon le souverain pontife, Dieu aurait choisi la manière dont l’Univers devait commencer.
Mais selon Etienne Klein2 « nous n’avons ni la preuve que l’Univers a une origine ni qu’il n’en a pas eu ». Et surtout, « vouloir prouver l’existence de Dieu à partir de la science, c’est déconsidérer l’un et l’autre ». En effet, « si Dieu était le résultat positif d’une enquête rationnelle menée par la communauté des chercheurs, il n’aurait plus que le statut d’une connaissance […].Prétendre prouver scientifiquement l’existence de Dieu serait aussi faire preuve de naïveté à l’égard de la science elle-même. Car, si elle devenait capable de livrer une conclusion aussi définitive à propos de ce qui est a priori hors de ses champs d’action et d’investigation, cela impliquerait qu’elle aurait terminé sa propre construction, au point de pouvoir trancher toutes les questions qui se posent à nous, y compris celles qui ne sont pas scientifiques. Or, la physique, pour ne citer qu’elle, n’est pas du tout achevée. Elle bute notamment sur la contradiction formelle qui existe entre deux théories fondamentales, la relativité générale et la mécanique quantique ». C’est donc à une forme de mur contre lequel la science bute : le Mur de Planck.
Un concept fascinant
Le Mur de Planck est un concept fascinant en physique théorique qui nous plonge dans les premiers instants de l’Univers. Le terme se réfère à la plus petite échelle de temps possible, appelée le temps de Planck, qui est environ 10–43 secondes après le Big Bang. A cette échelle, les lois de la physique telles que nous les connaissons s’effondrent et une nouvelle physique dominée par la gravité quantique pourrait entrer en jeu.3 Si, en nous appuyant sur la relativité générale d’Einstein, nous remontons le temps jusqu’à ce temps de Planck, et donc si nous essayons de nous projeter aux limites de ce temps de Planck par l’intermédiaire des modèles de relativité générale et des modèles quantiques, alors les quatre interactions4 sont unifiées, c’est-à-dire qu’elles s’appliquent en même temps. Or, l’unification de ces quatre interactions fondamentales est impossible en utilisant la relativité générale d’Einstein ou la physique quantique : ces théories sont donc incomplètes et ne sont valables que quand la gravitation et les effets quantiques peuvent être étudiés séparément.
Une question fondamentale
Ce concept du Mur de Planck tire son nom du physicien allemand Max Planck (1858-1947), le père de la mécanique quantique. L’idée du Mur de Planck est intimement liée à la théorie du Big Bang. Selon notre compréhension actuelle, l’Univers a commencé à partir d’un état extrêmement dense et chaud. En remontant le temps jusqu’à l’instant du Big Bang, nous atteignons un point où notre compréhension classique de la physique cesse d’être valide – c’est le Mur de Planck. Au-delà de ce mur, nous entrons dans un domaine de spéculation théorique où les effets de la gravité quantique doivent être pris en compte. Mais cela reste du domaine de la théorie : comment en effet pourrait-on vérifier la validité d’une telle approche ? En d’autres termes, il faudrait pouvoir remonter au moment même où l’Univers tel que nous le connaissons se serait construit. Si cela est possible, qu’y avait-il donc avant ? C’est une question absolument fondamentale car nous ne connaissons pas dans notre Univers de système aussi grand ou aussi petit possible qui se soit créé à partir de rien (Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »).
C’est donc bien face à un mur que les physiciens se heurtent pour expliquer parfaitement ce Big Bang et peut-être avant ce Big Bang.
Nouvelles théories
A cette échelle de 10–43 secondes après le Big Bang selon la théorie, l’énergie et la courbure de l’espace-temps atteignent des niveaux si élevés que les concepts traditionnels de temps et d’espace deviennent flous. Les théories actuelles, comme la relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique, ne sont pas en mesure de décrire ces conditions extrêmes. Pour explorer ce domaine, les physiciens cherchent à développer une théorie de la gravité quantique, telle que la théorie des cordes ou la gravité quantique à boucles pour ne citer que les plus récentes.
• La théorie des cordes propose que les particules fondamentales ne soient pas des points, mais des objets unidimensionnels appelés « cordes ». Ces cordes vibrent à différentes fréquences pour donner naissance aux diverses particules observées. Une des implications de cette théorie est l’existence de dimensions supplémentaires au-delà des trois dimensions spatiales et une dimension temporelle que nous connaissons. Ces dimensions supplémentaires pourraient jouer un rôle crucial dans la description de la gravité quantique. Si mathématiquement, c’est tout à fait possible, physiquement nous ne connaissons qu’un Univers à trois dimensions voire quatre en incluant le temps.
• La gravité quantique à boucles tente de quantifier directement l’espace-temps lui-même. Selon cette théorie, l’espace-temps est constitué de petites unités discrètes, ou « boucles », qui forment une trame à l’échelle du temps de Planck.
Le lien manquant
En cherchant à comprendre la création de l’Univers, en franchissant ce Mur de Planck, nous pourrions peut-être comprendre pourquoi l’Univers a évolué de la manière dont il l’a fait. Cela pourrait également nous éclairer sur la nature fondamentale de l’espace, du temps et de la matière.
Mais comprendre la création de l’Univers c’est aussi former les modèles pour en expliquer l’origine. L’Univers a-t-il une origine ? C’est-à-dire, qu’y avait-il avant l’Univers ? Aucune théorie actuelle ne peut l’expliquer et il est très possible que nous n’y arrivions jamais.
Mais si la science se nourrit de questions et y répond parfois, ne manque-t-il pas à ces théories ce lien si particulier que nous appelons Dieu ? Surtout, n’oublions pas les paroles de Jésus (saint Jean 8, 23) : « Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. »
1Essentiel, juin 2023. 2Essentiel, septembre 2024. 3 La gravité quantique cherche à unifier la physique quantique, c’est à dire une physique probabiliste, et la relativité générale qui est une approche causale de la physique, basée sur la gravité et le temps. 4 Electromagnétisme, interaction faible qui décrit les forces s’appliquant dans le cas de la fusion nucléaire, interaction forte qui décrit les interactions au sein du noyau atomique et gravitation.
La rencontre entre Stephen Hawking et Jean-Paul II leur a permis de discuter de l’origine de l’Univers.Max Planck est l’un des fondateurs de la mécanique quantique. De ses travaux, est conceptualisée l’ère de Planck, période de l’histoire de l’Univers au cours de laquelle les quatre interactions fondamentales sont unifiées.Les théories actuelles, comme la relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique, ne sont pas en mesure de décrire les conditions extrêmes du Big Bang.Détail des phases qui ont suivi le Big Bang.
Qu’y avait-il avant le Big Bang ? La Bible et le Credo répondent « Dieu Trinité ».
Par François-Xavier Amherdt Photo : DR
« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague. » Le premier verset de la Bible ne dit donc pas que le Seigneur disposait d’un matériau préexistant. Tout était sans consistance et sans subsistance, comme un chaos, un « tohu-bohu » (c’est de l’hébreu de ce verset que vient l’expression). Car telle est notre foi (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 296-298) : nous croyons que Dieu n’a besoin de rien d’antérieur ni d’aucune aide pour créer. Et la création ne provient pas de la substance divine, comme une émanation qui sortirait de manière « nécessaire ». Non, Dieu crée « de rien » et en toute liberté.
Si le Seigneur avait tiré le monde d’une matière préexistante, qu’y aurait-il eu alors d’extraordinaire ? Un artisan humain façonne ce qu’il veut lorsqu’on met à sa disposition un matériau. Au contraire, c’est la puissance divine qui se manifeste précisément du fait qu’il part du néant pour faire tout ce qu’il veut et y projette (Théophile d’Antioche).
C’est le Créateur du monde qui est à la source de toute réalité et qui a constitué l’espèce humaine, ainsi que le reconnaît la mère des sept fils dans le deuxième livre des Maccabées, au moment où ceux-ci sont prêts à s’offrir en sacrifice par respect pour la Torah : « Mon enfant, regarde le ciel et la terre, vois tout ce qu’ils contiennent, et sache que Dieu les a créés de rien, et que la race des hommes est faite de la même manière. » (2 Maccabées 7, 28)
A la question : qu’y avait-il « avant » le Big Bang, la Bible et le Credo répondent donc : Dieu Trinité. C’est pour cela que le Seigneur peut aussi, par l’action de l’Esprit Saint, donner la vie de l’âme à des pécheurs en leur conférant un cœur pur (Psaume 51(50), 12) et également le souffle au corps des défunts par la Résurrection, « lui qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence » (Romains 4, 17). Il existe ainsi un parallèle total entre la création initiale de l’homme et la recréation de la chair, des cieux nouveaux et de la terre nouvelle (Apocalypse 21, 1) lors de la Résurrection pour la vie éternelle.
En outre, puisque Dieu a pu faire resplendir la lumière dans les ténèbres par sa Parole (Genèse 1, 3), il est aussi à même de transmettre la lumière de la foi à celles et ceux qui l’ignorent et se meuvent loin de lui (cf. 2 Corinthiens 4, 6).
Léon XIII demandait aux biblistes d’acquérir une véritable compétence scientifique.
Par Thierry Schelling Photo : DR
Premier round
Léon XIII affirme en 1893 que « la théologie ne tire pas ses principes des autres sciences, mais immédiatement de Dieu par la révélation […] et ne reçoit rien de ces sciences, comme lui étant supérieures, mais elle les emploie comme étant ses inférieures et ses servantes ». Et d’exiger des biblistes qu’ils acquièrent « une véritable compétence scientifique de façon à surpasser leurs adversaires sur leur propre terrain ».
Second round
En 1943, Pie XII affirme qu’en 50 ans, on a mieux compris encore les Ecritures grâce : aux « fouilles scientifiques », une « méthode plus sévère et un art perfectionné par l’expérience », la « découverte de monuments écrits » et de « papyrus » ainsi que la « meilleure connaissance de la littérature et les institutions publiques » de l’époque du Christ ! Apprendre les langues bibliques, aller dans le « moindre détail » de l’Ecriture, user de la « critique textuelle », autant de méthodes à intensifier pour mieux connaître la Bible qui font écrire à Papa Pacelli que « les questions soulevées au temps de Léon XIII contre l’authenticité, l’antiquité, l’intégrité et la valeur historique des Saints Livres […] se trouvent aujourd’hui débrouillées et résolues ». Progrès il y a eu, grâce aux sciences…
Troisième round
En 1965, le Concile Vatican II encourage les exégètes « de s’efforcer […] de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Ecriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement de l’Eglise ». Le dialogue devient la norme entre sciences et théologie et la « divine condescendance » des « aspects humains […] et divins » de l’Ecriture est à poursuivre sans cesse.
Quatrième round
L’interprétation de la Bible dans l’Eglise (1983) rassemble ce quasi-siècle de déclarations papales sur la Bible en insistant que l’exégèse « doit communiquer [le sens des Ecritures] à son destinataire qui est toute personne humaine » contemporaine.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion Photos : cath.ch/Bernard Hallet, unsplash
La baisse de la pratique religieuse n’est pas à démontrer ! Ce fait indique-t-il la baisse de la spiritualité dans notre monde occidental ? J’ai lu qu’un théologien attirait l’attention sur un phénomène de société qui se répand de plus en plus et qui montre que la soif de spiritualité est bien présente. Il s’agit de cette coutume qui consiste à se faire nageur sauvage en se plongeant dans l’eau froide. Certains praticiens témoignant qu’ils trouvent par cet exercice réconfort, renouveau intérieur et spiritualité !
Chez les chrétiens tout commence par un plongeon. Le rite devenu parfois tellement symbolique risque de nous le faire oublier, mais le baptême est littéralement un plongeon. Saint Paul le signale clairement aux Romains (6, 4-23). Si se plonger dans l’eau froide exprime l’enfouissement dans la mort du Christ pour témoigner de la résurrection en remontant des eaux, – ce que les baptistères antiques permettaient de bien comprendre –, alors le geste serait chargé d’une forte spiritualité. Mais est-ce bien l’intention de ces « nageurs sauvages » de nos lacs et rivières d’hiver ?
En marquant les 1700 ans du concile œcuménique de Nicée en 325, les religions chrétiennes veulent offrir à leurs fidèles un autre bassin rafraîchissant ; un lieu où se replonger avec tout son être et son histoire. Il s’agit de retremper cœur, mémoire et dynamisme de vie dans la foi de l’Eglise dont le baptême demeure le lieu source. Tout commence au baptême, tous les ministères s’y enracinent et tout en découle. Les croyants qui proclament le Credo de Nicée et essayent d’en vivre témoignent de l’unité pour laquelle le Christ a tellement prié. Bien plus qu’une forme de spiritualité, le plongeon et le maintien régulier dans les eaux du baptême, c’est-à-dire dans la foi de la communauté croyante, est l’enjeu vital pour demeurer chrétien. Le Symbole de Nicée dit : Je reconnais un seul baptême (plongeon) pour le pardon des péchés.
La Bible contient tout ce qu’il est nécessaire de savoir sur Dieu et Jésus-Christ. Le mot « bible » sans majuscule et par métaphore, se dit d’un ouvrage essentiel dans lequel on peut trouver toutes sortes de renseignements indispensables pour quoi que ce soit. Il s’agit d’un ouvrage de référence dont on ne peut se séparer, qui a quasiment une valeur sacrée.
On entend parfois aussi l’expression être la bible de… c’est-à-dire être la référence indispensable.
Le mot bible vient de la ville de Byblos, qui contrôlait le commerce de papyrus, la plante à partir de laquelle on a fabriqué les premiers livres.
Par Véronique Benz
Humour
Dans un cinéma l’ouvreuse accueille un couple venu avec leur bébé.
Elle ne voit pas ça d’un bon œil et redoute que l’enfant se mette à pleurer durant la séance. Elle les met en garde en disant : « Si l’enfant pleure, vous devrez quitter la salle.
Evidemment on vous remboursera ! » Une demi-heure après le début du film, le mari se penche vers sa femme :
La religion serait-elle par définition un outil de soumission des femmes qui les renverrait à leurs trois K ? (Kirche, Küche, Kinder). La réponse est un peu plus nuancée. Entretien avec Sarah Scholl, spécialiste des mutations du protestantisme et du catholicisme en modernité.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
Pour l’historienne, la vie religieuse a permis à certaines femmes de s’émanciper au sein du christianisme.
Que pensez-vous de l’assertion invoquant la religion comme appareil de soumission des femmes ? Le religieux n’est pas par essence uniquement un outil de contrôle. A chaque moment de l’histoire, un double mouvement s’opère : soumission et émancipation. C’est clair, les Eglises ont été au service de l’ordre social au travers des pasteurs et prêtres desquels la population recevait les mots d’ordre moraux. Mais on voit aussi que des femmes s’émancipent grâce au christianisme. La vie religieuse, par exemple, constitue une possibilité au XIXe siècle, et déjà avant, d’échapper au modèle des trois K. La mission, par ailleurs, leur a permis de vivre quasiment comme des aventurières. Le christianisme est donc aussi une voie pour trouver des formes de libertés.
Justement, jusqu’au milieu du XVIIe siècle, les femmes exerçaient de vraies responsabilités religieuses, même au sein de l’Eglise catholique (notamment dans le système monastique). Pourquoi ce revirement ? La relégation des femmes se décide assez vite, déjà avant le Moyen Age. Le resserrement est très rapide, mais cela n’empêche pas à une organisation féminine du religieux de se mettre en place. Dans les congrégations et aussi dans la société, car elles avaient un certain pouvoir religieux sur leur famille et leur réseau. Les mystiques sont aussi écoutées, à condition de rester dans le giron de l’Eglise et son orthodoxie. Ce qui change au XIXe siècle, c’est la vision de la femme dans la société, fondamentalement rattachée à sa famille, avec la division et la spécialisation des tâches qui lui sont dévolues.
En même temps, le retour de la femme à sa cuisine et à l’éducation des enfants avait une légitimation quasi divine… Oui, exactement. Lorsque naît cet idéal des trois K en Europe, dont l’âge d’or se situe entre 1850 et 1950, il y a vraiment l’idée que c’est voulu par Dieu, mais ce n’est pas le seul argument. Cela s’insère aussi dans une logique d’organisation et de progrès de la société, qui n’est pas perçue comme un mouvement conservateur. Les tâches maternelles sont considérées comme positives et reconnues socialement. Néanmoins, la vision de cette « vocation » n’est jamais statique, comme un ordre immuable, car il y a toujours des transformations. C’est d’ailleurs aussi la raison pour laquelle ce discours est si précaire.
Quel rôle jouent les chrétiens dans le développement et le maintien de ce modèle ? L’investissement du protestantisme dans l’idéal familial contemporain est très fort. Dans les sociétés qui passent à la Réforme, le monde monastique n’existe plus et c’est dans le monde séculier que le projet divin s’organise. Cette perspective renforce encore le rôle de la femme éducatrice, spécialement au XIXe siècle. Il va même se « professionnaliser » [ndlr. écoles ménagères ]. Le christianisme, dans son ensemble, devient dans le courant du XXe siècle, gardien du temple familial. Attaquées sur tous les fronts [ndlr. socialisme, sciences et sciences humaines], les Eglises s’emparent du bastion restant : les questions morales avec une emphase particulière sur la famille et les rôles différenciés. Cette construction des trois K, issue de la seconde moitié du XIXe siècle, est très ancrée, puisqu’elle a survécu aux guerres, aux totalitarismes et aux révolutions culturelles de la fin du XXe siècle. Cet idéal est toujours là, comme un fantôme qui plane sur nos vies.
Dos au Mur
Les imposantes silhouettes des Réformateurs sont sculptées dans la rochedu Mur des Bastions. Mais de réformatrices, en a-t-on déjà entendu parler ? Pas si sûr. Un ouvrage paru pour les dix ans des éditions Labor et Fides répare cette regrettable erreur. Réformatrices. Douze voix de femmes protestantes, XVIe-XXIe siècle, un ouvrage collectif, dirigé par Sarah Scholl et Daniela Solfaroli Camillocci, présente les portraits, mais aussi des extraits de la production théologique de ces femmes « portées par la Réforme et porteuses de son esprit ».
Bio express
Sarah Scholl est historienne du christianisme, de la laïcité et de la sécularisation. Enseignante à la Faculté de théologie de l’Université de Genève, elle est spécialiste des mutations du protestantisme et du catholicisme en modernité, ainsi que des rapports entre religion, politique et société en Suisse aux XIXe et XXe siècles.
Vitraux de l’Ascension (à gauche) et de la Pentecôte (à droite).
Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer
Si l’église de Rossens a été construite en 1874, c’est en 1985 qu’ont été installés 13 vitraux de l’artiste gruérien Jacques Cesa.
Quatre baies forment un cycle sur le mystère pascal. La particularité est d’avoir lié les thématiques avec les quatre éléments : Crucifixion – Eau ; Résurrection – Terre ; Ascension – Air ; Pentecôte – Feu.
Traditionnellement, les quatre éléments décrivent ensemble la totalité de l’univers. Il existe des représentations anciennes de la présence des quatre éléments au pied de la Croix. Ils symbolisent la douleur de toute la Création à la mort du Christ.
1. Eau – Crucifixion Saint Jean écrit dans la Passion : « Mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jean 19, 34) L’eau est présente dans les rites catholiques, c’est l’eau du baptême : symbole de mort et de vie.
2. Terre – Résurrection Dans le contexte de la Résurrection, la terre évoque le tombeau. Matthieu mentionne explicitement l’élément terrestre : « Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. » (Matthieu 28, 2)
3. Air – Ascension Nous lisons dans les Actes des Apôtres : « Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. » (Actes 1, 9) L’air évoque aussi la douce présence de Dieu qui ne s’impose pas. Elie rencontre Dieu ni dans l’ouragan, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans le murmure du silence (1 Rois 19, 11 – 12).
4. Feu – Pentecôte Il s’agit probablement du lien le plus évident : « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. » (Actes 2, 3) Le feu, symbole de la Puissance de Dieu, c’est aussi un des modes de présence du Saint-Esprit.
L’émission Passe-moi les Jumelles avait consacré un reportage à Jacques Cesa, accessible sur PlayRTS.
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