En librairie – décembre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Dieu – La Science – Les Preuves
Michel-Yves Bolloré – Olivier Bonnassies

C’est une question millénaire et qui opposait, en apparence, science et foi : existe-t-il un dieu créateur ? Les co-auteurs racontent comment les découvertes scientifiques, qui sont longtemps allées à l’encontre de la foi, peuvent désormais se ranger du côté de l’existence de Dieu dans de nombreux champs du savoir. Ainsi la question de l’origine de l’Univers, ou du passage de l’inerte au vivant, de l’immense complexité du code génétique et du réglage biologique ne peuvent être dus au hasard. Un livre qui nous permet d’avoir en main tous les éléments pour décider de ce que nous voulons croire en toute liberté.

Editions Guy Trédaniel

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Ne m’ôtez pas d’un doute 
Michel Sauquet

Crises « inédites », « tsunamis », ruptures « sans précédent ». Les mots ne manquent pas qui disent à quel point nos certitudes ont volé en éclats à l’épreuve de bien des événements récents. Ces violentes secousses ne cessent de conforter Michel Sauquet dans sa réflexion sur le rôle du doute et sur le danger de certitudes relevant davantage d’idéologies et de réactions impulsives que d’une prise de recul à l’égard de la complexité de la réalité. Avec un regard de chrétien, il interroge aussi la foi religieuse, souvent indissociable du doute. Celui-ci pouvant se révéler la meilleure et la pire des choses, il est salutaire d’en user de manière constructive, comme antidote aux fake news, au simplisme dogmatique et spirituel. 

Editions Salvator

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Dieu n’a pas réponse à tout  
Tonino Benacquista
Nicolas Barral

Dieu fait ce qu’il peut pour aider les hommes en difficulté ou ceux qui défendent une juste cause. Mais Dieu, parfois, est en proie au doute, et ne sait comment résoudre leurs problèmes. Il peut alors faire appel, au paradis ou au purgatoire, à celui qui saura lui donner un coup de main. Et c’est ainsi que Victor Hugo, Maria Callas, Gandhi et Michel Audiard vont être envoyés par le Seigneur en mission spéciale sur terre. Un plaisir de redécouvrir, dans cette BD, le duo redoutablement complice de Tonino Benacquista et de Nicolas Barral, dans un troisième tome drôlissime, spirituel…

Editions Dargaud

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Foi et Religion dans une société moderne   
Cardinal Joseph de Kesel

Face aux phénomènes contemporains – déjà anciens – de la sécularisation, de l’indifférence religieuse et de l’affaiblissement institutionnel : ce n’est pas par une culture de la confrontation ni par une tentative de retour à un passé révolu que le christianisme peut retrouver de l’audience et des couleurs en Europe, sinon il risque de s’isoler et de se couper du monde. Le salut de la mission universelle de l’Eglise dépend plutôt de son aptitude à faciliter une culture de la rencontre et du dialogue avec tous ceux qui veulent humaniser la société moderne et refusent la marginalisation de la religion de la sphère publique. C’est ce pari qu’expérimente d’ores et déjà le cardinal de Kesel dans une société belge profondément sécularisée. 

Editions Salvator

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Pour commander

Dieu ne joue pas aux dés

Souvent présentées comme inconciliables, la science et la foi ont pour tâche commune d’éclairer notre compréhension du monde. Plutôt que de l’expliquer définitivement, l’une et l’autre s’attellent à guider l’Homme à mesure qu’il explore ses limites.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : FLICKR, PIXABAY, PXHERE, DR

« Pour être scientifique et croyant, il faut faire du bricolage ! » lance Jean-François Bert lorsqu’on l’interroge sur la possibilité d’un mariage heureux entre science et foi. Chargé de cours à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), il propose à ses étudiants d’examiner minutieusement les rapports, souvent conflictuels, entre la recherche scientifique et la religion. Mais de fait, il demeure fermement convaincu qu’il n’est pas de bon augure de chercher à allier l’une et l’autre. Cette position, dite concordiste, lui paraît même dangereuse. « Cette tentative de concordisme élimine la frontière entre science et religion et pour un lecteur non averti, on ne sait plus très bien de quelle vérité on parle », car pour le sociologue « ce débat demeure fondamentalement centré sur la question de la vérité. Finalement, qui possède la légitimité et le pouvoir d’énoncer une vérité sur le monde ou le vivant ? ». Il est donc plus que nécessaire de trouver comment « répartir les modes de questionnement sur le monde ». Dont l’une des plus célèbres répartitions propose : à la religion le champ du « pourquoi » et à la science celui du « comment ».

Avoir réponse à tout

Roland Benz articule sa réflexion de la même manière, « la vérité scientifique et la vérité théologique existent bel et bien. Par contre, elles ne sont pas sur le même registre de langage. Chacun de ces deux domaines d’étude doit garder son rapport spécifique à la vérité ». Le pasteur retraité de l’Eglise protestante de Genève et lui-même ancien professeur de physique au collège (gymnase) ne cache pas son ironie face aux thèses créationnistes. « Elles font des récits de la Genèse des textes scientifiques. Comme si on pouvait décrire la complexité du monde en une seule page ! Ces textes ne donnent aucune information scientifique. Leur fonction est de nous inviter à recevoir le monde comme don d’un Autre, un monde ordonné et dédivinisé. » Par ailleurs, Lydia Jaeger, directrice des études à l’Institut biblique de Nogent, affirme que du côté scientifique il est essentiel « de reconnaître les limites de la science ainsi qu’une méthodologie différente d’avec la théologie ». La physicienne et théologienne soutient qu’« une grande partie du conflit émerge lorsqu’on attend de la science une réponse à tout ».

Une vérité vers laquelle tendre

Astrophysicien retraité, Pierre North va même encore plus loin. Il allègue que la science, pour elle-même, peut devenir une religion. Ses ardents défenseurs lui attribuent « une valeur métaphysique ». Mais « pour dire les choses franchement, la controverse n’a pas d’objet. La société en a fait un sujet de débat pour des raisons idéologiques ». Il est trop dérangeant pour certains d’accepter une possible cohabitation entre la rationalité de la science et l’apparente irrationalité de la foi. D’ailleurs, Pierre North s’insurge : « Dans n’importe quel métier, lorsqu’on se dit croyant, on tâche de pratiquer avec conscience et éthique, mais on ne demande pas à un vendeur de voitures si sa profession est compatible avec sa foi ! » Raphael Märki note tout de même que la science postule l’hypothèse d’un absolu et donc d’une vérité vers laquelle tendre. Ce physicien des hautes énergies nuance néanmoins : « Nous ne connaîtrons jamais complètement cette vérité. » Georges Meynet abonde dans le même sens. L’astrophysicien à l’Observatoire de Sauverny reprend l’analogie attribuée à Albert Einstein à son compte. Celle-ci définit « l’accumulation des connaissances comme une surface circulaire qui s’étend avec le temps et dont le rayon représente l’interface entre le connu et l’inconnu. Cela signifie que lorsque la connaissance s’agrandit, l’interface avec l’inconnu augmente d’autant ». Il faut donc rester humble et « accepter une limite qu’on ne pourra pas dépasser, tout en laissant place à l’inconnu et au mystère ».

Et dans les faits ?

Les scientifiques voient-ils un conflit entre la science et la foi ? Quels facteurs culturels façonnent les attitudes des scientifiques à l’égard de la religion ? Les scientifiques peuvent-ils contribuer à nous montrer une façon d’établir une collaboration entre les communautés scientifiques et religieuses, si tant est que de telles collaborations soient possibles ?

Pour répondre à ces questions, les auteurs de Secularity and Science : What Scientists Around the World Really Think About Religion (2019) ont réalisé une étude internationale d’envergure sur les attitudes des scientifiques à l’égard de la religion, en interrogeant plus de 20’000 scientifiques et en menant des entretiens approfondis avec plus de 600 d’entre eux. A partir des données récoltées, les auteurs essaient d’esquisser la relation qu’entretiennent des scientifiques du monde entier avec la foi. Le livre s’articule sur quatre axes de réflexion : les scientifiques religieux sont plus nombreux qu’on ne le pense ; la religion et la science se chevauchent dans le travail scientifique ; les scientifiques – même athées – voient de la spiritualité dans la science ; et enfin, l’idée que la religion et la science doivent s’opposer est principalement une invention de l’Occident.

Des lieux pour réfléchir et dialoguer

Plusieurs groupes de scientifiques chrétiens existent en francophonie. Sous l’impulsion des Groupes bibliques universitaires (GBU) un Réseau des scientifiques évangéliques a été lancé pour offrir aux chrétiens à profil scientifique un lieu de réflexion. Ce rassemblement profes­sionnel et étudiant poursuit notamment l’objectif de rendre disponible au public une réflexion rigoureuse sur les interactions possibles entre science et foi. Pour ce faire, le réseau organise, au moins une fois par an, un colloque réunissant scientifiques et théologiens pour débattre d’une question spécifique. Depuis une dizaine d’années, une branche romande de ce même réseau s’est aussi développée. Elle a été créée par le professeur émérite
de l’UNIL, Peter Clarke, un neuroscientifique reconnu, décédé des suites d’un cancer en 2015. L’autre réseau francophone a été fondé en 2001 pour susciter la réflexion entre scientifiques, philosophes et théologiens. Les membres du groupe Blaise Pascal (Sciences, Cultures et Foi) sont actifs dans l’enseignement et la recherche des domaines scientifiques, philosophiques ou théologiques en francophonie (Universités, Grandes Ecoles, CNRS, INSERM).

Noël, une fête d’adultes ou d’enfants ?

 

PAR SIMON RODUIT | PHOTO : DR

Dans notre culture chrétienne contemporaine, avec la fête de Noël arrivent les contes pour enfants, les cadeaux du Père Noël… Les fêtes de fin d’année, hormis les traditionnels repas, semblent parfois tournées uniquement vers les petits ou vers ceux qui auraient la foi d’une âme d’enfant. Il y a en effet quelque chose de cela dans notre foi : le Royaume de Dieu n’appartient-il pas à ceux qui ressemblent aux enfants ? (Mt 19, 14) Cependant, si l’on y réfléchit un peu, le mystère de Noël exige de notre intelligence un bel exercice pour se laisser approcher. En effet, notre raison semble flancher devant le mystère de l’Incarnation de Dieu (pur esprit) qui devient chair en Jésus ; comment une telle chose a-t-elle bien pu se produire ? Qu’est-ce que ce mystère peut nous dire dans notre vie de tous les jours ?

L’Incarnation est la venue de Dieu qui décide d’habiter dans notre humanité (Jn 1, 14) en la personne de Jésus. A partir de cet événement, on ne peut plus déprécier notre chair humaine, guérie et élevée par le Fils de Dieu qui l’assume, mais il nous faut respecter notre corps qui est devenu le temple du Saint-Esprit (1 Co 6, 19) dès notre baptême. L’Incarnation nous pousse donc à ne pas nous égarer dans des théories spiritualistes ou dans un monde abstrait, mais à rester les deux pieds sur terre, connecté au réel. Car bien souvent, Dieu parle à travers le réel d’une situation, d’une relation ; Il nous demande d’agir dans le concret de nos vies, là où tout n’est pas si clair et distinct comme dans des raisonnements mathématiques. Mais c’est ce terrain, parfois trop trouble à notre goût de tout classifier en noir et blanc, qui est la terre où le Seigneur veut nous planter pour que nous portions des fruits de sainteté.

C’est cela, la véritable intelligence du mystère de l’Incarnation : reconnaître que Dieu vient habiter nos petitesses et nos faiblesses pour les transformer et nous élever vers Lui. Ainsi, se retrouvent l’esprit d’enfance et l’intelligence adulte : avec les deux ailes de la foi « enfantine » et de la raison « adulte » qui battent de concert, nous pourrons voler vers le Père qui veille sur nous depuis le ciel et nous y attend avec son Fils incarné pour nous sauver et nous ouvrir les portes du paradis.

 

« Le Mystère de l’Incarnation nous
pousse donc à ne pas nous égarer dans des théories spiritualistes ou dans un monde abstrait. »

Synode sur la synodalité: à votre écoute

Deux ans pour une large concertation, qui veut aboutir à des réformes et à des actes, non pas à des empilements de papiers !

PAR L’ABBÉ ETIENNE CATZEFLIS
PHOTO: FR.ZENIT.ORG

En octobre, le pape François a inauguré le processus synodal qui va durer jusqu’en octobre 2022 : « Pour une Eglise synodale : communion, participation, mission ». Il attend de cela une dynamique d’écoute mutuelle, menée à tous les niveaux de l’Eglise, impliquant tout le peuple de Dieu.
En page 12 de ce bulletin, nous donnons quelques indications sur la manière d’opérer cette concertation dans notre secteur paroissial. Mais voici déjà des mots1 du Pape, qui développent la raison de cette démarche et l’accent particulier sur l’intégration des nonpratiquants.

Accepter le changement
L’Eglise des premiers chrétiens, dès le tout début, a dû évoluer, écouter l’Esprit en s’écoutant mutuellement, oser changer de direction, dépasser certaines croyances.
Il faut surmonter une rigidité, « qui est péché contre la patience de Dieu. »
Lorsque l’Eglise s’arrête, elle n’est plus Eglise, mais une belle et pieuse association parce qu’elle emprisonne l’Esprit Saint.
Rester immobiles ne peut pas être une bonne situation pour l’Eglise. Et le mouvement est une conséquence de la docilité à l’Esprit Saint.

Marcher ensemble
Il ne s’agit pas de récolter des opinions, non. Il ne s’agit pas d’une enquête, mais il s’agit d’écouter l’Esprit Saint.
La synodalité exprime la nature de l’Eglise, sa forme, son style, sa mission.
Le mot « synode » contient tout ce dont nous avons besoin pour comprendre : « marcher ensemble ».
Tous sont protagonistes, personne ne peut être considéré comme un simple figurant. Il faut bien comprendre cela : tous sont protagonistes.

La totalité des baptisés, notamment « les pauvres »
Il y a beaucoup de résistances pour surmonter l’image d’une Eglise qui distingue rigidement entre chefs et subordonnés, entre ceux qui enseignent et ceux qui doivent apprendre, en oubliant que Dieu aime renverser les positions : « Il a renversé les puissants de leurs trônes, il a exalté les humbles » (Lc 1, 52), a dit Marie.
« Mais, Père, que dites-vous ? Les pauvres, les mendiants, les jeunes drogués, tous ceux que la société met au rebut, font-ils partie du synode ? » Oui.
Les voir pour passer un peu de temps avec eux, pour entendre non pas ce qu’ils disent mais ce qu’ils ressentent, même les insultes qu’ils vous adressent, (…).
Le Synode est au-dessus des limites, il inclut tout le monde.

Le regard sur nos pauvretés
Faire place au dialogue sur nos pauvretés, les pauvretés que j’ai en tant que votre évêque, les pauvretés qu’ont les évêques (…), les pauvretés qu’ont les prêtres et les laïcs et ceux qui appartiennent à des associations, prenez toutes ces pauvretés !
Mais si nous n’incluons pas les pauvres – entre guillemets – de la société, ceux qui sont mis au rebut, nous ne pourrons jamais prendre en charge notre pauvreté. Et ceci est important : que dans le dialogue nos propres pauvretés puissent émerger, sans justification. N’ayez pas peur !

En paroisse
L’Esprit Saint, dans sa liberté, ne connaît pas de frontières et ne se laisse pas non plus limiter par les appartenances. Si la paroisse est la maison de tous dans le quartier, pas un club exclusif, je vous le recommande :
Laissez portes et fenêtres ouvertes, ne vous limitez pas à prendre en considération ceux qui la fréquentent ou pensent comme vous (…). Permettez à tous d’entrer… Permettez-vous d’aller à leur rencontre et laissez-vous interroger, que leurs questions soient les vôtres, permettez-nous de marcher ensemble : l’Esprit vous conduira, ayez confiance en l’Esprit. N’ayez pas peur d’entrer en dialogue et de vous laisser impliquer dans le dialogue : c’est le dialogue du salut.

1Extraits de son Discours aux fidèles du diocèse de Rome, salle Paul VI, 18.9.2021

L’art du dialogue

PAR NICOLAS MAURY
PHOTOS : CERN, DR

Souvenir télévisuel : en 1997 Claude Allègre est l’invité de Bernard Pivot. Pour mémoire, c’est lui qui, ministre de l’Education nationale du Gouvernement Jospin, voulait « dégraisser le mammouth ».

Ce soir-là à « Bouillon de culture », il fait la promotion de son livre « Dieu face à la Science ». Le sujet m’intéressant, je me suis rapidement procuré l’ouvrage. Pour n’y trouver, entre Darwin et Galilée, que beaucoup de lieux communs.

Si le titre affiche Dieu en grosses lettres, Claude Allègre ne l’évoque jamais, parlant uniquement de l’Eglise, de la curie, de l’inquisition. Ce qui, même si je ne suis pas spécialiste, n’est pas tout à fait la même chose. Une drôle de manière de clore le débat avant même de l’avoir commencé, non ?

La science et la religion participent de ce que le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein nomme « les sphères de la vie de l’esprit ». Pour qu’un dialogue soit possible entre leurs thuriféraires, elles ne doivent ni être confondues, ni mélangées. Un élément que le paléontologue Stephan Jay Gould appelle le principe de non-superposition des magistères.

Sans vouloir étaler encore plus ma science (ndlr. ), il m’est quand même avis que non-superposition ne signifie pas forcément opposition.

On « décr’oche » à la rue d’Oche ?

PHOTO : DR

Une fois par mois, le premier jeudi, la pasteure Agnès Thuégaz est présente à la salle du Verger derrière le temple, entre 9h et 11h30, pour un temps d’accueil et de partage autour d’une boisson chaude et de quelques douceurs. Ce temps donne l’occasion de se rencontrer, de faire connaissance, d’échanger des nouvelles et de s’encourager mutuellement. La participation est libre, juste pour un passage entre deux rendez-vous ou pour un arrêt prolongé. La paroisse protestante du Coude du Rhône se réjouit d’ouvrir cet espace à toute personne qui a le désir de décrocher du quotidien pour une halte bienfaisante. Bienvenue à chacun·e !

Marcher ensemble à l’écoute de l’Esprit

PAR PASCAL ORTELLI
PHOTOS : DR

En octobre, le Pape a ouvert un nouveau Synode… sur la synodalité ! Ce mot barbare qui signifie « marcher ensemble » caractérise le chemin que Dieu attend de l’Eglise du troisième millénaire. Ce processus, d’ordinaire réduit à une simple assemblée d’évêques, est précédé par une vaste consultation du Peuple de Dieu. Cette démarche inédite, aussi importante que le Concile Vatican II, est ouverte à tous. Comment dès lors intégrer les enfants – les premiers dans le Royaume, nous dit Jésus – qui restent les grands oubliés de cette dynamique dont les fidèles peinent encore à voir les tenants et aboutissants.

A votre écoute

Comment se réalise aujourd’hui ce « marcher ensemble » qui nous permet d’annoncer l’Evangile et quels pas de plus l’Esprit nous invite à poser pour grandir comme Eglise de l’écoute et de la proximité, bref comme lieu ouvert où chacun se sent chez lui et peut participer ? Telle est la question de fond posée dans le document préparatoire 1 qui accompagne la phase de consultation locale ouverte jusqu’en avril 2022.

Dans l’Esprit

« La spiritualité du marcher ensemble est appelée à devenir le principe éducatif de la formation humaine et chrétienne de la personne, la formation des familles et des communautés. » La dixième piste évoquée dans ce document propose de mieux se former au discernement. Il y a là une manière intéressante d’associer les enfants à la démarche.

Caroline Baertschi, formatrice
dans l’Eglise catholique de Ge-
nève et auteure du livre Les enfants, portiers du Royaume, explore, dans un autre contexte et sous forme d’acrostiche, des pistes pour inviter les plus jeunes à écouter l’Esprit. En voici un résumé et une invitation à en découvrir davantage dans les bons filons de prierenfamille.ch

 

E comme espace sécurisant pour cultiver sa vie intérieure ;

S comme silence à favoriser dans un monde bruyant ;

P comme processus et invitation à renoncer à vouloir mesurer ce que les enfants savent de Dieu ;

R comme relations dont les quatre fondamentales (à la nature, à soi, aux autres, à Dieu) sont à harmoniser ;

I comme imaginaire dont les enfants débordent, tout comme dans la Bible ;

T comme transcendance pour ne pas oublier qu’ils connaissent Dieu avant de savoir des choses sur lui.

 

1 A découvrir par exemple sur la plateforme mise en place par le Jura pastoral : www.jurapastoral.ch/jura-pastoral/Organisation/Diocese-de-Bale/Itineraire-synodal.html

 

Semaine de prière 2022

Cette année, c’est le Conseil des Eglises du Moyen Orient, basé à Beyrouth, au Liban, qui a organisé le groupe de rédaction du thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022. Le thème retenu s’ancre dans la parole suivante : « Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage. » (Mt 2, 2)

SOURCE : WWW.OIKOUMENE.ORG | PHOTOS : ALBIN HILLERT/WCC, PIXABAY

Les réflexions explorent la manière dont les chrétiens sont appelés à être un signe pour le monde de Dieu et à apporter l’unité. Issus de cultures, de races et de langues différentes, les chrétiens partagent une même recherche du Christ et un même désir de l’adorer.

Bien que les Eglises et le peuple libanais aient été accablés par les conséquences quotidiennes d’une crise politique et économique persistante, et confrontés à la tragédie de l’explosion d’août 2020 à Beyrouth, qui a fait des centaines de morts et laissé des centaines de milliers de blessés ou de sans-abri, les chrétiens de différentes Eglises du Liban et des pays voisins ont trouvé la force spirituelle de se rassembler et de préparer des ressources pour la prière, a déclaré le pasteur Odair Pedroso Mateus, secrétaire général adjoint par intérim du Conseil œcuménique des églises. « Ils nous invitent à nous tourner vers l’étoile de l’Orient et à adorer ensemble le Fils de Dieu incarné », a déclaré M. Mateus. « Pour ce précieux don spirituel, nous sommes reconnaissants à Dieu et à eux. »

L’une des méditations préparées note que, dans ce monde fragile et incertain, nous cherchons une lumière, un rayon d’espoir au loin. « Quand le mal nous entoure, nous aspirons au bien », peut-on lire dans cette méditation. « Nous le cherchons en nous, mais nous sommes si souvent accablés par notre faiblesse que nous perdons espoir. Notre confiance repose dans le Dieu que nous adorons. »

Prions. – Dieu miséricordieux, quand nous ne connaissons qu’un seul chemin et que nous pensons devoir le prendre à nouveau, quand nous croyons que toutes les routes sont bloquées et que nous cédons au désespoir, tu es toujours là. Tu es le Dieu des nouvelles promesses. Tu es là et ouvres un nouveau chemin devant nous, un chemin pour nous inattendu. Nous te rendons grâces car tu dépasses nos attentes. Nous te rendons grâces pour ta sagesse qui dépasse notre compréhension. Nous te rendons grâces car tu nous ouvres des voies riches en possibilités imprévues. Si nous cherchons sur nos cartes et ne trouvons pas notre route, nous te trouvons toujours, toi qui nous guides sur un chemin parfait. Par Jésus Christ notre Seigneur et dans la communion de l’Esprit Saint, puisses-tu nous reconduire toujours à toi. Amen.

Science et foi (fides et ratio): une réflexion

Heureux de rendre service, c’est avec enthousiasme que Nicolas Donzé a accepté l’invitation de l’équipe de rédaction à porter un regard qu’on sait inspiré sur le sujet. Merci Nicolas, nous te lisons dans ce texte continu , comme si tu t’adressais à chacun de nous.

PAR NICOLAS DONZÉ, BIOLOGISTE, LOC
PHOTO: HÔPITAL DU VALAIS

Saint Jean-Paul II disait que pour permettre le voyage dans le ciel de nos ignorances, nos âmes sont équipées de deux ailes : la science et la foi. Ainsi, dès notre naissance, nous prenons (ou espérons) prendre le contrôle de notre corps, le vaisseau de notre pèlerinage terrestre. Dès notre premier cri, notre premier son entendu, notre premier paysage vu, notre curiosité nous noie de questions qui trouvent des réponses parfois dans des actes de foi, parfois dans des chemins de raisons. Ainsi avançons-nous vers ce « Graal » que nous construisons avec nos réponses.

Pour bien comprendre les univers que sont ces deux mots, une sainte du XIe siècle, Hildegarde von Bingen, nous permet de voir leur complémentarité. Elle pensait que nous étions construits en trois dimensions : un corps, sorte de fantôme d’une éternité recherchée et qui porte en lui ce mystère qu’est la mort. Puis, habite en nous une âme qui agit comme le pilote de ce corps. Enfin, vit un esprit, qui ouvre à notre âme les portes de la contemplation divine. Elle imaginait d’ailleurs que la santé était l’harmonieuse communication de l’esprit, l’âme et le corps, et la maladie que pleure le corps trouvait son origine dans une relation houleuse entre ces trois éléments.

Dans cette conception, il y a un continuum entre la science et la foi qui permet de réfléchir sur une maladie en particulier que la médecine moderne traite avec difficulté : la dépression nerveuse. Les flèches de cette maladie nous clouent au sol, et comme un papillon épinglé, nous empêche de voler. Souvent, la réponse de la science se trouvent dans des médicaments qui retirent ces flèches. Mais, lorsque les épingles ont été retirées, existe-il un médicament pour nous redonner « l’envie de voler » ? Cette envie se cache-telle dans la force que l’esprit donne à notre âme ? Cette question nous fait quitter les chemins battus de la science… On quitte le « comment » traiter une maladie, ses mécanismes pathologiques, pour travailler le « pourquoi » suis-je malheureux, comprendre la cause. On peut donc supposer que la médecine moderne traite les symptômes de la maladie et la foi aide à comprendre l’origine des souffrances du corps.

D’ailleurs, la science se perd dans la foi que l’on a en la science. En effet, souvent j’entends dire, en ces temps de pandémie : « je ne crois pas à ce vaccin », ou l’inverse « j’y crois ». Ou encore, certains annoncent : « je ne me vaccine pas car Dieu me protège ». Est-ce la bonne approche ? La science se caractérise par des méthodes que notre cerveau tente de construire, par des doutes, des remises en question, des échecs et parfois de magnifiques succès qui permettent le développement de nouvelles thérapies. La foi est, elle, un chemin dans une nuit éclairée par une lumière que nos yeux aveuglés par nos peurs, nos colères, nos jalousies, nos égoïsmes ne voient plus. Et malgré elle ou peut-être grâce à elle, osons-nous quand même avancer dans cette nuit. Ainsi, parfois les maladies que la science ne résout pas toujours, nous obligent-t-elles à abandonner nos certitudes, à laver nos yeux et nous tourner vers cette flamme qui devient soleil. Et, la science nous conduit vers la foi, car elles sont toutes deux filles du même père.

Un des plus grands mystères que la science n’a pas encore compris se lit dans une question, la dernière question que posa Pilate à Jésus. On peut lire dans l’évangile de saint Jean, 18 : 36-38 : Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Et à partir de ce moment, Jésus se tait. Il ne répond pas à cette question fondamentale. Probablement, parce qu’Il mesure que Pilate ne comprendrait pas qu’un chemin de foi, un chemin d’amour lui permettrait de compléter les réponses que la science seule ne peut résoudre.

La vie est ainsi très mystérieuse. Peut-être que Dieu inscrit en nous les contours d’un dessin de l’aventure terrestre que nous devons colorier. La foi nous permet de voir ces contours et la science aide au coloriage.

Retrouvez les vidéos de Nicolas Donzé, biologiste chef adjoint à l’Institut Central des Hôpitaux à Sion.
L’infatigable vulgarisateur des sujets aussi cruciaux que la consommation de toxiques et leur action sur la santé des ados en particulier apporte là où on l’invite un regard de scientifique précieux .
Site internet et page facebook de l’hôpital du Valais.

« Vous ne pouvez pas rester »

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : PIXABAY

Voilà, c’est dit, cette phrase toute simple qui tombe entre les deux personnes, celle qui est derrière le bar et celle qui est devant. « Vous ne pouvez pas rester ici », elle est tellement incongrue cette phrase, qu’elle semble d’abord dite dans une langue étrangère. Puis, le voyageur comprend… Dehors il fait froid, le vent est chez lui ici, il n’y a pas d’arbres pour lui faire barrière…

L’homme reprend sa route, la porte est refermée sur le silence, pas d’autre client pour l’instant.

Ailleurs, en d’autres temps, dans une auberge bruyante et surpeuplée, on l’avait dit à un couple, qu’ils ne pouvaient pas rester… Mais au moins, quelqu’un s’était rendu compte qu’on ne peut pas seulement dire « il faut vous en aller » mais indiquer un lieu, un coin de table, une botte de paille pour se poser un moment à l’abri du vent…

Ailleurs, la même semaine, dans un bistro de village, une femme avait dit « entrez » et elle avait refusé que le café soit payé. A son homme mécontent qui lui parlait du « droit », celui qu’on a ou qu’on n’a pas, elle avait répliqué « c’est mon affaire ! », le sujet était clos, pour l’instant, dans un silence pesant.

Car il reviendra ce sujet, chaque jour dans la vie de tant de personnes debout derrière le bar, il reviendra et il faudra bien qu’à un moment, il pose question, et qu’on soit parfois capables
d’exceptions avant que la réponse toute simple soit donnée… Il faudra bien qu’on se demande jusqu’où on dira non, jusqu’à combien de degrés en dessous de zéro, jusqu’à quelles limites d’âge on dira non, non aux enfants et non aux personnes âgées, jusqu’à quel degré d’isolement on dira non, non à l’esseulé qui cherche un vis-à-vis pour échanger trois mots…

Il faudra bien qu’on se demande si Jésus sans pass covid…

Il faudra bien…

Papes et sciences

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Le pape François est ingénieur chimiste de formation; Benoît XVI a fait un peu de service auxiliaire anti-aérien à la fin de la Seconde Guerre; Jean-Paul II avait entamé des études de philologie à l’Université de Cracovie; tous les autres pontifes des Temps modernes sont issus d’un Petit et Grand Séminaire avant d’entamer leur carrière ecclésiastique… Autant dire qu’un pape ayant eu une formation scientifique précédant son cheminement vocationnel, il n’en est guère !

Laudato si’

On l’a déjà oubliée ? L’encyclique de François est bien la première sur un thème, l’écologie, qui incorpore les connaissances scientifiques tout autant que la théologie de l’environnement… Et nous sommes en 2015. Il y écrit : « La science et la religion, qui proposent des approches différentes de la réalité, peuvent entrer dans un dialogue intense et fécond pour toutes deux. » (n. 62) Un pape qui s’appuie sur la science pour décrire la réalité du monde ? Les détracteurs de Galilée et Copernic se sont retournés dans leur tombe… Et François de renchérir : « Une encyclique de ce genre doit se fonder seulement sur les certitudes, sur les choses sûres. Parce que si le pape dit que le centre de l’univers est la terre et non le soleil, il se trompe… » Galilée aurait souri de là où il est…

Une Académie depuis 1847 !

Une Académie regroupant des scientifiques du monde entier pour travailler de manière interdisciplinaire, voilà une idée que Pie IX concrétise en 1847 en ressuscitant l’ancienne Académie des Lynx (sic) qui datait de 1603 ! La perte des Etats pontificaux voit cette Académie se scinder en deux (1859). Naît alors l’Académie pontificale des sciences (1936).

Clin d’œil de l’histoire : l’antique Académie des Lynx – matrice de celle Pontificale donc ! – avait été dirigée dès 1611 par un certain… Galilée ! CQFD ?

Comment concilier foi et science ?

Voilà le thème que nous abordons aujourd’hui.
Depuis l’apparition de l’homme sur notre terre la question essentielle qui se pose à l’homme est celle-ci:
«Pourquoi existons-nous et quelle est notre finalité?»
La Science donne une réponse rationnelle sur la réalité de l’Univers, alors que la Foi est une grâce reçue qui nous fait comprendre le plan divin de la Création et la finalité de notre vie.

PAR LE PÈRE FRANCIS BASANI | PHOTOS : DR, PXHERE, PIXABAY

Beaucoup de voix s’élèvent aujourd’hui comme dans le passé et prétendent que la science et la foi chrétienne sont opposées l’une à l’autre.

Certains athées affirment que la science a rendu la foi obsolète, et l’a mise au rang d’une superstition quelconque.

Beaucoup dans le grand public pensent que l’Eglise est anti-science. Et à l’intérieur de l’Eglise, la science est souvent présentée comme si elle défiait certaines croyances chrétiennes importantes. Pourtant, aucune de ces voix ne nous présente une relation positive et constructive entre la science et le Christianisme. Nous présentons ici plusieurs façons d’envisager les relations entre la science et le christianisme.

« Aujourd’hui, par la science et la technique, l’homme a tendu sa maîtrise sur presque toute la nature et ne cesse de l’étendre. L’Eglise, gardienne du dépôt de la parole divine désire joindre la lumière de la révélation à l’expérience de tous pour éclairer le chemin ou l’humanité vient de s’engager ». Concile Vatican II, Gaudium et spes 33.

La science moderne et la foi chrétienne ne sont absolument pas antinomiques mais au contraire parfaitement harmonieuses dans leur complémentarité. Les sciences physiques et humaines peuvent se développer grâce à l’exercice de la raison et répondent au « comment » de la réalité. En effet, l’homme a en lui les capacités de comprendre les lois du monde.

La foi intègre bien sûr la rationalité mais pose la question de la croyance en un Dieu personnel qui répond au « pourquoi » du questionnement de l’homme sur son existence et sa finalité dans un univers qui a été créé pour lui.

La science reste muette et ne peut donner aucune explication sur la question philosophique première et fondamentale : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

Par la suite Darwin, au sujet de l’apparition de la vie, développa sa théorie sur l’évolution et la sélection naturelle.

Darwin décrit l’arrivée et l’évolution de la vie sur terre. On sait aujourd’hui que cela est possible grâce à l’ADN qui contient toutes les informations génétiques permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants.

Foi et science peuvent d’abord se soutenir, chacune aidant l’autre à donner le meilleur. Surtout, l’une et l’autre sont appelées ensemble à servir l’homme. Chacune à sa manière, elles aident l’homme à répondre à la grande question de son existence, celle du sens de la vie.

Marcher sur ses deux jambes, c’est mieux pour avancer !
La méthode scientifique s’impose à tous, croyants et non-croyants.

«La science et la théologie ont des choses à se dire, car elles sont toutes les deux concernées par la recherche de la vérité.»

John Polkinghorne

Surtout, les chrétiens sont invités à s’émerveiller devant les magnifiques découvertes de la science. Ils sont appelés à reconnaître que les œuvres de la vérité sont faites pour aimer et à réconcilier la vérité avec l’amour, des hommes et de Dieu. Il revient aux chrétiens de faire remonter l’effort de la science vers Dieu.

Foi et science sont parfois posées comme rivales sur le plan de la raison. Pourtant, la raison est indispensable à la compréhension de la foi. Toute conversion requiert une démarche d’intelligence. Relire fréquemment les décisions que nous avons prises, les choix que nous avons posés, fait appel à nos capacités d’entendement. Comme le dit Albert Einstein : « Un homme qui a cessé de s’émerveiller est comme mort. » La foi et la science nécessitent raison et étonnement.

Pour les chrétiens, Jésus est cette Parole vivante, qui vient changer la vie et donner un sens nouveau à l’existence. Ce qui met la foi en mouvement, ce n’est pas d’abord la raison, mais l’amour de Dieu.

Ainsi, « la foi qui cherche à comprendre » signifie quelque chose comme « un amour actif de Dieu qui cherche une connaissance plus profonde de Dieu ».

Questionnaire

« Bâtissons ensemble notre communauté de demain »

PAR SERGE KANINDA
PHOTOS : SECRÉTARIAT UP, DOMINIQUE RABOUD, XAVIER BRANCATO

L’historique

Le point de départ du projet « Bâtissons ensemble notre communauté de demain » fut le résultat du constat fait par l’Equipe pastorale, lors de son bilan de l’année pastorale 2018-2019, de certaines insatisfactions.

La première insatisfaction était celle de la difficulté à mettre en place les orientations pastorales promulguées par l’Evêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg à la Pentecôte 2017. Aussi bien les groupements que les paroissiens de l’Unité pastorale n’arrivaient pas à entrer dans la démarche proposée par l’Equipe pastorale.

La deuxième insatisfaction a été la prise de conscience que la communauté dans son ensemble ne se retrouvait pas toujours dans les propositions faites, soit par le Conseil de l’Unité pastorale, soit par l’Equipe pastorale. Cette deuxième insatisfaction était source de frustration et de découragement pour toutes les personnes engagées et investies dans la mise en place de ces propositions.

Après réflexion, l’Equipe pastorale et le Conseil de l’Unité pastorale ont souhaité faire, de ces insatisfactions, de « saintes insatisfactions », de celles qui stimulent à mieux faire, à rechercher le meilleur pour son Eglise. Au lieu donc de céder à la sinistrose, de gémir sur soi-même, de se démoraliser ou encore de critiquer et d’accuser les autres, le choix a été fait de se mettre à l’écoute de ces saintes insatisfactions, ces saints désirs, qui nous parlent de la volonté de Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance.

Une espérance, une vision avaient alors germé au sein du CUP : « Celles d’une communauté vivante dans laquelle chacun se sentirait partie prenante de ce qui se fait ou se décide. » Une telle communauté exige qu’on la bâtisse ensemble, que chacun y apporte sa pierre. Et, pour la construire ensemble, il était très vite apparu que la meilleure façon d’y arriver était de se retrouver une fois tous ensemble, autour d’une même table pour réfléchir, concevoir, décider et répartir les rôles. D’où la décision de convoquer tous les paroissiens de notre Unité pastorale à une grande Assemblée pastorale.

La démarche

Le CUP a donc créé en son sein un groupe de travail ad hoc. Celui-ci, composé de huit personnes, a eu pour mandat de mener une réflexion sur la façon la plus optimale d’organiser une Assemblée de tous les paroissiens de notre Unité pastorale.

Assez rapidement, le groupe de travail est arrivé à la conclusion que la meilleure façon de procéder, dans un premier temps, était d’aller à la rencontre des paroissiens, de se mettre à l’écoute de leurs besoins et de leurs attentes.

Le groupe a eu l’intelligence de se faire accompagner par quelqu’un de l’extérieur de l’Unité pastorale Notre-Dame de la Brillaz. Grâce à cette collaboration et à l’inspiration de l’Esprit saint, le groupe de travail a élaboré un questionnaire à l’attention de toutes les personnes vivant dans notre Unité pastorale.

Le questionnaire portait comme titre : « Bâtissons ensemble notre communauté de demain ! Votre avis nous intéresse. »
Il soumettait cinq questions auxquelles
les personnes étaient invitées à répondre :

– Pour vous, à quoi sert l’Eglise ? Quelle est sa mission ?

– Avez-vous vécu un événement positif en lien avec l’Eglise ? Si oui, lequel et pourquoi ?

– Est-ce que vous attendez personnellement quelque chose de l’Eglise ? Si oui lequel ? Si non, pourquoi ?

– Vous sentez-vous personnellement membre à part entière de notre (nos) communauté(s) paroissiale(s) ? Si non, qu’est-ce qui vous empêche de rejoindre cette communauté ?

– Et pour vous, qui est Jésus ?

La démarche devait être celle d’aller vers les gens, à différentes occasions, de discuter avec eux sur la base du questionnaire, de récolter les réponses qui seraient ensuite analysées puis présentées lors de l’Assemblée pastorale afin d’élaborer, tous ensemble, des pistes concrètes pour notre avenir.

Pour atteindre le plus de monde possible, il a également été proposé de mettre le questionnaire en ligne sur le site de l’Unité pastorale et de le déposer dans toutes les églises.

Commencée en juillet 2019, cette dé­marche devait aboutir à la convocation de l’Assemblée pastorale à l’automne 2019 ou au plus tard au début 2020. Mais c’était sans compter sur l’arrivée de la pandémie de COVID-19, qui a malheureusement perturbé tous les plans et retardé les échéances. Initialement prévue à la fin mai 2020, la remise définitive des questionnaires a été repoussée à la fin septembre 2020 afin de pouvoir obtenir un maximum de questionnaires complétés, la récolte ayant été rendue impossible lors du semi-confinement.

Le résultat / Le rapport

Sur l’ensemble de paroissiens de l’Unité pastorale, cinquante-et-une personnes (seulement) ont répondu aux questionnaires (par des entretiens avec les enquêteurs, par courrier postal ou par courriel).

Un groupe de travail de sept personnes s’est alors occupé d’analyser ces réponses. Nous avons aussi demandé à un membre de notre communauté paroissiale, professeur honoraire à l’Université de Fribourg, de proposer une interprétation du questionnaire. Pour terminer, le groupe de travail du Conseil de l’Unité pastorale s’était adressé à l’abbé François-Xavier Amherdt, professeur de théologie pastorale à la même Université, lui demandant de porter un regard sur toute cette démarche et sur la synthèse des questionnaires qui étaient rentrés.

Le résultat de ce travail se trouve consigné dans un document final que le groupe de travail a remis au Conseil de l’Unité pastorale au printemps 2021 (il peut être consulté et téléchargé sur le site de l’Unité pastorale (www.upndlabrillaz.ch).

Une question s’est alors posée, vu le peu de réponses en retour, de la part des paroissiens (pour rappel cinquante-et-une seulement) : cela valait-il la peine d’aller plus loin ? C’est-à-dire, fallait-il ou non convoquer tous les paroissiens de l’Unité pastorale à une Assemblée pastorale ? Après plusieurs discussions, le Conseil de l’Unité pastorale, durant l’assemblée du 9 juin 2021, a pris la décision, à l’unanimité, d’aller jusqu’au bout de la démarche en convoquant l’Assemblée comme initialement prévu. Cela semblait un devoir par respect pour toutes les personnes qui avaient répondu au questionnaire.

Jésus dit : « Viens, suis-moi. » Pour aller où ?

par Lia Lopez-Polo

Le pape François nous encourage, dans la démarche synodale ouverte le 10 octobre dernier à Rome, à « rêver notre Eglise », à faire fleurir l’espérance. « Rêver notre Eglise », imaginer comment elle pourrait, ou devrait être, c’est ce que nous faisons tous : « Si on faisait ceci… : Il faudra faire cela… »

Pour rêver cette Eglise, dont nous faisons partie par notre baptême, et pour lui faire prendre la forme que nous souhaitons, nous avons besoin de nous parler, de nous dire nos rêves.

Se poser la question « où allons-nous en Eglise, avec l’Eglise » est pertinent et mérite une vraie réflexion. Car en suivant Jésus, nous faisons route ensemble et nous construisons notre communauté. Que désirons-nous pour notre commu­nauté, pour notre Eglise ?

Afin de rêver ensemble en essayant de réaliser nos rêves, nous sommes toutes et tous invités le 2 avril 2022 pour une matinée de partage et de réflexion.

Une personne, extérieure à l’unité pastorale et expérimentée dans le domaine de la modération, viendra nous guider dans nos discussions et nos réflexions.

De plus amples informations vous parviendront dans le prochain numéro de L’Essentiel, et, en temps voulu, également par les feuilles dominicales, les annonces lors des célébrations et sur le site internet de l’Unité pastorale.

Tout est lié

 

PAR CHANTAL SALAMIN | PHOTOS : DR

Toutestlie.catholique.fr est un magazine web édité par la direction de la communication de la Conférence des évêques de France, consacré à l’écologie intégrale. Pourquoi? Pour nous inviter à porter un regard joyeux sur le monde, un regard d’espérance… et nous inviter à agir là où nous sommes avec ce que nous sommes.

Tisser des liens

Regroupés en quatre verbes – constater, enraciner, comprendre et agir –, vous pourrez y découvrir des questionnements, des débats, des initiatives, des actions engagées durablement, des expérimentations reprenant les grands axes de Laudato si’, englobés par une pressante invitation à se convertir. Peu importe que cela jaillisse de l’intérieur ou de l’extérieur de l’Eglise, l’important, c’est d’agir.

On constate bien sûr que l’Eglise et les mouvements religieux sont impliqués, mais aussi le sport, l’éducation, les soins et même la prison!

L’enracinement se fait dans chaque personne, chaque équipe sportive ou professionnelle, dans le monde… où l’important est de partout trouver un équilibre, une complémentarité, être raisonnable pour respecter tout ce qui nous est non pas donné, mais prêté : notre corps, la nature, la vie…

Des scouts à l’enseignement supérieur, en passant par le cinéma, le sport et l’Eglise, tout le monde s’y met pour favoriser la compréhension et la prise de conscience qui invite à l’action.

 

 

L’homme et Dieu de relations en relations

L’homme que nous sommes et que nous rencontrons partout dans notre quotidien, qui est-il ? Il peut paraître étrange que nous devions nous poser cette question, comme si ce qui nous est le proche et le plus intime était aussi ce qui nous est étranger et qu’une des tâches de la vie humaine était de répondre à cette question, de résoudre cette énigme que nous sommes à nous-mêmes.

PAR L’ABBÉ VINCENT LATHION
PHOTOS : DR, L’ABBÉ VINCENT LATHION

L’homme, c’est d’abord un « animal politique », pour reprendre l’expression d’Aristote, – un être social, dirait-on aujourd’hui. A travers cette observation, Aristote met en valeur, sans aucun doute, un trait important et même essentiel de la nature humaine : aucun individu ne peut atteindre sa perfection seul, sans côtoyer ses pairs : nul ne s’éduque ou s’instruit soi-même. Ou, pour le dire de manière positive : il est vital pour l’homme d’interagir avec d’autres personnes pour développer pleinement son intelligence, son amour, et tant d’autres aptitudes sociales et personnelles nécessaires à la vie en société. Prenons d’ailleurs les quelques cas connus d’enfants sauvages, qui illustrent bien, a contrario, cette réalité : par manque de communications et d’échanges sociaux, leurs réflexions et leurs émotions sont restées à l’état brut et complètement en friche. Songeons encore à la terrible et scandaleuse expérience qu’aurait tentée, selon la rumeur, Frédéric II de Hohenstaufen. Souhaitant découvrir la langue originelle de l’humanité, il aurait fait grandir des nouveau-nés dans un isolement relationnel total pour en arriver à constater finalement que, loin de s’exprimer dans la langue d’Adam, ils étaient restés muets, s’ils n’avaient tout simplement pas péri. Ces cas corroborent ainsi les analyses du philosophe grec et manifestent de manière frappante combien les contacts humains sont irremplaçables dans le développement d’un enfant, combien aussi l’apprentissage de la parole est intrinsèquement lié au plein épanouissement de la vie humaine.

Tirant profit des réflexions d’Aristote et les complétant, l’Eglise distingue communément deux types de sociétés : les sociétés parfaites et les sociétés imparfaites. Sont parfaites les sociétés qui disposent de toutes les ressources nécessaires pour guider et conduire leurs membres jusqu’à leur perfection ; sont imparfaites les sociétés qui ne disposent pas en leur sein d’un tel potentiel. Dans la société civile, par exemple, la famille est une société imparfaite, car le foyer familial ne suffit pas pour former en plénitude ses membres (leur culture, leur instruction, leur formation professionnelles, entre autres, passent par l’entremise de la collectivité). En revanche, une nation constitue déjà une société plus parfaite, car elle est composée non seulement de ses cellules familiales, mais encore de multiples institutions (écoles, conservatoires, musées, théâtres) qui assurent le plein accomplissement de ses membres, en particulier son développement culturel et scientifique. Ainsi, d’une manière purement naturelle, l’expérience commune de l’humanité nous présente déjà l’homme comme un être de relations : relations qui s’exercent par des contacts, spécialement par la parole, et relations qui sont appelées à s’étendre au-delà du premier cercle restreint des proches.

L’homme, serait-ce donc cela, un vivant fait pour la société des hommes, fait exclusivement pour la société des hommes ? Non, évidemment, comme le proclame à l’envi le témoignage unanime de toutes les cultures, depuis celles des tribus aborigènes d’Australie jusqu’à celles des sociétés raffinées du Moyen-Orient ancien. Ces contacts, ces relations qui font l’homme être homme doivent aussi être d’un tout autre ordre. L’une d’elles, en effet, à l’approche de Noël, va retenir tout spécialement notre attention : la relation de l’homme à Dieu. De fait, cette relation est présente dans toutes les sociétés à travers le phénomène religieux. Pas de société sans pratique religieuse, fût-elle minoritaire, comme sous nos latitudes. Chaque individu se positionne donc dans le champ des croyances, soit pour les accueillir, soit pour les rejeter. Bon gré mal gré, l’homme ne saurait échapper à la question de sa relation à Dieu.

Cet immense fait du phénomène religieux, comment ne pas le mettre en rapport avec ce que nous révèle la Bible ? Le Nouveau Testament nous parle de la naissance d’un enfant, dont saint Jean dira qu’il est la Parole de Dieu faite chair : le Fils de Dieu est venu parmi nous, pour nous parler de son Père. Il y a donc, selon les paroles de Jésus, une multiplicité au sein même de Dieu, et donc des relations ! Le Père engendre le Fils, lui-même tourné vers le Père, et tous deux s’aiment par l’Esprit Saint. Leur union est si intime qu’ils ne forment qu’un seul Dieu et possèdent la même intelligence et la même volonté. Ainsi, à travers cette relation, se dévoile encore un peu mieux le mystère du Très-Haut et l’image qu’Il a, nous révèle la Genèse, imprimée dans l’homme : « Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance. » (Gn 1, 26) L’homme, en tant que personne, est donc image de Dieu, et il l’est tout particulièrement lorsqu’il se fait relation, l’exerce en connaissant et en aimant son prochain.

Cette lumière nouvelle que nous apporte déjà la nuit de Noël nous fait donc comprendre que la relation doit jouer un rôle éminent dans notre vie d’homme. Selon ce que nous révèle Jésus, elle n’est pas un simple à-côté : pour être à son image, l’homme doit se mettre en relation avec son Seigneur et avec son prochain. Alors il pourra se laisser pénétrer de l’amour et de la sagesse de Dieu, qui guériront et perfectionneront ses relations avec ses frères.

Telle est la merveille de l’homme : être de relations, il est à l’image de son créateur par sa capacité de connaître et d’aimer ; et ces capacités, une fois touchées par la grâce, lui permettront de se conformer au Christ. Il deviendra alors pour lui-même et pour le monde entier comme une porte ouverte sur le ciel, une source intarissable de bénédiction dans sa relation à Dieu et à son prochain !

3 questions à… Jésus !

Pourquoi pas ? Le mois de décembre est celui qui pointe vers la célébration de sa naissance – bien qu’Il ne soit pas né un 25 décembre ! Comment voit-il cette période ?

PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Cher Jésus, tu vas voir une fois encore les temples et les églises se remplirent de gens qui viendront écouter des concerts, des veillées, des Carols, des messes et des cultes bien préparés, pour familles ou avec chœur… qu’en penses-tu ?

Cela me réchauffe le cœur de voir que c’est par la beauté que l’être humain se laisse émouvoir et mouvoir… Pour ma part, c’était la beauté du lys dans les prés qui m’avait le plus ému. Et mu, car j’ai parcouru des kilomètres dans mon propre pays, jusqu’à ses frontières décriées par les bien-pensants et j’y ai toujours trouvé la beauté de la nature, simple et sobre, à l’image de Dieu…

Comment vis-tu le fait que toi et nous savons bien que tu n’es pas né un 25 décembre ?

Eh bien moi non plus, comme des milliers de personnes aujourd’hui dans le monde, spécialement dans des pays où l’administration est déficiente, je ne sais pas exactement ma date de naissance. Mes parents me disaient que c’est à 12 ans, lors de ma Bar Mistvah, que je suis né véritablement : à la communauté juive, à notre village, aux yeux de Yahvé. Pour ma part, il me semble être né des centaines de fois : quand, au matin, contemplant le soleil se lever de derrière les montagnes – j’aimais bien aller seul, tôt, dans la solitude des collines –, le premier rayon me caressait le visage comme un « Shalom » de Dieu mon Père ; quand, le jour où mon cousin Jean-Baptiste m’immergea dans les eaux du Jourdain ; quand mes disciples revenaient, fatigués et tout heureux d’avoir reçu l’annonce que le Royaume était tout proche et changeaient le cœur des écoutants ainsi que le leur…

Que souhaiterais-tu dire à la communauté de Saint-Joseph ?

Chaque matin est un Noël car je ne dors pas mais veille à tes côtés, ô paroisien.ne ! Chaque jour est un Noël car donner est facile et apprendre à recevoir encore mieux. Chaque soir est un Noël car la nuit n’est point ténèbre, mais appelle à la confiance et à l’espérance car demain me porte vers un nouveau jour… de Noël ! Et puis, fais simple cette année, tu veux bien ?

Ces sourds qui savent écouter

Marlène Pochon vit à Chamoson. Elle est maman et grand-maman. Elle a travaillé plus de 20 ans comme infirmière. Il y a 16 ans, elle a ressenti le besoin de changer d’orientation professionnelle. Marlène donc a choisi de se mettre au service des personnes sourdes et malentendantes. Elle travaille comme codeuse interprète en LPC, c’est-à-dire langage parlé complété …

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

Codeuse interprète en LPC… Mais quel est donc ce travail ?

J’interviens auprès des enfants appareillés ou implantés à partir de la garderie ou de la crèche jusqu’à la fin de la formation professionnelle. Mais j’assume aussi d’autres missions pour les personnes adultes sourdes ou malentendantes.

Les sourds entendraient-ils mieux que nous ?

Je dirais plutôt qu’ils savent écouter. Entendre est une difficulté mais ils écoutent vraiment. L’écoute leur permet une relation vraie et leur permet de s’approprier des informations, d’apprendre. Les personnes entendantes, elles, sont noyées par une multitude de sons, de bruits qu’ils entendent, mais écoutent-ils vraiment ?

Qu’est-ce qui t’a poussée dans cet univers des malentendants ?

Ma relation à mon métier ne m’apportait plus la satisfaction nécessaire à un épanouissement. Pour réfléchir, je suis allée passer une semaine chez une amie. Cette personne, orthophoniste, s’occupait du langage des enfants implantés cochléaires *. Ce fut une découverte et même une révélation. Oui, c’était cette relation vraie, juste, que je voulais vivre !

Ton travail, c’est donc d’assister les personnes sourdes ou malentendantes dans leur scolarité ou leur formation ?

Exactement, j’interviens en milieu préscolaire, durant toute la scolarité obligatoire, pendant la formation professionnelle ou les études supérieures. Nous intervenons aussi dans les institutions spécialisées. Nous sommes une aide au développement de l’autonomie de la personne et facilitons l’intégration sociale. Nous aidons à la passation des savoirs et à la transmission d’informations. Nous aidons dans la communication et la relation entre enfants et jeunes en milieu scolaire. Les personnes sourdes ou malentendantes ont des besoins divers et variés (visite chez le médecin, colloque professionnel, formation, permis de conduire, loisirs, etc.

Quelle est cette langue qu’on appelle « parlé complété » ? Que permet-elle ?

D’abord, ce n’est pas une langue, mais un complément à la lecture labiale. Exemple : si je dis « pain, bain ou main », mes lèvres montrent la même chose. Avec la langue parlée complétée, j’ai recours à un système de clés syllabiques associées aux mouvements labiaux pour transmettre un message oral à une personne sourde ou malentendante. Cela permet une réception parfaite du message oral, sans plus de confusion car la main près du visage dessine et complète syllabe après syllabe tout ce qui est dit.

Comment les personnes sourdes ou malentendantes vivent-elles au quotidien ? Quelles sont leurs difficultés ?

C’est une adaptation permanente à l’environnement, aux personnes en face. Les informations sont très souvent mal transmises. Exemple : dans les trains, sur les quais de gare, les informations sont souvent uniquement sonores. Les portables et les ordinateurs aident à la communication mais c’est très insuffisant. Il manque énormément d’informations écrites ou d’attention pour ces personnes. En plus, depuis deux ans avec le COVID, c’est juste l’enfer pour eux, car les masques cachent les visages.

Tu expliques que les traits du visage sont des vecteurs de communication très importants : comment cela ?

Les yeux expriment ce que tu vis à l’intérieur, tu ne peux pas tricher si tu prends le temps d’observer en vérité. Donc avec les yeux, tu communiques. Les traits du visage expriment aussi des émotions, les mimiques, les attitudes passent des messages. Souvent les mots sont inutiles, ton visage montre si tu es heureux, fâché, triste… Elles sont expertes dans le domaine de l’observation. Il y a tellement d’informations sur nos visages ! Tricher avec eux est difficile à ce niveau.

D’une certaine manière, pourrait-on dire que les personnes sourdes/malentendantes entendent mieux que les autres ?

Je dirais qu’elles entendent différemment, pas forcément avec les oreilles mais avec les yeux et là est toute la différence. Elles entendent peut-être mieux car leur attention à l’autre est plus présente, plus profonde, plus vraie. C’est tellement important pour eux, qu’ils y mettent beaucoup d’énergie et de cœur. Leur écoute est peut-être plus vraie.

Quels ont été tes principaux défis dans ta relation avec les personnes sourdes ou malentendantes ?

Je dirais d’abord apprendre moi aussi à écouter différemment. Puis la patience et me réjouir de chaque progrès. L’observation et l’attention sont des aspects importants. Le plus grand défi, c’est d’arriver à dire suffisamment merci pour tout ce que m’ont apporté ces jeunes jusqu’ici. Saurais-je le faire ?

Merci Marlène.

* Implants cochléaires ? L’implant cochléaire est une prothèse auditive interne et externe. L’élément interne est constitué d’un stimulateur électronique et d’un faisceau d’électrodes. Le stimulateur est placé sous la peau et le faisceau inséré dans la cochlée au cours d’une intervention chirurgicale. La partie externe est composée d’un microphone, d’un processeur vocal et d’une antenne. Cette partie est posée sur l’oreille et le cuir chevelu.

Mosaïque d’Alexandre Blanchet

Eglise Saint-Joseph, Genève

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’œuvre que je vous présente ce mois-ci est toute particulière pour moi : Saint-Joseph est l’église de mon enfance. J’ai grandi, dimanche après dimanche, en regardant Jésus marchant sur un établi qui ressemblait beaucoup à celui qui se trouvait dans l’atelier de mon papa encadreur. Cette mosaïque nous parle précisément de cela : d’une histoire d’enfance, d’une photo de famille, de quelques instantanés de la vie d’un enfant et de ceux qui ont pris soin de lui.

Chaque année, pendant la période de l’Avent, nous écoutons les mêmes textes. Avec le temps, nous oublions peut-être de nous laisser émerveiller par l’extraordinaire message de l’ange : « Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit: ‘‘Dieu-avec-nous’’. » (Mt 1, 23)

L’œuvre d’Alexandre Blanchet nous invite à nous arrêter sur ce qu’est l’Incarnation. Le Dieu qui a fait le ciel et la terre, celui qui a fait sortir Israël du pays d’Egypte, qui a fait toutes ces grandes choses… nous rejoint sur terre. Il aurait pu venir directement en tant qu’adulte. Il choisit cependant de le faire, non comme Mary Poppins qui apparaît portée par le vent pour aider les familles qui en ont besoin, mais comme un bébé. Et même comme un embryon qui grandit dans le ventre de sa mère. Notre Dieu se remet, fragile parmi les fragiles, entre les mains de ses créatures. Il choisit de tout recevoir de deux êtres humains.

Ici, Jésus apprend à marcher, tenu par les mains de Joseph; la Sainte Famille est rassemblée autour de l’établi où Joseph travaillait. On rétorquera peut-être que ces scènes ne sont pas bibliques. C’est vrai, elles ne font pas partie de celles qu’il a semblé essentiel de transmettre par les Evangiles. Toutefois, elles nous aident à (re)découvrir des aspects auxquels nous ne pensons peut-être pas tous les jours. Cet enfant qui marche sur l’établi, c’est notre Dieu…

22ème Journée de la presse paroissiale – Novembre 2021

Samedi 27 novembre dernier s’est déroulée la 22e Journée de la presse paroissiale à Saint-Maurice, vous retrouverez ici des documents en lien avec cette journée.

Quelques liens utiles:

Thèmes et rubriques 2022

Thèmes 2022

Mois Sujet
Janvier L’espérance face aux crises (François-Xavier Amherdt)
Où puiser des raisons d’espérer encore, envers et contre tout? C’est tout le dynamisme de l’Evangile qui s’inscrit dans cette perspective de «résilience spirituelle». Le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ a des retombées sur les crises que nous traversons, sanitaire, écologique, économique, ecclésiale. Le terme «crise» veut dire d’ailleurs en grec moment décisif où prendre des options fondamentales. Les siècles qui nous précèdent ont connu des épreuves encore pires que les nôtres. Soyons dans la joie et espérons, avec le pape François: le meilleur est à venir. Notre foi est tournée vers l’accomplissement, vers l’eschatologie, vers les choses dernières, dès aujourd’hui.
Février Pastorale des handicapés (Thierry Schelling)
Vous rappelez-vous encore des Jeux paralympiques de l’été 2021? Un vrai feu d’artifice de prouesses humaines par ces femmes et ces hommes en situation de handicap. Une pastorale pour et par eux égaye la vie des communautés d’Eglise. Tour d’horizon.
Mars Consacrer sa vie à autre chose (Myriam Bettens)
Ils ont dit oui à Dieu pensant peut-être que c’était pour la vie. Pourtant, il arrive qu’ils discernent que leur place n’est pas là et d’autres sont guidés vers la sortie avant les vœux définitifs. Un éclairage sur les motivations qui poussent ces religieux à remettre en cause leur engagement et quitter la vie consacrée.
Avril Chrétien dans un monde qui ne l’est plus? (Calixte Dubosson)
La société de consommation, les nouvelles technologies mais surtout le relativisme font qu’il est de plus en plus difficile de diffuser la vérité chrétienne. Dans la plupart des interviews, les réponses «oui et non» ou encore l’adverbe «relativement» sont systématiquement utilisés. Dans un monde gouverné par le phénomène de l’émotion, le chrétien peut-il proposer une sagesse qui demande du recul par rapport au vécu et approfondissement de l’évènement?
Mai Dieu au féminin (Thierry Schelling)
Elle est créatrice et Mère de toutes et tous, Dieu.e… Surprenant? Dérangeant? Et pourtant, «à son image» nous sommes créé.es, c’est-à-dire «mâle et femelle». C’est donc que Dieu est féminine…
Juin Le patrimoine immobilier de l’Eglise (Pascal Ortelli)
A qui appartiennent les édifices religieux et les bâtiments qui parfois les entourent? Comment gère-t-on ces biens? D’une manière responsable en lien avec les principes de l’enseigne- ment social de l’Eglise ou dans l’optique de maximiser les rendements? Une église peut-elle être désacralisée et vendue comme en France? Voilà autant de questions abordées dans ce tour d’horizon romand.
Juillet-août Faut-il se désoler de la baisse des mariages à l’église? (Calixte Dubosson)
La constatation est générale: de moins en moins de couples choisissent de se marier à l’église. Beaucoup ne se sentent plus à l’aise dans un lieu qu’ils ne fréquentent plus. D’autres utilisent des organismes profanes pour penser la cérémonie selon les désirs de chacun. Faut-il se désoler de ce phénomène ou, au contraire se réjouir d’un surcroît de vérité dans la démarche des jeunes chrétiens d’aujourd’hui?
Septembre Ecole buissonnière (Myriam Bettens)
Il n’y a pas si longtemps, le paysage éducatif romand se composait en grande partie d’écoles et d’instituts confessionnels. Leur nombre s’est fortement réduit. Entre fermetures et reprises par l’Etat, les établissements qui subsistent cherchent à préserver la liberté de développer un projet de société autre que celui de l’Etat, tout en coexistant avec celui de l’école publique.
Octobre Vous avez dit Synode? (Thierry Schelling)
Synode. Mot qui (dé)plaît, mot piège, peut-être. A une année du lancement, selon la nouvelle méthodologie voulue par le pape François, du Synode sur la synodalité – projet voulant «imaginer un futur différent pour l’Eglise» – où en est-on concrètement? Bilan à mi-parcours, entre réjouissances et déceptions.
Novembre Fin du monde, une histoire sans fin? (Myriam Bettens)
La notion d’apocalypse remonte aux origines de notre monde. Toutes les civilisations et toutes les religions ont un discours en la matière. Mais cette crainte a resurgi à l’aune de la pandémie de coronavirus. Certains y entrevoient un signe de la fin des temps, un fléau apocalyptique. Pourtant, il y a dans la fin du monde une histoire sans fin.
Décembre Le langage de l’art sacré (Amandine Beffa et Jean-Claude Gadmer)
L’art sacré en Suisse romande est riche en époques et styles différents (de l’abbatiale de Romainmôtier à l’église de Gland). Il a en commun d’être un langage qui s’adresse aux «hommes de ce temps». Aujourd’hui, il nous parle de ce qui habitait le cœur de nos ancêtres: de la théologie de l’époque, mais aussi de ce qui faisait leurs angoisses et leurs joies.

Hors-série (automne 2022)

Trois jubilés pour la mission de l’Eglise
En 2022, l’Eglise commémorera trois jubilés : les 400 ans de la fondation de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, les 200 ans de la création de l’œuvre de la Propagation de la Foi par Pauline Jaricot à Lyon et les 100 ans de l’élévation à la nature pontificale et universelle de trois Œuvres missionnaires – aujourd’hui nommées Missio en Suisse – dont la Propagation de la Foi, l’œuvre la plus ancienne. Autant de thèmes à découvrir dans notre hors-série qui sera proposé l’automne prochain.

Rubriques 2022

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2022.

En 2022, nous vous proposons quatre nouvelles rubriques

La carte blanche diocésaine: chaque mois, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève- Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Paroles de jeunes, parole aux jeunes: à tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profiteront de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse.

Faire recette: du fruit cueilli par Adam et Eve au repas de la Cène, de nombreux moments décisifs de la Bible se jouent autour d’un repas. Aujourd’hui encore, la nourriture que nous mangeons pour marquer les temps forts de l’année dit quelque chose de nos racines chrétiennes. Une invitation à «guigner» dans la cuisine de vos voisins et à reproduire leurs recettes dans la vôtre !

Zoom sur…: capucins, Focolari, dominicains ou diaconesses de Saint-Loup, comment s’y retrouver parmi les nombreuses communautés religieuses, œcuméniques ou interreligieuses qui peuplent la Suisse romande? Chaque mois, L’Essentiel donne un coup de projecteur sur l’une d’entre elles, en lien avec une fête qui la caractérise, un élément lié à sa fondation ou les notes de sa spiritualité spécifique.

Format B5

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Nouveau! Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Paroles de jeunes, parole aux jeunes Nouveau! Tournus externe
14 Zoom sur… Nouveau! Pascal Ortelli
15 Faire recette Nouveau! Myriam Bettens
16 En librairie Calixte Dubosson

Format A4

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Parole de jeunes, parole aux jeunes Nouveau! Tournus externe
8 Carte blanche diocésaine Nouveau! Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

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