Il est des difficultés que ceux qui ne sont pas concernés peinent à imaginer, dont celle d’être parent d’un enfant différent, à cause du handicap ou de la maladie.
PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS | PHOTO : FLICKR / CLAUDE PISCITELLI
Comment oublier le jour terrible où la vie a basculé suite à l’annonce d’un diagnostic médical, ou encore les nuits blanches et les rendez-vous de spécialistes plus ou moins décevants qui ont suivi ? Quand ce n’est pas le regard de l’entourage embarrassé ou craintif. Un vrai séisme ! Le handicap ou la maladie heurte autant le couple que la fratrie, chacun faisant face comme il peut. Certes, l’inquiétude, la honte, la jalousie et la colère les habitent parfois, mais avouons aussi que les enfants différents nous réapprennent l’essentiel de la vie loin de la course au succès et à l’efficacité. Ils vivent par les valeurs du cœur : la tendresse, la patience, la capacité d’adaptation au-delà des schémas et conventions parfois plus ou moins sensés : « Claire, ma fille trisomique, a été la grande épreuve de ma vie. Elle m’a aussi fait bouger intérieurement comme personne d’autre », avoue Martine sa maman âgée de 70 ans. Entre familles d’enfants différents existent une complicité et une compréhension immédiate qu’il faut encourager. Et quand nos paroisses leur réservent une place de choix, c’est très vite gagnant-gagnant. Musique, service de l’autel ou de l’assemblée, chorale… il y a mille façons d’inclure ces jeunes…
Bon à savoir
L’Office chrétien des personnes handicapées accueille et conseille les parents d’enfants différents : och.fr
Le Centre écologique Albert Schweitzer, du nom du médecin, pasteur et théologien qui reçut le prix Nobel de la paix en 1952, un homme qui s’est mis au service de son prochain, célèbre 40 ans de lutte en faveur du développement durable en Suisse et en Afrique ! Mais le connaissez-vous ?
PAR CHANTAL SALAMINPHOTOS : DR
Ses 40 ans
Vous êtes conviés à une série de manifestations pour cet anniversaire dont les dates seront confirmées en fonction de la situation sanitaire (voir site internet ceas.ch) : une exposition photos Vivre de sa terre à Madagascar, une pièce de théâtre inédite dédiée à Hélène et Albert Schweitzer, etc.
Sa vision et sa mission
Les membres du CEAS « rêvent d’un monde où chacune et chacun, à sa mesure, puisse apporter une pierre à l’épanouissement de la société, au développement économique et à la préservation de l’environnement ».
Fondée en 1980, sa mission sera dès lors de « générer des dynamiques sociales et économiques positives en Afrique, grâce à la co-création et au partage de solutions innovantes et respectueuses de l’environnement, pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire et à la promotion des énergies renouvelables ».
Son action
Le CEAS gère en parallèle une trentaine de projets à Madagascar, au Sénégal et au Burkina Faso, et ce, par des partenaires locaux. Il se concentre dans quatre grands domaines d’activités : l’artisanat et les énergies renouvelables, les filères agricoles durables, l’assainissement des déchets et la sensibilisation. Des projets qui apportent des retombées positives pour les personnes : un forage pour tout un village, une vente de beurre de karité pour payer les soins médicaux, un kiosque solaire pour une école, la gestion durable de l’eau, etc.
En Suisse, l’important est que « la population et les décideurs comprennent que la pauvreté, le changement climatique, la sécurité alimentaire notamment sont des problèmes globaux qui ne connaissent pas de frontières ».
La paroisse d’Hérémence, qui fut érigée le 11 septembre 1438, va vivre une journée particulière dimanche 31 octobre: ce jour-là marquera les 50 ans, jour pour jour, de la consécration selon le rite catholique de son église, dédiée à saint Nicolas de Myre.
L’abbé Antoine Clivaz, nommé curé d’Hérémence en 1760, constata rapidement que l’ancienne église était devenue trop petite en raison de l’accroissement important de la population de la commune. Suite au don de Jean-Baptiste Mayoraz, qui légua le champ de Chenevière (culture de chanvre), qui se trouvait en amont à l’ouest de l’édifice existant, la construction de la nouvelle église débuta en 1768 pour se terminer en 1788.
Pour parler de la générosité des paroissiens, qui permit la construction de l’église, l’abbé Clivaz se référa au miracle de la multiplication des pains relaté par l’évangéliste saint Jean, car à la fin de la construction il restait un solde de 1000 écus, montant évalué à 10’560 francs par l’abbé Antoine Gaspoz en 1925.
Le maître-autel
Le chœur de l’église d’autrefois était constitué par la chapelle existante. Lors de la démolition de l’église, en 1967, le maître-autel qui s’y trouvait fut vendu à la paroisse de Stalden qui l’installa dans son église paroissiale après y avoir remplacé la statue de saint Nicolas par une représentation de saint Michel, à qui elle est dédiée.
La nouvelle église
Le projet
Le projet de l’église actuelle remonte à 1960, date à laquelle l’abbé Marius Charbonnet, en charge de la paroisse, s’est vu confier la mission de bâtir un nouveau lieu de culte afin de remplacer l’église paroissiale fragilisée par le tremblement de terre du 25 janvier 1946.
C’est le rapport de l’architecte établi en 1961 qui se trouve aux archives cantonales qui éveilla l’attention des autorités religieuses et civiles d’Hérémence ainsi que celle des paroissiens. Dans celui-ci on pouvait notamment lire que « l’église se trouvait dans un état de vétusté avancée, les cloches ébranlaient un des murs de la nef et même l’arc qui dominait le chœur ».
Un concours est alors lancé et un règlement rédigé le 29 décembre 1961. Quinze projets sont déposés. Le jury choisit celui de l’architecte bâlois Walter Förderer appelé « Eglise » le 10 février 1963.
Pour expliquer son projet, l’architecte dira que, se trouvant face à une cuvette, il a imaginé un rocher qui y serait tombé dans lequel il a sculpté une église en tenant compte de la topographie.
La construction
La première pierre est posée et bénie le 22 septembre 1968. Durant l’hiver 1968-1969, les murs sont bétonnés et la voûte coffrée. Les travaux se poursuivent jusqu’en 1971. La nouvelle église, dédiée à saint Nicolas de Myre, est consacrée le 31 octobre par Mg Nestor Adam, évêque de Sion, en présence du curé, l’abbé Marius Charbonnet, et du vicaire, l’abbé Jean-Claude Favre.
L’ouvrage vu de l’extérieur
L’avis d’un architecte
Par Frédéric Dayer, architecte, Hérémence
« L’ouvrage est classé dans l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse (ISOS) avec comme objectif de sauvegarde » A « , ce qui le désigne comme bâtiment à sauvegarder au niveau national.
L’édifice, qui s’inscrit dans le courant brutaliste, met en exergue l’audace des autorités qui, au vu du contexte historique, social et culturel de l’époque, firent un choix novateur et avant-gardiste.
Le centre paroissial, monumental, constitue une véritable plateforme de distribution qui met en relation, par tout un réseau d’escaliers et d’esplanades, les entités qui l’entourent. Les parcours menant à l’église préparent subtilement les différentes séquences d’entrée qui dévoilent un exceptionnel espace intérieur de culte.
En plus de son aspect sculptural et artistique, il faut souligner la qualité de la construction. La complexité de l’ouvrage relève d’un défi hors norme qui n’aurait pu être relevé sans les aptitudes, les compétences et la synergie entre toutes les personnes investies dans sa réalisation. »
L’ouvrage vu de l’intérieur
L’espace liturgique
L’espace liturgique est conçu pour répondre aux exigences de la nouvelle liturgie dont l’abbé Charbonnet disait : « L’Eglise vivait le concile Vatican II. La réforme liturgique était à l’étude. Elle allait dans le sens d’une participation de l’assemblée à la célébration eucharistique » 2.
La place des fidèles durant les célébrations telle que redéfinie par le concile Vatican II 3 a permis de renforcer leur participation. Les blocs de bancs en bois sont disposés en hémicycle. Ils sont séparés les uns des autres par des allées qui convergent toutes vers le sanctuaire. Au cœur de l’assemblée, un vaste espace où se trouve l’autel, représentation symbolique du divin où s’accomplissent les rites sacrés. L’hémicycle se termine par la place réservée à la chorale : elle permet aux fidèles de voir les chanteurs et à ceux-ci de participer pleinement à la célébration.
La symbolique
Chaque église matérialise la maison de Dieu. Ici, les éléments qui l’agencent ont chacun leur symbolique, à l’image des statues qui ont été disposées de façon à garder un lien avec l’église précédente. En plus du Christ et de la Vierge, on y trouve les statues de saint Théodule, de saint Nicolas, des évangélistes et des protecteurs des chapelles.
La croix du Christ
Le Christ roman du XIe siècle présente la particularité de ne pas être mort, car il a les yeux ouverts. Inséré dans le mur même de l’édifice, il représente Jésus pierre angulaire de l’Eglise. Un chapitre du livre des Actes des Apôtres l’évoque d’ailleurs de la manière suivante : « Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes qui puisse nous sauver. »
La colonne de la Vierge
Soutenant le grand plafond, la colonne de la Vierge symbolise l’aide de Marie. Elle est « celle qui, dans l’Eglise, tient la place la plus élevée auprès du Christ et est en même temps la plus proche de nous » 4. Son emplacement actuel ainsi que l’inscription « Hérémence est l’alleu (terre) de Notre Dame », qui figurait sur son socle dans l’ancien édifice, prouve bien la dévotion des paroissiens envers Marie.
Le témoignage d’une visiteuse de passage
Par Géraldine Kobel, Charmoille (JU)
« Bien sûr que dans mon Jura natal, j’avais entendu parler de cette église particulière, spéciale, bizarre. Bien sûr que j’en avais vu des photographies prises sous plusieurs angles. Mais quand j’ai eu la chance, par une fin de journée du mois d’août 2020, de visiter l’église Saint-Nicolas d’Hérémence, j’ai été impressionnée par cet énorme rectangle qui semble en décalage avec son environnement.
Un bâtiment moderne en béton, style « monolithe » – on m’a dit que c’était voulu –, érigé au milieu d’un charmant village plutôt escarpé. Quelle audace et quelle ingéniosité ! Je me suis sentie minuscule au pied de cette église, mais également protégée.
L’intérieur m’a touchée par sa grandeur et sa simplicité. Tout y est à sa place, il n’y a ni trop ni trop peu de statues, de décorations,… La luminosité invite au recueillement. L’idée de disposer les bancs en arc de cercle me rappelle la souplesse et tous les arrondis que nous sommes invités à appliquer tout au long de notre vie en général et dans notre vie chrétienne. Dans la sacristie, j’ai découvert un beau message qui depuis lors m’accompagne : » Un reflet de Dieu est présent dans chaque visage que tu vois. » »
En guise de conclusion
« Espace concret de la mise en relation entre le monde visible qu’on appelle la Terre et le monde invisible qu’on appelle le Ciel » 5, l’église d’Hérémence, et plus particulièrement son espace liturgique, est véritablement à considérer comme l’instrument de la relation privilégiée que nous entretenons avec Dieu en étant un espace structuré pour la vivre activement.
L’église d’Hérémence, qu’il appelait sa « cathédrale » 6, est une œuvre à part dans la carrière de l’architecte. Cette cité de Dieu nous incite à la méditation grâce à l’eau qui coule goutte à goutte de la fontaine baptismale, rythmant le temps; et à l’extériorisation par la puissance de la voûte, construite de la main de l’homme, qui évoque la voûte céleste racontant la gloire de Dieu.
Chef-d’œuvre de l’architecture contemporaine, l’église est dotée d’un son et lumière qui permet aux visiteurs de comprendre les symboles qui y sont intégrés.
Une église tout entière espace liturgique
Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion
Ecrasé par le béton lors de ma première visite, touristique, je me suis retrouvé dans l’église d’Hérémence à concélébrer un ensevelissement qui avait attiré tous les habitants. De l’autel où je me trouvais, j’ai eu l’impression d’être élevé jusqu’aux occupants des galeries. Cette aspiration quasi physique élève l’âme jusqu’au ciel. De l’espace liturgique, l’assemblée peut être rejointe d’un regard et ramenée autour de l’autel, car en fait, c’est bien elle qui célèbre.
Notes
1 « Hérémence, Notices d’archives et souvenirs ». 2 « L’église d’Hérémence en Valais », témoignage de notre siècle, Marius Charbonnet. 3 « Présentation générale du Missel romain » publiée en 1970. 4 « Lumen gentium », constitution dogmatique sur l’Eglise de Vatican II. 5 « Espace et liturgie », Jean-Marie Duthilleul. 6 « L’église Saint Nicolas d’Hérémence », Guides d’art et d’histoire de la Suisse, octobre 2021.
Programme du 50e anniversaire
Samedi 30 octobre: vernissage du nouveau guide de la Société d’histoire de l’art en Suisse (SHAS) 15h Réception des invités et de la population. Début de la partie officielle 15h50 Concert d’orgue et chœur 16h30 Apéritif offert par la commune d’Hérémence et visites guidées de l’église 18h30 Clôture de la partie officielle
Dimanche 31 octobre: fête du jubilé 9h15 Réception des invités à la chapelle Saint-Quentin 9h30 Procession depuis la chapelle Saint-Quentin 10h Messe solennelle présidée par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion 11h30 Apéritif offert par la commune d’Hérémence 13h Banquet officiel 17h Fin avec temps de prière et chants.
Le père Tran Si Tin, de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur, débute en 1969 son engagement missionnaire auprès de la minorité Jraï. Il témoigne de son expérience dans les villages des Hauts Plateaux du centre du Vietnam.
PHOTOS : JOSEPH TRAN SI TIN
« […] En 1988 (j’ai été appelé à un nouveau) service : l’annonce directe de l’Evangile. Le peuple Jraï m’a enseigné non seulement son langage. Il m’a fait entrer dans l’esprit de son langage, dans sa culture tellement riche, dans sa vision du monde et de l’homme. J’ai compris que la mission ou l’évangélisation, c’est d’abord une recherche : recherche de Dieu qui demeure avec son peuple. […]
Les Jraïs m’ont appelé chez eux, dans leur village pour leur annoncer l’Evangile, mais pas en plein jour, car il est alors défendu de parler de religion en public. Je dois me rendre dans les villages avant le lever du jour. La rencontre avec les catéchumènes commence à 4h dans une famille pour finir à 5h du matin. En ce temps-là, nous n’avions que le Nouveau Testament, traduit en Jraï en 1972-1973. Nous priions donc ces textes. La vie chrétienne des Jraïs a été alimentée, solidifiée, a progressé par la Lectio Divina. On écoute la Parole de Dieu, on répète, on médite, on prie pour soi et pour les autres. Les Jraïs se sont convertis plus par la prière que par les prédications. De 1987 à 2005, j’étais le seul prêtre dans le district. Là, il m’a été donné de reconnaître le rôle important et irremplaçable des missionnaires laïcs. Certains partaient dans les villages où je ne pouvais me rendre. On m’a même dit qu’ils faisaient le travail mieux que moi. Voici des Jraïs qui évangélisent les Jraïs, dans la langue Jraï, dans la mentalité Jraï. Ces laïcs sont du peuple, dans le peuple, au milieu du peuple. »
«Jésus était-il contemporain de Napoléon ?» La question m’a été posée lorsque j’enseignais la religion à des élèves de secondaire. Loin de moi l’idée de blâmer leur lacune chronologique ou leur audace faite dans le simple but de me provoquer. L’occasion m’était donnée d’aborder avec eux le rôle de l’histoire de l’Eglise. Replacer les faits dans leur contexte pour éviter de «canoniser» les fake news et d’absolutiser les particularismes locaux, voilà un défi stimulant à relever.
Il en va de même pour nos communautés. Face à la grande Histoire dont on rapporte souvent les pièces simplifiées qui nous arrangent (l’Eglise et les croisades, l’Inquisition, la colonisation, etc.), ne renonçons pas – sans pour autant minimiser les erreurs commises – à voir au-delà de notre « coin de paroisse ».
S’intéresser à l’histoire générale du christianisme permet de prendre de la hauteur et d’approfondir communautairement sa foi, et ce, en l’inscrivant dans une dynamique plus vaste où l’on voit comment elle est vécue dans le concret des âges.
PAR ANNICK BIELMANN ET VALÉRIE SAUTEREL, VITROCENTRE, ROMONT PHOTOS : CINDY PRÉLAZ
C’est vers 1845 que Neyruz décida de devenir une paroisse indépendante et commença la construction de son église. La première messe eut lieu le dimanche 24 décembre 1848 et l’église fut consacrée le 20 septembre 1857. Il fallut attendre presque 50 ans pour voir ses fenêtres parées de vitraux. La paroisse fit appel à l’atelier fribourgeois Kirsch & Fleckner pour leur réalisation. En 1904 les deux verrières du chœur consacrées à saint Joseph et saint Nicolas de Myre furent posées et deux ans plus tard elles furent complétées par six vitraux dans la nef dédiés à gauche à saint Jean-Baptiste, sainte Marie-Madeleine et sainte Elisabeth de Hongrie et à droite à saint Pierre, saint Louis de Gonzague et saint François d’Assise.
Bien que ce cycle verrier ne soit pas signé, nous savons que son auteur est l’artiste fribourgeois Raymond Buchs qui avait fait son apprentissage de peintre verrier dans l’atelier fribourgeois. Dans le fonds graphique de l’atelier Kirsch et Fleckner, déposé au Vitrocentre Romont, il existe les dessins préparatoires (cartons à l’échelle 1 : 1) pour l’ensemble des vitraux de l’église dont deux sont signés et datés.
En 1904, Raymond Buchs étudia à l’Académie de la Grande Chaumière, puis à l’Insitut Colarossi à Paris avant de revenir à Berlin où il gagna sa vie comme peintre-verrier à l’atelier Riegelmann und Heinersdorff. En 1906, il dirigea un atelier de graphisme et le succès ne se fit pas attendre, mais cela ne l’empêcha pas de continuer à collaborer régulièrement avec l’atelier Kirsch & Fleckner. En 1906, il fit aussi les dessins préparatoires pour les vitraux des églises de Torny-le-Grand et de Vuisternens-devant-Romont.
Ces vitraux de style historiciste sont limpides et parfaitement lisibles avec leurs personnages aux attitudes naturelles, inscrits dans des scènes narratives sur un fond transparent offrant une bonne lumière dans l’église.
Pourquoi, en octobre, dédier un mois à la Mission Universelle ? Ce mois permet de nous rappeler que l’Eglise forme, au niveau mondial, une grande famille. Le 24 octobre, lors du Dimanche de la Mission Universelle, près d’un milliard de chrétiens sont en communion les uns avec les autres dans la prière et le partage. C’est l’occasion de découvrir d’autres réalités d’Eglise et de venir en aide aux communautés les plus pauvres. Missio propose toute une série d’actions pour que nos enfants puissent venir en aide à d’autres enfants : https://www.missio.ch/fr/enfance
par Pascal Ortelli
Humour
C’est un gars qui s’émerveillait des petites choses de la vie et qui s’exclamait constamment avec ces mots : « C’est fantastique » ! A tel point que ses copains et son entourage l’appelèrent désormais par le sobriquet de « Fantastique » ! Pourtant cela lui déplaisait au plus haut point et il reprenait séance tenante celui qui s’y risquait. S’adressant à sa femme, il lui dit un jour : « Si je meurs avant toi et que tu mets sur ma tombe : ci-gît Jules Bolomey, dit Fantastique, je te maudirais du haut du ciel ». Après son décès, sa femme respecta scrupuleusement ses dernières volontés : « Ci-gît Jules Bolomey qui m’a aimée du plus grand amour durant plus de 40 ans ». Les gens qui venaient se recueillir sur sa tombe et qui lisaient son épitaphe ne pouvaient s’empêcher de dire : « C’est fantastique » !
Quelle est la véritable couleur de mon (véritable, mais invisible) masque, sa taille réelle sur mon visage ? Combien a-t-il de plis pour me protéger des autres qui me dérangent tellement, et surtout pour me permettre d’invectiver autrui sans retenue ?
PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY
Qui sont vraiment ces êtres humains en fait depuis longtemps masqués par des attitudes de rébellion, de violence, de revendications idéologiques exacerbées par le besoin devenu fou d’être « comme je veux », sans que personne n’en dise quoi que ce soit ? Ce masque, arboré de manière ostensible, est bien plus laid, défigurant et dissimulateur que ces masques bleus, noirs, roses ou bariolés que l’Etat nous impose de porter ces derniers mois.
Quel visage donne-t-on ainsi aux enfants et aux jeunes de l’importance des contraintes de la vie sociale, tandis que l’Etat nous prie quotidiennement de respecter les règles du jeu actuel : être solidaires, faire preuve de respect envers autrui et les biens communs ?
Nous, chrétiens qui prions le Notre Père, à l’invitation de Jésus, sommes-nous conscients que ce « Notre » nous fait entrer dans une posture de fraternité, dans un lien fraternel, comme fils et filles du même royaume en construction ? Tout au long de la prière donnée par Jésus qui nous constitue dans cette fraternité, on jongle avec les mots « notre », « nous », « nos »… La vie n’appartient plus seulement à chacun… Mais elle se construit, se partage avec le Père, avec les frères et les sœurs. Cette fraternité à développer doit s’exprimer davantage dans un respect réel de la différence, plutôt que dans une simple tolérance qui n’engage pas trop.
Lorsque nous, chrétiens, prions le Notre Père, sommes-nous conscients combien Jésus, à travers cette prière qu’il a lui-même enseignée à ses apôtres, nous veut unis, toutes et tous, en un seul et même Corps relié par cette fraternité de laquelle le Père est garant et dont Jésus est le centre nerveux ? Cela n’implique-t-il pas…
• fraternité par Jésus sous le regard d’un même Père,
• responsabilité fraternelle dans le respect,
• bienveillance affectueuse,
• responsabilité dans la correction mutuelle,
• visée plus large de la défense de ce qui est juste pour la vie de tous et non pas seulement pour le bien de nos petits enclos de vie privée,
• encouragement à la responsabilité collective, en faveur de la vie de tous et de chacun ainsi que de la Maison commune, la terre.
Jésus enseignait en disant : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Lc 20, 25) L’intelligence de Jésus était profondément liée au bon sens de la vie et, on peut s’en étonner, au respect envers les autorités. La prière du Notre Père nous conduit sur ce chemin exigeant de fraternité, d’élargissement de ce « nous » fraternel dont nous sommes part constitutive et dont il est si crucial de prendre soin. Prendre soin de cette fraternité est un de nos devoirs majeurs en ce temps de pandémie. Sans faire aucune distinction dans cette fraternité, acceptons-nous les uns les autres plutôt comme solidaires que comme adversaires.
Il y a la grande histoire de l’Eglise et il y a la locale, sujette à des recherches souvent menées par des amateurs passionnés par leur «coin d’Eglise». Parent pauvre des études ecclésiastiques, elle gagne à être connue (et donc lue !) et propagée tout à la fois.
PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : CIRIC, JEAN-CLAUDE GADMER, DR
Lire une histoire des papes fait faire l’expérience d’un inexorable entrelacement, pêle-mêle, des diverses catégories d’une société humaine : politique, économique, mais aussi théologique, morale… Et le choc du « mélange des genres » peut être fort déstabilisant. « Le Christ annonçait le Royaume… et c’est l’Eglise qui est venue », fameux (et quasi) oxymore sous la plume de Loisy qui serait presque conforté, alors qu’« il s’efforçait de montrer comment, par le jeu des causalités historiques, l’Evangile s’est progressivement mué en tradition et comment l’Eglise, en institutionnalisant le mouvement de Jésus, en a prolongé la vocation » 1…
Vers une objectivité scientifique
Le XVIe siècle (Réforme et Contre-réforme…) intensifie la production d’œuvres racontant l’histoire de l’Eglise, et, en l’occurrence, des visions divergentes entre protestantisme et catholicisme. Les ouvrages évoluent ensuite progressivement, d’un style d’exposé partial, apologétique, voire hagiographique – décrire les personnages et événements uniquement en faveur d’un dogme prédéfini 2 – vers la présentation des réalités historiques du phénomène « Eglise », en recoupant notamment les sources et les points de vue sans apriori. Désormais, les historiens de l’Eglise ne sont plus hérauts d’une confession mais bien pédagogues (qui font faire un chemin, étymologiquement) au moyen d’outils tels que l’exégèse, l’herméneutique, la linguistique… A l’ecclésiologie s’applique désormais bien l’adage cicéronien : reculer devant tout mensonge, ne reculer devant aucune vérité 3 !
« L’important n’est jamais de lire des travaux émanant d’une plume catholique (si l’on est catholique) ou protestante (si l’on est protestant), mais des travaux de qualité », conseille Michel Grandjean, professeur ordinaire de l’histoire du christianisme à l’Université de Genève, et de « lire beaucoup avant d’écrire ».
L’Histoire est aussi la nôtre
Au-delà des dates, la truculence d’une anecdote peut amuser : « L’histoire cherche à accéder à la vie réelle des gens », rappelle Jacques Rime, curé en terre fribourgeoise et rédacteur apprécié de chroniques sur les saint.e.s dans L’Echo Magazine. « Ce qui n’est pas facile. Les fidèles apprécient si j’ajoute dans mes prédications quelques exemples tirés de l’histoire de l’Eglise… », assure-t-il. Mais c’est vrai, « l’histoire locale [d’un sanctuaire, d’une paroisse…] a son public, tout comme les informations locales dans les médias », rappelle Jacques Rime. Il y a une proximité bénéfique et qui met en avant du tangible, voire du vécu.
Décentrement
Mais « faire de l’histoire du christianisme, c’est avant tout accepter un décentrement : je ne suis pas au centre du monde, ni ma génération au centre du temps », explique Michel Grandjean : « Nous vivons des temps difficiles, voire de crise… Mais nous ne sommes pas les premiers à en connaître. L’historien doit donc donner les instruments qui les aideront à prendre du recul », voire à relativiser. « Il faut articuler les travaux d’analyse pointue et les synthèses qui embrassent large », conclut-il.
Historia magistra vitae
Le Concile Vatican II a élaboré deux documents d’ecclésiologie, Lumen Gentium et Gaudium et Spes, déclinant grosso modo les deux dimensions de l’Eglise, verticale et horizontale (théologique et historique) ; en cela, les pères conciliaires ont été fidèles à l’impulsion d’un certain évangéliste…
En effet, saint Luc est le seul à faire suivre son évangile – « récit des événements… tels que nous les ont transmis… les témoins oculaires… devenus serviteurs de la parole… » (Lc 1, 1) – d’une histoire des débuts du christianisme : les Actes des Apôtres. Page après page, s’y dénoue la rencontre entre cette Parole et les cultures locales (Jérusalem, Athènes, Rome…). Luc a déjà le souci « d’une information fiable sur la vie du Nazaréen » 4. A partir de lui, « on ne débat pas seulement d’un écrit doctrinal déterminé, mais fondamentalement d’une manière d’être en Eglise ».5
Les cinq derniers papes ont guidé l’Eglise catholique, tout à la fois courageux dans certaines décisions et confiants pour l’avenir, car intimes connaisseurs de son passé 6 ; et ils ont sillonné, à partir de Paul VI, tous les continents – un peu à la « saint Paul sur les routes du monde romain » 7 – pour connaître les Eglises locales, sur place.
L’histoire par les pieds !
« J’accorde une grande importance à l’histoire par les pieds », confie Jacques Rime, c’est-à-dire « aller visiter tel lieu pour pouvoir en parler. » Thématisée par Antoine de Baecque 8, la « démarche historiographique » consiste à remonter dans le temps au rythme de sa marche, traversant le tissu urbain et les traces d’autrefois. « L’histoire devient une expérience sensible », dit Jacques Rime, voire sensorielle ; et l’on peut interroger des témoins et chercher des anecdotes – véritables pépites d’une sorte de ruée vers la narration !
Un passé pour le futur
« Faire appel à la mémoire ne veut pas dire s’ancrer dans l’autoconservation, mais plutôt rappeler la vie et la vitalité d’un parcours en continuel développement », explique François à la Curie Romaine, en décembre 2019. Et de conclure : « La mémoire n’est pas statique, elle est dynamique, comme le disait ce grand homme [G. Mahler] : la tradition est la garantie du futur et non pas la gardienne des cendres. » Lire de l’Histoire de l’Eglise, la grande ou la petite, sert tant de consolation aux turpitudes institutionnelles que de démonstration du génie du christianisme.
1 Simon Butticaz, Comment l’Eglise est-elle née ?, Genève : Labor et Fides, 2021, p. 19.
2 Par exemple, pour le catholicisme, le primat romain.
3 De Oratore, II, 62, où Cicéron traite de la rhétorique en matière d’écriture de l’histoire de Rome.
4 D. Marguerat et E. Steffek, « Evangile selon Luc », dans : DC. Focant et D. Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Paris et Genève : Bayard et Labor et Fides, 2012, p. 247.
5 M.-F. Baslez, Les premiers bâtisseurs de l’Eglise. Correspondances épiscopales IIe-IIIe siècles, Fayard Histoire, 2016, p. 241.
6 Cf. Le Pape a dit, page IV.
7 Ouvrage de C. Reynier, Cerf, Lire la Bible 155, 2009. 8 Dans Une histoire de la marche, Agora n. 435, Paris : Pocket.
Les nouveaux vitraux réalisés par Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltschinger à partir du Cantique des Créatures de saint François d’Assise (1182-1226), inaugurés pour les 70 ans de l’église de Saint-Martin, appellent à la contemplation et à la prière. En voici une libre méditation biblique.
PAR MONIQUE GASPOZ | PHOTOS : COPYRIGHT ROBERT HOFER, SION
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement monsieur frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière : il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
Le thème de la lumière traverse toute la révélation biblique. Dès le premier récit de la création, toi, notre Dieu, tu sépares la lumière des ténèbres (Gn 1, 3s). La lumière existe comme ta créature, reflet de ta gloire, signe de ta présence. La lumière est symbole de vie : naître, c’est voir le jour ! La lumière permet à toutes les autres créatures d’exister aux yeux des hommes. Elle permet à l’être humain de distinguer son chemin, qui doit, par le Christ, le conduire vers Toi.
A l’occasion de la guérison d’un aveugle-né, Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. » (Jn 9, 5) Il ouvre les yeux des aveugles et leur montre le chemin de la vraie vie. Ta lumière que Jésus porte en Lui a été révélée lors de la Transfiguration dans un visage resplendissant et des vêtements éblouissants comme la lumière.
Avec ton aide, développons notre capacité intérieure à voir la lumière, à Te voir, à travers les beautés de la création et les solidarités humaines, pour devenir à notre tour des êtres lumineux, rayonnants d’amour.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles : dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
« Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années » […] Tu les plaças au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, et Tu vis que cela était bon. (d’après Gn 1, 14-18)
Au milieu de la nuit, Tu as donné la lune et les étoiles comme repères dans le bleu profond du ciel. La lune, qui, nuit après nuit, grandit, s’arrondit comme pour donner naissance, puis rétrécit et disparaît pour mieux revenir… Elle compte le temps, le temps de la vie. Les étoiles, dix sur le vitrail, comme des repères pour orienter notre vie, comme les dix commandements. Trois en haut, comme Toi le Dieu trinitaire et relation. Sept en bas, comme les sept sacrements, les 7 dons de l’Esprit qui accompagnent et guident les hommes en chemin vers Toi.
Laissons-nous guider vers Toi, à travers les signes discrets que tu nous donnes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps : grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
L’Esprit, dans la Bible, c’est le souffle, et le vent, tantôt violent, tantôt porteur de fraîcheur et de douceur ; il demeure bien mystérieux. Tantôt il dessèche la terre, tantôt il répand sur elle l’eau féconde qui fait germer la vie. Tantôt il agite les vagues de la mer, tantôt il franchit les plus hautes montagnes. Le souffle de notre respiration, qui tour à tour prend et redonne, anime et maintient notre corps en vie, est le symbole de Ta Vie qui nous habite. Rendre son dernier souffle, c’est remettre définitivement sa vie entre Tes mains.
Le calme et la tempête, la pluie tombée du ciel, tous les temps que nous offre la météo, le défilé des saisons comme des nuages constituent l’environnement qui entoure l’existence des humains et de toutes les autres créatures et les maintient en vie.
Loué sois-Tu pour toutes les météos !
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile et très humble, précieuse et chaste.
L’eau est puissance de vie. Là où elle manque, le pays devient désertique. L’eau est le symbole de Ton Esprit, capable de transformer un désert en verger florissant et Ton peuple infidèle en véritable peuple de l’Alliance. La Bible nous révèle que c’est Toi, Dieu, qui est source de vie pour l’homme et lui donne la force de s’épanouir dans l’amour et la fidélité.
En nous communiquant Ton Esprit par l’eau du baptême, c’est une vie nouvelle qui nous régénère. Lors de sa rencontre au bord du puits de Jacob avec une femme de Samarie, Jésus lui dit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit » Donne-moi à boire « , c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Loué sois-tu pour l’eau de notre baptême, don de Dieu qui nous fait vivre en plénitude.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu qui éclaire la nuit : il est beau et joyeux, indomptable et fort.
Le feu produit lumière et chaleur, toutes deux nécessaires à la vie humaine. Dans le Nouveau Testament, le feu symbolise Ton Esprit. Lors de la Pentecôte, Tu envoies Ton Esprit manifesté sous la forme de langues de feu pour transformer ceux qui doivent répandre à travers toutes les nations la Bonne Nouvelle de Ton amour.
Après avoir rencontré Jésus par son écoute, sa Parole et dans le signe du Pain, les deux disciples d’Emmaüs se disent entre eux : « Notre cœur ne brûlait-il pas, lorsqu’il nous ouvrait les Ecritures ? » Une bougie qui éclaire, la lumière de la lampe éternelle qui signifie dans l’église Ta présence dans les hosties du tabernacle nous le rappellent.
Loué sois-tu pour le feu, signe de ta présence au milieu de nous.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes.
Le vitrail nous montre la terre avec un cep de vigne portant de belles grappes. La vie de l’homme dépend des richesses de la terre et de la fertilité de son sol. L’humain entretient un lien privilégié avec la terre dont il est issu.
Dans l’évangile de Jean, Jésus dit à ses disciples : « Je suis la vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il le taille pour qu’il porte encore plus de fruit. Je suis la vigne, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit. » Porter du fruit, c’est s’aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés.
Loué sois-tu pour les fruits d’amour, de tendresse, portés par les hommes de cette terre.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi; qui supportent épreuves et maladies: heureux s’ils conservent la paix, car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Dans le vitrail, la mort est symbolisée par le noir qui éclate, telle une graine qui germe en un faisceau de lumière. La croix rayonnante, plantée au centre du vitrail, le traverse comme un élan pour manifester que la vie est plus forte que la mort.
« Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8, 11) Saint Paul ajoute encore: « Oui j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur. » (Rm 8, 38)
Loué sois-tu pour le Christ qui a traversé la mort et nous promet la Vie.
Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà dLe mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Gland pour une dernière étape 100 % vaudoise.
Départ depuis la gare de Saint-Prex, 5h40 aller simple, 23 km
1. Depuis la gare CFF, descendez dans la vieille ville et prenez à droite au bord du lac avant de remonter un peu dans les quartiers résidentiels pour rejoindre Buchillon.
2. Au centre du village, prenez sur la droite pour entrer dans les Grands-Bois par la lisière nord jusqu’à l’Aubonne que vous traverserez grâce à une passerelle bétonnée. Vous longerez ensuite le cours de la rivière par un chemin de forêt. A sa sortie, ne soyez pas surpris : vous arriverez au beau milieu d’une plantation de kiwis à contourner pour rejoindre la route principale.
3. Attaquez ensuite la montée au milieu des vignes vers le charmant bourg de Perroy. A sa sortie, un agréable parc de jeux avec une vue imprenable sur le Léman offre une halte familiale bienvenue.
4. Descendez ensuite sur Rolle que vous traverserez le long des quais. La ville ne manque pas de curiosité avec son château, l’île de La Harpe et l’église Saint-Grat, l’un des premiers édifices néogothiques du canton.
5. Le tracé quitte alors le bord du lac pour serpenter dans la campagne. Vous découvrirez de charmantes localités viticoles comme Bursinel ou Dully.
6. Pour arriver à Gland, il vous reste à franchir le Lavasson qui s’écoule dans la forêt au-dessus de la clinique de La Lignière.
Le retour se fait aisément en train.
Curiosité
L’église de Perroy, édifice typique de la fin du XVe siècle avec, au début XIXe, un nouvel aménagement intérieur néoclassique assez rare et précoce pour l’époque.
Coup de cœur
La plage à côté de l’embouchure de l’Aubonne dans le Léman, idéale pour un pique-nique ou une baignade. Pour la découvrir, il faut quitter un instant le tracé officiel et longer la rivière jusqu’au bout.
« Qu’est-ce que c’est pour toi – pour vous – l’église ? » Voilà la question à laquelle ont été confrontés ceux et celles qui s’expriment ici. A une exception près, ces deux petites filles qui, comme le font souvent les enfants, donnent une réponse à une question qui n’a pas encore été posée…
Si on me dit le mot « église », je pense au bâtiment, à ces édifices où je vais retrouver une chaîne humaine qui remonte à des siècles, voire des millénaires… Ces gens s’y retrouvent parce qu’ils s’interrogent sur leur vie ou qu’ils ont quelque chose à demander, ils se rassemblent pour une eucharistie ou pour prier vers la croix, ils viennent là… Entrer dans une église, c’est déjà entrer en relation avec tous ces gens venus dans ce lieu depuis des siècles aux moments importants de leur vie… L’église, c’est le lieu habité de leur intention tournée vers le bon et le bien et cette intention m’attire et me plaît. L’église est aussi au croisement de la dimension verticale et horizontale. Le bâtiment lui-même symbolise ce croisement, la lumière qui traverse les vitraux, comme la transcendance, rejoint chaque personne, rejoint toutes ces intentions orientées vers le bien… C’est tout cela qui vient à moi quand j’entre dans une église…
Une personne qui travaille dans le quartier et qui commence ses journées en passant un moment dans l’église paroissiale de Martigny
L’église… Ce monument ouvert à tous représente un havre de Paix où il fait bon se ressourcer. Il offre, entre autres, la tranquillité nécessaire et si rare pour se «recentrer».
Une habitante, non pratiquante, du quartier (Ville)
Pour moi, l’église, c’est plus la communauté que l’institution, et si je devais la dessiner, ce serait une bulle… Une bulle transparente dans laquelle on se met un peu en retrait, un lieu de ressourcement… Cette bulle te coupe du monde, mais en même temps, quand tu es dedans, tu es au milieu du monde…
Une libre-penseur
Dimanche matin. Je tente de faire mes exercices de flûte traversière mais le son des cloches de l’église remplit la rue et m’empêche de me concentrer. Machinalement, je joue d’oreille les notes du clocher que j’entends depuis bientôt huit mois tous les jours. Je regarde par la fenêtre et l’aperçoit, majestueuse.
Je la connais depuis enfant, ayant fait mon pardon, puis ma communion, et ensuite ma confirmation. C’est toujours la même, mais elle a évolué durant les années, entre les arbres qui ont poussé, les nouveaux locaux qui se sont construits, et les fidèles qu’elle a accueillis. Malgré mon parcours catéchétique exemplaire, je dois reconnaître que je ne suis pas une grande assidue des bancs de l’église. Pas de manière conventionnelle et attendue, je dirais. Mes parents n’étaient pas pratiquants et nous y allions uniquement pour la messe de Noël et de Pâques. Pour les mariages, ou les enterrements. La vie, en somme. J’ai pourtant toujours trouvé réconfort dans les églises. Plutôt dans une approche spirituelle que religieuse. J’y suis allée encore tout dernièrement, seule, profiter du silence et de la sécurité que m’offre le cœur de l’église, notamment en m’agenouillant devant Marie. Je ne sais pas si j’ai prié. Ni si je sais réellement comment faire. J’ai de vagues souvenirs des prières apprises enfant mais qui, récitées d’un ton monotone, m’apparaissaient vides de sens. Mais je m’adresse souvent à Marie, plus qu’à d’autres personnes de la Bible ou à Dieu. Peut-être que je trouve en elle une présence maternelle et rassurante.
J’entre à l’église toujours avec émotion. Je fais le signe de croix et la génuflexion, avant de m’assoir dans les bancs. J’y ai souvent joué en tant que musicienne, soit pour accompagner le chœur mixte de la paroisse, ou encore avec l’Harmonie, pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Jouer dans une église apporte une dimension divine et je suis toujours honorée de pouvoir mêler la musique à la spiritualité. En sortant de l’église et de sa dimension mystique, le choc avec la vie du quartier, bruyant et animé, me surprend à chaque fois. Il y a la bouchère qui fait sa pause, le patron du café sur sa terrasse, des enfants qui jouent près de la fontaine. Et tout cela forme finalement un bien joyeux mélange.
Viktoria Rausis, habitante du quartier (Ville)
Deux petites filles se rendent au Café du Parvis, ce lieu ouvert à tous, tous les lundis soir. Au vol, quelqu’un recueille cette perle de conversation enfantine : « Ça, c’est l’église où on mange la soupe ! »
Eglise ou église ?
Notez qu’en français, l’Eglise avec majuscule désigne la communauté ou l’institution, tandis qu’avec le terme église, on parle du bâtiment.
Quand je rentre dans une église comme celle de Martigny, je sens la dimension spirituelle, quelque chose qui m’élève et qui invite à être meilleure, à se tourner vers les autres, vers soi-même et vers ce que l’on peut appeler « Dieu »… C’est une invitation à sortir de soi-même, vers quelque chose de plus grand, qui nous dépasse… Et paradoxalement, l’Eglise est une source de souffrance, marquée, d’exclusion, de dogmes, de règles… Je peux entrer seule dans une église au moment où il n’y a pas d’office et me sentir vraiment bien, reliée à plus grand que moi, mais quand l’Eglise avec un grand E prend forme, je ne me sens plus du tout à ma place, j’éprouve comme un rejet…
Une croyante sans religion
Voilà l’église… dessinée par quelques personnes qui ne seront pas à côté de nous à la prochaine célébration. Elles retrouvent dans ces murs, d’air ou de pierre, la présence qui nous dépasse ou le réconfort, le dialogue intérieur et aussi, mystérieusement, la présence des autres… Merci à eux pour le partage de leurs réflexions.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
L’Eglise a besoin de créatifs Amarù Cazenave
Tandis que les outils numériques fleurissent et ne cessent d’évoluer, la communication dans l’Eglise peine et se cherche encore. Animé par sa foi et son désir de partager Jésus comme un « bon plan », Amarù Cazenave transmet son expérience personnelle de la télévision sur les réseaux sociaux et dans l’Eglise institutionnelle à travers son site « Jésus Box ». Sa passion de transmettre l’invite à mettre à disposition des outils, des savoir-faire, mais surtout aider les communicants à se poser les bonnes questions pour trouver des réponses créatives.
Ce livre propose un cheminement intérieur pour découvrir la mission propre à laquelle Dieu nous appelle, celle qui nous rendra heureux et sera utile pour le monde. A travers de nombreux exemples et des exercices concrets, Marguerite Chevreul nous apprend à reconnaître nos talents et à les exercer dans toutes les dimensions de notre vie, aussi bien personnelle que professionnelle. Quels que soient notre âge ou notre situation, nous découvrons ainsi nos ressources profondes, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour identifier notre vocation personnelle et donner du sens à notre existence.
Au travers de 25 courtes histoires, Jôli, dessinateur et scénariste, marié et père de quatre enfants, vaudois de 46 ans, cherche à interpeller le lecteur en montrant qu’il est possible pour un chrétien d’avoir un ami musulman et vice versa. Ces histoires se passent dans un pays musulman imaginaire. Au travers de cette BD, Jôli souhaite encourager chacun à aller à la rencontre de l’autre afin de bâtir des ponts et détruire des préjugés. Humour, réflexions et découvertes qui ne laisseront pas le lecteur indifférent !
Le père Benoist de Sinety, acteur incontournable de l’Eglise d’aujourd’hui, nous livre son regard sur les évènements de diverses natures qui ponctuent notre quotidien, dans une lecture chrétienne de l’actualité, nous permettant de prendre du recul. Fort de son expérience de pasteur attentif aux signes des temps, Benoist de Sinety, sans céder aux réactions à chaud de la dictature de l’immédiat, dénonce dans ces chroniques l’injustice et les faux-semblants tout en pointant les étincelles d’espérance qui habitent le monde et l’Eglise.
Comme jeune prêtre, je découvre la joie d’être au service de tous et l’ampleur de la tâche de l’annonce du Royaume dans notre pays de mission qu’est le Valais. En cette période de vendanges, je ne peux m’empêcher de relire les paraboles de Jésus sur le Royaume qu’il compare à la vigne. Le Christ est la vigne sur laquelle nous sommes invités à rester attachés ou greffés par notre prière et les actes d’amour que nous posons, afin que coule dans nos veines la sève de la vie divine. Car le sarment qui est coupé de la vigne sèche et donc ne peut pas porter de fruit (Jn 15).
Parfois, par les épreuves de la vie, nous subissons l’émondage de la taille hivernale qui nous fait pleurer, à l’image du Christ sur la croix du côté duquel a coulé le sang, ce sang que l’on adore sous l’espèce du vin à chaque messe (Mt 26, 29). Cependant, cette taille est voulue par le Père qui est le vigneron, afin que le sarment porte plus de fruit. Elle est même nécessaire pour ne pas perdre notre énergie à produire de nombreux rameaux et des feuilles qui feraient de l’ombrage au raisin. Il est donc bon d’effeuiller un peu nos vies du superflu pour pouvoir mettre notre énergie dans l’essentiel : viser la sainteté par chacun de nos actes.
Cherchons dans notre vie chrétienne et communautaire à rester de simples intendants qui ne s’approprient pas la vigne du Seigneur comme les vignerons homicides (Mt 21), mais restons des gardiens de la vie que Dieu nous a donnée, comme Nabot avec la vigne qu’il avait héritée de ses pères (1 R 21). Confions au Seigneur tous les sarments des différentes communautés qui composent notre secteur, afin qu’Il visite cette vigne, la protège, elle que Sa main puissante a plantée (Ps 79), et afin qu’elle porte du fruit, du fruit en abondance.
Pierre-Elie Carron est un jeune entrepreneur fulliérain né d’une famille où la passion pour la vigne se transmet de père en fils. Ambitieux et motivé, Pierre-Elie aime explorer, chercher pour aller toujours plus loin ! Ses diverses formations et expériences l’ont mené jusque dans un vignoble d’Afrique du Sud, d’où il revient en 2016, rempli du désir de lancer sa propre gamme de vins. Souhaitant mêler un respect maximum de l’écosystème avec les contraintes d’un entrepreneur aux prises avec la nécessité de produire et de dégager un profit, il raconte comment il résout cette difficile équation.
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : PEC-VINS.CH
Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cet univers de la vigne et du vin ?
Le premier aspect qui m’a fasciné a été le fait de travailler avec la nature. Le fait de chaque jour être dehors à vivre avec la météo, avec la plante, d’essayer de la conduire au quotidien pour obtenir les meilleurs fruits. Ensuite, la partie vinification est entrée dans ma vie. Dès ce moment, la fascination est plus personnelle. Le fait de pouvoir donner un style à mes vins, de pouvoir exprimer mon caractère à travers ce merveilleux produit et enfin de laisser une certaine trace. J’espère toujours que certaines de mes bouteilles vivront plus longtemps que moi !
Quelles valeurs sont à la source de votre entreprise viticole ?
Les valeurs fondamentales de mon exploitation sont de produire dans le respect de la nature et de l’humain. Pour respecter au mieux la nature, j’essaie de produire le plus possible en respectant des normes écologiques et de promotion de la biodiversité. Je limite la production afin de garantir la longévité des ceps de vignes. Concernant l’aspect humain, j’ai à cœur que mes employés se sentent le mieux possible dans l’exploitation, cela va de la simplification des méthodes de travail à un salaire correct tout en passant par un respect mutuel.
Concrètement, quelles contraintes limitent votre souhait de travailler et de produire dans un strict respect de l’écosystème ?
La première est structurelle. Comme jeune entreprise, j’ai récupéré beaucoup de vignes plutôt âgées et pas toujours très faciles
à travailler (forte pente, type de culture…). C’est pour cette raison qu’actuellement, je transforme certaines parcelles. Ce qui devrait me permettre de produire en respectant davantage l’écosystème (enherbement, facilité de traitement). C’est aussi un problème lors des sulfatages. En effet, aujourd’hui, comme une grande majorité est réalisée à l’atomiseur, j’ai besoin de beaucoup de temps pour effectuer cette tâche sur l’ensemble du domaine. C’est un travail également très éprouvant physiquement. J’aimerais réaliser la protection phytosanitaire selon les normes bio. Comme ces produits sont sensibles au lessivage par la pluie, il faut traiter à nouveau dès la fin de grosses pluies. Actuellement, mon délai d’intervention est trop long pour profiter des petites fenêtres météo comme nous en avons eu cette année. Je ne perds pas espoir, car cela prend du temps mais, d’ici quelques années, cela sera possible.
Est-il possible, selon vous, de travailler sans aucun adjuvant ? Pour quelles raisons ?
Au niveau viticole, c’est impossible ! La vigne est une plante très sensible aux maladies fongiques. On explique cela par le fait qu’elle n’a pas évolué avec la présence de ces maladies. En effet, le mildiou et l’oïdium, les deux principales maladies, ont été importées d’Amérique. Du coup, la vigne n’a tout simplement pas les défenses nécessaires pour combattre ces champignons. Il est ainsi obligatoire pour le vigneron, s’il veut pouvoir produire du fruit, d’appliquer des produits phytosanitaires (bio ou de synthèse) sur les vignes.
Au niveau de la vinification, il est plus probable de se passer
d’adjuvant. Actuellement, il y a une « polémique » sur l’utilisation des sulfites dans le vin. Il s’agit d’un conservateur, d’origine
naturel – c’est simplement du soufre – qui permet de maintenir les qualités du vin. En fait, le vin est un stade intermédiaire entre le fruit et le vinaigre qui est la forme stable du jus de fruit. Comme on préfère boire du vin que du vinaigre 😉, on essaye de le protéger au mieux. Il serait possible de se passer d’adjuvant pour le vin à condition d’être très attentif lors du stockage et de le garder le plus possible au frais pour éviter une développement d’éventuelles bactéries.
La foi jouerait-elle un rôle dans votre manière de voir le travail de la vigne et du vin ?
Je ne dirais pas directement la foi, mais plutôt l’éducation chrétienne que j’ai reçue de mes parents. Je travaille toujours dans l’idée de donner le meilleur de moi-même tout en respectant les autres. Je suis le plus souvent possible disponible pour aider un collègue en difficulté. La viticulture est un métier difficile : ce n’est que grâce au soutien mutuel que nous pouvons tous vivre de notre passion. La vigne, le vin et le christianisme sont intimement liés, et j’espère qu’ils le resteront. C’est en quelque sorte grâce aux chrétiens que la vigne a pris tant de place en Europe et me permet de perpétuer la tradition…
Saint Martin est devenu le symbole du partage en offrant une partie de son manteau à un pauvre. Un geste qui lui a donné une immense popularité qui perdure encore de nos jours.
TEXTE ET PHOTO PAR MONIQUE GASPOZ
Comment le connaît-on ?
C’est par le récit, écrit vers 396, d’un certain Sulpice Sévère, admirateur de Martin, que nous est parvenu un récit de la vie du saint. Il raconte sa vie, dans un texte enthousiaste qui met en valeur les vertus d’un homme qui conduit au Christ et habité par lui. Certaines parties du récit tiennent de la biographie et d’autres de la légende.
Son origine
On situe sa naissance en Hongrie, vers 316. Son père était tribun militaire. En contact avec des chrétiens, le jeune Martin se convertit très tôt au christianisme, car il se sent attiré par le service du Christ. Dès son adolescence, il est enrôlé dans l’armée romaine. Conformément à son grade militaire, il possède un esclave, mais selon l’auteur du récit, il le traite comme son propre frère.
L’épisode du manteau
Affecté dans l’armée romaine à Amiens, en Gaule, un soir d’hiver, le légionnaire partage son manteau avec un mendiant transi de froid. Pourquoi n’a-t-il pas donné tout le manteau ? Il tranche son manteau ou du moins la doublure de sa pelisse, car le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler par un tissu ou une fourrure, à ses frais. Martin a en effet donné toute la part qui lui appartenait. La nuit suivante, Martin rêve du Christ revêtu de la part du manteau qu’il a donnée. Dès lors, Martin est baptisé et quitte l’armée.
Martin, évêque
Martin rejoint ses parents et obtient que sa mère soit baptisée. Puis il revient en Gaule et s’installe dans un ermitage. Sa réputation d’homme priant est connue loin à la ronde. Des gens viennent de Tours le trouver, en quête d’un évêque. Martin accepte et prend à cœur sa nouvelle fonction. Il fonde également un monastère à Marmoutier, près de Tours. Il voyage à travers toute la Gaule. On lui attribue de nombreuses guérisons ainsi que des gestes de miséricorde. Il est à l’origine des premières paroisses et de l’évangélisation dans les campagnes.
L’été de la Saint-Martin
Alors qu’il est très âgé, il est sollicité pour réconcilier des clercs plus loin que Tours. Il s’y rend et son intervention est un succès. Mais le lendemain, le 8 novembre 397, épuisé, il meurt. On le ramène à Tours où il est enterré le 11 novembre. Une légende dit qu’il a fait un temps très doux durant ce dernier voyage de son corps et que même des fleurs se sont mises à éclore lors de son passage. Cette histoire a donné naissance à l’expression « été de la Saint-Martin » pour qualifier la douceur de certains mois de novembre.
Saint Martin est fêté le 11 novembre, date de son enterrement à Tours.
Les pieds sur terre, un caractère bien trempé, un sourire communicatif, une générosité jamais prise en défaut ! Elle est pourtant difficile à cerner, Romaine Pouget et pour cause ; elle a la liberté des personnes qui ont mis leur vie entre les mains de Dieu et n’a qu’un seul credo : aimer son prochain comme Dieu l’aime, elle. Alors, le plan de carrière, très peu pour elle… et c’est certainement pour cela que tout lui réussit. Entretien.
PAR MICHEL ABBET PHOTOS : COLLECTION ROMAINE POUGET
Romaine, l’année dernière fut une année charnière…
Oui et non. Je sentais intérieurement qu’il fallait changer, donner une autre orientation à ma vie. L’épuisement professionnel guettait, il fallait dire stop.
Et tu as démissionné du poste de médecin-chef de l’hôpital de Martigny, que tu occupais depuis neuf ans. Vu de l’extérieur, c’était surprenant !
Certainement, puisque je n’avais pas d’autre poste en vue. Toutefois quand on s’épuise dans une situation et qu’il n’y a pas de développement possible malgré tous les efforts fournis, je crois qu’il faut savoir se retirer, quitter. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, notamment par souci de ce que cela allait impliquer pour le site de Martigny. J’ai confié mon avenir professionnel à la vierge Marie et finalement il m’est paru clair qu’il fallait aller « plus loin », même si on ne sait pas d’emblée « où » cela va nous mener. Maintenant, avec le recul, je me dis que c’était une « décision inspirée ». Mais cela n’a pas été tout seul.
Tu as « galéré » quelque peu ?
Disons que dans ma vie, j’ai l’habitude de répondre à un Appel… Et là, à part l’appel à quitter, je n’entendais pas l’Appel avec A majuscule, donc ça me stressait forcément un peu. C’est comme quand on marche en montagne dans le brouillard et qu’on voit un piquet après l’autre mais pas le but. J’avais depuis un moment l’idée de m’octroyer une année sabbatique pour prendre de la distance et donner de ma personne autrement et ailleurs. Des séjours en Argentine, au Togo et au Vietnam étaient envisagés… mais tous ces projets ont été systématiquement contrariés par la pandémie… rien de ce que je programmais ne se concrétisait. Comme je suis peu patiente de nature, je n’ai pas trouvé ça très confortable sur le moment !
Les piquets ?
Un des piquets a été par exemple « Notre Dame du Mont-Carmel ». Mon père Gaspard avait fait l’AVC (qui a conduit à son décès) le 16 juillet 2019, jour de Notre Dame du Mont-Carmel, alors que j’étais précisément à Lourdes (c’est aussi le dernier jour des apparitions). Par la suite, de façon assez incroyable (cf. suite…), je me retrouvais sans l’avoir prémédité très souvent dans des lieux qui lui étaient dédiés.
Et…
En septembre 2020, alors que le « plan Argentine » devenait une nouvelle fois très incertain, le Seigneur a soufflé à ma sœur Bénédicte d’aller demander au prêtre béninois Gildas Chibozo de « prendre Romaine au Bénin ». Il lui a répondu : « Oui, bien sûr, c’est une très bonne idée on va demander au père Théophile Akoha »… qui a dit : « Qu’elle vienne et on verra ! » Une fois de plus il a fallu attendre… La deuxième vague du Covid est arrivée en automne. Evidemment il fallait aider, j’ai repris provisoirement du service à l’hôpital de Martigny pour six mois, pour passer le gros de la crise.
Finalement…
Finalement la situation sanitaire s’est calmée et j’ai enfin pu « mettre les voiles ». Je suis partie pour Cotonou le lundi de Pâques 2021 et y suis restée presque trois mois. La semaine je travaillais à l’hôpital Saint-Luc (qui est le deuxième plus grand hôpital de Cotonou en termes d’affluence et qui dépend de l’archidiocèse de Cotonou), m’occupant surtout de la médecine interne et de la réanimation. J’étais logée à la résidence des prêtres, près de l’institut Jean-Paul II (Institut de formation notamment en pastorale de la famille ou les diocèses d’Afrique de l’Ouest envoie des prêtres, agents pastoraux se former pour 2-3 ans), ce qui m’a permis d’avoir la messe quotidienne et de faire communauté avec eux.
Et… j’ai découvert après deux semaines que la statue de l’oratoire qui est dans cour de l’hôpital Saint-Luc est… Notre Dame du Mont-Carmel !
On voit tes yeux briller !
Oh oui ! Rien ne m’a coûté ! J’ai très rapidement réalisé que j’allais devoir longtemps dire merci pour cette Afrique. C’est comme si le Seigneur m’avait mise globalement en été. Je n’avais qu’à soigner les personnes, à prier, à découvrir des frères et sœurs aux magnifiques valeurs humaines et un nouveau pays. Grande joie intérieure de partager avec eux cette simplicité de vie, de découvrir une autre culture, de chanter et prier avec eux et de prendre soin d’eux comme ils ont si bien pris soin de moi.
Magnifiques valeurs humaines ?
La première chose qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée au Bénin, c’est la vie ! La joie, la relation avec Dieu, avec les autres, en toute simplicité. Je me suis sentie d’entrée bien, dans une société où les valeurs essentielles vont de soi. Les gens parlent naturellement de Dieu par exemple et ceci quelle que soit leur religion. On « rend grâce » parce que l’on a bien dormi, on « bénit » le Seigneur d’être en vie, on demande une « pluie de bénédictions » pour celui qui a son anniversaire, on lui demande de nous soutenir dans tous les passages difficiles, bref, Dieu fait partie du « quotidien ». Le contexte fait que l’on a vraiment conscience que la vie est passagère et qu’elle peut basculer à tout moment.
Et par rapport à nos valeurs ?…
Par rapport aux « couleurs et à la chaleur » africaines, une impression un peu de « gris et de froid » au niveau de l’humanité occidentale, comme si l’on s’était mis un peu en hypothermie générale… Peut-être parce que de ce côté-ci, pour le moment, on a mis de côté la Source de la Vie… en pensant être des sources nous-mêmes et en éludant au maximum les questions existentielles essentielles… en courant dans tous les sens…
Au niveau médical…
Bien sûr, c’est un peu un « désert » au niveau des moyens techniques et il faudra vraiment les aider pour ceci. On peut aussi parfois imaginer une meilleure organisation pour sauver des vies, mais les qualités humaines des soignants sont remarquables, de même que l’attitude des malades et de leurs proches qui se plaignent rarement. Beaucoup de malades relativement jeunes ne peuvent être sauvés, mais quand on a fait « tout ce qu’on a pu » on le confie à Dieu. Il y a très peu de révolte par rapport au départ d’une personne.
Tu vas donc retourner au Bénin ?
Grace à Dieu, oui ! A mon retour, j’ai vraiment ressenti le désir de pouvoir donner un peu de mon temps et de mes compétences à cette chère terre africaine qui me fait d’ailleurs tant de bien. Comme le Seigneur nous fait toujours désirer ce qu’Il veut nous donner, Il m’a trouvé un super plan professionnel « africo-compatible ». Je suis engagée dès septembre comme médecin-chef adjoint dans le service d’urgences de l’hôpital du Jura ce qui me permet de partir deux fois deux mois par an au Bénin, ce qui me permettra, entre autres, de contribuer au développement des soins aigus de l’hôpital Saint-Luc et de former les médecins sur place. La proposition écrite des ressources humaines m’est arrivée…le 16 juillet (jour de Notre Dame du Mont-Carmel)…
Alors, pour en parler, on prend rendez-vous pour un prochain entretien ?
Volontiers. A Cotonou ?
Merci beaucoup Romaine, bon vent et que Dieu t’accompagne !
En lien avec les Editions Saint-Augustin, la rédaction de votre magazine préféré vous propose un nouveau type d’abonnement, numérique, à un prix très intéressant durant cette première année.
TEXTE ET PHOTO PAR PASCAL TORNAY
Fruit d’une collaboration avec les Editions Saint-Augustin, cette nouvelle offre numérique sera disponible dès le 1er octobre 2021. Dès lors, il sera possible de s’abonner à L’Essentiel, votre magazine paroissial, par le biais de vos petits écrans et de le recevoir, 9 fois par an, sous une forme numérique, consultable sur tous les supports connectés. Il sera possible de régler votre abonnement directement en ligne avec une carte bancaire.
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Dans le prolongement des évangiles, le livre des Actes des Apôtres présente la Parole de Dieu comme l’acteur principal de l’histoire du salut: «La Parole de Dieu croissait et se multipliait», affirme l’auteur au terme des deux premières séquences de la narration. (Actes 12, 24)
Dans la première, l’Esprit Saint, promis par le Père, se répand en abondance comme des langues de feu sur le groupe des douze et les rend capables d’annoncer l’Evangile dans toutes les langues de la terre, lors de l’événement fondateur de la Pentecôte (2, 1-13). De discours en guérisons, de comparutions en emprisonnements et en libérations miraculeuses, les apôtres déploient les potentialités de la Bonne Nouvelle à Jérusalem et constituent la première communauté chrétienne (2, 42-47 ; 4, 32-35). Après chaque persécution, ils reviennent auprès des leurs et rapportent les merveilles réalisées en eux et à travers eux par le Seigneur, si bien qu’une nouvelle Pentecôte leur advient pendant leur prière commune (4, 23-31). Puis, en un dynamisme irrésistible, la force de l’Esprit multiplie les fruits de la Parole dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que le Christ l’avait annoncé avant son Ascension auprès du Père (1, 8).
Les voyages de Paul
Dans la deuxième séquence (6 à 12), les sept diacres sont institués, avec Etienne et Philippe. Puis Saül est mis à bas de sa monture lors de sa vocation. Ensuite, Pierre baptise le centurion Corneille et tous les siens. Enfin l’Eglise d’Antioche se fonde là où « pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens » » (11, 26).
Par la suite, la question de l’accès des païens, à la foi, sans avoir à passer par la circoncision et la loi juive une fois réglée (par le concile à Jérusalem en Actes 15, 3e séquence), s’ouvre la dernière partie du récit avec les multiples voyages de Paul et ses plantations d’Eglises sur tout le pourtour de la Méditerranée, jusqu’à son dernier trajet vers Rome (16-28).
Depuis, c’est l’Esprit du Seigneur qui continue de manifester la fécondité de son message de libération, entre ombres et lumières, dans l’histoire de l’Eglise. A nous d’écrire les actes des témoins du XXIe siècle !
On dit de Jean XXIII qu’en connaisseur de l’histoire de l’Eglise et des Conciles, il aurait pris deux décisions en conséquence: s’appeler Jean (pour contrecarrer l’interruption, à cause d’un antipape, des papes légitimes nommés Jean) et convoquer Vatican II…
Nombreuses sont les « Histoires des papes », de von Pastor (16 volumes de 1886 à… 1961 !) à Rendina (2020) rééditée 6 fois depuis 1983 ; la papauté racontée décline maintes formes de gouvernement, du « paterfamilias » au césaro-papisme 1, moults développements du génie humain dans toutes les disciplines (arts, politique, économie…); elle est à l’origine d’incomparables atlas de cartographies en lien avec la colonisation des terres (pardon, l’évangélisation !)… Mais le Pape, c’est l’Eglise ?
Histoire de l’Eglise
Oui, du lui à Elle, il n’y a souvent qu’un pas (ou deux !) : de la tendancieuse Histoire de l’Eglise, de Daniel-Rops à la Nouvelle Histoire de l’Eglise de Daniélou et Marrou (notez l’adjectif !), en passant par le rigoureux Handbuch der Kirchengeschichte par Jedin, on culmine en termes d’exhaustivité objective, peut-être, dans les 13 volumes de Histoire du christianisme de Mayeur et cie. Tout ce développement en quelques décennies, de 1948 à 2000 pour les auteurs cités ! Mais on s’écarte du Pontife pour se concentrer sur les communautés locales (diocèses, paroisses…).
Sacrée histoire !
« Une fois que tu connais cette histoire papale, il n’y a pas grand-chose qui se passe dans la curie du Vatican et dans l’Eglise d’aujourd’hui qui puisse te choquer » 2, confesse le pape François qui raconte que dans son exil de Córdoba, il avait lu les 37 volumes de Histoire des papes de von Pastor. « C’était comme si le Seigneur me préparait avec un vaccin » ! Croyait-il si bien dire ?
1 L’étude de la coiffe papale est à ce titre révélatrice ! 2 Un temps pour changer, Paris-Flammarion, p. 69.
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