Une année pour faire Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

La messe d’ouverture de l’année pastorale, dimanche 5 septembre à la Colombière, et non à l’abbaye de Bonmont, pandémie oblige, a réuni les communautés de notre Unité pastorale (UP) dans une même prière sur le thème «Nous sommes Eglise». Elle a conjugué lancement de l’année pastorale 2021-2022 et envoi en mission de laïcs engagés sur l’UP.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : PHILIPPE ESSEIVA

En signe de communion entre les communautés de l’Unité pastorale Nyon-Terre Sainte (UP) et les communautés linguistiques, dix cierges ont été allumés sur l’autel en ouverture de la célébration. Gland, Founex, Crassier, Saint-Cergue, Begnins, Nyon et les communautés coréenne, lusophone, hispanophone et italophone étaient ainsi représentées et unies par la même lumière.

L’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, a ensuite ouvert l’année pastorale par une réflexion sur le thème choisi, « Faire Eglise » : « Depuis le début de la pandémie, nous sommes affectés par la difficulté de faire Eglise, empêchés de vivre nos rassemblements, habités par la peur de l’autre qui est susceptible de nous transmette le virus, contraints parfois à devoir participer à la prière eucharistique via un écran… » L’inquiétude est là, certes, mais « cette situation de manque ne devrait-elle pas au contraire susciter un désir plus ardent ? Sommes-nous suffisamment ancrés en Christ pour que cette épreuve soit l’occasion de renouveler notre espérance et notre motivation à faire Eglise ? C’est cette ouverture au souffle de l’Esprit que l’Equipe pastorale souhaite favoriser pour cette nouvelle année pastorale ».

Dédicace, soirées, veillées

Une année qui sera jalonnée d’événements importants dont la dédicace de la nouvelle chapelle de Gland avec la consécration de l’autel, dimanche 13 février, par l’évêque, Mgr Charles Morerod, « un événement central susceptible de nous donner un nouvel élan ». Un rituel proche de celui du baptême : « Les baptisés, par la régénération du baptême et l’onction de l’Esprit Saint, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint. » Baptisés, nous sommes habités par la présence de Dieu et nous recevons la vie de l’Esprit.

Le baptême est un trésor à accueillir. Pour aider les paroissiens à en prendre conscience, l’Equipe pastorale organise six temps forts répartis sur l’année : trois conférences – « L’Eglise, corps du Christ », « Vivre l’Eglise en coresponsabilité » et « Marie, mère de l’Eglise, modèle de la communion des saints » – et trois veillées de prière sur les thèmes des conférences à Gland, Nyon et Founex. « Que l’Esprit nous guide durant toute cette année pastorale : nous sommes Eglise » a lancé le curé.

Envoyés en mission

La célébration a aussi vu l’envoi en mission de laïcs engagés sur l’ensemble de l’UP. En lien avec l’Equipe pastorale, le curé a confirmé la création du Groupe solidarité. A partir de témoignages de personnes en précarité et de partages de vécus en pastorale sociale, il s’agira de développer une connaissance concrète sur la question de la précarité; sur la réalité sociale de notre région, les besoins actuels, les ressources déjà en place; sur la place faite au pauvre dans la vie de l’Eglise ; et de dégager des pistes pour l’action. Sont membres du groupe, placé sous la responsabilité de Françoise Gariazzo : Evelyne Pintado, Thérèse N’Galula, Gennaro Larucci, Marie-Josée Desarzens et Olivier Minniti.

L’abbé Dunand a annoncé l’engagement de Charlotte Obez par Mgr Morerod à 50% pour une année de discernement au sein du service de la pastorale jeunesse dans l’UP ; l’engagement d’Emmanuel Milloux par l’évêque comme assistant pastoral à 70% pour la catéchèse de l’adolescence et des projets en lien avec l’Equipe pastorale ; l’envoi en formation de Sandrine Minniti par Mgr Morerod à la FAP (formation des agents pastoraux) pour trois ans.

Il a confié à Esther Bürki le mandat de coordinatrice responsable de la catéchèse dans l’UP et celui de référente pour les projets œcuméniques sur le territoire de l’UP ; et à Marie-Agnès de Matteo le mandat de responsable de la pastorale des baptêmes et la mise en place du pôle spiritualité à Nyon en lien avec l’équipe de Lausanne. Ce pôle développera pour la région un lieu d’écoute, de formation et d’accompagnement spirituel. L’abbé Dunand a confié à Blandine Leyvraz, accompagnée de Marinette Maillard, aumônier en pastorale spécialisée, la mise en route d’un parcours pour personnes en situation de handicap. Enfin, il a nommé Audrey Boussat corédactrice responsable du magazine « L’Essentiel » aux côtés de Geneviève de Simone-Cornet.

S’écouter et communiquer

Dans son homélie, le curé modérateur a souligné que la guérison par Jésus d’un sourd en territoire étranger, dans la Décapole, épisode raconté dans l’évangile de ce dimanche, marque « son attention et sa proximité avec les infirmes et les malades même s’ils n’appartiennent pas au peuple élu ». « En faisant entendre et parler correctement le sourd-muet Jésus l’ouvre, il le sort de son isolement et le fait entrer dans le monde de la communication. »

« Par cette guérison, Jésus nous montre qu’il vient restaurer notre monde aux prises avec toutes sortes de souffrances », qu’« il nous rend capables d’entendre et de parler ». Et « c’est une grâce de pouvoir entendre Dieu, qui a tellement à nous dire, et aussi les appels des personnes qui souffrent et les bons mots des gens heureux. C’est une grâce de pouvoir exprimer notre foi, notre admiration, notre amitié et ce qui nous tient à cœur. Entendre et parler sont des dons merveilleux qui nous permettent de sortir de notre isolement et de communiquer. »

Et nous ? Nous souffrons d’un handicap auditif « lorsque nous prêtons une oreille complaisante aux préjugés, aux racontars, aux propos inutiles et superficiels ». « Il nous arrive aussi de nous boucher les oreilles pour ne pas entendre une parole de vérité, les échos des vrais problèmes et les appels au secours. » Et bien souvent, « nous ne trouvons pas les mots pour témoigner de notre foi », atteints « d’une forme d’aphasie quand il s’agit de dénoncer le mensonge et l’injustice ou de dire des mots d’encouragement et de félicitation ». Car « nous avons tous besoin d’être guéris de notre surdité et de notre mutisme, a relevé l’abbé Dunand. Par les sacrements, qui sont des gestes concrets et sensibles, le Christ ressuscité lui-même nous rejoint et nous guérit maintenant, comme il l’a fait jadis pour le sourd-muet ».

Alors communiquons entre nous « pour réussir nos projets, pour bien bâtir ensemble et rendre nos communautés vivantes. Sachons nous écouter afin d’être à l’aise pour exprimer nos idées et partager nos rêves. Ayons un peu d’audace ! ».

La célébration s’est terminée par la bénédiction et l’envoi en mission des treize personnes ayant reçu une mission au service de l’UP.

Alba: de l’espoir pour l’Albanie !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Bernard et Chantal Falcetti sont des habitués du Vallon de Champex. Ils y ont fait leur nid et y ont de nombreux amis. Ce n’est que depuis juin 2018, après avoir passé des années à «penduler» entre la ville de Lancy (GE) et la banlieue bovernione (Crêtet), qu’ils ont choisi de vivre ici à l’année. Déjà très engagés dans leur communauté chrétienne de Lancy alors qu’ils y vivaient, Bernard et Chantal ont récemment accepté de prendre part à la vie de la paroisse de Bovernier, Chantal en tant que membre du Conseil de communauté. Ils assument par ailleurs tous deux la conduite d’une association nommée «Alba, de l’Espoir pour l’Albanie» qui propose d’assurer un secours matériel à la population défavorisée de ce pays.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : ASSOC. ALBA

Bernard et Chantal, vous êtes nés à Genève, Chantal avec des grands-parents originaires de Vens et Bovernier. Alors que vient faire l’Albanie dans votre histoire ?

Le destin a voulu que, lorsque nous préparions la confirmation avec un groupe de jeunes très motivés, une sœur de St-Vincent-de-Paul de notre paroisse a rencontré, lors des JMJ de Paris, Sœur Tonja d’Albanie qui lui a fait part de toute la détresse des familles auprès desquelles leur communauté procurait de l’aide. De retour à Genève, lors d’une réunion, Sœur Louise Pittet était à table avec Chantal et tout est parti de là.

Avec qui travaillez-vous ici en Suisse ? Et sur place en Albanie, qui sont vos contacts ?

Nous avons commencé par des envois de médicaments. Après deux voyages sur place avec les jeunes, nous nous sommes mis à récolter du matériel que nous trouvions sur les trottoirs avant le ramassage pour la déchetterie. Nous avons trouvé la fondation « Transpaid » qui effectuait des transports humanitaires, ce qui nous a permis, pendant plus de dix ans, d’envoyer un à deux camions par année directement chez les sœurs à Dürres, qui avaient un grand local et assuraient la distribution. Nous avons alors créé une association afin de pouvoir récolter des fonds. Depuis lors, Jean-Pierre Fournier, avec son camion, a pris la relève et assure les transports jusqu’à Shkodër où se trouve la nouvelle maison provinciale des sœurs et où nous avons pu, grâce aux dons, faire construire une grande dépendance qui sert d’entrepôt pour notre matériel et de lieu d’accueil pour les défavorisés.

Notre petite équipe de bénévoles fidèles depuis plus de vingt ans a été renforcée depuis notre venue en Valais par une équipe des pompiers de Bagnes qui faisait de l’entraide en Roumanie.

Qu’est-ce qui vous a décidés, votre époux Bernard et vous-même, d’accepter de prendre une part plus active à la vie paroissiale ?

En devenant « Bovernions », nous avions envie de nous intégrer au village et à ses activités.

N’étant plus rattachés à la paroisse du Grand-Lancy, tout naturellement, nous nous sommes tournés vers la paroisse de Bovernier où nous avons offert un peu de notre temps. Nous avons été très bien accueillis et facilement intégrés.

La paroisse et l’engagement humanitaire : comment reliez-vous les deux engagements ?

Quelques mots suffisent : suivre le Christ et les chemins où il nous envoie ! Un projet d’intégrer les confirmands dans notre action ainsi qu’une conférence avec projection d’un film pour expliquer notre action sont en préparation et nous nous réjouissons de cela !

Quels sont les problèmes et les besoins des gens dans cette région des Balkans ?

Ils sont multiples, car l’Albanie est passée d’une dictature communiste ayant refusé tout contact avec l’extérieur, à un système ultralibéral gangrené par la corruption et sans aucun filet équitable de protection sociale pour les plus défavorisés qui vivent dans une grande précarité. Il y a certes des progrès grâce à un potentiel touristique et à une ouverture à diverses entreprises étrangères qui profitent, souvent avec excès, d’une main d’œuvre bon marché. Les denrées alimentaires, les équipements médicaux, sanitaires, le petit mobilier, l’outillage, le linge de maison, l’habillement constituent les principaux besoins. Si tout ou presque peut se trouver sur place, les prix sont inaccessibles pour une partie de la population très pauvre, en particulier sur le plan de l’accès aux soins. Voilà pourquoi, nos envois et parrainages sont toujours indispensables. Nos envois doivent aussi être respectueux et ce que nous envoyons doit être en bon état et propre. Il est très important que tout soit bien noté pour que les sœurs puissent rapidement trouver ce qui correspond aux familles qui viennent directement leur demander de l’aide où pour savoir ce qu’elles doivent prendre pour leur apporter directement.

Où trouvez-vous le matériel ?

Par le biais du bouche-à-oreille, des personnes nous contactent et nous apportent des biens. Nous pouvons aussi aller les chercher, dans la mesure de nos possibilités. A trois reprises, des EMS nous ont fait don de chambres complètes avec lits électriques. Nous avons alors acheté des matelas médicalisés neufs, ce qui a permis d’équiper des hôpitaux. Cependant, pour cela, nous avons aussi besoins de dons et cotisations, car un transport nous coûte entre Fr. 5000 et Fr. 6000.–. Selon les demandes précises des sœurs, nous achetons aussi du matériel neuf ou nous leur permettons d’en acheter sur place. Les parrainages sont destinés à l’aide alimentaire, car la faim est un réel problème que nous constatons lors de nos voyages sur place. Lors de ceux-ci, nous achetons des denrées alimentaires et des produits d’hygiène et nous les distribuons directement, ce qui nous permet de nous imprégner de la misère, mais aussi de vivre des échanges d’une grande richesse.

 

Comment peut-on vous contacter pour offrir un don ? du matériel ?
Vous pouvez nous joindre par téléphone au 076 320 95 82 par e-mail cfalcetti@protonmail.com ou en consultant notre site groupe-alba.ch

Pour vos dons:
IBAN CH08 0078 8000 S328 2023 7 en faveur de Association Alba,
C/O Chantal Falcetti, Crêtet 34,
1932 Bovernier

Vendredi 19 novembre à 19h30
Conférence et film sur l’association à la salle communale de Bovernier

Visite chez l’artiste Alain Dumas

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

Huit membres du Conseil de communauté de Gland et du comité de pilotage de la nouvelle église sont partis en Auvergne dimanche 26 septembre pour découvrir l’atelier du sculpteur et artiste Alain Dumas, auteur du mobilier liturgique.

TEXTE ET PHOTOS PAR BRIGITTE BESSET

Ce voyage de deux jours fut une chance de pouvoir vivre ensemble des moments de convivialité et de grande fraternité et des moments de partage qui font que la construction de notre nouvelle église prend un tout autre sens.

Au-delà du choix du jury, c’est l’homme et l’artiste que nous avons pu rencontrer à travers ses œuvres et son lieu de vie. Si l’artiste a remporté le concours, il ne s’est pas contenté de réaliser ses œuvres en fonction du projet. Il a réalisé et continue à réaliser chaque œuvre en communion et en étroite collaboration avec des paroissiens et les membres de divers groupements en charge du projet. Un cadeau pour lui comme pour nous !

Une nature stimulante

Durant ces deux jours passés ensemble à Clermont-Ferrand et dans les environs, Alain Dumas nous disait que si le travail est laborieux (ébauchage réalisé par des coupes de disqueuse et de burin, ciselure et polissage manuel avec pierre à eau et feuilles abrasives), « la présence de la nature et des arbres qui entourent sa maison et son atelier est stimulante ». Nous avons pu nous en rendre compte lors de notre arrivée dans le grand parc au milieu duquel se trouvent sa demeure et son atelier, à Saint-Genès-Champanelle. Nous ne pouvons que remercier Alain pour son accueil si chaleureux et la richesse des découvertes et des rencontres qu’il nous a permis de faire.

Une intimité forcée

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2021

PAR CLAUDE BUMANN, SAAS-FEE
PHOTOS : MISES À DISPOSITION PAR L’OFFICE DU TOURISME DE SAAS-FEE

Au début du mois de mars 2020, les événements de ma vie, tant professionnelle que privée, se sont succédé à un rythme effréné. En tant que chef du Service parlementaire, j’ai dû assumer la responsabilité de la décision de tenir la session du Grand Conseil malgré la menace d’une pandémie, même si le Parlement fédéral avait interrompu sa session. Et puis, alors que la semaine de session s’achevait, j’ai reçu la nouvelle que mon beau-père avait été victime d’une embolie pulmonaire. Il est décédé la nuit suivante.

Le lendemain, les premières mesures urgentes du Conseil fédéral sont entrées en vigueur et nous avons été la première famille de la vallée de Saas à devoir organiser des funérailles en prenant en compte ces nouvelles circonstances. Nous avons d’abord été attristés par le règlement officiel, car mon beau-père était extrêmement populaire et de nombreuses personnes auraient probablement tenu à assister au service funéraire.

La famille n’a eu d’autre choix que de se plier à cet ordre officiel et d’accepter que seuls les enfants et les petits-enfants ainsi que quelques amis très proches du défunt soient présents dans l’église. Etant donné que les contacts avec le défunt étaient limités dans la maison de retraite, il était extrêmement important pour la famille que le service funéraire permette un adieu réel et durable au défunt. Ils ont donc cherché un moyen de remplacer les rituels habituels (prières pour les morts, visites de condoléances, offrandes d’eau bénite) par un autre acte solennel qui leur permettrait d’exprimer leur chagrin et de comprendre que le défunt avait définitivement quitté ce monde. La famille a trouvé la solution dans un service religieux très personnalisé avec une rétrospective multimédia de la vie du défunt, avec des intercessions spécifiquement liées à sa personne et avec des interludes musicaux préparés par certains membres de la famille. Après l’inhumation de l’urne, un toast à sa santé a été porté devant l’église avec un Pastis, la boisson préférée de mon beau-père, mais ensuite l’assemblée a dû se disperser car un repas commun était rendu impossible par l’arrêté du Conseil fédéral.

Ce que nous ne pouvions pas savoir à ce moment-là, c’est que ma belle-mère a suivi son mari dans la mort sept semaines plus tard. Le service funéraire a à nouveau eu lieu dans le cadre intime de la famille et a été accompagné des mêmes sentiments et expériences émotionnelles.

La famille de mes beaux-parents s’accorde à dire qu’elle n’a jamais connu de services funéraires aussi beaux et impressionnants. Les mesures propres au COVID, qui n’ont d’abord été acceptées qu’avec déplaisir, se sont révélées être un « coup de chance », notamment parce que les nombreuses cartes de condoléances qui sont ensuite arrivées par la poste étaient beaucoup plus personnelles que d’habitude. La famille a également été réconfortée par le fait qu’un service commémoratif a été organisé après la première vague.

Jeux, jeunes et humour – novembre 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi prier pour les morts ? 
Prier pour les défunts que nous avons connus aide à faire notre deuil et à garder un lien vif dans notre mémoire avec celles et ceux qui nous ont quittés. Cela montre que nous pouvons continuer à les aimer et à leur parler au-delà de la mort et nous fait entrer dans la mystérieuse solidarité qui unit les vivants et les morts dans l’espérance de la résurrection à venir. Nous intercédons pour eux et, de là-haut, ils veillent sur nous.

par Pascal Ortelli

Humour

Un guide gringalet avait été engagé par un touriste rondouillard pesant plus de 130 kilos pour visiter à pied la brousse. Soudain ce dernier se rend compte que s’il était victime d’un malaise, le guide ne pourrait ni le secourir ni le porter. « Pensez voir, lui dit le guide, hier j’ai porté un ours de 200 kilos ! » « Comment est-ce possible, comment avez-vous fait ? »  « Je l’ai fait en cinq voyages ! »

par Calixte Dubosson

Et si le paradis était… sur terre !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Un de mes amis m’a dit qu’avec la pandémie actuelle, nous entrions dans une période d’épreuves similaire à celle des dix plaies d’Egypte (Exode 8-12). J’ai constaté qu’il existait assez peu d’informations sur cet épisode de la Bible sur internet. Pourquoi le coronavirus est-il apparu sur terre ? Et pourquoi tant de gens nous prédisent avec tant de certitude son éradication ?

PAR JEAN-PIERRE DEMURGER
PHOTO : PIXABAY

Pour certains, il transforme la vie quotidienne en enfer. Une des choses dont je suis sûr, c’est que je ne suis pas né pour vivre avec un masque sur le nez ! Peut-être un nez rouge pour faire rire, mais pas un masque d’une telle sorte ! Pourquoi faut-il gagner son paradis sur terre ? S’en aller au ciel pour le rejoindre ? et pourquoi la terre ne serait-elle pas notre paradis ?

Cette idée que la mort nous sépare du paradis nous permet tous les excès, en différant toute action : les baleines ne sont pas nos aspirateurs à sacs plastiques que nous n’arrivons pas à recycler. Nous jetons ces sacs par-dessus bord, en espérant les faire disparaître de notre vue : plus de symptômes, plus de problèmes !

Les smartphones – qui servent à rassurer les mères sur le parcours de leurs charmants bambins depuis l’école – emploient des matières rares que d’autres bambins extrayent au péril de leur vie qui n’est déjà pas bien longue.

Nous utilisons ces mêmes smartphones…

• pour payer avec des monnaies qui ne sont liées qu’à des électrons (bitcoin),

• pour être plus intelligents sans réfléchir avec l’Intelligence Artificielle ;

• pour acheter sans limite de valeur ou de distance ;

• ou encore pour connaître le temps qu’il fait ou qu’il fera (info essentielle) pour s’habiller en conséquence ;

• ou encore pour connaître enfin notre propre valeur, c’est-à-dire à travers le contenu de notre compte en banque.

C’est un mini-paradis en soi ! Le paradis ne serait-il donc pas sur terre ? Et ne serait-ce pas une firme appelée « pomme » (Apple !) qui l’a bien inventé ?

Alors, si les baleines crèvent d’avoir ingurgité nos sacs plastiques usagés, il y a bien des cachalots qui les remplaceront. Si des bambins crèvent d’avoir travaillé comme des forçats, il y en aura d’autres (nous sommes déjà trop nombreux !). Si nous abîmons nos chaussures à la pluie, nous en achèterons de plus belles et de moins chères encore ! Nous n’allons tout de même pas retourner au Moyen Age !

Combien de nouvelles épreuves allons-nous subir pour apprendre des dérèglements qui sont notre lot quotidien ? J’entends monter ce sourd murmure : « Mais la science – elle qui a réponse à tout – est là pour nous sauver, cher monsieur ! » Aujourd’hui, chacun fait « sa » science : pour un les masques sont essentiels, pour l’autre ils ne servent strictement à rien. Le maïs OGM est la réponse à la faim dans le monde. Le vaccin éradiquera le virus… Vivent les scientifiques ! Cependant, les baleines mangent de plus en plus de sacs plastiques, et les enfants meurent !

Alors pourquoi ne pas renverser la vision qui fait du paradis sur terre un « après », en en faisant un « ici et maintenant » ? Qui est prêt à sortir d’Egypte pour construire, non pas ce que Houellebecq dit du monde d’après : « Le même, en un peu pire », mais déjà un début de paradis…

Aux frontières de la mort

Spécialisé dans l’étude des expériences aux frontières de la mort depuis plus de 20 ans, auteur de plusieurs livres, le Dr Patrick Theillier, constate qu’elles transforment ceux qui les vivent.

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS
PHOTOS : DR

Pourquoi vous être intéressé aux expériences de mort imminente ?

Pendant 12 ans j’ai été responsable du bureau des constatations médicales de Lourdes. Cette fonction m’a permis de recevoir des confidences sur les expériences de mort imminente (EMI). En écoutant les personnes qui disent avoir été guéries à Lourdes et celles qui les ont vécues, des similitudes se dégagent : les bénéficiaires ne voient plus la vie de la même façon. Ils savent que leur expérience indicible n’est pas banale. Beaucoup se taisent, mais tous
s’en souviennent.

D’un point de vue scientifique, elles montrent que la frontière entre la vie et la mort est une question mal connue. La mort n’est pas instantanée, elle est un processus qui se déroule en plusieurs temps. Le premier est la mort clinique, différente de la mort biologique. Les théologiens eux aussi affirment que la séparation de l’âme et du corps prend du temps.

Qu’est-ce qu’une expérience de mort imminente ?

Il s’agit d’une expérience faite par des personnes mortes cliniquement. Leur cœur, leur pouls et leur respiration se sont arrêtés. Le cerveau n’est plus irrigué, mais elles continuent à avoir une conscience malgré tout ; elles peuvent rester plusieurs minutes ainsi et revenir à la vie.

Que perçoivent ces personnes que l’on croit mortes ?

Les récits mentionnent l’impression de sortir de son corps ou de flotter au-dessus de la pièce. Parfois, les mourants entendent les conversations, voient le personnel médical s’affairer ou d’autres choses que les « vivants » ne perçoivent pas. D’autres, une fois revenus à la vie, décrivent des faits qui se sont passés alors qu’ils étaient « morts ». Parfois ils sont happés dans un grand tunnel, aspirés par une lumière blanche, éclatante, qui apporte une paix profonde. Ils y distinguent souvent un Etre de lumière, que des croyants identifient comme le Christ devant lequel ils relisent leur vie, ce qu’ils ont pu faire de bien ou de mal ; le tout sans culpabilité, sans crainte ni angoisse. Il semble tout connaître ; interroge avec tendresse, amour et exigence. Le sujet comprend de lui-même en quoi il a bien ou mal agi. Ensuite, certains reconnaissent des êtres chers décédés. Parfois l’Etre de lumière leur demande de retourner sur terre, d’autres fois les mourants demandent à y retourner.

Dans quel état intérieur revien­nent ceux qui ont vécu une EMI ?

Le retour se fait souvent à regret, parfois dans les larmes. Voici quelques témoignages : « J’étais un avec Dieu et un avec tout, c’était extraordinaire. Je n’ai jamais ressenti une telle joie, j’avais accès à la joie du monde entier… Le mal n’existait pas… J’aimais et je me savais aimé pour toujours, j’étais pardonné. » Beaucoup de personnes qui ont fait une EMI en gardent une paix intérieure profonde et sont réconciliées avec la mort.

Ce moment apporte un changement de priorités : plus d’attention aux autres, plus d’intérêt pour la spiritualité.

Mais toutes les expériences ne sont pas positives…

Dans 2 à 3% des cas, « le voyage » est désagréable, froid voire terrifiant. Les « expérienceurs » se retrouvent dans ce qu’ils appellent l’enfer avec parfois un sentiment d’un châtiment mérité. Ils perçoivent des odeurs pestilentielles, des flammes ou des cris…

Les personnes qui vivent une Emi sont-elles nombreuses ?

Plusieurs millions dans le monde sont revenues de la mort clinique. L’amélioration des techniques de réanimation médicale favorise ces retours. Moins de 20% de ceux-ci font l’expérience de visions ou de sensations inhabituelles. On les appelle les « expérienceurs ». Beaucoup n’osent pas en parler. Ils ont tous les âges et sont de toutes les religions.

Que dit la médecine ?

Beaucoup de médecins restent dubitatifs. Pour eux, ces expériences sont un phénomène paranormal dont on trouvera un jour une explication rationnelle. Mais les témoignages sont trop nombreux pour ne pas les écouter. Certains scientifiques s’y intéressent plus sérieusement, s’ouvrent à l’existence d’une conscience supra matérielle, une autre dimension de l’être qui perdure même quand le cerveau n’est plus irrigué.

Et qu’en pense l’Eglise ?

Elle a toujours été prudente vis-à-vis des phénomènes extraordinaires, comme celles des miracles.

Mais sainte Thérèse d’Avila, sainte Catherine de Sienne avaient parlé déjà de ces expériences. Les EMI sont riches d’enseignements. A une époque peu ouverte au spirituel, je vois comme un signe du Ciel qui ouvre à la vie invisible. Le fait que les « expérienceurs » ne soient pas toujours croyants intéresse le médecin chrétien que je suis.

Ces récits montrent aussi l’importance d’accompagner les malades et les mourants, de prier pour eux « à l’heure de leur mort ». Elle est le moment du choix et du face-à-face pour entrer dans cette vie invisible, mais bien réelle, et peut être plus vraie que cette vie terrestre.

 

Biographie

En 1989, Patrick Theillier est choisi pour tenir le poste
de médecin permanent du Bureau médical des
sanctuaires de Lourdes.
Il a aussi présidé l’Association médicale internationale de Lourdes, qui comprend plus de dix mille professionnels
de santé dans septante-cinq pays. Il est également l’auteur de plusieurs livres.

 

Illarsaz: la chapelle Saint-Bernard de Mont-Joux (ou de Menthon)

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

C’est certainement au dynamique curé de Muraz, l’abbé Amédée Vaneri, que l’on doit la première chapelle d’Illarsaz à la fin du XVIIe siècle. Financée par des messes et à leurs frais, elle fut le lieu modeste où les paroissiens gagnaient le Ciel par la prière. A l’origine, il s’agissait d’un petit bâtiment couvert d’une toiture surmontée d’un clocheton, à croupe vers l’ouest et à demi-croupe vers l’entrée, à l’est. A la croisée des chemins, à côté d’un carrefour routier, elle sera démolie dans les années 1960.

Un nouvel édifice est construit d’après les plans du bureau Zimmermann, à quelques distances de la chapelle originelle, au sud du hameau. Il sera béni le 20 juin 1964. Il s’agissait à une époque pastoralement prospère de donner à Illarsaz une chapelle dont la taille et l’emplacement puissent en faire un véritable outil d’évangélisation. La nouvelle chapelle est très sobre, d’un seul volume allongé. Le clocher ajouré s’élève indépendamment, à l’extrémité nord-ouest. Enfin une croix de mission en granit, datée de 1900, lui fait pendant au sud-ouest. Relevons ici que la conception générale n’est pas sans rappeler la rénovation de l’ancienne église de Port-Valais, par le même architecte.

Le retable est typique du pré-baroque de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tableau peint à l’huile à la même époque représente une Annonciation. A gauche, sur une nuée, se tient l’ange Gabriel dont les ailes et le plissé du vêtement trahissent le mouvement tandis que la Vierge, agenouillée sur la droite, adopte une position d’accueil, les deux mains repliées sur la poitrine. Le fond est occupé par une composition domestique avec, au centre, une fenêtre en cul-de-bouteille dont chacun des battants porte, dans la partie supérieure de la croisée, des armoiries. A droite, celles de la famille de Riedmatten, et à gauche, celles des Stockalper. On peut dès lors imaginer que le tableau fut réalisé en 1661 / 2, à savoir quand le gouverneur de Monthey était Peter de Riedmatten, époux d’Anna de Stockalper.

Enfin le tableau de saint Bernard, signé Emmanuel Chapelet, est daté de 1862. Revêtu de l’aumusse et tenant le bâton prévôtal, le saint est représenté en pied, debout sur un démon qu’il tient enchaîné. Détail touchant, saint Bernard, imité dans sa position par le démon, lève les yeux vers le ciel où apparaît, à l’angle gauche, une petite croix. Dans le fond s’étend le paysage du col du Grand-Saint-Bernard avec, au centre, le bâtiment de l’hospice.

Jubilés de consécration des églises de Saint-Martin et de Saint-Nicolas d’Hérémence

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

PAR LAURENT NDAMBI

Deux églises paroissiales du secteur du Val d’Hérens, celle de Saint-Martin, à Saint-Martin, et celle de Saint-Nicolas à Hérémence, célèbrent chacune leur consécration respective. L’une, à Saint-Martin, avec ses 70 ans, fête son jubilé de platine. L’autre, à Hérémence, avec ses 50 ans, fête son jubilé d’or. Mais qu’est-ce qu’un jubilé ?

Dans la Bible, le mot jubilé exprime l’idée d’allégresse. A cet effet, le texte le plus ancien instituant le jubilé se trouve dans la Loi de Moïse dans laquelle il était demandé aux fils d’Israël d’observer tous les 7 ans une année sabbatique et après ces 7 années sabbatiques, soit 7 x 7 ans faisant 49 ans, une année jubilaire (cf. Livre du lévitique 25, 8-10).

Quatre mesures sociales devaient accompagner l’année jubilaire : le repos de la terre, la libération des esclaves, la remise des dettes, l’affranchissement des propriétés. Mais ces mesures ne furent que peu appliquées.

Nous nous souvenons du jubilé de l’an 2000 : l’entrée de l’Eglise et du monde dans le 3e millénaire. Pour mémoire, le premier jubilé chrétien a été célébré en 1300, décrété officiellement par le pape Boniface VIII.

Ainsi, au fil des siècles, un jubilé se fêtait d’abord chaque 50 ans, puis tous les 25 ans en principe, soit une fois par génération. Une exception à cette règle a été marquée par la célébration en 1983 du jubilé pour fêter le 1950e anniversaire de la Rédemption. Il y a eu d’autres exceptions, par le fait qu’en 1800, il n’y a pas eu de jubilé car le pape avait été fait prisonnier par Napoléon. En 1950 a été proclamée l’Année sainte de la définition du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Le jubilé de platine de l’église de Saint-Martin marquée exceptionnellement par la pose des nouveaux vitraux a été célébré le 29 août 2021. Le jubilé d’or de l’église d’Hérémence sera fêté le 31 octobre prochain (programme p. 10).

Nous adressons bénédictions et remerciements à tous les comités d’organisations, aux donateurs et à tous les paroissiens de notre vallée où « la foi est reine » !

L’Eglise dont je rêve

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), octobre 2021

PRIÈRE DU PÈRE ROGER MICHEL, RÉDEMPTORISTE (EXTRAITS) | PHOTO : JHS

L’Eglise dont je rêve
est un peuple nomade.
Elle se redit sans cesse :
« Mon père était un araméen errant. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas la vérité,
mais elle montre du doigt
Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas plus de prétention
que son Maître dont la vie
n’était qu’errance et semence.

L’Eglise dont je rêve
aime le monde tel qu’il est,
traversé par le péché
et la grâce.

L’Eglise dont je rêve
a une prédilection originelle
pour ceux qui n’ont ni savoir,
ni pouvoir, ni avoir.

L’Eglise dont je rêve
sait que la Bonne Nouvelle
est toujours bonne et nouvelle.

L’Eglise dont je rêve, c’est toi, c’est moi, c’est nous.

Année de la famille Amoris laetitia (2021-2022)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

Vendredi 19 mars 2021, le pape François a invité les catholiques à vivre une année de réflexion sur la famille en s’arrêtant sur l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia jusqu’à la célébration de la 10e Journée mondiale des familles prévue le 26 juin 2022, à Rome. Pour le 5e anniversaire de ce texte, le pape François nous demande de réfléchir à l’importance de la famille dans l’Eglise et dans le monde, d’où la présentation de cette exhortation dans cet article.

Synode sur la famille du 5 au 9 octobre 2014 1

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD

Amoris laetitia : naissance  d’une exhortation apostolique

Du 5 au 9 octobre 2014 et du 4 au 25 octo­­bre 2015, se sont tenues à Rome deux assemblées du Synode des évêques sur la famille. Le premier synode était consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation » et le deuxième avait pour thème : « Jésus Christ révèle le mystère et la vocation de la famille ». A l’issue de ces deux synodes, en plus d’un certain nombre de documents officiels parus à ces occasions, le pape François avait annoncé qu’il rédigerait un document synthétisant ces deux rencontres.

Ce sera l’exhortation apostolique Amoris laetitia (La joie de l’Amour) parue le 8 avril 2016. Cette synthèse du pape François est un appel à un rayonnement de l’Amour de Dieu au cœur des familles, et par conséquent, au cœur de l’Eglise et du monde. Ce texte très riche se compose d’un court préambule, de 9 chapitres et d’une petite conclusion qui nous invite à entrer dans une contemplation de l’amour de Dieu pour l’être humain avec un regard centré sur la mort et la résurrection du Christ, un regard qui plonge dans le Salut offert à toute l’humanité… un Salut qu’il nous est demandé de faire connaître et qui est indissociable de l’annonce de l’Evangile.

Amoris laetitia: Chapitre par chapitre

Chapitre 1 : A la lumière de la Parole

Dans ce premier chapitre, le Pape rappelle la multitude d’histoires familiales dans la Bible et la complexité des relations interfamiliales. Il insiste sur l’importance du couple qui donne naissance à une nouvelle famille « car la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. Sous ce jour, la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant 2 ». Quant aux enfants, ils sont pleinement membres de la famille et de l’importance de l’Eglise domestique – l’Eglise composée de la cellule familiale. C’est dans cette vision que la famille est décrite comme lieu de catéchèse et qu’elle « est appelée à partager la prière quotidienne, la lecture de la Parole de Dieu et la communion eucharistique pour faire grandir l’amour et devenir toujours davantage un temple de l’Esprit » 3.

Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille

Ici, le pape François insiste sur la diversité des familles et sur les défis qui les attendent dans un monde en évolution constante. Il précise les problèmes que les familles peuvent rencontrer comme le délitement des liens familiaux, la montée des individualismes exacerbés, la violence, etc. qui vont à l’encontre du bien commun qui s’appuie sur des familles stables. Toutefois, les familles ont aussi besoin d’être aidées pour se développer dans un environnement sociétal favorable leur assurant la paix et une situation économique correcte. Une des missions de l’Eglise est donc d’accompagner et de soutenir les familles afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vocation à l’amour dans le monde actuel.

Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus – la vocation de la famille

Dans ce chapitre, le Pape insiste sur l’importance du sacrement du mariage compris comme un lien indissoluble qui unit un homme et une femme et les inscrit dans le désir d’avoir des enfants. Il précise aussi que la famille est un lieu de tendresse et d’amour. Il rappelle que Jésus lui-même a grandi dans une famille portée par l’amour et l’attention de ses parents. Il est important de souligner que « l’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde » 4.

Chapitre 4 : L’amour dans le mariage

S’appuyant sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13, 4-7), le pape François insiste sur l’amour qui doit nourrir les couples et avoir sa source en Dieu. Il rappelle que l’amour est patient, qu’il place les conjoints dans une attitude de service mutuel. Pour lui, l’amour n’envie pas, ne cherche pas son intérêt et s’appuie sur le pardon. L’amour espère, supporte tout et doit conduire à faire grandir la charité conjugale. S’appuyant sur le Concile Vatican II, le Pape insiste sur l’amour matrimonial en soulignant que Dieu aime l’épanouissement de ses enfants et il affirme que « Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures » 5. Le pape François termine en insistant sur l’importance d’une évolution de l’amour conjugal au fil des ans et des événements familiaux.

Sainte Famille à la lessive 6

Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond

Pour le pape François, l’amour dans un couple est appelé à devenir fécond, à s’épanouir en donnant la vie et en prenant soin des enfants que la famille reçoit. Mais, il insiste aussi pour que face à la douleur de l’infertilité, les couples n’oublient pas qu’ils sont aussi appelés à la fécondité à leur manière et selon leurs spécificités propres. Le Pape rappelle aussi que la famille ne se résume pas au couple et à ses enfants, mais à la famille élargie ce qui implique le respect de tous : des parents, des enfants et des membres plus âgés.

Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales

Dans ce chapitre, le pape François insiste sur l’annonce de l’Evangile dans les familles d’aujourd’hui, sur l’importance de guider les fiancés en les préparant au sacrement du mariage, sur l’accompagnement qui doit se faire en Eglise durant les premières années matrimoniales mais aussi sur un accompagnement des conjoints sur le long cours pour les aider à dépasser les crises, les angoisses et les difficultés de couple. Il faut aussi permettre un accompagnement spécifique des veuves et des veufs car la mort qui vient séparer les conjoints est une grande souffrance pour celui qui reste seul.

Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants

Pour le pape François, les « parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée » 7. Face aux évolutions de notre société, il est donc important que les parents donnent une formation morale à leurs enfants, qu’ils soient patients avec eux sans oublier qu’ils devront peut-être sanctionner des actions mauvaises commises par leurs enfants. La famille est donc un lieu d’éducation globale, c’est là que naît l’éducation à l’amour, l’éducation sexuelle et surtout la transmission de la foi. Et il ne faut pas oublier que dans l’éducation donnée, les parents sont appelés à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant afin de le guider et le faire grandir à son rythme.

Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

Pour l’Eglise, le « mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » 8. Toutefois, les couples doivent aussi être accompagnés spécifiquement en cas de divorce, dans des situations de mariage civile, de simple vie commune, etc. Et, dans toutes ces circonstances, en particulier auprès des divorcés remariés, l’Eglise est appelée à agir dans une logique de miséricorde pastorale sans pour autant brader son idéal du mariage.

Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale  et familiale

Ce chapitre insiste sur le fait qu’une « communion familiale bien vécue est un vrai chemin de sanctification dans la vie ordinaire et de croissance mystique, un moyen de l’union intime avec Dieu. En effet, les exigences fraternelles et communautaires de la vie en famille sont une occasion pour ouvrir de plus en plus le cœur, et cela rend possible une rencontre toujours plus pleine avec le Seigneur » 9. Pour y parvenir, le pape François rappelle l’importance de rester axé dans la lumière de Pâques, dans la foi au Ressuscité afin de pouvoir vivre une spiritualité de couple dans un amour exclusif et libre, dans une spiritualité de l’attention à l’autre, de la consolation et de l’encouragement mutuel.

Conclusion

En conclusion, pour le pape François « aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Eglise, de cette communauté si belle qu’est la famille de Nazareth et de la fraternité sans tache qui existe entre les saints du ciel. Et, en outre, contempler la plénitude que nous n’avons pas encore atteinte, nous permet de relativiser le parcours historique que nous faisons en tant que familles […]. De même, cela nous empêche de juger durement ceux qui vivent dans des conditions de grande fragilité. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » 11.

1 Image tirée de l’article Wikipédia «Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation»: Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation – Wikipédia (wikipedia.org).
2 Amoris Laetitia §11.
3 Amoris laetitia §29.
4 Amoris laetitia §66.
5 Amoris laetitia §150.
6 Image tirée de l’article Wikipédia «Sainte Famille»: Sainte Famille – Wikipédia (wikipedia.org)
7 Amoris laetitia §259.
8 Amoris laetitia §292.
9 Amoris laetitia §316.
10 Images tirées de l’article Wikipédia «Louis et Zélie Martin»: Louis et Zélie Martin – Wikipédia (wikipedia.org)
11 Amoris laetitia §325.

Mon Eglise ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2021

PAR L’ABBÉ DARIUSZ KAPINSKI
PHOTO : DR

Cette question me renvoie d’abord à mon enfance et à mes premiers sentiments liés au bâtiment le plus impressionnant de ma petite ville natale et ses alentours sacrés; aux pratiques religieuses de mes chers parents, auxquelles nous – les enfants – étions progressivement initiés; à une longue liste des merveilleux témoins de la foi, prêtres et fidèles; à l’exceptionnelle période de mes 15-19 ans avec la participation aux mouvements de l’Eglise bien-aimée, pleine de retraites spirituelles pour les jeunes et de pèlerinages à pied vers Notre-Dame de Jasna Gora…

Parler de l’Eglise, comme communauté des hommes et des femmes en chemin vers Dieu, c’est voir d’abord son fondateur et son cœur, le Christ. Il n’y a ni compréhension, ni appréciation de l’Eglise sans ouverture au Seigneur Jésus, sans adhésion à lui.

Le Christ me passionne, son évangile me porte, dirige mon existence et me remplit d’espérance. Son Eglise m’épaule et permet de réaliser chaque jour la volonté du Seigneur ; elle me donne des ailes et me relève quand je tombe.

Mon Eglise ? C’est une histoire d’amour…

J’aime l’Eglise confiante au Christ, comme un enfant.

J’aime l’Eglise qui proclame le salut de l’homme, qui croit en l’homme… J’aime l’Eglise qui ne s’adapte pas au monde mais au Christ qui aime le monde. J’aime l’Eglise des Actes des Apôtres, armée et riche des pauvres, humble, éprouvée et persécutée…, sans privilèges.

J’aime l’Eglise une, coloriée comme l’automne, riche en diversités selon les continents et les pays; œcuménique. J’aime l’Eglise sainte par la présence de Dieu, envoyée à tous, missionnaire et solidaire, l’Eglise des frères et sœurs.

J’aime l’Eglise qui dérange au milieu de la nuit, quand on devient plat et passif. J’aime l’Eglise qui éveille à la liberté et appelle ad maiora; qui met en face de choix difficiles et qui montre le chemin.

Jésus, j’aime très fort ton Eglise !

Cathoguesser, une application made in Monthey

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Le projet Cathoguesser est né il y a presque deux ans. Cette application a l’originalité d’être un quizz sur la foi et la culture chrétienne, et d’être entièrement réalisé par des jeunes. Son application pour smartphone sortira prochainement.

PAR CÉLINE SALLIN
LOGO : JULES JORIS

« Quel Suisse a fondé la communauté de Taizé ? », « qui est le père des trois religions monothéistes ? » Vous connaissez les réponses ? Vous serez redoutables en jouant à Cathoguesser ! C’est ce genre de questions que nous avons trouvées sur la Bible, la foi et la religion chrétienne.

Cathoguesser, c’est donc une application ludique pour smartphone qui pose des questions à choix multiples et, pour certaines de ces questions, vous trouvez une courte explication pour enrichir vos connaissances. J’ai imaginé ce projet car j’ai constaté que beaucoup de jeunes dans les transports en commun étaient plantés sur leurs téléphones. Un jeu sur natel, c’est donc un bon moyen de les atteindre et de lancer une discussion sur la religion. Cela dit, comme l’un des jeunes de mon équipe me l’a fait remarquer, il y a aussi parmi les personnes plus âgées une tendance à utiliser les tablettes et les ordinateurs. C’est pourquoi l’application devrait convaincre les personnes de tout âge !

Un team

J’ai appelé des jeunes que j’ai connus dans divers contextes paroissiaux (Montée Vers Pâques, témoignages lors de matinées des religions, Relais XXL, Alphalive). Yaëlle, Samuel, Joël, Thomas, Mauro, Jules et Dessy ont répondu présents et motivés ! C’est aussi l’occasion pour nous de creuser notre foi et de chercher des réponses à des questions qu’on se pose, de fouiller la Bible, etc.

Nous sommes donc huit jeunes motivés, âgés de 17 à 24 ans, à avoir collaboré à la réalisation de cette application. Nous avons pris deux ans pour réunir plus de 400 questions, réponses et explications, développer la partie technique et informatique, se trouver un nom et un logo. Et nous voici bientôt prêts à vous présenter Cathoguesser. Nous sommes très heureux de pouvoir présenter prochainement au grand public cette application, concrétisation matérielle d’un rêve un peu fou.

Le jeu

Le jeu se subdivise en plusieurs catégories de questions : La Bible, fête et vie chrétienne, christianisme au fil du temps, personnalités et saints chrétiens, tour du monde (lieux de pèlerinage ou monuments religieux), actualités (personnalités, événements récents). A chaque fois, quatre propositions de réponses et ensuite une petite explication permettent d’enrichir les connaissances de chacun. Un jeu donc idéal pour se détendre dans le train ou en groupe lors d’une soirée chrétienne.

Alors si tu es jeune ou moins jeune, que tu te poses des questions sur la foi catholique, que tu veux en apprendre un peu plus sur la Bible, les personnalités chrétiennes et sur les actualités cathos ou que par curiosité tu veux voir de quoi est capable une équipe de jeunes cathos motivés, Cathoguesser est pour toi ! Ça sort bientôt.

Prière pour aimer l’Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

PAR JEAN SAUVENAY | PHOTO : MARIE-FRANÇOISE SALAMIN

Nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise,
et pour chacun de nous
qui composons cette Eglise.

Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est,
dans ses grandeurs et dans ses faiblesses.
Aide-nous à reconnaître son unité
dans les mille visages de ton peuple.
Aide-nous à surmonter les divisions,
à éviter les jugements hâtifs
et à bannir les caricatures.
Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences,
l’immense réseau des saintetés cachées,
qui sont les pierres vivantes de l’Eglise.

Puisse ton Eglise retrouver
la fraîcheur et la force dont elle a besoin
pour annoncer l’Evangile aujourd’hui.
Qu’en renforçant les liens de l’unité
entre les évêques, les prêtres et les laïcs,
elle renforce aussi l’Espérance.

Qu’elle apparaisse aux yeux de tous
comme une porte ouverte et une source de vie.
Qu’elle soit toujours davantage
l’Eglise des pauvres et des saints.
Nous te le demandons par Marie, mère de l’Eglise.

Amen

De Lyon à Sierre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

Après avoir terminé une année de formation à Lyon au sein de l’Ecole Pierre (école créative pour les jeunes au service de l’Eglise), Laura Pellaud est de retour chez elle. Enfin pas tout à fait: la native d’Ovronnaz habite désormais à Sierre pour remplacer une partie du travail de Raphaël Delaloye. Rencontre.

TEXTE ET PHOTO PAR YVES CRETTAZ

Yves : Peux-tu te présenter en quelques mots…

Laura : Je m’appelle Laura, j’ai vingt et un ans et je suis actuellement à 60% en stage à la paroisse de Sierre comme animatrice pastorale. Je suis partie étudier à Lyon mais avant cela, j’étais très engagée du côté de la paroisse de Fully. J’ai notamment bien collaboré pour « les journées de la joie ». Un concept simple mais tellement profond qui consistait à aller passer du temps avec les requérants d’asile aux Mayens-de-Chamoson. J’apprécie tellement ces moments.

Peux-tu te décrire en trois adjectifs ?

Aventurière, dynamique et (elle réfléchit)… drôle. J’aime tellement rigoler et faire des blagues !

Pourquoi es-tu partie étudier à Lyon ?

Mon côté aventurière a pris le dessus au moment du choix. Je travaillais dans un EMS et avec ce COVID-19, c’était très très dur. J’avais envie de changer d’air. De plus, j’aime tellement mon Eglise et je voulais la découvrir autrement. J’ai donc opté pour cette école créative au service de Dieu. Une année de formation en théologie, communication, management, photo et vidéo, gestion de projets, musique et louange… Bref, une année riche et incroyable !

Que retiens-tu de cette expérience française ?

Wahou ! Wahou ! C’était fou ! Tu sais, l’Eglise est universelle. Elle est faite d’une multitude de gens différents mais qui ont tous quelque chose à apporter. Que ce soit en Valais ou ailleurs, chacun a une place dans cette belle Eglise. Il faut juste oser prendre sa place ! Chacun-e est le/la bienvenu-e.

As-tu un conseil à donner aux jeunes de la région ?

J’ai appris beaucoup de choses à Lyon mais une m’a particulièrement touchée : par exemple, on ne doit pas animer une messe pour la reconnaissance : ce n’est pas important de savoir qui chante ou qui a écrit les partitions. Le plus important est de savoir de qui ça parle !

Un mot pour conclure ?

L’Eglise doit avancer avec son temps. Mais attention à ne pas oublier les personnes qui ont construit cette Eglise, année après année. Elles ont donné énormément de leur personne pour qu’elle avance, il faut donc veiller à ne pas détruire cela ! On doit continuer ce beau travail. Les jeunes ont une place à prendre dans cette Eglise mais il ne faut pas piquer celle des plus anciens. Je pense que si on mélange les différents âges, ça fera un très bon cocktail. L’Eglise a encore de belles années devant elle avec ce mode de fonctionnement, je pense… du moins je l’espère.

Bienvenue… !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

Quel plaisir et quelle joie de vous présenter dans ces pages les trois nouvelles venues. Sœurs de Saint Maurice, elles quittent le beau lieu de La Pelouse sur Bex, où vit leur communauté-mère, pour venir prendre part à la vie de notre secteur en s’installant au Prieuré de Vétroz.
Nous leur souhaitons la bienvenue et nous nous réjouissons de les rencontrer dans nos villages et dans nos rues.

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : SŒURS DE LA PELOUSE

Soeur Anne-Margrit Keist

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Sœur Anne-Margrit Keist. Originaire de la Suisse centrale, notre famille a émigré à Spiez, dans l’Oberland bernois. Dans notre vieille boulangerie louée il y avait de la place pour nos parents, les six enfants et tous nos collaborateurs. C’était une maison en bois, pleine de vie, qui sentait bon le pain frais !

Il fallait bien aller apprendre le français – j’ai abouti dans le Bas-Valais. J’y ai découvert les Sœurs de Saint-Maurice et à 21 ans, je suis revenue et j’ai été accueillie dans la communauté comme postulante.

Maintenant j’ai 75 ans, ma vie est déjà longue, elle fut remplie et heureuse. Si vous désirez en savoir plus, vous êtes invité.e à venir échanger autour d’une tasse de café dans le Prieuré de Vétroz où notre petite Communauté vient d’être accueillie. Je me réjouis de faire votre connaissance, de découvrir votre visage, d’accueillir votre partage.

Avec toute ma joie.

Bonjour,

Je m’appelle Sœur Isabelle-Marie Gollut, je suis née à Massongex et je suis la dernière d’une famille de six enfants. J’ai fait un apprentissage de couturière et d’infirmière assistante avant d’être religieuse, et ensuite j’ai fait la formation aux ministères en Eglise (FAME) en catéchèse et catéchèse spécialisée. La vie religieuse m’a ouverte à beaucoup de domaines que je n’aurais sûrement pas exercés autrement.

J’ai eu la joie de servir la communauté à la clinique Saint-Amé, à La Pelouse, à Lausanne et dernièrement au Castel Notre-Dame à Martigny, ainsi que dans différents services en Eglise, à Bex, à Monthey et sur Lausanne.

Anecdote : une visite surprise qui devient un rendez-vous régulier : un soir, j’avais oublié de fermer la porte de ma chambre et je m’apprêtais à aller me coucher. Je vois la poignée de la porte qui se baisse et un des résidents ouvrir, me regarder, me sourire et me dire : « Ah ! Oui, tu es de la famille ! On habite le même appartement ». Je mets mes souliers et je le raccompagne gentiment dans sa chambre. Dans l’ascenseur, il se regarde dans le miroir et dit : « Adieu, papa, il faudra qu’on se parle ; j’ai quelques affaires à discuter avec toi ! »

Pendant mes loisirs, j’aime bien aller marcher ou faire du vélo, être au bord d’un ruisseau dans le silence, rencontrer mes amis, ma famille, faire de la couture, prendre du temps simplement.

Pour notre communauté je souhaite que notre maison soit un lieu d’accueil où chacun se trouve bien et heureux. Pour les paroissien.ne.s, je me réjouis de faire leur connaissance, de partager ce qui les fait vivre, de faire un bout de chemin avec eux, heureux de vivre ensemble de nouvelles expériences de vie et de découvrir la richesse, la beauté, l’histoire de cette belle contrée dans les vignes.

Soeur Isabelle-Marie Gollut
Soeur Nicole Lechanteur

Je m’appelle Nicole Lechanteur. Originaire de Belgique, en région liégeoise, j’ai été institutrice avant de me lancer dans diverses animations chrétiennes (animation de Camp-Prières, Ecole de prière, Café Chrétien, Sessions bibliques). Théologienne et bibliste, j’ai travaillé comme assistante paroissiale puis dans la formation. J’y ai expérimenté la joie et la force de se mettre à l’écoute de la Parole.

En 2015, je me suis sentie appelée au sein de la Communauté des Sœurs de Saint-Maurice. J’y ai reconnu une communauté façonnée par le Christ et sa Parole, une communauté priante, une communauté ouverte au monde, signe et témoin de l’Amour de Dieu, une communauté fraternelle vivant un réel compagnonnage dans le quotidien. Voilà ce qui m’a appelée ! C’est aussi ce que je désire vivre ! Je viens d’y faire mes premiers vœux.

Je souhaite me mettre à l’écoute des attentes des hommes et femmes du « Secteur des Coteaux du Soleil », cheminer, faire route avec celles et ceux qui le désirent. Je souhaite aussi faire goûter la force de la Parole de Dieu, de la foi et la grâce de vivre une vie de relation avec notre Dieu et avec nos frères et sœurs dans le Christ. Je suis appelée à rejoindre les personnes éprouvées par un deuil et à accueillir les nouveaux arrivants : porter avec elles, avec eux, leurs peines, leurs espérances et leurs joies ; accueillir leurs désirs et leurs attentes…

Pendant mes loisirs, j’aime marcher et contempler la nature, me ressourcer, vivre des moments de convivialité…

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : MP

Voilà un thème qui invite à la rencontre. En effet, raconter implique au minimum deux personnes, l’une qui relate et l’autre qui écoute. A travers ces lignes, je me permets de vous partager, de vous raconter mon Eglise, mais plutôt mon Eglise rêvée.

Je rêve d’une Eglise libre et joyeuse, ouverte aux messages de l’Evangile et guidée par l’Esprit Saint. Elle s’articule autour d’une communauté, car l’Eglise, ce sont les hommes et femmes de ce temps. Elle a leur visage et leur sourire. Elle est solidaire et accueille chacun et chacune dans sa réalité de vie. Elle donne envie de partager, de se rencontrer, de vivre dans un esprit de communauté et a le souci des uns et des autres. Les moments conviviaux sont partagés à la sortie d’une célébration, dans la rue, dans les maisons. La bienveillance, l’accueil, l’écoute et la disponibilité sont ses fondations. Chacun et chacune est artisan de paix dans son lieu de vie. Ils sont ainsi le petit grain de sel qui va donner de la saveur à la vie des autres.

Mon Eglise rêvée, c’est vous et moi, ensemble pour réfléchir, prier, célébrer et construire dans le respect de chacun, chacune. Tous nourris de la Parole et de l’Eucharistie s’ajustant toujours mieux à l’exemple d’Amour du Christ.

Il est facile de rêver, parfois le chemin de la réalité est plus sinueux mais avec la Foi, l’Espérance et la Joie tout reste possible.

Alors bienvenus, bienvenues, prenez place et racontez-moi aussi votre Eglise !

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

PAR VÉRONIQUE DENIS | PHOTOS : JULIEN VERGÈRE ET PIERRE-YVES MAILLARD

Selon la définition du dictionnaire, raconter signifie « faire le récit d’une histoire ou relater les faits » ! Loin de moi l’idée de retracer l’histoire de l’Eglise qui dure depuis plus de 2000 ans.

J’aimerais plutôt nous inviter à nous arrêter au présent et à nous projeter sur l’avenir.

L’Eglise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Mais faut-il s’en émouvoir ? ou s’en réjouir ?

Pour ma part, j’y vois plutôt un signe d’espérance, ouvert sur l’avenir.

Car le Christ n’abandonnera jamais son Eglise. Ce que nous vivons en ce moment, est certes difficile et la situation du COVID ne joue pas en notre faveur. Et l’apôtre Pierre nous invite à garder confiance : « Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1P 2, 9)

L’Eglise, mon Eglise, votre Eglise est le reflet de ce que je veux et peux offrir. Je ne vais pas énumérer la longue litanie des manques ou des critiques qu’on relate malheureusement trop souvent. Je nous invite à raconter les signes positifs : les parents qui s’engagent dans le cheminement de la foi de leurs enfants, les anciens qui veillent et prient pour les plus jeunes, des jeunes qui misent tout sur le Christ, des couples qui font le pari de la fidélité, des paroissiens qui s’engagent pour embellir nos églises, nos chapelles, animer nos célébrations avec les chants et la musique, aider les prêtres dans le service de l’autel, veiller sur les plus fragiles et les plus faibles, visiter les malades et leur offrir le Pain de vie, proclamer les lectures, les laïcs engagés et les prêtres du secteur qui portent le souci de l’unité et accompagnent chaque baptisé dans leur cheminement spirituel, …

Chacune et chacun peut continuer cette énumération et il faudrait plus qu’une page pour raconter tout ce qui est vécu.

Rendons grâce à Dieu pour notre Eglise et demandons au Christ le courage pour continuer sa mission. Avec la force de l’Esprit Saint, notre témoignage débordera ainsi en torrent de lumière.

Collombey-le-Grand: la chapelle Notre-Dame des Sept-Joies

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Nous poursuivons notre série historique et architecturale par la visite de deux chapelles; celle de Notre-Dame des Sept-Joies à Collombey-le-Grand et celle de Saint-Bernard de Mont-Joux à Illarsaz.

PAR PATRICK ELSIG 1 , ADAPTÉ PAR L’ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH | PHOTOS : ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH

Les relevés cadastraux et les sources d’archive ne mentionnant aucun édifice antérieur, il semble que cette chapelle ait été construite ex nihilo. C’est donc en 1847 que la première pierre est posée mais d’importantes inondations repoussent le travail de plusieurs années. La date de 1855, qui timbre la clé de l’encadrement de l’entrée (réalisé en calcaire de Collombey tout comme la croix de mission à l’extérieur) rappelle la construction du gros oeuvre. La charpente est levée en juillet 1857 et l’édifice doit probablement être terminé vers la fin de cette année qui voit le paiement de la plupart des grosses dépenses.

Relevons le nom local de Michel Joseph Vanay pour la réalisation de la charpente. La chapelle est consacrée le 13 novembre 1866, jour de la fête de Notre-Dame des Sept-Joies. Cette fête fut instituée par l’évêque Walter Supersaxo pour commémorer la victoire de la Planta (13 novembre 1475). Ce vocable fait aussi écho, à la même époque, à Notre-Dame des Neiges, à Muraz, qui s’appelait alors Notre-Dame des Sept-Douleurs. Une manière spirituelle pour Collombey de répondre à Muraz ? Peut-être. En tout cas une manière politique pour la paroisse bas-valaisanne de dire à l’évêque de Sion sa loyauté dans un contexte national tendu !

A l’intérieur de la chapelle, les deux saints latéraux du retable sont étonnamment sans attributs. On peut donc tout imaginer. Un homme et une femme anonyme, ce peut être tout le monde dans la grande foule des amis de Dieu. A gauche un saint de 62 cm et à droite une sainte de 64 cm. Tous deux sont placés devant un fond bleu terminé par une coquille qui leur sert d’auréole. Le tableau central peint à l’huile sur toile représente l’Immaculée Conception de Marie. Il est signé Emmanuel Chapelet et date de 1858, soit l’année des apparitions de Marie à Lourdes qui s’est fait justement connaître comme l’Immaculée Conception (« Que soy era Immaculada Councepciou »).

1 Patrick Elsig, « Les monuments d’art et d’histoire du canton du Valais, tome VII, le district de Monthey », 2015, Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, Berne

« Raconte-moi ton Eglise »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

TEXTE ET PHOTOS PAR PIERRE ANÇAY

Lorsque l’on m’a proposé de «raconter mon Eglise» pour L’Essentiel, j’ai hésité quelque peu avant d’y répondre. Que pourrais-je bien dire ? Il ne s’agissait, bien entendu, pas de décrire l’édifice où nous autres chrétiens célébrons le culte, mais plutôt de «raconter mon Eglise» dans son sens premier que l’on retrouve dans le christianisme, soit «l’Institution rassemblant l’ensemble des chrétiens en communion avec le Pape et les évêques».

Ainsi, comme pour beaucoup, « mon Eglise » est d’abord « l’église paroissiale » où se vivent concrètement tous les faits, les gestes, les cérémonies liées à notre vie chrétienne. Au fil des ans, en plus des messes dominicales et de semaine notamment lorsque nous étions désignés pour servir la messe, c’est à l’église paroissiale que nous avons reçu les différents sacrements, en premier celui du baptême.

De toutes ces cérémonies, je me souviens tout particulièrement du jour de ma première communion où nous sommes descendus en rang par deux, de la cour de l’école jusqu’à l’église, d’abord le groupe des filles « encadrées » par des institutrices suivi du groupe des garçons tous munis d’un brassard blanc sur la manche gauche du costume. L’après-midi de ce même jour, nous nous sommes retrouvés à l’église pour la consécration à Marie à qui nous chantions, en levant nos bouquets de fleurs, l’inoubliable cantique : « Vierge Marie, je te confie mon cœur ici-bas. Prends ma couronne, je te la donne, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras ! »

C’est à l’église qu’aujourd’hui encore la communauté paroissiale se retrouve pour les messes, les fêtes ponctuant l’année liturgique, les ensevelissements et autres rencontres ou célébrations religieuses.

Finalement, c’est dans et par cette « église paroissiale », que petit à petit s’est « conscientisée » mon intégration et ma participation à cette « Eglise universelle » qui, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1 : « Dieu a établi le Christ au-dessus de tout être céleste… Il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, et l’Eglise, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude… »

Aussi, arrivé à l’automne de ma vie, je ne saurais assez dire ma « reconnaissance » à « l’église de ma paroisse » ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont servie au cours
du temps. Oui, vraiment merci pour tout ce qui a été fait pour moi et pour nous tous « dans » et « par » cette « Eglise paroissiale et universelle qui est le Corps du Christ » !

«Pas à pas…»

PAR JANIE LUISIER
PHOTO : VÉRONIQUE DENIS

A l’image d’un pèlerin décidé, je vis mon Eglise avec cette volonté d’avancer, mais aussi avec cette vulnérabilité qui me pousse à me placer humblement sous le regard de Dieu. En Père attentif et aimant, respectant toujours ma liberté et mes choix, Il pose sur mon chemin des jalons : l’adoration hebdomadaire, la prière des mères, la Vierge Pèlerine, des témoins qui ont vécu concrètement leur foi en laissant à Dieu les commandes de leur vie… Aussi, j’aimerais vous partager un message de sainte Teresa de Calcutta qui m’encourage à toujours mieux le connaître, à l’inviter dans mon quotidien, avec la volonté de lui faire plaisir dans le service et la prière :

« Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle… mais avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres, mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ?… Demandez-en la grâce. Il a l’ardent désir de vous la donner… Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. »

Mon Eglise…

TEXTE ET PHOTO PAR VIRGINIA DA SILVA

Mon Eglise est l’écoute, le partage, l’ouverture et le service à l’autre.

Je ne peux pas vivre ma foi sans ces éléments. Elle est, dans ma vie, une source de force, d’écoute et en même temps de refuge dans les moments difficiles. A mon arrivée en Suisse, les premières personnes à me tendre la main étaient des fidèles paroissiennes de Saxon. A ce moment-là, je me suis reconnue dans cette Eglise. Depuis, je travaille pour que l’on aille de plus en plus vers l’autre.

Malheureusement, en Eglise, on est souvent dans le faire et pas dans l’être. On veut tellement accomplir les tâches qui nous sont demandées que l’on oublie le contact humain. Et pourtant il n’y a pas besoin de grand-chose, quelquefois un simple sourire. Avec le COVID, on s’est retrouvés à l’entrée de nos églises. Pour ma part, quelle chance ! j’ai pu échanger avec les gens, les accueillir, pour finalement avoir la meilleure des récompenses : une personne qui me dit : « Quel bonheur de se sentir accueilli avec ce grand sourire. » Eh oui… cela suffit de montrer que l’on est là pour accueillir, accompagner, partager et laisser la place à l’autre. C’est ce que on a fait avec moi « l’étrangère ».

La devise de ma vie est : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

Chaque personne que je rencontre est le visage du Seigneur. Seulement ainsi, je peux vivre mon Eglise en accord avec le plus profond de moi-même.

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