Jésus, seul chemin ? (Jean 14, 6)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT PHOTO : PXHERE

J’ai discuté parfois avec des connaissances affiliées de près ou de loin à la franc-maçonnerie. Pour elles, Jésus est-il LA voie, LA vérité et LA vie, tel qu’il se présente lui-même au début de son testament laissé aux apôtres ? (Jean 14-17) Ou alors le chemin franc-maçon est-il compatible avec le message chrétien et peut-il se combiner avec lui ?

Le discernement est délicat dans nos conversations, nos fréquentations comme notre accompagnement pastoral : comment demeurer à la fois totalement respectueux de l’orientation spirituelle de chacun·e et affirmer clairement notre enracinement dans le Fils de Dieu comme « unique voie de salut » ? L’enjeu est donc bien celui-ci : comment vivre un dialogue vrai et inclusif ?

Le Christ invite les Douze à ne pas se troubler, il leur promet
de les prendre là où il est sur le point de s’en aller et de leur préparer une place (Jean 14, 1-4). C’est lorsque Thomas lui objecte : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? » qu’il lui répond : « Nul ne vient au Père sans passer par moi. » (14, 5-6)

L’exégèse et la traduction chrétiennes interprètent ce verset comme, d’une part, l’affirmation de l’unicité salvifique de Jésus-Christ en tant que « passage obligé » vers le Royaume définitif. Mais, d’autre part, cette perspective est inclusive, et non exclusive. C’est-à-dire qu’elle ne signifie pas que seuls ceux qui adhèrent explicitement au Christ et le reconnaissent comme seul Maître seront associés au salut, mais que même ceux qui ne connaissent pas le Christ, ou le refusent, ou choisissent une autre orientation spirituelle, ou sont indifférents envers lui, ou combinent leur foi en lui, parfois vague, avec une autre tradition religieuse, tous et toutes passent par le Christ pour aller vers le Père dans l’Esprit, s’ils sont reconnus dignes de partager le bonheur éternel. Même sans le savoir.

D’où une perspective de dialogue interreligieux lui aussi inclusif, y compris avec les francs-maçons : il s’agit de prendre en considération les parts de vérité lumineuse qui existent réellement dans cet univers initiatique, selon l’action mystérieuse de l’Esprit Saint qui nous échappe. Et de leur montrer en même temps qu’une double appartenance totale et plénière s’avère, en réalité, théologiquement impossible. C’est le Seigneur qui démêlera le tout.

Montée vers Pâques des enfants de Charrat

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : DR

Une trentaine d’enfants se sont réunis durant le Triduum pascal. Ils ont mis toute leur imagination et tout leur cœur à vivre ces 3 moments. Le jeudi saint avec l’aide des animatrices et du chanoine Jean-Michel Girard, ils ont approfondi l’eucharistie. Le vendredi, la communauté les a rejoints pour le chemin de croix qu’ils ont animé. Le samedi, ils ont réalisé chacun une mini-tenture de Carême. Ces tentures sont devenues des croix. Lors de la veillée pascale, la communauté a découvert tout le chemin parcouru par les enfants… Partir de son cœur, passer par la marelle des psaumes avec dans sa main la lumière pascale, arriver au ciel et tremper sa main dans l’eau nouvellement bénite, s’incliner devant la croix en signe de remerciements et de reconnaissance devant l’immense amour Seigneur.

Merci les enfants, avec votre aide la communauté a vécu une très belle veillée pascale et vos jolies voix ont aidé à exprimer et à accueillir la joie de la résurrection.

Un ancien franc-maçon

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mi-juin – août 2021

INTERVIEW RÉALISÉE PAR UN MEMBRE DE L’ÉQUIPE DE RÉDACTION,
AVEC MARCO, ANCIEN FRANC-MAÇON (PRÉNOM MODIFIÉ)

PHOTO : PIXABAY

Pourquoi as-tu rejoint la maçonnerie ?

Je pressentais qu’il existe un autre monde au-delà du monde terrestre et matériel. J’étais à la recherche de spiritualité, d’une certaine profondeur. Et l’idée d’avoir accès à certains «secrets» était excitante.

Qu’est-ce qui t’a attiré ?

L’idée de suivre une tradition me plaisait, de même que le sentiment de faire partie d’une communauté existant tout autour du monde… Autant d’éléments que je retrouve pleinement dans l’Eglise, et de manière approfondie !

Y a-t-il des similitudes avec la foi catholique ?

Ce sont deux univers très différents. En principe, la franc-maçonnerie est adogmatique et respecte chaque croyance religieuse de ses membres. Cela dit, certaines loges, en particulier en France, se sont montrées, et continuent de se montrer hostiles au catholicisme. La Franc-Maçonnerie propose de travailler à la gloire du «Grand architecte de l’univers», qui est un dieu éloigné du Dieu chrétien, beaucoup plus abstrait et distant, un dieu assurant l’ordre cosmique. La Trinité, la rédemption par la Croix ou les Sacrements ne font pas partie du système de pensée maçonnique. En définitive, la maçonnerie propose à l’Homme de travailler sur lui-même pour accéder à la Lumière: chacun peut se sauver lui-même par une démarche d’effort, de méditation et d’approfondissement de la connaissance. Au sein de l’Eglise catholique, les choses sont très différentes puisque sans Dieu, l’homme ne peut rien.

Pourquoi l’as-tu quitté à un moment donné ?

Au fond de moi-même, j’ai senti assez vite que je n’étais pas sur le bon chemin: sans doute le Seigneur m’a-t-il guidé et a-t-il agi en silence en moi? La maçonnerie est une démarche intéressante, notamment au niveau des méthodes de travail, mais c’est une voie de garage, car elle ne mène pas au Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie. Certains éléments me posaient problème : la maçonnerie prétend apporter la Lumière, mais les enseignements sont marqués par un certain secret, les rituels se déroulent dans une ambiance sombre; cette incohérence m’a frappé. Au fond, mon cœur restait froid et le vide que je ressentais n’a été comblé qu’en présence du Christ.

Via Jacobi: Montpreveyres – Lausanne

Basilique Notre-Dame du Valentin.

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Lausanne pour une étape urbaine entre lac et forêt.

Départ depuis Montpreveyres, 4h30 aller simple, 17,6 km

1. Longez la route principale puis entrez dans le bois du Grand-Jorat que vous traverserez en lisière jusqu’au Chalet-à-Gobet. Descendez ensuite à Vers-chez-les-Blanc. Après avoir traversé le Flon-Morand, contournez les dernières maisons d’Epalinges jusqu’au Centre Sylvana.

2. Là ne manquez pas de faire une halte au temple des Croisettes pour admirer le paysage. Descendez dans la zone résidentielle en suivant bien les panneaux jaunes, car le tracé se perd dans les quartiers. Aux Croisettes, visez la gare du métro puis traversez la route principale pour rejoindre Les Tuileries.

3. Sur votre droite, une jolie route forestière s’engouffre dans le vallon du Flon. Après avoir retrouvé la route principale, longez-la sur votre droite.

4. Vous entrerez alors dans le bois de Sauvabelin avec son fameux lac et sa tour. Au Signal, admirez la vue dégagée sur la ville puis descendez en lisière du verger jusqu’à la Fondation de l’Hermitage. De là, vous rejoindrez facilement la Cité.

5. Après vous être recueilli dans la cathédrale, ne manquez pas de traverser la place de la Riponne pour découvrir la basilique Notre-Dame du Valentin et sa librairie.

6. En vous prélassant dans les rues piétonnes, vous gagnerez facilement le haut des quartiers du Flon et le Grand-Pont avant de plonger sur la gare par la rue du Petit-Chêne.

Pour le retour à Montpreveyres, il vous suffit d’emprunter le métro jusqu’à Croisettes puis le bus en direction de Moudon-Gare.

Curiosité

Le lac de Sauvabelin avec son magnifique parc de jeux qui fait la joie des enfants.

Coup de cœur

La librairie du Valentin où vous trouverez la perle rare en plus de succulents produits monastiques.

« Patience avec Dieu »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

PAR JEAN-PASCAL GENOUD | PHOTO : MARION PERRAUDIN

Il semble bien que nous assistions, jour après jour, à une certaine détente du côté de la pandémie. Les autorités ont les yeux rivés sur les compteurs et essaient tant bien que mal de maîtriser un retour progressif à une « vie normale ». S’agit-il d’un vrai retour à ce qui était la règle avant la pandémie ? Devrons-nous au contraire apprendre à « vivre avec le virus » ? Bien malin celui qui peut le prédire.

En ce qui concerne la vie de notre communauté chrétienne, nous sommes probablement dans la même attente que toute la société. Bien que nous ayons trouvé un certain rythme de croisière avec des messes limitées et multipliées, nous souffrons évidemment des contraintes qui nous sont imposées. Nous aspirons à pouvoir célébrer avec plus de liberté et de spontanéité. Déjà la possibilité pour l’assemblée de pouvoir s’associer au chant de nos animateurs nous a donné une « bouffée d’air » – si j’ose dire… parce que nos voix sont encore un peu filtrées par nos masques !

Nous attendons avec impatience que les mesures s’assouplissent. Nous attendons surtout le moment où il nous sera permis de profiter de nos églises en fonction de leur dimension et, pourquoi pas, dans un avenir pas trop lointain, de voir à nouveau de belles assemblées fournies, réunies pour prier, chanter et célébrer dignement le Seigneur de la Vie.

Avec cette éprouvante traversée du désert, nous aurons tout de même appris, grâce à Dieu, le prix de la patience et de l’endurance. Un grand théologien tchèque actuel, Tomas Halik, a écrit un livre intitulé « Patience avec Dieu ». C’est peut-être bien un beau fruit d’une vie spirituelle forte et enracinée dans la foi, que d’être capable de cette patience et de ne pas succomber à la panique et la précipitation. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre. Il y a des germinations et des gestations divines qui défient nos pauvres impatiences humaines, conditionnées par les impératifs de l’immédiateté et de l’efficacité.

En librairie – juin 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

J’étais franc-maçon
Maurice Caillet

Maurice Caillet, chirurgien, attiré par l’ésotérisme et l’occultisme, explique comment il est rentré dans une loge maçonnique, quelles furent les raisons de son entrée et la perspective dans laquelle il l’a fait. Jusqu’à ce qu’il vive, à la cinquantaine, un retournement inattendu et décisif. Ces confessions d’un initié, qui a été membre actif du Grand Orient de France pendant quinze ans, évoquent les rites, les symboles et les compromissions qui accompagnent, parfois, la vie des initiés. Elles démystifient une organisation qui se présente sous le masque de l’humanisme et de la tolérance.

Salvator

Acheter pour 15.60 CHF

Comme des cœurs brûlants
Alexia Vidot

Toute découverte authentique de Dieu est le miracle d’une rencontre. Convertie à l’âge de 20 ans, Alexia Vidot témoigne, en mêlant les voix des plus grands auteurs spirituels, de la merveilleuse délicatesse de Dieu envers l’homme. Et pour approcher – autant que faire se peut – l’œuvre divine dans l’âme du converti, elle dresse le portrait spirituel de sept hommes et femmes du XXe siècle, qu’au moment favorable Dieu a séduits pour ne plus jamais les lâcher. Un livre fascinant et brûlant comme ces témoins de l’Amour.

Artège

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J’étais possédé
Michel Chiron

« La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas », disait Charles Baudelaire. Après avoir participé à des séances de spiritisme et avoir interrogé des esprits à l’aide d’un pendule, l’auteur s’est vu envahir pendant plusieurs mois par des entités dont un exorciste est parvenu à le libérer. Il décrit avec précision les phénomènes physiques et psychiques causés par cette présence maligne en lui et met en garde contre l’attrait pour les pratiques occultes. 

Artège

Acheter pour 22.20 CHF

Le Sacré-Cœur de Montmartre
Jean-François Vivier / Emmanuel Cerisier

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre est certainement un des monuments les plus visités de France, mais qu’en connaissons-nous ? A l’occasion d’une balade au cœur de ce lieu de culte emblématique avec son petit-fils, un grand-père retrace l’histoire de cet édifice religieux. Cette BD a le mérite d’être bien documentée et accessible au plus grand nombre. Graphiquement, le dessin sobre et réaliste d’Emmanuel Cerisier sied parfaitement à ce type d’ouvrage historique. Une lecture plutôt captivante pour tous.

Artège

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Pour commander

Je participe à ma propre transformation…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

J’ai rencontré Françoise Delavy-Bruchez dans son atelier de Fully. Originaire de Bagnes, Françoise est une artiste et art-thérapeute rayonnante et paisible. Elle nous dévoile comment le verre est à l’origine d’une transformation profonde d’elle-même. Le verre ? « Un cri de l’intérieur qui file au bout des doigts… »

PHOTOS : FRANÇOISE DELAVY (© F. DELAVY)

« Après mes études secondaires, j’ai suivi une formation de verrier, et j’ai pu me lancer comme indépendante grâce à un mandat du chanoine curé Oswald Giroud, qui me proposait d’habiller de mes vitraux l’église de Bovernier. C’était il y a plus de 20 ans, une expérience très formatrice, qui a posé les premiers jalons de mon atelier.

Les livres et l’écriture faisant aussi partie de mes centres d’intérêts, j’ai entrepris ensuite une formation de bibliothécaire. Pendant plusieurs années, j’ai pu ainsi allier ces deux métiers, même si mon activité artistique est longtemps restée au second plan. Mes vitraux ornent maintenant plusieurs chapelles, lieux privés ou pierres tombales. Ma pratique artistique concerne donc, à la base, le façonnage du verre, mais se développe depuis, beaucoup, autour du dessin et de l’écriture.

L’appel des études s’est à nouveau fait entendre début 2010. Captivée par le processus créatif, et cherchant à partager mes expériences, je me suis tournée vers l’art-thérapie. Diplômée depuis 2015, je travaille aujourd’hui comme artiste et art-thérapeute indépendante. J’interviens également en institution auprès des personnes touchées par les problèmes d’addictions.

Les sources de mon inspiration. – Je crois que j’ai compris bien plus tard les raisons de mon attirance pour cette matière qu’est le verre. Il regroupe des qualités très intéressantes à travailler. Lumière, transparence, fragilité, capacité de transformation et de fusion sont les principales caractéristiques de ce matériau à la nature plutôt complexe. Autant l’artiste que l’art-thérapeute que je suis expérimente que travailler la fragilité, c’est se reconnecter à sa propre fragilité, composer avec les couleurs, c’est se relier à la lumière, et travailler à la transformation de la matière, c’est participer à sa propre transformation !

Je trouve ainsi mon inspiration dans mes questionnements, mes observations du monde ou un besoin de retranscrire un sentiment vécu. En perpétuelle recherche d’une manière de traduire mes idées et mettre mes émotions en mouvement, je travaille également beaucoup la forme du journal, écrit ou dessiné. Jeter sur le papier, court-circuiter la réflexion mentale en passant directement par le geste… C’est le cri de l’intérieur qui file au bout des doigts !

En lien avec la foi. – Je peux faire ici un lien avec la foi. Me mettre en création, c’est me mettre en méditation. Je me façonne une bulle. Je dialogue avec mon univers intérieur. Je me questionne. Je trouve parfois quelques réponses. Vous me demandez de présenter une de mes œuvres, celle qui matérialise peut-être le plus ce que je vous partage aujourd’hui : mon « Journal en cubes ». Cette création est représentative. Elle retranscrit d’une part des émotions vécues dans une histoire particulière, et elle aligne d’autre part mes techniques de prédilection : le verre, le dessin et l’écriture. 20 cubes pour graver en mots et en images 20 jours d’une expérience marquante.

Mon prochain projet. – Je termine en vous parlant d’un projet que je peaufine depuis quelque temps, et qui se concrétisera ces prochains mois. Mon atelier devenant trop exigu pour contenir toutes mes idées, je me suis lancée dans la construction d’un espace plus grand, situé dans le Val de Bagnes, en zone artisanale au lieu-dit Le Creusy. J’y poursuivrai et développerai mes activités artistiques (vitrail, verre fusionné, journal dessiné, …) et art-thérapeutiques (art-thérapie en groupe ou en individuel, ateliers d’écriture, …). Une association est aussi sur le point de voir le jour. Son but : créer et gérer un atelier partagé, proposer des cours ou organiser des évènements ponctuels. A suivre donc !

Où voir mes œuvres?

Mes œuvres sont visibles sur mon site : www.francoisedelavy.ch
On peut également me suivre sur Facebook, à la page « Atelier de verre et d’art-thérapie – Françoise Delavy »

Autoportrait

Parce que j’ai découvert la magie du verre au détour de mes études
Parce que je cherche à le comprendre et à l’apprivoiser
Parce que je me retrouve dans ce matériau fragile et solide à la fois
Parce qu’à travers lui je raconte la transformation et la lumière,
Je suis artiste verrier.

Parce que j’expérimente le verre comme terrain d’expression
Parce qu’il me permet d’inscrire mes émotions dans la matière
Parce que j’ai envie de transmettre cette expérience autour de moi
Parce que je cherche à offrir un espace aux histoires des gens,
Je suis art-thérapeute.

Parce que j’aime triturer, pétrir et modeler les mots
Parce que je suis aussi bibliothécaire de métier
Parce que j’ai des personnages et des paysages plein la tête
Parce que j’habille mes doigts de crayons et de mine de plomb
J’écris et je dessine.

Françoise Delavy-Bruchez, 48 ans
Artiste et art-thérapeute HES

Accueil…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

… de l’abbé Jean Jacques Ayedji

PAR JEAN JACQUES AYEDJI | PHOTO : DR

L’abbé Jean Jacques Ayedji exercera un ministère de remplacement de l’abbé Joël du 12 juillet au 16 août 2021 au sein de l’Unité pastorale La Seymaz.

Je me nomme Jean Jacques Ayedji. Prêtre pour le diocèse de Lomé, j’ai été ordonné le 18 décembre 2018. Je suis actuellement professeur de Français, Latin et Histoire au Petit Séminaire Saint-Pie X, après avoir fait deux années pastorales comme vicaire. Je m’intéresse beaucoup à la musique et je m’essaie à la guitare basse et une de mes passions est le sport. Je me réjouis beaucoup de faire la connaissance des paroissiens et paroissiennes de l’UP La Seymaz et de vivre avec eux/elles de beaux moments liturgiques.

 
… du futur diacre Dalbert

PAR KARIN DUCRET

La célébration d’admission comme candidat au diaconat de M. Dalbert Agbossou a eu lieu le 24 avril à Fribourg. La photo montre Dalbert entouré par les autres candidats, leurs épouses et l’évêque Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui a reçu publiquement lors de la célébration solennelle leur volonté de s’offrir à Dieu et à l’Eglise pour exercer l’ordre sacré (voir aussi L’Essentiel, mai 2021, p. 11).

Ordination de Simon, Christian et Valentin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Du 18 au 26 juin 2021, vous êtes invités à vous unir dans la prière avec les futurs diacre Christian Thurre et prêtres Simon et Valentin Roduit qui seront ordonnés dimanche 27 juin 2021 à Saillon. 
L’Eglise encourage les chrétiens à prier une neuvaine, c’est-à-dire pendant neuf jours précédant une fête, un événement particulier, pour confier à Dieu une intention, une demande ou une grâce particulière. Une formule plus longue, avec des textes de méditations tirés du message du pape François pour la journée de prières pour les vocations est à votre disposition au fond des églises ou téléchargeable sur le site : www.ordination-saillon.ch.

IMAGE : DR

Nous te bénissons, Dieu notre Père et source de vie, 
pour le salut offert à l’univers, 
et pour l’Eglise de ton Fils, sur qui la mort ne l’emportera pas.

Nous te bénissons, Esprit Saint, pour ton inlassable action : 
de toi surgissent lumière et nouveauté. 
Dévoile-nous le mystère de l’Eglise et l’unité des vocations.

Aide-nous, à faire de nos familles et de nos communautés 
des lieux de foi, où Jésus sera aimé, écouté et attendu.

Fortifie, celles et ceux qui veulent Le suivre, 
Spécialement, Christian dans le service au diaconat
et Simon et Valentin dans le ministère de prêtre. 
Ouvre le cœur de tous ceux qui sont appelés 
Pour que leur réponse soit généreuse.

Notre-Dame des familles,  
Apprends-nous la prière qui touche le cœur de Dieu, 
Et l’offrande du quotidien, avec ses joies et ses peines. 
Que sous ta garde grandisse l’espérance, 
d’un renouveau des vocations dans notre diocèse, 
pour que l’Amour du Père soit connu de tous ses enfants. Amen !

Spiritualité et pandémie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

Spiritualité, le mot sonne bien par les temps actuels de course à la sobriété, autre mot qui sonne bien. Spiritualité plus sobriété égal bonheur assuré ? A voir… Rencontre avec Jean-Marie Gueullette, dominicain, théologien à l’Université catholique de Lyon à l’occasion d’un zoom organisé par la Faculté de théologie de l’UNIGE.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL GONDRAND
PHOTOS : DR

La spiritualité connaît un succès grandissant dans nos sociétés sécularisées et hyperconnectées, a relevé Jean-Marie Gueullette, et cette popularité croissante s’accompagne d’un élargissement du champ sémantique du terme spiritualité, a-t-il souligné. Ce terme est en effet employé tant dans le domaine religieux que dans une culture laïque prônant le bien-être intérieur.

Quelle pourrait être sa définition et quelle est la spécificité de la spiritualité d’origine chrétienne par rapport au syncrétisme spirituel observé à l’époque contemporaine ?

La morale c’est affreux, mais l’éthique c’est très bien, la religion c’est affreux mais la spiritualité c’est très bien ?

C’est une question extrêmement difficile, voire la question impossible, a d’entrée de jeu fait valoir le dominicain. Ce terme de spiritualité connaît en effet un usage de plus en plus inflationniste. Tout le monde a ce mot à la bouche ! Et il n’est pas sûr qu’on sache très bien de quoi l’on parle quand il s’agit de spiritualité. Si celui-ci connaît un champ sémantique grandissant et de plus en plus élargi, il conviendrait alors de définir à partir de quelle origine, car le terme même de spiritualité n’est pas si traditionnel que cela dans le vocabulaire chrétien, et surtout dans la distinction qui semble tellement naturelle aujourd’hui, entre spiritualité et religion. « Pour imager cette réflexion, on pourrait dire que la morale c’est affreux, mais que l’éthique c’est très bien et que la religion c’est affreux mais que la spiritualité c’est très bien », a-t-il lancé comme une boutade !

Combien de fois a-t-il été interrogé par des journalistes sur le thème de la spiritualité alors que, à l’évidence, ils voulaient parler de religion, il n’a pas compté. « Mais on a l’impression que cela va leur brûler la langue de prononcer le mot religion. Ils remplacent alors cet horrible mot par spiritualité. »

Souffrir, ça fait du bien ?

Jean-Marie Gueullette se déclare extrêmement prudent. « Faire une telle affirmation dans le sens où le silence et la solitude, pour beaucoup de personnes aujourd’hui, sont subis et sont la source d’une immense souffrance, d’une forme de déshumanisation, est périlleux. Il serait presque indécent de dire quelle chance nous avons d’être plongés dans le silence. On retrouverait un bon vieux discours selon lequel, l’épreuve, ça fait du bien, plus vous souffrez, plus vous avancez dans la sainteté. Non, le silence et la solitude ne sont pas nécessairement producteurs de sens ni même condition de recherche de sens. Ils peuvent être vécus comme une épreuve complètement destructrice. Le silence imposé par le confinement est une épreuve surprenante pour nous qui n’avons pas vécu dans des sociétés totalitaires et qui n’avons pas connu la diminution imposée de nos libertés. Il s’agit plutôt d’une rude expérience qui n’est pas nécessairement porteuse d’un sens spirituel. Si l’humanité n’était pas en train de se faire un grand trip spirituel mondial depuis un an, ça se saurait. La seule chose que l’on pourrait dire en tant que chrétien, c’est que ces conditions exceptionnelles, tant de solitude que de silence, peuvent être vécues comme un kairos (occasion), c’est-à-dire comme un moment favorable et les considérer comme une occasion qui nous est donnée d’arrêter les machines.

Vie intérieure et vie active, vie spirituelle et vie sociale. Quel équilibre ?

« Il ne peut y avoir de vie spirituelle si l’on est constamment dans l’activité. Il nous faut un sabbat, des moments pendant lesquels on s’arrête. Une des bonnes définitions de la prière c’est de ne rien faire. Ne rien faire avec Dieu, ne rien faire pour Dieu, ce qui est encore plus difficile… Et du côté des traditions chrétiennes, on ne peut trouver un équilibre et une fécondité mutuelle entre ce qui est de l’ordre de l’activité dans le monde et ce qui est de l’ordre d’une vie intérieure si nous ne situons pas cela clairement dans une forme de rythme. Se dire, par exemple, je prierai quand j’aurai le temps ou je penserai aux pauvres quand j’aurai le temps, ne mène à rien car on ne fera ni l’un ni l’autre. Là encore, pour avoir une vie spirituelle, commençons par consacrer dix minutes chaque jour à Dieu. C’est d’ailleurs le conseil que les Pères du désert donnaient à leurs disciples. Le développement d’une vie spirituelle passe nécessairement par une certaine discipline et une organisation du temps. Et cela, « progressivement », comme le préconisait un trappiste dans un monastère cistercien en France, qui, dans les locaux du noviciat, avait écrit en gros sur le mur : « PRO-GRES-SI-VE-MENT ! » »

Les structures changent, mais la mission continue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTO : DR

Notre évêque a décidé de remplacer les vicaires épiscopaux par des délégués/es épiscopaux/les laïques pour la conduite des cantons. Ce changement a été amorcé l’an passé avec la nomination de la déléguée épiscopale Marianne Pohl pour la partie alémanique du canton de Fribourg. Il se poursuit cet été pour la partie francophone de Fribourg, ainsi que pour les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Pour Genève, la mutation se fera en 2022. J’ai en effet proposé à notre évêque d’aller jusqu’au bout du mandat de cinq ans qu’il m’a confié à plein temps en 2017, car j’ai la conviction que cela permettra une meilleure transition pour notre Eglise cantonale, en intégrant progressivement la nouvelle organisation diocésaine.

Pourquoi un tel changement ? La première idée forte de notre évêque est de « remettre » ses vicaires épiscopaux en paroisse, pour qu’ils puissent animer des pôles paroissiaux attractifs « où les gens ont envie de revenir ». Il souhaite aussi plus de « transversalité » diocésaine. A l’instar de la cellule Covid qui fait un travail remarquable, il devrait y avoir, par exemple, une commission diocésaine pour les nominations.

Les structures changent. Mais nous savons que le plus important est la mission, confiée à chacune et chacun, au service des femmes et des hommes de ce canton, pour l’annonce de l’Evangile, l’aide aux plus pauvres et la sanctification par la liturgie et les sacrements. Nous pouvons continuer de nous laisser inspirer par nos Orientations cantonales 2019-2023, afin que la Bonne Nouvelle puisse se déployer, en soignant l’hospitalité à la suite du Christ, en posant des gestes pastoraux visibles et créatifs qui reflètent la profondeur de l’Evangile, et en prenant des moyens pour rester heureux-se dans notre engagement en Eglise.

C’est bien ainsi que la mission se poursuivra dans la future « Région diocésaine du canton de Genève » !

Action « Caddies pour tous »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Les 25, 26 et 27 mars derniers a eu lieu l’action « Caddies pour tous ». Une action caritative impulsée par Anouck Wehrli et Jean-Marc Richard de la RTS qui a mis en marche plus d’une centaine d’associations en Suisse romande dans le but de collecter des denrées de première nécessité.

PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

A Martigny, sous l’égide la paroisse, c’est grâce à des dizaines de bénévoles venus notamment des chorales de Martigny, mais aussi grâce au groupe de jeunes BCBG que cette collecte à été un succès. Durant trois jours, ils se sont passé le relais dans un climat joyeux et enthousiaste, hélant de leur liste de courses les clients des supermarchés Migros Quartz et Manoir, alors que, en parallèle, des collectes avaient aussi lieu sans bénévole dans le supermarché Aldi de Martigny et dans cinq épiceries Edelweiss Market de la région.

« Avant qu’ils n’entrent faire leurs courses, raconte une bénévole, nous accueillons les clients en leur annonçant l’action. Nous leur donnons une liste des produits dont nous avons besoin. Nous incitons les donateurs potentiels à nous fournir tel ou tel produit qui nous manque. Par exemple, des produits de soins corporels, de la viande en boîte ou des légumes en conserve… Sans cela, les gens n’achèteraient que des pâtes et de la sauce tomate (rires) ! »

Quelques jeunes du groupe BCBG s’expriment à leur tour au sujet de l’action :

« Je trouve cette action intéressante car nous aidons des gens. Nous pensons que le Valais n’est pas touché par ce problème (pouvoir s’acheter de la nourriture de base), mais c’est faux ! » Eliott

« Je trouve bien de participer à cette action car c’est pour aider des gens dans le besoin ou démunis. De plus, les personnes que j’ai croisées et qui nous donnaient les produits achetés avaient l’air elles aussi contentes de participer à cette action et c’est génial. C’est vrai que ce n’était pas forcément évident d’aller vers les gens car des fois j’ai eu l’impression d’être transparent… mais bon, on s’habitue ! » Baptiste

« Je suis content d’avoir pu participer à cette belle expérience. Anecdote : une personne nous a dit qu’elle ne pouvait pas participer, car elle avait juste assez d’argent pour vivre. » Noé

« Je suis venue pour aider ceux qui en ont besoin et qui n’ont pas notre chance. Je trouve normal de consacrer un peu de son temps quand je peux. » Anonyme

Un immense merci aux bénévoles sans qui l’action n’aurait pas eu le tour qu’elle a eu !

En faveur des Tables du Rhône. – Les marchandises collectées à Martigny ont été mises à disposition de l’association Tables du Rhône. Fondée en 2005 et basée à Monthey, l’association a pour mission de récolter les surplus alimentaires dans les commerces de détail pour les distribuer ensuite chaque semaine aux plus démunis.

« PARTAGER plutôt que GASPILLER ». – Tel est le mandat que l’association « Tables du Rhône » s’est donné en récoltant et en distribuant gratuitement les produits alimentaires excédentaires aux plus démunis. Chaque jour, des camionnettes frigorifiques sillonnent le Valais et le Chablais pour s’approvisionner auprès des grands distributeurs et livrer ensuite des marchandises de première qualité aux tables et auprès d’institutions sociales. En Valais, au courant 2019, 267 tonnes de denrées ont été distribuées.

Ecoute en vacance…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-ao û t 2021

PAR THIERRY FOUET | PHOTO : DR

Après une année de diverses vagues de confinement, de périodes d’ouverture, de fermeture… et les beaux jours qui arrivent… les gens se pressent, se bousculent sur les terrasses, pour partir à l’étranger. C’est comme du temps de Jésus, les gens se pressent, se bousculent dans l’attente… d’une réponse; à la recherche d’un regard apaisant ; en quête d’une guérison, d’une consolation ou d’une bénédiction. Curieux de voir, d’approcher, de toucher.

Les foules ! Effervescence, grouillement, tohu-bohu. Quand règne l’agitation fébrile, quand les frissons font vaciller les esprits, comment faire entendre la Bonne Nouvelle, une parole dont le but exclusif est de labourer les cœurs et d’y jeter des graines de liberté, d’amour ?

Jésus peut-il accepter que nous nous prenions au jeu du factice, du superficiel, de l’extraordinaire, de l’émotionnel au point de n’être plus capables d’écouter en vérité ?

Il n’est d’autre lieu d’intense fécondation que le désert. A l’écart donc ! En rupture avec tous les bruits qui rendent sourds. En rupture avec tous les mots qui sonnent creux. Faire le vide autour de soi, et même en soi, pour être avec soi-même. Pendant un temps. De temps en temps. Le matin, le soir. Peu importe l’heure du jour. Gravir une dune ou un chemin de montagne ou un sentier forestier et s’y asseoir pour écouter le silence du désert. La parole ne change le cœur et l’esprit que si l’on a pris rendez-vous avec soi-même et donc avec LUI.

Etre à l’intérieur de soi pour un temps, de temps en temps. C’est alors l’heure de l’écoute de la Parole qui fait renaître.

Très belle pause estivale.

What’s Up en KT ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Depuis plusieurs mois maintenant, les messes peuvent être à nouveau célébrées dans les églises mais avec une contrainte de 50 personnes au maximum. Impensable dans ce cas d’exiger que les enfants viennent aux « Ateliers de la Parole » pendant les messes (c’est la base de notre catéchèse) ! Alors, ce sont les « Ateliers de la Parole » qui viennent à eux !

PAR L’ÉQUIPE DES CATÉCHISTES | PHOTOS : DR

Depuis le mois de novembre, toutes les personnes qui le souhaitent, reçoivent chaque semaine un message par l’application WhatsApp ! Un message vocal présentant l’Evangile du dimanche – joliment imagé avec les vidéos de Théobule – accompagne une réflexion et une prière. Les messages, préparés par l’une des six catéchistes qui ont accepté de faire partie du tournus, sont envoyés chaque semaine par Marie-Claire Gay-des-Combes. Comme l’a relevé une maman : « C’est l’Evangile qui sonne à nos natels ! »

Les familles sont invitées à écouter ensemble cette Parole et à s’en nourrir pour la semaine. Les enfants peuvent ensuite relever sur une feuille de route ce qu’ils retiennent de l’Evangile du jour. Parfois beaucoup de choses les frappent, parfois il n’y a rien à noter.

Martina (9 ans), elle, écoute en famille plusieurs fois cet Evangile, elle se laisse du temps pour y réfléchir et note ensuite dans la semaine les éventuels éléments qu’elle a retenus.

Destinés au départ aux enfants, ces messages WhatsApp aident également les parents à grandir dans leur foi. « J’apprends plein de choses », nous confie cette autre maman, « et nous les écoutons ensemble avec mon mari ».

Ces messages enthousiastes et les mercis font chaud au cœur et encouragent toute l’équipe.

Ces échanges demeurant virtuels, les enfants nous manquent !

Bien que notre catéchèse à Martigny soit fondée sur le fait de la vivre en famille et en lien avec la vie de la Communauté (les enfants s’inscrivent accompagnés de leurs parents aux activités proposées selon ce qui se vit en paroisse), nous avons mis sur pied depuis la mi-février des rencontres de catéchèse destinées uniquement aux enfants.

« C’est dommage ! nous confie une maman de deux jeunes enfants, personnellement, j’apprécie de partager ces moments de catéchèse avec mes enfants. C’est une ressource personnelle pour tous. C’est aussi le seul endroit, hormis à la maison, où je peux bricoler, prier ou partager quelque chose avec mes enfants et avec d’autres familles. L’école, le sport,… ce n’est que pour eux… En plus, le fait de pouvoir rester avec eux durant ce temps de catéchèse supprime tout stress ! Pas besoin de vite les amener, venir les rechercher… »

L’une des activités phare de nos propositions catéchétiques a été bien évidemment la Montée vers Pâques ! Avec comme fil rouge le thème de l’eau et la création d’un jardin de Pâques, une vingtaine d’enfants (de 6 à 14 ans) ont participé fidèlement à ce Triduum pascal,… même au rendez-vous bien matinal de 7h30 le dimanche de Pâques !

Jeudi, nous nous sommes rappelés du dernier repas de Jésus avec ses disciples et avons réfléchi en petits groupes à ce Pain de vie que nous donne Jésus. Puis, sur la base de l’Evangile du lavement des pieds, nous avons échangé sur ce que signifie se mettre au service et donner l’exemple en évoquant des situations de notre vie quotidienne. Le vendredi, nous avons prié et médité à l’extérieur grâce aux différentes stations du chemin de croix. Samedi, en se remémorant la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, nous avons essayé de comprendre quelles étaient nos soifs et surtout où se trouvaient les ressources (Parole de Dieu, prière, sacrements, don de soi) pour les combler, pour trouver cette Eau Vive qui ne tarit jamais et qui nous donne la Vie éternelle. Dimanche, dans les dédales sombres des caves de la Maison St-Bernard, éclairées par la seule lueur de nos bougies (… et tenant par la main les plus jeunes peu rassurés par l’obscurité), nous sommes arrivés au tombeau de Jésus… vide ! Il ne restait plus que les linges posés à plat et le suaire qui avait entouré la tête de Jésus roulé à part à sa place. Alléluia ! Christ est ressuscité ! C’est avec un cœur comblé de joie par cette bonne nouvelle que… nous avons pris le petit-déjeuner tous ensemble et rempli notre estomac de délicieuses tartines de tresse et confitures maison !

Toujours en lien avec la liturgie, et en attendant de pouvoir à nouveau vivre ces moments de partage avec l’ensemble de la communauté, notre catéchèse se poursuit et vous propose de belles rencontres. N’hésitez pas à consulter régulièrement le site de la paroisse (www.paroissemartigny.ch) et vous inscrire aux activités que nous vous proposons.

* Autrement dit « Quoi de neuf en catéchèse ? »

 
 

Témoignage : la catéchèse, à travers les yeux d’Angela, maman de 2 enfants

Les ateliers de catéchèse ont bien évolué depuis que je les suis avec mes enfants – ils sont plus participatifs pour les parents – mais je les ai toujours vus comme des moments de découvertes ou de redécouvertes des passages de la bible, des explications des rituels, des symboles, des partages en famille, mais aussi d’échanges avec les autres intervenants (prêtre, catéchiste, parents, enfants).

Il s’agit de moments de partages ou d’entraide dans la communauté. Je me rappelle la fois où nous avions été au home des Tourelles pour prier avec les pensionnaires : il y avait une dame qui tricotait car, depuis son enfance, elle le faisait ainsi avec sa mère. Ou encore, la confection de cartes pour soutenir et réconforter les personnes qui souffrent en prévision de la journée des malades. J’ai vu les enfants choisir les couleurs, dessins, textes pour faire ces cartes, leur donner des petits coups de main et surtout j’ai constaté qu’ils se donnaient de la peine en les confectionnant.

C’est sûr que la covid est venue bousculer les habitudes ! Plus d’ateliers de la Parole, pas toujours facile de proposer des choses compatibles avec les normes de sécurité qui changent, mais on nous a proposé de recevoir chaque semaine par Whats App du matériel pour échanger avec les enfants.

Depuis plusieurs années, on participait à la préparation de la crèche. Chaque année, il y a un thème commun repris dans les communautés du secteur et après l’imagination et les échanges d’idées interviennent. Les enfants et les parents participent à cette création et c’est toujours un
moment un peu magique quand on voit le résultat final, fruit de la collaboration de tous, et qu’on se réjouit de faire découvrir à l’ensemble de la communauté. Cette année était différente : on ne savait même pas si les messes pourraient avoir lieu. Mais on était contents de pouvoir participer au projet commun, de décorer des pots pour ensuite pouvoir éclairer le parvis de l’église pour la fin de l’année. Vu le nombre de pots récoltés, on n’était pas les seuls,… Cela a permis de créer du lien, même avec la distance !

Un facteur du divin

PAR MYRIAM BETTENS

PHOTO : GAËLLE MAY

Ses tableaux sont comme autant de missives colorées, délivrées par un ange à vélo. Au soir de sa vie, celui qui se disait « facteur d’un message dont il ignore le contenu » accepte une rencontre avec Gaëlle May et le chanoine José Mittaz. Les deux protagonistes se font alors, à leur tour, passeurs de l’œuvre d’Arcabas dans un documentaire à paraître ce mois-ci.

Le cadeau de la rencontre

Gaëlle May, la réalisatrice, dé­-couvre l’œuvre d’Arcabas dans le cadre de son projet de diplôme en cinéma. Elle désire allier deux formes d’art dans son court-métrage : la peinture et le film. Elle rencontre donc Arcabas par l’entremise du chanoine José Mittaz. Une rencontre filmée est organisée dans l’atelier de l’artiste en France. Quelque chose de l’ordre du cadeau mutuel « se donne » entre la réalisatrice et le peintre. Pour Gaëlle May, l’idée d’un documentaire germe alors. De son côté, le chanoine pense organiser dans le Val de Bagnes la première exposition de l’artiste en Suisse. La rencontre fondatrice servira alors à rendre le peintre « présent » au milieu de son œuvre durant toute la durée de l’exposition, mais également de support au futur documentaire de Gaëlle May. La jeune femme ne se contente pas uniquement de filmer le dialogue entre Arcabas et José Mittaz. De l’île de Ré jusqu’à Notre-Dame de la Salette en passant par Grenoble, elle emmène le spectateur visiter des œuvres monumentales et rencontrer des personnes le connaissant bien. Cela apporte ainsi un regard complémentaire sur un artiste préférant mettre en lumière son œuvre plutôt que lui.

Un arc-en-ciel au quotidien

Gaëlle May considère la peinture d’Arcabas comme « un encouragement à la vie » d’autant plus pertinent en cette période particulière que le monde traverse actuellement. La parole et la peinture de l’artiste véhiculent la possibilité « d’une vie en couleurs. Un témoignage d’espérance malgré l’adversité ». Le chanoine abonde : « Arcabas est un évangéliste pour aujourd’hui. » En effet, son œuvre qui ne distingue pas le sacré du profane « amène un surcroît d’âme au cœur de notre quotidien. Elle oriente notre regard vers un horizon qui nous dépasse. Là réside pour moi la force spirituelle d’Arcabas », ajoute encore José Mittaz.

En vente au prix de Fr. 28.– sur la boutique en ligne des éditions Saint-Augustin https://saint-augustin.ch/shop/

L’échelle du songe de Jacob

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

En entrant dans les vieilles granges de chez nous, la première chose qui frappe le regard, c’est l’échelle ! Incontournable, elle relie le plancher à l’étage supérieur là où une grande partie du foin sec était stocké…

PAR PASCAL TORNAY (AVEC DOMINIQUE PERRAUDIN) | PHOTO : PIXABAY

Dans l’histoire de Jacob, il est aussi question d’échelle ! Cette échelle-là relie le ciel et la terre. Cette échelle pourrait-elle signifier en quelque sorte la vocation de chacun ? Il est dit que des anges y montent et y descendent : n’est-ce pas un peu mystérieux ? Pouvoir monter et descendre, accéder à différents plans, c’est utile… En fait, cette échelle ne se trouverait-elle pas au-dedans de chacun de nous ? Toujours tentés de monter, peut-être que le défi le plus grand est d’en descendre avant d’en remonter ? Pour celles et ceux qui ont envie de grimper au maximum tous les échelons, je conseillerais (si j’ose) de d’abord descendre pour sécuriser les bases… les tréfonds, même… aux niveaux où se trouvent les dons que Dieu a mis en nous : tout en bas, dans notre conscience… Descendre pour remonter, cela ne serait-il pas un chemin pascal ?

Notre conscience est éclairée par l’Esprit (croyons-Le) qui passe souvent à travers les paroles et les actes de nos plus proches. Ils nous mettent en garde contre les ornières ou nous encouragent à poursuivre nos initiatives. Pour autant qu’ils nous aiment, notre conscience osera-t-elle prendre au sérieux leurs paroles ? Aux détours des marches de cet immense escalier intérieur, notre conscience nous avertit constamment, et parfois c’est presque inaudiblement. « Un lieu redoutable ! » En effet, il peut coûter cher de tout faire pour ne pas entendre sa voix !

Lors d’une ascension, les alpinistes ont recours à des pitons qu’ils enfoncent dans la roche pour faciliter la montée et permettre à d’autres alpinistes d’en profiter. Cela s’appelle équiper une face.

Imaginons être au pied d’une paroi vertigineuse. Constatant qu’elle n’est pas équipée, deux solutions s’offrent : soit on se donne les moyens de l’équiper, soit on n’y monte pas… Pour la conscience, c’est un peu pareil – même si c’est un peu caricatural – soit on se donne les moyens d’y accéder en écoutant attentivement pour en tirer le meilleur, soit on risque de la faire taire en l’étouffant !

Pour les solutions d’entre deux, je ne vous les conseille pas, c’est trop dangereux, surtout si vous souhaitez monter très haut ! Dans ce cas, je vous invite plutôt à adopter des solutions radicales ! Sans attendre…

Jacob atteignit le lieu où il allait passer la nuit car le soleil s’était couché. Il y prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et dormit en ce lieu. Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. » (Gn 28, 10-15)

Transmettre le sens de l’effort

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS | PHOTO : PXHERE

Quelle chance d’habiter un pays de montagnes pour des parents… A l’heure des écrans dont nous avons tous du mal à nous défaire, elles sont une école de vie, d’émerveillement et de formation du caractère. Leur ascension facilite l’acquisition du sens de l’effort inégalement réparti dans une fratrie et pourtant si précieux à tous les âges de la vie quand viennent les inévitables contrariétés. Le sens de l’effort est l’une des vertus les plus difficiles à développer dans nos sociétés occidentalisées repues où tout arrive en abondance et trop vite, laissant souvent une impression de vide ou de tristesse. A pied en montagne, tout paysage se mérite et toute ascension amène son lot de récompenses.

Long et subtil travail parental

Arrêtons de rêver, l’acquisition du courage, l’entraînement de la volonté ne sont jamais innés, ils résultent d’un long et subtil travail parental pour entraîner, encourager, demander sans lasser, exiger sans décourager. Le tout sans négliger de remercier, de récompenser si nécessaire et de féliciter haut et fort… Si nous pouvions apercevoir le besoin de valorisation d’un jeune… il est abyssal. Ces attentions rechargent les batteries qui faiblissent pour surmonter de futurs défis. Le pape François aime interpeller les jeunes sur leurs désirs et leur courage : « Chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour « végéter », pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un canapé qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. […] », disait-il aux JMJ de Cracovie en 2016. Il n’oubliait pas alors les parents… « Sûrement que pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un canapé ; pour beaucoup, c’est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre, au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur. […] »

Et si nous profitions de cet été pour réveiller et stimuler ceux qui ont besoin de bouger et de s’émerveiller ?

S’émerveiller des petites choses…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Le leitmotiv ainsi que le fil conducteur de ce petit texte tente de nous ouvrir le cœur et l’esprit aux beautés que le créateur met à notre disposition.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN | PHOTO : DR

Le temps était maussade. Il pleuvait. Je me promenais le long d’un petit chemin de campagne. Soudain, je tendis l’oreille : un doux sifflement… comme un concert. Un oiseau perché sur la plus haute branche d’un sapin jouait une mélodie que même le plus bel orchestre du monde n’aurait pu égaler. Je m’arrêtais. Le concert se poursuivit. Mon cœur en silence lui lança ce message : « Petit oiseau chante et loue le créateur qui t’a donné un si beau timbre de voix. » Cette mélodie a peut-être duré une minute et le petit oiseau a filé. La joie et le bonheur ont envahi tout mon être, je me disais : « Comment remercier la Trinité Sainte qui nous permet de vivre de tels moments ? »

Méditation. – En y réfléchissant je me suis dit : « Si Dieu, qui nous aime infiniment est capable de nous procurer paix et amour avec de petits riens, combien la place qu’il nous promet dans son paradis doit être extraordinaire ! Y pensons-nous au paradis ? N’est-ce pas un peu trop loin et trop abstrait ? Beaucoup d’entre nous ont trop de soucis pour y penser : certains rament terriblement pour boucler les fins de mois. D’autres luttent contre une maladie sournoise. Et par-dessus le marché, le climat se dérègle alors à quoi bon se mettre à penser ? On verra ça plus tard… Ouvrir les yeux et son cœur sur les beautés de la création si petites soient-elles nous apporte la paix du cœur et du corps. Mais actuellement, on n’a plus le temps de perdre du temps !

Dans la vie tout s’apprend : l’enfant apprend à marcher ; notre esprit se construit ; on doit apprendre à écouter et à regarder… C’est tout un apprentissage que d’être à la recherche des priorités dans notre vie. Voyons les enfants : ils s’émerveillent pour tout ce qu’ils voient ou touchent. Ce sont souvent de petites choses insignifiantes. Pourtant, leur visage s’illumine ! Jésus nous invite à nous laisser pénétrer par cet esprit d’enfant… à réjouir notre esprit au regard d’une belle fleur ou à l’écoute d’un beau chant
d’oiseau.

Une anecdote. – A ce propos, cette petite histoire a rempli mon cœur de joie… Un jour, je me promenais dans la cafétéria de la Maison de la Providence à Montagnier (Bagnes) avec mon petit neveu âgé d’un an et demi. Je lui laissais le choix du parcours, tantôt slalomant autour des tables, tantôt admirant les objets exposés. Tout à coup, il aperçut un homme assis sur une chaise roulante, il me tira par la main et s’approcha de lui. Il lui tendit la main, lui fit un grand sourire. Son interlocuteur lui prit la main et lui rendit son sourire. Je vis dans leurs yeux une lueur de joie, de bonheur et de paix.

Un petit enfant, c’est toute innocence, sans préjugés. C’est tout naturellement qu’il est allé tendre la main à cette personne. Aucune phrase, aucun mot ne sauraient traduire la beauté de ces petits gestes qui rendent la vie plus agréable et merveilleuse. Chaque jour des gestes comme celui dont j’ai été témoin, ils s’en passent des milliers ; il suffit d’une cœur exercé pour les apercevoir…

Chemin de croix, Paul Monnier… église Sainte-Thérèse de Noës

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’église Sainte-Thérèse de Noës, construite dans les années 1930, fait partie des trésors du renouveau de l’art sacré en Suisse romande. La profusion des œuvres qui l’ornent compte notamment un chemin de croix de Paul Monnier d’une grande richesse symbolique.

La douzième station, la crucifixion, est composée comme un triptyque.

La partie à notre gauche représente les soldats tirant au sort celui qui recevra la tunique du Christ. L’un d’eux tourne ostensiblement le dos aux condamnés à mort. Les trois soldats semblent partager un moment entre collègues au terme d’une journée de travail, sans porter le moindre intérêt au drame qui est en train de se jouer.

Si les deux hommes de la partie de droite regardent en direction des crucifiés, ils ne sont pas dans la compassion. Tout dans leur maintien dit le mépris et la moquerie. On les entendrait presque inviter Jésus à descendre de la croix.

Ces deux parties sur fond sombre mettent en évidence les deux attitudes de la majorité des foules au moment de la Passion du Christ : l’indifférence et le rejet.

Au centre, le ciel semble plus clair. Jésus apparaît étonnamment paisible, rappelant les Christ endormis représentés en Orient. La femme aux longs cheveux évoque peut-être la femme pécheresse qui mouillait les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuyait avec ses cheveux (Lc 7, 36 ; 8, 3). Elle symbolise surtout ceux qui ont rencontré Jésus, qui savent ce qu’il a changé dans leur vie et qui l’ont suivi jusqu’au bout. La religieuse à la droite de la croix pourrait être sainte Thérèse de Lisieux. Elle est la sainte patronne de cette église et cette pratique était courante dans l’iconographie religieuse.

A l’arrière-plan, on reconnaît les deux malfrats crucifiés avec Jésus. Celui à notre droite a le visage tourné vers l’obscurité alors que celui qui est à notre gauche est entouré de clarté.

Nous passons tous, au cours de notre vie, par les attitudes des différents personnages : la foi, l’indifférence à la souffrance, le mépris et le rejet… Cette station du chemin de croix nous rappelle que rien n’est joué jusqu’à la dernière seconde, et qu’il nous est jusqu’au bout possible de choisir le Christ (Lc 23, 45).

La seule force ascendante, c’est Dieu…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Simone Weil est une philosophe humaniste, née à Paris en 1909 et morte à Ashford, en Angleterre en 1943. Née dans une famille alsacienne d’origine juive et agnostique, elle se convertit à partir de 1936 à ce qu’elle nomme l’« amour du Christ », et ne cesse d’approfondir sa quête de la spiritualité chrétienne. Bien qu’elle n’ait jamais adhéré par le baptême au catholicisme, elle se considérait, et est aujourd’hui reconnue comme une mystique chrétienne.

PAR FRANÇOISE BESSON

PHOTOS : DR

Dans le texte « Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu » *, la vision théologique de Simone Weil surprend par une approche inhabituelle de la vie spirituelle et de notre rapport à Dieu. Si beaucoup de points restent obscurs, certaines réflexions sont comme d’intenses sources de lumière : elles éblouissent… A l’aveuglement qui fait ciller les yeux, suit la découverte d’une autre manière d’envisager le cheminement spirituel.

Etre vrai avec soi. – En premier, une condition est posée : accepter que rien de ce qui se trouve ici-bas ne peut nous satisfaire entièrement, « ne pas croire que l’avenir soit le lieu du bien capable de combler » (11). Croire cela serait se mentir et cette exigence est celle de la vérité envers nous-même. Chaque fois que nous croyons que tout ira bien quand nous aurons un autre travail, une autre maison, un autre patron, la retraite, la santé, ou tout cela pour les personnes qu’on aime, nous nous mentons, car, dit la philosophe, personne n’est satisfait longtemps de vivre purement et simplement. On veut toujours autre chose… (12) Donc, à chaque fois que ce mirage se présente à nous, et cela ne manque pas d’arriver, il nous faut revenir à cette vérité envers soi et reconnaître que nous avons en nous un désir qui dépasse la réalité concrète car « on veut vivre pour quelque chose ». (12)

Le regard tourné vers Dieu. – Ensuite, nous avons à tourner constamment notre regard vers Dieu, à nous détourner de tout ce qui n’est pas Lui, « ne pas accorder notre amour à de faux dieux » (11) « refuser notre amour à tout ce qui est autre que Dieu » (32). Ce refus nous est difficile, car il implique, entre autres, de renoncer à la part de nous-même qui dit « Je »… Etre tourné vers Dieu pour recevoir sa lumière, c’est, nous dit Simone Weil, la manière de le faire venir à nous. Regarder Dieu, cela veut dire l’aimer… Ce regard, dit-elle, fait descendre Dieu. Et lorsque Dieu est venu jusqu’à nous, Il nous soulève et Il nous met des ailes… (31).

Zachée. – Etre tourné vers Dieu, entièrement, toute affaire cessante, cela me rappelle Zachée… Lui qui avait tout ce que l’on peut vouloir ici-bas, il voulait voir Jésus, non pas lui parler, obtenir un pardon ou un conseil, un avancement sur le chemin du salut, mais seulement le voir… Et Jésus lui a « mis des ailes » en s’invitant chez lui, en faisant tout le chemin qu’il restait à faire pour que la rencontre ait lieu. Zachée a été comblé au point qu’il n’avait plus besoin de tout ce qu’il avait réussi à amasser au cours des ans.

Une mise en garde. – C’est ainsi que je reçois ce texte qu’une personne bienveillante a mis sur ma route : attention ne vous trompez pas, ni dans vos attentes, ni dans vos efforts ! Tout ce que l’on peut souhaiter ici sur cette terre ne suffit pas à notre épanouissement total, car une autre faim, un autre désir est inscrit en nous. Et, ne nous épuisons pas en de vains efforts : on ne va pas à Dieu en maîtrisant nos faiblesses, en multipliant les sacrifices, ce serait sauter à pieds joints pour atteindre le ciel… Le chemin de notre rencontre avec Dieu c’est notre vie entière tournée vers Lui et Lui, Il fera le chemin pour nous rejoindre…

* Simone Weil, « Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu », Editions Folio Sagesse, 2017. Les numéros entre parenthèses correspondent aux pages.

 
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