Souffrir pour être sauvé ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mars 2021

PAR LE PÈRE DIDIER BERTHOD
PHOTO : BERNARD HALLET

La théologie vit un immense renouveau durant tout le XXe siècle. Un des grands apports de cet élan est la découverte que le Christ n’est pas venu pour expier une quelconque dette que les hommes avaient à l’égard de Dieu – comme cela avait été compris jusque-là – mais pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10, 10).

Sa mort sur la croix peut toutefois toujours se comprendre en termes de sacrifice mais en un sens radicalement renouvelé : non pas un acte de destruction adressé à la divinité pour l’apaiser ou obtenir d’elle des bienfaits, mais un amour des hommes et de Dieu, dans une détermination qui va jusqu’au bout, acceptant même l’issue la plus fatale : celle de perdre sa vie…

Un christianisme à visage humain s’ouvre alors, où le primat de la souffrance laisse la place au primat de l’amour. Un nouveau regard est porté sur Jésus, celui-ci devenant plus humain, capable de nous aider dans l’épreuve de la vie : s’étant rendu « en tout semblable à ses frères », et ayant « souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion », il est rendu « capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve » (He 2, 17-18).

Car, s’il ne s’agit pas de souffrir pour être sauvé, il n’empêche que la vie porte en elle son poids de souffrance et son lot d’épreuves. C’est à ce moment-là que l’on peut découvrir la richesse du compagnonnage avec Jésus et son Père. Un Dieu qui nous aime et qui nous donne les moyens d’affronter la dimension tragique de l’existence, et de la vivre avec dignité et grandeur d’âme.

Mais à cela s’ajoute aussi le fait qu’aimer comme Jésus a aimé est un chemin de vie très étroit. Cela peut même amener le disciple à être exposé aux pires haines, aux pires injustices… Et c’est ainsi que bien souvent le salut se conjugue avec la souffrance. Mais n’inversons pas les choses : c’est bien l’amour qui nous met sur le chemin du bonheur et de la liberté ou du salut (ces mots sont des synonymes), non pas la souffrance.

 

Solennité de la Toussaint

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), novembre 2020

Par l’abbé Marek Glab | Photo: Bernard Hallet

Au début du christianisme, par crainte de l’idolâtrie, aucune créature n’était adorée ; ni personnes, ni anges. Seul Dieu était adoré dans la Sainte Trinité. Dans le Nouveau Testament, nous remarquons la louange que le Seigneur Jésus Lui-même donne à saint Jean-Baptiste.

La Bienheureuse Vierge Marie est devenue sujet de culte en tant que mère du Fils de Dieu. A cette époque ont commencé à se construire des églises en son honneur. Puis des fêtes ont été organisées, des prières et des chansons ont été composées pour Marie. Dans le même temps, on remarque également le culte de l’archange saint Michel. La persécution sanglante de l’Eglise au Ier siècle a été à l’origine du culte des martyrs. Le jour de leur mort était considéré comme le jour de leur naissance dans le ciel. Ensuite, à partir du Ve siècle, le culte privé est devenu officiel et universel.

La fête de la Toussaint, le 1er novembre, est célébrée dans l’Eglise catholique depuis le IXe siècle. Une longue tradition nous rappelle les saints de chaque nation, de toutes langues et de toutes générations, qui n’ont pas leurs propres souvenirs pendant l’année liturgique. La Solennité de Tous les Saints (Sallemnitas Omnium Sanctorum) est une célébration en l’honneur de tous les chrétiens qui ont atteint l’état de salut et qui sont dans le Ciel. C’est une grande fête pour que tous les fidèles se souviennent de l’appel à la sainteté. Cela montre le grand amour de Dieu pour l’homme et suscite l’espoir qu’aucune séparation ne peut nous tenir dans l’éloignement car chacun de nous est invité à la maison du Père. 

Ce n’est que le lendemain, le 2 novembre, que nous nous souvenons de tous les morts. Nous prions pour ceux qui se préparent au Purgatoire pour la gloire du Ciel. Si nous limitons la commémoration de nos morts aux seuls signes extérieurs, nous montrons un affaiblissement de notre foi. C’est de nos prières dont nos défunts ont besoin !

30 ans de sacerdoce pour l’abbé Dominique Theux

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2020

Par Sandrine Mayoraz | Photos: Pascal Theux, Bernard Cachat

«Viens, suis-moi», pouvait-on lire sur les cartes d’ordination de Dominique Theux le 10 juin 1990. Après trente ans de sacerdoce, il est toujours heureux d’être prêtre, à la suite de notre Seigneur. Ordonné prêtre à la cathédrale de Sion, avec deux Haut-Valaisans, Bruno Gmür et Richard Lehner, Dominique Theux se souvient de la joie qui régnait dans le diocèse. Tout le monde était heureux de l’engagement de ces trois nouveaux prêtres. Quelques jours plus tard, il célèbre sa première messe à Martigny. Une même joie le transportait : celle de partager sa foi au sein de la communauté qui l’a vu grandir. Notre prêtre a desservi quatre paroisses du Valais central avant de déposer ses valises chez nous. A plusieurs reprises, il a accompagné ses paroissiens à Lourdes. Ce pèlerinage au service des malades fait vibrer sa vocation, lui qui s’est senti appelé au sacerdoce alors qu’il a été malade d’une tumeur au cerveau.

Evidemment, après trois décennies, notre monde en mouvement a évolué, mais le désir qui anime Dominique reste le même : rejoindre les personnes dans leur aujourd’hui et les rassembler en une communauté qui soit « signe d’une foi qu’on porte ensemble ».

Prêtre, un chrétien en croissance
Un prêtre, comme tout chrétien, est en évolution dans sa vie spirituelle. Il en va ainsi pour la prière quotidienne par exemple. « A un moment donné, je l’ai redécouverte comme le cœur de ma mission de prêtre. Prier pour porter le peuple de Dieu en marche », confie-t-il. Au fil des années, il expérimente de plus en plus intensément cette confiance en Dieu. « Je suis prêtre mais c’est le Seigneur qui travaille les cœurs à travers mes paroles. Un verset qui m’accompagne dans mes prières est « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20) », commente Dominique.

Une figure spirituelle
Dominique a été marqué par la personnalité du bienheureux Charles de Foucauld décédé il y a un siècle. Avec une équipe de cinq à dix prêtres diocésains ou religieux, Dominique participe à la fraternité Jesus Caritas placée sous le patronat du Bienheureux. Il explique : « Ce lieu de rencontre est précieux pour partager mensuellement sur sa vie, en y relevant ensemble ce qui interroge, encourage ou pose question. L’essentiel, ce n’est ni les documents romains ou la théologie, mais d’abord nos vies, dans toute la diversité de nos vocations. »

« Viens, suis-moi » : cette parole d’évangile l’habite toujours. « C’est Lui qui m’a appelé à sa suite, c’est Lui qui me montre le chemin », conclut Dominique.

Les Jeunes Bénévoles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2020

Par Emilie Hohenauer | Photo: Gaëtan Steiner

Pour un adulte, être bénévole en paroisse, c’est assez simple, on reçoit 2-3 consignes et hop c’est bon ! Mais pour un ado ou un jeune, ce n’est pas si simple ! A l’âge des incertitudes et des doutes, même si la motivation est là, il est bon de se former. Le Service Diocésain de la Jeunesse l’a bien compris et a mis en place une solide formation pour nous ! Ce challenge est relevé par Gaëtan Steiner et son équipe sous le nom de JB comme « Jeunes bénévoles ».Les jeunes ont tous entre 11 et 18 ans (voire même plus) et se rencontrent le temps d’un week-end dans le but de devenir aides-animateurs et même animateurs. Cette formation se divise en quatre catégories d’âge.

JB START : pour les jeunes qui sont dans leur 8e année Harmos ; ils travaillent sur l’initiation et une découverte de ce qu’est réellement la fonction d’animateur ou aide-animateur.

JB1 : pour les jeunes à partir de 12 ans ; ils approfondissent leurs connaissances sur la façon d’animer un petit groupe pour la catéchèse par exemple.

JB2 : pour les jeunes à partir de 14 ans ; ils développent des compétences personnelles ainsi que des connaissances sur la Bible qui sont plus développées. Ils apprennent aussi à animer des messes et des moments de prière comme l’adoration du Saint-Sacrement. Ils apprennent aussi à organiser un camp avec des activités.

JB3 : pour les jeunes adultes à partir de 18 ans ; ils participent à six journées de formation sur la Bible et la théologie et prennent la responsabilité d’un nouveau projet dans leur paroisse ou secteur. La première volée avec ses six JB3 obtiendra son attestation de responsable-animateur en juin 2021. 

Rencontres de formation
La rencontre de formation est organisée en général à l’internat du collège de l’Abbaye de Saint-Maurice. Au programme, après des jeux pour faire connaissance, les sujets suivants : la connaissance de soi, le développement personnel, le fonctionnement et la gestion d’un groupe. Un programme vaste et varié, qui n’empêche pas la rigolade et la joie pendant ce super week-end !

Les moments de prières comme la procession du samedi soir jusqu’à la chapelle des martyrs de Vérollier, une messe et des moments de réflexion viennent enrichir ce formidable week-end. 

Un envoi pour s’investir en paroisse
A la fin de cette formation, tous les jeunes reçoivent une attestation. Comme un envoi à s’investir plus dans nos paroisses ! Mais le jeune n’est pas « largué », au contraire, car chacun a un référent de formation qui le suit tout au long de son parcours en paroisse : une aide pour l’assurer à s’investir davantage.Une nouvelle formation JB1 et JB2 est organisée sur le week-end des 14 et 15 novembre à l’Abbaye de Saint-Maurice. 

Info et renseignements : sdj@cath-vs.ch, Gaëtan Steiner au 077 446 31 09.

Infos et inscriptions jusqu’au 25 octobre : Sandrine Mayoraz au 079 739 24 22 et Valentin Roduit au 079 855 44 39.

Servir… un chemin de joie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2020

Par le Père Jean-René Fracheboud | Photo : Bernard Hallet

La manière de vivre de Jésus n’en finit pas de nous interpeller. Son parcours d’existence sera l’expression originale de ce que devient la vie lorsqu’elle est irradiée du dedans par l’amour et la justice de Dieu.

Jésus a été du début à la fin le serviteur et le promoteur de la dignité humaine. Il a passé sa vie à rencontrer des hommes et des femmes, souvent malmenés par les événements, esclaves du mal et du malheur. A chacune, à chacun, Il dit : « Tu es une créature merveilleuse, tu portes au fond de toi un trésor caché, tu vaux infiniment plus que les ratés de ta liberté, tu es un enfant bien-aimé du Père. »

Par la qualité de son regard, Jésus permet à chacune et chacun de naître à une vie nouvelle. Au soir de sa vie, il laissera le beau testament du lavement des pieds (Jn 13) comme le résumé de toute sa vie offerte et donnée. Il scellera cet « extrême de l’amour et du don » dans sa mort et sa résurrection.

Jésus laisse à son Eglise cette voie royale du service. « Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu non pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Mt 20, 26-28

Voilà l’esprit et le dynamisme qui devraient animer nos engagements variés au cœur de nos communautés paroissiales. Tous les ministères en Eglise, celui de la parole, de la liturgie, de la diaconie, de tous services aux autres visent à permettre au Christ toujours vivant de réaliser son œuvre de salut aujourd’hui au milieu de nous.

Avec Marie, la servante du Seigneur, particulièrement honorée en ce mois d’octobre, puissions-nous renouveler notre goût du service, et de Dieu et de nos frères et sœurs, selon la belle intuition du poète indien Rabindranâth Tagore :

Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie.
Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service.
Je servis et je compris que le service est joie.

Valentin Roduit, futur prêtre pour le diocèse de Sion

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), septembre 2020

Par Valentin Roduit, Abbé Jérôme Hauswirth | Photo: Abbé Jérôme Hauswirth

C’est une chance pour nos paroisses de Collombey-Muraz : au terme de six ans de séminaire, Valentin Roduit va faire son stage paroissial chez nous. Nous lui avons demandé de se présenter. Il nous a alors livré le texte ci-dessous.« Mon histoire commence il y a 26 ans à Saillon. J’ai reçu de mes parents plusieurs virus dont celui de la montagne, celui de la musique et celui de la foi. Ma vocation est déjà née là et s’est développée tant à travers la beauté de la vie familiale qu’au contact de prêtres amis de la famille ; je me rappelle du chanoine Gilles qui m’a fait « marcher au plafond » ! Puis j’ai pu entretenir ma foi jusqu’à mon collège par quelques camps de jeunes, la messe dominicale et une brève prière personnelle le soir. J’ai alors entendu petit à petit se préciser la voix au fond de moi-même m’appelant à me consacrer à Dieu ; elle s’est faite de plus en plus forte, jusqu’à ce que je l’écoute finalement pour entrer au séminaire.

Formation par la vie communautaire
Là s’est ouvert un très beau chemin de formation par les études, mais aussi et surtout par la vie communautaire avec ses joies et corrections fraternelles. Une vie de communauté (comme la vie familiale) a cela de génial qu’elle permet de grandir. Durant ce temps, j’étais en stage régulièrement à la paroisse de Savièse où j’ai découvert un peu plus la vie de curé. La chance m’a aussi été donnée de partir une année à Hong Kong en volontariat où j’ai non seulement appris le cantonais mais aussi développé une manière plus riche de voir la vie et acquis un regard neuf sur mon héritage valaisan. Et c’est après 6 ans de séminaire que je suis arrivé dans le secteur de Monthey, master en théologie dans la poche avec un mémoire sur les pleurs dans l’Ancien Testament.

Le stage, pour redonner ce que j’ai reçu
Je me réjouis grandement de mon année de stage pour une entrée en matière en paroisse, afin de commencer à redonner tout ce que j’ai reçu. Je serai d’abord ordonné diacre, c’est-à-dire au service de l’Evangile et des personnes auprès de qui je serai envoyé. La mission du diacre, comme du prêtre et de tout chrétien, est pour moi de relever et encourager tout ce qui se fait de beau, qui vient déjà de Dieu en chacun. Bien plus que de débarquer avec Dieu dans mon sac à dos, je sais qu’il me précède partout où je serai envoyé et je me réjouis de le rencontrer. 

« Qui cherche le Seigneur ne manquera de rien »
Puis je serai ordonné prêtre et promettrai, avec la grâce de Dieu, de conformer toute ma vie à l’Evangile. Je me souviens à 15 ans avoir demandé à un prêtre ce qu’il faisait de ses journées. Il avait un peu mal pris la question, il devait se dire que je l’imaginais ne faire rien d’autre que célébrer la messe du dimanche. Je dois dire que je ne peux toujours pas définir ce qu’est le quotidien d’un prêtre, tellement ça me paraît variable et varié. La stabilité vient de sa consécration à Dieu pour toute sa vie, le reste est à créer.

Une phrase de la Bible qui m’éclaire : « Qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien. » Ce Psaume 33 ne parle pas de la rencontre avec le Seigneur, mais se positionne en amont, et promet ses bienfaits déjà à ceux qui le cherchent et le craignent. C’est le point de départ pour une vie chrétienne et le programme de toute une vie de prêtre. »

Merci Valentin et bienvenue parmi nous ! 

La menace est pire que son exécution Corona, de la mort à la vie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juillet-août 2020

Par l’abbé Jérôme Hauswirth et Maryline Hohenauer | Photo: DR

Désormais, dès que quelqu’un tousse, tout le monde se retourne. Et la peur se lit dans les yeux. Comme vous, j’ai vu ces yeux ronds chez les passants. Mais dans le fond, de quoi avons-nous si peur ? De la mort bien sûr ! En cette période de déconfinement, il est temps de dépasser cette peur et de placer notre confiance en Jésus.« La menace est pire que son exécution. » Cette affirmation d’Aaron Nimzovitch prend aujourd’hui tout son sens. A l’origine cette expression désignait une cigarette que son adversaire, joueur d’échecs comme lui, manipulait sans l’allumer. Agacé, ne voulant pas être importuné par la fumée, le champion lui demanda de cesser. Et l’autre de lui faire remarquer que la cigarette n’était pas allumée. Et Nimzovitch de lui asséner la célèbre formule. 

Cette crise nous a ainsi mis face à notre pauvreté. Nous avons tous peur de mourir, peur de ne pas pouvoir choisir, peur de subir, peur de souffrir. Comme la cigarette pas encore allumée, la menace semble pire que son exécution. 

Face à la situation internationale, certains d’entre nous sont peut-être encore des privilégiés, mais le risque de tout perdre peut nous faire prendre conscience de tout ce que nous avons. Peut-être faut-il avoir peur de mourir pour apprécier le temps à sa juste valeur. Peut-être faut-il avoir peur de la mort pour réaliser combien la vie est un cadeau, chaque jour que Dieu fait. 

Si nombre de gens ont peur de la mort, la mort, elle, ne craint personne. Tous un jour, elle nous prendra. Mais depuis que Christ est ressuscité, puisqu’il a connu la mort – et la mort sur la croix –, l’horrible souffrance et l’asphyxie, alors la mort est vaincue. Et désormais, celui qui place sa confiance en Jésus est lui aussi vainqueur. 

En ces jours de déconfinement, il s’agit de dépasser « l’infarctus spirituel » que nous venons de vivre et de placer résolument notre confiance dans le nom de Jésus. 

Oui, car tout est possible à celui qui croit ! A Pâques, la mort a laissé définitivement place à la vie et c’est à nous, chaque jour que Dieu fait, d’être témoins de cette joie, de cette victoire !

Avec la sortie de notre semi-confinement, nous osons à nouveau nous rencontrer ! Quelle joie de retrouver les autres paroissiens, d’échanger des sourires à défaut de nous serrer dans les bras. Oublions définitivement la « distance sociale » et gardons la « distance physique » pour nous protéger, mais continuons de nous rassembler autour du Christ, lui qui se donne à nous à chaque messe.

Lorsque les cloches sonnent à toute volée elles nous invitent à regagner nos églises. Abandonnons ce que nous faisons et allons-y pleins d’entrain ! Il est bon de se retrouver ! Plusieurs d’entre nous piaffaient d’impatience à l’idée de reprendre les messes, qu’est-ce qu’elles nous ont manqué !

Et puis, je garde au fond de mon cœur cette phrase entendue à la sortie de la messe, d’un petit de 11 ans : « Aujourd’hui c’était tellement beau que j’ai eu l’impression de revivre ma première communion. »

Que chacun de nous se sente revivifié par la reprise de nos prières communautaires et de nos eucharisties, que chacun de nous ressente ce que vit ce petit garçon…

Coup de balai dans nos églises

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Stéphanie Reumont | Photo: Yann Petten

A Muraz, Yann et Bastien sont deux adolescents qui, après avoir terminé leur parcours catéchétique, ont décidé de poursuivre leur engagement auprès de la paroisse. A la suite d’une suggestion de la part du curé Jérôme Hauswirth, ils se lancent dans de grands travaux de nettoyage des églises de Muraz et Collombey.C’est avec un large sourire que Yann (14 ans) et Bastien (16 ans) m’accueillent devant la cure de Muraz. Ces deux jeunes, très engagés en paroisse depuis plusieurs années, me font découvrir avec joie le nouveau visage de leur église qui vient d’être rénovée.

« Dieu est central dans ma vie »
Après sa communion, Yann a intégré le groupe de servants de messe de Muraz, géré admirablement par Maria Sorrentino. A travers le service de l’autel, sa foi a grandi sans qu’il ne le sache tout de suite.

C’est après sa confirmation que Yann s’est vu confier la tâche de responsable des servants de messe sur Muraz. Cette nouvelle responsabilité a été très motivante pour son engagement sans faille auprès de la paroisse. Cela lui a permis de prendre de la maturité et a rendu sa foi toujours plus solide.
« J’ai toujours cru en Dieu mais je sais maintenant que Dieu est mon Père et qu’il veille sur moi. Dieu est central dans ma vie. »

Pourtant Yann n’a pas grandi dans une famille très pratiquante, mais il dit avoir reçu comme un appel du Seigneur. 

Yann souligne qu’il n’a aucun problème pour parler de sa foi autour de lui. Aux jeunes de son âge comme aux plus anciens. Malgré l’adolescence, où il n’est pas toujours facile d’assumer ses croyances, il en parle ouvertement.

Le plus jeune sacristain de la paroisse
Bastien a suivi le même parcours que son acolyte et a rejoint les rangs des servants de messe après sa première communion sous le regard bienveillant de Josette Rey-Mermet ; par la suite il s’est vu confier la responsabilité des servants de messe de Collombey.

Issu d’une famille très religieuse, s’investir dans la paroisse était une évidence pour lui. Il a commencé rapidement à s’intéresser au travail de préparation de la messe. Aujourd’hui, il est devenu le plus jeune sacristain de la paroisse ! 

« Je fais partie de différents groupes (Relais, etc.) et il y a une excellente ambiance. Cela nous permet d’avancer ensemble » m’assure Bastien. Il prie souvent et atteste de sa foi dans ses actes et ses paroles.

Confinés mais actifs !
« Le curé Jérôme m’a passé un message à moitié caché », raconte Yann en rigolant. « Il m’a informé que les cloches de l’église de Muraz auraient besoin d’un bon coup de nettoyage. »

Ni une, ni deux, les deux jeunes amis décident de nettoyer les cloches de l’église de Muraz le Vendredi saint (moment adéquat étant donné que les cloches ne sonnent plus) et par souci d’équité, celles de l’église de Collombey le lendemain. Les deux compères s’attaquent donc à des travaux titanesques !

Vendredi matin, les six cloches ainsi que le clocher de Muraz ont retrouvé leur prestance !

Des découvertes inattendues
Samedi matin, ils constatent que le clocher de l’église de Collombey est en très mauvais état et qu’il est donc impossible d’y accéder pour nettoyer les cloches. A la place, ils décident d’astiquer de fond en comble différents lieux religieux de Collombey et Muraz ! Ce nettoyage de printemps ne sera pas sans surprises. Ils découvrent des « trésors cachés » dont quatre têtes d’anges !

Yann et Bastien assurent qu’ils ont passé un excellent moment en rendant service et qu’ils ne s’arrêteront pas là. C’est déjà prévu, cet été ils s’occuperont de la chapelle des Neyres et de celle d’Illarsaz ! La paroisse de Collombey-Muraz peut se vanter de la richesse de cette jeunesse active !

Impossible de repartir de Muraz sans une visite guidée par ces deux compères des catacombes de l’église de Muraz ! 

Ils sont fiers de leurs églises et de leur paroisse ! Bravo à vous, Yann et Bastien !

(7 mai 2020)

L’EMS Riond-Vert en temps de pandémie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Yasmina Pot | Photo: Fabien Delavy, Lisa Pot, Yasmina Pot

A l’heure où le mot d’ordre est de protéger nos aînés à tout prix, Fabien Delavy, directeur de l’EMS Riond-Vert à Vouvry, nous parle des mesures extraordinaires mises en place dans le home dès le début de la pandémie. « La vieillesse est comparable à l’ascension d’une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie ! » Ces mots d’Ingmar Bergman, que l’on peut lire en première page du site internet de l’EMS Riond-Vert, évoquent une sagesse obtenue avec le recul du temps, privilège de l’âge. En ces temps d’épidémie, qui rappellent à certains résidents l’époque de la guerre, ceux-ci expriment des interrogations.

Avant la pandémie de coronavirus, les journées étaient rythmées par des activités de groupe, permettant aux résidents d’avoir une vie sociale stimulante. Pour les moments religieux, la récitation du chapelet dans la salle d’animation, avec deux accompagnants, pouvait compter sur un public fidèle, participant activement, et un public préférant l’écoute. La messe à la chapelle le vendredi était suivie par de nombreux résidents. La pasteure, Nathalie Capò, animait une rencontre les mardis deux fois par mois et proposait de la lecture et un moment de partage selon la demande des résidents.

Un rythme de travail transformé
« Avec l’apparition de la pandémie, les visites et les animations ont été supprimées et le rythme de notre travail a été ralenti ; nous avons mis l’accent sur l’attention individuelle à chaque résident », explique Fabien Delavy, directeur de l’établissement ; il ajoute qu’il a fallu engager plus d’employés – infirmiers et accompagnants – pour pouvoir répondre aux besoins de chaque personne. Ce qui se faisait avant en groupe a été remplacé par un accompagnement individuel, apprécié par les résidents.

Dans la pratique : des repas apportés en chambre sur un plateau, une collation servie avec une attention toute particulière, où l’accompagnant prend un temps supplémentaire avec le résident, afin de marquer ce moment comme étant privilégié. « La télévision a été installée dans toutes les chambres », raconte le directeur. « Cela permet aux résidents d’avoir un support média, de suivre les messes et de se distraire. Pour les contacts avec les familles, les services de l’établissement ont à leur disposition des tablettes électroniques, qui permettent à nos pensionnaires de voir leur proches à distance. »

L’art-thérapie
L’activité d’Agnès Bénet, art-thérapeute à Riond-Vert, consiste à permettre aux personnes d’exprimer leurs émotions par des activités artistiques telles que le dessin, le chant, la poésie, la danse. « L’art-thérapie aide à accepter les événements difficiles de la vie en les transformant en quelque chose de positif. Dans ces temps de confinement, qui rappellent l’époque de la guerre à certains résidents, et où la solitude est fortement ressentie, un besoin de soutien accru se manifeste chez eux », confie la thérapeute. Son travail ainsi que celui des animateurs individuels offrent aux pensionnaires une écoute et la possibilité d’un dialogue.

Une approche spirituelle renforcée
Depuis l’apparition de la pandémie, la thérapeute a dû travailler différemment. Moins de matériel et un contact de personne à personne renforcé. « L’approche spirituelle, développée en temps normal à Riond-Vert, est accentuée en cette période difficile. Lorsque la personne le souhaite, la prière et les chants religieux sont pratiqués. Il s’agit aussi de permettre à ceux qui le souhaitent d’exprimer leurs craintes et de parler de la mort », explique la thérapeute. 

Vivre la messe à distance
Une résidente en logement protégé de Riond-Vert, qui avait coutume d’assister les vendredis à la messe dans le home, nous a confié que communier spirituellement en regardant la messe sur France 2 lui convient bien. Sa fille et elle ont même trouvé une manière de se donner à distance le signe de la paix par le biais d’une brève sonnerie de téléphone le moment venu. « C’est notre façon de nous donner la paix du Christ », raconte-t-elle.

« Quant au confinement, je profite de cette période de repos forcé pour trier un grand nombre de photos et me mettre ainsi « en présence » des personnes que j’ai connues, en me remémorant de bons souvenirs. » 

L’avenir
« Ce temps de lutte contre la diffusion de la pandémie au sein de notre établissement a été très intense. Il a nécessité un grand investissement de la part du personnel, qui s’est montré très engagé », confie le directeur avec reconnaissance. Il ajoute qu’à la fin du mois d’avril, l’EMS a connu un nombre stable de décès par rapport aux périodes non pandémiques. 

Depuis fin avril, les résidents peuvent désormais sortir de leur chambre, accompagnés individuellement par un membre du personnel. Les rencontres en groupes sont toujours interdites. Le projet imminent de la direction est d’organiser les visites des proches des pensionnaires par écran plexiglas interposé. 

De l’avis du directeur, cette épreuve suscite de nombreuses réflexions, notamment sur le rôle des contacts sociaux entre les individus.

(5 mai 2020)

Demain, l’espérance…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Nicolette Micheli et Sandrine Mayoraz | Photo: François-Xavier Mayoraz, Nicolette Micheli

A l’heure où les autorités fédérales annoncent les phases de déconfinement, deux rédactrices du magazine paroissial vous partagent un bout de leur vie spirituelle. Découvrons d’abord le témoignage de Nicolette Micheli puis celui de Sandrine Mayoraz, qui évoquent leurs manques, leur « perle » et leur défi pour demain.

Nicolette Micheli

Les médias ne cessent de déverser leur flot de mauvaises nouvelles et on nous annonce que le pire est à venir. Pourtant, aujourd’hui, l’horizon s’éclaire : les grands-parents peuvent ouvrir leurs bras à leurs petits-enfants. Ces retrouvailles, quelle joie ! Ce manque de liens sociaux en vrai fut une épreuve. Plus de fête de famille, plus de contact entre amis, plus de visite à l’EMS, plus question d’entourer un proche à l’hôpital. Plus tragique encore : interdiction d’accompagner son cousin à sa dernière demeure. 

A l’intérieur de nous, pas de confinement
Malgré tout je mesure ma chance : ma voisine fait mes courses, je cuisine pour elle et pour d’autres, je m’occupe de mon jardin, je me balade le long du Rhône ou en montagne et je m’émerveille devant cette nature qui renaît chaque printemps.

Oui, nos libertés sont limitées, mais, à l’intérieur de nous, pas de confinement. Le silence retrouvé m’ouvre à l’intériorité. Je lis dans le calme, je goûte à la musique, je prie pour les autres. Surtout pour ceux dont ce virus rend leur quotidien encore plus difficile. Oubliés des médias, ils existent toujours ces réfugiés entassés dans les camps, ces victimes de guerres interminables et ces pauvres en quête du strict nécessaire.

Elargir la prière
Chaque matin le pape François nous invite à élargir notre prière au monde entier et renforce notre confiance en Dieu. Chaque dimanche, notre évêque nous rassemble pour partager la même espérance. Ses homélies nous apportent lumière et réconfort. Mais j’attends avec impatience une messe et une communion « pour de vrai ».

Mon défi pour demain : ne pas oublier Dieu quand tout va bien et « ne pas lui laisser qu’un rôle de paratonnerre utilitariste » comme nous l’a dit notre évêque. Demain, saurons-nous vivre plus sages et plus solidaires sur cette terre onnée en partage ? Si demain les humains continuent à déployer tous les trésors de solidarité, de dévouement et de courage qui se sont manifestés autour de nous, alors nous serons sauvés.

Sandrine Mayoraz

La foi et le rassemblement
Dans mon agenda tout s’annule et je mesure à quel point ma vie de foi passe par le fait de se rassembler ! Certains groupes de jeunes, comme la Montée vers Pâques ou le Relais, ont pu continuer sous forme de vidéoconférence pour prendre des nouvelles. C’est mieux que rien, mais génère une grande insatisfaction et impatience de ne pas être en « vrai », de ne pas rire, manger ensemble. Je constate à quel point notre foi s’appuie sur la relation amicale, sensorielle et sociale. Et on se réjouit profondément de pouvoir vivre en communauté.

De nouvelles habitudes
En famille, suivre la messe en direct à la télévision dans notre salon avec deux enfants en bas âge, c’est le même défi qu’à l’église paroissiale. Et même plus difficile. Par contre, nous prenons de nouvelles habitudes. Souvent, nos promenades nous ont conduits à l’église. Nous entrons, nous allumons une bougie et nous récitons une courte prière à Marie. Nous lui confions ceux qui prennent soin de nous. Ce petit rituel à l’église révèle combien les gestes sont porteurs de sens. Même si nous, parents, nous oublierons cette habitude après le confinement, nos enfants garderont ce réflexe et nous le rappelleront chaque fois que nous passerons devant une église, un lieu qui leur est devenu si familier.

Ce qui m’a marquée aussi, c’est que nous n’étions jamais les premiers à allumer une bougie. D’autres paroissiens sont passés dans la journée. J’ai toujours une pensée pour ceux qui ont allumé leur lumignon avant nous. Une communion de prière.

Comment partager sa foi
Difficile de participer à la messe, mais possible de lire la Bible. J’ai participé à un groupe biblique virtuel. Lire, tous, le même passage, échanger juste un petit verset par message, me rappelle combien le partage de la foi est essentiel pour moi. Le regard de l’autre m’ouvre à des perspectives inattendues, qui font écho à la Parole de Dieu. Cela a eu un sens spirituel fort car ce groupe s’est constitué par « hasard » avec des amis, et des inconnus que je ne rencontrerai probablement jamais. De beaux textes découverts m’ont enracinée en Dieu et donné confiance pour un présent incertain.

Mon défi pour demain : garder des petites fidélités quotidiennes qui enracinent doucement mais fermement ma foi.

(7 mai 2020)

Une année marquée par le Coronavirus!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par l’abbé Dominique Theux, vicaire | Photo: B. Hallet, dr

En rédigeant l’éditorial de ce mois de juin je me suis souvenu de ce que j’écrivais pour le mois de septembre, lors de la rentrée scolaire. Je constate combien tout a été bouleversé depuis la mi-mars. Alors que les « vraies » vacances sont toutes proches, qui ose encore préparer un séjour d’été sur les plages italiennes ou françaises, alors qu’on nous a sans cesse répété depuis trois mois : RESTEZ CHEZ VOUS !

Ce virus nous a forcés à imaginer la vie autrement ! A penser non pas seulement à ceux qui sont « si loin » en Chine ou en Amérique mais à nos proches voisins ou à des membres de nos familles ou des proches disparus en raison de la pandémie. Je retiens ce « coup d’épée » qui me force à m’arrêter pour me remettre en question : c’est quoi pour toi la vie ? En quoi ou en qui crois-tu vraiment ?  As-tu eu un message pour une personne proche qui a enduré le calvaire plus que toi ? Ou pour un commerçant ou un indépendant qui a laissé combien d’argent dans l’aventure ?

Et ces Eucharisties qu’il m’a fallu (selon les directives de notre évêque) célébrer seul, en portant tous mes paroissiens dans la prière, dans la confiance et la foi. Alors que beaucoup parlent de crise, de reprise ou de relèvement de l’économie, je suis là avec ma foi et mes questions, et je supplie le Seigneur : que veux-tu nous dire à travers tout ça ?

Voici des paroles de saint Paul (cf Rm 8, 31ss) : « Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger ? Mais dans tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » « N’ayez pas peur ! Je suis là, avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Gardez « le virus » de la foi !

(30 avril 2020)

Vous avez dit «quarante»?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Sandrine Mayoraz | Photos: Berna Lopez, evangile-et-peinture.org

Etre en quarantaine, ça vient du chiffre quarante. Quarante est aussi un chiffre biblique, récurrent et symbolique, qui a le sens d’un cycle de vie. Evidemment entre la quarantaine confinée et le Carême j’ai beaucoup réfléchi à ce chiffre et je partage avec vous quelques-unes de mes réflexions.

Pentecôte.

En transit
Voici quelques épisodes dans la Bible où j’ai rencontré ce chiffre. La liste n’est pas exhaustive : 40 jours de déluge, 40 jours pour Moïse sur le Sinaï, 40 ans dans le désert, 40 jours pour Elie dans le désert avant la théophanie au Mont Horeb, 40 jours où Goliath défie Israël avant l’arrivée du petit David, 40 jours annoncés par Jonas avant la destruction de Ninive.

Tous ces « quarante » m’inspirent un entre-deux. Des personnages en attente, entre deux mondes, entre deux promesses. Comme pour ces personnages, l’entre-deux engendre un inconfort, une insécurité matérielle, sociale, relationnelle, il suggère une durée indéterminée : des conditions qui ressemblent à notre quarantaine. 

Attendre et vivre en même temps
Dans la Bible, « quarante » est un temps associé à la purification, à la conversion, à la croissance, notions auxquelles le Carême fait référence. Mais il s’agit aussi d’un temps de retrouvailles pour se réapproprier Dieu. Dieu n’attend pas, Il est là au présent. 

Attendre et vivre, cela nous semble paradoxal. Et pourtant, comme en quarantaine, ils doivent parfois cohabiter. Je n’avais jamais pris conscience de cela jusqu’à ce que je vive 40 semaines de grossesse. Oui, dans ce cas, on attend un heureux événement et en même temps on vit en relation permanente avec l’enfant, au sens propre pour la maman. 

Sera-t-on transformés ?
Il existe un autre passage qui nous parle de 40 jours. On le cite plus rarement et pourtant il occupe notre mois de mai… Les disciples aussi se sont confinés après la mort de Jésus, par peur des Juifs. Selon les Actes des Apôtres, « c’est à eux que Jésus s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » (Ac 1, 3) Symboliquement, Jésus est resté quarante jours, un cycle de vie, après sa résurrection. 

Confinés par peur ou parce qu’ils se sentaient comme perdus sans la présence de Jésus, les disciples ont attendu la force promise. A la Pentecôte, c’est le don de l’Esprit Saint descendant sur eux qui les pousse à proclamer la bonne nouvelle de Jésus, mort et ressuscité.

A leur exemple, nous pouvons aussi vivre ce confinement que nous n’avons pas choisi comme une préparation à retourner dans le monde comme des chrétiens profondément transformés par la présence de Jésus Ressuscité.
(6 avril 2020)

Tout ira bien

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Maryline Hohenauer | Photo: B. Hallet

C’est sûr, il y aura un avant et un après coronavirus. Plus jamais notre quotidien ne sera le même. 

Le fait d’être confinés, interdits de sortie pour ne pas tomber malade ou pour ne pas transmettre la maladie, prête à développer notre attention aux autres. Une occasion extraordinaire d’accorder notre temps aux plus faibles, à ceux qui sont le plus susceptibles d’être atteints dans leur santé. Une opportunité unique et inédite aussi pour les parents qui doivent user d’ingéniosité, s’armer de patience et de courage pour exercer leur nouveau rôle de maîtres d’école de leurs bambins.

Le monde est suspendu à l’actualité liée à ce virus. Ce contexte de crise peut être troublant et angoissant, mais nous voulons nous rappeler qu’en tant que chrétiens nous avons une véritable chance : le lien de la prière !

Privés de prière communautaire dans nos églises, nous avons appris à faire Eglise autrement mais toujours ensemble ! Prier pour la communauté, se remémorer les visages que nous croisons dans nos églises. Puis prier pour nos voisins, notre quartier, notre village, notre Chablais, notre canton, et, de plus en plus grand, nous porter tous dans la prière ! 

Que ce temps de confinement nous ramène à « l’essence-ciel » ! Tout ne nous ramène-t-il pas là finalement ? Que Dieu nous bénisse et qu’Il nous apporte tous les jours la force pour vivre ensemble ce temps différent, sous le regard bienveillant de Marie.
(27 mars 2020)

Elans de solidarité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Maryline Hohenauer et Sandrine Mayoraz | Photo: Maryline Hohenauer

Cette pandémie de coronavirus a vu fleurir le printemps mais aussi toutes sortes d’initiatives communautaires ou personnelles pour que ce temps de confinement soit le plus constructif possible. Sans négliger les souffrances et les inquiétudes sous-jacentes, nous avons envie de partager cet élan de solidarité qui entretient les relations et maintient le quotidien à flot. La liste n’est pas exhaustive mais ce sont des petites fleurs du grand bouquet de solidarité auquel beaucoup participent.

Association « le Maillon »

Les membres de cette association active depuis 1994 ont pour but l’entraide bénévole pour la commune de Collombey-Muraz ; ils ont su faire face à la situation actuelle de l’épidémie de coronavirus. Le Maillon a certes suspendu ses visites dans les homes ou à domicile mais l’engagement n’a pas faibli ! Ainsi il assure un service de transport pour les rendez-vous médicaux, avec les mesures de protection en vigueur, il fait les courses, offre un contact téléphonique pour les personnes suivies ou avec quiconque ayant besoin de parler. 

Ne pas céder à la panique et accomplir son devoir social : le Maillon est là, n’hésitez pas à contacter ses bénévoles : 077 522 61 16 ou lemaillon-collombey-muraz@bluewin.ch

Les jeunesses de Collombey-Muraz et Vionnaz

Les membres de nos jeunesses ont à cœur de prêter main- forte à toutes les personnes considérées comme étant à risque durant cette période compliquée : pour effectuer les commissions, chercher des médicaments ou encore promener les chiens, nos jeunes sont là ! 

N’hésitez pas à contacter Estelle pour Collombey-Muraz au 077 502 01 77 ou Aline pour Vionnaz 078 765 77 87.

Take your Bike à Monthey

Simplement et de manière efficace, en faisant leurs courses à vélo à leur place dans le respect des règles d’hygiène : service gratuit de livraison à domicile, 079 287 72 12.

A Vouvry

Le CMS maintient avec priorité les activités de soins, et les bénévoles sont là pour vous accompagner. 

Appelez le 024 482 05 50.

A Port-Valais

La commission sociale met à disposition un réseau d’entraide dans le même élan.

Contactez Kevin au 075 437 57 49.Merci pour ce que chacun a fait dans sa famille, dans son quartier, dans sa commune, dans son hôpital ou dans sa paroisse. Merci d’avoir aimé votre prochain (comprenez celui qui est proche de vous géographiquement, affectivement ou spirituellement).

« Les gouttes d’amour », sainte Teresa de Calcutta
« Ne vous imaginez pas que l’Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c’est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n’est pas par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ? Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, il n’y aura plus de lumière, et l’époux dira : « Je ne te connais pas. »

Mes Amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’Amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme. 

Ne chercher donc pas Jésus au loin ; Il n’est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien la lampe et vous Le verrez. Amen. »
(5 avril 2020)

«Pâqu’et Surprises»: Montée vers Pâques des jeunes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mars 2020

Par Céline Sallin, animatrice | Photo: Mauro Cortese, Céline Sallin

Judas qui trahit Jésus, mauvaise surprise… Pierre qui renie Jésus, mauvaise surprise… Jésus meurt sur la croix, très mauvaise surprise. Puis Marie Madeleine et Marie de Magdala qui reviennent du tombeau, surprise!!!Jeune du Chablais valaisan, nous t’invitons activement à venir participer à la Montée Vers Pâques (dite MVP) qui aura lieu du 9 au 12 avril 2020 sous le thème « Pâqu’et Surprises ». De Val d’Illiez à Monthey en passant par Muraz, nous te proposons un Triduum pascal dynamique et surprenant ! 

La MVP est un camp catho s’adressant principalement aux jeunes dès le CO. Nous vivons ensemble quatre jours pour nous remémorer les derniers instants du Christ sur terre, depuis son dernier repas jusqu’à sa Résurrection. Nous explorerons cette année le thème des surprises que les Apôtres ont vécues aux côtés de Jésus et nous vous en préparerons aussi quelques-unes. Et toi, comment vis-tu les surprises de Dieu ?

Du côté des animateurs
Pour les neuf animateurs, la MVP 2020 a déjà débuté. Depuis novembre, toujours motivés, nous réfléchissons ensemble pour vous concocter plusieurs jours inoubliables. Les idées ont fusé et les activités se sont mises en place. Entre le film, la nouvelle roue des petits jeux et Pignata,
le programme sera riche : promis, tu ne t’ennuieras pas ! Il y aura aussi les célébrations dans les paroisses pour partager et approfondir notre foi.

En tout cas, tous vous diront que l’union fait la force… Notre bonne équipe proposera notamment aux jeunes un méga « Fort-Boyard » qui nous demandera de la détermination, de la collaboration entre tous, de la concentration et surtout du plaisir à participer. 

Alors toi qui envisages de venir, n’hésite plus, attrape un ou deux copains, ton kit
de survie dont un sac de couchage, ta bonne humeur et aussi un paquet avec trois objets qui te représentent pour le jeu de connaissances du jeudi soir, nous t’attendons.Infos : Sandrine Mayoraz, 079 739 24 22
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Le film «Lourdes», dix pèlerinages bouleversants

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mars 2020

Par François-Xavier Mayoraz | Photo: Mars films

En mai 2019, sous la direction des réalisateurs Thierry Demaizière et Alban Teurlai, sortait sur les écrans de cinéma le film bouleversant «Lourdes» sur quelques pèlerins se rendant à ce sanctuaire bien connu.Il a fallu un an de tournage à Lourdes, dix pèlerinages, 250 heures d’images et quatre mois de montage pour réaliser ce film, qui ne se veut pas un film religieux mais un film sur la condition humaine. Car oui, il s’agit bel et bien d’un film, et non d’un documentaire. Ainsi, il n’est pas question d’interviews, de mener une forme d’enquête ou de transmettre certaines informations sur ce pèlerinage, mais d’accompagner avec la caméra quelques personnes lors de leur temps de pèlerinage dans ce sanctuaire de Lourdes. 

La force de cette œuvre repose notamment sur le choix de ces personnes. Elles sont toutes très différentes mais elles sont toutes si belles. Je retiendrai particulièrement l’histoire de ce petit Jean-Baptiste, qui accompagne son papa à Lourdes afin de prier pour son tout-petit frère gravement malade. Comment ne pas s’émouvoir devant la bonté de cet enfant ?

Si le contenu de ce film est beau, la forme l’est également. Les images sont juste magnifiques et on peut vraiment souligner l’immense travail et la grande patience des deux réalisateurs pour mettre à l’écran d’aussi beaux plans, si bien composés.
Ce qui est surprenant, c’est que ces deux personnes ne sont absolument pas croyantes : l’un est agnostique et l’autre athée. Mais à aucun moment ils ne tournent en ridicule le phénomène qu’est Lourdes ou se moquent des personnes qu’ils filment. Au contraire, on peut observer de leur part beaucoup de respect pour ce lieu et pour ces pèlerins, notamment dans le parti pris de ne pas s’attarder sur les commerces autour du sanctuaire.

Vous l’aurez compris, on ne peut que recommander ce merveilleux film, que vous soyez déjà allés à Lourdes ou non. Vous ne pourrez qu’être conquis par ce que je n’hésite pas à qualifier de « chef-d’œuvre ».« Lourdes », 2019
France, 1h30.
Disponible en DVD et Blu-ray

Matteo Zucchinetti: «Ma foi est là, dans le service»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), janvier-février 2020

Texte et photo Par Bernard Hallet

A l’heure de la messe, l’église est en lumière, la sono branchée, les calices sont prêts. Leur présence dans nos églises est une évidence, à tel point qu’on en oublie leur travail et leur grande disponibilité. Les sacristains et sacristines de nos paroisses racontent leur «sacerdoce». Nous poursuivons la série avec Matteo Zucchinetti, jeune sacristain de la paroisse Saint-Didier, de Muraz.« Ici, je me sens chez moi », indique Matteo Zucchinetti. Le sacristain s’affaire à préparer l’église pour la messe exceptionnelle de ce 8 décembre. En effet, l’église de Muraz accueille de nouveau les fidèles après sept mois de travaux de rénovation. Il a d’ailleurs activement aidé à la réaménager début novembre.

Poursuivre le service
A 23 ans, Matteo est le plus jeune sacristain de nos secteurs. « Quand Marie-Thérèse et Edith (les sacristines qui l’ont précédé, ndlr) ont souhaité arrêter, l’abbé Jérôme a demandé un ou une volontaire pour prendre le relais. Je me suis proposé. » Le jeune homme y voyait une manière de poursuivre le service qu’il avait rendu à l’église comme servant de messe, entre six et treize ans. 

« Ma foi est là : le dimanche matin, j’ouvre l’église, je prépare la messe, j’ai beaucoup de plaisir à discuter avec les paroissiens. » Matteo balaye l’étonnement de certains de voir un sacristain si jeune et fidèle à son engagement tous les dimanches matin : « Pour moi c’est naturel et mes amis ont trouvé ça génial, ils m’ont encouragé. »

Menuisier de profession, le jeune homme ouvre l’église à 10 heures le dimanche, quoi qu’il arrive. 

Peu importe en effet les nuits courtes certains week-ends, l’apprentissage qu’il a achevé pour son métier et la vie que peut être celle d’un jeune de 23 ans. 

A Illarsaz pendant les travaux
Durant le temps des travaux de rénovation de l’église de Muraz, il n’a pas pris de vacances. Matteo a continué d’assurer son service à Illarsaz les quelques mois qu’a duré le chantier. Une autre expérience. Il salue Annie Niffenegger qui lui a ouvert la sacristie de la chapelle. Il a eu du plaisir à retrouver le lieu qui fut la chapelle de son enfance mais, tout de même, l’église de Muraz lui a manqué. 

Le jeune menuisier se concentre sur sa tâche : lumières, mobilier liturgique, hosties, calices, burettes. Rien ne doit manquer au prêtre le moment venu. Cela ne l’empêche nullement de participer à la célébration. « Une fois que la messe est lancée, je peux prier et aller communier. »

Il a beau être attentif, il a une fois provoqué l’hilarité générale en envoyant Mon beau sapin, le chant de Noël, quelque temps après Pâque, au lieu du chant d’envoi prévu initialement. 

Matteo ne s’est pas fixé de durée. « C’est joli de continuer à rendre service. »

Suivez le lien suivant et découvrez Matteo, sportif et catho.
https://www.youtube.com/watch?v=Av3w5iWlMcA

Une crèche pour les petits… et les grands!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), décembre 2019

Par Bernard Hallet | Photo: Casimir Gabioud

Casimir Gabioud, agent pastoral à Orsières, installe sa grande crèche Playmobil à la Maison des Jeunes à Monthey. Une formidable création didactique à découvrir tout au long du mois de décembre.

« Il faut bien quatre à cinq jours de travail pour mettre en place cette crèche », explique Casimir Gabioud. L’installation compte en effet 400 figurines Playmobil et environ 800 animaux, tous en lien avec la Bible. Il a fabriqué les décors. La mise en place achevée, tout ce petit monde occupe 21 m2 de planches disposées sur des tréteaux. « J’en ai scié les pieds pour atteindre une hauteur maximale de 65 cm. Ainsi les plus petits peuvent voir sans problème ».

Une véritable catéchèse !
Au-delà du simple visuel, le village et ses occupants romains, Bethléem, la montagne, la forêt, le désert et la mer servent de décor au récit de la nativité et à une dizaine de paraboles. « C’est une catéchèse ! » Lance Casimir Gabioud. Il a prévu des panneaux pour des explications plus précises. Avec un aspect ludique pour les plus petits qui devront retrouver une vingtaine de souris cachées dans le décor.

L’histoire a commencé en 2014 lorsque l’agent pastoral a disposé une crèche sur la table de sa salle à manger – « Au début c’était minus : les trois rois mages, deux bergers et la crèche proprement dite ». « Tu pourrais la mettre à la cure », suggère le curé. L’année suivante, la crèche est installée dans la grande salle de la cure d’Orsières. Le succès est immédiat : le lieu ne désemplit pas. « 15 à 20 personnes se trouvaient à la cure tout au long des journées d’ouverture, se souvient Casimir. 

Les classes et les groupes des parcours catéchétiques passaient la voir en semaine et les enfants y ramenaient leurs parents le week-end. J’ai vite senti que je pourrai en faire une animation sympa ». 

Les adultes s’y retrouvent aussi
Casimir étoffe son installation, l’améliore d’année en année. En particulier les éclairages, habilement focalisés sur les scènes des paraboles et de la nativité. Le bouche à oreille fait son effet, on réclame la crèche de Casimir ailleurs. Après la cure d’Orsières, l’installation fait étape à Martigny-Bourg en 2018. Le succès est le même partout. « J’ai conçu cette crèche pour les enfants mais les adultes s’y retrouvent aussi ».

Pour preuve, cet homme d’un certain âge émerveillé devant l’installation. Il avait pris une claque lorsqu’enfant il avait reconstitué la crèche avec ses jouets. « On ne se moque pas ainsi de Jésus ! », lui avait dit sa maman. Certains adultes profitent de l’occasion pour poser des questions sur la Bible, la nativité. « Certains passaient « faire un tour » et sont restés deux heures ». 

« Actuellement on ne peut pas régater avec les grands spectacles et les événements culturels. Il faut faire simple », relève Casimir. Il évoque le succès, les témoignages d’admiration, de sympathie, les regards émerveillés, « mais le plus fou dans cette crèche, c’est Dieu qui est venu parmi nous ».

Les servants de messe en sortie… «art et foi»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), décembre 2019

Par l’abbé Willy Kenda, curé | Photo: DR

Les servants de messe de la paroisse ont vécu un week-end «art et foi», du 11 au 13 octobre dernier, à Lucerne. Ils ont entre 9 et 18 ans, la moyenne d’âge a évolué. Ces jeunes, notre «trésor», ont profité de ces visites à la découverte de Lucerne pour nourrir leur foi.Ils sont tous amis entre eux, ils s’éclatent et prennent plaisir à venir servir chaque week-end et vivent avec bonheur nos assemblées chrétiennes !

A Lucerne, ils ont pu profiter, entre autres, de la visite guidée de la ville historique et ses belles églises et autres architectures, la visite du musée suisse des transports et de l’église du pèlerinage marial Notre-Dame de Hergiswald.

Sans oublier les bienfaits du chemin à parcourir vers ces sanctuaires, qui fait sortir ces jeunes de leurs certitudes familiales vers la fraternité universelle ! 

Ils sont notre trésor, ces jeunes, et donc délicats ! Pour nourrir leur foi, la transmission classique n’y ferait rien, ou presque. Chaque année, nous prévoyons deux grands week-ends « Art et Foi » dans des villes historiques en Suisse ou à l’étranger. 

Architecture et monuments, langages vivants de Dieu
Même si la culture actuelle se veut exclusivement humaniste et sans Dieu, nos centres villes historiques sont et restent, à travers leurs peintures, architectures et autres monuments, des langages vivants de ce Dieu toujours vivant qui les a inspirés autrefois. 

Et il est émouvant de voir combien ils inspirent encore nos jeunes, souvent mieux que n’importe quel autre langage ! Comme pour dire avec Jésus, des pierres que voici je ferai un peuple. Oui, le peuple chrétien vit vraiment à travers son architecture, ses peintures, sa sculpture et ses églises ! Avec son Dieu toujours vivant au milieu de lui. 

Les artistes eux-mêmes avouent qu’il y a des moments où peindre c’est dire « je peins » sans l’article « je », des moments où peindre c’est avoir une conversation avec le sujet de sa peinture en allant jusqu’à lui donner la parole. C’est l’incarnation du Verbe, c’est l’inspiration !

La paroisse remercie tous leurs responsables ! Merci aux jeunes pour la fraîcheur et le soleil qu’ils redonnent à nos assemblées, même sans le savoir !

Lucie et Eric Lattion: «La crèche vivante: un moment très fort de partage, de joie et de recueillement»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), décembre 2019

Texte et photo par Maryline Hohenauer

ChapeauLucie, 29 ans, est infirmière et aime prendre soin des autres, dans son travail et à la maison. Elle aime la lecture, un bon moyen de s’évader. Elle apprécie de bricoler avec son fils Célien. Eric, 36 ans, est ingénieur civil et aime les balades en montagne et participer à la vie publique à travers son engagement politique.

Quelle a été votre réaction quand on vous a demandé d’incarner Marie et Joseph et votre enfant, celui de Jésus ?
La première fois, en 2017, avec Célien, nous avons été intrigués par le rôle que cela représentait, car nous n’avions plus assisté à une crèche vivante depuis longtemps. Et Eric, après avoir vu des amis dans les rôles de Marie et Joseph, s’est dit « ça, ce ne sera jamais pour moi » ! Mais c’était avant d’être papa. Et lorsque notre curé Jérôme Hauswirth nous a proposé de participer de manière active à la messe du 24 décembre à Illarsaz, nous avons accepté tout naturellement et avec plaisir. Pour cette année, nous lui avons dit que nous participerons volontiers, d’autant plus que ce n’est pas tous les jours que des habitants de Muraz ont l’honneur de jouer ce rôle à l’église de Collombey !

La naissance d’un enfant est un moment extraordinaire, en cette période de Noël, vivre cet événement privilégié vous touche-t-il ?
La naissance est un moment extraordinaire. Le vivre à la période de Noël ne peut être qu’un moment privilégié. Nous prenons conscience à quel point le temps de l’Avent est une période d’attente durant laquelle on se réjouit mais où on s’inquiète aussi un peu : est-ce que l’accouchement se passera bien ? Le bébé sera-t-il en bonne santé ?

Avez-vous conscience que cela nous aide à approfondir le mystère de Noël et de la venue de l’enfant Jesus ?
Représenter la crèche avec des personnages en chair et en os offre en effet une belle occasion de réfléchir au mystère de l’Incarnation. Avec la crèche vivante, les enfants qui y participent et tous ceux qui y assistent peuvent toucher au cœur du sens de cette fête et vivre avec émotion le récit de la naissance de Jésus. Nous l’avons ressenti la première fois par ce moment très fort de partage, de joie et de recueillement que suscite la mise en scène de la nativité.

Pourquoi avez-vous de nouveau dit oui ?
Nous aimons participer à la vie active de notre commune et de notre paroisse. Il est important pour nous de faire perdurer l’esprit et le sens de Noël. Nous avons été bien accueillis et encadrés par les responsables de la crèche vivante d’Illarsaz avec Célien. C’est avec plaisir que nous participerons à cette deuxième expérience avec un bébé de quelques semaines, s’il est en bon santé.

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