En route vers une nouvelle église

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), mai-juin 2020

Par Georges Grandjean et Brigitte Besset | Photos: Georges Grandjean

La vigne de la chapelle a donné ses derniers fruits en automne. Elle est désormais arrachée pour faire place nette en attendant la pose de la première pierre de la future église. Le projet avance : le crédit est voté et le groupe de pilotage peaufine les plans.Depuis six ans, un groupe d’amis cultive la parcelle de vigne sur laquelle sera construite notre nouvelle église. De très bons moments passés ensemble, au travail certes, mais dans la bonne humeur. Et avec la satisfaction, au fil des saisons, d’observer la croissance de la vigne, puis d’assister à la préparation de nouvelles vendanges chaque automne.

Chaque nouvelle récolte était une réjouissance pour la communauté de Gland, Vich et Coinsins : joie de vendanger et plaisir d’être ensemble. L’occasion de remercier Dieu pour la vigne, le raisin et le travail des hommes. Nous terminions cette journée de fête par un repas communautaire composé entre autres d’une viande tournée à la broche toute la matinée. C’était devenu une habitude, et les participants réservaient la date de cet évènement dès qu’elle était annoncée. C’est donc avec nostalgie et quelques regrets qu’une fois le cycle 2019 terminé avec la chute des feuilles, il a fallu arracher notre jolie vigne pour libérer la parcelle.

La vigne arrachée
Le même groupe d’amis s’en est chargé. Tout d’abord, il y a eu la taille des sarments de l’année, puis l’enlèvement des fils et des piquets ; enfin, la coupe des souches à quelques centimètres du sol. Ces activités ont occupé l’équipe quatre demi-journées.

Il reste encore l’arrachage des racines par le vigneron. Après que nous les aurons rassemblées, les employés communaux les amèneront sur leur site dans l’attente du feu du 1er août, pour lequel elles serviront de combustible. Tout ce travail bénévole très apprécié soulagera le premier centre de coûts du devis de construction, soit les travaux préparatoires.

Plutôt qu’une fin, il faut y voir le début tangible d’« un projet extraordinaire », comme le mentionne le dépliant adressé récemment à tous les paroissiens de l’Unité paroissiale. Réservez-lui donc un bon accueil. Merci pour votre aide.

Des nouvelles de la construction
Depuis la décision du Tribunal fédéral en septembre et plus spécialement depuis la décision de l’assemblée paroissiale extraordinaire du 4 décembre, au cours de laquelle le crédit de construction a formellement été accordé, le groupe de pilotage travaille activement avec le bureau d’architecture pour l’établissement des plans jusque dans les moindres détails. De nombreuses personnes de la communauté, à tous les niveaux, y ont été associées.

Les architectes ont envoyé les premières soumissions aux entreprises mi-février. Nous sommes dans l’attente des retours qui permettront le choix des entreprises. Si les événements actuels, qui perturbent toute l’économie, ne retardent pas les démarches, il est tout à fait envisageable de commencer les travaux de construction début juin.

Les membres du groupe de pilotage sont conscients de leurs responsabilités. Ils espèrent être à même de surmonter les difficultés qui ne manqueront pas de survenir. Pour cela, ils ont besoin du soutien de chacun selon ses possibilités. Sans oublier la prière.

Plus d’informations : www.eglise-gland.ch
Questions ou suggestions : info@eglise-gland.ch
Postfinance : 14-313151-5

La communauté en fête

Nous nous retrouverons pour notre fête patronale, la Saint-Jean-Baptiste, dimanche 21 juin. Ce sera un dimanche particulier, en lien avec la construction de la nouvelle église. Il commencera par une marche méditative en famille sur le thème « Ensemble prendre le chemin vers ce grand projet d’une nouvelle église ». A l’issue de cette marche, enfants, parents et paroissiens de toutes générations et invités du jour seront conviés à la pose de la première pierre. Les détails sur cette journée de fête vous seront communiqués ultérieurement. Une date à réserver dès aujourd’hui !

Ma vie est un miracle

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Marguerite Bays (FR), mai 2020

Par le Père Maciej Gajewski | Photo: DR

C’est le titre du livre-témoignage de Bernadette Moriau reconnue officiellement en 2018 par le Vatican comme la 70e miraculée de Lourdes.C’est une religieuse franciscaine qui vit depuis pas mal d’années sa vocation dans un petit couvent à Bresles en France. 

Elle entre à dix-neuf ans au couvent de Nantes dans la congrégation des sœurs franciscaines oblates du Sacré-Cœur de Jésus en 1958. Elle obtient son diplôme d’infirmière en 1965. En 1966, elle a vingt-sept ans lorsque débutent des douleurs lombo-sciatiques. Cela se traduisait concrètement par une quasi-paralysie. En 2005, son pied gauche se transforme en équin nécessitant une attelle. Son dos, sa colonne et son bassin étaient en compote. Ils étaient soutenus par un corset rigide cervico-lombaire. Ce qui n’empêchait pas son corps de souffrir, ses jambes étaient traversées de décharges électriques. Elle était sous haute dose de morphine pour amortir la brûlure de ces épines invisibles. A la fin, on lui avait implanté sous la peau un neuro-stimulateur médullaire tellement la vivacité aiguë du mal était insupportable. 

Voilà en quelques mots l’histoire de 42 ans des souffrances (1966-2008) de Bernadette Moriau qui devenaient d’année en année plus douloureuses ! 

En 2008, son médecin généraliste, le docteur Christophe Fumery, lui a suggéré de retourner à Lourdes. Voilà comment elle le relate : « Ah sans lui rien ne se serait passé. Je viens le voir tous les vingt-huit jours pour le renouvellement de cette satanée morphine. Ce laïc, catholique engagé, et avant tout médecin, emmène chaque année depuis quarante ans le train des malades du diocèse de Beauvais. C’est lui qui m’a suggéré de retourner à Lourdes. – Vous ne viendriez pas en pèlerinage à Lourdes avez les malades du diocèse ? – Mais, docteur, cela fait belle lurette que je ne crois plus aux miracles pour moi ! C’était plus fort que moi, mais c’est aussi mon tempérament, répondre souvent trop vite, du tac au tac ! En sortant de chez lui j’ai eu honte d’avoir proféré une telle ânerie. Moi, religieuse depuis bientôt cinquante ans, la foi chevillée au corps, je lui répondais que je ne croyais plus aux miracles pour moi ! On ne se refait pas mais comment pouvais-je imaginer qu’une telle grâce me tomberait dessus […] Si quelqu’un devait être guéri pendant ce pèlerinage, cela ne pouvait pas être moi […] La proposition du docteur trotta cependant dans ma tête au point de m’habiter de plus en plus. Lourdes, pourquoi pas ? Elle se profilait comme un aboutissement. J’en parlai à la supérieure générale… Elle me répondit sans tarder : « Vas-y, tant que tu peux y aller ! » Après, c’est vrai, le fauteuil roulant m’était promis, mon corps devait se déformer de plus en plus, jusqu’à la fin… Pourquoi attendre ? Curieusement, plus la date du départ approchait, plus je me sentais poussée à me rendre à Lourdes. […] Après tout, je me laissais guider par la Providence et par l’Eglise, même si les voies de Dieu sont impénétrables puisque cette fois, c’est par mon toubib qu’IL m’avait appelée ! […]

A Lourdes, il s’est effectivement passé quelque chose en moi de très profond, encore invisible, mais bien réel. Je suis comme habitée. […] De ma vie entière, je n’avais jamais été visitée à ce point par le Christ. De toute ma vie, je n’avais été à ce point saisie. Que dire de mieux ? J’ai fait à Lourdes, pendant cette procession eucharistique le 4 juillet 2008 à 17h, une expérience directe de Dieu. […] Sous le feu de la bénédiction du saint sacrement j’avais été brûlée par l’amour sans limite de Dieu. Deux fractions de seconde : l’eau, le feu… Cela marquait en moi, pourtant religieuse, le début d’une nouvelle vie. […] Mais elle commençait mal, cette nouvelle vie. Il fallait déjà repartir. Quitter ce paradis de Lourdes seulement perceptible aux yeux et aux oreilles du cœur. Boucler ma modeste valise. Affronter le long trajet de retour, ce train de fer. Sans changement apparent. J’étais une autre dans mon intérieur. J’étais la même dans mon extérieur. »

Trois jours après le pèlerinage, de retour dans sa communauté, Bernadette est inondée d’une chaleur qui part du cœur et se répand partout. Une voix intérieure lui dit de se débarrasser de son corset, de son attelle de pied, de son neuro-stimulateur, de ses hautes doses de morphine… et de s’extraire de la douleur qui lui rongeait la colonne vertébrale depuis quarante ans. Etonnée, bouleversée, Bernadette marche. Elle sort de sa chambre et appelle Sœur Marie-Albertine. Elle lui demande : « Mais qu’est-ce qui t’arrive ? – Bernadette lui dit : Je ne sais pas ce qui m’arrive, Je n’ai plus rien. Je n’ai plus mal. » 

Au moment de sa guérison Bernadette était âgée de 69 ans.

Vont suivre dix années d’examens, de visites médicales – plus de 300, toutes disciplines confondues –, de commissions d’experts…

Le 11 février 2018, la guérison de Bernadette Moriau est déclarée « inexplicable en l’état actuel de nos connaissances scientifiques ». Elle est reconnue officiellement comme la 70e miraculée de Lourdes ; elle qui avouait qu’elle ne priait pas pour sa guérison mais toujours pour la guérison des autres malades.

Les lieux de pèlerinages préférés dans la région

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Gérard Dévaud | Photo: Georges Losey

Si nous devions dresser une liste du top cinq des lieux de pèlerinages préférés des paroissiens de Saint-Laurent Estavayer, la palme d’or reviendrait certainement à Notre-Dame de Bonnefontaine!Et j’ai encore pu le vérifier tout dernièrement, au début de la période de confinement. En balade sur les hauteurs de Cheyres (seul, rassurez-vous !), je suis arrivé là-bas et ai rencontré plusieurs badauds, dont des jeunes, qui priaient ou allumaient une bougie. Le bougeoir était d’ailleurs rempli. Quelques jours après, une dame venant de là-bas me disait qu’elle était frappée de voir le nombre de personnes qu’elle avait vu se recueillir devant la Vierge de Bonnefontaine.

D’autres lieux de dévotion
Certainement qu’en ces jours particuliers, la foi est un appui réconfortant pour nombre de nos contemporains.

Lors de mes visites journalières à l’église de Cheyres, je vois également abondance de bougies allumées devant la statue de Notre-Dame de Grâces.

Je ne suis pas allé me promener plus loin ces jours, mais je suis persuadé que d’autres lieux de dévotion attirent également de nombreux croyants. Je songe à Notre-Dame des Mâs, lieu très apprécié de nos paroissiens. Je pense aussi à Notre-Dame-des-Flots, à l’oratoire de Montet, aux différentes grottes telle que celle de Murist.

« Prier Notre Dame de partout » !
Un autre lieu qui pourrait certainement figurer parmi le top cinq des lieux de pèlerinages préférés de nos paroissiens : Notre-Dame de Tours, vers Cousset. Ce haut lieu de spiritualité depuis le Moyen Age attire en effet bon nombre de croyants de toute La Broye.

En parlant de cela avec des résidents du home, une dame me disait qu’on avait beaucoup de chance de pouvoir prier ainsi Marie présente parmi nous, et pour être sûre de ne pas oublier un lieu de pèlerinage, elle aimait prier « Notre Dame de partout » !

N.B. Exceptionnellement, en raison de la pandémie, le pèlerinage de printemps à Notre-Dame de Bonnefontaine n’aura pas lieu cette année.

Fatima, terre d’espérance

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Bruno Marcello, de Fétigny, président de l’Apostolat mondial de Fatima | Photo: Marianne Berset

Participant depuis de nombreuses années à l’organisation du pèlerinage vers Notre-Dame de Fatima, je voudrais vous donner quelques réflexions de cet endroit du Portugal, situé à mi-chemin entre Lisbonne et Porto.

L’originalité de Fatima, c’est d’être l’Evangile que Dieu nous annonce pour le temps actuel que nous vivons : siècle d’inventions, de découvertes multiples, mais aussi, et surtout de négations de l’au-delà dans la pratique religieuse.

Pour lutter contre la perte de ces valeurs chrétiennes, la Vierge est venue nous demander et nous proposer un certain nombre de moyens; la prière quotidienne (dont le chapelet), l’assistance à la messe et l’offrande de nos souffrances. 

« A la fin, mon cœur immaculé triomphera »
Voilà le message donné à trois petits bergers. Lucie 10 ans, François 9 ans, Jacinthe 7 ans, à qui elle a dit, je cite : « A la fin, mon cœur Immaculé triomphera. »

Pourquoi prendre part à un pèlerinage aujourd’hui ? 

Pour prier en Eglise et conforter sa foi, ou pour une recherche en spiritualité.

Pour remercier ou demander une guérison, ou simplement, partager et échanger avec d’autres pèlerins.

Plusieurs papes se sont rendus en ce lieu béni, pour diverses raisons !

Paul VI, à l’occasion du 50e anniversaire des apparitions.

Jean-Paul II en reconnaissance et en remerciement à la Vierge après l’attentat de 1981, et pour béatifier François et Jacinthe en l’an 2000.

Le pape François s’y est rendu pour leur canonisation en 2017.

Beaucoup de pèlerins aiment s’en retourner à Fatima.

Ceci, afin de revivre les moments intenses d’une procession aux flambeaux, où des milliers de lumignons s’élèvent vers le ciel au passage de la Vierge en chantant l’Ave Maria.

Quand l’émotion est à son comble
Le lendemain, se retrouver sur cette immense esplanade, avec tout ce peuple priant, pour assister à la messe présidée par un prélat portugais ou étranger, et plusieurs centaines d’évêques et de prêtres venus des quatre coins du monde, concélébrer l’office. Voilà un moment très émouvant.

Mais le plus intense est celui de l’Adieu à la Vierge, après la cérémonie et la bénédiction des malades.

La Vierge est à nouveau portée en procession, accompagnée non plus de lumignons, mais d’une multitude de petits mouchoirs blancs, agités sur son passage. Là, l’émotion est à son comble !

Moments de grande ferveur, où chacun se laisse prendre dans l’élan de son cœur et s’exprime dans ce geste d’Adieu, par le chant, la prière ou tout simplement ses larmes.

Il y aurait encore tant de détails à relever, d’endroits à expliquer.

Tel le chemin de croix offert par le peuple hongrois, qui débute à Fatima et nous amène dans une ambiance priante, parmi les oliviers, jusqu’à Aljustrel, petit village natal des trois pastoureaux.

Rien ne vaut une démarche personnelle, Notre Dame du rosaire de Fatima vous y invite, en vous donnant rendez-vous à l’occasion d’un prochain pèlerinage.

La contagion du coronavirus a-t-elle un sens spirituel?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), mai-juin 2020

Par Frère Adrian Schenker, dominicain | Photo : Bernard Hallet / Province dominicaine de Suisse

Le dominicain Adrian Schenker est prêtre et réside au couvent de Saint-Hyacinthe à Fribourg. Durant de nombreuses années, il a enseigné la théologie et l’exégèse de l’Ancien Testament dans notre Alma Mater. En mars dernier, lors de la première messe à huis clos de la communauté dominicaine du Botzet, il a réfléchi au sujet qui est sur toutes les lèvres: la pandémie du coronavirus.Y a-t-il un sens spirituel à ce fléau mo­­derne ? Si oui, quel est-il ? Nous remercions Frère Adrian de nous avoir autorisés à reproduire son homélie.

« Les médias et les cœurs de tout le monde sont pleins des nouvelles de la contagion du coronavirus qui envahit les pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Les mesures prises par les autorités, la situation médicale et les conséquences pour l’économie et pour la société sont à la une.

Mais ne faut-il pas nous demander aussi ce que Dieu veut nous dire à travers cette épreuve grave de notre temps ? À la lumière de l’Écriture sainte, il me semble que ce sont deux paroles qui jettent une lumière sur le sens de l’évènement.

Dieu sauve
La parole de Dieu parle d’un bout à l’autre du salut que nous recevons de Dieu. Il y a peu de mots qui reviennent si souvent dans la Bible que sauver, aider, guérir, éclairer, conforter, protéger, garder, répondre, écouter, guider, entourer, etc. Dieu sauve, et les hommes ont besoin de multiples secours. Les générations qui nous ont précédés savaient cela peut-être mieux que nous parce qu’ils avaient moins de moyens techniques et une science moins développée que l’époque moderne. Elles recouraient à Dieu dans leurs besoins en priant dans leurs litanies : a peste, fame et bello libera nos Domine ! (Des épidémies, des famines et des guerres, libère-nous, Seigneur !).

Devons-nous de nouveau apprendre à recourir à Dieu dans nos besoins ? À lui dire avec foi et humilité : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Dans l’Ancien Testament, Dieu porte le beau titre de *Médecin d’Israël » (Exode 15, 26) et le Psaume 102, 3 (Ps 103, 3) exprime sa conviction croyante : « Le Seigneur te guérit de toute maladie. » Le savoir médical moderne n’exclut pas la prière. Les deux ne sont pas en concurrence, ils vont de pair dans la vie des croyants. Car guérison et maladie peuvent être toutes deux des voies par lesquelles Dieu sauve toute la personne humaine, dans son corps et dans son âme.

L’humanité n’est pas toute-puissante
Mais pour s’en convaincre, il faut se mettre dans la vérité et dans l’humilité : l’humanité n’est pas toute-puissante. N’est-ce pas la tentation moderne, en face de tout ce que les hommes ont découvert et savent faire, que d’imaginer l’homme souverain et maître de tout, capable de venir à bout de tous les problèmes ? N’est-il pas beaucoup plus heureux de pouvoir dire avec la foi : j’ai de nombreux besoins qui me dépassent, et qui me dépasseront toujours, mais j’ai un recours en Dieu ? Lui m’aidera, lui me sauvera car il aime aider et sauver, et il peut m’aider et me sauver. C’est pourquoi le Psaume 9, 21 (Ps 10, 21) adresse cette prière surprenante au Seigneur : « Mets une crainte sur l’humanité afin qu’elle apprenne à comprendre qu’elle est seulement humaine. »

Humain, c’est-à-dire dans le besoin d’aide et dans la joie d’avoir un sauveur qui aimera donner son aide. N’est-ce pas aussi un enseignement que nous pouvons retirer dans la foi de l’épreuve que nous vivons ? »

Apparitions et miracles?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), mai 2020

Par l’abbé Alexandre Barras, curé de Crans-Montana | Photo: DR

Les miracles ne sont pas « nouveaux » pour les chrétiens, puisque les Évangiles nous relatent ceux que Jésus a accomplis, ainsi que ses apparitions après sa Résurrection. Faisons attention à ne pas prendre Notre-Seigneur pour un magicien, un faiseur de sensationnel ! Par ses miracles, Il manifeste son amour et sa compassion pour celui ou celle qui souffre. Il vient sauver l’Homme de ses péchés mais aussi de toutes les entraves qui le paralysent, l’enferment, le diminuent. Au-delà de la toute-puissance de Dieu qui est à l’oeuvre en Lui, les miracles du Christ sont des signes de Dieu, créateur et roi de tout ce qui existe. Dieu peut agir directement, au-delà des lois de la nature, en faveur de la créature que nous sommes, pauvre mais tellement aimée de Lui, son chef-d’oeuvre, placé au-dessus des créatures matérielles et animales.

Pourquoi y a-t-il moins de miracles aujourd’hui ? Du moins le pensons-nous… Certainement à cause de notre peu de foi, comme Jésus le reproche déjà aux Apôtres (cf. par exemple Mt 8,26). Veut-on guérir, comme Jésus le demande déjà à l’infirme de la piscine de Bezatha (Jn 5,6) ? Peut-être en avons-nous peur, lorsque nous savons que cela demandera un témoignage, avec le risque de subir des moqueries, de nous faire traiter de falsificateur ou de menteur ? N’oublions pas, cependant, qu’il y a de nombreux petits miracles encore aujourd’hui comme de retrouver la paix, de nous réconcilier avec un ennemi, de rencontrer Dieu dans notre âme, etc.

Quant aux apparitions, Dieu s’est manifesté au monde à travers les siècles par des apparitions de Lui-même ou de ses serviteurs et servantes, comme la Vierge Marie ou les saints et les saintes. L’apparition déconcerte ceux et celles qui ont la chance de la vivre. Souvent ils doivent subir méfiances, incrédulités, violences. Pourtant un jour elle est reconnue comme vraie et acceptée. Elle est souvent une invitation à la conversion, au retour vers le Père. Elle prévient d’un danger imminent. Elle demande un lieu de prière, de rencontre. Elle est une manifestation d’amour et une invitation à nous améliorer, à changer quelque chose dans nos comportements, nos manières de faire. Elle est aussi un signe : elle dispose à la foi et nous aide à redécouvrir et à approfondir l’Évangile.

Apparitions et miracles, oui ça existe !

Lourdes, ses apparitions et ses miracles

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Mgr Rémy Berchier, directeur du pèlerinage romand interdiocésain à Lourdes et aumônier dans les hôpitaux fribourgeois | Photo: LDD

Directeur des pèlerinages romands interdiocésains à Lourdes depuis tant d’années, Mgr Rémy Berchier s’est rendu déjà des dizaines de fois à Lourdes. Cette année, il n’a pu le faire pour le pèlerinage de printemps en raison du coronavirus. Nul mieux que lui ne peut parler de ce qui se vit à Lourdes à chaque pèlerinage. Bien sûr, les vrais miracles – les guérisons miraculeuses – sont rares. Mais de nombreux autres miracles – d’un autre ordre – se passent à Lourdes. Une belle méditation que nous offre celui qui œuvre aujourd’hui en tant qu’aumônier auprès des malades des hôpitaux fribourgeois.Toi qui es allé à Lourdes, combien de fois, en rentrant rayonnant, n’as-tu pas entendu des boutades sur les miracles ou, justement, les miracles qu’il n’y a pas eus ? La transformation intérieure que nous avons vécue durant la semaine nous laisse bien indifférents à ce genre d’humour.

La Vierge est apparue, à Lourdes, en 1858. En 162 ans, il n’y a que 70 miracles reconnus officiellement par le bureau des miracles. Et il passe, à Lourdes, près de deux millions de pèlerins par année… Trouvez l’erreur !

Dans l’histoire des apparitions de la Vierge, en différents endroits, je n’ai jamais rencontré message plus simple, dépouillé et sobre qu’à Lourdes. En tout 7 paroles pour 18 apparitions du 11 février au 16 juillet 1858. Trois signes importants : le rocher, la source, la lumière. 

Nous voilà dans les fondamentaux : le rocher, c’est Dieu, c’est le Christ et Marie apparaît dans le rocher. La source, c’est le Christ et sa Parole, et de la boue jaillit de l’eau pure et miraculeuse, le Christ fait de nos pauvretés de la beauté. La lumière, les cierges, c’est la Résurrection, c’est l’Esprit Saint. Marie nous renvoie à son Fils. 

Sur l’arc du chœur de la Basilique du Rosaire, il est écrit : « A Jésus, par Marie ». Le 11 février, lors de la première apparition, la Dame fait le signe de la croix avec Bernadette. Lors de la dernière apparition, le 16 juillet, Marie fait le signe de la croix ! Elle nous dit la Trinité, le baptême, le 11 février, la croix, le calvaire que Bernadette vivra à Nevers, le 16 juillet mais aussi la Résurrection. Ne serait-ce pas notre premier signe de croix au baptême et notre dernier signe de croix sur notre corps au dernier A Dieu ? Et Marie choisit la plus pauvre du village. Bernadette disait : « Si Elle avait trouvé plus pauvre que moi, Elle l’aurait choisie. » Bernadette est illettrée, malade, sans avoir suivi le catéchisme, fille du meunier accusée de vol et dont la famille est logée au cachot du village. Ne serait-ce pas cela déjà le miracle de Lourdes et le message fabuleux de Marie au monde ?

De nombreuses formes de miracles
Un jour, un pèlerin italien vint à Lourdes. Il est aveugle et vient demander de retrouver la vue. Il repart sans avoir retrouvé la vue. Quelques années plus tard, il revient à Lourdes avec une grande statue le représentant, un genou à terre, un bandeau sur les yeux. Nous pouvons lire ce libellé sous la statue : « Je n’ai pas retrouvé la vue, mais j’ai retrouvé la foi ! » 

Voilà Lourdes et les miracles ! Une journaliste me dit un jour : « Lourdes, ça ne se dit pas, ça se vit ! » Miracle !

Des miracles non reconnus, enfouis dans le cœur des pèlerins, il y en a des millions ! Ils ne seront jamais publiés, ils resteront le secret entre Dieu et le pèlerin. Souvent, on vient nous le dire sur le chemin du retour ou bien des années après. Chaque année, j’entends les malades qui me disent, eux qui auraient toutes les raisons de supplier une guérison corporelle, « Ah quel bonheur que cette semaine, j’ai rechargé les batteries jusqu’au pèlerinage de l’année prochaine ». Miracle !

Et puis ces deux sœurs qui ne s’étaient pas reparlé depuis 30 ans et qui, par hasard se sont inscrites au même pèlerinage sans le savoir. Elles se rencontrent, toujours par hasard, sur l’esplanade, ne pouvant s’éviter, elles tombent dans les bras l’une de l’autre, se demandent pardon, pleurent et vont fêter leurs retrouvailles. Miracle !

Son enterrement fut une fête !
Cette grand-maman qui, deux ans auparavant, apprenant le cancer de sa jeune petite-fille, demande secrètement à Notre Dame de Lourdes de pouvoir prendre sur elle le cancer de sa petite-fille. Elle se retrouve, deux ans après, avec un cancer en phase finale alors que sa petite-fille est guérie, aussi et entre autres, suite à un pèlerinage de dernier espoir à Lourdes. Elle vient à Lourdes pour remercier la Vierge et demande de mourir à Lourdes. Elle vit pleinement les deux premiers jours de pèlerinage et meurt dans la nuit du mercredi au jeudi. Son enterrement fut une fête ! Miracle ! 

Je me trouvais à Lourdes en février 2003 ou 2004, j’étais vicaire général et notre diocèse était déjà aux prises avec plusieurs affaires de prêtres pédophiles. Je n’en pouvais plus et me posais les questions les plus fondamentales. A minuit, je vais à la Grotte, il neigeait, une vieille femme, habillée tout en noir, surgit de je ne sais où, elle se précipite vers moi et posant son doigt sur mon manteau, me dit : « Toi, tu dois rester prêtre ! » Je me retourne et ne vois plus personne ! Miracle ! 

Et le fait que plus de 500 hospitaliers/ières soignent, aident, aiment nos malades lors de notre pèlerinage. Ils viennent de toute la Suisse romande, de toutes professions, allant d’un président d’un conseil d’Etat au simple ouvrier en passant par tous les métiers et ils se tutoient tous, s’entendent, prient, rient ensemble. Miracle !

Miracles du cœur de l’homme
Miracle de la Vie, Miracle de la Foi, Miracle de l’Amour.

Lors des premiers miracles, pendant les apparitions, les malades venaient vers Bernadette et la suppliaient de les guérir. Toujours, elle disait : « Allez à la Grotte, au fond, à la Source et lavez-vous, buvez de l’eau ! » Et les miracles s’accomplissent !

Les Miracles, c’est Dieu dans le cœur du pèlerin, du croyant, de l’homme !

Bonne méditation !

Un sanctuaire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mai-juin 2020

Par Vincent Lafargue | Photo: Daniel Lenherr

Lourdes ne se comprend vraiment que si l’on s’y rend en pèlerinage, d’une part, et aux côtés de pèlerins malades, d’autre part.

Bien sûr, il faut dépasser la ceinture de marchands de toutes sortes de chapelets et de saintes vierges, parfois du plus mauvais goût. Mais c’est là souvent l’excuse avancée par ceux qui ne veulent pas faire le voyage.

Une fois que vous entrez dans l’espace des sanctuaires, sur cette immense esplanade, il se passe quelque chose. Avec 2’000 pèlerins de Suisse romande, la forte impression est encore amplifiée.

Tous les pèlerins de Lourdes vous le diront, Lourdes ne se raconte pas, cela se vit (voir p. 7). Et pour l’avoir vécu de nombreuses fois et de multiples manières, je ne peux que vous encourager à faire un jour le voyage, à vous rendre à la grotte pour boire à la source que vit jaillir sainte Bernadette, à déambuler dans l’immense basilique souterraine de 25’000 places, à méditer paisiblement dans les prairies de l’autre côté du Gave, à grimper le chemin de croix de la colline…

Et si vous accompagnez le pèlerinage romand, celui de printemps ou celui d’été peu importe, vous aurez encore la joie de trinquer à l’heure de l’apéro avec les merveilleux brancardiers et hospitaliers, parmi lesquels il n’est pas rare de reconnaître, aussi humble que les autres, tel conseiller d’état ou tel « people » de chez nous. Lourdes abaisse toutes les barrières pour nous remettre tous aux pieds de la « belle dame » qu’a vue une petite bergère du coin, plusieurs jours durant en 1858…

Allez à Lourdes… Marie vous y attend, croyez-moi !

La bonté de Dieu face à la pandémie?

Les événements de ces derniers mois interrogent notre foi et celle de nos enfants. Si Dieu est bon, comment peut-il permettre ces milliers de morts innocents? 

Par Bénédicte Jollès
Photo: Pxhere
Si Dieu est tout-puissant pourquoi n’arrête-il pas les fléaux, les guerres ou les catastrophes naturelles ? Ces questions existentielles et essentielles nous heurtent ; nous y sommes tous confrontés et parfois très jeunes. Pourquoi ? Qui est responsable ? Face à ces interrogations douloureuses nous restons démunis, sidérés. Et, le Seigneur laisse le plus souvent les lois de la nature se dérouler et l’homme à sa responsabilité.

Nous chrétiens, nous croyons que le Père ne s’est pas soustrait à ce mal et pour le combattre, il a envoyé son fils unique, Jésus. L’innocent par excellence a été injustement condamné, torturé et mis à mort pour nous sauver.

La création est bonne
A la suite de théologiens comme Thomas d’Aquin ou des psaumes, nous affirmons que Dieu est bon, infiniment bon. Il ne peut vouloir le mal, il le permet seulement. Et surtout, il est à nos côtés pour traverser la souffrance et en tire mystérieusement du bien ; d’autant plus que nous crions vers lui avec confiance et persévérance. Voilà pourquoi sainte Thérèse de Lisieux ou saint Paul affirment que « tout est grâce » ou que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». (Rm 8, 28)

Oui, la création confiée à l’homme est bonne, mais marquée par le péché, par celui des origines d’abord, clé incontournable du mystère du mal, et ensuite par nos péchés personnels. 

Gestes de courage
Si les chiffres des victimes du coronavirus sont saisissants, dignes du pire des cauchemars… avons-nous pris conscience des gestes de courage, d’amour et de foi qu’il a engendrés et qui rayonnent durablement ? Des médecins et des infirmières en retraite ont repris du service au péril de leur vie, des jeunes chrétiens ont assuré les courses de personnes âgées pour leur éviter de sortir, des chaînes de prières dans toutes les langues ont soutenu des personnes angoissées et souffrantes, diffusant la Parole de Dieu comme jamais, des prêtres visitant les malades ont converti des services hospitaliers surchargés. Montrer aussi cela à nos jeunes est fondamental, de même que les responsabiliser pour qu’ils fassent ce qui est à leur portée. Le courage, la bonté et le don de soi s’apprennent, car les réponses de Dieu au mal passent par nos mains, notre créativité et notre générosité.

Ralentissements

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2020

Par Pascal Tornay | Photo: Ldd

Ah ce virus ! Il en aura fait parler à toutes les sauces. Et ça continue, puisque j’écris encore à ce sujet… En marge des alertes, des pleurs et des drames par milliers, il y aura eu, plus silencieusement, ce que tant d’esprits (saints ?) demandaient avec ferveur depuis longtemps : un ralentissement de la course folle, un retournement vers davantage de sobriété, de simplicité, un retour à ce – et surtout à ceux – qui se trouvent autour de soi…Englué qu’il est dans le superficiel, la course à la possession matérielle et au salut par l’argent et le pouvoir, le genre humain seul serait-il, seul, parvenu à un tel résultat planétaire ? Il aura fallu qu’un être vivant microscopique – pour ne pas dire invisible – fasse le sale boulot : tout faire cesser ! Il ne faudrait pas qu’elle nous lâche trop tôt, cette petite bête, car nous repartirions tous autant que nous sommes dans la course infernale… aussi vite que nous avons plongé dans l’immobilité. A propos d’immobilité : les données GPS montrent de stupéfiantes baisses de trafic sur l’autoroute entre Lausanne et Genève par exemple !

Nous voici donc dans une certaine statique qui, chez certains, provoque l’anxiété, chez d’autres, la sérénité… Deux camps ! En effet, l’hystérie de certains montrent, d’une part, combien notre peur de manquer est grande et d’autre part en quoi (ou en qui) nous avons placé notre confiance. Le temps des c(e)rises est une loupe sociologique puissante : il manifeste clairement où nous en sommes avec nous-mêmes, avec les autres et avec le Seigneur ! Cela me rappelle la parabole des brebis et des boucs que le Christ place à sa droite et à sa gauche dans l’Evangile. (Mt 25, 33) Deux camps ! En fait, cette frontière ténue passe à l’intérieur de chacun d’entre nous. Nous avons tous affaire à nos démons. Ces temps si particuliers les feront ressortir. Il faudra leur faire face. Si c’est pour qu’ils nous quittent définitivement, ce sera une excellente chose.

Quelle n’a pas été ma surprise de voir les rayons des supermarchés de Sembrancher où j’approvisionne ma famille, être dévalisés comme en temps de guerre. J’imaginais cette hystérie avoir lieu seulement dans les grandes villes de Suisse romande… Dans cette situation sans précédent, je nous exhorte à rester dans la paix et la confiance dans le Seigneur et, en toutes circonstances à (ré)agir comme des chrétiens, c’est-à-dire rester à l’écoute de la Parole de Dieu, fidèles à la prière, attentifs aux besoins des plus proches et être prompts à l’action solidaire. Et le dernier mot revient au psalmiste : « Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130, 1-2)

« Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants ! » (Ps 118, 8-9)

Les horaires des messes en Suisse romande

Vous pouvez entrer un lieu (ex. « Martigny » ou « Friibourg »), un rayon (ex. 5, 10 km) ou un rite (ex. « rite romain ordinaire », « rite byzantin », etc.) ou cliquer directement sur la carte.

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Prière de Taizé – Jusqu’au 5 juin – Moudon

Rendez-vous est donné à tous ceux qui souhaitent une prière comme à Taizé, oecuménique et sympathique, le 2ème vendredi de chaque mois, de 19h15 à 19h45 au Temple St-Etienne de Moudon, suivie d’une soirée pour les jeunes à 20h, à la salle du Poyet.

La prière est suivie par une soirée par les jeunes, alternant repas, sport, jeux, film et discussion.

 

Les dates 2019-2020 :

  • 6 septembre 2019  + repas festif
  • 4 octobre + sport à Chesalles
  • 1er novembre + outils spirituels
  • 6 décembre + film
  • 10 janvier 2020 + jeux de société
  • 7 février + sport à Chesalles
  • 6 mars + outils spirituels
  • 3 avril + film
  • 10 mai + jeux de société
  • 5 juin + sport à Chesalles

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Le témoignage de Thibault, 21 ans

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Propos recueillis par Bernadette von Niederhäusern | Illustrations: LDD

Un après-midi, j’ai rencontré durant ma promenade un jeune de Montbrelloz, Thibault Moullet. Il a terminé sa maturité au GYB en 2019. Il a accepté que je lui pose quelques questions. Après sa maturité en poche, il a planifié une année sabbatique pour faire son armée et gagner quelques sous afin de voyager.Thibault, quels étaient tes projets avant le coronavirus ?
J’avais le projet de visiter l’Amérique du Sud pendant 5-6 mois. Ensuite, je me suis inscrit à l’université aux cours d’histoire et de français. Donc, j’ai commencé par visiter Cuba puis ensuite je suis arrivé au Costa Rica. 

Comment as-tu vécu l’annonce de cette épidémie devenue pandémie ?
Après un mois de voyage, j’ai appris la présence du virus en Suisse avec l’annonce du premier cas. Certaines frontières commençaient à fermer. J’ai commencé à m’inquiéter et j’ai suivi l’évolution en m’informant sur internet. Le 13 mars, j’ai entendu les recommandations des autorités fédérales qui disaient qu’il était préférable que les personnes à l’étranger rentrent avant que la situation ne soit trop grave. 

Quelle a été ta réaction ? Quels sentiments ?
J’avais peur de ne pas réussir à rentrer ; j’ai commencé à chercher un vol pour la Suisse. Il y avait un vent de panique chez les touristes et tout le monde voulait partir au plus vite. Les prix des vols ont pris l’ascenseur. Finalement, le plus important était de trouver une place sur un vol. J’ai
eu de la chance d’acheter un billet chez Swiss grâce à ma maman qui m’a aidé. Donc je suis rentré le 15 mars.

Quels points négatifs de ce confinement ?
Le plus dur est de rentrer et de ne voir personne. Je n’avais plus vu mes amis depuis mon départ. Vu que je venais de l’étranger, je devais rester en quarantaine dès mon arrivée. Heureusement que la quarantaine s’est passée en famille. Au moins, je n’étais pas isolé.

Quels points positifs ?
J’ai pu prendre le temps de voir des films que je n’avais pas vus, de lire des livres, d’écrire des histoires et de dessiner sur les murs de ma chambre.

Qu’est-ce que tu attends de la paroisse durant ce confinement ?
J’attends que les paroissiens aident les gens vulnérables qui ne peuvent plus sortir.

Comment imagines-tu le retour à la vie normale ?
C’est compliqué et c’est bizarre d’y penser. Je vais terminer mes voyages prévus et la vie reprendra comme avant. 

Qu’est-ce qui aura changé ?
Notre attitude envers les médecins va changer : ils seront des héros. Aussi, politiquement, on sera mieux préparé à une situation semblable.

Quel message veux-tu nous transmettre ?
Prenez soin de vous ! Suivez les consignes sanitaires. Et réjouissez-vous de la fête des retrouvailles !

La vie suspendue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par l’Abbé Frank Stoll | Photo: JHS

Les rues de Sion sont vides, quelque peu fantomatiques. La nuit enveloppe la ville, la confinant un peu plus. Derrière une fenêtre brûle une bougie, modeste signe de solidarité pour les victimes du covid-19, pour celles et ceux qui travaillent dans le domaine de la santé et pour toutes les personnes menacées d’isolement dans la situation actuelle. Difficile de bien vivre quand le monde qui m’entoure est à l’arrêt et a mal. Mais je suis en attente de la résurrection avec des milliers de croyants en Jésus-Christ, confinés chez eux, ici, ou ailleurs dans le monde.

Privés de nos célébrations habituelles, nous sommes devant un vide, un vide sacramentel. La crise que nous traversons nous oblige à retrouver notre Père des cieux dans le secret. Le secret de nos chambres, de nos maisons, des déplacements limités, des commerces et des guichets désertés, des deuils. A travers la prière, nous avons beaucoup à offrir et nous pouvons transformer notre vie en eucharistie. Je sais que chacun se relaie et veille. La société devient ce corps commun, à la fois absent en dehors, dans les rues, et présent derrière les murs de nos appartements.

Sur la croix, Jésus s’est retrouvé esseulé, anéanti. Pourtant, il a choisi d’aimer jusqu’au bout. Serons-nous capables, en disciples du Christ, de vivre ce temps pascal, le regard tourné vers le cœur aimant du Christ ressuscité, associant l’épreuve du moment à sa croix ? C’est ainsi, cette année, que je me serai préparé à la joie de Pâques. Faire Eglise autrement, comme un voyage intérieur, immobile et pourtant en lien les uns avec les autres, sans calendrier mais pas sans boussole, dans cette attente patiente. Et en ce temps pascal, le Christ nous invite à nous laisser saisir par sa lumière pascale. Elle va se dilater pendant 50 jours, jusqu’à la Pentecôte. 

L’épreuve générée par le covid-19 prendra fin et j’espère qu’elle sera pour chacun l’occasion de changer pour le meilleur. Bonne montée vers la Pentecôte à chacun, avec ces mots d’Etty Hillesum : « Même si on ne nous laisse qu’une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d’elle il y aura toujours le ciel tout entier ! »

Solidarité à Sion

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par Joëlle Carron | Photo: JHS

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité ?
Une dynamique au service de l’humain et de la Vie

L’engagement au service des plus fragiles (ou « diaconie », en termes ecclésiaux) a été de tout temps l’une des missions fondamentales de l’Eglise. La Maison de la Diaconie et de la Solidarité continue cette dynamique au service de l’humain et de la Vie. Ce projet, porté conjointement par le Diocèse et l’Eglise réformée, se concrétise aujourd’hui grâce au soutien de la Fondation Casa Juan Diego, qui poursuit l’œuvre du Père Gabriel Carron auprès des détenus et des enfants de Santa Fe (Argentine). 

En ces temps de coronavirus, la Maison assure déjà le cœur de sa mission, soit le service aux plus vulnérables. L’Accueil Hôtel-Dieu, jusqu’alors à l’Avenue de la Gare 14, y a emménagé fin mars et y offre chaque jour près de 45 repas de midi, à l’emporter ou livrés à domicile, dans le respect des normes d’hygiène les plus strictes bien sûr. Même si le reste des activités attendra les beaux jours pour se déployer, faisons déjà un petit tour d’horizon sur les futures missions de la Maison. 

– DES SERVICES OFFERTS AUX PLUS FRAGILES
– UN PÔLE DE COMPÉTENCES, CANTONAL ET OECUMÉNIQUE
– UN LIEU DE SENSIBILISATION ET DE FORMATION 

1. Des services offerts aux plus fragiles

Un accueil quotidien, du lundi au vendredi de 9h30 à 16h, assuré par l’Association Accueil Hôtel-Dieu, soit :

Un accompagnement multiforme
Ecoute – Accompagnement – Orientation vers les services – Ateliers – Groupe de partage – Sorties Fratello 

Une insertion sociale par le bénévolat
Retraités – Bénéficiaires de rentes AI – Migrants – Jeunes étudiants – Personnes en fragilité psychique

Des fournisseurs aux couleurs locales et solidaires

Des collaborations multiples et porteuses  

Un soin juste – Service d’accès aux soins de base pour personnes en vulnérabilité
En Suisse aussi, malgré l’assurance-maladie obligatoire, l’accès aux soins reste un défi pour une population en précarité. « Un soin juste » offre une première évaluation médicale et une orientation, ainsi qu’un soutien administratif. 

Conseil juridique bénévole
Par le biais d’un réseau d’avocats solidaires mis sur pied en partenariat avec d’autres associations, la Maison permet l’accès à des compétences juridiques au service de l’accompagnement des personnes et des associations solidaires.   

2. Un pôle de compétences, cantonal et œcuménique

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité a pour vocation de fédérer les compétences, de développer les collaborations entre les différents acteurs ecclésiaux, tant catholiques que réformés et de maximiser les synergies. Elle rassemble, crée un réseau, permet de porter ensemble l’appui aux migrants, la pastorale des prisons, l’accueil et le soutien des personnes en précarité ou en fragilité psychique. Elle vise à être une ressource pour les acteurs de terrain et à faciliter la création d’activités et de lieux diaconaux au service des plus pauvres dans l’ensemble du canton. 

3. Un lieu de sensibilisation et de formation

La Maison de la Diaconie et de la Solidarité permet à de nombreux bénévoles ainsi qu’aux intervenants professionnels des deux Eglises de se confronter à la réalité de la précarité et de se former à l’engagement solidaire. Elle a également pour mission de sensibiliser le grand public au vécu par les plus fragiles en Valais.

Elle crée la rencontre, le lien, dépassant les milieux sociaux et les générations. La Maison offre notamment la possibilité de :

– Oser la rencontre et venir découvrir, l’espace d’un repas, d’une journée ou de quelques jours, la réalité de la précarité. 

– S’engager bénévolement dans l’une ou l’autre des activités coordonnées par la Maison (accueil, repas communautaire, distribution de nourriture, sorties, vie de prière). 

– Faire partie d’une équipe et échanger avec d’autres bénévoles.

– Grandir humainement et spirituellement, à travers la rencontre du Christ souffrant dans la personne du plus pauvre.

Où ?

Maison de la Diaconie et de la Solidarité, Rue de Lausanne 69 à Sion, maisondiaconie@gmail.com, 079 891 67 07

Par qui ?

L’association Maison de la Diaconie et de la Solidarité, et ses membres (Association Accueil Hôtel-Dieu – Eglise réformée évangélique du Valais – Diocèse de Sion – Association Saint-Vincent-de-Paul)

Nomination

Notre évêque Jean-Marie Lovey a nommé Joëlle Carron déléguée épiscopale pour la diaconie, avec un engagement diocésain de 20%, au 1er mars 2020. Ses charges se répartissent entre la responsabilité du projet de la « Maison de la Diaconie » à Sion et divers engagements dans les services diocésains de la diaconie (SDD), de la santé (SDS), de la pastorale spécialisée (SDPS) et de l’Aumônerie des prisons.

L’Association Accueil Hôtel-Dieu, en 2019

– 7500 repas de midi et 1700 petits déjeuners
– 200 hôtes réguliers
– 3 salariés, 1,3 EPT
– 8’000 heures de bénévolat, 50 bénévoles

La foi au temps du Coronavirus

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), mai 2020

Photos: DR

Simone et Pierre Antoine Darbellay

Chaque matin, nous écoutons la méditation par WhatsApp des prêtres du Grand-Saint-Bernard. Nous lisons aussi quotidiennement quelques paroles de saint Augustin. Elles sont tirées d’un recueil de citations. Comme je m’étais inscrite à l’adoration dans nos paroisses pour une heure dans la semaine, j’ai commandé un livre sur le sujet, et je médite avec lui. En couple, nous regardons aussi à la télé la messe du dimanche. On en suit parfois même deux !

Blaise et Sophie, Timothée, Paul, Amélie, Zoé Lovisa

Nous profitons de ce temps de confinement pour donner des couleurs à notre petite église domestique. Chaque matin, pour commencer la journée, nous prenons un temps de prière familiale avec l’aide bienveillante de la communauté du Saint-Bernard. La veillée avec le Pape restera aussi comme un moment fort de notre Carême. Pour la messe dominicale, c’est plus difficile avec les petits de vivre la messe à travers la télé, malgré la créativité des célébrants à nous communiquer la Bonne Nouvelle à travers l’écran.

Et le clin Dieu de Zoé (3 ans) durant la veillée avec le Pape :

Zoé voit la croix et me dit :
– C’est qui ?
– C’est Jésus.
Puis elle découvre l’icône de la Vierge et montre l’enfant:
– C’est qui ?
– C’est Jésus.
Le Saint Sacrement est exposé, elle montre l’hostie :
– Z’ai vu. C’est Zézus !

Amélie Métroz

Moi je prie beaucoup tous les jours : j’ai le temps ! Il ne faut pas oublier de prier : que c’est important ! Je fais le chapelet chaque matin. Je prie pour ceux qui ont attrapé le coronavirus : que le Seigneur les guérisse ! Je porte aussi dans mon cœur ceux qui les soignent. Je vais de temps en temps à l’église, ça me manque tellement de ne pas avoir la messe… Je lis la bible que l’on nous a donnée récemment en paroisse. C’est écrit un peu petit, je prends une loupe ! Je prie vraiment Dieu pour qu’il nous garde et qu’il nous donne la santé.

Tibor, Zora et Vicky Rausis

D’habitude on sert la messe. Cette am­biance nous manque. Et la communion aussi ! On ne peut plus voir les paroissiens le dimanche, mais on la chance d’habiter juste à côté de l’église et des curés ! Le matin après le déjeuner on fait une prière qu’on a apprise exprès par cœur : « Seigneur dans le silence de ce jour naissant, je viens te demander la paix, la sagesse et la force… » Après on prie pour les gens qu’on connaît. On envoie tous les jours une carte postale par la poste à une personne qu’on aime, ou à quelqu’un qui est seul. C’est devenu un rituel ! 

Carmen, José, Ryan, William, Roman et Luca

Dans cette épreuve, notre foi a augmenté et ça nous a resserré nos liens de famille. On prend un temps de prière le matin en écoutant la méditation proposée sur WhatsApp par la communauté des chanoines du Grand-Saint-Bernard. On aime faire une sortie de temps en temps à la grotte de Contoz et on y fait un temps de prière. Et on verra bien pour la suite !

Eric et Jasmine, Loris et Emilien Tornay

Durant ce temps particulier, nous essayons de ne pas regarder constamment les informations pour ne pas nous sentir submergés de nouvelles négatives. On se balade en famille et on profite de la belle nature qui nous entoure en essayant de penser à ceux qui sont moins chanceux que nous, ceux qui souffrent physiquement ou moralement, ceux qui déploient toutes leurs forces pour soigner. 

Nous nous arrêtons de temps à autre allumer une petite bougie près de Marie à l’Eglise, ce qui nous apaise et nous aide. On dépose parfois des petits mots, des dessins ou des gâteaux devant la porte de nos proches qu’on ne peut plus voir et qui nous manquent.  

Avoir dû vivre la Semaine sainte à la maison nous a fait prendre conscience de l’importance et de la chance d’être une Communauté. La fête de Pâques étant un repère important dans l’année, nous avons essayé de la vivre de la meilleure manière possible, malgré les circonstances. 

Une pensée spéciale à toutes les personnes qui souffrent du poids de la solitude durant ce confinement ou qui vivent des deuils et qui doivent partager différemment leur peine.

Covid-19 et foi

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mai-juin 2020

Par l’Abbé François Roten | Photo: JHS

Au moment où l’on prépare ce numéro de L’Essentiel, c’est encore l’inconnue quant à l’évolution de la pandémie qui nous touche. Les quarante jours de notre Carême se sont transformés en quarantaine et le début du Temps pascal verra probablement encore les écoles fermées, des entreprises menacées et donc, l’ensemble de notre vie sociale bouleversée. 

Alors d’aucuns voudraient que l’on fasse des processions, que les prêtres sortent dans les rues avec le Saint-Sacrement, que l’on demande à Dieu un miracle pour qu’il mette fin, d’un coup, à cette pandémie. Combien de messages dans ce sens n’avons-nous pas reçus… et combien de prophètes de malheur ne se sont-ils pas empressés de voir dans cette pandémie une punition de Dieu, oubliant que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17).

Prier Dieu, ce n’est pas lui demander de nous obéir, lui demander de faire notre volonté ! Prier Dieu c’est développer avec lui une intimité de vie qui appelle à la venue de son règne, sur terre déjà, et qui tend notre désir vers le Ciel. Prier Dieu ce n’est pas une manifestation ostentatoire mais un état du cœur qui sait que le Père est avec nous présent dans le secret d’une relation personnelle (Mt 6, 6).

Parmi les malades qui fréquentent les sanctuaires de Lourdes, de La Salette, de Fatima ou d’ailleurs, combien reviennent guéris ? Physiquement, quelques-uns. Pourtant nombreux sont ceux qui reviennent réconfortés et remplis de courage, de force et de charité ! 

Oui Dieu ne reste pas sourd à nos cris, répondant discrètement et efficacement à nos prières, nous permettant de traverser les épreuves, même de les surmonter sans nécessairement modifier les règles de fonctionnement du monde, qu’il accompagne de sa sagesse. 

Ne pas sortir avec le Saint-Sacrement, ne pas faire de processions, éviter les contacts en temps de pandémie, ce n’est pas manquer de foi, mais bien se souvenir que Dieu nous parle, et qu’il nous aide par les causes secondes, dans les multiples contacts avec nos proches, dans ce que nous voyons ou entendons, à saisir par notre intelligence éclairée par l’Esprit Saint.

Dieu se manifeste à nous non pas dans l’extraordinaire tapageur mais dans la discrétion de sa Présence qui répond à la ferveur de notre cœur à cœur avec lui. Avec foi, osons demander et redemander les dons de l’Esprit – au premier plan desquels la sagesse, l’intelligence et le discernement. Et nous pourrons prier en vérité « Notre Père, que ta volonté soit faite ».

Vous avez dit «quarante»?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Sandrine Mayoraz | Photos: Berna Lopez, evangile-et-peinture.org

Etre en quarantaine, ça vient du chiffre quarante. Quarante est aussi un chiffre biblique, récurrent et symbolique, qui a le sens d’un cycle de vie. Evidemment entre la quarantaine confinée et le Carême j’ai beaucoup réfléchi à ce chiffre et je partage avec vous quelques-unes de mes réflexions.

Pentecôte.

En transit
Voici quelques épisodes dans la Bible où j’ai rencontré ce chiffre. La liste n’est pas exhaustive : 40 jours de déluge, 40 jours pour Moïse sur le Sinaï, 40 ans dans le désert, 40 jours pour Elie dans le désert avant la théophanie au Mont Horeb, 40 jours où Goliath défie Israël avant l’arrivée du petit David, 40 jours annoncés par Jonas avant la destruction de Ninive.

Tous ces « quarante » m’inspirent un entre-deux. Des personnages en attente, entre deux mondes, entre deux promesses. Comme pour ces personnages, l’entre-deux engendre un inconfort, une insécurité matérielle, sociale, relationnelle, il suggère une durée indéterminée : des conditions qui ressemblent à notre quarantaine. 

Attendre et vivre en même temps
Dans la Bible, « quarante » est un temps associé à la purification, à la conversion, à la croissance, notions auxquelles le Carême fait référence. Mais il s’agit aussi d’un temps de retrouvailles pour se réapproprier Dieu. Dieu n’attend pas, Il est là au présent. 

Attendre et vivre, cela nous semble paradoxal. Et pourtant, comme en quarantaine, ils doivent parfois cohabiter. Je n’avais jamais pris conscience de cela jusqu’à ce que je vive 40 semaines de grossesse. Oui, dans ce cas, on attend un heureux événement et en même temps on vit en relation permanente avec l’enfant, au sens propre pour la maman. 

Sera-t-on transformés ?
Il existe un autre passage qui nous parle de 40 jours. On le cite plus rarement et pourtant il occupe notre mois de mai… Les disciples aussi se sont confinés après la mort de Jésus, par peur des Juifs. Selon les Actes des Apôtres, « c’est à eux que Jésus s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » (Ac 1, 3) Symboliquement, Jésus est resté quarante jours, un cycle de vie, après sa résurrection. 

Confinés par peur ou parce qu’ils se sentaient comme perdus sans la présence de Jésus, les disciples ont attendu la force promise. A la Pentecôte, c’est le don de l’Esprit Saint descendant sur eux qui les pousse à proclamer la bonne nouvelle de Jésus, mort et ressuscité.

A leur exemple, nous pouvons aussi vivre ce confinement que nous n’avons pas choisi comme une préparation à retourner dans le monde comme des chrétiens profondément transformés par la présence de Jésus Ressuscité.
(6 avril 2020)

Les résidents des Mouettes gardent le moral malgré tout

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Texte et photo par Gérard Dévaud, agent pastoral

Depuis le début de la crise du Coronavirus, je me suis vu confier la visite du home les Mouettes et l’animation de temps de prières. 

Dans notre canton, il est désormais interdit aux aumôniers de faire des visites dans la plupart des homes, car le virus y fait malheureusement des ravages. Mais bien heureusement pour nous, ce n’est pas (encore…) le cas au home des Mouettes,  Estavayer-le-lac 1. C’est ainsi que je peux réunir chaque mercredi après-midi quelques personnes par étage pour discuter et prier ensemble. C’est un véritable moment de joie et une bulle d’évasion qui est ainsi offerte à nos aînés, coupés du monde et de leurs proches.

Un quotidien quand même différent
Ils sont tout à fait conscients des terribles ravages de cette maladie et sont anxieux que le virus ne fasse son entrée dans le home. Pour eux, même si tout va pour le mieux, leur quotidien a pas mal changé. Toutes visites extérieures sont interdites. Le personnel (renforcé par de jeunes civilistes), porte des masques et désinfecte systématiquement chaque poignée de porte ou rambarde d’escaliers. Les infirmières prennent la température de chaque résident deux fois par jour. Tout rassemblement se fait à plus d’un mètre de distance entre chaque personne. Heureusement, actuellement, de nombreuses activités leur sont proposées pour les occuper et leur changer les idées. Bravo à l’équipe d’animation pour leur imagination et leur engagement !

Des dessins appréciés
Mais tout ceci n’empêche pas que c’est dur pour nos aînés de ne plus voir leurs proches qui leur manquent ! Heureusement qu’il y a le téléphone ! Une autre grande joie pour eux : les nombreux dessins réalisés par les enfants des écoles. « Ça fait du bien, on voit que ces dessins ont été faits avec beaucoup de cœur ! » dit Mme Baudois.

Mais ne croyez pas que cette situation leur mine le moral ! « J’espère que ça fera réfléchir notre monde qui était devenu fou. Il faut que ça change. Il faut faire confiance à Dieu ! » nous dit Mme Mollard.

Et c’est justement dans la foi et l’espérance, par la prière, que nous terminons chaque fois nos rencontres hebdomadaires si riches.

1 Cet article a été écrit début avril.

La vie au Centre des Focolari au temps du « coronavirus »

Par Isabel et Giorgo

Nous avons dû annuler les visites et les programmes des prochains mois. Nous étions aussi désolés de ne plus pouvoir accueillir le 28 mars les groupes de confirmands, nous leur avons envoyé un vidéo-clip pour leur exprimer notre amitié et unité dans cet isolement que nous vivons tous.

La nécessité de protéger particulièrement les plus âgés, a modifié aussi la manière de nous rapprocher entre jeunes et moins jeunes ; la messe a été suspendue mais nous nous rassemblons en communauté chaque jour pour un moment de prière et d’approfondissement de la Parole de Dieu et nous sommes unis à toutes les Eglises dans la montée vers Pâques.

Les professeurs continuent leurs cours par téléconférence pour les 50 étudiants du Centre. A distance, ils répondent à leurs questions et adaptent les matières.

Certains de nos jeunes confectionnent des masques de protection en tissu, d’autres nettoient le Centre et le jardin, chacun donne sa contribution avec le sourire.

Une lettre circulaire nous aide à rester en relation avec les amis du Centre Focolari. Si vous désirez la recevoir, vous pouvez écrire à : info@focolari-montet.ch

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