Tout ira bien

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Maryline Hohenauer | Photo: B. Hallet

C’est sûr, il y aura un avant et un après coronavirus. Plus jamais notre quotidien ne sera le même. 

Le fait d’être confinés, interdits de sortie pour ne pas tomber malade ou pour ne pas transmettre la maladie, prête à développer notre attention aux autres. Une occasion extraordinaire d’accorder notre temps aux plus faibles, à ceux qui sont le plus susceptibles d’être atteints dans leur santé. Une opportunité unique et inédite aussi pour les parents qui doivent user d’ingéniosité, s’armer de patience et de courage pour exercer leur nouveau rôle de maîtres d’école de leurs bambins.

Le monde est suspendu à l’actualité liée à ce virus. Ce contexte de crise peut être troublant et angoissant, mais nous voulons nous rappeler qu’en tant que chrétiens nous avons une véritable chance : le lien de la prière !

Privés de prière communautaire dans nos églises, nous avons appris à faire Eglise autrement mais toujours ensemble ! Prier pour la communauté, se remémorer les visages que nous croisons dans nos églises. Puis prier pour nos voisins, notre quartier, notre village, notre Chablais, notre canton, et, de plus en plus grand, nous porter tous dans la prière ! 

Que ce temps de confinement nous ramène à « l’essence-ciel » ! Tout ne nous ramène-t-il pas là finalement ? Que Dieu nous bénisse et qu’Il nous apporte tous les jours la force pour vivre ensemble ce temps différent, sous le regard bienveillant de Marie.
(27 mars 2020)

Esprit de famille

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mai-juin 2020

Par Florence Cherubini et Fabienne Theytaz | Photos: M. Gugliuzzo, L. Obi, J. Warpelin, J.Bastien Mayoraz, J.Marc Nemer et F. Theytaz

Préambule: en raison de la pandémie du coronavirus, cette double page ne peut vous présenter l’agenda habituel. Par contre, nous vous offrons quelques échos de ce que le secteur vit durant cette période particulière.

«L’Eglise n’est pas fermée, c’est le bâtiment qui est inaccessible. L’Eglise, c’est toi! L’Eglise, c’est moi!»C’est par ces mots très forts que Pascal Lukadi, curé de notre secteur, a signifié (donné du sens), dans son homélie du dimanche des Rameaux, la dimension communautaire que chaque baptisé est appelé à vivre.

Et c’est exactement ce que cette période historique de confinement nous permet d’expérimenter de manière très concrète, puisque nous nous rendons compte plus que jamais combien nous avons besoin les uns des autres !

Cette communion des cœurs est une dimension de notre foi, différente, mais peut-être plus profonde encore, que de nous rencontrer dans une église. Car elle nous dit que nous ne sommes pas seuls et que Dieu est toujours parmi nous. Si les églises de pierres sont inaccessibles, un nouveau sanctuaire fait de « chair et de sang », même s’il a pris forme par écran interposé, a vu le jour en générant amitié et partage fraternel, proximité intergénérationnelle et manifestation d’amour des uns pour les autres parmi les membres de nos communautés paroissiales.

Des célébrations empreintes de recueillement et de dignité, des moments de prière communs, de partage de la Parole, des temps de méditation personnelle proposés par l’équipe pastorale à l’ensemble du secteur. Mais aussi des lieux de partage plus personnels, via des groupes WhatsApp ou plus simplement par contact téléphonique entre paroissiens.

Oui, nos communautés sont vivantes, l’Eglise est vivante et manifestée partout « où deux ou trois sont assemblés en Son nom » (Mt 18, 20) !

Survol de quelques initiatives paroissiales

♦ A Bex

• Paroissiens de Bex
Chaque jour, depuis sa mise en ligne, ce groupe Whats­App, permet à tous ses utilisateurs de se retrouver. Pour échanger un simple bonjour, pour transmettre une prière ou un beau texte, une note d’humour mais aussi pour
partager une souffrance engendrée par la séparation d’avec un être cher et peut-être pour se sentir moins isolé-e ! Et à chaque fois, le groupe a répondu « Présent ! » comme dans une famille unie.

• Opération-Rameaux
Tous les paroissiens ne sont pas connectés via internet. Pour la fête des Rameaux, le Conseil de Communauté, aidé par les jeunes du Madep, a réalisé plus de 30 bouquets de rameaux qui ont été déposés dans les boîtes à lettres de ceux et celles qu’il est plus difficile de joindre régulièrement. Comme dans une famille où jeunes et moins jeunes se retrouvent pour fêter.

Dans les autres paroisses du secteur : groupes WhatsApp, chaînes téléphoniques, aide aux courses pour les personnes confinées, etc.

Pour la catéchèse : des activités en ligne en lien avec le temps liturgique et les événements, une fiche explicative de la messe et une initiative œcuménique de cartes de Pâques réalisées par les enfants du caté à l’intention des personnes âgées
isolées et en EMS.

Les enfants de Villars ont aussi réalisé une centaine de dessins magnifiques pour les personnes confinées et endeuillées de la station.
Pour soutenir la prière et renforcer la communion entre tous les paroissiens du secteur, un programme varié sur le site YouTube Secteur Aigle : messe, laudes-vêpres, chapelet, chemin de croix, adoration, tea-time spirituel, partage d’Evangile, etc.

Dieu, viens à mon aide

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), mai 2020

Par Pierre Moser | Photo: DR

Ces temps troublés nous permettent de découvrir des aspects de nos prières et de nos attitudes que nous n’utilisons pas en temps normal. Les restrictions ordonnées et partiellement suivies durant cette pandémie, comme la distance sociale, en sont un des aspects. Combien de fois ai-je entendu cette réflexion : « Nous sommes dans la maison du Seigneur nous ne risquons rien. » Je vous entends d’ici répondre « tu ne tenteras pas ton Dieu ». Pas si vite. Le psaume 22 ne dit-il pas « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » ? Faut-il opposer ce psaume à l’Evangile (Mt 4:7 « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu ») ?

Comme souvent, la réponse dépend des circonstances. Dans un premier temps, rappelons-nous que Dieu sauve les âmes. C’est préférable, car nos corps ne sont que poussière, alors que, dans l’espoir de la résurrection, nos âmes sont éternelles. Mais ce n’est pas tout. Dieu nous a donné les moyens d’agir. La faim dans le monde n’est pas due à un manque de ressources, elle est due à l’absence de volonté d’agir, de part et d’autre d’ailleurs. Cela est également vrai pour la médecine. Nous avons acquis les connaissances nous permettant de soigner les plus faibles, nous devons les utiliser. Dieu respecte donc les grandes capacités qu’Il nous a données. Pourquoi agirait-il à notre place ?

Dieu, un monstre ? Absolument pas. Il est toujours présent, mais Il nous respecte trop pour ne pas nous demander notre avis. En cela, la sagesse populaire est également en position de nous apprendre à être. Aide-toi, le ciel t’aidera. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Ce ne sont que quelques exemples de reprise, par la foi du charbonnier, de ce qui est essence de la Bonne Nouvelle. Et en parcourant la vie des Saints, je me rends compte que Dieu est intervenu, mais le miracle n’est apparu qu’après avoir épuisé toutes les autres options. Notre effort se doit d’être continu et humble. Combien notre attitude est parfois pharisienne : « Nous seuls avons la foi, nous seuls serons sauvés. »

A qui la faute?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mai 2020

Par Isabelle Vogt

La pandémie du COVID-19 a réveillé chez certain-e-s de vieilles peurs ancestrales qu’on croyait disparues au XXIe siècle : la maladie comme punition divine parce que nous avons péché. Voyons ce qu’en pense Jésus en personne…Commencez par lire le chapitre 9 de l’évangile selon saint Jean en observant les différents acteurs et les étapes du récit. Y a-t-il des passages qui évoquent pour vous un lien avec l’Ancien Testament ? Des mots qui vous dérangent ?

Qui a péché ?
Le premier verset est déjà intéressant. D’habitude, les malades s’approchent de Jésus pour qu’il les guérisse. Pas cette fois. L’aveugle qui mendie au bord du chemin n’a rien vu, rien demandé. C’est Jésus qui le voit, « en passant » précise l’auteur. Et il semble que ce soit la question des disciples qui va déclencher la suite des événements : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, qu’il soit né aveugle ? 1 » (v. 2). Qui a péché, l’éternelle interrogation… si je suis malade, c’est forcément que j’ai péché et que Dieu me punit. Ah bon ? Vraiment ? Que répond Jésus ? « Ni lui n’a péché, ni ses parents : mais c’est pour que soient manifestées les œuvres de Dieu en lui. » (v. 3).

De la Genèse à l’évangile
Admirez le quiproquo, ou si vous préférez le glissement du « pourquoi » des disciples au « pour quoi » de Jésus. Jésus ne condamne pas l’aveugle, il ne le punit pas non plus. Au contraire, il va le guérir ! Il dit à ses disciples, et il nous dit par la même occasion : « Je suis la lumière du monde. » (v. 5).

La boue qu’il utilise pour enduire les yeux de l’aveugle nous rappelle la création du premier homme en Gn 2, 7. La boue est source de vie, d’humanité, de lumière. L’aveugle voit et témoigne, alors que les Pharisiens, manifestement, n’y voient rien d’autre qu’une infraction à la Loi, la Torah. Car Jésus a opéré une guérison durant le Shabbat. Notez aussi l’évolution dans les réponses de l’aveugle dont il a « ouvert les yeux » face aux Pharisiens qui le questionnent : de « l’homme appelé Jésus » au v. 11, il passe à « C’est un prophète » au  v. 17, puis à « Si celui-ci n’était pas Dieu, il n’aurait rien pu faire » (v. 33). Son histoire se termine par un magnifique acte de foi lorsqu’il rencontre à nouveau Jésus : « Je crois, Seigneur » et il se prosterne devant lui (v. 38). Il ne s’agit plus d’une simple guérison physique. Ce que Jésus a offert à cet homme, c’est le salut.

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir
Quant aux Pharisiens, leur vision limitée à la stricte application de la Loi au mépris de l’humain en fait des aveugles. Il y a voir et voir, un autre quiproquo. Il y a rester à la surface des choses, comme la question des disciples au début, et sonder les cœurs, comme Jésus.

Posons-nous la question : non pas « pourquoi ce virus si ravageur ? », mais « pour quoi ce virus ? », qu’est-ce que je peux voir sous la surface, qu’est-ce qui peut changer en moi et autour de moi aujourd’hui et pour demain ?

Laissons le mot de la fin à Marion Muller-Colard 2 dans le hors-texte ci-dessous.

«Prendre une chose pour une autre
un échec pour une chance
une nuit pour l’amorce d’un matin
un vide pour la place d’accueillir
une blessure pour une peau bientôt neuve
Prendre un ennemi pour un allié
qui m’enseigne l’art de ma défense
Prendre le temps pour la patience
Prendre le large pour un voyage
et la mort pour une espérance
Et toi, te prendre pour qui tu es :
Celui qui a ressuscité un sens à chaque mot de ma vie.»

1 Toutes les citations bibliques sont extraites de la TOB, édition intégrale, Paris, Cerf, 2004.
2 Marion Muller-Colard, Eclats d’évangile, Bayard/Labor et Fides, 2002, p. 249.

La pandémie du coronavirus, quel sens pour moi? pour notre monde?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), mai 2020

Par l’abbé Etienne Catzeflis | Photos: DR

Voici, glanés dans les médias, quelques réflexions de différentes personnalités sur la pandémie du coronavirus. Souhaitons-les utiles pour orienter nos vies en vue du Royaume, et pour nous aider à formuler des prières plus «selon le coeur de Dieu». Vous trouvez sur le site de nos paroisses – www.noble-louable.ch – les articles dans leur intégralité, ainsi que les liens des médias qui les ont édités.

Dom Mauro-Giuseppe Lepori.

Dom Mauro Lepori, abbé général de l’ordre cistercien : 
« Le coronavirus peut renforcer notre humanité » 
Paradoxalement, alors que nous pouvons à peine sortir de chez nous, que nous ne pouvons pas voyager, aller dans des lieux publics, serrer des mains, etc., nous percevons une solidarité universelle profonde. La conscience que nous sommes unis non seulement par la même épreuve, le même danger, mais par une réelle communion de vie, de pensée, de compassion. (…)
Une humanité que cette épidémie aura vaccinée contre la lèpre du superflu, la vanité superficielle qui n’écoute pas, ne prête pas attention à l’autre, ne cherche que son propre intérêt.

Emmanuel Macron, président (Adresse aux Français, 12 mars 2020) : 
Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, (…).

Maxime Combes (économiste) :
(…) Reconnaissons que la période nous livre donc une puissante leçon collective pour la suite : le refus de mener des politiques sociales et écologiques ambitieuses n’était pas dû au manque d’argent ou demoyens, mais le fruit d’un refus idéologique visant à satisfaire des intérêts bienéloignés de l’intérêt général. (…) Ne revenons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème.

Pape François (bénédiction Urbi et Orbi – 27 mars 2020) :
Dans notre monde, que Tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. (…) Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous T’implorons : « Réveille-toi Seigneur ! »

Moustapha Dahleb (écrivain tchadien) :
Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. (…)
Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.(…)
La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort (président de la conférence des évêques de France) :
Il convient aussi de garder le sens des proportions. Évidemment, nous devons endiguer l’épidémie mais en gardant à l’esprit que des pays souffrent plus que nous, sont en guerre, connaissent la famine… Il est important que dans ce temps de confinement, nous ne nous repliions pas sur nous-même en cultivant nos angoisses mais que nous regardions toujours le vaste monde et que nous pensions à ceux qui sont dans une détresse plus grande.

Verrons-nous le bout du tunnel?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2020

Par Dominique Perraudin | Photo: DR

Le chemin de la vie est un beau sentier harmonieux qui nous aide à grandir, à aimer, à être en paix et puis tout à coup arrive la cassure… un tunnel! Ces quelques pensées sont le reflet de la vie d’un chrétien qui désire partager ses soucis, ses joies et ses peines avec toutes les personnes de bonnes volontés quelles ques soient leurs croyances et leur situation économique.La peur nous envahit, notre esprit vacille, nos principes sont mis à mal, tout dérape et s’écroule autour de nous. Soudain, l’échelle des valeurs change. Que se passe-t-il donc ? Notre avenir se rétrécit. Nous ne programmons plus nos vacances. On annule toutes nos distractions : théâtre, ski, loto, etc. Même les offices religieux sont touchés. En couple, il se peut même que la peur règne entre les époux. Quel constat ! Un tout petit virus crée la panique et le monde entier tremble.

Oui, je fais partie des personnes « à risque ». Je suis à la retraite. C’est vrai, j’ai souvent peur. Cette situation me met vraiment en présence de la mort. Ne sommes-nous pas tous un peu plus sensibles ? Jésus ne nous a-t-il pas dit : « Je vais vous préparer une place ? » (Jn 14, 3) Y croyons-nous un peu ? Ou cette parole nous semble-t-elle encore lointaine ? En fait, nous ne savons pas grand-chose de ce qui nous attend… Je m’assieds. Je prends ma tête entre mes mains. Je fais silence et laisse mon esprit entrer dans la paix que Jésus accorde à tous ceux qui ont une confiance absolue en la Trinité Sainte. Comment réagir face à ce vide qui nous entoure ? Plus moyen de prier la sainte messe… Et les sacrements… Je ne sais pas. 

Je me sens vraiment perdu et… cette paix à laquelle je m’accroche semble se dérober. Des larmes commencent à couler le long de mes joues. J’ai peur, je désespère. Je récite quelques Ave Maria car, ce dont je suis persuadé, c’est qu’une maman n’abandonne jamais ses enfants. Je dis : « Marie, j’ai confiance en toi. Je sais que tout ce que tu demanderas à Jésus en mon nom, il te l’accordera. Alors demande-lui de m’accorder un peu plus de foi et de paix ceci afin que je puisse voir clair dans ce tunnel que je traverse. »

Petit à petit la lumière regagne mon esprit et je refais surface. Les soucis et le désespoir s’estompent. J’ouvre les yeux. La nature me rappelle que le créateur nous a mis sur cette terre pour aimer et apporter la joie. Je crois en Jésus et laisse mon âme s’imprégner de la joie des noces de Cana. J’obéis à Marie quand elle me dit : « Faites tout ce qu’il vous dira. » C’est une prière toute simple, c’est la mienne, mais il y en a tellement d’autres qui viennent du fond des cœurs. Chacun a la sienne. 

Le monde a de l’avenir. Nous en sommes partie intégrante. Ne soyons donc pas des boulets mais au contraire soyons des femmes et des hommes qui donnent envie de vivre malgré les soucis et les échecs que nous apportent les circonstances actuelles. Le bout du tunnel est proche… Nous voyons déjà poindre la lumière du soleil.

Chers amis, paroissiennes et paroissiens,

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Haut-Lac (FR), mai-juin 2020

Photo: Pixabay

Chers amis, paroissiennes et paroissiens,

Depuis plusieurs semaines, ce virus COVID-19 perturbe nos vies. Nous nous inquiétons pour nous-mêmes, pour nos proches, pour nos communautés, pour la vie économique. Je souhaite vous dire à chacune et à chacun d’entre vous ma proximité et celle de notre Eglise locale qui est à Fribourg.

Confrontés soudainement à notre fragilité humaine, nous percevons tous que notre société est troublée et décontenancée de ne pouvoir tout maîtriser, c’est le moment d’approfondir la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus dont le nom signifie « Dieu sauve ».

Soyez assurés de ma communion profonde. Je célèbre les messes en privé et porte toutes vos intentions devant le Seigneur. Je suis là pour vous. Si vous désirez vous confesser ou recevoir le sacrement des malades, je suis à votre disposition, n’hésitez pas à me contacter. Nos églises sont ouvertes pour permettre à tous de se recueillir.

Prions les uns pour les autres, pour notre pays et de façon plus particulière pour les personnes fragilisées, isolées, pour les malades et leur famille et pour les familles en deuil, pour ceux qui sont morts, ceux qui sont en fin de vie, pour les médecins, le personnel soignant, pour le personnel administratif, pour tous ceux qui assument une responsabilité publique.

Faites confiance au Seigneur. Je suggère que dans chaque famille on dise au moins un Notre Père, Je Vous salue Marie et une dizaine de chapelet. Confiez-Lui vos soucis, vos angoisses. Demandez-Lui de soutenir le moral de toute notre société.

Pensons à toutes les personnes qui sont dans les maisons de retraite ou les hôpitaux qui ne reçoivent plus de visites, qui souffrent et se sentent isolées. N’hésitons pas à leur téléphoner, à leur écrire, à leur envoyer de petits cadeaux pour leur exprimer notre proximité. Les enfants peuvent leur envoyer un petit courrier (dessin, carte) qui leur apporteront un peu de joie. Toutes les visites impossibles en ces jours peuvent être transformées en communications téléphoniques ou par internet.

Sachons aider nos proches et ceux qui seraient davantage frappés que les autres, sachons faire preuve de compréhension à l’égard des fournisseurs.

Si la participation à la messe dominicale n’est pas possible, nous pouvons suivre la messe sur les médias. Il y a des eucharisties retransmises sur différentes chaînes de TV et à la radio. C’est une manière de s’unir à l’eucharistie qui est célébrée. C’est une communion spirituelle, c’est-à-dire notre désir profond d’être uni à Jésus-Christ. 

Chers amis, vivons dans l’espérance. Le Seigneur veille sur nous. Courage et paix, chers amis, gardons le cap sur la lumière et la paix du Christ ressuscité.

Demandons au Seigneur que par l’intercession de Notre Dame du Rosaire, Il renouvelle en nous la confiance, l’espérance et la paix du cœur.
Soyons unis dans l’espérance. Je suis avec vous. Je prie pour vous et je vous dis ma très grande et fraternelle communion dans ce temps d’épreuve.

Votre Curé Mietek Krol

Elans de solidarité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mai 2020

Par Maryline Hohenauer et Sandrine Mayoraz | Photo: Maryline Hohenauer

Cette pandémie de coronavirus a vu fleurir le printemps mais aussi toutes sortes d’initiatives communautaires ou personnelles pour que ce temps de confinement soit le plus constructif possible. Sans négliger les souffrances et les inquiétudes sous-jacentes, nous avons envie de partager cet élan de solidarité qui entretient les relations et maintient le quotidien à flot. La liste n’est pas exhaustive mais ce sont des petites fleurs du grand bouquet de solidarité auquel beaucoup participent.

Association « le Maillon »

Les membres de cette association active depuis 1994 ont pour but l’entraide bénévole pour la commune de Collombey-Muraz ; ils ont su faire face à la situation actuelle de l’épidémie de coronavirus. Le Maillon a certes suspendu ses visites dans les homes ou à domicile mais l’engagement n’a pas faibli ! Ainsi il assure un service de transport pour les rendez-vous médicaux, avec les mesures de protection en vigueur, il fait les courses, offre un contact téléphonique pour les personnes suivies ou avec quiconque ayant besoin de parler. 

Ne pas céder à la panique et accomplir son devoir social : le Maillon est là, n’hésitez pas à contacter ses bénévoles : 077 522 61 16 ou lemaillon-collombey-muraz@bluewin.ch

Les jeunesses de Collombey-Muraz et Vionnaz

Les membres de nos jeunesses ont à cœur de prêter main- forte à toutes les personnes considérées comme étant à risque durant cette période compliquée : pour effectuer les commissions, chercher des médicaments ou encore promener les chiens, nos jeunes sont là ! 

N’hésitez pas à contacter Estelle pour Collombey-Muraz au 077 502 01 77 ou Aline pour Vionnaz 078 765 77 87.

Take your Bike à Monthey

Simplement et de manière efficace, en faisant leurs courses à vélo à leur place dans le respect des règles d’hygiène : service gratuit de livraison à domicile, 079 287 72 12.

A Vouvry

Le CMS maintient avec priorité les activités de soins, et les bénévoles sont là pour vous accompagner. 

Appelez le 024 482 05 50.

A Port-Valais

La commission sociale met à disposition un réseau d’entraide dans le même élan.

Contactez Kevin au 075 437 57 49.Merci pour ce que chacun a fait dans sa famille, dans son quartier, dans sa commune, dans son hôpital ou dans sa paroisse. Merci d’avoir aimé votre prochain (comprenez celui qui est proche de vous géographiquement, affectivement ou spirituellement).

« Les gouttes d’amour », sainte Teresa de Calcutta
« Ne vous imaginez pas que l’Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c’est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n’est pas par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ? Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, il n’y aura plus de lumière, et l’époux dira : « Je ne te connais pas. »

Mes Amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’Amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme. 

Ne chercher donc pas Jésus au loin ; Il n’est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien la lampe et vous Le verrez. Amen. »
(5 avril 2020)

Lettre aux paroissien(ne)s en ce temps d’épreuve et de grâce

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), mai 2020

Photo: Annelyse Bérard

Bien chères et bien chers,

Il y a quelque temps, en Carême, nous avons lu cet Evangile : « Quand tu pries, ne te tiens pas debout dans la synagogue ou aux carrefours, mais retire-toi et ferme la porte. Prie ton Père qui est présent dans le secret… » Nous étions loin d’imaginer que les événements allaient nous prendre au mot ! J’écris ces lignes à l’heure de Pâques, mais lorsque vous les lirez, nous serons certainement encore confinés chez nous.

Nous vivons tous un moment difficile. Notre vie a basculé dans une nouvelle dimension. Au début, je me disais : ce que nous vivons, ce n’est « pas normal ». J’ai alors senti dans mon cœur une autre réponse. Non, ce qui n’est « pas normal », c’est la vie que nous menions AVANT ! Courir au travail, bouger sans cesse jusqu’au bout du monde, encombrer notre dimanche de mille et une choses… Ça allait trop vite, et nous avons été arrêtés. 

Tout cela nous fait réfléchir. On doit se poser seul, face à soi-même. Et on se rend compte que de cette tragédie il y a quelque chose qui émane, de l’ordre du bien. On retrouve des gestes d’entraide. On réapprend à vivre simplement en famille. On redécouvre notre nature et nos jardins. 

L’épidémie a imposé des distances d’hygiène dans les rencontres, mais les cœurs se sont rapprochés. J’ai discuté profondément avec des personnes qui me semblaient éloignées de moi. C’est comme si l’épreuve avait aplani certaines méfiances. J’ai découvert chez beaucoup une foi que je croyais morte et qui est bien vivante. Il y a un « plus » dans nos rencontres, un parfum de sacré. C’est  précieux d’entendre dire : « Tu me manques ! », « Courage ! » « Tiens bon ! ».

Ce sont ces mots que nous voudrions vous dire, nous, Réné-Meinrad, Gildas et moi-même, prêtres de vos paroisses : Vous nous manquez beaucoup, et pourtant vous êtes là, dans nos messes et dans nos prières. Nous vous portons chaque jour, en particulier ceux qui souffrent, qui angoissent ou qui vivent péniblement la solitude.

Je croyais que célébrer la messe sans aucun fidèle serait triste. Mais j’ai pris conscience du monde qui habitait mon cœur de prêtre. Auparavant, je me concentrais sur ceux qui étaient là. Maintenant je prie davantage pour tout le monde, sans faire de classement, ou d’exception. Je demande la grâce que chacun reçoive ce dont il a besoin au fond de lui-même. 

J’aimerais surtout vous dire ma foi que Dieu vous aime énormément, qu’il est avec vous, à vos côtés.  Je crois en son amour, capable de toujours tirer un bien plus grand d’un moment difficile. L’Amour transforme les ténèbres en lumière, le désert en jardin, la tristesse en joie. C’est cela Pâques, c’est cela la résurrection.

Nous nous réjouissons tellement du jour où nous pourrons à nouveau célébrer ensemble ! Quelque chose me dit que ce dimanche-là, ce sera grande fête, apéro compris ! En attendant, mettez bien ce temps à profit pour cultiver votre cœur et y planter toutes sortes de bonnes choses. Nous les récolterons le temps venu. 

A très bientôt, courage et confiance !

Joseph Voutaz ainsi que Gildas Chibozo et René-Meinrad Kaelin

Vie en communion spirituelle et le confinement du COVID-19

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mai 2020

Par l’abbé Léonidas Uwizeyimana

Dans le livre des Actes des Apôtres, nous lisons combien « la multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun ».
(Ac 4, 32)

Depuis mars, date à laquelle les prêtres n’ont plus pu célébrer la messe pour les fidèles dans les églises, ces derniers ont vite compris que le moment était venu de vivre aussi la solidarité par la prière. Ainsi nous avons vu les chrétiens s’évangéliser les uns les autres. Excellente communion spirituelle : 

Neuvaines contre les épidémies : le mot « neuvaine » avait presque perdu sa popularité, mais après la « neuvaine à saint Joseph », nous avons accueilli la neuvaine proposée par les recteurs des sanctuaires mariaux.

Prières et méditations : sur WhatsApp, des prières qui venaient de nos amis et connaissances, prières pour faire face aux maladies, de reconnaissance de nos péchés, implorant la miséricorde divine, d’action de grâce pour le maintien en bonne santé.

Textes bibliques en méditation : sur les mêmes supports, des textes bibliques qui avaient nourri la spiritualité de l’un ou de l’autre.

Evangile de saint Jean : proposé comme Evangile de méditation en famille durant cette année de la Bible.

Chapelet : ne pouvant plus être médité par les enfants dans l’oratoire, il a été partagé et médité ensemble grâce à l’application Zoom, à partir de nos maisons.

Chants d’espérance et de louange pour méditation : surtout les dimanches, partagés et chantés par les particuliers.

Textes de réflexion sur les valeurs humaines : ont pu être échangés.

Petites vidéos ludiques pour les jeunes : les enfants en catéchèse ont pu garder le lien entre eux…

Autant d’initiatives qui ont marqué cette attention mutuelle afin de continuer à garder notre esprit tourné vers le CHRIST ressuscité qui nous donne Vie en ces moments rendus difficiles par l’épidémie de Coronavirus. Notons que d’autres actes ont été initiés dans d’autres domaines. Tous mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont pu nous faire vivre cette communion spirituelle.

Notre centre de gravité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), mai 2020

Texte par Marie-Françoise Salamin | Photo: Lysiane Salamin

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis confinée, vu mon grand âge! Toutes nos certitudes sont tombées comme un château de cartes. Ce qui arrive cette année à l’humanité, on ne l’avait pas vu venir. Alors pourquoi le coronavirus a-t-il réussi à mettre notre monde en panique, en confinement, à faire s’écrouler tous ces systèmes économiques savamment échafaudés?

Les jeunes voisins font du pain pour les plus âgés, la solidarité résiste au confinement…

Tandis que certains s’épuisent et prennent des risques, beaucoup d’entre nous ont du temps libre. Les théories pour expliquer ce cataclysme foisonnent. Il y a ceux qui accusent la 5G et toutes les ondes qui circulent, d’autres qui disent que cette maladie pulmonaire vient de l’air vicié que nous respirons, d’autres encore qui pensent que la terre se venge de toutes les pollutions infligées par notre mode de vie consumériste […]

Et parmi toute cette panique, je vois parfois passer sur Facebook ce petit message positif : Nous allons tous mûrir !
Mûrir, quelle bonne idée !
Il y a longtemps que nous pouvons constater que l’humanité n’a pas fini sa crise d’adolescence. La terre produit assez pour nourrir tous ses habitants. Mais la quête du profit fait que ces ressources sont réservées à certains, et refusées à d’autres. D’un côté, on jette des tonnes d’aliments, et de l’autre, on laisse les gens mourir de faim.

La faim, nous le savons, tue plus de personnes que le coronavirus ! Les exemples des absurdités, des atrocités perpétrées au nom de l’argent roi sont multiples : le trafic d’êtres humains, d’organes, de drogue, les enfants esclaves qui travaillent dans des mines dangereuses, dans des décharges immondes, le mobbing et tant d’autres injustices qui frappent les plus faibles et les plus pauvres. Et la terre, notre « maison », celle de nos enfants et petits-enfants, qui subit les pires pollutions, le déboisement, le bétonnage et l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales. Si nous voulons mûrir, évoluer, il faudra un haut degré de coopération entre les peuples, les religions, les scientifiques, les agriculteurs, toutes les personnes de bonne volonté.

Une métaphore
A l’école, j’avais appris la notion du centre de gravité, qui permet à un corps de se tenir en équilibre. Je pense souvent que l’humain du XXIe siècle a perdu son centre de gravité. Il s’est tellement surchargé d’activités, de contraintes en tous genres (voiture, maison, mode, carrière, apparence physique, vie amoureuse, vacances…) qu’il a perdu son équilibre et bascule au moindre vent contraire. Pour retrouver notre centre de gravité, il nous faut retrouver les valeurs universelles, le bon sens et la spiritualité.

Ce qui sauvera le monde
C’est l’amour qui sauvera le monde. L’amour, c’est le centre de gravité de l’être humain. 

L’amour c’est le respect, de soi, des autres, de toute la Création. L’amour, c’est la justice, dans la répartition des biens, en sachant que dans nos société dites développées, nous vivons au-dessus du niveau de vie que nous aurions si nous vivions dans un monde de partage équitable. L’amour, c’est la fin de l’égoïsme, c’est le règne de l’altruisme. L’amour, c’est la richesse des différences, la bienveillance, le pardon. L’amour, c’est la plus grande force du monde.

Nous avons tous dans le cœur ces nombreux exemples : toutes les personnes qui se donnent sans compter, mettant leur vie en danger pour soigner les malades et les plus faibles, pour nourrir la population et lui offrir de nombreux services. La solidarité des personnes d’un voisinage, où l’on se préoccupe les uns des autres, où on apprend à s’émerveiller et à dire merci. La joie avec laquelle les artistes mettent leur art au service des autres pour ajouter de la vie à la morosité ambiante.

Depuis longtemps, déjà, des scientifiques, des sages, des saints de toutes races et de toutes cultures essaient de faire entendre leur voix pour nous mettre en garde contre tout ce qui arrive. De nombreux humanistes essaient de mieux répartir le droit d’être soignés, d’être éduqués, d’avoir des conditions de vie qui respectent la dignité de chacun. D’autres luttent pour sauver notre planète. Beaucoup de personnes, religieuses ou pas, cherchent un sens à tout cela. Des gens prient, s’envoient des pensées positives, de bonnes ondes, redécouvrent les cultes des peuples premiers. L’humanité a soif de spiritualité.

C’est aujourd’hui le bon moment pour contacter notre centre de gravité, là où réside notre conscience du bien et du mal, notre capacité d’aimer, d’ouvrir de nouveaux chemins de justice, de paix, de solidarité, de pardon, de respect, de bienveillance. Le centre de gravité, c’est le noyau de ce qui fait de nous des êtres humains, créés à l’image de Dieu. Ainsi devenus plus sages, nous pourrons veiller les uns sur les autres en préservant la terre qui nous est confiée, et nous relier à Celui qui est source de toute vie, de tout amour, à Celui qui est AMOUR.

Retour à une vie «normale»?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), mai 2020

Texte par Boleslaw Antoni Bieniek, curé d’Anniviers | Photo: Ldd

Nous les chrétiens, savons qu’après le Vendredi saint, après les temps sombres et difficiles remplis d’angoisse, de peur, de souffrance et de la mort de Jésus-Christ, arrive le Dimanche de Pâques, jour de joie de la Résurrection et de la disparition de la peur pour laisser la place à la joie, la lumière et l’espérance. Après la nuit vient toujours le matin et le soleil. Profitons de cette période difficile, pour mener une réflexion spirituelle et profonde afin de retrouver la source de l’espérance, de la joie, de la vie.

Dans la Bible, on trouve, selon les spécialistes qui l’étudient, 365 fois la parole « N’ayez pas peur ». Avec cette parole et avec cette espérance, essayons de vivre le mieux possible, le temps d’isolement physique en communion spirituelle avec nos frères et sœurs dans la foi et l’espérance avec toutes les autres personnes.

Je vous souhaite une bonne santé physique, morale et spirituelle qui va nous conduire vers la joie de retrouver la vie « normale » avec notre vie paroissiale dans nos célébrations, nos prières, nos rassemblements festifs, nos rassemblements dominicaux et quotidiens.

La vie des prêtres retraités au temps du confinement

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Propos recueillis par l’abbé Lukasz Babiarz | Photos: LDD

Abbé Arsène Jorand : consacrer davantage de temps à la prière

« Coronavirus »… un drôle de mot, difficile à prononcer. Au début qu’on en parlait, ça me laissait très indifférent ; ça ne m’intéressait pas. Mais, peu à peu, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un problème sérieux, à tel point qu’il a pris une dimension planétaire qui influence et modifie le comportement de tous les hommes.

Faisant partie de la catégorie des personnes à risque je suis pleinement concerné par ce virus. Le confinement auquel il nous oblige est une période difficile qui nous fait mieux comprendre l’importance de la valeur des contacts, des relations les uns avec les autres. J’y suis d’autant plus sensible que ce confinement survient en même temps que plusieurs autres problèmes parmi lesquels je n’en cite qu’un : le départ en EMS d’Agnès Baudois qui était au service de l’Eglise et des prêtres depuis 60 ans, dont 47 avec moi.

Si le confinement peut être une porte ouverte à l’isolement, au repli sur soi, il y a, cependant, bien des façons d’éviter qu’il en soit ainsi : lecture, radio, télévision, journal, téléphone, tri et rangement, promenade dans la forêt ou sur des chemins de remaniement, sans oublier bien sûr la prière !

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai encore bien de la peine à trouver un équilibre satisfaisant à ces diverses possibilités. La prière, le bréviaire, la messe célébrée chaque jour, tout seul à la cure, le chapelet (on peut s’unir à celui qui est dit tous les jours à Lourdes et qui est transmis par la chaîne de télévision française KTO) c’est ce qui me permet, pour une part importante, de dépasser au mieux les difficultés du confinement.

Comme nous sommes obligés de répartir différemment notre emploi du temps, pourquoi ne pas en consacrer un peu plus à la prière ?! Les intentions sont nombreuses : nos familles, tous les membres de la paroisse, nos frères et sœurs proches ou lointains, l’Eglise, le monde, les responsables politiques, les victimes de cette dramatique pandémie et leurs familles, les médecins, les infirmières et infirmiers, l’ensemble du personnel hospitalier et tous ceux qui exercent une activité à risque.

Prier aussi, bien sûr, pour que soit vaincu au plus tôt ce fléau qui fait aujourd’hui tant de dégâts. N’y a-t-il pas là, peut-être, pour chacun, comme une invitation à entrer davantage en contact avec le Seigneur ressuscité et à mettre ainsi une valeur positive à ce qui est fondamentalement négatif.

A tous ceux qui liront ces lignes, mes vœux de paix, de confiance, de bonheur et de santé.

Abbé André Dettwiler : l’amour et l’humour sauveront le monde

Dans la jungle, terrible jungle le lion est mort … bien faire et laisser braire !

Qu’ai-je bien pu faire au bon Dieu ? Il n’y est pour rien dans tout ce que nous vivons…

Voici quelques brèves informations pour le temps que nous vivons. Par ailleurs extrait d’un commentaire après la messe sur KTO. Nous y voici. Il fallait bien que je vous en parle. Cette chaîne TV que je regarde tous les jours.

Quand on est confiné, je prie avec tous ceux qui bénéficient de ce monde de prière en Eglise. Chaque matin, la messe avec notre pape François, le chapelet depuis Lourdes à 15h30, les offices avec une communauté religieuse, les conférences de Carême etc. c’est bien utile pour les retraités émérites.

Je n’ai encore rien dit sur le fameux coronavirus qui vient de couronner car il en a la forme. Même les grands de ce monde, des rois, des princes ne sont pas épargnés car ce fameux virus n’a pas de frontières.

J’ai l’habitude de dire que c’est l’amour et l’humour qui sauveront le monde. Quand on me rend visite je dis : « Au plaisir de vous revoir et restez toujours joyeux. »

Père Jean Richoz : « Comme un oiseau solitaire sur le toit »

Sicut avis solitarius in tecto – « Comme un oiseau solitaire sur le toit » (Psaume du bréviaire). Avec ce virus de malheur, me voilà condamné – comme tant d’autres – à une vie érémitique que je n’ai pas choisie : il faut assumer…

Mes journées commencent comme d’habitude par un  moment de prière dans ma chambre. Puis, je célèbre la messe dans la chapelle sous la cure en compagnie de mon ange gardien.

Courrier, courriels, bréviaire occupent ensuite la matinée. Les deux restaurants de la place préparent des plats du jour à l’emporter : quelle chance !

Après le repas de midi, mes 86 balais m’imposent une sieste qui m’envoie généralement quelques instants dans les bras de Morphée.

Tous les après-midi, avec KTO, je vais à Lourdes méditer le chapelet pour porter notre monde meurtri dans la prière.

Je lis. Enfin, je peux lire des livres entassés sur les rayons que je n’ai vus que de dos jusqu’à présent !

Important, le téléphone, qui permet la communication, malgré mes pauvres oreilles fatiguées.

Merci aux paroissiens attentifs qui me font signe : « M. le curé, avez-vous besoin de quelque chose ? »

Le virus n’a pas paralysé notre foi!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par l’abbé Lucasz Babiarz, curé-modérateur

Chères paroissiennes,

Chers paroissiens,

On nous dit parfois que les croyants sont mieux équipés que d’autres pour faire face au mal et à la souffrance. Alors, dans cette période de souffrance et de mal que nous vivons, nous passons par un test de foi, en se posant beaucoup de questions sur notre croyance et sur la place de notre Eglise dans tout cela. Le coronavirus a essayé de paralyser notre sainte Eglise en nous rendant tristes et en nous obligeant à vivre notre foi autrement, car il a fallu supprimer célébrations, adorations, prières en groupe, rencontres, etc.

Mais nous n’avons pas baissé les bras !  Nous avons « conçu » une autre image de l’Eglise, qui reste toujours présente dans la vie des gens, grâce à leur foi qui conserve le Christ dans leurs cœurs et nous aide à comprendre que Dieu ne sympathise pas avec le mal, mais Il est bien le Dieu de la vie. Alors, si c’est le cas, on peut dire en toute conviction que l’Eglise ne s’écroule pas malgré les réalités du moment.

Je suis vraiment content que vous gardiez votre lien avec Dieu tout en restant en union de prière avec votre paroisse et l’Eglise universelle, à travers de nombreux moyens de communication : télévision, radio, internet, journaux et autres. Et je vous en remercie.

Cet article me permet aussi de rendre grâce à Dieu pour la solidarité de toute l’action de bonté et des gestes de charité qui ont été faits en faveur de tant de nos frères et sœurs de la paroisse. Je pense donc à toutes les personnes qui ont soutenu nos malades, abandonnés, confinés, par leurs prières et leurs bonnes paroles. Merci également pour chaque acte de service dans la distribution de nourriture ou de commissions. Merci aux jeunes de notre paroisse pour leur dévouement et leur disponibilité.

Chères paroissiennes, chers paroissiens, osons continuellement être les témoins de la bonté de Dieu. Que notre foi en Christ continue de nous aider à garder la confiance, l’espérance et la charité.

Témoignages de vos agents pastoraux laïcs

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Photos: Ldd

En ce temps de pandémie et d’une Eglise qui ne peut pas fonctionner normalement, nous avons demandé à des membres de votre équipe pastorale d’exprimer leur sentiment sur la manière dont ils/elles vivent cette situation.

Mireille Duc : une grosse frustration mais aussi du positif !

De mon point de vue, une crise offre toujours des opportunités et je préfère relever les points positifs de cette pandémie. Celle-ci me pousse à me questionner sur ma façon de vivre, notamment la fréquence de mes déplacements et l’équilibre que j’ai instauré entre ma vie privée et ma vie professionnelle.

Durant cette période inédite, je mets mes ressources personnelles au service des autres. J’essaie par téléphone de réconforter les personnes qui sont seules, malades, endeuillées et je constate que nous avons tous besoin de communiquer, d’être rassurés et que les liens ne sont pas détruits par la séparation physique.

Je prie et médite plus que d’habitude et je participe au groupe de travail chargé d’envoyer chaque semaine aux enfants catéchisés et aux servants de messe l’Evangile du dimanche avec l’explication du message, prière et jeux afin de rester en contact avec les enfants, les jeunes et les parents.

Par contre, nous regrettons, mon mari et moi, comme la plupart des grands-parents, de ne plus voir nos petits-enfants et leur famille. Le contact est maintenu par visioconférence, en faisant des « skype apéros » mais on ressent le besoin de les serrer dans nos bras ces petits. Nous faisons preuve de patience, nous savons que l’épidémie va prendre fin un jour car comme le dit l’Ecclésiaste (livre de la bible hébraïque) : « Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le soleil. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant, un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures, un temps pour démolir et un temps pour construire. Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser… »

Restons confiants et espérons. Dieu nous rejoint dans nos blessures et Jésus nous guérit en nous révélant le visage de tendresse de son Père. Et c’est bien de la tendresse dont nous avons besoin aujourd’hui.

Marianne Berset : vivre autrement en se rendant utile

Vivre autrement… L’annonce de la pandémie m’a beaucoup touchée et déstabilisée dans les premières heures…

Puis, cette situation particulière, je l’ai confiée au Seigneur… et rapidement j’ai trouvé des pistes. Ma première attitude fut de rester « cloîtrée ». Là, dans un cadre magnifique sous un soleil superbe, il fallait que je vive ma mission de baptisé. Je trouvais important de donner la possibilité aux enfants de continuer à les aider
à connaître Jésus, à entrer en dialogue avec lui. 

Aujourd’hui, nous avons également la chance de bénéficier de moyens de communication qui nous permettent d’entrer facilement en relation avec les collègues, les paroissiens et les catéchistes et aussi avec les familles… Au début de l’année scolaire, nous avions décidé de transmettre les infos aux familles par WhatsApp ou e-mail… comme si l’Esprit Saint nous avait soufflé une autre manière de communiquer. Je rends grâce aussi car mon âge m’a permis de maintenir le contact avec mes enfants et ma petite-fille. 

De plus, la Parole de Dieu a beaucoup de place et je ne voulais pas qu’elle ne soit que des mots, je souhaitais qu’elle soit aussi des gestes. De ce fait, je me suis inscrite comme bénévole pour l’Hôpital cantonal… A la suite d’une formation à laquelle j’ai été convoquée, je sais que je serai affectée au service de télémédecine dès qu’il sera fonctionnel et nécessaire face à l’évolution de la pandémie.

Demandons au Christ Ressuscité de soutenir et de garder chacun et chacune.

Bernadette von Niederhäusern : un Carême nouveau pour nous conduire à une Pâque nouvelle

Pour moi, ce confinement, c’est l’occasion de prendre le temps de se reposer et aussi de prier. Souvent dans la journée, je prie le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie ». Je prends le temps de téléphoner aux personnes âgées qui ne peuvent pas sortir. Je prends des nouvelles des amis. J’essaie de garder le lien via WhatsApp. Parfois, je vais faire une petite balade qui me permet de saluer des personnes sur mon chemin. C’est sûr, cette pandémie est l’occasion de s’arrêter et de se remettre en question. C’est un désert de contacts directs, c’est un Carême nouveau qui nous mènera, j’en suis sûre, vers une Pâques nouvelle ! La Pâque des retrouvailles ! Et si on fêtait Pâques à la fin de la pandémie ! Les retrouvailles pourraient être une vraie Résurrection ! En attendant : « Joyeuses Pâques. »

Gérard Dévaud : prendre et garder de bonnes résolutions !

Pour moi, confinement ne veut pas dire rester sans rien faire ! Bien au contraire, entre le courrier par internet, les vidéoconférences avec les collègues, les téléphones avec les paroissiens et les visites au home une fois par semaine, mes journées sont déjà bien occupées. Rajouter à cela des temps de prières à la maison ou chaque jour à l’église, le ménage, le jardin, les repas et la redécouverte de jeux de société avec mes garçons, pas le temps de m’ennuyer !

Malgré tout ça, c’est vrai que cette pandémie me préoccupe et m’oblige à réinventer mon quotidien ainsi que ma relation aux autres et à Dieu. Mais je vois plutôt ceci de manière positive, comme une chance de me renouveler, de me réinventer pour m’empêcher de tourner en rond dans mon train-train quotidien.

J’espère qu’à la fin du confinement (le plus tôt possible…), je saurai garder ces nouvelles résolutions et habitudes !

« Le confinement invite au déplacement vertical ! »

Par Sœur Anne-Sophie, op, prieure du Couvent des dominicaines à Estavayer

Période pleine de contrastes que celle que nous traversons : le monde a pour une grande part ralenti sa course effrénée ; d’autre part, certains – les soignants notamment – ont vu au contraire leur vie s’accélérer considérablement, parfois jusqu’à l’épuisement.

Au milieu de tout cela, qu’en est-il de nous, moniales ?

Ceux qui habitent à proximité du monastère entendent nos cloches qui continuent à sonner les heures de la prière, autre front de la lutte contre le Covid-19, autre poste de veille d’où nous remettons chacun, dans la foi et l’espérance, à la bonté de Dieu, à son Esprit de consolation et de force pour tous ceux qui vivent un deuil, la maladie, la solitude, la précarité, la peur pour demain. Nous sommes en communion avec beaucoup d’entre vous qui prient aux mêmes intentions. En signe de cette communion, pourquoi ne pas prier ensemble l’Angélus à 12h et 18h quand sonnent les cloches ?

On pourrait dire des moniales qu’elles sont des confinées par nature… ou plutôt par appel, et non par contrainte. On utilise alors plutôt le terme de « cloîtrées ». Vivre à la maison, cela nous connaît et tout est organisé pour cela au monastère. Quel sens cela a-t-il ? Le pape François soutient cette idée qui lui est chère : « Le temps est supérieur à l’espace » (La joie de l’Evangile no 222-225). Or, notre société depuis plusieurs décennies a fait l’option inverse : toujours plus d’espace en toujours moins de temps. L’espace invite à des déplacements horizontaux : on franchit des kilomètres, parfois un peu d’altitude aussi. Le temps, lui, invite à des déplacements verticaux, si l’on peut dire : en hauteur et en profondeur, sans bouger de sa place puisque le voyage s’effectue en soi ! 

Quand on est limité dans l’espace, et que cela dure, il faut puiser profond les ressources pour vivre. Et cela prend du temps ; mais cela vaut le déplacement ! C’est là le pari de la vie monastique… et peut-être bien le pari de ce confinement que l’on peut alors choisir comme « moyen de locomotion » pour un voyage intérieur avec et à la suite du Christ qui par sa passion, sa mort et sa résurrection nous mène des profondeurs de notre cœur jusqu’au sommet de la miséricorde : le cœur du Père. Bon chemin à tous !

Encore un virus! Oh non!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par Bernadette von Niederhäusern, agente pastorale | Photo: Bernard, DR

Un air glacial traverse mon cœur en entendant les nouvelles !

Le Coronavirus est arrivé en Suisse.

Encore une mauvaise nouvelle ! Cela suffit…

Mais, connaissez-vous : le miséricordiavirus !

Un virus qui ne fait pas de mal mais
qui est sensible à la misère des gens.

Un virus qui ouvre le cœur. Qui fait la chirurgie du cœur !

Après l’avoir contracté, il reste à jamais ancré dans ton corps
et dans ton cœur !

Eh oui ! J’ai contracté ce virus ! Mais comment ?
En lisant La Bonne Nouvelle qui se trouve dans les évangiles !

Cette Bonne Nouvelle qui change la Vie !

Oh quelle surprise ! Je suis acceptée telle que je suis sans condition !
Je suis aimée pour ce que je suis et non pour ce que je fais. 

Lisez la parabole du fils prodigue (Luc 15). Vous aurez tout compris comment Dieu nous aime et nous pardonne.

Ensuite vous aurez contracté le miséricordiavirus.
Votre vie ne pourra plus être comme avant !

Tous vos sens seront en éveil.
Vos oreilles capteront les SOS autour de vous. 

Vos yeux découvriront la détresse cachée et vous n’hésiterez plus
à tendre la main pour rendre un service gratuit.

Et si chacun de nous attrapait ce miséricordiavirus,
la vie serait bien plus belle.

Et le réchauffement ne serait pas seulement dans l’air
mais dans les cœurs !

Bonne lecture de la Bonne Nouvelle et laissez-vous séduire
par le miséricordiavirus !

Un mois de mai resplendissant!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mai 2020

Par Laetitia Willommet | Photo: DR

En paroisse le mois de mai est très attendu. Il resplendit de la joie et de l’espérance jaillies le jour de Pâques. Mai prolonge le temps pascal et invite les communautés à la fête : fête de la première communion de nombreux enfants, fête de l’Ascension, fête de la Pentecôte. Le Christ ressuscité emplit le joli mois de mai de sa présence lumineuse. 

Cette année, les communautés ne se sont pas réunies pour vivre l’attente lors de la veillée pascale et vivre la grande joie de la résurrection. Il n’y a pas eu de célébration de Pâques dans nos églises paroissiales. Le mois de mai ne verra pas de communiants joyeux s’approcher de l’autel et recevoir le Christ-hostie.

Certes nous ne nous réunissons plus dans l’église paroissiale. Mais l’Eglise du Christ est-elle réellement cantonnée à ces beaux monuments ? 

Notre pape François parle souvent de la famille comme d’une petite Eglise.

« Les familles sont l’Eglise domestique où Jésus grandit. Il grandit dans l’amour des conjoints, dans la vie des enfants. » (Pape François, juin 2015)

Alors changeons notre regard, et plutôt que de voir seulement notre église paroissiale vide, regardons toutes ces petites Eglises domestiques qui célèbrent leur foi dans leur maison, leur appartement. Christ habite en nos cœurs et depuis notre foyer nous pouvons le faire rayonner au-delà de nos murs, au-delà de notre quartier. La lumière, l’espérance, l’amour de notre Seigneur s’élancent de chacune de nos maisons. Et cela, vu depuis le ciel, doit ressembler à un magnifique feu d’artifice, plein de couleurs, d’originalité et de foi. 

Pendant ce mois de mai, ensemble, mais chacun chez soi, faisons resplendir l’Eglise du Ressuscité par nos prières et nos actes d’amour.

La malvoisie du monastère Notre-Dame de Géronde à Sierre

Par Pascal Ortelli

Photo: cath.ch

Les moniales cisterciennes de Géronde possèdent plus de deux hectares de vigne à Sierre, sur une colline surplombant le Rhône. En plus des hosties qu’elles fabriquent, elles vendent des vins: pinot noir, fendant, johannisberg et… malvoisie.

Un vin de caractère
Utilisé comme vin de messe par la communauté, le vin de malvoisie est produit par le pinot gris. Offrant une grappe com- pacte, ce cépage dérivé du pinot noir qui a changé de couleur par mutation génétique est cultivé sur les côteaux les plus ensoleillés et ventilés du canton. Il est presque toujours récolté en surmaturé. La malvoisie sèche existe également en Valais, mais garde le nom de pinot gris.
Le monastère est entouré de vignes.
«Auparavant, les moniales travaillaient elles-mêmes la vigne», confie sœur Catherine. Aujourd’hui, comme les forces vives se font plus rares, les sœurs louent leurs vignes à la famille Rouvinez. C’est une histoire de bon voisinage, car les vignes de la colline de Géronde, jouxtant celles du monastère, constituent le plus ancien domaine possédé par ces encaveurs de renom.

Le paratonnerre du Valais
Visible loin à la ronde, le monastère de Géronde est fréquemment appelé le «paratonnerre du Valais», une appellation souvent mal comprise. En effet, il ne s’agit pas d’éloigner le courroux d’un Dieu vengeur qui ferait pleuvoir les épidémies. Non, la communauté, par sa prière, a pour vocation d’attirer et de répandre le feu d’amour venu du Ciel au jour de la Pentecôte.

Les sœurs se sont installées en 1935 sur un site où la première église a été édifiée au Ve siècle. Elles viennent du monastère des Bernardines de Collombey dans le Bas-Valais. Celui-ci est issu de la réforme bernardine initiée par la Mère Louyse de Ballon (1591- 1668) et a compté jusqu’à 32 monastères. Après la Révolution française, seul le monastère de Collombey a subsisté. En 2008, après un long approfondissement de leur patrimoine spirituel, les sœurs de Géronde ont choisi d’être incorporées à l’Ordre cistercien de la stricte observance (les Trappistes).

Point de vente

Pour plus d’info et point de vente:

monastere-geronde.ch
librairie.saint-augustin.ch

Mariage civil pour tous

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), mai 2020

Photo: DR

Force est de reconnaître que la question du mariage pour tous attise les polémiques, chez nous et ailleurs. Le président de la Fédération de Russie, pour sa part,
est contre. Comme l’a rapporté cath.ch le 6 mars dernier sous la signature de Raphaël Zbinden, «le président Poutine a… émis le souhait que le texte de loi fondamentale entérine le mariage comme une union uniquement hétérosexuelle», un souhait parmi d’autres soumis en janvier au Parlement, allez savoir pourquoi, peut-être soufflé par les milieux orthodoxes russes selon certaines sources. Il voudrait aussi que la constitution mentionne… Dieu, tout simplement !

Notre Conseil fédéral ne mange pas de ce pain-là. Pas à propos de Dieu, grands dieux ! Non, à propos du mariage civil pour tous. Il nous a fait savoir par voie de communiqué daté de janvier qu’il voulait « éliminer l’inégalité de traitement des couples homosexuels ». Et c’est pourquoi il a déclaré soutenir le projet que la Commission des affaires juridiques du Conseil national a élaboré en réponse à l’initiative parlementaire «Mariage civil pour tous». C’est donc un oui hautement clamé à une révision de la loi, une révision de la Constitution n’étant pas jugée nécessaire par nos Sages. «La présente initiative demande au législateur d’ouvrir les différentes formes d’union régies par la loi à tous les couples, quels que soient le sexe ou l’orientation sexuelle des partenaires. Les couples de même sexe doivent pouvoir se marier, et les couples de sexe différent doivent pouvoir eux aussi conclure un partenariat enregistré, comme c’est le cas en France», dixit l’initiative. Qu’il en soit donc ainsi.

Mais notre Conseil fédéral est finaud: Si «la question de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels doit être réglée dans un premier temps, les autres questions, en particulier celle de l’accès à la procréation médicalement assistée, doivent être étudiées en profondeur et seront traitées séparément». Et c’est là que le bât blesse.

La société évolue, difficile de le nier, difficile d’aller contre. A ce stade, pourquoi pas un «mariage civil pour tous», au point où nous en sommes ? Mais quid d’un nouveau droit à la filiation, véritable boîte de Pandore à retardement ? Un célèbre professeur de médecine que nous ne nommerons pas ici afin de ne pas l’«instrumentaliser» a récemment rappelé «l’importance des mythes et des religions qui de tout temps ont thématisé sur la création de la vie. «Bien avant les procréations médicalement assistées», a-t-il souligné, «il y a eu des procréations divinement assistées, bien au-delà du biologique. Dans La Légende dorée de Jacques de Voragine, à l’époque de la Renaissance, il est dit que Dieu peut créer l’homme de quatre façons: sans l’homme ni la femme, comme il le fit pour Adam; par l’homme sans la femme, comme il le fit pour Eve; par la femme sans l’homme, comme cela s’est produit suite à l’Annonciation faite à la Vierge Marie – voir la Divine Comédie de Dante: O Vierge mère, fille de ton fils – et enfin, quatrième mode de création, par l’homme et par la femme selon la manière commune».

L’enjeu véritable de cette évolution sociétale est donc bien celui de la filiation, qu’on ne s’y trompe pas. Le mariage civil pour tous va passer, «comme une lettre à la poste». Mais, plus tard, sur la filiation, ça risque de coincer.

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