Diacre femme, et pourquoi pas!

Par Sylvie Dépraz, diacre EERV *
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* Eglise évangélique réformée du canton de VaudCet appel, il est venu, revenu… comme Dieu sait le faire : Il a insisté. J’ai hésité, j’ai eu peur, je ne me croyais pas capable, j’étais trop vieille, et puis je me suis rendu compte que cet appel était sérieux et qu’il fallait que je prenne le temps d’y répondre. J’ai dit oui du fond du cœur et dans la confiance que Dieu serait là à mes côtés tous les jours.

Voilà bientôt dix ans que je mets mon engagement comme diacre dans l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud à son service, en paroisse et dans un ministère caté/jeunesse. Je fais équipe avec des collègues pasteurs, diacres, hommes et femmes, et j’aime ces équipes mixtes. Je sens parfois une surprise, de temps à autre de la résistance ou de l’ignorance parce que je suis une femme, mais je sens plus largement accueil et reconnaissance.

Les religions portent un lourd héritage venu des sociétés patriarcales. Difficile dès lors pour les femmes de trouver leur juste place.

Je crois profondément que nous avons besoin de la diversité de nos sensibilités, du partage de nos préoccupations et de nos visions pour être Eglise aujourd’hui.

Le baptême – toujours d’actualité !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), février 2020

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Ce dimanche 2 février, nous entendrons, dans l’Evangile du jour, ce verset: «Les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi.» (Luc 2, 22) Aujourd’hui encore des parents, des parrains, des marraines se déplacent vers une église pour présenter un bébé, un enfant, un adulte pour qu’il devienne enfant de Dieu par la grâce du baptême.Le dimanche 15 décembre à l’église de St-Pierre-de-Clages, Kylie, Shaïna et Sasha ont été présentées à la communauté comme candidates au sacrement du baptême. Kylie et Shaïna sont de la paroisse de Plan-Conthey et Sasha de celle de Chamoson. Elles ont entre 8 et 10 ans et ont choisi de suivre dans notre secteur un parcours de préparation au sacrement du baptême qu’elles recevront le dimanche de Pâques à l’église de St-Séverin.

Dès ce jour, les trois fillettes sont devenues des catéchumènes, c’est-à-dire des personnes qui ouvrent leurs oreilles pour mieux écouter la Parole de Dieu. Elles recevront le dimanche 8 mars à la cathédrale de Sion l’appel décisif de notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey, puis auront encore à vivre en paroisse le 5 avril une célébration du scrutin qui est une manière d’aller au plus profond de soi pour scruter son cœur.

Avec elles, entendons l’appel du Seigneur à les entourer de notre amitié avec grande joie et à les soutenir par notre prière tout le temps que durera leur chemin de catéchuménat. 

Voici quelques témoins qui ont accepté de répondre à ces questions :

Pour Sasha, Inusa, Shaïna et Kylie, catéchumènes : Pourquoi demandes-tu le baptême ? Quel a été ton cheminement avant de te présenter à Dieu pour le baptême ?

Pour les parents : Pourquoi avez-vous décidé de baptiser votre enfant ? Comment voyez-vous votre engagement ?

Pour les parrains ou les marraines : Pourquoi avez-vous accepté ? Comment envisagez-vous votre rôle auprès de votre filleul/le ?

Sasha 8 ans, en parcours vers le baptême

Le papa :
Je voulais laisser le choix à Sasha de se faire baptiser ou non et c’est pour cela que Sasha fait actuellement son baptême, pour moi il était important qu’elle puisse choisir et je suis ravi de son choix. Je l’accompagnerai dans son éducation religieuse et me réjouis de l’accueillir dans la communauté chrétienne.

Alex le parrain :
Pour des raisons familiales et pour accompagner Sasha sur le chemin des sacrements. Mon rôle sera de l’écouter, de l’accompagner, de la soutenir et la conseiller si elle en a besoin.

La maman :
Le désir de faire baptiser Sasha est venu en 2015… Petite j’allais souvent à l’église et je croyais fort en Jésus, puis comme beaucoup d’adultes j’ai perdu tout ça et je me suis perdue en même temps, je ne croyais plus en grand-chose, même plus en moi… Un gros choc dans ma vie m’a amenée à suivre une Agapa (une retraite silencieuse) en 2015, durant laquelle j’ai reçu beaucoup de grâces. Depuis lors je me suis toujours sentie accompagnée, guidée et c’est à partir de là que j’ai désiré faire baptiser Sasha pour lui transmettre ce cadeau, ce ressenti, et qu’elle puisse elle aussi découvrir que dans la vie être à l’écoute de son cœur c’est être à l’écoute de ses guides.

Pour le choix de la marraine :
Cela a été une évidence car c’est elle qui nous a recueillies chez elle dans un moment très difficile que nous avons traversé toutes les deux et lorsque j’ai expliqué à Sasha qu’une marraine était une personne sur qui on pouvait compter, vers qui on pouvait aller en cas de besoin, le choix était facile, Et si je demande à Sasha pourquoi elle a choisi Yvette, elle me répond parce que je l’aime et la réponse d’Yvette est la même : c’est parce qu’elle aime Sasha et qu’elle fera toujours de son mieux pour être là pour elle.

INUSA 30 ans, en route vers les sacrements de l’initiation

Pour ce qui concerne mon baptême, j’ai décidé depuis que nous avons les enfants, leur mère étant chrétienne, pour pouvoir leur donner le même sens de vie. Donc si je fais baptiser les enfants, il faudra que moi aussi, je leur donne cet exemple. Et plus tard avec la mère de mes enfants nous pourrions envisager un mariage à l’église. 

SHAÏNA 8 ans, en route vers le baptême

Le parrain :
Je m’appelle Francisco Pinto et j’ai accepté d’être le parrain de Shaïna pour les raisons suivantes :

– pour l’accompagner dans sa foi en Dieu

– car je suis déjà son parrain depuis sa naissance avec ou sans baptême

– pour lui apprendre à avoir foi en elle, confiance en elle, car l’Eglise va lui apprendre seulement qu’il faut avoir foi en Dieu.

– pour être son parrain en cas de brouillard ou de mauvais temps. 

KYLIE 10 ans, en route vers le baptême

Les parents :
Kylie a voulu le baptême pour être enfant de Dieu et elle s’est entraînée. Pour notre part, nous respectons son choix et son engagement envers Dieu.

Le parrain :
J’ai accepté car je suis fier de pouvoir guider et aider Kylie sur le chemin de l’accueil de Dieu. J’envisage mon rôle important car il l’est également pour sa maman. J’ai accepté mon rôle car je suis content de suivre Kylie dans son chemin et de lui apporter la foi. J’envisage mon rôle avec sincérité.

Souvenir d’un baptême

Célébrer le sacrement du baptême est l’une des tâches confiées aux diacres. Nous avons demandé au diacre Stéphane Vergère de nous parler d’un baptême qu’il a célébré.

Il était si émerveillé par ce qui venait de lui arriver qu’il ne voulait plus quitter mes bras !
Si je devais retenir un souvenir de baptême en particulier, c’est bien celui de Léon, âgé de tout juste un an ! On aurait dit qu’il avait répété les gestes auparavant tant ceux-ci lui paraissaient naturels. Ainsi avançait-il volontiers son petit front au moment de l’onction ou se penchait-il très justement pour recevoir l’eau baptismale. Son visage resplendissait et ne quittait pas la lumière du cierge de baptême au moment du Notre Père. Trop beau ! Et que dire de la suite… sinon qu’il ne voulait plus quitter les bras du célébrant, au point même d’opposer une résistance et de verser quelques larmes lorsque sa mère souhaita le reprendre.

Un moment d’émotion et d’action de grâces… tout simplement de pur bonheur !

Epouse de diacre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Glâne (FR), février 2020

Par l’Abbé Theophil Mena | Photo: DR

« Comme les diacres permanents, leurs épouses doivent être dignes, point médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. » 1 Tim, 3, 11

C’est vrai que nous parlons bien souvent du diacre, cependant, nous ne pouvons pas oublier une personne avec laquelle il doit vivre et à laquelle il est lié par le sacrement du mariage: son épouse, dont la présence et l’accord sont indispensables dans l’exercice de son ministère diaconal. Quand l’Eglise ordonne diacre un homme marié, elle demande l’assentiment de son épouse, et pour cause, le diaconat bouleverse la vie du couple et de la famille. Par l’ordination diaconale de son mari, elle doit composer avec le diaconat. Quel rôle jouer ? Quelle place occuper ?  Une épouse d’un diacre témoigne :

Agée de 57 ans, elle est mère de famille, très croyante et très engagée dans sa paroisse : Il y a 15 ans que mon mari a été ordonné diacre. Notre vie a été transformée mais pas bouleversée. Je suis très heureuse. J’ai traversé avec grande confiance et sérénité les années de formation et de discernement aux côtés de mon mari, c’était l’occasion d’un approfondissement de notre vie spirituelle en couple, de moments partagés et d’enrichissement ecclésial et intellectuel. Notre vie de couple s’en est trouvée grandie, comme notre vie de foi, même si ce ne fut pas facile.

Et l’ordination ! Sûrement le moment où il s’est allongé sur le sol. C’est seulement à ce moment-là que j’ai réalisé que l’Eglise me « prenait » mon mari. Et l’imposition des mains par l’Evêque ! Lors de sa première célébration, le dimanche suivant, j’étais terriblement émue. Oui, je l’offrais aux autres et je l’acceptais. J’en comprenais bien le sens et je me suis sentie embarquée avec lui. Nous échangeons beaucoup en couple. Notre vie de couple est vraiment nourrie de cette nouvelle vie et cela est très apaisant.

Pendant ces années de vie commune, je n’ai pas eu de questionnement identitaire, j’ai toujours ma place d’épouse, de mère de famille et de femme active et engagée. C’est en restant moi-même en vérité que je l’accompagne au mieux dans sa vie de diacre. Je considère qu’il n’y a pas, à proprement parler, de rôle de la femme de diacre. J’ai ma place en fonction des impératifs professionnels, familiaux et pastoraux. Je reste attentive à accompagner mon mari par l’écoute, la prière, l’aide matérielle dans ses activités paroissiales, mais aussi par des conseils ou avis. Le partage de ce qui se vit dans le cadre de sa mission, les rencontres liées au ministère, les temps de méditations et de recollections ensemble nourrissent et enrichissent notre couple.

En acceptant de prendre un diacre comme époux, je suis consciente que la vie familiale et la vie de couple sont sources de joies, de bonheurs, parfois de préoccupations voire de souffrances. Mes priorités sont celles d’une femme de diacre, mère de 3 enfants. C’est toute la richesse de l’amour de Dieu que l’on reçoit dans notre couple. Sincèrement, il y a eu des moments difficiles  à gérer quand les enfants étaient petits, mon mari étant souvent absent le soir. Mais petit à petit, j’ai compris ce que le diaconat, reçu par ce dernier, a fait rejaillir sur moi, sur notre famille, sur notre entourage, et ai apprécié les richesses de l’amour de Dieu et la réalité de notre vie de baptisés.

Nos enfants dans tout cela : tous très jeunes au moment de l’ordination, ils n’ont pas été amenés à s’exprimer. Ils le font bien volontiers aujourd’hui. Pour eux, le diaconat s’inscrit naturellement dans la vie familiale, ils ont une chance extraordinaire d’avoir un papa diacre qui les aide à grandir, sa vie de foi et de prière est tellement forte qu’il contribue à développer la vie des enfants. Il y a 15 ans, j’étais loin d’imaginer ce que Dieu allait faire de nous par son appel, et ce qu’il allait donner à notre famille. Toute ma famille est heureuse de vivre cette expérience. 

Je remercie le bon Dieu, car c’est une grâce pour moi d’être épouse d’un diacre. L’ordination de mon mari a changé mon regard sur l’Eglise, elle m’a permis  de découvrir l’Eglise de l’intérieur. J’aime cette Eglise aves ses qualités et ses défauts. Je vois ma place d’épouse de diacre comme une place d’accompagnant par ma présence, par la prière, par l’écoute et par l’attention en ayant le souci de son emploi de temps, pour pouvoir continuer à prendre le temps de nous retrouver, de dialoguer et de nous poser pour mieux vivre l’appel du Seigneur. Toute ma famille est heureuse de vivre cette expérience. Nous avançons en toute confiance, que Dieu nous protège.

Femmes engagées et formées pour servir en Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), février 2020

Pour ce numéro de février consacré «aux Femmes en Eglise» l’équipe de rédaction est allée à la rencontre de trois femmes de notre secteur, toutes trois en formation pour ensuite servir en Eglise.Texte et photo par Véronique Denis

Marie-Claude Arlettaz, mariée à Benoît et maman de deux enfants, a répondu à l’appel de Gaëtan Steiner, responsable du Service Diocésain de la Pastorale spécialisée. Son deuxième enfant, Rémy, suit l’école à l’Institut Sainte-Agnès. Cet établissement offre une scolarité primaire pour des enfants présentant des troubles de l’apprentissage. De maman accompagnante, Marie-Claire est devenue étudiante au Parcours Théodule. Le Service Diocésain de la Pastorale spécialisée offre aux enfants comme Rémy de vivre leur foi dans un cadre adapté. Marie-Claire a dit OUI pour que d’autres enfants puissent être accompagnés dans leur vie de foi. Son rôle de femme, elle le voit dans un rôle de transmission, comme la maman transmet la vie. Et elle est heureuse de vivre cette formation en vue d’un service, plus particulièrement pour que les enfants comme Rémy puissent continuer à approfondir leur relation à Jésus dans un environnement porteur et vivifiant.Texte par Lauriane Bornet
Photo : Vincent Bornet

Je m’appelle Lauriane, j’ai 39 ans et je suis mariée à Vincent depuis 18 ans. Nous avons trois garçons Samuel, Gaétan et Adrien. J’ai eu la chance qu’on me propose de suivre le parcours Théodule. J’ai accepté car j’accompagne mes enfants dans leurs parcours de catéchèse et depuis quelques années je m’investis un peu plus dans la vie de mon Eglise. J’ai choisi de me former dans l’accompagnement des enfants en route vers la confirmation.

Mon rôle et ma place de femme dans l’Eglise ? J’essaie d’apporter mes qualités au service de la communauté. Homme ou femme je ne pense pas que ce soit ça l’important. Nous sommes complémentaires, le but est d’accueillir des gens motivés qui souhaitent s’investir et rendre service peu importe leur sexe.Texte par Nathalie Ançay
Photo : Philippe Hugo

Je m’appelle Nathalie Ançay. Je suis mariée depuis 22 ans avec Melchior et nous avons quatre enfants. Je suis responsable du parcours de communion sur trois paroisses du secteur et animatrice GodlyPlay. Après une première formation en Valais, j’ai voulu approfondir mes connaissances. Je suis donc à Fribourg en formation d’animateur pastoral (FAP/anciennement IFM). Après 2 ans ½, je peux dire que je suis très heureuse d’avoir fait le pas. Les apports, les échanges, les expériences partagées avec mes collègues de classe ont enrichi ma pratique et ma vision de l’Eglise. Malgré l’ampleur de ces études, la fin de ma formation au mois de juin m’attriste autant qu’elle me réjouit.

Je ne vois pas ma place dans l’Eglise en tant que femme, je la vois en tant que baptisée. Comme le dit le pape François : « Dans tous les baptisés, du premier au dernier, agit la force sanctificatrice de l’Esprit qui incite à évangéliser. » 1 Comme tout un chacun, j’amène ce que je suis toute entière. Cela donne des facettes très diverses à l’Eglise et c’est aussi beau que lorsque l’on regarde dans un kaléidoscope.

1 Pape François, La Joie de l’Evangile, exhortation apostolique

Nathalie (à gauche) et ses 4 amies en dernière année FAP.

Une préposition qui pose question !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), février-mars 2020

Par Jean-François Deléaval | Photo : https://gentlemanscholar.org

Phébée, diaconesse de l’Eglise de Cenchrées.

Ce mois, le thème central de L’Essentiel est « Femme de diacre ».

Belle décision, en vérité, que ces femmes ont prise : accepter que leur mari devienne diacre et de parcourir, ensemble, le cheminement qui conduira le postulant au diaconat.

Certaines épouses restent en retrait de la mission de leur époux, d’autres y sont engagées à des niveaux divers. Mais la plupart ont suivi la formation initiale avec leur mari, elles continuent à être invitées aux rencontres des fraternités de diacre ou avec celles de l’évêque, aux récollections ou encore à participer à la formation permanente. Ainsi, plutôt qu’épouse de diacre » je dirais que chacune est avant tout une « femme dont le mari est diacre ». 

A la suite d’une enquête organisée par l’épiscopat français, dans ce genre de couple, les décisions prises sont en faveur de la famille mais l’épouse apparaît souvent comme la gardienne de l’agenda et c’est encore elle qui alertera sur les surcharges d’emploi du temps. 

Les pages centrales de L’Essentiel de ce mois sont donc « Femme de diacre ».

Est-ce que l’Eglise a peur de laisser tomber le « de » et n’ose pas poser franchement la question : « Femme diacre » ?

Le Pape actuel a évoqué le 12 mai 2016, à l’assemblée internationale des supérieures générales, la possibilité de créer une commission chargée de clarifier la question du diaconat des femmes, commission composée de six hommes et six femmes. Sage décision mais lenteur vaticane ! Les recherches seront encore une fois retardées par des questions théologiques sur le diaconat ordonné pour les femmes. Puis nous avons toujours le terme récurrent de « la femme dans l’Eglise » : attention c’est une créature diabolique et il faut s’en méfier ! N’a-t-on pas entendu, souvent au siècle dernier, que celle-ci devait se cantonner à leur rôle de reproductrice et de femme d’intérieur ? 

Hélas, force est de reconnaître que dans notre hiérarchie vaticane, la mentalité n’a que peu évolué ! Et pourtant, si je relis ma Bible, je constate que lorsque Israël ou l’humanité est dans la dèche, c’est toujours une femme qui sauve la situation. Et, là, je pense à la Vierge Marie…

En vérité, la créature que Dieu a confiée à l’homme est un trésor de qualités, de dévouement et de sagesse : il est temps qu’on le reconnaisse et surtout qu’on lui confie des responsabilités au sein de l’Eglise. Oui, mais vous êtes bien obligés de le reconnaître, l’Esprit Saint a encore beaucoup de travail…

Sœur Anne-Sophie, nouvelle prieure du Monastère des dominicaines

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), février 2020

Par Claude Jenny | Photo: Georges Losey

Depuis novembre dernier, Sœur Anne-Sophie est la nouvelle prieure du Monastère des Dominicaines à Estavayer. Rencontre avec celle qui a la lourde charge de succéder à Sœur Monique, arrivée au terme de son mandat.Le chapitre tenu en novembre dernier n’a laissé planer aucune surprise : c’est bien elle, la benjamine de la communauté que ses dix consœurs ont voulu pour assurer tout à la fois la poursuite de l’esprit instauré par Sœur Monique, mais aussi veiller sur l’avenir du Monastère. Et la nouvelle élue ne s’en cache pas : la mission que le Seigneur lui confie ne sera pas forcément simple ! Mais, confie-t-elle, « j’étais un peu effrayée avant à l’idée que je sois désignée. Mais maintenant que je suis en place, ça va ! » « Je n’y ai pas échappé… » dit avec un large sourire celle qui a vite plongé dans les mille et une tâches d’une prieure ! Elle, la flûtiste, découvre de nouvelles partitions organisationnelles et de représentation publique du Monastère dans la vie locale et régionale. 

Marcher ensemble dans la vie contemplative
Même si certains disent avec affection qu’elle est « l’intello du monastère », il n’est pas à craindre qu’elle attrape la grosse tête ! Car moniale elle est, et d’abord moniale elle restera ! « C’est et ce sera toujours ma préoccupation première : que nous continuions à marcher ensemble en donnant la priorité à notre vie contemplative, car telle est notre vocation. La prieure doit être la garante de cette priorité » commente-t-elle. 

Ne pas éluder l’avenir
Mais Sœur Anne-Sophie ne s’en cache pas : hors des temps de prière, elle aura à conduire avec ses consœurs une inévitable réflexion sur l’avenir du monastère. Car elles ne sont plus que 11 moniales aujourd’hui dans les murs staviacois, dont plusieurs sont entrées dans le quatrième âge. « Nous devons nous demander de quoi sera fait l’avenir du monastère et ne pas éluder la perspective de décisions qui interviendront un jour » analyse lucidement la nouvelle prieure. C’est à elle, la plus jeune de la communauté, qu’il appartient désormais de réfléchir à demain.

Son vœu est évidemment que le Monastère d’Estavayer survive à la désaffection des vocations qui frappe toutes les congrégations. Mais étant rattaché à la Fédération française des monastères de dominicaines, un regroupement n’est pas à exclure. « Mon souhait est à tout le moins que mes consœurs les plus âgées puissent rester ici jusqu’au terme de leur vie terrestre. Pour les plus jeunes, on ne sait pas… » confie-t-elle. Elle, la cadette, qui dit avoir trouvé en terre broyarde un climat et un cadre de vie que, en Savoyarde d’origine, elle affectionne, pourrait devoir un jour aller vivre dans une communauté par exemple provençale… Une perspective qui la fait frémir à  cause du climat !

« Ne pas vivre dans la peur »
« Le but est de rester ici dans une communauté de vie spirituelle très unie. Et nous ne devons pas vivre dans la peur ! » dit-elle avec la conviction de celle qui, en tant que prieure, va tout faire pour garder cette présence monastique à Estavayer.  Reste que la vie interne d’un monastère exige des forces pour accomplir en commun nombre de tâches, notamment domestiques. Elle entend veiller à trouver « un équilibre pour éviter un épuisement de mes consœurs ». Le monastère d’Estavayer bénéficie d’un rayonnement et d’un soutien précieux, notamment de l’Association des Amis du monastère. Reste qu’il est impératif aussi de trouver des recettes nouvelles. Ce qui, pour le Monastère d’Estavayer, passe par le lancement de nouveaux produits monastiques (lire ci-contre).

La nouvelle prieure passe allègrement du ton grave – lorsqu’elle évoque l’avenir – au visage rayonnant – lorsqu’elle salue l’énergie que mettent ses consœurs pour rester fidèles à leur mission qui est d’accueillir le Christ et d’évoluer pour continuer à bien l’accueillir !

Son chemin en raccourci…

Née en Savoie, la nouvelle prieure a été institutrice avant de tâtonner un peu pour trouver sa voie spirituelle. C’est en fréquentant l’Ecole d’Evangile à Lourdes que le Seigneur lui a fait un signe clair. Restait à trouver la bonne communauté. Après un passage dans plusieurs monastères – dont la Maigrauge à Fribourg, elle a opté pour l’ordre dominicain qui lui offrait la possibilité de nourrir sa foi par l’étude. Un chemin de transmission de l’Evangile qu’elle n’a jamais regretté d’avoir choisi ! Arrivée à Estavayer en 2003, elle prononça ses vœux définitifs en 2006. Cadette du monastère, elle fêtera son demi-siècle en novembre prochain.

De nouveaux produits estampillés « Le Monastère »

Dans le courant du mois d’avril prochain, selon les prévisions, le magasin monastique des Dominicaines vous proposera de nouveaux produits qui seront vendus sous l’appellation « Le Monastère » ! Il s’agira de produits destinés aux soins du corps (savons, baumes, crème, etc.) qui sont présentement mijotés dans un atelier du couvent par deux sœurs qui s’investissent pour assurer le succès de cette petite entreprise, avec le concours de fournisseurs et de conseils d’entreprises de la région. Ces produits « Le Monastère » remplaceront les bouquets de Provence qui ne pourront plus être fabriqués faute du produit de base. « Ce doit être une source de revenus à notre échelle et exigeant un investissement modeste » explique Sœur Anne-Sophie.

Sœur Monique aura été prieure durant un quart de siècle !

Jurassienne devenue Broyarde, Sœur Monique a passé le relais à Sœur Anne-Sophie comme prieure du Monastère des Dominicaines. Elle aura occupé cette fonction à trois reprises et au total durant un quart de siècle ! L’occasion de s’entretenir quelques instants avec elle.

Par Claude Jenny

Infirmière de formation, cette sœur hospitalière a quitté Porrentruy pour devenir dominicaine à Estavayer en 1976. Et depuis lors, elle a été prieure du monastère une première fois de 1988 à 1999, puis de 2001 à 2010 et une troisième de 2013 à 2019 ! « Cette fois, promis, je rentre dans le rang » dit cette religieuse que tout le monde connaît dans la région et dont on apprécie toujours les bons mots, les plaisanteries, le sens du contact… Tout le contraire d’une nonne austère !

Et c’est peu dire qu’elle a mené sa barque en sachant conjuguer spiritualité, humanité, ouverture et audace !  Sous son règne, le monastère s’est beaucoup ouvert vers l’extérieur. « Les liens avec la commune, la paroisse, d’autres communautés se sont beaucoup renforcés au fil des ans » relève-t-elle. Ce dont elle se réjouit. Elle a aussi conduit de nombreux chantiers importants : l’ouverture de « La Source », l’année du Jubilé des 700 ans, le chantier de restauration de l’église, d’une partie des  façades, etc.

Comme une première de cordée
Mais ce à quoi elle a consacré le plus d’énergie, c’est sûrement à veiller sur ses consœurs ! « Etre prieure, c’est être au service de ses consœurs, comme une première de cordée en montagne, mais tout en respectant le chemin de chacune » tient-elle à souligner. Dit autrement : « savoir faire éclore ce qui est important chez l’autre ». « Une communauté comme la nôtre, dans laquelle nous vivons en permanence ensemble, est comme une grande famille. Et les familles des  sœurs deviennent aussi nos familles. C’est important de cultiver cet esprit » explique celle qui a veillé à toujours avoir le mot qu’il faut pour la bonne personne au bon moment ! « Je me suis efforcée de savoir être présente auprès de chacune lorsque je sentais un besoin » dit celle qui a aussi beaucoup œuvré comme infirmière de la communauté. Un privilège pour ses consœurs de disposer d’une personne possédant un tel bagage médical. Encore récemment, une des sœurs, grièvement malade, a bénéficié d’un encadrement médical par Sœur Monique mais aussi d’une belle présence fraternelle par toute la communauté. 

Sœur Monique cultive l’empathie et va continuer à la dispenser. Comme consœur, comme infirmière et comme sous-prieure. « J’ai vécu un temps riche et important » confie-t-elle. « Peut-être que je suis appelée à vivre autre chose. Car, dit-elle, plus on s’approche de Dieu, plus on est humain ! »

Les femmes de diacres permanents en pleine lumière

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Glâne (FR), février 2020

Par l’Abbé Theophil Mena | Photo: Abbé M. Python

Le diacre permanent n’est ni « un sous-prêtre, ni un super laïc ». Mais qu’est-il au juste ? Et quelle doit-être sa place dans l’Eglise ? Quelle est la place de son épouse dans l’exercice de son ministère ? Ces interrogations souvent exprimées par les fidèles catholiques traduisent la méconnaissance d’un ministère si précieux et très présent dans nos communautés chrétiennes.

Beaucoup de catholiques pratiquants ont plus de mal à comprendre la mission du diacre permanent, son rôle et sa place dans notre Eglise.

En effet, l’histoire de l’Eglise nous enseigne que cette forme de ministère était en désuétude. Il a été rétabli par le Concile Vatican II en 1964 « non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service » (Constitution Lumen Gentium).

A ce sujet, le pape François a saisi l’occasion pour rappeler le charisme et la mission du diacre permanent dans l’Eglise : il n’est pas un prêtre en second, il est « autre chose », il est le gardien du « service » dans l’Eglise (audience générale du 25 septembre 20019). Les diacres permanents sont « le sacrement de service de Dieu et des frères » dans nos communautés paroissiales.

Aujourd’hui, dans notre diocèse, ces hommes mariés, formés et ordonnés au service de l’Eglise ne sont certes pas nombreux, restent peu connus mais leur présence nous renvoie au rôle important du Christ serviteur. Le diaconat permanent est une vocation spécifique, une vocation familiale qui rappelle le service comme un don caractéristique du peuple de Dieu. Le diacre permanent est pour ainsi dire le gardien du service de l’Eglise : service de la parole, service de l’autel et service des pauvres, a insisté le pape François.

Il est certain que la grande majorité de nos diacres permanents font preuve de générosité, de zèle et leurs épouses, acceptant que leurs maris embrassent une telle responsabilité sont aussi édifiantes. Quels sont alors le rôle et la place de l’épouse d’un diacre permanant dans la vie et l’exercice de son ministère ?

Les femmes font la différence

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), février 2020

Texte par Mercedes Meugnier | Photo: LDD

Très engagée, Mercedes Meugnier se pose la question de la place de la femme en Eglise. Elle a notamment participé aux Journées d’études européennes (ANDANTE, alliance européenne d’organisations féminines catholiques) l’an dernier. Comment les femmes trouveront-elles leur juste place et recevront-elles la reconnaissance qui leur est due?Les femmes se sentent interpellées par les abus commis au sein du clergé catholique, faits largement diffusés par la presse.  Même si les journées d’études ANDANTE  2019 de Bucarest ne portaient pas sur la question des abus en particulier, leur connaissance mondiale marque, sans aucun doute, un point d’inflexion et questionne l’attitude de la hiérarchie catholique et l’évolution de cette Eglise. Alors, quelle place pour les femmes dans notre Eglise ? Cette question intéresse les femmes catholiques d’Europe et d’ailleurs.

Le sort des femmes dans l’Eglise catholique est similaire au sort des femmes dans la société. Les valeurs patriarcales à forte connotation machiste sont présentes dans toutes les strates de la hiérarchie catholique (parmi d’autres Eglises) où, les dérives d’un cléricalisme obsolète laisse aux femmes le soin de cultiver les « vertus féminines » de don de soi, d’abnégation, de service et de discrétion. Eloignées des zones de décision, elles sont – et se sentent – marginalisées malgré des connaissances et des compétences similaires à celles des hommes.

En 2017, une marche a été menée par des femmes catholiques de Suisse. « Habemus Feminas » : pour une Eglise avec les femmes (voir le film du même nom). Cette marche partie de Saint-Gall jusqu’au Vatican illustre cette volonté de faire changer les choses.

Actives et responsables
Il y a une réelle aspiration de la part des femmes à jouer un rôle plus actif et à prendre des responsabilités et nous pensons que le temps est propice. Les problématiques sociétales complexes (migrations massives aggravées par les changements climatiques)  touchent de plus en plus de personnes. Ne pas s’en préoccuper risque de creuser davantage le fossé entre riches et pauvres, et aggrave la précarité de nombreuses familles. Par leur situation marginalisée, les femmes sont davantage exposées. Par exemple : l’exploitation et les violences faites aux femmes lors des mouvements migratoires. C’est un problème qui est pourtant connu et largement documenté.

Des rencontres comme ANDANTE offrent des possibilités de formation. Nous découvrons aussi dans des figures bibliques (Lydie, Actes des apôtres 16 : 14-15, Marie de Magdala : femme et apôtre) des modèles qui nous incitent à prendre une part plus active dans notre Eglise. Les femmes se rencontrent pour se former et apprendre les unes des autres. Ce qu’elles veulent, c’est une juste place et une reconnaissance aux côtés des hommes, ni plus, ni moins. Pour contribuer, ensemble, à une Eglise aimante et accueillante où chacun trouve sa place.

Journée mondiale de la Prière des Femmes 2020

Il s’agit d’un mouvement universel de femmes chrétiennes de toutes traditions qui, chaque année le premier vendredi de mars, s’unissent pour observer une journée commune de prière et de solidarité.

La liturgie de la Journée mondiale de prière 2020 sur le thème  « Lève-toi, prends ta natte et marche ! » vient de femmes du Zimbabwe, pays enclavé du sud-est de l’Afrique.

A Sierre, cette célébration aura lieu le vendredi 6 mars à 15h à la chapelle du Foyer Saint-Joseph. Elle sera suivie d’une agape.

La balade du «Notre Père» à Pompaples (VD)

Texte et photos par Béatrice Romeo, Thierry Schelling

Des étapes jalonnent le parcours.

Ce lieu de recueillement en pleine nature est situé aux abords de l’institution des diaconesses de Saint-Loup à Pompaples et proche de l’Hôpital de Saint-Loup près de la Sarraz (VD).

L’accès est possible :

• par le train – la ligne S1 depuis Renens Gare – direction Vallorbe, descendre à Eclépens Gare et prendre le car postal direction Saint-Loup, compter une bonne heure ;

• par la route – la A1 sortie « La Sarraz », prendre la direction Eclépens, continuer pour la Sarraz et enfin se diriger vers l’Hôpital de Saint-Loup, une petite demi-heure de route.

Une fois arrivé, la première impression est non seulement la sensation d’ouverture et de paix que ce lieu transmet, mais également une belle ouverture sur une clairière dominée par une forêt dense.

La deuxième agréable découverte est le parcours dédié à la prière du Notre Père dont le contenu est divisé en dix étapes de recueillement par l’écoute de Dieu et/ou par l’intercession. 

Dès la première étape, vous êtes au cœur de la forêt et, comme souvent en pleine nature, les chemins pédestres ne sont malheureusement pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Certains endroits demandent parfois un petit effort vu les montées qui risquent de distraire quelque peu le randonneur venu chercher la relation à Dieu par la prière et l’écoute.

Emerveillement et magie
Mais rapidement, l’émerveillement et la magie du lieu agissent, grâce notamment au dégagement sur la clairière et au chemin plus plat et plus propice à la méditation qui amène le promeneur aux dernières étapes du récit de la prière du « Notre Père ».

En abordant le chemin du retour, vous pourrez faire une halte pour une petite restauration soit au sein de la bâtisse n° 6 qui dispose également d’une terrasse soit à l’intérieur de l’enceinte de l’Hôpital de Saint-Loup.

Ce lieu permet de redécouvrir la richesse de la nature, sa signification au sein du royaume de Dieu, notre Créateur, et tout particulièrement le sens du message « que ton règne vienne ». 

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Femmes et spiritualité – 4, 11, 18, 25 mars et 1er avril – Genève – EVENEMENT ANNULE

Tiré du supplément genevois du magazine L’Essentiel, «Vivre de l’Eglise à Genève», mars 2020

Cours ouvert au public, de 15h15 à 17h, Uni Bastions, salle B 012

CET EVENEMENT A MALHEUREUSEMENT DU ETRE PARTIELLEMENT ANNULE EN RAISON DE LA CRISE DU CORONAVIRUS. MERCI DE VOTRE COMPREHENSION !
——————

Comme en témoigne le parcours de maintes figures féminines du passé, l’expérience spirituelle annonce l’émergence d’une nouvelle identité personnelle dont l’insertion dans le contexte social et culturel a souvent comporté un moment de rupture avec l’ordre établi. Mais peut-on parler d’une spiritualité au féminin ou est-ce que la notion de «sujet spirituel» ne serait que le produit de circonstances historiques liées aux rapports de genre et de pouvoir ? Dans ce cours nous allons découvrir la vie et la pensée de quelques figures majeures de la spiritualité chrétienne du Moyen Âge et de la première modernité. Il donnera l’occasion de s’interroger sur la façon dont les femmes ont habité la spiritualité et de considérer les enjeux sociaux et genrés.

4 mars: L’univers spirituel des béguines: la poésie d’Hadewijch d’Anvers (env. 1200-1260)
11 mars: Marguerite Porete (env. 1250-1310) ou le Miroir qui brûle 18 mars : Catherine de Sienne (1347-1380) et les lois de l’Amour divin
25 mars: Thérèse d’Avila (1515-1582): au Château intérieur
1er avril: Femmes invisibles, femmes sauvages, « es Amies de Dieu»

Temps du Carême, temps de conversion

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mars 2020

Par l’abbé Pierre-Yves Pralong | Photo: AdC

Nous voici arrivés au temps du Carême ! Nous pourrions avoir l’impression que ces temps liturgiques se répètent chaque année et que c’est toujours un peu la même chose. Eh bien, détrompons-nous ! Chaque année c’est toujours un temps différent qui nous est proposé ! Pourquoi ? Tout d’abord parce que chaque année nous sommes différents, il y a des choses qui ont changé, évolué, grandi en nous, nous avons vécus des événements uniques. De plus, Dieu donne des grâces particulières en lien avec ce que nous avons vécu et ce dont nous avons besoin en ce moment précis de notre existence.

«C’est cela qui est passionnant dans la vie chrétienne, c’est que toute la vie, nous sommes appelés à nous laisser pétrir par Dieu !»

Le temps du Carême est bien un temps de conversion ! Nous sommes tous appelés à la sainteté et pour y parvenir, Dieu nous convertit, il convertit nos cœurs, nos attitudes. Notre mission : se laisser visiter, libérer, guérir par Dieu. C’est cela qui est passionnant dans la vie chrétienne, c’est que toute la vie, nous sommes appelés à nous laisser pétrir par Dieu ! Pourquoi ? Parce que Dieu veut que nous devenions des saints et des saintes pour notre temps, il veut que Son amour grandisse toujours plus en nous, pour aimer toujours plus nos frères et sœurs. Le Carême n’est donc pas un temps où nous faisons des efforts pendant 40 jours, et direct après nous reprenons nos mauvaises habitudes. C’est un temps où nous nous laissons convertir par le Seigneur et après ce temps nous demeurons dans les libérations que Dieu a faites en nous.

Une grande grâce que ce temps du Carême !

L’eau verte de la Maigrauge

Par Pascal Ortelli

Photo: cath.ch

En Basse-Ville de Fribourg, les moniales cisterciennes de l’Abbaye de la Maigrauge cultivent dans leur jardin «secret» une riche variété de plantes aromatiques pour fabriquer un puissant élixir: l’eau verte.

Une recette éprouvée

«L’alcool est fort; il ne faut pas en abuser, mais c’est plein de prières et d’affection», précise Sœur Teresa à propos de ce digestif utilisé aussi contre la grippe. Quelques gouttes sur un sucre ou une à deux cuillères à café dans de l’eau chaude suffisent à faire passer les malaises de toutes sortes.

Les plantes sont soigneusement sélectionnées et distillées en des proportions expérimentées depuis longtemps. C’est que la une recette est connue depuis plusieurs centaines d’années. Certains affirment qu’elle aurait été transmise par les Ursulines qui, lors de l’invasion de Fribourg par les troupes révolutionnaires de 1798, se sont réfugiées quelques années à la Maigrauge.

Une oasis au cœur de la ville

L’Abbaye de la Maigrauge, fondée en 1255, est le premier et seul monastère féminin de Fribourg jusqu’au XVIIe siècle. Depuis plus de 750 ans, les moniales vivent, dans ce coude de la Sarine, une vie de prière et de travail (ora et labora) selon la Règle de saint Benoît et dans l’esprit de la réforme cistercienne. Celle-ci redonne par exemple toute sa place au travail manuel dans la journée monastique.

Leurs principales sources de revenus proviennent de la vente d’hosties et de produits monastiques comme l’eau verte, ainsi que de l’accueil à l’hôtellerie. Les étudiantes bénéficient d’une offre préférentielle pour venir réviser leurs examens au calme, tout en étant soutenues par la prière des sœurs.

Point de vente

Boutique de l’Abbaye de la Maigrauge et autres magasins monastiques de la région.

Infos :
www.maigrauge.ch

Michel Bittar, ou le témoignage d’un paroissien engagé

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), janvier-février 2020

Par Michel Bittar, Association Soeur Emmanuelle Choulex-Vandoeuvres | Photos : DR

Michel Bittar et Soeur Emmanuelle
Michel Bittar et Soeur Emmanuelle

Etre disciple du Christ, c’est mettre ses pas dans les siens. Chemin personnel, mais pas solitaire. Tout au long de son histoire, l’Eglise a cultivé en même temps le souci de rassembler et celui de ne pas devenir une masse impersonnelle. Le Corps du Christ est communion dans la différence.

La manière de vivre la foi d’un Africain n’est pas la même que celle d’un Allemand, celle du Latino-américain différente de celle d’un Asiatique. Si les personnes sont différentes les unes des autres, les cultures le sont aussi. La foi ne peut s’exprimer qu’enracinée dans une culture.

Mais quelle est la culture dans laquelle nous voulons être disciples du Christ ici et maintenant ? Difficile à dire. Notre expérience est celle d’un brassage culturel où chacun doit trouver sa place. Les déplacements de population, mais aussi les moyens de communication mondialisés rendent difficile l’affirmation d’une culture au profil défini. C’est pourtant une culture bien réelle que nous sommes en train de construire.

Dans ce processus, les chrétiens ont une place à prendre. Là où les différences pourraient devenir des cassures, ils sont appelés à témoigner de la communion ; là où l’altérité peut désorienter, ils sont appelés à donner du sens. 

Accueillir l’autre dont la culture est différente peut provoquer un certain enthousiasme. Mais quand l’autre est proche, l’exercice est parfois plus difficile. Se côtoyer au quotidien ne va pas de soi. De ce point de vue, la réalité genevoise est particulièrement significative et constitue un véritable défi pour les chrétiens. Nos communautés s’expriment dans des langues différentes, elles proclament leur foi de manières différentes. Le risque du ghetto existe. Celui de l’anonymat culturel aussi…

Le lien entre chrétiens du grand Genève de part et d’autre de la frontière pourrait être un laboratoire intéressant. Finalement assez semblables en même temps que différents, nous connaissons-nous vraiment ? Nous sentons-nous ensemble Corps du Christ et donc sa visibilité et écho de sa Parole dans un contexte qui  ne lui manifeste que peu d’intérêt ? N’y a-t-il pas là un appel auquel il nous faut répondre de manière concrète ? [thb_image lightbox= »true » image= »25682″]

Camp communautaire du 30 juin au 6 juillet 2019 à Sète

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP des Boucles du Rhône (GE), janvier 2020

Texte et photo par Madeleine Codemo-Pahud

L’été dernier nous étions 69 à participer à un camp communautaire, intergénérationnel et multiculturel, organisé par Jean-Daniel et Elisabeth Schneeberger.

Intergénérationnel : de 4 à 87 ans. Multiculturel : la plupart des participants étaient originaires d’Erythrée, de Suisse, mais aussi d’Asie ou d’Amérique du Sud.

Au menu le matin : méditation ; petit déjeuner du cœur ; animé par les participants ; message du pasteur Jean-Daniel ; temps de réflexion en petits groupes ; jeux de rôles ; rallye ; prières et chants.

L’après-midi nous étions libres de choisir une activité : balade au Mont Saint-Clair ou le long de l’étang de Thau ; musée Georges Brassens ; tour en bateau sur les canaux de la ville ou plage.

Le mercredi plusieurs excursions dans l’arrière-pays nous étaient proposées : le village de Saint Guilhem-le-Désert, les grottes de Clamouse ; la descente en canoë sur l’Hérault ; la ville d’Aigues-Mortes, sa tour Constance et ses salines.

Le fil rouge de cette année était : « la confiance ». Ce thème a été choisi par une jeune participante. Avant le camp, les participants se sont rencontrés et ont pris le temps de poser de multiples questions sur ce thème qui ont été reprises durant le camp. Autour de trois axes : la confiance en soi, la confiance aux autres et la confiance en Dieu.

Avant de faire confiance à une personne inconnue, nous avons réalisé ensemble qu’il était important de prendre du temps pour réfléchir, de faire preuve de discernement, de poser des limites parfois, afin de ne pas se laisser envahir.

Lors d’une « trahison », il est nécessaire d’en parler, de manifester de l’attention pour rétablir la communication. Si la personne ne change pas son comportement à notre égard, alors il faut trouver une juste distance, tout en gardant le dialogue.

Il peut être utile, aussi quand des relations de confiance ont été blessées ou trahies, de demander l’aide d’une tierce personne (thérapeute, médiateur-trice, etc.)

Nous avons approfondi différents textes bibliques qui nous éclairent dans nos relations humaines et nous guident sur le chemin de la confiance, tout en nous donnant aussi des outils pour nous protéger dans des situations difficiles, où la confiance a été trahie : Psaume 139, Matthieu 14. 22-33, Matthieu 18.15-20, Jean 2. 14-19, Ephésiens 6.10-20…

Enfin, si nous prenons la peine de nous ouvrir à Dieu, nous pouvons lui confier nos joies, nos peines, les bonnes relations, mais aussi les moins bonnes en toute confiance, tout en restant prudents et vigilants.

Ces camps sont une chance pour notre ville, des liens d’amitié se tissent entre les générations et les diverses cultures. Nous comprenons mieux ces familles émigrées qui sont venues dans notre pays et qui prennent part au camp. Leur foi naturelle nous fait chaud au cœur. Je crois qu’ils se sentent accueillis et font preuve d’une grande motivation, afin de s’intégrer au mieux.

Sœur Regina

Lorsqu’elle parle de Madagascar, les yeux de Sœur Regina brillent. Des noms inconnus résonnent à mes oreilles et j’essaie de les placer sur une carte du monde. Après y avoir passé 47 ans, la religieuse se sentait chez elle au milieu des Malgaches. «Si j’étais en bonne santé, je serais encore là-bas», affirme avec conviction Sœur Regina.Propos recueillis par Véronique Benz
Photo: V. Benz

« La vie consacrée est une grâce qu’on ne peut que recevoir, c’est une réponse à un appel qui ne se fait pas une fois pour toutes, mais qui est à renouveler chaque jour », souligne Sœur Regina. Cependant deux facteurs ont aidé Sœur Regina à répondre à cet appel : le scoutisme et la montagne. « J’ai commencé le scoutisme toute petite. J’ai été longtemps cheftaine des louveteaux. J’ai fait dans ma jeunesse beaucoup de montagne et d’alpinisme. »

Elle choisit d’entrer au Carmel Saint-Joseph. « La spiritualité du Carmel avec l’enseignement de ses grands saints, notamment Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux, m’a attirée. L’Ordre du Carmel n’a pas de fondateur, mais ses origines remontent à l’Ancien Testament avec le prophète Élie qui est l’image de notre vocation : une vocation à écouter Dieu, à se livrer à l’écoute de sa Parole pour en vivre et être transformé par elle, et une vocation à le dire dans l’apostolat, trouvant dans ce témoignage une nouvelle source de prière. J’ai été attirée par cette vie de prière et d’action comme le dit Élie : « Je suis rempli de zèle pour le Seigneur » », explique Sœur Regina.

Dès le départ, Sœur Regina désirait aller en mission dans les pays lointains. Elle savait que le Carmel Saint-Joseph était implanté en pays de mission. Après trois ans de formation à Saint-Martin Belle-Roche, elle est envoyée deux ans à Casablanca au Maroc. « Ce n’est pas ce que j’avais souhaité au départ, mais ce fut une riche expérience. » En 1966, elle part pour Madagascar. Sœur Regina l’avoue avec émotion : le moment le plus important de sa vie fut celui de son départ pour Madagascar. « Enfants, on nous disait que la mission c’était aller convertir les gens. Or ce n’est pas cela. A Madagascar, j’ai très vite compris que ma place était d’aider à implanter le Carmel Saint-Joseph dans le pays en vivant simplement avec les gens. »

A Madagascar, où elle fut active pendant 47 ans, Sœur Regina a travaillé dans l’enseignement en ville et en brousse. Elle a transmis de la pédagogie à des enseignants. Elle s’est occupée de petits enfants et de jeunes filles dans un foyer. Elle a participé à la formation des jeunes religieuses malgaches et a accompagné de nombreuses étudiantes. « Les évêques du pays ont demandé aux congrégations d’investir dans l’enseignement, car l’éducation des jeunes c’est l’avenir du pays. Dans l’un des pays les plus pauvres du monde, le vœu de pauvreté prend une autre dimension. On apprend à se passer de tant de choses et à aller à l’essentiel. En brousse, nous n’avions pas d’électricité et pas toujours l’eau courante. Ici cela semble normal d’ouvrir un robinet et d’avoir de l’eau chaude ; là-bas, si nous voulions de l’eau chaude, il fallait la chauffer au feu dehors ! Madagascar est un pays magnifique. La vie n’était pas toujours facile, mais j’y étais très heureuse. Les Malgaches sont extrêmement accueillants : dans la plus grande misère, vous avez toujours un sourire. J’ai appris à écouter et à prendre le temps. »

En 2013, lorsqu’elle rentre en Suisse pour raisons de santé, elle a dû se réadapter à la vie occidentale. Heureusement elle peut continuer à parler la langue qu’elle aime, le malgache, avec deux de ses consœurs malgaches qui vivent dans la communauté de Fribourg.

Biographie

Native de Fribourg, Regina Müller est d’origine alémanique. Après la maturité, elle a fait une formation d’enseignante à l’Université de Fribourg et a enseigné deux ans à l’école secondaire de Gambach. Elle est entrée dans la congrégation du Carmel Saint-Joseph en 1961. Après 47 ans passés en mission à Madagascar, elle rentre à Fribourg en 2013 pour raison de santé. Elle est prieure du Carmel Saint-Joseph au Schoenberg. La communauté est composée de cinq religieuses plutôt âgées, mais néanmoins très actives dans la paroisse et le quartier du Schoenberg.

Le Carmel Saint-Joseph
Le Carmel Saint-Joseph a été fondé en 1872 en France, à Saint-Martin Belle-Roche dans la banlieue de Mâcon, où se trouve la maison généralice. Il a été implanté en Suisse dans le canton de Fribourg en 1901. Une maison s’est ouverte en 1902 à Seedorf près de Rosé, et une en 1951 au Schoenberg à Fribourg.

Toutes les nations à Sion (Michée 4, 1-3)

Par François-Xavier Amherdt
Photo: DRDans de grandioses visions eschatologiques – tournées vers la fin des temps – les prophètes Michée (4, 1-3) et Isaïe (2, 1-5) annoncent pour Israël ce que l’Eglise est appelée à réaliser : l’ensemble des nations se rassemblent en Sion, la colline de Jérusalem ; elles affluent vers la montagne de la ville sainte où Dieu a assuré sa présence grâce au temple de pierre ; le Seigneur joue le rôle d’arbitre entre les peuples, il exerce la justice et le jugement en associant au salut tous les êtres de bonne volonté ; il fait couler la Loi comme un fleuve et sa Parole comme un torrent, pour que les barrières de races, d’ethnies, de classes sociales ou de religions soient anéanties. Et c’est alors que Jérusalem concrétise ce que son nom signifie : ville de la paix, lieu du shalom, quand les épées sont transformées en socs de charrues et les lances en faucilles pour la moisson !

Si l’Eglise est, comme l’affirme la constitution de Vatican II, la « lumière des nations », lumen gentium en latin, c’est pour constituer le signe et le moyen de l’union des êtres humains avec Dieu et les uns avec les autres (Lumen gentium, n. 1). Selon la perspective biblique, il ne saurait donc y avoir de frontières dans l’Israël nouveau, ni en Suisse entre cantons, entre diocèses, entre communautés locales et missions linguistiques, ni entre notre pays et l’Union européenne, ni avec les catholiques, les chrétiens, les croyants et les chercheurs de sens à travers le monde.

C’est ce que vient de rappeler la grande session pastorale du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg à Palexpo en novembre dernier. Comme les multiples voyages du pape François à travers la planète, récemment en Thaïlande et au Japon. Désormais, le temple de Dieu est le corps du Christ et la chair de chaque personne humaine. La paix est le signe du Royaume, dans l’Esprit Saint qui ne connaît ni murs ni frontières. Elle est à bâtir non seulement pour la fin des temps, mais dès aujourd’hui, là où nous évoluons, dans l’humanité de 2020. L’an nouveau s’ouvre comme un espace pour la réconciliation à accomplir.

Rentrée pour les servants de messe

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Nyon-Founex (VD), janvier-février 2020

Par Brigitte Besset, Corinne Parodi, Céline Vernet | Photo: Brigitte Besset, Michel Pannatier

Une vingtaine de servants de messe, dont huit nouveaux, ont bravé le froid automnal pour la sortie de rentrée organisée à Saint-Cergue le 9 novembre. Au programme: marche jusqu’aux ruines du vieux château et jeux de formation, puis messe célébrée par l’abbé Jean Geng, responsable des servants.Lors de la montée vers les ruines du vieux château, un atelier a été proposé aux participants afin qu’ils prennent conscience que la Parole de Dieu s’adresse à chacun de nous aujourd’hui : si, dans la deuxième lecture du jour, notre prénom remplace «frères» ou «peuple», la Parole est plus percutante. Les jeunes lecteurs l’ont démontré pendant la messe ! Un exercice que chacun peut faire.

De la deuxième Lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens :

______________________________, que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père qui a aimé __________________________ et a pour toujours donné réconfort et bonne espérance par sa grâce à _______________________ réconfortent le cœur de _________________________ et affermissent _________________________ en tout ce que ___________________________ pourra faire et dire de bien. Priez aussi pour _____________________________, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et que, partout, on lui rende gloire comme chez __________________________. Priez pour que ______________________________ échappe aux gens pervers et mauvais, car tout le monde n’a pas la foi. Le Seigneur, lui, est fidèle : il affermira ___________________________ et protégera __________________________ du mal. Et, dans le Seigneur, nous avons toute confiance en _________________________ : _________________________ fait et continuera à faire ce que nous vous ordonnons. Que le Seigneur conduise le cœur de __________________________ dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ.

Mieux connaître la liturgie
Aux ruines du vieux château, quatre postes ont permis aux enfants d’approfondir leurs connaissances en liturgie: le premier sur le sens des gestes et des mouvements pendant les célébrations, le deuxième sur les objets liturgiques, le troisième sur les couleurs liturgiques. Le dernier, plus ludique, était animé par Clara, Flavie et Marina, trois anciennes servantes de messe récemment confirmées. Dans le cadre de leur engagement à servir en paroisse suite à leur confirmation, elles ont également apporté le goûter pour le groupe.

La messe, pendant laquelle huit servants ont officiellement revêtu l’aube, était animée par les servants : Noah et Flavie au piano, Eva à la flûte traversière et au chant.

Programme de l’année

Samedi 21 mars : sortie à Lausanne avec visite de la cathédrale et d’Aquatis
Samedi 4 avril : confection de compositions florales à Founex
29 et 30 août : retraite chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard.

Notre-Dame du Bois (FR)

Par Bénédicte Jollès
Photo: cath.chLa canonisation de Marguerite Bays, le 13 octobre 2019, fut l’occasion de découvrir les lieux qui étaient chers à cette couturière passionnée par le Christ et les pauvres. Vous marcherez dans les collines fribourgeoises au milieu de paysages bucoliques.

Parcours « Petit circuit » : 1h30 à pied

1. Commencez par la visite de l’église paroissiale de Siviriez, dans laquelle sont présentes les reliques de Marguerite. Vous vous garerez facilement sur le parking.

2. Rejoignez La Pierra et découvrez sa maison natale, particulièrement sa chambre ornée des objets et tableaux qui lui étaient chers. Dans le couloir de cette maison, la couturière accueillait les enfants pauvres et les villageois qui venaient lui demander conseil. Profitez de l’abri du pèlerin, il offre table et chaises mais aussi souvent des petits gâteaux (confectionnés par une habitante du village) et de quoi préparer des boissons chaudes. 

3. Poursuivez vers Notre-Dame du Bois, une charmante chapelle mariale que fréquentait Marguerite le dimanche, entourée des enfants dont elle s’occupait. En sortant de la ferme paternelle prenez à gauche et marchez tout droit pendant 20 minutes. C’est un havre de paix, dans lequel vous pourrez admirer une Vierge couronnée de style baroque dont Marguerite se sentait très proche.

4. Pour rentrer au village de Siviriez en quittant Notre-Dame du Bois, prenez la route en face de l’entrée, où est indiqué « pèlerinage de Marguerite Bays, petit circuit ». Il fait une boucle et longe la voie de chemin de fer. Au milieu du village, près de l’église, se trouve une grotte dédiée à la Vierge Marie, elle se situe sur le chemin que Marguerite empruntait quotidiennement pour se rendre à la messe. 

Le grand circuit passe par Romont et l’Abbaye de la Fille-Dieu (où Marguerite faisait sa retraite annuelle). Comptez 4 heures.

La chapelle est située non loin de Siviriez.

Une année renouvelée par la bienveillance

Dire du bien fait du bien. Voilà une belle résolution à vivre en famille en ce début d’année pour aider chacun à donner le meilleur de lui-même.

Par Bénédicte Jollès
Photo: pxhere
Petit test. Combien de paroles bienveillantes adressez-vous à vos enfants ou à votre conjoint par jour ? On a tous en tête d’abord ce qui agace ou fait mal : une chambre pas rangée, des heures perdues devant l’ordinateur ou au foot, le manque de tendresse… Si nous n’y prenons garde, les reproches s’enchaînent et deviennent contagieux. Et pourtant cet adolescent qui provoque, cet enfant trop turbulent, ce conjoint qui fuit un peu trop la vie familiale dans ses loisirs, n’ont-ils pas des qualités et des talents qui méritent d’être soulignés ?

La parole de bénédiction – qui dit du bien – est indispensable en famille. A l’image de celle du Père des cieux, elle donne vie, fortifie, fait grandir et apporte la joie. Il ne s’agit pas de flatter nos proches avec naïveté ou démagogie, mais de souligner ce qui en eux est beau, juste et vrai. Voilà une excellente façon de leur faire prendre conscience de leur valeur pour nous. « Hugo, qui était facilement coléreux à dix ans, s’est apaisé quand nous avons cherché à souligner ses qualités en famille », reconnaît Augustin son père. 

Le résultat d’un choix intérieur
La patience n’est pas naturelle quand les contrariétés se renouvellent. La bienveillance résulte d’un choix intérieur, et les dons de l’Esprit Saint l’amplifient. Si nous l’invoquons, petit à petit, il change nos cœurs de pierre en cœurs de chair, capables de miséricorde et d’émerveillement.

La capacité à bénir résulte d’un choix de vie radical présenté déjà dans l’Ancien Testament : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à Lui ; car là est ta vie. »
(Dt 30, 19-20)

Mgr Georges Chevrot, auteur et prédicateur spirituel, disait : « Délivrons-nous de cette maladie du dénigrement. Sans renoncer à notre esprit critique quand c’est nécessaire. Obstinons-nous à considérer ce que les autres ont de bon et font de bien. »

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