«Béthanic»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), janvier 2020

Par Pablo Pico | Photo: DR

La confirmation ayant lieu désormais en 7H (5e primaire), les jeunes du cycle d’orientation n’ont plus de catéchèse. C’est pourquoi les rencontres de type aumônerie sont des moyens d’approfondir sa foi.Depuis octobre 2018, un petit groupe de jeunes du C.O. de Crans-Montana se rencontre un jeudi midi par mois à la maison « Béthania » tenue par les soeurs de Baldegg, située en-dessous du centre scolaire. Ces rencontres sont appelées par le motvalise « Béthanic », de la fusion de « Béthania » et « pic-nic ». Deux accompagnateurs, Marie-Laure Rouiller (catéchiste) et Pablo Pico (diacre), accueillent entre cinq et dix élèves lors de chaque rencontre mensuelle. Nous commençons par nous sustenter autour de la table à manger. Le pic-nic que chacun apporte est complété par des boissons et parfois quelques douceurs aimablement préparées par les soeurs qui se réjouissent de retrouver le petit groupe d’élèves. Après ce temps de détente nous passons au salon où nous proposons un thème religieux ou d’actualité.

Voici les sujets abordés lors des trois premières rencontres de l’année scolaire en cour : « La mission du baptisé » (septembre), « Sainte Marguerite Bays » (octobre) et enfin « l’usage des écrans chez les jeunes » 1 (novembre).

Un fois que les animateurs ont exposé le sujet du jour, chacun peut poser des questions ou partager son avis. Cela donne de beaux échanges sur des questions de foi, de société ou d’actualité. L’entrée dans l’adolescence – les participants ont entre 12 et 14 ans – est un âge souvent difficile pour beaucoup de jeunes, car beaucoup de choses changent dans leur vie et ils commencent à être sensibles au regard des camarades et du « qu’en dira-t-on ». Mais au-delà des apparences superficielles se nichent de grandes questions existentielles comme , « Qu’y a-t-il après la mort », « Si Dieu existe, pourquoi le mal ? », etc.

En fin de rencontres nous nous rendons dans la chapelle des soeurs où nous prenons un temps de prière silencieuse devant Jésus-Hostie, avec quelques chants de louanges et des intentions libres de prière. Chacun peut exposer ses demandes au Seigneur, dans son coeur ou à haute-voix, ou simplement remercier Dieu pour ses bienfaits.

Nourris dans leurs corps et dans leurs coeurs, les élèves repartent léger aux cours de l’après-midi. Récemment un jeune m’a dit qu’il hésitait à venir au « Béthanic » parce qu’il a l’étude durant la pause de midi. Je lui ai dit que s’il manquait l’étude une fois par mois pour approfondir sa foi, le Seigneur se chargerait certainement de lui donner un coup de mains pour ses cours. Evidemment, la prière ne nous dispense pas d’étudier…

1 A partir du livre « La fabrique du crétin digital », les dangers des écrans pour nos enfants. Un scientifique nous alerte ! Michel Desmurget, éditions du Seuil, 2019.

Des dons divers

Texte et photo par Jean-Claude Dunand, curé modérateur

Nous nous interrogeons tous sur le devenir des communautés chrétiennes locales. Notre monde a changé : la technologie a accéléré la communication. Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait qu’un téléphone par village ! De nos jours, un par personne, et même dès l’âge de douze ans !

Les données statistiques sur la pratique religieuse sont inquiétantes. Les chorales s’éteignent, le recrutement pour renouveler les conseils et services devient problématique. Les assemblées dominicales sont bien souvent clairsemées. Très peu de jeunes fréquentent l’église et de moins en moins de couples s’engagent dans le sacrement du mariage. Le clergé est vieillissant. De quoi avoir peur de l’avenir ! Mais n’en restons pas là. Osons regarder vers l’avant. « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20), nous dit Jésus. Confiance, oui… mais tout de même !

En regardant autour de moi, je découvre un nombre considérable de personnes engagées : plus de 400 bénévoles sur notre unité pastorale (UP). Les baptisés renferment une richesse incalculable de charismes pour faire vivre les communautés ; de par leur baptême ils sont « membres du Christ prêtre, prophète et roi ». Et le pape François qualifie le baptisé de « disciple-missionnaire ». Ces deux affirmations nous responsabilisent, nous invitent à prendre des initiatives qui rassemblent dans la convivialité, la célébration et la diversité des cultures.

De nouvelles valeurs surgissent. Les jeunes affectionnent les grands rassemblements ; ils prennent conscience de l’urgence de sauve­garder la planète. Les personnes d’un « certain âge », riches de leur expérience de la vie, ont davantage le sens de la gratuité ; elles donnent du temps au service de la société.

Nous aurons sur notre UP, le 1er février, un forum sur le thème : « Ensemble, faisons vivre l’Eglise ». Le défi est là et il est de taille ! Ne nous offusquons pas de la consommation dominicale et de l’indifférence : c’est inévitable. Mais prenons part de plus en plus à la concertation pour animer nos communautés en laissant l’Esprit guider les initiatives.

Jésus nous stimule : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie » (Lc 21, 19). La confiance transcende les aléas de la vie et nous porte à croire qu’avec le Christ rien n’est jamais perdu. Jetons sur chaque événement un regard renouvelé et décelons-y une promesse de vie. La foi nous mobilise et l’espérance nous fait croire que nos réalisations humaines portent le signe que Dieu est présent au monde.

La fidélité… à la suite de Marie

Pas si simple la catéchèse… Comment parvenir à ce que la Bonne Nouvelle «fasse écho» – c’est justement le sens du mot catéchèse – dans le cœur de chacun ?

Par Pascal Tornay
Photos : DR

On a souvent saucissonné la catéchèse en la destinant, par strates d’âge, aux tout-petits, aux jeunes… Mais il est vrai plus rarement aux adultes. A Martigny, nous tentons de garder en tête que le public privilégié, c’est les adultes. Ce sont eux en effet qui vont (ou non) répercuter (échos !) d’une manière ou d’une autre ce qu’ils ont vécu à leurs enfants. Nous faisons en sorte que ces espaces caté soient des espaces de partage entre les générations. 

Ce mercredi-là, une petite grappe de personnes avait rendez-vous au rectorat du Bourg pour un après-midi sur le thème de la fidélité. Les petits sur le tapis, les parents et accompagnants les entourent. On prend un temps de réflexion et de prière : chacun re(découvre) la vie toute simple de Marie, fidèle…

… à la prière : Marie et Joseph vont prier au temple avec Jésus, petit. Ils lui parlent de Dieu.

… à ce qui est bien, à ce qui est bon : Marie n’a pas le mal au fond d’elle et, attentive, met toujours l’autre au premier plan.

… aux engagements : « Me voici, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa Parole ».

… au service : Marie court vers sa cousine car, âgée et enceinte, elle a besoin de son aide.

Entre parents et enfants, on prend un petit temps de réflexion pour relire un peu notre manière de vivre…

– Quelle relation j’entretiens avec Jésus ?
– Comment est-ce que je pose mon regard sur l’autre ?
– Comment est-ce que je reste fidèle à une décision ?
– Comment est-ce que j’ouvre les yeux pour voir l’autre qui aurait besoin de moi ?

L’après-midi se poursuit avec un temps de bricolage. Ce bricolage est destiné à faire plaisir à d’autres personnes et notamment les couples qui ont fêté un jubilé de mariage récemment ! Puis vient le moment – tant attendu – du goûter…

Une catéchèse toute simple, toute vivante et bonne, comme Marie ! Merci à toutes les actrices et tous les acteurs !

Christus Vivit: l’éclairage

Après nous être penchés sur le cœur de Christus Vivit dans le dernier numéro, ce troisième volet de notre éclairage sur l’exhortation apostolique nous propose de nous concentrer sur les troisième et cinquième chapitres du texte. Par Paul Salles
Photo: Fri-soul

L’aujourd’hui de Dieu
Parce que la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité est appelée à rejoindre chacun là où il en est, il était bon que le synode se penche sur la réalité actuelle des jeunes : quel est ce monde dans lequel vivent les jeunes ? à quelles réalités sont-ils confrontés ? Il est ainsi relevé que même si l’on peut observer une certaine mondialisation, les réalités sont très diverses selon les pays et les situations dans lesquelles les jeunes vivent. Le pape rappelle aussi qu’il faut se laisser rejoindre par les joies, mais aussi par les souffrances des jeunes à travers le monde, confrontés aux problèmes des guerres, de la violence, de la pauvreté… 

Le pape François retient néanmoins trois thèmes qui ont marqué le synode. Premièrement, il relève le fait que le monde contemporain est un monde numérique, qui façonne en profondeur jusqu’à nos manières de communiquer, de penser et de vivre. Ce changement de paradigme ne peut être ignoré. Il est porteur de nouvelles opportunités formidables, mais aussi de dangers que l’on ne connaissait pas il y a encore quelques années. Vient ensuite le phénomène migratoire qui marque encore et toujours l’histoire de l’humanité et donc des jeunes. Avec lui, son flot de violences, de guerres et de souffrances que les chrétiens sont appelés à rejoindre. Dernier point relevé dans ce chapitre, celui des abus dans l’Église, qu’ils soient sexuels ou non. Exprimant sa honte et son repentir pour les péchés de ses membres, le pape affirme que « ce moment difficile, avec l’aide précieuse des jeunes, peut véritablement être l’occasion d’une réforme de portée historique pour déboucher sur une nouvelle Pentecôte et inaugurer une étape de purification et de changement qui confère à l’Église une nouvelle jeunesse ». (CV 102)

Chemins de jeunesse
Ce cinquième chapitre est une véritable ode à la jeunesse. Non pas que François idéalise les jeunes, mais il manifeste plutôt un émerveillement devant cette période passionnante de l’existence humaine. On sent ici le cœur paternel, toute l’expérience de celui qui se fait un peu le grand-père de la jeunesse du monde. En effet, la jeunesse est décrite comme le temps des rêves, mais aussi comme une période d’anxiété devant la découverte de la responsabilité et des choix à poser. Cette peur, le pape appelle à la sanctifier en la confiant à Jésus qui peut la remplir d’une espérance dépassant la pourtant très belle insouciance de la jeunesse. François invite les jeunes à ne pas se laisser paralyser par les choix à faire ni à se laisser endormir par les apparentes sécurités de ce monde. On retrouve ici des thèmes déjà abordés : « Jeunes, ne renoncez pas au meilleur de votre jeunesse, ne regardez pas la vie à partir d’un balcon. Ne confondez pas le bonheur avec un divan et ne vivez pas toute votre vie derrière un écran. Ne devenez pas le triste spectacle d’un véhicule abandonné. Ne soyez pas des voitures stationnées. Il vaut mieux que vous laissiez germer les rêves et que vous preniez des décisions. Prenez des risques, même si vous vous trompez. […] Ouvrez la porte de la cage et sortez voler ! S’il vous plaît, ne prenez pas votre retraite avant l’heure ! » (CV 143)

À ces défis de la jeunesse, le pape invite à joindre l’amitié avec le Christ : « Tu ne connaîtras pas la véritable plénitude d’être jeune, si tu ne rencontres pas chaque jour le grand ami, si tu ne vis pas dans l’amitié de Jésus. » (CV 150) De cette façon, chaque jeune grandira, et s’épanouira dans une authentique sainteté et pourra être ainsi dans le monde un ferment de fraternité, de réconciliation. Le fruit d’une véritable vie spirituelle se déploiera dans l’engagement social fort et constant au service du bien commun et de l’avènement du Royaume de Dieu. Cet engagement social est également inséparable de l’annonce de l’Évangile. Le Seigneur nous veut tous missionnaires, témoins de la résurrection. Le pape encourage les jeunes à faire l’expérience de la joie de la mission dans nos différents milieux de vie afin qu’avec saint Paul, nous puissions dire : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile. » (1 Co 9, 16)

L’évêque est son boss!

Elle se qualifie volontiers de «porte d’entrée» des rendez-vous de l’évêque. Cette théologienne atypique considère que sa présence en tant que secrétaire personnelle de Mgr Morerod est une manière de servir le Christ dans son Eglise en redonnant tout ce qu’elle a reçu. Rencontre avec Camila Gross Nachef.

Par Myriam Bettens
Photos: Myriam Bettens, Nicole RighettiUn attaché-case noir pend au bout d’une corde face à une des fenêtres du hall principal, comme oublié par son propriétaire. Au détour d’un couloir, le visiteur observateur remarquera encore une petite figurine à l’effigie du pape Jean-Paul II entourée d’apôtres « peu orthodoxes ». Les disciples en question ressemblent plus à de petits jouets tout droits sortis d’œufs surprises qu’aux saintes représentations habituelles. Au-dessus des marches gainées de rouge de l’escalier principal, les portraits des différents évêques du lieu veillent. En haut de la montée, une toile jaune soleil placée un peu en retrait attire l’attention. Lorsque l’on s’approche, une multitude de petits points noirs dessinent les courbes du visage de l’actuel évêque, Mgr Morerod. « Cela change complètement des autres portraits, n’est-ce pas ? » lance Camila Gross Nachef en désignant cette lumineuse représentation.

Une oreille attentive

« Travailler à l’évêché est la manière que j’ai de servir le Christ dans son Eglise et de redonner ce que j’ai reçu lors de mes études de théologie », déclare-t-elle. Une des tâches de la secrétaire personnelle de l’évêque consiste à « jongler avec l’agenda rempli de Mgr Morerod », affirme-t-elle encore. Ce qui implique de nombreux contacts téléphoniques et courriers électroniques dont elle se charge dès le moment de son arrivée à l’évêché, à 8h30, et cela jusqu’au moment de la pause « obligatoire » de 9h40 dans la salle à manger du rez-de-chaussée. « Cette pause me permet de transmettre des choses à faire à la chancellerie ou à l’administration et nous donne l’occasion d’être tous réunis au moins une fois dans la journée », détaille-t-elle. Camila Gross Nachef ne met pas uniquement à profit sa formation théologique, mais aussi une riche expérience en tant que praticienne de la relation d’aide, « l’écoute active de personnes ayant des difficultés personnelles ou dans leurs paroisses fait aussi partie de mon rôle ». Cette manière de communiquer respectueuse et non jugeante est une des nombreuses facettes de sa personnalité.

Sa tâche implique de multiples contacts téléphoniques.

Des post-it par milliers

L’anticipation, qui suppose une consommation astronomique de post-it en est une autre. Elle désigne une table proche de son bureau sur laquelle sont éparpillées des dizaines de missives. Sur chacune d’elle, un petit carré jaune avec quelques lignes manuscrites. « Sur cette table je dépose le courrier de la journée que je prétraite pour l’évêque », indique la secrétaire en désignant les petits feuillets jaunes. « Mgr Morerod est très indépendant, mais je m’occupe tout de même de faire un premier tri, en lui suggérant des actions pour lesquelles il peut répondre par « oui » ou par « non ». Il faut être rapide avec lui », décrit-elle en souriant. Un regard circulaire au reste de la pièce permet de constater une décoration hétéroclite mêlant saintes représentations et peintures profanes épinglées çà et là. « Notre administrateur se charge de décorer notre bureau », juge-t-elle bon de préciser dans un sourire. Elle ajoute que les objets insolites aperçus lors de la visite viennent aussi de lui. Sur le coin de son bureau, une photo-portrait de l’évêque est posée. Il a les mains ouvertes, et chacune d’elle est calée derrière ses oreilles en signe d’écoute.

La place d’être femme

L’ouverture et l’écoute définissent bien la personnalité des deux évêques, Charles Morerod et Alain de Raemy, selon la théologienne. Elle donne l’exemple de la naissance de son troisième enfant, « J’ai pu, après le congé maternité, prendre mon fils au bureau, l’y allaiter ou le changer ». Camila Gross Nachef ne se sent pas uniquement reconnue en tant que mère, mais également en tant que femme. Il est 11h30, juste avant de filer préparer à manger pour ses enfants, elle ajoute encore, « Nous (les femmes, ndlr) avons un rapport de complémentarité et de liberté avec les deux évêques. Nos avis sont écoutés et pris en considération. » Un modèle dont le reste de l’Eglise devrait parfois s’inspirer ? « La foi passe beaucoup par les femmes et il existe vraiment une manière féminine d’être à Dieu », affirme-t-elle. Camila Gross Nachef conclut que, pour elle, « sans la femme, il n’y aurait tout simplement pas d’Eglise ».

Temps forts d’une journée

8h30 –> Arrivée à l’évêché et gestion des affaires courantes.

9h40 –> Pause « obligatoire » permettant aux collaborateurs de se voir au moins une fois dans la journée.

11h30 –> La théologienne file préparer le repas de ses enfants.

Après-midi : Consultation dans son cabinet dédié à la relation d’aide.

Jeune valaisan à KTO

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), janvier 2020

Texte et photo par Yves Crettaz

En tant que fervent catholique et dans le but de me lancer dans le journalisme, un stage au sein de la rédaction de KTO était tout simplement une évidence. Le chef de la rédaction, Etienne Loraillère, a généreusement accepté ma demande, se souvenant de ma participation à une émission sur leur chaîne en 2018, lors de la venue du Saint-Père en Suisse.« KTO, la chaîne de télévision catholique. » Mais oui, tout le monde la connaît, même chez nous en Valais. On y suit toute l’actualité religieuse francophone, des déplacements du Pape aux différents moments de prière en direct de Lourdes ou de Paris.

J’apprécie particulièrement chez eux le fait qu’il ne s’agit pas d’un média d’Eglise mais d’un média qui parle d’Eglise. Ainsi et à l’image de Cath.ch, les sujets brûlants au sein de l’Eglise catholique ne seront pas évités mais abordés de façon neutre.

Je me rends donc à Malakoff (à dix minutes de Paris) où je logerai, pendant deux semaines, chez un diacre, père de famille et ancien cadre de Google France (actuellement cadre au groupe Bayard Presse et donc au journal catholique La Croix). Quoi de mieux pour parler religion, journalisme et digital ? Car l’avenir des paroisses et de l’Eglise passera inévitablement par le digital.

En commençant ce petit stage, j’ai directement été frappé par l’âge moyen de la rédaction : ils ont tout juste la trentaine ! Cela n’a rien à voir avec d’autres rédactions du milieu ! La raison : un salaire légèrement moindre (la chaîne ne vivant que de ses dons, sans aide de l’Eglise) et la grosse charge de travail de couvrir la Francophonie ! En effet, la rédaction bouge dans tous les sens ! Pas une seule seconde de répit, d’autant plus qu’à ce moment-là, les employés s’activaient pour préparer les 20 ans de la boîte en décembre (article écrit fin novembre). La grandeur des locaux pour une chaîne catholique m’a également impressionné : un grand bâtiment pour loger quelque septante professionnels actifs. Et moi qui m’attendais à rencontrer une vingtaine de personnes…

Journée type au pôle actu’
Rendez-vous à 9h45 pour un filtrage de l’actualité de la nuit, suivi d’une séance de rédaction journalière pour discuter des sujets à traiter. Ensuite, chacun gère son travail de son côté : que ce soit la préparation d’une émission, l’enquête d’un sujet, le tournage d’une actualité ou le montage vidéo d’un reportage. En fin d’après-midi, on s’active autour du studio principal (tout est vert pour faciliter l’incrustation de décor en post-production) où se déroulent les principales émissions et l’enregistrement des sujets pour le téléjournal. Bien que tout soit réalisé dans un gros stress, la joie et la bonne humeur restent de mise.

J’ai profité de mon week-end de congé pour visiter la capitale et également vivre l’eucharistie. Le samedi, j’ai exploré les rues de la magnifique ville lumière malgré les perturbations dues au premier anniversaire des gilets jaunes (qui ont provoqué la fermeture de plusieurs routes et rames de métro).

Le dimanche, j’ai eu la chance de vivre deux messes : la première partagée au côté de « mon diacre d’accueil » dans la petite paroisse locale (avec un prêtre de paroisse qui est venu plusieurs fois en vacances à Arbaz) où quelque cinquante fidèles s’étaient réunis. La seconde, à Boulogne-Billancourt, animée, comme chaque dimanche soir, par le groupe de pop louange professionnel Hopen. La louange me touche particulièrement car elle me permet de me rapprocher de Dieu.

Même Joël Pralong
Je n’ai donc pas hésité à me rendre dans cette énorme église de 1000 places pour célébrer et participer à l’eucharistie. Musiques pop, paroles sur écrans géants, quête avec paiement par carte de crédit, guitare électrique et batterie. Bref, une église remplie de jeunes et moins jeunes réunis pour louer le Christ. Ce qui m’a fait sourire avant le début de la messe, c’est l’affiche au fond de l’église qui promouvait une conférence donnée la semaine d’après par… notre prêtre diocésain Joël Pralong. Comme quoi, le monde est petit.

Bref, deux semaines en terre parisienne, ça passe vite ! Quelle belle expérience de voir de plus près ce gros média catholique ainsi que la magnifique ville de Paris.

Le Valais vu de KTO

On s’intéresse passablement au Valais depuis KTO. La présentatrice est une grande amie du directeur de l’Office du Tourisme de Fully. Le responsable digital a étudié en Suisse et est ami avec des jeunes valaisans bien actifs en paroisse et le responsable des magazines vient régulièrement au Val d’Anniviers pour y passer des vacances en famille. Il ne manque plus qu’ils s’abonnent à notre journal paroissial.

100 ans et fan de KTO

Notre doyenne de Grône, Ludivine Balet, a soufflé ses 100 bougies le 21 décembre dernier. Elle suit quotidiennement les programmes de KTO, sa chaîne de télévision préférée.

Texte par Sandy Rey | Photo: Zenon Zajac

La visite récente de notre évêque Mgr Lovey à son domicile l’a beaucoup réjouie. Pour cet article, elle me reçoit souriante, un chapelet posé à côté d’elle, dans son appartement où elle vit toute seule. Sa douceur, sa gentillesse et sa discrétion envahissent la pièce dès les premières minutes de notre interview.

Jusqu’en 1927, Ludivine Balet a vécu à Itravers. puis à Grône jusqu’à maintenant. Sa mémoire est enviable. Elle me cite des dates précises sans aucune hésitation. D’une fratrie de dix enfants, elle a deux sœurs consacrées. Son neveu, l’abbé Raphael Ravaz, a célébré sa première messe à Grône en 1965. La commune avait organisé une très belle fête ce jour-là. Fervente paroissienne, son âge avancé ne lui permet plus de se rendre à l’église. Désormais elle suit la messe au quotidien sur la chaîne KTO. Grande fan de Roger Federer, Ludivine regarde régulièrement ses matchs sur le petit écran, mais sur une autre chaîne…  Elle me confie que son succès et sa force, elle les puise auprès de sa famille. 

De notre monde ultra-connecté, communiquer avec ses petits-enfants grâce à son téléphone portable est un moyen qu’elle utilise facilement et qu’elle apprécie. Le tremblement de terre vécu en Valais en 1946 est l’évènement majeur dont Ludivine se souvient particulièrement. Elle le qualifie de « terrible ». Pendant quelques instants, ses yeux doux regardent intensément le plafond. Elle revit ces quelques minutes effrayantes passées à côté de son nouveau-né.

La famille de Ludivine se compose de 5 enfants, 12 petits-enfants et 7 arrière-petits-enfants.

Ses belles-filles sont aussi présentes dans son quotidien. Le secret de sa longévité et sa bonne santé tiendrait-il notamment à l’amour que lui porte sa grande famille ? Nous terminons cette belle rencontre dans sa cuisine autour d’un bon café préparé par sa belle-fille. Une bienveillance palpable et beaucoup de respect émanent de cette pièce lumineuse… ou illuminée par la grâce de Dieu. 

«Eglise sans frontières» dans notre secteur pastoral

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), janvier 2020

Par Isabelle, Marie-Paule et Olivier

Partir à la découverte de quelques «communautés» originaires d’autres pays du monde actives dans nos paroisses, tel est le voyage auquel nous vous invitons. Peut-être en connaissez-vous d’autres et pourriez-vous nous faire partager vos expériences dans un prochain journal? Nous avons posé les questions suivantes: Pouvez-vous nous présenter votre communauté en quelques mots? Quelles sont vos fêtes religieuses principales? A quelles occasions vous rencontrez-vous? Avez-vous des contacts avec la paroisse où vous vivez?

Communautés de langue portugaise, l’abbé Jose Vilas

L’aumônier et prêtre Jose Vilas ne compte pas ses heures au service des neuf communautés portugaises en Valais. Messes, mariages, ensevelissements et baptêmes et aussi fêtes mariales en portugais ont régulièrement lieu dans différents villages et villes de notre canton.

Les personnes de notre secteur peuvent se rendre à la chapelle de Châteauneuf Sion pour entendre une messe dans la langue portugaise et rejoindre la communauté portugaise en unité avec la paroisse de St-Guérin. En ce qui concerne les préparations aux sacrements pour les enfants, le prêtre tient à ce qu’elles restent dans les paroisses pour favoriser l’intégration dans le lieu de vie.

Des groupes de jeunes tels que Chama Vive (photo) témoignent de l’enthousiasme et du dynamisme des communautés portugaises. Leur collaboration avec le diocèse et les paroisses locales se passe harmonieusement. Certaines paroisses font parfois appel à elles pour organiser des fêtes mariales avec procession aux flambeaux, comme lors du centenaire de Notre-Dame de Fatima en 2017. Les ressortissants du pays où ont eu lieu les apparitions de Fatima au début du XXe siècle savent exprimer leur dévotion à Marie avec une ferveur toute particulière.

Pour tout renseignement sur les activités et les horaires : Jose Vilas Boas 078 676 77 74 ou jocavibosa@gmail.com

Le groupe Chama Vive (Flamme vivante) et leur aumônier, Jose Vilas.

Communauté chrétienne rwandaise de Suisse, l’abbé Léonidas Uwizeyimana

La communauté chrétienne rwandaise de Suisse est composée d’étudiants, de réfugiés, de résidents ayant reçu la nationalité suisse. Le Rwanda est un tout petit pays avec une seule langue, le Kinyarwanda, ce qui facilite la reconnaissance et les rencontres.

Le Rwanda a été évangélisé par les missionnaires Pères Blancs du cardinal Lavigerie. Nous célébrons donc les mêmes fêtes religieuses que l’Eglise universelle. Depuis que la Sainte Vierge, Mère du Verbe de Vie, est apparue à Kibeho (au sud), les baptisés du pays lui vouent une grande dévotion qui transparaît sur notre communauté rwandaise aujourd’hui : on ne peut célébrer la messe sans entonner un chant à Marie, afin qu’elle intercède pour nos populations en faveur de la paix.

En Suisse, les occasions de rencontres sont nombreuses : anniversaires, jubilés, fête nationale du Rwanda, célébrations des sacrements, décès ou messes de familles organisées en début de chaque année. La messe y est principalement célébrée et chantée dans notre langue maternelle.

Nous essayons de nous intégrer autant que possible dans notre paroisse comme bénévoles. Certains font partie de conseils de communauté, d’autres laïcs et prêtres sont même mandatés par l’évêque pour différents services en Eglise.

En bref, malgré de nombreux points d’interrogation pour une insertion continuelle, nous continuons à vivre avec persévérance notre identité chrétienne. Un grand merci pour la solidarité chrétienne dans l’Eglise suisse.

La communauté rwandaise de Suisse romande a accompagné l’abbé Léonidas lors de son installation à Chamoson.

Communauté albanaise à Vétroz, Mme Palina Melfi

Notre communauté se réunit 3 ou 4 fois par année à Vétroz, le samedi soir, pour une messe célébrée par un curé qui vient de Lucerne, suivie d’un apéritif dînatoire. Ça nous permet de garder le contact, car on est finalement tous plus ou moins cousins. Il y a dix familles de base, arrivées du Kosovo en 1989, gérées par un « chef ». 

On est une famille nombreuse, sept frères et sœurs. On croit beaucoup à la Vierge. Ma sœur et mon beau-frère vont tous les dimanches à Padre Pio à pied depuis Vétroz, et nous y allons aussi quand nous pouvons. Nous ne le connaissions pas, mais nous avons appris à le connaître au fur et à mesure que nous lui demandions de l’aide.

Nous avons plusieurs fêtes : la Saint-Antoine (Nua, prénom de mon papa) le 19 janvier, l’occasion d’un repas de famille chez ma maman ; Zoya, la Vierge, prénom de ma sœur, en septembre ; le 15 août, grande fête familiale chez ma grande sœur avec un pèlerinage, par exemple à Derborence. Au Kosovo, neuf jours avant, on fait une procession de 1h30 depuis notre village jusqu’à la Vierge Zoya de Letnize. Elle fait des miracles, un peu comme à Lourdes. Enfin on fête bien sûr Noël et Pâques. Chaque dimanche de Carême toute la famille va en pèlerinage à Longeborgne et fait le chemin de croix. C’est comme une tradition, donner à nos enfants ce qu’on a vécu.

Une grande famille aux premiers bancs de l’église, ça se remarque ! Nous aimons bien participer aux soirées de louange à Conthey. Tous les dimanches, après la messe, les enfants font un vœu et allument un cierge. Et en cas de coup dur, ils ont le réflexe de faire une prière. Je suis contente d’avoir pu leur transmettre ça.

Enfant et servants de messe entourent le curé albanais.

 

Les groupes d’Évangile à la maison existent depuis plus de 8 ans

Par Bernard Bovigny
Photo: B. Bovigny

C’est à la suite du rassemblement œcuménique « Festibible » de 2010 à Fribourg qu’ont démarré les groupes d’Évangile à la maison. Le but de ce festival était de mettre la Parole de Dieu à la portée de tous.

Des groupes de découverte de la Bible se sont ainsi formés dès 2011. Agnès Jubin s’est directement mise à disposition et a accueilli chez elle à Pérolles un groupe de six, qui s’est agrandi à neuf, mais jamais davantage pour des raisons d’organisation. « Il était important de sortir des paroisses pour montrer que la maison familiale est aussi un lieu privilégié de partage de la Parole de Dieu », affirme-t-elle. À noter que ces groupes réunissent aussi quelques personnes qui ne participent pas souvent à la messe, mais s’intéressent à l’Évangile.

Lors de chaque réunion, les participants parlent du texte choisi en se basant sur un carnet contenant quelques clés de compréhension. Des rencontres de formation permettent aux animateurs (ainsi qu’à d’autres intéressés) de se familiariser avec les textes proposés. « Un suivi est nécessaire, afin de ne pas dire n’importe quoi », estime Agnès Jubin. 

Le Service de formation du vicariat épiscopal, qui gère les groupes d’Évangile à la maison, en a recensé une vingtaine dans le Grand-Fribourg. « Il y en a même eu davantage, jusqu’à 30 », précise Agnès Jubin, qui n’exclut pas que d’autres groupes fonctionnent actuellement incognito.

Chaque réunion débute par une première lecture chez soi. Puis, ensemble, on essaie de mieux comprendre le texte à l’aide du carnet, avant de se lancer dans un temps de partage où chacun s’exprime librement. Il est important que chacun prenne la parole, « et certains le font plus que d’autres ».

Ce moment de discussion se termine chez Agnès par une petite collation, durant laquelle on prend des nouvelles des familles et on discute d’autres choses.

L’idéal serait que chaque participant cherche à fonder un groupe à son tour. « C’est difficile, car on apprécie d’être ensemble », glisse Agnès Jubin, qui serait d’accord de prendre un nouveau groupe « mais sans laisser tomber l’actuel ». 

La cadence de chaque groupe est libre. Chez Agnès, il se retrouve le vendredi soir, toutes les 5-6 semaines. « Et je sais que certains groupes vont plus à fond dans la découverte de la Bible. » Les gens se réunissent par connaissance mutuelle, et pas forcément par paroisse.

Et si des personnes intéressées ont envie de se lancer dans l’aventure ? Le Service de Formation du vicariat épiscopal se charge de coordonner les demandes.
Personne de contact :
Florence Murphy, 026 426 34 71, florence.murphy@cath-fr.ch 

Les carnets d’Évangile à la maison peuvent s’obtenir :
Pour l’UP Saint-Joseph : à la cure Saint-Pierre
Pour l’UP Notre-Dame : dans les secrétariats paroissiaux

Couronnes de l’Avent

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Nendaz – Veysonnaz (VS), janvier 2020

Par Jean-philippe Glassey | Photo: Martin Fendrych

La journée intergénérationnelle de fabrication des couronnes de l’Avent a permis à de nombreuses familles et à des personnes de tous âges de se retrouver à Haute-Nendaz pour vivre une journée différente pour se préparer à accueillir la venue de l’enfant Jésus dans leur cœur. La conférence de l’abbé François-Xavier Amherdt était très inspirante et la messe qui a clos la journée pleine d’énergie. Merci à tous les participants, aux animateurs et bénévoles de la journée ainsi qu’à l’équipe du Pardon qui est à l’origine de cette rencontre !

Un dimanche de la Parole

Par Jean-Pascal Genoud, curé
Photo: DR

Les paroisses catholique de Martigny et protestante du Coude du Rhône Martigny-Saxon vous convient à une grande matinée œcuménique qui aura lieu le 26 janvier 2020 !

Le pape François a récemment promulgué par décret qui fait du 3e dimanche du Temps ordinaire, chaque année, pour le Peuple de Dieu, un dimanche centré sur la redécouverte de la place centrale de la Parole de Dieu dans la vie chrétienne. 

Avec la communauté protestante, nous avons décidé de marquer ensemble le 26 janvier 2020, premier « dimanche de la Parole » par une matinée de partage et de célébration. Cela ne pouvait mieux tomber, puisque ce sera pour tous une manière festive de conclure la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. 

La démarche que nous proposons se déroulera sur toute la matinée du dimanche avec notamment :

La tenue d’ateliers que chacun choisira librement. Vous pourrez vous rendre…
– soit à la salle du Coude du Rhône (rue d’Oche) pour un regard catholique,
– soit à la salle Notre-Dame des Champs pour un regard protestant sur le thème de la « Parole de Dieu dans nos vies ».
A 11h15, nous vivrons une grande célébration œcuménique à l’église de Martigny-Ville autour d’un grand livre symbolique que nous feuilletterons ensemble, dans la joie et les chants.
A 12h30, tous sont invités à partager le repas communautaire à la salle communale.

Du coup, la messe habituelle de 10h à Martigny-Ville n’aura pas lieu ce jour-là. Elle est remplacée par cette célébration qui, nous l’espérons, intéressera un grand nombre d’entre vous.

Merci de votre accueil à l’égard de cette proposition originale… pour concrétiser le vœu de notre Pape.

Programme de la journée

9h: café-croissants (salle communale), présentation des ateliers.

9h45: ateliers « de la Parole » animés par Yolande Boinnard, diacre protestante et formatrice d’adultes, (N.-D. des Champs) et par le chanoine Bernard Gabioud (salle Coude du Rhône).

11h15: célébration œcuménique à l’église de Martigny-Ville.

12h15: déplacement vers la salle communale : apéritif et repas (participation aux frais).

Bronze de Marcel Feuillat (Eglise Saint-Joseph Lausanne)

Par Amandine Beffa
Photo: Jean-Claude Gadmer
L’église Saint-Joseph de Lausanne a été construite dès 1936 dans un quartier en plein développement. Aujourd’hui, la paroisse rassemble plus de 80 nationalités et s’étend sur les communes de Lausanne, Prilly et Renens.

Bâtie dans le contexte du renouveau de l’art sacré en Suisse romande, elle possède un riche programme iconographique faisant appel à certains des artistes prolifiques de l’époque comme Paul Monnier et Marcel Feuillat.

Les fonts baptismaux surmontés d’un bronze de Feuillat sont particulièrement remarquables.

Apprécier l’instant
L’orfèvre genevois nous propose une scène dépouillée : ici, pas de foule, de désert ou de colombe. Nous savons ce qui se passe après, ce que signifie le geste dans l’ensemble du ministère de Jésus, mais l’artiste nous suggère que ce n’est pas encore le moment de s’y intéresser. Il nous propose plutôt de prendre le temps d’apprécier l’instant.

Les postures, les visages légèrement inclinés, les yeux clos et la disposition des mains, nous disent beaucoup. A Jean-Baptiste qui hésite : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi » (Mt 3, 14), Jésus répond : « Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute justice. » (Mt 3, 15) En représentant des attitudes si humbles, si intérieures, Feuillat semble signifier cet accomplissement de la volonté de Dieu. Nous pouvons y voir une invitation à vivre ce « maintenant de Dieu » et à nous demander : et nous, qu’avons-nous à faire pour accomplir sa volonté ?

L’orfèvre genevois nous propose une scène dépouillée.

Port Saint Nicolas

Par Chantal Salamin
Photo: DR
« Port Saint Nicolas », voilà un nom original pour le premier site internet paroissial ! Depuis plus de 20 ans, une toute petite équipe de catholiques convaincus continue de faire de ce site un endroit agréable pour que chacun puisse y accoster pour refaire ses forces avant de repartir. 

Comment est-il devenu un port international ?
A l’origine, en 1995, alors que son utilisation d’internet n’est pas encore très répandue, le www n’a que cinq ans, deux personnes se lancent dans l’aventure : Philippe le prêtre et Jim le technicien… Au départ, c’était un site de présentation de l’église Saint-Nicolas de la paroisse de banlieue parisienne La Queue-en-Brie et de ses travaux de rénovation, dans l’espoir d’attirer quelque mécène. Il est bien sûr né un jour de fête patronale le 6 décembre.

En 1997, le P de PSN quitte la paroisse pour devenir le « Port », ce qui transforme la paroisse en « Eglise sans frontières ». Tout y est fait pour que l’internaute s’y sente bien tout en éveillant sa curiosité par de belles photos et un vocabulaire « ouvert sur le monde » à la place du « jargon ecclésial ». Un réel coup de génie de Jim !

Qu’y trouve-t-on ?
De par sa longue expérience, l’équipe a compris l’importance d’offrir avant tout des contenus à portée internationale plutôt que locale et pour nourrir la réflexion plutôt que pour communiquer ponctuellement. C’est ainsi que l’on peut visiter le phare (la Parole de Dieu), le chantier naval (la liturgie), la plage (l’évangélisation), la place du village (les débats à propos de la vie citoyenne et de la place des chrétiens dans la cité), prendre le pont (œcuménisme et interreligieux), s’appuyer sur le rocher (la prière), voguer sur un catamaran (la détente), prendre un verre au bar de la Marine (coups de gueule et potins du sacristain) et observer les goélands (témoignages).

Faites-y escale, cela en vaut la peine !
Parce que c’est un beau témoignage d’une Eglise en sortie, un bel exemple d’inculturation dans le monde actuel. Port Saint Nicolas, ce sont des chrétiens fiers de leur identité catholique parce qu’ils vivent leur aventure sur le net dans l’ouverture à tous !

Le site: portstnicolas.org

Le sens de la foire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), janvier 2020

Texte et photos par Raphael Delaloye

Ils étaient nombreux en ce dimanche matin à s’activer au cœur de la tente, devenue fourmilière. Il y a ceux qui nettoient les déboires de la veille.
Il y a ceux qui portent, qui déplacent, qui rangent, arrangent ou enragent.

Chacun y met du sien. Une troupe de jeunes débarque, les yeux mi-clos, voire rougis par une nuit trop courte. Le sourire est là malgré ça, derrière la fatigue se lit l’envie, le cœur chante déjà, la louange est sur les lèvres. On empoigne à plusieurs des palettes qui suffiront comme scène. On défie la technique : micro, spot, beamer, rien n’est trop beau pour celui qui entre.

Deux, trois costauds lèvent les bras, le Christ se hisse au-dessus de la foule qui prend place petit à petit sur les rangées de bancs tout juste alignés. Les premiers chants saisissent les lieux dans une légère odeur de saucisse. On sent que l’Esprit opère. Même les lustres jouent le jeu. A peine levé le soleil crève l’écran.

Les banderoles ont fini de voler, elles accueillent avec les curés les passants, les curieux, les paroissiens enthousiasmés d’avoir quitté leur nef. Des tambours, des barmans, des parents en quête de sacrements, des enfants, tout ce monde éclectique se bouscule gentiment. 

Au signe de la croix la foule est saisie et retient son souffle mais pas les fifres. La Parole est lue au milieu des marques de bière. Pendant l’homélie personne ne se fait sermonner. Des couronnes s’approchent pour le roi. Encore un chant, un cuivre, une guitare, des voix qui nous transportent. Tout concorde.

Les cœurs sont ouverts, comme ces bras-là. Oui, c’est bien lui le roi de la foire, celui qui lui donne sens, justement. La messe se termine, on remercie, on loue, on s’applaudit. 

On ne part pas loin et on attend à peine que les tables soient mises pour manger. La foule devient bruyante, on se salue, on rit, on boit et on parle fort. Mais soudain, tout s’arrête, le temps est suspendu. Les regards aussi. Le Christ traverse la tente et sort. Par la grande porte.

La joie se communique.

Mot de conclusion (extrait)

il est temps de rendre grâce, de se dire merci.
Dieu soit loué pour ce signe d’une Eglise « en chantier », une Eglise qui tente, qui sort des sentiers battus.
Dieu soit loué pour ce que l’Esprit fait dans les cœurs quand on ne lui met pas de bâton dans les roues…
Dieu soit loué pour l’invitation du comité de la Braderie, en particulier Kevin. Votre intuition se confirme :
OUI ! nous avons le sens de la foire. Ce sens nous l’avons trouvé, et il a un visage (c’est le Christ).
Dieu soit loué pour le curé Léonard, le curé Frédéric, le Conseil de communauté et toute l’équipe pastorale qui font de cet événement une vision commune.
Dieu soit loué pour vous Top Louange, comme un OVNI sur la grande scène, votre présence bouscule notre foi.
Dieu soit loué pour vous, les familles, vous avez trouvé ici une place de choix, reprenez-la autant que vous voulez !
Dieu soit loué enfin pour les lecteurs, les fifres et tambours de Borzuat, les servants de messes, la technique et tous les acteurs de l’ombre de cette liturgie.
Dieu soit loué, enfin, pour chacune et chacun, d’avoir joué le jeu, chanté, prié, d’avoir investi cette célébration !

Braderie du lundi

Une fois n’est pas coutume, le fœhn avait fini de tout balayer et nous laissait dès le matin une température et un soleil clément. Une fois tout accroché à sa place, le pasteur nous rappelait les missions des paroisses. Les passants très préoccupés à passer s’arrêtaient parfois pour nous dire à quelle(s) occasion(s) nous avons manqué la cible…

Un jeu de fléchettes les dissuadait de nous accuser trop fort, surtout quand les projectiles atteignaient la vitrine du CMS. C’était surtout l’occasion d’avoir de bonnes discussions et de créer des liens.

Exercice difficile que d’atteindre la cible…

Le bénévolat passe à table

[thb_image image= »4236″]Depuis près de trois ans, Dominique et René Perruchoud organisent à leur domicile des tables d’hôtes selon la formule proposée par Pro Senectute.Par Olivier Cazelles
Photo: Dominique Perruchoud

Pourquoi proposer une table d’hôtes chez vous ?
En préparant notre retraite, il y a quelques années, nous avons réalisé que nous disposions de temps pour nous impliquer dans une nouvelle activité. Chacun était déjà engagé dans le bénévolat dans le domaine de son choix. Avec une table d’hôtes, nous allions pouvoir réaliser une action bénévole ensemble, qui plus est à domicile. En outre, accueillir des personnes âgées vivant généralement seules correspond pleinement à ce que nous avons toujours privilégié: nous ouvrir aux autres pour recevoir.

Comment cela a-t-il commencé ?
A notre grand étonnement, un groupe de sept personnes s’est annoncé la première fois. Près de six mois plus tard, afin de répondre à une demande soutenue, nous avons proposé une deuxième table d’hôtes mensuelle. A ce jour, nous avons trouvé notre rythme de croisière.

Aux personnes présentes dès le début s’en sont ajoutées d’autres. Et puis, il y a celles et ceux qui viennent une ou deux fois et que l’on ne revoit plus; et celles et ceux qui reviennent occasionnellement. Enfin, de nouvelles personnes manifestent leur désir de participer. La publicité que nous fait Pro Senectute dans le journal régional, « La Côte », a un effet positif.

Comment se déroulent ces tables d’hôtes ?
Le rituel est chaque fois identique : accueil autour d’un apéritif, repas (entrée, plat, dessert), café ou thé avec mignardises. Incontestablement, le moment du repas est la partie la plus dense en échanges : petites épreuves, vacances, projets,… Au fil du temps, nous avons ainsi découvert des personnes aux parcours de vie étonnants, riches et variés. C’est chaque fois un réel plaisir et un encouragement à avancer dans la vie avec confiance. Car nous sommes convaincus que l’ouverture et le partage nous font grandir.

Matteo Zucchinetti: «Ma foi est là, dans le service»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), janvier-février 2020

Texte et photo Par Bernard Hallet

A l’heure de la messe, l’église est en lumière, la sono branchée, les calices sont prêts. Leur présence dans nos églises est une évidence, à tel point qu’on en oublie leur travail et leur grande disponibilité. Les sacristains et sacristines de nos paroisses racontent leur «sacerdoce». Nous poursuivons la série avec Matteo Zucchinetti, jeune sacristain de la paroisse Saint-Didier, de Muraz.« Ici, je me sens chez moi », indique Matteo Zucchinetti. Le sacristain s’affaire à préparer l’église pour la messe exceptionnelle de ce 8 décembre. En effet, l’église de Muraz accueille de nouveau les fidèles après sept mois de travaux de rénovation. Il a d’ailleurs activement aidé à la réaménager début novembre.

Poursuivre le service
A 23 ans, Matteo est le plus jeune sacristain de nos secteurs. « Quand Marie-Thérèse et Edith (les sacristines qui l’ont précédé, ndlr) ont souhaité arrêter, l’abbé Jérôme a demandé un ou une volontaire pour prendre le relais. Je me suis proposé. » Le jeune homme y voyait une manière de poursuivre le service qu’il avait rendu à l’église comme servant de messe, entre six et treize ans. 

« Ma foi est là : le dimanche matin, j’ouvre l’église, je prépare la messe, j’ai beaucoup de plaisir à discuter avec les paroissiens. » Matteo balaye l’étonnement de certains de voir un sacristain si jeune et fidèle à son engagement tous les dimanches matin : « Pour moi c’est naturel et mes amis ont trouvé ça génial, ils m’ont encouragé. »

Menuisier de profession, le jeune homme ouvre l’église à 10 heures le dimanche, quoi qu’il arrive. 

Peu importe en effet les nuits courtes certains week-ends, l’apprentissage qu’il a achevé pour son métier et la vie que peut être celle d’un jeune de 23 ans. 

A Illarsaz pendant les travaux
Durant le temps des travaux de rénovation de l’église de Muraz, il n’a pas pris de vacances. Matteo a continué d’assurer son service à Illarsaz les quelques mois qu’a duré le chantier. Une autre expérience. Il salue Annie Niffenegger qui lui a ouvert la sacristie de la chapelle. Il a eu du plaisir à retrouver le lieu qui fut la chapelle de son enfance mais, tout de même, l’église de Muraz lui a manqué. 

Le jeune menuisier se concentre sur sa tâche : lumières, mobilier liturgique, hosties, calices, burettes. Rien ne doit manquer au prêtre le moment venu. Cela ne l’empêche nullement de participer à la célébration. « Une fois que la messe est lancée, je peux prier et aller communier. »

Il a beau être attentif, il a une fois provoqué l’hilarité générale en envoyant Mon beau sapin, le chant de Noël, quelque temps après Pâque, au lieu du chant d’envoi prévu initialement. 

Matteo ne s’est pas fixé de durée. « C’est joli de continuer à rendre service. »

Suivez le lien suivant et découvrez Matteo, sportif et catho.
https://www.youtube.com/watch?v=Av3w5iWlMcA

Des individus, une communauté

Texte et photo par Nicolas MauryLa pluriculturalité, comme l’explique Thierry Schelling dans l’éclairage du mois, est constitutive de l’Eglise actuelle. Si les papes – du globe-trotter Jean-Paul II à François l’Argentin – passent allègrement par-dessus les frontières, certaines sont encore à faire tomber, même chez nous.

A travers ses nouvelles rubriques, L’Essentiel compte y contribuer.
En s’ouvrant tout d’abord aux jeunes, à travers des jeux et de la réflexion (p. IX) mais aussi en zoomant sur les femmes engagées qui seront les protagonistes privilégiées, une année durant, d’« Une journée avec » (pp. X  et XI). 

A travers « Au fil de l’art religieux » (p. XII) et « En marche vers » (p. XIII), la rédaction romande vous emmènera chaque mois à la découverte de sites ou de destinations de pèlerinage, parfois méconnus, à deux pas de chez nous.

Enfin, à travers « Une communauté, un produit » (p. XV), nous ne vous proposerons pas uniquement un parcours gustatif à travers la production de congrégations religieuses, mais aussi de découvrir comment vivent les chrétiens issus de la migration composant la mosaïque de l’Eglise romande actuelle.

Bonne lecture.

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), janvier 2020

Par l’Abbé David Roduit, délégué à l’œcuménisme pour le décanat | Photo: DR

Depuis plus de 110 ans se déroule chaque année une semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Dans notre hémisphère nord, elle est célébrée du 18 au 25 janvier, durant la semaine précédant la fête de la conversion de l’apôtre saint Paul. Cette année, ce sont les chrétiens de Malte qui ont préparé les documents de réflexion et de célébration autour du thème « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Actes 28, 2 ; en souvenir du naufrage de saint Paul marquant l’arrivée de la foi chrétienne dans ces îles).

Pour notre décanat, une célébration commune de prière pour l’unité sera célébrée le mardi 21 janvier à 19h30 au Temple protestant de Sion. Elle réunira la paroisse protestante de Sion, les paroisses catholiques du décanat de Sion, l’Eglise évangélique mosaïque (anciennement « Stadtmission »), l’Eglise évangélique apostolique, la paroisse orthodoxe saints Georges et Maurice ainsi que l’Eglise adventiste.

Cette année, la table ronde œcuménique propose une démarche supplémentaire de rencontre avant la célébration de l’unité. Ainsi les différentes communautés ecclésiales se rendront visite durant les rassemblements dominicaux. En ce qui concerne notre décanat, une délégation catholique est invitée au Temple protestant à Sion pour la célébration du dimanche 19 janvier, tandis qu’une délégation de l’Eglise mosaïque sera accueillie avant la messe du même dimanche à l’église de Saint-Léonard. Cette démarche vise à conscientiser chaque fidèle de l’existence d’autres chrétiens à leurs portes ainsi que de la nécessité de prier pour l’unité de ceux pour qui le Christ a donné sa vie et qui se réclament de lui. Il n’y aura pas d’intercommunion sacramentelle vu que celle-ci n’est pas permise, nos conceptions de foi notamment sur l’eucharistie étant malheureusement encore différentes, mais gageons que grandisse ce jour-là une vraie communion fraternelle en Christ !

Les personnes intéressées à faire partie de la délégation catholique en visite à la paroisse protestante peuvent s’inscrire en téléphonant à la cure de Saint-Léonard au 027 203 22 05.

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, 18-25 janvier 2020

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Haut-Lac (FR), janvier-février 2020

Texte par la Pasteure E. Zbinden | Photo: DR

« Voir au-delà »

Voici l’histoire d’êtres humains qui affrontent la force d’une tempête sur le chemin maritime les emmenant vers leur destin. Ils se battent contre les éléments, endurent la clémence surprenante de soldats et finissent exilés sur une île éloignée de tout. Ce périple, qui nous semble étrangement familier et actuel, se déroule il y a plus de deux mille ans, lorsque Paul, à sa propre demande, est conduit à Rome pour comparaître devant l’empereur. 

Durant son voyage, Paul et ses suivants s’échouent sur l’île de Malte, devenant ainsi des réfugiés. L’accueil qu’ils y reçoivent est loin de ce que les réfugiés modernes peuvent expérimenter de nos jours. Dans le livre des Actes (28, 2), Paul nous relate, « ses habitants nous traitèrent avec une très grande bienveillance : comme la pluie s’était mise à tomber et qu’il faisait froid, ils allumèrent un grand feu autour duquel ils nous accueillirent tous. » Ils trouvent face à eux un formidable élan d’humanité et d’hospitalité avant même qu’il puisse y avoir une considération de leurs différences d’origine et de culture. 

Quel rappel incroyable nous est offert cette année encore par la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : voir au-delà de ce qui marque notre différence, pour plutôt voir ce qui nous rapproche avant tout : notre humanité ! Le naufrage de Paul nous invite à réajuster notre regard, à rester ouvert à l’autre et ainsi vivre au plus près le salut de Jésus offert pour tous. Que cette semaine de prière puisse continuer à marquer notre ouverture et notre accueil à celui qui vient à nous, dans la paix et l’amour de Dieu. 

Dans notre secteur

Dimanche 26 janvier 2020, à 19h, à l’église de Courtepin, la prière œcuménique mensuelle du 4e dimanche, s’inscrira dans le cadre élargi de la prière universelle pour l’unité des chrétiens. Quelle que soit votre confession, venez nous rejoindre pour partager la paix et l’amour de Dieu.

Commencer et recommencer

«Nous voilà au commencement… Regardons donc ce qui se passe dans l’année liturgique au commencement de l’année civile.»Par Françoise Besson
Photo: media.fromthegrapevine.com

Nous voilà au commencement d’une nouvelle année, appelés à reprendre nos tâches après la pause des fêtes, appelés donc à REcommencer une année dans nos chemins quotidiens. L’année liturgique vient elle aussi de commencer, ou presque, et « Dieu sait » si nous sommes habitués à ses rythmes, ses fêtes, ses rituels, nous y avançons sans surprises…

Regardons donc ce qui se passe dans l’année liturgique au commencement de l’année civile. L’événement marquant, c’est le baptême de Jésus, épisode tellement important qu’il nous est présenté deux fois, dans l’évangile de Matthieu et dans celui de Jean. En ce début d’année, on parle donc avec insistance d’un autre début : le commencement de la partie visible de l’engagement de Jésus, ce que l’on nomme souvent sa vie publique. C’est le commencement de ce que l’on sait de lui de façon assez sûre. * Jésus est venu auprès de Jean, personnage très connu de son temps, puisqu’on dit que les foules le suivaient. Jean dont la voix porte loin, lui qui ira jusqu’à déranger le pouvoir en place… 

Jésus connaît Jean et, comme d’autres, il vient pour entendre cet appel à un changement de vie. Comme d’autres, il vient recevoir le baptême. Ce qui se passe à ce moment-là est un mystère, nous ne pouvons en avoir que l’image d’un bouleversement, d’une force immense : les cieux s’ouvrent nous dit-on… Une colombe paraît… On ne sait pas ce que Jésus a vécu mais on sait que ce moment-là change tout ! Nous assistons, dans les récits de l’évangile, à un commencement : le Nazaréen, désigné par son lieu d’origine, son lieu de vie, devient l’homme des routes et des villages, des discours et des rencontres, l’homme des guérisons. 

Et voilà qu’il met à son tour les autres dans un commencement, d’abord en les appelant. Et c’est un changement immédiat : ces hommes quittent le connu, le quotidien, pour suivre celui qui les a choisis pour disciples. Mais il enseigne aussi. Et on sait qu’il le faisait avec autorité, en annonçant quelque chose de nouveau ici et maintenant, employant un présent qui surprend : le royaume est là… 

Par ses guérisons, Jésus met aussi ces hommes et ces femmes dans un commencement, un surcroît de vie qui leur est donné, une dignité retrouvée, un chemin à tracer…

Ce qui me frappe en lisant ces textes, c’est qu’après son baptême, Jésus n’est pas parti pour un ailleurs lointain, le changement radical s’est fait dans son quotidien, sur les chemin de Galilée qu’il devait très bien connaître. Jésus est en route d’une manière toute nouvelle, engagé de toute sa personne dans l’annonce du Royaume…

Et nous, saurons-nous à notre tour, entendre que nous sommes les bien-aimés de Dieu ? Saurons-nous entendre l’appel et faire confiance ? Saurons-nous faire d’autres rencontres sur les mêmes chemins ? Offrir une autre écoute, d’autres paroles dans les rencontres familières ? Saurons-nous en ce début d’année, accueillir la présence toujours nouvelle du Royaume ? C’est mon « meilleur  vœu » pour chacun de nous ! 

* José Antonio Pagola, Jésus : approche historique, Editions du Cerf, 2019, p. 86

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