La proposition de Dieu

Par Pierre Chatelanat 
Photo : Romeo Beatrice

Au fond, ce que nous transmet le Christ au travers de son message n’est-il pas essentiellement une proposition de son Père et notre Père, d’aimer et de se laisser aimer ?

Ce message a été considérablement alourdi et compliqué par ceux qui ont rapporté les faits et les paroles de Jésus en tentant de les articuler avec le judaïsme et son prophétisme. Ainsi a-t-on attribué au Dieu dont Il nous parle des comportements et des exigences envers nous qui ont masqué le sens profond de ce qu’Il nous propose.

Ce Dieu immense, créateur d’un Univers qu’Il habite et anime avec une générosité sans limites, est la source de l’Amour et de tout ce qu’il génère de beau, de bon, d’harmonieux. Après avoir été durant des millénaires interprété en termes humains, lorsque « les temps furent accomplis » et que l’évolution humaine permettait enfin de le comprendre en Esprit et en Vérité, Il s’est incarné dans Celui en qui « Il a mis tout son Amour », Jésus le Christ, afin que cet Amour nous soit annoncé, expliqué et puisse pénétrer nos vies.

Cet Amour, qui éclaire, colore et fait vraiment vivre toute chose, ne s’impose jamais ! Il est une proposition (« je me tiens à la porte et je frappe et SI quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte j’entrerai chez lui »). On ne peut forcer qui que ce soit à aimer, seule la Grâce peut inspirer ce sentiment, que l’on soit croyant ou non…

Nous avons été élevés avec tout un catalogue de conduites à tenir si nous voulons être « sauvés », avec en prime la contribution du sacrifice du Christ pour racheter notre péché existentiel ou les péchés de nos vies. 

Or le seul péché qui ne peut être remis, nous dit le Christ, est celui contre l’Esprit, soit le fait de refuser l’Amour ; ce faisant nous nous mettons hors-jeu de cette histoire d’Amour qu’est la vie en Dieu et nous nous punissons nous-mêmes ! En fait, Dieu n’y est pour rien : nous ne faisons que refuser sa proposition !

Dans la mesure où nous l’acceptons, la vie prend une autre tournure : l’Amour transforme notre visage, nos pensées et nos actions comme ceux de l’autre et tout prend une coloration différente.

Le discernement qui s’en inspire n’est-il pas de voir et de comprendre, au travers du prisme de l’Amour, les faits de la vie quotidienne et les comportements d’autrui comme de nous-mêmes et de tenter de penser et d’agir dans cette perspective ?

Alors accueillons cette proposition de Vie telle que le Christ nous l’a enseignée en tentant de la comprendre et de la vivre dans son sens originel, avec l’aide de Son Esprit !

Architecture sacrée

L’église Sant’Eusebio et la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier mélangent les formes arrondies et angulaires en partant de l’intérieur : les rondeurs se veulent dans les deux cas une évocation de l’harmonie de la nature tandis que les formes angulaires répondent à une vision classique d’un bâtiment.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

L’architecture sacrée c’est la conception et la construction de bâtiments destinés au culte religieux ou aux pratiques spirituelles. Elle englobe une grande diversité de styles, de formes et de symboles, influencée par la culture, la religion, l’époque et la géographie. 

Dans le cas de l’architecture chrétienne, les bâtiments du Haut Moyen-Age, (chapelles, églises, cathédrales, basiliques) ont été le plus souvent construits sur les ruines de temples antiques reconnaissant le lieu sacré de la construction à travers les âges. La cathédrale de Lausanne en est un parfait exemple. 

Le bâtiment exprime une théologie. Les chrétiens signifient leur foi et leur espérance par la manière dont ils organisent l’espace de leur maison commune, l’espace du bâtiment où ils se rassemblent pour célébrer le culte divin.

Le symbolisme de l’architecture chrétienne est très codé comme la croix, les dômes (qui représentent le ciel), les vitraux, les sculptures qui racontent la Bible et les Evangiles et sont toujours présents. Nous pouvons les admirer aussi bien dans l’église Sant’Eusebio du VIIe siècle à Pavie que dans la chapelle de Ronchamp du XXe siècle du très célèbre architecte suisse Le Corbusier.

Une paroisse en pélé

Samedi 17 août dernier au Grand-Saint-Bernard.

Le 16 août, nous nous sommes retrouvés Place de Rome, prêts au départ pour deux jours à l’hospice du Grand-Saint-Bernard dans le cadre d’une démarche jubilaire proposée par la paroisse.

Par le Diacre René Pillet, Luc et Mélanie Darbellay et Marion Perraudin & Co
Photos : Marion Perraudin

Le chanoine Joseph Yang nous accompagnait dans le car. Le pèlerinage a débuté à l’alpage de La Pierre avec une prière devant la Croix, posée le 15 juin. Après le pique-nique, Simon nous propose de prier le chapelet. Le prieur de l’hospice Jean-Michel et notre curé François nous accueillent. Les jeunes et les ados nous y rejoignent. Après l’écoute de quatre témoignages suivis d’un moment de partage, nous préparons la veillée en petits groupes. Le lendemain, nous accueillons pour la messe le deuxième groupe de pèlerins. L’homélie de François nous a invités à passer trois cols : le passage de l’humain au divin, du superficiel à l’essentiel et de l’éphémère à l’éternel. Puis nous avons partagé un repas convivial. Notre journée s’est conclue par une célébration et le passage de la porte sainte, spécialement édifiée pour cette année jubilaire « Saint Bernard ». Ce premier pèlerinage paroissial intergénérationnel a été un temps fort.

Nous avons eu la chance de vivre quelques jours de camp à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard avec les jeunes du groupe « En quête de foi ». Ce fut l’occasion de nous laisser guider par saint Bernard et sa devise « Hic Christus adoratur et pascitur » (Ici le Christ est adoré et nourri). Le verbe « pascitur » a deux significations : « est nourrit » et « nourrit ». Le Christ est à la fois nourri à travers de tous ceux qui sont accueillis à l’hospice et « nourrit » les fidèles en se donnant lors de l’Eucharistie. En résumé la mission de saint Bernard est bâtie autour de quatre piliers : la montagne, la prédication, le service et l’accueil. Nous avons aussi l’occasion de rendre service, lors de la liturgie, par le chant, les lectures, la prière et de bien d’autres façons. Saint Bernard nous invite tous à proclamer la Parole que nous avons reçue durant ces quelques jours de camp. Un autre aspect marquant fut le passage de la porte sainte, placée dans l’église de l’Hospice. Grâce au pape François, nous avons l’occasion de recevoir l’indulgence plénière jusqu’au 15 septembre en la passant. Une occasion de « faire le ménage en profondeur et de recevoir la Miséricorde de notre Seigneur ». 
Le groupe de jeunes « En quête de foi ».

« Nous avons eu la chance de faire ce pèlerinage en famille, moment de ressourcement et de grâce entre la fin des vacances d’été des enfants et la nouvelle année scolaire. Le mélange intergénérationnel et la belle cohésion entre les divers groupes nous ont permis de vivre de très beaux moments de partage, de prières, de convivialité et de fraternité. Finalement une expérience très enrichissante tant spirituelle qu’humaine ! Deo gratias ! »
Famille Darbellay

Dessin de Laetitia Darbellay.

« Merci à chacune et chacun pour ces deux magnifiques journées qui nous ont permis de resserrer les liens entre nous et de marcher ensemble dans la joie et l’espérance. »
Diacre René

Grimpe et rappel sensationnel
Découverte insolite de l’hospice

Sortie vivifiante sous la pluie
Témoignages inspirants

Baignade et paddle sur le lac
Entrain, joie et rires assurés
Rencontre avec le Christ lors d’une veillée
Nouvelles ambitions pour les BCBG
Assomption à la pointe des Lacerandes
Rencontre conviviale avec les paroissiens
Démarche sanctifiante pour l’âme et l’esprit 
par le passage de la porte sainte.
Le groupe de jeunes BCBG

Pèlerins d’espérance

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photos : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur,

La mission de l’Eglise se vit en continu, fidèle à l’envoi que le Christ nous adresse (Mt 28, 19-20) ! Pourtant, l’Eglise rythme le temps en années liturgiques, avec des moments particuliers. 

Avec nos collègues prêtres et laïques, nous ancrons notre mission dans une année dite pastorale démarrée par une rentrée qui a eu lieu, en 2024, à fin août, dans la lignée de la rentrée scolaire. Le fil rouge proposé pour cheminer pour ces prochains mois est celui de l’espérance, en lien avec le jubilé 2025 dont le thème choisi par le Pape est « Pèlerins d’espérance ». 

Notre monde a tant besoin d’espérance ! Cultiver et témoigner d’une saine, voire osons, d’une sainte espérance est un trésor que l’on est invité à offrir à nos réalités chahutées, pour ne pas dire constamment bouleversées. 

Mais qu’est-ce que l’espérance ? L’Eglise nous la présente comme une vertu théologale, soit ayant Dieu pour objet, alors que les vertus, terme qui tend à devenir désuet sous nos latitudes, sont des dispositions fermes au bien, au beau et au bon. Vous le savez, la foi et la charité viennent compléter le trio des vertus théologales.

Il est bon de revenir sans cesse à l’espérance et j’aurais l’occasion d’évoquer ce thème prochainement encore.

Comment témoigner de l’espérance ? Pour l’heure, je vous laisse avec l’une des citations inspirantes travaillées lors de la rentrée pastorale dans l’atelier préparé par nos collègues de la formation (Pastorale des Chemins) et extraite de la bulle d’indiction du Jubilé ordinaire de l’année 2025 publiée par le pape François, le 9 mai 2024 et dont le titre en français est « l’Espérance ne déçoit pas » : « C’est en effet l’Esprit Saint qui, par sa présence permanente sur le chemin de l’Eglise, irradie la lumière de l’espérance sur les croyants : Il la maintient allumée comme une torche qui ne s’éteint jamais pour donner soutien et vigueur à notre vie. » (Spes non confundit n° 3).

Ainsi soit-il.

L’architecture chrétienne au cours des âges

Vue de l’ancienne basilique Saint-Pierre et du Palais apostolique à Rome, par Martin Van Heemskekr. Ce dessin permet de comprendre la genèse de la construction du Vatican.

Si l’on demande à un enfant de dessiner une église, il y a de fortes chances qu’il dessine un bâtiment un peu allongé avec une toiture inclinée et un clocher. Pourtant, l’architecture des églises n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire. De la domus ecclesiae à la diversité des constructions contemporaines, est-ce toujours la même motivation qui guide les choix ?

Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer, Flickr

Jusqu’à une période relativement récente dans l’histoire, nous manquons de traces écrites permettant de comprendre avec assurance comment les édifices étaient construits et parfois même ce à quoi ils ressemblaient. Ainsi que l’explique Gérald Deuber : « Les témoins matériels sont en revanche nombreux, illustrant à travers les transformations et les aménagements divers des monuments une évolution des modèles, des techniques et des goûts […] »1  Plus que les livres, ce sont donc les pierres qui nous racontent l’histoire des églises.

Après l’Ascension, les disciples de Jésus continuent à fréquenter le Temple de Jérusalem ou les synagogues locales. Ils se rassemblent, en plus, dans la demeure d’un riche fidèle pour la fraction du pain.

La destruction du Temple en 70, impose aux chrétiens de développer des lieux dédiés uniquement au culte. Les vestiges les plus anciens de maison-église (~250) se trouvent en Syrie, à Doura Europos. Une pièce comprend un banc de pierre et une petite estrade. Il n’y a toutefois pas trace d’autel.

Lorsque le christianisme devient religion de l’Empire en 380, les églises de maisons disparaissent au profit des basiliques, des édifices inspirés de l’architecture civile. Le chœur est situé à l’ouest. Le prêtre célèbre face au peuple, il regarde en direction de l’est. La basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, est une excellente illustration de ce style.

En soi, l’architecture chrétienne aurait pu en rester là, le bâtiment répondant aux besoins. Cependant, « avec le temps […], les transformations sociales et politiques et les évolutions artistiques, le lieu de culte ne s’en [tient] pas à ces formes originelles […] au contraire, l’union du christianisme et de l’architecture se [renouvelle] à chaque époque pour des résultats différents ».2 

Les vestiges des églises du VIe au VIIIe siècle sont assez rares. Genève fait exception (voir encadré en page 3).

Aux alentours du XIe siècle, les conditions sont réunies en Europe pour l’émergence d’un nouveau style. Jean-Michel Leniaud explique que « l’époque se caractérise notamment par la grande qualité des matériaux employés : on ouvre des carrières, on fabrique des outils pour la taille de la pierre, on appareille avec un tel soin que l’épaisseur des joints est très mince »3.

Le goût et la nécessité

Les églises sont reconstruites par goût et non par nécessité. On passe des charpentes en bois à des voûtes en pierre, ce qui ne va pas sans difficulté : « Il faut donc utiliser des matériaux et inventer des procédés techniques qui permettent de concilier l’objectif visé avec les limites imposées par la matière. »4 

L’architecture romane ne va pas sans quelques difficultés. Elle fait reposer les poussées sur le mur de l’édifice qui est impérativement très épais. Le résultat est un manque de luminosité et des constructions qui demandent énormément de matériaux.

L’art gothique apporte la solution à ces problèmes en déplaçant les poussées sur les piliers. Jean-Michel Leniaud précise : « On a constaté aussi que les constructeurs du Moyen Age utilisaient largement le fer pour stabiliser leurs constructions […]. On en est donc récemment venu à penser que la stabilité des édifices gothiques découlait moins du principe de contrebutement de la croisée d’ogives par l’arc-boutant que de l’utilisation d’armatures métalliques. »5 

L’imprimerie s’en mêle

A partir de cette époque, il n’y a plus de réelles évolutions dans l’architecture pendant plusieurs siècles.

Fin XVe à mi XVIe, le développement de l’imprimerie (1450) permet de rédiger des traités d’architecture et de les partager. Désormais, on connaît presque toujours le nom de l’architecte qui gagne en notoriété. 

Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, saint Charles Borromée écrit un traité sur la construction des églises, les Instruciones fabricae. Il y indique par exemple : « […] il importe de séparer clairement ce qui est appelé le « Saint Temple » des constructions mitoyennes […] elles risquent d’engendrer de graves abus […]susceptibles de porter atteinte au caractère sacré du culte. »6 

Au XIXe siècle, l’apport des matériaux industriels permet de nombreuses innovations. Certains éléments sont désormais préfabriqués dans les usines, ce qui change radicalement la façon de penser un chantier d’église. Les charpentes métalliques remplacent le bois qui nécessitait un travail titanesque, comme en témoigne la restauration de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno au Tessin, Mario Botta a travaillé sur la relation entre l’édifice et la nature.

La nef et le chœur

Le XXe siècle connaît une explosion de styles. Les églises ne sont plus nécessairement rectangulaires. C’est par exemple le cas de l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno, au Tessin. Mario Botta travaille sur la relation entre l’édifice et la nature. Au contraire de Charles Borromée qui souhaitait nettement distinguer l’église de son environnement, il joue avec la lumière et le lien avec le paysage.

Laissons à Jean-Michel Leniaud les mots de conclusion : « Contrairement à ce qu’on pourrait penser et même à ce qu’on a dit à certaines époques […], il n’existe pas de plan type pour les églises […]. Une seule donnée s’impose : une église est faite d’une nef et d’un chœur. »7 L’église du Sacré-Cœur, à Genève, le contredit toutefois puisqu’il n’y a pas à proprement parler de nef. Le chœur est situé au milieu de l’assemblée et il n’y a plus de différence de niveau.

1 DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002, p. 15.
2 Ibid, p. 33.
3 Ibid, p. 165.
4 Ibid, p. 119.
5 LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007, p. 124.
6 Cité par LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, p. 62.
7 Ibid, p. 118.

Genève, un condensé d’évolution

Les fouilles archéologiques de la cathédrale Saint-Pierre de Genève sont d’une rare richesse. Elles illustrent des siècles d’évolutions architecturales. 

Une première cathédrale est construite vers 350-375.

Un deuxième édifice est ensuite ajouté à la fin du IVe siècle. La fonction précise des cathédrales doubles ne fait pas consensus. Certains avancent que la cathédrale nord pouvait servir aux célébrations alors que l’autre aurait plutôt servi à l’enseignement de ceux qui demandent le baptême. 

Une troisième cathédrale est construite vers le VIe siècle et les deux premières ne sont plus utilisées. 

Au tournant du IXe et du Xe siècle, la façade de la cathédrale principale est déplacée à l’ouest et le chœur est déplacé à l’est. C’est à cette période que les prêtres commencent à célébrer dos au peuple (ils continuent ainsi à célébrer face à l’est).

A la période romane, la multiplicité de bâtiments fait place à une unique cathédrale.

Fin XIIe, début XIIIe, Genève connaît une période de prospérité. Une cathédrale gothique est construite à partir des fondations antérieures. Fait rare, le chantier ne commence pas avec le chœur à l’est, mais avec la façade, à l’ouest.

La cathédrale devient protestante en 1536. Elle cesse alors d’être modifiée au gré des évolutions liturgiques et artistiques catholiques.

Les fouilles de la cathédrale de Genève.

Bibliographie

BONNET Charles, Genève aux premiers temps chrétiens, Fondation des Clés de Saint-Pierre, Genève 1986.

BUTTICAZ Simon, Comment l’Eglise est-elle née ? Labor et fides, Genève 2021.

DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002.

LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007.

Etre baptisé ou confirmé? C’est possible à tout âge!

Photo : Marion Perraudin

Il est possible d’être baptisé ou confirmé à tout âge. Pour les enfants en âge scolaire, les jeunes et les adultes, un chemin de préparation adapté à chacun est proposé, de novembre à Pâques en collaboration avec le Service diocésain du catéchuménat.

En bref… le catéchuménat, c’est le nom de ce temps de mûrissement et de réflexion qui précède le baptême. Durant ce temps, plusieurs rencontres et célébrations sont prévues, et notamment l’Appel décisif qui a lieu en présence de l’évêque et de toutes les personnes concernées durant le carême à la cathédrale de Sion. 

Les rencontres sont conçues pour être vécues avec tous les membres de la famille et avec d’autres familles.

Le baptême comme la confirmation sont donnés en vue d’une mission : à chacun et chacune de découvrir laquelle…

–> Obtenez des informations détaillées via le le lien ci-après: https://paroissemartigny.ch/home/vision-liturgie/bapteme-en-age-de-scolarite-8-15-ans/
ou auprès de Pascal Tornay, diacre au 078 709 07 41 – pascaltornay@netplus.ch

Nous restons à votre écoute…

Gagner ou perdre ensemble

Le jeu de société Koinobia, imaginé, développé et illustré par des frères de la Communauté de Taizé, vient de sortir. Stratégique, simple, voire même déroutant, ce jeu de plateau vous plongera dans la vie des communautés monastiques fondées au IVe siècle, en Egypte.

Par Myriam Bettens 
Photos : Communauté de Taizé

Suivant les intuitions du jeune Pacôme, quelques hommes et femmes décident d’habiter ensemble au bord du Nil. La petite communauté s’installe dans un village abandonné, qui, peu à peu, reprend vie. D’autres se mettent alors à faire la même chose. Nous sommes au IVe siècle, en Egypte. Les premières koinobia se forment : des communautés dans lesquelles les personnes ont tout quitté pour vivre l’Evangile ensemble. 

Joyeuse aventure ou désastre assuré ? C’est la question à laquelle se propose de répondre le jeu de société imaginé par des frères de Taizé en plongeant dans la vie des communautés monastiques fondées par Abba Pacôme, en Egypte. Le jeu s’inspire de la vie de ces communautés monastiques et contient de nombreux détails historiques connus sur les Koinobia – terme signifiant « lieux de vie commune » en grec ancien – ainsi que des éléments spécifiques à ce genre de vie : ce qu’est un Abba ou une Amma, la place de ses décisions, quelques règles communes, le conseil de communauté, etc. 

Koinobia est un jeu coopératif au cours duquel les joueurs gagnent ou perdent ensemble. Doté d’une mécanique assez simple, il n’en demeure pas moins stratégique, car plusieurs niveaux de difficulté sont possibles. Cela permet donc d’intégrer de jeunes joueurs, comme de plus expérimentés. De plus, le descriptif du jeu propose une règle de base, mais celle-ci peut être déclinée en dix autres variantes supplémentaires. Chacune d’elles correspondant à un des villages fondés du vivant de Pacôme. Ces règles alternatives sont autant de petits scénarios qui donnent une nouvelle dynamique au jeu. Plusieurs d’entre elles sont relatives à des questionnements qui ont occupé les communautés monastiques au cours du temps : la collégialité, l’alternance de mandat, l’invariabilité des structures, la consultation de tous les membres, etc.

Aucun prérequis n’est nécessaire pour entrer dans l’imaginaire du jeu. Chacun peut s’y essayer, même s’il n’a pas la moindre idée de ce qu’est la vie monastique, car l’observateur avisé décèlera dans ce jeu toutes les tensions propres à n’importe quelle vie communautaire. Entre le collectif et l’individu ; le souci de soi ou celui des autres ; la recherche du bien commun ; le partage des ressources ; la position de celui qui a des responsabilités : Koinobia sera donc particulièrement bien indiqué pour les personnes qui ont l’habitude de coopérer. Groupe d’amis ou de jeunes, collègues de travail, membre d’une même famille, colocataires… A vous de jouer !

Un jeu à emporter partout

Conçu pour être peu encombrant (15,7 x 12,5 x 7 cm), il se glisse facilement dans un sac. Les règles du jeu sont disponibles en neuf langues (français, anglais, allemand, espagnol, portugais, néerlandais, italien, polonais, catalan). Recommandé pour 3 à 6 joueurs, à partir de 8 ans. Les parties durent entre 20 et 40 minutes. Disponible sur le Taizé shop à l’adresse : https://shop.taize.fr/fr/ sous la rubrique « Autres », au prix de 28,50 €.

Pierres de l’édifice spirituel (1 Pierre 2, 4-10)

Par François-Xavier Amherdt
Photo : catt.ch / denis pellegrini

Il est heureux et normal que les formes architecturales évoluent au long des siècles, au gré des changements culturels et sociétaux. Mais ce qui compte avant tout, c’est que l’assemblée à chaque époque se sente à l’aise dans les édifices successifs et se trouve ainsi conduite à louer le Seigneur de tout son cœur. Quand le style du lieu est ancien, les fidèles se voient comme portés par la tradition de celles et ceux qui les ont précédés.

« Peuple rassemblé »

Le bâtiment de célébration est important pour la communauté ecclésiale, puisque le terme « Ekklesia – Eglise » signifie « peuple rassemblé » et appelé du milieu des hommes pour représenter la totalité des êtres devant Dieu. L’église accueille l’Eglise et permet à celle-ci de se constituer. 

La première épître de saint Pierre le bien nommé présente le Christ comme la pierre vivante, rejetée par les chefs du peuple et vouée à l’élimination, mais pourtant choisie par le Père et infiniment précieuse pour réaliser le dessein divin.

Ainsi donc, construire une église, c’est offrir aux baptisé(e)s la possibilité de se laisser bâtir en tant que pierres vivantes autour du Ressuscité, en vue d’un édifice spirituel que la lettre appelle « sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis arraché aux ténèbres afin de proclamer les louanges du Créateur et du Rédempteur dans la lumière de sa miséricorde ».

Ouverture à la Transendance

Que le genre humain déploie donc toute sa créativité artistique, son inventivité esthétique et son savoir-faire technique afin que les lieux liturgiques soient caractérisés par la beauté ouverte à la Transcendance et reflètent les traits culturels ambiants les plus appropriés ! Rien n’est trop somptueux pour essayer de dire Dieu et de saisir sa présence.

Comme la musique, la peinture ou la sculpture, l’architecture change avec le temps parce que la spiritualité chrétienne s’incarne dans la manière dont les époques saisissent leur rapport avec l’indicible et l’insaisissable.

La confiance d’un enfant

Lors du Camp des servants de messe à Bourg-Saint-Pierre.

Texte et photo par Marion Perraudin

Sur les chemins de la foi,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Mettons-nous à l’école de Marie,
A sa suite osons redire :
« Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole »

Aux carrefours de nos rencontres, 
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Entrons dans la joie de Marie,
Avec elle, dans l’action de grâce, disons :
« Magnificat »

Aux chemins de la vie,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Laissons-nous trouver par Marie,
Elle nous cherche et nous apporte les grâces de son Fils,
« Vois comme nous avons souffert en te cherchant »

A l’aurore de nos journées,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Levons nos yeux vers Marie,
Ecoutons-la nous dire :
« Faites tout ce qu’Il vous dira »

Aux cœurs de nos souffrances,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Abandonnons-nous à la compassion de Marie,
Confions-lui nos difficultés, elle les présentera à son Fils.
« Ils n’ont plus de vin ».

Edifier le triomphe

Jules II ordonnant les travaux de la Basilique Saint-Pierre à Bramante, Michel Ange et Raphaël, vu par Horace Vernet.

Par Thierry Schelling | Photo : DR

« La magnificence des sanctuaires » et la « solennité du service de Dieu », ce sont les deux motivations pour le pape Jules II d’avoir entrepris la construction de la Basilique Saint-Pierre dont il posa la première pierre le 18 avril 1506. 

Il écrit dans ce qui sera sa dernière bulle papale, le 19 février 1513 (il meurt deux jours plus tard) : « Lorsque j’étais cardinal, j’ai restauré ou fait construire des églises et des couvents spécialement à Rome […] ; devenu Pape, nous avons continué ce qui constitue le devoir de notre office envers la chrétienté… à l’image du sage Salomon qui érigea le Temple de Jérusalem. »

A quel prix ?

Par trois fois, Jules II lança des décrets auprès des fortunes européennes pour les solliciter dans le financement de cette basilique, au prorata de leur besoin d’indulgences… ce qui déclencha l’ire de Martin Luther ! Les principes de « La Doctrine sociale de l’Eglise » n’existaient évidemment pas…

La Sagrada Famiglia

Dans sa belle homélie du 7 novembre 2010, Benoît XVI, consacrant l’édifice de Gaudí à Barcelone, décrit cette entreprise architecturale de la façon suivante : « Gaudí a voulu unir l’inspiration qui lui venait des trois grands livres dont il se nourrissait comme homme, comme croyant et comme architecte : le livre de la nature, le livre de la Sainte Ecriture et le livre de la Liturgie. » Mais cette fois, le Pape souligne la conséquence morale liée à une telle entreprise « géniale » : « Nous ne pouvons pas nous contenter de ces progrès. Ils doivent toujours être accompagnés des progrès moraux, comme l’attention, la protection et l’aide à la famille… »

Sculpter la pierre pour élever l’âme

Et de conclure : « Au cœur du monde, sous le regard de Dieu et devant les hommes, dans un acte de foi humble et joyeux, nous avons élevé une imposante masse de matière, fruit de la nature et d’un incalculable effort de l’intelligence humaine qui a construit cette œuvre d’art. Elle est un signe visible du Dieu invisible, à la gloire duquel s’élancent ces tours, flèches qui indiquent l’absolu de la lumière et de celui qui est la Lumière, la Grandeur et la Beauté mêmes. » C’est bellement dit.

Où portons-nous notre regard?

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo : DR

Avec ce numéro d’octobre, nous portons notre regard sur des personnes qui s’engagent dans la vie paroissiale avec l’abbé Martin Filipponi (qui vient d’être nommé vicaire pour le secteur de Monthey et prêtre référent pour la paroisse de Choëx, voir article p. 7) ou avec Abel (nouveau stagiaire en la communauté des spiritains pour le Haut-Lac, voir article p. 13) ou encore sur des personnes « méritantes » avec Solange Lugon-Moulin (médaillée « Saint-Théodule » pour la paroisse de Choëx, voir article p. 5).

Notre regard se porte aussi sur des événements d’Eglise qui viennent de se dérouler : avec le Théocamp (ayant réuni plus d’une vingtaine de jeunes servant(e)s de messe, du 12 au 15 août, au monastère de Collombey, (voir article p. 12) ou avec le pèlerinage de juillet à Lourdes (vécu par un certain nombre de jeunes de notre région, voir article pp. 14-15).

Notre regard se porte encore sur nos vénérables édifices religieux ou églises, consacrés au culte divin, avec un dossier qui analyse l’évolution de l’architecture de nos églises (voir article pp. 16-17) et avec une commémoration, celle des 150 ans de l’église paroissiale de Collombey, le 6 octobre prochain (voir article p. 9).

Enfin, en ce mois d’octobre appelé aussi traditionnellement mois du rosaire (avec la fête de Notre Dame du Rosaire, le 7 octobre), nous voulons élever notre regard, nous voulons regarder ou plutôt contempler Marie, la sainte Mère de Dieu, que Jésus nous a donnée par ailleurs pour notre sainte Mère du Ciel ! (voir prière p. 2, voir article p. 11). Aimons plus encore à l’invoquer, à la prier avec foi et confiance de façon à vitaliser ce lien qui nous unit à elle, de façon qu’elle puisse exercer sur nous, sur notre monde, sa maternité spirituelle, elle qui est la dépositaire et la dispensatrice des grâces divines, elle qui est encore notre avocate toute-puissante sur le cœur de son divin Fils, Jésus !

Plus vite, plus haut, plus fort… vraiment ?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF
Photo : DR

Ecrire une « carte blanche » au cœur de l’été (délais éditoriaux obligent) est un exercice quelque peu ardu. La liesse olympique a convoqué le souvenir de saint Paul, champion de la métaphore sportive : effort, ténacité, endurance… en vue d’« une couronne qui ne se fane pas ». (1 Co 9, 25)

En ce 13 août, l’évangile (Mt 18, 1-5.10.12-14) s’invite comme partenaire de réflexion. La question que les disciples y posent est olympique : qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ? Jésus répond en mettant au centre celui qui n’a aucune chance de médaille : un « petit enfant ». Il ajoute qu’il faut se garder d’en mépriser un seul, de ces petits, car leurs anges voient sans cesse la face de Dieu. Une injonction morale ? Ou une manière d’être au monde pour que nous puissions en saisir la logique ? Marcel Aymé disait : « Le mépris me fait l’effet d’un bandeau qu’on s’applique sur la conscience pour se dispenser de comprendre. »1

Jésus mettant « un enfant au milieu d’un groupe de « grands » »2 propose une image saisissante de la catéchèse (qui, faut-il le rappeler ? concerne aussi bien les adultes que les enfants) : le petit n’a pas à devenir grand, il est pour le grand le modèle à suivre. Notre Dieu est vraiment celui qui « renverse les puissants de leur trône et élève les humbles » ! (Lc 1, 52)

Le Christ nous révèle, en écho à David et d’autres personnages de l’Ancien Testament, que les grandeurs humaines sont à la merci du petit qui marche avec Dieu. La performance, la puissance, le pouvoir… nous fascinent ? Nous y mettons nos espoirs ? « Un enfant au milieu d’un groupe de « grands » » nous rappelle qu’avec Jésus « un nouveau régime » du « messianisme » […] remet en cause les habitudes, les pouvoirs établis ; il cherche de nouvelles manières de vivre ensemble et fait advenir des partenaires improbables. Il n’est pas d’abord un programme, mais s’apparente peut-être au jeu. Il réclame un certain esprit d’enfance et se pense d’abord « sans concept ». » Une bien belle définition de la catéchèse, en somme…

1 Marcel AYMÉ, Les tiroirs de l’inconnu (Folio, 1960, p. 166).
2 Philippe LEFEBVRE, David et Goliath entre Bible et Iliade. Comment passer à un monde nouveau.In « Ecritures », Bulletin de l’Association Biblique Catholique Suisse Romande, n° 2/2024, p. 33. L’auteur relit dans ce passage d’évangile une scène biblique inaugurale : « David, appelé « le petit »(1 S16, 11), reçoit l’onction « au milieu de ses frères » (1 S16, 13). »

Une nouvelle médaillée en la Patronale de Choëx le dimanche 13 octobre

Comme il est de tradition, lors de la Patronale, la paroisse de Choëx remettra à Solange Lugon-Moulin la médaille « Saint Théodule ». Celle-ci honore les choristes qui ont exercé 25 ans d’activité. « Un bail » comme le dit la principale intéressée. Rencontre avec Solange, choriste et coprésidente de l’Echo du Coteau.

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

La musique, elle en écoute, petite, chez ses parents à Orsières. Du folklorique à la radio ou sur les disques. Pas de solfège, ni de musique, c’est bien plus tard, qu’elle rencontrera l’art choral ! D’Orsières, elle a suivi la Dranse jusqu’à Martigny ; à l’école, elle intègre pour deux ans le chœur des jeunes. C’est sa première expérience de chorale.

Par Amour, elle descend encore le Rhône jusqu’à Monthey. Elle s’y marie avec Roger ; ensemble ils montent vivre sur le Coteau et ensemble ils rejoignent les rangs de l’Echo du Coteau. Elle s’en souvient : « C’était la Toussaint 1999, une chorale ad hoc était mise sur pied pour la cérémonie au cimetière de la Bercla. C’est là qu’on m’a dit de venir chanter à l’Echo du Coteau. » En 2002, elle s’investit dans le comité, puis devient coprésidente avec Guy Perrin, après le mandat de Sonia Matti. 

Des cellules qui dansent !

Depuis 1999, chaque semaine, Solange prend le chemin de la répétition pour rejoindre les soprani. Elle apprécie les chants profanes, tant la variété française qu’anglo-saxonne, et le répertoire religieux lors des messes. Oh bien sûr, comme tout le monde, certains soirs d’hiver, ça lui coûte de sortir au froid, mais une fois la porte de la salle de répétition poussée, « toutes les cellules du corps dansent de joie ! ». Cette émotion, elle aime la partager au public et aux assemblées qui les écoutent lors de messes ou de concerts.

L’une des expériences les plus marquantes reste l’atelier « classique » de la Fête de chant à Brigue qui lui a permis d’être initiée à un répertoire inhabituel, exigeant, inattendu aussi… C’était un challenge de chanter ces pièces célèbres. Un investissement supplémentaire lors cette saison mais qui en vaut la chandelle : la représentation avec les quelque 200 chanteurs est un souvenir poignant. La vibration humaine est incomparable ; cette émotion, aucun micro ne peut la donner.

25 ans, un bail : quelques changements

Ce qui change en 25 ans ? « Les costumes » répond-elle du tac au tac. Elle ne regrette pas la jupe gris souris assortie de son chemisier rose saumon. La présidente est satisfaite de leur tenue actuelle, pratique et simple. Les directeurs aussi ont changé, cinq se sont succédé, chacun apportant ses compétences techniques et artistiques pour faire progresser les choristes. Sa passion de la musique, Solange l’a transmise à ses enfants, tous trois sont engagés dans des fanfares.

La saison musicale reprend, avec la chorale de Monthey ; les deux sociétés se sont rapprochées pour s’enrichir mutuellement. Musique d’avenir !

Jeux, jeunes et humour – octobre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi appeler l’Esprit lors de la consécration ?*
C’est une invocation nommée épiclèse. Dans la liturgie eucharistique, il y en a deux. La première est l’appel de l’Esprit sur le pain et le vin pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ ; la deuxième est l’appel de l’Esprit sur la communauté afin qu’elle soit sanctifiée par la communion au Corps et au Sang du Christ.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Deux fiancés se présentent chez M. le Curé pour se préparer au mariage. Il leur demande s’ils ont apporté tous les papiers requis : certificat de baptême et de confirmation. « Oui, les voilà », répondent les fiancés. Le curé leur pose une première question : « Avez-vous la foi ? » La fiancée regarde dans le dossier qui contient tous les documents puis regarde son amoureux et lui lance d’un air navré : « Je t’avais bien dit qu’on oublierait quelque chose ! »

Par Calixte Dubosson

Monthey: une nouvelle crypte plain-pied pour tous !

Chapelle du Pont.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth, curé de Monthey
Photos : J.-M. Moix

Face au manque objectif de salles funéraires sur le secteur de Monthey et après une interpellation politique officielle sur les Communes de Monthey et Collombey-Muraz en 2022, il a été décidé d’augmenter la capacité des salles funéraires de Monthey. En effet, il n’est plus possible de continuer avec seulement deux emplacements pour une ville de 20’000 habitants !

Dès lors, dans un premier temps, il a été décidé de réaffecter la très belle et très solennelle Chapelle du Pont comme chapelle funéraire. Cela ne coûte rien et surtout cela ajoute une place ! L’usage récent a montré l’excellence de ce choix pragmatique.

Ensuite la Paroisse de Monthey s’est manifestée comme partenaire du nouveau projet en mettant à disposition le rez-de-chaussée de la cure de Monthey, où se trouve actuellement les deux cryptes. L’idée était de repenser les volumes et l’entier de l’espace suite à la motion politique. Après une étude très professionnelle, un devis de 3,5 millions a été présenté… puis rejeté ! 

La Commune a alors décidé de financer la Paroisse à hauteur de Fr. 300’000.–, montant forfaitaire pour une nouvelle salle à la cure et le rafraîchissement des deux anciennes. Pour la Paroisse, il s’agit donc d’un projet quasiment subventionné à 100 %. 

Après réflexions, nous avons décidé : 
• de faire une nouvelle crypte dans l’ancienne buanderie de la cure (salle actuellement utilisée) ; 
• de faire un accès plain-pied, par l’extérieur du côté de l’Avenue de France, pour les personnes à mobilité réduite ;
• d’orner les trois salles par de belles pièces d’étoffe (rideaux en velours violet, voilage en soie, etc.) ;
• de changer les fenêtres vétustes par des fenêtres modernes (isolation thermique et phonique). 

Le Canton, par son Service du Patrimoine en la personne d’Eric Bonnerfält, collabore activement avec la Paroisse et nous avons avec eux finalisé un projet respectueux et des besoins actuels et de l’histoire du bâtiment. 

Voilà. Nous essayons de faire au mieux, pour le bien de tous. En effet, ces salles funéraires ne sont pas réservées aux seuls catholiques, mais sont au service de toute famille endeuillée 😊.

Cure de Monthey.

Ouvrir des chemins ensemble

Depuis l’automne 2022, le Jura pastoral a changé de modèle de gouvernance en nommant à sa tête une théologienne et un diacre. Après presque deux ans en tant que représentants de l’évêque, retour d’impressions avec Marie-Andrée Beuret et Didier Berret.

Par Myriam Bettens
Photos : Jura Pastoral (pôle communication)

Quel bilan pouvez-vous dresser après deux ans d’exercice ?
Marie-Andrée Beuret : Question un peu abrupte… La phase de transition qui se passe au niveau de la société dans laquelle on se trouve se manifeste aussi dans l’Eglise. Je ressens très fort cet état instable qui se manifeste partout. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous sommes directement interpelés, mais nous devons les penser ensemble. Certains espéreraient presque que nous décidions à leur place. Or, ce n’est sain(t), ni avec N ni avec T ! Il y a une grosse question en lien avec les responsabilités et la manière de les porter ensemble. Chacun est responsable pour soi en tant qu’individu, mais nous avons des responsabilités communes et il n’est pas possible de repasser aux autres cette part-là. D’où le défi de rechercher des chemins ensemble.
Didier Berret : Partager cette responsabilité est bon et même nécessaire pour ne pas porter les choses seul. Pouvoir partager avec quelqu’un qui a un autre point de vue pour prendre les décisions est essentiel, à la fois pour les raisons qu’elle vient d’évoquer, et aussi parce que s’il faut dessiner des lignes directrices pour l’avenir d’une Eglise, personne ne sait exactement où l’on va. J’ai appris à donner aux évènements l’importance qu’ils ont et à ne pas se laisser submerger par des choses qui ne nous concernent pas directement. Finalement, il importe de se redire que Jésus ce n’est pas nous (rires).

Quel a été l’écho de la base concernant ce nouveau modèle de gouvernance ?
D. B. : Certains sont perturbés par le fait que cela ne soit plus un prêtre. Majoritairement, les échos sont positifs. Beaucoup de personnes me disent : « enfin ! »
M.-A. B. : Je partage aussi cette impression. A l’usage, il pourrait être intéressant d’imaginer une équipe pastorale pour un vicariat ou une région diocésaine.

Exporter le « label » de théologien en pastorale 1 ailleurs en Romandie permettrait-il de nommer plus de laïcs et de femmes à des postes à responsabilités ?
M.-A. B. : Il est important d’avoir des équipes diversifiées, quel que soit le modèle, avec une complémentarité de personnes, de ministères et de formations. Par contre, le danger serait de s’ouvrir aux laïques et aux femmes seulement parce qu’il n’y a plus de prêtres, de se servir des théologiens en pastorale comme des bouche-trous. De plus, si l’on reste dans le modèle actuel, on court le risque de maintenir les communautés dans un système de service où les baptisés se retirent au profit des professionnels. Et à partir du moment où l’on a uniquement des professionnels face à la communauté des baptisés, qui n’est pas « professionnelle », il se forme une espèce de limite. Le risque serait de simplement remplacer le prêtre qui était mis sur un piédestal par une autre figure. Le problème n’est pas celui de la personne qu’on y met, mais bien le piédestal !

1 Un « label » d’appellation d’origine pastorale (AOP) pour le Jura. Début août 2020, le Jura pastoral (partie francophone du diocèse de Bâle) a institué le titre de « théologien en pastorale » pour ses agents pastoraux dotés d’un diplôme universitaire en théologie. Fruit d’une longue réflexion diocésaine, ce changement permet de reconnaitre le statut et le travail des agents pastoraux que le terme « assistant » rendait parfois ambigu.

Bio express

Marie-Andrée Beuret

Marie-Andrée Beuret est une théologienne en pastorale, née en 1972. Elle a achevé une formation en théologie à Fribourg et à Lucerne (1999-2004) et un doctorat à Lucerne (2007). Elle a été instituée au service permanent du diocèse de Bâle en juin 2009. Elle est aussi membre de l’équipe de l’espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs.

Didier Berret

Didier Berret est né le 9 mars 1966. Marié et père de cinq enfants, il a mené des études en théologie à Fribourg et à Jérusalem (Dormition) de 1985 à 1990, puis institué assistant pastoral en juin 1991. Ordonné diacre en juillet 2000, il a été responsable de communauté durant dix ans pour l’Unité pastorale des Franches-Montagnes (Saignelégier).

Les deux Jurassiens ont été installés comme délégués épiscopaux de l’évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür, pour le Jura pastoral, le 1er septembre 2022, lors d’une célébration eucharistique à l’église Saint-Marcel de Delémont.

Interview avec le nouveau vicaire du secteur de Monthey: l’abbé Martin Filipponi

Texte et photo par l’abbé Martin Filipponi (Questions posées par l’abbé J.-M. Moix)

Cher monsieur l’abbé, pouvez-vous commencer par vous présenter en quelques mots ?
Avec plaisir. Je m’appelle Martin Filipponi et j’ai 45 ans. J’ai grandi à Gampel, dans le Haut-Valais. Après l’école obligatoire et l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier et j’ai travaillé dans un service médical de l’hôpital de Brigue, où l’on s’occupait de patients en soins palliatifs et en oncologie. Après avoir longuement réfléchi et prié, je me suis mis en route pour devenir prêtre. Les études de base ont eu lieu au Séminaire de Coire ainsi qu’à l’abbaye cistercienne de Heiligenkreuz en Autriche. 

Quand avez-vous été ordonné prêtre ?
C’était un samedi, le 13 mai 2017, il y a donc sept ans, le jour même du centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima, j’ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Coire avec deux autres confrères. J’ai ensuite travaillé comme vicaire à Davos, puis j’ai pu obtenir une licence canonique en spiritualité chrétienne à Heiligenkreuz près de Vienne et servir comme « Père spirituel » au séminaire de Heiligenkreuz. Ce fut une période riche en enseignements et une expérience positive.

Puis vous avez souhaité revenir dans votre Valais natal pour exercer votre ministère sacerdotal. Suite aux contacts que vous avez noués avec le diocèse de Sion, on vous a demandé de venir à Monthey. Vous venez d’y terminer une année de stage. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre année de stage 2023-2024 ? 
Au début, c’était déjà un défi, car il fallait apprivoiser une culture différente et se perfectionner en langue française. Petit à petit, les choses ont avancé. Je me suis senti à l’aise dans la communauté du monastère, avec trois sœurs et trois confrères prêtres. Sous la direction du curé Jérôme Hauswirth, j’ai été progressivement initié au ministère pastoral, en dispensant ainsi les sacrements en français, en étant présent pour les gens ou encore en visitant les personnes âgées ou malades. Et puis, lors de soirées de louange avec les jeunes, j’ai pu faire quelques catéchèses.

Avez-vous des projets pastoraux que vous aimeriez lancer ou développer à l’avenir ? 
Il s’agit d’abord de grandir dans mon ministère de prêtre, de vicaire, de connaître toujours mieux les gens et d’observer le quotidien des paroissiens. En principe, on dit qu’il faut bien répartir son temps : avoir du temps avec Dieu et du temps pour les gens, en unissant la prière à l’activité pastorale. La tâche du prêtre est de (re)lier les hommes à Dieu : créer des lieux et des possibilités pour que l’homme puisse faire l’expérience de Dieu. Pour cela, il existe de nombreux moyens. Aussi, je demande au Seigneur qu’il me montre les méthodes et les chemins appropriés pour transmettre la beauté de la foi.

Vous venez donc d’être nommé vicaire pour les paroisses du secteur de Monthey,  en étant spécialement le prêtre référent pour la paroisse de Choëx. Avez-vous encore un commentaire, un souhait ou une prière ?
Oui. Je souhaite aux paroissiens du secteur de Monthey et spécialement aux « Choëlands » beaucoup de joie, avant tout, la paix dans les familles et dans nos propres cœurs, pour qu’ensemble, avec l’aide de Dieu et en tenant la main de Marie, nous puissions traverser la vie dans la joie et la confiance.

Contact du vicaire Martin Filipponi

Mail : filipponimartin@gmail.com
Téléphone : 024 471 22 31

Mise au tombeau, Cathédrale Saint-Nicolas, Fribourg

Cette mise au tombeau est composée de 13 statues à taille humaine. Elle est attribuée à Maître Mossu.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Les 100 ans de l’élévation de la collégiale de Fribourg au rang de cathédrale sont une excellente occasion de (re)découvrir les œuvres qu’elle accueille. Parmi celles-ci se trouve une rare mise au tombeau, composée de 13 statues à taille humaine, attribuée à Maître Mossu.

Le thème est populaire dès le XVe siècle, en particulier en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en France. Il s’agit ici d’une des premières réalisations (~1430).

Jésus est déposé sur la pierre du tombeau par Nicodème (à gauche) et Joseph d’Arimathie (à droite). L’Evangile (Jn 19, 38-42) raconte que c’est Joseph qui a demandé le corps à Pilate et que Nicodème a apporté les onguents nécessaires aux rites. Tous deux sont des notables juifs, devenus disciples en secret.

A l’arrière-plan, nous reconnaissons la Vierge Marie, Mater dolorosa, mère de douleur. Pliée en deux, les bras tombant vers le sol, elle est soutenue par Jean, identifiable à ses traits juvéniles et son absence de barbe.

Deux femmes les encadrent, probablement celles mentionnées par les évangélistes au pied de la croix.

Deux anges portent les instruments de la Passion. Celui à notre gauche tient la colonne et les fouets, celui à notre droite présente la croix et les clous (Jn 19). La femme qui est à côté de ce dernier est Marie Madeleine. Comme souvent, elle est représentée non voilée, avec une belle chevelure. Elle a entre les mains un flacon, peut-être celui du parfum qu’elle avait versé sur les pieds du Christ (Lc 7, 36-50).

La douleur des traits des personnages est particulièrement marquée, même pour les anges. Les mouvements des mains et l’inclinaison des têtes accentuent les émotions. Tous sont richement vêtus selon les codes du XVe siècle. 

Au premier plan, les soldats chargés de veiller sur le tombeau pour que personne ne puisse voler le corps (Mt 27, 62-66) sont endormis. Certaines photos plus anciennes les placent à l’entrée de la chapelle, comme pour garder son entrée.

Le thème des vitraux de Manessier (1974) est la nuit du Vendredi saint. Le choix des couleurs peut surprendre, mais il nous entraîne dans les profondeurs de cette nuit si particulière.

Une odeur de menthes

Chandolin, Edmond Bille, 1901. Peint ici par le beau-père de Chappaz, le village de Chandolin, en particulier le chalet des Bille, fut un des asiles du poète.

Les Maquereaux des cimes blanches (1976). S’il est un titre de Chappaz qui retient l’attention, c’est bien celui-ci. Il faut cependant veiller à ne pas faire trop vite du poète valaisan un écrivain engagé. Sa dénonciation se situe toujours déjà au-delà de l’action politique, faisant signe vers un autre monde : « Le royaume ! percevez le royaume ! »

Par Benjamin Mercerat | Photo : Association Edmond Bille

Qu’est-ce que les écologistes actuels pourraient trouver dans l’œuvre de Chappaz qui les satisfasse ? Au final, peu de choses. Car la défense de la nature relève chez cet auteur d’une préservation plus générale de la tradition et de l’être humain dans son ensemble, comme il s’en explique bien dans La Haine du passé, texte introductif de 1984 publié à l’occasion d’une réédition des Maquereaux des cimes blanches. S’il y a une écologie dans la pensée de Chappaz, c’est une écologie intégrale, qui accorde autant d’importance à la préservation de la liturgie et de toute vie humaine (de la fécondation à l’ultime souffle) qu’à celle de la nature.

Les étudiants du Collège de l’Abbaye de Saint-Maurice qui inscrivirent sur la falaise un magnifique « Vive Chappaz ! » à la suite des attaques en réaction à l’ouvrage publiées par « Le Nouvelliste » avaient-ils lu le texte ? ou ne faisaient-ils que réagir, courageusement, à un lynchage ? Ce qui est certain, c’est que l’auteur nous incite
à lire son texte avant tout comme un poème, plus que comme une intervention politique. 

– Vive la révolution ! – Ah ! non, je refuse de tourner en rond. – Alors ? – La catastrophe naturelle. » Nulle solution n’est envisagée à ce problème qui dépasse l’action humaine. Le terme « révolution » est désamorcé par la coloration que lui donne son sens étymologique, celui définissant le mouvement des astres. Cette catastrophe attendue comme seule possibilité de prise de conscience, le narrateur la nomme également une « catastrophe-renaissance ». La question n’est pas de savoir comment agir politiquement, mais comment se préserver et comment préparer les consciences à renaître.

Il s’agit pour le poète, perdu dans ce Valais de bois de son enfance devenu un Luna Park touristique, de vivre dans un asile. Asile bien concret qu’il trouve dans ses demeures, celles du Châble et des Vernys ; asile symbolique de la poésie. Un des premiers textes de l’œuvre, qui dit tout de cette situation, est intitulé « L’extrême-onction avant l’orage – Ecrit dans un asile ». Cette splendide prose commence par une phrase interrogeant le statut du poète : « Croyez-vous que je puisse lancer une malédiction à partir d’une odeur de menthes ? » La grâce d’un parfum, la gratuité de la nature préservée, voilà ce au nom de quoi l’on devrait maudire la modernité ; et le poète d’enfoncer le clou quelques paragraphes plus loin : « Une grive pour moi vaut dix mille chômeurs » ; « Je préfère une anémone à un pont sur le Rhône ».

Mais, à la différence de l’assurance qui caractérise les discours politiques, le poète reste pétri par l’incertitude, n’exprimant au fond que l’espoir d’une réconciliation générale : « L’asile est-il sûr ? Je frotte une touffe de menthes sur le museau des foules. De saveur en saveur nous irons vers le royaume. »

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Les Maquereaux des cimes blanches, précédé de La Haine du passé, éditions ZOE, Genève, 1984.

Avec chœur et humour

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Caude Gadmer

Pour qui se contente d’en rester aux apparences, son franc-parler peut surprendre. Exemple :  « Puisse le Christ illuminer les cœurs, pour que l’Evangile écrase toutes les idéologies, et en premier lieu celles qui prétendent le servir, alors qu’elles ne font en réalité que s’en servir », lance Frédéric Monnin, avant de briser la carapace et, par un rire sonore, montrer qu’il est surtout doté d’un sens de l’humour décapant.

Au sein de la paroisse Saint-Paul à Cologny, le Jurassien d’origine coiffe de multiples casquettes. La première consiste à faire en sorte que les prêtres et les Conseils puissent s’appuyer sur un secrétariat performant. « La cure est en quelque sorte aussi une maison de famille, un lieu de rencontre et parfois un numéro d’urgence. Il n’est pas rare que nos voix soient les premières à répondre à des personnes en manque d’écoute. »

Dans un tout autre registre, Frédéric Monnin est aussi directeur de la chorale paroissiale. « C’est pour cette fonction que le regretté frère Jean-Daniel m’avait engagé en septembre 2003. » Et d’avouer : « J’ai eu deux périodes dans ma vie de chef de chœur. D’abord celle d’un jeune pro voulant montrer ce qu’il sait. Puis j’ai retenu les leçons de mon vieux maître. Si je hausse parfois encore le ton, je préfère de loin user de méthodes plus douces. » Avec une préférence pour l’humour et la métaphore, mais toujours avec le souci de la fonction que doit remplir la musique dans le cadre liturgique. « Il m’arrive encore de m’emporter, non pas à l’encontre de mes choristes, mais contre ceux qui – je n’ai pas peur du terme – font œuvre de sabotage. Heureusement, ce n’est pas le cas à Saint-Paul. »

Quand on lui demande de décrire son cadre de travail, Frédéric se fait presque lyrique : « La paroisse vit au rythme de la communauté des Prêcheurs. Je suis très heureux de pouvoir travailler dans les vignes du Seigneur avec les frères du couvent dominicain. Chacun et chacune est conscient de travailler pour une cause plus grande : l’Evangile. »

Evoluant, comme il le dit, au milieu des périphéries d’un Genève laïque, le « Kappelmeister » lève un sourcil : « Le Christ nous dit : vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. Lorsqu’on garde cela à l’esprit, on vit beaucoup mieux certains côtés pénibles du laïcisme, devenu religion d’Etat dans notre canton. »

Frédéric Monnin
• Né le 14 janvier 1974 à Bure (JU).
• Maturité littéraire à Porrentruy en 1992.
• Etudes en Sciences politiques et Lettres à Genève.
• Etudes musicales à l’Ecole jurassienne et Conservatoire de musique de Delémont (piano et orgue) de 1980 à 1992.
• Conservatoire de musique de Genève : diplôme de direction chorale en 2003.
• Depuis 2003, secrétaire et Maître de Chapelle à Saint-Paul (à Cologny).

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

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