Un éternel actif

Alexandre Bersier.

« Je suis un hyperactif administratif, dur, mais juste. » C’est ainsi que se définit Alexandre Bersier, président du Conseil de la paroisse Saint-Laurent dans la Broye fribourgeoise. Cet homme qui mène de front de multiples projets a une foi très personnelle, mais très profonde, qui l’incite à mettre les autres au cœur de ses journées.

Par Véronique Benz | Photos : André Bise, DR

« Dans la société actuelle, dès que vous êtes passionné, que vous avez une certaine éducation et formation et que vous êtes un peu carré, vous êtes tout de suite perçu comme quelqu’un de dur. » Alexandre Bersier est un planificateur. « J’apprécie la conduite, j’aime bien créer des choses, les mettre en place, puis une fois que ça tourne, je me retire. » Cet homme passionné par ce qu’il entreprend a un besoin vital d’être constamment actif. « J’ai la chance d’avoir une femme magnifique et deux enfants compréhensifs. Si je n’avais pas cette stabilité familiale, je ne pourrais pas faire ce que je fais. Je leur en suis vraiment très reconnaissant », avoue-t-il. Alexandre Bersier n’aime pas les vacances, il en prend rarement. « Je me nourris des choses que je réalise. »

La paroisse une PME

« Au départ, je crois que j’ai choqué les gens en leur disant que je gérais la paroisse comme une PME. » Alexandre Bersier explique que la paroisse Saint-Laurent est le fruit de la fusion de 12 anciennes paroisses. « Nous avons 50 bâtiments, dont 15 églises et 9700 paroissiens. »

Le président du Conseil de paroisse reconnaît prier tous les matins et tous les soirs, même s’il ne va pas nécessairement à l’église. Le Conseil de paroisse n’a pas la tâche de s’occuper de la pastorale. « Le Conseil de paroisse met les conditions-cadres, mais c’est à l’équipe pastorale de se consacrer à la pastorale. » Il cite l’exemple des Conseils de communauté. « Nous constatons que les gens se fatiguent. Certains membres ont plus de 80 ans. Ils sont très bien pour aider à préparer la Fête-Dieu ou d’autres manifestions, mais par contre pour ce qui est d’ordre administratif, ou de l’entretien, cela devient difficile. Nous n’avons plus le choix, nous devons professionnaliser. » Pour Alexandre Bersier, il n’est pas facile de trouver le juste équilibre entre les personnes âgées qui ont de la peine à faire bouger les choses et les jeunes qui vivent dans l’immédiateté. « A quelle vitesse aller pour faire avancer la paroisse ? Comment se remettre en question sans tout casser ? » Il constate qu’il faut accompagner le changement, car il est inévitable. « Les gens me disent qu’autrefois, toutes les églises étaient magnifiquement fleuries. Evidemment, à l’époque, tout était gratuit, il y avait des fleurs dans tous les jardins. Actuellement, il n’y a presque plus de bénévolat, il y a des jetons de présence partout. Nous payons presque tout le monde et si nous ne le faisons pas il y a risque que des personnes arrêtent. Je conçois que pour les plus anciens, c’est difficilement compréhensible ! » La société change, me confie-t-il. 

« Une de mes joies est d’avancer pas à pas. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus imposer, il faut convaincre. » Il relève aussi la diversité de l’engagement et les belles personnes avec lesquelles il travaille, des professionnels de qualité. Quoi qu’il entreprenne, c’est la passion qui fait vibrer Alexandre Bersier.

La Collégiale Saint-Laurent d’Estavayer-le-lac, bâtiment emblématique de la paroisse Saint-Laurent.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Je n’ai pas de souvenir marquant. Mon enfance a été pour moi le formatage de ma personnalité. Mon père m’a inculqué les principes et les valeurs qui ont forgé ma vie.

Votre moment préféré de la journée ?

Ma journée débute à 5h30 et se termine à 21h. J’aime particulièrement le matin. J’ai mes petites habitudes, je lis les journaux, je regarde mes mails, je programme ma journée.

Votre principal trait de caractère ?

Je suis un hyperactif administratif dur, mais juste. Je suis quelqu’un d’hyper passionné par ce qu’il fait.

Un livre que vous aimez ?

Je ne lis pas beaucoup.

Une personne qui vous inspire ?

Je ne m’identifie à personne. Ce qui m’inspire, ce sont les principes.

Votre prière préférée ?

Mon Dieu ! Je me couche ! Si je m’endors, je vous recommande mon corps, si je trépasse je vous recommande mon âme. Je prends Dieu pour mon Père, la sainte Vierge pour ma Mère. Les quatre saints évangélistes sont au quatre coins de mon lit pour me protéger contre mes ennemis. J’embrasse la croix du divin Sauveur pour la vie et l’éternité. Sainte Marie Mère de Dieu priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Alexandre Bersier

• Alexandre Bersier a 54 ans, il est marié et papade deux enfants adultes.

• Il a cinq brevets fédéraux.

• Fondé de pouvoir à la Mobilière depuis 28 ans, il est coprésident des commerçants d’Estavayer-le-Lac. Lieutenant-Colonel à l’armée, il est dans l’Etat-major de la patrouille des glaciers. Il est également Gouverneur de la Confrérie de Saint-Eloi.

• Membre du Conseil de paroisse Saint-Laurent, il y a été durant deux ans responsable des finances avant de reprendre la présidence.

En librairie – septembre 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le petit livre des anges
Anselm Grün

L’ange est un messager : il fait le lien entre la terre et le ciel. Il est l’expression d’un amour qui ne juge pas, d’un amour patient. Cet amour-là nous accompagne et ne nous abandonne jamais. Découvrez à travers ces pages les mille résonances de cet amour, qui a un message pour nous rejoindre en toute circonstance.

Editions Salvator

Acheter pour 15.10 CHF

Le cœur plein de Dieu
Marie-Ollivier Guillou

Dans le tourbillon du quotidien, nous aspirons à ces haltes essentielles qui nourrissent notre intériorité. Qui n’a jamais rêvé d’une retraite spirituelle à domicile ? Le frère Marie-Ollivier Guillou nous offre précisément cela, un ouvrage clair et d’une profondeur capable de nourrir notre esprit comme notre âme. Entre réflexions essentielles, méditations et anecdotes savoureuses, portées par la lumière du Christ et l’inspiration des poètes, ce texte nous entraîne pas à pas vers la conversion du cœur pour grandir dans l’intimité de Dieu.

Editions Artège

Acheter pour 29.30 CHF

33 Anges
Anselm Grün

Chaque jour, la présence d’un ange est la bienvenue pour nous aider à surmonter les petits tracas du quotidien. Dans ces moments-là, Dieu peut nous envoyer un messager du ciel pour nous faire comprendre que nous ne sommes pas seuls. Ce messager est là pour nous aider, nous accompagner, nous apporter la confiance qui nous manque, et surtout, nous permettre de régler la situation. Si nous sommes attentifs et tendons l’oreille, alors nous pourrons entendre le message de l’ange.

Editions Exergue

Acheter pour 18.00 CHF

Nos saints anges gardiens
Odile Haumonté

As-tu déjà pensé à ton ange gardien ? Cet ami invisible se tient à tes côtés fidèlement à chaque instant de ta vie pour te guider, te protéger, te consoler. Discrets compagnons de route, les anges sont « une vérité de foi », nous dit l’Eglise. Par ce livre illustré avec douceur et humour, à travers des prières et des épisodes de l’intervention des anges dans la vie des saints, l’enfant va découvrir les anges et avoir envie de les prier. Pour se familiariser avec le monde des anges grâce à des exemples pris dans la vie des saints, l’auteure transmet des prières à l’enfant afin que celui-ci noue une relation personnelle avec son ange gardien.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 20.40 CHF

Pour commander

Rencontrer le Christ en catéchèse

Texte et photos par Anne-Marie Colandrea

« Je souhaite inscrire mon enfant au catéchisme pour qu’il fasse sa communion. » C’est la demande la plus fréquente que nous recevons. En soi, c’est un beau désir pour le bien de son enfant. Dans un très bref dialogue, se révèle le souci de remplir le « passeport du chrétien » : être en ordre, collectionner les tampons des différentes étapes acquises. Il y a aussi les « agendas » des enfants : l’école, les activités extrascolaires ; en dernier lieu, il faut caser le KT. 

Approfondissant ce dialogue, se dévoile le souci de transmettre des valeurs, une culture chrétienne. Bref, autant de désirs, de visions, émanant du souci éducatif pour vos enfants : certes respect ! 

Face à cette demande des familles, notre réponse en paroisse – en communauté chrétienne – est l’écoute, rejoindre leur demande, proposer une vraie rencontre de personne à personne. La Foi, la confiance en Dieu, c’est la vie ! Alors, nous essayons par cette attention de faire saisir combien la catéchèse est une démarche – un chemin – vers la rencontre avec le Christ. Il en sera de même lors de l’accueil des enfants par leur catéchiste /catéchète.

Le Christ se fait rencontre : vivant, il se donne par sa Parole. C’est l’une des toutes premières découvertes des enfants dès le plus jeune âge : découvrir la « bibliothèque-Bible », découvrir que ce n’est pas un simple livre de belles histoires, souvent complexes. Découvrir que le Seigneur me parle, me donne un signe de sa Présence, de son regard sur moi, de son intérêt envers ceux qui m’entourent et tout ce qui constitue mon quotidien en famille, à l’école, en extrascolaire, mes passions, mes joies, mes déceptions, mes doutes, mes questionnements. 

La rencontre se vit aussi en écoutant les autres personnes, et en s’exprimant. Ainsi, la personnalité même de la / du catéchète permettra cette expérience au-delà des mots, du savoir, de la formation reçue et même des limites : transmettre sa propre relation avec le Seigneur, sa Foi vécue tout simplement. Un grand merci ici à tous nos bénévoles et laïques / laïcs engagé.e.s dans ce bel apostolat. 

Le déroulement d’une rencontre de KT (et non pas un cours de caté) ouvre les possibilités au sens du beau et de la joie, au sens de l’écoute de l’autre, au sens du don gratuit, au sens du silence et de la prière, tout cela sans prétention à travers des activités partagées. 

Intéressez-vous, vous, la famille, à ce que vivent vos enfants dans la catéchèse et témoignez-leur de votre propre expérience. Il nous appartient d’écouter ces enfants et ces jeunes parce qu’elles / ils nous offrent leur propre « intuition » du Mystère de Dieu : « pressentir est l’intuition, l’intelligence des cœurs humbles, des petits pour les choses de Dieu » (cf. catéchèse du pape Léon XIV le 27.09.2025). Demandons de re-découvrir notre spontanéité de cœur d’enfant dans notre désir de Dieu par
l’Esprit Saint.

Saint Nicolas, prie Dieu pour nous!

Par Sviatoslav Horetskyi
Photos : Divers

A l’occasion de la fête de saint Nicolas, le 10 mai dernier, la nombreuse communauté ukrainienne des paroisses gréco-catholiques de Suisse s’est réunie dans la prière. Pour la quatrième année consécutive, le clergé a organisé un pèlerinage commun de toute la communauté ukrainienne afin de prier auprès des reliques de saint Nicolas, conservées dans la cathédrale de Fribourg. Accompagnés de leurs prêtres, les fidèles ont pris part au programme spirituel de la journée. 

Durant l’acathiste à saint Nicolas, chacun a pu vénérer les reliques et recevoir l’onction bénie avec le myron apporté de Bari, en Italie, où repose le corps de saint Nicolas.

La prière s’est poursuivie par la Divine Liturgie solennelle, présidée par le Père mitré Mykhailo Romaniouk, syncelle pour le clergé et les familles sacerdotales.

Dans son homélie, le Père a souligné que saint Nicolas avait compris le grand mystère de l’Evangile : la véritable richesse ne réside pas dans ce que nous gardons pour nous-mêmes, mais dans ce que nous donnons avec amour : « Notre communauté ukrainienne en Suisse est un véritable atelier spirituel, où nous apprenons à devenir disciples du Christ. Nous sommes appelés à bâtir activement l’unité. »

Le Père a également rappelé qu’en Suisse, notre communauté gréco-catholique est une ambassadrice de l’Ukraine et de notre Eglise. Lorsque nous demeurons unis, nous témoignons authentiquement de notre culture, de notre foi et de notre patrie ukrainienne.

A l’issue du programme de prière, les participants au pèlerinage se sont retrouvés autour d’un moment fraternel de partage et de convivialité.

Saint Nicolas fut une « règle de foi et un modèle de douceur ». Qu’il nous obtienne la paix qui dépasse toute intelligence, l’amour qui ne cherche pas son propre intérêt, l’humilité qui élève l’âme, ainsi que la miséricorde qui nous rend semblables à Dieu.

Saint Nicolas, prie Dieu pour nous !

Lexique des Chrétiens d’Orient

Acathiste : hymne de louange chanté debout.

Myron : terme pour le saint-chrême.

Divine liturgie : mot pour désigner « la messe ».

Père mitré : le prêtre a reçu la dignité de porter la tiare, un peu l’équivalent du Monseigneur avec la soutane à liseré et ceinture violets dans l’Eglise romaine.

Envie de vous parler de… LUMIERE

Propos recueillis par François Riondel
Photos : Raphaël Beffa

La lumière joue un rôle central dans les créations de Raphaël Beffa, prénommé rafabé dans le milieu artistique. Récemment invité lors d’un culte au temple de Gy pour y présenter trois de ses créations, Raphaël m’a éclairé (c’est le cas de le dire) par ses propos. J’ai donc eu envie de les partager avec vous.

La lumière brille depuis longtemps, le soleil, les étoiles, la lune… et puis l’être humain essaya de chasser la nuit avec différentes inventions, telles que la lampe à huile qui date d’environ 15’000 ans, puis l’ampoule à filament qui fête ses 150 ans et enfin les LED blanches dont les inventeurs ont reçu le prix Nobel en 2014.

Raphaël est passionné tant par la technique que par la création artistique. Tout en profitant des avancées technologiques, il s’inspire des objets récoltés dans la nature, où il y voit une indéniable signature divine. Il utilise aussi des objets obsolètes qui ont résisté au temps, attestant ainsi du labeur et de l’ingéniosité des humains, et offrant également la beauté de leurs formes géométriques.

Lors de la cérémonie religieuse à Gy, Raphaël avait choisi deux passages de la Bible qui l’inspire et qu’il commente :

« Dieu dit : que la lumière se mette à briller (Genèse 1.3). C’est une phrase courte et puissante. Il s’agit de sortir des ténèbres et d’exprimer d’où l’on vient. C’est une question universelle que chaque être humain se pose. Il y a là un début, une volonté de créer. »

« … et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde
(Jean 1.5-9).
Là encore, il s’agit d’universalité. La parole éclaire tous les êtres humains et c’est à chacun de nous que revient la tâche d’être témoin de la lumière. »

Raphaël me dit encore : « Parfois je me demande dans quelle mesure la créativité et les démarches artistiques que j’entreprends permettent d’être témoin de la lumière. Cela peut paraître un peu orgueilleux ou inefficace, mais au fil des expositions, je me rends compte que c’est utile aux visiteurs. C’est toujours rassurant pour moi de savoir que, pour quelqu’un d’autre, j’ai pu déclencher une impression de poésie et de réconfort. C’est peut-être ça, un témoignage de la lumière ? »

Les trois lampes sur la photographie

La lampe au centre interroge notre passé industriel. Le bouton en céramique est toujours fonctionnel. Le tube électrique de plomb ainsi que le socle en bois datent des années 50. L’ampoule LED, peu énergivore, permet l’utilisation du papier pour réaliser ce petit abat-jour. 

La lampe de droite représente une fleur fragile. Elle est réduite à l’essentiel : un galet, deux fils de cuivre, trois pixels LED et un abat-jour de un gramme. Pour affiner le tout, un petit bouton également réalisé dans un volume minimal.

La lampe de gauche représente la complémentarité de densité et de transparence. Le socle est un isolateur retrouvé dans un ravin, il est lourd et opaque. L’abat-jour lui est léger et transparent, il reproduit la forme de l’isolateur. 

Une proposition… pour parler d’intelligence artificielle

Par Myriam Bettens | Photo : Pixabay

Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il écrit une lettre sur l’IA et nous appelle toutes et tous à nous mettre au travail ?

Pour répondre à cette question, l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR) vous invite à explorer la portée de l’IA dans différents domaines de la vie humaine et à réfléchir ensemble sur ses implications dans nos vies quotidiennes autour d’un éclairage et d’ateliers.

Intelligence Artificielle, enjeux pour l’humain et pour toute la création 
« Magnifica Humanitas » : éclairage et ateliers
Le 30 septembre, à 19h 
A la salle des fêtes du Sacré-Cœur, Boulevard Georges-Favon 25 bis, 1205 Genève

Une question pas si… angélique

A-t-on besoin de croire aux anges pour croire au Christ ?

Par Thierry Schelling
Photo : Unsplash

Vais-je choquer si je dis que je n’y crois pas, aux anges ? Certes, j’accueille toujours le dévot qui me décrit son rapport avec eux (elles ?) ; et je présume du respect réciproque pour mon avis opposé. 

Pourquoi je n’y crois pas ? Car avec le Christ, j’ai tout ce dont j’ai besoin pour vivre ma foi, pour vivre tout court : l’Evangile, son indéfectible présence en Esprit, là, au cœur de mon cœur, de ma vie, de mon être. Toujours « interpelable », connectable. Bien sûr, ce lien intime s’entretient – merci aux Exercices de saint Ignace ! Et combien de fois une rencontre, une contemplation de Mère Nature ou même une lecture m’ont ouvert à sa subtile présence au cœur de mon quotidien.

Mais bon, comme me l’a dit une fois une paroissienne transie de bienveillance : « Vous savez, les anges, moi je les vois, alors que votre Jésus, il n’est plus là. » 

Euh… Mais aimer, louer et servir Dieu « en esprit et en vérité » (Jn 4) ne nécessite pas de vision, juste une confiance croissante; rien d’autre qu’un lien d’amour spirituel, « tant dans la tête que dans le cœur » – notre Dieu trinitaire n’est-il pas le parfait parangon de la relation avec trois personnes ? Pour résumer, ne vaut-il pas mieux s’adresser à Dieu plutôt qu’à ses… sbires ? Je pose la question… sans angélisme !

A tire-d’ailes

Plus d’un quart des personnes croyant aux anges se dit sans appartenance religieuse.

Joues roses, fesses rebondies et sourire énigmatique, l’imaginaire populaire et chrétien associé aux anges est parsemé de clichés. Cette représentation digne de bibelots de garden center semble pourtant bien loin des descriptions que nous livre la Parole. Alors qui sont ces ambassadeurs célestes ?

Un ange passe…

Par Myriam Bettens | Photos : Unsplash, DR

Dans son Enquête sur la langue, la religion et la culture datée de 2019, l’Office fédéral de la Statistique (OFS) relevait que près d’un Suisse sur deux croit que des anges et des êtres surnaturels veillent sur nous (45 %). En 2024, 48 % des Helvètes affirmaient adhérer à l’idée qu’une force supérieure – dont les anges font partie – guide nos destinées. Rien d’étonnant à cela : la présence des anges est « attestée » dans les trois religions du Livre, mais également dans d’autres textes sacrés plus anciens, relève Thomas Römer, bibliste titulaire de la chaire « Milieux bibliques » au Collège de France, lors d’une conférence à Genève. Il est aussi intéressant de noter que plus d’un quart des personnes croyant à l’existence des anges se dit sans appartenance religieuse, signe que ces créatures célestes sont plébiscitées bien au-delà des frontières de la foi.

Une myriade d’éch… anges

Inutile de fouiller les textes anciens pour déceler leur présence. Il suffit pour cela de se rendre dans la banlieue zurichoise. En effet, durant près de 20 ans, le pasteur réformé Peter Schulthess a publié une étrange annonce dans les journaux locaux. Il recherchait des témoignages de personnes ayant rencontré un ange. Opérations de sauvetage, visions d’ailes déployées ou encore avertissements, il raconte ce que des témoins lui ont rapporté dans Wie Engel begleiten 1 [ndlr. comment les anges nous accompagnent] et se forge, par la même occasion, la conviction que ces émissaires célestes existent bel et bien. « Ce qui est frappant, c’est que, dans tous les cas, la vie de mes témoins s’en est trouvée bouleversée. La rencontre avec un ange marque toujours une rupture. »

« La mission principale des anges est de nous mettre en contact avec notre source, notre origine, Dieu » et il n’est même
« pas nécessaire d’avoir la foi » pour voir ces gardiens à plumes agir dans nos vies. « Tout le monde fait l’expérience de l’implication des anges, il est simplement question d’ouverture à l’interprétation d’une expérience. » Il ajoute encore : « Si quelqu’un pense que Dieu est toujours à ses côtés, il sera convaincu qu’il doit sa chance à Dieu et non au hasard. » Serait-ce à dire qu’à travers le hasard, ou même les anges, c’est Dieu qui veut passer incognito ?

Gueule d’ange

« Parfois, on ne sait pas si c’est Dieu ou un intermédiaire qui parle. Comme dans l’histoire du buisson ardent. […] L’ange se confond avec la voix divine », explique Thomas Römer. Pas si facile donc de le reconnaître. « On ne peut pas savoir si c’est un humain, un être entre les dieux et les hommes. » De quoi laisser les témoins d’EVNI (Etres Volants Non Identifiés), encore plus perplexes. D’ailleurs les protagonistes de la Bible ne parviennent à les identifier que « grâce aux mots que ceux-ci prononcent ». Toutefois, selon le théologien dominicain Adrian Schenker, les anges « autres que Dieu lui-même sous apparence humaine » sont des entités créées avec des fonctions bien définies. « Leur représentation reste globalement stable de l’Ancien au Nouveau Testament, avec un développement tardif des noms propres [ndrl. Gabriel, Michel, Raphaël]. » Quant à leur hiérarchisation dans l’organigramme céleste (VIe siècle), on la doit au Pseudo-Denys et au pape Grégoire le Grand. « En leur donnant des missions spécifiques, ils pouvaient ainsi montrer l’action multiple de Dieu par le ministère des anges sur la terre », pointe le dominicain. Ces êtres sont classés en triades, chacune composée de trois rangs et de trois créatures.

En simplifiant à l’extrême, on peut distinguer trois catégories d’anges : ceux qui travaillent, ceux qui combattent et ceux qui contemplent la face de Dieu. Tout en bas de cette échelle se trouvent les entités célestes entrant en contact avec les humains, basiquement, les Anges, le terme même, ángelos en grec signifiant « messager ». Viennent ensuite les Archanges, l’équivalent d’un conseil rapproché ; puis les Principautés, chargées de guider et inspirer les nations. Au second échelon, les Puissances, les Vertus et les Dominations, y sont répertoriées. Ces êtres-là, combattent les démons, transmettent les signes et miracles, ainsi que les commandements divins. En somme, toutes des créatures qui correspondent plus ou moins à l’idée que l’on peut se faire des anges. Par contre, au dernier niveau, le plus haut, se situent des entités dont les caractéristiques détonneraient sur les cartes de Noël. Ce dernier chœur est composé des Séraphins, Chérubins et des Trônes, dont la description laisse… pantois.

Doté de trois paires d’ailes (Es 6, 1-7 ; Ez 1, 11) couvertes d’innombrables yeux dans certaines descriptions (Ap 4, 6-8), la principale fonction du séraphin est de louer Dieu. Son nom dérive du verbe hébreu saraph, littéralement « brûlant ». Quant aux chérubins, rien à voir avec de petits enfants dodus pourvus d’ailes de moineaux. Il est plutôt question d’êtres possédant quatre visages, autant d’ailes et un corps couvert d’yeux (Ez 1, 10), dont la mission peut s’apparenter à une garde rapprochée. Enfin, les trônes sont des roues tournoyantes recouvertes d’yeux (Ez 10, 9-13) conduites par les séraphins et constituant le siège de Dieu.

Que retenir de ces détails hiérarchiques, descriptifs et nominatifs ? Emily, ma petite fille de six ans, ne s’en embarrasse guère.

La vérité sort de la bouche de nos chérubins

Sur le chemin de l’école, elle traînasse, regarde par-dessus son épaule, cherche quelque chose du regard. « C’est mon ange gardien. Il me surveille », lance-t-elle alors laconiquement. Un froncement de sourcils plus tard – les adultes ne comprennent définitivement rien, pense-t-elle sûrement – elle poursuit : « Ce matin, à la récréation, il me regardait jouer. Ensuite, il est venu s’asseoir à côté de moi au coin vétérinaire. » Cette explication ne souffre aucune contestation. Son regard – à l’image des milliers d’yeux du chérubin fixés sur vous – est capable, à lui seul, de vous couper les ailes. Tout d’un coup, Emily s’arrête, se déporte un peu sur le côté : « Pousse-toi, on va le laisser marcher devant nous »… C’est là que l’on comprend ce que signifie vraiment l’expression « un ange passe ».

1 Peter Schulthess, Wie Engel begleiten: Erfahrungen aus biblischer und heutiger Zeit, mosaicstones gmbh, 2009, 160 p. 

Ni prier, ni invoquer

« Au départ, les anges ne portaient pas de nom, justement pour réfréner l’envie de les prier. Ce qui ne peut être nommé ne peut être invoqué. Nos prières doivent aller à Dieu afin qu’il envoie ses anges pour nous », souligne le frère Adrian Schenker. D’ailleurs, la fête des Anges Gardiens (2 octobre) ne célèbre aucune de ces créatures nominativement, précise-t-il encore. Le New Age s’est réapproprié la figure de l’ange en la laïcisant. Appelés « esprit guide » ou « entité lumineuse », ces êtres deviennent tour à tour thérapeute et oracle, « ce qui sort clairement du cadre angélique chrétien », affirme Jean-Christophe Thibaut, prêtre du diocèse de Metz et spécialiste des courants ésotériques.

Nos anges gardiens (Matthieu 18, 10)

Statue d’un ange gardien dans l’ermitage de Longeborgne.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : Jean-Hugues Seppey

Fêtés le 29 septembre, les trois archanges, Michel (= « Qui est comme Dieu », en hébreu), Raphaël (= « Dieu guérit ») et Gabriel (= « Dieu est fort ») exercent la fonction principale des anges que dévoile leur nom même (angelos, messager).

Ils servent d’intermédiaires dynamiques entre Dieu et les êtres humains, ils leur apportent de grandes nouvelles, comme à Marie (Luc 1, 26-38), ils accompagnent leur chemin, comme celui de Tobit (livre de Tobie), et ils combattent au nom du Seigneur les anges déchus que sont les démons et Satan (Apocalypse 12).

Etres spirituels, ils passent leur ciel à chanter la louange divine, déjà selon l’Ancien Testament (Isaïe 6, 3) et jusqu’au Nouveau (Apocalypse 4, 8). Nous nous unissons à eux lors de chaque eucharistie en reprenant le cantique de la sainteté trinitaire (Sanctus). 

C’est pour cela que nos églises en sont remplies, tel l’ange gardien de l’autel principal dans la chapelle de l’ermitage de Longeborgne à Bramois, à côté et au-dessus de Sion. Allez-y en pèlerinage ! Les fidèles se sentent aussi stimulés dans leur louange terrestre, puisqu’elle est également céleste. De plus, ils veillent sur nos routes et sont dépêchés par le Très-Haut pour enlever les pierres qui pourraient obstruer nos cheminements et nous faire tomber (les « scandales », selon le sens étymologique du terme grec skandalon). 

Le Psaume dit aux complies avant le sommeil chaque dimanche soir nous rappelle cette vigilance du Maître de nos nuits : « Dieu a pour toi donné ordre à ses anges de te préserver en toutes tes voies. Sur leurs mains ils te porteront pour qu’aux cailloux ton pied ne heurte. » (Psaume 91(90), 11-12)

Jésus va même jusqu’à nous presser, dans le discours communautaire du 1er évangile (Matthieu 18), de prendre soin des faibles et des enfants, car ils bénéficient de la protection de leur « ange gardien » : « Abstenez-vous de mépriser un seul de ces petits car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux. » (Matthieu 18, 10)

La fête du 2 octobre nous invite donc à invoquer celui que le Seigneur a placé auprès de nous, à mettre un angelot auprès du lit des bambins et à ne pas laisser ainsi le New Age (Nouvel Age) et ses spéculations ésotériques récupérer loin de la foi chrétienne cette belle croyance biblique.


Les anges du Vatican

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican News

Anges gardiens

En 2015, à l’occasion de la mémoire liturgique des Anges gardiens, le pape François avait déclaré : « Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. » Et « c’est une réalité : les anges sont comme des ambassadeurs de Dieu avec nous », précise-t-il. Qui plus est, les anges sont « des amis qui seront avec nous au ciel », conclut-il, serein et confiant, par bonhomie respectant la piété populaire lorsque bienveillante.

Gardes suisses

Les anges, invisibles ? Pas tous ! Par métonymie, on parle, au Vatican, des Gardes suisses comme des « anges gardiens » du sanctuaire, non seulement les entrées dans la Cité, mais dans de nombreux couloirs des musées et autres bâtiments vaticans. Plus colorés que leurs homonymes célestes – incolores puisque spirituels –, ils n’en demeurent pas moins tout aussi discrets, voire efficaces, protégeant le Saint-Père des intrus mal intentionnés ou escortant l’armada de ses visiteurs de tout acabit.

Sages comme des anges ?

Benoît XVI, lors de l’ordination de six évêques en 2007, avait rappelé que les épiscopes de jadis étaient appelés « anges » de leurs Eglises locales, devant y porter Dieu et les hommes à Dieu – la mission double des anges… Mais c’est Léon XIII qui, à la suite d’une « écoute » d’un dialogue entre le Malin et l’Archange Michel, abasourdi par leurs propos sur la fin du monde, rédigea de sa plume (d’oie…) la « Prière à Saint Michel Archange » pour le combat contre le mal – une vignette saint-sulpicienne qu’on retrouve dans les fonds d’églises qui resservent l’antan comme encore pertinent… Sa lecture est laissée à votre discrétion tout angélique…

Prière et charité

Le deuxième livre des martyrs d’Israël rapporte que Judas Maccabée fit faire pour les morts un sacrifice expiatoire, afin qu’ils fussent absous de leur pêché.

Par Sœur Catherine Jerusalem
Photo : DR

Il y a 70 ans j’ai appris au catéchisme que l’Eglise triomphante désigne, dans la théologie chrétienne (particulièrement catholique), l’ensemble des saints et des bienheureux au ciel qui ont achevé leur vie terrestre. 

Elle se distingue de l’Eglise militante (sur terre) et de l’Eglise souffrante (au purgatoire).

Faisant partie de l’Eglise militante, nous sommes invités à prier pour les membres de l’Eglise souffrante, d’où la pratique d’offrir des intentions de prières, des messes pour les défunts, qu’on appelle aussi des « messes fondées ».

Le deuxième livre des Maccabées (12, 38-46) justifie la prière pour les morts. Ce texte, qualifié de « sainte et pieuse pensée », fonde la croyance en la résurrection et en l’efficacité de la prière pour purifier les défunts.

La voie de sagesse à suivre en ce domaine semble être celle de saint Grégoire : on ne saurait acheter le salut éternel en réglant des honoraires de messe, mais c’est un devoir de charité de ne pas laisser l’âme d’un chrétien, qui a quitté son enveloppe terrestre, dans la solitude spirituelle.

Les intentions de messe

Abram rencontre Melchisédech et lui donne le dixième de tout ce qu’il a pris lors de sa guerre contre Kedorlaomer.

C’est au sortir d’une messe dominicale qu’un paroissien m’a interpellé sur la tradition catholique des intentions de messe pour les défunts. Cela m’a poussé à approfondir cette coutume qui tend petit à petit à disparaître, parce que les jeunes générations ne fréquentant que rarement nos églises ne viennent pas, par conséquent, en réclamer aux officiants d’aujourd’hui.

Par Calixte Dubosson | Photos : Unsplash, DR

Un peu d’histoire

Curieusement, c’est dans l’Ancien Testament que l’on entend parler pour la première fois de cette pratique. En effet, le deuxième livre des martyrs d’Israël rapporte le fait que, lors d’une guerre, des soldats étaient morts. En relevant leurs corps pour les inhumer, on découvrit « sous la tunique de chacun des morts des objets consacrés aux idoles de Jamnia que la Loi interdit aux Juifs. Il fut ainsi évident pour tous que c’était là la raison pour laquelle ces soldats étaient tombés ». Leur chef, nommé Judas Maccabée, « ayant fait une collecte, envoya jusqu’à deux mille drachmes, à Jérusalem, afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement dans la pensée de la résurrection. Si, en effet, il n’avait pas espéré que les soldats tombés ressusciteraient, il eût été superflu et sot de prier pour les morts… Voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire afin qu’ils fussent absous de leur péché ». (2 M 12, 37-45)

On peut aussi voir l’intention de messe comme une action de grâce telle celle qu’accomplit Abraham en Genèse 14, 18-20 après être sorti vainqueur d’une guerre contre Kedorlaomer : « Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu Très-Haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram1 par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre et béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. »

Une purification nécessaire

Il n’est pas rare dans les faire-part de décès publiés dans nos journaux de lire des phrases comme : « Du haut du ciel, veille sur nous » ou bien : « Tu as gagné ta place au paradis. » « Il est allé rejoindre au ciel son épouse qu’il aimait tant. » « Et si un ange passe, pars avec lui » et encore : « Tu es mon berger, Ô Seigneur, rien ne saurait manquer où tu me conduis » et enfin : « J’étais dans la joie, alléluia, quand je suis parti pour la maison du Seigneur. » Sainte Thérèse de Lisieux ajoute : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. » 

Dans ces conditions, pourquoi prier encore pour les défunts que Dieu reçoit dans sa maison dès leur départ de ce monde ? Une des réponses se trouve dans l’Evangile. Jésus, dans sa controverse avec les pharisiens après la guérison d’un homme muet, leur déclare : « Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir. » (Mt 12, 32) On peut en conclure qu’il y aura des péchés qui seront pardonnés dans le monde à venir, après notre mort.

La prière pour les défunts implique donc l’existence d’un état de purification que l’Eglise qualifie du nom de purgatoire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état, une étape de purification. Il se base sur la conviction qu’il existe une solidarité mystique entre vivants et défunts. Nous ne faisons pas notre salut pour nous seuls, mais les uns pour les autres, car nous appartenons à un même corps dans lequel circule la grâce. « N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux », écrivait saint Jean Chrysostome au IVe siècle.

Le point de départ : l’Eucharistie

Pour comprendre l’Eucharistie (et en particulier, la tradition des intentions de messes), nous devons retourner au début. L’Eucharistie a été instituée à la Dernière Cène. Durant ce repas, Jésus prit du pain et déclara que c’était son corps. Il prit ensuite du vin et déclara que c’était son sang. Il commanda aussi à ses apôtres de « faire ceci en mémoire » de lui. Chaque messe est notre façon de demeurer fidèle à ce commandement. La messe est cependant beaucoup plus qu’une simple cérémonie de mémorial. Quand Jésus parla du pain, il déclara que c’était son corps « donné » pour nous. Lorsqu’il parla de son sang, il déclara qu’il le verserait pour nous comme le sang d’une Alliance nouvelle et éternelle. Ces paroles sont des références claires à ce qui devait lui arriver au cours des prochaines 24 heures, c’est-à-dire à sa mort sur la croix. L’Eucharistie ne peut donc être comprise séparément du sacrifice de Jésus sur cette croix.

La messe est beaucoup plus qu’une simple cérémonie de mémorial.

La lettre aux Hébreux consacre de longs passages expliquant comment l’offrande du sang de Jésus est l’ultime sacrifice qui met fin à tous les autres. De façon intéressante, cette lettre réfléchit aussi sur comment Jésus était/est une nouvelle sorte de prêtre, à la suite de l’ancien prêtre Melchisédech, qui vécut à l’époque d’Abraham. Quand Abraham rencontra Melchisédech, après avoir gagné une importante bataille, ce « prêtre du Dieu très haut » offrit un sacrifice d’action de grâce, utilisant du pain et du vin. Ce n’est pas par hasard que Jésus associa à sa propre mort ces éléments particuliers et cette association fait certainement ressortir encore plus clairement la nature sacrificielle de sa propre mort. Au chapitre 7, versets 26 à 27, la lettre aux Hébreux parle du Christ comme le grand prêtre par excellence : « C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. »

Pour les vivants

La coutume veut qu’à la messe, on prie en priorité pour les défunts. Mais sait-on qu’il existe quantité d’intentions pour les vivants ou pour des circonstances diverses ? Par exemple, pour le pape, pour les laïcs, pour les chrétiens persécutés, pour nos proches ou nos amis, pour les familles, etc. On peut aussi donner une messe pour les vocations sacerdotales, pour la paix et la justice, pour le pays et pour le monde. Il serait bien qu’à l’avenir, on en fasse mention dans nos intentions.

La coutume veut que, lorsque des fidèles demandent à un prêtre de célébrer une messe, ils accompagnent leur demande d’une offrande en argent. Si une somme d’argent est fournie au prêtre avec l’intention de messe, ce n’est pas pour la payer, car elle n’a pas de prix. Ou plutôt son prix est celui qu’a payé le Christ en se sacrifiant. On parle donc d’offrande. Elle était destinée aux besoins du prêtre, mais aujourd’hui, elle concerne presque exclusivement les besoins des pauvres d’ici et d’ailleurs.

1 Abram sera appelé Abraham à partir du chapitre 17 du livre de la Genèse.

Témoignages

Voici quelques témoignages de ceux pour qui la messe est indispensable :

« La messe est pour moi une occasion de recentrer ma vie sur ce qui est essentiel. Elle empêche aussi ceux et celles qui nous ont précédés auprès du Père de tomber dans l’oubli. C’est une façon de les garder vivants dans nos cœurs et de les savoir vivants auprès de Dieu. » Julien

« Maintenant que je suis maman, je retrouve le chemin de la messe en semaine. Cela m’a beaucoup manqué. C’est désormais le matin que j’y vais avec mon dernier qui me suit encore partout. Il y a essentiellement des cheveux blancs et des mamans. Nous sommes les « inutiles » de la société de production et de consommation, sortes de petites sentinelles invisibles. Mais nous avons, je le crois, l’une des plus belles parts. » Clémence

Pour donner une intention de messe, contactez le prêtre de votre paroisse par téléphone, mail, courrier ou en personne en précisant l’intention (personne, événement) et la date à laquelle vous voulez qu’elle soit célébrée. Vous pouvez aussi la mettre dans la boîte aux lettres de la cure. Accompagnez votre demande d’une offrande de Fr. 10.– pour soutenir les demandes d’aide.

Le sang versé pour la multitude (Matthieu 26, 26-29)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : pixabay

C’est toujours pour l’ensemble de l’humanité, aujourd’hui et à travers tous les siècles, qu’une eucharistie est célébrée. Le sacrement revêt une portée vraiment universelle.

Dans le récit de l’institution selon le premier évangile (Matthieu 26, 26-29), Jésus prend le pain, le bénit, le rompt et le partage en s’identifiant à lui dans son corps. Puis il fait de même pour le vin en parlant du sang de l’Alliance nouvelle « répandu pour la multitude en rémission des péchés ».

Ainsi donc, lorsqu’il désigne les destinataires de cette offrande de lui-même, il englobe les êtres humains de toutes les générations : personne n’en est exclu. La remise des fautes ne connaît pas de limite ni de temps ni d’espace puisque le Christ s’est uni à tout homme et toute femme par la grâce de son incarnation, de son parcours de vie terrestre, de sa mort sur la croix et de sa Résurrection.

Quel sens cela a-t-il donc de formuler une « intention de messe » pour telle personne donnée ? C’est, d’une part, se focaliser sur l’effet salvifique et libérateur du don total de Jésus-Christ pour cet être précis et exprimer que l’amour infini du Seigneur l’enserre dans sa bienveillance.

C’est ensuite permettre à ses proches de manifester leur proximité particulière avec leur défunt en inscrivant en quelque sorte son nom sur les paumes des mains et dans le cœur de Dieu.

C’est également fournir l’occasion à la globalité de la communauté de faire mémoire de la personne décédée, de rendre grâce pour ce qu’elle a réalisé et la recommander à la tendresse du Père.

C’est aussi entretenir activement la foi en la communion des saint(e)s proclamée par le Credo, les vivants et les morts, de manière à ce qu’en Jésus se vive la plus intense des solidarités que rien ne peut arrêter.

C’est enfin donner un moyen concret et efficace de faciliter le chemin de deuil pour tous ceux et celles qui ont connu le défunt et baliser la prise de congé d’avec sa présence terrestre comme autant de petits cailloux semés sur son chemin vers la vie éternelle.

Parler d’une « intention », c’est manifester l’orientation conférée à l’acte d’offrande de la célébration et la confier totalement à la bonté divine qui seule en connaît la portée.

«Gratitude ou intérêt?»

Lors de la récente messe à Saurimo, Léon soulignait notamment que le Seigneur nous demande « si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt ».

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican News

Le saviez-vous ? Le Pape, qui célèbre quantité de messes, n’y applique jamais une intention tarifiée, comme ce numéro de L’Essentiel le thématise dans son Eclairage. Imaginez la cohue pour glisser le nom d’un proche, défunt ou malade, dans la poche du Pontife pour qu’il le « post-it » sur le maître-autel de Saint-Pierre !

Avec la bigoterie frisant l’indécence mercantile, qui pourrait s’y attacher ? Ce à quoi d’ailleurs Léon XIV vient de répondre lors de la messe à Saurimo (20 avril 2026) pendant son périple africain : « Le Seigneur […] nous demande si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt, par calcul ou par amour. […] La foule voit Jésus comme un instrument au service d’autre chose, un prestataire de services. S’il ne leur donnait pas à manger, ses gestes et ses enseignements ne les intéresseraient pas. Cela se produit lorsque la foi authentique est remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin et tant que l’on en a besoin. [La foule] ne cherche pas un maître à aimer, mais un chef à vénérer pour son propre intérêt. »

Intentions de prière

Par contre, en 1844 déjà, un réseau de prière appelé Apostolat de la prière, qui aujourd’hui est présent dans 92 pays, compte 22 millions de participant.e.s catholiques. Que font-ils ? Au gré des mois et des années, les fidèles prient « aux intentions du Pape ».

Du coup, chaque année sont publiés non seulement les thèmes mensuels, mais également une vidéo de quelques minutes avec le Pape lui-même qui est mis en scène et / ou parle lui-même succinctement sur le thème retenu.

Une application « Click to pray » est disponible et le site est accessible en diverses langues : https://www.prieredupapefrance.net/ 

Et c’est gratuit !

«Toute véritable vie est rencontre» 

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Noemi Honegger-Willauer, représentante de l’évêque pour la pastorale de la santé du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.

Par Noemi Honegger-Willauer
Photo : DR

Le philosophe Martin Buber a formulé cette phrase célèbre : « Toute vie véritable est rencontre. » Cette idée s’accompagne de la conviction que les êtres humains ne peuvent développer leur identité qu’au contact des autres. 

C’est dans des rencontres authentiques qu’une personne devient elle-même. La pensée de Buber fait écho à mon expérience d’accompagnante spirituelle. Mon quotidien est marqué par les rencontres. Des rencontres courtes avec une profondeur parfois surprenante. Des rencontres longues et touchantes. Des rencontres régulières au fil des mois, voire des années, pendant lesquelles les personnes suivies subissent des thérapies et des traitements intensifs. 

Ces rencontres ne témoignent pas seulement de la fragilité et de la vulnérabilité de l’être humain, mais aussi souvent de vies intensément vécues : de moments de bonheur, de ruptures difficiles à surmonter, d’opportunités manquées et de déceptions, mais aussi de rêves réalisés. 

Au cours des échanges, les souvenirs sont réinterprétés et compris à la lumière de la biographie personnelle : le patient ou la patiente se découvre de manière nouvelle et inattendue. Et cela vaut aussi pour moi. Les rencontres à l’hôpital me touchent et me transforment.

Identifier craintes et espoirs

En tant qu’accompagnants spirituels en milieu de santé, nous sommes présents pour toute personne qui le souhaite, indépendamment de sa religion ou de ses convictions. Sans porter de jugement, notre accompagnement vise à ce que la personne suivie identifie ses émotions, ses craintes et ses espoirs ainsi que ses valeurs. 

Ensemble, nous essayons de trouver des mots pour exprimer le vécu et de le mettre en relation avec le parcours de vie personnel. A la lumière de nos échanges, nous encourageons les patients à communiquer leur point de vue et leurs attentes auprès de l’équipe soignante. 

Dans toutes ces démarches, nous gardons toujours à l’esprit l’autonomie du patient que nous souhaitons renforcer par notre accompagnement. Nous contribuons ainsi à un système de santé qui place l’être humain, les rencontres et donc la vie au centre.

Jeunes, humour et mot de la Bible – juillet-août 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Avoir du charisme

Du grec Kharisma, « don gracieux ». Il s’agit d’un don spirituel, le don de prophétie comme le don de guérison sont des charismes. Nous trouvons un énoncé des principaux charismes dans les deux Epîtres de saint Paul aux Corinthiens. Ces dons sont accordés par l’Esprit Saint. Tout don est un charisme. Les prophètes de l’Ancien Testament, Jésus chassant les démons, les apôtres se mettant à parler en différentes langues le jour de la Pentecôte sont des personnages charismatiques. Directement lié à la Bible, le mot charisme n’est entré dans le langage courant qu’au début du XXe siècle. Aujourd’hui, il est surtout utilisé pour signifier l’influence suscitée par une personnalité d’exception.

Par Véronique Benz

Humour

Dans un pays où sévissait une terrible sécheresse, des paroissiens allèrent trouver le curé pour lui demander de célébrer une messe pour que le Seigneur fasse pleuvoir sur leurs terres desséchées. Le curé leur répondit que la liturgie a prévu ce genre d’intention et fixa avec eux l’heure et la date. Le jour venu, l’église était bondée. Du haut de sa chaire, le prêtre posa cette question à l’assemblée : « Frères et sœurs, avez-vous la foi ? » Un grand oui s’éleva de toutes les lèvres des fidèles. Le curé reprit : « Eh bien, moi, je n’en suis pas si sûr ! En effet, je m’aperçois que personne d’entre vous n’est venu avec son parapluie ! »

Par Calixte Dubosson

Réveiller la relation au Christ

Le Pape invitait, en avril dernier, à redécouvrir la vocation comme une expérience enracinée dans la rencontre personnelle avec Dieu. A cet effet, le Centre Romand des Vocations (CRV) lance un cycle de prière pour les vocations presbytérales et religieuses, afin de « préparer les cœurs à répondre généreusement à son appel ». Rencontre avec la coordinatrice du CRV, Mathilde Celeyron.

Depuis février 2025, Mathilde Celeyron est coordinatrice au CRV.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Le Pape parle de la vocation comme « un don reçu qui doit se nourrir de la relation quotidienne avec Dieu ». Ce déclin n’est-il pas d’abord lié à une crise de la transmission de la foi ?
Il y a peut-être des choses à revoir dans notre manière de transmettre la foi, mais je pense surtout que nous n’osons plus interpeller les jeunes sur ce à quoi ils sont appelés. De plus, il y a une vraie incapacité contemporaine à « s’arrêter » et à accepter l’inactivité. Or, le Pape insiste sur la relation au Seigneur, le silence et l’écoute de la Parole de Dieu pour découvrir quelle est cette vocation. Un retour à cette possibilité de s’arrêter et de prier me semble plus que nécessaire.

Cette crise ne montre-t-elle pas aussi un « vide » dans notre compréhension de ce qu’est – et de ce que veut être – l’Eglise aujourd’hui ?
Nous sommes dans une génération où les jeunes ont soif et cherchent des réponses. Ils reviennent toquer à la porte de l’église. Sommes-nous, en tant qu’Eglise, prêts à leur donner les réponses qu’ils cherchent ? En effet, l’Eglise a peut-être besoin de dire plus clairement ce à quoi nous sommes appelés [ndlr. la sainteté]. Ainsi, les catholiques n’auraient plus « peur » de dire ce qu’ils sont.

Depuis Vatican II, toutes les vocations ont la même dignité. Or, dans les faits, une hiérarchisation demeure.
De mon côté, je ne pose pas le même constat. Je remarque plutôt l’inverse, où toutes les vocations ont subi un effet de lissage, alors que chacune garde sa spécificité. Hiérarchisation, non, mais pas d’excès inverse non plus. Cela ne doit pas conduire à « rabaisser » le prêtre, dont l’appel à célébrer la messe et à dispenser les sacrements demeure irremplaçable.

D’ailleurs, beaucoup de laïcs en Eglise se plaignent du manque de reconnaissance et de moyens.
Il ne faut pas nier la réalité de ce sentiment et en faire quelque chose par le dialogue et la revalorisation mutuelle. Toutefois, le pape François a rappelé la pleine place des laïcs en Eglise dans un travail de collaboration, mais avec des rôles différenciés issus d’appels distincts.

Ne serait-ce pas aussi un moment opportun de redéfinition structurelle… voire théologique ?
En temps de crise, nous sommes tous tentés de faire table rase pour recommencer. Même si c’est difficile, dans notre volonté de contrôler, je plaide pour un acte d’abandon. Le but de la prière est aussi de revenir à cet essentiel : la totale confiance en Dieu.

Remettre la prière au centre

Entre la Journée Mondiale des Vocations 2026 et celle de 2027, le Centre Romand des Vocations (CRV) lance une année de prière dédiée aux vocations presbytérales et religieuses. Celle-ci s’inscrit dans un cycle de quatre ans couvrant l’ensemble des vocations. Le projet veut replacer la prière – personnelle et communautaire – au cœur de la vie des fidèles et des jeunes, afin qu’ils retrouvent la relation au Christ et osent se poser la question de leur appel. Pour concrétiser cette démarche, le CRV propose des vidéos, publiées sur les réseaux sociaux, afin de nourrir la réflexion et le discernement, une chaîne de prière portée par plusieurs communautés religieuses de Suisse romande et un pèlerinage entre l’Abbaye d’Hauterive et Notre-Dame de Bourguillon. Le CRV propose aussi toute une série de camps pour les jeunes (Camps Voc’). Plus d’informations sur : www.vocations.ch

Bio express

Originaire de la région parisienne, Mathilde Celeyron a effectué des études de psychologie et philosophie à l’Institut de Philosophie Comparée (IPC), puis un master en communication à Angers. En 2022, elle s’installe à Fribourg avec son mari. Trois enfants viennent agrandir la famille. Entretemps, la trentenaire est gagnée par l’envie de s’engager pour les autres et en Eglise, elle rejoint bénévolement l’association Lazare, puis accepte de devenir référente suisse pour les Associations Familiales Catholiques (AFC). Deux fonctions qu’elle occupera jusqu’à sa nomination, début février 2025, en tant que coordinatrice du CRV. Elle partage cet engagement professionnel avec un emploi à l’Institut Philanthropos.

Saint Augustin

Dans sa jeunesse, bien avant de devenir saint, Augustin s’est égaré sur des chemins erronés sur le plan idéologique et moral.

Par Paul Martone | Photo : wikipédia

Saint Augustin compte parmi les plus grands docteurs de l’Eglise chrétienne. 

Il est né en 354 à Tagaste (Afrique du Nord), sans être encore saint. Son père était fonctionnaire municipal, sa mère était sainte Monique. Cependant, au cours de sa formation, Augustin s’égara sur des chemins erronés sur le plan idéologique et moral. Jusqu’en 384, il a entretenu une relation amoureuse dont est né un fils qu’il a appelé « Adeodatus ». Etudiant, Augustin a adhéré au manichéisme. Ce mouvement religieux conçoit le monde comme une lutte entre deux principes éternels : la lumière et les ténèbres ou le bien et le mal. Après avoir terminé ses études, Augustin enseigna à Tagaste et à Carthage, puis fut professeur de rhétorique à Milan. C’est grâce aux épîtres de saint Paul et surtout aux sermons de l’évêque de Milan, saint Ambroise, qu’il trouva le chemin du christianisme. Dans un jardin de Milan, il entendit une voix qu’il interpréta comme la voix de Dieu. Elle lui dit : « Prends et lis ! » Augustin se plongea alors dans l’étude de la Bible et se fit baptiser avec son fils lors de la veillée pascale de 387. 

Quelques mois plus tard, il quitta Milan pour retourner dans sa patrie africaine. Augustin devint prêtre et évêque d’Hippone, qui était alors la deuxième ville la plus importante d’Afrique. C’est là qu’il devint un grand prédicateur à l’éloquence remarquable et un éminent auteur théologique. Il prit une part active à tous les grands conflits qui secouèrent l’Eglise d’Afrique du Nord. Parallèlement, il produisit une œuvre philosophique et théologique colossale, grâce à laquelle il influença la théologie pendant des siècles. Son autobiographie compte parmi les textes les plus influents de la littérature universelle. Il mourut le 28 août 430 et fut proclamé docteur de l’Eglise en 1294. 

Bon nombre de ses citations restent d’actualité aujourd’hui encore :
« Dieu entend mieux un sanglot qu’un appel. »
« La vie des parents est le livre que lisent les enfants. »
« Vous dites que nous vivons une époque difficile et misérable. Vivez bien, car c’est en menant une vie vertueuse que vous changerez le cours des choses. »

Le son

Par Pierre Guillemin | Photo : Unsplash

L’ouïe est l’un de nos cinq sens (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher). Entendre suppose qu’il y ait du son dans notre environnement. 

Dans les Ecritures, le son est très présent, il symbolise la création, la présence divine, l’appel, la transformation, le jugement, l’harmonie, la révélation. Le son devient ainsi une passerelle entre matière et esprit, visible et invisible, humain et divin.

Pour la Physique, le son est une vibration mécanique qui se propage dans un milieu matériel comme l’air (plus généralement un gaz), l’eau ou les solides ; si ce milieu matériel est absent, il n’y aura pas de son : entre les planètes et les étoiles, la densité de particules est si faible que les vibrations sonores ne peuvent pratiquement pas circuler. Contrairement aux scènes de science-fiction, une explosion dans l’espace serait visuellement spectaculaire, mais silencieuse pour une oreille humaine. Le son naît lorsqu’un objet entre en vibration : une corde de guitare, une membrane, les cordes vocales ou même les plaques tectoniques. Ces vibrations déplacent les particules du milieu environnant sous forme d’ondes successives de compression et de dilatation. Plus le milieu dans lequel la vibration est générée est dense, plus rapide sera la vitesse de propagation du son (343 m/s dans l’air à 20° C, dans l’eau 1480 m/s, dans l’acier 5900 m/s, dans le vide 0 m/s). 

Notre cerveau interprète ces vibrations grâce à un mécanisme complexe. Les ondes sonores pénètrent dans l’oreille, font vibrer le tympan puis sont transformées en signaux nerveux transmis au cerveau. Celui-ci analyse alors la hauteur, la distance et l’origine des sons et induit alors une réaction de notre corps.

Le son joue un rôle fondamental dans la communication, la musique et la perception de l’espace. Scientifiquement, il révèle aussi la structure du monde invisible : les ultrasons explorent le corps humain, les ondes sismiques étudient l’intérieur de la Terre et les vibrations cosmiques permettent d’observer l’univers. 

Ce rôle fondamental du son nous explique pourquoi il est si présent dans les Ecritures et possède tant de signification symbolique. Jean-Marie Pelt aimait le son, le bruit de la nature : dans son livre Les langages secrets de la nature, il nous expliquait que les sons naturels comme le chant des oiseaux, le meuglement d’une vache, le bruit d’une rivière, le bruit du vent dans un arbre par exemple, constituent une forme d’équilibre vivant qu’il faut absolument protéger.

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