Etienne Klein

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Dans son émission radiophonique sur France Culture intitulée « La Conversation scientifique » (précédemment « Sciences en question »), Etienne Klein, ingénieur, physicien, docteur en philosophie des sciences, directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du Commissariat à l’Energie Atomique, nous fait part de ses questions sur la physique et de ses relations avec nos vies matérielles et spirituelles. Ses chroniques radiophoniques récentes : « L’autre temps des femmes », « Ne pensons-nous qu’avec nos têtes ? », « Naissance, vie et mort des glaciers », « Quels sont les ressorts de nos croyances ? » sont très révélatrices de sa pensée et de ses questionnements.

Interrogé à propos du célèbre livre « Dieu, la science, les preuves » de M.-Y. Bolloré et O. Bannassies publié en 2021, il répond : « Prétendre prouver scientifiquement l’existence de Dieu, c’est faire preuve d’une certaine naïveté. D’abord à l’égard de l’idée de Dieu, car si celui-ci devenait l’aboutissement d’une démarche scientifique, c’est-à-dire s’il était le résultat positif d’une enquête rationnelle menée par la communauté des chercheurs, son prestige se verrait sérieusement rabougri : il n’aurait plus que le statut d’une connaissance. »

Ne pas confondre les registres

Ces propos sont éclairés par Alain Viret (théologien formateur du Centre Catholique Romand de Formation en Eglise, aujourd’hui à la retraite) qui nous rappelle : « Les découvertes de l’existence du Big Bang initial restent des modèles se heurtant de toute façon à une limite qui est actuellement celle du mur de Planck (nous en parlerons dans une prochaine chronique) empêchant de remonter jusqu’à l’instant initial. Confondre les deux registres de pensée de la science et de la foi est aussi absurde que de les opposer. Dieu ne peut se réduire à une équation ou à une cause première. Le respecter est un premier pas vers une connaissance juste et vraie de l’Etre. »

Rappelons-nous de ce qu’écrivait Galilée : « L’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel. »

La Bible au quotidien: changeons nos pensées!

Par Nathalie Angellini-Traeger
Photo : LDD

En cette saison de rentrée scolaire, période souvent associée au renouveau, à l’espoir, mais aussi au stress et à la culpabilité de ne jamais faire ou n’être pas assez bien, j’ai à coeur de partager avec vous quelques versets de Philippiens 4 :

4 « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. 

5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. 

6 Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. 

7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ. 

8 Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. 

9 Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous. »

12 « Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. 

13 Je puis tout par celui qui me fortifie. » 

Vivre dans le mécontentement, en pensant à tout ce qui ne va pas, ne va pas changer notre vie pour le meilleur. Pour vivre une vie épanouie, nous devons changer nos pensées. Une manière de penser renouvelée est essentielle pour changer et la Bible nous donne de nombreux passages avec ce qui devrait occuper nos pensées.

Nous le savons tous, le combat se passe dans les pires moments, alors, lorsque vous vous levez chaque matin, saisissez une vérité positive des Ecritures et concentrez-vous dessus. Laissez la Parole de Dieu grandir en vous et transformer votre esprit. Fixez vos pensées sur des choses positives et jouissez des changements divins que cela va produire en vous.

Alors en cette rentrée, demandons au Christ de nous aider à penser qu’à ce qui est vrai, honorable, rempli d’amour, pur, bon, plein de grâce et vertueux, à toutes choses qui viennent de lui. Soyons pleinement comblés par le Saint-Esprit qui nous aide à vivre selon les pensées du Christ.

C’est quoi, mon Eglise?

Faire Eglise hors église. Confirmands dans la cathédrale de Mère Nature.

Par Laurent Ciesielski 
Photo : Astrid Belperroud

Le dernier week-end de juin : deux messes, la première, célébrée pour notre unité pastorale, où sur la photo dominent les têtes blanches. La deuxième, à Saint-Paul, au cours de laquelle l’évêque administre le sacrement de confirmation, sur la photo une église bondée et de nombreux visages jeunes, de jeunes gens qui déclarent leur : me voici.

Deux situations différentes, la même Eglise, la même Cène du Seigneur. Le même moment où se réalise notre salut. Au cours du repas, Jésus prit le pain et le donna à ses disciples. N’oublions pas que le moment le plus important pour un chrétien se passe lors d’un repas, dans un acte ordinaire comme manger. Nous rajeunirons l’Eglise si nous écoutons Jésus et à sa demande nous passons sur l’autre rive, si nous sommes prêts aux changements, à la nouveauté, à l’inconnu, avec une pleine confiance en Jésus, qui nous demande de changer d’orientation, de direction. Plus de paroisse, ma préférée, petite, avec mon curé, mais une unité pastorale plus grande, ouverte. Il faut monter dans le bateau et partir, découvrir du nouveau, en ayant confiance, à la demande de Jésus.

Parfois, à la messe, nous sommes une petite poignée de fidèles. Mais juste à côté, près de la grotte de Notre-Dame, quelqu’un veille en permanence, quelqu’un passe et s’arrête pour prier. Et ils sont de tout âge, vieux et jeunes, enfants avec leurs parents. Peut-être que l’Eglise n’est pas uniquement présente dans la sacristie mais aussi dans d’autres endroits, qu’il faudrait reconnaître comme de nouveaux lieux de rencontre : sur un bateau amarré aux Eaux-Vives, lors d’une expédition en montagne, en jouant à des jeux lors des soirées d’automne, en écoutant vraiment les jeunes qui posent des questions, même si je n’ai pas toutes les réponses.

Il ne faut pas s’inquiéter à l’avance, Jésus est avec nous sur le bateau, qui semble couler à cause de la tempête, mais c’est Lui qui peut ordonner au vent et à la mer : « Silence, tais-toi ! Pourquoi avez-vous peur, n’avez-vous pas de foi ? » Il est difficile de rajeunir l’Eglise sans foi.

Et encore une chose : nous sommes tous baptisés, donc chacune et chacun de nous est appelé à la mission sacerdotale, prophétique et royale. Peut-être vaut-il la peine de se demander si je réalise bien cette mission, en m’engageant dans la vie sociale, sans attendre et se plaindre qu’il n’y a pas de prêtre, et que dans l’église il n’y a que des têtes blanches…

La médaille de saint Christophe

L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille de saint Christophe. Patron des voyageurs, son nom signifie le « porte Christ ». Sa médaille nous invite à porter notre croix avec humilité et courage.

Par Pascal Ortelli | Photos: DR, Musée byzantin et chrétien d’Athènes

Semi-retraite pour la doyenne de l’équipe pastorale

L’animation de célébrations : une tâche qu’elle affectionne.

C’est ce que l’on peut appeler fort justement un événement dans la vie d’une paroisse : Mireille Duc dit « au revoir » à l’équipe pastorale après… quasiment un demi-siècle d’un engagement ininterrompu. Une page se tourne pour le secteur Est, tant elle était un pilier de la vie pastorale pour toute cette partie de la paroisse.

Mireille Duc : un regard toujours porté vers l’action.

Par Claude Jenny
Photos : Francis Roulin, Georges Losey, Anne-Lise Brügger, Claude Jenny

Mais que l’on rassure ! Mireille est en pleine forme. Toujours aussi pimpante. Toujours aussi énergique. Et toujours cette envie d’être active. Mais, l’âge avançant, « il faut laisser la place » dit-elle avec philosophie, non sans une pointe de nostalgie dans la voix.  Il faut dire que la jeune septuagénaire peut afficher un parcours pastoral plutôt rarissime, puisque ses premiers engagements en Eglise remontent… à son enfance… 

Le chapelet à 8 ans

Elle raconte : « Je suis née à Autavaux, village qui faisait partie de la paroisse de Forel-Les Planches. C’est dans cette bourgade que j’ai vécu mon premier engagement d’Eglise. Comme il n’y avait pas de lieu de culte à Autavaux, mon papa, instituteur, en accord avec le prêtre, organisait la récitation du chapelet et avait confié à ma sœur et moi la conduite de la prière. » Elle se souvient ; elle avait 8 ans…

« Les enfants me portent »

Et la suite ne fut qu’enchaînement de services tous azimuts ! Arrivée par mariage à Estavayer, elle fut sollicitée pour donner « le caté ». Suite à son déménagement à Forel, elle voulut continuer, mais le curé du coin à l’époque refusa… dans un premier temps. Avant de se raviser et de s’excuser… Et depuis, elle n’a pas arrêté ! Et continuera à le faire quelques heures par semaine « car les enfants me portent. Il faut juste savoir les écouter ». Elle a sa technique pour enseigner le caté et il semble bien que ça marche !

Mais Mireille Duc, c’est aussi un engagement qui a revêtu moult formes. Et notamment l’accompagnement du prêtre lors de centaines de cérémonies. Les paroissiens et paroissiennes de Notre-Dame des Flots devront s’y faire : elle ne sera plus toujours présente pour assurer les lectures, la prière universelle, etc. Et combien de cérémonies a-t-elle préparé et conduites en l’absence de prêtre : des liturgies de la Parole et des célébrations de funérailles ? Elle est dans l’impossibilité d’articuler un chiffre ! « Je suis souvent sollicitée par des familles lors d’un décès et je continuerai à dire oui ponctuellement » dit-elle.

Avec de nombreux curés

Si elle répond toujours présent pour accompagner des familles dans le deuil, elle a aussi affectionné préparer les enfants en vue de la première communion. Un rôle qu’elle a longtemps assumé avec sa complice de toujours, Anne-Lise Brügger. C’est ensemble qu’elles ont effectué le parcours Galilée, il y a un quart de siècle.

Mireille Duc a connu et œuvré avec de nombreux curés, avant et après la fusion des paroisses ! Elle garde de bons souvenirs de chacun et a su chaque fois s’adapter à leurs habitudes. Elle en parle avec affection. Avec ceux qui sont encore en vie, elle a d’ailleurs gardé de nombreux contacts. Si la désaffection des églises l’affecte évidemment – « nombre de parents ne vont plus à la messe, donc les enfants non plus » – elle fait un constat qui n’entame pas son besoin de servir une Eglise qui n’est plus celle de hier. Il n’y a aucune aigreur dans son propos. Juste l’envie de continuer à transmettre ! Avec toujours le même enthousiasme !

Toujours au Conseil de paroisse

Si Mireille Duc quitte l’équipe pastorale, elle conserve par contre son mandat de membre du Conseil de paroisse. Elle continuera donc à représenter son secteur dans l’organe exécutif de la paroisse. Tout comme elle restera catéchiste. Tout comme…

Avec sa complice de toujours, Anne-Lise Brügger.
Un voyage qui l’a marquée au Rwanda. Peut-être y retournera-t-elle.

Notre jeunesse au service!

Par Thierry Schelling
Photos : Astrid Belperroud

Nos jeunes qui cheminent vers la confirmation sont au service de nos communautés paroissiales, des EMS, de leurs contemporains, de leur âme et corps (retraite au Simplon pour nos confirmands prévue les 5-7 septembre sous la houlette d’Astrid, de Laurent et du Père Karol). La diaconie est LA forme de catéchèse qui leur correspond bien, tout en ayant un apport sur le Credo et sur saint Paul. Et l’Evangile dans la poche à tout bout d’échanges !

Leur confirmation est prévue en deux temps, le samedi 9 no-vembre (18h) et le dimanche 10 novembre (10h30) avec les abbés Pascal Desthieux et… moi-même, comme délégués par notre évêque.

En librairie – septembre 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

La grâce de la vieillesse
Pape François

Dans ce livre, qui rassemble l’intégrale de ses catéchèses sur la vieillesse, le pape François propose à tous, et particulièrement aux « anciens », une méditation originale et remplie d’espérance sur le grand âge de la vie, la grâce du temps qui passe, l’importance de la transmission et du lien entre les générations. Un magnifique enseignement sur le sens et la valeur de la vieillesse, qui montre combien nos aînés comptent aux yeux de Dieu et jouent un rôle irremplaçable dans notre société, particulièrement auprès des plus jeunes.

Editions Mame

Acheter pour 24.00 CHF

Les grands-parents, trésors irremplaçables
Guy Gilbert

Prêtre-éducateur depuis plus de cinquante ans, celui qui proclame que « la rue est son Eglise » aide des jeunes en perdition. Dans ce livre, il met en lumière la joie et l’utilité qu’il y a à être grands-parents dans la société actuelle. Il explique que ces personnes sont en pleine forme, pouvant ainsi mettre leur énergie au service de leurs petits-enfants et qu’elles ont tout le loisir de raconter l’histoire des familles ou des villages tout en prêtant une oreille attentive à leurs petits-enfants.

Editions Philippe Rey

Acheter pour 12.10 CHF

Dietrich Bonhœffer
Molly Frye Wilmington – Marcin Piwowarski

L’histoire d’un héros ne comprend pas toujours une guerre mondiale, un ennemi cruel, des missions secrètes audacieuses et un code caché que vous devez découvrir. C’est pourtant le cas de l’histoire de Dietrich Bonhœffer. Dans ce livre unique, Bobby le petit chien de berger raconte l’histoire puissante d’un homme qui a courageusement suivi Jésus pendant une période sombre de l’histoire du monde. L’histoire de Dietrich Bonhœffer aide les enfants à comprendre la foi, la persévérance et la souffrance. Les lecteurs seront encouragés, comme lui, à profiter de la vie dans les bons moments et « tenir ferme » dans les moments les plus difficiles.

Editions Bibli’o

Acheter pour 13.80 CHF

La retraite, un temps à savourer
Mouvement chrétien des retraités

Un guide pratique avec des réflexions de fond pour donner du sens à sa retraite et en déployer les richesses. Un livre écrit par le Mouvement chrétien des retraités, à lire juste avant ou après le départ à la retraite pour réfléchir aux enjeux humains, relationnels et spirituels de cette étape de vie, y trouver de nouvelles formes de fécondité. Anticiper sa retraite, réfléchir à son projet. Savoir faire le deuil d’une période professionnelle qui se termine. Apprécier d’une nouvelle manière ce qui continue (vie conjugale, familiale, amicale, sociale).

Editions Mame

Acheter pour 27.60 CHF

Pour commander

Bonne retraite Jean-Pierre!

Venu prêter main-forte à notre équipe pastorale ces deux dernières années, le diacre Jean-Pierre Cantin s’en va à la retraite !

Par Claude Jenny | Photo : André Bise

Celui qui a très longtemps œuvré comme diacre au sein de l’UP Notre-Dame de Tours est arrivé dans notre paroisse à temps partiel à l’automne 2022. Il a assuré le bon déroulement du parcours de confirmation durant l’année pastorale 2022-2023, après quoi il a passé le flambeau à une équipe de jeunes autour de Cédric Chanez. 

Catéchiste durant 35 ans !

Durant sa deuxième année d’activité dans notre paroisse, outre diverses célébrations, il a aussi assuré le caté dans deux classes de l’école de Châbles. Un enseignement dont il est devenu expert puisqu’il aura été catéchiste durant 35 ans !

« C’est le bon moment pour me retirer, tout en restant à disposition si besoin » nous dit Jean-Pierre Cantin, un diacre qui a longtemps concilié son engagement pastoral avec sa profession d’enseignant et de doyen de l’Ecole professionnelle de Bulle.  « J’ai beaucoup apprécié d’œuvrer ces deux dernières années au service de la paroisse Saint-Laurent Estavayer. J’en garderai un souvenir très positif » confie-t-il. Aujourd’hui, à 68 ans, l’habitant de Domdidier aspire à davantage de temps libre pour sa famille et ses loisirs. Il continuera à s’impliquer dans le comité de la Fondation de Notre-Dame de Tours et dans le comité des Amis du monastère des dominicaines. Féru de marche, il repartira peut-être sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur lequel il a cheminé à plusieurs reprises.

Merci et bonne retraite Jean-Pierre ! La paroisse prendra congé de lui lors de la messe de lancement de l’année pastorale le 22 septembre à Bussy.

Une proposition…

… pour prendre soin de la création et de sa spiritualité

Journée éco-spiritualité 2024

Avec William Clapier, auteur, conférencier et théologien. 

Né à la foi chrétienne au contact des spiritualités orientales, notamment de la pratique de la méditation zen, il a approfondi dans une vie religieuse l’oraison carmélitaine ou prière silencieuse. Suite à un accident et à un long séjour en milieu médical (2016-2019), il communique le fruit de son expérience spirituelle dans « Quelle spiritualité pour le XXIe siècle ? Au fil d’une vie » (2018).

Son essai « Effondrements ou révolution ? Un appel au sursaut spirituel » (2020), aborde la crise écologique planétaire à partir de ses racines éthiques et spirituelles. A l’écoute de notre monde en mutation (voir son dernier essai « L’Esprit, ce grand oublié » (2021)), son engagement est à la croisée de la foi chrétienne, de la quête de sens et des défis sociétaux actuels.

Le samedi 14 septembre de 10h à 12h, conférence de William Clapier, suivie d’un repas pris en commun (Fr. 10.– / personne. Chacun apporte assiette, couverts et verre). Dès 13h15, des temps d’ateliers seront proposés (s’engager à partir de son bilan carbone ; le soin pour la Création en paroisse ; fabrication de savons ; et encore d’autres en préparation). La journée se clôturera vers 16h.

Informations et inscriptions sur https://epg.ch/pages/journee-eco-spiritualite-2024/

… pour des communautés chrétiennes qui s’engagent en faveur de la création

Votre communauté désire-t-elle prendre soin de la création ? Ou changer ses pratiques pour être plus respectueuse de l’environnement ? Ou réduire son empreinte carbone ? Ou encore s’inquiète-t-elle de la solidarité internationale et de la justice environnementale ? Mais… vous ne savez pas par quoi commencer et comment répondre à ces problématiques ?

EcoEglise vous propose de nombreuses idées et vous aide à cheminer dans votre désir de prendre soin de la création dans les divers domaines autour de la vie d’église. En remplissant un éco-diagnostic en ligne, vous allez choisir parmi une grande diversité de mesures, celles que votre communauté a envie de mettre en place. Toutes les actions que vous allez entreprendre vous permettront d’avancer et d’évoluer dans les niveaux de progression.

Démarche du Réseau œcuménique suisse romand pour le soin de la création sur ecoeglise.ch

Un temps de jubilés pour un renouveau

Par Simon Roduit
llustration: DR

Les occasions de jubilés se succèdent dans notre région : le centenaire de saint Bernard, patron des habitants des Alpes, se clôturera le 15 septembre par une messe solennelle à Martigny-Ville, les 75 ans du martyre du bienheureux Maurice Tornay seront célébrés le 20 octobre à Orsières.

Dans le même élan, le pape François ouvrira à Noël de cette année une porte sainte à Rome pour le Jubilé de 2025. En préparation à ce grand événement d’ampleur mondiale ayant pour thème l’espérance, le Saint-Père nous propose de vivre en 2024 une année consacrée à la prière, car « la prière ouvre la porte à l’espérance 1 ». Chargés parfois d’une morosité qui semble planer sur notre monde tel un brouillard qui peine à se déchirer, les chrétiens ont cette vocation d’être la lumière du monde : porter un regard d’espérance sur le mystère de la mort, sur le travail comme lieu de sanctification, sur la possibilité de salut pour tout être humain et pour notre monde. Mais pour bien rendre compte de l’espérance qui est en nous, il est fondamental de se ressourcer en Dieu.

Je me réjouis de voir combien notre paroisse est portée par différents groupes de prières : des enfants adorateurs jusqu’aux groupes de prière charismatique, en passant par les messes matinales de semaine… La prière est vraiment le poumon de notre Eglise de Martigny et lorsque, dans un cœur à cœur avec son Créateur, un chrétien s’approche de Dieu, toute la communauté en bénéficie. Combien il est important dans notre monde trop pressé et en perte de repères d’y reposer des temps de prière, dans nos familles avant les repas ou le soir, ensemble lors de situations difficiles ou dans le quotidien.

Que le Seigneur nous accorde la grâce, par ces jubilés, d’être renouvelés dans l’espérance et dans la prière, à l’image de ce magazine qui adopte un nouveau design pour mieux transmettre la bonne nouvelle du Christ.

L’abbé André rentre au Togo avec un beau projet pastoral

Un prêtre qui a marqué son court passage parmi nous.

Fin septembre, notre « vicaire dominical », l’abbé André, master de théologie en poche, prendra congé de notre paroisse et s’en retournera dans son pays, le Togo. Pour y exercer son ministère de prêtre, mais aussi pour y conduire un impressionnant projet agro-pastoral. 

Par Claude Jenny
Photo: Francis Roulin

Le départ de l’abbé André est évidemment dommageable pour notre paroisse, tant ce prêtre a su, en quelques mois, se faire apprécier par de nombreux fidèles. Sa bonne humeur, son sens du contact, ses cérémonies animées, sa joie de chanter : c’est un morceau d’Afrique qu’il nous a offert durant sa présence dans nos communautés. S’il relève qu’il s’est senti bien accueilli et a trouvé des assemblées répondantes durant les cérémonies, il se dit néanmoins frappé par la tristesse des gens : « Chez nous, les gens n’ont rien mais sont joyeux ! Ici, les habitants ne manquent de rien, mais sont tristes ! » a-t-il constaté. Cherchez l’erreur…

Des prêtres d’action

Ses études en théologie terminées, l’abbé André a hâte de rentrer chez lui, où il poursuivra son ministère de prêtre. Mais l’abbé André n’est pas du genre à s’enfermer dans sa cure ! C’est un homme d’action !

Il fait partie de cette poignée de prêtres africains qui ont décidé qu’il leur appartenait aussi de changer un tant soit peu le cours de la vie des plus défavorisés de leur communauté régionale. L’abbé Antoine a créé un centre de formation pour les filles mères « God-is-love St-Laurent Estavayer ». L’abbé André va se focaliser sur la terre nourricière. « Je dois partir, rentrer chez moi, car le devoir m’appelle » nous disait-il récemment. « La pauvreté n’est pas une fatalité. Il faut travailler de ses doigts parce que la réussite est au bout de l’effort. »

Des prêtres engagés

Prier, c’est bien, mais c’est difficile lorsque l’on a le ventre qui crie famine. « Je veux offrir à des individus vulnérables, particulièrement des jeunes, la possibilité de cultiver des champs qui leur procureront non seulement une activité, mais aussi des ressources alimentaires » explique le promoteur de ce projet agro-pastoral que l’abbé André a appelé « La joie de l’Espérance ».

Avec l’argent qu’il a gagné ici lors des remplacements qu’il a effectués dans plusieurs paroisses, il a déjà acquis plusieurs hectares pour cultiver du maïs, du manioc et des haricots, et compte encore étendre son projet dès qu’il aura les fonds nécessaires. Il veut aussi permettre à quelques jeunes de suivre une formation en agriculture pour qu’ils soient par la suite les conducteurs de ce projet.

Un engagement formidable de la part de ce prêtre. Il utilise ses dernières semaines ici pour présenter son projet et trouver des financements. Souhaitons-lui plein succès dans cette entreprise pastorale originale !

Pour en savoir plus…

Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet agro-pastoral « La joie de l’Espérance », l’abbé André a rédigé un document détaillé et se tient à disposition des personnes intéressées pour en parler. Adresse mail : helleandre815@gmail.com ou tél. 076 643 47 25. L’abbé André sera encore parmi nous durant tout le mois de septembre et rentrera au Togo fin septembre / début octobre. 

Des femmes au cœur de mère

Une croix, une bougie, une bible et un panier.

Une trentaine de groupes de Prière des Mères existent à Genève. Ce temps de prière et de partage commun, importé du Royaume-Unis, permet « d’abandonner » ses enfants entre les mains de Dieu. L’Abandon n’étant de loin pas instinctif pour une mère, ces groupes permettent d’apprendre comment le pratiquer.

Livret de prière sur lequel se basent toutes les rencontres.

Par Myriam Bettens 
Photos : Pastorale des famillles de Genève, Prière des Mères

Chaque mardi midi, à la Chapelle de la cure de Notre-Dame, la pastorale des familles de Genève organise un temps de prière « pour nos enfants et tous les enfants du monde ». Cette rencontre s’inscrit dans le mouvement de La Prière des Mères, présent à ce jour dans plus de cent-vingt pays et fait partie de l’un des trente groupes se réunissant sur le canton.

La Prière des Mères est née en Angleterre en 1995 sous l’impulsion de Veronica Williams. Ce mouvement n’a pas d’étiquette confessionnelle et se veut œcuménique. Il a d’ailleurs reçu la bénédiction des Eglises. Sa fondatrice, touchée par les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes et par l’angoisse des parents face à de telles situations, s’est sentie appelée à prier de façon particulière pour les enfants. La spiritualité de La Prière des Mères repose sur la certitude que « Dieu nous aime, la totale confiance en Lui et en son action dans nos vies ». Mais cette confiance demande aussi un abandon complet. Or, cette posture n’étant pas naturelle pour une mère, ces groupes permettent d’apprendre comment le pratiquer en étant portées par la prière des autres femmes. Les réunions sont généralement hebdomadaires et la confidentialité demeure la règle de base, car durant la réunion une mère peut être amenée à parler de façon très personnelle, pour partager peines ou angoisses. Elle ne doit donc pas craindre que ses confidences soient répétées à l’extérieur.

Cette prière se déroule toujours selon un canevas bien établi et détaillé dans un livret d’une trentaine de pages. La rencontre débute par l’invocation de l’Esprit Saint, puis la demande de pardon, de protection, la prière de louange, de remerciement, d’unité, la lecture d’un passage de la Bible et enfin, la prière d’Abandon. Ce moment constitue le point d’orgue de la rencontre où chaque mère vient déposer au pied de la Croix ses enfants
préalablement inscrits sur un rond de papier. Ce geste, accompli en prière silencieuse, « place chaque enfant, en toute confiance, dans les bras de Jésus » et résume à lui seul l’essence de ce mouvement conçu pour toutes les femmes ayant un cœur de mère.

Du côté genevois, le premier groupe a démarré en 2000 à l’initiative d’Irène de Escoriaza et Christine Delalande, aujourd’hui coordinatrice de la Prière des Mères pour la Suisse. Par la suite, les deux femmes ont organisé la venue de Veronica Williams à Genève pour une conférence publique à la paroisse Saint-Paul. Depuis lors, le mouvement a aussi pris pied dans le canton. Outre les rencontres hebdomadaires, qui réunissent entre deux et huit femmes, le mouvement propose régulièrement des messes à l’intention de la fondatrice et des rassemblements de prières pour remettre à Dieu tous les enfants du monde.

Envie de consacrer un temps hebdomadaire de prière à vos enfants ?

Un groupe se réunit chaque mardi de 12h15 à 13h (hors vacances scolaires), à la chapelle de la cure de Notre-Dame, 3 rue Argand, 1201 Genève, à 2 min de la gare Cornavin. Renseignements auprès de Marie Montavont – marie.montavont@cath-ge.ch ou Christine Delalande, coordinatrice des groupes de Prière des Mères à Genève – mothersprayers.geneve@gmail.com

Vivre sans l’eucharistie?

L’eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ».

Par l’abbé Paul Martone
Photo: flickr

« Nous ne pouvons pas vivre sans l’eucharistie. » C’est ce qu’ont répondu vers 304 les 50 chrétiens d’Abitina (en Tunisie) lorsqu’ils ont été arrêtés alors qu’ils célébraient l’eucharistie pendant la persécution des chrétiens africains. 

Les temps ont changé ! Les chrétiens d’aujourd’hui vivent très bien sans l’eucharistie, alors que celle-ci est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ». C’est par sa célébration que l’Eglise devient Eglise. Nous sommes l’Eglise parce que nous recevons et devenons le corps du Christ. Un chrétien qui pense pouvoir vivre sans l’eucharistie est comme quelqu’un qui s’assied à côté d’une source et meurt de soif.

Je pense que toutes les tentatives de rendre la célébration des messes plus attrayante, avec de nouvelles musiques et de nouveaux textes, tombent à l’eau si nous oublions ce qu’est la messe : la rencontre personnelle avec Jésus ressuscité. « Nous ne pouvons pas vivre sans l’eucharistie », nous ne pouvons pas non plus vivre aujourd’hui sans la rencontre avec le Christ qui nous fortifie dans notre quotidien et nous aide à mettre concrètement en pratique notre amour pour nos prochains.

Jeune Bénévole : donne tes mains pour servir

Félicitations aux Lauréats : Timéo, Rafaela, Justine, Stella, Leana et Mathilde. Avec Rosanna, en médaillon.

Lors de la messe de la Pentecôte, Aline Jacquier du service diocésain de la jeunesse, est venue pour remettre le diplôme de Jeunes Bénévoles (niveau 1) à sept adolescents de nos paroisses. Durant l’année, ils ont mis les qualités que Dieu leur a données au service des enfants et de nos communautés.

Cette citation de Mère Teresa est au cœur de l’identité des JB.

Par Sandrine Mayoraz
Photos : François-Xavier Mayoraz, DR

En novembre, de retour de leur week-end de formation, ils en parlaient dans les lignes de votre magazine paroissial : « J’ai découvert plein de personnes très gentilles qui sont JB comme nous dans d’autres paroisses du Valais. J’ai aussi approfondi mes savoirs : garder le calme, gérer un petit groupe ou planifier une activité. » A la suite du week-end, ils ont choisi de donner leurs mains, leur temps et leur énergie dans un engagement au sein de nos paroisses. Rosanna, Rafaela et Mathilde accompagnent les enfants à la catéchèse le samedi et pour les célébrations des sacrements. Leana anime une fois par mois une équipe MADEP. Timéo, Justine et Stella se sont engagés dans des projets communs, avec l’intention particulière de tisser des liens dans la communauté, notamment par la soupe de Carême.

Ceci est réalisé grâce à des adultes qui leur laissent une place et qui les soutiennent dans leurs premières expériences ecclésiales. Merci à chacun pour son engagement et pour bâtir une communauté vivante. Que l’Esprit-Saint continue d’aviver votre foi et vous donne la Joie.

Leana nous partage son expérience de JB1 :

« Je m’appelle Leana et j’ai bientôt 16 ans. Je suis en première année de CFC de fleuriste à Monthey. Je fais partie de groupes Relais Monthey-Choëx depuis bientôt sept ans. J’ai fait le week-end JB 1 en 2022 et depuis septembre 2023, je m’occupe aussi avec Sandrine d’un groupe MADEP. J’aime trop être avec des plus petits et les accompagner comme on l’a fait pour moi. Car au cours de mes sept ans j’ai participé trois fois au camp de la Montée vers Pâques et cela m’a beaucoup fait évoluer dans ma foi et dans ma vie en général. Je trouve important de créer la relève. Cela me fait plaisir de voir des plus jeunes avec la foi et de la motivation. 

Mon but est de créer un groupe uni avec qui ils pourront toujours s’amuser et partager de bons moments, dans lequel ils évolueront. Je me suis déjà occupée de l’organisation d’une de nos rencontres après Pâques. Le but était de faire une mosaïque géante dehors de ce qu’ils voulaient. Ils ont directement pensé à la croix de Jésus. C’était beau de voir comment ils s’organisaient ensemble pour le faire et ils ont très bien réussi. »

Saint Théodule patron de l’église d’Aumont

Il est fêté le 16 août.

Par Marianne Berset
Photo : LDD

Saint Théodule fut probablement un missionnaire venu d’Orient et le premier évêque du Valais à la fin du IVe siècle. Sous la direction de saint Ambroise, il va christianiser les régions alpines alors intégrées à l’empire romain. De ce fait, il devient évêque d’Octodure (aujourd’hui Martigny). Sa participation au concile d’Aquilée en 381 ainsi qu’une lettre du synode de Milan attestent de sa mission. Il défend la foi catholique et œuvre pour développer le culte des martyrs (saint Maurice et ses compagnons). A la suite de miracles qui lui sont attribués, il est nommé saint patron des vignerons.

A Aumont

Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, l’Eglise de Sion possède un vaste patrimoine dans le diocèse de Lausanne, elle le vend entre 1244 et 1295 tant à la Savoie qu’à l’Eglise de Lausanne et à la famille des seigneurs d’Oron. La chapelle Saint-Théodule d’Aumont, mentionnée en 1442, fut rebâtie de 1824 à 1826.

Le chœur de l’église a été restauré en 1954, sous la direction de MM. Rosset et Matthey. L’autel a été refait avec une table en grès que surmonte un grand retable de M. Paul Monnier. Au centre, l’artiste a représenté saint Théodule à Sion dans la cité épiscopale de ses successeurs, dominée par l’église de Valère. Saint Théodule, la crosse à la main gauche, montre une maison en flammes, tandis qu’une femme éplorée et des soldats romains sont terrassés au milieu des vestiges du paganisme vaincu. De l’autre côté, Monnier a groupé des chrétiens qui implorent leur Evêque et qui ainsi s’oppose à la stupeur des païens de l’autre volet.

Quoi ma messe? Qu’est-ce qu’elle a ma messe?

« Sommet de la foi chrétienne » selon le Catéchisme de l’Eglise catholique, la messe, depuis le Concile Vatican II, doit permettre, en y participant plus activement, d’en vivre le fruit dans son quotidien – la « messe après la messe ». Et pourtant, au gré des réorganisations paroissiales dans plusieurs de nos diocèses helvétiques, la messe devient parfois cheval de bataille de résistants mécontents du chamboulement. Partage.

Par Thierry Schelling | Photos: flickr, pxhere, dr

« Non, je n’irai pas à l’église d’à côté, ce n’est pas mon église ! » Constat d’une fidèle désabusée qui écrit au curé qu’elle trouve « scandaleux » et « incompréhensible » que les prêtres ne veuillent plus célébrer l’indispensable eucharistie pour les gens ! Elle aurait dû rajouter « à côté de chez moi »…

On nage en plein paradoxe : les contingences liées à la messe (lieu, horaire) changent ; du coup des fidèles contrariés rouspètent contre ces « réductions de prestations » ; ces modifications entraînent effectivement une certaine désaffection alors que d’aucuns rejoignent d’autres églises quand même ! Mais pour certains, c’est niet. Ce comportement par trop « clientéliste » n’interroge-t-il pas sur les raisons qui poussent à aller à la messe ?

Moins pour mieux

A l’heure de la réorganisation des paroisses et après les quasi vingt ans d’expérience pastorale en Unités dans le diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, il est vrai, le nombre diminuant de prêtres entraîne la diminution des célébrations « localo-locales » en faveur de regroupements nécessitant parfois quelques déplacements ; à l’invitation explicite de Charles Morerod : « J’encourage vivement le discernement régional de possibles regroupements de paroisses et de célébrations », explique-t-il dans sa Lettre pastorale de 2024. Il
en appelle à la mobilité douce qui touche tous les habitants des villes et villages du fait de la régulière relocalisation des mille et un lieux de vie (magasins, cinémas, centres sportifs, etc.) : « Nous devons tenir compte de l’évolution à la fois de l’Eglise et de toute notre société […] pour que plus de monde ait l’occasion de participer à des célébrations joyeuses » et sous-entendu, plus touffues !

Lors d’une magnifique messe des familles dans une église à 250 places en banlieue genevoise semi-urbaine, un feedback d’un paroissien chevronné sonna haut et clair : « Il y avait presque trop de monde ce soir ! » On a regroupé familles et communauté locale – certes, petite et vieillissante mais très dévouée… à sa paroisse ! – et voilà le retour. De quoi déconcerter : était-ce parce qu’il voyait sa place prise par d’autres ?

La messe, « pousse-fesses » ?

En croisant deux paroissiennes dans le parking de la chapelle, après la messe de semaine (dix personnes), le prêtre entend ce rapide échange : « Oh, contente de te voir, ce matin ! » – « Oui, je suis venue, je n’avais rien d’autre à faire ! » La messe, occupation des aînés désœuvrés, isolés des leurs – affairés, scolarisés – et qui se motivent pour se lever le matin ? La messe, un « pousse-fesses » pour matinées grisâtres ou par ennui dû à la sénescence ?

Des religieuses qui venaient à une messe de semaine que le curé a annoncé vouloir supprimer – son horaire était très impropre à la vie pastorale (réunions, visites…) – se sont fendues d’un courrier pour lui dire combien elles regrettaient cette « injuste décision », tout en avouant qu’elles y venaient « exprès à l’horaire peu pratique pour nous, mais pour qu’il y ait quelqu’un » ! C’est le serpent qui se mord la queue…

Des confrères racontent que, célébrant un dimanche soir à 18h après un week-end chargé (messes, baptême, visites), ils n’ont même pas la consolation d’être salués poliment à la fin de la messe, car les fidèles courent vers leur véhicule pour rentrer au plus vite : « Il se fait tard… » Motivant pour un prêtre ? Non.

Donc, pas étonnant que les équipes pastorales s’interrogent : à quoi bon maintenir une « messounette » dans ces conditions, alors qu’en diminuant et en regroupant, certes, on célèbre moins, mais en plus grand nombre. Ce qui exprime mieux l’ekklesia, l’Eglise locale, plus qualitativement et plus visiblement ?

L’église de Gland : une architecture post-Vatican II…

Habitude, quand tu nous tiens !

« Changer, c’est humain et changer souvent, c’est devenir parfait » (Cardinal Henry Newman) ! Les « bonnes vieilles habitudes » dans certains domaines de la vie quotidienne sont tenaces. Or, l’annonce du Message du Christ et le service d’autrui qui en découle, qui sont les deux fondements de l’Eglise 1, ont toujours subi des changements : messe du latin au vernaculaire ; ministères ouverts aux laïcs/laïques, jusqu’à la représentation de l’évêque par la nomination de femmes (pour Genève et les deux Fribourg !) ; messes « ciblant » familles, jeunes, EMS, etc. Sans parler, dans certaines parties en Europe, de la reconversion de temples et d’églises en d’autres lieux de rencontres humaines (cinémas, restaurants, théâtres…), quand on ne construit pas tout neuf comme à Gland (VD) 2 mais selon une architecture dévoilant la vision d’Eglise d’aujourd’hui !

Néanmoins, on peut comprendre que pour certains paroissiens coutumiers, ces changements soient synonymes de chambardement de leur vision du monde et de l’Eglise ; parfois même, la catégorie du « pratiquant non croyant » trahit son vide intérieur par sa propension à râler, semer la zizanie, entretenir la rumeur : loin d’être juste de la malveillance, ce sont aussi des signes d’un trépas d’une idée d’Eglise, évanescente, qui fait place à une Eglise autrement.

Communier ou consommer ?

Une communauté chrétienne – au contraire d’un agglomérat de consommateurs – ne devrait-elle pas se caractériser par la solidarité et le dialogue – quitte à être d’accord de ne pas être d’accord – portant ensemble le souci commun, y compris vis-à-vis du prêtre, au travers de l’inéluctable changement ?

Des comportements (exprimés ou reçus par courrier) qui expliquent que « parce que le prêtre est noir, je change d’église », ou « parce que l’horaire est modifié, je change d’église », révèlent que « trop de messes tuent la messe » ! L’esprit n’y est plus ; le consumérisme règne… Or, l’eucharistie, Parole et pain partagés, distille en nous la vie de Dieu, dont la souplesse et l’entraide ne sont-elles pas des fruits, des attitudes clefs, spécialement en ces temps-ci ? « Nous sommes à un changement d’époque, pas dans une époque de changement », rappelle le pape François.
A bon entendeur.

1 On parle de la Mission et de la Diaconie.
2 Et dans une architecture définitivement post-Vatican II !

Le prêtre, « machine à messe » !

Le Droit canon régule la vie ordinaire de l’Eglise catholique romaine. A propos de la messe, il est « recommandé » au prêtre de la célébrer chaque jour (can. 904) – mais donc pas obligé ; il est exigé du prêtre qu’il ne dise qu’une messe par jour (can. 905) sauf là où l’évêque aurait autorisé jusqu’à trois messes : « s’il y a pénurie de prêtres » – ce qui est le cas dans nos diocèses suisses – « pour une juste cause » – dimanches et grandes fêtes par exemple – ou « lorsque la nécessité pastorale l’exige », comme quand il y a foule aux confirmations.

Le canon 920, par contre, déclare que le fidèle qui a fait sa première des communions, « est tenu de recevoir la Sainte Communion […] au moins une fois par an [idéalement] au temps pascal ». Un article ignoré, me semble-t-il, de qui assène sa volonté de communier même le lundi, jour de congé habituel du clergé… Est-ce que le modèle monastique hérité du Concile de Trente – célibat obligatoire pour les prêtres séculiers, prière obligatoire du bréviaire pour les clercs, messe dominicale obligatoire pour tous – doit encore inspirer la vie paroissiale du XXIe siècle ? La pratique prouve que l’on s’en éloigne irrémédiablement…

Le diacre protestant Mario Giacomino prend sa retraite

Depuis 24 ans, Mario Giacomino est le diacre de la paroisse protestante. Initiateur de plusieurs projets communs aux paroisses catholiques et protestante de Monthey, il est bien connu dans nos paroisses. Avant son départ à la retraite, il répond à quelques-unes de nos questions.

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR

D’origine italienne, Mario est venu en Suisse pour suivre son épouse. Après des études de théologie, il continue sa formation diaconale en Suisse. Consacré au ministère diaconal en 1988 par l’Eglise évangélique vaudoise, en janvier 1990, il répond à un appel de la Paroisse protestante de Monthey qui cherchait un diacre pour porter l’animation auprès de la jeunesse. Chez les protestants, le diacre exerce un métier différent de celui du pasteur. En principe, il n’a pas la responsabilité globale de la paroisse, on lui confie un secteur d’activité et / ou des mandats qui le placent, volontairement, dans les « marges » pour qu’il tisse des liens avec ceux et celles qui vivent l’Eglise de façon plus éloignée. 

Mario, tu as ouvert de nombreux chantiers pour répondre aux besoins sociaux. Peux-tu nous en partager quelques-uns ?
En 1997, avec l’Association d’entraide et Chômage et la Paroisse catholique, j’ai été à l’origine des Repas Communautaires de Monthey, la première œuvre diaconale commune à nos deux paroisses. Dans cette même perspective d’ouverture œcuménique, avec des personnes partageant les mêmes valeurs, j’ai pu apporter ma contribution à la création des Tables du Rhône, accompagner la destinée du Groupe œcuménique d’accueil des Réfugiés (GOAR) et la reprise du magnifique travail des Colis du Cœur par une nouvelle association. 

Plusieurs projets ont été menés avec la paroisse catholique, quels regards poses-tu sur ces collaborations ? Quels mission, message commun, portons-nous ?
Dans mon ministère de diacre, j’ai l’occasion de travailler avec des dizaines de personnes de confessions différentes. Lorsqu’on me demande leur confession, je dois sourire, esquiver la question et avouer que je n’en sais rien. Mon ministère a été marqué par le désir profond d’un accueil inconditionnel. Dans chaque nouveau visage, j’ai envie de retrouver le visage du Christ. Dès mon arrivée à Monthey, j’ai pu rapidement constater que les différences confessionnelles étaient des richesses et non des obstacles. Des amitiés se sont tissées, j’ai pu vivre des moments de complicité, partager des rêves et des réalisations communes. Pendant le ministère de l’Abbé Roduit, on m’a confié qu’on me décrivait, en rigolant, comme le diacre protestant de la paroisse catholique ! Cela sonnait à mes oreilles comme un compliment. 

Un dernier mot avant la retraite ?
Au moment de prendre ma retraite, je suis heureux de constater que, tant sur le plan local que cantonal, nos deux Eglises travaillent ensemble dans de nombreux projets et réalisations diaconales. Nos autorités respectives s’apprécient et encouragent les initiatives œcuméniques par exemple dans les aumôneries communes. Dans une société dans laquelle l’église n’est plus au milieu du village, il devient indispensable d’être, ensemble, les messagers du Dieu d’amour, en paroles et en actes. Cela est à mes yeux la condition pour ne pas devenir invisibles et inaudibles. 

Merci Mario pour ton engagement auprès de la population montheysanne et pour les liens précieux que tu as su tisser entre nos paroisses. Que Dieu continue de faire fructifier ce que Tu as semé et qu’Il te bénisse ! 

Montet: l’au revoir aux Focolari

Le samedi 8 juin, une foule immense s’est retrouvée au Centre de formation des Focolari pour entourer de leur présence les permanents et les étudiants qui s’apprêtent à quitter Montet pour une mission au cœur du monde.

Par Marianne Berset
Photos : Georges Losey

Pour vivre cet après-midi de convivialité et de remerciements, de nombreuses personnalités de la commune, des églises locales, œcuméniques et interreligieuses sont venues apporter un message de soutien et de reconnaissance entrecoupé de danse, chant et musique.

Une brève vidéo a présenté la naissance du mouvement en 1943 jusqu’à la création du centre Focolari en 1981. Chiara Lubich a voulu que ce lieu soit un espace de formation, de prière, de travail et de temps libre où les personnes sont des hommes et des femmes de dialogue. Aujourd’hui, après ces 43 ans, le centre est bien accueilli et apprécié par les habitants. En septembre 2023, le centre a annoncé sa fermeture face à la diminution des vocations de la vie consacrée, à la nouvelle réalité sociale et surtout au souhait de rester au milieu des hommes. 

«Bon vent à vous car l’Esprit souffle toujours dans la bonne direction.» 
Céline Ruffieux

Les Focolari ont voulu que cette journée ne soit pas vécue dans la tristesse mais plutôt en mettant du sens à une vie nouvelle en adressant des remerciements à la commune de Montet, au canton et à tous ceux qui ont vécu une expérience. 

Le Syndic sortant de Montet, Cédric Péclard, dira que Montet rayonne à travers toute la planète et que son souhait est de garder le contact avec eux. Pour marquer ces 43 ans de présence, le « dé de la paix » a été déplacé sur la place devant la maison communale. Pour Céline Ruffieux, représentante de l’évêque, ce sont de nombreux visages qui ont vécu la spiritualité de l’unité où l’être compte. « La joie de l’Evangile est vécue de jour en jour ». Elle remplit le cœur de ceux qui rencontrent Jésus. 

De plus, le mouvement se veut rassurant en rappelant que les Focolari continuent d’exister en Suisse alémanique, italienne et francophone.

«Plus de 3500 personnes ont fait l’expérience de Dieu.»
Carlo

Une expérience qui a porté ses fruits

Mme Margareth Karram, présidente du mouvement des Focolari, a relevé : « Nous vivons une étape importante. Nous devons nous réorganiser en étant à l’écoute de l’Esprit Saint en donnant plus, là où c’est nécessaire. L’Esprit Saint se fait sentir en étant concret pour l’humanité vers un monde en paix. Le mouvement, c’est une famille humaine de 480 foyers dans 40 pays avec 12 langues et différentes religions. Une communauté de personnes qui s’engagent sérieusement pour la paix. Le pape François va au-delà du dialogue dans l’harmonie et la diversité. Le plan de Dieu, c’est d’élaguer l’arbre ou encore la Parole de Jean qui dit que « si le grain ne meurt pas il ne porte pas de fruits ». Je suis certaine de témoigner d’un patrimoine qui ne mourra jamais. L’authentique réalité d’une famille où il est possible de vivre ensemble l’amour réciproque. La véritable essence, c’est la Présence de Dieu qui réunit en son nom ».

« Aimer, tout est là », c’est le chemin. Ce chemin ne s’est jamais arrêté. Une expérience qui a porté ses fruits. Regardons vers l’avenir, vers d’autres lieux, d’autres pays et d’autres communautés où vous emporterez la précieuse expérience que vous avez vécue ici.

Plus de quatre décennies de présence à Montet.
Une famille est venue témoigner en cette journée de l’« au revoir ».

«En mémoire de moi» (Luc 22, 19-20)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Lorsque le Christ institue l’eucharistie, il est au seuil de sa Passion. Comme le repas pascal juif, commémorant la sortie d’Egypte unique du peuple d’Israël hors de la captivité, Jésus établit la cène pour faire mémoire de tout ce qu’il va traverser dans sa Pâque : son chemin de croix et sa mort sur la croix, récapitulant son existence à l’écoute du dessein du Père et en sacrifice d’amour pour l’humanité ; puis sa sortie du tombeau désormais vide dans la lumière de sa Résurrection. Cet événement accompli une fois pour toutes, il invite les apôtres à le réactualiser en « faisant mémoire » de lui. Mais il ne précise évidemment pas la fréquence des célébrations rituelles à venir.

Le mémorial du mystère pascal au jour du Seigneur, le lendemain du sabbat, le 8e jour ou premier de la semaine nouvelle, s’est imposé dès le début de l’histoire de l’Eglise, en prolongeant le rythme des sept jours de la création et de la libération juive que signifie le repos sabbatique. Et rapidement, l’eucharistie fut vécue chaque jour, selon la demande du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. » Car le Maître de l’histoire veut se rendre réellement présent à nous, jour après jour.

Que faire dès lors au moment où le nombre de célébrants prêtres se montre insuffisant et que celui des fidèles décroît ? Mieux vaut indéniablement, dans la logique de notre foi, diminuer la quantité de liturgies pour n’en garder que quelques-unes, regroupées géographiquement et mieux fréquentées, plutôt que vouloir à tout prix dire une multitude infinie de messes éclatées, avec chaque fois une petite poignée de participants. Quitte à proposer d’autres types de rassemblements dominicaux, comme des célébrations de la Parole, avec ou sans distribution de la communion. Car l’essentiel demeure la qualité et la profondeur de la réalité du mystère de Pâques toujours offerte aux communautés et aux assemblées, afin qu’elles en vivent dans l’ordinaire du temps.

Première semaine de juillet: des Bretons en terre valaisanne!

Par l’abbé Simon de Nortbécourt, dit « le Breton » | Photos : DR

Voilà bientôt deux ans, en août 2022, les paroisses de Collombey et de Muraz découvraient le patrimoine culturel et religieux du diocèse de Vannes en Bretagne : Sainte-Anne-d’Auray, Josselin, Vannes. Une semaine ensoleillée par les rencontres vécues en pays breton, à l’ombre de Madame sainte Anne, mère de Marie, qui y est apparue il y a quatre cents ans. C’est dans cette dynamique d’amitié entre nos paroisses, seulement séparées par un petit territoire qu’on appelle la France, que les Bretons de Sainte-Anne-d’Auray se préparent à venir en Valais ! Du lundi 1er juillet au soir au samedi 6 juillet au matin, nous serons cinquante Gaulois d’Armorique à passer de la mer à la montagne, heureux d’être accueillis par vous, paroissiens de Collombey et Muraz ! Pour pouvoir vivre ces quatre journées ensemble dans la joie, n’hésitez pas à nous rejoindre pour les visites (30 places disponibles dans notre car !) et à vous inscrire pour les soupers auprès du secrétariat paroissial ! Nous prions bien pour vous dès à présent, en attendant de vous retrouver très bientôt.

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