Le diacre protestant Mario Giacomino prend sa retraite

Depuis 24 ans, Mario Giacomino est le diacre de la paroisse protestante. Initiateur de plusieurs projets communs aux paroisses catholiques et protestante de Monthey, il est bien connu dans nos paroisses. Avant son départ à la retraite, il répond à quelques-unes de nos questions.

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR

D’origine italienne, Mario est venu en Suisse pour suivre son épouse. Après des études de théologie, il continue sa formation diaconale en Suisse. Consacré au ministère diaconal en 1988 par l’Eglise évangélique vaudoise, en janvier 1990, il répond à un appel de la Paroisse protestante de Monthey qui cherchait un diacre pour porter l’animation auprès de la jeunesse. Chez les protestants, le diacre exerce un métier différent de celui du pasteur. En principe, il n’a pas la responsabilité globale de la paroisse, on lui confie un secteur d’activité et / ou des mandats qui le placent, volontairement, dans les « marges » pour qu’il tisse des liens avec ceux et celles qui vivent l’Eglise de façon plus éloignée. 

Mario, tu as ouvert de nombreux chantiers pour répondre aux besoins sociaux. Peux-tu nous en partager quelques-uns ?
En 1997, avec l’Association d’entraide et Chômage et la Paroisse catholique, j’ai été à l’origine des Repas Communautaires de Monthey, la première œuvre diaconale commune à nos deux paroisses. Dans cette même perspective d’ouverture œcuménique, avec des personnes partageant les mêmes valeurs, j’ai pu apporter ma contribution à la création des Tables du Rhône, accompagner la destinée du Groupe œcuménique d’accueil des Réfugiés (GOAR) et la reprise du magnifique travail des Colis du Cœur par une nouvelle association. 

Plusieurs projets ont été menés avec la paroisse catholique, quels regards poses-tu sur ces collaborations ? Quels mission, message commun, portons-nous ?
Dans mon ministère de diacre, j’ai l’occasion de travailler avec des dizaines de personnes de confessions différentes. Lorsqu’on me demande leur confession, je dois sourire, esquiver la question et avouer que je n’en sais rien. Mon ministère a été marqué par le désir profond d’un accueil inconditionnel. Dans chaque nouveau visage, j’ai envie de retrouver le visage du Christ. Dès mon arrivée à Monthey, j’ai pu rapidement constater que les différences confessionnelles étaient des richesses et non des obstacles. Des amitiés se sont tissées, j’ai pu vivre des moments de complicité, partager des rêves et des réalisations communes. Pendant le ministère de l’Abbé Roduit, on m’a confié qu’on me décrivait, en rigolant, comme le diacre protestant de la paroisse catholique ! Cela sonnait à mes oreilles comme un compliment. 

Un dernier mot avant la retraite ?
Au moment de prendre ma retraite, je suis heureux de constater que, tant sur le plan local que cantonal, nos deux Eglises travaillent ensemble dans de nombreux projets et réalisations diaconales. Nos autorités respectives s’apprécient et encouragent les initiatives œcuméniques par exemple dans les aumôneries communes. Dans une société dans laquelle l’église n’est plus au milieu du village, il devient indispensable d’être, ensemble, les messagers du Dieu d’amour, en paroles et en actes. Cela est à mes yeux la condition pour ne pas devenir invisibles et inaudibles. 

Merci Mario pour ton engagement auprès de la population montheysanne et pour les liens précieux que tu as su tisser entre nos paroisses. Que Dieu continue de faire fructifier ce que Tu as semé et qu’Il te bénisse ! 

Montet: l’au revoir aux Focolari

Le samedi 8 juin, une foule immense s’est retrouvée au Centre de formation des Focolari pour entourer de leur présence les permanents et les étudiants qui s’apprêtent à quitter Montet pour une mission au cœur du monde.

Par Marianne Berset
Photos : Georges Losey

Pour vivre cet après-midi de convivialité et de remerciements, de nombreuses personnalités de la commune, des églises locales, œcuméniques et interreligieuses sont venues apporter un message de soutien et de reconnaissance entrecoupé de danse, chant et musique.

Une brève vidéo a présenté la naissance du mouvement en 1943 jusqu’à la création du centre Focolari en 1981. Chiara Lubich a voulu que ce lieu soit un espace de formation, de prière, de travail et de temps libre où les personnes sont des hommes et des femmes de dialogue. Aujourd’hui, après ces 43 ans, le centre est bien accueilli et apprécié par les habitants. En septembre 2023, le centre a annoncé sa fermeture face à la diminution des vocations de la vie consacrée, à la nouvelle réalité sociale et surtout au souhait de rester au milieu des hommes. 

«Bon vent à vous car l’Esprit souffle toujours dans la bonne direction.» 
Céline Ruffieux

Les Focolari ont voulu que cette journée ne soit pas vécue dans la tristesse mais plutôt en mettant du sens à une vie nouvelle en adressant des remerciements à la commune de Montet, au canton et à tous ceux qui ont vécu une expérience. 

Le Syndic sortant de Montet, Cédric Péclard, dira que Montet rayonne à travers toute la planète et que son souhait est de garder le contact avec eux. Pour marquer ces 43 ans de présence, le « dé de la paix » a été déplacé sur la place devant la maison communale. Pour Céline Ruffieux, représentante de l’évêque, ce sont de nombreux visages qui ont vécu la spiritualité de l’unité où l’être compte. « La joie de l’Evangile est vécue de jour en jour ». Elle remplit le cœur de ceux qui rencontrent Jésus. 

De plus, le mouvement se veut rassurant en rappelant que les Focolari continuent d’exister en Suisse alémanique, italienne et francophone.

«Plus de 3500 personnes ont fait l’expérience de Dieu.»
Carlo

Une expérience qui a porté ses fruits

Mme Margareth Karram, présidente du mouvement des Focolari, a relevé : « Nous vivons une étape importante. Nous devons nous réorganiser en étant à l’écoute de l’Esprit Saint en donnant plus, là où c’est nécessaire. L’Esprit Saint se fait sentir en étant concret pour l’humanité vers un monde en paix. Le mouvement, c’est une famille humaine de 480 foyers dans 40 pays avec 12 langues et différentes religions. Une communauté de personnes qui s’engagent sérieusement pour la paix. Le pape François va au-delà du dialogue dans l’harmonie et la diversité. Le plan de Dieu, c’est d’élaguer l’arbre ou encore la Parole de Jean qui dit que « si le grain ne meurt pas il ne porte pas de fruits ». Je suis certaine de témoigner d’un patrimoine qui ne mourra jamais. L’authentique réalité d’une famille où il est possible de vivre ensemble l’amour réciproque. La véritable essence, c’est la Présence de Dieu qui réunit en son nom ».

« Aimer, tout est là », c’est le chemin. Ce chemin ne s’est jamais arrêté. Une expérience qui a porté ses fruits. Regardons vers l’avenir, vers d’autres lieux, d’autres pays et d’autres communautés où vous emporterez la précieuse expérience que vous avez vécue ici.

Plus de quatre décennies de présence à Montet.
Une famille est venue témoigner en cette journée de l’« au revoir ».

«En mémoire de moi» (Luc 22, 19-20)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Lorsque le Christ institue l’eucharistie, il est au seuil de sa Passion. Comme le repas pascal juif, commémorant la sortie d’Egypte unique du peuple d’Israël hors de la captivité, Jésus établit la cène pour faire mémoire de tout ce qu’il va traverser dans sa Pâque : son chemin de croix et sa mort sur la croix, récapitulant son existence à l’écoute du dessein du Père et en sacrifice d’amour pour l’humanité ; puis sa sortie du tombeau désormais vide dans la lumière de sa Résurrection. Cet événement accompli une fois pour toutes, il invite les apôtres à le réactualiser en « faisant mémoire » de lui. Mais il ne précise évidemment pas la fréquence des célébrations rituelles à venir.

Le mémorial du mystère pascal au jour du Seigneur, le lendemain du sabbat, le 8e jour ou premier de la semaine nouvelle, s’est imposé dès le début de l’histoire de l’Eglise, en prolongeant le rythme des sept jours de la création et de la libération juive que signifie le repos sabbatique. Et rapidement, l’eucharistie fut vécue chaque jour, selon la demande du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. » Car le Maître de l’histoire veut se rendre réellement présent à nous, jour après jour.

Que faire dès lors au moment où le nombre de célébrants prêtres se montre insuffisant et que celui des fidèles décroît ? Mieux vaut indéniablement, dans la logique de notre foi, diminuer la quantité de liturgies pour n’en garder que quelques-unes, regroupées géographiquement et mieux fréquentées, plutôt que vouloir à tout prix dire une multitude infinie de messes éclatées, avec chaque fois une petite poignée de participants. Quitte à proposer d’autres types de rassemblements dominicaux, comme des célébrations de la Parole, avec ou sans distribution de la communion. Car l’essentiel demeure la qualité et la profondeur de la réalité du mystère de Pâques toujours offerte aux communautés et aux assemblées, afin qu’elles en vivent dans l’ordinaire du temps.

Première semaine de juillet: des Bretons en terre valaisanne!

Par l’abbé Simon de Nortbécourt, dit « le Breton » | Photos : DR

Voilà bientôt deux ans, en août 2022, les paroisses de Collombey et de Muraz découvraient le patrimoine culturel et religieux du diocèse de Vannes en Bretagne : Sainte-Anne-d’Auray, Josselin, Vannes. Une semaine ensoleillée par les rencontres vécues en pays breton, à l’ombre de Madame sainte Anne, mère de Marie, qui y est apparue il y a quatre cents ans. C’est dans cette dynamique d’amitié entre nos paroisses, seulement séparées par un petit territoire qu’on appelle la France, que les Bretons de Sainte-Anne-d’Auray se préparent à venir en Valais ! Du lundi 1er juillet au soir au samedi 6 juillet au matin, nous serons cinquante Gaulois d’Armorique à passer de la mer à la montagne, heureux d’être accueillis par vous, paroissiens de Collombey et Muraz ! Pour pouvoir vivre ces quatre journées ensemble dans la joie, n’hésitez pas à nous rejoindre pour les visites (30 places disponibles dans notre car !) et à vous inscrire pour les soupers auprès du secrétariat paroissial ! Nous prions bien pour vous dès à présent, en attendant de vous retrouver très bientôt.

Des lectures pour ne pas bronzer idiot!

Si vous n’êtes pas amateur de romans policiers ou d’histoires à l’eau de rose, mais que néanmoins vous souhaitez profiter de l’été et des vacances pour vous enrichir de bonnes lectures, voici une sélection de trois ouvrages religieux parus récemment et qui peuvent enrichir le lecteur.

Par Claude Jenny

• L’évêque à cœur ouvert

Le premier livre est le fruit d’une série d’entretiens que l’évêque du diocèse, Mgr Morerod, a accordés à notre consœur du « Temps », Camille Kraft. « Tu n’abuseras point – Un évêque dans la tourmente raconte » est un livre utile et intéressant. Nonobstant le titre et la couverture qui sont mauvais, tout le reste mérite lecture ! Le sujet est évidemment grave puisqu’il porte sur la problématique des abus sexuels. En répondant à des dizaines de questions pertinentes, Mgr Morerod dit tout. Ou presque, hormis ce qui est strictement confidentiel. Il se livre comme rarement un dirigeant d’Eglise l’a fait. Il explique sa ligne de conduite par rapport aux abus, les décisions qu’il a prises, pourquoi il devait dévoiler « l’affaire Genoud ». Il ne cache pas non plus ses doutes, son découragement à un moment donné mais sa conviction – renforcée depuis son gros pépin de santé – que c’est plus que jamais son rôle de ne pas faiblir et de traquer tous les auteurs d’abus. Quoi qu’il lui en coûte. Une belle ouverture de sa part, un bel effort de communication. Un livre qui mérite lecture (aux Editions Slatkine et « Le Temps »).

• Tout savoir sur la messe…

… sans souvent oser le demander ! Parce que l’on croit tout savoir sur la messe ! Or, c’est loin d’être le cas, se dit-on, après la lecture du livre de l’abbé Pascal Desthieux, recteur de la basilique de Genève, qui a décortiqué chaque geste et chaque parole de l’officiant pour nous aider à vivre la messe autrement. Mission accomplie, et avec un réel talent pédagogique, des astuces et même un zeste d’humour avec les croquis d’une dessinatrice. « Lorsque l’on comprend, on le vit mieux » dit l’auteur. Il dit vrai. « Au cœur de la messe – tout savoir sur la célébration » vaut bien qu’on s’y arrête pour mieux comprendre ce que vit chaque catholique lorsqu’il va à la messe (aux Editions Saint-Augustin).

• Homosexualité : un livre engagé et exhaustif

Toutes les personnes qui, de près ou de loin, sont concernées par la délicate problématique de l’Eglise par rapport à l’homosexualité devraient lire ce livre. La récente décision du pape d’autoriser des bénédictions – mais non des mariages – entre personnes du même sexe – a encore compliqué le tableau ! L’abbé valaisan Joël Pralong, auteur de plusieurs livres sur le sujet, livre avec « Homo, trans et Dieu les bénit » une synthèse qui est probablement ce qui a été écrit de plus nuancé et de plus complet par un homme d’Eglise sur le sujet et dans le plus profond respect des personnes concernées et de leurs proches. Un livre qui aide à savoir ce que dit l’Eglise, à comprendre ce que vivent les personnes LGBTQ+ et à se montrer accueillant car « Dieu aime tout le monde » (aux Editions Saint-Augustin).

«Je ne donne pas la communion»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

L’avez-vous remarqué ? Depuis plusieurs années, à cause de son problème de mobilité, François ne donne plus la communion directement. Pourquoi ?

« Le prêtre est le ministre ordinaire de l’eucharistie », dit la rubrique idoine dans le Missel. Certes. Mais au vu du nombre d’auxiliaires d’eucharisties, appelés (encore !) ministres « extraordinaires », il semble que ce rôle tende à s’ouvrir systématiquement aux bénévoles de nos paroisses ; plus d’« ordinaire » ou d’« extraordinaire », en somme, mais chacun.e au service des communautés selon besoins.

« Je reste en arrière »

Dans un ouvrage de 2010, alors encore archevêque de Buenos Aires, Papa Bergoglio avait expliqué pourquoi – déjà à l’époque ! – il s’abstenait parfois de donner la communion : « Nous connaissons parfaitement le curriculum de certains d’entre eux [ndlr des fidèles qui s’avancent pour recevoir la communion], nous savons qu’ils prétendent être catholiques, mais qu’ils ont des comportements indécents dont ils ne se repentent pas. C’est pour cette raison que, dans certaines occasions, je ne donne pas la communion, que je reste en arrière et que je laisse ceux qui m’assistent dans la célébration de la messe le faire, parce que je ne veux pas que ces gens s’approchent de moi pour la photo. » Stratégie évangélisatrice ?

« Je laisse les assistants le faire »

Certes, depuis qu’il est Pape et de plus en plus limité côté mobilité, il applique le raisonnable : qu’un autre évêque préside la célébration à l’autel sous le baldaquin de Saint-Pierre (alors qu’encore récemment, seul le pontife pouvait y présider la messe) ; que les prêtres présents, y compris les concélébrants, donnent la communion comme dans toutes les eucharisties paroissiales.

Quant aux photographies, à constater sur le site de l’« Archivio fotografico » du Saint-Siège que les images des communiants aux célébrations pontificales ont diminué drastiquement…

Accueil du nouveau cardinal valaisan: Mgr Emil Tscherrig

Lors de la messe à la cathédrale.

Par Jean-Michel Moix
Photos : Noël Briffod

En ce dimanche 2 juin, au cours d’une messe festive en la cathédrale de Sion, Mgr Emil Tscherrig, créé cardinal le 30 septembre 2023, est accueilli solennellement en son diocèse de Sion. 

Originaire du Haut-Valais, natif du village d’Unterems (au-dessus du village de Tourtemagne), Emil Tscherrig est né en 1947, au sein d’une famille de paysans. Ayant achevé ses études de théologie à Sion et à Fribourg, il est ordonné prêtre en 1974. Puis il est envoyé à Rome pour des études en droit canonique ; en 1978 il entre au
service du Saint-Siège dans le domaine de la diplomatie. 

C’est ainsi qu’il organise et accompagne le pape Jean-Paul II lors de ses voyages internationaux (notamment pour les « JMJ »), de 1982 à 1996. Consacré évêque en 1996, il est nommé nonce : successivement au Burundi, dans les Caraïbes, en Corée du Sud, en Mongolie, en Scandinavie, puis en Argentine en 2012. C’est à Buenos Aires qu’il fait la connaissance de son archevêque-cardinal, Mgr Jorge Mario Bergoglio, qui sera élu pape l’année suivante ! 

Bénéficiant de la confiance et de l’estime du pape François, Mgr Tscherrig est ensuite nommé nonce en Italie en 2017, devenant ainsi le premier nonce non italien depuis 1929 ! Atteint par la limite d’âge, le Pape accepte la renonciation à son mandat de nonce en mars de cette année. Il demeure néanmoins le deuxième cardinal suisse électeur, au côté de Mgr Kurt Koch, en cas de conclave. Et il est le troisième cardinal du diocèse de Sion, après Mgr Mathieu Schiner et Mgr Henri Schwery.

Mgr Emil Tscherrig au premier plan, et notre évêque, Mgr Lovey au second plan.

Ne pas avoir peur du savoir

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF
Photos  : cath.ch, DR

Grâce au progrès scientifique très rapide des derniers siècles, nous connaissons de mieux en mieux l’Univers, y compris nous-mêmes. Dans ce numéro, on parle d’astrophysique : elle nous permet non seulement de mieux connaître les étoiles et galaxies que l’on voyait depuis longtemps, mais aussi par exemple les trous noirs. Nous prenons conscience de notre extrême petitesse, sans d’ailleurs en tirer une grande modestie collective.

Il n’est pas toujours facile pour les croyants de mettre ces connaissances scientifiques en lien avec leur foi. Certes ils sont généralement heureux des progrès de la médecine, mais l’histoire du monde, de la vie, l’évolution demande un sérieux approfondissement de notre lecture des textes bibliques. Ce que la psychologie nous apprend de nous-mêmes requiert un effort identique dans le domaine moral.

Ce qui nous guide, c’est notre foi en un Dieu bon et créateur. C’est lui qui a fait cet Univers que nous découvrons, c’est aussi lui qui nous donne la capacité et la joie d’y comprendre quelque chose. Avoir peur du savoir, c’est douter des dons que Dieu nous fait.

Je reste marqué par ce qu’une mère m’a dit de sa fille, qui avait alors 8 ans. Le neveu de la femme en question était venu passer le week-end et la famille avait emmené à la messe ce garçon de 10 ans. A la sortie de la messe, le neveu dit : « Moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église, parce que je suis Dieu ! » Et sa cousine de lui répondre du tac au tac : « Regarde ces montagnes, c’est toi qui les as faites ? » Je vois dans cette géniale réplique comme un écho du Psaume 8 : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte. A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »

Les Sœurs de Saint-Joseph à Monthey

Les Sœurs de Saint-Joseph sont sur leur départ. En raison de leur âge, du manque de relève et de circonstances imprévues, le Conseil Général de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy a pris la décision de fermer la dernière maison à Monthey en été 2024. Retour sur leur présence, à Monthey et dans le Chablais depuis 1878, avec Sœur Claude.

Par Sœur Claude | Photos : Centenaire Saint-Joseph/Monthey 1878, Jean-Michel Moix, DR

De 1650, date de notre fondation au Puy en Velay (FR), jusqu’à nos jours, les Sœurs de Saint-Joseph sont appelées, par leur charisme, à aller de préférence vers les plus démunis et les plus délaissés. C’était bien le cas au XVIIe siècle, lorsque des jeunes traînaient dans la rue, sans instruction, des malades et vieillards languissaient, faute de soins ; combien de pauvres attendaient une aumône ! Et des prisonniers, une écoute ! L’Etat, à cette époque, n’avait pas encore pris en charge ces catégories de la société. Par la ferveur de quelques femmes, doublée d’ingéniosité, écoles, hôtels-Dieu, hospices, se multiplièrent peu à peu dans la région du Puy et au-delà. Si les structures sociales ont évolué au cours du temps, les situations de détresse n’en demeurent pas moins actuelles sous d’autres formes. Nos Sœurs en Inde et en Afrique en témoignent auprès des nombreux pauvres de leur population, des sidéens, des tribus défavorisées…

Mais remontons le cours de notre histoire ici à Monthey. Dernier maillon de notre longue chaîne d’histoire en Suisse, nous repassons, non sans émotion, mais avec gratitude, les étapes parcourues par nos devancières. Venues de Bourg en 1836 pour prendre en mains l’éducation des jeunes Montheysannes, puis de Champagnole en 1857, des Sœurs de Saint-Joseph ont balisé de loin notre chemin. Pour répondre aux besoins du temps, une Ecole libre fut créée, mais il manquait des enseignantes. Les autorités civiles et religieuses de Monthey, par l’intermédiaire de M. Cyprien Barlatey et de Mgr Bagnoud, s’adressèrent alors à la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy pour obtenir des Religieuses.

Arrivées à Monthey le 28 octobre 1878, les Sœurs s’installèrent à la ruelle des Anges dans la Maison Breisacher, où elles ouvrirent une Ecole de degré primaire. Celle-ci ne comptait au début que six élèves. Trois mois après l’ouverture, le nombre passait à 65. L’institution, bien qu’à l’étroit, y demeura cependant vingt-cinq ans. Par la suite, il devint peu à peu inconcevable d’enseigner dans un bâtiment sans cour, ni jardin. C’est pourquoi, en 1902, on entreprit des travaux de construction d’une nouvelle école sur les terrains actuels au Cotterg. Les élèves s’y installèrent à la fin décembre 1903. Venues pour enseigner aux filles du degré primaire, les Sœurs de Saint-Joseph recueillirent, en 1904, les élèves de deux pensionnats français et créèrent une école ménagère, qui deviendra officielle en 1951. En 1908 déjà, on ajoute un nouveau bâtiment appelé « l’Externat », qui abrita des classes primaires durant des décennies. Beaucoup s’en souviennent encore. D’ailleurs, il a simplement changé de nom. Comme le Pensionnat français venait de retourner en Haute Savoie en 1940, les sœurs accentuèrent leur effort au service de la région et du pays en inaugurant un enseignement commercial reconnu par le canton en 1954 et par la Confédération en 1977. Une grande nouveauté modifia le visage de l’Ecole en 1976 par l’accueil de la mixité. 

Puis, le grand mouvement qui bouscula les structures de l’Ecole Valaisanne remit en question  les choix de l’Institution. L’Ecole Secondaire devint officielle, les classes primaires, communales. Et conjointement, la diminution du nombre de religieuses força le destin, de part et d’autre. ll fallut quitter l’enseignement au degré primaire en 1978, l’Ecole supérieure de Commerce en 2001, alors qu’elle était en pleine voie de développement par l’introduction de la Maturité professionnelle et de la nouvelle section EDD préparant aux domaines de la santé et du service social.

Les bâtiments, eux, restent toujours au service de la jeunesse, témoins d’un passé  constructif. Et cela nous réconforte et nous réjouit. Restent aussi témoins d’une présence active des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey : l’Hôpital, devenu aujourd’hui une clinique de réadaptation, et l’EMS les « Tilleuls » où Sœur Bénédicte accompagna nombre de Résidents jusqu’à leur dernier souffle et, à trois semaines près, jusqu’à sa mort en 1999. 

La diversité des activités au service de la communauté régionale a conduit les Sœurs de Saint-Joseph au « Préventorium » de Val-d’Illiez, à Champéry et Aigle dans l’enseignement primaire, à La Tour-de-Peilz pour l’accueil d’hôtes en repos. Au terme de cette longue histoire, le petit noyau resté à Monthey s’est rendu disponible aux besoins de la Paroisse, des jeunes en attente d’un appui scolaire, des personnes âgées aux Tilleuls et à domicile,  des Réfugiés…

Un manque de relève, l’avancée en âge, des circonstances imprévues de logement, ont déterminé le Conseil Général de notre Congrégation à prendre une décision douloureuse, mais certainement réaliste : la fermeture de notre communauté religieuse de Monthey, la seule restante en Suisse.

Après 146 ans de présence dans le Chablais valaisan, nous quitterons le territoire helvétique pour nous rendre en France voisine dans le Diocèse d’Annecy, où se situent notre Maison Mère et quelques communautés. Tant de liens tissés avec une population devenue pour nous comme une seconde famille, tant de visages rencontrés dans nos écoles, à l’hôpital, aux Tilleuls, dans la Paroisse… demeurent pour nous un trésor vivant. Tout ce passé, nous l’emportons dans notre mémoire et plus encore dans notre cœur. Et si des traces de notre passage subsistent dans l’histoire chablaisienne, qu’elles rappellent aux uns et aux autres ce qui réunit au-delà du temps !

Présentation des trois Sœurs

La communauté des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey compte actuellement trois membres en cette année 2024, de gauche à droite : Sœur Marie-Louise, Sœur Marie-Odile, Sœur Claude.

Sœur Marie-Odile
Originaire de Rumilly, elle a rejoint la communauté de Monthey en août 2022. Elle dit avec joie avoir découvert le visage de l’œcuménisme. Auparavant, elle a enseigné la culture générale et l’économie ménagère, puis elle a travaillé à l’accueil d’un collège (pour les élèves de 11 à 15 ans) et au secrétariat pour les Sœurs de la Province.

Sœur Claude
Originaire de Vouvry, elle arrive à Monthey dans les années 1960. Par sa formation à l’enseignement, elle exerce d’abord son activité professionnelle à l’Ecole Secondaire du Pensionnat Saint-Joseph, puis au Cycle d’Orientation de Monthey. Elle est ensuite appelée à prendre la Direction de l’Ecole supérieure de Commerce jusqu’à sa retraite en septembre 2001. Depuis, elle se rend disponible à des services en Paroisse et dans la localité. 

Sœur Marie-Louise
Elle est originaire de Thônes, à 20 kilomètres d’Annecy. Elle est venue prendre sa « retraite » à Monthey en juin 2021. Précédemment, elle a enseigné les mathématiques et l’économie, puis a séjourné en Afrique, au Sénégal ; sa nomination à l’Economat général de la Congrégation l’a rappelée à Annecy, où elle demeura jusqu’à sa retraite.

Messe d’Adieu et d’Action de grâce

Présentes à Monthey et dans le Chablais valaisan depuis 1878, les Sœurs de Saint-Joseph prendront officiellement congé des Montheysans et Chablaisiens en la messe du dimanche 23 juin, célébrée en l’église paroissiale de Monthey à 10h30. 

La Bible au quotidien : la première lettre de Jean

Par Isabel Laranjeira et Philippe Ehrenzeller 
Photo : DR

« Celui qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4, 8)

La première lettre de Jean s’adresse aux chrétiens d’une communauté d’Asie mineure pour les encourager à rétablir la communion entre eux car ils sont divisés par des doctrines différentes. 

L’auteur les exhorte à garder à l’esprit ce qui a été proclamé « depuis le début » de la prédication chrétienne. Il répète ce que les premiers disciples ont vu, entendu et touché de leurs propres mains en vivant avec le Seigneur, afin que cette communauté puisse, elle aussi, être en communion avec eux et donc aussi avec Jésus et le Père 1.

Pour rappeler l’essence de la révélation reçue, l’auteur souligne qu’en Jésus, Dieu nous a d’abord aimés, assumant jusqu’au bout l’existence humaine avec toutes ses limites et ses faiblesses. Sur la croix, Jésus a partagé et vécu dans sa chair notre séparation d’avec le Père. En se donnant tout entier, il l’a guérie par un amour sans limites ni conditions. Il nous a montré ce qu’est l’amour par ses paroles et par sa vie.

Par l’exemple de Jésus, nous comprenons que l’amour véritable implique le courage, l’effort et le risque d’être confronté à l’adversité et à la souffrance.

Comment vivre cet amour qui vient de Dieu ?…

Santa se rend souvent dans une résidence pour personnes âgées, une maison d’inspiration chrétienne. Un jour, avec Roberta, elle rencontre Aldo, un homme riche et très cultivé. Aldo regarde les deux jeunes femmes d’un air sombre : « Pourquoi venez-vous ici ? Que nous voulez-vous ? Laissez-nous mourir en paix ! » Santa garde son sang-froid et lui dit : « Nous sommes ici pour vous, pour passer quelques heures ensemble, pour faire connaissance, pour devenir amis ». […]

Elles reviennent ensuite plusieurs fois. Roberta raconte : « Au début, cet homme était particulièrement fermé, très abattu. Il ne croyait pas en Dieu. Santa était la seule à pouvoir pénétrer un peu dans son cœur, avec beaucoup de délicatesse, en l’écoutant pendant des heures. » Elle priait pour lui et, un jour, elle lui offrit un livret de prières, qu’il accepta. « Plus tard, Santa apprit qu’Aldo était mort en disant son nom. La douleur provoquée par l’annonce de sa mort fut atténuée par le fait qu’il était parti paisiblement, en tenant dans ses mains ce livret qu’elle lui avait offert quelque temps auparavant. » 2  

1 Cf. 1 Jn 1 : 1-3  
2 P. Lubrano, Un volo sempre più alto. La vita di Santa Scorese, Città Nuova, Rome 2003, pp. 83-84, 107

Jeux, jeunes et humour – juin 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi avant la proclamation de l’Evangile traçons-nous trois croix ? *
En traçant une croix avec notre pouce sur le front, la bouche et le cœur, nous demandons au Seigneur que sa Parole vienne toucher notre intelligence, qu’il nous donne la force de la répandre à notre tour et de la conserver au plus profond de nous à l’instar de Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51).

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

M. le Curé avait lancé un appel : il cherchait un tronc d’arbre pour faire sculpter la statue d’un saint. Une paysanne avait dit à son mari : « Il n’y a qu’à lui donner notre noyer, il n’a jamais donné aucune noix. » Quelque temps plus tard, alors que la statue du saint trônait fièrement dans l’église, la paysanne vint prier le saint pour lui demander de guérir sa vache malade. Malheureusement, au lieu de guérir, la vache finit par crever. Levant la tête vers la statue du saint, elle lui dit : « Tu ne valais rien en noyer, tu ne vaux pas mieux en saint ! »

Par Calixte Dubosson

Bien plus qu’une remise c’est un envoi!

Pierre-Yves Maillard a remis les diplômes aux JB3. De gauche à droite : Estelle, Aude, Thomas, Chloé. Devant : Joy, Ludivine et Laëtitia. Et Melissa en communion depuis Madrid (en médaillon).

Le dimanche 14 avril 2024 a eu lieu la remise des diplômes Jeunes Bénévoles 3 (JB3), volée 2. Parmi les diplômés, trois ont mené leur projet dans nos paroisses. Sébastien Gauye, JB3 diplômé en 2022, a assisté à la remise de diplôme. Il nous partage son regard sur les nouveaux lauréats.

Par Sébastien Gauye
Photos : François-Xavier Mayoraz

Durant deux ans, huit jeunes adultes ont suivi le parcours de formation de Jeune Bénévole en Eglise (JB3). Celle-ci approfondit la dimension théologique, biblique ainsi que le cadre légal et sécuritaire. En parallèle à ces six journées « théoriques », chaque JB mène un projet personnel en Eglise. Dans cette démarche « pratique », il est accompagné par un référent sur le terrain. 

Dans ce singulier chemin, s’illustre aussi la rencontre des uns et des autres en Christ notamment au travers de temps de prières, de moments plus fraternels ou conviviaux. Jésus nous dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Parmi nos jeunes diplômés, le Seigneur a dû facilement trouver sa place… 

Avant la remise officielle du diplôme, chaque jeune a présenté son projet personnel à l’assemblée en y intégrant des éléments marquants de son parcours. Au travers de cette formation JB3, chacun y a trouvé de quoi nourrir et faire grandir sa foi. Nos jeunes missionnaires et bénévoles en Eglise sont désormais prêts à offrir leurs dons reçus et mûrement cultivés. Ils se confient à vos prières. 

Cette rencontre s’est clôturée par un temps de prière (spirituelle) suivi de son pendant spiritueux. Vous l’aurez peut-être remarqué, tout ne fait que commencer pour ces jeunes engagés… JB3 et envoyés : une jeunesse formée et en mission d’Eglise !

Merci à tous ceux qui ont guidé ces jeunes. Sans eux, cette aventure ne pourrait exister.

Trois jeunes chez nous :

Joy Monnet 
Au départ, je ne voulais pas suivre cette formation car j’avais beaucoup avec mon entreprise. Mais… étant directrice de la chorale « EnJoy », le projet JB3 prenait tout son sens. En effet, s’engager en tant que Jeunes Bénévoles dans les paroisses nécessite quelques notions théologiques, bibliques. J’ai pu approfondir quelques sujets sur la Foi et sur ma passion du chant délaissée depuis la fin de mes études. Ce projet m’a tellement apporté. Je me suis découvert d’autres charismes et il m’a permis d’apporter un autre regard sur Dieu et sur la Vie.
Un merci particulier à EnJoy Chorale, d’avoir animé notre messe de remise de diplôme.
Petit coup de pub, le chant c’est la Vie, nous recrutons… Viens nous rejoindre une fois par mois pour une répétition, une messe et un moment convivial entre jeunes.

Estelle Schmuck
La formation JB3 fut pour moi une expérience très enrichissante, car j’ai pu mettre en pratique une majorité des choses que j’ai vues durant les journées de cours. Mon projet était de reprendre le groupe Relais de Collombey-Muraz. J’ai proposé aux jeunes une rencontre par mois dont une fenêtre de l’Avent avec la participation de EnJoy Chorale.

Melissa Lopez Albalat
Durant ces 18 mois en Suisse, Melissa a accompagné les confirmands de Monthey puis fondé un nouveau groupe MADEP. Elle est rentrée à Madrid en mars 2024.
« Des JB je retiens l’envie de tous les jeunes de changer l’Eglise pour faire une nouvelle Eglise qui a envie d’aimer, d’aider et qui a toujours les bras ouverts (comme le Christ dans la croix) pour accueillir tout le monde. C’est notre mission. »

L’eucharistie: sacrifice et repas, source et sommet

Il y a quelque temps, j’ai vu dans un journal une illustration représentant la Cène – dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il s’agissait précisément de l’œuvre de Leonardo da Vinci (1452-1519).

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : DR

Juste au-dessous de celle-ci, on a placé une photo semblable où le Christ et ses apôtres ont été remplacés par de jeunes femmes – mannequins de mode. L’une d’entre elles serrant dans ses bras le corps d’un homme à moitié nu.

J’avais déjà vu, par exemple, la Joconde avec une moustache ou utilisée pour une publicité pour de la glace, du café ou de la pizza… mais là (la Cène)… Il y a davantage que la profanation d’une œuvre d’art ! Cette image symbolise, pour les chrétiens, l’instauration de l’eucharistie par laquelle l’homme n’arrête pas d’entrer en communion avec Dieu et avec ses frères et sœurs.

Nous vivons une période où les nouveaux initiés s’approchent pour la première fois de la table du Seigneur. Nous les préparons et accompagnons – ainsi que leurs parents / familles – à une vie eucharistique, à une pratique régulière pour se nourrir du Corps du Christ. 

Deux dimensions associées

La célébration eucharistique est un mystère pascal où deux dimensions sont associées : le sacrifice et le repas. Nous passons avec Jésus du dernier repas, par la Croix, à la Résurrection et nous sommes orientés vers son retour.

L’eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne (Lumen Gentium 11). Nous sommes appelés à ne pas dissocier l’eucharistie de notre vie, de la vie du monde et de notre relation aux autres.

Source…

Elle est source parce que nous y rencontrons le Christ ressuscité, le même qui prend l’initiative de rencontrer ses disciples sur le chemin de leur vie. Le Seigneur nous transforme et nous envoie en mission pour L’annoncer, en paroles et en actes, là où nous vivons.

… et sommet

L’eucharistie est sommet parce que nous y apportons tout ce que nous vivons. Nous nous associons à l’offrande de la vie du Christ ; nous lui présentons la vie du monde et de nos frères et sœurs. C’est Lui-même qui nous rassemble à sa table et comble toutes nos faims.

Réinventer l’hospitalité urbaine

Juliette Salzmann.

La cohésion sociale d’une ville est en partie déterminée par la place laissée à la diversité religieuse. Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC) explore les formes de solidarités qui constituent « l’hospitalité urbaine ». Entretien avec Juliette Salzmann, collaboratrice scientifique au CIC.

Par Myriam Bettens
Photos : J. Salzmann

Pourquoi le lien entre urbanité et religiosité a-t-il été négligé par les collectivités publiques et la recherche scientifique durant si longtemps ?
Les recherches ont longtemps considéré le religieux en ville à travers le prisme de la sécularisation, thèse menant à concevoir la ville comme un espace neutre du point de vue religieux. Or, cette neutralité confessionnelle de l’espace public n’existe pas vraiment. C’est précisément en milieu urbain que se trouve la plus grande diversité religieuse. A partir des années soixante, on assiste à une pluralisation croissante des croyances et pratiques en Suisse. Ce phénomène s’accompagne d’une privatisation et d’une individualisation de celles-ci, ce qui explique, en partie, la moindre considération de ces questions par les collectivités publiques.

De quelle(s) manière(s) le milieu urbain et la pratique religieuse s’influencent-ils mutuellement ?
L’accès à l’espace est l’une des conditions premières du déploiement de la pratique religieuse. Les Eglises historiques sont souvent propriétaires de leurs lieux de culte, ce qui n’est que rarement le cas des autres communautés plus minoritaires qui mobilisent alors des stratégies d’occupation de l’espace. Par exemple, elles investissent des espaces initialement prévus comme locaux d’habitation, commerciaux, industriels ou recourent à la sous-location de lieux de culte de communautés établies. Certaines communautés développent des projets immobiliers, ce qui permet de générer des revenus. Ce faisant, les communautés façonnent le milieu urbain autant qu’elles doivent s’y adapter, en ce sens, villes et pratiques religieuses sont intimement liées. De plus, les lieux de culte sont fondamentalement en interaction avec leur environnement direct. 

Dans l’idée d’hospitalité urbaine, comment l’environnement urbain accueille-t-il les pratiques religieuses ?
C’est un accueil ambigu, car bien que la plus grande partie de la diversité religieuse se concentre dans les zones urbaines, de nombreuses communautés ont des difficultés à accéder à l’espace pour établir un lieu de culte. Cet accès dépend de la volonté des communautés établies de partager le leur, du bon vouloir des régies immobilières, des prix très élevés du marché immobilier et de certains préjugés à l’encontre de communautés pouvant aussi constituer un frein supplémentaire. Par ailleurs, les lieux de culte jouent aussi un rôle dans l’hospitalité, dans la mesure où ils constituent de véritables lieux de vie. Les activités séculières se déployant autour de communautés religieuses nourrissent des formes de solidarité et participent à alimenter la vie des quartiers. 

Quel est l’impact d’une loi sur la laïcité de l’Etat, comme c’est le cas à Genève ?
Nous avons peu de recul sur les effets de cette nouvelle loi puisque son règlement d’application n’est entré en vigueur qu’en juin 2020. Mais elle souligne l’ambiguïté du processus de sécularisation. D’une part, en la considérant comme une donnée aboutie, et d’autre part, légiférer est le signe d’une volonté de l’affirmer comme une nécessité politique. Or, la compréhension de cette loi et du principe de laïcité n’est pas uniforme et cela conduit à générer un « tabou » autour des questions religieuses et spirituelles par peur d’enfreindre ce principe. Dès lors, la prise en considération du religieux dans la sphère publique dépend fortement des sensibilités, des convictions et des bonnes volontés individuelles.

Le café ouvert au public de l’Espace Lumen aux Pâquis à Genève, le 6 avril 2023.

Bio express

Juliette Salzmann est collaboratrice scientifique au Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC). Elle est titulaire d’un bachelor et d’un master en sciences des religions de l’Université de Lausanne et collabore sur le projet ReligioCités : Religions et vie urbaine à Genève avec une équipe de chercheuses et chercheurs.

Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC)

Ce projet analyse le rôle du religieux et des solidarités locales à l’échelle de plusieurs quartiers genevois. Il encourage les échanges entre les communautés religieuses, le monde associatif et les habitants afin de favoriser la cohésion sociale. Ce projet est mené par le Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC), une fondation privée d’utilité publique avec pour mission d’améliorer la connaissance de la diversité religieuse en Suisse à travers la sensibilisation et la formation. Plus d’informations sur www.cic-info.ch

Première communion solennelle sur Collombey et sur Muraz

Par Jean-Michel Moix | Photos : Aurélie Fernandez (Collombey), Bastien Clerc (Muraz)

En ce premier dimanche du mois de mai, le 5 mai, 19 enfants ont fait leur « première communion ». Les voici, accompagnés par l’abbé Valentin Roduit : Branco Silva Kylian, Cutrino Esteban, Delacroix Romain, Marra Ndongbou Océanne, Mulisanze Teta Keyla, Pinho Neves Leticia, Ribeiro Gomes Diana, Branco dos Santos Diana, Santos de Sousa Kateline, Tissière Elsa, Fernandez Samuel, Hoffmann Tania, Nobile Julie, Pochon Jules, Ricci Mattia David, Savary Elisa, Vargas Valente Leila, Costa Silva Leonor, Leite Pereira Iris.

Du côté de Muraz, 13 enfants ont fait leur « première communion » en ce jeudi de l’Ascension, 9 mai. Les voici, accompagnés par l’abbé Jean-Michel Moix : Baouth Alicia, Bruttin Loïc, Chablais Luca Gabriel, Chervaz Natan, Dos Santos Tony, Lattion Elsa, Lattion Adélie, Mathieu Théo, Parvex Kélian, Ramos Pereira Devon, Ribeiro Pinto Margarida, Udressy Jérémy, Vizzino Luca.

Quatre célébrations des premières communions dans la paroisse

Plusieurs dizaines d’enfants de notre paroisse ont vécu la célébration de la première communion en avril et en mai. Nous publions dans ces pages les « photos de famille » des quatre groupes d’enfants qui ont cheminé vers la vie eucharistique.

Photos : Guillaume Grandgirard (Estavayer, Cugy et Bussy), Marc Ducrest (Murist)

Dimanche 21 avril à Murist

Bise Nolan, Bobela Léon, Bosson Maxime, Carrard Grégoire, Dubois Léa, Majeux Aya, Taccoz Noa, Arijon Mayla, Corminboeuf Tom, Di Meo Benjamin, Grognuz Baptiste, Piotou Malia, Baeriswyl Elsa, Urech Théo, Vallat Martin, Buffat Luc, Currat Théa, Eisenhut Kyle, Emery Kelya, Juriens Alicia, Ménétrey Camille, Pereira Fernandes Leana, Pinho Lopes Livia, Alvarez Louise, Juan Magalhaes Sequeira.

Dimanche 28 avril à Bussy

Bernasqué Elaia, Duc Benjamin, Etienne Adrien, Gitteau Lilian, Berchier Emilien, Cuche Enora, Dafflon Colin, Liniger Chloé, Pizzolante Fabrizio, Vadi Matteo.

Dimanche 5 mai à Cugy

Bersier Emline, Dubey Chloé, Francisco Mathias, Jauquier Benjamin, Jauquier Florian, Marcelino Gaïa, Bajrami Toni, Volery Coralie, Tinguely Niels, Fehlmann Lisa, Bottinelli Louan, Thévoz Lucie, Leu Natalia, Thürler Enora, Marchand Jules, Python Elodie. 

Jeudi 9 mai (Ascension) à Estavayer

Amstutz Adèle, Barbey Hugo, Bloechle Raphaël, Brasey Yanis, Buchs Sohan, Carrard Louane, Espin Enora, Fernandes Almeida Vitoria, Galantine Claire, Giacomotti Emmy, Henchoz Lukas, Hirt Mélissa, Leroux Romain, Ménétrey Loïse, Michaud Mathieu, Michel Luna, Miéville Olivia, Minder Joey, Oliveira Borges Kaïly, Pellet Robin, Périsset Félicien, Rey Julia, Semedo Kelya, Sousa Dias Lara, Torche Lena, Rios Garcia Esteban, Fasel Chloé, Egger Shana, Egger Stacy.

Maître-autel, église Sainte-Catherine, Sierre

Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers.

L’église Sainte-Catherine est une des plus anciennes de Sierre. Elle est bâtie au XVIIe siècle pour remplacer une ancienne église devenue trop étroite.

Le baldaquin est inspiré de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome. Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers. 

L’œuvre est bien sûr plus simple que celle de Gian Lorenzo Bernini. Ici, pas de colonnes torses en bronze et les proportions sont bien plus modestes (environ 30 mètres de haut à Rome). Il s’agit tout de même d’un élément suffisamment rare dans les églises de Suisse romande pour qu’il soit remarquable. 

Présence réelle du Christ

A l’origine, les baldaquins servent à mettre en évidence l’autel. Parfois ornés de rideaux, ils rappellent le tabernacle du Temple de Jérusalem. De la même manière que le Saint des saints accueillait la Shekinah, le baldaquin indique la présence réelle du Christ.

Des épisodes de la vie de sainte Catherine d’Alexandrie sont représentés dans la cartouche de la voûte du chœur. La sainte est une martyre du IVe siècle, réputée comme la plus jolie et la plus savante de toutes les jeunes filles de l’Empire. Elle est condamnée à mort à l’âge de 18 ans pour avoir refusé d’épouser l’Empereur Maximin. 

S’étant engagée dans un mariage mystique, Catherine déclare : « Le Christ est mon Dieu, mon amour, mon berger et mon époux unique. »

Une première tentative de la tuer échoue. Grâce aux supplications de la Vierge Marie, un ange détruit les roues qui devaient broyer le corps de la jeune femme. La légende raconte que quatre mille pèlerins périrent dans la manœuvre. Par la suite, Catherine est condamnée à la décapitation. C’est la scène qui est représentée au premier registre de la cartouche. 

Peu avant sa mort, la sainte entend une voix lui dire : « Viens, ma bien-aimée, ma belle ! Voilà : la porte du ciel t’est ouverte. » Elle est ensuite enlevée vers le ciel par des anges, ce que l’artiste a représenté au second registre.

Les 40 heures

La première édition des 40 heures a eu lieu au Monastère des Bernardines pour les paroisses de Collombey et Muraz, du jeudi 2 mai au samedi 4 mai. 
40 heures d’adoration, ça veut dire 40 adorateurs… qui ont répondu très généreusement !

Texte et Photos par Valentin Roduit

Certains se sont retrouvés seuls avec le Seigneur au milieu de la nuit. D’autres ont eu la surprise de se trouver bien entourés dans l’après-midi, touchés de voir défiler un bon nombre de priants. Il y en a eu pour tous les goûts et le Seigneur a touché les cœurs.

Quelques réactions :

« Un pur moment de bonheur en tête à tête avec Lui. Je peux déjà confesser un péché d’égoïsme : le Tout-Puissant rien que pour moi… »

« Ça a piqué de se lever, mais la récompense ensuite était belle ! »

« Ce fut un moment de plénitude et de bonheur, je souhaite un beau dimanche à tous ces premiers communiants et à leurs familles. »

« Un bon moment seule avec Dieu ! L’heure a passé tellement vite… Incroyable ! »

Ces retours montrent que les adorateurs ont apprécié. Les sœurs bernardines ont été touchées par la ferveur paroissiale. Un confrère m’a confié avoir été frappé de la profondeur de la prière de ceux qui étaient là en même temps que lui. Le carnet d’intentions témoignait également que les adorateurs ont porté tout leur entourage devant le Seigneur.

Leur prière a préparé les deux belles célébrations des premières communions, le dimanche 5 mai à Collombey et le jeudi 9 mai à Muraz.

C’était une tradition ancienne qui redémarrait au Monastère, mais également une découverte pour certains. Si la messe est bien connue des pratiquants, l’adoration était pour certains une expérience nouvelle de prière.

Gageons que cette chaîne de prière paroissiale trouvera suffisamment d’adorateurs si elle devait être relancée durant le courant de l’automne, ou (rêvons, pourquoi pas…) devenir plus régulière.

Nuit d’adoration du Jeudi saint à Vionnaz

Par Stéphanie Reumont 

Depuis maintenant quatre ans, la paroisse de Vionnaz organise une nuit d’adoration pour le secteur qui suit la célébration du Jeudi saint. De 21h à 7h du matin, les fidèles se relaient pour adorer le Saint Sacrement ; certains pour une heure, d’autres toute la nuit. 

« J’ai veillé toute la nuit, et malgré tout, je n’ai jamais été aussi en forme au petit matin. Je me sens comme sur un nuage. C’est un peu comme une batterie à plat qu’on recharge, moi j’ai été rechargée par le regard d’Amour de Dieu durant cette nuit », confie une paroissienne. 

Cette nuit d’adoration a été pensée pour répondre à la demande du Christ, la veille de sa passion : « veillez et priez ». 

Les comptes paroissiaux 2023 décortiqués et approuvés

Une cinquantaine de membres de la paroisse Saint-Laurent Estavayer ont participé jeudi 25 avril dernier, à Montet, à l’assemblée de printemps, dite des comptes. Lesquels font apparaître, pour l’exercice 2023, une bonne santé financière. Le responsable des finances a toutefois annoncé poursuivre un travail de controlling plus serré du ménage paroissial.

Texte et photo par Claude Jenny

Les débats ont été conduits par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse. Mais c’est un autre Alexandre, vice-président et responsable du dicastère des finances, qui a passé sous une loupe pointilleuse les comptes de 2023. Alexandre Bersier et la comptable Séverine Rey-Pillonel ont donné moult explications sur le pourquoi de chaque minus ou malus enregistré dans un compte. Le nouveau « ministre paroissial des finances » n’aime pas les écarts par rapport au budget  et dit veiller au grain, en faisant des pointages réguliers au fil de l’année pour éviter tout dérapage. 

Une bonne santé financière

« Je ne veux rien casser ! » a répété à plusieurs reprises Alexandre Bersier. Entendez qu’il n’entend pas couper dans les ressources allouées aux divers postes comptables. Mais il veut quand même une gestion plus rigoureuse qui implique que chaque dépense doit être justifiée et, hormis des cas d’urgence, doit être au plus près du budget. Ainsi, par exemple, le poste « archives », qui a enregistré un excédent de dépenses conséquent, fait l’objet d’une attention particulière. « Lorsque le budget est dépensé, sauf raison impérieuse, il faut savoir dire stop ! » a renchéri le trésorier, qui a relevé l’excellente collaboration avec la secrétaire-comptable, Séverine Rey-Pillonel, qu’il a d’ailleurs remerciée pour son travail en lui remettant un cadeau. « Nous avons une séance commune chaque semaine pour avoir un suivi régulier » se plaît à relever Alexandre Bersier qui souligne l’importance des rencontres qui ont déjà eu lieu – avec les chœurs mixtes, avec les conseils de communauté, avec l’équipe pastorale – et celles qui sont agendées pour cette année. 

Le résultat de l’exercice 2023 ne laisse apparaître qu’un petit bonus de 20’000 fr., pour un montant total de fonctionnement de 4,1 millions. Mais ne nous y trompons pas : les finances de la paroisse se portent à merveille. Car si l’on tient compte des jeux d’écriture entre les attributions et les prélèvements dans les réserves, c’est une somme positive proche du demi-million qui traduit le bon résultat de l’exercice et de la gestion des sous de la paroisse. Laquelle dispose d’un solide bas de laine de plusieurs millions en termes de liquidités et n’a quasiment plus de dettes.  

Un avantage qu’Alexandre Bersier a relevé puisque la paroisse peut ainsi financer tous ses investissements sans recourir à l’emprunt. Au chapitre des investissements précisément, le président Alexandre Duc a détaillé l’état de tous les chantiers en cours. Une situation parfaitement maîtrisée avec, comme principaux chantiers d’actualité, la rénovation de la cure de Forel, de l’église de Nuvilly et de celle de Seiry. Ces comptes ont été approuvés à l’unanimité par l’assemblée, après recommandation de la commission financière. Pas question par contre d’envisager une baisse du taux de l’impôt ecclésiastique !  Mieux vaut thésauriser en vue de temps plus durs qui pourraient surgir, notamment en lien avec les nombreux retraits d’Eglise.

Appel pour la jeunesse

A une question d’une paroissienne qui s’étonnait qu’un montant très conséquent soit affecté à l’entretien des bâtiments – lieux de culte et autres – au détriment des budgets affectés à des tâches dites pastorales, le responsable des finances a reconnu que : « Oui, avec une vingtaine de bâtiments à gérer, nous sommes comme une gérance immobilière. » Mais, a-t-il bien précisé : « Je suis ouvert à défendre des budgets pour la pastorale si des projets concrets sont présentés au Conseil de paroisse. » 

Et Alexandre Bersier de prôner davantage d’imagination pour mieux faire le lien avec les jeunes paroissiens au travers de diverses initiatives. Il a cité le « tournoi de ping-pong de l’abbé Darius » comme un exemple de nouveautés allant dans cette direction. Il s’est dit ouvert à écouter l’équipe pastorale mais aussi toute paroissienne et tout paroissien prêt à se mobiliser dans ce sens. « Soyons inventifs ! » a-t-il lancé.

Le sens des noms

Leila Fortis.
« Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. »

Par Nicolas Maury
Photos : DR

« En Amérique latine, la manière d’appréhender la foi est différente d’ici en Suisse », explique Leila Fortis. Coordinatrice de la catéchèse pour la Mission de langue espagnole et la paroisse du Sacré-Cœur à Lausanne, elle parle en connaissance de cause : elle a été élevée au Chili. « Là-bas, les gens ont besoin de toucher, de voir. Ils croient, mais c’est souvent comme si derrière chaque geste ou parole, il y avait quelque chose de magique. Dieu est considéré comme un papa un peu sévère qui nous punit quand on agit mal. Le message que je fais passer, c’est qu’il est un papa miséricordieux. Quoi que l’on fasse, si on cherche à changer les choses, si nous le laissons agir dans nos vies, Dieu nous pardonne. »

A priori rien ne semble destiner Leila Fortis à s’engager en Eglise. Mais tout s’est mis en place naturellement. « Je suis arrivée en Suisse à 21 ans, j’ai passé un certificat de français moderne à l’Uni de Lausanne et j’ai épousé un Neuchâtelois. Nous avons emménagé à Pully, puis à Lausanne. Je suis arrivée sur le territoire paroissial en 1998. »

La naissance de ses enfants – Tamara et Enzo – aura un impact non négligeable. « La paroisse nous a demandé si nous voulions les inscrire au caté. Nous l’avons fait successivement pour tous les deux. A l’époque, les parents étaient impliqués pour préparer les séances de catéchèse familiale. Mes enfants ont commencé à servir la messe et, de fil en aiguille, on m’a sollicitée pour accompagner les groupes de catéchèse. Je l’ai fait d’abord comme bénévole, puis officiellement en 2013. Auparavant, le poste de coordinatrice n’existait pas au Sacré-Cœur. »

Son travail lui donne beaucoup de satisfactions. « La catéchèse, ce n’est surtout pas l’école. C’est un moment de partage où l’on vient parler de quelqu’un, qui est Jésus. On évoque sa vie, et ce qu’il est pour nous. »

Depuis le Covid, Leila a remarqué que des changements importants sont intervenus, même si la cause reste difficile à identifier. « Comme s’il y avait moins de temps pour connaitre Jésus, justement », déplore-t-elle. Qui ne perd pas espoir : « La paroisse n’est pas un endroit où on distribue les sacrements. C’est une communauté. Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. » Elle se fait donc un devoir d’apprendre le nom de chaque enfant. « C’est tellement important d’être connu par son prénom, parce que c’est en reconnaissant notre prénom que Dieu nous aime. »

Leila Fortis 
• Née au Chili en 1970.
• Arrivée en Suisse en 1991.
• Coordinatrice en catéchèse depuis 2013.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

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