Astrophysique et religion

Jean 8, 23 : « Et il leur dit : vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. » Quel est ce monde dont nous parle le Christ ? Lorsque les scientifiques veulent comprendre l’Univers, se rapprochent-ils de ces mondes d’en bas et d’en haut ?

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Astrophysique et astronomie, quelle différence ?

L’astrophysique est une branche de l’astronomie. L’objectif est de comprendre les objets de l’Univers (étoiles, planètes, galaxies, composition de l’espace intersidéral) grâce à des moyens issus de la physique. Ainsi, des études portant sur le spectre lumineux ou électromagnétique, densité, composition chimique de ces mêmes objets célestes formeront les axes d’investigation des scientifiques. 

L’astronomie est la science de l’observation des corps célestes : leurs mouvements, leurs origines, leurs états (naissance, vie, mort des étoiles par exemple) et aussi leurs propriétés physiques et chimiques incluant les résultats de l’astrophysique.

Représentation d’Eratosthène à Alexandrie, qui a calculé la circonférence de la Terre avec une précision étonnante.

La plus ancienne des sciences

L’archéologie a montré que, déjà à l’âge de bronze, les premières civilisations observaient le ciel, repéraient certaines constellations, admettaient le cycle des saisons, identifiaient les équinoxes et les solstices.

Dès le IIIe siècle av. J.-C., Aristarque de Samos (310 av. J.-C. – 230 av. J.-C.) élabore la théorie héliocentrique de l’Univers (les planètes tournent autour du soleil) mais cette idée fut déclarée hérétique en contredisant la vision géocentrique (pensée d’Aristote) de l’Univers liée à la distinction entre une Terre centre du monde jugée imparfaite et un monde extérieur synonyme de perfection qui s’articule autour de notre planète. 

La question de la forme de la Terre et donc des planètes par extrapolation est résolue dès l’Antiquité, même si le refus de l’évidence dura jusqu’à la fin du Moyen-Age. Rappelons que les voyages de Christophe Colomb, de Magellan à la fin du XVe et au début du XVIe siècle ont pour but de (re)démontrer que la Terre est une sphère (qui n’est d’ailleurs pas parfaite !). Il semblerait que Thalès de Milet (de -625 à -547) ait été le premier à s’être réellement posé la question de la forme de la Terre. Mauvaise pioche toutefois puisqu’il supposait une Terre en forme de disque plat sur une vaste étendue d’eau. C’est ensuite Pythagore (de -580 à -495) et Platon (de -428 à -348) qui lui (re)donnent une forme sphérique jugée plus rationnelle. Et enfin Aristote (de -384 à -322) qui en apporte quelques premières preuves observationnelles comme la forme arrondie de l’ombre de la Terre sur la Lune lors des éclipses. Un fait qui ne paraît alors pas réellement choquer son monde.

Il ne faudra d’ailleurs ensuite pas attendre bien longtemps avant qu’Eratosthène (de -276 à -194) n’en calcule la circonférence. Il avait remarqué qu’à midi, le jour du solstice d’été, il n’y avait aucune ombre du côté d’Assouan. En mesurant l’ombre d’un bâton planté à Alexandrie au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il déduit la circonférence de la Terre avec une précision assez étonnante : 39’375 kilomètres contre quelque 40’000 kilomètres pour les estimations actuelles.

Observer, étudier, comprendre

En cherchant à mieux décrire l’Univers, les astronomes et les astrophysiciens se sont souvent trouvés dans une situation difficile, vitale parfois, face à une vision religieuse de cet Univers. Cependant, l’Eglise n’a jamais fermé la porte à l’exploration scientifique bien au contraire : citons les travaux de Boèce (début du VIe siècle), de saint Bède le Vénérable (VIIIe) qui établit les règles scientifiques pour le calcul des dates des fêtes et le calcul du temps (calculs liés à l’observation de la course des planètes, la Lune en particulier) ou de Gerbert d’Aurillac (pape Sylvestre II). D’un point de vue philosophique, l’opposition de l’Eglise est davantage liée à son rôle au sein de l’humanité plutôt qu’à la négation systématique du fait scientifique. Certes, Copernic et Galilée sont les exemples les plus célèbres de cette contradiction entre l’observation objective de l’Univers et la croyance issue d’une lecture littérale des textes religieux. Mais, parallèlement, le pape Grégoire XIII crée en 1578 l’Observatoire du Vatican et en confie la gestion aux Jésuites astronomes et mathématiciens du Collège Romain avec pour premier objectif la réforme du calendrier qui aboutira en 1582 au calendrier grégorien à la suite des travaux de Christopher Clavius.

Mais l’observation ne suffit pas à élaborer une vision scientifique : il faut développer la ou les théories pour que l’observation ne soit plus considérée comme le résultat d’un hasard, mais comme le résultat de lois, de développements mathématiques et finalement obtenir une relation de cause à effet. C’est Isaac Newton qui, en formulant la loi de l’attraction des corps (la loi de la gravitation) associée à ses lois du mouvement, permet finalement de donner une explication théorique au mouvement des planètes. 

Et maintenant ?

En étudiant l’Univers, plus les scientifiques avancent dans leurs recherches, leurs observations, leurs théories, plus de questions se posent. En particulier, comment pouvons-nous comprendre la naissance de l’Univers (si tant est qu’il y ait eu naissance) et son évolution ? 

Parmi ces questions, celle de la matière noire occupe une place très importante dans les recherches modernes. En effet, dans le cadre de la théorie de la gravitation d’Einstein, un des paramètres fondamentaux est la matière, incluant la matière noire, qui jouerait un rôle essentiel dans la création des grandes structures (le squelette de l’Univers). Cette matière noire expliquerait pourquoi notre Univers se compose de galaxies, d’amas de galaxies, mais aussi de vides immenses. Mais, si on ne la détectait pas, il faudrait alors revoir la théorie de la gravitation d’Einstein. Pour comprendre le concept de matière noire, il faut la définir par rapport à la matière ordinaire et à l’antimatière :

La matière ordinaire compose tout ce qui nous entoure, comme les atomes de notre corps, les étoiles ou les planètes. Selon ses propriétés, de charge électrique, de masse, et bien d’autres se rapportant à sa nature quantique, elle peut interagir avec les quatre interactions fondamentales (voir encadré).

La matière noire est une matière hypothétique qui ressentirait la gravitation et n’interagirait que par interaction faible avec la matière ordinaire.

L’antimatière : à chaque particule correspond une antiparticule. Leurs propriétés sont quasiment identiques. Une particule et son antiparticule ont la même masse, mais des charges électriques opposées.

La question qui se pose est de savoir quelle est la place de la Terre dans ce vaste champ d’investigation. Elle est unique puisque nous y vivons, mais est-elle unique parmi les autres planètes de l’Univers ? Comment s’exprime alors la volonté de Dieu, Créateur de l’Univers ? 

Jean 8, 23 : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. »

Le pape Sylvestre II fut un astronome reconnu. Dans sa correspondance, il explique notamment comment construire une sphère armillaire.

Les quatre interactions fondamentales

• La gravitation : gravité, pesanteur, système solaire, galaxie…

• L’interaction faible : processus radioactifs qui transforment un proton en neutron et réciproquement.

• L’interaction forte : force qui, entre autres, lie les protons et neutrons qui composent les noyaux des atomes.

• L’interaction électromagnétique: électricité, magnétisme, cohésion des atomes et des molécules.

Semaine sainte 2024 en images

Montée vers Pâques avec le groupe de jeunes.

Le Triduum pascal, c’est-à-dire les jours de la commémoration de la Passion et de la Résurrection du Christ sont toujours très intenses, des expériences fortes pour les grands et les petits, surtout lorsqu’on les vit « de l’intérieur »… Voici quelques images prises sur le vif prises par Marion Perraudin.

Saint Jean-Baptiste, patron du village de Montbrelloz

La statue de saint Jean-Baptiste à l’église de Montbrelloz.

Par l’abbé Bernard Alassani
Photo : Raphaël Roulin

Saint Jean-Baptiste est, pour les chrétiens, le dernier des prophètes d’Israël. Il est celui qui annonce et qui prépare la venue du Christ, le Messie attendu pour la fin des temps. Fils de Zacharie et d’Elisabeth, une parente de la Vierge Marie et cousin de Jésus, Jean-Baptiste est né et fêté le 24 juin (six mois avant la naissance de Jésus). 

L’annonce de sa conception un peu miraculeuse mais qui n’égale pas celle de Jésus, que Zacharie son père n’a pas crue ce qui lui a valu de devenir sourd jusqu’à la naissance de son fils. Huit jours après sa naissance il reçoit le nom de Jean et la langue de son père se délia et il bénit le Seigneur. Précurseur du Christ, il a annoncé à tout le peuple un baptême de conversion ; il est la voix qui crie dans le désert : « Préparez les voies du Seigneur. » Jean le Baptiste est le premier à montrer Jésus comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde après qu’il l’ait baptisé dans le Jourdain. Témoin de la vérité, il fut décapité sur l’ordre d’Hérode Antipas, à la demande d’Hérodiade et de sa fille Salomé selon les évangiles synoptiques. Son martyre est fêté le 29 août.

«A voir l’ouvrage de tes doigts» (Psaume 8)

Le Psaume 8, dans les notes de Buzz Aldrin.

Par François-Xavier Amherdt | Photos : DR

Le Psaume 8, déposé par les astronautes américains lors de leur arrivée sur la Lune, est puissamment « cosmique ». Il chante à la fois l’immensité de l’Univers créé par Dieu, le ciel, la lune et les étoiles, les milliards de galaxies, face auxquelles l’être humain se sent tout petit. Celui-ci ne peut donc pas se prévaloir d’une quelconque « domination » absolue ni exercer une exploitation éhontée sur la création, puisque tout lui a été remis par le Créateur. Il n’en est que l’humble bénéficiaire. Le recours à des textes scripturaires – comme au chapitre premier de la Genèse – pour légitimer le « pouvoir » des hommes sur la création passe donc à côté des Ecritures saintes !

Grandeur de la personne

En même temps, le chant psalmique vante la grandeur de la personne humaine, clamée et illustrée par la bouche des tout-petits. Car le Seigneur la façonne à son image, il la couronne de gloire et de beauté, il lui confie l’œuvre de ses mains et de ses doigts. Chaque homme et femme est donc établi comme cocréateur et chargé de poursuivre le labeur divin jusqu’à la consommation des siècles et à l’accomplissement du Royaume.

En harmonie

La Trinité « se souvient » des mortels, elle vient visiter les filles d’Eve et les fils d’Adam, elle les modèle selon sa ressemblance. Elle leur remet les animaux de la terre, du ciel et de l’eau, pour qu’ils évoluent en harmonie tous ensemble. Ainsi, astrophysique et foi se conjuguent-elles pour essayer de saisir l’insaisissable. La première essaie d’approcher de manière scientifique le déploiement du cosmos sans percer les secrets de l’infiniment grand et petit. La seconde exprime grâce à la Révélation la signification ultime, telle qu’instaurée par celui qui ne cesse d’œuvrer à la poursuite de l’expansion de la création. Jusqu’à ce qu’adviennent la terre et les cieux nouveaux (Apocalypse 21, 1). Qu’advienne le dialogue et la conciliation entre science, raison et foi !

Un temps pour le repos

Texte et photo par Marion Perraudin

L’été, temps de repos et de vacances,
Prenons le temps des rencontres fraternelles,
Dans la simplicité d’un cœur qui sait aimer
Que notre vie devienne le jardin où fleurissent les fruits de la joie. 
Pour l’offrir comme le pain de la joie.

L’été, temps de repos et de vacances,
Prenons le temps des rencontres nouvelles,
Dans la simplicité d’un cœur qui accueille l’aujourd’hui pour le partager,
Que notre vie devienne le terreau d’une nouvelle évangélisation.
Pour la donner comme le pain de l’espérance.

L’été, temps de repos et de vacances,
Prenons le temps de la rencontre intérieure,
Dans la simplicité d’un cœur ouvert à l’inattendu,
Que notre vie s’enrichisse de nos moments de prière et de méditation. 
Pour la nourrir du pain de la vie.

L’été, temps de repos et de vacances,
Prenons le temps de la rencontre avec notre Dieu trinitaire.
Dans la simplicité d’un cœur qui accueille son amour.
Pour que notre vie témoigne de sa présence.

Bel été à chacun

Frédéric Fays: un papa habité d’une foi heureuse

Frédéric Fays et sa fille Naomi à la sortie du baptême.

Papa de trois enfants, Frédéric Fays est un homme croyant et pratiquant. Selon lui, les enfants ne nous appartiennent pas. C’est ainsi qu’il leur a toujours laissé le choix dans leur vie et leurs loisirs, tout en les conseillant, y compris en ce qui concerne la foi. « Si tu veux la liberté pour toi, dit-il, il faut la laisser aux autres ! »

Texte et photo par Gérard Dévaud 

C’est dans cette dynamique qu’il y a quelques années, un de ses fils, Roméo, a vécu le cheminement du catéchuménat et a demandé le baptême. Et l’an dernier, Naomi, sa dernière fille, a également souhaité vivre cette grande étape vers le baptême. Et c’est le samedi 27 avril dernier qu’elle a reçu ce sacrement, librement, et dans la joie !

Lorsque Naomi lui a émis son désir d’être baptisée, ce fut une grande joie pour lui, car c’était son désir à elle. Et quel bonheur pour lui, de la voir si épanouie, si investie le jour de son baptême ! 

Frédéric aime la religion « sans contrainte ». Il est habité d’une foi qui le soutient dans les épreuves et qui l’accompagne tout au long de sa vie. Même si parfois il ne pense pas à Dieu, il ne manque pas de le remercier régulièrement. Dieu est source d’Amour pour lui et son désir le plus fort, c’est être heureux en remplaçant la peur par l’amour. Mais l’essentiel pour lui, c’est de pouvoir partager et vivre cette conviction, car : « Quand tu rends les autres heureux, tu es réellement heureux ! »

«Le plus audacieux des vols!»

Comme des millions de téléspectateurs à travers le monde, le pape Paul VI regardait en direct à la TV les premiers pas de l’homme sur la lune en 1969.

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican media

Paul VI était devant sa TV ce lundi 21 juillet 1969 alors que le premier alunissage était retransmis en direct : « Honneur à vous, hommes qui êtes artisans de la grande entreprise spatiale ! Honneur à tous ceux qui ont rendu possible le plus audacieux des vols ! » Il recevra Armstrong, Aldrin et Collins quelques mois plus tard, admiratif, au Vatican. 

Rencontre sur la Lune…

Plein d’enthousiasme, le Pape déclara : « L’homme, cette créature de Dieu, plus encore que la Lune mystérieuse, au centre de cette entreprise, se révèle. Il se révèle géant. Il se révèle divin, non en soi, mais dans son principe et son destin. Honneur à l’homme, honneur à sa dignité, à son esprit, à sa vie. » (Angélus du 13 juillet 1969)

Mais le Vatican observe les astres depuis le… XVIe siècle déjà ! Dans le cadre de la réforme du calendrier, le pape Grégoire XIII fait installer un observatoire dans les Jardins du Vatican, y invitant astrologues et scientifiques au cours des quatre prochains siècles, pour y étudier le firmament…

Atterrissage à Castel Gandolfo

La pollution et la sur-illumination de la Ville de Rome, en pleine expansion au cours du XXe siècle empêchent la netteté des travaux… et obligent au déménagement dans la résidence d’été du Pape, sur les hauteurs du Lac Albano et en campagne. Depuis lors, des Jésuites – comme à ses débuts – entretiennent l’ouvrage de découverte des cieux et, à l’invitation du pape François en 2023, ouvrent leurs portes pour des visites guidées des lieux et de leurs recherches… De quoi voyager dans la lune au frais du Saint-Siège !

Nous voici à l’été!

Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : DR

Nous voici rendus au mois de juin, et bientôt l’année scolaire touche à son terme, alors que les fêtes après Pâques (Pentecôte, Fête-Dieu) sont derrière nous et que les grandes vacances d’été se profilent.

En ce numéro de L’Essentiel, vous découvrez notamment les premiers communiants de nos paroisses : p. 7 sur Monthey et Choëx, p. 9 sur Collombey et Muraz, p. 13 sur le Haut-Lac. Puisse leur première communion être suivie de nombreuses autres et saintes communions ! 

En ce magazine, nous faisons aussi un retour sur les 40 heures d’adoration, initiative lancée par l’abbé Valentin Roduit, et qui s’est déroulée du 2 au 4 mai en la chapelle du Monastère de Collombey (p. 10). Puisse cette première expérience d’adoration eucharistique – qui est une bénédiction pour nos paroisses – se renouveler à l’avenir à Collombey ou dans son voisinage ! 

Ce mois de juin sera marqué entre autres événements par l’anniversaire de l’association « Les Colis du Cœur » qui fêtera, le 8 juin, à la salle de la Gare à Monthey, ses 30 ans de fondation. C’est l’occasion de nous rappeler qu’un réseau d’entraide et de solidarité répond à une nécessité face à la pauvreté ou à la précarité croissante de nombre de personnes.

Et puis nous vous présentons une petite rétrospective de la présence des sœurs de Saint-Joseph dans le Chablais valaisan, en particulier sur Monthey (pp. 4-6). Arrivées en 1878, les sœurs de Saint-Joseph prendront en effet congé de nos paroisses, le dimanche 23 juin, en la messe de 10h30 à Monthey. 

Si certaines communautés ferment des maisons, d’autres se développent ou sont renouvelées par de nouveaux membres. C’est le cas en la cure de Vouvry qui accueille des stagiaires spiritains. Nous ferons le point avec le Père Patrice Gasser (p. 12).

Chers lecteurs de notre journal interparoissial L’Essentiel, permettez-moi, avec toute l’équipe de rédaction, de vous souhaiter un bel été ! Que Jésus vous bénisse !

Reflets illustrés du Triduum pascal à la collégiale

En images, quelques reflets des célébrations du Triduum pascal, le Jeudi saint, le Vendredi saint et le Samedi saint.

Ne pas avoir peur du savoir

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF
Photos  : cath.ch, DR

Grâce au progrès scientifique très rapide des derniers siècles, nous connaissons de mieux en mieux l’Univers, y compris nous-mêmes. Dans ce numéro, on parle d’astrophysique : elle nous permet non seulement de mieux connaître les étoiles et galaxies que l’on voyait depuis longtemps, mais aussi par exemple les trous noirs. Nous prenons conscience de notre extrême petitesse, sans d’ailleurs en tirer une grande modestie collective.

Il n’est pas toujours facile pour les croyants de mettre ces connaissances scientifiques en lien avec leur foi. Certes ils sont généralement heureux des progrès de la médecine, mais l’histoire du monde, de la vie, l’évolution demande un sérieux approfondissement de notre lecture des textes bibliques. Ce que la psychologie nous apprend de nous-mêmes requiert un effort identique dans le domaine moral.

Ce qui nous guide, c’est notre foi en un Dieu bon et créateur. C’est lui qui a fait cet Univers que nous découvrons, c’est aussi lui qui nous donne la capacité et la joie d’y comprendre quelque chose. Avoir peur du savoir, c’est douter des dons que Dieu nous fait.

Je reste marqué par ce qu’une mère m’a dit de sa fille, qui avait alors 8 ans. Le neveu de la femme en question était venu passer le week-end et la famille avait emmené à la messe ce garçon de 10 ans. A la sortie de la messe, le neveu dit : « Moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église, parce que je suis Dieu ! » Et sa cousine de lui répondre du tac au tac : « Regarde ces montagnes, c’est toi qui les as faites ? » Je vois dans cette géniale réplique comme un écho du Psaume 8 : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte. A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »

Les Sœurs de Saint-Joseph à Monthey

Les Sœurs de Saint-Joseph sont sur leur départ. En raison de leur âge, du manque de relève et de circonstances imprévues, le Conseil Général de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy a pris la décision de fermer la dernière maison à Monthey en été 2024. Retour sur leur présence, à Monthey et dans le Chablais depuis 1878, avec Sœur Claude.

Par Sœur Claude | Photos : Centenaire Saint-Joseph/Monthey 1878, Jean-Michel Moix, DR

De 1650, date de notre fondation au Puy en Velay (FR), jusqu’à nos jours, les Sœurs de Saint-Joseph sont appelées, par leur charisme, à aller de préférence vers les plus démunis et les plus délaissés. C’était bien le cas au XVIIe siècle, lorsque des jeunes traînaient dans la rue, sans instruction, des malades et vieillards languissaient, faute de soins ; combien de pauvres attendaient une aumône ! Et des prisonniers, une écoute ! L’Etat, à cette époque, n’avait pas encore pris en charge ces catégories de la société. Par la ferveur de quelques femmes, doublée d’ingéniosité, écoles, hôtels-Dieu, hospices, se multiplièrent peu à peu dans la région du Puy et au-delà. Si les structures sociales ont évolué au cours du temps, les situations de détresse n’en demeurent pas moins actuelles sous d’autres formes. Nos Sœurs en Inde et en Afrique en témoignent auprès des nombreux pauvres de leur population, des sidéens, des tribus défavorisées…

Mais remontons le cours de notre histoire ici à Monthey. Dernier maillon de notre longue chaîne d’histoire en Suisse, nous repassons, non sans émotion, mais avec gratitude, les étapes parcourues par nos devancières. Venues de Bourg en 1836 pour prendre en mains l’éducation des jeunes Montheysannes, puis de Champagnole en 1857, des Sœurs de Saint-Joseph ont balisé de loin notre chemin. Pour répondre aux besoins du temps, une Ecole libre fut créée, mais il manquait des enseignantes. Les autorités civiles et religieuses de Monthey, par l’intermédiaire de M. Cyprien Barlatey et de Mgr Bagnoud, s’adressèrent alors à la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy pour obtenir des Religieuses.

Arrivées à Monthey le 28 octobre 1878, les Sœurs s’installèrent à la ruelle des Anges dans la Maison Breisacher, où elles ouvrirent une Ecole de degré primaire. Celle-ci ne comptait au début que six élèves. Trois mois après l’ouverture, le nombre passait à 65. L’institution, bien qu’à l’étroit, y demeura cependant vingt-cinq ans. Par la suite, il devint peu à peu inconcevable d’enseigner dans un bâtiment sans cour, ni jardin. C’est pourquoi, en 1902, on entreprit des travaux de construction d’une nouvelle école sur les terrains actuels au Cotterg. Les élèves s’y installèrent à la fin décembre 1903. Venues pour enseigner aux filles du degré primaire, les Sœurs de Saint-Joseph recueillirent, en 1904, les élèves de deux pensionnats français et créèrent une école ménagère, qui deviendra officielle en 1951. En 1908 déjà, on ajoute un nouveau bâtiment appelé « l’Externat », qui abrita des classes primaires durant des décennies. Beaucoup s’en souviennent encore. D’ailleurs, il a simplement changé de nom. Comme le Pensionnat français venait de retourner en Haute Savoie en 1940, les sœurs accentuèrent leur effort au service de la région et du pays en inaugurant un enseignement commercial reconnu par le canton en 1954 et par la Confédération en 1977. Une grande nouveauté modifia le visage de l’Ecole en 1976 par l’accueil de la mixité. 

Puis, le grand mouvement qui bouscula les structures de l’Ecole Valaisanne remit en question  les choix de l’Institution. L’Ecole Secondaire devint officielle, les classes primaires, communales. Et conjointement, la diminution du nombre de religieuses força le destin, de part et d’autre. ll fallut quitter l’enseignement au degré primaire en 1978, l’Ecole supérieure de Commerce en 2001, alors qu’elle était en pleine voie de développement par l’introduction de la Maturité professionnelle et de la nouvelle section EDD préparant aux domaines de la santé et du service social.

Les bâtiments, eux, restent toujours au service de la jeunesse, témoins d’un passé  constructif. Et cela nous réconforte et nous réjouit. Restent aussi témoins d’une présence active des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey : l’Hôpital, devenu aujourd’hui une clinique de réadaptation, et l’EMS les « Tilleuls » où Sœur Bénédicte accompagna nombre de Résidents jusqu’à leur dernier souffle et, à trois semaines près, jusqu’à sa mort en 1999. 

La diversité des activités au service de la communauté régionale a conduit les Sœurs de Saint-Joseph au « Préventorium » de Val-d’Illiez, à Champéry et Aigle dans l’enseignement primaire, à La Tour-de-Peilz pour l’accueil d’hôtes en repos. Au terme de cette longue histoire, le petit noyau resté à Monthey s’est rendu disponible aux besoins de la Paroisse, des jeunes en attente d’un appui scolaire, des personnes âgées aux Tilleuls et à domicile,  des Réfugiés…

Un manque de relève, l’avancée en âge, des circonstances imprévues de logement, ont déterminé le Conseil Général de notre Congrégation à prendre une décision douloureuse, mais certainement réaliste : la fermeture de notre communauté religieuse de Monthey, la seule restante en Suisse.

Après 146 ans de présence dans le Chablais valaisan, nous quitterons le territoire helvétique pour nous rendre en France voisine dans le Diocèse d’Annecy, où se situent notre Maison Mère et quelques communautés. Tant de liens tissés avec une population devenue pour nous comme une seconde famille, tant de visages rencontrés dans nos écoles, à l’hôpital, aux Tilleuls, dans la Paroisse… demeurent pour nous un trésor vivant. Tout ce passé, nous l’emportons dans notre mémoire et plus encore dans notre cœur. Et si des traces de notre passage subsistent dans l’histoire chablaisienne, qu’elles rappellent aux uns et aux autres ce qui réunit au-delà du temps !

Présentation des trois Sœurs

La communauté des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey compte actuellement trois membres en cette année 2024, de gauche à droite : Sœur Marie-Louise, Sœur Marie-Odile, Sœur Claude.

Sœur Marie-Odile
Originaire de Rumilly, elle a rejoint la communauté de Monthey en août 2022. Elle dit avec joie avoir découvert le visage de l’œcuménisme. Auparavant, elle a enseigné la culture générale et l’économie ménagère, puis elle a travaillé à l’accueil d’un collège (pour les élèves de 11 à 15 ans) et au secrétariat pour les Sœurs de la Province.

Sœur Claude
Originaire de Vouvry, elle arrive à Monthey dans les années 1960. Par sa formation à l’enseignement, elle exerce d’abord son activité professionnelle à l’Ecole Secondaire du Pensionnat Saint-Joseph, puis au Cycle d’Orientation de Monthey. Elle est ensuite appelée à prendre la Direction de l’Ecole supérieure de Commerce jusqu’à sa retraite en septembre 2001. Depuis, elle se rend disponible à des services en Paroisse et dans la localité. 

Sœur Marie-Louise
Elle est originaire de Thônes, à 20 kilomètres d’Annecy. Elle est venue prendre sa « retraite » à Monthey en juin 2021. Précédemment, elle a enseigné les mathématiques et l’économie, puis a séjourné en Afrique, au Sénégal ; sa nomination à l’Economat général de la Congrégation l’a rappelée à Annecy, où elle demeura jusqu’à sa retraite.

Messe d’Adieu et d’Action de grâce

Présentes à Monthey et dans le Chablais valaisan depuis 1878, les Sœurs de Saint-Joseph prendront officiellement congé des Montheysans et Chablaisiens en la messe du dimanche 23 juin, célébrée en l’église paroissiale de Monthey à 10h30. 

La Bible au quotidien : la première lettre de Jean

Par Isabel Laranjeira et Philippe Ehrenzeller 
Photo : DR

« Celui qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4, 8)

La première lettre de Jean s’adresse aux chrétiens d’une communauté d’Asie mineure pour les encourager à rétablir la communion entre eux car ils sont divisés par des doctrines différentes. 

L’auteur les exhorte à garder à l’esprit ce qui a été proclamé « depuis le début » de la prédication chrétienne. Il répète ce que les premiers disciples ont vu, entendu et touché de leurs propres mains en vivant avec le Seigneur, afin que cette communauté puisse, elle aussi, être en communion avec eux et donc aussi avec Jésus et le Père 1.

Pour rappeler l’essence de la révélation reçue, l’auteur souligne qu’en Jésus, Dieu nous a d’abord aimés, assumant jusqu’au bout l’existence humaine avec toutes ses limites et ses faiblesses. Sur la croix, Jésus a partagé et vécu dans sa chair notre séparation d’avec le Père. En se donnant tout entier, il l’a guérie par un amour sans limites ni conditions. Il nous a montré ce qu’est l’amour par ses paroles et par sa vie.

Par l’exemple de Jésus, nous comprenons que l’amour véritable implique le courage, l’effort et le risque d’être confronté à l’adversité et à la souffrance.

Comment vivre cet amour qui vient de Dieu ?…

Santa se rend souvent dans une résidence pour personnes âgées, une maison d’inspiration chrétienne. Un jour, avec Roberta, elle rencontre Aldo, un homme riche et très cultivé. Aldo regarde les deux jeunes femmes d’un air sombre : « Pourquoi venez-vous ici ? Que nous voulez-vous ? Laissez-nous mourir en paix ! » Santa garde son sang-froid et lui dit : « Nous sommes ici pour vous, pour passer quelques heures ensemble, pour faire connaissance, pour devenir amis ». […]

Elles reviennent ensuite plusieurs fois. Roberta raconte : « Au début, cet homme était particulièrement fermé, très abattu. Il ne croyait pas en Dieu. Santa était la seule à pouvoir pénétrer un peu dans son cœur, avec beaucoup de délicatesse, en l’écoutant pendant des heures. » Elle priait pour lui et, un jour, elle lui offrit un livret de prières, qu’il accepta. « Plus tard, Santa apprit qu’Aldo était mort en disant son nom. La douleur provoquée par l’annonce de sa mort fut atténuée par le fait qu’il était parti paisiblement, en tenant dans ses mains ce livret qu’elle lui avait offert quelque temps auparavant. » 2  

1 Cf. 1 Jn 1 : 1-3  
2 P. Lubrano, Un volo sempre più alto. La vita di Santa Scorese, Città Nuova, Rome 2003, pp. 83-84, 107

Jeux, jeunes et humour – juin 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi avant la proclamation de l’Evangile traçons-nous trois croix ? *
En traçant une croix avec notre pouce sur le front, la bouche et le cœur, nous demandons au Seigneur que sa Parole vienne toucher notre intelligence, qu’il nous donne la force de la répandre à notre tour et de la conserver au plus profond de nous à l’instar de Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51).

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

M. le Curé avait lancé un appel : il cherchait un tronc d’arbre pour faire sculpter la statue d’un saint. Une paysanne avait dit à son mari : « Il n’y a qu’à lui donner notre noyer, il n’a jamais donné aucune noix. » Quelque temps plus tard, alors que la statue du saint trônait fièrement dans l’église, la paysanne vint prier le saint pour lui demander de guérir sa vache malade. Malheureusement, au lieu de guérir, la vache finit par crever. Levant la tête vers la statue du saint, elle lui dit : « Tu ne valais rien en noyer, tu ne vaux pas mieux en saint ! »

Par Calixte Dubosson

Bien plus qu’une remise c’est un envoi!

Pierre-Yves Maillard a remis les diplômes aux JB3. De gauche à droite : Estelle, Aude, Thomas, Chloé. Devant : Joy, Ludivine et Laëtitia. Et Melissa en communion depuis Madrid (en médaillon).

Le dimanche 14 avril 2024 a eu lieu la remise des diplômes Jeunes Bénévoles 3 (JB3), volée 2. Parmi les diplômés, trois ont mené leur projet dans nos paroisses. Sébastien Gauye, JB3 diplômé en 2022, a assisté à la remise de diplôme. Il nous partage son regard sur les nouveaux lauréats.

Par Sébastien Gauye
Photos : François-Xavier Mayoraz

Durant deux ans, huit jeunes adultes ont suivi le parcours de formation de Jeune Bénévole en Eglise (JB3). Celle-ci approfondit la dimension théologique, biblique ainsi que le cadre légal et sécuritaire. En parallèle à ces six journées « théoriques », chaque JB mène un projet personnel en Eglise. Dans cette démarche « pratique », il est accompagné par un référent sur le terrain. 

Dans ce singulier chemin, s’illustre aussi la rencontre des uns et des autres en Christ notamment au travers de temps de prières, de moments plus fraternels ou conviviaux. Jésus nous dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Parmi nos jeunes diplômés, le Seigneur a dû facilement trouver sa place… 

Avant la remise officielle du diplôme, chaque jeune a présenté son projet personnel à l’assemblée en y intégrant des éléments marquants de son parcours. Au travers de cette formation JB3, chacun y a trouvé de quoi nourrir et faire grandir sa foi. Nos jeunes missionnaires et bénévoles en Eglise sont désormais prêts à offrir leurs dons reçus et mûrement cultivés. Ils se confient à vos prières. 

Cette rencontre s’est clôturée par un temps de prière (spirituelle) suivi de son pendant spiritueux. Vous l’aurez peut-être remarqué, tout ne fait que commencer pour ces jeunes engagés… JB3 et envoyés : une jeunesse formée et en mission d’Eglise !

Merci à tous ceux qui ont guidé ces jeunes. Sans eux, cette aventure ne pourrait exister.

Trois jeunes chez nous :

Joy Monnet 
Au départ, je ne voulais pas suivre cette formation car j’avais beaucoup avec mon entreprise. Mais… étant directrice de la chorale « EnJoy », le projet JB3 prenait tout son sens. En effet, s’engager en tant que Jeunes Bénévoles dans les paroisses nécessite quelques notions théologiques, bibliques. J’ai pu approfondir quelques sujets sur la Foi et sur ma passion du chant délaissée depuis la fin de mes études. Ce projet m’a tellement apporté. Je me suis découvert d’autres charismes et il m’a permis d’apporter un autre regard sur Dieu et sur la Vie.
Un merci particulier à EnJoy Chorale, d’avoir animé notre messe de remise de diplôme.
Petit coup de pub, le chant c’est la Vie, nous recrutons… Viens nous rejoindre une fois par mois pour une répétition, une messe et un moment convivial entre jeunes.

Estelle Schmuck
La formation JB3 fut pour moi une expérience très enrichissante, car j’ai pu mettre en pratique une majorité des choses que j’ai vues durant les journées de cours. Mon projet était de reprendre le groupe Relais de Collombey-Muraz. J’ai proposé aux jeunes une rencontre par mois dont une fenêtre de l’Avent avec la participation de EnJoy Chorale.

Melissa Lopez Albalat
Durant ces 18 mois en Suisse, Melissa a accompagné les confirmands de Monthey puis fondé un nouveau groupe MADEP. Elle est rentrée à Madrid en mars 2024.
« Des JB je retiens l’envie de tous les jeunes de changer l’Eglise pour faire une nouvelle Eglise qui a envie d’aimer, d’aider et qui a toujours les bras ouverts (comme le Christ dans la croix) pour accueillir tout le monde. C’est notre mission. »

L’eucharistie: sacrifice et repas, source et sommet

Il y a quelque temps, j’ai vu dans un journal une illustration représentant la Cène – dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il s’agissait précisément de l’œuvre de Leonardo da Vinci (1452-1519).

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : DR

Juste au-dessous de celle-ci, on a placé une photo semblable où le Christ et ses apôtres ont été remplacés par de jeunes femmes – mannequins de mode. L’une d’entre elles serrant dans ses bras le corps d’un homme à moitié nu.

J’avais déjà vu, par exemple, la Joconde avec une moustache ou utilisée pour une publicité pour de la glace, du café ou de la pizza… mais là (la Cène)… Il y a davantage que la profanation d’une œuvre d’art ! Cette image symbolise, pour les chrétiens, l’instauration de l’eucharistie par laquelle l’homme n’arrête pas d’entrer en communion avec Dieu et avec ses frères et sœurs.

Nous vivons une période où les nouveaux initiés s’approchent pour la première fois de la table du Seigneur. Nous les préparons et accompagnons – ainsi que leurs parents / familles – à une vie eucharistique, à une pratique régulière pour se nourrir du Corps du Christ. 

Deux dimensions associées

La célébration eucharistique est un mystère pascal où deux dimensions sont associées : le sacrifice et le repas. Nous passons avec Jésus du dernier repas, par la Croix, à la Résurrection et nous sommes orientés vers son retour.

L’eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne (Lumen Gentium 11). Nous sommes appelés à ne pas dissocier l’eucharistie de notre vie, de la vie du monde et de notre relation aux autres.

Source…

Elle est source parce que nous y rencontrons le Christ ressuscité, le même qui prend l’initiative de rencontrer ses disciples sur le chemin de leur vie. Le Seigneur nous transforme et nous envoie en mission pour L’annoncer, en paroles et en actes, là où nous vivons.

… et sommet

L’eucharistie est sommet parce que nous y apportons tout ce que nous vivons. Nous nous associons à l’offrande de la vie du Christ ; nous lui présentons la vie du monde et de nos frères et sœurs. C’est Lui-même qui nous rassemble à sa table et comble toutes nos faims.

En ce mois de Marie

Statue de Marie, église de Monthey.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.

Texte et photos par Jean-Michel Moix 

Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?! 

Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).

Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot  français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits ! 

En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. 
– Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ?
– Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!

Prière de l’Angélus

L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit.
     Je vous salue Marie…

Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole.
     Je vous salue Marie…

Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous.
     Je vous salue Marie…

Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, 
afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, 
nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, 
jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917

Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

En librairie – mai 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le deuil invisible
Jessica Brazeau

Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.

Editions de l’Homme

Acheter pour 31.00 CHF

Des vies transformées
Père Geoffroy de Lestrange

Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 24.10 CHF

Journal intime de la Vierge Marie
Sophie Chauveau

La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde

Editions Folio

Acheter pour 16.20 CHF

Pier Giorgio Frassati
M. & O. Malcurat – Marco Greselin

Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.

Editions Plein vent

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Pèlerinage d’été des jeunes à Lourdes

A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.

Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR

J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat

Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck

L’espérance

« Dieu l’unique espérance pour l’humanité… » Chemin de croix du Vendredi saint 2024 avec les familles.

Par François Lamon 
Photo : Marion Perraudin

L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir. 

Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité. 

C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)

L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.  

L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.

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