Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF Photos : cath.ch, DR
Grâce au progrès scientifique très rapide des derniers siècles, nous connaissons de mieux en mieux l’Univers, y compris nous-mêmes. Dans ce numéro, on parle d’astrophysique : elle nous permet non seulement de mieux connaître les étoiles et galaxies que l’on voyait depuis longtemps, mais aussi par exemple les trous noirs. Nous prenons conscience de notre extrême petitesse, sans d’ailleurs en tirer une grande modestie collective.
Il n’est pas toujours facile pour les croyants de mettre ces connaissances scientifiques en lien avec leur foi. Certes ils sont généralement heureux des progrès de la médecine, mais l’histoire du monde, de la vie, l’évolution demande un sérieux approfondissement de notre lecture des textes bibliques. Ce que la psychologie nous apprend de nous-mêmes requiert un effort identique dans le domaine moral.
Ce qui nous guide, c’est notre foi en un Dieu bon et créateur. C’est lui qui a fait cet Univers que nous découvrons, c’est aussi lui qui nous donne la capacité et la joie d’y comprendre quelque chose. Avoir peur du savoir, c’est douter des dons que Dieu nous fait.
Je reste marqué par ce qu’une mère m’a dit de sa fille, qui avait alors 8 ans. Le neveu de la femme en question était venu passer le week-end et la famille avait emmené à la messe ce garçon de 10 ans. A la sortie de la messe, le neveu dit : « Moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église, parce que je suis Dieu ! » Et sa cousine de lui répondre du tac au tac : « Regarde ces montagnes, c’est toi qui les as faites ? » Je vois dans cette géniale réplique comme un écho du Psaume 8 : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte. A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »
Les Sœurs de Saint-Joseph sont sur leur départ. En raison de leur âge, du manque de relève et de circonstances imprévues, le Conseil Général de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy a pris la décision de fermer la dernière maison à Monthey en été 2024. Retour sur leur présence, à Monthey et dans le Chablais depuis 1878, avec Sœur Claude.
Par Sœur Claude | Photos : Centenaire Saint-Joseph/Monthey 1878, Jean-Michel Moix, DR
De 1650, date de notre fondation au Puy en Velay (FR), jusqu’à nos jours, les Sœurs de Saint-Joseph sont appelées, par leur charisme, à aller de préférence vers les plus démunis et les plus délaissés. C’était bien le cas au XVIIe siècle, lorsque des jeunes traînaient dans la rue, sans instruction, des malades et vieillards languissaient, faute de soins ; combien de pauvres attendaient une aumône ! Et des prisonniers, une écoute ! L’Etat, à cette époque, n’avait pas encore pris en charge ces catégories de la société. Par la ferveur de quelques femmes, doublée d’ingéniosité, écoles, hôtels-Dieu, hospices, se multiplièrent peu à peu dans la région du Puy et au-delà. Si les structures sociales ont évolué au cours du temps, les situations de détresse n’en demeurent pas moins actuelles sous d’autres formes. Nos Sœurs en Inde et en Afrique en témoignent auprès des nombreux pauvres de leur population, des sidéens, des tribus défavorisées…
Mais remontons le cours de notre histoire ici à Monthey. Dernier maillon de notre longue chaîne d’histoire en Suisse, nous repassons, non sans émotion, mais avec gratitude, les étapes parcourues par nos devancières. Venues de Bourg en 1836 pour prendre en mains l’éducation des jeunes Montheysannes, puis de Champagnole en 1857, des Sœurs de Saint-Joseph ont balisé de loin notre chemin. Pour répondre aux besoins du temps, une Ecole libre fut créée, mais il manquait des enseignantes. Les autorités civiles et religieuses de Monthey, par l’intermédiaire de M. Cyprien Barlatey et de Mgr Bagnoud, s’adressèrent alors à la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy pour obtenir des Religieuses.
Arrivées à Monthey le 28 octobre 1878, les Sœurs s’installèrent à la ruelle des Anges dans la Maison Breisacher, où elles ouvrirent une Ecole de degré primaire. Celle-ci ne comptait au début que six élèves. Trois mois après l’ouverture, le nombre passait à 65. L’institution, bien qu’à l’étroit, y demeura cependant vingt-cinq ans. Par la suite, il devint peu à peu inconcevable d’enseigner dans un bâtiment sans cour, ni jardin. C’est pourquoi, en 1902, on entreprit des travaux de construction d’une nouvelle école sur les terrains actuels au Cotterg. Les élèves s’y installèrent à la fin décembre 1903. Venues pour enseigner aux filles du degré primaire, les Sœurs de Saint-Joseph recueillirent, en 1904, les élèves de deux pensionnats français et créèrent une école ménagère, qui deviendra officielle en 1951. En 1908 déjà, on ajoute un nouveau bâtiment appelé « l’Externat », qui abrita des classes primaires durant des décennies. Beaucoup s’en souviennent encore. D’ailleurs, il a simplement changé de nom. Comme le Pensionnat français venait de retourner en Haute Savoie en 1940, les sœurs accentuèrent leur effort au service de la région et du pays en inaugurant un enseignement commercial reconnu par le canton en 1954 et par la Confédération en 1977. Une grande nouveauté modifia le visage de l’Ecole en 1976 par l’accueil de la mixité.
Puis, le grand mouvement qui bouscula les structures de l’Ecole Valaisanne remit en question les choix de l’Institution. L’Ecole Secondaire devint officielle, les classes primaires, communales. Et conjointement, la diminution du nombre de religieuses força le destin, de part et d’autre. ll fallut quitter l’enseignement au degré primaire en 1978, l’Ecole supérieure de Commerce en 2001, alors qu’elle était en pleine voie de développement par l’introduction de la Maturité professionnelle et de la nouvelle section EDD préparant aux domaines de la santé et du service social.
Les bâtiments, eux, restent toujours au service de la jeunesse, témoins d’un passé constructif. Et cela nous réconforte et nous réjouit. Restent aussi témoins d’une présence active des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey : l’Hôpital, devenu aujourd’hui une clinique de réadaptation, et l’EMS les « Tilleuls » où Sœur Bénédicte accompagna nombre de Résidents jusqu’à leur dernier souffle et, à trois semaines près, jusqu’à sa mort en 1999.
La diversité des activités au service de la communauté régionale a conduit les Sœurs de Saint-Joseph au « Préventorium » de Val-d’Illiez, à Champéry et Aigle dans l’enseignement primaire, à La Tour-de-Peilz pour l’accueil d’hôtes en repos. Au terme de cette longue histoire, le petit noyau resté à Monthey s’est rendu disponible aux besoins de la Paroisse, des jeunes en attente d’un appui scolaire, des personnes âgées aux Tilleuls et à domicile, des Réfugiés…
Un manque de relève, l’avancée en âge, des circonstances imprévues de logement, ont déterminé le Conseil Général de notre Congrégation à prendre une décision douloureuse, mais certainement réaliste : la fermeture de notre communauté religieuse de Monthey, la seule restante en Suisse.
Après 146 ans de présence dans le Chablais valaisan, nous quitterons le territoire helvétique pour nous rendre en France voisine dans le Diocèse d’Annecy, où se situent notre Maison Mère et quelques communautés. Tant de liens tissés avec une population devenue pour nous comme une seconde famille, tant de visages rencontrés dans nos écoles, à l’hôpital, aux Tilleuls, dans la Paroisse… demeurent pour nous un trésor vivant. Tout ce passé, nous l’emportons dans notre mémoire et plus encore dans notre cœur. Et si des traces de notre passage subsistent dans l’histoire chablaisienne, qu’elles rappellent aux uns et aux autres ce qui réunit au-delà du temps !
Façade sud des bâtiments scolaires de Monthey, vers 1910.
Cours secondaire en 1949.
Leçon de dactylographie en 1949.
Classe enfantine 1959-1960.
Classe de couture. Ecole ménagère, vers 1920.
Chalet de la Providence à Morgins en 1927, servant de maison de repos aux sœurs et extraite d’une ancienne photographie.
Présentation des trois Sœurs
La communauté des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey compte actuellementtrois membres en cette année 2024, de gauche à droite : Sœur Marie-Louise, Sœur Marie-Odile, Sœur Claude.
Sœur Marie-Odile Originaire de Rumilly, elle a rejoint la communauté de Monthey en août 2022. Elle dit avec joie avoir découvert le visage de l’œcuménisme. Auparavant, elle a enseigné la culture générale et l’économie ménagère, puis elle a travaillé à l’accueil d’un collège (pour les élèves de 11 à 15 ans) et au secrétariat pour les Sœurs de la Province.
Sœur Claude Originaire de Vouvry, elle arrive à Monthey dans les années 1960. Par sa formation à l’enseignement, elle exerce d’abord son activité professionnelle à l’Ecole Secondaire du Pensionnat Saint-Joseph, puis au Cycle d’Orientation de Monthey. Elle est ensuite appelée à prendre la Direction de l’Ecole supérieure de Commerce jusqu’à sa retraite en septembre 2001. Depuis, elle se rend disponible à des services en Paroisse et dans la localité.
Sœur Marie-Louise Elle est originaire de Thônes, à 20 kilomètres d’Annecy. Elle est venue prendre sa « retraite » à Monthey en juin 2021. Précédemment, elle a enseigné les mathématiques et l’économie, puis a séjourné en Afrique, au Sénégal ; sa nomination à l’Economat général de la Congrégation l’a rappelée à Annecy, où elle demeura jusqu’à sa retraite.
Messe d’Adieu et d’Action de grâce
Présentes à Monthey et dans le Chablais valaisan depuis 1878, les Sœurs de Saint-Joseph prendront officiellement congé des Montheysans et Chablaisiens en la messe du dimanche 23 juin, célébrée en l’église paroissiale de Monthey à 10h30.
Par Isabel Laranjeira et Philippe Ehrenzeller Photo : DR
« Celui qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4, 8)
La première lettre de Jean s’adresse aux chrétiens d’une communauté d’Asie mineure pour les encourager à rétablir la communion entre eux car ils sont divisés par des doctrines différentes.
L’auteur les exhorte à garder à l’esprit ce qui a été proclamé « depuis le début » de la prédication chrétienne. Il répète ce que les premiers disciples ont vu, entendu et touché de leurs propres mains en vivant avec le Seigneur, afin que cette communauté puisse, elle aussi, être en communion avec eux et donc aussi avec Jésus et le Père 1.
Pour rappeler l’essence de la révélation reçue, l’auteur souligne qu’en Jésus, Dieu nous a d’abord aimés, assumant jusqu’au bout l’existence humaine avec toutes ses limites et ses faiblesses. Sur la croix, Jésus a partagé et vécu dans sa chair notre séparation d’avec le Père. En se donnant tout entier, il l’a guérie par un amour sans limites ni conditions. Il nous a montré ce qu’est l’amour par ses paroles et par sa vie.
Par l’exemple de Jésus, nous comprenons que l’amour véritable implique le courage, l’effort et le risque d’être confronté à l’adversité et à la souffrance.
Comment vivre cet amour qui vient de Dieu ?…
Santa se rend souvent dans une résidence pour personnes âgées, une maison d’inspiration chrétienne. Un jour, avec Roberta, elle rencontre Aldo, un homme riche et très cultivé. Aldo regarde les deux jeunes femmes d’un air sombre : « Pourquoi venez-vous ici ? Que nous voulez-vous ? Laissez-nous mourir en paix ! » Santa garde son sang-froid et lui dit : « Nous sommes ici pour vous, pour passer quelques heures ensemble, pour faire connaissance, pour devenir amis ». […]
Elles reviennent ensuite plusieurs fois. Roberta raconte : « Au début, cet homme était particulièrement fermé, très abattu. Il ne croyait pas en Dieu. Santa était la seule à pouvoir pénétrer un peu dans son cœur, avec beaucoup de délicatesse, en l’écoutant pendant des heures. » Elle priait pour lui et, un jour, elle lui offrit un livret de prières, qu’il accepta. « Plus tard, Santa apprit qu’Aldo était mort en disant son nom. La douleur provoquée par l’annonce de sa mort fut atténuée par le fait qu’il était parti paisiblement, en tenant dans ses mains ce livret qu’elle lui avait offert quelque temps auparavant. » 2
1 Cf. 1 Jn 1 : 1-3 2 P. Lubrano, Un volo sempre più alto. La vita di Santa Scorese, Città Nuova, Rome 2003, pp. 83-84, 107
Pourquoi avant la proclamation de l’Evangile traçons-nous trois croix ? * En traçant une croix avec notre pouce sur le front, la bouche et le cœur, nous demandons au Seigneur que sa Parole vienne toucher notre intelligence, qu’il nous donne la force de la répandre à notre tour et de la conserver au plus profond de nous à l’instar de Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51).
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
M. le Curé avait lancé un appel : il cherchait un tronc d’arbre pour faire sculpter la statue d’un saint. Une paysanne avait dit à son mari : « Il n’y a qu’à lui donner notre noyer, il n’a jamais donné aucune noix. » Quelque temps plus tard, alors que la statue du saint trônait fièrement dans l’église, la paysanne vint prier le saint pour lui demander de guérir sa vache malade. Malheureusement, au lieu de guérir, la vache finit par crever. Levant la tête vers la statue du saint, elle lui dit : « Tu ne valais rien en noyer, tu ne vaux pas mieux en saint ! »
Pierre-Yves Maillard a remis les diplômes aux JB3. De gauche à droite : Estelle, Aude, Thomas, Chloé. Devant : Joy, Ludivine et Laëtitia. Et Melissa en communion depuis Madrid (en médaillon).
Le dimanche 14 avril 2024 a eu lieu la remise des diplômes Jeunes Bénévoles 3 (JB3), volée 2. Parmi les diplômés, trois ont mené leur projet dans nos paroisses. Sébastien Gauye, JB3 diplômé en 2022, a assisté à la remise de diplôme. Il nous partage son regard sur les nouveaux lauréats.
Par Sébastien Gauye Photos : François-Xavier Mayoraz
Durant deux ans, huit jeunes adultes ont suivi le parcours de formation de Jeune Bénévole en Eglise (JB3). Celle-ci approfondit la dimension théologique, biblique ainsi que le cadre légal et sécuritaire. En parallèle à ces six journées « théoriques », chaque JB mène un projet personnel en Eglise. Dans cette démarche « pratique », il est accompagné par un référent sur le terrain.
Dans ce singulier chemin, s’illustre aussi la rencontre des uns et des autres en Christ notamment au travers de temps de prières, de moments plus fraternels ou conviviaux. Jésus nous dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Parmi nos jeunes diplômés, le Seigneur a dû facilement trouver sa place…
Avant la remise officielle du diplôme, chaque jeune a présenté son projet personnel à l’assemblée en y intégrant des éléments marquants de son parcours. Au travers de cette formation JB3, chacun y a trouvé de quoi nourrir et faire grandir sa foi. Nos jeunes missionnaires et bénévoles en Eglise sont désormais prêts à offrir leurs dons reçus et mûrement cultivés. Ils se confient à vos prières.
Cette rencontre s’est clôturée par un temps de prière (spirituelle) suivi de son pendant spiritueux. Vous l’aurez peut-être remarqué, tout ne fait que commencer pour ces jeunes engagés… JB3 et envoyés : une jeunesse formée et en mission d’Eglise !
Merci à tous ceux qui ont guidé ces jeunes. Sans eux, cette aventure ne pourrait exister.
Trois jeunes chez nous :
Joy Monnet Au départ, je ne voulais pas suivre cette formation car j’avais beaucoup avec mon entreprise. Mais… étant directrice de la chorale « EnJoy », le projet JB3 prenait tout son sens. En effet, s’engager en tant que Jeunes Bénévoles dans les paroisses nécessite quelques notions théologiques, bibliques. J’ai pu approfondir quelques sujets sur la Foi et sur ma passion du chant délaissée depuis la fin de mes études. Ce projet m’a tellement apporté. Je me suis découvert d’autres charismes et il m’a permis d’apporter un autre regard sur Dieu et sur la Vie. Un merci particulier à EnJoy Chorale, d’avoir animé notre messe de remise de diplôme. Petit coup de pub, le chant c’est la Vie, nous recrutons… Viens nous rejoindre une fois par mois pour une répétition, une messe et un moment convivial entre jeunes.
Estelle Schmuck La formation JB3 fut pour moi une expérience très enrichissante, car j’ai pu mettre en pratique une majorité des choses que j’ai vues durant les journées de cours. Mon projet était de reprendre le groupe Relais de Collombey-Muraz. J’ai proposé aux jeunes une rencontre par mois dont une fenêtre de l’Avent avec la participation de EnJoy Chorale.
Melissa Lopez Albalat Durant ces 18 mois en Suisse, Melissa a accompagné les confirmands de Monthey puis fondé un nouveau groupe MADEP. Elle est rentrée à Madrid en mars 2024. « Des JB je retiens l’envie de tous les jeunes de changer l’Eglise pour faire une nouvelle Eglise qui a envie d’aimer, d’aider et qui a toujours les bras ouverts (comme le Christ dans la croix) pour accueillir tout le monde. C’est notre mission. »
Il y a quelque temps, j’ai vu dans un journal une illustration représentant la Cène – dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il s’agissait précisément de l’œuvre de Leonardo da Vinci (1452-1519).
Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : DR
Juste au-dessous de celle-ci, on a placé une photo semblable où le Christ et ses apôtres ont été remplacés par de jeunes femmes – mannequins de mode. L’une d’entre elles serrant dans ses bras le corps d’un homme à moitié nu.
J’avais déjà vu, par exemple, la Joconde avec une moustache ou utilisée pour une publicité pour de la glace, du café ou de la pizza… mais là (la Cène)… Il y a davantage que la profanation d’une œuvre d’art ! Cette image symbolise, pour les chrétiens, l’instauration de l’eucharistie par laquelle l’homme n’arrête pas d’entrer en communion avec Dieu et avec ses frères et sœurs.
Nous vivons une période où les nouveaux initiés s’approchent pour la première fois de la table du Seigneur. Nous les préparons et accompagnons – ainsi que leurs parents / familles – à une vie eucharistique, à une pratique régulière pour se nourrir du Corps du Christ.
Deux dimensions associées
La célébration eucharistique est un mystère pascal où deux dimensions sont associées : le sacrifice et le repas. Nous passons avec Jésus du dernier repas, par la Croix, à la Résurrection et nous sommes orientés vers son retour.
L’eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne (Lumen Gentium 11). Nous sommes appelés à ne pas dissocier l’eucharistie de notre vie, de la vie du monde et de notre relation aux autres.
Source…
Elle est source parce que nous y rencontrons le Christ ressuscité, le même qui prend l’initiative de rencontrer ses disciples sur le chemin de leur vie. Le Seigneur nous transforme et nous envoie en mission pour L’annoncer, en paroles et en actes, là où nous vivons.
… et sommet
L’eucharistie est sommet parce que nous y apportons tout ce que nous vivons. Nous nous associons à l’offrande de la vie du Christ ; nous lui présentons la vie du monde et de nos frères et sœurs. C’est Lui-même qui nous rassemble à sa table et comble toutes nos faims.
La cohésion sociale d’une ville est en partie déterminée par la place laissée à la diversité religieuse. Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC) explore les formes de solidarités qui constituent « l’hospitalité urbaine ». Entretien avec Juliette Salzmann, collaboratrice scientifique au CIC.
Par Myriam Bettens Photos : J. Salzmann
Pourquoi le lien entre urbanité et religiosité a-t-il été négligé par les collectivités publiques et la recherche scientifique durant si longtemps ? Les recherches ont longtemps considéré le religieux en ville à travers le prisme de la sécularisation, thèse menant à concevoir la ville comme un espace neutre du point de vue religieux. Or, cette neutralité confessionnelle de l’espace public n’existe pas vraiment. C’est précisément en milieu urbain que se trouve la plus grande diversité religieuse. A partir des années soixante, on assiste à une pluralisation croissante des croyances et pratiques en Suisse. Ce phénomène s’accompagne d’une privatisation et d’une individualisation de celles-ci, ce qui explique, en partie, la moindre considération de ces questions par les collectivités publiques.
De quelle(s) manière(s) le milieu urbain et la pratique religieuse s’influencent-ils mutuellement ? L’accès à l’espace est l’une des conditions premières du déploiement de la pratique religieuse. Les Eglises historiques sont souvent propriétaires de leurs lieux de culte, ce qui n’est que rarement le cas des autres communautés plus minoritaires qui mobilisent alors des stratégies d’occupation de l’espace. Par exemple, elles investissent des espaces initialement prévus comme locaux d’habitation, commerciaux, industriels ou recourent à la sous-location de lieux de culte de communautés établies. Certaines communautés développent des projets immobiliers, ce qui permet de générer des revenus. Ce faisant, les communautés façonnent le milieu urbain autant qu’elles doivent s’y adapter, en ce sens, villes et pratiques religieuses sont intimement liées. De plus, les lieux de culte sont fondamentalement en interaction avec leur environnement direct.
Dans l’idée d’hospitalité urbaine, comment l’environnement urbain accueille-t-il les pratiques religieuses ? C’est un accueil ambigu, car bien que la plus grande partie de la diversité religieuse se concentre dans les zones urbaines, de nombreuses communautés ont des difficultés à accéder à l’espace pour établir un lieu de culte. Cet accès dépend de la volonté des communautés établies de partager le leur, du bon vouloir des régies immobilières, des prix très élevés du marché immobilier et de certains préjugés à l’encontre de communautés pouvant aussi constituer un frein supplémentaire. Par ailleurs, les lieux de culte jouent aussi un rôle dans l’hospitalité, dans la mesure où ils constituent de véritables lieux de vie. Les activités séculières se déployant autour de communautés religieuses nourrissent des formes de solidarité et participent à alimenter la vie des quartiers.
Quel est l’impact d’une loi sur la laïcité de l’Etat, comme c’est le cas à Genève ? Nous avons peu de recul sur les effets de cette nouvelle loi puisque son règlement d’application n’est entré en vigueur qu’en juin 2020. Mais elle souligne l’ambiguïté du processus de sécularisation. D’une part, en la considérant comme une donnée aboutie, et d’autre part, légiférer est le signe d’une volonté de l’affirmer comme une nécessité politique. Or, la compréhension de cette loi et du principe de laïcité n’est pas uniforme et cela conduit à générer un « tabou » autour des questions religieuses et spirituelles par peur d’enfreindre ce principe. Dès lors, la prise en considération du religieux dans la sphère publique dépend fortement des sensibilités, des convictions et des bonnes volontés individuelles.
Le café ouvert au public de l’Espace Lumen aux Pâquis à Genève, le 6 avril 2023.
Bio express
Juliette Salzmann est collaboratrice scientifique au Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC). Elle est titulaire d’un bachelor et d’un master en sciences des religions de l’Université de Lausanne et collabore sur le projet ReligioCités : Religions et vie urbaine à Genève avec une équipe de chercheuses et chercheurs.
Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC)
Ce projet analyse le rôle du religieux et des solidarités locales à l’échelle de plusieurs quartiers genevois. Il encourage les échanges entre les communautés religieuses, le monde associatif et les habitants afin de favoriser la cohésion sociale. Ce projet est mené par le Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC), une fondation privée d’utilité publique avec pour mission d’améliorer la connaissance de la diversité religieuse en Suisse à travers la sensibilisation et la formation. Plus d’informations sur www.cic-info.ch
En ce premier dimanche du mois de mai, le 5 mai, 19 enfants ont fait leur « première communion ». Les voici, accompagnés par l’abbé Valentin Roduit : Branco Silva Kylian, Cutrino Esteban, Delacroix Romain, Marra Ndongbou Océanne, Mulisanze Teta Keyla, Pinho Neves Leticia, Ribeiro Gomes Diana, Branco dos Santos Diana, Santos de Sousa Kateline, Tissière Elsa, Fernandez Samuel, Hoffmann Tania, Nobile Julie, Pochon Jules, Ricci Mattia David, Savary Elisa, Vargas Valente Leila, Costa Silva Leonor, Leite Pereira Iris.
Du côté de Muraz, 13 enfants ont fait leur « première communion » en ce jeudi de l’Ascension, 9 mai. Les voici, accompagnés par l’abbé Jean-Michel Moix : Baouth Alicia, Bruttin Loïc, Chablais Luca Gabriel, Chervaz Natan, Dos Santos Tony, Lattion Elsa, Lattion Adélie, Mathieu Théo, Parvex Kélian, Ramos Pereira Devon, Ribeiro Pinto Margarida, Udressy Jérémy, Vizzino Luca.
Plusieurs dizaines d’enfants de notre paroisse ont vécu la célébration de la première communion en avril et en mai. Nous publions dans ces pages les « photos de famille » des quatre groupes d’enfants qui ont cheminé vers la vie eucharistique.
Photos : Guillaume Grandgirard (Estavayer, Cugy et Bussy), Marc Ducrest (Murist)
Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers.
L’église Sainte-Catherine est une des plus anciennes de Sierre. Elle est bâtie au XVIIe siècle pour remplacer une ancienne église devenue trop étroite.
Le baldaquin est inspiré de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome. Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers.
L’œuvre est bien sûr plus simple que celle de Gian Lorenzo Bernini. Ici, pas de colonnes torses en bronze et les proportions sont bien plus modestes (environ 30 mètres de haut à Rome). Il s’agit tout de même d’un élément suffisamment rare dans les églises de Suisse romande pour qu’il soit remarquable.
Présence réelle du Christ
A l’origine, les baldaquins servent à mettre en évidence l’autel. Parfois ornés de rideaux, ils rappellent le tabernacle du Temple de Jérusalem. De la même manière que le Saint des saints accueillait la Shekinah, le baldaquin indique la présence réelle du Christ.
Des épisodes de la vie de sainte Catherine d’Alexandrie sont représentés dans la cartouche de la voûte du chœur. La sainte est une martyre du IVe siècle, réputée comme la plus jolie et la plus savante de toutes les jeunes filles de l’Empire. Elle est condamnée à mort à l’âge de 18 ans pour avoir refusé d’épouser l’Empereur Maximin.
S’étant engagée dans un mariage mystique, Catherine déclare : « Le Christ est mon Dieu, mon amour, mon berger et mon époux unique. »
Une première tentative de la tuer échoue. Grâce aux supplications de la Vierge Marie, un ange détruit les roues qui devaient broyer le corps de la jeune femme. La légende raconte que quatre mille pèlerins périrent dans la manœuvre. Par la suite, Catherine est condamnée à la décapitation. C’est la scène qui est représentée au premier registre de la cartouche.
Peu avant sa mort, la sainte entend une voix lui dire : « Viens, ma bien-aimée, ma belle ! Voilà : la porte du ciel t’est ouverte. » Elle est ensuite enlevée vers le ciel par des anges, ce que l’artiste a représenté au second registre.
La première édition des 40 heures a eu lieu au Monastère des Bernardines pour les paroisses de Collombey et Muraz, du jeudi 2 mai au samedi 4 mai. 40 heures d’adoration, ça veut dire 40 adorateurs… qui ont répondu très généreusement !
Texte et Photos par Valentin Roduit
Certains se sont retrouvés seuls avec le Seigneur au milieu de la nuit. D’autres ont eu la surprise de se trouver bien entourés dans l’après-midi, touchés de voir défiler un bon nombre de priants. Il y en a eu pour tous les goûts et le Seigneur a touché les cœurs.
Quelques réactions :
« Un pur moment de bonheur en tête à tête avec Lui. Je peux déjà confesser un péché d’égoïsme : le Tout-Puissant rien que pour moi… »
« Ça a piqué de se lever, mais la récompense ensuite était belle ! »
« Ce fut un moment de plénitude et de bonheur, je souhaite un beau dimanche à tous ces premiers communiants et à leurs familles. »
« Un bon moment seule avec Dieu ! L’heure a passé tellement vite… Incroyable ! »
Ces retours montrent que les adorateurs ont apprécié. Les sœurs bernardines ont été touchées par la ferveur paroissiale. Un confrère m’a confié avoir été frappé de la profondeur de la prière de ceux qui étaient là en même temps que lui. Le carnet d’intentions témoignait également que les adorateurs ont porté tout leur entourage devant le Seigneur.
Leur prière a préparé les deux belles célébrations des premières communions, le dimanche 5 mai à Collombey et le jeudi 9 mai à Muraz.
C’était une tradition ancienne qui redémarrait au Monastère, mais également une découverte pour certains. Si la messe est bien connue des pratiquants, l’adoration était pour certains une expérience nouvelle de prière.
Gageons que cette chaîne de prière paroissiale trouvera suffisamment d’adorateurs si elle devait être relancée durant le courant de l’automne, ou (rêvons, pourquoi pas…) devenir plus régulière.
Nuit d’adoration du Jeudi saint à Vionnaz
Par Stéphanie Reumont
Depuis maintenant quatre ans, la paroisse de Vionnaz organise une nuit d’adoration pour le secteur qui suit la célébration du Jeudi saint. De 21h à 7h du matin, les fidèles se relaient pour adorer le Saint Sacrement ; certains pour une heure, d’autres toute la nuit.
« J’ai veillé toute la nuit, et malgré tout, je n’ai jamais été aussi en forme au petit matin. Je me sens comme sur un nuage. C’est un peu comme une batterie à plat qu’on recharge, moi j’ai été rechargée par le regard d’Amour de Dieu durant cette nuit », confie une paroissienne.
Cette nuit d’adoration a été pensée pour répondre à la demande du Christ, la veille de sa passion : « veillez et priez ».
Une cinquantaine de membres de la paroisse Saint-Laurent Estavayer ont participé jeudi 25 avril dernier, à Montet, à l’assemblée de printemps, dite des comptes. Lesquels font apparaître, pour l’exercice 2023, une bonne santé financière. Le responsable des finances a toutefois annoncé poursuivre un travail de controlling plus serré du ménage paroissial.
Texte et photo par Claude Jenny
Les débats ont été conduits par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse. Mais c’est un autre Alexandre, vice-président et responsable du dicastère des finances, qui a passé sous une loupe pointilleuse les comptes de 2023. Alexandre Bersier et la comptable Séverine Rey-Pillonel ont donné moult explications sur le pourquoi de chaque minus ou malus enregistré dans un compte. Le nouveau « ministre paroissial des finances » n’aime pas les écarts par rapport au budget et dit veiller au grain, en faisant des pointages réguliers au fil de l’année pour éviter tout dérapage.
Une bonne santé financière
« Je ne veux rien casser ! » a répété à plusieurs reprises Alexandre Bersier. Entendez qu’il n’entend pas couper dans les ressources allouées aux divers postes comptables. Mais il veut quand même une gestion plus rigoureuse qui implique que chaque dépense doit être justifiée et, hormis des cas d’urgence, doit être au plus près du budget. Ainsi, par exemple, le poste « archives », qui a enregistré un excédent de dépenses conséquent, fait l’objet d’une attention particulière. « Lorsque le budget est dépensé, sauf raison impérieuse, il faut savoir dire stop ! » a renchéri le trésorier, qui a relevé l’excellente collaboration avec la secrétaire-comptable, Séverine Rey-Pillonel, qu’il a d’ailleurs remerciée pour son travail en lui remettant un cadeau. « Nous avons une séance commune chaque semaine pour avoir un suivi régulier » se plaît à relever Alexandre Bersier qui souligne l’importance des rencontres qui ont déjà eu lieu – avec les chœurs mixtes, avec les conseils de communauté, avec l’équipe pastorale – et celles qui sont agendées pour cette année.
Le résultat de l’exercice 2023 ne laisse apparaître qu’un petit bonus de 20’000 fr., pour un montant total de fonctionnement de 4,1 millions. Mais ne nous y trompons pas : les finances de la paroisse se portent à merveille. Car si l’on tient compte des jeux d’écriture entre les attributions et les prélèvements dans les réserves, c’est une somme positive proche du demi-million qui traduit le bon résultat de l’exercice et de la gestion des sous de la paroisse. Laquelle dispose d’un solide bas de laine de plusieurs millions en termes de liquidités et n’a quasiment plus de dettes.
Un avantage qu’Alexandre Bersier a relevé puisque la paroisse peut ainsi financer tous ses investissements sans recourir à l’emprunt. Au chapitre des investissements précisément, le président Alexandre Duc a détaillé l’état de tous les chantiers en cours. Une situation parfaitement maîtrisée avec, comme principaux chantiers d’actualité, la rénovation de la cure de Forel, de l’église de Nuvilly et de celle de Seiry. Ces comptes ont été approuvés à l’unanimité par l’assemblée, après recommandation de la commission financière. Pas question par contre d’envisager une baisse du taux de l’impôt ecclésiastique ! Mieux vaut thésauriser en vue de temps plus durs qui pourraient surgir, notamment en lien avec les nombreux retraits d’Eglise.
Appel pour la jeunesse
A une question d’une paroissienne qui s’étonnait qu’un montant très conséquent soit affecté à l’entretien des bâtiments – lieux de culte et autres – au détriment des budgets affectés à des tâches dites pastorales, le responsable des finances a reconnu que : « Oui, avec une vingtaine de bâtiments à gérer, nous sommes comme une gérance immobilière. » Mais, a-t-il bien précisé : « Je suis ouvert à défendre des budgets pour la pastorale si des projets concrets sont présentés au Conseil de paroisse. »
Et Alexandre Bersier de prôner davantage d’imagination pour mieux faire le lien avec les jeunes paroissiens au travers de diverses initiatives. Il a cité le « tournoi de ping-pong de l’abbé Darius » comme un exemple de nouveautés allant dans cette direction. Il s’est dit ouvert à écouter l’équipe pastorale mais aussi toute paroissienne et tout paroissien prêt à se mobiliser dans ce sens. « Soyons inventifs ! » a-t-il lancé.
« Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. »
Par Nicolas Maury Photos : DR
« En Amérique latine, la manière d’appréhender la foi est différente d’ici en Suisse », explique Leila Fortis. Coordinatrice de la catéchèse pour la Mission de langue espagnole et la paroisse du Sacré-Cœur à Lausanne, elle parle en connaissance de cause : elle a été élevée au Chili. « Là-bas, les gens ont besoin de toucher, de voir. Ils croient, mais c’est souvent comme si derrière chaque geste ou parole, il y avait quelque chose de magique. Dieu est considéré comme un papa un peu sévère qui nous punit quand on agit mal. Le message que je fais passer, c’est qu’il est un papa miséricordieux. Quoi que l’on fasse, si on cherche à changer les choses, si nous le laissons agir dans nos vies, Dieu nous pardonne. »
A priori rien ne semble destiner Leila Fortis à s’engager en Eglise. Mais tout s’est mis en place naturellement. « Je suis arrivée en Suisse à 21 ans, j’ai passé un certificat de français moderne à l’Uni de Lausanne et j’ai épousé un Neuchâtelois. Nous avons emménagé à Pully, puis à Lausanne. Je suis arrivée sur le territoire paroissial en 1998. »
La naissance de ses enfants – Tamara et Enzo – aura un impact non négligeable. « La paroisse nous a demandé si nous voulions les inscrire au caté. Nous l’avons fait successivement pour tous les deux. A l’époque, les parents étaient impliqués pour préparer les séances de catéchèse familiale. Mes enfants ont commencé à servir la messe et, de fil en aiguille, on m’a sollicitée pour accompagner les groupes de catéchèse. Je l’ai fait d’abord comme bénévole, puis officiellement en 2013. Auparavant, le poste de coordinatrice n’existait pas au Sacré-Cœur. »
Son travail lui donne beaucoup de satisfactions. « La catéchèse, ce n’est surtout pas l’école. C’est un moment de partage où l’on vient parler de quelqu’un, qui est Jésus. On évoque sa vie, et ce qu’il est pour nous. »
Depuis le Covid, Leila a remarqué que des changements importants sont intervenus, même si la cause reste difficile à identifier. « Comme s’il y avait moins de temps pour connaitre Jésus, justement », déplore-t-elle. Qui ne perd pas espoir : « La paroisse n’est pas un endroit où on distribue les sacrements. C’est une communauté. Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. » Elle se fait donc un devoir d’apprendre le nom de chaque enfant. « C’est tellement important d’être connu par son prénom, parce que c’est en reconnaissant notre prénom que Dieu nous aime. »
Leila Fortis • Née au Chili en 1970. • Arrivée en Suisse en 1991. • Coordinatrice en catéchèse depuis 2013.
Si le village de Lens occupe une place prépondérante dans l’œuvre valaisanne de C. F. Ra-muz, sa première découverte du canton s’est faite à Chandolin. C’est dans l’église de ce plus haut village d’Europe que se conclut le roman Présence de la mort (1922), par l’évocation d’une Présence qui est l’antonyme de la mort.
Par Benjamin Mercerat | Photo : Association Edmond-Bille
En 1907, Ramuz découvre Chandolin, invité par le peintre Edmond Bille à y séjourner deux semaines dans le cadre d’une collaboration. Le Village dans la montagne, texte illustré par des gravures de Bille, paraît en 1908. La vie « errante » des paysans valaisans y est décrite avec précision, poésie et sens du tragique : ils sont sans cesse sur les routes, selon les saisons et les exigences de l’agriculture de montagne. Alors que dans les autres villages on monte aux mayens, à Chandolin on y descend.
L’auteur, qui passera plusieurs étés à Lens, ne reviendra pas séjourner en ces hauteurs anniviardes. Le lieu, néanmoins, est resté ancré en lui, et c’est à ce village qu’il pense dans son roman apocalyptique publié en 1922, Présence de la mort, véritable récit d’anticipation imaginant que la terre se rapproche de plus en plus du soleil. La température monte, les cultures ne peuvent plus se faire, la famine est là, c’est la guerre généralisée.
Voici la banque de Lausanne prise d’assaut. Voici les villages des bords du Léman qui s’organisent en cités fortifiées, ravitaillées encore quelque peu par la pêche. Le phénomène est mondial. On tâche d’aller aux pôles, mais la banquise se défait : le seul refuge, c’est l’altitude. Voici des jeunes gens qui prennent d’assaut un chalet d’alpage – lieu inspiré par les hauts de Lens. Les paysans qui s’en sont fait chasser reviennent, piègent leurs assaillants et les tuent sans pitié.
Et voici, enfin, ce village inspiré par Chandolin, qui semble être le dernier à abriter des vies humaines. Un vent violent ne cesse plus son attaque, mais voilà que le sonneur de cloche rejoint tant bien que mal le clocher. Les villageois savent bien que là est maintenant leur seule raison d’être, comme nous le fait comprendre le narrateur :
« Mais, à présent, venez seulement en bas, montagnes, tombez-leur seulement dessus : ils n’ont plus peur de vous, ils vous ont échappé, parce qu’il sont entrés dans l’église. »
Les fidèles sont à genoux, comme lors de l’Adoration eucharistique, mais ici nul prêtre, nulle hostie ; cependant, après trois coups de cloche :
« Une Personne a été devant eux sur la pauvre nappe à dentelles, entre les fleurs de la terre qui passent, parmi les petites lumières qui tremblaient ; Elle s’est levée d’elle-même, Elle s’est mise en marche ; Elle leur a dit : « Vous venez ? » Et, dans leurs corps nouveaux, ils se sont avancés. »
Dans une lettre faisant suite à la lecture de ce roman, les époux Maritain, figures de proue du renouveau catholique dans la première moitié du XXe siècle, écrivent à Ramuz : « […] vos dernières pages ont laissé en nous une émotion très vive, comme si cette Présence de la mort débouchait sur le lever d’une aurore, et d’une paix plus haute. »
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Présence de la mort, Editions Zoé, « Petite bibliothèque ramuzienne », 2022 (1922).
Mis en veilleuse durant le COVID, le Conseil pastoral cantonal se remet au travail ! Pour notre paroisse, un nouveau délégué a été désigné en la personne de Colin Mosengo, de Vuissens 1. Son prédécesseur, Jacques Monnard, de Vesin, a siégé dix ans dans son organe. Qu’en retire-t-il ?
Texte et photo par Claude Jenny
Membre de cet organe consultatif de 2012 à 2021, il l’a même présidé durant toute une législature aux côtés du vicaire épiscopal – Rémy Berchier puis Jean Glasson – et d’une cohorte de membres des diverses UP de la partie francophone du canton. « Au début nous étions entre 40 et 50 membres, dont une vingtaine de membres du clergé. C’était trop ! Par la suite, avec 30 membres – dont 5 employés de l’Eglise, le fonctionnement a été nettement meilleur » relève le Broyard, qui a donc été la voix de notre UP, puis paroisse, au sein de ce Conseil.
La voix des UP
« Ce fut une belle expérience, un lieu d’émulation, convivial, où nous avons pu évoquer nombre de sujets liés directement à la pastorale » relève l’ancien membre du Conseil de communauté de Cugy-Vesin. « Nous étions la voix des UP, permettant au vicaire épiscopal de prendre la température du terrain. Nous récoltions des avis de nos paroisses et nous reportions le rendu de nos délibérations. Cet échange était, je pense, fructueux. De plus, de découvrir les initiatives lancées dans d’autres régions du canton représentait un apport intéressant » explique Jacques Monnard.
Parmi les thématiques abordées durant deux législatures, il cite le sondage lancé par le vicaire épiscopal en 2016 qui avait invité 150’000 catholiques à s’exprimer avec quelque 1500 réponses à l’arrivée. Mais aussi les 8 orientations diocésaines de l’évêque, la place de la musique dans l’animation liturgique, le mois missionnaire lancé par Missio, la pastorale du deuil ou encore comment revitaliser nos paroisses. A raison de 3 à 4 rencontres par an, le Conseil pastoral cantonal a été un porte-voix, mais sans avoir pouvoir de décision, ni d’émettre des directives.
Redémarrage
Aujourd’hui, la représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton, Céline Ruffieux, veut revitaliser cet organe consultatif avec une nouvelle équipe de représentants de toutes les UP du canton, dont Colin Mosengo pour notre paroisse.
Jacques Monnard garde aussi un souvenir lumineux de sa participation, avec un autre délégué fribourgeois, dans le Conseil pastoral suisse, organe qui faisait office de coordination interdiocésaine et permettait à ses membres de découvrir des réalités totalement différentes vécues dans d’autres régions du pays.
Aujourd’hui, Jacques Monnard ne siège plus – hélas dirons-nous, car son expérience serait précieuse – dans un organe d’Eglise mais conserve son activité de sacristain à temps partiel à Cugy.
1Voir portrait dans le journal paroissial d’avril-mai 2024
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloisefêtera ses 100 ans cette année 2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu. Web :https://amisdebukavu.com
Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo.
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)
Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.
La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.
La parade unit les générations.
Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.
Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).
Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions. Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.
Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François
En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2
« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…
Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : « Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela… » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un « cœur d’arc-en-ciel » et me l’a donné en me disant : « Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider. » Elle est incroyable !
Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »
1 Prénom d’emprunt 2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.
Une épicerie solidaire à Massongex
« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : « ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »
Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.
Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga
La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.
Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !
Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.
Témoignage de Daniel
Baptême de Daniel.
Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.
Témoignage d’Adrien
Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).
Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.
A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.
Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui leur tient à c(h)œur ? Regards croisés.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Marion Perraudin, DR
Voici le troisième et dernier volet de notre triptyque « musique et liturgie ». Ce mois-ci, nous laissons la parole à Doris Sauthier, chantre et directrice du Chœur des Familles et Edmond Voeffray, organiste titulaire des orgues de Martigny.
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Doris : Le chant m’a habitée depuis mon enfance. Il m’a dévoilé ses différentes facettes et m’a fait apprécié toutes ses couleurs : profane, religieuse, classique, moderne. Quel que soit le groupe vocal, les notes de musique égrenées me vont toujours droit au cœur et me rendent plus humaine. Edmond : En tant que musicien professionnel, je vois chaque instant de ma vie habité par la musique. Travail personnel, enseignement, liturgies, concerts, administration, spéculation ou recherche occupent corps et esprit presque totalement.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Doris : Que la liturgie soit simple et belle et puisse rejoindre toutes les sensibilités. Pour certains, le silence dit Dieu, pour d’autres, c’est la musique ou le chant. Selon les générations, la musique chantée ou jouée sera méditative ou explosive, mais surtout porteuse de sens. Edmond : Que la musique favorise la vie d’une célébration. En ce sens, j’essaie de m’opposer à l’usage de musique enregistrée où un des acteurs de l’interaction interprète / auditeur est absent.
Qu’est-ce qui vous agace ? Doris : Qu’une personne mette son talent à disposition et que des remarques fusent… Trop haut, trop long, trop fort, pas assez ceci, cela… en oubliant qu’il n’est pas si simple de prêter sa voix, de se « dévoiler ». Edmond : L’envahissement du lieu sacré par la technologie. Après une longue journée devant un ordinateur, on peut désirer autre chose lors du service divin que de voir une publicité Microsoft projetée par erreur sur le buffet d’orgue ou entendre le bruit ridicule signalant la connexion de la sono…
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Doris : J’aime beaucoup les chants à Marie. Ils occupent une place privilégiée dans ma vie. Elle m’a accompagnée dans toutes les périodes décisives. Edmond : Dans l’absolu, celle que, après un long travail, je maîtrise au mieux. Ceux qui ont chanté de la polyphonie vocale connaisse le plaisir de pouvoir tenir son registre, alors imaginez la volupté de pouvoir mener seul les « quatre registres » en les habitant pleinement !
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Doris : A travers le chant et la musique, je me rapproche toujours plus de L’Essentiel (!). Il me remet en question sur ma façon d’être et d’agir. Il m’invite toujours plus à entrer en relation. Edmond : Contrairement à beaucoup d’autres religions, le catholicisme n’a pas développé de réticence excessive à l’utilisation de l’art musical même purement instrumental. L’Eglise a ainsi pris à son service les artistes. Loin de se laisser impressionner par les crises iconoclastes de la Réforme, l’Eglise a continué à miser sur le pouvoir des arts d’élever la spiritualité des fidèles et cela en dépit de certains textes de la Bible ou de certains Pères. Ainsi, pratiquer la musique dans des lieux tels que l’église de Martigny-Ville ou la cathédrale de Sion m’apporte des émotions toujours renouvelées.
Doris Sauthier dirige le Chœur des Familles, ici lors de la fête paroissiale en septembre 2018.
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