A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.
Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR
J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat
Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck
L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir.
Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité.
C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)
L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.
L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.
En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.
Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont
Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »
« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »
Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi.
Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »
Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.
Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »
Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.
A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ? Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »
Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.
Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.
De Lourdes à Medjugorje Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).
C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens !
De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime.
J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloisefêtera ses 100 ans cette année 2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu. Web :https://amisdebukavu.com
Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo.
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)
Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.
La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.
La parade unit les générations.
Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.
Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).
Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions. Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.
Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François
En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2
« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…
Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : « Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela… » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un « cœur d’arc-en-ciel » et me l’a donné en me disant : « Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider. » Elle est incroyable !
Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »
1 Prénom d’emprunt 2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.
Une épicerie solidaire à Massongex
« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : « ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »
Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.
Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga
La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.
Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !
Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.
Témoignage de Daniel
Baptême de Daniel.
Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.
Témoignage d’Adrien
Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).
Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.
A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.
Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui leur tient à c(h)œur ? Regards croisés.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Marion Perraudin, DR
Voici le troisième et dernier volet de notre triptyque « musique et liturgie ». Ce mois-ci, nous laissons la parole à Doris Sauthier, chantre et directrice du Chœur des Familles et Edmond Voeffray, organiste titulaire des orgues de Martigny.
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Doris : Le chant m’a habitée depuis mon enfance. Il m’a dévoilé ses différentes facettes et m’a fait apprécié toutes ses couleurs : profane, religieuse, classique, moderne. Quel que soit le groupe vocal, les notes de musique égrenées me vont toujours droit au cœur et me rendent plus humaine. Edmond : En tant que musicien professionnel, je vois chaque instant de ma vie habité par la musique. Travail personnel, enseignement, liturgies, concerts, administration, spéculation ou recherche occupent corps et esprit presque totalement.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Doris : Que la liturgie soit simple et belle et puisse rejoindre toutes les sensibilités. Pour certains, le silence dit Dieu, pour d’autres, c’est la musique ou le chant. Selon les générations, la musique chantée ou jouée sera méditative ou explosive, mais surtout porteuse de sens. Edmond : Que la musique favorise la vie d’une célébration. En ce sens, j’essaie de m’opposer à l’usage de musique enregistrée où un des acteurs de l’interaction interprète / auditeur est absent.
Qu’est-ce qui vous agace ? Doris : Qu’une personne mette son talent à disposition et que des remarques fusent… Trop haut, trop long, trop fort, pas assez ceci, cela… en oubliant qu’il n’est pas si simple de prêter sa voix, de se « dévoiler ». Edmond : L’envahissement du lieu sacré par la technologie. Après une longue journée devant un ordinateur, on peut désirer autre chose lors du service divin que de voir une publicité Microsoft projetée par erreur sur le buffet d’orgue ou entendre le bruit ridicule signalant la connexion de la sono…
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Doris : J’aime beaucoup les chants à Marie. Ils occupent une place privilégiée dans ma vie. Elle m’a accompagnée dans toutes les périodes décisives. Edmond : Dans l’absolu, celle que, après un long travail, je maîtrise au mieux. Ceux qui ont chanté de la polyphonie vocale connaisse le plaisir de pouvoir tenir son registre, alors imaginez la volupté de pouvoir mener seul les « quatre registres » en les habitant pleinement !
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Doris : A travers le chant et la musique, je me rapproche toujours plus de L’Essentiel (!). Il me remet en question sur ma façon d’être et d’agir. Il m’invite toujours plus à entrer en relation. Edmond : Contrairement à beaucoup d’autres religions, le catholicisme n’a pas développé de réticence excessive à l’utilisation de l’art musical même purement instrumental. L’Eglise a ainsi pris à son service les artistes. Loin de se laisser impressionner par les crises iconoclastes de la Réforme, l’Eglise a continué à miser sur le pouvoir des arts d’élever la spiritualité des fidèles et cela en dépit de certains textes de la Bible ou de certains Pères. Ainsi, pratiquer la musique dans des lieux tels que l’église de Martigny-Ville ou la cathédrale de Sion m’apporte des émotions toujours renouvelées.
Doris Sauthier dirige le Chœur des Familles, ici lors de la fête paroissiale en septembre 2018.
En écho au thème proposé par les Editions Saint-Augustin, trois parents s’expriment sur leur deuil suite aux fausses couches. Tous ont gardé une place pour leur enfant dans leur cœur de parents et dans leur famille.
Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR
Fausse couche, vrai bébé ?
Dans les années 90, on ne parlait pas du fœtus comme d’un enfant. Moi, je le considère comme un enfant. Après l’intervention, en salle de réveil, deux mondes se côtoient : j’ai perdu mon cinquième bébé et je pleure. La femme à côté s’étonne de mes larmes : elle vient d’avorter de son troisième. Je me suis sentie jugée et vraiment déséquilibrée ou anormale. Mes trois fausses couches ont été physiquement violentes, toujours avec une hospitalisation. C’est un deuil. Un vrai. « Se dire, c’est fini, il n’y a plus de bébé », c’est une première étape. Ni échographie, ni prénom, ni corps – on ne connaissait pas le sexe – je garde leur souvenir dans ma mémoire.
Mes enfants ont chacun leur place dans la fratrie. C’est important que ceux qui n’ont pas grandi font partie de la famille. Je ne supporte pas qu’on sous-entende que ce ne sont pas des enfants : ils ont été désirés, attendus – peu de temps mais attendus vraiment – et ils sont aimés. Je n’ai aucun doute sur le fait que Dieu les a accueillis auprès de lui.
Un jour, chez ma gynécologue, j’annonce que c’est mon sixième, puis je me reprends : j’ai quatre enfants à la maison. Et l’assistante m’a dit : « Oui, vous avez raison, c’est votre sixième enfant. » J’étais légitimée dans mon cœur de maman, j’avais enfin le droit de parler de mes bébés partis trop vite. Leur vie, si courte fut-elle, a enfin de la valeur.
Un deuil sans corps
Enceinte, je connaissais les statistiques sur les fausses couches. Pour moi, il n’y a qu’une seule statistique : 100 % de mon bébé est mort. Une copine m’a dit : « Tu peux en parler à ma sœur, elle l’a aussi vécu. » J’ai eu l’impression qu’un monde s’ouvrait à moi : tant de femmes ont connu cette douleur. Et moi, est-ce que j’étais une maman ? Ces échanges sans tabou m’ont aidée et soutenue.
Dans l’Eglise, on a des mots : la communion des saints, la vie éternelle. On reconnaît la vie dès sa conception, mais on n’a pas de rite pour ce deuil-là. J’ai eu besoin d’un geste. Alors j’ai acheté 13 fleurs pour les 13 semaines où j’ai porté cet enfant. Après une prière, je les ai jetées dans une rivière et je les ai regardées partir. Après ce rituel, j’ai retrouvé le sommeil. J’ai pu envisager sereinement une autre grossesse.
Papa concerné aussi
La première chose difficile, c’est l’annonce de la gynécologue. C’était à quelques jours de l’annonce officielle à la famille, c’était le premier petit-enfant de mes parents. On dit souvent que pour les pères, tant que le bébé n’est pas là, ce n’est pas concret. En fait, c’est faux : pour moi, j’avais déjà des projets, des idées de prénoms, un avenir avec ce bébé. Il y a déjà une présence remplissante. Le deuil que j’ai eu est perçu comme un fait divers par la plupart, alors que le deuil de la mère est reconnu de plus en plus.
Nous lui avons donné un prénom, nos enfants et nos proches le connaissent. J’ai écrit à mon bébé une lettre que j’ai lue durant une cérémonie d’adieu. Mon message a été particulièrement difficile à dire à travers les larmes, mais c’était un soulagement et un apaisement. Verbaliser marque l’absence, l’adieu, mais paradoxalement atteste de son existence et de son passage dans nos vies.
« Partis avant d’avoir aimé, avant même d’avoir eu la vie, pour exister » chante Pierre Bachelet. La réalité des grossesses non arrivées à terme est un phénomène douloureux qui peut creuser de profondes cicatrices chez celles et ceux qui doivent le vivre. « Nous vous avions tant imaginés, dessinés avec nos sourires, nos espoirs et nos soupirs… nous nous réjouissions de vous tenir dans nos bras. »
Toutes ces vies qui se sont éteintes avant d’éclore, que sont-elles devenues ? Où faut-il les chercher maintenant ? Sur les gouttes de rosée ? Sur les ailes du vent ? Qui saura nous le dire ? En attendant, nous devons apprendre à aimer toute vie : celle qu’il y a dans l’herbe qui pousse, dans la fleur qui s’épanouit, dans l’oiseau qui chante.
Ces petits êtres si désirés, si attendus, où sont-ils maintenant ? Notre foi en Dieu nous permet de croire qu’ils ont traversé la vie sans que rien ni personne ne les arrête et qu’ils ont continué sur leur élan : ils ne sont plus dans la mort, ils n’y reposent pas. Ils l’ont traversée puisque la mort n’est qu’un instant. Dès maintenant, ils vivent sans fin. Ils sont à jamais reliés à ceux qui les ont aimés dès le moment de leur conception. Leur envol n’est pas une absence, plutôt une flamme qui diminue d’intensité à nos regards, mais sans jamais s’étouffer.
Lorsque vous lirez ces quelques lignes, je serai probablement de retour de mon pèlerinage en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. Appelée à me mettre en marche, je suis partie du Puy-en-Velay à la mi-mars et je me suis mise à avaler les kilomètres de la Via Podiensis.
Un besoin de poésie – Je nourrissais cette envie de fouler la Via Podiensis depuis quelques années. A la fin de l’hiver, j’ai fait mon sac et j’ai commencé à marcher depuis le Puy-en-Velay. A cette période de l’année, les pèlerins se font encore très rares sur le chemin. Les paysages magnifiques se succèdent et les églises romanes qui les ponctuent me ravissent. Je marche parfois des heures, toute seule, sans côtoyer d’autres randonneurs. Chaque rencontre devient alors un événement. Je croise un paysan avec le visage aussi marqué que son champ. Il m’invite à boire un café. Lui non plus n’a pas interagi avec grand monde ces derniers mois.
Les rencontres chrétiennes – La vraie charité chrétienne se loge surtout dans les actes que les pèlerins posent entre eux. Nous partageons les mêmes galères physiques et logistiques. Les aléas de la météo nous cueillent tous équitablement. Quand l’un manque de quelque chose, l’autre pourvoit tout naturellement. Nous formons un vrai corps actif, une communauté mobile et avançons tous à notre rythme vers un but commun. Nous veillons au bien des autres, car nous nous sommes rencontrés dans le cœur. La beauté de ce chemin y prend sa source.
La légèreté de l’être – Au fur et à mesure du voyage, le sac semble s’alléger. Le corps s’habitue et la tête se vide. Il n’y a plus que les oiseaux à écouter. Je m’agite un peu car j’ai dû mal à simplement être et faire confiance. Le pèlerinage met l’emphase sur des problématiques déjà bien présentes dans nos vies et que nous nous efforçons de mettre sous le tapis. Pour ma part, c’est une Foi que je devais venir muscler, par cet effort physique et mental.
Si vous avez moins de temps et que vous souhaitez tout de même faire oraison, je ne peux que vous recommander chaudement les pèlerinages alpins organisés par l’Hospice du Grand-Saint-Bernard durant l’été.
Ce mois de mai va célébrer la collision des mères et des médias. Ce choc n’est pas nouveau. Il n’y a qu’à voir la place que certains objets prennent dans lesdits médias : avortement, inégalités sociales, AVS, pour n’en citer que quelques-uns. Mais ceux-là, ce sont ceux dont tout le monde parle.
Je voudrais apporter plus d’éclairage sur les souffrances dont on parle un peu moins, pour ne pas dire pas assez : infertilité, fausses couches et les interminables procédures d’adoption entourées d’un silence assourdissant. Ne sont-elles pas aussi, ces détresses, des cris des « Mater Dolorosa » ?
Je crois, moi, que l’éclairage de ces douleurs vient de leur exposition, ou non, aux médias. Surtout de l’audience que ces « informateurs » peuvent en attendre. Le danger, en invoquant des sujets qui font appel aux convictions, c’est qu’il ne peut y avoir de consensus… donc, soit je suis un immonde rétrograde, soit je suis un assassin. Valeurs contre libertés, c’est la porte ouverte à tous les clivages, aux intégrismes de tous bords. Pas de débats, pas d’échanges, pas de compromis : quelle pauvreté…
A celles qui revendiquent de pouvoir gérer leur corps, je répondrais que la liberté totale n’existe pas : on peut choisir de mourir, on ne peut pas choisir de naitre, comme on ne choisit pas d’être stérile. La liberté dont vous rêvez ne se trouve pas dans le droit de faire n’importe quoi. Cette liberté s’arrête où commence celle des autres. C’est peut-être une lapalissade, mais qui devrait trouver un écho encore plus fort chez nous, chrétiens. Le pape François va même plus loin : la liberté est dans le service. Ses paroles sont les prolongements ultimes de ce fameux adage.
Les arguments des défenseurs de la vie « à tout prix », ils sont connus de tous et toutes. Admirables sur le fond, ces valeurs ne peuvent et ne doivent pas être imposées. Car imposer c’est déjà juger, juger c’est contrôler et parfois même punir. Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de m’opposer à ces valeurs chrétiennes, il s’agit juste de les hiérarchiser : aimer avant de légiférer, servir avant d’ordonner. Pour éviter de répéter les haines de l’Histoire… Pour oser un nouveau chemin plus… apaisé. Bonne lecture.
Chaque minute, quarante-quatre femmes subissent une fausse couche dans le monde. Au niveau suisse, les estimations avancent qu’une grossesse sur quatre serait concernée. Malgré cela, le silence autour de cet événement douloureux et les lacunes dans l’accompagnement persistent.
Par Myriam Bettens | Photos : Micaël Lariche, Flickr, DR
N’allez pas dire à Natacha, Alice, Cynthia, Lauren et bien d’autres qu’elles viennent de perdre du « matériel gestationnel ». Pour elles, c’était déjà un enfant à naître et des projets en construction. Or, le terme même de « fausse couche » tend à signifier que ce qu’elles ont vécu n’est pas si « vrai » que cela et donc d’une importance moindre. La perte est pourtant bien réelle. Alors, qu’y a-t-il de « faux » dans cette épreuve ?
Des pertes inexistantes
Fausse couche, avortement spontané, perte de grossesse : ces termes évoquent une même réalité, tout en divergeant sur son acception. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), aucun consensus n’existe entre les pays sur la définition de la perte de grossesse. En Suisse, elle est circonscrite par le cadre légal, dont les implications se font ensuite ressentir dans les autres aspects de la prise en charge. Lorsque le fœtus meurt avant la 13e semaine, on parle de fausse couche précoce, la complication la plus courante du début de grossesse. Or, « la fréquence et le manque d’explication médicale à ces pertes précoces les banalisent », indique Caroline Chautems, chercheuse postdoctorante au Centre en Etudes Genre, à l’Université de Lausanne. Il n’existe d’ailleurs aucune statistique sur le pourcentage de fausses couches parmi la population suisse. Les estimations avancent qu’une grossesse sur quatre serait concernée. « Les hôpitaux et les gynécologues ne sont pas tenus de les répertorier. Les chiffres sont donc largement sous-évalués » pour Aurélie Pasqualino, fondatrice de l’association Naîtr’Etoile, qui soutient les familles touchées par un deuil périnatal. Un manque de données doublé d’une sous-investigation des arrêts de grossesses dans la recherche scientifique, selon Caroline Chautems, notamment à cause du désintérêt durant de nombreuses années des questions sexuelles et reproductives des femmes. De plus, l’individualisation de la responsabilité prônée par notre société implique que l’enfant est devenu un choix. Aux familles d’assumer lorsque cela ne se passe pas comme prévu.
La grossesse est une maladie comme une autre
Le cadre légal en vigueur en Suisse se charge de le rappeler. Pour la Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), les grossesses se terminant avant la 13e semaine sont soumises au même régime que la maladie et ne sont remboursées qu’à concurrence de la franchise et de la quote-part. « Avant trois mois, votre grossesse est une maladie », illustre Marie-Laure, ancienne employée d’une assurance maladie. Elle a depuis quitté ses fonctions, ne supportant plus ce sentiment d’asséner à longueur de journée des articles de loi à des femmes en pleine détresse. Du côté professionnel, la maternité a encore des répercussions sur la carrière des femmes. Elles n’évoquent donc souvent pas leur grossesse sur leur lieu de travail avant trois mois et prennent sur leurs congés lors de la survenue d’une fausse couche, car la loi n’accorde aujourd’hui aucun congé en cas de perte de grossesse avant la 23e semaine. « C’est une affaire de santé publique qui se doit d’être débattue politiquement », affirme Sabine Cerutti-Chabert, cofondatrice de la Fondation pour la Recherche en Périnatalité (FReP). Or, « en Suisse, la famille est perçue comme une affaire privée. Le contexte néolibéral appelle à la responsabilisation individuelle », complète Caroline Chautems. Néanmoins, trois interventions parlementaires, acceptées en 2020 et 2023, sont en consultation au Conseil fédéral afin de réfléchir à l’instauration d’un congé payé en cas de fausse couche et à la gratuité des prestations pendant toute la durée de la grossesse. Un pas pour accroître la protection des femmes enceintes.
Maux compte triple
« Le problème est de nature sociétal », avance Aline Wicht, sage-femme en obstétrique aux HUG et membre du Groupe Deuil, une équipe de travail multidisciplinaire réunie autour du deuil périnatal. « Les gens sont mal à l’aise avec la mort, surtout lorsqu’elle vient contrarier le début de la vie. Cela vient rompre toute logique. » Et le personnel médical ne fait pas exception à cette règle, « d’où l’importance d’avoir un personnel formé au deuil aussi pour les fausses couches précoces ». La mort pose aussi des limites à la médecine. Dans le cas des fausses couches précoces, on sait qu’elles sont fréquentes, mais on ne peut pas en expliquer la cause avec certitude. Il faut donc « soutenir sans chercher à être dans l’action, mais dans l’accueil ». Or, puisqu’il n’y a pas d’acte de soins à prodiguer et n’étant pas considérée comme une complication « à risques », cela tend à banaliser cet événement dans la prise en charge médicale et aussi aux yeux des patientes. Quant à l’entourage, il n’est pas mieux outillé pour accueillir ce type d’incidents. Les « tu en auras d’autres » ou les « mieux vaut maintenant que plus tard » sont alors perçus comme une minimisation de la douleur rendant la perte illégitime.
Un deuil fantôme
Pour que la perte puisse être vécue comme telle, encore faut-il que celle-ci soit reconnue et identifiée. Une condition mise en échec par l’organisation même des hôpitaux. Avant 13 semaines, les femmes enceintes passent sous les radars, ce que confirme Aline Wicht pour les HUG en notant qu’il en va certainement de même dans les autres hôpitaux romands. Jusqu’à 12 semaines, les femmes sont généralement prises en charge par la gynécologie, ce n’est qu’après ce terme qu’intervient le service d’obstétrique, dans lequel peut leur être proposé un soutien quant au deuil qu’elles viennent de vivre. La possibilité d’un accompagnement psychologique ou spirituel n’est donc pas conditionnée par le besoin des patientes, mais par le stade de leur grossesse. Un état de fait à corréler avec le délai légal de 12 semaines pour recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Un changement de statut des 13 premières semaines risquerait de remettre en cause ce droit, de l’avis d’une gynécologue et de plusieurs sages-femmes.
Donner corps au deuil avec l’aide de l’Eglise
La compréhension du deuil périnatal n’étant pas unanime, les mères se retrouvent face à une interprétation à géométrie variable de leur souffrance, car pour beaucoup, lorsqu’il n’y a pas de corps, il n’y a pas non plus de deuil. Outre les associations qui existent pour épauler les familles se retrouvant très souvent seules face à ces questions, quelques initiatives ecclésiales ont vu le jour en Suisse romande, dont une dans le Jura. « Il y a trois ans, j’ai réalisé le désarroi et la solitude de ces parents. Cette thématique est devenue mon cheval de bataille », révèle Philippe Charmillot, diacre pour le Jura pastoral. Avec ses homologues réformés, il a donc pris à bras le cœur la condition de ces parents endeuillés, quel que soit le stade de grossesse. Ils ont mis à disposition une chapelle à Develier-Dessus où les parents peuvent « déposer » ce qu’ils souhaitent et participer à une célébration œcuménique annuelle d’au revoir. Une ligne téléphonique est également à disposition, permettant aux parents de trouver informations et réconfort. La mobilisation des diacres et ministres jurassiens ne s’arrête pas là. Ils ont aussi interpelé les gynécologues et les médias de la région pour les sensibiliser à la question. Comme le glisse une des mères, c’est une manière de matérialiser, « ces enfants qui nous traversent, mais que l’on n’oubliera jamais ».
Cette enquête est réalisée avec le soutien de JournaFonds. La version longue de cette enquête est accessible en ligne sur Cath.ch
Les rituels permettent de faire exister et rendre visible la perte d’un être, qui n’a souvent laissé
de souvenirs que dans la chair de la mère.
La non-reconnaissance de la perte est influencée par l’immatérialité de l’événement.
Alors que l’âme et le corps saignent, la société intime à la mère en deuil « d’aller de l’avant ».
Ils n’étaient familiers ni des scènes, ni des coulisses et pourtant ils ont assuré au spectacle écrit par Benjamin Bender et Aline Bonvin, une qualité et une profondeur exceptionnelles ! Certains d’entre eux reviennent ici sur cette expérience unique qui les a mis… face à eux-mêmes !
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Pierre Daendliker
Sandrine Volluz, musicienne du projet : « Face à toi-même », c’était d’abord l’occasion rêvée de refaire de la musique avec Laurine. On se connaît grâce au chant et voilà que je me retrouve à jouer sa musique à l’alto. C’est quelque chose de se retrouver avec un micro dans le pavillon pour jouer la musique tout droit sortie du cœur d’une amie – Je ne vous explique même pas la pression – et c’était magique ! Je suis toute reconnaissante de cela… mais aussi d’avoir débarqué, un peu par hasard, parmi un petit groupe d’inconnus (ou presque) et de repartir avec l’impression d’avoir lié de solides amitiés que quelques (longues) journées de répétitions et quelques heures de spectacle ont permis d’enraciner aussi profondément que des années de souvenirs accumulés. Je me souviendrai longtemps des petites impros jazzy entre deux pics de trac, des joyeux échauffements avant l’entrée en scène, et, bien sûr, de Prosper. Youplaboum !
Jeanne Gabioud, comédienne du projet : « Face à toi-même », ç’a été pour moi une belle aventure. Je garde plein de souvenirs en tête et plein de belles rencontres ! Ce qui était beau c’est qu’on s’est soutenu tout le long. On était ensemble et on se sentait porté par le groupe ! Ce genre de projet apporte toujours de la confiance en soi. C’est un bon exercice pour apprendre à être sur scène devant un public ! C’était très enrichissant mais aussi exigeant et pas toujours facile ! Ce spectacle prend encore plus de sens et d’importance lorsque l’on constate qu’il a été joué lors d’un week-end dramatique en montagne… Et bien sûr, c’est une grande satisfaction et une grande fierté d’avoir participé à ce projet, de se présenter sur scène et de recevoir des compliments…
Manon Berthouzoz, comédienne du projet : « Je marche sur le banc pour aller mettre le deuxième quand, « pan », je me tape contre l’angle du panneau solaire » : cette phrase tirée de la pièce « Face à toi-même » résonne encore en moi. Comment en suis-je arrivée à jouer dans cette pièce de théâtre ? J’avais vu passer, sur les réseaux sociaux en été 2023, un petit flyer qui expliquait le projet. Ça m’avait l’air très sympa ! Et c’est vrai qu’il y a plusieurs années, j’avais noté cette idée de faire du théâtre un jour si l’occasion se présentait. Je me suis donc inscrite pour cette incroyable aventure. Quand Aline Bonvin et Benjamin Bender nous ont expliqué un peu plus en détail le projet – la pièce en trois actes, la fréquences des répétitions, le lieux où nous allions jouer – et que nous allions être dotés de micros, j’ai eu des étoiles plein les yeux. Nous avons eu six mois d’intenses répétitions pour arriver jusqu’au jour du spectacle et il faut dire que j’ai apprécié chaque instant. Cette aventure m’a fait grandir, j’y ai découvert plein de facettes de ma personnalité. Chacun-e e m’a « portée » d’une manière ou d’une autre. C’était aussi une aventure collective et bienveillante, nous étions soudés les uns avec les autres et nous avons aussi beaucoup rigolé. J’y ai rencontré des personnes formidables tant chez les comédiens amateurs que chez les chanteurs, les musiciens et l’équipe technique. L’ambiance était super ! Benjamin et Aline nous ont mis en confiance. J’ai vraiment ressenti toute la passion qu’ils ont pour leur métier de comédien et, grâce à toute l’équipe, j’ai mieux compris le monde artistique et celui du théâtre. Ils ont su me faire comprendre l’importance des mots qui sont portés sur la scène et ça m’a touchée. Quand nous avons joué le spectacle, j’étais très contente de pouvoir voir le public, de pouvoir faire entendre les magnifiques textes qui parlent de la montagne et de redire ce que quelqu’un a personnellement réellement vécu. Ces mêmes textes qui, pendant six mois, m’ont touchée et tant de fois interrogée. Je remercie toute l’équipe de « Face à toi-même », ainsi que toutes les personnes qui sont venues voir ce spectacle.
Barnabé Gard, chanteur du projet : Je chante depuis mon enfance et, pour moi, le chant est un moyen d’expression privilégié aux vertus thérapeutiques et stimulantes. Peu d’activités me font ressentir autant de plaisir. Sauf peut-être quand la musique se mêle au théâtre. Pour moi, l’expérience de « Face à toi-même » a été vraiment unique ! La musique a donné beaucoup de force au texte déjà touchant des témoignages. Non seulement participer à cette création a été un vrai plaisir, mais ç’a été une de ces expériences dont on ne ressort pas le même. Un grand merci à Aline, Laurine et Benjamin pour avoir entièrement composé et monté ce spectacle.
Léa Surmont, comédienne du projet : Quand je me suis engagée dans cette aventure, je n’avais jamais mis les pieds sur scène et encore moins parlé devant autant de gens. Je me suis souvent demandé : « Pourquoi donc t’être lancée là-dedans ? » Maintenant, je répondrais simplement pour tout ce que va t’apporter cette expérience : rencontrer des gens formidables, apprendre un texte par cœur, apprendre à le jouer sous l’œil bienveillant de deux brillants metteurs en scène, prendre conscience de son corps et de sa situation dans l’espace. C’était simplement beau et touchant. Ce sont des moments gravés à jamais dans mon cœur. Merci à toutes les personnes qui ont fait partie de l’aventure et qui m’ont soutenue dans toutes ces étapes.
Sandrine Volluz (2e depuis la droite), avec les trois autres musiciens du projet.
Au centre, Jeanne Gabioud et tout à droite, Manon Berthouzoz.
Léa Surmont, comédienne du projet.
Barnabé Gard, 1er chanteur à gauche de la directrice et compositrice de la musique, Laurine Moulin.
Voilà bientôt deux mille ans que cet évènement, fondamental dans l’histoire de l’humanité dont il changera le cours, est célébré de façons très diverses selon les différentes cultures populaires, les sensibilités religieuses ou la foi des uns ou des autres.
Parmi nous, malgré la diminution considérable des fidèles, beaucoup continuent à commémorer la Résurrection du Christ dont ils proclament la signification essentielle, passablement occultée par les coutumes qui se sont greffées au cours des siècles.
Puissent-ils éprouver la même joie intense que les amis de Jésus lorsqu’ils ont compris qu’il était vivant et l’ont reconnu, ou tout simplement connu tel qu’il était vraiment : Fils de Dieu que la mort ne pouvait faire disparaître, révélant au contraire son immortalité !
Une joie enthousiaste (dans son sens profond : d’inspiration divine !), car cette Résurrection, fondement de notre foi chrétienne, est une introduction à une vie spirituelle qui dépasse nos limites mortelles et une promesse de faire de nous des vivants dans l’éternité ! Et qui surtout nous prouve, après la Passion dramatique que Jésus a subie avec courage et détermination malgré ses souffrances, que nous pouvons avoir une confiance totale en Lui !
Il nous a promis qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps et Il a continué jusqu’à nos jours à se manifester de diverses façons, que ce soit à Paul de Tarse, à François d’Assise ou à tant d’autres, en se faisant connaître ou reconnaître comme lors de sa Résurrection afin que la Foi en Lui vive et éclaire le monde.
Réjouissons-nous donc de cet évènement exceptionnel qui nourrit notre Espérance d’une vie dans un Royaume de Paix et d’harmonie, ici et maintenant et pour l’Eternité !
Et témoignons-en, notamment à travers la messe dominicale : n’est-elle pas célébration du Christ vivant ? Puissions-nous en faire une manifestation joyeuse de la certitude que Pâques a forgée en nous et que l’Eglise est chargée d’annoncer !
Marie Mère de Dieu pleure la mort de son fils Jésus au Golgotha. Elle est restée jusqu’au bout, avec sa sœur Marie, la femme de Cléophas, avec Marie de Magdala et avec Jean : Stabat Mater, chantent Pergolesi et bien d’autres compositeurs, en des accents si poignants.
La voyant, le Christ lui confie comme « fils de substitution » le disciple qu’il aimait : « Femme, voici ton fils. » Il la remet à Jean : « Voici ta mère », pour que celui-ci la prenne chez lui (19, 26-27).
La Vierge pleure également avec toutes ces femmes qui perdent leur enfant dans leur ventre, elle qui a porté le Fils de Dieu en son sein. Combien de mamans font des fausses couches, dont on parle si peu, hélas, et dont on fait « comme si de rien n’était ». Alors que ce sont des êtres humains à part entière !
Jésus-Christ s’identifie à chacun de ces bébés, qui sont tissés à son image. Toutes ces pertes constituent de véritables deuils. Je trouve extrêmement dommageable que le Rituel actuel des funérailles de l’Eglise catholique-romaine ne comporte pas de séquence pour les fausses couches, les enfants décédés avant terme ou mort-nés.
Combien cela peut consoler et soulager de nommer le petit, de l’inscrire dans le livre d’or de la famille, de vivre une célébration d’obsèques pour lui. Pour l’avoir pratiqué à plusieurs reprises, je puis vraiment attester du bienfait que cela procure ?
Le Magistère ecclésial qui prône tant le respect de l’existence humaine dès sa conception – à juste titre d’ailleurs – ne devrait-il pas relever davantage ces situations et leur octroyer l’accompagnement pastoral, spirituel et liturgique qu’elles réclament ?
La Mater Dolorosa pourrait servir de figure protectrice pour les mères si profondément affectées. A la paroisse de Savièse, nous disposons d’une chapelle dédiée à Notre Dame des Corbelins, c’est-à-dire les « corbeilles » où les familles en pleurs apportaient leurs enfants mort-nés. Sa fête patronale est célébrée le 8 septembre, à la Nativité de la Vierge.
Des motifs colorés retrouvés sous les plâtres ont été restaurés.
Par la CoCom et le CoGest de la paroisse de Bovernier Photos : Gérard Puippe
Après plus d’une année de travaux en profondeur, nous nous réjouissons de vivre ensemble l’inauguration de l’église de Bovernier, qui aura lieu le jour de la Fête-Dieu, jeudi 30 mai 2024. Vous êtes toutes et tous les bienvenus à cette fête qui réjouira toute notre communauté.
Nos comptes ne sont pas encore équilibrés et, si vous souhaitez nous aider à le faire, envoyez votre soutien à l’aide des coordonnées bancaires ci-dessous.
Au plaisir de vous rencontrer dans notre église fraîchement rénovée.
Pour vos dons : Banque Raiffeisen Entremont, IBAN : CH56 8080 8008 9688 3870 4 En faveur de : Rénovation de l’église de Bovernier, Rue de l’église, 1932 Bovernier
On ne les voit pas ou on ne veut pas les voir. Ils sont parmi nous, mais à l’écart. Des « semblables » dont l’identité n’est constituée que de leur différence. Ces (in)visibles étaient au cœur de deux soirées témoignages organisées dans le cadre du projet Salomon 2024. Celui-ci explore durant une année la thématique de Salomon et de son jugement, ainsi que les divers sujets éthiques, théologiques et spirituels qui s’y rapportent.
Dessin du flyer de la soirée témoignage réalisé par Oscar, un immigrant colombien qui a souhaité, par cette réalisation, « rendre la pareille » à ceux qui l’ont soutenu à son arrivée en Suisse.
Par Myriam Bettens Photo : Oscar
« Je dois rendre gloire à Dieu, car c’est grâce à Lui si je me trouve ce soir devant vous ». Vêtu d’un pull à capuche blanc, d’un jean et de tennis bleues, la voix mal assurée de Jean-Yves contraste avec sa stature. Et pour cause, avant de se trouver face à la petite assemblée venue écouter son témoignage au Temple de la Servette, le jeune homme a connu quinze ans d’invisibilité. « En 2008, j’ai rencontré le Diable », poursuit-il. Pour lui, le diable, c’est la drogue. Une spirale infernale commence alors pour Jean-Yves, entre internements psychiatriques et incarcération. Il est alors en prison et s’adresse à Dieu « en Lui demandant de redevenir visible ». Aujourd’hui, dit-il, « je peux m’asseoir à la même table que ceux qui m’ont enfermé, invisibilisé » et il tente d’en aider d’autres à retrouver le chemin de la visibilité.
« Cette soirée thématique s’inscrit autour du récit du roi Salomon et de sa justice », indique Alexandre Winter, pasteur réformé et modérateur de la rencontre. Interpelés par les organisateurs du projet Salomon 2024, l’Espace Pâquis, l’Aumônerie Œcuménique des prisons et l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’asile et des Réfugiés (AGORA) se sont unis pour réfléchir à la manière de témoigner de ce que peut signifier d’être aujourd’hui (in)visible, (in)audible et (in)juste. Ils ont donc choisi de donner la parole et de porter la voix de personnes prisonnières, requérantes d’asile ou sans statut officiel.
Entre intermèdes musicaux et témoignages, d’autres intervenants se relaient au micro. Une lectrice présente, par exemple, l’histoire du jugement de Salomon du point de vue de sa mère, Bethsabée. « Salomon a demandé à Dieu l’entendement et le discernement pour gouverner avec droiture son peuple. Il est garant de la paix auprès de ses sujets, même ceux qui semblent invisibles. » Luis Velasquez, quant à lui, côtoie une autre forme d’invisibilité à l’Espace Pâquis, dont les locaux se trouvent au Temple de la Servette. Chaque jour, l’association accueille environ deux cents personnes ayant toutes des demandes en lien avec la précarité ou l’immigration, que cela soit pour des leçons de français, une aide à la rédaction de courriers officiels ou des cours d’informatique. D’ailleurs, ce soir-là, il traduit les propos d’Oscar, immigrant colombien et artiste tatoueur qui a réalisé le dessin de l’affiche de l’événement. « Nous serons les bâtisseurs d’une histoire fantastique », conclut sobrement Oscar.
Le projet Salomon 2024 : question de justice
L’histoire de Salomon et le récit biblique de son jugement « interpelle les pouvoirs de tous les temps, la manière de l’exercer et les risques d’en abuser. Il interpelle aussi la justice, son rôle et sa possibilité de révéler la vérité. En ce sens, ce personnage d’un autre temps questionne notre rapport au pouvoir et à la justice, le rôle de l’autorité et toutes les questions en lien avec la quête de la vérité », indiquent les organisateurs du projet.
Au cœur de la démarche, la pièce de théâtre CRI ! Le Jugement de Salomon sera présentée à l’automne 2024 et les thématiques qui lui sont liées seront abordées dans des ateliers variés jusqu’à la présentation de la pièce. Plus d’informations sur salomon2024.ch
Extrait du Stabat Mater dans un manuscrit du XVe siècle, tercets 11-16.
… pour la récitation du Stabat Mater dolorosa, dixit Innocent XI. Cette hymne déployant les émotions incommensurables d’une mère, Marie, devant son fils agonisant a connu un parcours des plus mouvementés pour entrer dans le canon des prières officielles de Rome : en effet, les pontifes l’ont tantôt interdite, réhabilitée ou modifiée.
Ses vingt strophes ont mis du temps à mûrir, ayant une origine dans une théologie du XIIIe siècle où un certain dolorisme était encensé religieusement pour consoler et encourager la vie rude des fidèles, peut-être.
… puis interdite…
Ecrit par un Pape ou un Franciscain (origines incertaines donc), ce chant religieux a fait office de tube, notamment dans les campagnes, jusqu’au XVIe siècle, avec même des traductions en allemand, en français et en… néerlandais ! C’est à Cologne qu’il devient l’hymne de la nouvelle fête de la Compassion de la Vierge Marie (1423) et qu’il y est ensuite interdit (1538). Interdiction reprise par… le Concile de Trente et son ouvrage liturgique par excellence, le Missel Romain selon Pie V !
… puis repermise…
Benoît XIII change le nom de la fête de la Compassion de la Vierge Marie en Fête de Notre-Dame des Douleurs, en latin Beata Maria Virgo Perdolens ou… Mater dolorosa, une fête portée par l’Ordre des Servites autorisé à répandre l’hymne comme « chant fédérateur », qui a été enrichie d’un paragraphe écrit par le même pape Benoît : « Quel est l’homme qui ne pleurerait s’il voyait la Mère du Christ dans un si grand supplice ? »
… et finalement facultative !
Même si Innocent XI lui attribue cent jours d’indulgence (1681), repris par Pie IX (1876), le Concile Vatican II remet tout en perspective : elle devient facultative… C’était sans compter le monde de la musique qui s’en est emparé à toutes les périodes de son histoire : baroque (Scarlatti, Vivaldi) classique (Haydn), romantique (Rossini, Schubert, Verdi), contemporaine (Poulenc, Pärt, Hersant). Comme quoi, même une hymne peut rebondir !
Tel le souffle d’une brise douce et légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle créateur de l’Esprit de Vie, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Déverse sur nous les rayons de son amour, Pour que grandissent et fleurissent la paix et la charité.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de force de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous réveille de nos torpeurs et de nos peurs, Pour faire de nous des témoins du Christ Vivant ayant un cœur brûlant.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle d’amour de l’Esprit promis par Jésus, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous ouvre à des gestes et à des paroles de pardon.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de joie de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Réveille en nos vies un chant de louange et de merci à la gloire de notre Dieu.
Viens Esprit Saint souffler sur notre terre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Viens Esprit Saint nous donner la douceur et nous pourrons tendre la main au lieu de juger et de condamner. Viens Esprit Saint nous donner la joie et nous pourrons distribuer la fête à ceux qui ont perdu l’espoir. Viens Esprit Saint faire danser dans les cœurs des vivants le feu de l’amour de Dieu.
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