Par l’abbé Simon de Nortbécourt, dit « le Breton » | Photos : DR
Voilà bientôt deux ans, en août 2022, les paroisses de Collombey et de Muraz découvraient le patrimoine culturel et religieux du diocèse de Vannes en Bretagne : Sainte-Anne-d’Auray, Josselin, Vannes. Une semaine ensoleillée par les rencontres vécues en pays breton, à l’ombre de Madame sainte Anne, mère de Marie, qui y est apparue il y a quatre cents ans. C’est dans cette dynamique d’amitié entre nos paroisses, seulement séparées par un petit territoire qu’on appelle la France, que les Bretons de Sainte-Anne-d’Auray se préparent à venir en Valais ! Du lundi 1er juillet au soir au samedi 6 juillet au matin, nous serons cinquante Gaulois d’Armorique à passer de la mer à la montagne, heureux d’être accueillis par vous, paroissiens de Collombey et Muraz ! Pour pouvoir vivre ces quatre journées ensemble dans la joie, n’hésitez pas à nous rejoindre pour les visites (30 places disponibles dans notre car !) et à vous inscrire pour les soupers auprès du secrétariat paroissial ! Nous prions bien pour vous dès à présent, en attendant de vous retrouver très bientôt.
Abbé Simon de Nortbécourt.
Procession au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray lors du « Pardon ».
Pèlerins de Collombey-Muraz en août 2022 au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray.
Si vous n’êtes pas amateur de romans policiers ou d’histoires à l’eau de rose, mais que néanmoins vous souhaitez profiter de l’été et des vacances pour vous enrichir de bonnes lectures, voici une sélection de trois ouvrages religieux parus récemment et qui peuvent enrichir le lecteur.
Par Claude Jenny
• L’évêque à cœur ouvert
Le premier livre est le fruit d’une série d’entretiens que l’évêque du diocèse, Mgr Morerod, a accordés à notre consœur du « Temps », Camille Kraft. « Tu n’abuseras point – Un évêque dans la tourmente raconte » est un livre utile et intéressant. Nonobstant le titre et la couverture qui sont mauvais, tout le reste mérite lecture ! Le sujet est évidemment grave puisqu’il porte sur la problématique des abus sexuels. En répondant à des dizaines de questions pertinentes, Mgr Morerod dit tout. Ou presque, hormis ce qui est strictement confidentiel. Il se livre comme rarement un dirigeant d’Eglise l’a fait. Il explique sa ligne de conduite par rapport aux abus, les décisions qu’il a prises, pourquoi il devait dévoiler « l’affaire Genoud ». Il ne cache pas non plus ses doutes, son découragement à un moment donné mais sa conviction – renforcée depuis son gros pépin de santé – que c’est plus que jamais son rôle de ne pas faiblir et de traquer tous les auteurs d’abus. Quoi qu’il lui en coûte. Une belle ouverture de sa part, un bel effort de communication. Un livre qui mérite lecture (aux Editions Slatkine et « Le Temps »).
• Tout savoir sur la messe…
… sans souvent oser le demander ! Parce que l’on croit tout savoir sur la messe ! Or, c’est loin d’être le cas, se dit-on, après la lecture du livre de l’abbé Pascal Desthieux, recteur de la basilique de Genève, qui a décortiqué chaque geste et chaque parole de l’officiant pour nous aider à vivre la messe autrement. Mission accomplie, et avec un réel talent pédagogique, des astuces et même un zeste d’humour avec les croquis d’une dessinatrice. « Lorsque l’on comprend, on le vit mieux » dit l’auteur. Il dit vrai. « Au cœur de la messe – tout savoir sur la célébration » vaut bien qu’on s’y arrête pour mieux comprendre ce que vit chaque catholique lorsqu’il va à la messe (aux Editions Saint-Augustin).
• Homosexualité : un livre engagé et exhaustif
Toutes les personnes qui, de près ou de loin, sont concernées par la délicate problématique de l’Eglise par rapport à l’homosexualité devraient lire ce livre. La récente décision du pape d’autoriser des bénédictions – mais non des mariages – entre personnes du même sexe – a encore compliqué le tableau ! L’abbé valaisan Joël Pralong, auteur de plusieurs livres sur le sujet, livre avec « Homo, trans et Dieu les bénit » une synthèse qui est probablement ce qui a été écrit de plus nuancé et de plus complet par un homme d’Eglise sur le sujet et dans le plus profond respect des personnes concernées et de leurs proches. Un livre qui aide à savoir ce que dit l’Eglise, à comprendre ce que vivent les personnes LGBTQ+ et à se montrer accueillant car « Dieu aime tout le monde » (aux Editions Saint-Augustin).
L’avez-vous remarqué ? Depuis plusieurs années, à cause de son problème de mobilité, François ne donne plus la communion directement. Pourquoi ?
« Le prêtre est le ministre ordinaire de l’eucharistie », dit la rubrique idoine dans le Missel. Certes. Mais au vu du nombre d’auxiliaires d’eucharisties, appelés (encore !) ministres « extraordinaires », il semble que ce rôle tende à s’ouvrir systématiquement aux bénévoles de nos paroisses ; plus d’« ordinaire » ou d’« extraordinaire », en somme, mais chacun.e au service des communautés selon besoins.
« Je reste en arrière »
Dans un ouvrage de 2010, alors encore archevêque de Buenos Aires, Papa Bergoglio avait expliqué pourquoi – déjà à l’époque ! – il s’abstenait parfois de donner la communion : « Nous connaissons parfaitement le curriculum de certains d’entre eux [ndlr des fidèles qui s’avancent pour recevoir la communion], nous savons qu’ils prétendent être catholiques, mais qu’ils ont des comportements indécents dont ils ne se repentent pas. C’est pour cette raison que, dans certaines occasions, je ne donne pas la communion, que je reste en arrière et que je laisse ceux qui m’assistent dans la célébration de la messe le faire, parce que je ne veux pas que ces gens s’approchent de moi pour la photo. » Stratégie évangélisatrice ?
« Je laisse les assistants le faire »
Certes, depuis qu’il est Pape et de plus en plus limité côté mobilité, il applique le raisonnable : qu’un autre évêque préside la célébration à l’autel sous le baldaquin de Saint-Pierre (alors qu’encore récemment, seul le pontife pouvait y présider la messe) ; que les prêtres présents, y compris les concélébrants, donnent la communion comme dans toutes les eucharisties paroissiales.
Quant aux photographies, à constater sur le site de l’« Archivio fotografico » du Saint-Siège que les images des communiants aux célébrations pontificales ont diminué drastiquement…
En ce dimanche 2 juin, au cours d’une messe festive en la cathédrale de Sion, Mgr Emil Tscherrig, créé cardinal le 30 septembre 2023, est accueilli solennellement en son diocèse de Sion.
Originaire du Haut-Valais, natif du village d’Unterems (au-dessus du village de Tourtemagne), Emil Tscherrig est né en 1947, au sein d’une famille de paysans. Ayant achevé ses études de théologie à Sion et à Fribourg, il est ordonné prêtre en 1974. Puis il est envoyé à Rome pour des études en droit canonique ; en 1978 il entre au service du Saint-Siège dans le domaine de la diplomatie.
C’est ainsi qu’il organise et accompagne le pape Jean-Paul II lors de ses voyages internationaux (notamment pour les « JMJ »), de 1982 à 1996. Consacré évêque en 1996, il est nommé nonce : successivement au Burundi, dans les Caraïbes, en Corée du Sud, en Mongolie, en Scandinavie, puis en Argentine en 2012. C’est à Buenos Aires qu’il fait la connaissance de son archevêque-cardinal, Mgr Jorge Mario Bergoglio, qui sera élu pape l’année suivante !
Bénéficiant de la confiance et de l’estime du pape François, Mgr Tscherrig est ensuite nommé nonce en Italie en 2017, devenant ainsi le premier nonce non italien depuis 1929 ! Atteint par la limite d’âge, le Pape accepte la renonciation à son mandat de nonce en mars de cette année. Il demeure néanmoins le deuxième cardinal suisse électeur, au côté de Mgr Kurt Koch, en cas de conclave. Et il est le troisième cardinal du diocèse de Sion, après Mgr Mathieu Schiner et Mgr Henri Schwery.
Mgr Emil Tscherrig au premier plan, et notre évêque, Mgr Lovey au second plan.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel | Photos: cath.ch, dr
Depuis la rentrée pastorale 2023-2024, les équipes pastorales du littoral neuchâtelois ont commencé à travailler ensemble en vue de la création d’un espace plus large. La première étape a été d’apprendre à se connaître. Des temps de prière, de réflexion et de partage ont rythmé les premières séances.
Pour nourrir notre réflexion, nous avons invité, en avril dernier, Laurent Grzybowski, chanteur et journaliste engagé en pastorale et dans la communauté mission de France, coauteur du livre Une autre Eglise est possible ! paru en 2019 aux éditions Temps Présent.
Nous avons travaillé autour de la thématique « Faire Eglise ensemble : pour l’Eglise de demain ».
Laurent Grzybowski commence par témoigner du feu de la mission pour l’Eglise qui l’anime : « L’Eglise est en moi, je ne peux pas la quitter, car je ne peux pas me quitter moi-même. Je me sens autant responsable de l’Eglise que le Pape. Seigneur, fais que je sois plein de Toi . »
A plusieurs reprises, il cite la phrase de Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons pour le Monde. »
Il insiste aussi sur l’importance d’avoir « un témoignage rayonnant et attirant ».
Témoigner, ce n’est pas faire du prosélytisme. Il s’appuie, pour ce faire, sur la phrase de sainte Bernadette Soubirous : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire. »
Donner envie par l’amour que l’on dégage. Et faire surgir chez l’autre, la question : « Qu’est-ce que c’est leur petit truc en plus ? »
Nous avons évoqué aussi l’importance de belles célébrations. « Voyez comme ils s’aiment, voyez comme ils célèbrent ». La liturgie, c’est « l’action du peuple ». Elle rend l’invisible visible. Il est donc important qu’elle soit belle. Il est important qu’il y ait un équilibre dans la relation avec Dieu et la relation avec les autres.
Par la suite, un photolangage nous a permis de répondre à la question : « Notre rêve pour le futur de l’Eglise. »
Voici quelques rêves des participants :
– Faire connaissance avec l’autre en profondeur, connaître ses talents et la diversité des talents qui compose notre Eglise ;
– Une Eglise qui libère : « Apporter aux captifs la libération » : être le peuple qui va contribuer à la libération du monde ;
– L’Eglise de la rencontre, dans le monde, qui part des gens pour aller vers Dieu au moyen des Béatitudes.
Par Nathalie Martenet Photos : Nathalie Martenet, Marisol Mariaux
Le 15 août 2023, après plus de 20 ans d’absence, les conseils de paroisse avaient relancé la fête patronale de Vionnaz, célébrée le jour de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.
Grâce à l’engouement de tous, cet évènement a été une véritable réussite !
La messe chantée par le Chœur d’animation liturgique et honorée de la présence des nombreux servants de messe de la région avait donné le ton de cette journée radieuse.
Autant du côté de l’organisation, des diverses animations musicales et ludiques que des stands de restauration, cette manifestation a su rassembler la communauté de Vionnaz dans un esprit de convivialité et de simplicité.
Après ce beau succès, la motivation est au top pour la préparation de l’édition 2024 !
Le Chœur d’hommes Sainte Cécile ravira à nouveau les papilles aux grillades ; l’incontournable raclette aura également sa place, ainsi que bars, buffet de desserts, musique, jeux et, bien sûr, la tombola qui fera de multiples heureux gagnants tout au long de la fête.
A cette occasion, l’ensemble des personnes si précieuses œuvrant bénévolement au sein de la paroisse sera mis à l’honneur et gratifié de remerciements accompagnés d’un petit présent.
A vous qui avez envie d’apporter de l’aide, soyez les bienvenus soit pour la mise en place de la fête, soit pour le service ou encore pour garnir la table des douceurs.
Si vous êtes doté d’un talent que vous aimeriez faire découvrir et partager avec la communauté : musique, chant, danse, humour… sentez-vous également accueilli et n’hésitez pas à vous annoncer auprès de l’équipe organisatrice.
Contact pour les intéressés : Nathalie Martenet au 079 919 36 03.
Vous l’aurez compris, c’est par la présence et la participation joyeuse de chacune et chacun que cette journée célébrant l’église de Vionnaz pourra être un véritable moment de bonheur et de partage au cœur de l’été.
Que signifie l’offertoire ? * La liturgie eucharistique commence par l’offertoire ou plus exactement par la présentation des dons. Le prêtre élève la patène contenant l’hostie et le calice avec le vin, en prononçant une formule de bénédiction. On reconnaît ainsi qu’on ne peut offrir à Dieu que ce que nous avons d’abord reçu de Lui au travers de la Création. Le prêtre ajoute au préalable une goutte d’eau dans le calice pour symboliser l’union de notre humanité au nectar de la divinité.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Du temps où on allait au culte avec le cheval et la charrette, au retour de l’office, après un apéro bien arrosé, un paroissien remarque que le pasteur rentre à pied à sa cure. Il invite le ministre du culte à monter sur le banc de sa charrette. Ce dernier l’en remercie chaudement. Mais le paroissien, qui n’avait pas trop goûté aux propos de l’officiant et peu supporté la longueur du prêche, lui déclara tout de go : – Voyez-vous, M. le Pasteur, la semaine, je transporte du bois. Le dimanche, je peux bien transporter la scie !
Deux adolescentes, Kloé et Tessa, nous avaient parlé de leur appel de Dieu, à travers l’amitié et de leur cheminement de catéchumènes. Aujourd’hui, elles témoignent de la joie de leur baptême. C’est toujours un bonheur pour les paroissiens d’accueillir des jeunes baptisés et de les soutenir afin qu’ils trouvent leur place au sein de la communauté.
Témoignages recueillis par Nicolette Micheli Photos : Vanessa Gonzalez
Témoignage de Kloé
Baptême de Kloé.
Ce jour de baptême a été très significatif pour moi. Ce baptême a concrétisé ma croyance en Dieu et ce jour spécial a permis de rassembler toute ma famille. Les paroles de Père Patrice sur la vigne m’ont marquée. Ma meilleure amie, qui a été aussi ma marraine, m’a soutenue tout au long de mon cheminement dans l’Eglise. La plupart de ma famille n’est pas croyante mais tout le monde a accepté mon choix de devenir chrétienne et j’en suis reconnaissante. Depuis ce jour, je me sens plus en paix avec moi-même et avec les autres et je remercie toutes les personnes qui m’ont aidée et soutenue durant mon parcours.
Témoignage de Tessa
Baptême de Tessa.
Le dimanche 28 avril, j’ai vécu une belle cérémonie de baptême. La messe a été joyeuse, grâce aux belles chansons qui ont été choisies par Christophe et le Père Patrice.
J’étais très touchée que toute ma famille soit présente pour partager ce moment à mes côtés.
Mon parrain et ma marraine m’ont témoigné beaucoup d’amour à cette occasion. Mes amies m’ont également beaucoup soutenue et ont été très émues durant la cérémonie.
Le moment qui m’a le plus marquée durant la cérémonie est celui où j’ai reçu le baptême et que le Père Patrice m’a versé l’eau bénite sur le sommet de ma tête.
Le repas de fête qui a suivi a été très joyeux et me laisse de beaux souvenirs.
Depuis ce jour, je me sens bien acceptée dans la communauté et je ne me sens plus comme la « nouvelle ». J’ai trouvé ma place.
Aujourd’hui, je continue mon parcours en participant aux réunions mensuelles du groupe Alpha Jeunes. La prochaine étape sera celle de ma confirmation, en 2025.
Les aéroports sont souvent le point de départ vers un « ailleurs ». Des anges gardiens du tarmac veillent à ce que ces voyages, tantôt terrestres, tantôt spirituels, se déroulent sans turbulences. Rencontre avec David Gonzalez, aumônier à l’aéroport de Paris-Orly.
Par Myriam Bettens | Photos: dr
L’envie de voyager est toujours là.
Comment avez-vous « atterri » à l’aéroport d’Orly ? (Rires) On est venu me chercher, car le poste était à repourvoir. La commission chargée de discerner un candidat s’est adressée à moi au travers d’un ami qui était déjà en poste à l’aéroport. A son contact, j’avais déjà découvert la magie aéroportuaire ! Par ailleurs, ce mandat a ravivé en moi la vision missionnaire de ma vocation pastorale d’origine. Après vingt ans de pastorat en paroisse, on me proposait de reprendre le chemin de la mission auprès de l’industrie. Je m’apprête aujourd’hui à redécoller vers une autre destination professionnelle après cinq ans en poste à Orly.
Quel est le mandat d’un aumônier d’aéroport ? Ce mandat à plusieurs axes. Il consiste en premier lieu à être présent auprès des passagers et à représenter le culte de chaque religion au sein de l’aéroport. Nous avons donc la tâche d’animer les espaces de prière des aéroports, par des temps de recueillement ou des célébrations. Nous accompagnons également les salariés du Groupe Aéroports de Paris (ADP). Du fait de notre présence quotidienne, cela facilite les sollicitations. En dernier lieu, nous avons une mission d’accompagnement et de conseil auprès de la direction. En ce moment, par exemple, nous sommes sollicités pour mettre la dernière touche aux nouveaux espaces de prière qui seront déployés à Charles de Gaulle et Orly durant les prochains Jeux olympiques.
Dans ce lieu de transit qu’est l’aéroport, les voyageurs sont-ils sensibles à la spiritualité ? C’est vrai qu’il est peu connu que les aéroports les mieux classés du monde possèdent tous des espaces de prière. D’une part, parce c’est un critère d’hospitalité et d’excellence qui fait augmenter la note des aéroports dans le classement international. De plus, dans la plupart des lois internationales, l’accès au culte fait partie des libertés fondamentales, donc les aéroports doivent aussi le garantir. D’autre part, l’influence du monde arabe, pour lequel il est naturel de disposer d’un endroit où effectuer les prières quotidiennes, a un impact sur la possibilité de pratiquer sa foi aussi dans les aéroports. L’architecte de l’aéroport de Londres-Heathrow n’a-t-il pas dit que l’aéroport était une cathédrale pour le XXIe siècle ?
A quel type de situations particulièrement délicates êtes-vous confronté ? Dans les aéroports, il y a beaucoup de situations de « crises ordinaires » ! Autrement dit, les occasions de stress sont légion. Les aumôniers sont des facilitateurs, à tous niveaux, avec une mission d’écoute et de disponibilité. Nous accompagnons aussi fréquemment les membres de gouvernements étrangers, des personnes en transit humanitaire ou encore des convois funéraires, lorsque des gens rapatrient les corps de leurs bien-aimés pour les enterrer à l’étranger. Les aumôniers sont réellement désirés et surtout envoyés en mission, mais dans un esprit de discrétion.
A passer votre « vie » à l’aéroport, avez-vous encore envie de prendre l’avion ? Aujourd’hui, les gens voyagent en fonction de critères écologiques et économiques. Pourtant, il demeure encore pas mal de faux-semblants concernant l’aviation civile. Si je monte dans un des derniers avions de n’importe quelle compagnie européenne, l’avion consomme quatre litres de carburant au 100 km lorsque qu’il est rempli (ndlr 300 passagers). Autant dire qu’il faut faire du covoiturage pour concurrencer cette empreinte carbone ! Néanmoins, nous devrions redécouvrir la sobriété touristique en privilégiant ce qui donne du sens à nos voyages. Pour ma part, je garde l’envie de voyager, car le voyage est synonyme de lien et l’aviation civile sert encore et en priorité à relier les personnes, cela autant d’un point de vue familial qu’humanitaire.
Bio express
David Gonzalez est pasteur de l’Eglise protestante unie de France et auteur de documentaires sur la Bible, la spiritualité et le protestantisme. Aumônier de l’Aviation Civile et des Aéroports de la Fédération Protestante de France au sein du Groupe Aéroports de Paris, il est membre de l’équipe pédagogique du Diplôme Universitaire d’aumôniers délivré par la Faculté de théologie catholique et la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg.
Le mandat d’aumônier de l’aéroport consiste à être présent auprès des passagers et à représenter le culte de chaque religion.
La nécessité pour la foi chrétienne de se rendre communicable aux autres se résume dans une phrase de la Première Lettre de Pierre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. »
A chaque époque, l’Eglise a su utiliser les moyens disponibles pour répondre aux défis toujours nouveaux et communiquer l’Evangile.
Et nous, aujourd’hui, comment mieux communiquer l’Evangile dans le secteur du Haut-Lac ?
Un groupe éphémère, le groupe « communication », constitué des dames du secrétariat, de paroissiennes et du curé Gasser a été mis sur pied pour donner la direction à prendre.
Ce groupe est donc appelé à se demander comment rendre communicable l’espérance qui est en nous, au cœur d’un monde qui croit, du moins en partie, pouvoir se passer aisément de cette espérance.
Grâce à un brainstorming, le groupe a pu poser les objectifs suivants :
• Annoncer l’Eglise, une Eglise qui sert, qui prie et qui crée la communauté ;
• Etre en chemin ensemble pour annoncer la bonne nouvelle ;
• Aller vers les autres, une Eglise missionnaire, porteuse d’espérance ;
• Construire le Royaume de Dieu en proposant des moyens dans ce but ;
• Communiquer simplement ;
• Etre à l’écoute, rejoindre les besoins ;
• Nourrir les cœurs ;
• Guider nos paroissiens et les gens intéressés ;
• Garder les liens, reprendre contact ;
• Ne pas rester les bras croisés, travailler dur à planter des graines qui vont germer petit à petit.
Nous voulons absolument parler la langue de 2024, en utilisant les moyens modernes pour atteindre ces objectifs.
Durant trois rencontres, le groupe a réfléchi à la refonte du site internet et des réseaux sociaux Facebook et Instagram de la paroisse au niveau du contenu et du graphisme. Il étudie aussi les moyens à utiliser pour toucher le plus de personnes possible (Essentiel, WhatsApp, les newsletters par email, les magazine paroissiaux, etc.) afin de leur transmettre la vie de la paroisse.
Rendez-vous pour la suite des aventures du groupe « communication » dans un prochain numéro !
Lou-Anne : une disciple-missionnaire
Propos recueillis par Nicolette Micheli
On peut évangéliser à tout âge. Lou-Anne, 15 ans, parle de sa foi comme de n’importe quel sujet à ses camarades. Une belle manière de planter de petites graines chez les autres, en attendant que Dieu les fasse germer.
Témoignage de Lou-Anne
Je n’ai aucun problème à dire que je crois en Dieu et que je suis chrétienne. J’en parle librement. Parfois mes copines, qui ne sont pas croyantes ou pas baptisées, me posent des questions parce que ça les intrigue. Quand elles ne vont pas bien, je leur dis que je vais prier pour elles. Et du coup, elles s’intéressent à ma foi.
Jeudi saint, je suis allée avec elles faire du shopping. Mais je leur ai dit que je devais être à l’église pour la messe du soir. Elles m’ont accompagnée et sont restées avec moi à la messe ! Pour certaines, c’était la première fois qu’elles mettaient les pieds dans une église.
Je suis ouverte aux autres et j’ai aussi des amies musulmanes. Souvent, elles prient pour moi quand j’ai des moments difficiles, comme je prie aussi pour elles.
Parler librement de ma foi, c’est ma façon de faire ce que Jésus demande : marcher à sa suite.
Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers.
L’église Sainte-Catherine est une des plus anciennes de Sierre. Elle est bâtie au XVIIe siècle pour remplacer une ancienne église devenue trop étroite.
Le baldaquin est inspiré de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome. Les statues de saint Théodule, saint Maurice, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien supportent les quatre piliers.
L’œuvre est bien sûr plus simple que celle de Gian Lorenzo Bernini. Ici, pas de colonnes torses en bronze et les proportions sont bien plus modestes (environ 30 mètres de haut à Rome). Il s’agit tout de même d’un élément suffisamment rare dans les églises de Suisse romande pour qu’il soit remarquable.
Présence réelle du Christ
A l’origine, les baldaquins servent à mettre en évidence l’autel. Parfois ornés de rideaux, ils rappellent le tabernacle du Temple de Jérusalem. De la même manière que le Saint des saints accueillait la Shekinah, le baldaquin indique la présence réelle du Christ.
Des épisodes de la vie de sainte Catherine d’Alexandrie sont représentés dans la cartouche de la voûte du chœur. La sainte est une martyre du IVe siècle, réputée comme la plus jolie et la plus savante de toutes les jeunes filles de l’Empire. Elle est condamnée à mort à l’âge de 18 ans pour avoir refusé d’épouser l’Empereur Maximin.
S’étant engagée dans un mariage mystique, Catherine déclare : « Le Christ est mon Dieu, mon amour, mon berger et mon époux unique. »
Une première tentative de la tuer échoue. Grâce aux supplications de la Vierge Marie, un ange détruit les roues qui devaient broyer le corps de la jeune femme. La légende raconte que quatre mille pèlerins périrent dans la manœuvre. Par la suite, Catherine est condamnée à la décapitation. C’est la scène qui est représentée au premier registre de la cartouche.
Peu avant sa mort, la sainte entend une voix lui dire : « Viens, ma bien-aimée, ma belle ! Voilà : la porte du ciel t’est ouverte. » Elle est ensuite enlevée vers le ciel par des anges, ce que l’artiste a représenté au second registre.
La première édition des 40 heures a eu lieu au Monastère des Bernardines pour les paroisses de Collombey et Muraz, du jeudi 2 mai au samedi 4 mai. 40 heures d’adoration, ça veut dire 40 adorateurs… qui ont répondu très généreusement !
Texte et Photos par Valentin Roduit
Certains se sont retrouvés seuls avec le Seigneur au milieu de la nuit. D’autres ont eu la surprise de se trouver bien entourés dans l’après-midi, touchés de voir défiler un bon nombre de priants. Il y en a eu pour tous les goûts et le Seigneur a touché les cœurs.
Quelques réactions :
« Un pur moment de bonheur en tête à tête avec Lui. Je peux déjà confesser un péché d’égoïsme : le Tout-Puissant rien que pour moi… »
« Ça a piqué de se lever, mais la récompense ensuite était belle ! »
« Ce fut un moment de plénitude et de bonheur, je souhaite un beau dimanche à tous ces premiers communiants et à leurs familles. »
« Un bon moment seule avec Dieu ! L’heure a passé tellement vite… Incroyable ! »
Ces retours montrent que les adorateurs ont apprécié. Les sœurs bernardines ont été touchées par la ferveur paroissiale. Un confrère m’a confié avoir été frappé de la profondeur de la prière de ceux qui étaient là en même temps que lui. Le carnet d’intentions témoignait également que les adorateurs ont porté tout leur entourage devant le Seigneur.
Leur prière a préparé les deux belles célébrations des premières communions, le dimanche 5 mai à Collombey et le jeudi 9 mai à Muraz.
C’était une tradition ancienne qui redémarrait au Monastère, mais également une découverte pour certains. Si la messe est bien connue des pratiquants, l’adoration était pour certains une expérience nouvelle de prière.
Gageons que cette chaîne de prière paroissiale trouvera suffisamment d’adorateurs si elle devait être relancée durant le courant de l’automne, ou (rêvons, pourquoi pas…) devenir plus régulière.
Nuit d’adoration du Jeudi saint à Vionnaz
Par Stéphanie Reumont
Depuis maintenant quatre ans, la paroisse de Vionnaz organise une nuit d’adoration pour le secteur qui suit la célébration du Jeudi saint. De 21h à 7h du matin, les fidèles se relaient pour adorer le Saint Sacrement ; certains pour une heure, d’autres toute la nuit.
« J’ai veillé toute la nuit, et malgré tout, je n’ai jamais été aussi en forme au petit matin. Je me sens comme sur un nuage. C’est un peu comme une batterie à plat qu’on recharge, moi j’ai été rechargée par le regard d’Amour de Dieu durant cette nuit », confie une paroissienne.
Cette nuit d’adoration a été pensée pour répondre à la demande du Christ, la veille de sa passion : « veillez et priez ».
Une cinquantaine de membres de la paroisse Saint-Laurent Estavayer ont participé jeudi 25 avril dernier, à Montet, à l’assemblée de printemps, dite des comptes. Lesquels font apparaître, pour l’exercice 2023, une bonne santé financière. Le responsable des finances a toutefois annoncé poursuivre un travail de controlling plus serré du ménage paroissial.
Texte et photo par Claude Jenny
Les débats ont été conduits par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse. Mais c’est un autre Alexandre, vice-président et responsable du dicastère des finances, qui a passé sous une loupe pointilleuse les comptes de 2023. Alexandre Bersier et la comptable Séverine Rey-Pillonel ont donné moult explications sur le pourquoi de chaque minus ou malus enregistré dans un compte. Le nouveau « ministre paroissial des finances » n’aime pas les écarts par rapport au budget et dit veiller au grain, en faisant des pointages réguliers au fil de l’année pour éviter tout dérapage.
Une bonne santé financière
« Je ne veux rien casser ! » a répété à plusieurs reprises Alexandre Bersier. Entendez qu’il n’entend pas couper dans les ressources allouées aux divers postes comptables. Mais il veut quand même une gestion plus rigoureuse qui implique que chaque dépense doit être justifiée et, hormis des cas d’urgence, doit être au plus près du budget. Ainsi, par exemple, le poste « archives », qui a enregistré un excédent de dépenses conséquent, fait l’objet d’une attention particulière. « Lorsque le budget est dépensé, sauf raison impérieuse, il faut savoir dire stop ! » a renchéri le trésorier, qui a relevé l’excellente collaboration avec la secrétaire-comptable, Séverine Rey-Pillonel, qu’il a d’ailleurs remerciée pour son travail en lui remettant un cadeau. « Nous avons une séance commune chaque semaine pour avoir un suivi régulier » se plaît à relever Alexandre Bersier qui souligne l’importance des rencontres qui ont déjà eu lieu – avec les chœurs mixtes, avec les conseils de communauté, avec l’équipe pastorale – et celles qui sont agendées pour cette année.
Le résultat de l’exercice 2023 ne laisse apparaître qu’un petit bonus de 20’000 fr., pour un montant total de fonctionnement de 4,1 millions. Mais ne nous y trompons pas : les finances de la paroisse se portent à merveille. Car si l’on tient compte des jeux d’écriture entre les attributions et les prélèvements dans les réserves, c’est une somme positive proche du demi-million qui traduit le bon résultat de l’exercice et de la gestion des sous de la paroisse. Laquelle dispose d’un solide bas de laine de plusieurs millions en termes de liquidités et n’a quasiment plus de dettes.
Un avantage qu’Alexandre Bersier a relevé puisque la paroisse peut ainsi financer tous ses investissements sans recourir à l’emprunt. Au chapitre des investissements précisément, le président Alexandre Duc a détaillé l’état de tous les chantiers en cours. Une situation parfaitement maîtrisée avec, comme principaux chantiers d’actualité, la rénovation de la cure de Forel, de l’église de Nuvilly et de celle de Seiry. Ces comptes ont été approuvés à l’unanimité par l’assemblée, après recommandation de la commission financière. Pas question par contre d’envisager une baisse du taux de l’impôt ecclésiastique ! Mieux vaut thésauriser en vue de temps plus durs qui pourraient surgir, notamment en lien avec les nombreux retraits d’Eglise.
Appel pour la jeunesse
A une question d’une paroissienne qui s’étonnait qu’un montant très conséquent soit affecté à l’entretien des bâtiments – lieux de culte et autres – au détriment des budgets affectés à des tâches dites pastorales, le responsable des finances a reconnu que : « Oui, avec une vingtaine de bâtiments à gérer, nous sommes comme une gérance immobilière. » Mais, a-t-il bien précisé : « Je suis ouvert à défendre des budgets pour la pastorale si des projets concrets sont présentés au Conseil de paroisse. »
Et Alexandre Bersier de prôner davantage d’imagination pour mieux faire le lien avec les jeunes paroissiens au travers de diverses initiatives. Il a cité le « tournoi de ping-pong de l’abbé Darius » comme un exemple de nouveautés allant dans cette direction. Il s’est dit ouvert à écouter l’équipe pastorale mais aussi toute paroissienne et tout paroissien prêt à se mobiliser dans ce sens. « Soyons inventifs ! » a-t-il lancé.
« Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. »
Par Nicolas Maury Photos : DR
« En Amérique latine, la manière d’appréhender la foi est différente d’ici en Suisse », explique Leila Fortis. Coordinatrice de la catéchèse pour la Mission de langue espagnole et la paroisse du Sacré-Cœur à Lausanne, elle parle en connaissance de cause : elle a été élevée au Chili. « Là-bas, les gens ont besoin de toucher, de voir. Ils croient, mais c’est souvent comme si derrière chaque geste ou parole, il y avait quelque chose de magique. Dieu est considéré comme un papa un peu sévère qui nous punit quand on agit mal. Le message que je fais passer, c’est qu’il est un papa miséricordieux. Quoi que l’on fasse, si on cherche à changer les choses, si nous le laissons agir dans nos vies, Dieu nous pardonne. »
A priori rien ne semble destiner Leila Fortis à s’engager en Eglise. Mais tout s’est mis en place naturellement. « Je suis arrivée en Suisse à 21 ans, j’ai passé un certificat de français moderne à l’Uni de Lausanne et j’ai épousé un Neuchâtelois. Nous avons emménagé à Pully, puis à Lausanne. Je suis arrivée sur le territoire paroissial en 1998. »
La naissance de ses enfants – Tamara et Enzo – aura un impact non négligeable. « La paroisse nous a demandé si nous voulions les inscrire au caté. Nous l’avons fait successivement pour tous les deux. A l’époque, les parents étaient impliqués pour préparer les séances de catéchèse familiale. Mes enfants ont commencé à servir la messe et, de fil en aiguille, on m’a sollicitée pour accompagner les groupes de catéchèse. Je l’ai fait d’abord comme bénévole, puis officiellement en 2013. Auparavant, le poste de coordinatrice n’existait pas au Sacré-Cœur. »
Son travail lui donne beaucoup de satisfactions. « La catéchèse, ce n’est surtout pas l’école. C’est un moment de partage où l’on vient parler de quelqu’un, qui est Jésus. On évoque sa vie, et ce qu’il est pour nous. »
Depuis le Covid, Leila a remarqué que des changements importants sont intervenus, même si la cause reste difficile à identifier. « Comme s’il y avait moins de temps pour connaitre Jésus, justement », déplore-t-elle. Qui ne perd pas espoir : « La paroisse n’est pas un endroit où on distribue les sacrements. C’est une communauté. Pour faire Eglise, il faut que tout le monde se connaisse. » Elle se fait donc un devoir d’apprendre le nom de chaque enfant. « C’est tellement important d’être connu par son prénom, parce que c’est en reconnaissant notre prénom que Dieu nous aime. »
Leila Fortis • Née au Chili en 1970. • Arrivée en Suisse en 1991. • Coordinatrice en catéchèse depuis 2013.
Si le village de Lens occupe une place prépondérante dans l’œuvre valaisanne de C. F. Ra-muz, sa première découverte du canton s’est faite à Chandolin. C’est dans l’église de ce plus haut village d’Europe que se conclut le roman Présence de la mort (1922), par l’évocation d’une Présence qui est l’antonyme de la mort.
Par Benjamin Mercerat | Photo : Association Edmond-Bille
En 1907, Ramuz découvre Chandolin, invité par le peintre Edmond Bille à y séjourner deux semaines dans le cadre d’une collaboration. Le Village dans la montagne, texte illustré par des gravures de Bille, paraît en 1908. La vie « errante » des paysans valaisans y est décrite avec précision, poésie et sens du tragique : ils sont sans cesse sur les routes, selon les saisons et les exigences de l’agriculture de montagne. Alors que dans les autres villages on monte aux mayens, à Chandolin on y descend.
L’auteur, qui passera plusieurs étés à Lens, ne reviendra pas séjourner en ces hauteurs anniviardes. Le lieu, néanmoins, est resté ancré en lui, et c’est à ce village qu’il pense dans son roman apocalyptique publié en 1922, Présence de la mort, véritable récit d’anticipation imaginant que la terre se rapproche de plus en plus du soleil. La température monte, les cultures ne peuvent plus se faire, la famine est là, c’est la guerre généralisée.
Voici la banque de Lausanne prise d’assaut. Voici les villages des bords du Léman qui s’organisent en cités fortifiées, ravitaillées encore quelque peu par la pêche. Le phénomène est mondial. On tâche d’aller aux pôles, mais la banquise se défait : le seul refuge, c’est l’altitude. Voici des jeunes gens qui prennent d’assaut un chalet d’alpage – lieu inspiré par les hauts de Lens. Les paysans qui s’en sont fait chasser reviennent, piègent leurs assaillants et les tuent sans pitié.
Et voici, enfin, ce village inspiré par Chandolin, qui semble être le dernier à abriter des vies humaines. Un vent violent ne cesse plus son attaque, mais voilà que le sonneur de cloche rejoint tant bien que mal le clocher. Les villageois savent bien que là est maintenant leur seule raison d’être, comme nous le fait comprendre le narrateur :
« Mais, à présent, venez seulement en bas, montagnes, tombez-leur seulement dessus : ils n’ont plus peur de vous, ils vous ont échappé, parce qu’il sont entrés dans l’église. »
Les fidèles sont à genoux, comme lors de l’Adoration eucharistique, mais ici nul prêtre, nulle hostie ; cependant, après trois coups de cloche :
« Une Personne a été devant eux sur la pauvre nappe à dentelles, entre les fleurs de la terre qui passent, parmi les petites lumières qui tremblaient ; Elle s’est levée d’elle-même, Elle s’est mise en marche ; Elle leur a dit : « Vous venez ? » Et, dans leurs corps nouveaux, ils se sont avancés. »
Dans une lettre faisant suite à la lecture de ce roman, les époux Maritain, figures de proue du renouveau catholique dans la première moitié du XXe siècle, écrivent à Ramuz : « […] vos dernières pages ont laissé en nous une émotion très vive, comme si cette Présence de la mort débouchait sur le lever d’une aurore, et d’une paix plus haute. »
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Présence de la mort, Editions Zoé, « Petite bibliothèque ramuzienne », 2022 (1922).
Mis en veilleuse durant le COVID, le Conseil pastoral cantonal se remet au travail ! Pour notre paroisse, un nouveau délégué a été désigné en la personne de Colin Mosengo, de Vuissens 1. Son prédécesseur, Jacques Monnard, de Vesin, a siégé dix ans dans son organe. Qu’en retire-t-il ?
Texte et photo par Claude Jenny
Membre de cet organe consultatif de 2012 à 2021, il l’a même présidé durant toute une législature aux côtés du vicaire épiscopal – Rémy Berchier puis Jean Glasson – et d’une cohorte de membres des diverses UP de la partie francophone du canton. « Au début nous étions entre 40 et 50 membres, dont une vingtaine de membres du clergé. C’était trop ! Par la suite, avec 30 membres – dont 5 employés de l’Eglise, le fonctionnement a été nettement meilleur » relève le Broyard, qui a donc été la voix de notre UP, puis paroisse, au sein de ce Conseil.
La voix des UP
« Ce fut une belle expérience, un lieu d’émulation, convivial, où nous avons pu évoquer nombre de sujets liés directement à la pastorale » relève l’ancien membre du Conseil de communauté de Cugy-Vesin. « Nous étions la voix des UP, permettant au vicaire épiscopal de prendre la température du terrain. Nous récoltions des avis de nos paroisses et nous reportions le rendu de nos délibérations. Cet échange était, je pense, fructueux. De plus, de découvrir les initiatives lancées dans d’autres régions du canton représentait un apport intéressant » explique Jacques Monnard.
Parmi les thématiques abordées durant deux législatures, il cite le sondage lancé par le vicaire épiscopal en 2016 qui avait invité 150’000 catholiques à s’exprimer avec quelque 1500 réponses à l’arrivée. Mais aussi les 8 orientations diocésaines de l’évêque, la place de la musique dans l’animation liturgique, le mois missionnaire lancé par Missio, la pastorale du deuil ou encore comment revitaliser nos paroisses. A raison de 3 à 4 rencontres par an, le Conseil pastoral cantonal a été un porte-voix, mais sans avoir pouvoir de décision, ni d’émettre des directives.
Redémarrage
Aujourd’hui, la représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton, Céline Ruffieux, veut revitaliser cet organe consultatif avec une nouvelle équipe de représentants de toutes les UP du canton, dont Colin Mosengo pour notre paroisse.
Jacques Monnard garde aussi un souvenir lumineux de sa participation, avec un autre délégué fribourgeois, dans le Conseil pastoral suisse, organe qui faisait office de coordination interdiocésaine et permettait à ses membres de découvrir des réalités totalement différentes vécues dans d’autres régions du pays.
Aujourd’hui, Jacques Monnard ne siège plus – hélas dirons-nous, car son expérience serait précieuse – dans un organe d’Eglise mais conserve son activité de sacristain à temps partiel à Cugy.
1Voir portrait dans le journal paroissial d’avril-mai 2024
L’Observatoire du Vatican est né de la volonté du pape Grégoire XIII en 1578. Il souhaitait réformer le calendrier utilisé alors qui souffrait d’imperfections notoires dues à des mesures du temps et du positionnement des planètes approximatives.
Dès 1582, le frère jésuite Christopher Clavius introduit ce que nous appelons aujourd’hui le calendrier grégorien, toujours d’actualité.
L’Observatoire est placé sous la direction de l’ordre des Jésuites, décision qui perdure de nos jours.
Parmi les grands thèmes de recherche menés actuellement par l’Observatoire, citons la mécanique quantique, la cosmologie quantique, la biologie moléculaire et évolutive, les neurosciences.
Le directeur actuel est le frère Guy Consolmagno, prêtre, astronome et mathématicien.
Né en 1952, Guy Consolmagno est renommé dans la communauté scientifique pour ses travaux sur les corps célestes de petite dimension comme les astéroïdes et les météorites. Un des travaux scientifiques auquel il collabore est l’identification de l’objet astronomique dénommé Etoile de Bethléem : c’est-à-dire l’étoile qui guida les rois mages vers le berceau du Christ à Bethléem. Il est l’auteur de plus de 200 publications portant très haut le niveau d’excellence mondialement reconnu de l’Observatoire du Vatican.
Parmi ses ouvrages célèbres, les plus connus sont : « Donneriez-vous le baptême à un extra-terrestre ? », « La mécanique de Dieu : comment les scientifiques et les ingénieurs donnent un sens à la religion », « Le Chemin vers la Demeure de la Lumière ».
Pour mieux cerner la quête du frère Consolmagno, écoutons-le lorsqu’il nous déclare : « Dieu veut que l’Univers existe… cette volonté de Dieu se manifeste à chaque instant, dans l’espace et dans le temps. »
Les stagiaires spiritains se succèdent à la cure de Vouvry. Issus de l’Afrique, ils se forment à la « pastorale » du secteur du Haut-Lac, sous la conduite du curé. Dans quel cadre et dans quel but leur stage s’insère-t-il ? Réponse avec leur « maître de stage ».
Par le Père Patrice Gasser | Photo : DR
Parfait, Arnaud, Andrea, Abel, sont les noms de ceux qui auront atterri à Genève pour venir travailler à Vouvry. Le stage de formation pastorale s’inscrit après le temps du postulat (première découverte de la vie ensemble, de la prière et du partage des tâches quotidiennes), de la philosophie (étude des différentes réponses offertes au sens de la vie) et du noviciat (période initiale visant à structurer la vie spirituelle et à aider la décision d’entrer en communauté). Peu à peu, au rythme de ses rencontres et de ses expériences, le candidat à la vie spiritaine accepte le travail de Dieu sur lui et avec lui.
Il peut alors partir en stage pour une durée de deux ans dans une autre culture afin de voir comment on y vit et on y travaille, avec une autre langue… Il a fait ses premiers vœux avec la promesse de mettre Dieu à une place centrale dans sa vie, d’obéir à l’autorité religieuse, de partager ses biens au service de l’apostolat et de rester célibataire. C’est avant de faire la théologie que ces jeunes adultes voient la réalité de la vie avec d’autres façons de s’organiser, de fêter et de prier. Une expérience vitale pour la poursuite de leur cheminement…
A la fin de la vingtaine, ils ont tous un caractère bien différent : doux, affirmé, hésitant, fonceur, cordial ou têtu ; mais une chose les rassemble : leur amour du Christ et de l’Eglise et leur désir d’entrer dans la vie religieuse missionnaire. C’est l’apôtre Paul qui écrit dans sa première épître aux Corinthiens (12, 4) : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même esprit. » Pas facile de partir à 5’000 ou 10’000 kilomètres de chez soi pour se former…
Andrea est le dernier venu depuis la Tanzanie et Genève pour se baigner dans la langue française ; il apprécie le calme de la campagne et la beauté du Valais. Merci à tous ceux qui ont collaboré avec eux et ont pris du temps pour corriger leur français, stimuler leur créativité, soutenir leur joie apostolique ; vous avez contribué à leur formation. Dans quelques années ils deviendront prêtre ou frère spiritain et aideront, en Europe ou ailleurs, à l’évangélisation des jeunes de ce temps.
La situation a empiré ces derniers mois en Haïti. Depuis mi-février, le secteur dans lequel se trouve le Foyer Maurice Sixto (FMX), soutenu par l’Association les Amis d’Haïti, a été envahi par les gangs. Le FMS a dû être fermé pendant deux mois. Il a rouvert ses portes le 8 avril mais avec prudence bien sûr.
Par Bernadette von Niederhäusern Photos : DD
Environ 350 élèves et jeunes sont revenus (sur 450). Les enfants qui y étaient accueillis chaque jour ainsi que le personnel ont été directement impactés. L’insécurité a contraint certains à fuir leur domicile. Le comité de direction du FMS a tenté de garder des contacts avec tous et d’aider celles et ceux qui en ont le plus besoin.
C’est pourquoi les Amis d’Haïti ont alloué une aide d’urgence au foyer. Elle va être utilisée pour une contribution d’encouragement au personnel. L’évolution de la situation sur place rendra peut-être nécessaire une aide supplémentaire.
Un travail efficace en 2023
Dans ce contexte difficile, le Foyer Maurice Sixto (FMS) a pu maintenir une grande partie de ses activités durant la deuxième moitié de l’année dernière. En particulier, il a travaillé avec des jeunes en fin de scolarité. Il les a aidés à s’intégrer dans le marché du travail. Pour cela, le foyer a dispensé à ces jeunes des formations professionnelles courtes (maximum 3 mois). Il les a aidés à obtenir les documents d’identité indispensables pour fonctionner normalement dans la société. Il a accompagné certains dans la création de micro-entreprises. Plus d’une centaine de jeunes sont concernés par ces accompagnements. Vu que les déplacements sont difficiles, Nancy, responsable du projet, téléphone aux jeunes une fois par semaine et prend note de la discussion, de leurs avancées, de leurs difficultés et le FMS cherche avec eux des solutions si nécessaire.
Crise et espoir
Haïti se trouve actuellement dans une crise majeure. Les médias le relatent abondamment : effondrement de l’Etat, mainmise des gangs sur la plus grande partie du pays, crise alimentaire et sanitaire. Jeudi 25 avril, un espoir est né avec l’installation officielle du « Conseil présidentiel de transition » (CPT). La société civile est vigilante et proactive et ne sait pas si elle ose espérer…
Un témoignage
Nous vous livrons ci-dessous le témoignage d’une des bénéficiaires : « Les autres jeunes et moi, nous remercions les responsables du FMS d’avoir mis une accompagnatrice très dévouée pour nous booster et nous pousser à réussir. Elle est toujours présente lorsqu’on a besoin d’elle et elle trouve toujours un petit mot qui calme, une solution à nos problèmes avec l’appui du personnel du FMS. »
Appel à votre générosité
Nous en appelons à votre générosité pour soutenir, par un don spécial, l’équipe du FMS et les enfants. D’avance un tout grand Merci. IBAN : CH98 0900 0000 1715 6509 5
L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille du Sacré-Cœur de Jésus. La porter, c’est rappeler l’amour immense et infini que le Christ a pour nous.
Par Pascal Ortelli | Photo : DR
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