La foi en tous ses états

« Le Christ est ressuscité ! / Il est vraiment ressuscité ! » C’est ainsi que les chrétiens (spécialement en Orient) se saluent en ce temps de Pâques. C’est aussi une profession de foi. Et c’est pour préserver cette même foi que des chrétiens endurent encore aujourd’hui la persécution et même le martyre. Nous pouvons ainsi nous demander : comment se porte la foi (chrétienne) en Suisse ? Pourquoi est-ce important de « croire » ? 

Par Jean-Michel Moix | Graphiques / Photos : OFS, DR

Des données statistiques pour la Suisse

Les récentes données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent clairement en l’espace de ces 50 dernières années un recul de la foi chrétienne et une avancée de l’agnosticisme/déisme/incroyance : avec des personnes se disant « sans confession
religieuse ».

Jugeons-en par les graphiques ci-dessous :

Mais qu’est-ce donc que la foi ? 

Donnons ici une première définition : la foi, c’est notre attachement (d’intelligence comme de cœur) à Jésus-Christ, à son enseignement, à son Eglise.

Et voici une deuxième définition avec ce qu’on appelle « l’acte de foi » : Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

Et puis, pour troisième définition, nous pourrions ajouter que la foi est une vertu théologale surnaturelle. Elle est une vertu dans le sens que plus on l’exerce plus elle se fortifie et grandit, et moins on l’exerce plus elle a tendance à diminuer ou à s’affaiblir. Elle est théologale car elle nous oriente vers Dieu, elle nous unit à Lui. Elle est surnaturelle parce qu’elle est un don de Dieu qui nous est donné avec la grâce surnaturelle que nous recevons au jour de notre baptême.

Que vous procure la foi ? 
Relevons dans l’ancien rite du baptême des enfants, le dialogue préliminaire entre le prêtre et les parents, parrain et marraine : 
Prêtre : … que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ? | Réponse : La foi.
Prêtre : Que vous procure la foi ? | Réponse : La vie éternelle.

Quel est le signe qui synthétise notre foi ?
C’est le signe de croix que l’on trace sur nous en commençant par exemple une prière. Ce faisant nous professons trois grandes vérités fondamentales qui constituent comme le cœur de notre foi : 
1) Foi en la sainte Trinité : un seul et unique Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
2) Foi en l’Incarnation du Fils : de ces trois personnes divines, c’est le Fils (Jésus-Christ) qui s’est fait homme.
3) Foi en la Rédemption : en s’immolant pour nous sur l’autel de la croix, Jésus a réalisé le grand sacrifice que Dieu le Père a agréé pour nous racheter. Dit autrement, par sa passion et sa mort sur la croix, Jésus nous a mérité la grâce des grâces, le don du Salut.

Des galons et des notes

Texte et photo par Nicolas Maury

Quand il explique qu’à l’armée, il avait « beaucoup de nouilles sur l’épaule » et qu’il a fait carrière dans la police genevoise, nombre d’éléments deviennent clairs. Notamment la manière qu’il a, durant la discussion, de plier méticuleusement chaque bout de papier à sa portée. « Je suis un peu carré, sourit Hervé Devillaz. Par exemple, quand je célèbre un enterrement, tout est réglé en amont. J’arrive dans l’église, je salue le corps, je fais une prière et j’y vais. Si tout est bien planifié, rien ne coince. » 

Dans la paroisse de Bernex, le Valaisan d’origine porte de multiples casquettes : sacristain, officiant pour les funérailles, directeur de chorale et musicien. « Je suis arrivé ici en 1979. Au départ, j’allais surtout à l’église à Perly. L’abbé Kaelin, qui y officiait, connaissait mon père. De temps en temps, je venais aussi à Bernex. Comme je joue de la guitare depuis mes 13 ans, j’ai intégré la chorale « La-midoré » que je dirige aujourd’hui. Freddy – le papa de notre pianiste – était sacristain. Je lui donnais parfois un coup de main. Il m’a tout appris. J’ai repris la fonction à son décès, dans les années 90. »

Au sein de l’UP Champagne, Hervé Devillaz a côtoyé bon nombre du curés. « J’ai toujours été proche d’eux. » Et de citer Pierre Farine, devenu évêque en 1996, et Charles Christophi. « Quand j’ai pris ma retraite, il m’a proposé de suivre la formation pour célébrer des enterrements. Ayant souvent été confronté à des levées de corps, je n’ai aucun souci pour discuter avec les gens dans des situations difficiles, tout en faisant preuve d’empathie. »

Le sacerdoce du bénévolat

Mais c’est quand il parle de musique que les yeux du Genevois d’adoption s’illuminent. « En 1992, lors d’un concert à Monthey, j’ai découvert la flûte de pan. J’ai trouvé le son tellement beau que je m’en suis acheté une avec ma solde de capitaine. J’ai eu de la chance d’apprendre cet instrument avec Zamfir et Syrinx. A l’église, je programme l’accompagnement sur ma playlist et je joue. »

Comme il le définit lui-même, son sacerdoce, c’est le bénévolat. « Je suis un laïque à disposition. Le hic, c’est que personne n’est éternel. Alors je cherche à motiver les gens autour de moi pour reprendre le flambeau. Ce n’est pas forcément facile, mais je continue d’essayer ! La clef, c’est de tout faire à travers une approche chrétienne. »

Hervé Devillaz, né en Valais en 1954. Arrivé à Bernex en 1979. Sacristain depuis 30 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Bonne fête à toutes les mamans!

Le 12 mai prochain, ce sera la traditionnelle « fête des mamans ». A cette occasion, et pour leur rendre hommage à toutes, nous publions dans cette page et dans la suivante, trois témoignages personnels. Merci aux trois personnes pour leurs contributions.

« Une fête de l’amour que j’apprécie»

Liliana en compagnie de sa maman et de ses frères.

Par Liliana Pochon | Photo : Michaël Pochon

C’est bientôt le temps de la fête des mamans. Voici mon témoignage de ce que représente dans notre famille cette belle fête. Chaque année, au joli mois de mai, un dimanche qui nous met dans la joie et réchauffe les cœurs, cela nous réunit et c’est une belle occasion de dire : merci ! 

Lorsque nous sommes scolarisés jusqu’à la fin de la primaire, rien de plus facile, on se laisse guider ! Merci aux professeurs ! Entre dessins, peintures, bricolages, poèmes, tout est prêt. Mais lorsque nous passons au secondaire, la mission cadeau se corse ! Soit la mission tombe à l’eau (flemme, pas d’argent, pas d’idée, pas le temps) soit au contraire, on continue les traditions qui nous tiennent à cœur. Pour ma part, je tiens à lui dire merci ce jour-là. Cela fait du bien de rendre heureux ceux qui vous sont chers. Après tout, nous n’en n’avons qu’une, autant en prendre soin. 

Pour la petite anecdote, mon papa m’a raconté que lorsqu’il était petit, le 1er mai, jour férié pour les écoliers fribourgeois, ils allaient chanter dans les maisons du quartier, les gens leur donnaient un p’tit sous et avec l’argent récolté, ils allaient acheter un p’tit cadeau pour la fête des mamans. Alors effectivement, ils étaient bien organisés ! Mais étant en 2e année de CO, je n’ai plus cette possibilité, alors je m’organise autrement ! 

Pour la beauté de cette fête, je vous partage un poème que j’avais pris d’un poète, sans le savoir, que ma maman elle-même avait partagé à sa maman (belle coïncidence qui l’avait beaucoup émue). 

Le voici : 

Il y a plus de fleurs
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans tous les vergers ; 

Plus de merles rieurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans le monde entier ; 

Et bien plus de baisers 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Qu’on en pourrait donner. 

Maurice Carême

Amour, amitié, confidence, bienveillance, autant de valeurs qui se transmettent et se partagent avec sa maman, ainsi je vous souhaite à vous, les mamans, une bonne fête des mamans entourées de l’amour de vos enfants.

« Une fête vraiment nécessaire »

Par Anne Kamoo

Pourquoi est-il important de fêter la fête des mères ?  Selon moi, c’est tellement évident.

Toutes ces femmes qui donnent la vie, qui éduquent leurs enfants, qui les soignent, qui les aiment, partageant leurs joies et leurs peines…

Quelle chance ai-je d’avoir une telle maman ? De simples mots ne suffisent pas pour la remercier de tout ce qu’elle  m’apporte. Elle est un pilier dans ma vie, un soutien émotionnel et elle me guide dans mon quotidien. C’est pourquoi célébrer l’amour d’une mère au moins une fois dans l’année est vraiment nécessaire.

C’est chaque jour la fête des mamans !

Elodie en compagnie de ses enfants.

Par Elodie Mota

Qu’est-ce que la fête des mères ? 

Nos mamans sont une partie intégrante de nos vies, elles se consacrent nuit et jour à leurs enfants, à soigner les petits bobos, à faire des câlins, à les remplir d’amour, à sécher leurs larmes. 

Une fois dans l’année, elles sont mises à l’honneur, afin de les remercier, de leur montrer qu’elles sont importantes dans nos vies. La fête des mères tourne autour de ces femmes merveilleuses et si attentionnées. Une mère est prête à tous les sacrifices pour que ses enfants soient heureux. Elle consacre sa vie afin que ses enfants deviennent des hommes et des femmes respectables. Alors pourquoi n’avoir qu’un jour dans l’année pour lui dire merci ? 

Nos mères donnent absolument tout pour nous, leurs enfants. N’attendons pas un jour spécial pour les mettre sur un piédestal, faisons-le chaque jour. 

A toutes ces femmes guerrières, aimantes, soignantes, combatives, une joyeuse fête des mères ! 

C’est très important de fêter les mamans!

Par Matylda (8 ans)

La fête des mamans, c’est quelque chose où on donne des cadeaux à sa maman et on profite d’être avec sa maman. C’est très important de passer du temps avec elle. Elle doit aussi être contente de ce que l’on fait. Pour moi, ma maman est une personne que je peux croire.

Tout simplement offrir de l’amour

Par Gabriela (10 ans)

La fête des mamans, pour moi, c’est comme l’anniversaire de notre maman. Des fois, on peut lui offrir des cadeaux ou des fois on peut la remercier pour ce qu’elle fait. On peut aussi passer du temps avec elle. On peut l’aider dans ses tâches ménagères. Mais tout ce que l’on fait, ça revient à la même chose : on veut tout simplement lui offrir de l’amour !

Vie monastique et silence

Vivant en communauté, les sœurs bernardines du monastère de Collombey cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes qui viennent à elles. En ce début du mois de février, nous partons à la rencontre de Sœur Elisabeth qui nous parle de cette vie de prière et de silence.

Propos recueillis par Yasmina Pot
Photo : Abbé Valentin Roduit

En grimpant l’escalier jusqu’au monastère, on entend de moins en moins de bruit. On est à la fois loin de la plaine et tout proche d’elle. Les dernières marches longent l’hôtellerie et son jardinet. Puis c’est l’arrivée à la porte d’entrée. Sœur Elisabeth nous accueille au parloir en souriant.

Sœur Elisabeth, on le comprend en arrivant ici, la beauté du monastère et de la nature qui l’entoure est propice à une vie de prière. 
Oui, c’est un environnement calme qui nous permet d’être attentives au Seigneur dans la prière et le silence. 

Parlez-nous de l’importance du silence dans votre vie monastique.
Le silence est observé pendant presque toute la journée. Heureusement, sinon dans les grandes communautés, il y en aurait du bruit ! Pour notre vie de prière, le silence sert à rester avec le Seigneur, à se rapprocher de Lui. On est à l’église sept fois dans la journée, pour les différents offices. Si on avait beaucoup parlé pendant le jour, à la messe on « mijoterait » ce qu’on a entendu au lieu d’écouter la Parole et prier. On peut aussi rappeler que le silence permet de ne pas pécher par la parole. 
Pendant nos heures de travail, on parle peu parce qu’on est séparées. Bien sûr, si on a quelque chose à demander on peut le faire. Avec le silence on parle à Dieu plutôt qu’aux gens. J’aime tout particulièrement l’oraison du soir, ce temps de recueillement silencieux à la fin de la journée, c’est un moment spécial. On parle à Dieu, on peut Lui confier ses joies et ses peines, et en sortant on se dit : « Tiens ! ça va mieux. » 

Quels sont les souvenirs de vos premières années au monastère ?
Lorsque je suis entrée au monastère en 1951, à l’âge de 17 ½ ans, nous étions 21 sœurs. Aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Il y avait deux moments de récréation d’une demi-heure par jour : après le dîner et après le souper. Là on pouvait parler. Vu notre nombre, le respect du silence était beaucoup plus strict que maintenant. Si on nous entendait beaucoup parler, on nous reprenait. Le grand silence se faisait à partir de l’office des complies, à la tombée du jour. 

Rappelez-nous ce qu’est le grand silence.
Le grand silence commence à partir de 20h, à peu près. Nous nous levons à 4h30 du matin pour l’office de 5h. Jusqu’à la fin de la messe du matin, à 9h, on n’entend plus parler. Les prêtres vivant ici font eux aussi silence. Et si on a quelque chose à dire, on le fait à voix basse.

Notre entretien avec sœur Elisabeth touche à sa fin. Mère Gilberte, prieure du monastère, se joint à nous. Elle nous parle aussi du grand silence : « Pour moi ce sont les plus belles heures. Cette prière de la nuit, ces moments où la nature est en silence. Et maintenant avec l’hiver c’est encore beaucoup plus frappant. Cela apporte la paix, l’harmonie ; l’harmonie avec soi-même en premier et avec les autres. Le grand silence c’est un peu comme un puits dont on tire nos ressources pour la journée. Ces heures du matin on ne les retrouve plus après, ce n’est plus le même silence. »

Agriculture chrétienne

Par Pierre Guillemin | Photo : Flickr

L’agriculture moderne s’est profondément industrialisée, elle n’est plus une activité de subsistance, mais une activité de production, de rentabilité, d’exploitation des sols et des ressources végétales, animales et humaines. 

Pourtant, l’agriculture nous rappelle sans cesse notre lien à Dieu : en créant l’Univers, il nous donne la responsabilité de l’entretenir et de l’aimer. La dernière exhortation apostolique du Pape François Laudate Deum, qui complète son encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015, insiste sur le rôle de l’Homme dans le changement climatique actuel et ses conséquences sur les mondes végétaux et animaux et donc sur notre mode de production agricole.

Quelle façon de produire ?

Il ne s’agit pas de condamner la production agricole en tant que telle, mais de nous interroger sur notre façon de produire ce dont nous avons besoin d’abord pour subsister, ce qui n’exclut pas de bénéficier de produits d’excellente qualité gustative et nourrissants (n’est-ce pas la fonction première de l’agriculture ?).

Lieu de coexistence

L’Europe, et la Suisse n’y échappe pas, est actuellement traversée par de nombreux mouvements de protestations d’agriculteurs qui dénoncent les incertitudes croissantes, la précarité, l’isolement et le désespoir de personnes écrasées par les dettes ; qui dénoncent également la perte de sens d’un métier pourtant indispensable à la société, dont l’un des marqueurs est le nombre croissant de suicides.

Des initiatives chrétiennes se mettent en place pour répondre à ce grand défi auquel fait face l’agriculture. Parmi elles, citons « L’aumônerie pour le monde du travail et agricole » à Lausanne, qui, en étroite collaboration avec l’Eglise évangélique réformée vaudoise, apporte soutien, aide et conseils à tous les acteurs du monde du travail et agricole. 

Le fil directeur pour protéger la Nature et donc l’agriculture est, comme le rappelle le pape François, le respect de « la maison commune » c’est-à-dire de la Terre non pas comme simple théâtre de l’existence humaine, mais comme lieu de coexistence et de cohabitation porté par Dieu.

Une semaine de jeûne ouverte à tous

Le groupe lors de sa première réunion début mars.

Un groupe de la paroisse a vécu une nouvelle fois l’expérience d’une semaine de jeûne en Carême. Sa coordinatrice, Nathalie Kamoo, nous livre ci-contre le sens de cette démarche.

Cette démarche de jeûne est ouverte à tous. Le soutien du groupe, la progressivité de la descente (6 jours de lente diminution de prise de nourriture), le soutien spirituel pendant la semaine de jeûne proprement dite, ainsi que la réintroduction progressive des aliments (durant 6 jours également), tout cela permet à la grande majorité des personnes de suivre le jeûne même si elles sont en activité professionnelle.

Par Nathalie Kamoo
Photo : Georges Losey

Lors des réunions de la semaine de jeûne  – cette année du 6 mars au 13 mars – nous partageons d’abord sur les intentions que nous donnons pour ce jeûne.

Elles peuvent être multiples : comme la gratitude, une demande particulière à Dieu, une amélioration physique, etc. Dans un deuxième temps, nous échangeons sur notre ressenti, les points positifs mais aussi sur les désagréments. Nous terminons par un temps spirituel animé pour nous ouvrir à Dieu et aux autres. Pendant les réunions nous constatons souvent que « sans le groupe, ce serait beaucoup plus difficile ! ». 

Le jeûne associe donc la dimension corporelle, la dimension spirituelle et la dimension solidaire. On peut y trouver un chemin d’intériorité, un élargissement de son horizon, une nouvelle relation avec les autres et avec la Création.

Trois dimensions

Dimension du corps : Le jeûne est une invitation à renoncer volontairement à toute nourriture solide, à passer d’une alimentation extérieure à une alimentation intérieure, à lâcher du lest, à prendre du temps pour soi. Il conduit à une révision parfois salutaire de ses habitudes de vie. Le jeûne permet un retour sur soi-même, une transformation de ses besoins physiques, intellectuels, de ses peurs et ses espérances. Il apporte un profond sentiment de bien-être général qui encourage à renouveler l’expérience.

Dimension spirituelle : La dimension spirituelle qui se révèle durant le jeûne ouvre un passage à un état de conscience supérieure auquel aspirent toutes les grandes religions. Le jeûne donne un accès privilégié au silence intérieur qui peut croître. Un sentiment d’harmonie, menant à la paix est éprouvé tout comme une rencontre avec une « joie divine ». De par son action libératrice, purificatrice, le jeûne est un moyen d’intensifier le cheminement spirituel et de se nourrir de la Parole. 

Dimension sociale : Cette dimension fait référence à la capacité accrue de la personne qui jeûne à s’ouvrir aux besoins de son prochain. La dynamique du groupe est un des facteurs clés du succès de la démarche. Très vite, les membres du groupe vivent des relations fraternelles, spontanées et authentiques. La bienveillance et le soutien mutuel se développent. Le jeûne permet à notre corps de vivre le manque et la faim qu’éprouvent des millions de personnes à travers le monde. Nos semaines de jeûne proposent aussi de poser un acte de solidarité envers ces personnes en soutenant des projets proposés par l’EPER et Action de Carême, pour une vie digne pour toutes et tous.

Si cela vous intéresse de suivre une semaine de jeûne, le site de l’EPER et d’Action de Carême (https://materiel.voir-et-agir.ch/groupes-de-jeune) vous donnera les indications utiles : vous pourrez y trouver un groupe en fonction de votre localité ou en fonction de la période à laquelle chaque groupe choisit de vivre ce temps.

Témoignages sur le Silence

En ce numéro d’avril de L’Essentiel, il y est beaucoup question du « silence », le silence dans la vie monastique avec Sœur Elisabeth (p. 10), le silence dans la liturgie de la messe (p. 15), sans oublier l’éclairage romand sur le silence (pp.16-17).
Ici, nous avons voulu donner place à des témoignages personnels sur le silence, sur ses bienfaits, sur sa valeur dans nos vies…

Propos recueillis par l’équipe de rédaction de L’Essentiel | Photo : unsplash.com

C’est quoi le silence ?
Où vis-tu le silence ?

« C’est comme une prière. A la catéchèse, Béatrice nous a dit que Dieu était dans le silence. (Cf. Elie au mont Horeb ndlr) A la messe des fois, il y a du silence. Des fois, car souvent on dit des choses. Mais quand le prêtre dit « prions encore » après il y a du silence. » 
Un enfant, 7 ans

« Quand on fait un travail, la maîtresse demande de faire silence. C’est le contraire du vacarme. Je crois que c’est pour s’entraîner pour l’école des grands. Moi, je sais bien faire silence. Ce n’est pas souvent qu’on a du silence dans la classe. »
Un écolier, 6 ans

« Je trouve le silence à la montagne. Ça demande des efforts ! Mais on n’obtient rien qui vaille la peine sans effort. »
Isabelle

Le silence offre souvent une respiration bienvenue, un repos attendu. Pour ne pas nous isoler dans une solitude pesante, le silence a besoin de répondre à une vie relationnelle riche. Il devient garant de la qualité de celle-ci. Il nous donne le goût du calme, de la douceur. Il nous met à l’écoute. A l’opposé du silence du tombeau, il a besoin de la branche qui balance dans le vent, de ce banc à l’orée d’un bois, de cette Parole relue en toute intimité. Le silence s’invite dans nos vies. Hospices, couvents, etc. : des lieux fraternels pour un premier pas vers une mise en harmonie de nos vies.
Yves

« Il y a bientôt 40 ans, j’ai vécu une première retraite de six jours dans un Foyer de Charité en France. En dehors des entretiens spirituels donnés par le prédicateur et en dehors des messes et célébrations, ces retraites se déroulent dans le silence. Pas d’échanges durant les repas, pas non plus entre retraitants (ou le strict minimum), pas non plus de lectures de journaux ou autres. Au fil des jours, notre esprit gagne en intériorité, notre prière devient plus fervente, notre faim de la Parole de Dieu devient plus vive, notre recherche de la Présence de Dieu devient plus intense. Au terme de la retraite, nous nous retrouvons intérieurement changés, transformés, bonifiés. Nous regagnons notre domicile avec le sentiment qu’on l’avait quitté non pas une semaine plus tôt, mais trois semaines plus tôt. Ces fruits, ces bienfaits de la retraite, ne sont-ils pas liés, en partie du moins, à l’effort du silence vécu au cours de ces 6 jours ? ! » 
Un prêtre, 57 ans

Les soupes du partage

Une bonne douzaine de soupes de Carême ont eu lieu durant le mois de mars. Les dernières seront servies le Vendredi saint (à Cheyres, Cugy, Montet, Nuvilly, Rueyres-les-Prés et Seiry). Voici quelques reflets illustrés des deux soupes de Carême qui ont eu lieu au début du Carême à Vuissens et Font. (cjy)

Photos : André Bise (Font) et Gérard Dévaud (Vuissens)

A Vuissens…

… et à Font

Le Travail comme Salut

Avec cet article s’ouvre une nouvelle rubrique littéraire, dont la rédaction a été confiée à M. Benjamin Mercerat. Enseignant de français et écrivain, il aborde ici l’œuvre d’un écrivain et poète suisse romand bien connu : Charles Ferdinand Ramuz.

Par Benjamin Mercerat | Photo : Centre des littératures en Suisse romande (UNIL)

C. F. Ramuz : ce nom déclenche généralement des réminiscences de lecture scolaire, voire réveille le préjugé voulant qu’il s’agit là d’un auteur rustique ne sachant pas sa syntaxe – par ignorance – ou faisant comme s’il ne la savait pas – par préciosité. Ramuz et le Valais : La Grande peur dans la montagne, bien sûr ; Farinet, évidemment ; si ces romans ne déméritent pas, on a tendance à oublier que plus du tiers de ses 22 romans sont situés en Valais, ainsi que de nombreuses nouvelles. 

Faisons nos premiers pas sur les traces de Ramuz en Valais avec une de ces nouvelles. Publiée dans le recueil Nouvelles et morceaux en 1910, on gagne à y lire, par-delà sa simplicité apparente, une parabole décrivant la pensée de l’auteur, cet agnostique étonnamment religieux.

« Le Pauvre vannier », c’est Anselme, artisan vieillissant supplanté par un jeune concurrent, délaissé par les villageois. Il prend alors, tel un pèlerin, sa cape et son bâton d’épine, et marche « droit devant lui dans la montagne », décidé à s’y abandonner. Or, épuisé, la montagne s’ouvre à lui, lui donnant accès au Paradis. Tout humble, il n’arrive à croire qu’il est accepté parmi les « élus ». Dans cet Au-delà, chacun retrouve sa maison, mais toute neuve ; et chacun reçoit sa nourriture quotidienne. L’activité principale du village, c’est la Louange. La première chose qu’aperçoit Anselme est une grande procession autour de l’église, emmenée par l’Evêque.

Cependant, Anselme commence à s’ennuyer de son travail de vannier ! Au point de demander à l’Evêque de faire un aller-retour sur terre pour s’y procurer de l’osier afin de se remettre à l’ouvrage. Ce dernier, ainsi que les villageois et les anges, tentent de l’en dissuader, mais rien n’y fait. Le pauvre vannier est retrouvé mort par des bergers, quelques jours après sa fuite du village. 

Dans cette nouvelle, Ramuz témoigne de sa métaphysique agnostique : pour ce grand artisan du roman, c’est le Travail qui sauve, à défaut d’un Dieu pouvant être reconnu. Or, situé dans un cadre catholique, qui est celui que Ramuz a connu lors de ses séjours valaisans, où il assistait à la Messe avec intérêt, le tragique de cette conception se fait probant : en exprimant la fin d’Anselme, l’auteur exprime peut-être ce qu’il pressent au fond de lui : ce n’est pas notre propre Volonté qui nous sauve, notre propre mérite, autonome ; mais c’est notre mérite en tant qu’il participe à la grâce divine, comme l’établit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Bibliographie : 

C. F. Ramuz, Nouvelles et morceaux (1910) in Œuvres complètes, éditions Rencontre, 1967.
Robert Marclay, Ramuz et le Valais, Payot, 1950.

En librairie – avril 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

La prière du coeur
Frère Jean

Comme l’amour, la prière du cœur ne s’apprend pas, elle se vit joyeusement dans un cœur à cœur. Elle est le signe d’une rencontre, celle de l’homme avec Dieu. La prière est un art, le plus beau des arts, un art de vivre ! Elle est un engagement, un acte de dévotion, comme une goutte de lumière qui nous pénètre et nous transfigure, un état d’émerveillement face à l’infini. Le Frère Jean, moine orthodoxe français, nous propose, en dix chapitres, un chemin à parcourir pour incarner la réalité de la prière où Dieu est présent même si nous ne sommes pas toujours présents à Dieu.

Editions Actes Sud

Acheter pour 24.60 CHF

Rencontres au cœur du silence
Raphaël Engel

Raphaël Engel travaille à Genève comme journaliste aux magazines de la RTS. En 2021 est diffusé A deux pas de l’infini, reportage qu’il réalise pour l’émission « Passe-moi les Jumelles » et qui propose une immersion auprès des moines-paysans de l’abbaye cistercienne de Hauterive, près de Fribourg. Le livre qu’il publie s’inscrit dans la continuité de ce reportage, sous la forme d’un récit de voyage relaté en 18 journées marquantes passées auprès des moines de Hauterive. Le journaliste y poursuit sa réflexion personnelle entamée lors de la rencontre avec ces 15 « chercheurs de Dieu ».

Editions Cabedita

Acheter pour 35.00 CHF

Habiter le silence dans la liturgie
Pascal Desthieux

Dans ce livre, l’auteur focalise son attention sur un aspect méconnu de la réforme liturgique : l’observation du silence comme forme de participation active des fidèles. Pourquoi du silence dans la liturgie, quel type de silence, comment la Bible ou l’enseignement de l’Eglise parlent-ils de ce silence, autant de points qui font l’objet de sa présentation. Le silence a toute sa place dans la messe de Vatican II. Il favorise la participation active de tous et implique toute la personne. Il contribue au bon déroulement de la liturgie, permettant de passer sans précipitation d’un rite à l’autre. Plus encore, il favorise un climat d’intériorité qui s’enrichit de la prière de chaque participant. Le silence liturgique aide à rencontrer Dieu, à se tenir éveillé en sa présence, à créer un espace pour accueillir sa parole et lui répondre, grâce à l’Esprit Saint. Discrète, la place qu’occupe le silence dans toute liturgie est essentielle.

Editions Salvator

Acheter pour 28.30 CHF

Le trésor de la petite église
Sophie de Mullenheim – Tania Rex

« Un rayon de soleil traverse les vitraux et illumine la petite église.
– Un trésor ! s’émerveille Lou. Où est-il ?
– C’est à vous de le trouver. Mais je peux vous guider un peu.
Lou et Tom se regardent en silence. 
Un trésor, c’est fabuleux, non ? »

Une belle histoire à lire en famille pour rencontrer et aimer Celui qui fait battre le cœur des églises.

Editions Mame

Acheter pour 20.80 CHF

Pour commander

Un œcuménisme relationnel: pour un échange des dons

Prévue initialement dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la conférence donnée le 6 mars dernier, au centre des Focolari à Montet par le pasteur Martin Hoegger, a débuté par une réflexion sur la parabole du bon samaritain – thème 2024.

Par Nicole Monnard
Photo : Pierre Bondallaz 

Dans ce récit (Lc 10, 23-38), un spécialiste de la loi interroge Jésus sur la manière d’obtenir la vie éternelle. Jésus le renvoie aux Ecritures. Le légiste cite immédiatement le double commandement de l’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » mais il interroge encore Jésus : « Qui est mon prochain ? » Nous connaissons la suite, Jésus raconte l’histoire de cet homme attaqué, dépouillé, roué de coups et laissé à moitié mort au bord du chemin. Marchant sur cette route, un prêtre puis un lévite font sciemment un détour afin d’éviter le blessé.

C’est finalement un étranger qui, pris de pitié, s’approche du malheureux.

On peut associer le Christ à celui qui prend soin, qui témoigne compassion et miséricorde pour cet être blessé. Il donne (temps, argent…) et promet (le surplus) à son retour. Oui, Dieu donne toujours en plénitude ! L’auberge est la représentation de l’Eglise : qui accueille, veille et  attend le retour de son Sauveur.

Un enrichissement mutuel

L’unité chrétienne est fondée sur cette double loi de l’amour, s’il n’y a pas d’abord l’accueil et le respect de l’autre, il ne peut y avoir réellement unité ecclésiale. En hébreu, Natan signifie « donner ». Ce mot lisible de gauche à droite ou inversement (palindrome), nous parle d’un échange des dons : un enrichissement mutuel. 

Les chrétiens de toutes confessions peuvent-ils mettre en évidence leur foi commune et accueillir comme un cadeau la manière différente dont les autres vivent et expriment leur propre foi ? Pouvons-nous apprendre les uns des autres ? Osons-nous vivre un « œcuménisme des mains blessées » en étant prêts à montrer les uns aux autres nos blessures respectives sachant que nous ne pouvons pas nous guérir ou nous sauver nous-mêmes ? (P. Murray) 

Martin Hoegger nous a partagé avec enthousiasme divers engagements vécus : Forum Chrétien mondial et romand, JC2033 : jubilé œcuménique, le chemin d’Emmaüs : pèlerinage œcuménique, Ensemble en chemin (60 mouvements et communautés chrétiennes réunies) dont nous lisons ensemble la charte, comme une prière et une envie de faire grandir en nous et autour de nous l’Unité relationnelle et ecclésiale.

Travailler ensemble

« Jésus, nous disons «  oui  » à ton commandement et aujourd’hui, nous voulons renouveler notre pacte d’amour réciproque. Aimons-nous les uns les autres comme tu nous as aimés.  Nous te demandons que l’Esprit Saint renforce notre amour et que tu sois au milieu de nous, comme tu l’as promis. Œuvre en nous et à travers nous quand nous travaillons ensemble pour ton royaume. Amen ! »

Martin Hoegger est un pasteur retraité de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Il a exercé son ministère en diverses paroisses. Il a aussi exercé, pendant plus de 15 ans,  un ministère d’accompagnement spirituel dans la Communauté de Saint Loup. 
Cofondateur de la Communauté des Eglises chrétiennes dans le Canton de Vaud (CECCV) en 2003, il en a été son président puis son secrétaire exécutif pendant dix ans, en tant que responsable de l’œcuménisme de l’EERV. 
Pour en savoir plus sur ses activités et ses publications :
https://martin.hoegger.org/index.php/qui-suis-je

Célébration de la confirmation sur le Haut-Lac dimanche 25 février

Par Virginie Maret
Photos : Vincent Vannay

Des rencontres en petits groupes, des retraites, des goûters, des jeux et bien sûr un peu de caté : le cheminement pour arriver à la fête de la confirmation est beau et riche en émotions !

En ce jour du 25 février 2024, le ciel est bleu et la météo est douce mais il n’y a pas que le soleil qui rayonne et chacun prend part à sa manière au bon déroulement de la célébration. Tous les confirmés se souviendront de ce jour béni et garderont dans leur cœur de beaux souvenirs.

Merci aux familles, aux paroissiens, aux chanteurs et à la fanfare pour leur présence et leur soutien précieux. Merci aux parents qui ont accompagné le parcours et merci à l’équipe confirmation. Enfin, merci à nos prêtres et au vicaire général, Pierre-Yves Maillard, qui a confirmé les 21 jeunes et une super maman, Rosalba Camacho ! Voici son témoignage :

Pourquoi avoir fait ma confirmation aujourd’hui, à l’âge de 40 ans et pas avant ? Je crois que le timing choisi par Dieu est parfait ! Ces quelques dernières années j’étais perdue psychiquement et émotionnellement. Parfois j’ai cru que ma vie était finie. Soudain j’ai motivé mon fils à suivre le parcours vers  la confirmation. C’était génial ! Mais moi-même je continuais à me sentir vide, triste, seule et désespérée… C’est à ce moment-là que j’ai ressenti le besoin de prier et de suivre moi aussi le chemin de la confirmation et petit à petit ce vide que j’avais en moi s’est rempli de paix et d’amour. J’ai senti en moi que je n’étais plus seule. Le 25 février j’ai ressenti comme avoir « mangé une grosse assiette de paix intérieure ». Avoir suivi ce parcours en même temps que mon fils est une expérience magique. J’invite tous ceux et celles qui se sentent seul.e.s, à tout déposer devant le Seigneur, quels que soient leur tristesse ou leur problème car le miracle existe ! Aujourd’hui je me demande où j’étais et je peux vous dire qu’il est venu me chercher. Et je suis revitalisée et remplie d’une immense foi !

Ont reçu le sacrement de la confirmation des mains de notre vicaire général, Pierre-Yves Maillard, le 25 février, en l’église de Vouvry :

Vionnaz: Birchler Chloé, Cordonier Chloé, Doe Melvin, Guérin Tyméa, Marques Mélissa, Rossier Roxane, Vernizzi Charlotte, Wiedmer Zoé.

Vouvry: Camacho Rosalba, Chanton Juliette, Coelho Ema, Ferrer Taïna, Gegovic Gabriel, Glaus Sohan, Rodrigues Da Silva Alicia, Togni Tristan, Vuadens Louise.

Port-Valais et Saint-Gingolph: Querido Tomas, Querido Telmo, Derivaz Julie, Ventuzelo Délia, Ventuzelo Thomas.

Un an déjà sans Jean-Pascal…

Par Simon Roduit 
Photo : Marion Perraudin

En ce début du mois d’avril 2024, voilà une année que notre regretté curé Jean-Pascal Genoud s’en est allé en silence rejoindre la maison du Père à la veille de l’entrée dans le Triduum pascal, lui qui aimait tant prêcher, vivre de la Bonne Nouvelle et s’émerveiller de l’action de Dieu dans les vies. Il aura laissé une belle marque dans le cœur de nombreux fidèles de notre paroisse et d’ailleurs.

Durant la vie de quelqu’un, nous avons cette tradition de fêter les anniversaires de naissance pour prendre conscience du temps qui passe et rendre grâce pour la vie reçue de Dieu et donnée aux autres. Les messes d’anniversaire de décès de nos chers défunts nous donnent l’occasion de nous retrouver en famille, de penser à eux et de rendre grâce pour tout ce qu’ils nous ont apporté durant leur vie terrestre. Alors que le silence de la mort semble avoir gagné depuis un certain temps sur le son de la voix de la personne proche qui ne résonne plus à nos oreilles, nos voix s’élèvent vers Dieu durant les messes pour les défunts. 

Dans ces moments-là, nous ressemblons aux apôtres enfermés au Cénacle après la mort de Jésus et nous comptons les jours dans l’attente de la Résurrection, qui nous réunira avec tous ceux que nous aimons et qui aiment Dieu au ciel. Cette attente fait grandir en nous le désir de revoir nos défunts, et alors s’ouvre en nous la perspective de l’éternité.

Rythmés par ces messes anniversaires, nous ressemblons aussi aux disciples d’Emmaüs : nous entendons la voix de Jésus qui nous accompagne sur le chemin sans le reconnaître, alors que nous essayons de rester attachés à ses paroles entendues durant sa vie terrestre. Avec saint Paul, nous croyons que tous nous ressusciterons. N’hésitons donc pas à croire par la communion des saints que nos proches défunts veillent sur nous et peuvent passer leur ciel à faire du bien sur la terre.

Cette année, Pâques est déjà passé ; alors que nous fêtons l’anniversaire de décès de Jean-Pascal, Jésus est ressuscité, la vie est redonnée : nous pouvons donc prier pour lui et lui demander de veiller sur notre paroisse du haut du ciel, afin qu’il demande au Bon Dieu d’envoyer des pluies de bénédictions pascales sur nous tous.

Une présence sacramentelle dans la vie de malades

A l’occasion de la journée des malades, de nombreuses personnes ont reçu dans toutes les communautés paroissiales le sacrement de l’onction lors des messes dominicales du mois de mars. Sur cette photo, ce sont l’abbé Bernard et le diacre Jean-Pierre Cantin qui officiaient lors d’une messe à la collégiale le 3 mars dernier.

L’homme qui lutte contre la souffrance et la maladie vit une proximité spéciale avec le Christ qui a souffert lui-même et qui vient en aide à ceux qui sont éprouvés. Pour nous, les chrétiens, l’attitude de notre Maître devient un appel. A son image, nous devons « porter les fardeaux les uns des autres » (Ga 6, 2). L’Eglise apporte un soulagement aux malades par le sacrement de l’onction.

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur
Photo : Georges Losey

Nous sommes appelés à une attention bienveillante envers nos malades : à les visiter, les soutenir, comprendre, encourager, éveiller leur espérance, soutenir et faire grandir leur foi en priant pour eux et avec eux, en leur portant le Corps du Christ…

Nous lisons dans la lettre de saint Jacques : « L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Eglise : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. » (5, 14-15) L’onction d’huile est ainsi devenue un geste sacramentel. 

De l’extrême-onction…

Au Moyen Age, on mettait un grand accent sur le péché et la crainte… ce qui a provoqué une pratique d’administrer ce sacrement quand la vie était en péril et que le malade ressentait l’angoisse de l’agonie. On retardait de plus en plus la donation de ce sacrement, jusqu’à ce qu’il prenne le nom d’extrême-onction.

… à un sacrement de vie

Le concile Vatican II l’a redéfini comme un sacrement de vie pour accompagner ceux qui souffrent. Il ne se limite plus aux mourants, mais s’adresse à toute personne confrontée à la maladie ou à la vieillesse. Il représente le réconfort et la paix, le pardon des péchés, la présence et la tendresse de Dieu.

Dans notre paroisse, en lien avec la journée des malades, nous donnons ce sacrement lors des eucharisties dominicales aux malades présents. Cependant, nous encourageons aussi les fidèles à nous inviter, en tout temps, pour exercer ce service sacerdotal auprès des personnes qui vivent dans des établissements médicaux ou qui ne peuvent se déplacer.

«Retrouver le chemin de la vie après la douleur d’un deuil»

Comment le récit de Pâques nous y invite

Par Christophe Allet
Photo : alixraconte.ch

Une conférence
C’est le titre de la conférence que donnera Mme Alix Noble Burnand, thanatologue et formatrice d’adultes et conteuse bien connue en Romandie, le jeudi 25 avril 2024 à 19h30 au CO de Vouvry, grande salle du 1er étage (Avenue de la gare 31, en face de la gare CFF, places de parc devant le CO). Entrée libre, panier à la sortie, prix conseillé : Fr. 25.–

Dans la dynamique de Pâques
Nous sortons de la semaine de Pâques où nous avons célébré le Christ ressuscité.
Pour la conférencière, Pâques est un récit de passage à exhumer, un trésor à redécouvrir, sur lequel on est assis !
Pâques nous donne des outils de communication, de transmission, de révélation, un savoir-faire oublié.

Dans un projet œcuménique plus large
Invitée par le groupe œcuménique du Haut-Lac, cette conférence fait partie d’un cycle plus large pour aborder la question du deuil et de la mort ! 
Mme Alix Noble Burnand reviendra dans le secteur le jeudi 7 novembre 2024 à la chapelle protestante du Bouveret pour une « célébration du souvenir » ouverte à tous.
En outre, nous avons programmé le dernier spectacle de Fabien Moulin avec sa troupe Silex de théâtre forum : « La fin des haricoTs », sur le thème de la mort, qui sera présenté le dimanche 16 juin en fin de journée à la maison de paroisse de Vionnaz. 

Contact dans le secteur pour tous renseignements 
Isabelle Pilet au 079 324 79 51
Site web de la conférencière : www.alixraconte.ch 

Le bon pasteur, le vrai berger*

« Le bon berger », tant de tableaux, de gravures, d’images rassurantes d’un homme portant sur ses épaules un mouton. Dieu est là, on ne se perdra pas… 

Par Françoise Besson 
Photos : DR, Pexels 

Souvent ignorée ou « invisible », cette petite céra­mi­­que est accrochée à une paroi du prieuré de Martigny…

Un berger qui prend soin d’un troupeau : une réalité quotidienne pour des hommes, des familles, qui marchent à longueur de jour, prennent soin, cherchent les points d’eau, la meilleure nourriture et reviennent le soir au village ou bien montent un campement dans lequel leur sommeil sera léger, car pour eux, chaque bête compte… 

 « Compter » : ce mot est bien équivoque ! Il veut en même temps dire « énumérer » : un, deux, trois, quatre… cent brebis ET avoir une valeur qui ne se traduit pas en chiffre : ces brebis comptent pour moi, je les connais, je leur consacre ma vie, mes heures, mes efforts, mon souci, elles ne manqueront de rien, aucune ne se perdra… 

Etre une « brebis » on peut rêver mieux comme idéal de foi, mais compter pour quelqu’un, ça nous parle au cœur ! Et dans le cœur de Jésus, tout le monde comptait et ce troupeau innombrable lui nouait la gorge, comme au jour de la multiplication des pains… Pour tout le monde, sans discrimination, il a donné librement sa vie, son temps, son attention, sa compassion.   

La vie donnée de Jésus, on a pris l’habitude de la voir sur la croix, seulement voilà : la vie donnée de Jésus, elle est aussi dans tout le reste de l’évangile, sur l’ensemble du parcours, dans les partages, les dialogues, les rencontres des « laissés-pour-compte ».  A hauteur de société, c’est sûr, un type comme ça qui ne respecte ni les notables, ni la Loi, ni les rites, il faut l’enfermer, le faire retourner dans sa famille qui arrivera peut-être à en faire façon. Mais à hauteur du Fils de l’homme, la tâche est infinie, personne n’échappe à sa préoccupation, puisque tout le monde compte ! Les malades, les fous, les femmes, les lépreux, les enfants, les « pris en flagrant délit » dont la vie ne tient à plus rien, mais aussi les « normaux » de la société, ceux qui s’intéressent à lui, qui l’invitent en prenant le risque de se faire moucher devant tous les invités, ceux qui sont un peu corrompus, comme Zachée, mais dévorés de curiosité, ceux qui viennent le voir en cachette et bien sûr, tous ceux, innombrables, dont l’évangile n’a pu garder de trace… 

Et voilà que Jésus, revenant du monde obscur, fait cette folle demande à ceux qui le reconnaissent, à ceux qui, aujourd’hui encore, reçoivent la Bonne Nouvelle : sois toi aussi un berger, un bon berger et non un mercenaire : prends soin de mes brebis, de mes agneaux, mets-toi à mon école… 

On est loin de l’image rassurante de la parabole ! L’invitation fait plutôt trembler, tergiverser : on peut se dire que cette demande n’est faite qu’à Pierre et éventuellement à ses successeurs, comme garants des « vérités théologiques »…  On peut se dire…

Mais ici, comme au temps de Jésus, il y a des exclus, les « pas comme nous » qu’on évite, qu’on ne comprend pas, qui nous font peur et nous dérangent… Il y a aussi des gens qui se posent des questions, qui aimeraient bien voir, savoir comment il est possible de croire, de trouver du sens à cette vie… Comme au temps de Jésus, il y a une réalité bien tangible, toujours la même : pour tenir debout, nous avons besoin les uns des autres, nous avons besoin de regards aimants ou du moins aimables, sans hostilité ni indifférence, nous avons besoin d’un mot gentil, d’une attention vraie, d’une parole qui apaise… 

Ailleurs, Jésus parle d’ouvriers, de main d’œuvre et de moisson abondante, le travail ne manque pas et on ne comptera pas nos heures… 

Décourageant d’avance ? Le final du texte de Jean nous sort de l’ornière déjà tracée : cette vie donnée, comme celle du berger, on la reçoit de nouveau, c’est une circulation de vie, comme l’eau dans le bassin d’une fontaine, comme le pain et le poisson quand Jésus a nourri la foule : on donne (le peu qu’on a) et on reçoit… Rien ne nous sera pris, car nous l’aurons donné, dans la grande liberté des enfants de Dieu… 

*Evangile du 4e dimanche de Pâques (Jn 10, 11-18)

Tennis de table: un deuxième tournoi organisé par l’abbé Darius

Samedi 24 février, s’est déroulé à la salle de gymnastique de la Stavia le deuxième tournoi de tennis de table organisé  à l’intention prioritairement des servants de messe, par l’abbé Darius, maître en la matière comme il l’a montré raquette à la main. Une vingtaine de joueuses et joueurs se sont affrontés une matinée durant et se sont livrés à de nombreux matchs sous la houlette de notre curé avec le concours de nombreux bénévoles, dont plusieurs membres de l’équipe pastorale et d’actifs du club staviacois de tennis de table. Si la participation a été un peu moins relevée que l’année dernière, ces joutes sportivo-pastorales – l’abbé Darius parle d’« évangélisation par le sport » –  ont permis, au-delà des résultats, de faire triompher une belle entente fraternelle. (cjy) 

Les gagnants
Chez les filles : 1. Alya Etienne. 2. Aurélie Pillonel. 3. Lana Vernier.
Chez les garçons : 1. Noah Inguscio. 2. Gaëtan Dévaud. 3. Antoine Carrard.

Un silence ouvert au sacré

Avant Vatican II, le prêtre, seul, célèbre la messe à voix basse et les fidèles y assistent en spectateurs muets. Après le Concile, de nombreux changements favorisent la participation des fidèles. Aujourd’hui, l’Eglise présente le silence comme un des moyens pour que tous vivent activement la liturgie. Petit tour de la question, en s’inspirant d’un livre rédigé par l’abbé Pascal Desthieux, « Habiter le silence dans la liturgie ». 

Par Nicolette Micheli
Photos : Mon missel pour aimer Jésus, Artège, p. 40. / La messe des petits, Téqui, p. 50 (Photo scannée du livre de Pascal Desthieux)

Valeur du silence

« Je vous demande de prier le Seigneur pour moi… en silence… » Chacun se souvient de l’intensité de ce silence qui a suivi l’élection du pape François. Dans notre monde bruyant, de nombreuses personnes s’arrêtent dans les églises afin d’y trouver le silence. C’est après Vatican II que le silence est évoqué dans un document officiel de la liturgie. Dans la présentation du nouveau Missel, il est devenu un élément important. « Un  silence sacré fait partie de la célébration. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration » et Pascal Desthieux précise : « Il offre un espace de recueillement, de méditation, de prière. Plus qu’un silence sacré, c’est un silence ouvert au sacré. » Il n’est pas un but, mais un moyen qui met en valeur les paroles et les gestes et permet de mieux les intérioriser. Il témoigne que l’Eglise est Peuple de Dieu où chacun participe activement à la liturgie. La nature du silence varie selon qu’il se trouve avant, pendant ou après l’action liturgique.

Le silence de recueillement

Ce silence aide à sortir de l’agitation pour se mettre en présence de Dieu. Il nous rend attentifs et ouverts à ce qui se passe en nous et autour de nous. Au début de la messe, le prêtre nous invite à un bref silence avant le « Je confesse à Dieu », dans le but de se présenter à Dieu avec nos limites et d’accueillir son pardon. Puis après l’invitation « Prions… », il offre un instant de silence pour établir une relation personnelle avec Dieu et lui confier nos intentions. Ce silence est particulièrement mis en valeur lors des messes de funérailles et surtout durant les offices de la Semaine sainte : silence des cloches dès le jeudi, silence avant la grande prière universelle du vendredi et durant la vénération de la Croix et grand silence du samedi dans l’attente de la Résurrection.

Le silence de méditation

Il nous permet d’être plus disponibles pour écouter la Parole de Dieu et mieux la « ruminer ». Après l’homélie, un silence offre un peu de temps pour méditer le message transmis et marque une pause bienvenue, surtout si l’homélie a été longue… 

Le silence de prière

Ce silence est au service de la prière personnelle. On le vit lors de la prière universelle, quand le prêtre propose : « En silence, confions au Seigneur nos intentions personnelles… » et quand le prêtre demande au Seigneur : « Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés… » Prière silencieuse aussi à l’élévation du Corps et du Sang du Christ ainsi qu’après la communion pour permettre à chacun de rendre grâce. Un chant de louange de l’assemblée peut aussi jaillir de ce silence.  

Nous laissons la conclusion à Pascal Desthieux : « L’observation de ces silences confirme la place que le célébrant donne à l’assemblée pour que tous soient acteurs de la liturgie. Celui qui préside la messe a une grande responsabilité. La manière d’inviter au silence, de le vivre soi-même et de le conclure fait partie de l’art de célébrer et prend toute son importance. »

«Si je chante, c’est pour Toi!» (II)

Ariane et son fils Benjamin en pleine liturgie à Charrat.

Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris, Sophie et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.

En animation avec Stéphane Crozzoli.

Propos recueillis par Pascal Tornay 
Photos : DR

Après Bernadette Alimovic et Laurent Bourgeois le mois dernier, nous donnons la parole ce mois-ci à Ariane Bender, musicienne, chantre animatrice et directrice du chœur La Voix des Champs de Charrat et à Pierre-Alain Roh, chantre animateur et membre du groupe de gospel Les 5’cops de Martigny. Ces deux « voix » connues dans la région sont fidèles à l’ambon ; ils ont chacun leur style et ils nous touchent chacun à leur manière. Dans le prochain numéro, nous poursuivrons à la découverte d’autres amis du chant et de la musique liturgique…

Comment le chant habite-t-il votre vie ?
Ariane : Toute jeune, j’ai découvert le chant dans le Petit Chœur paroissial. Certains de ces chants m’habitent toujours. La Parole de Dieu m’a pétrie et la musique m’a touchée : c’est ainsi que ma foi s’est construite.
Pierre-Alain : La musique, et surtout le chant, font partie de ma vie depuis l’âge de
7 ans. Et après un bref passage par la musique rock entre 17 et 23 ans, il n’est plus question d’autres choses que le chant liturgique. C’est avec cette musique que je me sens le mieux et j’aime apporter aux fidèles le soutien qui les fait chanter de tout leur cœur.

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? 
Ariane : J’aime particulièrement quand la liturgie est soignée, que chaque chant fait partie d’un mouvement, que tous les éléments s’accordent les uns aux autres, car alors l’acte liturgique nous dépasse et nous transcende.
Pierre-Alain : Etre au service de la liturgie, c’est être une sorte de guide, car une église remplie de fidèles qui chantent c’est presque le paradis sur terre ! C’est pourquoi, apporter des mélodies connues est plus important que d’apporter des chants que seul le chantre connaît.

Qu’est-ce qui vous agace ? 
Ariane : En général les très vieux chants. Je trouve qu’aujourd’hui nous avons une palette de compositions qui permet d’être dans le vent… de l’Esprit Saint !
Pierre-Alain : Rien à signaler.

Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ?
Ariane : J’aime beaucoup le temps de l’offertoire pendant lequel une petite pièce permet d’accompagner les gestes du prêtre et s’arrêter pile au bon moment. Je sens aussi que l’assemblée est très à l’écoute.
Pierre-Alain : J’aime le chant « Comme Lui » du Québécois Robert Lebel qui sait toucher au cœur en paroles et en musique ainsi qu’un « Ave Maria » en espagnol que je chante en fin de communion avec un accompagnement exceptionnel d’Edmond Voeffray…

Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ?
Ariane : Je crois que la musique, si elle est juste, peut toucher l’être de manière très profonde. En chantant, on médite, on intègre et la Parole fait son œuvre pour nourrir notre foi.
Pierre-Alain : Il y a souvent une osmose parfaite entre la musique du chant et les paroles. Pas toujours, mais souvent. Et alors là, il faut s’accrocher car l’émotion du chant et de la foi en Dieu peut vous prendre à la gorge. L’endroit et la situation sont réunis pour faire du chant une vraie prière.

Les 5’cops lors du Gospel Air de Bulle en 2021.
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