Les 40 heures à Collombey

« Le truc le plus fou que je fais dans ma vie ! » C’est la manière dont en parle Olivier, un adorateur des 40 heures de Savièse, qui se lève la nuit une fois par mois pour aller passer une heure seul dans l’église avec le Saint-Sacrement.

Texte et photos par Valentin Roduit

Pourquoi 40 heures ?
40 ans, c’est la traversée du désert par les hébreux ; 40 jours, c’est le déluge au temps de Noé et le temps que Jésus passe au désert. C’est aussi notre Carême, temps pour se préparer à la grande fête de Pâques ; 40 heures, c’est un temps de prière que peut donner une communauté au Christ pour en recevoir de belles grâces. La tradition a commencé il y a 450 ans à Milan, introduite et popularisée par saint Philippe Neri à Rome. L’idée était : 40 heures de prière avant le début du Carême, en réparation du mal commis à carnaval.

40 heures de prière à la suite, c’est beaucoup !
La tradition veut que les croyants se relaient en présence du Saint-Sacrement exposé. La petite tradition rejoint la grande, puisque les sœurs du Monastère des Bernardines ont proposé longtemps une nuit d’adoration tous les premiers vendredis du mois. A Collombey, nous adorons tous les vendredis de 20h à 21h. Une adoration prolongée permettra que chacun passe un temps privilégié avec le Seigneur, relié aux autres adorateurs.

A quelle date, ces 40 heures ?
Cette année, les 40 heures démarrent à Collombey, du jeudi 2 au samedi 4 mai 2024, pile à mi-chemin entre Pâques et la Fête-Dieu. Ce temps privilégié de prière nous permettra de reconnaître la présence du ressuscité dans l’Eucharistie. Ce sera aussi le week-end des premières communions, nous pourrons porter spécialement les enfants qui recevront pour la première fois le Seigneur le dimanche 5 mai à Collombey ou le jeudi 9 mai à Muraz.

40 heures, ça demande 40 personnes ?
Un temps de prière seul avec le bon Dieu, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les 40 heures existent déjà dans d’autres paroisses. Chacun s’engage pour une heure et les adorateurs forment une chaîne humaine. Un « Je vous salue Marie » prié ensemble permet de passer le relais entre les adorateurs. Un livret d’intentions permettra de confier ce qu’on a sur le cœur aux autres adorateurs.

Comment faire pour participer aux 40 heures ?
Seul, à deux ou en famille, inscrivez-vous pour venir prier une heure dans la belle chapelle du Monastère de Collombey. Dans un premier temps, vous pouvez sélectionner une tranche de journée, puis nous attribuerons les horaires.
N’importe quelle heure du jour ou de la nuit entre le jeudi soir 19h et le samedi 11h. A vous de jouer : Est-ce que vous pensez que ce sera plus difficile de trouver des adorateurs pour le jour ou la nuit ?

Fresque du Jugement dernier, église Saint-Romain du château, Rarogne, Valais

Du côté des élus, tous regardent dans la même direction.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

L’église Saint-Romain du château est un des joyaux du gothique tardif en Suisse. On peut notamment y admirer une fresque du Jugement dernier réalisée par Hans Rinischer.

Il semble qu’à l’origine, la fresque comprenait un Christ juge. Cependant, des considérations architecturales ont amené à modifier l’agencement et à supprimer une portion de l’œuvre. 

Des infiltrations d’eau ont entraîné plusieurs campagnes de restauration. Celle des années 1920 a cherché à retrouver autant que possible la représentation d’origine, rajoutant visages et couleurs. Ces pratiques ont disparu aujourd’hui. La restauration des années 1970 a fait le choix de retouches visibles de près, permettant ainsi de préserver la lisibilité.

Si le ciel est bleu à gauche comme à droite, sur la terre, les réalités sont différentes. D’un côté, le sol est vert, de l’autre ocre et dépouillé. On pourrait y voir une allusion au pays de lait et de miel promis par Dieu, opposé à la terre aride. Il y a aussi la symbolique de la vie et de la mort.

A notre gauche (à la droite du Christ, s’il était représenté) se trouvent les élus. A notre droite (à la gauche du Christ), se trouvent les damnés (Cf. Mt 25, 31-46).

Du côté des élus, c’est l’unité qui prédomine. Tous regardent dans la même direction. Parmi eux, un personnage dénote. Sa peau n’est pas de la même couleur, son corps est marqué par les années. Cela peut étonner alors que l’état de conservation du corps est parfois compris comme un reflet de la perfection spirituelle. Les ecclésiastiques chargés dans une charrette et ramenés de force chez les damnés nous permettent peut-être une interprétation. Ce ne sont pas forcément ceux que l’on attendait qui seront sauvés.

En contraste avec la paisibilité des élus, c’est le désordre et l’horreur qui sont de mise chez les damnés. Mais, ce qui différencie ceux qui sont sauvés de ceux qui ne le sont pas n’est pas l’état de leur corps. On pourrait y voir un signe que ce qui distingue élus et damnés n’est pas visible, que cela se joue dans le secret du cœur.

Deux nouvelles diplômées

L’équipe pastorale est heureuse de pouvoir compter sur de nouvelles forces. Elle remercie Barbara Bargiel et Laura Johner pour leur investissement et leur motivation à se former afin d’apporter un témoignage enrichi aux personnes qu’elles vont côtoyer.

Par Marianne Berset | Photos : Pierre Bondallaz, Véronique Benz

Après le parcours Galilée basé sur un enrichissement de la foi personnel, Barbara Bargiel, de Montet, a suivi une formation d’un jour par semaine sur une année et demie à Lausanne pour l’obtention d’un certificat de pratique pastorale. Cette formation basée sur la pratique pastorale lui a permis d’approfondir sa foi mais encore de développer des techniques d’animation, de mise en œuvre de missions en collaboration avec une équipe de catéchistes ou d’enfants. Son travail final s’est essentiellement porté sur le cheminement vers la vie eucharistique. Elle sera accueillie au sein de l’équipe pastorale et sera nommée répondante de la communauté de Lully. Elle recevra son certificat le 15 juin prochain.

Après une formation Siloé de deux ans et demi à Avenches à raison de trois soirées par mois, Laura Johner a poursuivi sa formation avec le parcours Emmaüs qui s’est vécu par un stage pratique et 6 mois de spécialisation en catéchèse. Laura Johner étant titulaire d’une thèse en théologie dans son pays d’origine, la formation s’est basée essentiellement sur la pédagogie et l’animation de groupe. Elle est engagée comme catéchiste professionnelle pour accompagner les enfants de la paroisse Saint-Laurent et prendra également la responsabilité de la catéchèse enfantine pour la nouvelle année pastorale.

Nos sincères félicitations à ces deux catéchistes et merci à leur famille qui ont accepté toutes ces absences pour qu’elles prennent le temps de se nourrir de la Parole et d’acquérir les bases de la pédagogique pour la transmission de la foi.

Laura Johner (à gauche sur la photo) recevant son diplôme des mains de Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton de Fribourg.

La foi en tous ses états

« Le Christ est ressuscité ! / Il est vraiment ressuscité ! » C’est ainsi que les chrétiens (spécialement en Orient) se saluent en ce temps de Pâques. C’est aussi une profession de foi. Et c’est pour préserver cette même foi que des chrétiens endurent encore aujourd’hui la persécution et même le martyre. Nous pouvons ainsi nous demander : comment se porte la foi (chrétienne) en Suisse ? Pourquoi est-ce important de « croire » ? 

Par Jean-Michel Moix | Graphiques / Photos : OFS, DR

Des données statistiques pour la Suisse

Les récentes données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent clairement en l’espace de ces 50 dernières années un recul de la foi chrétienne et une avancée de l’agnosticisme/déisme/incroyance : avec des personnes se disant « sans confession
religieuse ».

Jugeons-en par les graphiques ci-dessous :

Mais qu’est-ce donc que la foi ? 

Donnons ici une première définition : la foi, c’est notre attachement (d’intelligence comme de cœur) à Jésus-Christ, à son enseignement, à son Eglise.

Et voici une deuxième définition avec ce qu’on appelle « l’acte de foi » : Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

Et puis, pour troisième définition, nous pourrions ajouter que la foi est une vertu théologale surnaturelle. Elle est une vertu dans le sens que plus on l’exerce plus elle se fortifie et grandit, et moins on l’exerce plus elle a tendance à diminuer ou à s’affaiblir. Elle est théologale car elle nous oriente vers Dieu, elle nous unit à Lui. Elle est surnaturelle parce qu’elle est un don de Dieu qui nous est donné avec la grâce surnaturelle que nous recevons au jour de notre baptême.

Que vous procure la foi ? 
Relevons dans l’ancien rite du baptême des enfants, le dialogue préliminaire entre le prêtre et les parents, parrain et marraine : 
Prêtre : … que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ? | Réponse : La foi.
Prêtre : Que vous procure la foi ? | Réponse : La vie éternelle.

Quel est le signe qui synthétise notre foi ?
C’est le signe de croix que l’on trace sur nous en commençant par exemple une prière. Ce faisant nous professons trois grandes vérités fondamentales qui constituent comme le cœur de notre foi : 
1) Foi en la sainte Trinité : un seul et unique Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
2) Foi en l’Incarnation du Fils : de ces trois personnes divines, c’est le Fils (Jésus-Christ) qui s’est fait homme.
3) Foi en la Rédemption : en s’immolant pour nous sur l’autel de la croix, Jésus a réalisé le grand sacrifice que Dieu le Père a agréé pour nous racheter. Dit autrement, par sa passion et sa mort sur la croix, Jésus nous a mérité la grâce des grâces, le don du Salut.

Des galons et des notes

Texte et photo par Nicolas Maury

Quand il explique qu’à l’armée, il avait « beaucoup de nouilles sur l’épaule » et qu’il a fait carrière dans la police genevoise, nombre d’éléments deviennent clairs. Notamment la manière qu’il a, durant la discussion, de plier méticuleusement chaque bout de papier à sa portée. « Je suis un peu carré, sourit Hervé Devillaz. Par exemple, quand je célèbre un enterrement, tout est réglé en amont. J’arrive dans l’église, je salue le corps, je fais une prière et j’y vais. Si tout est bien planifié, rien ne coince. » 

Dans la paroisse de Bernex, le Valaisan d’origine porte de multiples casquettes : sacristain, officiant pour les funérailles, directeur de chorale et musicien. « Je suis arrivé ici en 1979. Au départ, j’allais surtout à l’église à Perly. L’abbé Kaelin, qui y officiait, connaissait mon père. De temps en temps, je venais aussi à Bernex. Comme je joue de la guitare depuis mes 13 ans, j’ai intégré la chorale « La-midoré » que je dirige aujourd’hui. Freddy – le papa de notre pianiste – était sacristain. Je lui donnais parfois un coup de main. Il m’a tout appris. J’ai repris la fonction à son décès, dans les années 90. »

Au sein de l’UP Champagne, Hervé Devillaz a côtoyé bon nombre du curés. « J’ai toujours été proche d’eux. » Et de citer Pierre Farine, devenu évêque en 1996, et Charles Christophi. « Quand j’ai pris ma retraite, il m’a proposé de suivre la formation pour célébrer des enterrements. Ayant souvent été confronté à des levées de corps, je n’ai aucun souci pour discuter avec les gens dans des situations difficiles, tout en faisant preuve d’empathie. »

Le sacerdoce du bénévolat

Mais c’est quand il parle de musique que les yeux du Genevois d’adoption s’illuminent. « En 1992, lors d’un concert à Monthey, j’ai découvert la flûte de pan. J’ai trouvé le son tellement beau que je m’en suis acheté une avec ma solde de capitaine. J’ai eu de la chance d’apprendre cet instrument avec Zamfir et Syrinx. A l’église, je programme l’accompagnement sur ma playlist et je joue. »

Comme il le définit lui-même, son sacerdoce, c’est le bénévolat. « Je suis un laïque à disposition. Le hic, c’est que personne n’est éternel. Alors je cherche à motiver les gens autour de moi pour reprendre le flambeau. Ce n’est pas forcément facile, mais je continue d’essayer ! La clef, c’est de tout faire à travers une approche chrétienne. »

Hervé Devillaz, né en Valais en 1954. Arrivé à Bernex en 1979. Sacristain depuis 30 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Bonne fête à toutes les mamans!

Le 12 mai prochain, ce sera la traditionnelle « fête des mamans ». A cette occasion, et pour leur rendre hommage à toutes, nous publions dans cette page et dans la suivante, trois témoignages personnels. Merci aux trois personnes pour leurs contributions.

« Une fête de l’amour que j’apprécie»

Liliana en compagnie de sa maman et de ses frères.

Par Liliana Pochon | Photo : Michaël Pochon

C’est bientôt le temps de la fête des mamans. Voici mon témoignage de ce que représente dans notre famille cette belle fête. Chaque année, au joli mois de mai, un dimanche qui nous met dans la joie et réchauffe les cœurs, cela nous réunit et c’est une belle occasion de dire : merci ! 

Lorsque nous sommes scolarisés jusqu’à la fin de la primaire, rien de plus facile, on se laisse guider ! Merci aux professeurs ! Entre dessins, peintures, bricolages, poèmes, tout est prêt. Mais lorsque nous passons au secondaire, la mission cadeau se corse ! Soit la mission tombe à l’eau (flemme, pas d’argent, pas d’idée, pas le temps) soit au contraire, on continue les traditions qui nous tiennent à cœur. Pour ma part, je tiens à lui dire merci ce jour-là. Cela fait du bien de rendre heureux ceux qui vous sont chers. Après tout, nous n’en n’avons qu’une, autant en prendre soin. 

Pour la petite anecdote, mon papa m’a raconté que lorsqu’il était petit, le 1er mai, jour férié pour les écoliers fribourgeois, ils allaient chanter dans les maisons du quartier, les gens leur donnaient un p’tit sous et avec l’argent récolté, ils allaient acheter un p’tit cadeau pour la fête des mamans. Alors effectivement, ils étaient bien organisés ! Mais étant en 2e année de CO, je n’ai plus cette possibilité, alors je m’organise autrement ! 

Pour la beauté de cette fête, je vous partage un poème que j’avais pris d’un poète, sans le savoir, que ma maman elle-même avait partagé à sa maman (belle coïncidence qui l’avait beaucoup émue). 

Le voici : 

Il y a plus de fleurs
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans tous les vergers ; 

Plus de merles rieurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans le monde entier ; 

Et bien plus de baisers 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Qu’on en pourrait donner. 

Maurice Carême

Amour, amitié, confidence, bienveillance, autant de valeurs qui se transmettent et se partagent avec sa maman, ainsi je vous souhaite à vous, les mamans, une bonne fête des mamans entourées de l’amour de vos enfants.

« Une fête vraiment nécessaire »

Par Anne Kamoo

Pourquoi est-il important de fêter la fête des mères ?  Selon moi, c’est tellement évident.

Toutes ces femmes qui donnent la vie, qui éduquent leurs enfants, qui les soignent, qui les aiment, partageant leurs joies et leurs peines…

Quelle chance ai-je d’avoir une telle maman ? De simples mots ne suffisent pas pour la remercier de tout ce qu’elle  m’apporte. Elle est un pilier dans ma vie, un soutien émotionnel et elle me guide dans mon quotidien. C’est pourquoi célébrer l’amour d’une mère au moins une fois dans l’année est vraiment nécessaire.

C’est chaque jour la fête des mamans !

Elodie en compagnie de ses enfants.

Par Elodie Mota

Qu’est-ce que la fête des mères ? 

Nos mamans sont une partie intégrante de nos vies, elles se consacrent nuit et jour à leurs enfants, à soigner les petits bobos, à faire des câlins, à les remplir d’amour, à sécher leurs larmes. 

Une fois dans l’année, elles sont mises à l’honneur, afin de les remercier, de leur montrer qu’elles sont importantes dans nos vies. La fête des mères tourne autour de ces femmes merveilleuses et si attentionnées. Une mère est prête à tous les sacrifices pour que ses enfants soient heureux. Elle consacre sa vie afin que ses enfants deviennent des hommes et des femmes respectables. Alors pourquoi n’avoir qu’un jour dans l’année pour lui dire merci ? 

Nos mères donnent absolument tout pour nous, leurs enfants. N’attendons pas un jour spécial pour les mettre sur un piédestal, faisons-le chaque jour. 

A toutes ces femmes guerrières, aimantes, soignantes, combatives, une joyeuse fête des mères ! 

C’est très important de fêter les mamans!

Par Matylda (8 ans)

La fête des mamans, c’est quelque chose où on donne des cadeaux à sa maman et on profite d’être avec sa maman. C’est très important de passer du temps avec elle. Elle doit aussi être contente de ce que l’on fait. Pour moi, ma maman est une personne que je peux croire.

Tout simplement offrir de l’amour

Par Gabriela (10 ans)

La fête des mamans, pour moi, c’est comme l’anniversaire de notre maman. Des fois, on peut lui offrir des cadeaux ou des fois on peut la remercier pour ce qu’elle fait. On peut aussi passer du temps avec elle. On peut l’aider dans ses tâches ménagères. Mais tout ce que l’on fait, ça revient à la même chose : on veut tout simplement lui offrir de l’amour !

Vie monastique et silence

Vivant en communauté, les sœurs bernardines du monastère de Collombey cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes qui viennent à elles. En ce début du mois de février, nous partons à la rencontre de Sœur Elisabeth qui nous parle de cette vie de prière et de silence.

Propos recueillis par Yasmina Pot
Photo : Abbé Valentin Roduit

En grimpant l’escalier jusqu’au monastère, on entend de moins en moins de bruit. On est à la fois loin de la plaine et tout proche d’elle. Les dernières marches longent l’hôtellerie et son jardinet. Puis c’est l’arrivée à la porte d’entrée. Sœur Elisabeth nous accueille au parloir en souriant.

Sœur Elisabeth, on le comprend en arrivant ici, la beauté du monastère et de la nature qui l’entoure est propice à une vie de prière. 
Oui, c’est un environnement calme qui nous permet d’être attentives au Seigneur dans la prière et le silence. 

Parlez-nous de l’importance du silence dans votre vie monastique.
Le silence est observé pendant presque toute la journée. Heureusement, sinon dans les grandes communautés, il y en aurait du bruit ! Pour notre vie de prière, le silence sert à rester avec le Seigneur, à se rapprocher de Lui. On est à l’église sept fois dans la journée, pour les différents offices. Si on avait beaucoup parlé pendant le jour, à la messe on « mijoterait » ce qu’on a entendu au lieu d’écouter la Parole et prier. On peut aussi rappeler que le silence permet de ne pas pécher par la parole. 
Pendant nos heures de travail, on parle peu parce qu’on est séparées. Bien sûr, si on a quelque chose à demander on peut le faire. Avec le silence on parle à Dieu plutôt qu’aux gens. J’aime tout particulièrement l’oraison du soir, ce temps de recueillement silencieux à la fin de la journée, c’est un moment spécial. On parle à Dieu, on peut Lui confier ses joies et ses peines, et en sortant on se dit : « Tiens ! ça va mieux. » 

Quels sont les souvenirs de vos premières années au monastère ?
Lorsque je suis entrée au monastère en 1951, à l’âge de 17 ½ ans, nous étions 21 sœurs. Aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Il y avait deux moments de récréation d’une demi-heure par jour : après le dîner et après le souper. Là on pouvait parler. Vu notre nombre, le respect du silence était beaucoup plus strict que maintenant. Si on nous entendait beaucoup parler, on nous reprenait. Le grand silence se faisait à partir de l’office des complies, à la tombée du jour. 

Rappelez-nous ce qu’est le grand silence.
Le grand silence commence à partir de 20h, à peu près. Nous nous levons à 4h30 du matin pour l’office de 5h. Jusqu’à la fin de la messe du matin, à 9h, on n’entend plus parler. Les prêtres vivant ici font eux aussi silence. Et si on a quelque chose à dire, on le fait à voix basse.

Notre entretien avec sœur Elisabeth touche à sa fin. Mère Gilberte, prieure du monastère, se joint à nous. Elle nous parle aussi du grand silence : « Pour moi ce sont les plus belles heures. Cette prière de la nuit, ces moments où la nature est en silence. Et maintenant avec l’hiver c’est encore beaucoup plus frappant. Cela apporte la paix, l’harmonie ; l’harmonie avec soi-même en premier et avec les autres. Le grand silence c’est un peu comme un puits dont on tire nos ressources pour la journée. Ces heures du matin on ne les retrouve plus après, ce n’est plus le même silence. »

Agriculture chrétienne

Par Pierre Guillemin | Photo : Flickr

L’agriculture moderne s’est profondément industrialisée, elle n’est plus une activité de subsistance, mais une activité de production, de rentabilité, d’exploitation des sols et des ressources végétales, animales et humaines. 

Pourtant, l’agriculture nous rappelle sans cesse notre lien à Dieu : en créant l’Univers, il nous donne la responsabilité de l’entretenir et de l’aimer. La dernière exhortation apostolique du Pape François Laudate Deum, qui complète son encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015, insiste sur le rôle de l’Homme dans le changement climatique actuel et ses conséquences sur les mondes végétaux et animaux et donc sur notre mode de production agricole.

Quelle façon de produire ?

Il ne s’agit pas de condamner la production agricole en tant que telle, mais de nous interroger sur notre façon de produire ce dont nous avons besoin d’abord pour subsister, ce qui n’exclut pas de bénéficier de produits d’excellente qualité gustative et nourrissants (n’est-ce pas la fonction première de l’agriculture ?).

Lieu de coexistence

L’Europe, et la Suisse n’y échappe pas, est actuellement traversée par de nombreux mouvements de protestations d’agriculteurs qui dénoncent les incertitudes croissantes, la précarité, l’isolement et le désespoir de personnes écrasées par les dettes ; qui dénoncent également la perte de sens d’un métier pourtant indispensable à la société, dont l’un des marqueurs est le nombre croissant de suicides.

Des initiatives chrétiennes se mettent en place pour répondre à ce grand défi auquel fait face l’agriculture. Parmi elles, citons « L’aumônerie pour le monde du travail et agricole » à Lausanne, qui, en étroite collaboration avec l’Eglise évangélique réformée vaudoise, apporte soutien, aide et conseils à tous les acteurs du monde du travail et agricole. 

Le fil directeur pour protéger la Nature et donc l’agriculture est, comme le rappelle le pape François, le respect de « la maison commune » c’est-à-dire de la Terre non pas comme simple théâtre de l’existence humaine, mais comme lieu de coexistence et de cohabitation porté par Dieu.

Une semaine de jeûne ouverte à tous

Le groupe lors de sa première réunion début mars.

Un groupe de la paroisse a vécu une nouvelle fois l’expérience d’une semaine de jeûne en Carême. Sa coordinatrice, Nathalie Kamoo, nous livre ci-contre le sens de cette démarche.

Cette démarche de jeûne est ouverte à tous. Le soutien du groupe, la progressivité de la descente (6 jours de lente diminution de prise de nourriture), le soutien spirituel pendant la semaine de jeûne proprement dite, ainsi que la réintroduction progressive des aliments (durant 6 jours également), tout cela permet à la grande majorité des personnes de suivre le jeûne même si elles sont en activité professionnelle.

Par Nathalie Kamoo
Photo : Georges Losey

Lors des réunions de la semaine de jeûne  – cette année du 6 mars au 13 mars – nous partageons d’abord sur les intentions que nous donnons pour ce jeûne.

Elles peuvent être multiples : comme la gratitude, une demande particulière à Dieu, une amélioration physique, etc. Dans un deuxième temps, nous échangeons sur notre ressenti, les points positifs mais aussi sur les désagréments. Nous terminons par un temps spirituel animé pour nous ouvrir à Dieu et aux autres. Pendant les réunions nous constatons souvent que « sans le groupe, ce serait beaucoup plus difficile ! ». 

Le jeûne associe donc la dimension corporelle, la dimension spirituelle et la dimension solidaire. On peut y trouver un chemin d’intériorité, un élargissement de son horizon, une nouvelle relation avec les autres et avec la Création.

Trois dimensions

Dimension du corps : Le jeûne est une invitation à renoncer volontairement à toute nourriture solide, à passer d’une alimentation extérieure à une alimentation intérieure, à lâcher du lest, à prendre du temps pour soi. Il conduit à une révision parfois salutaire de ses habitudes de vie. Le jeûne permet un retour sur soi-même, une transformation de ses besoins physiques, intellectuels, de ses peurs et ses espérances. Il apporte un profond sentiment de bien-être général qui encourage à renouveler l’expérience.

Dimension spirituelle : La dimension spirituelle qui se révèle durant le jeûne ouvre un passage à un état de conscience supérieure auquel aspirent toutes les grandes religions. Le jeûne donne un accès privilégié au silence intérieur qui peut croître. Un sentiment d’harmonie, menant à la paix est éprouvé tout comme une rencontre avec une « joie divine ». De par son action libératrice, purificatrice, le jeûne est un moyen d’intensifier le cheminement spirituel et de se nourrir de la Parole. 

Dimension sociale : Cette dimension fait référence à la capacité accrue de la personne qui jeûne à s’ouvrir aux besoins de son prochain. La dynamique du groupe est un des facteurs clés du succès de la démarche. Très vite, les membres du groupe vivent des relations fraternelles, spontanées et authentiques. La bienveillance et le soutien mutuel se développent. Le jeûne permet à notre corps de vivre le manque et la faim qu’éprouvent des millions de personnes à travers le monde. Nos semaines de jeûne proposent aussi de poser un acte de solidarité envers ces personnes en soutenant des projets proposés par l’EPER et Action de Carême, pour une vie digne pour toutes et tous.

Si cela vous intéresse de suivre une semaine de jeûne, le site de l’EPER et d’Action de Carême (https://materiel.voir-et-agir.ch/groupes-de-jeune) vous donnera les indications utiles : vous pourrez y trouver un groupe en fonction de votre localité ou en fonction de la période à laquelle chaque groupe choisit de vivre ce temps.

Témoignages sur le Silence

En ce numéro d’avril de L’Essentiel, il y est beaucoup question du « silence », le silence dans la vie monastique avec Sœur Elisabeth (p. 10), le silence dans la liturgie de la messe (p. 15), sans oublier l’éclairage romand sur le silence (pp.16-17).
Ici, nous avons voulu donner place à des témoignages personnels sur le silence, sur ses bienfaits, sur sa valeur dans nos vies…

Propos recueillis par l’équipe de rédaction de L’Essentiel | Photo : unsplash.com

C’est quoi le silence ?
Où vis-tu le silence ?

« C’est comme une prière. A la catéchèse, Béatrice nous a dit que Dieu était dans le silence. (Cf. Elie au mont Horeb ndlr) A la messe des fois, il y a du silence. Des fois, car souvent on dit des choses. Mais quand le prêtre dit « prions encore » après il y a du silence. » 
Un enfant, 7 ans

« Quand on fait un travail, la maîtresse demande de faire silence. C’est le contraire du vacarme. Je crois que c’est pour s’entraîner pour l’école des grands. Moi, je sais bien faire silence. Ce n’est pas souvent qu’on a du silence dans la classe. »
Un écolier, 6 ans

« Je trouve le silence à la montagne. Ça demande des efforts ! Mais on n’obtient rien qui vaille la peine sans effort. »
Isabelle

Le silence offre souvent une respiration bienvenue, un repos attendu. Pour ne pas nous isoler dans une solitude pesante, le silence a besoin de répondre à une vie relationnelle riche. Il devient garant de la qualité de celle-ci. Il nous donne le goût du calme, de la douceur. Il nous met à l’écoute. A l’opposé du silence du tombeau, il a besoin de la branche qui balance dans le vent, de ce banc à l’orée d’un bois, de cette Parole relue en toute intimité. Le silence s’invite dans nos vies. Hospices, couvents, etc. : des lieux fraternels pour un premier pas vers une mise en harmonie de nos vies.
Yves

« Il y a bientôt 40 ans, j’ai vécu une première retraite de six jours dans un Foyer de Charité en France. En dehors des entretiens spirituels donnés par le prédicateur et en dehors des messes et célébrations, ces retraites se déroulent dans le silence. Pas d’échanges durant les repas, pas non plus entre retraitants (ou le strict minimum), pas non plus de lectures de journaux ou autres. Au fil des jours, notre esprit gagne en intériorité, notre prière devient plus fervente, notre faim de la Parole de Dieu devient plus vive, notre recherche de la Présence de Dieu devient plus intense. Au terme de la retraite, nous nous retrouvons intérieurement changés, transformés, bonifiés. Nous regagnons notre domicile avec le sentiment qu’on l’avait quitté non pas une semaine plus tôt, mais trois semaines plus tôt. Ces fruits, ces bienfaits de la retraite, ne sont-ils pas liés, en partie du moins, à l’effort du silence vécu au cours de ces 6 jours ? ! » 
Un prêtre, 57 ans

Les soupes du partage

Une bonne douzaine de soupes de Carême ont eu lieu durant le mois de mars. Les dernières seront servies le Vendredi saint (à Cheyres, Cugy, Montet, Nuvilly, Rueyres-les-Prés et Seiry). Voici quelques reflets illustrés des deux soupes de Carême qui ont eu lieu au début du Carême à Vuissens et Font. (cjy)

Photos : André Bise (Font) et Gérard Dévaud (Vuissens)

A Vuissens…

… et à Font

Le Travail comme Salut

Avec cet article s’ouvre une nouvelle rubrique littéraire, dont la rédaction a été confiée à M. Benjamin Mercerat. Enseignant de français et écrivain, il aborde ici l’œuvre d’un écrivain et poète suisse romand bien connu : Charles Ferdinand Ramuz.

Par Benjamin Mercerat | Photo : Centre des littératures en Suisse romande (UNIL)

C. F. Ramuz : ce nom déclenche généralement des réminiscences de lecture scolaire, voire réveille le préjugé voulant qu’il s’agit là d’un auteur rustique ne sachant pas sa syntaxe – par ignorance – ou faisant comme s’il ne la savait pas – par préciosité. Ramuz et le Valais : La Grande peur dans la montagne, bien sûr ; Farinet, évidemment ; si ces romans ne déméritent pas, on a tendance à oublier que plus du tiers de ses 22 romans sont situés en Valais, ainsi que de nombreuses nouvelles. 

Faisons nos premiers pas sur les traces de Ramuz en Valais avec une de ces nouvelles. Publiée dans le recueil Nouvelles et morceaux en 1910, on gagne à y lire, par-delà sa simplicité apparente, une parabole décrivant la pensée de l’auteur, cet agnostique étonnamment religieux.

« Le Pauvre vannier », c’est Anselme, artisan vieillissant supplanté par un jeune concurrent, délaissé par les villageois. Il prend alors, tel un pèlerin, sa cape et son bâton d’épine, et marche « droit devant lui dans la montagne », décidé à s’y abandonner. Or, épuisé, la montagne s’ouvre à lui, lui donnant accès au Paradis. Tout humble, il n’arrive à croire qu’il est accepté parmi les « élus ». Dans cet Au-delà, chacun retrouve sa maison, mais toute neuve ; et chacun reçoit sa nourriture quotidienne. L’activité principale du village, c’est la Louange. La première chose qu’aperçoit Anselme est une grande procession autour de l’église, emmenée par l’Evêque.

Cependant, Anselme commence à s’ennuyer de son travail de vannier ! Au point de demander à l’Evêque de faire un aller-retour sur terre pour s’y procurer de l’osier afin de se remettre à l’ouvrage. Ce dernier, ainsi que les villageois et les anges, tentent de l’en dissuader, mais rien n’y fait. Le pauvre vannier est retrouvé mort par des bergers, quelques jours après sa fuite du village. 

Dans cette nouvelle, Ramuz témoigne de sa métaphysique agnostique : pour ce grand artisan du roman, c’est le Travail qui sauve, à défaut d’un Dieu pouvant être reconnu. Or, situé dans un cadre catholique, qui est celui que Ramuz a connu lors de ses séjours valaisans, où il assistait à la Messe avec intérêt, le tragique de cette conception se fait probant : en exprimant la fin d’Anselme, l’auteur exprime peut-être ce qu’il pressent au fond de lui : ce n’est pas notre propre Volonté qui nous sauve, notre propre mérite, autonome ; mais c’est notre mérite en tant qu’il participe à la grâce divine, comme l’établit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Bibliographie : 

C. F. Ramuz, Nouvelles et morceaux (1910) in Œuvres complètes, éditions Rencontre, 1967.
Robert Marclay, Ramuz et le Valais, Payot, 1950.

Les auxiliaires de l’Eucharistie formés à bonne école!

Rappel des objets liturgiques en présence des auxiliaires « chevronnés ».

Nombreuses et nombreux sont les bénévoles de notre paroisse qui vivent ce beau ministère d’auxiliaire de l’Eucharistie soit à la messe ou en apportant le Corps du Christ chez les malades à la maison, à l’hôpital ou au home. Une journée de formation a eu lieu en février à Estavayer.

Par Georges Dévaud | Photos: Georges Losey et Gérard Dévaud

Le samedi 10 février, une trentaine de personnes venant de plusieurs UP (dont 13 de notre paroisse) ont vécu une journée de formation en vue de devenir auxiliaire de l’Eucharistie. Cette formation, animée par le père Jean Bosco Devaux du CRPL (Centre romand de pastorale liturgique)et des membres de l’équipe pastorale, leur a permis de (re)découvrir la beauté et la grandeur de ce sacrement, mais également l’importance de l’attitude à adopter. 

Le père Jean Bosco, entre temps d’échanges et apport théologique, a rappelé le sens de la liturgie eucharistique comme louange et action de grâces. Ce fut aussi l’occasion d’accueillir, l’après-midi, les auxiliaires déjà en fonction pour une partie plus pratique avec la découverte des objets liturgiques, et d’autres éléments d’ordre très pratique.

Les personnes formées recevront prochainement un mandat officiel de notre évêque et elles seront présentées lors d’une messe dominicale dans leur communauté.

Merci à toutes ces personnes qui s’engagent au nom de leur foi au service des autres et beaucoup de plaisir dans ce ministère qui leur est confié !

«Partager à ses frères et sœurs le Corps du Christ constitue pour tout chrétien appelé et formé à ce ministère, qu’il soit religieux ou laïc, homme ou femme, une raison supplémentaire de vivre selon la foi et d’exprimer celle-ci dans l’acte même de son ministère.»

Livret Pain de Vie, éditions Bayard

Un geste fraternel apprécié

De nombreux ministres de la communion, envoyés depuis 40-30 ans ou moins, ont pu se pencher sur leur fidèle engagement le 10 février.

Une occasion de se souvenir d’un appel, le plus souvent de leur prêtre, pour une mission forte et belle au service de leur paroisse et de leurs frères malades, à domicile ou à l’hôpital. Un engagement et un geste fraternel envers ces membres de la communauté. Un souci aussi pour distinguer les besoins de leur entourage et leur offrir le Corps du Christ.

Chacune et chacun pourrait relater les moments exceptionnels partagés avec les personnes âgées. Des rencontres pleines de confiance, demandant écoute et ne tenant pas compte du temps… Des hospitalisés faisant part de leurs soucis, mais démontrant une immense foi et leur reconnaissance pour ce cadeau de l’Eucharistie.

A chaque fois, les engagés reçoivent bien plus qu’ils n’apportent : l’amitié, les témoignages de courage, les exemples de croyants, la joie de servir. Comme l’a dit une participante, ce rappel en lien avec les gestes sacralisés et partagés avec les nouveaux bénévoles fait du bien.

Des jeunes répondent à l’appel de Dieu

Lou-Anne (ayant suivi le parcours Alpha-jeunes) et Tessa (catéchumène).

En chemin vers le baptême avec des catéchumènes

Mot d’introduction par le Père Patrice Gasser

Jésus-Christ continue à parler aux êtres humains, comme Il l’a fait il y a 2000 ans ; parfois il s’impose aux sens de la personne qu’Il appelle, sa présence se fait sensible et change tout ; d’autres fois, il murmure doucement mais de façon tenace à leur cœur. Ces personnes vont alors chercher auprès de l’Eglise des moyens pour rencontrer ce juif de Nazareth qui a donné sa vie pour sauver tous les hommes. 

Dans les différents secteurs, des équipes se sont mises en marche et se sont structurées pour accompagner ces personnes et leur donner les moyens de cheminer et de grandir dans la foi : la Bible, les partages autour des modules Alphalive, les rencontres personnelles, le Youcat (abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique), la prière (seule ou commune), les pèlerinages, les activités liturgiques (chants, lecture de la parole de Dieu, service de l’autel), tout cela va nourrir la foi des personnes qui s’engagent. L’important est qu’elles se sentent épaulées dans la démarche qui vous est présentée ici. 

« A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » Benoit XVI, Dieu est amour

Rencontre avec cinq jeunes catéchumènes. Ils nous parlent, avec générosité de leur chemin vers Dieu. Des moments de partage très ouverts et sympathiques avec chacune des adolescentes de 14-15 ans et un jeune adulte de 23 ans. Pour la plupart, leurs parents catholiques se sont éloignés de la pratique religieuse. On ne parle que très peu, ou pas du tout, de religion en famille.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Stéphanie Reumont, cathéchumènes par Christophe Allet

Dans un environnement plutôt laïque, comment a surgi chez ces jeunes cet élan pour connaître Dieu et entrer dans l’Eglise Catholique ?

A travers l’amitié… Dieu appelle.

Tessa, très à l’aise explique : « J’ai toujours été intéressée par les cours de religion et j’avais de bonnes notes ! Mon amie Lou-Anne, très croyante, m’explique ce qu’elle vit avec Dieu et répond à mes questions. On va souvent à la messe ensemble. J’aime l’ambiance calme, les prières, les chants : je m’y sens bien. J’échange aussi avec des copines chrétiennes et on se soutient dans les difficultés. J’ai fait de belles rencontres durant le Théo-Camp l’été dernier. J’ai aimé prier durant la nuit de l’adoration, c’était apaisant. Je parle aussi avec mon grand-père qui est pasteur. Il craint que je me laisse trop influencer par mes copines. Je le rassure car mon choix est réfléchi et personnel. J’apprends encore beaucoup grâce au parcours Alpha. »

Selma est en classe préprofessionnelle. Elle aimerait devenir infirmière dans les ambulances. « Je dois encore beaucoup étudier mais j’espère réussir. Quand mon grand-père est décédé, j’ai commencé  à me poser des questions sur la vie, la mort. Depuis ce jour, je porte toujours une croix et je prie avant de dormir. Je cherche parfois des prières sur Internet. Je préfère prier toute seule. Ça me fait du bien de croire en un Dieu qui m’écoute et en qui j’ai confiance. J’ai une amie chrétienne avec qui j’échange sur sa religion et qui répond à mes questions. Un jour, elle m’a proposé d’aller ensemble à la messe au Bouveret dans une chapelle près du lac. J’ai aimé prier devant ce beau paysage. Mon amie est heureuse que je sois baptisée et de devenir ma marraine. »

Ces adolescentes ont toutes découvert Dieu grâce à leurs amies. Daniel, un adulte de 23 ans, a un cheminement différent : 

« Quand j’étais enfant, j’accompagnais ma mère à la messe, je priais avec elle. Peu à peu, j’ai cessé ma pratique religieuse. Il y a plus d’un an, j’ai arrêté mes études, contre l’avis de ma mère et j’ai vécu une situation difficile… Toutes mes recherches de travail ont été vouées à l’échec. J’étais découragé. Alors, j’ai commencé à prier Jésus, à lui confier mes soucis et à lui demander de l’aide. Voilà que je suis engagé sans problème dans une entreprise de carrelage. J’apprends vite, on me fait confiance, je deviens plus autonome et ça me plaît. J’y vois l’aide de Dieu. Je retourne à l’église avec mon amie catholique qui encourage ma démarche. Je passe un week-end à l’hospice du Simplon. Le Père Patrice nous apprend à prier, à lire la Bible, à chanter ensemble : c’est super. Je rejoins le Chœur des Jeunes du Bouveret. Chanter durant la messe de Minuit m’a réjoui. Pour l’instant, je me sens comme un invité le dimanche à la messe, mais je désire faire partie plus concrètement de cette communauté chaleureuse. Ma mère est heureuse que j’aie choisi son frère comme parrain.

Nora aime la culture religieuse et prie régulièrement depuis longtemps. « Parfois je m’aide avec des livres de prières ou je lis la Bible. J’ai accompagné plusieurs fois mes grands-mères à la messe et j’allumais des bougies. L’an passé, ma copine m’a invitée à sa première communion. En la voyant je me suis demandé : pourquoi pas moi ? Au fond j’en avais envie. Je progresse grâce au groupa Alpha. Mes grands-mères sont heureuses et ma tante aussi, car je l’ai choisie comme marraine », dit-elle avec un beau sourire.

Kloé est en première année du collège. « J’ai plus de travail qu’au C.O., dit-elle toute souriante, mais ça va bien ! Avec ma meilleure amie, on échange sur tout. Il y a trois ans, elle m’a parlé de sa foi. Pour moi, c’était une découverte et cela m’a vraiment intéressée. Depuis ce jour, je cherche à en apprendre davantage sur la religion catholique. Je lis la Bible et je prends du temps pour parler avec Dieu. Le groupe Alpha me donne l’opportunité d’approfondir ma foi et aussi de m’enrichir des expériences et des réflexions des autres. Mes questions, je les pose aussi à l’ami de ma mère qui a étudié la théologie. »

Des catéchumènes soutenus par leurs proches
Tous apprécient le soutien que leur apportent leurs familles et leurs amis. Nora nous confie : « Mes parents m’écoutent et respectent mon choix. J’ai de la chance, car certains camarades voudraient être baptisés, mais leurs parents ne le veulent pas, tandis que d’autres n’en ont pas envie et leurs parents les y obligent !… »
Tous ces catéchumènes désirent approfondir leur foi et la vivre au quotidien. Ils ont pris conscience que le Baptême n’est pas l’affaire d’un moment, mais le cheminement de toute une vie. Merci à tous ces jeunes pour leur témoignage. Les paroissiens se réjouissent de les accueillir avec leur fraîcheur et leur enthousiasme !

Quelques catéchumènes autour du Père Patrice Gasser.

Belle rencontre œcuménique

Chaque année, les ministres de la paroisse réformée et l’équipe pastorale de la paroisse catholique Saint-Laurent, accompagnés de quelques membres de leur Conseil de paroisse, se retrouvent pour partager une soirée.

Par Marianne Berset | Photo : Georges Losey

Cette rencontre a débuté par une présentation de la collégiale par Francis de Vevey qui nous a aidés à découvrir ses merveilleuses richesses. Dans son exposé, il a veillé à prendre soin de nos sœurs et frères réformés en faisant émerger tout ce qui les rejoint. En partant des prophètes aux disciples, en poursuivant par la biographie de Claude d’Estavayer du XVe siècle, évêque de Belley, pour arriver au groupe des Dombes qui est un groupe de dialogue œcuménique fondé en 1937 dont fait partie le chanoine Claude Ducarroz, bien connu dans la Broye.

Nous avons poursuivi en partageant un temps de prière et un repas. Ce chaleureux moment de convivialité nous a permis d’apprendre à nous connaître, étant donné que quatre nouveaux pasteurs ont rejoint l’équipe des ministres à la paroisse réformée. De plus, chacun de nous a évoqué sa mission et mentionné le lien qui le relie à l’œcuménisme. 

Un échange porteur qui ne peut que nous aider à vivre et collaborer plus harmonieusement dans cette Broye où on côtoie beaucoup de couples mixtes.

Le baiser de paix

Par Pierre Chatelanat 
Photo : Françoise Albert

Chaque messe est l’occasion d’éprouver combien le baiser de paix est important et un moment fort de la célébration !

Ceci tout particulièrement depuis les comportements hérités de la période du Covid, au cours de laquelle les relations physiques entre les individus ont changé, minimisant les contacts physiques et favorisant ceux du regard.

Auparavant il s’agissait de serrer la main de ses voisins immédiats avec parfois des réticences liées à des soucis d’hygiène, en cherchant la meilleure façon de faire ce geste selon qu’il s’adressait à une frêle personne âgée ou à un athlète, à des timides ou des extravertis…

Depuis la pandémie l’espace du baiser de paix, désormais essentiellement transmis par le regard, s’est considérablement élargi à tout un banc et à plusieurs rangées, beaucoup recherchant le contact loin de leur place et pendant un long moment !

Et, libérés des préoccupations techniques du contact physique, les fidèles peuvent désormais se concentrer sur ce regard échangé, qui est essentiel dans le rapport créé.

Et quelle richesse dans cet échange ! Un moment incomparable de rencontre fraternelle dans L’Essentiel, au cours duquel est ressentie la totale égalité avec l’autre, quels que soient son origine ethnique, sa condition ou son genre ! Un avant-goût du Royaume annoncé !

Il suffit de contempler les visages radieux de la plupart de ceux qui ont échangé ce signe de communion dans le Christ, rendu vivant parmi nous, pour se persuader de l’importance de ce baiser de paix et de se réjouir de son récent renouveau !

Plusieurs projets au Togo

Le tour de la solidarité
Nous vous proposons une nouvelle rubrique présentant les œuvres soutenues par notre paroisse, que ce soit par des quêtes ou par des dons. Pour commencer la série, partons du côté du Togo, la terre natale de nos abbés Bernard et André, où nous soutenons actuellement trois projets. Les responsables de ces projets remercient chaleureusement toutes les personnes qui les soutiennent.

Texte et photos par Gérard Dévaud

1. Le Centre God-is-love Saint-Laurent Estavayer

Ce centre, créé par l’abbé Antoine Kankoe, accueille à Anfoin, à 60 km de la capitale Lomé, 18 jeunes filles-mères et leurs enfants. Ces filles profitent d’un encadrement et surtout de solides formations sur 3 ans dans la coiffure ou la couture.

La première équipe va terminer sa formation cet été et les filles vont ainsi recevoir un diplôme leur permettant de voler de leurs propres ailes. Une nouvelle volée prendra le relais dès cet automne dans le centre.

Actuellement, grâce au soutien de nos paroissiens, une future boulangerie est en cours de construction. L’abbé Antoine projette d’y installer un four et d’engager un boulanger professionnel pour former les filles à ce métier.

Une partie des filles du centre avec leur enfant, les éducateurs, l’équipe de Direction, l’abbé Antoine (au centre du dernier rang, et la délégation suisse lors de la visite du 17 février 2023.
Les fondations du bâtiment de la future boulangerie.

2. Le Moyen Séminaire Comboni à Vogan

Ce Moyen Séminaire accueille des jeunes du diocèse d’Aneho qui s’intéressent à la prêtrise. Notre paroisse soutient ce centre depuis quelques années et a déjà permis l’aménagement d’un dortoir et offert du matériel didactique ainsi que des livres pour la bibliothèque. Grâce aux quêtes réalisées chez nous, le centre a pu construire la première étape d’un grand dortoir pour l’accueil de ces jeunes.

Actuellement, avec l’argent encore à disposition, ils aménagent de nouveaux sanitaires bien nécessaires.

Le nouveau dortoir. Un deuxième étage de dortoirs est prévu.

3. Le Village « Espérance et Paix » de Sœur Odile

Sœur Odile (à droite en rouge) a fondé il y a 18 ans un centre d’accueil pour enfants et jeunes handicapés moteurs cérébraux. Actuellement, 28 jeunes y sont accueillis et reçoivent une formation scolaire ou professionnelle.

Au retour de leur pèlerinage au Togo en 2022, les jeunes servants de messe, très touchés par l’œuvre de Sœur Odile, ont vendu de l’artisanat. Grâce à cet argent et aux quêtes faites dans nos communautés, le centre a pu acheter des tables et des chaises pour l’école, ainsi que des panneaux solaires pour l’alimentation en électricité du centre.

Sœur Odile et des enfants du centre devant les panneaux solaires.

Une proposition… pour faire travailler son cerveau!

Par Myriam Bettens | Photo : Unige

Foi et neurosciences, dialogue sur l’homme vivant

Les sciences du vivant, dans leurs développements actuels, bouleversent les perspectives sur l’homme qui ne peut se réduire à une machine, aussi sophistiquée soit-elle. Elles apportent leur contribution à des questions majeures autrefois réservées au philosophe, comme celles du libre arbitre et de la conscience.

Comment vivre encore pleinement à l’heure de l’intelligence artificielle et des algorithmes qui semblent conditionner notre liberté ? Quelles résonnances entre l’Evangile et les sciences du vivant pour penser à la fois la complexité et la fragilité du vivant ?

Journée thématique proposée par le Centre catholique romand de formations en Eglise (CCRFE), le mercredi 13 mars 2024, de 9h à 16h30, à l’Espace Maurice Zundel (EMZ), Boulevard de Grancy 19, Lausanne. Tarif : Fr. 75.–, inscriptions au 026 322 82 15 ou à secretariat@ccrfe.ch

Les catholiques, la guerre et la paix à l’époque contemporaine

L’évolution récente de la politique internationale a ramené le sujet de la guerre, ainsi que la relation entre la religion et la guerre, à l’attention du grand public. Le cours vise à encadrer historiquement les positions prises à l’époque contemporaine sur la guerre et la paix par divers acteurs (institutionnels et non institutionnels) d’appartenance catholique.

Conférences publiques proposées par la faculté de théologie de Genève, dans le cadre de l’enseignement de théologie catholique, à Uni Dufour, salle U259, à 18h30.

Lundi 11 mars 2024 : La « guerre juste » dans la culture catholique entre la Révolution française et le Concile Vatican II.

Lundi 8 avril 2024 : Prier pour la victoire, prier pour la paix. Les catholiques dans les guerres pour la nation

Lundi 22 avril 2024 : Le magistère pontifical face aux guerres contemporaines.

Lundi 6 mai 2024 : Les catholiques et le pacifisme

Renseignements auprès de Baptiste.Werly@unige.ch

Vuissens : 30 ans au service de l’animation musicale

Dimanche 21 janvier dernier, c’était doublement la fête à l’église de Vuissens : en plus de célébrer la fête patronale de Saint-Vincent, la communauté a chaleureusement remercié Mme Monique Noël qui a animé les messes dominicales pendant 30 ans !

Par Gérard Dévaud
Photo : André Bise

Avec la regrettée Marie-Thérèse Emery, Monique Noël a accepté, il y a 30 ans, la proposition de l’abbé Crausaz d’assurer l’animation des chants lors des messes dominicales. A l’époque, Vuissens avait une messe chaque week-end. C’est donc en alternance avec Marie-Thérèse, et quelques fois avec elle, que Monique a assuré ce magnifique engagement.

Même si depuis quelques années il n’y a plus qu’une messe dominicale par mois, Monique n’a cessé de préparer avec soin le choix des chants. Combien de célébrations animées, de prêtres accueillis, de partitions étudiées, d’heures de réflexions et de préparation, de mélodies entonnées ? Dieu seul le sait !

Et comme il parait que chanter c’est prier deux fois, quel magnifique ministère au nom de sa foi elle a offert à sa communauté !

Monique Noël ne va pas pour autant laisser tomber sa chère communauté de Vuissens, vu qu’elle va continuer la décoration florale et le service de sacristie.

Encore mille mercis chère Monique et bonne semi-retraite musicale !

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