La Patronale de Collombey-le-Grand

La chapelle en fête.

Le dimanche le plus proche du 13 novembre, Collombey-le-Grand est en fête pour Notre-Dame des Sept Joies. Cette année encore, la chapelle était pleine des chanteurs du chœur mixte et paroissiens qui sont venus pour se réjouir avec la Vierge Marie. La fête s’est poursuivie toute la journée avec une brisolée sous l’abri bienvenu de la tente près du four. Merci au Fournil de rehausser la fête patronale de ce fraternel repas. Rencontre avec son président Marc Hauswirth qui nous raconte.

Propos rapportés par Valentin Roduit | Photos : Simone Lattion, Association le Fournil

Qu’est-ce que le Fournil ?
Le Fournil est une association née en 2001, mandatée à l’époque par la commune pour déplacer
le four de la grange Pistoletti lors de sa démolition. Le four n’a pas pu être déplacé comme tel, il est parti en poussière quand il a fallu le démonter.

Seule la plaque mentionnant son année de construction 1848 a pu être récupérée.

Ça n’a pourtant pas arrêté le projet citoyen, puisqu’un nouveau four a vu le jour en 2002.

Depuis, l’association continue à faire vivre Collombey-le-Grand.

Comment peut-on faire vivre un village ?
L’association rassemble la population lors de 4 manifestations où le four tourne. A chaque fois, il faut une semaine pour faire chauffer le four progressivement. Puis c’est notre boulanger Henri Vanay qui fait le pain et les gâteaux durant toute une journée. Il est professionnel, il faut bien ça parce qu’il y a du débit… quelque 500 miches pour la fête du pain !

Quelles sont les 4 fêtes de Collombey-le-Grand ?
Il y a la fête du pain le samedi du Jeûne fédéral, le dimanche de la fête patronale, la fenêtre de l’Avent un samedi de décembre et le samedi des Rameaux. A chaque fois, les membres de l’association – une septantaine – sont invités à commander ce qu’ils veulent, et un apéro est organisé près du four. Lors de la patronale, le petit déjeuner est proposé avec le pain du four et la brisolée est offerte aux membres. La fête du pain et la fenêtre de l’Avent sont quant à elles ouvertes au grand public.

Quels sont les défis de votre association ?
Actuellement, ce n’est pas facile de trouver des jeunes pour faire vivre l’association. Il faut toujours s’adapter à notre temps. D’ailleurs, pour l’anecdote, nous avions commencé avec la soupe à Camille, ça marchait bien. Mais maintenant, nous avons dû nous renouveler avec les nouvelles générations et nous proposons des hamburgers, lors de la fête du pain.

Hommage à Camille Chervaz (à droite), membre fondateur du Fournil décédé en automne 2022.

Devenir membre du Fournil ?

Bienvenue parmi nous, contactez Marc au 079 565 13 36.

Vous trouvez d’autres infos sur le site de la commune : https://www.collombey-muraz.ch/commune/fournil-2646.html

Finance chrétienne

Les dons : une source de financement pour l’Eglise. Qui prendra soin de ne pas blesser autrui par son action financière.

La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise).

Par Pierre Guillemin | Photos : DR, Flickr, PxHere

Le Vatican dispose d’un Conseil pontifical Justice et Paix.

Si l’on cherche le fil directeur de la pensée chrétienne appliquée à la finance, ce sera la volonté constante de ne pas blesser autrui par son action financière directe (l’usure par exemple) ou indirecte (environnement, pollution, conditions de travail…).

Le taux d’intérêt

Les taux d’intérêt sont les piliers de la vie économique : ils affectent l’ensemble des agents économiques comme les entreprises, les banques, les administrations et les individus. 

Historiquement, le crédit à intérêt est présent dès 3000 ans av. J.-C. : on retrouve trace de telles pratiques dans la civilisation sumérienne. Les taux d’intérêt sont de 33.3 % pour les prêts en grains et 20-25 % pour les prêts en argent-métal. Mais à cette époque, la monnaie n’existe pas encore, on pratique alors l’échange de marchandises, le troc comme base des transactions.

Dès 325 après J.-C., le premier Concile de l’Eglise chrétienne interdit le prêt à intérêt en se référant au texte du Deutéronome 23 : 19-20 : « Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni sur l’argent, ni sur les denrées, ni sur aucune chose qui se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger, mais tu n’en tireras point de ton frère, afin que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas prendre possession. » Ce texte pose un problème au point de vue économique en ne rendant pas égaux les acteurs économiques : on crée ainsi une distorsion entre chrétiens et non-chrétiens, juifs et non-juifs très illustrative du comportement des populations du Moyen Age. Les banquiers lombards contournent la règle en instituant des « contrats de change » et des « contrats de société ». 

Conscients des déviations de la règle et des blocages qui en résultent, Luther, Calvin et Zwingli légitiment les prêts à intérêt au XVIe siècle donnant un avantage considérable aux pays protestants en favorisant le financement des entreprises et des projets économiques leur permettant ainsi de grandir, de se fortifier et de développer plus vite de nouveaux produits et technologies. Au XVIIIe siècle, les pays catholiques lèveront petit à petit cette réprobation morale sur le sujet, mais la culture de ces pays reste encore de nos jours très marquée par cette notion d’argent « péché ».

Pourtant, les Evangiles abordent cette question de l’emprunt d’une manière claire et sans en nier l’existence, bien au contraire. Par exemple, la parabole des talents souligne l’importance d’employer les ressources de manière productive et responsable. 

« Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que j’amasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. » Matthieu 25 : 26-27

D’une préférence à l’autre

Les théories économiques justifient l’existence de l’intérêt. En économie néo-classique, par exemple (fin XIXe et XXe siècles), les agents ont une prédilection pour le présent : ils préfèrent consommer immédiatement plutôt que dans un futur toujours incertain. De ce fait, l’intérêt représente la rémunération pour ne pas consommer immédiatement. En économie keynésienne1, le taux d’intérêt exprime la préférence pour la liquidité : les agents peuvent conserver leur épargne soit sous forme de dépôts monétaires non rémunérés, soit sous forme d’actifs rémunérés. Il faut donc offrir un intérêt positif aux agents qui acceptent de détenir une partie de leur épargne sous une forme moins liquide, notamment en obligations permettant un financement des entreprises.

L’avertissement de saint Paul

Pourtant, la véritable question ne vient pas tant du taux d’intérêt en lui-même, mais de l’exagération qui découle d’une situation jugée avantageuse par les agents économiques aujourd’hui et demain, car elle conduit, du fait d’un excès de confiance, à l’usure et au surendettement et finit par des krachs économiques et financiers (parmi les plus récents : 1929, 1987, 2001-2002, 2008, 2022). D’un point de vue académique, cette exagération a fait l’objet de nombreuses études comportementales et mathématiques : citons les travaux du Professeur Didier Sornette, à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich, qui démontre, par la modélisation mathématique, que tout système physique, économique, démographique lié à une notion de croissance, génère des situations extrêmes (exagération) et finit inévitablement par subir des chocs, parfois brutaux, qui font « éclater la bulle ».

Saint Paul nous met en garde contre cette exagération dans sa lettre aux Romains 13 : 7-8 : « Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt ; le tribut à qui vous devez le tribut ; la crainte à qui vous devez la crainte; l’honneur à qui vous devez l’honneur. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. »

Saint Paul met ainsi l’accent sur les responsabilités des chrétiens envers les autres, au sens le plus large du terme, encourageant l’évitement de l’endettement et le respect des engagements financiers. Ce verset souligne l’importance de l’amour envers son prochain, considéré comme une dette constante et éternelle. Il rappelle également la nécessité de remplir ses obligations financières, comme payer les impôts et éviter de s’endetter.

L’éthique chrétienne du financement

La finance et ses acteurs doivent avant tout se préoccuper de l’objet de leurs actions. De nombreuses déclarations, articles et livres sur le sujet ont été publiés ces dernières années et notamment par les Conseils Pontificaux 2.

En 1996, le Conseil Pontifical Cor Unum écrivait : « La destination universelle des biens implique que l’argent, le pouvoir et la réputation soient recherchés comme des moyens pour : a) Construire des moyens de production de biens et de services qui puissent avoir une réelle utilité sociale et promouvoir le bien commun. b) Partager avec les plus défavorisés, qui incarnent aux yeux de tous les hommes de bonne volonté le besoin de bien commun : ils sont en effet les témoins vivants de la carence de ce bien. Mieux encore, pour les chrétiens, ils sont les enfants chéris de Dieu qui, par eux et en eux, vient nous visiter. […]. »

En juin 2013, le Conseil pontifical Justice et Paix publiait une note intitulée Postures chrétiennes face à la finance dans laquelle il écrivait : « La finance n’est plus organisée autour des défis à relever pour faire avancer le bien commun en favorisant des projets réels et socialement bénéfiques, mais repose sur la logique d’un marché d’actifs perçus comme autant de produits à commercialiser, d’un risque qu’il faut réduire à zéro et du plus grand profit individuel sur le court terme. […] Les choix financiers sont-ils au service d’une dynamique globale ou de notre seule promotion, du bien commun ou de notre seul intérêt privé ? »

Ethique et morale

Enfin dans son livre intitulé Finance catholique, Antoine Cuny de la Verryère présente sept principes financiers catholiques (« princificats ») : prohibition du court-termisme, prohibition des investissements non vertueux, obligation de privilégier l’épargne vertueuse, prohibition des profits injustes, obligation de partage des profits, obligation de transparence, obligation d’exemplarité financière. « La finance chrétienne est une finance éthique qui cumule, à la fois, les critères de la finance durable ou « finance ISR » (ISR = Investissement Socialement Responsable) et ceux de la finance solidaire. En outre, elle ajoute d’autres critères éthiques spécifiques à la religion chrétienne. »

Les questions soulevées par la « finance chrétienne » sont complexes mais, dans tous les cas, il s’agit d’abord de répondre à toute forme d’exagération génératrice de crises et d’appauvrissement. Dans cette optique, concluons avec Clives Staples Lewis : « On ne peut pas rendre les hommes bons par la loi et sans hommes bons, on ne peut pas avoir une bonne société. C’est pourquoi nous devons poursuivre en réfléchissant à la seconde chose : la moralité à l’intérieur de l’individu. »

1 D’après John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique considéré comme le fondateur de la macroéconomie moderne.

2 Les conseils pontificaux sont devenus des dicastères en 2022 avec la nouvelle constitution de la Curie romaine Praedicate Evangelium.

La bourse de New York, symbole de l’excès de confiance, fut au centre de plusieurs krachs financiers.

Le Foyer de Charité de Bex, entre passé et présent

J.-R. Fracheboud en la chapelle du Foyer (en 2015).

Pendant près de 35 ans, l’abbé Jean-René Fracheboud a prêché des retraites au Foyer de Charité de Bex. Depuis le mois de septembre dernier, il a passé la main. C’est le chanoine de Saint-Maurice, Guy Luisier, qui lui a succédé en tant que Père du Foyer. 

Texte proposé par Jean-Michel Moix
Photos : Bernard Hallet/cath.ch

Voici un extrait d’un interview qu’il a donné à ce sujet à Bernard Hallet, pour le site d’information catholique : Cath.ch

Vous avez passé près de 35 ans au Foyer de Charité, qu’est-ce que vous en gardez ? 
Jean-René Fracheboud : Accueillir et rencontrer des « chercheurs de Dieu » a été passionnant. Les gens choisissent de venir au Foyer. D’une manière ou d’une autre, ils portent en eux un désir d’approfondissement de leur vie. Chaque rencontre est unique, le cœur de notre foi est un Dieu qui croit en l’homme, qui est venu le rencontrer, le sauver. J’ai pu vivre d’une manière très concrète cette passion en découvrant que Dieu n’est pas dans les nuages, ni extérieur, mais au cœur de l’humain avec les joies, les peines, les drames.

D’une manière plus concrète, quelle évolution avez-vous observée durant toutes ces années sur les retraitants qui sont passé à Bex ?
L’évolution a été impressionnante. Au début, dans les années 1980 /1990, les gens qui fréquentaient le Foyer avaient un lien avec les communautés paroissiales. On avait à faire à des pratiquants qui éprouvaient régulièrement le besoin de s’arrêter pour éprouver leur mission. Depuis, les assemblées dominicales se sont réduites et les pratiquants réguliers se sont raréfiés. Il y a encore des gens engagés qui éprouvent le besoin de venir en retraite. J’ai observé un véritable glissement vers l’accueil de personnes qui reviennent d’un désert spirituel et qui ont tout à découvrir et qui sont en recherche de sens, de profondeur et de dignité. Cette évolution est très nette. De plus en plus de gens sont venus parce qu’ils étaient marqués par de grandes souffrances, par des problèmes d’identité, des cassures familiales, des difficultés professionnelles. Ils ont été amenés à s’interroger sur leur manière de vivre et la manière de trouver des forces pour continuer à mener le combat de la vie.

Merci Jean-René pour ton engagement de prédicateur au sein du Foyer de Bex : puisse la parole que tu as semée tout au long de ces années, lever et porter de nombreux et bons fruits spirituels !

Le Foyer de Charité de Bex est ouvert depuis 1971.

Petite retraite ignatienne au Foyer de Bex : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024

Le Foyer de Bex accueillera un week-end de ressourcement spirituel pour découvrir les exercices de saint Ignace avec les coopérateurs du Christ-Roi : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024. Enseignements, méditations, lecture de la Bible et discernements spirituels seront animés par le Père Yves Bochatay et le Frère Louis-Marie, CPCR, en collaboration avec les abbés Jérôme Hauswirth, David Roduit et Mgr Jean-Pierre Voutaz. 

Prix : Fr. 195.– par personne

Inscription par mail, à l’adresse : priat@outlook.com

Les talents à faire fructifier

La parabole des talents, vue par Andreï Mironov.

Par François-Xavier Amherdt | Photo: DR

La plupart du temps, quand nous entendons parler de la « parabole des talents », nous pensons spontanément aux qualités dont les uns seraient dotés (les talentueux) plus que les autres. Or, à l’époque, un talent équivalait à une importante somme d’argent que le maître de la parabole remet à ses serviteurs, afin qu’ils en tirent ample profit et la lui rendent avec des bénéfices. En effet, les questions financières sont omniprésentes dans l’Evangile, car c’est souvent le nerf de la guerre : la survie individuelle et la subsistance collective en dépendent.

Si les richesses constituent un danger (cf. Matthieu 19, 23-26), si nous ne pouvons pas servir à la fois Dieu et l’argent (cf. Matthieu 7, 24), et si Jésus nous invite à nous en détacher pour pouvoir le suivre, comme il le demande au jeune homme fortuné (Matthieu 19, 16-22.27-30), l’essentiel est de les faire fructifier dans l’honnêteté pour le bien commun. Peu importe combien de talents nous recevons, ce qui compte, c’est que nous soyons créatifs et pleins d’allant avec ce dont nous disposons. D’ailleurs, les deux premiers serviteurs se voient attribuer la même récompense, alors qu’entre eux, la différence de mise de départ est importante (5 et 2 talents). Cela vaut pour la gestion intelligente, habile et respectueuse des capitaux économiques, politiques et sociétaux, mais aussi pour les biens ecclésiaux. Cela concerne surtout le trésor du Royaume, là où se trouve notre cœur (cf. Matthieu 7, 19-21).

Si nous désirons que le Seigneur nous dise un jour : « Viens, entre dans la joie de ton maître » et nous étreigne pour l’éternité, il convient que nous prenions des risques pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. Le seul reproche qui est fait au troisième serviteur, c’est d’avoir méconnu le visage de son patron et d’avoir eu peur en enterrant son petit magot sous terre. Il l’aurait mis en jeu et se serait donné corps et âme à sa tâche, envers Dieu, ses frères et sœurs et lui-même, avec son unique talent, il aurait aussi vu les portes du ciel s’ouvrir à deux battants devant lui. Donnons-nous donc aux autres sans retenue !

Saint-Valentin: célébrer l’Amour

Le 14 février à la Saint-Valentin, notre société fête l’amour. C’est l’occasion de répondre à cette invitation et célébrer l’Amour au sein du couple. A leurs noces d’or, les jubilaires sont unanimes : l’Amour conjugal n’est pas du « tout cuit ». Il s’apprend, se construit, s’entretient. Chaque couple trouve sa stratégie, son rythme et ses ressources pour prendre soin et nourrir cette relation privilégiée. Voici quelques propositions – non exhaustives – et témoignages de couples de par chez nous.

Par Sandrine et François-Xavier Mayoraz | Photos : Jean-Michel Moix, Pixabay

Saint-Valentin autrement

Proposé depuis trois ans par la Pastorale de la Famille, le concept est tout simple : un souper en tête-à-tête au restaurant et entre chacun des trois plats, une piste de réflexion qui invite à un cœur-à-cœur en couple. Une participante revient sur cette soirée : « La saint Valentin est une excellente excuse pour trouver le temps d’être à deux. L’apéro a permis un échange et un partage avec d’autres couples. Puis, on passe à table pour un souper aux chandelles. J’ai trouvé le matériel de réflexion super, on a pu l’emmener à la maison et le rouvrir durant l’année. » Dans une ambiance romantique, cette Saint-Valentin régale les estomacs et les cœurs. Comme le 14 février est aussi le mercredi des Cendres, la date du souper est anticipée en 2024.
Mercredi 7 février à 19h30 au Labo 1 à Monthey
Prix : Fr. 50.– par personne
Inscription : famille@cath-vs.org

Un week-end de retraite en famille 

Certains couples aspirent à une retraite spirituelle, un temps prolongé à l’écart, de silence et de méditation. Mais caser les enfants, trouver un lieu, gérer la logistique familiale freinent cette envie. Le foyer de Charité à Bex 2 par exemple propose des retraites ciblées pour les couples où les enfants (4-12 ans) bénéficient sur place d’un encadrement adapté. Ainsi, leurs parents profitent de ce temps de ressourcement. Animé par des couples et un prêtre, ce week-end allie réflexions spirituelles et pratiques sur la vie conjugale, temps libres, dialogues et prières.

En équipe

D’autres couples se réunissent mensuellement en petites équipes pour un échange et un partage sur le quotidien. Ces mouvements s’appellent Equipe Notre Dame, Vivre & Aimer ou Vie et Foi 3. Chaque mouvement a sa spécificité et son style. Et tous partagent les mêmes valeurs – amitié, confidentialité, bienveillance – et souhaitent soutenir les couples qui veulent vivre leur amour à la lumière de la foi. Le groupe apporte un élan et devient un espace de confiance. « Avec chaque enfant qui arrivait, on a perdu notre « lien ». C’est pourquoi, on a décidé de rejoindre les END. Ce qui est génial, c’est justement l’équipe : il y a des gens avec plein d’expériences, différents âges. Et fixer nos rendez-vous en équipe nous « force » en quelque sorte à s’organiser et nous consacrer du temps. En parlant des différents sujets, on se « découvre » un peu, de nouveau. Il y a les « points concrets d’effort » propre à chacun – honnêtement, on ne les réalise pas encore entièrement – mais on prend des habitudes petit à petit » explique une trentenaire.

1 Av. de France 5
2 Plusieurs dates sont proposées https://foyer-dents-du-midi.ch/programme/3-jour-pour-couples
3 Présentation sur http://pastorale-famille-sion.ch/pages/mouvements

Extrait du livre « Carnet de route des fiancés », J. Villeminot.

Fin des privilèges

Par Thierry Schelling | Photo : DR

En mars 2023, un tremblement de terre a secoué les parois des palais pontificaux du Vatican. Passée inaperçue sauf dans la presse spécialisée, la mesure est de taille et pourtant si… ordinaire : les cardinaux et autres chefs de dicastères de la Curie romaine devront payer un… loyer !

Ainsi en a décidé François, par le Secrétariat à l’Economie de l’organisme curial. Un rescrit du Préfet, l’Espagnol Maximino Caballero, a ordonné la fin de l’utilisation gratuite des biens immobiliers du Saint-Siège (logements) « pour faire face aux engagements croissants que l’accomplissement du service à l’Eglise universelle et aux nécessiteux exige dans un contexte économique comme celui d’aujourd’hui, d’une gravité particulière », précise le décret.

Comme tout le monde

Désormais, prélats et laïcs engagés par la Curie Romaine et qui logent dans les nombreux édifices appartenant au Saint-Siège, devront s’acquitter d’un loyer, comme tout locataire. Cela ne concerne pas les religieuses et religieux qui eux demeurent dans les maisons des Ordres auxquels ils appartiennent.

Solidarité

En 2021, suite au Covid, le Pape avait réduit le salaire des responsables curiaux, car le budget du Saint-Siège avait été grevé par la pandémie. Le Pape décrit cette mesure comme un « sacrifice extraordinaire ». A noter que le Pape, lui, n’a aucun salaire, mais chaque année fait acte de charité lors de la quête dite « du Denier de Saint-Pierre », qui lui permet d’envoyer de l’argent auprès des nécessiteux du monde entier par l’entremise de son (nouveau) Dicastère du Service de la Charité (l’ancienne Aumônerie Apostolique).

Il y a 10 ans, le pape François était mandaté par les Cardinaux qui l’élurent d’assainir les finances du Saint-Siège et de la Cité du Vatican ; cette mesure est un point (presque) final à cette réussite de mandat. Comme quoi, quand on veut, on peut : il n’y a pas de petites économies…

L’Eglise face aux abus sexuels du clergé

Intro par Jean-Michel Moix

Les cas d’abus sexuels, commis par des membres du clergé, ont fait récemment la « une » de nos journaux, notamment du Nouvelliste, depuis la publication d’une étude de l’université de Zurich, le 12 septembre dernier, étude commandée et financée par l’Eglise catholique suisse. Suite à cette étude, l’émission de la RTS « Mise au point » du 19 novembre a braqué ses projecteurs sur l’abbaye de Saint-Maurice. Le magazine « l’Illustré » du 29 novembre a renchéri et a livré également sa propre enquête. Chaque divulgation charrie comme un torrent de boue qui blesse la foi des fidèles et salit l’Eglise du Christ, « notre Mère » ! Plus que jamais l’Eglise, dans son institution, est confrontée à un devoir de vérité, de justice, de réparation, de réforme intérieure. 

C’est pourquoi nous vous proposons ce texte de l’abbé Paul Martone, porte-parole de notre évêque pour la partie germanophone de notre diocèse de Sion.

L’Eglise, ma Mère

Par l’abbé Paul Martone | Photo : kath.ch

Nous tous, sommes bouleversés par les récits d’abus et d’agressions commis par des agents pastoraux qui ont ainsi trahi tout ce qui était sacré pour eux. Ils ont ainsi blessé physiquement et moralement de nombreuses personnes, et parfois même les ont détruites. Nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour rendre justice aux victimes et prévenir les abus sexuels à l’avenir. 

Ces graves scandales ont pour conséquence de jeter une ombre de suspicion sur tous les prêtres, voire sur l’Eglise en tant que telle. N’oublions cependant pas que l’Eglise n’est pas simplement une vieille institution, mais qu’en elle agit le Christ vivant et ressuscité. Notre espoir et notre joie sont là où le Christ vit. 

C’est ce lien que nous devons remettre au centre. La solution ne se trouve pas dans une modification des structures, la suppression de l’obligation du célibat et l’introduction du sacerdoce féminin. Chacun et chacune d’entre nous, pas seulement les ecclésiastiques, mais tous les chrétiens et chrétiennes doivent entreprendre un véritable chemin de purification et de conversion, vers le Christ crucifié. Cette question est au cœur de l’Evangile. Si l’Eglise perdait de son prestige et de son influence, nous ne devrions pas le regretter, car nous correspondrions peut-être mieux ainsi au plan de Dieu pour elle. 

Mais malgré tout, l’Eglise reste notre mère. Karl Rahner la décrit avec justesse : « L’Eglise est une vieille femme avec beaucoup de rides et de ridules. Mais elle est ma mère. Et on ne frappe pas une mère. » 

Chacun de nous est invité à aimer, à ressentir et à penser avec cette Mère-Eglise : « Non seulement l’Eglise du passé, ni l’Eglise qui n’existe pas encore, mais l’Eglise concrète et présente, dont les rides et les taches doivent être effacées, même par notre humble aide. » (Jean-Paul II pendant sa visite à Sion en 1984)

La première étape pourrait être : sans vouloir minimiser ce qui s’est passé, retrouver le courage de parler de ce que cette mère nous a fait de bien, et de dire pourquoi nous l’aimons malgré tout.

Un nouveau logo pour le diocèse de Sion

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion | Photo : cath.ch

A partir de janvier 2024, le diocèse de Sion introduit une nouvelle identité visuelle : un nouveau logo et une nouvelle charte graphique.

Le logo reprend les éléments de la vision pastorale diocésaine : « Ensemble en chemin pour annoncer l’amour de Dieu… C’est cela la joie de l’Evangile. »

Valère et Tourbillon représentent l’ancrage territorial. 
La croix invite à lever les yeux. Elle est en mouvement vers l’extérieur et donne un nouvel élan à ce symbole.
Le cercle ouvert manifeste l’unité du diocèse et son ouverture aux autres. Il est signe de communion.

Le bleu évoque visuellement la sérénité, la confiance, couleur de l’eau, du ciel et de la Vierge Marie.
Le jaune manifeste la joie qu’il y a à connaître le Christ, soleil, vie et lumière. 

Le logo est un élément d’identité important pour un diocèse. Il sera progressivement introduit dans les communications, les supports écrits et visuels du diocèse. 
Le logo est accompagné d’un ensemble de déclinaisons, notamment pour les services diocésains qui sont invités à l’employer progressivement. Il permet ainsi de mieux rendre compte des propositions diocésaines, tout en les rassemblant et en les fédérant.
Les paroisses qui n’ont pas de logo pourront également utiliser le logo diocésain. Les organisateurs d’évènements d’Eglise, pèlerinages, conférences ou autres manifestations reconnus par le diocèse sont invités, s’ils le souhaitent, à employer le logo diocésain. Cette utilisation illustrera un lien mutuel entre l’évènement et le diocèse. D’une part, l’évènement pourra se réclamer du soutien moral du diocèse. D’autre part, le diocèse exercera un droit de regard sur l’évènement et son contenu, afin d’en vérifier la cohérence avec les orientations pastorales diocésaines. Toute utilisation de l’identité graphique diocésaine, et en particulier du logo, devra donc au préalable être validée par le Service diocésain de la communication ou l’autorité diocésaine.

Le successeur des apôtres à la rencontre de nos communautés

Rencontre avec la communauté de Port-Valais.

Par Stéphanie Reumont
Photos : Stéphanie Reumont, Christophe Allet

Du 4 au 10 décembre, nous avons eu la grande joie d’accueillir notre évêque Jean-Marie Lovey et son vicaire général Pierre-Yves Maillard sur nos paroisses du Haut-Lac ! Ils ont pris le temps de rencontrer nos différentes communautés en participant à la fenêtre de l’Avent à Vionnaz et en célébrant la messe dans chacune de nos paroisses. 

Le jeudi, avant de célébrer l’eucharistie, notre évêque a mangé avec des employés et des résidents de Riond-Vert ; il a pu entrevoir l’ouverture humaine et professionnelle de ces nombreuses personnes qui rendent la vie de nos aînés plus agréable et plus significative. Et de 14h30 à 16h, il a tenu à saluer chacun-e des résident-e-s
ce qui a donné lieu à des rencontres touchantes.

En soirée, nos deux voyageurs ont également rencontré et partagé un repas avec nos conseils de communauté et nos conseils de gestion ; l’occasion d’échanger et d’écouter les rêves et les espoirs de ceux qui se sont engagés dans nos paroisses. 

Le samedi, un après-midi intergénérationnel de secteur a été proposé avec une possibilité pour petits et grands de poser toutes les questions qu’ils ont toujours voulu poser à notre évêque. 

De beaux échanges, simples et fraternels, qui ont enrichi des plus jeunes aux moins jeunes ; l’occasion pour chacun de mieux connaitre le pasteur qui conduit notre diocèse, un homme à l’écoute, simple, avec une belle ouverture d’esprit. 

Cette rencontre a été suivie par une messe KT-familles de secteur à l’église de Vionnaz durant laquelle notre Evêque a confié officiellement le service de l’autel à nos 13 servants de messe présents. 

Nous remercions Mgr Lovey et Pierre-Yves Maillard pour ces quelques jours dans nos paroisses, ces riches échanges et ces beaux partages. 

Jeux, jeunes et humour – janvier 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi au début la messe, le prêtre dit : « Le Seigneur soit avec vous » ? *
Après le baiser de l’autel, symbole du Christ point de jonction entre Dieu et les hommes, et le signe de croix, le prêtre prononce cette formule au début ainsi qu’à trois reprises au cœur de la célébration. Il s’agit d’une très ancienne bénédiction rappelant que Dieu vient demeurer en nous.
La réponse de l’assemblée « Et avec votre Esprit » rappelle en quelque sorte le rôle du prêtre : « Que l’Esprit qui t’a été donné le jour de ton ordination soit avec toi et agisse en toi pour que tu accomplisses bien ton ministère ! »

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Un touriste arrive à Paris et s’adresse à un passant : 
Sprechen Sie deutsch ? 
– Non, répond le Parisien.
Do you speak English ?
– Non, non.
Voce fala portugues ?
– Non.
Hablas espagnol ?
– Non, non, désolé Monsieur, je ne parle que le français.

Le touriste s’éloigne. Notre Parisien se tourne vers son ami et lui dit : « Tu vois, il sait quatre langues, mais ça ne lui sert à rien ! »

Par Calixte Dubosson

Une soirée ciné en famille à Vionnaz

Le 17 novembre dernier, une « Soirée cinéma en famille » a été organisée par le Cocom (Conseil de Communauté) de Vionnaz dans sa salle de paroisse. Le choix du film s’est porté sur « Le monde de Narnia », partie une, dont l’histoire écrite par C.S. Lewis et portée à l’écran en 2005 est riche en symbolique chrétienne.

Texte et photos par Yasmina Pot

En entrant dans la maison de paroisse ce soir-là, on était immédiatement saisi par un doux parfum de popcorns chauds flottant dans l’air ; puis on découvrait, dans la salle dédiée à la projection, une variété de sièges allant de la chaise de camping au fauteuil en cuir, en passant par de gros coussins jetés çà et là sur des tapis colorés où les plus paresseux pouvaient s’étendre à leur guise pour savourer leur film.

Pour le Cocom de Vionnaz, deux buts à cette soirée : rassembler la communauté des familles de paroissiens et partager ensemble – parents, enfants et organisateurs – des moments de détente. Puis découvrir des thèmes chrétiens dans un film d’aventure fantastique pour enfants.

Salle presque comble

Les familles sont arrivées en nombre, à la satisfaction des organisateurs. Aucune inscription n’avait été demandée mais le Cocom a tablé sur une information pendant les messes, de la pub sur Facebook et par le biais de flyers. 

Avant la projection, une certaine effervescence accompagna la dégustation des pizzas sorties du four de la cuisine attenante. Puis, muni de cornets de popcorns à profusion, chacun gagna le siège de son choix. Deux membres du Cocom exposèrent alors brièvement les thèmes chrétiens du film et proposèrent un quiz à l’issue de la séance ; puis la salle fut plongée dans l’obscurité.

Les participants étant nombreux, des soirées telles que cette première devraient être reconduites. Avis aux amateurs. Mais chut ! le film commence. Comme au cinéma et même encore mieux. 

« Narnia », une histoire d’enfants dans un monde magique, où l’on découvre de nombreux thèmes chrétiens.
Le bar à sirop, pizza, popcorns et autres gourmandises.
Les spectateurs au complet, prêts à savourer leur film.

Missionnaire du continent numérique

Pour le missionnaire du web, le meilleur communicant reste le Christ.

Le continent sur lequel évolue ce missionnaire hors norme est… numérique. Cofondateur de l’association Lights in the Dark, Jean-Baptiste Maillard veut évangéliser internet. Pour cela, il prend la communication religieuse sur le web à bras de corps. Une conversion…à triple sens.

Par Myriam Bettens
Photos : Jean-Claude Gadmer

Qu’est-ce que l’évangélisation du « continent numérique » implique concrètement ?
Cela implique d’aller à la rencontre des personnes qui vont sur Internet en mettant en contact des e-missionnaires et les internautes. Ce n’est pas seulement être présent sur le web, mais à l’écoute des aspirations, questions et préoccupations de ceux qui sont loin de l’Eglise, de la foi et même de Dieu. D’ailleurs, les papes ont toujours parlé de l’importance d’utiliser les nouvelles technologies pour annoncer que nous sommes aimés de Dieu.

Elle est également source d’une triple conversion…
En effet, il y a les conversions à proprement parler, mais aussi celles des e-missionnaires que nous sommes. Sans un cœur brûlant d’amour pour Dieu, pas d’évangélisation. Impossible de transmettre l’essence de ce que nous n’avons pas nous-mêmes expérimenté. Nous avons mis en place une plateforme pour les personnes dépendantes à la pornographie. Ce n’est pas un sujet dont nous avons spontanément envie de parler. Nous devons donc nous « convertir » à plus de compassion et d’écoute pour ces personnes. L’évangélisation se trouve aussi sur ces terrains-là. Outre cela, il y a aussi une conversion à la culture du numérique à mener. Les mots ont une importance et le « jargon catho » est à oublier !

Pourquoi avoir choisi spécifiquement ce terrain de mission ?
J’ai commencé à évangéliser sur Internet avec l’avènement du numérique, en 1994. Je me suis vite rendu compte que les gens étaient intéressés par Dieu. Ils avaient plein de questions. Internet pour atteindre les gens fonctionnait ! Pourtant, j’étais loin d’imaginer qu’un jour, je monterai avec d’autres amis, une mission à part entière pour investir ce continent numérique et envoyer des e-missionnaires.

Aujourd’hui nous avons des « communicants » dans tous les domaines. Savons-nous pour autant mieux communiquer ?
Non ! Le meilleur communicant que nous n’ayons jamais eu, c’était le Christ. Tant que nous ne sommes pas à l’école de Jésus, on ne communique pas encore assez bien. Comme on le voit avec la Samaritaine, à qui Il commence par demander à boire, Il est toujours dans la posture de Celui à qui on peut apporter quelque chose et non le contraire. Jésus était à l’écoute des questions et préoccupations des gens. On doit s’en inspirer non pas pour devenir des pros de la communication, mais pour rejoindre l’autre dans ce qu’il est et vit.

On pense souvent que l’évangélisation via le numérique est plutôt l’apanage des évangéliques, à tort ?
C’est vrai qu’ils avaient, et ont peut-être encore, une grande longueur d’avance sur nous. Ils ont toujours eu comme principe de garder la rencontre au cœur d’internet et on ne parle pas de rencontre virtuelle. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’évangélisation sur Internet, en 2011, je m’étais rendu dans les bureaux de TopChrétien, en région parisienne [un précurseur dans l’évangélisation sur internet, ndlr.]. Ils m’avaient expliqué qu’ils travaillaient avec 400 églises partenaires, cela afin de rediriger les personnes rencontrées virtuellement vers des chrétiens de communautés locales. L’Eglise dit depuis plus de vingt ans que la rencontre doit être au cœur de tout processus d’évangélisation, mais c’est aux chrétiens de mettre cela en œuvre. De ce côté, les évangéliques nous interpellent et cela doit nous encourager à aller de l’avant !

Vous avez le code du Li-Fi ?

Le Li-Fi (ou Light Fidelity) est une technologie de communication sans fil reposant sur l’utilisation de la lumière visible pour coder et transmettre des données. 

L’association Lights in the Dark repose sur la lumière de l’Evangile pour décoder et transmettre un message de Vie. Fondée en 2015, elle trouve son nom dans la prophétie d’Isaïe (9, 3) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » Ses e-missionnaires sont une présence qui « écoute, dialogue, encourage » (cf. pape François) à travers un chat mutualisé à des plateformes thématiques. Quant à son cofondateur, Jean-Baptiste Maillard, il est marié, père de trois enfants et également coauteur du livre Evangéliser sur Internet, mode d’emploi (EDB 2019).

Domaine «Les Barges»: ils sont candidats réfugiés à Vouvry

Rencontre avec Pauline Praplan, responsable du Foyer pour candidats réfugiés de Vouvry, au domaine des Barges. Entre ses nombreux rendez-vous, elle m’accorde une heure de son précieux temps, merci !

Par Nicolette Micheli | Photos : Gervaise Imhof

« Il y a du job ! » me dit-elle dans un large sourire et c’est avec dynamisme qu’elle répond à mes questions de manière nette et précise. Le Foyer est situé sur un vaste domaine  acheté par l’Etat du Valais en 1999. L’entreprise Sygenta en loue une partie pour conduire des essais sur les arbres et les plantes. Dès août 2011, l’Office Valaisan de l’Asile utilise ce site comme Centre de Formation pour les réfugiés. Marie-Pascale Chambovey se souvient de cette époque où elle a enseigné le français à une trentaine de résidents qui suivaient diverses formations.

Puis la guerre en Ukraine éclate. Il faut augmenter en urgence le nombre de places disponibles. Grâce à des conteneurs-habitations, ce Foyer accueille 200 personnes qui viennent en majorité d’Ukraine, de Turquie, d’Afghanistan et d’Afrique de l’Ouest. Familles, célibataires, jeunes et aînés se côtoient sans grand problème. La mixité de cette population contribue favorablement au « bien vivre-ensemble » du groupe, malgré leurs différences de culture.

Toutes ces personnes sont occupées. De nombreux projets sont mis en place pour répondre à leurs besoins, favoriser leur autonomie et leur intégration. Outre les cours de français, on les rend attentifs au respect de l’égalité entre hommes et femmes, on les renseigne sur les structures et le fonctionnement de la vie en Suisse. Des projets ciblés soutiennent les familles monoparentales et les mineurs non accompagnés. Pauline  précise : « Nous avons ici 40 enfants répartis en 4 classes. Ils apprennent à vivre ensemble, à être disciplinés, à communiquer en français et se préparent à l’intégration. En Valais, déjà 700 élèves sont intégrés en classes de scolarité obligatoire. Nous avons aussi 50 jeunes entre 18 et 30 ans qui partent à l’extérieur dans des structures qui leur sont destinées. Ils s’y  préparent à entrer dans la vie professionnelle. » 

Les adultes restent sur le site et, avec les personnes qui les encadrent, assurent le bon fonctionnement du Foyer. Certains sont en cuisine pour assurer chaque jour les repas de 200 personnes, d’autres entretiennent l’extérieur, participent aux nettoyages, travaillent à la buanderie, à l’intendance ou redonnent vie à des meubles ou des objets récupérés. Beaucoup cultivent l’immense potager et le verger qui leur fournissent légumes et fruits frais.

Quelques bénévoles  aident les aînés ayant des difficultés à aborder une nouvelle langue et à s’insérer dans le monde du travail. Les apprentissages visent plutôt les codes sociaux. Pauline va à l’essentiel : « Quand on sait dire : s’il te plait, merci, bonjour… et avec le sourire, c’est le début d’un échange. L’on profite aussi des fêtes pour proposer des animations afin d’apporter une nouvelle dynamique au Foyer. » Avec son équipe, Pauline Praplan a préparé une belle fête de Noël pour la joie des petits et des grands ! Nous souhaitons à chacun que l’année nouvelle s’ouvre sous le signe de l’espoir.

Témoignage d’une bénévole

Elfrieda Walter.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photo : Gervaise Imhof

Et voici le témoignage d’une bénévole qui œuvre au domaine des Barges. Enseignante à la retraite, Elfrieda Walter apporte son aide aux réfugiés. 

Le domaine des Barges a toujours fait partie de ma vie. J’y suis née, j’y ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence. Je l’ai quitté en 1975 pour y revenir en 1986 et, depuis, j’y passe des jours paisibles et heureux.

En 2011, lorsque l’Etat par l’Action sociale nous a convoqués pour nous expliquer que la partie du domaine où nous logions aller devenir un foyer de 2e accueil pour requérants d’asile, on nous a donné le choix : partir ou rester. Je suis restée et je ne l’ai jamais regretté.

J’ai ainsi eu la chance de côtoyer de nombreux/ses requérants/es érythréens, sri lankais, afghans, kurdes, syriens, africains, ukrainiens, etc.

C’était l’occasion pour eux de parler un peu français et de participer une fois par mois à une soirée jeux. Que de fous rires partagés autour de nos parties de UNO ou de Rummikub !

Par ma profession d’enseignante, j’ai aussi pu donner bénévolement quelques cours d’appui, puis des cours de français. Ce fut l’occasion de découvrir d’autres écritures : tigrigna, arabe, cyrillique, etc. ; d’autres religions : l’orthodoxie, l’islam et leurs pratiques. On n’imagine pas quel investissement ils font pour apprendre une nouvelle langue si différente de la leur.

Ce fut aussi l’occasion de partager un petit bout de chemin avec eux et de leur offrir un sourire, une écoute et beaucoup d’empathie. Ils en ont énormément besoin. 

Après 12 ans de cohabitation, je peux dire que j’ai fait de très belles rencontres aussi bien avec le personnel encadrant qu’avec les requérants eux-mêmes. J’y ai noué des liens d’amitiés indéfectibles. C’est toujours une joie quand au détour du chemin, je suis hélée par un homme, une femme qui me dit merci et qui me raconte leur vie.

Vitrail de la vie de saint Joseph, Adrien Mastrangelo, église Saint-Hyppolite, Grand-Saconnex (Genève)

Adrien Mastrangelo propose quatre scènes de la vie de Joseph : la nativité, la fuite en Egypte, son mariage et son rêve.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Si saint Joseph prend une place importante dans le temps de Noël, habitant toutes nos crèches et marquant de sa présence le récit de la nativité, il est aussi celui dont on ne sait pas grand-chose. Tout au plus, savons-nous qu’il est de la descendance du Roi David, que c’est un homme bon et qu’il est charpentier. 

Adrien Mastrangelo propose quatre scènes de sa vie : le mariage de Marie et Joseph, le rêve de Joseph, la nativité et la fuite en Egypte. 

L’Evangile nous dit que Marie avait été accordée en mariage à Joseph (Matthieu 1, 18). La coutume voulait qu’après la promesse, les jeunes femmes vivent encore un an chez leurs parents avant de rejoindre leur époux. En bas à gauche du vitrail, l’artiste a choisi de mettre cette promesse en image. Marie est représentée la main droite levée, en signe d’acceptation. C’est elle qui semble prendre la main de Joseph.

« Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par l’action de l’Esprit Saint » (1, 18) poursuit l’évangéliste. Joseph choisit de répudier Marie en secret. Décision étonnante puisque seule une répudiation publique pourrait le libérer des liens du mariage. Sur le vitrail, Joseph semble bien accablé (partie en bas à droite). L’ange s’approche, lui touchant délicatement le genou de la main gauche et indiquant le ciel de la droite : « Ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » (1, 20)

En haut à gauche se trouve la nativité. Les représentations plus anciennes – notamment médiévales – ont tendance à mettre Joseph à l’écart, dans une position de protection. Ici, l’époux de Marie est un « père comme les autres », penché sur le berceau de l’enfant qui vient de naître. Point de bergers ni de mages, la scène est familiale et intime.

La dernière scène est celle de la fuite en Egypte. Joseph ne parle pas dans l’Evangile, mais il a des songes et à chaque fois, il écoute et agit en conséquence. Bâton en main, Joseph guide la famille vers la sécurité. On ressent une forme de détermination dans la façon dont l’artiste l’a représenté.

Colis du Cœur du district de Monthey: la générosité est essentielle dans cette période troublée

Par Anne-Marie Ulrich | Photos : DR

Grâce à la générosité et à la contribution de nos bénévoles, la dernière récolte des 6 et 7 octobre derniers a répondu à nos attentes et a permis de remplir le stock qui était vide. Nous avons récolté 522 cartons dans les 10 commerces impliqués du District et 7 tonnes de marchandises. 

Face au contexte actuel de la baisse du pouvoir d’achat et aux augmentations liées à la santé, à l’énergie et à l’alimentation, de nombreuses familles ont de plus en plus de peine à boucler les fins de mois. Ce phénomène ne touche plus seulement les familles à faibles revenus mais la classe moyenne inférieure est aussi durement impactée.

De janvier 2023 à la mi-décembre 2023, les Colis du Cœur ont distribué plus de 760 colis et ont apporté de l’aide à 2’550 personnes dont plus de la moitié concerne des enfants. Ces chiffres sont en croissance constante et témoignent de la progression de la précarité dans la région. 

La prochaine récolte est agendée les 2 et 3 février 2024. Pour assurer la tenue des permanences dans les différents commerces, les Colis du Cœur ont besoin de plus de 250 personnes et sont toujours à la recherche de bénévoles pour compléter leurs équipes. Nous cherchons aussi des livreurs bénévoles en alternance, 1 à 2 vendredis après-midi par mois. Vous pouvez nous contacter sur cette adresse mail : info@colisducoeur-monthey.ch ou au 076 397 26 90

D’avance, l’Association, Les Colis du Cœur, tient à vous remercier du fond du cœur pour votre entraide extraordinaire car chacun représente un des maillons de cette immense chaîne de solidarité envers nos concitoyens en difficulté.

«Mon aîné voulait devenir pape»

A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande. Fabienne Bingler, secrétaire/comptable de la paroisse francophone du Sacré-Cœur de Bâle, ouvre le chemin.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

Quand on lui demande quelle est sa fonction, Fabienne Bingler répond du tac au tac : « Je ne fais pas seulement le secrétariat et la compta, mais m’occupe de plein de choses : l’ouverture de l’église, le rangement de la sacristie. Même la Putzfrau ! » Pour preuve, à l’heure de l’interview, elle bataille avec un chauffage récalcitrant…

L’emploi de la langue de Goethe ne doit rien au hasard. Son employeur est la Paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle, qui compte près de 400 fidèles et trouve son origine dans l’exode de population de 1871 : « Souvent, des jeunes venus à Bâle pour échapper à l’enrôlement dans l’armée prussienne. Il y avait aussi des cheminots alsaciens, ainsi que des Jurassiens et des Valaisans voulant un enseignement religieux dans leur langue. »

Parfaitement bilingue, Fabienne se rappelle très bien la manière dont elle a été embauchée. « C’était deux ans après la naissance de mon premier garçon. Je cherchais un job et j’ai postulé. Etre catholique était un prérequis. Mais ce qui a fait la différence c’est ma souplesse professionnelle. » 

Avouant volontiers être croyante, son métier est, pour elle, un reflet de sa foi en Dieu. « J’ai essayé de la transmettre à mes enfants. Ma mère et moi leur apprenions à prier. Comme je travaillais pour la paroisse, nous allions peut-être un peu plus souvent à la messe que les autres. A l’époque, mon aîné voulait devenir pape. A l’école, quand il dessinait, il mettait des croix partout. Quand la maitresse lui a demandé pourquoi, il a expliqué que c’est parce que je travaillais dans une église. »

La Française d’origine ne dément pas avoir un caractère bien trempé. « Il faut parfois avoir de la patience avec les paroissiens qui pensent que, vu que nous travaillons pour l’Eglise, nous devons être là en permanence. Mon mari n’est pas ravi quand, le dimanche matin, nous sommes dérangés par un téléphone impromptu. Mais j’essaye d’être de bonne humeur et de montrer mes bons côtés. Même mon curé en est souvent étonné (rire) ! »

Fabienne Bingler, 55 ans, secrétaire et aide-comptable depuis mars 2006 à la paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle. Maman de deux garçons de 19 et 13 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Paul Taramarcaz, l’aventurier du ciel

Paul Taramarcaz (1934-2023) est connu comme champion du monde de voltige aérienne, à bord de son avion biplan rouge, le Pitts Spécial N8069. Durant des décennies, il a survolé la vallée du Rhône, dessinant des vrilles acrobatiques, sa signature inimitable. Figure incontournable de Verbier, avec son « Tara Club », Paul est devenu aussi un aventurier de la foi, alignant sa trajectoire de vol sur celle du Seigneur de la vie, devenu son Pilote. 

Paul Taramarcaz à Verbier, le 12 février 2023.

Par Olivier Taramarcaz
Photos : Olivier Taramarcaz, DR

« Les vrais voyageurs sont ceux qui, au moment de partir, disent toujours : allons ! » (Charles Baudelaire) Paul a été l’un de ces vrais aventuriers. Il suffisait de s’asseoir un instant à ses côtés, pour se retrouver sur une rampe de lancement, sur la piste de décollage. Paul nous emportait, de son cockpit, posté à l’entrée de Verbier comme un nid d’aigle. De sa main d’artiste, il savait piloter les mots, les colorer de la palette de son nuancier.
Paul ouvrait des fenêtres. Il introduisait de l’inattendu là où tout était codifié. Paul a habité le présent, mis du dimanche dans le lundi. 

Chez un aventurier, c’est l’aventure qui fait le héros, non le héros qui fait l’aventure. Paul a été un aventurier attaché à vivre. D’abord vivre. Il a porté ses rêves d’enfant, caressant la vie comme un visage aimé. Un jour, alors que nous échangions sur une terrasse de café à Verbier, il stoppa net son propos : « Je m’arrête, nous avons une visite », pointant du regard un jeune rouge-queue noir, posé sur la balustrade, juste avant son envol. Joignant ma main à la sienne, il me confia : « Je n’ai pas de lunette d’approche, mais je sens que le temps est proche. J’arrive à la conclusion. » J’ai mesuré l’attachement de Paul aux battements du cœur. Ensemble, nous avons cueilli l’infime, le peu, le très peu qui change la vie : la bienveillance. Dans cette liberté de l’échange, comme unique port d’attache, nous avons goûté au désir de vivre chaque instant comme le premier et comme l’ultime. Alors que nous évoquions la finitude, il affinait sa pensée, comme un artiste rehausse son aquarelle : « Le fini, c’est ce qui n’est plus, l’infini,
ce qui est. »

Paul a battu des ailes sous le ciel, comme le petit prince des airs, tel un papillon, cherchant le point ultime de la liberté, l’être délivré du poids des choses, détaché de la loi de la gravitation. Pourtant, ces dernières années, il a cherché le centre de gravité de sa vie. Il a changé de cap. Réconcilié avec Dieu, pacifié avec son passé, Paul pouvait aborder des thèmes difficiles, faire le bilan de sa vie : « J’ai tout remis entre les mains du Seigneur. J’ai reçu son pardon et sa paix. J’ai pardonné aussi définitivement à ceux qui m’ont blessé, et je les aime sans attente. » Impossible de passer, même seulement quelques minutes, avec Paul, sans être déporté au cœur des vraies questions. Paul aimait le cœur à cœur avec le Père, l’intimité avec le Ressuscité, se laissant interpeller par la Parole vivante. Paul était un veilleur. Il a habité son attente, tel un guetteur qui se tient à sa tour de contrôle, espérant la venue du jour. Il s’est mis à l’affût du réel, de la vie qui ne passe pas. Sans se laisser aller ni à l’ennui, ni à la résignation, ni à la plainte, devant le poids du monde, Paul a saisi le temps qui lui a été donné, pour aligner sa trajectoire de vol sur celle du Seigneur : « J’atteins ma limite. Les battements de mon cœur vont s’arrêter bientôt, pour laisser toute la place aux battements du cœur de Dieu en moi. » 

Paul savait qu’il ne pouvait attraper la lumière, mais il avait expérimenté qu’il pouvait l’accueillir, la porter, la refléter. La ponctualité de vérité a trouvé Paul dans l’attente qui le portait à ce rendez-vous. Aujourd’hui, après son attente patiente, il a rejoint le tarmac promis. Paul Taramarcaz, l’aventurier du ciel, a répondu à l’invitation au voyage, emportant son carnet de vol, entonnant d’un ton résolu, une ultime fois comme une première : « Allons ! »

L’Annonce de la venue du Sauveur

Texte et dessins proposés par Jean-Michel Moix

La naissance de Jésus passa en son temps inaperçue pour beaucoup de ses contemporains. Des privilégiés eurent cependant le bonheur d’en recevoir l’annonce. Intéressons-nous à ce que nous en disent les évangiles : on peut y découvrir diverses annonces, à Marie, à Joseph, aux bergers, aux rois mages. Un dessin à colorier illustre chacune de ces annonces.

1. L’ANNONCE A MARIE

« Je te salue Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi… Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » (Luc 1, 28.31)

2. L’ANNONCE A JOSEPH

« … l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint : elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus. » (Matthieu 1, 20-21)

3. L’ANNONCE AUX BERGERS

« … l’ange leur dit : ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle… aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. … vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc 2, 10-12)

4. L’ANNONCE AUX ROIS MAGES

« Où est le roi de juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. … et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. … En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 2, 2-11)

Que dire de Noël?

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Sa rengaine du « C’était mieux avant ! » m’exaspère ; son côté infantilisant me fatigue ; son anticipation dans les magasins dès la fin octobre me lasse ; ses dépenses onéreuses en bouffe exotique et cadeaux surfaits ne m’étonnent plus ; son éternelle rivalité entre le Père Noël et ses rennes, et le Petit Jésus et ses rois, me fait plutôt sourire…

Et que dire de Noël dans ce contexte mitigé qui caractérise 2023 : guerres, climat déréglé, paupérisation des classes déjà très moyennes, assurances-maladies qui augmentent, et se loger correctement qui continue à être un parcours du combattant pour trop de monde (sans parler de se nourrir, ou de trouver l’âme (et le corps) sœur…

Bon, c’est vrai, cette année, j’ai béni des couples qui s’aiment, baptisé des enfants qui semblaient adorer l’eau, confirmé des jeunes qui emplissent nos églises (eh oui, n’en déplaise à certaine tête chenue !), accompagné des blessés de la vie, embrassé moult personnes, ri des millions de fois (ok, j’ai le rire un peu facile), compris et été compris, entendu et été entendu, ai découvert encore des nouvelles choses dans l’Evangile, terminé deux enquêtes de Sherlock Holmes dans des jeux-vidéos…

Noël, après tout ça ? Bof. Moi, c’est Pâques qui illumine ma vie ! C’est le Ressuscité qui vit en moi, qui m’aime et me conseille ! C’est le Christ adulte qui continue à me faire grandir qui me parle.

Certes, il a bien dû naître, pour vivre, mourir et ressusciter. Et j’ai encore de beaux souvenirs lorsque je donnais le biberon à mes nièces et neveu. Mais ils sont grands, désormais. Oui, ces enfants-là qui sont un peu les miens m’ont fait grandir… 

Cet Enfant de la crèche qui a grandi veut nous voir devenir adultes : dans la foi, avec notre libre pensée ; en Eglise, avec notre créativité au service des autres ; dans ce monde, comme phares de Sa lumière.

Que dire de Noël, si ce n’est que ce sera tellement mieux… après !

Comment faire un «buzz»?

Par Myriam Bettens
Photo : Jean-Claude Gadmer

Une « star » qui s’ignore, un storytelling percutant, de la créativité pour s’imposer sur un marché saturé, de bons réseaux sociaux et des modérateurs encore plus efficaces. Il n’en fallait pas plus pour mettre le christianisme sur les rails.

La recherche théologique est unanime, l’intention de Jésus n’était pas de fonder une nouvelle religion, mais de réformer le judaïsme. Le christianisme comme mouvement autonome n’advient qu’au milieu du IIe siècle « grâce » à l’échec de cette réforme. L’élan de l’influenceur nazaréen aurait pu s’arrêter là s’il n’y avait eu sa communauté de followers et l’étincelle de génie d’un de ses principaux community manager, l’apôtre Paul. Celui-ci se sert des ressorts de la culture gréco-romaine fortement imprégnée d’universalité pour reformuler la pensée de Jésus. Le christianisme aurait pu rester une secte du judaïsme, mais les premiers détracteurs s’y intéressent autour de 110-120. L’inverse de l’effet souhaité se produit. Les mises en garde font le buzz et le christianisme devient alors un trend. Or, la nécessité de pénétrer un marché religieux saturé demeure. Armés du hashtag #EssencedelaRévélation, les premiers chrétiens enchaînent les likes et se hissent au firmament de l’Empire.

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