Commencement de l’Evangile

Icône de Marc, le plus ancien des évangélistes, à Notre-Dame de Kazan de Saint-Pétersbourg.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Le deuxième évangile, le plus ancien des quatre, débute sa narration par le terme de « Bonne Nouvelle » (eu-angelion, en grec). Il ne fait pas précéder cette exclamation initiale ni par les récits de l’enfance, comme c’est le cas chez Matthieu et Luc, ni par un prologue, comme chez Jean. Il nous met immédiatement en présence de la prédication de Jean le Baptiste (1, 2-8) et rapporte en quelques brefs versets le baptême de Jésus (1, 9-11) et ses tentations au désert (1, 12-13). 

C’est comme si Marc était pressé d’en venir à l’essentiel de son message : il ponctue d’ailleurs son propos de l’adverbe « aussitôt » (1, 10.12.23.29). De cette façon, il nous plonge de suite dans l’annonce de l’accomplissement des temps et de la proximité du Royaume (1, 14-15). Après que Jean a été livré, le Christ se met à proclamer en Galilée le cœur de la Révélation de son Père : « Le Règne de Dieu est tout proche, repentez-vous et convertissez-vous, croyez à cette Bonne Nouvelle, car elle accomplit l’histoire. »

Il n’y a pas de temps à perdre pour se tourner vers celui qui incarne le salut. Tout le texte marcien est polarisé vers la révélation du visage du Christ. Pierre le reconnaît comme le Christ Messie, à Césarée de Philippe, en cours de route dans le chapitre central (8, 27-30), avant que soient par trois fois annoncées sa Passion et sa Résurrection.

Hélas, les foules ont tendance à se méprendre sur lui, à voir en lui avant tout un libérateur politique ou un faiseur de miracles. Ainsi, dès la profession de Pierre, il exhorte les apôtres au « secret messianique », particulièrement mentionné chez Marc (8, 29). Ce n’est que vers la fin, au pied de la croix, qu’un étranger, un pécheur, un centurion romain, s’exclame : « Vraiment cet homme était le Fils de Dieu. » (15, 30) Cette question de l’identité de Jésus occupe donc l’ensemble du document marcien et lui confère son côté dramatique et sa particulière densité. Au point même que dans la première des deux finales, en 16, 8, les femmes s’enfuient du tombeau vide sans rien dire à personne. Car elles avaient peur… Le dévoilement de la figure du Fils de Dieu ne cesse de se poursuivre.

Pars Pas !

« Pars Pas » est une association valaisanne fondée il y a plus de 20 ans par les parents d’un jeune qui s’était suicidé. Après avoir cherché de l’appui auprès des instances officielles et de multiples organisations, ils ont dû faire le constat qu’il n’y avait pas de structure spécifique disposée à les accompagner. Ils se sont alors demandé ce qu’ils pouvaient faire pour soutenir les personnes concernées et leurs proches. C’est ainsi que « Pars Pas » – l’Association valaisanne pour la prévention du suicide, est née.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : DR

« A l’échelle de la planète, on estime qu’un suicide a lieu toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes ce qui correspond à un million de suicides chaque année, un million de vies perdues, explique Philippe Hatt, président de l’association. En Valais, les statistiques de la Police cantonale font état de 120 suicides en 2022 dans lesquels sont compris 70 suicides assistés, précise-t-il encore. Ces chiffres ne peuvent pas nous laisser indifférents ! »

Lara Kate Crettaz, vous êtes la responsable de prestations de « Pars Pas ». Ces chiffres font peur. Pourquoi tant de suicides ?
Il y a plusieurs facteurs. Nous évoluons dans une société intransigeante. Il y a très peu de tolérance pour l’erreur ou l’imperfection. A cela s’ajoute le fait que souvent, nous n’osons pas demander de l’aide. Il y a la honte de dire que nous sommes en difficulté. Il y a la peur de paraître faible, moins bien ou moins capable que d’autres, mais aussi une pudeur. On ne parle pas de ses problèmes. 

Quels types d’accompagnements proposez-vous aux familles des personnes suicidées ?
Les groupes de parole constituent notre offre principale. Ce sont des temps d’échanges privilégiés où les participants peuvent s’appuyer sur le vécu des uns et des autres, se rassurer et surtout s’exprimer sans être jugés. 

Qu’est-ce qui est le plus douloureux pour les proches ?
Le deuil s’accompagne souvent de l’isolement. On constate que l’entourage de ces familles se distancie. Ne sachant ni quoi dire, ni comment se comporter, petit à petit ils s’éloignent. Encore aujourd’hui, le suicide reste un tabou. C’est un sujet qui fait peur. La société veut rapidement tourner la page. Or, en matière de deuil, il n’y a pas de durée déterminée.

Un suicide assisté reste un suicide, quelles difficultés vivent les proches de ces personnes ?
Je crois qu’ils ont du mal à accepter que l’autre puisse vouloir mourir. Ce « choix » de mourir est une question difficile. En vérité, est-ce vraiment un choix ? En ce qui concerne le suicide, on parle plutôt de non-choix. Car ce geste met fin à des mois, à des années de souffrance. On se suicide parce qu’on ne supporte plus la douleur dans notre cœur et notre esprit. Une personne qui fait appel au suicide assisté veut avant tout mettre fin à sa douleur physique ou morale.

Est-il possible, si l’on a soi-même été touché par un suicide, d’aider d’autres personnes en devenant bénévole ?Oui, mais pas tout de suite. D’abord, il est important de prendre soin de soi, de s’accorder du temps pour se reconstruire. Mais effectivement, quelques années plus tard certaines personnes ont envie de venir en aide aux autres avec l’espoir d’épargner un tel drame à une autre famille. D’ailleurs, tout le travail que nous faisons est possible grâce à une équipe d’une quinzaine d’intervenant-es bénévoles dans le Bas-Valais et de huit intervenant-es bénévoles dans le Haut-Valais.

Contacter « Pars Pas » ?

Sur notre ligne d’écoute au 027 321 21 21 active tous les jours de l’année de 8h à 20h ou par e-mail à l’adresse aide@parpas.ch

Nous cherchons des intervenant-es bénévoles répondant à nos lignes téléphonique et écrite

Compétences requises : écoute, empathie, discrétion, disponibilité afin de soutenir les personnes en crise existentielle, leurs proches et les personnes endeuillées à la suite du suicide d’un proche. Formations dispensées. Pour plus d’informations sur nos prestations : www.parspas.ch

Merci d’envoyer votre CV et une lettre de motivations à Pars Pas Association valaisanne pour la prévention du suicide, case postale 2287, 1950 Sion 2 ou à info@parspas.ch

Le temps de l’Avent: un appel à la vigilance

Par l’abbé Bernard Alassani
Photo : André Bise

Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël.   

L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché. C’est une période qui célèbre le triple avènement du Christ : sa naissance à Bethléem, sa venue dans le cœur des hommes de tous les temps, et son retour à la fin des temps. Il représente aussi la période où l’on se prépare principalement à la parousie 1, la venue du Christ dans la gloire à la fin des temps ; et dans les derniers jours précédant Noël, à faire mémoire de l’incarnation de Jésus, de sa naissance corporelle. Ce temps s’apparente au temps du Carême qui nous invite tous à la conversion et prépare nos cœurs à accueillir le divin Sauveur qui vient.

Durant ce temps chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, attendant la venue du Messie Sauveur comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa résurrection (Pâques). L’Eglise relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans «  l’aujourd’hui  » de sa liturgie ».

Le temps de l’Avent place sur notre chemin les précieux cailloux blancs de la Parole de Dieu, qui de multiples manières, nous redit : « Préparez les chemins du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu » et de « veiller » en attendant la venue du Sauveur. Dieu vient au-devant de nous, il nous faut veiller pour l’accueillir non dans le ciel, mais bien sur terre où nous sommes invités à le reconnaitre. 

Bon temps de l’Avent et joyeux Noël !

1 Second avènement du Christ

L’importance des chants d’assemblée et de la musique populaire dans la liturgie

Texte et photo par Steve Dunn *

La fameuse citation attribuée à saint Augustin : « Chanter, c’est prier deux fois » ou, plus exactement : « Qui bien chante, deux fois prie » (« Qui bene cantat bis orat », en latin), nous encourage à utiliser des chants pendant nos célébrations religieuses. Les chants ne remplacent pas les prières et il ne suffit pas de chanter n’importe comment mais il faut « bien chanter » pour « prier deux fois ». Quand nous chantons nous utilisons les deux hémisphères de notre cerveau alors que pour lire ou réciter un texte nous utilisons surtout l’hémisphère gauche. La musique que nous aimons et que nous connaissons bien stimule également notre corps et nous procure des émotions. Donc, si nous prions en chantant bien nous engageons nos esprits, nos corps et nos âmes. Je pense que c’est pour cette raison que l’on peut considérer qu’ainsi nous « prions deux fois ».

Les chœurs de paroisse avec des chanteurs expérimentés peuvent atteindre cet état grâce à des répétitions régulières et nos paroissiens à Sainte-Thérèse me disent souvent que les chants du Chœur mixte les aident à prier. Mais comment arriver au même résultat avec une assemblée dont certains membres disent ouvertement qu’ils ne savent pas chanter ? En vérité, la recherche montre que les gens qui n’ont pas d’oreille au point de ne pas pouvoir reconnaître et reproduire une mélodie forment moins de 4% de la population humaine. En revanche, beaucoup de gens ont plus ou moins de difficulté à contrôler leurs voix quand il s’agit de bien chanter. Mon expérience avec la Maîtrise de Sainte-Thérèse m’a montré que les enfants à qui les parents ont chanté ont plus de facilité à reproduire des mélodies. Cependant, les enfants qui avaient de la peine au début ont tous appris à chanter juste avec la pratique. D’ailleurs, les adultes peuvent apprendre aussi et il n’est jamais trop tard pour se mettre à chanter ! Le chant s’apprend et les chanteuses et chanteurs classiques étudient pendant de longues années comme les autres instrumentistes. Car, oui, la voix est un instrument, mais avec la spécificité d’être située à l’intérieur de la personne qui le pratique. Elle est aussi le seul instrument capable de « jouer » des paroles, permettant ainsi cet engagement total de la personne qui prie en chantant.

Pour que les assemblées dans nos églises puissent bien chanter, il faut des chants simples (mais pas trop, s’il vous plaît !) et bien connus. Ceux que nous chantons depuis notre plus jeune âge ont un pouvoir émotionnel sur nous qui favorise l’implication de l’esprit, du corps et de l’âme. Nous avons toutes et tous des souvenirs de moments magiques de Noël pendant notre enfance. Les chants populaires de Noël y sont toujours associés et quand nous les rechantons chaque année, tous ces souvenirs nous reviennent. Quand une église pleine chante pianissimo Douce nuit il y a une communion extraordinaire et nous nous sentons attirés ensemble vers le Seigneur dans un moment de prière intense.

Alors, s’il vous plaît, parents, chantez à vos enfants et encouragez-les à chanter. Adultes, osez chanter à la messe. Enfants et adultes engagez-vous dans un chœur. Prenez des cours de chants. Plus vous chanterez, mieux vous chanterez et ainsi vous pourrez « bien chanter » et « deux fois prier » ! 

* Directeur du Chœur mixte et de la Maîtrise de Sainte-Thérèse

La joie de l’Evangile

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Le premier texte que publie François est La joie de l’Evangile.

Le premier texte que publie le pape François en 2013 s’intitule « La joie de l’Evangile ». A lire et relire, car on y trouve toujours de quoi, même 10 ans après, alimenter sa pastorale, sa prière et sa réflexion chrétiennes.

Il a remis au centre de l’agir chrétien ce qu’il décrit comme « notre programme de vie », sans cosmétique.

Ecouter avant de prêcher

D’ailleurs, il a rappelé combien de fois la Parole de Dieu doit d’abord s’écouter dans le silence, « c’est une question de vie » ! Et c’est ainsi qu’à partir de son écoute attentive, voire de sa réécoute régulière, « elle doit faire son chemin en nous » et rejoindre enfin les mains pour mettre en forme ce qui a été médité. De fait, la Parole de Dieu « forme et transforme », conclut-il.

Dimanche de la Parole

D’où l’idée d’instaurer, en 2019, le Dimanche de la Parole célébrée le 3e dimanche du Temps ordinaire, soit le dimanche qui tombe dans la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. Même si chaque dimanche est celui aussi de la Parole, un dimanche spécifiquement dédié à l’Ecriture proclamée est bienvenu, alors que bien des fidèles sont plus enclins à écouter (et critiquer !) l’homélie et à recevoir coûte que coûte l’eucharistie, faisant presque l’impasse sur la première (et indispensable) partie de la Messe, la table de la Parole justement.

Accessibilité

Régulièrement, à la fin d’un Angélus dominical, le pape François fait distribuer sur la Place Saint-Pierre un exemplaire des Evangiles, joignant ainsi l’admonestation (Lisez l’Evangile !) au côté pratique d’en recevoir un à glisser dans sa poche. D’ailleurs, lectrice, lecteur, en avez-vous un dans la vôtre ?

Face aux pensées suicidaires, comment agir ?

Florian Perraudin est un jeune chrétien de Fully. Il nous partage quelques mots au sujet du suicide qu’il a exploré dans le cadre du groupe de jeunes « En quête de foi ». Il présente ici le point de vue de l’Eglise catholique sur ce thème grave.

Florian Perraudin.

Par Florian Perraudin | Photos : DR

Pourquoi ce sujet ? – Tout a commencé un jour où je suis allé me balader dans la librairie Saint-Augustin à Saint-Maurice. Lorsque que j’ai ouvert « au hasard » le livre du Père Lestage, partageant ses expériences sur la prévention du suicide (cf. ci-dessous), j’ai lu à peine une page avant de pleurer chaudement. Le suicide touche beaucoup de monde, que ce soient les familles, les amis, les conjoints et bien sûr les victimes. Ces dernières années, j’ai le sentiment qu’il touche de nombreux jeunes gens. Je suis d’autant plus sensible à ce drame que mes contemporains le vivent. De plus, ce type de mort tragique ne m’est pas étranger puisque par le passé, ma famille a aussi été touchée par le suicide. Ce sont donc la lecture du livre du Père Lestage mêlée à l’actualité malheureuse du suicide et à mon passif familial qui m’ont motivé à prendre ce sujet à bras le corps. Cela m’a amené à animer une soirée sur le suicide au sein d’un groupe de jeunes à Martigny, nommé « En quête de foi ». Ce groupe permet entre autres la discussion de sujets sociétaux sous le regard de l’Eglise catholique.

A l’instar de saint Thomas d’Aquin, l’Eglise catholique s’est inscrite pendant plus de 1400 ans dans une perspective juridique du suicide : en s’ôtant la vie, l’être humain s’arroge un droit qui ne lui appartient pas. Cependant, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les avancées scientifiques sur le suicide participent à une réhumanisation du débat théologique sur le suicide. Une perspective psychologique entre alors dans la théologie catholique contemporaine.

Evolution (heureuse) de l’Eglise catholique sur le suicide. – Le catéchisme de l’Eglise catholique nous dit aujourd’hui que des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire et qu’on ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que le Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. 

Quelques mesures de prévention. – Par le biais du livre du Père Lestage, j’ai appris entre autres deux mesures de prévention. L’écoute en est la plus importante ! Cependant, cette écoute ne doit pas juger mais accueillir l’histoire de l’autre. Des phrases comme « Il faut… » ou « Tu ne dois pas penser cela… » sont à bannir. Nous pouvons plutôt poser des questions qui ouvrent la parole comme « Qu’est-ce que ça veut dire pour toi mourir ? » ou « Que puis-je faire pour t’aider ? » Une réponse peut aussi être le silence. Quand on écoute une personne tentée par le suicide, nous devons être prêts à entendre ses envies terribles de mort et à descendre avec elle dans les profondeurs de ses abîmes. Ainsi, en descendant si bas avec elle, on lui montre que l’on croit à la vie qui peut encore jaillir d’elle, malgré les noirceurs qui l’enveloppent ! Si l’on se sent incapable d’écouter, nous pouvons proposer l’écoute d’autres auditeurs, par exemple via la ligne d’écoute de l’Association « Pars Pas ».

En tant que chrétien, la prière est aussi une mesure de prévention très forte : prière pour la personne souffrante et pour nous, afin de nous aider à écouter comme Dieu écoute. De plus, dans le livre de Tobie, nous découvrons un archange qui délivre Tobie et Sarra des pensées suicidaires : Raphaël. Nous pouvons aussi lui demander d’intercéder auprès de Dieu pour les personnes suicidaires. 

Face au suicide, ne perdons pas la foi, l’espérance et l’amour les uns pour les autres !

Source de mes propos et pour aller plus loin : 

Karsten Lehmkühler, Le suicide dans l’histoire de la théologie : d’Augustin à Bonhoeffer in Etudes sur la mort, Editions CIEM, 2016/2 (no 150), pp. 63-78

Eric Lestage, Ils voulaient mourir, ils ont éclairé ma vie, Editions Salvator, Paris, 2023.

Hommage au Père Matthias Gajewski

Le Père Matthias affectionnait la musique et particulièrement la guitare, dont il aimait l’usage durant les messes pour accompagner les chants.

Dimanche 29 octobre, nous avons appris avec surprise et tristesse le décès survenu subitement du Père polonais Matthias Gajewski, prêtre retraité, domicilié à la cure de Font. Il s’en est allé à l’âge de 73 ans, dans sa 48e année de sacerdoce. L’abbé Darius, curé-modérateur de notre paroisse, retrace ci-dessous le parcours de cet homme de foi. La cérémonie des funérailles a eu lieu le mardi 7 novembre à la collégiale d’Estavayer en présence de sa famille venue de Pologne et de nombreux confrères. Nous partageons la peine de sa famille, notamment de ses frères, et leur adressons nos sincères condoléances (cjy).

Un ministère de 35 ans en Suisse

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur
Photos : André Bise, LDD

Matthias (Maciej est né le 28 août 1950 à Mlynary en Pologne dans la famille de Czeslaw et Aniela. Il était le troisième enfant d’une fratrie de quatre.

A l’âge de 17 ans, il reçoit le premier appel de Dieu pour devenir prêtre. Même si à cette époque, il rêve de fonder une famille, la voix du Seigneur le suit partout. Elle est douce alors il lui donne sa réponse positive en rejoignant, durant l’été 1968, la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Il y effectue son noviciat et suit des études de philosophie et de théologie au séminaire à Stadniki, près de Cracovie. Après une année de ministère en paroisse, il est envoyé par ses supérieurs à Rome pour étudier la patrologie. Quatre ans plus tard, il revient en Pologne pour enseigner cette matière et les langues classiques aux séminaristes de sa congrégation. Il dirige également le chœur de ses étudiants.

En 1987, Père Matthias est appelé en Suisse car à la Maison des prêtres du Sacré-Cœur, à Fribourg il manque des confrères suisses. Pendant deux ans, il soutient les missions italienne et polonaise ainsi que l’Eglise de la Suisse romande. Il disait qu’un même dimanche, il lui arrivait de célébrer les messes en trois langues : une en français dans la matinée, la suivante à Lucerne en polonais et, de retour à Fribourg, la troisième pour les Italiens.

Un long ministère dans le canton

En 1989, Père Matthias est nommé curé de Sorens et, peu après, aussi de Vuippens-Marsens et d’Echarlens. Après 10 ans de ministère en Gruyère, il devient curé de Neyruz, Cottens et Autigny-Chénens. En 2006, il est déplacé à Courtepin pour desservir aussi les paroisses voisines de l’UP. Entre 2011 et 2020, résidant à Vuisternens-dt-Romont, il est engagé dans l’UP de Sainte-Marguerite Bays.

Depuis trois ans dans la paroisse

Chez nous, à la paroisse Saint-Laurent, Père Matthias habitait la cure de Font. En tant que prêtre retraité, il y a accompli une mission sacerdotale durant les trois dernières années de sa vie. Commençant sa retraite parmi nous, il a dit : « J’ai la chance d’être disponible. Une fête, un repas ou une rencontre sont autant d’occasions d’échanger et d’ouvrir le dialogue avec les paroissiens. »

En déplorant son départ prématuré, nous gardons le souvenir d’un homme de Dieu dévoué, passionné des Ecritures, des Pères de l’Eglise, de la musique et du sport.

Le Père Matthias lors d’une célébration de la Fête-Dieu.

Les évangélistes et les auteurs du Nouveau Testament

Par Christophe Ançay 
Photo : Marie-Paule Dénéréaz

Un livre vivant

Contrairement à une grande partie de l’Ancien Testament, le Nouveau Testament mentionne la presque totalité des auteurs des différents livres qui le composent. Nous avons tous entendu les noms de Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul ou encore Pierre et Jacques.

Les exégètes essaient d’identifier et de décrire au mieux ces personnes aux noms si familiers mais pourtant si peu connues. En effet, leurs biographies tiennent sur quelques lignes et encore, avec beaucoup de conditionnel… Et une fois qu’on a pu décrire les caractéristiques de chaque évangéliste, nous nous apercevons que leurs récits sont imprégnés de passages d’autres sources ou sont la transcription de l’enseignement d’un autre, ou encore qu’ils sont plus le fruit d’une communauté que celle d’un auteur au sens moderne du terme.

Un évangile, étymologiquement, est une bonne nouvelle. La bonne nouvelle réalisée par Jésus qui vient sauver l’humanité par son incarnation. Les écrits du Nouveau Testament témoignent de cette bonne nouvelle. Ils sont le fruit de communautés qui ont cru en Jésus. Ils sont aussi Parole de Dieu, inspirée par l’Esprit Saint…

A Noël, nous célébrons l’incarnation de ce Sauveur. Il est né dans la pauvreté, en exil. Les premiers témoins de cette naissance, après ses parents, sont, pour Luc, des bergers et pour Matthieu, des mages venus d’Orient. Même si des traditions populaires ont donné des noms et même le titre de roi à ces mages, nous devons constater que Dieu fait homme se révèle à des inconnus. Loin de l’élite juive ou romaine de l’époque. Plus tard, Jésus sera suivi et écouté par des foules d’inconnus en plus des apôtres dont la liste n’est pas si claire. Ce sont tous ces témoins qui, de génération en génération, ont permis que le message du salut arrive à nos oreilles. 

Les auteurs du Nouveau Testament ? Peut-être la maman qui témoigne de l’amour inconditionnel de Dieu dans l’affection qu’elle porte à ses enfants ; le soignant qui lutte comme Jésus avec générosité contre les souffrances de la maladie ; tous ceux qui se soucient des plus pauvres, des exclus, des petits. Si l’évangile est bonne nouvelle, il se déploie dans le temps, réalisant à chaque époque l’unique message que nous a donné Jésus.

C’est chacun de nous qui est appelé à incarner ce message éternel et pourtant toujours nouveau d’un Dieu qui se définit comme Amour.

Changer de culture?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano et Évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg | Photos : DR

Changer de culture ? C’est la revendication maintes fois entendue suite à la révélation de trop nombreux abus et de leur trop fréquente mauvaise gestion dans l’Eglise.

Nous savons combien la culture évolue à travers les siècles.

En Europe, les questions sexuelles ne sont plus abordées aujourd’hui comme il y a 50 ans. L’autorité des parents n’est plus exercée comme à l’époque de nos grands-parents. 

Mais nous savons aussi combien les cultures sont diverses dans l’Eglise. Un jeune catholique vietnamien n’a pas les mêmes rapports avec ses parents qu’un jeune Suisse allemand. Une religieuse camerounaise ne vit pas l’autorité dans sa congrégation de la même façon qu’une religieuse en France. 

Nous serons toujours les femmes et les hommes de notre temps, marqués par ce temps. 

Certaines caractéristiques culturelles facilitent et stimulent même l’exercice des vertus évangéliques. D’autres rendent leur pratique plus difficile, voire héroïque !

Trop souvent, les chrétiens se sont adaptés, ma foi, aux conditionnements de leur milieu. Les moyens utilisés ou les formes de pensée n’ont pas toujours été passés au crible de l’Evangile.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile. Nous n’avons pas à suivre les modes de ce temps, mais l’Evangile de tout temps, à temps et à contre-temps.

Que le Christ qui n’est pas de ce monde nous guide en ce monde. Il est notre seule boussole. Fixons les yeux sur Lui. Et partout où c’est nécessaire, changeons nos cultures avec Lui.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile.

Faire le plein de soleil christique

Christelle Gaist | Photo : DR

Les messes dites « rorate » reviennent pour une troisième édition au sein de l’église de Martigny-Ville, pour le plus grand bonheur des fidèles. 

A l’aube, vous entrerez dans une église éclairée uniquement à la lueur des bougies. Les éléments dorés du chœur en chatoieront. Vous pourrez prendre place dans les bancs avec une flamme que l’on vous aura confiée. Vous participerez activement à la messe en apportant votre pierre lumineuse à l’édifice.  

L’obscurité naturelle dans laquelle nous baignons pendant l’Avent nous invite à considérer certains aspects de nos vies sous un autre angle et à plonger au plus profond de notre Foi. Si nous laissons faire le Seigneur et que nous nous confions à lui, cela peut être très bénéfique. 

Si vous avez l’occasion de vivre des messes « rorate » dans différentes paroisses, vous remarquerez que chacune dégage une énergie très particulière. Ces évènements révèlent les cœurs enflammés de nos églises.  

Notez que les messes de Martigny débuteront plus tôt que l’an passé, à 6h15, pour offrir plus de temps au café croissant et aux échanges entre paroissiens à Notre-Dame-des-Champs. Ces célébrations joyeuses et contemplatives sont une merveilleuse manière de commencer la journée. Venez-y nombreux pour faire le plein de soleil christique. Pour plus d’informations sur l’origine de cette messe, nous vous conseillons l’article : « Rorate » : la messe des « veilleurs de l’aurore » rédigé par Bernard Hallet et disponible en ligne sur le site www.cath.ch (lien direct: https://www.cath.ch/newsf/rorate-la-messe-des-veilleurs-de-laurore/)

Cheyres: messe d’engagement des premiers communiants

L’abbé André a appelé chaque enfant par son prénom pour le bénir.

Par Claire Moullet
Photos : André Bise

Samedi 4 novembre, en l’église de Cheyres, sous le regard de Notre-Dame de Grâce, une trentaine de premiers communiants de la communauté et de celles des alentours, ont vécu une belle célébration d’envoi, présidée par l’abbé André Helle, assisté de Marianne Berset, responsable de la catéchèse paroissiale, et Gérard Dévaud, animateur pastoral, répondant pour la communauté.

Une célébration qui a réuni parents, familles et quelques communiants et confirmés de l’année précédente, emmenés par leurs catéchistes.

Ce fut une première célébration en l’église de Cheyres pour l’abbé André, désormais « vicaire dominical » dans notre paroisse et qui a été accueilli par des mots chaleureux de Gérard Dévaud.

Après son homélie chantante, le prêtre a béni chaque enfant présenté avec son prénom. Un moment portant l’avenir avec l’accompagnement des aînés présents.  Une messe joyeuse, animée par les chants des enfants et du chœur mixte.

Avec ses remerciements à tous, l’abbé André a accompagné la bénédiction de ce souhait : « Que Dieu termine en vous ce qu’il a commencé ! »

• Des messes d’envoi des premiers communiants se sont également déroulées samedi 7 octobre à Aumont, dimanche 8 octobre à Estavayer et dimanche 5 novembre à Forel.

Une trentaine de jeunes étaient réunis pour cette célébration, encadrés par Mme Marianne Berset.

Mosaïques des quatre évangélistes prises à la Basilique de Lisieux

Texte et photos par Véronique Denis 

Nous connaissons bien les noms des quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Tous racontent à leur manière les paroles et les actions de Jésus durant sa vie publique. 

Les différences entre ces quatre évangiles sont dues au fait que chaque auteur avait des intentions particulières et s’adressait à un public précis.

Marc n’évoque pas du tout la naissance de Jésus. Les premiers mots de son Evangile nous font aller droit au but : « Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. »1 D’entrée, Marc nous convoque à accueillir la Parole comme une Bonne Nouvelle.

L’Evangile de Jean est le plus tardif (écrit dans les années 90-100). L’objectif de Jean n’est pas de décrire les événements de la vie du Christ, mais d’en faire une réflexion sur ce qu’il a compris de la vie de Celui qu’il a contemplé à la Croix et à la Résurrection. C’est pour cela que le 4e Evangile évoque des grands discours (sur le pain de Vie, sur la vie et la résurrection, sur la glorification du Fils, etc.) et ouvre son évangile par le Prologue qui est en fait une méditation sur la personne de Jésus, le Verbe de Dieu fait chair. 

Arrêtons-nous maintenant aux évangiles de Matthieu et de Luc qui évoquent la nativité, mais avec deux perspectives bien différentes. 

Luc, médecin, est sensible à l’humanité de Jésus qui se fait proche des petits, des humbles, des malades, des femmes, des veuves et des enfants. En plus, Luc est aussi historien : il veut insérer Jésus dans l’histoire humaine. C’est pour cela qu’il situe la naissance de Jésus dans le temps en évoquant le recensement décrété par César Auguste, à l’époque du gouverneur Quirinius en Syrie.2 En plus, il prépare la venue de Jésus sur la terre des hommes en évoquant l’Annonce de l’Ange Gabriel à la jeune fille, Marie, promise en mariage à Joseph. Ensuite, Luc détaille la naissance Jésus, la visite des bergers.

Matthieu est juif et il écrit son évangile pour des juifs convertis au christianisme. Son évangile est rempli de citations des prophètes, des écrits de l’Ancienne Alliance. L’intention de Matthieu est donc d’insérer Jésus dans l’Histoire du Peuple d’Israël. Il ouvre son évangile en citant toutes les généalogies d’Abraham à Joseph. D’autre part, Matthieu met l’accent sur les péripéties qui ont marqué la naissance de Jésus (visite des mages, fuite en Egypte) en accordant une importance plus grande à Joseph qu’à Marie.

Quatre récits, quatre regards différents sur la vie du Christ à accueillir pour nous laisser transformer par cette Parole qui est une Parole vivante qui ouvre un avenir, une espérance. Que la Parole de Dieu nous accompagne et donne du sens à notre vie.

1 De la Traduction Œcuménique de la Bible : Mc 1, 1. 
2 Cf. Lc 2, 1-2. 

Jeux, jeunes et humour – décembre 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi dire de Marie qu’elle est l’Immaculée Conception ?
Comme un fruit anticipé du pardon accordé par Jésus sur la croix, nous croyons que Marie, du fait qu’elle a enfanté le Sauveur, a été préservée du péché originel dès sa naissance. C’est par ce nom qu’elle s’est fait connaitre à Bernadette Soubirous lorsqu’elle lui est apparue à Lourdes en 1858, soit quatre ans après que le pape a proclamé, sous forme de dogme, cette vérité de foi comme incontestable.

par Pascal Ortelli

Humour

Un dimanche avant la messe, un paroissien croise M. le Curé et s’aperçoit qu’il a un pansement sur la joue. Le desservant lui explique que pendant qu’il se rasait, il s’était concentré sur l’homélie qu’il allait prononcer et qu’il n’avait pu éviter de se couper. Après la messe, le même paroissien va trouver le curé dans la sacristie. « Si je peux Un dimanche matin, à l’heure de commencer la messe, M. le Curé s’aperçoit qu’il y a un seul fidèle. Il s’avance vers lui et propose de supprimer la messe et d’avancer l’apéro. Le paroissien, qui était un paysan, lui rétorqua que même s’il n’avait qu’une vache à la maison, il lui donnait à manger. Le curé, furieux, lui servit une liturgie qui dura plus d’une heure avec homélie, credo chanté et j’en passe. Le paroissien le remercia et se permit une petite remarque : « M. le Curé, quand je n’ai qu’une vache à la maison, je ne lui donne pas à manger tout le char de foin ! »

par Calixte Dubosson

Au cœur de la nuit du monde

Texte et photo par Marion Perraudin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Eclairé de fausses lumières,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa Lumière.
Fragile flamme éclairant notre chemin,
Pour ouvrir notre cœur à son amour
et en devenir témoin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Au milieu de cris et de fausses clameurs,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa joie
Douce force qui transfigure notre vie,
Pour offrir le sourire de Dieu à notre prochain.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Dans l’hypocrisie de promesses de paix
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa paix
Celle qui permet le pardon véritable,
Et qui dévoile le visage du frère comme l’enfant bien aimé de Dieu.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Faisant miroiter des illusions sans lendemain
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre son espérance,
Il nous ouvre les portes du royaume de son Père.
Celles de la félicité de la vie éternelle auprès de Lui.

Au cœur des nuits de notre monde,
Entre frénésie et course folle,
A l’aube d’une nouvelle année,
Laissons l’Enfant Dieu s’incarner 
dans tous nos aujourd’hui,
Et nous offrir le plus beau des cadeaux,
Celui de notre identité profonde d’enfant de Dieu.

Rencontre avec… l’abbé André, notre «vicaire dominical»

« Vicaire dominical » ! Il est peut-être le seul à porter ce titre dans tout le diocèse LGF ! L’abbé André Helle est, depuis la rentrée pastorale de septembre, « vicaire dominical » dans notre paroisse. Rencontre avec un prêtre engagé.

Par Claude Jenny
Photos : Francis Roulin

Après avoir officié durant un mois à Payerne, l’abbé Helle a rejoint notre paroisse début octobre et chaque week-end, il célèbre plusieurs messes, venant ainsi prêter main-forte à nos deux prêtres. Lorsque nous l’avons rencontré, ce week-end d’octobre, il a officié à quatre reprises, et notamment au home des Mouettes où, nous a-t-on dit, les résidents ont vivement apprécié son contact chaleureux. Prêtre africain, venant du même diocèse togolais que l’abbé Bernard, l’abbé André « vibre à l’africaine », met beaucoup de cœur et d’élan dans ses paroles et chante volontiers ! 

« Je veux aller aux champs ! »

La semaine, l’abbé André est étudiant à l’Université de Fribourg. Après avoir suivi tout le cursus – 10 ans – pour être ordonné, son évêque l’a envoyé en Suisse pour poursuivre ses études théologiques. Il effectue un master en exégèse du Nouveau Testament. Il devrait le terminer en juillet prochain. Et après ? « J’attends une décision de mon évêque, c’est lui qui décidera » dit-il. Mais il ne cache pas qu’il aimerait rentrer au pays. D’abord pour transmettre ce qu’il a appris et enseigner dans les divers séminaires et écoles catholiques du Togo.  

« Mais, s’empresse-t-il de préciser, je ne veux pas faire qu’enseigner ! Je veux aussi aller aux champs ! » 

Un beau projet personnel

Aux champs ? oui, oui ! Car l’abbé André est très préoccupé – c’est peu dire – par la situation alimentaire d’une grande partie de la population togolaise. « Plus des deux tiers de la population de mon pays vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est un peuple qui a soif de la Parole divine, mais qui a d’abord faim et manque de nourriture. L’Eglise est porteuse de lumière mais elle doit aussi aider l’homme à se nourrir à la sueur de son front » explique celui qui espère pouvoir mener à bien un projet personnel.

Son projet ? Tout simple en théorie et l’abbé André espère en être le leader. Ce que veut ce prêtre engagé, c’est cultiver de nombreux champs qui ne le sont pas actuellement. Notamment des champs situés sur des parcelles appartenant à son diocèse. « Cultivons ces champs pour que ce soient des champs communautaires contribuant à aider la population à se nourrir » clame-t-il. « Si un recours à des outils mécaniques est possible, tant mieux. Sinon, il faudra cultiver ces champs de manière ancestrale. L’important est qu’ils apportent de la récolte » dit-il, pragmatique. 

« Et, hors de mes attributions de prêtre, je serai là pour aider. Je ne vais pas rester les bras croisés dans un bureau alors qu’il y a tant à faire » dit ce prêtre dans la droite ligne du pape François pour dire que l’Eglise doit sortir de ses sacristies et, en l’occurrence, aller aux champs… Et l’abbé André économise chaque petit sou pour permettre à deux jeunes Togolais de se former en agronomie. 

Une façon de préparer le terrain pour une Eglise qui fasse au mieux ce que l’Etat ne fait pas ! « Je ne veux plus voir des enfants aller à l’école en ayant faim ! » dit-il, se rappelant que lui, s’il n’avait pas été recueilli par des religieuses d’une congrégation, il aurait aussi eu faim, n’aurait pas pu faire des études, devenir prêtre, etc. 

« Il faut inventer l’avenir et être engagé sur tous les terrains en faisant confiance à Dieu qui va nous aider à conduire nos chantiers » dit ce prêtre trentenaire qui vit avec beaucoup d’ardeur sa foi et son engagement de prêtre. 

Les symboles des quatre évangélistes

ParJean-Christophe Crettenand
Illustrations : Léa Crettenand
Photos : Alessandra Arlettaz (Fully), Monique Cheseaux (Saillon) et l’abbé Bruno Sartoretti (Isérables)

Les symboles des quatre évangélistes sont des représentations traditionnelles associées à chacun des quatre auteurs des Evangiles du Nouveau Testament. Ces symboles sont très souvent utilisés dans l’art chrétien pour identifier et différencier les évangélistes.

L’ange est associé à saint Matthieu. Il représente l’humanité de Jésus-Christ. Ce symbole est dérivé de la vision d’Ezéchiel dans l’Ancien Testament, où il décrit des créatures ailées ayant l’apparence d’un homme.

Le lion est le symbole de saint Marc. Il représente la puissance et la royauté de Jésus-Christ. Le Lion est souvent lié à la manière énergique et directe dont l’Evangile selon Marc présente Jésus.

Le taureau (ou le bœuf) est associé à saint Luc. Ce symbole évoque le caractère sacrificiel de Jésus-Christ, représentant également le service et la force. L’Evangile selon Luc met l’accent sur la compassion et la nature sacrificielle de Jésus.

L’aigle est le symbole de saint Jean. Il est souvent associé à la spiritualité et à la divinité de Jésus-Christ. L’Evangile selon Jean est considéré comme plus mystique et théologique que les autres, d’où l’association avec l’aigle, symbole de la hauteur et de la contemplation

Ces symboles ont été utilisés depuis l’Antiquité pour identifier les évangélistes et leurs écrits. Ils sont également souvent représentés dans l’art chrétien, que ce soit dans des manuscrits enluminés, des vitraux, des icônes ou des sculptures, pour rappeler les différentes perspectives et thématiques de chaque Evangile. Dans nos paroisses on en trouve quelques représentations à Isérables (église paroissiale), Fully (église paroissiale) ou encore à Saillon (chapelle Saint Laurent).

En l’église d’Isérables, les évangélistes sont rassemblés dans le chœur et le symbole de chacun figure aux pieds de la représentation du saint, à la droite de saint Matthieu et à la gauche de saint Marc, saint Luc et saint Jean.
En l’église de Fully, il faut lever les yeux pour apercevoir les évangélistes figurés par leur symbole tenant chacun un livre ouvert sur lequel il est possible de lire leur nom en latin. Le lion de Marc (MARCUS) et le taureau de Luc (LUCAS) font plus de deux fois la taille de l’aigle de Jean (YOHANNES) et de l’ange de Matthieu (MATTHAEUS).
En la chapelle Saint Laurent à Saillon, il faut également lever les yeux. On aperçoit alors les quatre évangélistes, chacun sur son nuage, accompagné de son symbole, sur sa gauche. Chacun est coiffé d’une auréole figurée de façon unique, mais ceci est une autre histoire…

La voix du Peuple

Raphaël Pomey est à la tête de son propre média, Le Peuple.

Journaliste remuant et réactionnaire, Raphaël Pomey est l’une des voix du conservatisme en Suisse romande. Si la controverse ne lui fait jamais peur, il prône aussi un sens de l’amitié qui transcende les barrières religieuses… et idéologiques.

Par Myriam Bettens
Photos : Jean-Claude Gadmer

Vous vous êtes converti au catholicisme relativement tard après avoir navigué dans le protestantisme et l’évangélisme. Pourquoi ce choix ?
La question religieuse a toujours été dans un coin de ma tête, mais plutôt sous l’angle de la révolte. Lors de mes études de philosophie, j’ai lu, entre autres, saint Thomas et saint Bonaventure. De fil en aiguille, je trouvais que le catholicisme était esthétiquement supérieur. Cette esthétique nous immergeait dans la « longue histoire ». Par contre, je ne renie pas l’héritage protestant de ma famille. Au contraire, je le défends.

Vous vous dites conservateur. Pensez-vous que l’Eglise est (ou devrait être) un des derniers bastions du maintien des « valeurs » ?
C’est une question d’équilibre. Même si je suis conservateur de sensibilité, la position naturelle de l’Eglise est en dehors de l’axe gauche-droite. Prenons la Doctrine sociale de l’Eglise. Elle peut être considérée à droite dans ce qu’elle défend la propriété privée et de la même manière à gauche, car elle prône la redistribution des richesses.

L’Eglise s’engage-t-elle dans trop de combats qui ne sont, a priori, pas de son ressort ?
Aucune réalité de cette terre ne doit échapper à l’Eglise, car je pense qu’elle a un enseignement à donner sur l’ensemble du vivant. Le problème n’est pas de s’engager, mais la manière de le faire. Typiquement, l’engagement très marqué sur les questions écologiques n’est pas un mauvais combat, mais c’est le résultat qui me gêne. C’est une sorte de concentré de sens commun militant.

Le discours de l’Eglise est-il devenu trop politique ?
Oui, absolument, alors qu’il y a une recherche nécessaire d’unité. Il est clair que j’incarne plutôt un pôle qu’on classe généralement à droite. Mon but est avant tout de réorienter, surtout de dire : « Attention, là, vous laissez des gens sur le bas-côté. » Paradoxalement, si je suis plutôt vu comme un combattant, je recherche avant tout l’unité. Je demande que l’Eglise surplombe ces questions-là, car c’est là que doit être son positionnement naturel.

D’ailleurs, vous vous montrez critique vis-à-vis du pontificat actuel…
Je représente clairement une génération qui n’est pas à l’aise avec ce pontificat. C’est un Pape qui enthousiasme énormément de gens en dehors du catholicisme et dont l’engouement, chez les catholiques, provient essentiellement d’une génération qui va mourir. Entre deux, il y a quantité de gens qui ne se reconnaissent plus. Ce que je ressens comme malaise avec ce pontificat, ce n’est pas tellement sa trop grande ouverture, mais plutôt sa fermeture vis-à-vis de personnes qui souhaitent rester fidèles au catéchisme.

On parle souvent du journalisme comme d’un « contre-pouvoir », est-ce l’optique de votre journal (Le Peuple) ?Ce qui est problématique avec cette notion, c’est que l’on postule un pouvoir médiatique, forcément à gauche et radical. Je souhaite avant tout représenter une sensibilité qui a peu voix au chapitre. Les gens qui me lisent se retrouvent dans un héritage culturel qu’ils n’ont pas envie d’abandonner. Autant à droite qu’à gauche. Par contre, il y a parfois des attentes excessives, car certaines personnes considèrent qu’un journal qu’elles perçoivent comme un contre-pouvoir devrait nécessairement prendre le contre-pied, alors que mon vœu premier est d’amener au dialogue.

Le rédacteur en chef s’est converti au catholicisme sur le tard.

Le poids des mots

Raphaël Pomey est philosophe et journaliste de formation à la tête de son propre média, Le Peuple. Il est également devenu vice-champion du monde de Kettlebell, une discipline soviétique proche de l’haltérophilie, en 2017. Entre le nom de son journal et le sport qu’il pratiquait à haut niveau, tout cela sonne bien soviétique. De quoi se demander si le journaliste n’est en réalité pas plutôt de gauche. « C’est une question que je me pose très souvent », glisse-t-il avec un sourire. Par contre, « vous êtes les premiers à me poser la question ! ». Néanmoins, il confie avoir choisi le nom de son journal en référence aux premiers mots de la Constitution. Quant à la sympathie qu’il éprouve pour la gauche, il observe qu’il est impossible de « construire une société sans la notion de bien commun ».

Venez, approchez-vous de l’Enfant-Jésus!

Prière proposée par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo : Sœurs Augustines de Malestroit

Prière traditionnelle chantée « Adeste fideles », pour ce temps de l’Avent qui nous prépare à Noël.

Venez, fidèles, joyeux et triomphants ; venez, venez à Bethléhem. Voyez le Roi des anges qui est né. 

R/ Venez adorons, venez adorons, venez adorons le Seigneur.

Voilà qu’abandonnant leur troupeau, à la voix de l’ange, d’humbles bergers accourent à la crèche. Et nous, hâtons-nous d’un pas joyeux.

Nous verrons la splendeur éternelle du Père sous le voile de la chair : un Dieu enfant, enveloppé de langes.

Embrassons et baisons pieusement ce Dieu devenu pauvre qui gît sur la paille pour nous : qui n’aimerait celui qui nous aime ainsi.

Confirmations: deux célébrations pour un bel engagement!

Le samedi 23 septembre dernier, nous avons eu le bonheur de vivre deux célébrations de la confirmation dans notre paroisse, à Cugy et à Estavayer. Les deux célébrations ont eu un goût différent, puisque l’une était accompagnée par le chœur mixte local et l’autre par un groupe de jeunes chanteurs.

Le diacre Jean-Pierre Cantin.

Par Jean-Pierre Cantin, diacre 
Photos : Guillaume Grandgirard

Si cela était différent de par l’animation, et c’est très bien, la participation des jeunes confirmants-es a été superbe. En effet, chacune et chacun s’est engagé pour participer et faire que la célébration leur tenait à cœur et ils se l’ont appropriée. Merci encore à chacune et chacun, car ce n’est pas toujours facile de lire et parler devant une grande assemblée. Bravo !

Les personnes présentes dans l’assemblée, parents, parrains, marraines et amis ont pu sentir cette appropriation. L’abbé Bernard Sonney, vicaire général du diocèse et célébrant, nous l’a fait remarquer et a remercié toutes les personnes qui se sont engagées pour préparer les jeunes pour ces deux événements. 

Vous me direz : quid pour la suite ? Eh bien, « n’ayons pas peur » comme a dit Jean-Paul II. Il y a des jeunes qui sont engagés pour le service à l’autel, des jeunes qui chantent, des jeunes qui se forment ou qui participent aux JMJ. Certes, ce n’est pas un grand nombre, mais il y en a. N’oublions jamais que l’Esprit Saint est là toujours et tout le temps. J’ai confiance ! La preuve, un groupe de jeunes s’est mis en route pour une célébration de la confirmation en 2024. L’Esprit souffle !

Liste des 24 confirmés à Estavayer 
Diana Andrade Fernandes, Tessy Ansermet, Thomas Baechler, Emilie Brasey, Leonice Cardoso, Mathis Carrard, Alexandre Chanex, Esteban Chassot, Sarah Chassot, Michel Cunha, Mélanie Ebener, Vanessa Evangelista, Leonor Florim, Cléa Flühmann, Christian Fonseca, Manon Huguenot, Isabella Jagielska, Adrian Kowinia, Ana Rita Lima, Diego Marujo, Jakob Misko, Olivia Misko, Jessica Nydegger et Isis Soares.
Liste des 22 confirmés à Cugy 
Manon Bersier, Manon Brügger, Lucas Campagnoli, Joanan Dubey, Sonia Macedo Dias, Victor Marmy, Mariela Mendiola, Noé Moulin, Julian Pantoja, Natacha Perla, Arnaud Pillonel, Lucia Pillonel, Mariella Pillonel, Silva Quintan Rios, Mariana Rebelo Santos, Lou Rubin, Gabriel Silva Santos, Mariana Silva Santos, Salomé Sukyart, Tom Volery, Giovana Zamblera et Luciano Zanutto.

La Remise des clefs, mosaïque de Gino Severini, église Saint-Pierre, Fribourg

Pierre est appelé à mener à bien la mission reçue du Christ.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Dans le chœur de l’église Saint-Pierre, à Fribourg, se trouve une mosaïque de Gino Severini. 

Au centre, le Christ remet les clefs du Royaume des cieux à saint Pierre. Dans l’Evangile, le Christ dit : « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu 16, 18-19)

Tout autour, sont représentés des symboles représentant les évangélistes. L’homme ailé pour Matthieu, le lion pour saint Marc, le bœuf pour saint Luc et l’aigle pour saint Jean. Au sommet, se trouvent le trône et la tiare évoquant la papauté. Le phylactère indique : « Tu es Petrus », soit « Tu es Pierre ».

La scène en bas à gauche ne semble pas faire partie de la vie de Simon-Pierre. Ce miracle de l’eau jaillissant du rocher évoque plutôt l’Exode et Moïse. 

Pour quelle raison Gino Severini a-t-il choisi cet épisode ? En l’absence d’explications de l’artiste, nous ne savons pas avec précision ce qu’il a voulu nous dire de Pierre. Nous pouvons toutefois tenter une interprétation, bien sûr personnelle.

En bas à droite, des hommes tirent un filet. Cela peut évoquer la pêche miraculeuse. Les disciples qui n’avaient rien pris de toute la nuit lancent à nouveau leurs filets à l’invitation de Jésus et le poisson surabonde. 

Les deux miracles se répondent : l’un évoque le Seigneur présent au milieu du peuple qui donne l’eau pour étancher la soif ; l’autre figure Jésus, l’Emmanuel – Dieu parmi nous – qui nourrit. Aujourd’hui, Dieu est aussi présent par sa Parole (que rappellent les symboles des évangélistes).

Pierre est appelé à mener à bien la mission reçue du Christ, comme Moïse qui a guidé le peuple vers la liberté, comme Jésus qui accompagne les disciples vers leur appel spécifique (devenir pêcheurs d’hommes). 

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