Quelles valeurs pour nos jeunes?

Transmettons à nos jeunes des valeurs… sinon ce sera l’anarchie comme en France! 

Par l’abbé Jérôme Hauswirth
Photo : Bernard Hallet

Des jeunes Français de 13 à 15 ans pour la plupart, par milliers, dans la rue, pour incendier des voitures, casser des vitrines, voler et piller leur propre cité. Les semaines qui ont suivi la mort de Nahel (au début de cet été) ont mis en lumière de grands gosses violents, matérialistes et anarchiques. Ils profitent d’un vrai drame pour voler et piller. Cela pose une question simple : où sont les parents de ces grands enfants ? Comment ont-ils grandi ? sans trop m’avancer, j’ose affirmer qu’ils ont grandi sans père et sans repère, les yeux rivés sur leur smartphone, matant une série sur Netflix, rêvant de devenir influenceur, chanteur, star du ballon rond. Le tout évidemment sans effort. Sans rien devoir à personne. Des enfants-rois livrés à eux-mêmes…

Le plus choquant, c’est que cette violence s’est déversée sans revendication, sans dialogue, sans explication. Comme une boue nauséabonde qui se déverse d’une fosse septique… ou un brouillard opaque qui empêche toute lumière, toute rencontre… comme si cette jeunesse ne savait plus parler, exprimer, défendre une idée. Alors plutôt que de parler, argumenter, discuter et disputer, on vole et on pille. On profite de la pagaille pour s’en mettre plein les poches. Ça donne l’impression d’une boulimie consumériste. Une jeunesse frustrée de ne pas tout avoir casse les vitrines pour prendre de force ce qu’elle ne peut pas acheter. Nahel a bon dos…

Cette jeunesse semble perdue. Elle n’a pas été éduquée. C’est évident. Elle n’a pas de valeurs civiques. C’est le drame de ceux qui ne sont ni d’ici ni de là-bas. Ceux qui se comportent comme si la terre où ils habitent est une terre étrangère. Si on ne fait rien, bientôt ici, chez nous, ce sera la même chose. Alors soyons lucides : ne rien faire, c’est faire le pire. Il faut donner à notre jeunesse des valeurs. Et ces valeurs ont pour nous un nom. Et ce nom c’est Jésus-Christ ! Dès lors, il faut le connaître d’abord, pour l’aimer ensuite et le servir enfin. Bref. Plutôt que de déprimer, bienvenue à la catéchèse paroissiale !

Un nouveau convoi!

Par Thierry Schelling
Photos : Sviatoslav Horetskyi

Quelle ténacité, quelle dévotion, quel enthousiasme même, malgré l’intolérable enlisement de cette guerre qui n’en finit pas – mais c’est malheureusement le propre d’une guerre, non ? Pas juste sa « perdurance » dans le temps, mais aussi parce qu’elle génère des solidarités, meut des personnes, agite des cœurs, réveille des générosités qui dormaient… Oui, au fond de l’humain se love un trésor de bonté. Et même le pire ne peut rien contre cette pugnace envie d’aider, d’aimer…

Le pèlerinage de Sviatoslav à Lourdes pour y rejoindre ses confrères des éparchies d’Allemagne et de France & Benelux a été l’occasion de déposer les fatigues au pied de Marie et de recevoir du Fils bien-aimé le sourire du devoir accompli. Dans l’humilité de nos faibles moyens. Mais avec l’arme de la foi…

La première des confessions pour les enfants de la communauté de Lausanne a été une autre façon de célébrer la vie… Sviatoslav est porteur de Celui qui est la Vie ! Merci à sa famille et aux paroissien.ne.s qui le soutiennent !

Un monument et un nom

Considérée comme sainte par beaucoup, Eva Calay ne sera probablement jamais officiellement canonisée. La religieuse belge a néanmoins reçu post mortem la plus haute distinction honorifique attribuée par l’Etat d’Israël et son nom est gravé sur le « Mur d’Honneur » dans le « Jardin des Justes » au mémorial de Yad Vashem de Jérusalem.

Eva Calay en 1931, à son entrée dans la congrégation.

Par Myriam Bettens | Photos : DR

Eva Calay s’oriente très tôt vers la vie religieuse et entre, en 1931, chez les Filles de la Croix, à l’âge de 23 ans. Son papa a néanmoins tenu à ce qu’elle achève des études avant son engagement dans la vie religieuse. Diplômée en littérature et en sténographie, elle est envoyée à Bèfve, dans la province de Liège, pour enseigner. La congrégation y dirige une école de filles avec pensionnat et une maison de repos pour personnes âgées. Durant la guerre, Eva et une de ses consœurs cachent des enfants juifs en les intégrant sous de faux noms au pensionnat. Elle restera à Bèfve jusqu’en 1955, date à laquelle elle retourne à Liège pour y prendre les fonctions d’économe, à la maison mère. 

En tant qu’économe générale, Eva a beaucoup de relations et se sent à l’aise partout. En 1965, la communauté la charge donc de mener à bien les travaux de construction et d’aménagement d’une nouvelle clinique gérée par les sœurs. Celle-ci sera ouverte en 1971. Or les médecins décident de la boycotter, car Eva s’attaque de front à leurs privilèges. Elle ne négocie pas, cette clinique destinée à soigner les gens dans le besoin n’est pas là pour enrichir les médecins. La faculté de médecine de Liège, désireuse de former ses stagiaires dans cette clinique d’avant-garde finit par accepter toutes les conditions d’Eva. La religieuse aura la gestion de cet hôpital pratiquement jusqu’à la fin de sa vie. Décédée en 1992 d’un infarctus, elle repose dans le caveau de la congrégation sous une dalle sans nom. En 2010, Eva est honorée du titre de « Juste parmi les Nations » pour avoir protégé et caché des enfants juifs dans le pensionnat de Bèfve, durant la guerre.

Reprise de la catéchèse paroissiale sur le secteur de Monthey

Réunion des catéchistes en fin d’année scolaire, juin 2023.

Si vous voulez que vos enfants dépassent le niveau moral de TikTok, si vous voulez qu’ils aient des valeurs authentiquement chrétiennes, inscrivez-les à la catéchèse 😃

Par l’abbé Jérôme Hauswirth, curé
Photo: abbé Lucien Favre

Notre société actuelle : en perte de repères

Les faits sont toujours plus manifestes : sans valeurs, notre jeunesse sera toujours plus égoïste et chaotique. Les manifestations en France suite à la mort de Nahel, l’été passé, sont une triste illustration d’une jeunesse sans repère (voir édito). Le retour à l’ordre passe par un retour à l’autorité, dans la famille, cellule de la société. Mais le retour à l’ordre passe aussi par un retour à l’ordre moral, éclairé par la Parole de Dieu et la sagesse de l’Eglise. 

Une école qui s’est déchristianisée

Les temps changent. Pour rappel, au XIXe siècle, le catéchisme dans les degrés primaires représentait 2h par jour ! L’enfant devait savoir lire, écrire, compter mais aussi avoir des valeurs chrétiennes, du civisme. Un siècle après, durant ma scolarité à Monthey, on est passé à 2h par semaine. Et aujourd’hui ? Nous essayons de proposer aux parents de venir 2h par mois, durant les messes du week-end.

Une catéchèse qui doit s’adapter

Depuis 20 ans, la catéchèse, dans le sens d’une transmission de la foi, ne peut plus se faire à l’école. L’école est laïque. Elle transmet via le cours Ethique et Cultures religieuses (ECR) des connaissances sur les principales traditions religieuses, un peu comme de la géographie ou de l’histoire. L’Eglise catholique compose avec cette réalité.

La catéchèse sur le secteur de Monthey se veut dans le prolongement des intuitions de nos prédécesseurs : une catéchèse de cheminement, durant tout le temps de la scolarité primaire, et non pas seulement l’année du sacrement (pardon, communion, confirmation).

Quel est le bon moment pour faire de la catéchèse aux enfants ? 

Notre réponse est la messe dominicale. La messe est le grand rendez-vous de toute la communauté. Ainsi une place adaptée a été prévue pour les enfants : au moment de l’homélie, les enfants rejoignent les catéchistes qui leur proposent un enseignement, adapté à leur âge, sur la Prière et la Parole de Dieu entendue à l’église.

Au final, soyez tous remerciés pour votre présence à la messe dominicale. Cela nourrit la présence de Dieu en nous et renforce nos liens de baptisés.

Merci aux anciens de continuer à porter ces projets pastoraux dans votre prière.

Avec toute ma reconnaissance.

Dans la partie francophone du diocèse de Sion et le territoire abbatial de Saint-Maurice (à l’exclusion du décanat d’Aigle).

La préparation au sacrement du pardon se fait en 4H, la célébration ayant lieu au printemps. 

La préparation au sacrement de la première communion se fait en 5H, la célébration ayant lieu au printemps. 

La préparation au sacrement de la confirmation, qui s’étend sur une année, se fait en 7H, la célébration ayant lieu en début de 8H (fin septembre). 

Grandir dans sa foi en prenant appui sur les valeurs chrétienne n’est pas réservé qu’aux enfants : les groupes : MADEP, Relais, « Fun and God », JCC, jeunes de Lourdes, ThéoCamp, Lectio Divina etc. sont là pour les ados et les jeunes afin de les aider à vivre la foi en communauté. Plus d’info sur nos sites internet. 

https://www.paroisse-monthey.ch/

https://paroisses-collombey-muraz.ch/

https://paroisses-hautlac.ch/

Merci aux mamans ou aux papas qui voudraient renforcer l’équipe d’animation. Plus nous sommes nombreux et plus
l’organisation est souple. Pas besoin d’être enseignant de métier. Un temps de lectio hebdomadaire au couvent des
bernardines le jeudi à 19h contribue à une réflexion et formation pour adulte en ce sens.

Tél. : 024 472 71 80.

Foi et éthique médicale

De saints médecins.

Par David Roduit
Photo: éd. Téqui

Comme tout chrétien (et peut-être plus qu’un autre), le médecin se trouve confronté à des questions difficiles d’éthique. Comment sa foi chrétienne l’aide-t-elle dans son combat pour la vie ?

Ce sont les questions proposées par la rédaction de L’Essentiel pour la préparation de ce présent numéro. Avec le groupe local du décanat de Sion, nous avons tenté d’approcher des chrétiens issus du milieu de la santé.

Avec l’aide du mouvement des Focolari, nous avons pu recueillir quelques échos d’un sujet pour lequel, après enquête, il ne semble pas si évident de parler.

Une médecin de famille avouait se sentir mal à l’aise avec ce sujet, ne se sentant pas légitimée à imposer sa propre éthique à ses patients.

Un ancien responsable d’EMS, maintenant retraité, ne pensait pas maîtriser ce sujet, mais cependant connaissait un prêtre vers qui se tourner pour obtenir un éclairage plus autorisé.

Voici comment de son côté s’exprimait une infirmière : « Personnellement, pour moi être un thérapeute chrétien, c’est plus par la vie que par la parole si on peut dire. C’est rare les personnes avec qui je parle de religion, mais je cherche plutôt à découvrir quelles sont leurs valeurs profondes, ce qui fait sens pour eux ou leur transcendance, leur ressource intérieure pour surmonter une épreuve. Nous avons aussi un service d’aumônerie avec des personnes laïques qui offrent un espace d’écoute ou de partage aux personnes qui le désirent. Pour moi l’accompagnement spirituel aujourd’hui est plus vaste que seulement chrétien. C’est l’ouverture comme on le vit dans le mouvement : « se faire un avec l’autre ». »

Dans un monde marqué par le pluralisme des convictions comme nous le dévoile ces quelques propos, quel défi exigeant pour un médecin de concilier professionnalisme, fraternité universelle et fidélité à l’Evangile de la vie !

En librairie – septembre 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Nous veillerons sur votre dignité
Elisabeth de Courrèges

A travers son métier d’ergothérapeute auprès de personnes âgées et malades, Elisabeth de Courrèges s’engage au quotidien auprès de patients en fin de vie. Elle est le témoin de ces derniers instants qui changent les cœurs et les ouvrent à la Lumière. Et elle se bat sans relâche pour qu’ils se déroulent dans la paix et la dignité. « J’espère qu’un jour, nous n’entendrons plus parler d’euthanasie. Pas seulement parce que cela me semble indigne de l’être humain, mais aussi parce que nous n’en aurons plus besoin. Parce qu’il y aura suffisamment de moyens, financiers et humains, pour veiller et prendre soin de toute vie qui, naturellement, s’éteint. »

Editions Mame

Acheter pour 14.70 CHF

Un art de vivre et d’aimer par temps de catastrophe
Jean-Yves Leloup

Dans un monde où l’activité humaine maltraite l’environnement et malmène l’individu, où les crises économiques et sociales se succèdent, comment rester lucide sans être désespéré ? Inspiré par les grands penseurs de l’Antiquité (Epicure, Aristote, Socrate, Epictète, Philon d’Alexandrie ou le Bouddha), Jean-Yves Leloup propose un ensemble de conseils accessibles à tous pour construire une vie libérée de l’inquiétude. Son enseignement, soutenu par une quinzaine de méditations concrètes, nous appelle à surmonter les obstacles, vivre avec nos maux, écouter notre corps, respecter nos émotions et nos désirs.

Editions Points

Acheter pour 11.10 CHF

Les médecines alternatives.
Des clés pour discerner

Pascal Ide

Comment choisir une thérapie ? L’interrogation face aux médecines dites alternatives et complémentaires, douces ou traditionnelles est complexe tant il est difficile de s’y retrouver entre les avis tranchés qui émanent du corps médical, la prudence légitime des autorités religieuses et l’enthousiasme des heureux bénéficiaires, sans compter les informations glanées sur internet… Plutôt que de dresser une liste des bonnes et mauvaises thérapies, le père Pascal Ide offre des critères de discernement en se demandant : ces médecines sont-elles compatibles avec la méthode scientifique ? Avec la foi ? Avec l’enseignement du Magistère ? Favorisent-elles une influence démoniaque ?

Editions Artège

Acheter pour 21.70 CHF

Les soignants en BD
Les chercheurs de Dieu en BD

Un nouvelle BD autour de médecins engagés au service des personnes fragilisées par la maladie. Albert Schweitzer, Françoise Dolto et Frère Luc de Tibhirine : trois figures de soignants, trois bons samaritains qui ont marqué leurs contemporains au XXe siècle et peuvent nous inspirer dans le soin à apporter à son prochain. Chacune de ces trois figures incarne à sa manière l’engagement du médecin au XXe siècle : au Gabon, auprès des enfants et en Algérie (enfants à partir de 7 ans).

Editions Bayard Jeunesse

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Pour commander

Bienvenue à l’abbé Frank Stoll sur Monthey!

En juin, nous avons souhaité bonne suite à l’abbé Marek Glab qui est parti pour continuer son ministère sur le continent africain. Maintenant, nous accueillons l’abbé Frank Stoll qui arrive à Monthey.

Texte et photo par Valentin Roduit 

Né en 1958, l’abbé Frank Stoll a grandi à Saint-Maurice. C’est au collège de l’Abbaye, vers 16-17 ans, que le Seigneur l’a appelé à travers l’exemple de certains chanoines. 

Mais ce n’est pas là que le Seigneur l’attendait, il n’était pas décidé à entrer à l’Abbaye de Saint-Maurice. C’est sur le chemin du séminaire diocésain que les choses se sont mises en place. Il a étudié la théologie à l’université de Fribourg en vivant au séminaire diocésain (au Salésianum à l’époque). 

Le déménagement de ses parents de Saint-Maurice à Monthey durant ce temps du séminaire l’a conduit à être ordonné prêtre dans sa paroisse de résidence. C’était le 14 juin 1987 dans l’église de Monthey qu’il retrouve aujourd’hui.

Durant ses 36 années de ministère, ce qui l’a fait vivre, c’est d’offrir des célébrations liturgiques nourrissantes et découvrir le chemin de Dieu vers chaque personne rencontrée. Bien sûr, au milieu des joies il y a eu aussi des difficultés, mais il s’est toujours battu pour garder la flamme.

Après avoir servi dans les paroisses de Nendaz, Saxon, les hauts de Conthey, Val d’Illiez et Champéry, Frank a été, ces huit dernières années, curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Sion, après y avoir été vicaire pendant une année.

Arrivé à ses 65 ans, il a demandé à être déchargé de la responsabilité de curé, mais il reste au service, comme auxiliaire. C’est ainsi qu’il rejoint l’équipe du secteur de Monthey. Il pourra aussi prendre plus facilement soin de son papa de 97 ans.

Bienvenue Frank dans le secteur, où sont déjà présents deux autres anciens curés de la paroisse du Sacré-Cœur de Sion : l’abbé Marcel Martenet et l’abbé Jean-René Fracheboud. 

Cher Frank, continue à entretenir la flamme de ton ministère, qu’elle illumine la foi des paroissiens de Monthey et des environs !

Médecin et chrétien

Par Leonidas
Photo : Marie-Paule Dénéréaz

Ensemble, soigner les cœurs. « Mon Fils, mets en Dieu ta confiance, et il te viendra en aide. Suis droit ton chemin et espère en lui. » (Si 2, 6) Les enfants et les jeunes viennent de reprendre le chemin de l’école. Ils ont eu la joie de passer des vacances ou des pèlerinages en différents lieux. Les parents et leurs enfants ont certainement eu l’occasion de visiter des musées, des paysages romantiques ou de belles églises où tant d’artistes ont manifesté leur piété religieuse. 

Nous sommes reconnaissants du rôle prépondérant que les parents ont continué à manifester vis-à-vis de leurs enfants, en matière religieuse. Ce rôle des parents ou membres familiaux est à revaloriser au-dedans et au-dehors. Un proverbe africain dit : 

« Il faut tout un village pour éduquer un enfant. »

En effet, plusieurs acteurs et institutions interviennent pour l’éducation d’un enfant. Nelson Mandela disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » Si la communauté entière s’implique pour élever un enfant, les parents sont moins isolés, moins stressés et ainsi plus disponibles pour cheminer avec leur enfant. 

Au cours de notre pastorale : prêtres, parents, agents pastoraux, professeurs, nous sommes interpellés pour avancer ensemble en cette noble mission éducative, intellectuelle et surtout religieuse. Pensons aussi à l’adage : une âme saine dans un corps sain. 

Puisse le Seigneur nous donner les grâces nécessaires d’avancer ensemble en prenant soin des jeunes que le Seigneur nous confie en cette année 2023-2024. 

L’Eglise, c’est toi, c’est moi…

Une belle délégation valaisanne était présente à ces JMJ. Ici devant la cathédrale de Lisbonne.

Par Simon Roduit 
Photo : JMJ à vélo

En pleine pandémie, le 22 novembre 2020, le pape François invitait les jeunes du monde entier à « ne pas renoncer aux grands rêves » que le Seigneur veut pour nous. Comme jeune curé de Martigny permettez-moi de vous partager deux grands rêves que je porte pour notre belle communauté chrétienne de Martigny, à partir des paroles du pape François aux JMJ de Lisbonne.

Le 3 août dernier, en accueillant les jeunes de tous les pays, le Pape s’est adressé à nous : « Chers amis, je voudrais être clair avec vous […] : il y a de la place pour tout le monde dans l’Eglise ! Personne n’est inutile, personne n’est superflu, il y a de la place pour tout le monde, tels que nous sommes. »

Oui, je rêve à Martigny d’une Eglise où tous puissent se sentir chez soi, où chacun trouve le moyen de mettre les talents reçus de Dieu au service de la communauté. Je rêve que plus personne ne dise : « l’Eglise, c’est le Pape et les curés », mais : « l’Eglise, c’est moi aussi. » Je rêve que chaque baptisé puisse porter autour de lui la joie de croire en Dieu et témoigner par sa vie que Dieu est vivant et qu’il s’occupe de nous.

A la messe finale au bord du rio Tejo, le pape François a invité les 1,5 million de jeunes présents à se mettre à l’écoute du Christ. Voici ses paroles : « Ecouter Jésus. Tout le secret est là. Ecoute ce que Jésus te dit. […] Prends l’Evangile et lis ce que Jésus dit, ce qu’il dit à ton cœur. »

Je rêve à Martigny d’une Eglise qui se mette encore plus à l’écoute de la Parole de Dieu ; d’une Eglise où la voix de Jésus peut résonner dans le cœur de chacun. Que germent des groupes de prière communautaire, de lecture de la Bible, afin que Jésus soit vraiment présent et recherché dans notre paroisse, et qu’il devienne le centre de toutes nos activités.

Merci, chers paroissiens, de m’accueillir comme jeune curé, afin que nous puissions ensemble – tous ensemble – nous tourner vers le Christ qui parle au cœur de chacun et guide son Eglise.

Troisième visite pastorale de notre évêque dans le secteur de Monthey du 30 septembre au 6 octobre

Mgr Jean-Marie Lovey et son Vicaire général, Pierre-Yves Maillard, seront en visite pastorale chez nous la première semaine d’octobre, pour la troisième (et dernière fois). La semaine débute avec les messes de confirmation. Mais qu’est-ce que la visite pastorale ?

Par Sandrine Mayoraz et Jérôme Hauswirth | Photo : DR

Après sa nomination, notre évêque Jean-Marie a eu à cœur de renouveler les visites pastorales. Profitant de son « petit diocèse », il planifie de visiter tous les secteurs pastoraux sur trois ans. 

Comme un berger qui connait ses brebis (Jn 10, 14), l’Evêque accompagné du Vicaire général va à la rencontre des fidèles qui lui sont confiés. La visite pastorale a pour but de « prendre la température » d’un lieu, de rencontrer les paroissiens et les agents pastoraux (prêtres et laïcs), d’entendre leurs préoccupations et leurs joies, d’encourager la foi, de découvrir les réalités spécifiques et les projets pastoraux d’un lieu. Après une semaine, Mgr Jean-Marie a un panorama de la « santé » et de la sainteté d’un secteur de paroisses. Puis, tous les cinq ans, il présente au Pape un rapport sur l’état du diocèse qui lui est confié.

Simplicité au programme

C’est une visite officielle. Dans un récent courrier, l’évêché rappelle que Mgr Jean-Marie Lovey s’attache « à cultiver un esprit de simplicité et de cordialité. Le principal est de passer quelques jours dans le quotidien d’un secteur pastoral et de ses activités ordinaires. Il n’est donc pas prioritaire d’organiser des événements particuliers, mais plutôt de compter simplement avec la présence de l’évêque dans la vie ordinaire du secteur ». 

Chez nous, la semaine commence par les confirmations agendées depuis longtemps. Il n’y aura pas d’autres messes dominicales en présence de notre évêque, par contre, il célébrera chaque matin une messe dont certaines seront suivies d’un temps d’échanges informels. Il prendra le temps de rencontrer certains conseils et groupes paroissiaux, ainsi que d’effectuer les entretiens annuels avec nos prêtres et agents pastoraux laïcs.

Jamais deux sans trois

Cette troisième visite pastorale sera certainement la dernière visite de notre évêque. En effet, « l’évêque diocésain qui a atteint septante-cinq ans accomplis, est prié de présenter la renonciation à son office au Pontife Suprême qui y pourvoira après examen de toutes les circonstances ». Canon 401. Ainsi, en 2025, Mgr Jean-Marie Lovey aura atteint l’âge d’une retraite bien méritée.

Programme de la visite

Samedi 30.09.2023
• 10h : messe de confirmation aux Perraires à Collombey

Dimanche 01.10.2023
• 10h30 : messe de confirmation à l’église de Monthey

Lundi 02.10.2023
• 8h30 : messe au monastère

Mardi 03.10.2023
• 8h30 : messe au monastère
• 19h : réunion avec les deux Conseils de Communauté

Mercredi 04.10.2023
• 8h : messe église de Monthey et café, croissant sur le parvis
• 12h : repas avec les groupes d’enfants et de jeunes du secteur
• 18h30 : rencontre des catéchistes du secteur

Jeudi 05.10.2023
• 8h30 : messe au monastère
• 18h30 : réunion avec les deux Conseils de Gestion

Vendredi 06.10.2023
• 8h : messe église de Monthey

La foi et les soins infirmiers

« Prendre soin des autres… deux jeunes blouses racontent »

Depuis trois ans, Mélanie Rais de Chamoson, et Sébastien Gauye de Sion, étudient les soins infirmiers à la HES-SO. Ils témoignent aujourd’hui pour nous. 

Texte et photo par Mélanie Rais et Sébastien Gauye

De nature dynamique et joviale, Mélanie Rais, 22 ans, est engagée dans de nombreux milieux qu’ils soient sportifs, villageois, associatifs, etc. Passionnée par l’humain elle explique : « J’ai choisi les soins car pour moi, il est important que l’on puisse prendre soins les uns des autres. Parfois, lorsque je vais travailler, je me demande qui soigne qui. » Sébastien Gauye, 23 ans, est un jeune chrétien engagé au service des plus fragilisés de notre société. Naturellement empathique et passionné de l’humain, il aime s’occuper des autres et prendre soin d’eux. 

Pour apprendre le métier d’infirmier, Mélanie et Sébastien ont opté pour le modèle de la Nursing Team Academy. Cette approche pédagogique innovante propose une nouvelle manière d’apprendre et d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir un-e professionnel-le de la santé. Ce mode d’apprentissage valorise et construit toute la capacité d’autonomie et de responsabilité de l’apprenant-e à pouvoir assumer pleinement son processus d’apprentissage. Le corps enseignant s’y inscrit comme ressource à part entière. Les étudiant-es y évoluent majoritairement en groupe, à l’image d’une équipe de soin. Au sortir de cette formation, Sébastien et Mélanie sont plutôt ravis de leur expérience : « Cette voie de formation nous a fait grandir, nous a comblés au-delà de nos aspirations. Elle est devenue une véritable école de vie pour nous .»

La foi et les soins infirmiers ? Nombre de personnes recherchent dans leur processus de guérison un sens à leur maladie. Il n’est pas toujours simple pour elles de le faire… D’autant plus que la question du sens reste personnelle et sacrée à chacun. La question du sens est multiple. En tant qu’infirmier-ère, nous pouvons essayer d’accompagner au mieux ce vécu bouleversé ou fragilisé. C’est ici que le prendre soin s’inscrit : il exprime autant une façon de faire que d’être avec la personne soignée. Pour atteindre pleinement autrui, il est essentiel de le reconnaître et de l’accueillir dans toutes ses dimensions. Prendre soin c’est donc accueillir, aimer, rejoindre, soigner l’autre tel qu’il-elle est… dans ses questionnements, ses doutes, ses douleurs, ses affinités, ses choix, ses joies, ses peines, sa manière d’être et de faire aussi. C’est une rencontre entre deux humanités. Pour y parvenir, il y a cette part de confiance envers autrui qui est nécessaire, ce qui n’est pas sans rappeler la démarche de la foi qui développe ce même esprit d’engagement et de confiance mutuelle. Dans le soin, la foi c’est cette petite flamme qui est en chacun de nous pour transcender nos infirmités et nous aider ainsi à accomplir pleinement nos humanités respectives.

« Au cœur de l’Église, je serai l’Amour », disait sainte Thérèse de Lisieux. Et si nous pouvions transposer ce même appel au domaine des soins ? 

Prenez soin de vous…

Je m’en vais comme un pauvre très riche!

Mosaïque visible à l’église de Martigny-Croix avec les insignes de l’Hospice du Simplon, le cœur, l’ancre et la croix.

Par Klaus Sarbach 
Photo : DR

Une valise n’est pas un « outil de départ » mais de déménagement. Elle prend les valeurs les plus importantes pour les utiliser dans un autre endroit. Après 48 ans de service sacerdotal, je dois refaire ma valise. Je me rends compte que je suis un homme très riche. Non de mérites accumulés, mais de cadeaux et d’expériences accueillis.

Ma mère disait : « Mange ce qui est dans ton assiette. » Aujourd’hui, mon « assiette » est très variée : dans 2 pays, 4 langues, 12 paroisses, 3 hospices, sous 5 prévôts et 5 évêques, etc.

Combien de « grains d’or » ai-je pu accueillir et semer dans des cœurs ! L’or, ce sont les dons du Dieu d’amour et des cœurs humains, frères et sœurs, qui partagent ma vie. Partout j’ai reçu des rayons de soleil. Et les « gouttes de pluie » des souffrances et des déceptions ont été essuyées par la main miséricordieuse de Dieu.

Donc, mon cœur déborde d’action de grâce. Le cœur haut-valaisan dit : « Que Dieu vous les rende mille fois ! » C’est en nous laissant guider par son Esprit, nourrir du Corps de Jésus et en cultivant avec nos frères et sœurs le bout du jardin d’espérance qui nous est confié, que même le « vicaire-grand-père » espère pouvoir continuer à servir le troupeau de Jésus comme le sodzi (serviteur d’alpage).

Pour vous exprimer mon MERCI, je dis avec saint Pierre devant le paralysé : « Ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus, marche ! » Malgré le « virus de l’indifférence » qui nous fait mal, marchons avec Jésus. Si chacun partage le légume de son jardin à sa saison, nous sommes bien nourris et nous avancerons dans la confiance dans la cordée de Jésus qu’est l’Eglise de nos jours. Portons-nous dans la prière. Sachez que l’Hospice du Simplon est à 90 minutes de voiture, que sa porte est ouverte 365 jours par an – et celle du cœur même la nuit !

Bienvenue sur le Secteur de Monthey à l’abbé Martin Filipponi

Dès la rentrée de cet automne, nous avons la joie d’accueillir un prêtre, originaire du Haut-Valais, l’abbé Martin Filipponi. Il vient effectuer un stage d’une année sur les paroisses du secteur de Monthey. Nous avons donc voulu faire plus ample connaissance avec lui.

Questions posées par Jean-Michel Moix | Photo : Martin Filipponi

Cher Martin, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Martin Filipponi, je suis prêtre catholique et j’ai 44 ans. J’ai grandi à Gampel. Après l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier à l’HEVs à Viège. J’ai ensuite travaillé au Réseau Hospitalier Valaisan, dans un service médical spécialisé dans les soins palliatifs et l’oncologie. Pendant ce travail, on entre en contact avec les grands thèmes existentiels de la vie. D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi l’être humain souffre-t-il ? Qui est à tes côtés ? Comment Dieu se manifeste-t-il ? C’est à cette époque que ma vocation de prêtre a grandi. Mais il a fallu encore un peu de temps. Dieu a eu beaucoup de patience avec moi. 

Quand as-tu été ordonné prêtre ?
Après des études de théologie et de philosophie à Coire et à Heiligenkreuz près de Vienne, j’ai été ordonné prêtre avec deux autres confrères dans la cathédrale de Coire le 13 mai 2017. C’était beau et un événement spirituel qui est resté profondément gravé dans mon cœur. Le fait que la famille, de nombreux amis et des fidèles du Valais soient venus en bus a été une vraie joie.

Et qu’est-ce qui t’a motivé à devenir prêtre ? Comment s’est dessinée ta vocation à la prêtrise ?
En principe, c’est Dieu qui appelle. L’appel à la prêtrise vient de Lui. La question est de savoir si nous pouvons entendre cet appel et le discerner. Pour cela, il faut aussi des prêtres qui nous accompagnent. Personnellement, il y a eu chez moi plusieurs événements qui se sont conjugués. 

Notre mère nous a initiés à la vie de foi, nous avons prié en famille et dans les groupes de prière.

Un aspect est certainement une expérience personnelle pendant l’adoration eucharistique. A cela s’ajoutent les festivals de jeunesse. Il ne faut pas oublier l’impact de prêtres exemplaires qui ont accompli leur ministère avec joie et dévouement et qui avaient du temps pour nous, les jeunes.

Les prêtres ont souvent des préférences personnelles ou des domaines dans lesquels ils se sentent particulièrement à l’aise. Qu’en est-il de ton côté ?
Je pense que la prière personnelle et la célébration de l’eucharistie sont importantes et belles. Le prêtre doit se tenir devant Dieu, être avec Lui et prier. Et ce qu’il reçoit de Dieu, il faut le mettre en pratique au service des hommes.

D’autre part, je trouve que l’accompagnement spirituel est une belle mission. Pendant mes études de licence, l’abbé Maximilian Heim OCist, m’a demandé de travailler au séminaire en tant que directeur spirituel. Le service consistait entre autres à accompagner spirituellement les candidats au sacerdoce. Aujourd’hui encore, je suis très reconnaissant de cette expérience. 

Finalement, la théologie du corps de Jean-Paul II me fascine et représente une théologie qui souligne la dignité du corps et présente la beauté de l’amour d’une manière holistique. Il y a encore beaucoup d’autres facettes du ministère sacerdotal qui sont belles. La pastorale des malades et la pastorale familiale en font partie. C’est avec plaisir que je donne des catéchèses. Mais pour l’instant, il s’agit d’abord d’approfondir la langue française. 😉

Sacrements de guérison

Texte et photo par Marius Stulz

Croix ancienne de l’église d’Aumont-Aubrac (GR65).

Le thème du journal de ce mois portera sur la trame « médecin et chrétien ».

Il est très étonnant de voir combien les grandes figures du christianisme : la petite Thérèse, Bernadette Soubirous, Bienheureux Frédéric Ozanam, Marthe Robin, saint Damien, saint François d’Assise et même notre sainte Glânoise, Marguerite Bays, ont souvent dû lutter contre des maladies de toutes sortes et ceci malgré leur proximité avérée et leurs liens très étroits avec le Seigneur. Sainte Bernadette de Lourdes a même reçu un message étonnant de Marie : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Maladies, handicaps et souffrances ne sont pas absents de la vie chrétienne.

Et pourtant nous avons reçu deux magnifiques sacrements de guérison : le sacrement de la réconciliation et le sacrement des malades.
A travers eux et par d’autres manières encore, Jésus nous soigne et nous guérit même parfois. Certes, Jésus est notre médecin, il a guéri de nombreux malades, nous pouvons lire de nombreux témoignages dans les Evangiles et il guérit encore aujourd’hui pour le bien de l’Annonce de sa Bonne Nouvelle ; mais surtout, il guérit notre être profond, notre âme ; il guérit notre force intérieure de vie persécutée par le mal auquel nous avons succombé ou que nous subissons. Par le pardon il nous libère des conséquences désastreuses du mal dans nos vies et par le sacrement des malades il nous offre sa force, son Esprit d’Amour qui nous permettra d’affronter toutes les épreuves auxquelles nous sommes appelés à faire face dans nos vies. Grâce à lui et avec lui, nous savons que dans n’importe quelles situations de souffrance, comme pour lui sur la croix, il nous donne son Esprit d’Amour qui nous permettra de transcender la souffrance, de passer au-delà de nos blessures, pour laisser à ce qui est vie en nous prendre la première place, pour mettre au centre la force d’Amour qui nous permettra de tenir debout malgré nos paralysies, nos béquilles, nos tumeurs et nos désespoirs.

L’espérance revivifiée qui n’est autre que le renouvellement de la confiance au Christ, reste le chemin de guérison le plus accessible et le plus efficace pour tous. Il nous guérit intérieurement, nous ouvre aux autres et nous permet d’accueillir l’aide de nos frères dont nous avons besoin, quels que soient leurs charismes et leur spécialisations médicales ou autres.

Bon chemin de guérison à tous, bonne route avec le Christ.

La première place pour Marguerite

Par Françoise Besson | Photo : pexels

« Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » J’avais fini par bien la connaître cette phrase qui revenait souvent quand nous abordions le thème des souvenirs d’enfance. « Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » Il y avait dans cette phrase une forme d’âcreté bien particulière, une âcreté de pamplemousse, presque désagréable, mais fraîche et qui faisait plisser les yeux de Marguerite quand elle la disait, comme lorsqu’on mord un fruit trop acide. 

Cette phrase lui donnait un véritable « coup de jeunesse » en lui faisant remonter au visage une maussaderie d’adolescente. Les mois ont passé, les années peut-être, et Marguerite a de moins en moins fréquenté les discussions de groupe… 

Un jour, dans l’intimité de sa chambre, la jeunesse revient au centre de la discussion. Marguerite se souvient du souhait de ses parents qu’elle aille en Suisse alémanique pour apprendre la langue. Elle raconte le départ de Lancy, l’arrivée à Bâle, la grande maison des hôtes, leur pingrerie, leur froideur hautaine, la dignité blessée de cette toute jeune fille, et l’ennui… l’ennui qui s’installe, qui serre la gorge, coupe l’appétit et empêche de dormir. 

En rentrant du cours d’allemand, un jour, Marguerite n’y tient plus… elle se rend chez la logeuse d’une camarade genevoise plus chanceuse qu’elle et téléphone au bureau de l’entreprise paternelle. La commission sera faite au patron quand il reviendra de livraison. Voilà, c’est dit… Je suis tellement malheureuse ici ! 

Au matin du jour suivant, Marguerite est réveillée par un drôle de bruit, des cailloux, des petits cailloux qui résonnent aux volets de bois… Elle ouvre la fenêtre et voit son père, là dans la cour, souriant et fatigué… Il s’est mis en route dès qu’il a appris les nouvelles de sa fille… Il n’a pas fermé l’œil dans le train entre Genève et Bâle…

Le silence s’installe entre nous, plein, nostalgique et curieusement mêlé de contentement : dans le geste chevaleresque de son père brille une tendresse brute, non taillée, infiniment précieuse… Et toutes ces années plus tard, Marguerite se rend compte que ce matin-là, « il n’y en avait que pour elle… ».

Ordination sacerdotale de Simon «le breton»

Simon entouré des confrères et séminaristes lors de la première messe à Vannes. Simon a choisi de célébrer une messe votive à l’Esprit Saint, ce qui explique la couleur rouge.

Par Valentin Roduit | Photo : Marie-Fontenelle Heiser

En été 2022, les paroisses de Collombey et Muraz sont allées en pèlerinage en Bretagne, à Sainte Anne d’Auray, chez la grand-maman de Jésus (voir L’Essentiel octobre 2022).

Là-bas, nous avons été accueillis par Simon Liot de Nortbécourt, dit « le breton ». Quelques semaines plus tard il était ordonné diacre et revenait de nombreux week-ends dans nos paroisses pour exercer son ministère par la prédication, la catéchèse, un baptême et de nombreuses autres rencontres ou moments conviviaux.

Le 18 juin dernier, Simon a été ordonné prêtre à Sainte Anne d’Auray, dans une basilique lumineuse et remplie de sa famille, de ses amis, de nombreux prêtres, diacres et chrétiens de son diocèse.

Dans son homélie, l’évêque, Mgr Raymond Centène, a rappelé que « notre Dieu est le Dieu qui sauve » et que « Dieu veut avoir besoin de nous pour accomplir son dessein d’Amour et de Salut ». C’est bien dans ce dessein que Simon s’est formé durant sept ans, entre Sainte Anne d’Auray, Fribourg, Jérusalem et nos paroisses de Collombey et Muraz.

Lors d’une première messe à Vannes à la tonalité très intérieure (Simon n’avait plus de voix), il a exploré dans sa prédication la mission du prêtre d’offrir le sacrifice. De même que chaque fidèle offre des sacrifices à Dieu, le prêtre s’offre lui-même et rend présent le sacrifice du Christ.

Simon est également venu célébrer une « première messe » (dans la tradition de l’Eglise, des grâces spéciales sont attachées aux messes célébrées durant la première année de sacerdoce, et aux bénédictions qui peuvent être données par lui) au Monastère des Bernardines à Collombey le mardi 4 juillet. Ceux qui l’ont entendu progresser en homélie durant son diaconat ont pu se réjouir de le voir présider l’eucharistie et de prier avec lui.

Rencontre avec Romaine Pouget

Soigner, guérir et prendre soin des frères et sœurs en humanité.

Propos recueillis par Alessandra Arlettaz | Photos : Romaine Pouget

Le thème est « Médecin et Chrétien », me dit-on, en me demandant d’écrire cet article. En ce qui me concerne, ce serait plutôt « Chrétienne et Médecin », puisque c’est une chrétienne, intérieurement déjà consacrée au Seigneur, qui a débuté avec enthousiasme des études de médecine à l’âge de 19 ans. A cette période, je me savais déjà en « état de vie consacrée », bien que ne voyant pas encore sous quel type d’engagement cela allait « s’officialiser ». 

Le Seigneur ne m’a fait découvrir l’existence de l’Ordre des Vierges consacrées que 11 ans plus tard, alors que déjà médecin depuis 5 ans, il me tardait vraiment de pouvoir Lui dire « OUI » officiellement. Dans le même temps, je savais tout à fait clairement que j’étais faite pour être médecin. Je dirai donc que je suis une enfant de Dieu qu’Il a appelée à une double vocation, celle de consacrée et celle de médecin, ceci se mariant très bien à la vocation de vierge consacrée.

A partir du moment où une rencontre personnelle et profonde avec Dieu a lieu, toute la perception de la vie est fortement imprégnée de cette dimension. Les études, et l’activité professionnelle, ont un sens différent et peuvent être vécues comme une mission donnée par le Seigneur pour vivre, selon Son Cœur, notre « stage d’Amour » sur la terre. De fait, si le but perçu de la vie sur la terre est d’apprendre à aimer, notre façon de percevoir nos journées, les interactions avec nos frères et sœurs en humanité (y compris professionnelles) en a nécessairement la « couleur et l’odeur », en dépit de nos limites personnelles et des épreuves qui agitent la surface. La vie consacrée qui nous fait « élan d’amour » en réponse à un « Elan d’Amour » touche ainsi naturellement toutes les dimensions de notre vie, activité professionnelle comprise.

Soigner, guérir, quelle mission magnifique et hautement privilégiée !

Personnellement, il m’est donné d’aimer « prendre soin ». Plus j’avance, plus j’aime d’ailleurs « prendre soin » de mes frères et sœurs en humanité, plutôt que simplement « soigner ». En effet, au-delà de la passionnante dimension scientifique, il y a toujours la rencontre d’une personne tout à fait inédite dans sa dimension corporelle, psychique et spirituelle. Et je pense que le Seigneur (si on le veut bien) essaye toujours d’ouvrir notre intelligence sur chacune de ces dimensions, pour que le soulagement apporté soit le plus large possible et s’opère dans le plus grand respect possible de la personne unique et sacrée qui nous est confiée. Ainsi, quand on ne peut pas guérir, on peut toujours être un « baume sur les blessures de nos frères », une présence de Vie auprès de ceux qui sont « en fin de cette vie », …

Je conclurai par une immense action de grâce envers Celui qui nous a aimés le premier et qui nous accompagne avec tant de patience et de délicatesse dans les missions qu’Il nous a confiées pour notre plein épanouissement, pour la joie de tous et pour que notre vie soit une vivante louange à la gloire de Son Nom.

(Cf. Wikipédia et Catéchisme de l’Eglise catholique)

Dans l’Eglise catholique, une vierge consacrée est une femme qui, par amour de Dieu, s’est engagée à vivre dans le célibat et la chasteté, et a été consacrée au nom du Seigneur par l’évêque de son diocèse de domicile.

L’Ordre des Vierges consacrées remonte aux temps apostoliques. « Dès les temps apostoliques, des vierges chrétiennes, appelées par le Seigneur à s’attacher à Lui sans partage dans une plus grande liberté de cœur, de corps et d’esprit, ont pris la décision, approuvée par l’Eglise, de vivre dans l’état de la virginité «  à cause du Royaume des cieux  » » 

(Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 922)

«Sauvons des vies avec un sourire!»

Ludmila, l’enseignant Aristide et Valentine.

C’est la devise de l’association Africa Smile. De retour du Togo où elles ont travaillé comme enseignantes bénévoles, deux Octoduriennes, Ludmila Becerra et Valentine Rey, nous livrent leur témoignage.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Ludmila Becerra, présentez-nous Africa Smile.
LB : Fondée en 2014 à Lomé, les objectifs de l’association sont la lutte contre la pauvreté et l’aide au développement rural. Active dans l’éducation, la culture, le sport, la santé, l’environnement, elle a fusionné en 2019 avec l’Association de Volontariat International Djidudu autour du projet O-Vie (Orphelins Vie). Africa Smile apporte son soutien toutes confessions confondues. Latévi Lawson et Reine Dayalor en sont les piliers.

Vous êtes enseignante. Quelles sont les différences principales entre l’école ici et au Togo ?
LB : Nous avons travaillé avec des élèves de CE1 (7-8 ans) sur un projet d’expression et de lecture. Il y a de grandes disparités : peu de matériel, un enseignant pour 120 élèves et donc des cours uniquement en frontal. Le cours est donné puis recopié et l’oral a une moindre place.

A quoi ressemble la journée type d’une stagiaire ?
VR : L’été, l’horaire est plus léger avec des cours de 8 à 12h, mais l’école reste ouverte sauf pour deux semaines. On débute en chansons avec des enfants très motivés puis il y a une pause repas de 30 minutes durant laquelle nous leur donnons des poches d’eau. Régulièrement, le repas est payé et préparé par les stagiaires aidés de Zobré. C’est un moment festif avec du riz et des pâtes en sauces, des haricots et le traditionnel foufou. Après le repas, Aristide, notre enseignant, sort le tam-tam et place à la danse ! Le retour se fait ensuite à pied pour tous.

Quels autres projets concrets avez-vous réalisés ?
VR : Nous avions lancé une cagnotte avant le départ. Sur place, nous avons remarqué le manque d’eau : les enfants reçoivent des poches d’eau de 5 dl pour deux. A l’aide de la cagnotte d’un troisième stagiaire et la réactivation des réseaux, le total a pu financer la construction d’un forage à la petite école. C’était le besoin primaire le plus urgent. A peine la somme reçue, les ouvriers sont venus creuser un puits de 39 m. Avec le surplus, deux salles de classe supplémentaires ont pu être construites.

Quels sont vos plus beaux souvenirs ? 
LB / VR : Les danses, les chants comme « Kékéli » (trad. lumière), les sourires, les causeries avec les responsables et les stagiaires, les moments passés avec Hola, le chauffeur, à la découverte des paysages luxuriants de Kpalimé et dans la ferme de la maman de Latévi Lawson qui s’occupe de cinq orphelins, les balades au marché entourées de chèvres et de taxis-motos à la recherche de pagnes, les séances de tressage, dire « bonsoir ! » à midi, se faire souhaiter la « bonne arrivée ! », être surnommées « les tatas »… L’Afrique quoi ! Le premier jour du forage a aussi été un moment émouvant avec cette satisfaction d’apporter un bien aussi précieux que l’eau. 

Qu’est-ce qui vous a marquées dans le mode de vie au Togo ? 
LB / VR : La perception différente du temps, des déplacements, la cordialité, la cohabitation des religions (christianisme, animisme, islam) avec l’appel à la prière puis les cloches des églises, les plats traditionnels vendus dans la rue… Outre le positif, il y a malheureusement trop de déchets plastiques et des routes de sable difficilement praticables.

Que répondez-vous au reproche souvent formulé aux jeunes bénévoles occidentaux : « Il y a assez à faire ici, pourquoi aller à l’autre bout du monde ? »
LB : L’un n’empêche pas l’autre mais quand des besoins élémentaires manquent, nous réalisons notre chance et puis, la rencontre avec une autre culture est un plus. Soyons reconnaissants et, quand nous partageons, peu importe où.
VR : Le niveau de pauvreté n’est pas comparable et le filet social quasi inexistant. Il faut aussi savoir sortir de sa zone de confort pour adopter d’autres perspectives et perdre nos habitudes chronophages.

Continuez-vous à soutenir l’association ?
LB : Nous aidons à distance la petite école et l’orphelinat en proposant des idées et en trouvant un financement. Sinon, via les réseaux, on peut participer à des cagnottes, parrainer un enfant (25 € par mois pour nourrir sa famille), acheter des chouchous, des tote bags de l’association, devenir bénévoles ou stagiaires, en parler. De mon côté, par le biais de ma petite entreprise (fabrication de chouchous avec des tissus neufs et recyclés), j’aide chaque mois l’association : mes créations avec des tissus du marché de Lomé sont vendues à Fr. 4.– et j’assure le suivi aux abonnés. 

Enfin de l’eau !

Patronale d’Illarsaz, clôture de la catéchèse paroissiale

Voici quelques reflets imagés du samedi 17 juin avec la messe de la Patronale, Saint-Bernard de Mont-Joux, à la chapelle d’Illarsaz.

Photos : Gilles Vuille, Nadia Borsay, Jean-Michel Moix

Signalons qu’une année jubilaire a commencé avec saint Bernard de Mont-Joux, appelé aussi saint Bernard des Alpes ou encore saint Bernard de Menthon (1020-1086) (à ne pas confondre avec saint Bernard de Clairvaux). En effet, le 15 juin 1923, jour de la fête liturgique de saint Bernard du Mont-Joux, le pape Pie XI, a proclamé « notre » saint, patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Pour marquer ce centenaire, la congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard va mettre à l’honneur, une année durant, leur saint Patron, du 15 juin 2023 au 28 août 2024 (jour de fête de saint Augustin, second patron des chanoines).

Saint Bernard du Mont-Joux, priez pour nous, qui sommes ici-bas comme des voyageurs. Aidez-nous à gravir la sainte montagne spirituelle de notre existence, tout comme Moïsea, jadis, gravit le mont Sinaï, pour parvenir à la rencontre béatifiante avec Dieu ! 

Rencontre avec Hannelore Luy

La Vierge noire à Einsiedeln, notre Dame des Ermites.

Texte et photos par Véronique Denis

La rencontre a lieu à son cabinet, au cœur de la ville de Martigny. Avec Hannelore, pas de demi-mesure. Elle est tout entière dévouée à sa tâche de médecin généraliste, médecin répondante pour les EMS de Charrat-Fully-Saillon-Leytron-Grimisuat. Célibataire par choix, elle considère son travail de médecin comme une véritable vocation au service de l’humain. Elle ne compte pas ses heures pour vivre à fond sa mission de médecin. 

Elle a été élevée dans une famille pratiquante, notamment lors de ses vacances d’été au Jura, chez ses grands-parents maternels. La messe quotidienne à 7h l’émerveillait et elle a participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec les Jurassiens, auprès de la Vierge noire.  Aujourd’hui, elle entretient d’excellents contacts avec les chanoines du Grand-Saint-Bernard, responsables des communautés paroissiales du secteur de Martigny.

Ces souvenirs d’enfance l’ont confortée dans sa foi chrétienne et aujourd’hui encore, la prière quotidienne (elle passe tous les soirs à l’église paroissiale de Notre-Dame de la Visitation à Martigny-ville pour allumer un lumignon et confier les patients rencontrés durant la journée) et la messe du dimanche nourrissent sa vie de croyante. 

Lors de ses visites dans les EMS, au moment où les résidents vont vivre leur Pâque, le passage vers la Vie éternelle, elle invite toujours les familles chrétiennes à contacter le prêtre ou le pasteur pour une rencontre et recevoir les sacrements de l’Onction des malades ou le viatique. En tant que médecin-adjointe au médecin cantonal pour les districts de Martigny-Entremont, lors des morts violentes (suicide, Exit, accident, etc.), Hannelore est appelée avant la levée des corps. Durant le trajet en voiture, avant le constat, elle confie le défunt au Père des cieux et prie son saint « préféré », saint Antoine de Padoue. Elle invite parfois les patients, selon leur situation personnelle et leur religion, à recourir à la prière pendant le processus de guérison ou de fin de vie.  

Médecin – chrétienne, pour Hannelore, c’est un tout. Il n’y a pas de séparation. La foi chrétienne apporte à sa vie professionnelle une autre dimension : la relation à l’Autre, à Dieu qui est source de vie, d’amour et de bonté. 

Nous terminons l’entretien en évoquant ses merveilleux souvenirs vécus à Lourdes lors des pèlerinages d’été. Les contacts noués avec les résidents de la Castalie, fidèles pèlerins de Lourdes en été, l’ont même amenée à demander à la Fondation Annette et Léonard Gianadda de financer l’achat d’un nouveau bus pour les sorties des membres de Cérébral Valais. 

Merci Hannelore pour ta joie de vivre, ta foi intense qui t’habite et qui déborde d’espérance et de charité pour tous ceux que tu rencontres.  

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