En pèlerinage à vélo aux Journées Mondiales de la Jeunesse !

Allier foi, sport et rencontre avec d’autres jeunes chrétiens aux JMJ 2023, une aventure que Dûnya se réjouit de vivre.

Dûnya, 16 ans, se rendra à partir du 22 juillet aux JMJ de Lisbonne. Après un voyage en car jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, le pèlerinage se poursuivra à vélo jusqu’à Lisbonne au Portugal. A l’approche du départ il nous raconte sa motivation, sa préparation et ses attentes. 

Texte et photo par Yasmina Pot

Dûnya, le pèlerinage aux JMJ débute dans quelques jours ; quelle a été ta motivation ?
Dûnya : Un jour ma mère m’a demandé si cela m’intéresserait et j’ai trouvé ça sympa. Surtout que ça a lieu tous les trois-quatre ans et que cette année cela se passe en Europe, alors autant en profiter. Et l’idée d’y aller à vélo m’a particulièrement plu. 

Le vélo est ton sport. Parle-nous en.
Je fais du BMX Race 1 et de la descente, pas du vélo de route. Pour aller à Lisbonne, je vais pouvoir prendre mon propre vélo car il convient aussi pour le pédalage. D’ailleurs, lors de la préparation, on nous a dit de ne pas rouler en vélos de route, qui seraient susceptibles de crever si on passe sur des endroits rocailleux.

Qu’est-ce que l’expérience des JMJ va t’apporter ?
Plusieurs choses. On va être entouré d’autres jeunes chrétiens du monde entier, c’est chouette et je pense que je vais avancer dans ma foi. Il faut dire qu’après ma confirmation, je ne pratiquais plus tellement ; puis, l’année passée, j’ai participé au grand rassemblement chrétien à Paray-le-Monial, en France, qui m’a remotivé dans ma foi. C’est cette expérience-là qui m’a aussi poussé à tenter les JMJ. 
Je me réjouis aussi de voir du pays, de découvrir la culture locale car je ne connais pas le Portugal. Pendant le voyage on dormira dans des gymnases, des communautés chrétiennes et aussi chez l’habitant, ce sera l’aventure ! Je préfère nettement dormir comme ça, sans savoir où on va et à quoi s’attendre. Et puis cette expérience permettra de voir comment on se débrouille sans les parents ! 

Vous allez parcourir environ 500 km à vélo, pour rallier Saint-Jacques-de-Compostelle à Lisbonne. Quelle a été votre préparation physique ?
Avec la team pélé-vélo et le chanoine du Grand-Saint-Bernard Simon Roduit, trois journées à vélo ont été organisées dans la région, où on a parcouru à chaque fois environ 70 kilomètres, ce qui est à peu près équivalent à ce qu’on fera chaque jour au Portugal. Pour moi cet entraînement s’est bien passé ; je dirais juste que le plus difficile, c’est la selle ! Mais au Portugal j’ai prévu de porter un short rembourré…

Et avez-vous reçu une préparation spirituelle ?
A chacune de ces journées de préparation à vélo, on nous donnait un enseignement spirituel à la pause de midi. Le message principal que je retiens est de laisser derrière soi ce que l’on connaît, pour faire confiance au Seigneur et aller là où Il nous demande d’aller. 

Merci Dûnya pour ton témoignage et bonne route !

1 Les vélos BMX Race sont conçus pour atteindre des vitesses élevées et des accélérations rapides. Ils sont construits spécifiquement pour la course, plutôt que pour les cascades et les figures.

JMJ de Lisbonne du 2 au 6 août 2023

Par l’Abbé Valentin Roduit

Cet été, les jeunes du monde entier ont rendez-vous pour un pèlerinage à Lisbonne. Dans le « monde entier », il y a aussi nos paroisses des secteurs de Monthey et du Haut-Lac. Quelque 40 chablaisiens seront parmi les 2 millions de participants. Parmi eux :

Clémentine et Guillaume de Choëx, Gwénaëlle et Mélissa de Monthey, Joy, Estelle, Audrey, Jean et l’abbé Valentin de Collombey, Camille de Muraz, Kyriane et Jérémie de Vionnaz, Marie, Mauro, Dûnya et les séminaristes Parfait et Arnaud de Vouvry.

Priez pour eux ! Que ce pèlerinage jusqu’au Portugal soit aussi un pèlerinage intérieur.

Parole à un groupe de l’Evangile à la maison

Qui de mieux placé pour parler de la Bible que des personnes qui la lisent? Chaque lecteur peut y trouver un sens différent. C’est ainsi que nous donnons la parole à un groupe de lecture de l’Evangile à la Maison qui nous partage ce qu’est la Bible pour eux.

Propos recueillis par Gérard Dévaud
Photo : DR / Dreamstime

Tout d’abord, pour David, la Bible est comme « un recueil de textes inspirés par Dieu lui-même. A travers elle, nous sommes en relation avec Dieu. Sa lecture nous renforce dans notre foi, nous éclaire et nous guide dans notre vie ». 

Pour Matthieu, c’est un recueil de textes, de pensées, de sagesse qui est à la fois un mystère et une découverte qui nous aident à affronter toutes les épreuves de la vie. 

Rafaëlle : « Chaque lecture aura une résonance différente en moi, suivant ce que je cherche dans la Parole de Dieu, ce que je ressens, les joies et les peines qui m’accompagnent au moment de cette lecture. » 

Philippe continue : « Pour moi, c’est un texte qui nous réunit tous autour d’un récit commun et qui nous sert de base pour échanger ensemble avec les autres. C’est comme une boussole spirituelle des enseignements du Christ pour nous guider dans notre vie. » 

Un autre point de vue de Nadia : « J’aime échanger sur la Bible avec les autres. C’est un vrai enrichissement ! » « Le fait de pouvoir échanger sur la Parole me parait important et enrichissant. Je ne le ferais pas forcément tout seul » nous partage Gérald.

Rafaëlle d’enchérir : « C’est ce que je trouve magnifique dans la Bible : elle est diverse, unique et intemporelle. »

« Lorsque nous lisons la Bible, comme lorsque nous prions, nous nous connectons au Royaume du Christ et le Seigneur influe sur notre vie au-delà de notre compréhension humaine. La Parole de Dieu est la grande puissance disponible dans notre vie. Elle peut nous apporter de la Sagesse, une direction lorsque nous sommes perdus, des encouragements, de l’amour et même une percée miraculeuse ! »  conclut Nathalie.

Et pour vous ? qu’est-ce que la Bible et que vous apporte t-elle ?

Les Yéniches de passage chez nous

Les caravanes s’apprêtent à quitter la place. Pour leur séjour sur un terrain, les Yéniches paient Fr. 15.– par jour et par caravane.

A la fin du mois d’avril dernier, des Yéniches se sont installés sur la Place des Fêtes à Vouvry. Une visite surprise qui a éveillé notre curiosité et suscité une envie de les rencontrer. Nous avons contacté Patrick Birchler, membre de la communauté, qui a accepté de nous voir à Evionnaz, où ils avaient déjà déménagé quelques jours plus tard.

Patrick Birchler. Sa communauté a été reconnue par la Confédération comme minorité nationale, avec des droits. Dans les faits, il leur est encore souvent difficile de trouver des terrains où s’installer.

Par Nicolette Micheli et Yasmina Pot | Photos : Yasmina Pot, DR

Nous partons à Evionnaz sans tarder car les Yéniches s’apprêtent à nouveau à quitter la place. La situation de leur emplacement actuel, entre l’autoroute et le Rhône, ne leur permet pas de demeurer sur place ; ils quitteront donc les lieux à 17h, ce lundi 8 mai, pour se rendre sur La Côte, à Aubonne.

Dès notre arrivée Patrick Birchler nous accueille aimablement ; il est en compagnie d’un autre membre de la communauté, de son petit nom Kouki, occupé à repeindre des volets en vert sapin. Tous deux répondent à nos questions.

Messieurs, pour vous rencontrer, il nous a aussi fallu voyager !
Patrick Birchler : Oui c’est ça ! Il faut dire qu’on aurait bien aimé rester à Vouvry. On y était bien, mais il y a eu des contraintes là-bas. Ma foi, c’est comme ça !

Pouvez-vous nous parler de votre historique, de vos origines ?
P. B. : Nous sommes originaires d’Einsiedeln, dans le canton de Schwytz. C’est de là que mon arrière-arrière-arrière-grand-papa (je suis la sixième génération) partit vers 1830-1840 pour s’installer à Villeneuve, dans le canton de Vaud. Il eut une toute grande famille – neuf garçons et quatre filles, qui ont eux-mêmes eu entre 8 et 12 enfants chacun. Mes ancêtres ont toujours voyagé, sur toute la Suisse, mais aussi en France, en Allemagne, pour le commerce.

Et aujourd’hui, où voyagez-vous ?
P. B. : Je voyage plutôt en Romandie, un peu en Suisse alémanique. Je suis récupérateur de vieux fers et métaux ; je fais ce travail depuis 30 ans. Je me déplace toutes les deux-trois semaines pour suivre ma clientèle. Je récupère les vieux métaux, je les trie et ensuite ils partent à la refonte. Quand il n’y a plus de travail, on fait du porte-à-porte chez les artisans, dans les usines. 
Parmi les gens de chez nous, certains se sont sédentarisés depuis quelques générations, ils ont acheté des terrains et s’occupent de la ferraille sur place. Nous, nous sommes semi-sédentaires, c’est-à-dire qu’on est sur les routes depuis le mois de mars jusqu’à la fin octobre-début novembre.

Vous êtes originaires d’Einsiedeln, y allez-vous en pèlerinage ?
Kouki : Oui on y va toutes les années. Avec mon beau-père et mon beau-frère, nous sommes les fondateurs du Mouvement catholique des gens du voyage. En 1999, grâce au Père dominicain fribourgeois Jean-Bernard Dousse, – décédé en 2015 –, ont pu avoir lieu les premiers pèlerinages officiels des gens du voyage, d’abord en mars à Notre-Dame des Marches à Broc puis en juillet à Einsiedeln où nous avons désormais une place réservée.
Personnellement, la religion me tient à cœur. Chez moi, on ne pourrait pas se passer d’elle. Notre communauté essaie de vivre en harmonie avec les gens, avec la nature. Lors de nos voyages, on fait parfois une pause-prière dans une petite grotte, dans une église ou une chapelle. On a nos paroisses de cœur. Si on est sur Sion, on va de temps en temps à l’évêché. A Payerne on va à l’église catholique; là on a un « rachaï » formidable (« rachaï » veut dire « curé » dans notre langue yéniche), Luc de Raemy. Maintenant c’est Christoph Albrecht SJ de Zurich, qui nous suit pour les baptêmes, premières communions, mariages, en tant que notre aumônier national. On bénéficie aussi du soutien d’Aude Morisod, engagée dans l’Aumônerie catholique suisse des gens du voyage, avec qui on fait de temps en temps un partage biblique.

Merci Messieurs pour ce témoignage et, qui sait, à bientôt peut-être ?
P. B. : L’année prochaine on fera une demande officielle à Vouvry pour nous installer à nouveau sur la Place des fêtes, et j’espère qu’ils nous accepteront. Peut-être pas 20 caravanes mais au moins 10. Le lieu est très bien et, nous, on laisse toujours les lieux impeccables. Il est important qu’on le sache.

Rencontre avec Jonathan

Sur la place, il reste quelques personnes. On croise un beau jeune homme, sympathique. C’est Jonathan. Il nous parle volontiers. 

« J’ai 16 ans et j’aime cette vie car on forme une grande famille et on se déplace toujours ensemble. Pour l’école, j’étais en classe durant l’hiver. En mars, on partait. Mes camarades étaient presque jaloux : ils croyaient que j’étais déjà en vacances. En réalité, c’est ma mère qui continuait à faire l’école et j’aidais déjà mon père dans son travail. J’ai plusieurs fois invité des camarades chez moi : ils trouvaient notre genre de vie très bien et m’enviaient. Maintenant, je travaille avec mon père : on est ferrailleur. C’est lui qui m’apprend le métier. Je suis heureux comme ça. »

Jonathan et sa sœur Marylin, accompagnés de Giuliana, la fille aînée de Brenda.

Rencontre avec Brenda

Avec son petit Gianni dans les bras, Brenda nous accueille, rayonnante, à la porte de sa caravane. On admire son bébé, vif et curieux. « Mon petit est né ici, dans la caravane, il y a huit mois. Tout s’est bien passé ! C’est mon troisième enfant. Pour nous, les enfants sont très importants, on veut qu’ils se sentent bien. Ici, entre l’autoroute et le Rhône, ils ne sont pas en sécurité : ça me fait souci !

Avez-vous toujours connu cette vie ?
Non ! Jusqu’à l’âge de six ans j’ai habité en appartement ; mon père était mécanicien. Dès son mariage, ma mère, qui est yéniche, s’est sédentarisée. Mais très souvent on retrouvait ma grand-mère dans sa caravane et moi, à chaque occasion, j’étais chez elle… que du bonheur pour tous ! Finalement, mon père a quitté son garage pour rejoindre la communauté. Il a adopté notre mode de vie et il est très heureux !

Comment se passe l’école avec votre aînée ?
Normalement. Mais à partir de la rentrée, j’ai décidé de faire durant toute l’année l’école à la maison. Une enseignante va venir régulièrement nous suivre. Je suis contente.

Brenda et son dernier-né, Gianni.

Jean-Marie Lovey, évêque de Sion

La topographie du Valais est typique, elle conditionne un style de vie propre. Notre canton a donc de bonnes raisons de se préoccuper de l’aménagement du territoire. Mais combien de communes prévoient d’intégrer dans leur réflexion la nécessité d’aménager des places pour les Yéniches ? S’il n’y a pas de solution toute faite, il existe cependant des projets : une deuxième place à Martigny ? une autre dans le Valais central ? L’urgence a été reconnue par le Grand Conseil. Là où il y a une volonté il y a un résultat : souhaitable et juste.

Aude Morisod, Aumônerie catholique suisse des gens du voyage

Que peut ajouter encore une sédentaire aux témoignages des gens du voyage exprimés ci-contre ? Pas grand-chose, si ce n’est ceci : il fait bon vivre avec eux ! Ces personnes m’apportent leur fraîcheur, leur goût d’aller de l’avant. Oui le nomadisme est une valeur inestimable, il engendre une attitude face à la vie qui apporte un surcroît de sens à l’humanité tout entière. Alors, ils ne demandent pas l’impossible ! Accordons-leur les places qu’ils demandent, car pour voyager, il faut pouvoir s’arrêter.

Un pari sur l’avenir

A Gland, la décision a été prise de construire à neuf et non de rénover, pour créer un lieu rassembleur et moderne.

Par Gilles Vallat *
Photo : paroisse de Nyon

Pourquoi ériger un nouveau lieu de culte en 2022 ? Répond-il encore aux vœux des fidèles, alors qu’en Occident, les églises ont tendance à se vider ? En projetant de construire une nouvelle église à Gland, en remplacement d’une chapelle vétuste, les responsables paroissiaux se sont posé beaucoup de questions quant à la nécessité d’un tel projet. Une idée audacieuse, un peu folle, qui est devenue réalité. La nouvelle église a été consacrée par l’évêque diocésain Charles Morerod, le 13 février 2022. 

Ces responsables paroissiaux ont fait un pari sur l’avenir : oui, malgré les vicissitudes de notre époque, ils demeurent persuadés que dans 30 ans, 50 ans, voire un siècle, il y aura toujours des chrétiens qui se réuniront pour célébrer le Christ. 

L’édifice résolument moderne avec sa forme circulaire a permis de créer un lieu de recueillement rassembleur, chaleureux et facilitant une forme de communion. Le cercle est englobant, inclusif et sécurisant. C’est un acte fort et le signe qu’au centre d’une ville en plein développement, Dieu est présent.

* Président de la paroisse de Nyon

Nuvilly: hommage à une bénévole de choc

Par Marianne Berset | Photo: LDD

Mme Marie-Thérèse Marchon, décédée en mai 2023, s’est investie pour la paroisse Saint-Laurent et tout particulièrement pour la communauté de Nuvilly.

Née dans une famille d’agriculteurs à Nuvilly, Mme Marchon, dès le début de sa scolarité, s’est intéressée à une formation d’enseignante. Institutrice dans l’école de Vuissens où elle fait la connaissance de son mari Francis, puis à Ménières et à Estavayer-le-Lac. Elle a poursuivi comme professeure au CO de la Broye à Estavayer.

Parallèlement à sa profession, elle s’est dévouée pour les communautés paroissiales, la commune, diverses commissions notamment celle de la chapelle de l’hôpital et comme juge de paix. Conseillère de paroisse de 2003 à 2014, Marie-Thérèse Marchon a œuvré durant son mandat pour la restauration de l’église de Nuvilly en prenant son bâton de pèlerin, pour réunir les 1,23 million de francs nécessaires à la réparation de cette église baroque de la fin du 17e siècle.

Fervente de l’art choral, elle a aussi dirigé un chœur d’hommes et fondé le chœur mixte d’Henniez et Ménières puis dirigé ceux de Lully et Seiry.

Avec ce reflet bien succinct, nous rendons grâce à Dieu pour la magnifique mission de Marie-Thérèse Marchon pour notre paroisse, qu’elle a assumée avec beaucoup de profondeur.

Restaurer le patrimoine religieux – Pourquoi ?

Chœur restauré de la chapelle Saint-Antoine (couverture).

Texte et photo par l’abbé François Roten

Le mot « patrimoine » véhicule l’idée d’une transmission de la part des ancêtres et donc de passé. Celui de l’Eglise est riche de siècles d’existence, de styles et d’agencements qui ont marqué l’histoire de l’humanité, depuis les cathédrales jusqu’aux petites chapelles, en passant par les peintures, statues, fresques et mosaïques – et même les croix sur nos montagnes –, qui aujourd’hui encore nous émerveillent et proclament l’expression de notre foi, dans la recherche de la beauté qui est un reflet de Dieu. 

Lorsque l’état aide à la sauvegarde de ce patrimoine et y participe financièrement, c’est parce qu’il le considère comme un bien sociétal, même s’il se trouve en des mains privées, un passé qu’il faut préserver pour le transmettre aux générations futures. 

Lorsque nos communautés ecclésiales restaurent leurs édifices, elles le font non pas en fonction du passé mais du présent et du futur de leur usage. 

Voilà pourquoi, au-delà de la simple recherche de beauté ou de préservation du patrimoine, restaurer nos églises a encore tout son sens aujourd’hui : nos églises de pierre sont des lieux de vie, les lieux de rassemblement des « pierres vivantes » que nous sommes (1 P 2, 5), nous qui ensemble formons l’Eglise, l’assemblée des croyants célébrant le Dieu trois fois saint. C’est dans nos églises que le Christ se rend présent par les sacrements qui nous donnent la Vie et soutiennent notre mission de disciples, que se réalise la transmission de la foi et que se prépare ainsi la communauté de demain. Restaurer une église est donc un signe de foi et d’espérance.

La beauté d’une église ne vient pas d’abord de l’harmonie de ses éléments selon les lois de l’architecture mais de ce qu’elle signifie et de ce que l’on y vit. L’église est le lieu de la présence de Dieu au milieu de son peuple, le lieu où nous prenons conscience que nous sommes nous-mêmes les temples vivants de la présence de Dieu (1 Co 6, 15) par l’Esprit Saint qui nous a été donné et qui habite en nous. 

Restaurer le patrimoine

Si les notions de préservation du patrimoine et de restauration sont désormais incontournables, elles sont toutefois récentes. En effet, avant le XIXe siècle, c’est le besoin et les goûts du moment qui orientaient les décisions. Aujourd’hui, des questions profondes accompagnent les grands chantiers: quel est le sens d’un lieu? Parle-t-il du passé? Est-il au service des hommes de ce temps? Est-il fonctionnel ?

Par Amandine Beffa | Photos : J.-Claude Gadmer, Flickr, DR

La question de la restauration des édifices a pris un sens tout particulier le 15 avril 2019. En effet, ce soir-là, Notre-Dame de Paris brûlait sous les yeux du monde entier, entraînant avec l’effondrement de sa flèche de multiples questions. Entre désir de reconstruire à l’identique et volonté de donner de la place à des artistes contemporains, les débats sont vifs. Pourtant, si ces questions sont incontournables aujourd’hui, elles sont récentes. Les concepts ont pour la plupart été définis après la Révolution française.

En soi, nous n’avons pas attendu le XIXe pour réparer et reconstruire. Les incendies ont longtemps été très fréquents et les édifices ne sont pas laissés en ruines. Cependant, les bâtiments évoluaient selon les goûts et les besoins. Par exemple, le style gothique remplace le roman. De nombreuses églises sont ainsi détruites et reconstruites. La cathédrale de Beauvais en France est un cas unique, un manque de fonds n’ayant pas permis de finir la construction de la cathédrale gothique. 

Tournant révolutionnaire

La période révolutionnaire marque un tournant. Certains considèrent qu’il convient de détruire toutes les traces de l’Ancien Régime. D’autres, comme l’Abbé Grégoire, soutiennent au contraire que les monuments détiennent la « mémoire collective » et qu’il convient de les conserver. 

La notion de « monument historique » apparaît en 1830. Des postes d’Inspecteur général des monuments historiques sont créés pour classer les édifices et évaluer les travaux nécessaires. Les premiers principes sont toutefois définis par des architectes et non par des historiens, ce qui oriente le débat.

S’il est possible d’adresser un certain nombre de reproches à Eugène Viollet-le-Duc, il est indispensable de reconnaître ses apports. Son nom est en effet indissociable du développement de la notion de restauration. Très cultivé, l’architecte français défend un patrimoine qui n’intéresse pas à son époque. Beaucoup d’édifices tombent en ruines sans que cela n’émeuve personne. Dans une volonté de « cohérence historique », Viollet-le-Duc essaie de rester fidèle à ce qu’il comprend des édifices. Il tente d’utiliser des techniques et des matériaux correspondant à ceux de l’époque d’origine. Ses recherches sont documentées. Il refuse par exemple d’utiliser du fer pour les charpentes. Il ne cherche pas à retrouver le bâtiment tel qu’il a été, mais à proposer un idéal. Il recherche la « cohérence historique ». Il écrit dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française : « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut ne jamais avoir existé à un moment donné. »

Fin XIXe, John Ruskin s’oppose à Viollet-le-Duc et à la « théorie de l’unité de style » qu’il considère comme une destruction. Critique d’art et théoricien, il préfère la conservation et enjoint à « accepter qu’un bâtiment puisse mourir ». L’idée est de garder en vie et non d’intervenir pour rétablir à un état historique donné.

Fondements scientifiques

Il faut attendre 1931 et la Charte d’Athènes pour que les premiers fondements scientifiques soient posés. Elle insiste sur la valeur des phases successives des édifices, reconnaissant que chaque époque est un apport et mettant l’accent sur « la continuité de vie ».

La Charte de Venise date de 1964 et distingue notamment les notions de préservation et de restauration. Elle propose « que l’on restaure les monuments historiques dans leur dernier état connu ». La restauration au sens strict est appelée à revêtir un caractère exceptionnel et la « réinvention » est rejetée. L’idée-force est que la conservation « s’arrête là où commence l’hypothèse ». Il importe que les interventions soient lisibles et réversibles. Elles doivent : « S’intégrer harmonieusement à l’ensemble, tout en se distinguant des parties originales. »1

Ces points s’illustrent de manière particulière à travers la restauration de la fresque de Gino Severini à la basilique Notre-Dame de Lausanne. En effet, la restauration de 1976 a très légèrement modifié l’œuvre originale. Aujourd’hui, se pose la question d’une restauration au dernier état connu ou à l’état d’origine 2.

En Suisse, la protection des monuments historiques est une compétence cantonale. La première loi date de 1898 et est promulguée dans le canton de Vaud. Il faut attendre 1966 pour voir apparaître une loi fédérale sur le sujet. En 1880, la Société pour la conservation des monuments historiques est fondée. Théodore de Saussure en est le premier président.

Questions profondes

Aujourd’hui, des questions profondes accompagnent les grands chantiers : quel est le sens d’un lieu, parle-t-il du passé ? est-il au service des hommes de ce temps ? est-il fonctionnel ? 

Dans le canton de Genève, l’église de l’Epiphanie a brûlé en 2014 et celle du Sacré-Cœur en 2018. La première a été reconstruite a l’identique alors que la seconde renaîtra différemment. L’abbé Pascal Desthieux, ancien Vicaire Episcopal pour le canton de Genève, souligne que les deux visions répondent avant tout aux besoins et aux désirs des paroisses. Le chantier du Sacré-Cœur est guidé par des perspectives liturgiques et esthétiques. L’autel sera positionné au centre afin de rappeler que l’église est le lieu de la communauté rassemblée autour du Christ. Il s’agit aussi de créer un lieu qui soit beau et qui donne envie d’être visité : « Il faut que lorsqu’on arrive on se dise : « waouh, c’est super » », commente l’abbé Desthieux. 

Le défi de la conciliation du lieu de rassemblement pour les célébrations et du lieu de prière quotidienne en dehors des offices s’est aussi posé. Il a été nécessaire de travailler sur les jeux de lumière. Pascal Desthieux rappelle l’adage Lex orandi, lex credendi, soulignant l’importance du lieu où l’Eglise célèbre ce qu’elle croit.

1 Charte de Venise, articles 9-13.
2 Voir par exemple l’article du journal Le Temps sur le sujet : Rossel, N., Art liturgique à Lausanne – Faut-il supprimer les retouches de la fresque du Valentin ? 14.03.2021.

Premières communions: quatre cérémonies dans la paroisse

Soixante-huit enfants ont célébré leur première communion dans quatre églises de la paroisse en avril et mai derniers. Reflets illustrés avec la liste des enfants concernés.

Photos: Guillaume Grandgirard (Estavayer, Bussy et Cugy)et Marc Ducrest (Murist)

Première communion à Estavayer

Ont reçu la première communion à Estavayer le 30 avril dernier : Bieri Félix, Bloechle Thibault, Bloechle Timéo, Cardoso Duarte Leniker, Despont Adrien, Do Rosario Mendes Mathilde, Dos Santos Ramos Lais, Florim Miranda Tomas, Ganière Philippe, Mauron Valentin, Mota de Aguiar Marujo Santiago, Pellet Mathis, Pereira Dias Anaïs, Perritaz Warren, Pillonel Colin, Pythoud Lehyan, Riello Lina, Semedo Varela Eddylson, Semedo Varela Edilsa, Stegmann Liam, Stegmann Mila, Teixeira Coelho Enzo, Volery Kilyam.

Première communion à Cugy

Ont reçu la première communion le 7 mai à Cugy : Lya Berger, Emy Buchs, Patrick De Sousa Gomes, Ioana-Bianca Mihaila-Faur, Jessy Pochon, Hugo Santos Mateus, Jonas Sukyart, Laura Afonso, Ella Bueno, Emilie Cherbuin, Zoé Cosandey, Liam Sa Silva, Alicia Dubey, Colin Fasel, Maeva Inguscio, Devon Tarabori, Pierre Vanheck.

Première communion à Murist

Ont reçu la première communion à Murist le 21 mai : Evelyne Duarte, Alana Herrera Gusman, Leandro Santos Mota, Elioth Marci, Julia Studer, Simon Bertschy, Nelson Brügger, Quentin Emery, Noah Ménétrey, Elise Noël, Leo Rajic, Caroline Simoes Marques, Ryan Baechler, Ilidio Bernardo Pereira, Laura Duc, Marine Martin, Nolan Pillonel, Eliott Watson.

Première communion à Bussy

Ont reçu la première communion à Bussy le 21 mai : Baudois Camille, Bayart Caithlyne, Carrard Maël, Ruffieux Luca, Boguszewski Lena, Marques Luca, Oliveira Monteiro Nayara, Vésy Noé, Marmy Noha, Nunes Semedo Kyara.

Le patrimoine de pierres vivantes

Par François-Xavier Amherdt | Photo: cath.ch/B. Hallet

Bien sûr, il vaut la peine d’investir des millions pour entretenir le patrimoine de nos cathédrales, pour réparer la flèche de Notre-Dame de Paris ou restaurer la Basilique de Valère à Sion. Cela permet, d’une part, à d’innombrables visiteurs, dont beaucoup sont très éloignés de l’Evangile, de recevoir une forme de catéchèse à travers les portails, les narthex, les tympans des colonnes, les vitraux, les sculptures et les peintures qu’ils trouvent dans ces édifices. Surtout si des visites guidées sont organisées et si les cicérones désignés possèdent des compétences théologiques et ecclésiales adéquates.

Sacerdoce royal et spirituel

Mais ensuite, et surtout, cela donne l’occasion aux pierres vivantes de la construction sainte en Jésus-Christ que nous sommes d’exercer leur sacerdoce royal et spirituel (1 Pierre 2, 5). Il est très symbolique que ce soit une épître de l’apôtre Pierre qui le clame si fortement, en reprenant probablement une homélie baptismale et en l’insérant dans la trame de la lettre. Ce passage de 1 P 2, 4-10 est l’un des textes les plus cités par le Concile Vatican II. Car il exprime au mieux la dignité si élevée de celles et ceux qui reçoivent le baptême et l’onction du saint chrême : désormais, nous sommes toutes et tous proches de la pierre précieuse et choisie par le Père, Jésus-Christ lui-même, lui que les hommes ont rejeté, qui constitue un rocher d’achoppement pour ceux qui ne le reconnaissent pas et qui est devenu la clé de voûte.

Le Fils de Dieu, notre fondation

En offrant notre existence en sacrifice spirituel, agréable à la Trinité sainte, nous participons à l’édification de l’Eglise comme la maison maternelle et accueillante pour l’humanité entière. Si nous nous appuyons sur le Fils de Dieu comme notre fondation, nous savons que rien ne pourra nous ébranler ni nous confondre. Croire dans le Verbe fait chair, c’est ainsi faire partie du peuple élu, bénéficiaire de la miséricorde divine, et proclamer à la face du monde les merveilles du Seigneur qui nous a appelés à son admirable lumière. Comme prêtres, nous nous donnons nous-mêmes, prophètes chargés de cette annonce salvatrice et rois-serviteurs de l’unité. Soyons pierres vivantes au cœur des cathédrales, pour qu’elles resplendissent dans l’univers.

Reflets en images des quatre processions de la Fête-Dieu

Quatre processions de la Fête-Dieu ont parcouru les rues de localités de notre paroisse, le jeudi 8 juin dernier. Reflets en images.

Photos: Matthieu Angelini (Estavayer), André Bise (Font), Raphaël Roulin (Bussy) et Antonella Reggiani-La Faci (Cugy)

A Estavayer…

… la procession a emprunté un nouvel itinéraire raccourci après la messe à la collégiale. C’était la première Fête-Dieu vécue à Estavayer pour le nouveau curé-modérateur, l’abbé Darius.

A Font…

C’est l’abbé Bernard qui a conduit la procession à Font pour la région ouest de la paroisse dans un décor idyllique avec la participation du chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres.

A Cugy…

C’est l’abbé Jean-Louis Hôte, de la communauté des Focolari de Montet, qui a célébré la messe et conduit la procession à travers le village de Cugy avec la participation du chœur mixte et de la fanfare.

… et à Bussy

La procession de la communauté de Notre-Dame des Flots a eu lieu cette année à Bussy et a été conduite par le Père Matthias, avec la participation du chœur mixte de Notre-Dame des Flots, de la fanfare « La Villageoise » de Rueyres-Bussy-Morens et de « L’Echo du Lac » de Forel-Autavaux-Montbrelloz.

«Tout pour et seulement pour la mission!»

Par Thierry Schelling | Photo : flickr

En arrière-fond, un procès sur un immeuble à Londres ; sur le devant de la scène, un Pape résolument déterminé à boucler le dossier « assainissement des finances du Saint-Siège » et autres règlements touchant au patrimoine de l’Eglise.

Touche finale

Point d’orgue symptomatique de sa réforme financière de l’Eglise et du Vatican, un motu proprio (ou lettre apostolique faisant acte de son « propre chef », motu proprio en latin), en italien, signé du 20 février dernier et publié dans les deux organes officiels que sont l’Osservatore Romano (journal du Saint-Siège) et les Acta Apostolicae Sedis (archives), déclare sans équivoque que « tous les biens mobiliers et immobiliers, les disponibilités liquides et les titres en mains des divers Dicastères de la Curie romaine ou de la Cité du Vatican, présents et futurs, sont des biens publics ecclésiastiques et comme tels bien du Saint-Siège ». Point barre !

Quoi de neuf ?

Finies les acquisitions par tel ou tel cardinal cupide ou opportuniste, tel ou tel organisme sis dans la Cité du Vatican et agissant en son nom propre sous couvert d’être au service du Pape ! Terminés les passe-droits entre amis et collègues. Basta cette forme de népotisme encore existante même si bien réduite depuis les temps des Borghese et des Borgia ! Arrivederci les entourloupes enrichissant tel ou tel « serviteur du Saint-Père »… au nom de ce même service ! Oui, tout pour et seulement pour la mission : évangéliser !

Administrateurs et pas proprio !

« Aucune institution ou entité d’Eglise ne peut s’arroger le droit absolu et privé de propriété d’un bien d’Eglise » qui doit être, selon la dernière constitution apostolique Praedicate Evangelium, dévolue exclusivement à la mission au sens large du terme.

Et « les biens confiés auxdites entités ne font d’elles que des administratrices et des non des propriétaires » sous la tutelle du désormais unique responsable financier de l’Eglise, le « Conseil pour l’Economie » et son « Secrétariat » – entités créées par François pour rationaliser, assainir et simplifier la gestion du patrimoine ecclésiastique.

François avait été élu il y a dix ans pour évangéliser… même les finances de l’Eglise – et c’est réussi ! Reste à faire suivre…

Une écolière de Montet honorée par Missio-enfance

Le dessin qui va valu une récompense à Eva Bertschy (photo).

Par Marianne Berset
Dessin : Eva Bertschy / Photo : LDD

Chaque année au mois de novembre, nous invitons les enfants à être des missionnaires en soutenant par la prière, le partage de dessins et la participation à un temps fort. Durant cette année scolaire, nous étions en Indonésie où Missio-enfance a mené un projet qui veille à protéger les enfants. Aujourd’hui, Missio et les catéchistes de la paroisse adressent un chaleureux remerciement à tous les enfants qui ont participé au temps fort ou qui ont transmis un dessin pour les enfants d’Indonésie.

Les responsables ont sélectionné quelques dessins. Cette année, c’est Eva Bertschy, en 8H à Montet, qui reçoit un cadeau. 

A la rentrée, nous irons à la rencontre des enfants d’Amazonie. Nous nous réjouissons déjà de vous retrouver pour le temps fort. 

A tous un bel été en se rappelant que le Seigneur nous aime tous d’un amour infini.

Vie consacrée et joie!

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photos : cath.ch, DR

Il y a quelques mois, les médias se sont « emparés » d’un sujet sensible : que vont devenir les bâtiments des communautés religieuses, des monastères ? Mais ils ont oublié que dans ces bâtiments, vivent des hommes et des femmes qui ont consacré toute leur vie au Seigneur ! Je ne veux pas nier la réalité : l’âge des consacrés, des consacrées augmente ; il y a des congrégations qui s’éteignent, mais après avoir été des témoins vivants de Jésus ressuscité. Et pourtant, il y a encore la vie. 

Qu’est-ce que je découvre en visitant les communautés ? La joie ! Une joie profonde, qui interpelle dans ce monde marqué par la violence, les guerres, l’inquiétude du lendemain, etc. qui sont des réalités. Mais le Christ ressuscité nous communique sa joie. « Je vous ai dit cela, dit Jésus, pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) C’est le don que Jésus nous fait. « Un saint triste est un triste saint » disait saint François de Sales. Et notre pape François encourage souvent les consacré-e-s à être des témoins joyeux de l’Evangile. « Là où il y a des consacrés, il y a toujours de la joie » dit-il. Et cette joie, les consacrés la vivent en Suisse romande soit dans le silence des monastères soit dans le service apostolique. Ils sont actifs comme visiteurs de prison, d’hôpital, dans les paroisses, auprès des étudiants, étudiantes…

La vie religieuse est en voie d’extinction, disent certains ! Les communautés religieuses se colorent ! Venus d’autres continents, de plus jeunes apportent une vitalité encourageante. Le mélange des cultures n’est pas toujours facile, d’un côté et d’un autre, mais quelle richesse partagée ! Dans la liturgie, dans les moments de détente, dans le service… Le mélange de générations aussi enrichit. 

« Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. » (Jn 16, 22)

Splendide concert de la Chorale de Lourdes

Les voûtes de l’église ont vibré aux alléluias de la chorale de Notre-Dame de Lourdes et aux tonalités de l’orgue lors du concert-méditation du 4 juin à Cheyres.

Par Claire Moullet
Photo: André Bise

Un concert placé sous le même amour de Notre-Dame de Lourdes et du chant, lors des interprétations tant liturgiques que profanes. Un programme riche devant un nombreux public attentif, et pour beaucoup, un pèlerinage-souvenir à Lourdes avec la cohorte des malades qui, chaque année, vibrent à l’écoute des œuvres préparées à leur intention. Chanteuses et chanteuses se sont déclarés ravis de cette escapade en terre broyarde, aux sources pour quelques-uns, sous l’œil maternel de Notre-Dame de Grâce.

• Lire la présentation de la Chorale de Lourdes dans notre édition de juin 2023.

Jeux, jeunes et humour – juillet-août 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Quel Jacques fête-t-on le 25 juillet ?
Parmi les apôtres appelés par Jésus, on distingue Jacques de Zébédée, frère de Jean, et Jacques d’Alphée associé à l’apôtre Thadée. C’est le premier qui est fêté en ce jour et appelé « le Majeur ». Les Actes des Apôtres rapporte sa mort à la suite de la persécution d’Hérode et en fait le deuxième martyr après Etienne. Une tradition ultérieure en fait l’évangélisateur de l’Espagne où il est vénéré à Compostelle.

par Pascal Ortelli

Humour

Une épouse essayait désespérément de guérir son mari d’un penchant à l’alcool. Après de multiples tentatives infructueuses, elle décida de prendre les grands moyens. « Si tu rentres une nouvelle fois éméché, tu n’échapperas pas à la caresse de mon rouleau à pâte. » Sentant que cela devenait sérieux, le mari promit de ne plus recommencer. « D’ailleurs, dit-il, dès ce soir, à la place du bistrot, j’irai à la chasse aux escargots. » Il en recueillit une grande quantité dans un sac qu’il mit sur ses épaules. Au moment de rentrer chez lui, des copains insistèrent pour boire un verre au bistrot du coin. Après plusieurs refus, il accepta mais, dit-il : « Juste un verre ! » Ce qui devait arriver arriva et au lieu de revenir chez lui à 20h, il arriva à 23h. Au moment de franchir le seuil, il buta sur le perron et tous les escargots se répandirent dans le couloir sous les yeux de sa femme. Dans un éclair de lucidité, il regarda vers les escargots et il dit tout fort : « Voilà les petits, on est enfin arrivés ! »

par Calixte Dubosson

Spectaculaire interprétation de l’organiste Philippe Marchello

En jouant dimanche 18 juin, après la messe, la célèbre pièce «L’orage» de Jacques Vogt, Philippe Marchello a marqué d’une manière spectaculaire ses trente ans de présence à l’orgue de la collégiale d’Estavayer. Une église comble a réservé une standing ovation à cet organiste passionné autant que dévoué.

Par Claude Jenny
Photos: Georges Losey, Claude Jenny

C’est avec une œuvre impressionnante que le compositeur a voulu transmettre par le son les diverses séquences d’un orage violent. Et traduire la partition sur l’instrument exige de l’organiste expérience et… débauche d’énergie ! C’était seulement la troisième fois – la dernière il y a 13 ans – que Philippe Marchello se lançait ainsi sans peur… en plein orage.  Une technique vidéo défaillante n’a malheureusement pas permis au public de voir physiquement l’artiste sur grand écran durant son interprétation, lorsqu’il est quasiment couché sur les claviers ou que ses pieds actionnent le pédalier dans tous les sens !  Restait donc le son, avec ses passages fracassants, qui montrent toutes les potentialités de l’instrument et de l’organiste !

Philippe Marchello a été honoré et félicité pour l’occasion par une délégation du Conseil de paroisse emmenée par son président Alexandre Duc, qui lui a remis un présent pour tant d’années de fidélité à sa mission de musicien d’Eglise. L’abbé Bernard, en ouverture de la messe, a lui aussi relevé la qualité d’un tel dévouement au service de la liturgie.

L’artiste félicité par Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse.

Des héritages à raviver

Depuis 50 ans, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) s’intéresse à la diversité des héritages chrétiens pour établir durablement des traits d’union entre confessions chrétiennes. Dès septembre, la nouvelle volée s’interrogera sur la manière de raviver ces héritages respectifs. Entretien avec Anne Deshusses-Raemy, codirectrice catholique, et Blaise Menu, son homologue protestant.

Par Myriam Bettens | Photos : J.-Claude Gadmer, M. Deshusses

L’œcuménisme est aujourd’hui perçu comme un acquis. Comment nourrir le débat œcuménique de nos Eglises, qui semble un peu… endormi ?
Anne Deshusses-Raemy – C’est un acquis parce que nous sommes les héritiers de ces pionniers qui ont fait un travail énorme pour l’unité. Et ce n’est pas un acquis parce que l’œcuménisme semble un peu victime de son succès. Beaucoup de choses se passent à la base et ne sont pas reconnues par les institutions. A l’inverse, des initiatives se concrétisent, en bilatéral, entre les Eglises mais ne descendent pas à la base ou ne sont pas acceptées.
Blaise Menu – L’horizon que nous pouvons avoir par rapport à l’œcuménisme est à l’image de la compréhension de l’origine et elle a beaucoup changé. Nous avions un regard relativement unitaire et complètement imaginaire sur l’Eglise des origines, alors que le christianisme est dans la diversité et le conflit depuis le début ! Si l’œcuménisme est de revenir à cette espèce d’unité parfaite, rêvée, c’est une pure illusion. L’œcuménisme ne peut que faire face à sa diversité. Je ne sais pas s’il est un objectif ou un chemin, mais j’opterais plutôt pour le second. Un chemin sans cesse à réentreprendre.

N’y a-t-il pas également un changement de la compréhension de ce qu’est l’œcuménisme et donc des attentes qui s’y rapportent ?
ADR – Dans la société, le terme commence à prendre une connotation interreligieuse. Dans les milieux ecclésiaux, les positions se polarisent beaucoup plus qu’avant entre ceux qui sont fatigués et ceux pour qui œcuménisme rime avec « surtout pas ».
BM – Auparavant, on pouvait compter sur une compréhension partagée. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus flou et cela va dans plusieurs directions. Ce qu’on constate surtout, c’est une espèce de fatigue par rapport aux appareils ecclésiastiques et l’incompréhension que nous soyons toujours à nous diviser pour des choses qui apparaissent de plus en plus pour les gens comme des broutilles.

Comment parler aujourd’hui d’œcuménisme quand pour beaucoup de chrétiens cet héritage (ou identité) est synonyme de blessure ?
ADR – C’est d’abord de reconnaître la blessure. Les formations comme l’AOT permettent de les mettre au jour, pour ensuite en guérir certaines. En remettant notre théologie en perspective par la contextualisation, cela permet de se demander si aujourd’hui, certains de ces principes sont toujours aussi pertinents pour notre vie de croyant.
BM – Nous connaissons les casseroles de nos institutions et de nos théologies. Nous essayons de faire en sorte que ce tintamarre de casseroles que l’on traine devienne quelque chose d’un peu plus musical ! Si on refuse ces casseroles, on laisse le tintamarre derrière nous. Plus que de nommer les blessures, nous cherchons à donner aux participants des outils pour comprendre comment le réaliser.

Est-ce que la posture d’« œcuménisme poli » a rendu la parole moins impertinente et stimulante ?
BM – Je pense que c’est tout à fait juste. A la base des démarches œcuméniques, il y a une réalité qui est celle de la rencontre. Des personnes qui se parlent franchement, vont au bout des choses et apprennent à s’apprécier. Cela traduit un œcuménisme d’agapè, d’amour mutuel, que le Christ nous a commandé.
ADR – Et c’est dans ce sens que cela doit aller… l’amour pour atteindre ensuite l’unité et non pas l’inverse. Mais une unité dans la diversité. C’est aussi la raison qui nous a décidés à nous demander comment devenir un ferment pour cet œcuménisme.

La foi en héritages ?

« Chacune et chacun d’entre nous vient de quelque part : une famille, un lieu, une culture, une tradition, une religion, un milieu social… que nous portons, selon notre histoire, comme un poids lourd ou comme un étendard. C’est ce « quelque part » que nous nommons « héritages ». Il arrive qu’il soit non pas unique ou unifié, mais multiple, croisé, entrelacé. Pour Confronter les points de vue et rivaliser d’estime mutuelle, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) lance sa 26e volée sur la thématique des héritages.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 septembre prochain ! 

Plus de renseignements sur aotge.ch

L’équipe enseignante et administrative de l’AOT se met au vert en attendant ses futurs étudiants.

Notre Dame de la Visitation

Prière proposée par l’abbé Jean-Michel Moix

Notre Dame de la Visitation,
Toi qui partis vers la montagne rejoindre Elisabeth en hâte,
Conduis-nous nous aussi à la rencontre de tous ceux qui nous attendent
Afin que nous leur annoncions l’Evangile vivant :
Jésus Christ, Ton fils et notre Seigneur !
Nous nous hâterons, sans nous laisser distraire et sans retard,
Dans la disponibilité et la joie.

Nous avancerons sereinement car qui apporte le Christ apporte la paix,
Sûrs que le plus grand bien-être vient du bien-agir.
Notre Dame de la Visitation, par ton intercession,
Lors de ces JMJ nous porterons le Christ, comme toi-même tu le fis.
Permets que ces journées soient un temps de témoignage et de partage,
De fraternité, d’action de grâce,
Et une occasion d’aller vers ceux qui vivent encore dans l’attente.
Avec toi, nous parcourrons ce chemin d’unité
Pour que notre monde lui aussi soit uni
Dans la fraternité, la justice et la paix.

Notre Dame de la Visitation, aide-nous à porter le Christ à tous,
Obéissant au Père et dans l’amour de l’Esprit.

Jésus marche sur l’eau, vitrail de Jaeger, église Saint-Pierre, La Chaux-de-Fonds

Le Seigneur dégage une grande stabilité.

Par Amandine Beffa | Photo:Jean-Claude Gadmer

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’ai toujours imaginé que Pierre marchait sur une mer calme, lisse comme une patinoire. L’histoire que nous raconte ce vitrail est bien différente. Le travail du verre met en évidence des flots sombres et agités. Et en effet, lorsqu’on lit l’épisode rapporté dans l’Evangile selon saint Matthieu (14, 22-33), on remarque que la barque est battue par les vagues, que le vent est contraire et qu’il fait nuit. 

En arrière-plan du vitrail, les disciples semblent lutter pour maintenir leur embarcation. Le personnage en bleu clair tient fermement les cordages. Pierre a de l’eau jusqu’à la taille, la situation semble tragique. Pourtant, son visage est étonnamment calme. En s’attardant sur la poignée de main par laquelle Jésus le retient, on observe qu’elle est solide. Le Seigneur dégage une grande stabilité.

L’inscription au bas de l’œuvre rappelle la demande de Jésus à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31)

Se pose alors une question : à quel moment Pierre a-t-il douté ? Est-ce le moment où il a pris peur en marchant sur l’eau ? Peut-être… et en même temps, sa première réaction est de crier vers Jésus pour être sauvé. Le visage du disciple sur le vitrail exprime cette sérénité de celui qui sait que le Seigneur est à ses côtés dans les épreuves.

Peut-être est-ce le doute initial : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » (Mt 14, 27-28)

Le grec nous donne un élément de réponse. Le mot que nous traduisons généralement par « douter » signifie littéralement « se tenir entre deux ». Il exprime quelque chose de l’hésitation.

Et si le problème n’était ni de demander des preuves, ni d’avoir peur face à l’adversité, mais de ne pas aller au bout de l’élan. Et si ce que Jésus demande a Pierre était : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu renoncé ? »

Restaurons notre foi !

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo: abbé Valentin Roduit

S’il il fut un temps où la tendance en architecture était de faire « table rase du passé » pour construire à neuf, les temps ont maintenant changé. L’on aime parler aujourd’hui de restauration, de préservation du patrimoine bâti. Et c’est le sujet qui occupe le thème central de ce numéro, dans les pages 16 et 17. 

Ainsi les restaurations d’églises peuvent conduire à d’intéressantes découvertes. En 1972-1973, à la restauration de l’église de Muraz, l’on découvrit sous l’église, dans son sous-sol, les vestiges de différents murs qui témoignaient d’édifices antérieurs remontant jusqu’à l’époque gallo-romaine ! L’on répertoria ainsi un premier sanctuaire chrétien remontant au IXe siècle ! 

Nos communautés paroissiales se sont donc développées autour de sanctuaires ou de chapelles. Souvenons-nous ici des racines de notre foi : nous sommes les héritiers, les heureux bénéficiaires, d’un patrimoine religieux, vécu par des générations successives de chrétiens !

Sachons donc maintenir vivante notre foi afin de la transmettre à la génération future qui elle-même, à son tour, transmettra cette même foi à la génération suivante…

Et profitons donc de cet été pour « refaire » si nécessaire nos forces humaines et spirituelles, pour « restaurer » au besoin notre foi afin qu’elle nous unisse à Dieu, source de toutes grâces. 

Pourquoi ne pas suivre en cela le conseil que Jésus avait donné à ses apôtres, de retour d’une mission épuisante et fatigante : « Venez à l’écart… et reposez-vous un peu ! » (Mc 6, 31) Venez cet été à la maison Cana pour participer à une table d’hôte ou à un brunch dans une ambiance conviviale, (infos pp. 8-9) ! Participez à une messe sur les alpages, sur les hauteurs de Vionnaz ou de Vouvry (infos p. 19), aux Giettes ou encore à Chalet Neuf (infos pp. 18 et 20) !

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