Jésus marche sur l’eau, vitrail de Jaeger, église Saint-Pierre, La Chaux-de-Fonds

Le Seigneur dégage une grande stabilité.

Par Amandine Beffa | Photo:Jean-Claude Gadmer

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’ai toujours imaginé que Pierre marchait sur une mer calme, lisse comme une patinoire. L’histoire que nous raconte ce vitrail est bien différente. Le travail du verre met en évidence des flots sombres et agités. Et en effet, lorsqu’on lit l’épisode rapporté dans l’Evangile selon saint Matthieu (14, 22-33), on remarque que la barque est battue par les vagues, que le vent est contraire et qu’il fait nuit. 

En arrière-plan du vitrail, les disciples semblent lutter pour maintenir leur embarcation. Le personnage en bleu clair tient fermement les cordages. Pierre a de l’eau jusqu’à la taille, la situation semble tragique. Pourtant, son visage est étonnamment calme. En s’attardant sur la poignée de main par laquelle Jésus le retient, on observe qu’elle est solide. Le Seigneur dégage une grande stabilité.

L’inscription au bas de l’œuvre rappelle la demande de Jésus à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31)

Se pose alors une question : à quel moment Pierre a-t-il douté ? Est-ce le moment où il a pris peur en marchant sur l’eau ? Peut-être… et en même temps, sa première réaction est de crier vers Jésus pour être sauvé. Le visage du disciple sur le vitrail exprime cette sérénité de celui qui sait que le Seigneur est à ses côtés dans les épreuves.

Peut-être est-ce le doute initial : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » (Mt 14, 27-28)

Le grec nous donne un élément de réponse. Le mot que nous traduisons généralement par « douter » signifie littéralement « se tenir entre deux ». Il exprime quelque chose de l’hésitation.

Et si le problème n’était ni de demander des preuves, ni d’avoir peur face à l’adversité, mais de ne pas aller au bout de l’élan. Et si ce que Jésus demande a Pierre était : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu renoncé ? »

Restaurons notre foi !

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo: abbé Valentin Roduit

S’il il fut un temps où la tendance en architecture était de faire « table rase du passé » pour construire à neuf, les temps ont maintenant changé. L’on aime parler aujourd’hui de restauration, de préservation du patrimoine bâti. Et c’est le sujet qui occupe le thème central de ce numéro, dans les pages 16 et 17. 

Ainsi les restaurations d’églises peuvent conduire à d’intéressantes découvertes. En 1972-1973, à la restauration de l’église de Muraz, l’on découvrit sous l’église, dans son sous-sol, les vestiges de différents murs qui témoignaient d’édifices antérieurs remontant jusqu’à l’époque gallo-romaine ! L’on répertoria ainsi un premier sanctuaire chrétien remontant au IXe siècle ! 

Nos communautés paroissiales se sont donc développées autour de sanctuaires ou de chapelles. Souvenons-nous ici des racines de notre foi : nous sommes les héritiers, les heureux bénéficiaires, d’un patrimoine religieux, vécu par des générations successives de chrétiens !

Sachons donc maintenir vivante notre foi afin de la transmettre à la génération future qui elle-même, à son tour, transmettra cette même foi à la génération suivante…

Et profitons donc de cet été pour « refaire » si nécessaire nos forces humaines et spirituelles, pour « restaurer » au besoin notre foi afin qu’elle nous unisse à Dieu, source de toutes grâces. 

Pourquoi ne pas suivre en cela le conseil que Jésus avait donné à ses apôtres, de retour d’une mission épuisante et fatigante : « Venez à l’écart… et reposez-vous un peu ! » (Mc 6, 31) Venez cet été à la maison Cana pour participer à une table d’hôte ou à un brunch dans une ambiance conviviale, (infos pp. 8-9) ! Participez à une messe sur les alpages, sur les hauteurs de Vionnaz ou de Vouvry (infos p. 19), aux Giettes ou encore à Chalet Neuf (infos pp. 18 et 20) !

Patrimoine et richesse collective

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Valaisanne Laetitia Vergère. 

Par Laetitia Vergère
Photo: DR

Le patrimoine, dans sa diversité, est une source de richesse collective et d’héritage. Il constitue un facteur de rapprochement, de tolérance, de liberté et de respect. Sa destruction représenterait une menace, c’est pourquoi il est primordial de le protéger et de le garder précieusement afin d’éviter qu’il disparaisse de la conscience générale. 

Ainsi, restaurer une église ou un autre bâtiment religieux est nécessaire sur plusieurs points. Tout d’abord, cela permet de garder les fondamentaux : les murs, les vitraux, l’autel, etc. Aussi, il incite à garder une certaine cohérence architecturale et permet aux fidèles et aux visiteurs de reconnaître aisément de quelle confession fait partie l’édifice. Et finalement, la restauration peut permettre de donner « un coup de neuf », en remettant le bâtiment au goût du jour, adapté à l’époque de restauration.

Mais la restauration est-elle uniquement physique, se rapportant à l’édifice, ou bien pourrait-on aller plus loin ? L’église (la bâtisse) et l’Eglise (la communauté) n’ont-elles pas les mêmes besoins ? 

Le mot Eglise – du grec ekklêsia, qui signifie « assemblée » et provient du verbe ekkaleô (« je convoque ») – désigne à la fois la communauté religieuse fondée par Jésus-Christ, le christianisme et l’institution religieuse qui a été mise en place autour de cette foi commune. Comme nous le rappelle l’Evangile selon saint Matthieu (Mt 9, 13) Jésus « n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». Peut-être qu’une restauration de la pensée et du jugement serait nécessaire, en grattant les dorures et les parures de l’Eglise actuelle, afin de retrouver ceux que Jésus est venu appeler : tout le monde, quel qu’il soit, afin que chacun se sente accueilli et accepté, dans l’Amour du Christ et de la Communauté ? 

Les servants de messe en sortie à Lausanne

Les servants montent dans les rues de Lausanne, la cathédrale en ligne de mire.

Le lundi de Pentecôte (le 29 mai), nous sommes allés à la cathédrale de Lausanne avec les servants de messe de Monthey et Choëx. Cet édifice religieux qui était d’abord rattaché à l’évêché fut voué au culte protestant dès 1536. Cette sortie était organisée par «Les Anciennes» pour remercier le groupe des servants qui ont fidèlement servi aux messes durant cette année. Par chance, le soleil nous a accompagnés tout au long de notre journée, lui donnant des airs de vacances.

Quelle vue au sommet du beffroi.

Par Valentine Genolet | Photos : Léa Ambrozinho

La journée a commencé par un petit moment de jeu sur le quai de gare pour patienter jusqu’à l’arrivée du train. Puis, nous avons commencé notre voyage jusqu’à la cathédrale. A travers la ville de Lausanne, monter les marches n’aura pas été de tout repos mais la récompense sur l’esplanade de la cathédrale en valait la peine. Après une visite menée par Sandrine Mayoraz, nous avons entrepris l’ascension des multiples marches du beffroi, frissons garantis ! C’est du haut de cette tour qu’à l’époque comme encore à l’heure actuelle, la personne préposée au « guet » crie chaque nuit les heures.

La journée s’est poursuivie par un pique-nique bien mérité au parc, des jeux et une petite glace. D’après les commentaires des servants de messe présents, la sortie a été très appréciée et tout le monde a passé une excellente journée ! Voici quelques ressentis sur notre sortie et sur l’année passée en tant que servant de messe :

Kenza : « J’ai réussi à grimper en haut de la tour malgré mon vertige. Servir la messe m’a permis de me sentir moins seule et de connaître plein de monde. »

Salomée : « La cathédrale était super impressionnante, j’ai pu apprendre plein de choses sur la religion. »

Maël : « J’ai beaucoup aimé cette sortie car le groupe des servants de messe est un groupe calme, on peut prendre le temps et profiter. »

Pour les « Anciennes », l’organisation de la sortie s’est faite de manière assez naturelle avec une bonne répartition des tâches, pour elles, les servants de messes ont pris du plaisir donc l’objectif a été atteint ! 

Merci aux « Anciennes » pour la coordination et la formation du groupe ainsi qu’aux servants et leurs parents pour leur engagement tout au long de l’année. Bel été à tous.

Les servants de messe s’engagent à servir la messe une fois par mois le samedi ou le dimanche. Ils se rencontrent plusieurs fois dans l’année pour apprendre à servir, se connaitre, passer des moments sympas de jeux ou de sortie et prier ensemble. Certaines rencontres sont organisées avec les servants de Collombey-Muraz et du Haut-Lac.

Les enfants (dès 6H) qui souhaitent rejoindre le groupe des servants de messe peuvent s’inscrire et se renseigner auprès d’Erika Meninas au 079 333 03 26.

On se réjouit de les accueillir.

Les servants de Monthey et Choëx encadrés par les « Anciennes » commencent la visite de la cathédrale de Lausanne.

Des couleurs et des sens

Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay

Les couleurs suscitent en nous des émotions. D’un point de vue statistique, le bleu, par exemple, est aimé par 57 % des hommes, mais seulement par 35 % des femmes. 23 % des femmes aiment le violet mais 0 % des hommes. 

Dans l’Antiquité, la couleur bleue était le symbole du deuil, du malheur et du désarroi, mais ces croyances se sont inversées après l’an mille. Chez les Romains, cette couleur était associée aux barbares : avoir les yeux bleus était dévalorisant et personne ne portait de vêtements de ce coloris avant le IIIe siècle. Les XIIe et XIIIe siècles marquent une « révolution du bleu » du fait de la théologie. Dieu est un dieu de lumière et celle-ci se manifeste de deux façons : la lumière divine (lux) et la lumière terrestre (lumen). Pour les différencier, il fallait trouver une technique dans les images : le ciel au sens de la couche atmosphérique devient bleu, alors que l’or est utilisé pour représenter la lumière divine et le Ciel au sens du paradis céleste. Le bleu est devenu le symbole de la pureté, de la spiritualité en désignant des valeurs positives comme la force, le sacré, l’inaccessible (le Ciel).

A Rome, le rouge est associé au pouvoir. C’est la couleur des généraux, des patriciens et plus tard des empereurs. Son usage est d’ailleurs réglementé et interdit à ceux qui ne font pas partie de ces catégories. Le Code Justinien (VIe siècle ap. J.-C.) condamne à mort ceux qui achetaient ou vendaient le tissu de couleur Porpora à mauvais escient.

Dans la culture chrétienne, la royauté spirituelle de la Vierge revêt des insignes de la royauté temporelle, dont le rouge. Ceci indique, aussi bien pour la Vierge que pour le Christ, leur nature humaine, alors que pour tous deux, le bleu est indice de divinité. Lorsque l’habit de Marie est une robe rouge, recouverte d’un manteau bleu, le rouge signifie son lien avec le monde terrestre tandis que le bleu (plus ou moins foncé) est la couleur spirituelle, par analogie avec le Ciel, mais aussi parce que le bleu est la couleur la plus coûteuse pour les artistes du Moyen-Age, car elle provient du lapis-lazuli broyé.

Synesthésie

Mais les couleurs peuvent aussi être associées aux sons, aux goûts. C’est ce qu’on appelle la synesthésie. Environ 4 à 6 % de la population avec une proportion significative de « créatifs » possède cette capacité d’association entre les couleurs et les émotions. Pensons à Arthur Rimbaud et son poème « voyelles » (1871), Van Gogh (La nuit étoilée, 1889), Charles Blanc-Gatti (Suite bergamasque de Debussy, 1930), Kandinsky (composition VIII, 1923). 

Et nous, ne sommes-nous pas émus devant la beauté des couleurs d’un vitrail d’une église ou d’une cathédrale ? Nos prières n’en sont-elles pas plus éclairées ?

Du cœur à la partition

Guillaume accompagne régulièrement des chorales pour animer la messe.

Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique

Bien connu sur le coteau de Choëx où il a grandi, Guillaume Délèze anime régulièrement des messes à l’orgue ou au piano. Parmi ses projets musicaux variés, ce musicien «touche-à-tout» a récemment composé deux ordinaires pour la messe. Guillaume nous partage son expérience et sa passion pour la musique.

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz
Photo : Suzy Mazzanisi

Quel est votre parcours musical ?
J’ai commencé avec le piano quand j’étais tout petit, mais ma passion pour la musique s’est vraiment développée à partir de mes 14-15 ans. C’était à une période où j’ai appris à improviser au piano à partir d’accords, ce qui m’éclatait plus que de déchiffrer longuement des partitions, et où j’ai aussi découvert plusieurs de mes groupes préférés (Nightwish et le « metal symphonique » pour les connaisseurs…). C’est à ce moment que je me suis mis à composer plus sérieusement. Depuis, j’ai aussi appris la guitare basse et la batterie, j’ai joué du piano dans de très nombreux projets variés, j’ai fait un Bachelor en musicologie et je dirige un chœur.

Vous avez composé un ordinaire pour la messe. D’où vient cette idée ? 
Au départ, c’est le groupe Raising Hope qui m’a demandé si je pouvais en composer un pour eux… Cela tombait bien, car j’y songeais depuis un petit moment. Quand je compare la musique qu’il y a à la messe et tout ce qu’il y a en dehors, je me dis qu’une petite mise à jour ne ferait pas de mal. Alors on ne peut pas non plus faire n’importe quoi à la messe, car la musique doit rester au service de la prière, mais malgré tout j’avais ce sentiment que je pouvais amener ma petite goutte d’eau au répertoire liturgique. 

Justement, quelles sont les exigences à respecter pour composer une messe ? 
L’exigence de base, c’est que le texte reste le plus important et donc doit être bien compréhensible : l’idéal étant que le rythme de la musique respecte le rythme naturel du texte. Et ce n’est pas toujours facile à gérer. Par exemple, le Gloire à Dieu ne se laisse pas découper en couplets de longueur égale et chantable sur la même mélodie.

Ensuite, l’exigence déterminante, c’est de s’adapter au contexte auquel la messe est destinée. Pour la première messe, composée pour Raising Hope – qui est un groupe de louange jeune – j’ai cherché à créer une messe dans ce style-là, en y ajoutant ma touche personnelle. J’ai composé une seconde messe pour le festival Open Sky, pour chœur à quatre voix. Cette fois-ci, j’ai voulu faire quelque chose qui correspondait à l’ambiance de l’événement : jeune mais intense. 

Enfin, il y a aussi des contraintes plus « terre à terre » : ce chœur n’ayant pas beaucoup de temps de répétition, j’ai cherché à faire la messe la plus simple possible !

Qu’est-ce que la musique apporte à votre foi ? 
J’ai entendu que quand on prie, on doit essayer de ne pas trop le faire avec la tête, mais plus avec le cœur. Les mots ont tendance à s’arrêter à la tête tandis que la musique est pour moi le meilleur moyen de toucher le cœur. C’est l’outil parfait pour nous aider à ressentir les choses, et ne pas rester purement dans l’intellectuel. Cela rend le fait de composer des messes passionnant : c’est chercher à traduire ce que l’on trouve beau dans la foi, en espérant le faire ressentir, le partager avec l’assemblée. 

Merci Guillaume de ce partage et de mettre ta passion et tes multiples talents musicaux au service de la prière et de la foi.

Vous pouvez écouter ses compositions sur Dreamsailer.com Les messes ne sont pas encore disponibles en ligne. Vous pouvez lui demander les partitions en le contactant à guillaume.deleze@gmail.com

Pour le meilleur et pour le pire

Peter To Rot.

Beaucoup ont parié qu’il deviendrait prêtre. Au lieu de cela, Peter To Rot a non seulement fondé une famille, mais aussi engagé sa propre vie pour défendre le mariage. Méconnu en Europe, il est vénéré par les catholiques d’Océanie.

Par Myriam Bettens | Photo: DR

C’est en 1912, que la ville de Rakunai, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a vu naître celui que beaucoup considéraient comme un leader né. A 21 ans à peine, Peter To Rot était déjà un catéchiste accompli et servait de bras droit au prêtre missionnaire de la paroisse locale. Ce dernier, croyant déceler en son collaborateur les germes d’une vocation sacerdotale, envisage de l’envoyer en Europe pour qu’il y fasse des études. Peter s’est donc préparé à ce ministère, confirmant tout ce que le missionnaire avait vu en lui : une étonnante capacité à enseigner, une connaissance approfondie de la Bible, une facilité à entrer en relation avec tout le monde et une forte influence sur les autres, en particulier sur les jeunes. Contre toute attente, le jeune homme se marie en 1936, mais poursuit néanmoins sa vocation de catéchiste laïc.

En 1942, les forces impériales japonaises envahissent toute la région et s’attaquent à ce qu’ils estiment être la « religion apportée par les Occidentaux ». Les missionnaires européens sont capturés et internés dans des camps de concentration et les lieux de culte détruits. Peter poursuit malgré tout sa tâche et prend en charge la communauté privée de curé. Il baptise, visite les malades, assiste aux mariages : son statut de laïc autochtone lui offre alors une relative sécurité. Or, les Japonais le surveillent de près, bien conscients qu’il constitue le seul point de référence pour les catholiques de la région. Mais les choses tournent court pour Peter lorsqu’il prend clairement position contre la décision des autorités japonaises d’introduire la polygamie dans son pays. A Noël 1944, les autorités japonaises l’arrêtent et l’emprisonnent dans un camp de concentration. Ils veulent rapidement se débarrasser de lui et la nuit du 7 juillet 1945, trois fonctionnaires assassinent en secret Peter To Rot par injection létale. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 janvier 1995 lors de sa visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La chapelle du Closillon: dernière messe paroissiale

Une page d’histoire se tourne plus précipitamment qu’envisagé. La dernière messe paroissiale a été célébrée le samedi 17 juin à la chapelle du Closillon. Et pour cause, la vétusté du bâtiment exige une mise en conformité de tout le système électrique. Explication avec Bernard Premand, président du Conseil de Gestion.

Par Sandrine Mayoraz et Bernard Premand | Photo : Jean-Michel Moix

Dans un récent courrier, le Service Electricité, Energies & Développement durable de la ville de Monthey demandait une mise à jour du système électrique au Closillon pour le 7 juin 2023, suite à un contrôle périodique imposé par la législation fédérale et effectué par un organisme indépendant. Sans cette mise aux normes, l’électricité est coupée. Les frais d’investissement sont trop élevés, estime le Conseil de Gestion. En accord avec le Conseil de Communauté, la paroisse renonce à investir une somme de plusieurs milliers de francs, disproportionnée par rapport aux besoins et à l’utilisation du lieu .

De fait, la chapelle peut toujours être utilisée, mais sans électricité, soit sans chauffage ni lumière. Ceci est envisageable de manière ponctuelle pour un baptême en été par exemple, mais ce n’est pas approprié pour les messes paroissiales. Ainsi, avec émotion, la dernière messe paroissiale a eu lieu le samedi 17 juin.

Retour à ses origines

Son histoire commence dans les années 60. Le Curé Louis Bonvin fait construire la chapelle du Closillon avec l’intention de créer une nouvelle paroisse, sous gare, avec son église, sa cure, une maison d’œuvres. Ainsi, la paroisse de Monthey achète cette grande parcelle. Provisoirement, on se contente de mettre en place une modeste chapelle préfabriquée en bois, dédiée à saint Joseph. Le provisoire dure : la nouvelle paroisse n’a pas vu le jour. 

Néanmoins, une communauté fidèle s’est formée autour de cette chapelle de quartier. En 60 ans, d’autres communautés ont bénéficié et prié dans cet espace sacré : les Haut-Valaisans, la mission portugaise, le renouveau charismatique. 

La paroisse remercie tous les bénévoles qui ont œuvré et les paroissiens qui ont prié dans ces murs. Ils ont fait vivre la chapelle du Closillon.

En librairie – juillet-août 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

La sainte au rocher
Philippe le Guillou

Dans cette nouvelle pérégrination religieuse et littéraire, Philippe Le Guillou revisite les lieux qui ont marqué la vie de Bernadette Soubirous : le « cachot » de Lourdes, où elle vécut avec sa famille ; le petit village de Bartrès, où elle gardait les moutons ; la Grotte de Massabielle, où « la belle Dame » lui est apparue ; sans oublier le couvent Saint Gildard de Nevers, où elle servit, avec humilité, les pauvres et les malades.

Ce texte, sensible et poétique, fait revivre Bernadette. Il retrace sa vie et dit surtout sa foi profonde, les épreuves qu’elle a traversées et le caractère exceptionnel de sa destinée.

Editions Salvator

Acheter pour 26.60 CHF

En arrivant au Paradis
Richard de Seze

Une religieuse de la Drôme et un intellectuel parisien agnostique meurent. L’une arrive au Paradis, l’autre au Purgatoire. Devant eux, se dévoile la grande bureaucratie céleste : la réception des prières et leur traitement, la fabrique des saints et le repos des anges gardiens, les archives des fautes à réparer. Richard de Seze fait naître ici un merveilleux chrétien empreint d’humour et proche de nous sans jamais faire abstraction des vraies questions. Un conte plein de tendresse qui rend l’au-delà familier.

Editions du Cerf

Acheter pour 22.40 CHF

Moi, Jean de la Croix
David Clair

Jean de la Croix est un immense poète, un réformateur de l’Ordre du Carmel et un mystique, promoteur d’une vision exigeante, mais tendre de l’être humain. C’est par le biais de la fiction que David Clair nous fait entrer avec subtilité et sensibilité dans la psychologie de cet être fascinant.  S’affranchissant des cadres habituels, ce livre introduit le lecteur à une compréhension profonde d’un homme hors du commun, dont le message invite à se recentrer sur l’essentiel, à suivre son cœur et à renouer avec la subjectivité et la sensibilité. Un roman passionnant. 

Editions du Cerf

Acheter pour 27.00 CHF

Foucauld – Une tentation dans le désert
Jamar Dufaux

Charles de Foucauld fut, tour à tour, un riche héritier noceur, un officier débonnaire, un explorateur audacieux, un converti radical, un ermite au désert, un traducteur émérite, puis, l’ami des juifs et des musulmans, le frère universel. Cette BD se polarise sur les derniers jours de ce saint canonisé en 2022. Comme s’il pressentait sa fin proche, Charles tente de transmettre sa raison de vivre aussi bien à ses amis qu’à ses ennemis, en témoignant de l’amour de Dieu et de cette mystérieuse fraternité qui le lie à tous les hommes.

Editions Dargaud

Acheter pour 23.80 CHF

Pour commander

Que devient la Maison Cana?

Joëlle Carron.

L’on se souvient que la Maison Cana, près de Muraz, a accueilli tout d’abord une communauté de sœurs sous la direction du Père Bernard Müller et d’Anne-Marie. Puis elle a hébergé des ex-sœurs de la Communauté Saint-Jean. Aujourd’hui la maison Cana connaît de profonds changements, sous la coordination de Joëlle Carron, laïque consacrée, mandatée par notre évêque dans le domaine de la Diaconie et de la Solidarité et secondée dans sa tâche par le Conseil de Fondation de la Maison Cana. 

Par Jean-Michel Moix | Photos : Jean- Michel Moix, Joëlle Carron

Fête annuelle 
Le samedi 27 mai, plusieurs dizaines d’invités et de sympathisants ont participé à la deuxième fête annuelle de la Maison Cana. Cette fête a débuté par une messe célébrée par l’abbé Valentin Roduit et accompagné du diacre permanent Christian Thurre, délégué par notre évêque pour les questions « d’écologie ». Elle s’est poursuivie par un repas diversifié avec des raclettes, ainsi que par des crêpes ou encore des « barbes à papa ». Elle a été égayée par un défilé de figurants (avec des amis de la maison « Verso l’Alto » de Sion) portant des habits de la Friperie qui vient d’ouvrir. 

La Maison Cana : une chapelle, des colocs, une friperie…
La Maison Cana est un lieu spirituel : elle abrite une chapelle au rez-de-chaussée, où une messe est célébrée le mardi soir à 19h30.

C’est aussi un lieu de vie pour six jeunes colocataires : étudiants ou venant d’entrer dans la vie active : parmi eux, il y a actuellement Charlotte (terminant sa « matu » et se perfectionnant au violon), Camille (terminant ses études en sciences politiques), Maël (exerçant comme psychologue), Amandine (de Belgique, physiothérapeute), Mélissa (d’Espagne) et Mahdi (d’Afghanistan et étudiant à Sierre).

La Maison Cana accueille en outre depuis cet été une friperie (avec des vêtements de seconde main) ainsi qu’une buvette. Prochaine ouverture : après-midi du samedi 24 juin. Ce projet est porté par Corinne Rebord et Fiorella Burki.

Autour de la Maison Cana : un jardin cultivé, des canards… 
A Cana c’est aussi la mise en valeur du terrain adjacent, avec le développement d’un jardin en permaculture, destiné à produire des plantes comestibles et médicinales, et ce sous la main experte de Véronique Juilland. C’est l’élevage encore de canards et de lapins…

Projet de création de 4 ou 5 studios et d’un appartement
Il y a en outre un projet de rénovation de l’aile gauche de la Maison Cana, qui devrait débuter cet automne. Le but est d’aménager 4 à 5 studios pour des femmes en grande précarité sociale, financière, ainsi qu’un appartement pour l’accueil d’un couple d’origine rwandaise (Marie-Jeanne et Innocent) et qui assureront l’accueil et la vie spirituelle de la Maison.

Pour cet été : des brunchs et des Tables d’Hôtes ! 
Et puis pour cet été, en nouveauté, la Maison Cana organise des brunchs les dimanches 9, 16, 23 juillet et 6 août ainsi que les 1er et 15 août, selon deux horaires, à 9h30 ou à 11h30. Des tables d’Hôtes, avec au menu des spécialités méditerranéennes, seront aussi préparées les samedis dès 18h : 15, 22 et 29 juillet et le 5 août. (Renseignement et réservation par e-mail : accueil.cana@gmail.com)

Soutenez financièrement le projet «Cana», Maison de la Diaconie et de la Solidarité, 1950 Sion, IBAN : CH46 8080 8009 1602 0135 7 

Balades sur les sentiers paroissiaux

Par Claude Jenny

Voici venu le temps des vacances ! Le temps de ralentir, de souffler. De prendre du plaisir à marcher. Certains partiront loin. Au sud ou sur les sommets. D’autres resteront dans notre région. Ou alterneront les deux.

Raison pour laquelle, dans ce numéro estival de votre journal paroissial, nous vous proposons trois balades à accomplir en empruntant des chemins et sentiers qui sillonnent divers lieux géographiques dans les diverses localités de notre paroisse. Trois membres de notre Rédaction vous font découvrir des parcours riches de découvertes.

• Le premier itinéraire vous invite à vous rendre dans la partie est de la paroisse, à Notre-Dame des Flots, pour emprunter un parcours bucolique entre Montbrelloz et Sévaz ;

• Un second parcours vous conduit d’Aumont à Nuvilly. Sur quelques kilomètres, vous pourrez découvrir un vrai chemin de croix de pierre, construit par les habitants pour protéger leurs récoltes ;

• Un troisième itinéraire vous amène sur les chemins du passé en partant de Murist pour rejoindre Franex, via la Tour de la Molière.

Trois suggestions pour vous inciter à cheminer là, tout près de chez vous, en prenant  le temps de découvrir certaines richesses du patrimoine paroissial.

Bonnes promenades et bon été !

«Tentez la découverte»

Patrick Riat.

La retraite spirituelle CPCR de Chabeuil 2023 « Comment renforcer sa foi ». Entretien rapporté par Patrick Riat, devenu un habitué des retraites données par les CPCR, un ami de la communauté CPCR de Chabeuil, et par ailleurs secrétaire du Conseil de Gestion de la paroisse de Muraz.

Texte par PR Diffusion
Photos : DR

Patrick Riat, comment avez-vous découvert la retraite des Pères de Chabeuil – Communauté Paroissiale du Christ-Roi (CPCR) ?
Avec les recommandations de notre Curé Jérôme qui m’a parlé à ma première retraite à Grolley (Fribourg). Puis j’ai persisté à leur nouvelle résidence à Chabeuil proche de Valence. Pour celui ou celle qui est soumis quotidiennement au stress, l’occasion est parfaite pour investir une semaine et pouvoir s’éloigner de son téléphone portable et / ou de son PC, de se  retrouver face à soi-même pour se recueillir en bonnes conditions. La retraite spirituelle répond à ce besoin. 
Moins dangereux qu’une opération médicale. La preuve ? Aucune décharge à signer !

Aviez-vous une appréhension compte tenu d’une réputation particulière dans les années soixante des retraites CPCR ?
Non, pas spécialement, car les témoignages récents des retraitants ces derniers vingt ans sont unanimement positifs. Donc, il y a maintenant une évolution positive et une ouverture en rapport avec notre temps. L’être humain déteste remettre en question ses certitudes. Mais celui qui se cramponne à cet argument pour ne pas tenter la découverte d’une retraite, au moins une fois, perd une bonne occasion de vérifier de lui-même et d’être rassuré.
Je pense aussi à la fameuse phrase de Talleyrand : « Accrochez-vous à vos convictions, elles finiront bien par s’effondrer d’elles-mêmes ! » 

Comment se déroule une journée type de retraite à Chabeuil ?
Le planning est affiché : la diane musicale est à 6h45 afin de suivre les Laudes de 7h10 avant le petit déjeuner de 7h30. Puis nous avons des périodes d’enseignement, de méditation et de repos alternés, qui rendent les journées agréables et sont orientées sur le but de la retraite : renforcer sa Foi. 

Qui diffuse l’enseignement ?
Trois personnes à tour de rôle se répartissent l’enseignement de la semaine. Nous avions eu deux Pères et une Sœur la dernière fois. Ils respectent le programme fixé avec leur charisme et leur gentillesse et nous avons un petit livre bleu à disposition comme support pour nous aider.

Comment trouvez-vous ces exercices de saint Ignace de Loyola, qui sont le fil conducteur de la retraite ?
Très facilitant pour les retraitants. Ces exercices sont très utiles pour les moments de méditation. Tout le monde est très attentif et impliqué malgré le silence imposé.

Quels ont été pour vous les moments  forts de la retraite ?
J’aimais bien l’eucharistie quotidienne de 18h30 comme bilan de la journée. Autre moment fort : le bilan du dernier jour où chacun en toute simplicité témoigne de ce qu’il retire de sa retraite. La diversité des personnalités avec leurs vécus différents et leurs attentes sur la retraite m’ont beaucoup touché. Beaucoup de sérénité pour tous en général. 

Le fait de suivre en silence la majorité de la semaine n’a pas été trop pénible ?
Non, même si, au moment des repas la tentation est grande de transgresser cette règle pour se passer les plats… mais dans l’ensemble le silence devient utile et cela nous permet de mieux approfondir l’enseignement à notre propre écoute. Avec l’aide du Saint-Esprit.

Parlez-nous des conditions de séjour à Chabeuil, est-ce comparable à un hôtel ?
Assurément car nous sommes en chambre individuelle bien aménagée avec le confort d’une salle de bains et WC. Tout est simple mais fonctionnel. La nourriture est très correcte avec des pauses collation à disposition. C’est parfait pour une retraite spirituelle confortable.

Que dire à une personne qui hésiterait encore à s’inscrire à une retraite ?
Chacun doit faire ses expériences sans préjugés mais plutôt avec un esprit ouvert. Il faut vouloir faire une découverte positive. C’est comme découvrir un pays étranger et son lot de surprises. On ressort toujours gagnant au retour de son voyage, quels que soient les aléas de la météo ! Je ne peuxqu’encourager à franchir le pas. D’ailleurs, je vais me réinscrire à la prochaine retraite sur novembre 2023 pour la huitième fois ! 

Avons-nous, sur place, un conseil personnalisé sur nos projets de vie ou sur une question de l’enseignement ?
Assurément. Tout est organisé simplement pour avoir l’opportunité de rencontrer l’intervenant de son choix pour une discussion ou une demande spécifique sur un élément bloquant dans notre vie. Et ce, plusieurs fois dans la semaine. Tout est parfaitement organisé.

Quelle était votre conclusion lors de votre dernière retraite de 2022 ?
C’est une très bonne coupure dans notre vie pour se retrouver. Cela consolide notre Foi dans un lieu approprié et agréable avec un très grand parc de verdure et d’arbres fruitiers. C’est destiné au service des hommes et femmes de bonne volonté pour renforcer la confiance en soi. Peu d’endroits existent pour se recueillir avec sérénité vers l’avenir.

Retraite Chabeuil 2023 « spécial Chablais » Homme-Femme 

Du lundi 13 au samedi 18 novembre 2023.
Idée de budget : hébergement, repas, pauses, Fr. 50.– par jour, tout compris.
Renseignements sur les retraites : Patrick Riat au 076 384 38 44.
Inscriptions par tél. ou par mail : Jérôme Hauswirth, curé de Muraz, tél 024 472 71 80, cure@paroisses-collombey-muraz.ch
Délai : dès que possible mais au plus tard le vendredi 27 octobre 2023 pour la logistique du déplacement.

Athées ou chercheurs de Dieu ?

Par François-Xavier Amherdt | Photo: DR

Cela peut nous rassurer et nous donner élan : même le grand prédicateur Paul connaît un échec cuisant dans sa prédication sur le Christ ressuscité d’entre les morts, à l’aréopage d’Athènes (voir le passionnant épisode en Actes 17, 16-34). Cela veut dire que nous aussi, dans notre pastorale « en sortie », nous pouvons affronter des réticences sans que nous nous en culpabilisions. Nous semons et proposons, les personnes croisées disposent, en totale liberté.

Mais sur l’agora centrale de la capitale hellène, l’apôtre des nations a-t-il rencontré des athées ? Les philosophes qui l’ont abordé étaient-ils opposés à toute conviction religieuse ? Ne se reconnaissaient-ils pas plutôt d’une forme de polythéisme, selon un « panthéon très humain » ? Paul d’ailleurs commence par leur parler du Dieu universel et créateur en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, de la race duquel nous sommes (Actes 17, 28), plutôt que des idoles semblables à de l’or, de l’argent ou de la pierre taillée (v. 29). Et il en arrive à les interpeller à propos de « l’autel au dieu inconnu » qu’il a rencontré dans la cité et dont il est venu annoncer le vrai visage, en Jésus-Christ Sauveur.

Retour du paganisme

De nos jours aussi, nous constatons que les athées au sens strict sont relativement peu nombreux, alors que nous assistons à un retour du paganisme et du poly-théisme qui redivinise la nature, les astres, l’homme augmenté, les stars du sport et du show-business, les dictateurs et les gourous. C’est donc une prédication à la saint Paul qu’il nous convient de déployer, nous efforçant de répondre à la quête spirituelle authentique des gens et sachant montrer combien Jésus-Christ répond aux interrogations existentielles et fondamentales de l’humanité.

C’est à une nouvelle forme d’« apologétique » positive que nous sommes conviés, capable de donner envie aux « athées, païens et idolâtres » que nous sommes tous de s’ouvrir à la vie dont le Dieu biblique veut nous combler. Cela implique de nous laisser nous-mêmes évangéliser par ceux avec qui nous échangeons.

65 ans, l’heure d’un choix crucial…

Ce message, reçu de notre curé Jean-Pascal Genoud, le 17 janvier 2023 par WhatsApp, est le dernier d’une petite série qu’il avait envoyée, un peu comme des clins Dieu, à quelques proches et amis. Il l’avait intitulé ainsi: «65 ans: l’heure d’un choix crucial entre les bras fermés de Morphée ou les mains ouvertes du Ressuscité!» En voici la teneur…

Par Jean-Pascal Genoud | Photos : Marion Perraudin

Minuit et demi, ce 17 janvier 2023. Je revêts mon pyjama en jouant plus ou moins habilement entre les tubes de la sonde nasogastrique et ceux de la pompe anti-douleurs. Je m’assoupis quelque peu et suis réveillé, comme souvent ces dernières nuits, par le retour d’une intense douleur dans le bas-ventre. A force, on m’a appris à ne pas tarder. Je sonne donc l’infirmière qui me donne un comprimé de Buscopan, un médicament spécialement conçu pour maîtriser les crampes intestinales. Je l’informe que, pour laisser le temps nécessaire au médicament de faire son effet, je sors me fumer une clope devant l’entrée principale de l’hôpital. L’agente Securitas qui surveille l’entrée toutes les nuits n’est pas surprise de me voir faire ce pèlerinage nocturne. Elle a l’habitude de mes allers et venues. 

A mon retour, je passe devant la chapelle. C’est fou comme ce genre de maladie incurable dont je souffre vous donne des accès de piété totalement inhabituel ! J’avise un coussin confortable que je dérobe à l’espace méditation pour le placer sur le banc devant le tabernacle. […] Après un temps d’action de grâce pour 65 ans de vie palpitante, je tombe dans les bras de Morphée.

Mon infirmière est occupée à répondre à différents appels dans l’unité des soins palliatifs dont elle a la garde cette nuit. Après une heure, pensant que j’étais rentré dans ma chambre, elle vient contrôler et ne peut que constater mon absence. Elle se fait du souci. Constate que j’ai laissé mon portable sur place et se résout à appeler l’agente Securitas qui l’informe que je n’ai pas fait très long dehors et que je suis rentré dans l’hôpital. Pas étonnant : dehors il neige et fait près de zéro degré. S’ensuit une battue dans les dédales des corridors.

Il est 3h30 quand j’entends résonner la grosse voix italienne de la Securitas : « Il y a quelqu’un ? » Je sors violemment hébété d’une phase de sommeil paradoxal, me demandant où je suis. J’étais en train de faire un cauchemar. Nous étions très nombreux dans une grande aula en pan incliné. Notre prévôt, debout tout devant, demande qui veut bien lire un passage des Actes des Apôtres, prévu dans les lectures du jour. Comme j’ai un missel en poche – C’est étonnant de voir comment ce genre de maladie m’a réservé des accès de piété parfaitement inhabituels ! – Dans le récit de la Pentecôte, arrivant la longue énumération des différents peuples de pèlerins juifs rassemblés pour l’occasion, pour ménager l’auditoire, je choisis de simplifier et d’en omettre un grand nombre. Le prévôt, visiblement fâché par la liberté que je prenais par rapport à la littéralité du texte sacré, s’exclame à l’adresse de tous : « Ce n’est pas tout à fait la Parole de Dieu qui vous a été lue. » Et je vois le sourire de l’agente Securitas, soulagée de m’avoir enfin trouvé. Je perçois aussi le regard amusé de l’infirmière de nuit qui l’accompagne. Celle-ci me dit : « Vous avez au moins prié pour nous ? » « J’ai eu tout le temps de prier pour le monde entier », dis-je ! Et on me reconduit en chambre. L’infirmière Ophélie me fait un gentil reproche pour lui avoir provoqué une grande frayeur. Sur quoi elle m’offre un bon café bien fort et j’obtiens de sa part la grâce de pouvoir repartir brièvement pour une dernière clope d’action de grâce…

La Parole de Dieu de ce jour, de la lettre aux Hébreux (6, 15.19.20) : « C’est par sa persévérance qu’Abraham a obtenu ce que Dieu avait promis… Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme. Elle entre au-delà du rideau, dans le sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur. » 

La pensée du jour que m’envoie ma sœur Françoise à l’occasion de mon anniversaire, une citation du musicien Olivier Messiaen (dans « La musique de l’invisible », ndlr) : « Entendre sur cette terre le son de l’invisible est une joie extraodinaire. »

Enfin, de l’hymne que propose la revue Magnificat pour ce 17 janvier : « Dieu ma joie, tu as fait de ma pauvreté ta demeure de silence où tout être peut adorer le secret de ta présence. »

Bien à vous, Jean-Pascal

Jean-Pascal dans diverses postures homilétiques…

Franchir la centaine en chantant!

J’ai rencontré Lucienne chez elle autour d’un café en pensant qu’en 30 minutes le tour serait joué. Deux heures plus tard, j’étais toujours à écouter le récit passionnant de sa vie, à apprendre de sa sagesse et de sa foi qui, sans doute, lui a permis de traverser un siècle dans la sérénité, entourée de sa famille. 

Texte et photos par Vanessa Gonzalez

Lucienne Bressoud est née à Vionnaz le 9 mars 1923 et n’a jamais quitté son village. Elle a été fêtée par ses trois garçons, ses sept petits-enfants, ses cinq arrière-petits-enfants, tous ses proches ainsi que les autorités de Vionnaz, le 12 mars, à la maison de paroisse. 

Lucienne a eu une vie dure, mais simple aux côtés de son mari, Juste : un homme bon et chaleureux, parti trop tôt à l’âge de 67 ans. Elle apprécie la lecture, la cuisine qu’elle fait toujours pour elle et surtout jardiner. Mais attention, Lucienne me précise : « Pas désherber les patates ou les vignes. Ce n’était pas ce que j’aimais le mieux, mais fallait le faire… »

Lucienne concocte chaque année pour l’anniversaire de ses petits-enfants une tourte de Linz. Elle passe du temps dans sa cuisine en se réjouissant de leur visite où ils vont pouvoir récupérer leur gâteau. 

Catholique depuis toujours, Lucienne s’est engagée dans deux mouvements catholiques : la Jeunesse Agricole Féminine et ensuite la Ligue des dames. Elle a aussi fait partie des personnes qui ont mis en route le goûter des aînés à Vionnaz. 

« Je n’ai jamais pensé que j’arriverais à 100 ans. Plus tu avances dans la vie, plus tu te rends compte qu’il faut vivre aujourd’hui parce que demain ne nous appartient pas. Parfois, je suis dans mon lit, je confie ma vie au Seigneur puis je me dis : « Va savoir… demain matin, tu n’es peut-être plus là ! » »

Et quand je demande à Lucienne comment elle a acquis cette philosophie de vie, elle me répond sans hésitation que c’est grâce à sa foi. Dans les moments difficiles, elle s’est raccrochée à la prière en « appelant le bon Dieu et tous les Saints du Paradis à son secours ». Elle demande tous les jours à l’Esprit Saint de l’aider.

Lucienne est connue à Vionnaz pour être une femme dévouée à sa famille. En outre, elle est membre de la gym « Les 4 Fontaines » et du chœur d’animation liturgique de la paroisse. Elle a aussi fait partie, pendant plus de 35 ans, du Chœur de nos 20 ans à Monthey. Elle a tellement aimé chanter toutes les chansons du passé aux résidents des EMS des alentours. 

« Ma passion, c’est le chant. J’ai toujours entendu ma maman chanter autour de moi. Quand je travaillais aux Pierres Fines à tailler les rubis, on chantait pendant le travail. Le patron aimait bien, comme ça on ne blaguait pas avec la voisine ! »

Retenons en conclusion le conseil d’une centenaire : « Croire que Dieu est là et qu’Il nous aime. Il faut avoir confiance en Dieu, mais ce n’est pas parce qu’on prie qu’on obtient tout, Dieu n’est pas un distributeur automatique ! »

 Lucienne bénie lors de la messe « special Ghana ».

La confiance de l’espérance

Texte et photo par Isabelle Roulin

« Athée souhaits », voici le thème de la rubrique centrale. Comme j’ai l’esprit taquin, un peu d’humour pour commencer. En effet, si quelqu’un lit les deux premiers mots de cet article à haute voix, il ne s’agit pas d’une référence à la religion, mais d’une réponse possible à quelqu’un qui a éternué. 😉 Vive la complexité de notre langue française !

Plus sérieusement, que veut dire le mot « athée » ? Se dit d’une personne qui ne croit en aucun pouvoir divin ; contrairement à un agnostique qui refuse de se prononcer et qui émet des doutes sur une existence divine. En résumé : l’athée ne croit pas alors que l’agnostique dit : je ne sais pas.

Si, d’après les statistiques, les athées sont en voie de disparition, je peux constater dans mes connaissances que le nombre des agnostiques augmente. Par contre, il est une catégorie non répertoriée qui, à mon sens, mériterait que l’on s’y arrête. Il s’agit de celle qui correspond à toutes les personnes qui ne se laissent enfermer dans aucune catégorie existante. Elles ont soif de spiritualité, croient en quelque chose ou quelqu’un de plus grand mais qu’elles refusent de nommer ou d’enfermer dans un quelconque dogme ou religion. Ces personnes admettent ne pas savoir mais vivent dans la confiance que la vie ne s’arrêtera pas à la mort. 

J’ai pu lire et entendre plusieurs témoignages de personnes ayant fait une expérience de mort imminente (EMI) ou ayant vécu le phénomène de décorporation qui démontrent que la vie ne s’arrête pas avec notre enveloppe charnelle quand le cœur cesse de battre. 

Pour ceux qui le souhaitent, vous trouverez de nombreuses vidéos abordant le thème de la mort sur le site internet de Christophe Fauré, psychiatre français. 
Son site : https://christophefaure.com/ 

Etre chrétien, c’est avoir la confiance de l’espérance et je vous la souhaite à vous toutes et tous qui me lisez.

«Mieux athée que mauvais catholique!»

« Le scandale, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Par Thierry Schelling | Photo: vatican.news

« Mieux athée que mauvais catholique !» Ça, c’est dit ! Et de la part du Pape, qui plus est ! Si ses détracteurs se tapent le front de désespoir, les lecteurs attentifs de l’Evangile reconnaîtront la raison d’une telle affirmation.

Hypocrisie

En effet, François expliquait lors de son homélie du matin (février 2017) qu’on entendait souvent dire : « Je suis très catholique, je vais toujours à la messe, j’appartiens à telle ou telle association… mais sa vie n’est pas chrétienne : les employés sont sous-payés, on ment et vole les gens, on recycle l’argent sale… » bref, tant d’occasions pour trahir ses bonnes intentions. « Le scandale, reprend le Pape, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Et donc, l’athée est peut-être plus cohérent que le catholique hypocrite ! Car celui-ci scandalise tout un chacun, qui le fait préférer se dire athée plutôt que catholique. CQFD.

Respect de la conscience

Dès son élection, s’adressant aux médias, il avait conclu l’entretien ainsi : « Puisque beaucoup d’entre vous n’appartiennent pas à l’Eglise catholique ou ne sont pas croyants, j’adresse de tout cœur ma bénédiction en silence, respectant la conscience de chacun… » Geste inédit pour un pontife, mais très… Vatican II et sa déclaration en faveur du dialogue interreligieux Nostra Aetate !

Dialogue plutôt que diatribe

Ne pas oublier que dès 1965, le pape Paul VI avait confié aux jésuites le maintien de liens et du dialogue avec l’athéisme d’alors… et Jean-Paul II intensifiera la lutte contre l’athéisme pratique avec sa culture caractéristique du déchet, lutte reprise par François en rappelant l’ignorance crasse de bien des catholiques du trésor inestimable que représente la doctrine sociale de l’Eglise. Ce compendium se conclut notamment par ceci : « Celui qui croit se conformer à la vertu surnaturelle de l’amour sans tenir compte du fondement naturel qui y correspond et qui inclut les devoirs de justice, se trompe lui-même. »

Jubilé de saint Bernard

Statue de saint Bernard sur le col grandement éponyme, qui montre au pèlerins perdus la direction de l’hospice.

Le 15 juin 2023, en la fête de saint Bernard, la congrégation du Grand-Saint-Bernard ouvrira une année festive qui marquera le centenaire de la proclamation de saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne, ainsi que les 900 ans de sa canonisation. Des événements sont prévus tout au long de l’année: spectacles, pèlerinages, colloque, etc. Chacun y trouvera de quoi se réjouir.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photo: Pecold

Simon Roduit, expliquez-nous ce qui a présidé, en 1923, à ce que saint Bernard soit nommé patron des alpinistes et des habitants de la montagne ?
Dans une lettre apostolique du 10 août 1923, le pape Pie XI « donne saint Bernard de Menthon comme patron céleste non seulement aux habitants des Alpes ou à ses visiteurs, mais à tous ceux qui entreprennent l’ascension des montagnes ». Pie XI explique avoir lui-même connu la joie de « reprendre de nouvelles forces en escaladant les cimes » alors que son esprit était fatigué par les études durant ses jeunes années. Il mentionne aussi avoir vécu personnellement l’accueil des chanoines à l’hospice. Cette lettre est adressée à l’évêque d’Annecy qui est à l’origine de cette heureuse initiative. Pourquoi ? Parce qu’ils fêtaient alors le milllénaire de la naissance du saint, placée selon la légende, en 923 au château de Menthon, au bord du lac d’Annecy. Nous savons à présent qu’il est né plus tard, à l’orée du onzième siècle. 1923 était aussi le jubilé des 800 ans de sa canonisation par l’évêque de Novare. Ces anniversaires montrent combien saint Bernard n’est pas l’apanage d’une congrégation, mais appartient au trésor de toute l’Eglise.

Qui sait-on réellement de saint Bernard ?
De sa vie, nous savons peu de choses, sinon qu’étant archidiacre d’Aoste, il a fondé des hospices sur les deux cols qui portent désormais son nom et qu’il a mené une vie de prédicateur. Il a laissé un exemple de charité, particulièrement avec l’œuvre de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, qui est aujourd’hui encore un lieu où le Christ est adoré et nourri, selon la devise laissée par le saint fondateur aux chanoines.

Les deux aspects de ce jubilé nous rapprochent de ce saint : les 900 ans de sa canonisation sont l’occasion pour nous d’imiter sa charité et son inventivité. Les 100 ans de sa proclamation comme patron des habitants des Alpes et des alpinistes sont l’occasion de nous mettre sous sa protection. Par sa beauté, la montagne nous permet de nous tourner vers le Père dans un acte de contemplation. Par le péril qu’elle peut causer, elle nous invite à nous tourner vers le ciel pour demander, par son intercession, la protection divine.

Quelle est la signification profonde d’un jubilé ?
Dans le livre du Lévitique la manière de fêter un jubilé, chaque 50 ans, une année « sabbatique » : un temps particulièrement consacré au Seigneur. On y laisse la nature se reposer du travail de l’homme. On remet les dettes afin que les terres reviennent à leurs propriétaires. C’est une année de fête durant laquelle tous réjouissent. Depuis 1300, le jubilé est devenu une fête célébrée dans toute l’Eglise chaque 25 ans. Le pape François a déjà annoncé le prochain jubilé ordinaire en 2025 sur le thème « Pèlerins de l’espérance ». Durant un jubilé chrétien, les fidèles sont invités à se réjouir en lien à une thématique particulière, et à se mettre en marche, comme pèlerins, vers Rome ou un autre sanctuaire.

Quels objectifs avez-vous en organisant toute une année de festivités dans ce cadre ?
Durant cette année jubilaire, divers événements sont organisés pour nous aider à nous réjouir d’avoir saint Bernard comme patron des Alpes, et une démarche de pèlerinage est proposée à l’hospice. L’objectif principal c’est faire connaître et prier saint Bernard, mais aussi à inviter les fidèles à continuer son œuvre de prédication et de charité dans les milieux de la montagne et les paroisses des Alpes, en devenant comme saint Bernard des missionnaires joyeux par une charité et un accueil inconditionnel du prochain.

Prière à saint Bernard

Seigneur, tu nous as donné saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Par son intercession protège-nous dans toutes nos ascensions. Après avoir joui de la beauté de la nature, que nous retournions à notre tâche plus sereins et plus forts dans le service de Dieu et de nos frères. Tandis que nous nous efforçons de marcher sur ses traces ici-bas, accorde-nous d’atteindre le véritable Sommet qui et le Christ.

Amen.

Le jubilé

Retrouvez le programme des festivités, qui dureront du 15 juin 2023 au 28 août 2024, sur le site internet –> centenairesaintbernard.ch

Fêtes des guides, exposition, démarches jubilaires, spectacles, manifestations alpines, colloques, célébrations… Un programme varié de découvertes et rencontres durant toute l’année !

Bénévoles: notre église vit grâce à vous!

Le Père Innocent au Bouveret entouré de Serge l’organiste, Anselme et Francis, bénévoles dévoués.

S.O.S. Les paroisses ont besoin de bénévoles ! Osez l’aventure !

Le bénévolat : un travail souvent dans l’ombre, qui a besoin d’être reconnu. Mais cette participation indispensable à la vie de nos paroisses est fragile et il faut, comme une plante, songer à la nourrir et à l’arroser.

Par Nicolette Micheli | Photos : Vanessa Gonzalez, Nicolette Micheli, Michel Delgado

Il paraît que la Suisse est championne du bénévolat ! On le rencontre partout : dans le sport, l’école, la politique, le social, l’humanitaire, l’hôpital… et dans l’église aussi. 

Saint Paul utilise l’image du corps pour rappeler combien une communauté, si elle veut être vivante, a besoin de la diversité des talents de tous ses membres. Certaines personnes s’engagent régulièrement en pleine lumière, mais la plupart préfèrent rester dans l’ombre, comme le sel dans les aliments ou le levain dans la pâte. Sans leur implication, un ingrédient important manquerait ! Grâce aux apports de chacun, la communauté paroissiale se fortifie. Les bénévoles partagent tout autant que les salariés, une mission commune : transmettre la Bonne Nouvelle, porter le souci des plus faibles, célébrer et prier ensemble.

Toutes les générations sont représentées. Depuis les enfants qui servent la messe jusqu’aux nombreux retraités qui offrent leur temps libre, en passant par les actifs engagés. Pensons à tous ces bénévoles que l’on rencontre : les membres des Cocoms, des Cogests, les fleuristes, les lecteurs, les créateurs de crèches, les chanteurs, les organisateurs de lotos, d’apéros, et de nombreuses autres manifestations religieuses ainsi qu’à ceux qui collaborent à l’Essentiel… D’autres bénévoles oeuvrent aussi, plus discrètement, plus ponctuellement, au service des paroisses : la liste est longue. Ils n’en sont pas moins précieux et indispensables au bon fonctionnement de notre Eglise.

Que chacun de vous, bénévoles de la plaine, bénévoles de la montagne soit ici remercié. Dans la diversité de vos visages et de vos engagements, vous rendez nos églises plus accueillantes, nos communautés plus fraternelles et notre « Maison Commune » plus vivante !

Une bénévole témoigne 

Florianne, présidente du Cocom de Vionnaz répond à nos questions.

Tes motivations ?
Je désire me mettre au service du Seigneur et de la communauté paroissiale. Cela correspond à mes valeurs chrétiennes.

Que t’apporte cet  engagement ?
En premier, beaucoup de joie ! Et aussi un enrichissement humain et spirituel. Cela génère des échanges d’une grande diversité : soit entre les générations, soit entre des cultures différentes, soit en expériences de vie.

J’éprouve aussi un fort sentiment d’appartenance à une communauté de personnes qui partagent des valeurs communes.

Un souhait peut-être ?
Dans l’idéal : que chacun soit acteur et apporte sa pierre pour construire une Eglise solidaire, vivante et missionnaire.

Les athées, une espèce en voie de disparition?

Par l’abbé Daniel Reynard, curé | Photo: Raphael Delaloye

La proportion d’individus sans affiliation religieuse pourrait se réduire de 35% d’ici à 2050. Mais pas sûr que les athées périclitent sans résistance.

Les libres-penseurs sont de plus en plus menacés par le retour du religieux. Quand on sait que les croyants font plus d’enfants, il est légitime de s’interroger sur la survie, à terme, des athées. Vont-ils péricliter sans résistance ou bien s’organiser en communauté transnationale pour faire entendre leur voix ?

J’ose dire ici que nous avons besoin des athées, ils nous font avancer. Ils nous empêchent de tourner en rond, ils nous remettent en question, nous obligent sans cesse à nous remettre à l’établi de la foi pour nous confronter au monde, à la vie, alors dans ce sens merci.

Si quelqu’un dit : « J’ai rencontré Dieu, Il existe, fuyez. »

Si quelqu’un dit : « Je n’ai pas rencontré Dieu, Il n’existe pas, fuyez également. »

Dans les 2 cas, ils ne le font pas dans une optique spirituelle, religieuse ou métaphysique, mais dans un but politique au sens large.

Sortons du débat primaire et réducteur de « Dieu existe » ou « Dieu n’existe pas » pour entrer dans la foi qui est du domaine de l’expérience personnelle, d’une rencontre car la foi transcende ce débat pour ou contre.

Celui qui a besoin de nier Dieu devrait se poser des questions sur lui-même tout comme celui qui cherche absolument à convaincre que Dieu existe.

Je crois que nous sommes tous des chercheurs de l’au-delà, d’un monde meilleur. Dans ce sens, on n’est jamais aussi athée qu’on le croit ni aussi croyant qu’on le prétend.

Alors sachez que Jésus entend votre questionnement, Il est vivant et veut venir à votre rencontre, car Il sait que vous avez besoin d’une rencontre personnelle. Il se peut que vous doutiez, que vous soyez dans un temps de déception ou de découragement, que la présence de Dieu vous semble si lointaine. Jésus vous donnera ce rendez-vous que vous attendez. Cherchez-Le et répondez-Lui comme Thomas l’a fait : mon Seigneur et mon Dieu.

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