Que se passe-t-il le dimanche après la Pentecôte ? L’Eglise fête la Sainte-Trinité. Après avoir reçu le don de l’Esprit Saint, nous sommes à même de mieux saisir l’originalité du cœur de la foi chrétienne : la Révélation d’un Dieu unique en trois personnes. C’est l’occasion de nous rappeler que nous sommes baptisés : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
par Pascal Ortelli
Humour
Un monsieur se promenait au bord d’un lac quand il remarqua quelque chose d’insolite. Un homme assis dans l’herbe en tenue de pêcheur, mais sans canne à pêche, avec à sa droite une boîte de conserve.
– Que faites-vous mon brave ? – Comme vous le voyez, je suis en train de pêcher. – Comment ça ? – Si vous me donnez 20 francs, je vous explique comment.
Piqué dans sa curiosité, le promeneur sort 20 francs.
– Alors ? – Je m’approche de l’eau avec ma boîte de conserve et le poisson saute dedans. – Et vous en attrapez beaucoup ? – Vous êtes le cinquième aujourd’hui !
La question m’est posée, dans un chuchotement, par ma petite-fille Mia qui le connaît bien. Elle a six ans et elle interroge… Nous sommes au dernier banc de cette église paroissiale bondée, comme tous ceux qui sont là et qui arrivent encore, nous sommes venues avec sa mère pour un dernier A-Dieu à Jean-Pascal… Ces questions enfantines et essentielles montrent le désarroi que provoque cette présence-absence… On est là pour lui, autour de lui et il n’est pas là… Donc, ce dialogue chuchoté et ponctué de longs silences réflexifs a commencé comme ça :
– Il est où Jean-Pascal ? – Là-bas, au bout de l’allée, dans une grande boîte. On appellecette boîte un cercueil… Veux-tu te mettre debout sur le bancpour voir ? Mia acquiesce gravement. Elle se met deboutsur le banc, elle regarde… – Tu le vois ? – Je vois la boîte… …
Un long moment après : – Est-ce qu’il y a une clé à cette boîte ? – Non… Il n’y a pas de clé, simplement un couvercle. – C’est comme une boîte de Dieu ? (un tabernacle, je suppose…) – Non… Euh… oui, un peu… – Elle n’est pas grande la boîte… – Non… – Elle est posée sur quoi ? – Sur une sorte de table…
Longtemps après, alors qu’elle est à nouveau assise entre sa mère et moi : – Pourquoi il est mort Jean-Pascal ? – Parce qu’il était très malade. Tu savais qu’il était malade ? – Oui, j’ai été le voir à l’hôpital… – Tu as vu qu’il était malade ? – Oui, il était tout fin… (!) – … – Où il va après ? – On va mettre son cercueil au cimetière. Tu te souviens qu’on a été au cimetière ensemble ? En dessous, dans la terre, il y a les boîtes. – Il va prendre l’avion ? – Non, il ira dans la grande voiture grise qu’on a vue dehors… Tu te rappelles ? – Oui… – … – Alors on pourra aller le voir là-bas ? – On pourra voir l’endroit où on a mis son cercueil. On saura que c’est cet endroit-là. – Ah…
Voilà… dans cette (autre) boîte de Dieu, on était nombreux. On ne pouvait pas le voir, lui pour qui on était là… Et on ne pourra rien voir d’autre qu’un endroit qu’il s’agit de voir. Mais cet endroit, ce lieu où quelque chose reste de la personne, a toute son importance. Les questions reviendront, heureusement. Elles disent un esprit en éveil qui appréhende une des choses les plus complexes de notre vie : certains départs sont « pour toujours ». Mais ceux qui, comme Jean-Pascal, ont laissé en nous leur empreinte lumineuse, y resteront aussi, « pour toujours »…
Par Nathalie Traeger Angelini Photo : Matthieu Angelini
La Pentecôte est célébrée cinquante jours après Pâques. Elle est importante car elle marque la naissance de l’Eglise chrétienne. Elle commémore la descente du Saint-Esprit sur les apôtres de Jésus-Christ, après son ascension au ciel. Cet événement est relaté dans les Actes des Apôtres, où il est dit que les apôtres ont été remplis du Saint-Esprit et ont commencé à parler en d’autres langues, ce qui leur a permis de prêcher l’Evangile à une foule multilingue venue pour la fête juive de la Pentecôte.
La Pentecôte symbolise la réception de l’Esprit Saint, qui est considéré comme la troisième personne de la Trinité, comme le conseiller et le consolateur des chrétiens, les aidant à comprendre les enseignements de Jésus et à les mettre en pratique.
La Pentecôte est également un temps de célébration et de gratitude pour le don de l’Esprit Saint qui habite en chacun de nous, un temps de renouveau et de renaissance. Elle nous rappelle que les valeurs que le Christ nous a transmises (l’amour, la charité, la bienveillance, la joie, le pardon, etc.) sont essentielles pour nourrir notre foi et notre relation avec Dieu. La Pentecôte est un temps de réflexion sur notre propre cheminement spirituel et notre relation avec Dieu. C’est une occasion de se tourner vers l’Esprit Saint pour être guidé dans notre vie de foi. Elle est une invitation à renouveler notre engagement envers Dieu et à vivre notre foi avec plus de ferveur et de détermination.
En célébrant la Pentecôte et en renforçant notre foi, nous pouvons devenir des porteurs de paix, d’amour, de bienveillance et de joie. La bienveillance est une vertu qui nous permet d’être à l’écoute des autres, de les respecter et de les traiter avec compassion. C’est une qualité qui nous permet de mieux comprendre les besoins des autres et de nous montrer attentifs à leur douleur. En adoptant une attitude bienveillante, nous pouvons développer une relation plus profonde avec notre communauté chrétienne et témoigner de l’amour de Dieu envers tous. La joie est un élément essentiel de notre foi. Elle nous aide à rester optimistes et à voir le meilleur en chaque situation. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à être des porteurs de joie et de bienveillance dans notre vie quotidienne. Nous pouvons les diffuser autour de nous en étant de bons témoins de l’amour de Dieu et en montrant notre gratitude pour toutes les bénédictions que nous recevons.
La Pentecôte est un temps de renouveau pour notre relation avec Dieu et notre engagement envers notre communauté chrétienne. Que cette Pentecôte soit pour nous tous un temps de renouveau spirituel, d’amour, de pardon, de joie et de gratitude. Que l’Esprit Saint nous guide dans notre vie de foi et nous aide à partager l’amour de Dieu avec le monde entier.
Du nouveau pour la Fête-Dieu à Estavayer
Quelques nouveautés marqueront le déroulement de la procession de la Fête-Dieu, le jeudi 8 juin prochain. D’abord, la messe qui précédera la procession aura lieu à la collégiale, indépendamment de la météo (donc plus en plein air, vers le home). Ensuite, le parcours de la procession sera légèrement différent : il partira de la collégiale, puis empruntera la Grand-Rue jusque devant le monastère des dominicaines (1er reposoir), se poursuivra par la rue de Forel pour arriver à la place des Bastians (2e reposoir) et regagnera la collégiale (3e reposoir) par la rue de l’Hôtel-de-Ville (cjy).
Depuis le début de son pontificat, le Pape n’a eu de cesse d’appeler les jeunes à s’engager et à dire « oui » à l’appel de Dieu. Encore cette année, des milliers d’entre eux vont y répondre en se rendant aux JMJ. Rencontre avec Elisa Freléchoux pour qui ces rencontres ont une saveur particulière.
Par Myriam Bettens Photos : J.-Claude Gadmer, DR
Les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) ont pour vous une signification spéciale… Oui exactement ! Mes parents s’y sont rencontrés, mais ce n’est bien entendu pas la seule raison qui me pousse à y aller. Pour la petite histoire, ils habitaient dans deux régions différentes, éloignées d’à peu près 400 kilomètres. Pas loin d’où vivait ma mère, se situait une communauté de frères dont l’un d’eux est allé enseigner dans l’école où travaillait mon père. Ils ont organisé ensemble un voyage aux JMJ… Mes parents ont fini par se marier (rires).
Que représentent pour vous ces JMJ ? C’est l’occasion de participer à un voyage avec des jeunes qui partagent la même foi que moi. Ce partage n’est pas toujours évident dans la vie quotidienne. En plus, j’imagine que rencontrer des jeunes du monde entier et participer à un événement de cette ampleur aura un impact certain dans ma vie et restera dans ma mémoire pour longtemps.
Justement, de quelle manière pensez-vous que ces rencontres soutiendront et alimenteront votre foi ? Cela peut vraiment devenir une source de motivation. Le fait de voir autant de personnes s’unir dans la même foi et la même prière peut réellement « réveiller » quelque chose en soi. C’est également très encourageant de voir que d’autres jeunes comme moi ont cette foi-là. Cela permet de la garder, d’en être fière et surtout, de ne pas avoir peur d’en témoigner.
Hors du cadre des JMJ, dans le quotidien, pouvez-vous partager cette foi ? A l’heure actuelle, je suis la coordinatrice des servants de messe de ma paroisse et nous avons eu plusieurs fois l’opportunité de partir avec le groupe de la chorale. Je connais également les jeunes de ma paroisse et ils organisent régulièrement des activités en groupe. Mais clairement, ce n’est pas à l’échelle des JMJ (sourires).
La rencontre de Lisbonne sera la première édition à laquelle vous participerez. Comment vous y préparez-vous ? J’ai vraiment hâte (rires). A vrai dire, je n’ai pas particulièrement envie de « préparer » ces rencontres. Dans le sens où, je ne souhaite pas avoir des attentes précises, ni même me projeter dans quelque chose de particulier. Je préfère juste attendre, avec impatience, et vivre le moment !
C’est l’aventure en quelque sorte ? C’est aussi cela qui est chouette, non ? Rencontrer un grand nombre de personnes que l’on ne connait pas encore, sortir de ses habitudes et se laisser « porter » par le moment.
Le pape François a souvent encouragé les jeunes à s’engager « pour changer le monde ». Vaste responsabilité… Oui, en effet, cela paraît très compliqué à mettre en œuvre. Mais effectivement, lorsqu’on regarde l’Eglise aujourd’hui, où elle en est, je crois qu’il incombe particulièrement aux jeunes d’en renouveler l’image. C’est finalement à nous de donner l’exemple à d’autres, puis aux nouvelles générations. De plus, il est toujours plus facile d’agir lorsqu’on a un modèle qui nous ressemble. Pour prendre un exemple concret, l’histoire de Carlo Acutis a eu beaucoup plus d’influence sur moi que le récit de n’importe quel autre saint.
Et donc, en tant que jeune, comment fait-on pour changer l’image de l’Eglise ? Si j’avais la réponse, le problème n’existerait certainement plus (rires)! La première étape consiste déjà à oser dire que l’on est croyant. Le fait de montrer qu’on est fier de cela permettra de percevoir notre foi comme quelque chose de positif. Ensuite, c’est par des discussions, en traduisant en gestes notre ouverture, en réaffirmant que l’Eglise n’est pas seulement les scandales qui font les gros titres des journaux. C’est un travail de patience et de persévérance.
(Auto) bio express
Je m’appelle Elisa Freléchoux, j’ai 17 ans et suis en dernière année au Lycée cantonal de Porrentruy. Dès la prochaine rentrée universitaire, j’intégrerai la Faculté de droit de Fribourg. En dehors des heures de cours, je fais du patinage artistique et du piano, mais j’aime aussi passer du temps avec mes amis, cuisiner ou encore lire. Je suis également responsable des servants de messe de ma paroisse : la transmission des gestes et significations qui constituent notre foi me permet d’approfondir la mienne.
Par Marie-Laure Tindom-Comby | Photo: Marion Perraudin
Un petit message vers 23h… et on démarre au quart de tour pour préparer une animation de messe de confirmation. Tout est réglé à 1h du matin ! On a même pu trouver un sonorisateur ! Quelle réactivité, quel dynamisme, quel enthousiasme ! Quelle joie de partager des projets avec Jean-Pascal ! Nous sommes vraiment reconnaissants d’avoir pu parcourir un bout de chemin avec lui. – Merci Seigneur pour son amour, son humour, sa bienveillance, son intelligence, sa liberté, son audace, sa créativité ! Merci pour qui il a été pour nous, une vraie lumière ! « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. » (Ga 5, 1) : le verset sur son avis de décès représente tellement bien la personne qu’il était. Un homme Libre, de cette liberté qui rend joyeux, cette liberté qui ose sans s’embarrasser du superflu, qui donne plus d’importance au fond qu’à la forme, qui remet en question les codes pour revenir à l’essentiel, cette liberté qui aime simplement.
L’ouverture d’une nouvelle année pastorale se prête bien pour en faire une belle fête en invitant tous les paroissiens à une messe solennelle suivie d’une partie conviviale.
Par l’abbé Darius, curé-modérateur
Cette Eucharistie, concélébrée par nos prêtres, permettra de renouveler la mission de toutes les personnes engagées pour affaire du Christ dans notre paroisse Saint-Laurent Estavayer. Tous nos choristes sont les bienvenus pour former un chœur-mixte sous la direction de Jacques Michel.
Nous donnons cette année rendez-vous à tous les fidèles de notre paroisse à la salle polyvalente de Cheyres, le dimanche 17 septembre 2023 à 10h.
Cette messe sera suivie d’un apéro dinatoire.
Nous tenons à ce que toute nouvelle année pastorale soit vécue avec nos efforts quotidiens à mettre le Christ au cœur de notre vie. C’est bien pour cette raison que nous nous donnons le fil rouge qui restera toute l’année à nos yeux et dans nos cœurs : «Jésus-Christ ma soif et ma source.»
Les participants de la fête recevront des cartes avec ce slogan et de grandes affiches seront exposées dans toutes les églises de notre paroisse pour que Celui qui est notre soif et source de tout bonheur n’arrête pas de nous conduire et nous réjouir.
La répartition d’un don exceptionnel
Nous l’avions annoncé dans ces colonnes : en plein covid, le Conseil de la paroisse Saint-Laurent Estavayer avait décidé de faire un don exceptionnel de 100’000.– francs à diverses institutions régionales. Les noms des destinataires de ce don n’avaient pas été dévoilés. Lors de la récente assemblée de paroisse, ce fut chose faite, le président annonçant que les attributions avaient été faites en fonction de la présentation d’un projet précis pour des montants de 5 ou 10’000 francs pour chaque bénéficiaire.
Voici les 15 institutions bénéficiaires avec les montants respectifs : * Les Cartons du Cœur Fr. 10’000.– * Saint Vincent-de-Paul Fr. 10’000.– * La Tuile Fr. 10’000.– * Zoe4Live Fr. 10’000.– * Porte Bonheur Fr. 5’000.– * Maison d’Enfants à Avenches Fr. 5’000.– * Au contour d’Elsa Fr. 5’000.– * Table Couvre-toi Fr. 5’000.– * Caritas Fribourg Fr. 10’000.– * Fondation Chalet Saint-Laurent Fr. 5’000.– * Espace Femmes Fr. 5’000.– * Banc Public Fr. 5’000.– * Solidarité Broye Ukraine Fr. 5’000.– * La Rosière Fr. 5’000.– * PassePartout Fr. 5’000.–
Ce sont donc au total 15 organisations qui ont bénéficié de cette opération « coup de cœur » de la paroisse (cjy).
Saint Charles-Borromée, le saint patron de l’église d’Avusy, dans le canton de Genève, est surtout connu comme artisan de la Contre-Réforme catholique. Il fait en effet partie des évêques ayant permis l’application du Concile de Trente. Paul Monnier a toutefois choisi de représenter un autre épisode de la vie de l’archevêque de Milan : l’épidémie de peste qui a touché la ville en 1576.
L’œuvre monumentale, une des premières réalisations de l’artiste avec le Groupe Saint-Luc, couvre une surface de plus de 100 m². Elle est divisée en deux parties. Au second registre, Charles Borromée est conduit au Ciel au terme de sa vie terrestre. Sur les côtés, des anges portent son chapeau de cardinal (à gauche) et une couronne (à droite). Selon certaines interprétations, la couronne est une allégorie de la charité.
Revenons au premier registre. A l’arrière-plan, il est possible de reconnaître la cathédrale de Milan. Devant, est dressé un autel et l’archevêque distribue la Sainte-Communion. Il est entouré d’une foule de personnes en grande souffrance. En effet, si le saint a aidé les autorités civiles à mettre en place des mesures de protection pour éviter que la maladie ne se propage, il s’est aussi engagé pour ne laisser personne dans une détresse spirituelle. Il fait construire des croix à tous les carrefours de la ville. Des autels y sont dressés pour célébrer la messe et pouvoir apporter l’Eucharistie aux habitants alors strictement confinés. Charles Borromée demande aux prêtres de déambuler dans les rues en priant et de confesser ceux qui le désirent par la fenêtre de leur habitation. Dans le respect des gestes barrière – comme nous le dirions aujourd’hui – il rend visite aux malades, convaincu que la santé de l’âme est plus importante que celle du corps.
Le travail de Paul Monnier étant d’une grande qualité, il vaut la peine de s’arrêter sur les détails : les drapés du tissu, les expressions des visages, le mouvement des mains… Ensemble, ils composent l’émotion de cette œuvre qui nous parle, plus largement, de tous ces prêtres qui donnent leur vie au service des plus petits.
Voilà plus de vingt ans qu’il dirige Caritas Valais. Le parcours du natif de Vétroz, né dans un milieu viticole, passe à chaque fois par des étapes inattendues. Allons à sa rencontre.
Par Anne-Laure Martinetti | Photos: DR
Alexandre Antonin, après des études en sciences politiques à Genève où vous côtoyez Jean Ziegler, vous partez pour Zurich travailler dans les assurances puis vous rentrez au CICR. C’est un peu le grand écart là ? Les assurances, c’était surtout un gagne-pain. En fait, j’étudie à fond l’espagnol car je pense déjà au CICR et à l’Amérique du Sud mais je suis envoyé comme délégué à… Bagdad ! C’est alors la guerre entre l’Iran et l’Irak et ma mission consiste à visiter les prisonniers iraniens. J’ai seulement 25 ans à ce moment-là et ils sont aussi très jeunes. D’autres, venus de l’étranger voir leurs proches ont été enrôlés de force. Je me souviens notamment d’un médecin dans ce cas. C’est rude, les scuds (ndlr, missiles) passent sur nos têtes et au sol, on doit gérer mille problèmes médicaux, psychologiques ou encore la censure des courriers, lien essentiel avec l’extérieur pour ces prisonniers.
Une anecdote sur cette période ? Des choses simples deviennent vite compliquées. Par exemple, nous voulons faire livrer des baby-foot dans la prison, histoire d’occuper ces hommes et bien, cela prendra un temps fou parce qu’il faut d’abord déterminer si le baby-foot est un sport ou un jeu car le chiisme, majoritaire en Iran, interdit le jeu.
Après l’Irak, vous avez l’Afrique du Sud en vue et… ? … je suis envoyé dans la bande de Gaza ! Nous sommes en 1989 en pleine Intifada, « la guerre des pierres », littéralement « le soulèvement », menée depuis 1987 par les jeunes Palestiniens dans les territoires occupés par Israël. A nouveau, je visite les prisonniers, palestiniens cette fois.
Et c’est là que vous risquez de perdre la vie. Dans quelles circonstances ? Des Palestiniennes sont rassemblées autour d’une femme et d’un jeune blessés et soudain, je prends une balle perdue dans la jambe : mon tibia est brisé ! Je suis transporté au camp de réfugiés de Khanyounis au sud de Gaza puis opéré à Tel Aviv. Je reçois ensuite une médaille de Cornelio Sommaruga, directeur du CICR, puis l’affaire prend un tour politique : Yasser Arafat fait de moi un héros de la révolte palestinienne et un futur citoyen de l’Etat arabe ! Le retour en Suisse est terrible : j’ai 29 ans et on me dit que je ne pourrai plus marcher ! Après une longue et pénible rééducation et peut-être un coup de pouce du destin, je suis à nouveau debout.
Vous êtes ensuite membre d’une commission semi-publique chargée des AOC Valais et vous présidez durant 12 ans la commission agricole du Grand Conseil. Deux jobs bien plus dangereux que Bagdad et Gaza réunis ! (rires) A cette période, je fais un MBA (Master of Business Administration) à HEC Lausanne et quand l’offre de Caritas paraît, je me dis que « ça, c’est pile pour moi ! » car il y a à la fois du social et du management. Cela dit, à mon arrivée, la situation financière était très mauvaise et cela a été un dur travail de la rééquilibrer, un travail d’équipe, je précise.
Et aujourd’hui, 20 ans plus tard, votre motivation demeure intacte ? Plus que jamais. Pourtant les besoins sociaux sont en hausse et nous devons faire face à de nouvelles problématiques : la fracture numérique, l’addiction aux jeux d’argent, l’endettement des jeunes… D’autres, comme les violences domestiques sont enfin mieux traitées. Caritas offre une prise en charge unique en Valais depuis 2018, sur mandat cantonal, aux auteurs de ces violences afin d’éviter la récidive. 108 personnes ont été suivies en 2022. Nous avons aussi un nouveau mandat, la « Carte Culture », qui permet l’accès à la culture à des personnes à faibles revenus.
Les services traditionnels de Caritas restent-ils d’actualité ? Le magasin de seconde main de Sion fonctionne à plein. Caritas sensibilise et réalise des actions concrètes en matière d’éducation, de désendettement, d’addiction, de grossesse imprévue, de faits de violence. Nous proposons aussi des cours d’insertion non certifiants pour les chômeurs. Nous fonctionnons avec 12 personnes salariées, un tournus de 35 personnes placées sur trois à six mois et un budget de 1,6 million de francs. Je dirais que, malheureusement, ce n’est pas le travail qui manque…
L’entrée rappelle que « Caritas » signifie « charité », amour du prochain.
Rencontrer Rafaëlle Mascaro, c’est faire le plein d’énergie, tant cette femme dynamique rayonne! Femme de foi et altruiste, elle nous parle de son chemin de vie et de foi atypique avec enthousiasme. Rien ne la prédestinait à s’engager en Eglise.
Par Gérard Dévaud | Photos : Pierre Bondallaz
Elle fut baptisée toute petite dans un foyer non pratiquant. En 2012, lors de l’arrivée de toute la famille à Cugy, la question de l’inscription des enfants au catéchisme s’est posée. N’étant pas encore baptisés, ses enfants demandent à suivre le parcours catéchuménal. Christian Moullet, alors responsable de cette préparation, demande à Rafaëlle si elle veut les accompagner. Ce qu’elle accepte.
Communier avec son fils
C’est ainsi qu’elle va, avec ses enfants, vivre une vraie catéchèse nourrissante. A 42 ans, elle va communier pour la première fois, lors de la première communion de son fils. Un grand moment pour elle qui l’a beaucoup marquée et qui l’amène à poursuivre en se préparant à la confirmation, via le catéchuménat des adultes. Elle reçoit le sacrement de la confirmation à l’âge de 44 ans.
En 2014, une catéchiste lui propose de donner des cours à l’école de Cugy, auprès d’enfants de 3H. Elle s’engage ainsi dans la catéchèse comme bénévole. Mais lorsqu’elle s’investit dans quelque chose, Rafaëlle ressent le besoin de se former. Elle m’explique que « même si c’est du bénévolat, il est important de suivre une formation ». Ce qu’elle fera en participant au parcours Galilée IX. Elle va donner du catéchisme sur plusieurs secteurs de la Paroisse, auprès des enfants de 3H, 4H et 5H tout en allant faire des visites au home durant deux ans.
Multi engagements
Très proche du Père Richoz qui fut pour elle une figure importante dans son chemin de foi, elle accepte sa proposition de rejoindre le Conseil de communauté de Cugy-Vesin, puis d’en prendre la présidence en 2018. Elle fut également très présente lors du déménagement du Père Richoz depuis la cure de Cugy, aux côtés de Mmes Bangerter et Monnard.
Actuellement, Rafaëlle est toujours à la tête du conseil de communauté de Cugy-Vesin, mais aussi engagée comme catéchiste auprès des élèves de 5H. Elle accompagne aussi le parcours du catéchuménat des enfants de notre Paroisse. Et, afin d’alimenter sa foi, elle participe à un groupe d’Evangile à la maison.
Cependant, son engagement pour les autres ne s’arrête pas aux portes de la Paroisse ! Elle est ainsi très active dans la commission « Seniors plus » de son village (livraison de livres à domicile, permanence numérique) et dans son travail à la bibliothèque communale de Cugy.
On peut se demander où elle trouve autant d’énergie ! « Jésus, c’est un modèle qui me pousse à aller vers les autres ! dit-elle. C’est normal pour moi de donner du temps pour les autres, car ce qui facilite leur vie me remplit de joie ! » Cette énergie, elle la puise également auprès de sa famille ainsi que dans la communauté paroissiale de Cugy-Vesin qui l’a accueillie et où elle se sent bien.
Bravo et merci Rafaëlle pour votre enthousiasme et votre engagement exemplaire !
Bio express
Née en Normandie Mariée à Balthazar Maman d’Alexandre et de Marie Plusieurs professions : infirmière – catéchiste – bibliothécaire Arrivée en Suisse en 2009 et à Cugy en 2012
Mme Rafaëlle Mascaro et Mme Nicole Monnard, auxiliaire pastorale, fleuries pour leur dévouement.
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec le Valaisan Benjamin Bender.
Par Benjamin Bender | Photo : Pierre Daendliker
En parlant de minorités, de nombreux représentants de notre Eglise – et le pape François en première ligne – utilisent régulièrement un verbe : accueillir. « Qui suis-je pour juger ? » ajoute ensuite François.
Dans les différents sens que peut prendre le verbe « accueillir », je relève celui qui semble correspondre à la demande de l’Eglise : admettre quelqu’un au sein d’un groupe, d’une famille, d’une assemblée.
Accueil parfois difficile
L’Eglise a un beau passé d’accueil. Elle a été présente pour de nombreuses personnes et l’est encore aujourd’hui. Et pourtant, nous ne saurions nier que pour certaines minorités, l’accueil est encore très difficile. Pourquoi cela ? J’aimerais vous proposer aujourd’hui un élément de réponse parmi d’autres : pour qu’une personne ne soit pas seulement admise dans un groupe, mais qu’elle puisse être pleinement elle-même, qu’elle puisse s’y épanouir et grandir, nous devons célébrer qui elle est. « Célébrer » signifie faire publiquement la louange.
Sommes-nous vraiment capables de célébrer celles et ceux qui sont différents de nous, qui ne pensent pas comme nous, qui n’agissent pas comme nous ? Sommes-nous capables de dire ouvertement que la différence de l’autre est une richesse inestimable ? Cela, sans vouloir l’assimiler à la majorité ?
Lorsque l’on fait partie d’une majorité, il est très dur de comprendre ce que vit l’autre partie de la population.
Faire un pas vers la minorité
C’est souvent l’incompréhension qui règne. Je le dis et je l’assume : c’est tout d’abord à la majorité de faire un pas vers la minorité. C’est à la majorité de s’agenouiller pour laver et embrasser les pieds de la minorité. Il y a une raison très claire à cela : la minorité, par son existence même, doit sans cesse lutter pour sa visibilité et son droit d’exister au sein du groupe. La majorité détient donc le pouvoir de la faire taire en un rien de temps si elle n’y prête pas une attention particulière. Il revient donc à la majorité de s’approcher de la minorité, de l’écouter, de la visibiliser et enfin, de la célébrer.
Ce n’est pas une perte de pouvoir ou de privilège. La minorité restera minoritaire, mais elle aura enfin le droit d’exister en tant que telle.
Aujourd’hui, je vous invite du fond du cœur à faire un pas vers une personne issue d’une minorité, à faire cet effort, pour trouver en l’autre ce qui est bon à célébrer chez elle.
Depuis 2001, à la cabane du Demècre (2’361 m), sur les Hauts de Fully, le mouvement Montagn’art organise des expositions sur le thème Art et Nature. Durant cette saison artistique, l’artiste Philippe Gatti présentera une série d’aquarelles animalières réalisées entre l’automne 2022 et le printemps 2023. L’exposition se déroulera du 1er juillet au 30 septembre 2023.
Par Olivier Taramarcaz, Initiateur de Montagn’Art | Photos: Véronique Gatti – Aquarelles de Philippe Gatti
Le regard de l’aquarelliste – Passionnés de nature, de rencontres, Véronique et Philippe Gatti ont traversé les Alpes à plusieurs reprises, sur des périodes de trois mois de marche. L’artiste pèlerin traduit ce temps du chemin : « Marcher, ce n’est pas seulement faire un pas devant l’autre, c’est aussi et avant tout faire un pas vers l’autre. » L’automne dernier, il a gardienné la cabane du Demècre durant une semaine… hivernale. Là, il a observé la faune, s’est immergé dans le paysage. Il a saisi les grands contrastes des Dents de Morcles, il a surpris l’hermine dans ses aventures quotidiennes. Blotti dans les rochers, il s’est émerveillé devant le vol du gypaète. Il a attendu le passage du tétras-lyre.
L’observateur contemplatif aime le temps de l’attente : « Dans les pentes, couvertes de carlines, cueillir le silence. » Il invite par un questionnement, à expérimenter le repos évoqué dans le Psaume 23 : « Avons-nous déjà pris le chemin de ces prairies verdoyantes et goûté à leur quiétude ? » Lové contre un rocher, se remémorant son pas à pas dans les pas du Bon Berger, il évoque : « Petit, j’étais loin d’imaginer, lors de mon premier pas, tout ce chemin qu’un simple pas de foi allait me faire parcourir. »
La musicalité de la peinture – Les aquarelles de Philippe Gatti reflètent le monde discret de la Création, ses saisons, ses lumières, sa musicalité. Il chuchote alors ces mots : « Je savoure le fruit du temps, que je prends le temps de cueillir. » Son œuvre picturale porte des instants promis, des traces dans la neige, des flocons de lumière. Il guette, scrute, dessine les brindilles, comme autant de détails de la fresque des chaînes montagneuses se dévoilant devant ses yeux écarquillés. La brume matinale s’évapore. Le soleil éclaire le pan de roche où se love l’homme à l’affût du Créateur : « La paix est d’une grande richesse, mais faut-il encore prendre le temps de la rechercher. » Son regard renvoie à notre intériorité, à notre disposition à écouter Celui qui nous parle au travers de tout ce qu’Il a créé, manifestant ainsi sa grandeur.
Tout est sujet d’émerveillement pour qui reçoit l’amour du Père manifesté dans sa Création. Montagn’art propose de découvrir le regard singulier de Philippe Gatti. Ce regard renvoie à notre intériorité, à notre disposition à écouter le chant des choucas, à suivre la touche du pinceau, épousant la fibre du papier, conférant au blanc-de-neige, toutes les nuances des teintes saisonnières.
En marche sur les hauts de Fully – D’accès aisé depuis Fully, via Chiboz, l’Erié, par le chemin panoramique sous le Chavalard, la cabane du Demècre est idéalement placée. Elle offre un point de vue unique sur les Dents du Midi. Elle est aussi l’un des gîtes d’étape du Tour des Muverans, et de la célèbre Via Alpina, traversant toutes les Alpes, de Slovénie jusqu’à Menton. Des chemins issus des quatre points cardinaux arrivent et partent de la cabane. Elle est ainsi un lieu de croisement, de rencontre et d’amitié.
L’exposition d’aquarelles Sur les traces du monde sauvage de Philippe Gatti, est à découvrir durant tout l’été, lors d’une sortie en montagne, avec des amis ou en famille. La cabane est gardiennée en permanence. Il y a donc possibilité de s’y désaltérer, de s’y restaurer, et aussi de dormir sur place, en s’assurant alors de réserver votre nuitée à l’avance.
Infos pratiques
Exposition : Sur les traces du monde sauvage Lieu : cabane du Demècre (2’361 m), hauts de Fully Vernissage : samedi 1er juillet dès 13h en présence de Philippe Gatti Dates : du samedi 1er juillet au samedi 30 septembre 2023 Contact cabane : 027 746 35 37 · www.demecre.ch
Tétras-lyre, aquarelle 40 x 50 cm.
Chamois, aquarelle 40 x 50 cm.
Lièvre variable, aquarelle 30 x 30 cm.
Bouquetins, Dents de Morcles, aquarelle 40 x 50 cm.
La chorale du Pèlerinage de Lourdes sera de passage à Cheyres pour une journée d’action de grâce le dimanche 4 juin. Elle chantera la messe le dimanche matin et donnera un concert le dimanche en fin d’après-midi.
Par Claire Moullet | Photos: LDD
Cette chorale particulière rassemble des chanteurs de toute la Suisse romande. Ils représentent une belle cohorte aux habitudes bien diverses que leur directeur, Emmanuel Pittet, essaie d’amener à l’unité et à la beauté par la fusion des voix et des énergies de chacun pour animer les célébrations de la semaine du pèlerinage.
Le service et la disponibilité pour les pèlerins et les malades n’est pas un vain mot pour ces choristes bénévoles qui participent avec assiduité, à travers la Suisse romande, à des répétitions réparties en un week-end de déchiffrage et trois samedis, avant le départ tant attendu vers la cité mariale. Une présence lors des célébrations mais aussi lors de concerts avec un catalogue varié, tant religieux que profane, offerts aux malades et aux pèlerins de Lourdes.
La messe du 4 juin à Cheyres sera célébrée par Mgr Rémy Berchier et animée par le chœur et se veut action de grâce pour la louange mariale et le service du chant ainsi que pour la fraternité, l’amitié et le partage vécus durant le pèlerinage de mai et pour le message de paix rapporté chez nous.
Mais après la nourriture spirituelle, un apéritif et la joie d’un repas près du lac s’ajouteront à la liesse de ce jour.
Concert à l’église
Afin de remercier Cheyres et sa population pour son accueil, la Chorale de Lourdes donnera un concert à l’église à 17h.
Mais auparavant, Notre-Dame de Grâce, encore inconnue de quelques-uns, livrera son trésor intérieur, la Passion du Christ. Une pause très parlante en introduction des chants tant religieux que profanes, souvent bien connus dans notre région.
A l’issue de cette journée, plus que jamais, les paroissiens de la communauté ressentiront souvenirs et réelle connivence avec la cité mariale de Lourdes.
La Chorale de Lourdes anime les cérémonies du pèlerinage de mai et par tous les temps…
Georges Lemaître réussit à convaincre le Pape de tenir la foi et les sciences sur des plans séparés.
Par Pierre Guillemin | Photo : DR
Qui était l’abbé Georges Lemaître (1894-1966), religieux, prêtre, mathématicien, cosmologue à l’origine de la théorie du Big Bang, c’est-à-dire l’explication scientifique de la création de l’univers, nommé par le pape Jean XXIII, en 1960, prélat domestique ainsi que président de l’Académie pontificale des sciences ? Einstein disait de lui qu’il était « celui qui avait le mieux compris la relativité générale » ! Beaucoup de physiciens, de nos jours, pensent qu’il aurait partagé le prix Nobel de physique avec Arno Penzias et Robert Wilson, s’il avait été vivant en 1978.
En octobre 2018, la communauté astronomique internationale lui a rendu un bel hommage en le reconnaissant de facto comme l’un des pères de la théorie du Big Bang et en recommandant de renommer la célèbre loi de Hubble en loi de Hubble-Lemaître.
Mais le Big Bang, qu’est-ce que c’est ? L’idée développée par l’abbé Georges Lemaître est que si on inverse la trajectoire de toutes les galaxies de l’univers et qu’on regarde où elles étaient dans le passé, on obtient une convergence en un point unique c’est-à-dire, un état initial de l’univers que Georges Lemaître a décrit comme « la théorie de l’atome primitif » et qu’on appelle aujourd’hui le Big Bang.
Cette théorie révolutionne notre perception du monde et de l’univers. Mais si l’on pouvait croire que cette même théorie réfute la création de l’univers par Dieu, Georges Lemaître a aussi été toute sa vie un fidèle serviteur de l’Eglise catholique, à la foi sincère et affichée. Science et religion ont été pour lui deux attitudes intellectuelles qu’il a réussi à faire cohabiter dans un seul homme, dans une seule vie.
Fiat lux
Quand en 1951 Pie XII déclare, dans une tentative de concilier la lettre de la Bible aux avancées de la science, que le Big Bang est le « Fiat lux initial, l’instant où le cosmos est sorti de la main du créateur », George Lemaître n’est pas d’accord et réussit à convaincre le Pape de tenir la foi et les sciences sur des plans séparés : il s’oppose donc à une vision concordiste de la science qui est un système d’exégèse consistant à interpréter les textes sacrés de la religion de façon qu’ils concordent avec les connaissances scientifiques de l’époque. La conséquence et le risque d’une telle attitude concordiste sont de conduire à l’immobilisme scientifique.
Ainsi, le mariage de raison entre science et foi est-il définitif ? Georges Lemaître répond : « Oui, à condition que les chercheurs restent dans leur domaine de compétence. Les scientifiques doivent savoir où se termine la science et où commencent la philosophie et la théologie. »
A propos de l’article de Françoise Besson au sujet de « Janine » dans L’Essentiel d’avril 2023.
Cet article m’a tout de suite touchée sans l’avoir d’abord lu, à cause de la photo du regard de Janine. Dans ses yeux, j’ai été plongée dans son monde intérieur tel que je pouvais l’imaginer : un monde aride de désespoir et d’enfermement. En découvrant à la fin de l’article les circonstances de la mort de Janine, un cri de révolte a jailli en moi.
Je découvre aujourd’hui que, si cette histoire m’a choquée, c’est que, moi aussi, il y a quelques années, j’ai souffert de cette terrible maladie qu’est la dépression. Mais contrairement à Janine, j’ai pu trouver une autre porte de sortie à cet enfer, et cela, non pas par mes mérites mais par l’accueil d’une discrète mais infinie tendresse de Dieu. Face à cet enfermement intérieur, minute après minute, j’ai reçu la confiance fidèle de certains proches, malgré leurs incompréhensions par rapport à mon vécu et mon comportement.
Malgré une certaine nuit de l’esprit, la foi de ma jeunesse a pu survivre et s’épurer. Souvent dans ma chambre, je prenais dans mes mains une icône de Jésus que j’appréciais. Je la mettais sur mes genoux et je posais mon visage en pleurs sur le sien. Alors je lui donnais TOUT de mon rien : mon impuissance, mes échecs, mes angoisses. Et toujours, j’étais restaurée parce que je sentais que Jésus était encore un étage en dessous de moi et qu’il me portait dans ses bras. Enfin, j’ai eu le cadeau d’être accompagnée par un excellent médecin qui, au fil des mois, a pu trouver une médication qui a pu renouveler mon cerveau bien endommagé. Alors, tout lentement, mon corps, mes émotions, mon intelligence ont repris leurs fonctions normales. Et, de petits progrès en petits progrès, je guérissais.
Aujourd’hui, malgré certains symptômes résiduels, je suis heureuse ! Cette expérience m’a appris à rester au plus près du moment présent, dans une dépendance joyeuse à l’Amour de Dieu. J’aime beaucoup ce verset tiré du livre d’Isaïe (ch. 9, 1-2) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse. »
Ils ont commencé à la mi-avril et seront achevés pour la mi-juillet: les importants travaux de rénovation de l’intérieur de l’église de Rueyres-les-Prés sont en cours et avancent normalement. Visite de chantier début mai.
Réunion de chantier avec l’architecte, des représentants des maîtres d’état et le représentant du Conseil de paroisse.
Par Claude Jenny | Photos: Raphaël Roulin
Chaque mercredi, les maîtres d’état de ce gros chantier se retrouvent sur place autour de Béatrice Clavel, architecte et en présence de Dominique Chassot, qui représente le Conseil de paroisse. Après les travaux extérieurs de stabilisation effectués en 2021 et qui ont été rendus nécessaires en raison d’un affaissement de la partie avant de l’édifice, c’est maintenant presque l’entier de l’intérieur de l’église qui fait l’objet d’une rénovation.
Une réunion avec les paroissiens avait permis d’expliquer de manière détaillée la nature de cette rénovation et de lever certaines craintes. Car c’est vrai que, lorsque le chantier sera achevé, cette église retrouvera tout son lustre qui sera totalement conforme à sa configuration d’origine due au concepteur Fernand Dumas. Cette église, qui est rattachée à la Communauté de Notre-Dame des Flots (Rueyres-les-Prés, Montbrelloz, Forel) avait subi une première rénovation importante dans les années trente.
Les travaux actuels permettent de recouvrir les bas-côtés d’un crépi spécial et de changer la câblerie électrique. Mais la partie la plus délicate de cette rénovation consistera à refaire toute la peinture intérieure, en respectant strictement les couleurs d’origine. Par exemple, un bleu spécial dans le transept et le chœur. Un beige spécial viendra également habiller la nef. La porte en bois du fond de la nef sera reconstituée dans les règles par un restaurateur d’art.
Un budget de Fr. 150’000.– a été voté pour mener à bien ces travaux. Nous y reviendrons dans l’une de nos éditions de l’automne prochain.
Mosaïque de Mariam Thresia exposée au musée du premier couvent qu’elle a fondé au Kerala.
Lorsqu’on pense à l’Inde, ses bidonvilles et ses nécessiteux, la figure emblématique de Mère Teresa s’impose à nous. Or, peu d’entre nous connaissent l’autre Thérèse – Mariam Thresia Chiramel Mankidiyan – précurseure de l’œuvre de sa consœur en Christ.
Par Myriam Bettens | Photo : Augustus Binu
Très tôt déjà, elle souhaite se consacrer à la vie d’ermite, mais sa famille s’y oppose. C’est finalement à Puthenchira, dans le district du Kerala qu’un demi-siècle avant sa consœur et lauréate du prix Nobel de la paix, que Mariam Thresia Chiramel Mankidiyan (1876-1926) œuvrera auprès des exclus et à l’éducation des filles. Cette dernière étant pour elle l’exemple même de la théologie de la libération en action… sans slogan.
Rompant avec la coutume de ne sortir de la maison qu’accompagnées d’hommes, Thresia et ses trois compagnes sillonnent les routes et visitent les familles dans le besoin. Une révolution pour un monde autant séculier que religieux, dont les critiques acerbes ne manquent pas de pointer ces « femmes qui descendent dans la rue » !
En 1903, Mariam Thresia demande à son évêque la permission de construire une maison de prière, mais le vicaire apostolique de Trichur lui suggère plutôt d’envisager de rejoindre une congrégation déjà existante. Elle ne ressent la vocation pour aucune d’entre elles, trop contemplatives face à son désir de servir. Finalement, en 1913, le vicaire l’autorise à construire une maison de prière et envoie son secrétaire pour la bénir. L’évêque discerne dans la vocation de Mariam Thresia qu’une nouvelle congrégation religieuse au service de la famille est en gestation. Le 14 mai 1914, il l’érige canoniquement et lui donne le nom de Congrégation de la Sainte Famille.
En moins de douze ans et avec une énergie indomptable, Mariam Thresia fait construire trois nouveaux couvents, deux écoles, deux foyers, une maison d’études et un orphelinat. A sa mort, en juin 1926, sa réputation de sainteté se répand rapidement et sa tombe devient un lieu de pèlerinage. Elle est béatifiée le 9 avril 2000 par Jean-Paul II. Son intercession est invoquée par les familles en situation difficile et par les couples sans enfant de l’Eglise catholique romaine, syro-malabare et syro-malankare.
Comme l’épi nouveau donnant ses grains, Pour le pain qui comblera notre faim, Comme le cep donnant ses grappes, Pour le vin de la joie, Comme l’Amour qui dans le pain de Vie, Pour fortifier le cœur qui se dépouille de tout Et se fait tout humble pour reconnaître sa faim de la vraie Nourriture.
Comme l’épi nouveau donnant ses grains, Pour le pain qui comblera notre faim, Comme le cep donnant ses grappes, Pour le vin de la joie, Comme sa Présence qui emplit de paix tout l’être En creusant au fond du cœur le désir, D’une rencontre de plénitude.
Comme l’épi nouveau donnant ses grains, Pour le pain qui comblera notre faim, Comme le cep donnant ses grappes, Pour le vin de la joie, Comme le Mystère donné à contempler et à adorer à l’autel, Dans la simplicité de la coupe et du pain, Où le Christ Sauveur nous rejoint pour demeurer en nos vies.
Comme l’épi nouveau donnant ses grains, Pour le pain qui comblera notre faim Comme le cep donnant ses grappes, Pour le vin de la joie, Comme le Christ Vivant dans cette petite hostie, Entre les mains pauvres du prêtre, Vient reposer au creux de nos mains Afin que nous devenions Celui que nous recevons.
Merci Seigneur pour tous nos prêtres, merci pour leurs mains qui célèbrent et bénissent. Et qui au nom de Jésus donnent les sacrements, en particulier l’Eucharistie et le Pardon. Merci Seigneur pour les mains de Jean-Pascal qui ont consacré et donné Jésus Eucharistie. Merci Seigneur pour les mains de Jean-Michel qui ont guidé ses confrères. Merci Seigneur pour les mains de Jean-Pierre qui vont conduire sa communauté au souffle de l’Esprit Saint.
L’ancienne croix des missions, sise au cœur du village de Châtillon, avait subi les outrages du temps et menaçait même de s’écrouler. Son remplacement s’imposait. Ce qui fut fait et la nouvelle croix installée, mais encore fallait-il qu’elle soit bénie comme le veut l’usage. Pandémie oblige, cette cérémonie a été remise mais a finalement eu lieu le samedi 25 mars dernier et la nouvelle croix bénite par le curé de la paroisse, l’abbé Darius. Une cérémonie qui a été agrémentée par le chœur mixte de Lully-Bollion-Châtillon et suivie d’une agape (cjy).
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Conversion d’un athée Cédric Longet
L’arrivée du sacré catholique, suite à une « effusion de l’Esprit Saint » en 2014, entre en conflit ouvert avec toutes les constructions intellectuelles passées de l’auteur, formées par la philosophie et tout spécialement celle de Nietzsche pour qui « Dieu est mort ». Désormais, Dieu le Père existe vraiment, Jésus existe vraiment, la Vierge Marie existe vraiment. Cédric Longet témoigne : « Mon entrée en Jésus est proprement pour moi une authentique révolution copernicienne : je découvre que tout gravite autour du soleil, et que ce soleil est une personne. » Ce livre est le détail de cette conversion.
Après La Nuit de feu, où Eric-Emmanuel Schmitt décrivait son expérience mystique dans le désert du Hoggar, il revient aux sources avec ce récit de voyage en Terre sainte, territoire aux mille empreintes. Bethléem, Nazareth, Césarée, lieux intenses et cosmopolites qu’il saisit sur le vif tout en approfondissant son expérience spirituelle, ses interrogations, réflexions, sensations, étonnements jusqu’à la surprise finale, à Jérusalem, d’une rencontre inouïe avec ce qu’il nomme « L’incompréhensible ».
Dans cet ouvrage, Marguerite Souchon dresse une sorte de biographie spirituelle et intellectuelle de Dostoïevski. Elle reprend les évènements marquants de sa vie et montre comment la foi de l’auteur russe est le fruit d’un long et sinueux cheminement. L’auteur plonge aussi le lecteur dans l’œuvre du romancier russe et y décèle les traces de cette quête spirituelle. Dans ce parcours qui va des œuvres les plus connues, comme Les frères Karamazov, aux plus confidentielles comme Les carnets du sous-sol, le lecteur est conduit dans la découverte d’un esprit amoureux du Christ. Cet ouvrage est une porte d’entrée pour découvrir tant Dostoïevski que son œuvre.
Pour la première fois, une bande dessinée relate les différentes étapes de cette grande enquête à propos du suaire de Turin. Elle révèle 20 énigmes pour l’intelligence qui constituent non pas des preuves, mais autant d’indices qui permettent au lecteur de se faire sa propre idée sur la question. Nous avons la surprise de découvrir les réponses éclairantes apportées par la recherche à d’autres questionnements essentiels où foi et raison sont en dialogue. Ce grand drap de lin n’a pas fini de nous surprendre et cet ouvrage y contribue pleinement.
Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo: abbé Valentin Roduit
Comme vous pouvez le constater, L’Essentiel de ce mois-ci rassemble les diverses messes de premières communions solennelles sur nos secteurs de Monthey et du Haut-Lac. La dernière de ces messes s’étant déroulée le 21 mai, il se peut donc que vous ayez reçu votre magazine paroissial avec un léger retard. Mais nous savons pouvoir compter sur votre compréhension…
Et puis lorsque nous regardons l’actualité paroissiale de ce mois de juin, celle-ci sera avant tout marquée par la Fête-Dieu, (le jeudi 8 juin), dernière grande fête avant l’été proprement dit et les congés scolaires.
Premières communions, Fête-Dieu : il y a ici une convergence vers Jésus-Eucharistie. Nous accueillons ainsi Jésus Pain de Vie, Jésus nourriture sainte pour notre âme, Jésus qui veut être force, lumière, vie en nous. Et nous contemplons et adorons le même Jésus réellement, substantiellement, personnellement présent sous les apparences du « pain » de l’hostie consacrée ! Que ce mystère est grand !
Mais y croyons-nous vraiment ? Ou plutôt le vivons-nous concrètement ? Réalisons-nous que c’est Jésus en personne, Jésus vivant et ressuscité, Jésus qui vit au milieu de nous, Jésus qui a comme installé son trône de grâce et de miséricorde aux tabernacles de nos églises paroissiales ?! Il nous suffit de venir le « visiter » avec foi et amour, en y consacrant un peu de temps, pour que Jésus-Eucharistie exerce sur nous son « rayonnement » vivifiant, pacifiant et sanctifiant !
Peut-être pensez-vous que j’exagère. Détrompez-vous ! Et il ne tient qu’à vous d’en faire l’expérience ! Et pour ceux et celles d’entre vous qui ne sauraient comment occuper leur moment de visite ou d’adoration devant Jésus-Eucharistie, je tiens à votre disposition des petits carnets (que j’ai composés pour les groupes d’adorateurs des paroisses de la vallée d’Illiez) et qui alimenteront ainsi votre prière.
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