Les Céciliennes seront de retour en novembre!

La partition de la messe qui sera chantée lors de ces Céciliennes 2023.

Chanteuses et chanteurs se réjouissent déjà : le retour des Céciliennes est programmé pour novembre prochain à Cugy. Avec quelques changements mais ce même besoin pour les membres des chorales de se retrouver pour le plaisir de chanter ! Les préparatifs avancent bon train. Etat à six mois de l’événement.

Par Claude Jenny | Photo: LDD

« Toutes les commissions sont à pied d’œuvre depuis un bout de temps et tout s’annonce bien ! », se réjouit Maurice Bourqui, président du comité d’organisation. Côté musical, c’est Jacques Michel qui joue le coordinateur et les chorales auront du travail pour préparer les diverses partitions programmées pour être prêtes à la mi-novembre prochain.

Toutes les chorales ensemble

Ces Céciliennes de la Broye seront les premières depuis 2017 pour le secteur Saint-Laurent et 2018 pour la Haute-Broye. Le Covid a imposé un break qui sera enfin oublié mais qui verra, innovation de taille, les deux secteurs réunis en un seul rendez-vous les 17 et 19 novembre à Cugy suite à la fusion des deux secteurs votée en 2020.

Ce regroupement a pour effet que ce sont au total neuf chorales, toutes mixtes, de l’enclave d’Estavayer ainsi que de celle de Surpierre qui seront au rendez-vous, soit au total quelque 230 chanteurs dont deux tiers environ de voix féminines. Seul Murist ne sera pas représenté. Toutes les chorales participantes (voir liste ci-contre) sont de ce fait impliquées dans l’organisation de ce rassemblement. Quant au plan musical, il n’y a plus de directeur décanal. « Il en résulte une belle volonté d’œuvrer ensemble » relève Maurice Bourqui qui souligne aussi « le besoin éprouvé par tous les chanteurs de se retrouver et de chanter ensemble ».

Ces Céciliennes revêtiront la forme d’une rencontre. « Nous avons voulu insister sur ce point ; ce n’est pas un concours. Il n’y aura d’ailleurs pas d’experts lors du concert » relève Jacques Michel.

Un concert innovant

Le concert du vendredi verra les 9 chorales se produire ainsi que le chœur des jeunes du CO de Cugy. Chaque chorale interprétera deux chants. Trois chorales – Aumont – Estavayer et Notre-Dame des flots – en chanteront un en solo et un second avec une autre chorale. Les chœurs comptant moins de membres chanteront chaque fois en duo avec un autre chœur, mais pas le même pour les deux chants ! Une formule originale déjà testée lors des dernières Céciliennes de la Haute-Broye avec succès. Le thème central est celui de l’eau, laissant aux chorales un vaste choix d’œuvres. La décoration sera teintée de bleu et chanteuses et chanteurs porteront un signe distinctif rappelant cette couleur. Deux chants d’ensemble viendront clôturer ce concert : « Un bateau » et « Les chemins de la mer ». Des textes de liaison seront signés Jean-Paul Brügger.

Messe de Saint Bernard

Relâche le samedi mais, comme il se doit, messe des Céciliennes le dimanche à l’église. Les directeurs des chorales ont porté leur choix sur la « Messe de Saint Bernard » de Geneviève Moullet, messe écrite avec un texte en latin, avec Philippe Marchello à l’orgue. Le grand chœur formé de l’ensemble des chorales sera dirigé par plusieurs des directeurs. La fanfare de Cugy se produira à l’extérieur de l’église après la messe et le chœur des jeunes du CO de Cugy durant la partie officielle à la grande salle. Plusieurs chanteuses et chanteurs seront également honorés pour 20 ans d’activités chorales.

Les chorales participantes

• Le chœur mixte d’Aumont-Nuvilly (direction : Marion Pagin) ;
• Le chœur mixte de Cugy-Vesin (direction : Nicolas Demierre) ;
• Le chœur mixte Saint-Laurent d’Estavayer direction : Jean-Louis Raemy) ;
• Le chœur mixte de Fétigny-Ménières (direction : Sarah Fontaine) ;
• Le chœur mixte de Font-Châbles- Cheyres (direction : Jacques Michel) ;
• Le chœur mixte de Lully-Bollion-Châtillon (direction : Sarah Fontaine) :
• Le chœur mixte de Montet-Frasses (direction : Léa Manesse-Lamri) ;
• Le chœur mixte de Notre-Dame des Flots (direction : Gérard Moullet) ;
• Le chœur mixte « Ensemble » de Surpierre (direction : Eddy Gaspou).

Le programme

Vendredi 17 novembre 2023, à 20h : concert de toutes les chorales à la grande salle de Cugy, suivi d’une partie conviviale ;

Dimanche 19 novembre 2023, à 10h : messe à l’église de Cugy suivie de la partie officielle à la grande salle.

Ce week-end chanté sera précédé du « Loto des Céciliennes » le dimanche 12 novembre, à 19h30, à la salle de Rueyres-les-Prés.

Athée souhaits

L’existence de Dieu sera-t-elle un jour confirmée par la science ? Qui sait…

Vous aussi, cela vous fait tousser de lire que les athées sont en voie de disparition alors qu’on parle sans arrêt d’une baisse du sentiment religieux? Paradoxalement, cette classe « d’incroyants » est bien en voie d’extinction selon certaines recherches. Faut-il alors créer un biotope protégé pour la préserver?

Par Myriam Bettens | Photos : DR

« La religion est l’opium du peuple. Aujourd’hui, je dirais plutôt la Ritaline des masses », écrit tout de go Thierry Stegmüller lors d’un échange de SMS. Il fait encore partie de ces 4 % de la population suisse se qualifiant d’athées. « Sommes-nous en voie de disparition ? », répond-il en écho, tout en ponctuant sa réponse d’un rire. L’enseignant au Gymnase de Bienne n’y croit pas : « De la part des croyants, nous avons tout de suite une étiquette. Or, cela dépend où est-ce que nous plaçons le curseur. Les gens que je rencontre ne se disent pas athées, mais le sont de fait. »  Une observation que confirme Thierry Dewier, président de l’Association suisse de la Libre Pensée. « Après une semaine au Salon du livre de Genève à discuter avec de nombreux visiteurs, j’ai remarqué que ces personnes se disent par exemple catholiques, mais ne croient à aucun des dogmes du catholicisme. La religion n’est plus qu’une marque culturelle. » Tout comme son homonyme, il soutient que tout est question de définition. « Très peu de gens affirment être persuadés que Dieu n’existe pas. Ils préfèrent dire qu’ils ne savent pas et souvent, ils ne veulent pas non plus savoir. »

Pourcentages d’athées et d’agnostiques dans le monde.

De l’athéisme à l’indifférence

« Il y a aujourd’hui une indifférence du religieux », pointe Christophe Monnot, maître de conférence en sociologie des religions à l’Université de Strasbourg. « On voit actuellement en Europe que lorsqu’une génération se désaffilie [ndlr., quitte officiellement une Eglise], la génération suivante va plus loin en termes de « non-religion ». » Même si la Suisse semble encore relativement préservée, Thierry Dewier souligne que le renouvellement constant des croyances engendrera une mutation de la société et peut-être même des dogmes. « Ce qu’il se passe en Europe constitue probablement l’embryon de ce qu’il va se produire à l’échelle mondiale. » Ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur selon les derniers chiffres de l’Office de la statistique suisse (OFS) et « la catégorie des « sans-religion » retient de plus en plus l’attention des chercheurs, à la mesure de l’importance que ces personnes occupent dans les statistiques sur les affiliations religieuses », relève Jean-François Mayer, directeur de l’Institut Religioscope. « En Suisse, dans les années septante, on ne recensait que quelques pourcents de non-affiliés. Aujourd’hui, ils représentent un tiers de la population », développe Christophe Monnot.

Chrétiens, vraiment ?

« Il y a maintenant tellement de personnes qui sont dans la non-croyance que les limites de ce que l’on considère comme l’athéisme peuvent se reconfigurer. Les critères employés pour le définir correspondent à une certaine classe de personnes, alors que l’on constate que dans la population, beaucoup en sont malgré tout très proches. » Pour Thierry Dewier, « toute notre société se rattache fortement aux valeurs humanistes, sans pour autant le reconnaitre ». Il va même plus loin : « La population tient peut-être même plus de la libre-pensée qu’elle ne le pense. » Christophe Monnot explique que la compréhension de la religion est devenue beaucoup plus sectorisée. « Ce n’est plus une religion globale et sociale, mais de l’ordre du bien spirituel privé. Il entre dès lors en compétition avec d’autres biens ou propositions. » Le choix est devenu possible. « Avant, la tradition familiale primait en matière de religion. Ce qui relevait auparavant de l’inné ne l’est plus aujourd’hui. » Thierry Stegmüller abonde dans le même sens, il temporise toutefois : « Ce qui finalement me dérange n’est pas la religion, mais ce que les gens font de leur foi. » En effet, la remise en question de l’utilité de la religion dans la société risque de « pousser les Eglises à devenir plus confessantes et donc en marge », argue Christophe Monnot. Il ne faut donc pas tout jeter, car « l’histoire et la dimension sociale des Eglises démontrent qu’elles ne répondent pas qu’en termes de biens spirituels. C’est un ensemble de facteurs favorisant la cohésion sociale ». Néanmoins, le processus d’effacement du religieux déjà bien entamé ne s’effectuera pas sans tensions sociales.

Analphabétisme religieux

« Nous allons inévitablement vers une rupture entre les religieux et les athées, car ces derniers n’ont presque pas d’enfants, alors que les croyants en ont plus. Au niveau mondial, les croyants seront donc beaucoup plus nombreux. Alors que les athées seront en minorité de population, mais constitueront le groupe dominant dans les pays occidentaux. Le clivage entre ces deux pôles ne peut que s’accentuer. » Le problème principal étant l’analphabétisme (a)religieux : « Les athées ne comprendront pas ce que les religieux entendent sur certaines choses et les religieux auront du mal à dialoguer avec les athées parce qu’ils auront l’impression qu’on leur sert des concepts erronés. » Pour reprendre les mots du philosophe allemand Jürgen Habermas, les religieux et les laïcs doivent entrer dans le langage de l’autre pour maintenir un espace public serein.

De Dieu aux « A-dieux »

Etre « sans Dieu » n’est pas nouveau. Cette occurrence retrouvée dans la Lettre aux Ephésiens en atteste.

Pour certains, Il est l’Alpha et l’Oméga. Pour d’autres, cet alpha, ou ce « A » n’est que la particule signifiant la privation, voire plus intimement la négation. Petit lexique pour s’y retrouver dans cet univers où Dieu ne fait pas loi.

Athéisme : doctrine ou attitude fondée sur la négation d’un Dieu personnel et vivant.

Agnosticisme : doctrine ou attitude philosophique qui considère l’absolu inaccessible à l’intelligence humaine.

Ignosticisme : position philosophique qui considère qu’une définition cohérente d’une doctrine théologique doit être posée avant toute discussion sur la nature ou l’existence de ce concept. Le « I » initial provenant du latin ignoro (ignorer, ne pas savoir).

Areligiosité : attitude de celui qui est étranger à toute préoccupation religieuse.

Irréligiosité : attitude de celui qui conteste ou défie la religion. Employé à tort pour qualifier une personne sans religion.

Voltairianisme : scepticisme en matière religieuse, esprit de dérision exercé à l’encontre des Eglises, notamment chrétiennes.

Libre-pensée : revendication de l’autonomie de la conscience humaine contre les règles qui prétendent la limiter.

Humanisme : attitude philosophique qui tient l’homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines.

Naturalisme : doctrine philosophique qui considère la nature comme principe unique, à l’exclusion de toute intervention divine ou idéale.

Déisme : doctrine selon laquelle la raison peut accéder à la connaissance de l’existence de Dieu, mais ne peut déterminer ses attributs.

Le prévôt, c’est quoi?

Par Jean-Pierre Voutaz, prévôt | Photo: Yves Crettaz / Rhône FM

Le 19 avril 2023, les chanoines du Grand-Saint-Bernard m’ont élu prévôt. Le mot prévôt, équivalent au terme père-abbé, vient du latin prae-positus, celui qui est posé devant les autres. En ornithologie, ça pourrait correspondre à des canards en sortie : la maman est posée devant les petits. Elle leur donne le rythme et assure leur sécurité. Avec les oiseaux en vol, le prévôt pourrait être le premier qui ouvre la formation triangulaire dans le ciel puis se déplace pour permettre à chacun de prendre la plénitude de sa place pour voler en liberté, prudence et joie, et arriver tous ensemble à destination. Nous sommes essentiellement des prêtres vivant en communauté avec un frère, un oblat, trois femmes consacrées. Concrètement nous partageons par petites communautés le toit, les prières en commun plusieurs fois par jour, les repas. Notre appel personnel au bonheur passe par une vie en communauté avec ses joies et ses difficultés, comme en famille.

Nous faisons les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Pour notre argent, les salaires arrivent sur un compte commun. Pour les dépenses qui me semblent utiles, je discute avec un supérieur de maison afin de déterminer ce qui nous semble judicieux tout en restant sobres. Le but c’est d’aller au ciel et de le manifester. La chasteté c’est pour nous le modèle de vie concret de Jésus sur terre en l’aimant lui, le grand amour de notre vie, et en aidant d’autres à découvrir l’amour de Papa du ciel pour eux. Le défi de la chasteté c’est de grandir ensemble en liberté en assumant une vraie paternité et fraternité. La chasteté navigue entre deux récifs d’un côté les fans club qui nous mettent au centre et masquent le Christ jusqu’à des cas d’abus de différents types, et à l’autre extrême l’effacement de soi par peur des excès possibles. L’obéissance c’est se mettre à disposition pour vivre, accueillir un lieu, des collaborateurs et une mission que je n’ai pas choisis en paroisse ou en hospice, et y consentir de tout mon cœur. Des dons et talents se révèlent progressivement en collaborant avec ceux qui sont là. C’est quelque chose de la fécondité de l’Eglise qui se dévoile. C’est comme ça que j’ai découvert que j’avais un peu d’humour, dans les sermons. Au début ça m’a choqué, moi qui pensais être sérieux.

Comme prévôt, c’est à moi de prendre soin de mes confrères et du peuple de Dieu qui nous est confié en proposant des communautés de vie et de ministère qui prennent soin d’eux, de vous et de moi. Merci de vos prières.

Sortie des servants de messe et des lecteurs de Collombey et Muraz, samedi 6 mai 2023

Pour la sortie récréative des lecteurs et servants de messe, cette année, nous sommes allés au Parc Aventure à Aigle. Cette journée était synonyme de joie et de bonne humeur. Elle a permis de faire de nouvelles rencontres et de profiter d’une après-midi au soleil et au cœur de la nature.

Pendant que les autres prennent la photo, Loris finit le parcours difficile.

Par l’abbé Valentin Roduit, Ana Rita D’Erasmo, Samantha Matmati
Photos : abbé Valentin Roduit, Antonella Cimino

Voici quelques ressentis sur cette journée :

Soraya : « Ça m’a plu, je me suis bien amusée. La « big tyrolienne » est ce que j’ai préféré. »

Emelyne : « C’était super cool. J’ai pu rencontrer d’autres personnes. »

Alyson : « Oui, c’était cool. J’ai bien aimé le parcours bleu (ndlr, difficile), j’ai moins peur du vide maintenant. »

Samantha : « La sortie m’a plu. J’ai bien profité, j’ai pu parler avec d’autres personnes. »

Ana : « C’était amusant, divertissant. J’ai pu faire des rencontres avec d’autres personnes et ça changeait de ce que l’on fait d’habitude. » 

Cette journée a plu à tout le monde, petits et grands tout en incluant l’Esprit-Saint.

Remerciements aux organisateurs.

Samantha et Ana, nos deux journalistes ad hoc, en pleine action dans le parc.

Les jeunes de nos paroisses sont les bienvenus dans nos groupes de lecteurs et servants de messe. Ils sont « de service » en moyenne une fois par mois, ils sont bienvenus à toutes les autres messes et ils bénéficient de temps de formation et de sorties récréatives ou culinaires.

Et bien sûr, tous sont invités au Théocamp et aux activités de la paroisse comme les pèlerinages et repas festifs. Joignons la convivialité au service du Seigneur, Il se réjouit de nous voir rigoler !

Un orage va faire trembler la collégiale!

On souhaite évidemment que Phoebus soit au rendez-vous pour le Festival des Roses des 17 et 18 juin à Estavayer. Demeure que la météo annonce avec certitude un « orage » pour le dimanche sur le coup de 11h! Un événement musical signé par Philippe Marchello.

Par Claude Jenny | Photos: Georges Losey

Pour marquer ses trois décennies aux claviers de l’orgue de la collégiale (lire ce magazine de mars 2023), l’organiste du lieu a décidé de jouer pour la première fois depuis… 13 ans une œuvre magistrale pour orgue solo : « L’Orage », pièce spectaculaire du compositeur Jacques Vogt qui est très rarement jouée. Philippe Marchello a déjà interprétée deux fois – la dernière en 2010 – cette « fête champêtre » et a décidé de récidiver pour marquer son jubilé.

La partition de « L’Orage ».

L’événement est agendé au dimanche 18 juin, juste après la messe dominicale, soit sur le coup de 11h. Cette pièce est impressionnante puisque l’organiste arrive à simuler toutes les composantes d’un orage. D’abord un temps calme sur des notes d’un Lyoba bien fribourgeois, puis l’orage s’annonce, éclate et en jouant des claviers et du pédalier, l’artiste parvient à rendre vivants souffles de vent, éclairs et coups de tonnerre. Une véritable tempête musicale qui va faire trembler la collégiale durant un quart d’heure, après quoi le calme reviendra sur le cœur de la ville.

En vidéo sur grand écran

L’événement sera filmé à la tribune et retransmis en vidéo sur grand écran dans l’église, ce qui permettra d’apprécier toute la gestuelle que doit accomplir l’organiste pour rester fidèle à la partition du compositeur bâlois, qui a été organiste titulaire de la cathédrale de Fribourg et qui épata des célébrités – notamment Franz Liszt et George Sand – en l’interprétant sur le grand orgue de Moser. Voici ce qu’a dit George Sand à l’époque : « L’organiste de la cathédrale fit tant des pieds et des mains, et du coude, et du poignet et je crois, des genoux que nous eûmes un orage complet, pluie, vent, grêle, cris lointains, chiens en détresse, prière du voyageur, désastre dans le chalet, piaulement d’enfants épouvantés, clochettes de vaches perdues, fracas de la foudre, craquement des sapins, dévastation des pommes de terre »…

Le facteur d’orgue est aussi à l’origine de l’orgue staviacois, même s’il a subi une rénovation boîteuse en 1992. « J’aime cette œuvre qui appartient au patrimoine fribourgeois. Ce n’est pas une pièce très difficile, malgré son côté spectaculaire, mais qui nécessite un orgue d’une taille certaine pour rendre tout l’effet du crescendo de la partition, une petite part d’improvisation étant d’ailleurs possible avant que l’œuvre se termine sur l’air du traditionnel « Grand Dieu nous te bénissons ». »

Philippe Marchello prévoit encore d’autres rendez-vous à l’automne pour marquer son jubilé. Rendez-vous le dimanche 18 juin à 11h pour un premier acte… orageux à ne pas manquer !

Deux messes chantées

La messe dominicale du 18 juin à la collégiale sera la dernière de l’année pastorale chantée par le chœur mixte Saint-Laurent qui interprétera pour l’occasion une messe du compositeur Bernard Chenaux. 

Le dimanche suivant, le 25 juin, ce sera la chorale « Clé de vie » qui animera la célébration dominicale à la collégiale.

Le droit à l’identité

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, religieux et laïcs de 8 pays se réunissent pour travailler en réseau à la protection des enfants.Ils créent, en 1948, le Bureau international Catholique de l’Enfance (BICE). Il œuvre aujourd’hui à promouvoir et défendre la dignité de chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière et sujet de droits.

Par Myriam Bettens | Photo : BICE

L’association, reconnue par le Saint-Siège, œuvre en faveur des enfants en situation de vulnérabilité. Le Bureau international Catholique de l’Enfance (BICE) effectue un travail de recherche, de mise en réseau, de formation, de plaidoyer auprès de l’ONU pour influencer les politiques publiques et met en place des projets de terrain. Alors que l’Assemblée générale des Nations unies adopte en décembre 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme, un groupe de religieux et de laïcs de 8 pays s’unissent pour que le droit des enfants ne soit pas oublié. Ces derniers ne seront entérinés qu’en 1959 par la Déclaration des droits de l’enfant. Le BICE participe activement à l’élaboration de ce texte constituant le socle de ce qui deviendra en 1989 la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

La CIDE a été signée par 196 Etats, et ratifiée par 195 (à l’exception des Etats-Unis). Un grand nombre de pays possèdent aujourd’hui un code de l’enfant dans leur législation nationale et se sont également dotés d’un défenseur des droits de l’enfant. Bien que les Droits de l’enfant progressent dans le monde, sur le terrain, l’application de ces réglementations n’est pas toujours chose aisée. C’est pourquoi, outre son engagement auprès des instances internationales, le BICE poursuit ses actions de terrain au niveau local pour garantir à tous les enfants le droit à grandir dans la dignité.

Les enfants invisibles

« Soglo a été privée d’école pendant près d’un an. Un an à tourner en rond, livrée à elle-même, ou à aider ses parents dans leurs activités professionnelles. La raison de cette exclusion du système scolaire ? Elle n’a pas été enregistrée à l’état civil à sa naissance ». Sans cette formalité administrative, pas d’existence légale et impossible de continuer les études au-delà d’une scolarisation de base.

Dans la région rurale du sud-est du Togo, cette réalité n’est pas rare. Beaucoup de parents n’ont eux-mêmes pas été scolarisés et ne comprennent pas l’importance d’un acte de naissance. De plus, avant janvier 2022, le coût de cette formalité représentait un frein pour nombre de familles. Le BICE a soutenu entre septembre 2020 et février 2022 le projet d’un de ses partenaires locaux afin d’aider ces enfants dits invisibles à recouvrer leurs droits. 

D’une part, en prenant en charge sur le plan administratif et financier les démarches à réaliser auprès du tribunal puis de la mairie pour obtenir un jugement supplétif d’acte de naissance, afin de les remettre à des enfants jusqu’alors « invisibles », leur permettant notamment de continuer l’école. D’autre part, en menant des actions de sensibilisation auprès des habitants et des chefs communautaires, car la fraude à l’état civil est un autre problème récurrent. 

En effet, certains agents enregistrent les naissances hors délai ou fournissent de faux actes de naissance en échange d’un pot-de-vin. Les parents se retrouvent doublement lésés : ils perdent le peu d’économies qu’ils possèdent en pensant régler le problème et reçoivent en échange un acte qui n’a aucune valeur légale. L’équipe de l’association togolaise sillonne ainsi la campagne pour informer le plus grand nombre que l’inscription à l’Etat civil est désormais gratuite quarante-cinq jours après la naissance et pour redonner aux enfants concernés un jugement supplétif d’acte de naissance. Un soulagement, mais surtout une joie pour ces enfants privés d’identité.

Pèlerinage à Rome du lundi 23 octobre au vendredi 27 octobre 2023

Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : Bernard Fournier

Sous l’impulsion du curé, l’abbé Jérôme Hauswirth, un prochain pèlerinage à Rome est organisé pour l’automne 2023. Y sont invités tout d’abord les paroissiens de Monthey, de Choëx, de Collombey et de Muraz (avec une prise en charge spéciale des jeunes). Et puis, dans la limite des places disponibles (deux cars de 80 places chacun ont été réservés), d’autres personnes peuvent s’y inscrire également.

Différentes visites sont prévues : la Basilique du Vatican, l’Audience avec le Pape sur la place Saint-Pierre, la Chapelle Sixtine, la Maison de la Garde suisse pontificale, la Basilique du Latran… ou encore : le Forum romain, le Colisée, la Piazza Navona, le Trastevere…

Le prix se monte à Fr. 550.– tout compris. Les bénévoles des paroisses ont droit à une réduction.

Inscription

Chez Sandrine Mayoraz : sandrine.mayoraz@hotmail.com 
Ou chez Antonella Cimino : paroisse-collombey@bluewin.ch 
Tél. : 024 471 24 14 (lundi et jeudi : 14h-17h)

Vocation par métier

Par Myriam Bettens
Photo : Jean-Claude Gadmer

« Ecoute en toi le paysan, l’artiste, l’homme de loi ou de science, l’ingénieur ou le marin, l’homme d’affaires ou le prédicateur de la Parole. Si tu as questionné ainsi et écouté ainsi, je suis certain que tu trouveras qui tu es », écrivait Paul Ricœur en 1946 à ses élèves. Attardons-nous sur ce que représente pour nous le fait d’« avoir la vocation ».

Dans le monde séculier, lorsqu’on parle de vocation, on pense plus volontiers à un métier dont on va faire profession. Notez bien ce dernier terme : « profession ». A ce titre, la langue allemande emploie le qualificatif de Beruf et celui-ci ne signifie rien de moins qu’un « appel » ! Pour nous chrétiens, cet appel demeure et de mille manières différentes. 

N’oublions pas qu’outre le sacrement de l’ordre, l’Eglise institue tout autant celui du baptême, du mariage et par extension la famille, socle de toute communauté ecclésiale. Nous pouvons donc déjà être prêtres, prophètes et disciples là où nous sommes, dans nos maisons. Car si cette vocation-là s’éteint, rien ne rayonnera plus au dehors et si ce n’est pas moi qui donne à mes enfants la vocation de servir le Seigneur, qui d’autre le fera ?

La der de l’année !

Par Sabrina Faraone | Photo : Pascal Voide, Astrid Belperroud

Le samedi 1er avril 2023, la messe en famille des rameaux pour l’UP La Seymaz a été célébrée à l’église du Bon Pasteur à Puplinge. 

Nombreux étaient les familles, enfants, paroissiens, paroissiennes, venus des quatre coins de l’UP et d’ailleurs, pour faire mémoire de l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem, de l’entrée en Semaine sainte tout en apportant des rameaux de buis, d’olivier ou de palmier. La célébration a débuté à l’extérieur sous quelques gouttes de pluie… venues du ciel. Après la bénédiction des rameaux, petits et grands se mirent en marche, en procession, pour entrer dans l’église en agitant les rameaux et en chantant l’Hosanna. La messe était animée par la magnifique chorale africaine Amani, l’assemblée était enchantée.

A la sortie de la messe, les conseils de Puplinge-Presinge ont offert à tous les participants un magnifique apéro préparé par leurs soins. Pour marquer cette belle occasion, et avec l’aide des catéchistes, les enfants ont offert à chaque participant un mini-bouquet composé de buis, qui rappelle les rameaux, ainsi qu’une rose rouge rappelant la semaine de la Passion. Une célébration intense et un moment fort vécu par toute la communauté.

Un MERCI de tout mon cœur à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce que les Messes en familles dans notre UP pour 2022-2023 soient un succès apostolique et humain ! Les familles ont pu célébrer dans chaque église et par cela montré que la « migration » est possible quand on se concentre sur l’essentiel : venir à la rencontre de Celui qui nous appelle, et à la rencontre aussi des paroissien.ne.s locaux. On se réjouit de 2023-2024 ! Votre administrateur, l’abbé Thierry S.

T’es où? Théocamp!

Pour la 3e année consécutive, le Théocamp est de retour du 12 au 15 août. Ce camp est proposé aux enfants et adolescents du Chablais. On se réjouit de se retrouver sur les hauteurs à Revereulaz pour un camp de détente, de prière et de foi.

Par Sandrine Mayoraz | Photo : DR

Made in Chablais
Le Théocamp est proposé aux enfants et adolescents engagés dans nos paroisses. Ces quatre jours ensemble allient jeux et moments ludiques, activités spirituelles et catéchétiques. C’est l’occasion de tisser des liens avec d’autres croyants de leur âge et de vivre des moments de partage dans un esprit de joie et de bonne humeur. C’est aussi quelques jours en communauté dans une ambiance détendue où Dieu a sa place. 

Ce qui est différent des autres camps d’été ou pèlerinage, c’est la dimension « locale ». Les jeunes passent quelques jours avec les prêtres, les catéchistes et de jeunes animateurs de leur paroisse qu’ils ont l’occasion de côtoyer le reste de l’année. De plus, cette expérience commune, la bonne entente, encouragent les synergies et les collaborations durant l’année pastorale, comme par exemple, la rencontre commune pour les servants de messe.

1,2, 3… 4 jours ensemble !
Nouveauté, cette année, le Théocamp dure un jour de plus. En effet, nous profitons du congé de l’Assomption pour prolonger jusqu’au mardi et terminer comme l’an dernier par une messe à la Patronale de Vionnaz. En effet, nous clôturons notre camp sous la protection de Marie, notre Dame de l’Assomption. La messe est suivie d’une raclette conviviale et festive avec les familles et les paroissiens vionnérouds. 

Si toi aussi tu veux passer la fin de tes vacances avec nous, inscris-toi. On t’attend.

Inscription et infos :
Sandrine Mayoraz, 079 739 24 22
Stéphanie Reumont, 079 138 95 78
Date : du samedi 12 au mardi 15 août
Lieu : Chalet Arc-en-Ciel, Reveurelaz
Prix : Fr. 100.– / enfant

Vocations, où êtes-vous ?

Les vocations religieuses et sacerdotales dans les pays occidentaux sont en baisse constante. S’il n’est pas facile de discerner les causes d’une telle situation, il est important de ne pas tomber dans des considérations simplistes et de rechercher les origines de la dévalorisation d’un idéal si apprécié et si recherché dans la vie de l’Eglise.

Par Calixte Dubosson | Photos : Bernard Hallet/cath.ch, DR

A la question de la baisse des vocations un peu partout en Suisse, le regretté Mgr Genoud *, a eu cette réponse surprenante : « Pour le nombre de pratiquants, il y a encore assez de prêtres. » Il ajoutait que les paroisses doivent devenir mères pour engendrer les pères dont elles ont besoin. Il faut qu’elles manifestent le désir d’une présence sacerdotale et religieuse, il importe qu’elles disent si oui ou non elles ont besoin d’un berger pour les conduire. Cette constatation plutôt réaliste n’empêche pas une réflexion sur la baisse des vocations religieuses et sacerdotales en Europe.

Un constat

Le nombre réduit de vocations dans la vie religieuse a des motivations de divers ordres. Motivations sociologiques tout d’abord : la diminution des naissances et le fait qu’il est toujours plus rare de trouver des familles nombreuses. Des études ont montré que nombre de vocations à la vie presbytérale et religieuse sont issues de familles ayant beaucoup d’enfants. Il est évident que sur un taux de naissance en Suisse qui frôle le 1.5 % par famille, on ne voit pas comment égaler le flux des générations précédentes.

Le moine italien Enzo Bianchi y voit aussi une dimension économique avec l’amélioration spectaculaire des conditions de vie. « Au niveau économique, dit-il, l’aisance généralisée a transformé radicalement le panorama par rapport aux années d’après-guerre qui ont vu naître de nombreuses vocations presbytérales et religieuses dans un contexte de pauvreté et de besoin. » Le confort actuel ne permettrait pas d’entendre l’appel de Dieu, car une société qui a tout ce qui lui faut au niveau matériel ne favorise pas ou moins le besoin de donner sa vie pour Dieu. 

Enjeux de la vocation

« Dans le vaste panorama des possibilités infinies du monde moderne (professions de tout ordre, expériences de vie volontairement limitées dans le temps, voyages), la difficulté est grande pour les jeunes de choisir et de concevoir qu’un choix soit définitif, ainsi que celle de persévérer et vivre une fidélité » m’a confié un confrère dans le sacerdoce. On peut aussi relever par ailleurs leur appréhension devant la nécessité d’une ascèse et de renoncements à tant de choses passionnantes que nous propose le monde actuel. 

Il y a également l’exigence du célibat et de la chasteté qui est très difficile à vivre dans une société hypersexualisée. Même si beaucoup de catholiques pensent qu’il serait bon que le futur prêtre puisse choisir entre le mariage et le célibat et que cette option freinerait la chute inexorable des vocations, il n’en reste pas moins que la vraie raison du célibat et de la chasteté est mystique et non disciplinaire. Elle reste toujours valable : les représentants visibles du Christ invisible sont appelés à pratiquer son genre de vie.

Le message faussé

Impossible de ne pas évoquer la triste réalité des révélations d’abus sexuels ou psychologiques de la part du clergé qui impacte sérieusement et gravement le désir des jeunes de se lancer dans l’aventure du sacerdoce ou de la vie religieuse. Ce phénomène malheureux et sa médiatisation ne peuvent qu’instaurer une méfiance et un rejet inévitables. Un ami prêtre m’a confié que, dans le contexte actuel, une vocation religieuse tient carrément du miracle. A tel point qu’une mère de famille très engagée dans la pastorale de son diocèse et mère de nombreux enfants a confié à son amie : « Auparavant, je priais intensément pour que Dieu choisisse un de mes enfants pour une vie consacrée, mais depuis l’affaire des chanoines abuseurs révélée dernièrement dans la presse, je prie désormais pour que mes enfants ne choisissent pas cette voie. »

Des parents, parlons-en justement. Peu d’entre eux songent à une vocation consacrée pour leurs enfants. Jean-Marie et Geneviève Thouvenot, parents d’un prêtre du diocèse de Lyon n’y avaient pas pensé avant. « C’est comme les autoroutes. Il en faut, mais pas dans notre jardin ! » 

Mais ne dit-on pas qu’une vocation peut naître, s’enrichir et se fortifier d’abord dans le terreau familial ?

Crise des vocations ou crise de la foi ?

La vocation est pour moi liée à la foi. Avant de réclamer des prêtres, des religieux, des religieuses, il faut demander au Seigneur, des croyants qui deviendront par la suite capables de faire le grand saut de la vocation. Aimer le Christ et le faire aimer doit être la préoccupation principale de tout chrétien, des parents jusqu’aux responsables d’Eglise. Une foi sincère et rayonnante est donc nécessaire. Pourtant, Jésus a posé la question : « Quand le fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » Notre monde occidental a-t-il perdu la foi ? Alain Houziaux, pasteur de l’Eglise protestante unie de France affirme : « Le plus souvent, on « perd la foi » quand on ne l’a jamais vraiment eue. On a fréquenté l’instruction religieuse, on a fait sa première communion, on a été enfant de chœur, éventuellement on a même eu quelques élans mystiques. Mais, par la suite, la foi est devenue une forme d’adhésion à une tradition et à une éducation. Adhérer à une religion et avoir la foi, ce sont deux choses très différentes. » 

Depuis des millénaires, beaucoup de gens demandaient à Dieu ce que désormais ils peuvent, en partie, se procurer par eux-mêmes. Ils ne voient plus ce qu’une foi et une pratique religieuse apportent. Sans doute aspirent-ils, dans leurs attentes profondes, à passer d’une relation d’utilité à une relation de gratuité et d’amour avec le Dieu de l’Evangile. Mais ce passage est loin d’être réalisé. Le but de la catéchèse pour les enfants, c’est précisément de nourrir une relation d’amour avec le Christ qui a commencé au baptême.

Comment dépasser la crise ?

C’est une tâche difficile. Si nous n’avons pas prise sur la mutation de la civilisation, nous pouvons tout de même agir en Eglise pour enrayer certaines causes internes de la crise. Que toute l’Eglise soit convaincue que les prêtres sont et seront irremplaçables. Il ne peut y avoir d’Eglise, telle que le Christ la veut, sans ministres ordonnés (prêtres et évêques) qui la rattachent, elle qui est le Corps du Seigneur, à la Tête. Contrairement au slogan nocif des années 80 qui a causé beaucoup de tort, nous n’allons pas « vers une Eglise sans prêtres ». Que toute l’Eglise retrouve confiance, sans être ni culpabilisée ni prétentieuse. Aucune personne, aucune institution ne peut se réaliser sans confiance. La nôtre s’appuie non sur nous-mêmes, mais sur la vitalité du Christ Ressuscité et sur son Père, dans l’Esprit d’Amour. C’est le développement chez beaucoup de catholiques d’une authentique vie spirituelle, au sens fort, qui permet d’être et d’agir dans cette confiance reçue de Dieu. 

Concrètement, nous pouvons :

Prier, car le Saint-Esprit n’a déserté ni l’Eglise ni notre monde. Malgré tous les obstacles actuels, des jeunes sont capables de répondre à son appel avec dynamisme, générosité et joie. Des réseaux de prière pour les vocations existent (cf. encadré).

Soutenir les jeunes qui s’interrogent sur une possible vocation. A l’heure actuelle, il faut beaucoup plus de temps pour choisir sa voie et mûrir une décision ferme. Sans doute, nous faut-il prendre des initiatives variées pour accompagner, de manière personnalisée, les jeunes qui se demandent comment discerner un éventuel appel de Dieu.

Parler, car tout ce qui est humain passe par la parole et ce qui ne se parle pas finit par dépérir. Il est important d’oser parler des vocations et de proposer aux jeunes d’y répondre, dans le respect de la liberté de conscience, bien entendu.

Encourager les vocations par la prière

En Suisse romande, nous avons la grâce de compter plus d’une quinzaine de communautés religieuses contemplatives et monastiques. Ces hommes et ces femmes prient aussi pour la vocation de tous les baptisés. Au sein du Centre romand des vocations, une délégation assure l’édition d’un petit fascicule trimestriel, qui s’appelait autrefois le « Monastère invisible » et qui se nomme désormais « Kairos ». Son but : encourager la prière pour les vocations et nourrir la réflexion autour de l’engagement en Eglise. Kairos est également un lien entre toutes les personnes qui, dans les paroisses, portent devant Dieu la prière pour les vocations.

Simone Previte a récemment prononcé ses vœux solennels à l’Abbaye de Saint-Maurice.
En juin 2021, une journée particulière à Saillon en Valais. Deux frères sont ordonnés prêtres en même temps par Mgr Lovey.

Vocation autrement ?

Par Jean-François Bobillier | Photo : Myicahel Tamburini/Pexels

Selon son étymologie, le mot « vocation » fait référence à l’« appel ». Face à ce que l’on nomme la crise des vocations, je me questionne : sommes-nous vraiment en situation d’une baisse des appels de Dieu adressés aux femmes et aux hommes de notre temps ? 

A chacun d’y répondre, mais nul besoin d’entreprendre une étude sociologique poussée pour percevoir en nous et chez nos contemporains une immense soif de sens, d’absolu, de bonheur, d’amour. L’homme est-il donc assoiffé mais incapable de percevoir la Source, autrement dit d’identifier l’auteur de l’appel ? En toute sincérité je n’y crois pas. 

Je suis très impressionné par la capacité qu’ont les personnes rencontrées, notamment à l’hôpital, à dire quelque chose de Celui que je nomme Dieu. Récemment, goûtant aux paroles d’une grande et profonde sagesse prononcées par une petite dame toute fragile, je ne pus m’empêcher de lui poser la question : « D’où cela vous vient-il ? » – « C’est la vie qui me l’a appris » me répondit-elle.

Je cite, en écho, ces paroles de Maurice Zundel : « Dieu ne se démontre pas, Il est la Vie et, dès que l’homme est attentif à sa propre vie, il se heurte à cette Présence merveilleuse, invisible, qui le dépasse infiniment. » Aujourd’hui, les cœurs humains habités de cette « Présence » seraient-ils moins nombreux ? N’y a-t-il pas en réalité abondance de vocations ? Et ne cherchons-nous pas trop à démontrer Dieu ?

A l’écoute de cette parole de Simone Weil : « Chaque être crie en silence pour être lu autrement », je m’interroge encore : les appels ressentis doivent-ils être écoutés, de notre part, autrement ? Sommes-nous encouragés à répondre à ce cri, à cette soif, autrement ? L’accès à la Source peut-il se dessiner autrement ? En somme, l’Eglise est-elle appelée à vivre sa vocation autrement ?

Les Rogations, une pratique désuète?

Par Jean-Michel Moix, Marc Mariaux | Photo : DR

Pourquoi parler des Rogations ? 
Parce que récemment, j’ai lu un article d’un journal français « Valeurs actuelles » qui a attiré mon attention. Voici ce qu’on pouvait y lire en titre et en introduction de l’article (publié le 20 mars 2023) : 

Perpignan : après une procession contre la sécheresse, il se met miraculeusement à pleuvoir.

Une procession religieuse organisée à Perpignan (Pyrénées-Orientales) samedi 18 mars 2023 pour invoquer saint Gaudéric, patron des agriculteurs et faire tomber la pluie, a vu ses prières exaucées. Des trombes d’eau se sont abattues sur la ville quelques heures plus tard.

Qu’est-ce donc que les Rogations ? 
Le mot « rogation » (venant du latin) a le même sens que le mot « litanies » (tiré du grec) ; ils signifient : prières, supplications, invocations.

En quoi consistent les Rogations ? 
Elles consistent durant les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension (lundi, mardi et mercredi) à prier, à supplier Dieu par des processions publiques, à travers champs et prés, afin d’obtenir de Dieu divers bienfaits : la protection contre différents fléaux (contre des maladies qui s’attaquent à la vigne ou aux arbres fruitiers, contre le ravage que des bêtes sauvages peuvent causer aux cultures, contre les orages violents, le gel ou la grêle, etc.) ainsi que la clémence du temps, des récoltes abondantes, etc. Au cours du trajet, à travers monts et vaux, l’on a coutume d’invoquer Dieu, de le prier car Il est le Souverain Roi du ciel et de la terre ; c’est Lui qui a créé notre monde, mais qui encore le conserve dans l’existence et le gouverne par ce qu’on appelle la divine Providence. On y prie en particulier la litanie des saints ou encore le chapelet. Et le prêtre s’arrête de temps en temps pour bénir avec l’eau bénite les régions traversées. Et une fois qu’on est arrivé à destination (auprès d’une croix, d’un oratoire ou d’une chapelle) une messe est souvent célébrée.

Est-ce une pratique dépassée ? 
Non, si l’on croit, si l’on reconnaît, qu’en dernier ressort, les dangers qui menacent par exemple nos campagnes peuvent être évités avec l’aide de Dieu, les bienfaits agricoles que nous attendons, peuvent être obtenus également de Dieu, lui qui est à la source de toute grâce et de toute bénédiction !

Anciennement, comment se passaient les Rogations sur Muraz ?

(merci à Laurette Granger pour ces indications !)

Le lundi matin, de bonne heure, avec les enfants des écoles, et sous la conduite par exemple du curé Défago ou du curé Margelisch, on se rendait en procession jusqu’à la chapelle d’Illarsaz. Le mardi l’on se rendait vers le Torrent du Pessot par la rue Saint Jean (du côté de Collombey). Et le mercredi l’on se rendait au village à la chapelle de Notre-Dame des Neiges. 

Et comment les Rogations se déroulaient-elles sur Vouvry ?

Par Marc Mariaux

Voilà en quelques mots mes souvenirs des processions des Rogations. 

Il y avait trois processions :

–> Le lundi : Pré Saint-Denis. Cette croix se situait à mi-distance entre le village et l’Avançon direction Vionnaz. Son parcours longeait la lisière de la forêt pour aboutir vers la route cantonale.

–> Le mardi : la croix du Bourg-Dernier dans le village et la croix de Proz située à mi-distance entre le Fossau et la Porte du Scex. Son parcours se faisait sur la route cantonale, elle fut abandonnée au milieu des années 60 car trop dangereuse à cause de la circulation.

–> Le mercredi : montée à Miex par la vieille route de Miex avec messe à la chapelle.

Les processions étaient destinées à toute la population et les enfants des écoles participaient par classe accompagnés de leur maître ou maîtresse. Des gonfanons étaient portés par des adultes.

Les deux premières processions se faisaient le soir et celle de Miex le matin aboutissait à la chapelle pour la messe. Les enfants mangeaient leur pique-nique et redescendaient ensuite au village et retour à la maison.

Les enfants de la petite école des filles cueillaient préalablement des fleurs destinées à embellir les croix.

Il y avait encore une autre procession, qui n’avait rien à voir avec les Rogations, c’est la procession de Saint-Marc le 25 avril.

Une à une

Par François-Xavier Amherdt | Photo : Pxhere

« Le berger appelle ses brebis une à une et il les mène au dehors. Elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. » (Jean 10, 3-4)

Le discours du « beau » Pasteur, (selon le grec) dans le 4e évangile, constitue le texte de référence lors du 4e dimanche de Pâques chaque année liturgique, où nous prions spécialement pour les « vocations » religieuses, sacerdotales, diaconales et laïques. Jésus berger n’a qu’une préoccupation : celle de toucher le cœur de chaque être humain, car le Père les lui a tous confiés, de nous permettre de déployer nos potentialités dans l’Esprit et ainsi de cheminer à sa suite vers le véritable bonheur. Car mettre nos pas dans les siens nous conduit vers notre épanouissement selon la volonté divine.

Un appel sans exception

Y a-t-il une baisse des vocations, en Europe notamment ? Pas du côté de Dieu en tout cas, qui continue inlassablement d’appeler chacun(e) sans exception, de manière parfois inattendue. Ce qui manque, c’est la possible « re-connaissance » de sa voix : elle est brouillée par les multiples contre-témoignages ecclésiaux, elle est perdue dans le brouhaha de l’indifférence, elle disparaît face aux sirènes technologiques et consuméristes, elle ne trouve plus place au milieu du concert des néo-paganismes de toutes sortes, elle est étouffée par les idéologies et les autocrates, elle paraît trop humble face aux défis postmodernes…

Le loup dans la bergerie

Il revient donc à chaque disciple-missionnaire que nous sommes tous et toutes de la faire retentir. Les mercenaires pullulent. Ils ne chassent pas le loup, mais le laissent entrer dans la bergerie et s’enfuient. Répondre à notre vocation, c’est ainsi nous laisser connaître en profondeur par le Christ, comme il connaît le Père (v. 15) et aller jusqu’à donner comme lui notre vie pour ceux que nous aimons.

Les enclos sont nombreux, les pâturages abondent. Prions donc le Maître du troupeau d’envoyer des gardes pour ses moutons, brebis, agneaux et boucs (Matthieu 9, 37-38), partout à travers le monde, y compris dans nos contrées.

Sonia Pierroz, plus de dix ans au service des enfants

Le cœur de Jésus et les mercis, église de Charrat, Carême 2023.

Sonia est sage-femme. Le don, la générosité et le partage font partie intégrante de son métier. Ces valeurs, elle les transpose dans son activité de catéchiste auprès des enfants du secteur de Charrat avec un plus: la native de Bourgogne a «un p’tit côté artiste».

Propos recueillis par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Sonia Pierroz, dans quelles circonstances avez-vous commencé votre activité auprès des enfants ?
J’ai accompagné mes enfants tout en m’impliquant dans leur parcours. C’est Marlyse Volluz, avec qui j’ai travaillé plusieurs années, qui m’a proposé d’en faire plus. Désormais, depuis son départ, Bernadette Delaloye Alimovic a pris le relais et c’est elle qui fait surtout chanter les enfants ! Nous nous complétons.

Quelles sont vos références dans le domaine, les personnes qui vous inspirent ? 
D’abord celles qui m’ont précédée, chacune ayant laissé sa touche personnelle. Il y a aussi des lectures ainsi que des formations dont certaines très inspirantes : par exemple, les bibliodrames de Monique Dorsaz ou encore Agnès Charlemagne qui pratique une démarche inspirée de Maria Montessori en tentant de découvrir comment l’esprit est à l’œuvre (voir encadré) en chacun des enfants. J’ai également apprécié la formation dispensée par Marie-Christine Tingaud sur les mandalas selon la pédagogie Marie Pré*, mais je ne l’ai pas encore expérimentée en ateliers.

Vos ateliers, justement, sont à la fois axés sur la parole et sur l’utilisation des mains. Vous parlez d’un aspect brico-créatif. Quel est le fil rouge de votre démarche ?
Le départ, c’est la parole de chacun. Le principe est identique dans le créatif : si un enfant créé une fleur, chaque fleur sera respectée, telle qu’elle est, sans retouches. Il y a donc une grande liberté de parole et d’écriture. Après avoir introduit un thème, on part des enfants et pas l’inverse ; on les aide à découvrir par eux-mêmes tout comme ils sont capables de transformer une feuille blanche avec des crayons de couleurs. Parfois, il y a aussi des moments de silence durant lesquels l’esprit travaille ou, au contraire, se repose !

Et les parents ? Ils participent à vos réunions ?
A Charrat, pour la catéchèse, ils sont reçus une fois en 3H dans les rencontres de Sophie Forré. Les histoires de l’Evangile sont contées avec une actualisation afin de faire des liens pour les jeunes dans leur vie de tous les jours. D’une manière générale, nous tentons toujours d’inclure les sacrements dans les temps forts de l’année et de la vie de la communauté. Les enfants laissent une trace par le biais de textes, de dessins, dans le carnet de route. Dans les ateliers, nous incluons aussi les parents lors de l’actualisation d’un thème, par exemple la joie, en lien avec les réflexions des enfants ou dans les moments de bricolage, pourvu qu’ils se sentent à l’aise ! Nous avons aussi des rencontres uniquement pour les parents dans la préparation à la communion par exemple.

Et l’inspiration pour l’aspect création, d’où vous vient-elle ?
Cela dépend. Par exemple, l’Action de Carême nous transmet des œuvres d’artistes, les tentures de Carême qui constituent notre point de départ. Cette année, nous avons proposé le thème de la gratitude pour cheminer vers Pâques, un très beau thème. Notre œuvre collective représente le cœur de Jésus, au centre de la croix, et des extraits de sa parole, cœur vers lequel convergent les mercis des enfants et de tout un chacun. Le départ est toujours la Parole de Dieu puis nous nous inspirons de la nature, des formes, des couleurs, des symboles que les thèmes travaillés suggèrent. Les jeunes animatrices des ateliers ont aussi beaucoup d’idées !

Avec vous, l’église change souvent de déco ! Vos réalisations plaisent-elles à tous ? 
En général, nous avons des retours positifs mais, j’en suis consciente, certaines personnes n’apprécient pas. Elles voient l’église comme un lieu sacré, intouchable. Pour moi, ces ateliers permettent de rendre les enfants visibles en tout temps. Les familles y sont sensibles et je crois que, dans l’ensemble, cela apporte beaucoup de joie en ce lieu.

Pour aller plus loin…

Charlemagne Agnès, « Comment parler de spiritualité avec les adolescents », Editions Salvator, Paris, 2017.
Charlemagne Agnès, « Je t’écoute : Petit guide pour transmettre la Foi entre les générations », Editions CRER Bayard, Saint-Barthélemy-d’Anjou, 2020.

Page illustrée du carnet d’un des enfants qui se prépare à la communion.

Jubilaires de mariage: jubilez, car voici un exemple

Lisse, lumineux et immuable comme l’ivoire, c’est ainsi que l’on peut présenter le mariage de Gilberte et Jean-Paul Kurmann. Ils vont fêter cet automne leurs noces d’ivoire, c’est-à-dire 62 ans de mariage.

Par Hugo Moesch | Photo : DR

Leur mariage fait partie des temps révolus puisqu’il a eu lieu à Sion, ce 7 octobre 1961 à la Chapelle de l’Evêché où ils ont échangé leur promesse sous les chants du Chœur du Sacré Cœur. Gilberte Fauth est issue d’une famille de huit enfants et Jean-Paul Kurmann membre d’une fratrie de trois.

Il est venu à Monthey en mai 1962 déjà pour s’associer à Bernard Cretton en un bureau d’architecture qui se révélera profitable. La paroisse montheysanne était menée en ces temps-là par le curé Louis Bonvin dont les anciens se souviennent pour avoir fait élever la chapelle du Closillon. Notre couple, heureux d’avoir œuvré de manière à atteindre la retraite simultanément, souligne les impulsions qui leur ont été données au cours des retraites à Bex au Foyer de Charité Dents-du-Midi. 

Jusqu’à l’année dernière, encore, Jean-Paul a veillé à organiser une présence à l’église en après-midi pour que les visiteurs puissent avoir le réconfort d’une présence humaine. Cette présence au long cours, c’est comme si nous étions spectateurs d’un marathon : pour une course, on applaudit quelques minutes, mais eux méritent que nos applaudissements retentissent encore pendant des années.

Prière proposée par Jean-Michel Moix : par Michel Hubaut, extrait du livre « Veillez et priez », Ephèse Diffusion, J.-P. Dufour, 1999

Seigneur, Toi qui nous as créés homme et femme

Seigneur, Toi qui nous as créés à ton image et ressemblance, homme et femme, mystérieux mélange de terre animée de ton souffle divin, viens habiter la respiration de notre amour.

Que chacune de nos aspirations soit accueil et que chacune de nos expirations soit don, au rythme de ton propre amour.

Seigneur, Toi la source jaillissante de tout amour humain, accorde-nous la grâce de devenir, l’un pour l’autre, un signe de ton invisible Présence, un appel à aimer sans retour, un sacrement, un chemin qui conduit vers ton Royaume de vie éternelle.

Seigneur, donne-nous assez de foi pour bâtir la maison de notre amour, pierre par pierre, sur le Roc du Christ.

Garde-nous des lézardes qui la menaceraient de ruine.

Apprends-nous à bâtir une maison qui ferme ses volets aux mauvais vents de l’usure du temps et ouvre ses portes à tous ceux qui ont besoin de réchauffer leur cœur à la vive flamme de notre bonheur.

Seigneur, apprends-nous à tisser le manteau de notre amour, avec les mailles de la fidélité, du pardon et de la patience, de la vérité, de la joie et de la souffrance.

Aide-nous à ne laisser filer aucune petite maille source d’une irrémédiable déchirure.

Seigneur, quand viendront les heures de tempête, donne-nous la force de jeter vers Toi l’ancre de la prière afin de pouvoir atteindre, ensemble, et pour toujours, la rive de ton éternité.

Seigneur, que la gratuité et la fécondité de notre amour chantent ton Alliance avec la terre et célèbrent les noces du Christ et du peuple de Dieu.

« Contre l’hypocrisie de la médiocrité »

Par Thierry Schelling | Photo : Grégory Roth/cath.ch

« Quand on me dit qu’il y a une congrégation qui attire beaucoup de vocations, je l’avoue, cela me préoccupe », déclarait François au symposium des religieux et religieuses en 2017, car « je m’interroge sur ce qu’il s’y passe ».

De quoi être clair quant à la « crise » des vocations religieuses en Europe notamment : pas le nombre, mais la qualité, condamnant fermement la « traite des novices » : ces congrégations qui, face à la chute des postulants autochtones, partent dans des pays du Sud recruter des jeunes qui n’avaient pas vraiment de vocation religieuse. C’est aussi une forme d’abus !

Qualité !

Il a mis en garde contre « l’hypocrisie de la médiocrité, de ceux qui veulent entrer au séminaire, car ils se sentent incapables de se débrouiller par eux-mêmes dans le monde ». Une hypocrisie qui est « une peste », a-t-il encore asséné.

Réalisme

« Le jour où il n’y aura plus assez de vocations sacerdotales pour tout le monde, le jour où… le jour où ce jour viendra, avons-nous préparé les laïcs, avons-nous préparé les gens à continuer le travail pastoral dans l’Eglise ? », interroge François avec lucidité. D’ailleurs, à prier pour les vocations depuis tant et tant d’années, Dieu a répondu au vu du nombre de femmes et d’hommes qui s’engagent en Eglise, en théologie, en pastorale spécialisée et plus seulement comme catéchistes 1 !

Le pape François élargit la notion de vocation : « Un proverbe de l’Extrême-Orient dit : « l’homme sage regarde l’œuf et voit l’aigle ; il regarde la graine et voit un grand arbre ; il regarde un pécheur et voit un saint ». C’est ainsi que Dieu nous regarde : en chacun de nous, il voit des potentialités, parfois inconnues de nous-mêmes et tout au long de notre vie, il travaille sans relâche pour que nous puissions les mettre au service du bien commun. C’est ainsi que naît la vocation… »

Il y a donc plus que de l’espoir…

1 400 laïcs et 235 prêtres pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, à titre d’exemple de la réponse de Dieu à nos prières !

« Il m’a accompagné à l’aller et au retour… »

Vous avez pu découvrir la première partie du témoignage de Christophe Rosay dans les colonnes de notre dernier numéro. En 1979, le jeune motard sierrois avait décidé, avec des amis, de prendre part à une folle aventure à moto. Course improbable qui devait le mener au Col de l’Assekrem dans le massif du Hoggar, et bien plus loin encore. A son retour, peu à peu sa relation avec le Seigneur se creuse et des «surprises» l’attendent… Il raconte.

Texte et photos par Christophe Rosay

Ma Honda XLV750-R sort de révision. Elle se révèle être « le dromadaire » dont je rêve depuis longtemps. Un agenda est enfin programmé pour le Dakar 1984 qui passera par l’Assekrem. Je m’en réjouis. Une équipe est formée, la recherche de sponsors commence. Le projet fédère de nombreux amis. Pourtant, un accident de travail va barrer ma route.

Attention les yeux ! – « L’œil est crevé, il faut opérer » m’apprend-on. Le vide s’ouvre devant moi : il engloutit mes projets. J’avance dans le vide. Ma vie semble foutue. Il me faudra plusieurs années pour y voir plus clair. L’absence de vue stéréoscopique me rend vulnérable et m’interdit la conduite à moto. Je ne vois plus ni le relief, ni les trous. Je m’encouble sur les trottoirs. Je ne supporte plus la lumière du soleil. Je me sens anéanti. J’ai 26 ans. Mon médecin me suggère de transformer mon hobby, la photo, en future profession car, dit-il, il faut fermer un œil pour regarder dans le viseur. Son idée me plaît. Je garde pourtant un pied en mécanique en collaborant au projet d’un nouveau garage moto d’un ami. Ma vue s’améliore et je reprends discrètement la conduite sur deux roues. Mes sensations reprennent vite le pas sur la prudence et la peur.

Accident hivernal – Un beau samedi de février, je me dis que ce serait bien de faire tourner le moteur de la V-Twin rouge. A la sortie d’un village, je mets les gaz à fond. Le moteur rugit, le cardan vibre et le plaisir est au rendez-vous. La route tourne légèrement et me voici, les roues dans l’ombre de la glissière. Le pneu avant dérape sur le bitume. C’est la chute, avec la vision du piquet de glissière dans la trajectoire de ma tête. Je crie dans mon casque : « Seigneur, pas maintenant ! » J’entends : « Vite, pivote sur toi-même ! » Un tour sur moi-même et je passe ainsi entre les poteaux. J’entends un grand crac en frottant ma hanche à ce satané piquet. Je frôle la glissière, vole par-dessus le talus et plonge dans la vigne en contrebas. Je me sens blessé à l’intérieur. Je remonte sur la route pour qu’on me voie. Là, je fais cette promesse au Seigneur : « Si tu me laisses en vie, j’arrête la moto ! » Je me réveille l’hôpital avec des fixateurs externes pour tenir en place mon bassin endommagé. Encore une fois, le Seigneur est présent et la guérison sera totale. La moto ? Pas une raie : personne ne comprendra. La gendarmerie la recherche. Le jeune aspirant de la patrouille prend mal à la vue d’autant de sang perdu, persuadé d’une mort sans délai. A cet instant, je sens le Seigneur me dire : « Je ne t’ai pas laissé une moto pour faire le con… »

Un nouveau regard – J’ai 33 ans. Une cousine me parle des chrétiens charismatiques, des dons de prophétie et de guérison, mais surtout de Jésus Christ. Ce soir-là, j’entends des versets bibliques étonnants alors que je nage en plein tourment. Je « bois » ses paroles tant elles correspondent à ma soif de connaissance. Alors je remets ma vie avec sincérité entre les mains de Jésus. Les liens malveillants sont coupés : « Il n’y aura plus jamais d’accident. » Pourtant ma vie s’effondre : poursuites pour dettes et perte de mon logement font de moi un SDF durant plus de trois mois. Durant ce temps, je m’interroge sur mon avenir. J’ai presque tout perdu mais au-dedans la conviction que le Seigneur est vivant m’habite. Il m’aide à me reconstruire. Rapidement, je trouve un emploi en mécanique.

Le retour à l’assemblée du dimanche matin – Un jour dans ma paroisse, je propose de raconter l’anecdote de la « petite Bible » bleue 1, celle qui m’avait accompagné durant mon raid moto de 1979. A la sortie du culte, je me trouve assailli de questions. Ces années de passion et de liberté que j’avais enfouies au plus profond de moi-même réapparaissent soudainement, mais là pour servir les « choses de Dieu ». Je me dis : « Seigneur, quelque chose change : la moto que je t’avais promis d’oublier est maintenant à l’église ! » Conseiller de paroisse, je veux m’engager sur le chemin de la foi et je lance l’idée d’un culte destiné aux jeunes sur la base d’un sujet que je maîtrise : la moto.

Dieu dans ton moteur – Je propose un témoignage de ma traversée du Sahara avec, en écho, des textes bibliques sur cet immense vide en moi. Ce sera la parabole du bon samaritain. En présentant le milieu motard, j’insiste sur la camaraderie et l’amitié qui sont à l’origine de l’entraide. La prière inspirée par l’évangile de Jean (14, 6) nous rassemble tous : « Seigneur, deviens notre GPS intérieur afin que nous prenions les bonnes décisions sur notre chemin de vie. » 

Un cadeau inespéré – Malgré ma promesse au Seigneur, je cherche à acheter une nouvelle moto. Je suis dépité car mes recherches n’aboutissent que sur des modèles bien trop chers pour moi. Je n’ai que 2’000 francs. Pourtant, une occasion improbable s’offre à moi. Un ami me dit : « J’ai un client qui vend son ancienne Africa Twin. Je lui ai fait tous les services. » J’avais prié pour une moto pareille et voilà qu’elle m’est offerte sur un plateau à trois jours de mon anniversaire. Et le Seigneur là-dedans ? Je me souviens : « Je ne te laisse pas une moto pour faire le con… »  Je roulerai donc à son service, avec le petit NT bleu 2 toujours dans ma poche.

Avec du recul – Aujourd’hui, je reconnais que c’est ce Jésus qui tant de fois m’a sauvé. Il s’est révélé dans le Hoggar puis ne m’a plus lâché. Par sa puissance de guérison et d’amour, ma vue s’est tant améliorée que je peux désormais faire mon « retour sur terre », comprenez : rouler à moto ! C’est vers lui que j’ai crié lorsque je glissais sur le bitume en direction du piquet de glissière. C’est un Jésus de liberté : en son nom les liens que j’ai pu avoir à des esprits mauvais ou à des spiritualités new age, ésotérique ou chamanique ont été coupés. C’est lui aussi que j’avais abandonné lorsque mes affaires marchaient bien. C’est lui que, par orgueil, j’avais mis de côté lorsque je me promettais de faire de ma vie une belle réussite. Lui aussi, lorsque, pour plaire à des chimères, j’ai mis cette lampe sous le boisseau de l’incrédulité. Lui encore, que j’ai placé en sourdine dans les difficultés de couple. Lui qui m’a relevé après un divorce difficile dans lequel j’ai bien risqué m’enlever la vie, alors que je croyais être dans une impasse. 

L’expérience spirituelle décisive au sommet de l’Assekrem, conjuguée avec la camaraderie et l’esprit d’équipe m’ont fait découvrir une autre approche de la vie ; la dimension verticale d’un monde que l’on ne voit pas mais qui est pourtant bien présent ; la conscience d’appartenir à quelque chose d’infiniment grand qui me relie à la vie et qui m’élève de façon à ce que je voie plus loin.

1 En réalité, un exemplaire des Nouveaux Testaments diffusés dans les écoles par l’Association internationale des Gédéons.
2 La Biker Bible est un Nouveau Testament avec témoignages de motards et références de clubs chrétiens en Europe.
3 Voir la première partie du témoignage de Christophe dans le numéro d’avril 3-2023.

Dans le milieu motard, la camaraderie et l’amitié sont à l’origine de l’entraide.

Félicitations à une nouvelle centenaire: Bertha Ostrini

Home les Tilleuls: Bertha a fêté ses cent ans avec une trentaine de personnes, dont ses cinq petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants. Ils étaient tous là. Nous la félicitons. Portrait d’une centenaire.

Texte et photos par Yves Tornay

Née à Collombey-le-Grand d’un papa fribourgeois et d’une maman de Val-d’Illiez, Bertha Valery épouse en 1947 Louis Ostrini dont le père avait fui l’Italie durant la Grande Guerre. Elle a par ailleurs un frère aîné.

Catholique, Bertha grandit à Collombey. La famille n’est pas très priante mais on va à la messe tous les dimanches (messe des enfants à 9h à Monthey). Et la veille de la Toussaint, sur ordre de maman, « on récitait un chapelet pour les morts, à genoux ou assis, entre quelques rires ».

Bertha pratique la marche en montagne et le ski, dans la grosse neige des prés de Val-d’Illiez, chez grand-mère. « On n’a pas vu grand-chose de la guerre, nous ! Papa, qui faisait les équipes à la Ciba, avait de la campagne. On vivait bien quand même, on vivait mieux qu’à présent, il me semble. Aujourd’hui il y a trop de disputes, on n’ose bientôt plus ouvrir la télé. Le monde est à moitié fou. » 

Puis Bertha part trois ans à Soleure apprendre l’allemand et suivre un apprentissage d’employée de bureau, dans l’horlogerie. Au retour elle sera secrétaire à la fabrique d’engrais chimique de Martigny (lever à 4h30, départ à pied pour le train de 6h20 à Saint-Triphon).

« J’ai toujours travaillé. Après Martigny, pour la carrière Dionisotti à Monthey. A la mort de mon beau-père, ma belle-mère est venue vivre à la maison et s’occuper de mes deux petits. Puis j’ai travaillé à mi-temps au home les Tilleuls, jusqu’en 1990. »

« J’amenais les sœurs* à la Dixence, à Saas-Fee, à la Gemmi. Sœur Bénédicte avait pris un coup de soleil violent. Elle ne sortait jamais. J’ai de bons souvenirs des sœurs. Je les amenais à Annecy. C’était une grâce de Dieu de pouvoir les fréquenter. »

« Question foi, je ne suis pas une fervente. Mais Dieu, je lui parle beaucoup. J’ai vécu deux pèlerinages à Lourdes, (les enfants étaient déjà grands). J’ai très peu voyagé. Non, je n’aimais pas voyager. »

« Tous les lundis, mon fils me demande : « Tu as été à la messe ? » Mais j’oublie que c’est dimanche, les jours sont tous les mêmes, on ne sait plus quel jour on vit. »

« Et les amis ? vous savez, on n’a plus beaucoup d’amis à cet âge. Je me donne encore deux ans à vivre. Ma mère est morte aux Tilleuls à 102 ans, après deux jours de maladie. Elle avait fait une belle mort ; ici, je vais faire comme elle. »

* Il s’agissait des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy qui s’occupaient à cette époque des soins et de la gestion au Home.

Arbuste en fleurs, parc du home Les Tilleuls.

En quête de sens ?

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud | Photos : cath.ch, Pixino

Peut-être êtes-vous parmi le grand nombre de personnes en recherche de ce qui peut donner du goût à l’existence et, si possible, une joie profonde. Ou avez-vous des proches, des collègues dans cette situation…

La vie actuelle nous propose à la fois de multiples opportunités, mais également « des pièges ». A mes yeux, un des premiers et des plus redoutables de ceux-ci est la confusion entre ce qui est de l’ordre des besoins et ce qui relève du désir, compris comme élan de vie. Les besoins fondamentaux sont assez vite identifiables : être en bonne santé, avoir un toit, se nourrir, se sentir en sécurité. Malheureusement, un pourcentage important de la population ne peut déjà pas les satisfaire. Etre attentif à autrui et se faire proche de celui qui souffre peut être un chemin d’humanisation mutuelle.

La manière de répondre à ces besoins peut être très variée et relève de sa propre culture. Les multiples messages qui nous parviennent par tous les canaux cherchent à nous influencer et à nous attirer vers certains produits. Nous sommes très, trop sollicités et tout va en s’accélérant. De plus, il y a une tendance à faire croire que des objets et des styles de consommation seront des réponses adéquates aux désirs profonds comme l’amour, l’amitié, la reconnaissance, la réalisation de soi…

Aussi je suggère de prendre du recul, d’être au calme, de ralentir pour s’offrir les conditions d’être à l’écoute de ses aspirations profondes et de ses valeurs essentielles. Le silence, la méditation, le dialogue et la prière sont des atouts essentiels pour « désensabler » notre source intérieure et pour rencontrer Celui qui désire nouer une alliance avec nous. Il nous accompagne dans notre recherche de nos dons propres que nous pouvons partager. Tout en étant attentif aux besoins de base, Jésus nous ouvre un horizon de vie pour combler nos désirs profonds. Nous laisserons-nous bousculer et inspirer par l’Esprit Saint pour vivre chacune et chacun notre vocation spécifique ?

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