Des journées catéchétiques

Photos : DR

Comme la loi cantonale le promeut, ces journées d’ouverture à la foi chrétienne sont proposées dans les écoles publiques de notre secteur paroissial de la 3H à la 8H au fil de l’année. Elles sont facultatives et l’on demande expressément aux parents qu’ils se prononcent sur la participation de leur enfant à ces journées. 

Ces « Journées » se présentent le plus souvent sous la forme de demi-journées animées par une équipe de catéchistes professionnels soutenus par quelques précieuses bénévoles.

Le passage à vide vécu durant la pandémie a permis à l’équipe de responsables de reprendre le programme à nouveaux frais. Des aménagements et des raffraichissements ont ainsi pu être apportés au cours de ces années durant lesquelles le programme complet était intenable.

Actuellement, parmis les multiples thèmes abordés, on trouve notamment une approche du mystère de l’eucharistie, l’importance de la lumière au sens large en lien par exemple avec les vitraux, le rapport à la personne âgée. On propose une séquence intitulée « prier Jésus avec Marie » où les enfants confectionnent un petit dizenier, une approche du Carême en lien avec des projets Nord-Sud et une réflexion éthique, et pour les plus grands des thèmes comme le témoignage et l’engagement chrétien ou le dialogue interreligieux sont proposés.

Caté-connecté

Le thème central (pp. 16 et 17) s’intitule « Caté connecté » et il traite de l’emploi des nouvelles technologies dans le domaine de la transmission de la foi. Quant à nous, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes engagées en Eglise et qui ont recours à ces nouveaux moyens de communication.

Entretien avec l’abbé Vincent Lafargue

Rencontre tout d’abord avec l’abbé Vincent Lafargue : actuellement aumônier à l’hôpital de Rennaz (80 %), auxiliaire pour le secteur paroissial d’Aigle (20 %), il est en outre très présent sur la « Toile » par un blog ou encore sur des réseaux sociaux.

Cher Vincent, comment cela a-t-il débuté chez toi ? 
J’ai commencé par tenir un « blog » pour répondre aux personnes qui me demandaient un texte de mes homélies dominicales. Puis j’ai élargi l’offre en y faisant figurer des enregistrements audios de mes homélies. 

Et ensuite tu t’es investi dans les réseaux sociaux qui se développaient, avec par exemple Facebook ? 
Facebook c’est une table géante de bistrot qui permet de toucher beaucoup de personnes, mais ce réseau comporte des pièges : il y a un côté voyeurisme pour celui qui consulte et un côté exhibitionniste pour celui qui affiche des photos, sans compter qu’il est « chronophage » et dévore beaucoup de temps. J’ai moi-même constaté et vécu en partie ces dérives ; j’ai donc pris pendant quelque temps mes distances avec Facebook ; puis j’y suis revenu mais en m’imposant des limites. 

Tu comptes en outre un réseau d’abonnés sur Twitter ! 
Oui, en cela je me suis inspiré de Mgr Giraud, évêque alors de Soissons. Actuellement, pour chaque jour, je relève un verset ou un passage des lectures bibliques de la messe du jour, je le commente dans un petit message de 30 secondes.

Et puis avec la période du Covid et du confinement, tu t’es engagé dans Youtube ! 
Avec l’équipe pastorale d’Aigle, nous avons produit des « capsules vidéos » de messes et de diverses prières (offices liturgiques, chapelets, chemins de croix). Actuellement je poste surtout des vidéos d’une minute de méditations bibliques.

Peux-tu, à ce sujet, nous citer une ou deux anecdotes ? 
Une fois, une personne habitant Jérusalem m’a contacté. Elle m’a confié que chaque dimanche soir, elle écoutait mon homélie dominicale ! 

Ou encore, j’ai reçu un jour un appel depuis le Québec : d’une paroisse, qui ne bénéficie que de manière occasionnelle d’une messe le dimanche. Celle-ci a décidé de se réunir quand même chaque dimanche à l’église paroissiale, et en l’absence de messes, elle écoute mes homélies ! 

En conclusion
De par ma présence sur ces différents réseaux sociaux, je compte environ 5’000 abonnés, ou plutôt devrais-je dire, je gère une paroisse (virtuelle) de 5’000 paroissiens ! Mais ce n’est pas pour me vanter. Ma motivation première c’est de prêcher l’Evangile, la Parole de Dieu qui est trop souvent, hélas, méconnue, c’est d’annoncer Jésus ! 

Aux personnes intéressées à « suivre » Vincent Lafargue : 

• sur Facebook : https://www.facebook.com/vincentjlafargue

• sur X (anciennement appelé Twitter) : https://twitter.com/VincentLafargue

• sur Youtube : https://www.youtube.com/@serviteurquelconque

• sur le blog internet : https://serviteurquelconque.ch

Témoignage de Nathalie Martenet

Pour ce second volet sur l’usage des nouvelles technologies, sur l’emploi de différentes applications de communication en réseau sur smartphone ou sur ordinateur, nous recueillons le témoignage de Nathalie Martenet, paroissienne de Vionnaz.

Texte et témoignage par Nathalie Martenet
Photo : Stéphanie Reumont

Connectée à l’Eglise
Après avoir suivi le parcours Alpha, j’ai senti un besoin de mettre un peu de Dieu au cœur de ma vie, chaque jour. J’avais envie que sa Parole accompagne et inspire mes journées et pas seulement
le dimanche ! 

Un ami m’a recommandé une application qui diffuse chaque matin une méditation en lien avec les lectures du jour et qui est disponible tout au long de la journée. C’est un moment de détente, de ressourcement, de prière, qui nourrit ma foi au quotidien. 

Le dimanche, j’apprécie aussi beaucoup de pouvoir profiter de
plusieurs homélies publiées par des prêtres sur les réseaux soc-iaux. C’est très enrichissant d’entendre ou de lire des éclairages de différents points de vue, les manières variées d’aborder un même texte. 

Bien que ces technologies soient un excellent moyen de vivifier notre foi, elles ne remplacent pas une célébration vécue en communauté, les moments partagés avant et après la messe. 

Pour moi, cela reste néanmoins une belle alternative pour vivre chaque jour en présence de notre Dieu d’amour ! 

Connexion par encycliques

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

A l’époque de l’Eglise primitive, c’est par des lettres faisant le tour de la Méditerranée que Paul et ses collaborateurs restaient constamment en contact à distance avec les communautés qu’ils avaient plantées. C’est par ces « circulaires », selon le sens étymologique du terme grec « en-cyclique », « faire le tour », que l’apôtre des nations traitait les problèmes en cours, afin de vivre la fidélité au Fils du Père.

Les en-têtes de plusieurs épîtres en conservent la trace explicite. Ainsi le début de la lettre aux Philippiens : « Paul et Timothée, serviteurs du Christ Jésus, à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippe, avec leurs épiscopes et leurs diacres. A vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ. »

Certes, la connexion ainsi établie était moins immédiate que de nos jours avec le web. Mais elle était véritablement efficace. Preuve en soit le fait que certaines épîtres, telle la deuxième aux Corinthiens, semblent être constituées de la compilation de plusieurs lettres, envoyées à différentes occasions. 

Le ton change entre la célébration de la réconciliation dans les chapitres 1 à 9 et la vigoureuse et sévère admonestation des chapitres 10 à 13, s’en prenant au tort fait à l’Eglise par de faux apôtres (2, 1-11).

D’une communauté à l’autre

Cela montre bien que la circulation fonctionnait, que le treizième apôtre recevait régulièrement des nouvelles, y compris lui faisant part de la détérioration de la situation. Ces missives pauliniennes étaient ensuite transmises largement d’une communauté à l’autre, de manière à leur permettre de régler des problèmes similaires, comme celui de la consommation des viandes sacrifiées aux idoles
(voir 1 Corinthiens 8-10).

Les Papes continuent de nos jours d’adresser des encycliques, non seulement à l’Eglise catholique, mais à tous les hommes et femmes de bonne volonté. Et comme Paul en Philippiens 1, 1, ils ne se contentent pas comme destinataires de leurs frères dans l’épiscopat : ils élargissent le spectre de leurs interlocuteurs à l’ensemble des baptisés (les « saints »). La synodalité était déjà bien en marche.

Jeux, jeunes et humour – octobre 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Quel est le « boulot » des anges gardiens ?
L’essentiel de leur vocation consiste à contempler Dieu et chanter sa louange, non sans lien avec la mission de l’Eglise. Dans la Bible, ils ont le rôle d’envoyés. Chacun a, à ses côtés, un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à Dieu. Ne l’oublions pas lorsqu’on les fête le 2 octobre.

par Pascal Ortelli

Humour

Une patrouille de police est intriguée par une voiture qui zigzague dangereusement. Parvenu à la hauteur du véhicule, le gendarme fait signe au conducteur de se rabattre sur le côté.
– Bonjour Monsieur, est-ce que vous auriez abusé de la dive bouteille ?
– Deux ou trois verres, mais pas grand-chose. 
– Je me vois obligé de vous demander de souffler dans le ballon.
Le conducteur s’exécute, mais commence par enlever ses lunettes.
– Je ne vous ai pas demandé d’ôter vos lunettes, Monsieur, mais de souffler dans l’alcootest.
– Vous savez, Monsieur l’agent, deux verres en moins, ça compte !

par Calixte Dubosson

Une formation, une aventure…

De g. à dr., Ariane Bender (MS), Charlenne Giroud, Marie Michellod, Angela Bellicoso-Luyet, Mélanie Darbellay, Viviane Gay-des-Combes, Marie-Claire Gay-des-Combes (MS), Maryline Rouiller (MS), Michèle Godfraind et Simon Roduit, curé mandant.

Par Pascal Tornay | Photo : DR

Une formation est toujours un défi, c’est aussi une chance et pas seulement pour les personnes en question. En effet, quelle formidable aubaine pour notre Secteur pastoral de Martigny d’avoir une si belle volée de personnes en formation ! Un beau signe pour l’avenir de notre paroisse et de nos communautés ! 

Six femmes ont donc accepté d’entreprendre la Formation Théodule qui se tiendra sur trois ans et qui leur ouvrira la possibilité, sur mandat de l’évêque, de travailler dans un des divers domaines de la pastorale paroissiale.

Il s’agit de Charlenne Giroud, Marie Michellod, Angela Bellicoso-Luyet, Mélanie Darbellay, Viviane Gay-des-Combes et Michèle Godfraind. Chacune est accompagnée par une maîtresse de stage (MS) qui l’appuyera au niveau des aspects pratiques de la formation. 

L’équipe pastorale leur souhaite une belle traversée avec au cœur la joie des découvertes, l’ouverture à la nouveauté et le courage à toute épreuve !

Reflets de la fête paroissiale de la rentrée à Cheyres

Le chœur d’ensemble réunissant toutes les chorales de la paroisse et une partie de l’assemblée.

Une seule messe a été célébrée dimanche 17 septembre pour toute la paroisse Saint-Laurent Estavayer et ce n’était pas dans une église, mais dans le cadre inhabituel de la grande salle communale de Cheyres. Motif : l’équipe pastorale y conviait toutes les communautés paroissiales à une fête de la rentrée. Messe, mais aussi agape et partie conviviale étaient au programme. La fréquentation fut à la hauteur de l’attente puisque ce sont environ 400 personnes qui sont venues se recueillir dans cette « cathédrale d’un moment ».

Par Claude Jenny 
Photos : André Bise

La messe a été présidée par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur, assisté de l’abbé Bernard Alassani et du diacre Jean-Pierre Cantin et de nombreux servants. Une place importante a été accordée au chant, assuré pour la circonstance par une chorale géante formée de tous les chœurs de la paroisse. La chorale d’enfants « Clé de vie » est venue compléter cet apport musical. Pour la circonstance, toute la salle avait été décorée de superbes créations artistiques réalisées durant les heures de catéchèse dans toutes les classes de la paroisse.

L’eau du puits

A côté de l’autel avait été posé un puits en lien avec l’Evangile du jour de la rencontre de Jésus avec la samaritaine. Cette soif d’eau de vie, mais aussi d’amour fraternel – qui est d’ailleurs le fil rouge chosi par l’équipe pastorale pour cette année – a tout naturellement été au cœur de l’homélie de l’abbé Darius. Et de l’eau fut ensuite versée dans ce puits à l’appel des personnes actives dans tous les groupes spécialisés de la paroisse : lecteurs, catéchistes, sacristains, visiteurs, etc.

Message épiscopal

Un lien avec les sombres révélations concernant les abus  sexuels qui ont frappé récemment l’Eglise catholique ne pouvait guère être évité. Il prit la forme d’une intention de prière et d’un message pastoral rédigé par ses collaborateurs à la demande de l’évêque du diocèse, Mgr Morerod, en convalescence depuis mi-septembre suite à une opération urgente (ce texte peut être consulté sur le site www.diocese-lgf.ch).

Une initiative à renouveler

La Staviacoise Ra–chel Jeanmonod a été félicitée pour la récente obtention de son diplôme d’animatrice pastorale au terme de trois années de formation. Le salut du Conseil de paroisse a été apporté par Alexandre Bersier, vice-président, qui convia l’assemblée à poursuivre ce temps de partage autour d’un apéritif et d’une soupe de chalet ! Coordinateur de cette journée au sein de l’équipe pastorale, le Cheyrois Gérard Dévaud s’est dit enchanté par le succès rencontré par cette initiative de « messe et fête de la rentrée », qui pourrait donc se répéter l’année prochaine dans une autre communauté paroissiale.

Cui-cui!

Chaque mois, François enregistre une vidéo imageant la Prière du Pape.

Par Thierry Schelling | Photo : flickr

C’était le 12 décembre 2012 : Benoît XVI se plie à la mode du tweet et envoie le premier ! Depuis, son successeur l’utilise abondamment pour des prières et pensées jaculatoires, accompagnant la vie du monde et de l’Eglise.

Il n’empêche, pour un Pape qui dit n’avoir ni radio ni TV, user des smartphones et autre technique de communication ultramoderne, est une autre façon d’évangéliser, en en rappelant les limites !

Coin-coin !

En avril 2023, à Budapest, François exhorte les jeunes à ne « pas se contenter d’un téléphone portable et de quelques amis » (« c’est un peu débile ! » dit-il carrément !) ; il répète que « la vie est réelle, pas virtuelle. Elle ne se passe pas sur un écran, la vie se passe dans le monde ! » Le face à face de la vraie rencontre entre quatre yeux est indispensable pour construire sa propre vie… 

Coucou !

Chaque mois, François enregistre en espagnol une vidéo imageant la Prière du Pape. Il a d’ailleurs recours à ces messages audio plutôt qu’écrits pour lancer un Buongiorno ! à mille et un groupements humains et/ou d’Eglise, pour leur dire deux-trois mots. Sans compter les nombreuses interviews à toutes sortes de journaux de langues diverses…

Evidemment, le Saint-Siège a entériné l’usage des nouveaux moyens de communication dans sa promotion de la catéchèse, comme le souligne le dernier Directoire de la Catéchèse (2020), livre d’orientations générales de la catéchèse catholique qui en est à sa troisième édition (après 1971 et 1997). Il y est rappelé que le but de la catéchèse est la mise en relation, en communion, avec Jésus-Christ… Et tous les moyens sont bons !

Un irrépressible appel

Anne-Isabelle Lacassagne est venue à Genève pour l’avant-première du film Magnificat.

Le film Magnificat, sorti récemment en salle, interroge avec respect et délicatesse sur la place des femmes dans l’Eglise d’aujourd’hui. Entretien avec Anne-Isabelle Lacassagne, auteure du livre qui a inspiré le long-métrage.

Par Myriam Bettens
Photos : Silvana Bassetti, Myriam Bettens

Quelle est, selon vous, la place des femmes dans l’Eglise d’aujourd’hui ?
La place des femmes est essentielle. Sans elles, il n’y aurait pas grand-chose dans l’Eglise, car elles accomplissent la majeure partie du travail de base. Autant dans la transmission de la foi, que l’entretien des paroisses, ou encore la pastorale de la santé. Tout le fonctionnement quotidien de l’Eglise est effectué par des femmes. Par contre, au niveau des postes de direction, c’est le désert ! Pourtant, beaucoup d’entre elles sont formées et capables d’assumer ce type de postes. A cause de la distinction fondamentale de statut qui existe entre les prêtres et les femmes, et que l’on perpétue, ces dernières s’autocensurent.

Pourquoi les femmes en Eglise s’autocensurent-elles ?
Il y a l’idée, encore très ancrée, qu’elles ne vont pas faire le poids. Elles ne s’autorisent donc pas à dire ou faire les choses et n’osent pas non plus contredire la parole du prêtre. Tout mon combat concerne le fait d’avoir un vrai langage de vérité avec eux, mais toujours empreint de bienveillance et d’amour. Ils sont reconnaissants lorsqu’on leur parle vraiment, car eux-mêmes sont coincés dans un rôle qui les rend extrêmement solitaires.

Vous déplorez également que la voix d’une femme a toujours moins de poids que celle d’un prêtre…
Oui, c’est malheureusement encore vrai. Simplement parce que l’on considère que le sacrement a plus de valeur. Cela va même plus loin que ça. Beaucoup de femmes considèrent encore les prêtres au-dessus, avec pour corollaire l’idée qu’il est impossible de s’exprimer sur un pied d’égalité. Une femme peut faire toutes les études de théologie qu’elle veut, on ne l’écoute pas. Et ce mode de fonctionnement est malheureusement ancré très profondément.

Malgré ces obstacles, les femmes demeurent indispensables à la bonne marche de l’Eglise. Si elles se mettaient en grève, l’Eglise s’en relèverait-elle ?
L’Eglise serait à genoux ! Cela fait des années que je leur chuchote de se mettre en grève… Cela leur permettrait de prendre enfin conscience de tout ce qu’elles accomplissent. L’Eglise ne peut fonctionner sans les femmes. Malheureusement, aujourd’hui, elles accomplissent la plupart des tâches, mais sans en avoir la reconnaissance.

Vous esquissez un tableau peu enviable de la place des femmes en Eglise. L’est-elle plus en Suisse ?
Il y a une différence énorme entre la Suisse et la France. Du fait de la présence des Eglises protestantes, il y a plus de latitude pour dire les choses ainsi que des points de comparaison. L’image des femmes pasteurs, partageant leurs points de vue avec liberté, utilisant pleinement leurs compétences et qui sont appréciées à leur juste valeur fait une grande différence. Il y a vraiment une question d’image revalorisante, sans laquelle on ne s’autorise pas à penser que les choses puissent être différentes.

Qu’espérez-vous avec la sortie du film Magnificat ?
Que les gens puissent se dire, en regardant une femme, qu’elle est tout aussi capable que ses homologues masculins et surtout de lui donner les possibilités de le faire. Raconter une histoire permet d’utiliser l’imaginaire. Cela parle aux sentiments et ouvre bien souvent des portes qui jusqu’alors semblaient verrouillées. 

Des femmes en noir

« J’ai commencé à écrire ce livre au moment de l’élection du pape François. On vérifie toujours que le futur Pape soit bien un homme. Cela m’a fait rire. En même temps, au-delà de la vocation, je me suis questionnée sur la vocation féminine et sa place au sein de l’Eglise et, de manière plus vaste, ce que cela signifie de croire », détaille Anne-Isabelle Lacassagne concernant son livre, Des femmes en noir, publié en 2016 aux Editions du Rouergue, qui a inspiré le film. Elle écrit depuis longtemps des livres pour enfants publiés chez Bayard et après avoir travaillé dans un évêché, au service de la catéchèse, elle se tourne vers des textes religieux.

Le film Magnificat a été projeté en avant-première à Genève, en juin dernier, dans le cadre du festival « Il est une foi » de l’Eglise catholique à Genève (ECR).

Marie, Mère des pèlerins de la terre

Texte et photo par Marion Perraudin

Marie, Mère des pèlerins de la terre,
Tu guides nos pas, 
Sur notre chemin de vie.
Toi la Mère attentive aux besoins de tes enfants,
Tu veilles sur nous, comme tu veillais sur ton Enfant

Marie, Mère des pèlerins de la terre,
Tu es notre boussole,
Lorsque nous traversons brouillards et tempêtes
Toi la Mère qui soutient tes enfants dans l’épreuve
Toi qui as connu la douleur et les larmes,
Au pied de la Croix de ton Fils.

Marie, Mère des pèlerins de la terre,
Tu nous apprends à déposer,
Le collier de nos perles de joie,
Le poids de nos fardeaux à tes pieds.
Pour que toi, la Mère à l’écoute de nos prières
Tu les remettes dans le cœur de ton Fils 

Marie, Mère des pèlerins de la terre,
Tu es la première de notre cordée
Dans notre ascension vers le Sommet,
Toi la Mère qui invite à lever notre regard vers le Haut,
Tu es celle qui nous conduit à ton Fils

Marie, Mère des pèlerins de la terre,
Toi le premier tabernacle,
Toi notre Mère, la femme Eucharistique
Tu apprends à ouvrir notre cœur et notre vie
Pour accueillir Ton Fils, le Pain Vivant
Et à le laisser vivre et grandir en nous.

Eglise de Rueyres-les-Prés: une rénovation exemplaire

Les responsables qui ont suivi la réalisation de ce chantier. De gauche à droite, Alexandre Duc, président de paroisse ; Mireille Duc, répondante pour la communauté de Notre-Dame des Flots ; Béatrice Clavel, restauratrice d’art, qui a conduit ce chantier ; Dominique Chassot, chargé du suivi de chantier pour le Conseil de paroisse et Marie-Luce Jaquier, collaboratrice du Service des biens culturels de l’Etat de Fribourg.

Si elle n’attire pas le regard de l’extérieur, l’église de Rueyres-les-Prés mérite à coup sûr que l’on franchisse sa porte d’entrée, car la rénovation complète qui a été effectuée ces derniers mois est jugée comme étant exemplaire. Et c’est vrai que désormais, cette église, à l’intérieur, est d’une beauté rare qui mérite une visite !

Par Claude Jenny
Photos : Raphaël Roulin

Lors de la présentation organisée jeudi dernier à l’intention des maîtres d’Etat et de la presse, les spécialistes n’ont pas ménagé les superlatifs pour dire que cette rénovation peut être qualifiée de parfaite. Il est vrai que tout a été fait dans les règles de l’art pour que cette église retrouve le cachet que lui avait donné l’architecte Fernand Dumas lors d’une rénovation dans les années trente. Presque un siècle plus tard, elle retrouve ainsi tout son lustre en respectant toutes les richesses artistiques voulues par cet architecte qui a mis son sceau sur de nombreuses églises de la région.

Au départ, la volonté du Conseil de paroisse était juste d’améliorer la luminosité dans l’église. On pensait alors naturellement recourir à de la peinture blanche ! Mais les spécialistes ont conseillé une autre piste visant à redonner toute son authenticité à ce lieu saint. La communauté paroissiale a été consultée et a souscrit à cette idée. « Nous avions besoin de cet accord des principaux concernés » relève Dominique Chassot, responsable du suivi de ce chantier pour la paroisse. Le Conseil paroissial a suivi et voté un crédit d’investissement de 175’000 francs. 

« Un chantier magnifique »

« Ce fut un chantier magnifique à réaliser et tous les maîtres d’Etat y ont œuvré avec plaisir et compétence. Cette rénovation est exemplaire car elle met désormais en valeur tous les éléments voulus par Dumas avec une belle unité » relève Béatrice Clavel, restauratrice d’art qui a conduit ce chantier pour le compte de l’Atelier de conservation et restauration d’art Olivier Guyot. Une restauration que Marie-Luce Jaquier, collaboratrice spécialisée du Service des biens culturels de l’Etat de Fribourg qualifie « d’exemplaire ». « C’est vraiment une belle réussite à citer en exemple et il faut saluer la décision du Conseil de paroisse d’avoir osé suivre cette option » ajoute-t-elle.

Une restauration complète

Rien n’est plus comme avant ! Les soubassements ont été refaits, toutes les peintures valorisées en respectant pas moins de 12 teintes d’origine – y compris des colorations inhabituelles dans un tel lieu, les statues restaurées également dans le strict respect des couleurs, les vitraux remis en état, le chemin de croix remis en valeur, etc. Un chantier conséquent qui a été mené dans le délai imparti et en conformité avec le budget prévu. Alexandre Duc, président de paroisse, a adressé de vifs remerciements à tous les maîtres d’Etat qui ont œuvré sur ce chantier et qui n’ont pas ménagé leur peine et ont fait étalage de leur savoir professionnel.  

Les artisans de cette rénovation ont même trouvé dans les combles une statue de Jésus qui n’était pas exposée dans l’église. Ce qui fait dire malicieusement à Mme Clavel que « même Jésus est revenu avec ce chantier… ». Et l’abbé Bernard, venu en voisin, d’ajouter : « maintenant il faut juste que les paroissiens soient plus nombreux dans une si belle église ! » Mais même si vous n’êtes pas des habitués des célébrations à Rueyres, n’hésitez pas à vous y rendre pour le bonheur d’un beau moment de découverte d’une église désormais hors du commun !

Les spécialistes et maîtres d’Etat suivants ont participé à cette rénovation :

– Béatrice Clavel – architecte ;

– Atelier Guyot Olivier – Conservation restauration d’art ;

– Marie Luce Jaquier – Service des biens culturels de l’Etat de Fribourg ;

– Dénériaz SA – gros œuvre maçonnerie ;

– Bugnon – échafaudages ;

– Benjamin Giacomotti – électricité ;

– Nago Peinture – plâtrerie peinture ; 

– Roulin Menuiserie – menuiserie intérieure ;

– Pascal Moret – conservation des vitraux ; 

– Huguet Services – nettoyage fin de chantier

Mosaïque de saint Martin, Marguerite Naville, église Saint-Martin, Lutry

Le vêtement appartenait à l’armée, mais l’officier pouvait ajouter une doublure. C’est cette partie que Martin donne.

Par Amandine Beffa | Photo: Jean-Claude Gadmer

L’église est une des grandes créations du groupe Saint-Luc. Elle a été pensée comme une « œuvre d’art total ». 

Dans le chœur se trouve une mosaïque de Marguerite Naville. A l’instar de la grande majorité des œuvres d’art qui lui sont dédiées, saint Martin est représenté partageant son manteau. C’est en effet l’épisode que nous retenons généralement de sa vie. Il a pourtant évangélisé une partie de la Gaule et fait partie des pères du monachisme occidental. Il est aussi réputé pour avoir réalisé de nombreux miracles, ramenant même à la vie un frère décédé.

Son père est tribun militaire (officier supérieur). Le prénom Martin signifie « voué à Mars », (le dieu romain de la guerre). Pourtant, sa vie amène l’Orient à l’appeler saint Martin le Miséricordieux. 

Enfant, Martin fréquente des chrétiens de son âge et il se convertit à leurs côtés. Il ne choisit pas son métier, il semble que les fils d’officiers n’avaient pas d’autre choix que de suivre les traces de leur père. Il s’engage contre son gré à l’âge de 15 ans. 

Un soir d’hiver, alors que Martin n’a que 18 ans, il rencontre un homme nu dans les rues d’Amiens. Ayant déjà partagé tout ce qu’il pouvait, il tranche la doublure de son manteau. Le vêtement appartenait à l’armée, mais l’officier pouvait, s’il le souhaitait, ajouter une doublure plus chaude à ses frais. C’est cette partie que Martin donne. Il donne ainsi ce qu’il a payé lui-même, ce qu’il a ajouté, tout ce qui vient de lui. C’est aussi une façon pour lui d’utiliser toute la liberté que ses obligations militaires lui offrent. Exercer par obéissance un métier contraire à sa foi ne l’empêche pas de vivre selon ses valeurs.

Martin est perçu comme saint aux yeux de ses contemporains. On dit que le manteau, appelé capella en latin (chapelle) a été conservé comme relique. Il était gardé dans un bâtiment construit à cet effet. Des hommes appelés chapelains étaient chargés de veiller dessus. C’est l’origine des mots que nous utilisons aujourd’hui.

Connectés? ça c’est fait!

Par le frère Pierre de Marolles op
Photo : DR

J’ai vécu la crise du Covid-19 alors que j’étais encore vicaire de la Mission catholique de langue française de Zurich. Comme partout ailleurs pendant quelques mois, tous rassemblements paroissiaux étaient interdits y compris les messes dominicales. Je me rappelle être allé voir mon curé en lui disant : « On fait quoi ? On ne peut quand même pas ne rien faire ! » Une solution s’est aussitôt imposée : internet. Proposer des vidéos sur Youtube, faire des réunions virtuelles sur Zoom, inviter à suivre une formation en ligne… 

Le plus fascinant pour moi fut de voir à quel point nous étions en fait déjà prêts pour cela ! En 2019-2020 Internet était déjà un incontournable de nos vies paroissiales comme de nos vies tout court. J’avais moi-même déjà une chaîne Youtube. Il a suffi de l’utiliser pour poster chaque dimanche une homélie sous la forme d’une courte vidéo, diffusé sur la mailinglist de la paroisse elle aussi déjà fonctionnelle depuis plusieurs années. D’ailleurs il n’était pas nécessaire de filmer plus qu’une simple prédication car de nombreuses messes en direct étaient déjà accessibles sur le net. 

Je me souviens avoir fait un message résumant les « ressources pour vivre sa foi en ligne » et avoir découvert à cette occasion combien de choses existaient déjà : les sites des dominicains (Retraite dans la ville, Théodom, Théobulle), le MOOC (Massive Online Open Cours) du collège des Bernadins pour les catéchistes, les cours de cath.ch, les podcast du Padreblog, etc. 

D’ailleurs même une fois libéré de la pandémie et ayant déménagé en Belgique puis à Genève, pas mal de préparation au mariage ou au baptême et même d’accompagnement spirituel ont dû se poursuivre « en visio ». Pourtant j’y ai mis une limite : je ne commence jamais un accompagnement de cette manière, il faut se voir « en vrai » au moins pour une première rencontre. Ce n’est sans doute là que le début d’une réflexion critique que nous aurons tous à mener dans les années qui viennent sur cette « solution miracle » pour continuer d’évangéliser aux jours du tout numérique.

Vérène Marmy: presque 50 ans au service de la paroisse

L’engagement de Vérène Marmy au service de la paroisse commença en 1974 en participant au Conseil de paroisse de Bussy. Ensuite, elle a tenu plusieurs fonctions : conseillère, secrétaire et boursière, concierge de l’église, fleuriste, etc. Depuis 2007, elle fonctionne comme sacristine à Bussy.

Par Bernadette von Niederhäusern
Photo : LDD 

Avec plaisir, elle accueille le prêtre et les acteurs de la cérémonie. Elle a beaucoup aimé le contact avec les gens. Habitant non loin de l’église, elle a toujours été disponible pour les célébrations. C’est rare qu’on ait dû la remplacer. Elle appréciait ce travail pour la communauté. Après quelques soucis de santé, elle a rendu momentanément son permis de conduire. Aimant son indépendance, elle a décidé d’aller habiter à Payerne près de toutes les commodités. 

Merci à Vérène Marmy pour tout le temps qu’elle a donné à la paroisse. Nous lui souhaitons plein de joie dans cette nouvelle étape de vie.

Où sont les jeunes dans l’Eglise?

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Jurassienne Elisa Freléchoux. 

Par Elisa Freléchoux
Photo : DR

Où sont les jeunes dans l’Eglise ?

C’est une question que l’on entend souvent et qu’on s’est peut-être même posée nous-mêmes. 

Eh bien, cet été, les jeunes étaient à Lisbonne pour vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), qui sont un des plus grands rassemblements de jeunes au monde. C’était l’occasion, pendant une semaine, de découvrir une ville, de faire des rencontres et de vivre des moments spirituels inoubliables. Mais concrètement, qu’a-t-on fait aux JMJ ? Tout d’abord, les journées étaient composées de deux moments principaux, le rise up le matin et aller à Lisbonne l’après-midi (eh oui, car on ne loge pas tous dans la ville !). 

Le rise up était un moment de catéchèse durant lequel on abordait des thèmes chers au pape François comme l’écologie intégrale ou l’amitié sociale. Après ces moments d’échange et de réflexion venait la messe. Durant l’après-midi, nous profitions du beau temps pour nous balader dans la ville, aller à la cité de la joie, mais surtout aller assister à des rassemblements dans le parc Edouardo VII comme la messe d’ouverture ou le Chemin de croix. C’était l’occasion de nous mêler à la foule, de rencontrer des jeunes de tous les continents et de vivre des moments riches en émotions. 

Alors qu’est-ce que ça apporte de vivre tout ça ? Déjà, ça permet de voir que les jeunes sont encore très présents au sein de l’Eglise, de sentir qu’on fait partie d’une immense communauté et surtout, d’en être fiers ! De plus, cela vient enrichir la foi à travers les expériences, les rencontres et les discussions vécues. 

Au bout du compte, surtout lors de la veillée finale, participer aux JMJ, c’est l’occasion de quitter son petit confort personnel pour passer un moment hors du temps, d’être témoin de la gentillesse et de la bienveillance des gens, même lorsqu’on ne les connaît pas et de participer à de nombreuses célébrations en présence du Pape et de 1,5 million d’autres jeunes. 

Alors finalement, pour reprendre les thèmes de ces JMJ, levons-nous et n’ayons pas peur !

Université de la solidarité et de la diaconie 2023

Par Nicolas Blanc, Centre Catholique Romand de Formations en Église et Pascal Tornay, Service diocésain de Diaconie

Chères amies, Chers amis,

C’est dans des groupes de partage réunissant notamment des personnes vivant dans la précarité que le thème de la prochaine Université de la solidarité et de la diaconie a été forgé. Cela nous tenait à cœur de partir de la réflexion des plus pauvres d’entre nous pour envisager une thématique qui puisse transformer nos regards et nos actions.

Après avoir dû reporter la tenue de cet évènement, nous sommes aujourd’hui à pied d’œuvre. Nous vous convions à y participer et espérons de tout cœur vous y rencontrer pour vivre un temps de fraternité et de convivialité. Cette 2e édition aura lieu dans les locaux de la Haute Ecole de travail social (HETSL) et dans ceux de la paroisse Saint-Etienne, samedi 18 et dimanche 19 novembre 2023 à Lausanne.

L’Université de la solidarité et de la diaconie est un événement qui rassemblera des personnes venues de toute la Suisse romande. Nous souhaitons nous réunir à l’écoute de la Parole de Dieu et de ce qu’elle suscite au cœur de chacune et de chacun. Les personnes en situation de précarité, les agents pastoraux, les séminaristes et les agents pastoraux laïcs en formation, les paroissiens et les bénévoles sont ainsi invités à entrer en dialogue, à écouter les témoignages des uns et des autres et à ouvrir ensemble les pistes d’une communion au-delà des maux et des mots.

Nous vous invitons à noter dès maintenant ce week-end dans vos agendas pastoraux.

Un papillon avec des informations détaillées ainsi qu’un site internet sont à votre disposition (https://unisolidarite.org). Nous vous remercions d’ores et déjà pour l’attention que vous porterez à cet évènement. 

Avec nos meilleures salutations.

Hommage à Djemal Charni

Par Claire Moullet | Photo : Jean-Luc Cramatte

Djemal Charni a rejoint Notre Dame de Grâce. Cet habitant ayant choisi Cheyres pour son lac, sa nature, sources d’inspiration pour lui, le sculpteur sur pierre ou sur bois.

Une reproduction de la statue de Notre Dame de Grâce, disparue en 1978, lui avait  d’ailleurs été confiée. Une œuvre pleine de sensibilité, en particulier dans les personnages du triptyque relatant les scènes de la Passion, a vu le jour grâce à une simple photo et a été inaugurée en 2002.

Un cadeau de Charni pour notre communauté et un joyau pour notre église.

(Photo tirée d’une plaquette réalisée pour la paroisse de Cheyres)

Je m’en vais comme un pauvre très riche!

Mosaïque visible à l’église de Martigny-Croix avec les insignes de l’Hospice du Simplon, le cœur, l’ancre et la croix.

Par Klaus Sarbach 
Photo : DR

Une valise n’est pas un « outil de départ » mais de déménagement. Elle prend les valeurs les plus importantes pour les utiliser dans un autre endroit. Après 48 ans de service sacerdotal, je dois refaire ma valise. Je me rends compte que je suis un homme très riche. Non de mérites accumulés, mais de cadeaux et d’expériences accueillis.

Ma mère disait : « Mange ce qui est dans ton assiette. » Aujourd’hui, mon « assiette » est très variée : dans 2 pays, 4 langues, 12 paroisses, 3 hospices, sous 5 prévôts et 5 évêques, etc.

Combien de « grains d’or » ai-je pu accueillir et semer dans des cœurs ! L’or, ce sont les dons du Dieu d’amour et des cœurs humains, frères et sœurs, qui partagent ma vie. Partout j’ai reçu des rayons de soleil. Et les « gouttes de pluie » des souffrances et des déceptions ont été essuyées par la main miséricordieuse de Dieu.

Donc, mon cœur déborde d’action de grâce. Le cœur haut-valaisan dit : « Que Dieu vous les rende mille fois ! » C’est en nous laissant guider par son Esprit, nourrir du Corps de Jésus et en cultivant avec nos frères et sœurs le bout du jardin d’espérance qui nous est confié, que même le « vicaire-grand-père » espère pouvoir continuer à servir le troupeau de Jésus comme le sodzi (serviteur d’alpage).

Pour vous exprimer mon MERCI, je dis avec saint Pierre devant le paralysé : « Ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus, marche ! » Malgré le « virus de l’indifférence » qui nous fait mal, marchons avec Jésus. Si chacun partage le légume de son jardin à sa saison, nous sommes bien nourris et nous avancerons dans la confiance dans la cordée de Jésus qu’est l’Eglise de nos jours. Portons-nous dans la prière. Sachez que l’Hospice du Simplon est à 90 minutes de voiture, que sa porte est ouverte 365 jours par an – et celle du cœur même la nuit !

Bienvenue sur le Secteur de Monthey à l’abbé Martin Filipponi

Dès la rentrée de cet automne, nous avons la joie d’accueillir un prêtre, originaire du Haut-Valais, l’abbé Martin Filipponi. Il vient effectuer un stage d’une année sur les paroisses du secteur de Monthey. Nous avons donc voulu faire plus ample connaissance avec lui.

Questions posées par Jean-Michel Moix | Photo : Martin Filipponi

Cher Martin, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Martin Filipponi, je suis prêtre catholique et j’ai 44 ans. J’ai grandi à Gampel. Après l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier à l’HEVs à Viège. J’ai ensuite travaillé au Réseau Hospitalier Valaisan, dans un service médical spécialisé dans les soins palliatifs et l’oncologie. Pendant ce travail, on entre en contact avec les grands thèmes existentiels de la vie. D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi l’être humain souffre-t-il ? Qui est à tes côtés ? Comment Dieu se manifeste-t-il ? C’est à cette époque que ma vocation de prêtre a grandi. Mais il a fallu encore un peu de temps. Dieu a eu beaucoup de patience avec moi. 

Quand as-tu été ordonné prêtre ?
Après des études de théologie et de philosophie à Coire et à Heiligenkreuz près de Vienne, j’ai été ordonné prêtre avec deux autres confrères dans la cathédrale de Coire le 13 mai 2017. C’était beau et un événement spirituel qui est resté profondément gravé dans mon cœur. Le fait que la famille, de nombreux amis et des fidèles du Valais soient venus en bus a été une vraie joie.

Et qu’est-ce qui t’a motivé à devenir prêtre ? Comment s’est dessinée ta vocation à la prêtrise ?
En principe, c’est Dieu qui appelle. L’appel à la prêtrise vient de Lui. La question est de savoir si nous pouvons entendre cet appel et le discerner. Pour cela, il faut aussi des prêtres qui nous accompagnent. Personnellement, il y a eu chez moi plusieurs événements qui se sont conjugués. 

Notre mère nous a initiés à la vie de foi, nous avons prié en famille et dans les groupes de prière.

Un aspect est certainement une expérience personnelle pendant l’adoration eucharistique. A cela s’ajoutent les festivals de jeunesse. Il ne faut pas oublier l’impact de prêtres exemplaires qui ont accompli leur ministère avec joie et dévouement et qui avaient du temps pour nous, les jeunes.

Les prêtres ont souvent des préférences personnelles ou des domaines dans lesquels ils se sentent particulièrement à l’aise. Qu’en est-il de ton côté ?
Je pense que la prière personnelle et la célébration de l’eucharistie sont importantes et belles. Le prêtre doit se tenir devant Dieu, être avec Lui et prier. Et ce qu’il reçoit de Dieu, il faut le mettre en pratique au service des hommes.

D’autre part, je trouve que l’accompagnement spirituel est une belle mission. Pendant mes études de licence, l’abbé Maximilian Heim OCist, m’a demandé de travailler au séminaire en tant que directeur spirituel. Le service consistait entre autres à accompagner spirituellement les candidats au sacerdoce. Aujourd’hui encore, je suis très reconnaissant de cette expérience. 

Finalement, la théologie du corps de Jean-Paul II me fascine et représente une théologie qui souligne la dignité du corps et présente la beauté de l’amour d’une manière holistique. Il y a encore beaucoup d’autres facettes du ministère sacerdotal qui sont belles. La pastorale des malades et la pastorale familiale en font partie. C’est avec plaisir que je donne des catéchèses. Mais pour l’instant, il s’agit d’abord d’approfondir la langue française. 😉

Sacrements de guérison

Texte et photo par Marius Stulz

Croix ancienne de l’église d’Aumont-Aubrac (GR65).

Le thème du journal de ce mois portera sur la trame « médecin et chrétien ».

Il est très étonnant de voir combien les grandes figures du christianisme : la petite Thérèse, Bernadette Soubirous, Bienheureux Frédéric Ozanam, Marthe Robin, saint Damien, saint François d’Assise et même notre sainte Glânoise, Marguerite Bays, ont souvent dû lutter contre des maladies de toutes sortes et ceci malgré leur proximité avérée et leurs liens très étroits avec le Seigneur. Sainte Bernadette de Lourdes a même reçu un message étonnant de Marie : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Maladies, handicaps et souffrances ne sont pas absents de la vie chrétienne.

Et pourtant nous avons reçu deux magnifiques sacrements de guérison : le sacrement de la réconciliation et le sacrement des malades.
A travers eux et par d’autres manières encore, Jésus nous soigne et nous guérit même parfois. Certes, Jésus est notre médecin, il a guéri de nombreux malades, nous pouvons lire de nombreux témoignages dans les Evangiles et il guérit encore aujourd’hui pour le bien de l’Annonce de sa Bonne Nouvelle ; mais surtout, il guérit notre être profond, notre âme ; il guérit notre force intérieure de vie persécutée par le mal auquel nous avons succombé ou que nous subissons. Par le pardon il nous libère des conséquences désastreuses du mal dans nos vies et par le sacrement des malades il nous offre sa force, son Esprit d’Amour qui nous permettra d’affronter toutes les épreuves auxquelles nous sommes appelés à faire face dans nos vies. Grâce à lui et avec lui, nous savons que dans n’importe quelles situations de souffrance, comme pour lui sur la croix, il nous donne son Esprit d’Amour qui nous permettra de transcender la souffrance, de passer au-delà de nos blessures, pour laisser à ce qui est vie en nous prendre la première place, pour mettre au centre la force d’Amour qui nous permettra de tenir debout malgré nos paralysies, nos béquilles, nos tumeurs et nos désespoirs.

L’espérance revivifiée qui n’est autre que le renouvellement de la confiance au Christ, reste le chemin de guérison le plus accessible et le plus efficace pour tous. Il nous guérit intérieurement, nous ouvre aux autres et nous permet d’accueillir l’aide de nos frères dont nous avons besoin, quels que soient leurs charismes et leur spécialisations médicales ou autres.

Bon chemin de guérison à tous, bonne route avec le Christ.

La première place pour Marguerite

Par Françoise Besson | Photo : pexels

« Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » J’avais fini par bien la connaître cette phrase qui revenait souvent quand nous abordions le thème des souvenirs d’enfance. « Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » Il y avait dans cette phrase une forme d’âcreté bien particulière, une âcreté de pamplemousse, presque désagréable, mais fraîche et qui faisait plisser les yeux de Marguerite quand elle la disait, comme lorsqu’on mord un fruit trop acide. 

Cette phrase lui donnait un véritable « coup de jeunesse » en lui faisant remonter au visage une maussaderie d’adolescente. Les mois ont passé, les années peut-être, et Marguerite a de moins en moins fréquenté les discussions de groupe… 

Un jour, dans l’intimité de sa chambre, la jeunesse revient au centre de la discussion. Marguerite se souvient du souhait de ses parents qu’elle aille en Suisse alémanique pour apprendre la langue. Elle raconte le départ de Lancy, l’arrivée à Bâle, la grande maison des hôtes, leur pingrerie, leur froideur hautaine, la dignité blessée de cette toute jeune fille, et l’ennui… l’ennui qui s’installe, qui serre la gorge, coupe l’appétit et empêche de dormir. 

En rentrant du cours d’allemand, un jour, Marguerite n’y tient plus… elle se rend chez la logeuse d’une camarade genevoise plus chanceuse qu’elle et téléphone au bureau de l’entreprise paternelle. La commission sera faite au patron quand il reviendra de livraison. Voilà, c’est dit… Je suis tellement malheureuse ici ! 

Au matin du jour suivant, Marguerite est réveillée par un drôle de bruit, des cailloux, des petits cailloux qui résonnent aux volets de bois… Elle ouvre la fenêtre et voit son père, là dans la cour, souriant et fatigué… Il s’est mis en route dès qu’il a appris les nouvelles de sa fille… Il n’a pas fermé l’œil dans le train entre Genève et Bâle…

Le silence s’installe entre nous, plein, nostalgique et curieusement mêlé de contentement : dans le geste chevaleresque de son père brille une tendresse brute, non taillée, infiniment précieuse… Et toutes ces années plus tard, Marguerite se rend compte que ce matin-là, « il n’y en avait que pour elle… ».

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