Un orage va faire trembler la collégiale!

On souhaite évidemment que Phoebus soit au rendez-vous pour le Festival des Roses des 17 et 18 juin à Estavayer. Demeure que la météo annonce avec certitude un « orage » pour le dimanche sur le coup de 11h! Un événement musical signé par Philippe Marchello.

Par Claude Jenny | Photos: Georges Losey

Pour marquer ses trois décennies aux claviers de l’orgue de la collégiale (lire ce magazine de mars 2023), l’organiste du lieu a décidé de jouer pour la première fois depuis… 13 ans une œuvre magistrale pour orgue solo : « L’Orage », pièce spectaculaire du compositeur Jacques Vogt qui est très rarement jouée. Philippe Marchello a déjà interprétée deux fois – la dernière en 2010 – cette « fête champêtre » et a décidé de récidiver pour marquer son jubilé.

La partition de « L’Orage ».

L’événement est agendé au dimanche 18 juin, juste après la messe dominicale, soit sur le coup de 11h. Cette pièce est impressionnante puisque l’organiste arrive à simuler toutes les composantes d’un orage. D’abord un temps calme sur des notes d’un Lyoba bien fribourgeois, puis l’orage s’annonce, éclate et en jouant des claviers et du pédalier, l’artiste parvient à rendre vivants souffles de vent, éclairs et coups de tonnerre. Une véritable tempête musicale qui va faire trembler la collégiale durant un quart d’heure, après quoi le calme reviendra sur le cœur de la ville.

En vidéo sur grand écran

L’événement sera filmé à la tribune et retransmis en vidéo sur grand écran dans l’église, ce qui permettra d’apprécier toute la gestuelle que doit accomplir l’organiste pour rester fidèle à la partition du compositeur bâlois, qui a été organiste titulaire de la cathédrale de Fribourg et qui épata des célébrités – notamment Franz Liszt et George Sand – en l’interprétant sur le grand orgue de Moser. Voici ce qu’a dit George Sand à l’époque : « L’organiste de la cathédrale fit tant des pieds et des mains, et du coude, et du poignet et je crois, des genoux que nous eûmes un orage complet, pluie, vent, grêle, cris lointains, chiens en détresse, prière du voyageur, désastre dans le chalet, piaulement d’enfants épouvantés, clochettes de vaches perdues, fracas de la foudre, craquement des sapins, dévastation des pommes de terre »…

Le facteur d’orgue est aussi à l’origine de l’orgue staviacois, même s’il a subi une rénovation boîteuse en 1992. « J’aime cette œuvre qui appartient au patrimoine fribourgeois. Ce n’est pas une pièce très difficile, malgré son côté spectaculaire, mais qui nécessite un orgue d’une taille certaine pour rendre tout l’effet du crescendo de la partition, une petite part d’improvisation étant d’ailleurs possible avant que l’œuvre se termine sur l’air du traditionnel « Grand Dieu nous te bénissons ». »

Philippe Marchello prévoit encore d’autres rendez-vous à l’automne pour marquer son jubilé. Rendez-vous le dimanche 18 juin à 11h pour un premier acte… orageux à ne pas manquer !

Deux messes chantées

La messe dominicale du 18 juin à la collégiale sera la dernière de l’année pastorale chantée par le chœur mixte Saint-Laurent qui interprétera pour l’occasion une messe du compositeur Bernard Chenaux. 

Le dimanche suivant, le 25 juin, ce sera la chorale « Clé de vie » qui animera la célébration dominicale à la collégiale.

Athées ou chercheurs de Dieu ?

Par François-Xavier Amherdt | Photo: DR

Cela peut nous rassurer et nous donner élan : même le grand prédicateur Paul connaît un échec cuisant dans sa prédication sur le Christ ressuscité d’entre les morts, à l’aréopage d’Athènes (voir le passionnant épisode en Actes 17, 16-34). Cela veut dire que nous aussi, dans notre pastorale « en sortie », nous pouvons affronter des réticences sans que nous nous en culpabilisions. Nous semons et proposons, les personnes croisées disposent, en totale liberté.

Mais sur l’agora centrale de la capitale hellène, l’apôtre des nations a-t-il rencontré des athées ? Les philosophes qui l’ont abordé étaient-ils opposés à toute conviction religieuse ? Ne se reconnaissaient-ils pas plutôt d’une forme de polythéisme, selon un « panthéon très humain » ? Paul d’ailleurs commence par leur parler du Dieu universel et créateur en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, de la race duquel nous sommes (Actes 17, 28), plutôt que des idoles semblables à de l’or, de l’argent ou de la pierre taillée (v. 29). Et il en arrive à les interpeller à propos de « l’autel au dieu inconnu » qu’il a rencontré dans la cité et dont il est venu annoncer le vrai visage, en Jésus-Christ Sauveur.

Retour du paganisme

De nos jours aussi, nous constatons que les athées au sens strict sont relativement peu nombreux, alors que nous assistons à un retour du paganisme et du poly-théisme qui redivinise la nature, les astres, l’homme augmenté, les stars du sport et du show-business, les dictateurs et les gourous. C’est donc une prédication à la saint Paul qu’il nous convient de déployer, nous efforçant de répondre à la quête spirituelle authentique des gens et sachant montrer combien Jésus-Christ répond aux interrogations existentielles et fondamentales de l’humanité.

C’est à une nouvelle forme d’« apologétique » positive que nous sommes conviés, capable de donner envie aux « athées, païens et idolâtres » que nous sommes tous de s’ouvrir à la vie dont le Dieu biblique veut nous combler. Cela implique de nous laisser nous-mêmes évangéliser par ceux avec qui nous échangeons.

65 ans, l’heure d’un choix crucial…

Ce message, reçu de notre curé Jean-Pascal Genoud, le 17 janvier 2023 par WhatsApp, est le dernier d’une petite série qu’il avait envoyée, un peu comme des clins Dieu, à quelques proches et amis. Il l’avait intitulé ainsi: «65 ans: l’heure d’un choix crucial entre les bras fermés de Morphée ou les mains ouvertes du Ressuscité!» En voici la teneur…

Par Jean-Pascal Genoud | Photos : Marion Perraudin

Minuit et demi, ce 17 janvier 2023. Je revêts mon pyjama en jouant plus ou moins habilement entre les tubes de la sonde nasogastrique et ceux de la pompe anti-douleurs. Je m’assoupis quelque peu et suis réveillé, comme souvent ces dernières nuits, par le retour d’une intense douleur dans le bas-ventre. A force, on m’a appris à ne pas tarder. Je sonne donc l’infirmière qui me donne un comprimé de Buscopan, un médicament spécialement conçu pour maîtriser les crampes intestinales. Je l’informe que, pour laisser le temps nécessaire au médicament de faire son effet, je sors me fumer une clope devant l’entrée principale de l’hôpital. L’agente Securitas qui surveille l’entrée toutes les nuits n’est pas surprise de me voir faire ce pèlerinage nocturne. Elle a l’habitude de mes allers et venues. 

A mon retour, je passe devant la chapelle. C’est fou comme ce genre de maladie incurable dont je souffre vous donne des accès de piété totalement inhabituel ! J’avise un coussin confortable que je dérobe à l’espace méditation pour le placer sur le banc devant le tabernacle. […] Après un temps d’action de grâce pour 65 ans de vie palpitante, je tombe dans les bras de Morphée.

Mon infirmière est occupée à répondre à différents appels dans l’unité des soins palliatifs dont elle a la garde cette nuit. Après une heure, pensant que j’étais rentré dans ma chambre, elle vient contrôler et ne peut que constater mon absence. Elle se fait du souci. Constate que j’ai laissé mon portable sur place et se résout à appeler l’agente Securitas qui l’informe que je n’ai pas fait très long dehors et que je suis rentré dans l’hôpital. Pas étonnant : dehors il neige et fait près de zéro degré. S’ensuit une battue dans les dédales des corridors.

Il est 3h30 quand j’entends résonner la grosse voix italienne de la Securitas : « Il y a quelqu’un ? » Je sors violemment hébété d’une phase de sommeil paradoxal, me demandant où je suis. J’étais en train de faire un cauchemar. Nous étions très nombreux dans une grande aula en pan incliné. Notre prévôt, debout tout devant, demande qui veut bien lire un passage des Actes des Apôtres, prévu dans les lectures du jour. Comme j’ai un missel en poche – C’est étonnant de voir comment ce genre de maladie m’a réservé des accès de piété parfaitement inhabituels ! – Dans le récit de la Pentecôte, arrivant la longue énumération des différents peuples de pèlerins juifs rassemblés pour l’occasion, pour ménager l’auditoire, je choisis de simplifier et d’en omettre un grand nombre. Le prévôt, visiblement fâché par la liberté que je prenais par rapport à la littéralité du texte sacré, s’exclame à l’adresse de tous : « Ce n’est pas tout à fait la Parole de Dieu qui vous a été lue. » Et je vois le sourire de l’agente Securitas, soulagée de m’avoir enfin trouvé. Je perçois aussi le regard amusé de l’infirmière de nuit qui l’accompagne. Celle-ci me dit : « Vous avez au moins prié pour nous ? » « J’ai eu tout le temps de prier pour le monde entier », dis-je ! Et on me reconduit en chambre. L’infirmière Ophélie me fait un gentil reproche pour lui avoir provoqué une grande frayeur. Sur quoi elle m’offre un bon café bien fort et j’obtiens de sa part la grâce de pouvoir repartir brièvement pour une dernière clope d’action de grâce…

La Parole de Dieu de ce jour, de la lettre aux Hébreux (6, 15.19.20) : « C’est par sa persévérance qu’Abraham a obtenu ce que Dieu avait promis… Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme. Elle entre au-delà du rideau, dans le sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur. » 

La pensée du jour que m’envoie ma sœur Françoise à l’occasion de mon anniversaire, une citation du musicien Olivier Messiaen (dans « La musique de l’invisible », ndlr) : « Entendre sur cette terre le son de l’invisible est une joie extraodinaire. »

Enfin, de l’hymne que propose la revue Magnificat pour ce 17 janvier : « Dieu ma joie, tu as fait de ma pauvreté ta demeure de silence où tout être peut adorer le secret de ta présence. »

Bien à vous, Jean-Pascal

Jean-Pascal dans diverses postures homilétiques…

Franchir la centaine en chantant!

J’ai rencontré Lucienne chez elle autour d’un café en pensant qu’en 30 minutes le tour serait joué. Deux heures plus tard, j’étais toujours à écouter le récit passionnant de sa vie, à apprendre de sa sagesse et de sa foi qui, sans doute, lui a permis de traverser un siècle dans la sérénité, entourée de sa famille. 

Texte et photos par Vanessa Gonzalez

Lucienne Bressoud est née à Vionnaz le 9 mars 1923 et n’a jamais quitté son village. Elle a été fêtée par ses trois garçons, ses sept petits-enfants, ses cinq arrière-petits-enfants, tous ses proches ainsi que les autorités de Vionnaz, le 12 mars, à la maison de paroisse. 

Lucienne a eu une vie dure, mais simple aux côtés de son mari, Juste : un homme bon et chaleureux, parti trop tôt à l’âge de 67 ans. Elle apprécie la lecture, la cuisine qu’elle fait toujours pour elle et surtout jardiner. Mais attention, Lucienne me précise : « Pas désherber les patates ou les vignes. Ce n’était pas ce que j’aimais le mieux, mais fallait le faire… »

Lucienne concocte chaque année pour l’anniversaire de ses petits-enfants une tourte de Linz. Elle passe du temps dans sa cuisine en se réjouissant de leur visite où ils vont pouvoir récupérer leur gâteau. 

Catholique depuis toujours, Lucienne s’est engagée dans deux mouvements catholiques : la Jeunesse Agricole Féminine et ensuite la Ligue des dames. Elle a aussi fait partie des personnes qui ont mis en route le goûter des aînés à Vionnaz. 

« Je n’ai jamais pensé que j’arriverais à 100 ans. Plus tu avances dans la vie, plus tu te rends compte qu’il faut vivre aujourd’hui parce que demain ne nous appartient pas. Parfois, je suis dans mon lit, je confie ma vie au Seigneur puis je me dis : « Va savoir… demain matin, tu n’es peut-être plus là ! » »

Et quand je demande à Lucienne comment elle a acquis cette philosophie de vie, elle me répond sans hésitation que c’est grâce à sa foi. Dans les moments difficiles, elle s’est raccrochée à la prière en « appelant le bon Dieu et tous les Saints du Paradis à son secours ». Elle demande tous les jours à l’Esprit Saint de l’aider.

Lucienne est connue à Vionnaz pour être une femme dévouée à sa famille. En outre, elle est membre de la gym « Les 4 Fontaines » et du chœur d’animation liturgique de la paroisse. Elle a aussi fait partie, pendant plus de 35 ans, du Chœur de nos 20 ans à Monthey. Elle a tellement aimé chanter toutes les chansons du passé aux résidents des EMS des alentours. 

« Ma passion, c’est le chant. J’ai toujours entendu ma maman chanter autour de moi. Quand je travaillais aux Pierres Fines à tailler les rubis, on chantait pendant le travail. Le patron aimait bien, comme ça on ne blaguait pas avec la voisine ! »

Retenons en conclusion le conseil d’une centenaire : « Croire que Dieu est là et qu’Il nous aime. Il faut avoir confiance en Dieu, mais ce n’est pas parce qu’on prie qu’on obtient tout, Dieu n’est pas un distributeur automatique ! »

 Lucienne bénie lors de la messe « special Ghana ».

La confiance de l’espérance

Texte et photo par Isabelle Roulin

« Athée souhaits », voici le thème de la rubrique centrale. Comme j’ai l’esprit taquin, un peu d’humour pour commencer. En effet, si quelqu’un lit les deux premiers mots de cet article à haute voix, il ne s’agit pas d’une référence à la religion, mais d’une réponse possible à quelqu’un qui a éternué. 😉 Vive la complexité de notre langue française !

Plus sérieusement, que veut dire le mot « athée » ? Se dit d’une personne qui ne croit en aucun pouvoir divin ; contrairement à un agnostique qui refuse de se prononcer et qui émet des doutes sur une existence divine. En résumé : l’athée ne croit pas alors que l’agnostique dit : je ne sais pas.

Si, d’après les statistiques, les athées sont en voie de disparition, je peux constater dans mes connaissances que le nombre des agnostiques augmente. Par contre, il est une catégorie non répertoriée qui, à mon sens, mériterait que l’on s’y arrête. Il s’agit de celle qui correspond à toutes les personnes qui ne se laissent enfermer dans aucune catégorie existante. Elles ont soif de spiritualité, croient en quelque chose ou quelqu’un de plus grand mais qu’elles refusent de nommer ou d’enfermer dans un quelconque dogme ou religion. Ces personnes admettent ne pas savoir mais vivent dans la confiance que la vie ne s’arrêtera pas à la mort. 

J’ai pu lire et entendre plusieurs témoignages de personnes ayant fait une expérience de mort imminente (EMI) ou ayant vécu le phénomène de décorporation qui démontrent que la vie ne s’arrête pas avec notre enveloppe charnelle quand le cœur cesse de battre. 

Pour ceux qui le souhaitent, vous trouverez de nombreuses vidéos abordant le thème de la mort sur le site internet de Christophe Fauré, psychiatre français. 
Son site : https://christophefaure.com/ 

Etre chrétien, c’est avoir la confiance de l’espérance et je vous la souhaite à vous toutes et tous qui me lisez.

«Mieux athée que mauvais catholique!»

« Le scandale, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Par Thierry Schelling | Photo: vatican.news

« Mieux athée que mauvais catholique !» Ça, c’est dit ! Et de la part du Pape, qui plus est ! Si ses détracteurs se tapent le front de désespoir, les lecteurs attentifs de l’Evangile reconnaîtront la raison d’une telle affirmation.

Hypocrisie

En effet, François expliquait lors de son homélie du matin (février 2017) qu’on entendait souvent dire : « Je suis très catholique, je vais toujours à la messe, j’appartiens à telle ou telle association… mais sa vie n’est pas chrétienne : les employés sont sous-payés, on ment et vole les gens, on recycle l’argent sale… » bref, tant d’occasions pour trahir ses bonnes intentions. « Le scandale, reprend le Pape, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Et donc, l’athée est peut-être plus cohérent que le catholique hypocrite ! Car celui-ci scandalise tout un chacun, qui le fait préférer se dire athée plutôt que catholique. CQFD.

Respect de la conscience

Dès son élection, s’adressant aux médias, il avait conclu l’entretien ainsi : « Puisque beaucoup d’entre vous n’appartiennent pas à l’Eglise catholique ou ne sont pas croyants, j’adresse de tout cœur ma bénédiction en silence, respectant la conscience de chacun… » Geste inédit pour un pontife, mais très… Vatican II et sa déclaration en faveur du dialogue interreligieux Nostra Aetate !

Dialogue plutôt que diatribe

Ne pas oublier que dès 1965, le pape Paul VI avait confié aux jésuites le maintien de liens et du dialogue avec l’athéisme d’alors… et Jean-Paul II intensifiera la lutte contre l’athéisme pratique avec sa culture caractéristique du déchet, lutte reprise par François en rappelant l’ignorance crasse de bien des catholiques du trésor inestimable que représente la doctrine sociale de l’Eglise. Ce compendium se conclut notamment par ceci : « Celui qui croit se conformer à la vertu surnaturelle de l’amour sans tenir compte du fondement naturel qui y correspond et qui inclut les devoirs de justice, se trompe lui-même. »

Jubilé de saint Bernard

Statue de saint Bernard sur le col grandement éponyme, qui montre au pèlerins perdus la direction de l’hospice.

Le 15 juin 2023, en la fête de saint Bernard, la congrégation du Grand-Saint-Bernard ouvrira une année festive qui marquera le centenaire de la proclamation de saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne, ainsi que les 900 ans de sa canonisation. Des événements sont prévus tout au long de l’année: spectacles, pèlerinages, colloque, etc. Chacun y trouvera de quoi se réjouir.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photo: Pecold

Simon Roduit, expliquez-nous ce qui a présidé, en 1923, à ce que saint Bernard soit nommé patron des alpinistes et des habitants de la montagne ?
Dans une lettre apostolique du 10 août 1923, le pape Pie XI « donne saint Bernard de Menthon comme patron céleste non seulement aux habitants des Alpes ou à ses visiteurs, mais à tous ceux qui entreprennent l’ascension des montagnes ». Pie XI explique avoir lui-même connu la joie de « reprendre de nouvelles forces en escaladant les cimes » alors que son esprit était fatigué par les études durant ses jeunes années. Il mentionne aussi avoir vécu personnellement l’accueil des chanoines à l’hospice. Cette lettre est adressée à l’évêque d’Annecy qui est à l’origine de cette heureuse initiative. Pourquoi ? Parce qu’ils fêtaient alors le milllénaire de la naissance du saint, placée selon la légende, en 923 au château de Menthon, au bord du lac d’Annecy. Nous savons à présent qu’il est né plus tard, à l’orée du onzième siècle. 1923 était aussi le jubilé des 800 ans de sa canonisation par l’évêque de Novare. Ces anniversaires montrent combien saint Bernard n’est pas l’apanage d’une congrégation, mais appartient au trésor de toute l’Eglise.

Qui sait-on réellement de saint Bernard ?
De sa vie, nous savons peu de choses, sinon qu’étant archidiacre d’Aoste, il a fondé des hospices sur les deux cols qui portent désormais son nom et qu’il a mené une vie de prédicateur. Il a laissé un exemple de charité, particulièrement avec l’œuvre de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, qui est aujourd’hui encore un lieu où le Christ est adoré et nourri, selon la devise laissée par le saint fondateur aux chanoines.

Les deux aspects de ce jubilé nous rapprochent de ce saint : les 900 ans de sa canonisation sont l’occasion pour nous d’imiter sa charité et son inventivité. Les 100 ans de sa proclamation comme patron des habitants des Alpes et des alpinistes sont l’occasion de nous mettre sous sa protection. Par sa beauté, la montagne nous permet de nous tourner vers le Père dans un acte de contemplation. Par le péril qu’elle peut causer, elle nous invite à nous tourner vers le ciel pour demander, par son intercession, la protection divine.

Quelle est la signification profonde d’un jubilé ?
Dans le livre du Lévitique la manière de fêter un jubilé, chaque 50 ans, une année « sabbatique » : un temps particulièrement consacré au Seigneur. On y laisse la nature se reposer du travail de l’homme. On remet les dettes afin que les terres reviennent à leurs propriétaires. C’est une année de fête durant laquelle tous réjouissent. Depuis 1300, le jubilé est devenu une fête célébrée dans toute l’Eglise chaque 25 ans. Le pape François a déjà annoncé le prochain jubilé ordinaire en 2025 sur le thème « Pèlerins de l’espérance ». Durant un jubilé chrétien, les fidèles sont invités à se réjouir en lien à une thématique particulière, et à se mettre en marche, comme pèlerins, vers Rome ou un autre sanctuaire.

Quels objectifs avez-vous en organisant toute une année de festivités dans ce cadre ?
Durant cette année jubilaire, divers événements sont organisés pour nous aider à nous réjouir d’avoir saint Bernard comme patron des Alpes, et une démarche de pèlerinage est proposée à l’hospice. L’objectif principal c’est faire connaître et prier saint Bernard, mais aussi à inviter les fidèles à continuer son œuvre de prédication et de charité dans les milieux de la montagne et les paroisses des Alpes, en devenant comme saint Bernard des missionnaires joyeux par une charité et un accueil inconditionnel du prochain.

Prière à saint Bernard

Seigneur, tu nous as donné saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Par son intercession protège-nous dans toutes nos ascensions. Après avoir joui de la beauté de la nature, que nous retournions à notre tâche plus sereins et plus forts dans le service de Dieu et de nos frères. Tandis que nous nous efforçons de marcher sur ses traces ici-bas, accorde-nous d’atteindre le véritable Sommet qui et le Christ.

Amen.

Le jubilé

Retrouvez le programme des festivités, qui dureront du 15 juin 2023 au 28 août 2024, sur le site internet –> centenairesaintbernard.ch

Fêtes des guides, exposition, démarches jubilaires, spectacles, manifestations alpines, colloques, célébrations… Un programme varié de découvertes et rencontres durant toute l’année !

Bénévoles: notre église vit grâce à vous!

Le Père Innocent au Bouveret entouré de Serge l’organiste, Anselme et Francis, bénévoles dévoués.

S.O.S. Les paroisses ont besoin de bénévoles ! Osez l’aventure !

Le bénévolat : un travail souvent dans l’ombre, qui a besoin d’être reconnu. Mais cette participation indispensable à la vie de nos paroisses est fragile et il faut, comme une plante, songer à la nourrir et à l’arroser.

Par Nicolette Micheli | Photos : Vanessa Gonzalez, Nicolette Micheli, Michel Delgado

Il paraît que la Suisse est championne du bénévolat ! On le rencontre partout : dans le sport, l’école, la politique, le social, l’humanitaire, l’hôpital… et dans l’église aussi. 

Saint Paul utilise l’image du corps pour rappeler combien une communauté, si elle veut être vivante, a besoin de la diversité des talents de tous ses membres. Certaines personnes s’engagent régulièrement en pleine lumière, mais la plupart préfèrent rester dans l’ombre, comme le sel dans les aliments ou le levain dans la pâte. Sans leur implication, un ingrédient important manquerait ! Grâce aux apports de chacun, la communauté paroissiale se fortifie. Les bénévoles partagent tout autant que les salariés, une mission commune : transmettre la Bonne Nouvelle, porter le souci des plus faibles, célébrer et prier ensemble.

Toutes les générations sont représentées. Depuis les enfants qui servent la messe jusqu’aux nombreux retraités qui offrent leur temps libre, en passant par les actifs engagés. Pensons à tous ces bénévoles que l’on rencontre : les membres des Cocoms, des Cogests, les fleuristes, les lecteurs, les créateurs de crèches, les chanteurs, les organisateurs de lotos, d’apéros, et de nombreuses autres manifestations religieuses ainsi qu’à ceux qui collaborent à l’Essentiel… D’autres bénévoles oeuvrent aussi, plus discrètement, plus ponctuellement, au service des paroisses : la liste est longue. Ils n’en sont pas moins précieux et indispensables au bon fonctionnement de notre Eglise.

Que chacun de vous, bénévoles de la plaine, bénévoles de la montagne soit ici remercié. Dans la diversité de vos visages et de vos engagements, vous rendez nos églises plus accueillantes, nos communautés plus fraternelles et notre « Maison Commune » plus vivante !

Une bénévole témoigne 

Florianne, présidente du Cocom de Vionnaz répond à nos questions.

Tes motivations ?
Je désire me mettre au service du Seigneur et de la communauté paroissiale. Cela correspond à mes valeurs chrétiennes.

Que t’apporte cet  engagement ?
En premier, beaucoup de joie ! Et aussi un enrichissement humain et spirituel. Cela génère des échanges d’une grande diversité : soit entre les générations, soit entre des cultures différentes, soit en expériences de vie.

J’éprouve aussi un fort sentiment d’appartenance à une communauté de personnes qui partagent des valeurs communes.

Un souhait peut-être ?
Dans l’idéal : que chacun soit acteur et apporte sa pierre pour construire une Eglise solidaire, vivante et missionnaire.

Les athées, une espèce en voie de disparition?

Par l’abbé Daniel Reynard, curé | Photo: Raphael Delaloye

La proportion d’individus sans affiliation religieuse pourrait se réduire de 35% d’ici à 2050. Mais pas sûr que les athées périclitent sans résistance.

Les libres-penseurs sont de plus en plus menacés par le retour du religieux. Quand on sait que les croyants font plus d’enfants, il est légitime de s’interroger sur la survie, à terme, des athées. Vont-ils péricliter sans résistance ou bien s’organiser en communauté transnationale pour faire entendre leur voix ?

J’ose dire ici que nous avons besoin des athées, ils nous font avancer. Ils nous empêchent de tourner en rond, ils nous remettent en question, nous obligent sans cesse à nous remettre à l’établi de la foi pour nous confronter au monde, à la vie, alors dans ce sens merci.

Si quelqu’un dit : « J’ai rencontré Dieu, Il existe, fuyez. »

Si quelqu’un dit : « Je n’ai pas rencontré Dieu, Il n’existe pas, fuyez également. »

Dans les 2 cas, ils ne le font pas dans une optique spirituelle, religieuse ou métaphysique, mais dans un but politique au sens large.

Sortons du débat primaire et réducteur de « Dieu existe » ou « Dieu n’existe pas » pour entrer dans la foi qui est du domaine de l’expérience personnelle, d’une rencontre car la foi transcende ce débat pour ou contre.

Celui qui a besoin de nier Dieu devrait se poser des questions sur lui-même tout comme celui qui cherche absolument à convaincre que Dieu existe.

Je crois que nous sommes tous des chercheurs de l’au-delà, d’un monde meilleur. Dans ce sens, on n’est jamais aussi athée qu’on le croit ni aussi croyant qu’on le prétend.

Alors sachez que Jésus entend votre questionnement, Il est vivant et veut venir à votre rencontre, car Il sait que vous avez besoin d’une rencontre personnelle. Il se peut que vous doutiez, que vous soyez dans un temps de déception ou de découragement, que la présence de Dieu vous semble si lointaine. Jésus vous donnera ce rendez-vous que vous attendez. Cherchez-Le et répondez-Lui comme Thomas l’a fait : mon Seigneur et mon Dieu.

Le sens de la couleur blanche

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photo: cath.ch/Bernard Hallet

«Regardez les champs déjà blanchissent pour la moisson.» (Jn 4, 35)

Donner « carte blanche » à quelqu’un relève manifestement d’une totale confiance remise à la liberté du récipiendaire. Aussi, je remercie les éditions de L’Essentiel de cet espace qui m’est offert, au risque de devoir connaître et assumer l’inquiétude devant la page blanche ! 

Je me propose donc de livrer ici quelques propos inspirés de ce que peut signifier le blanc dans notre vie diocésaine, personnelle, communautaire, bref, dans notre vie chrétienne.

Une prédication vivante

Au cours de la dernière grande veillée pascale, en la cathédrale de Sion, seize catéchumènes adultes ont été revêtus par leurs parrains et marraines du vêtement blanc des nouveaux baptisés. 

Disposés, après leur baptême, en couronne dans le chœur de la cathédrale, ils devenaient une prédication vivante aux yeux de toute l’assemblée ; leur simple présence proclamait à la manière de saint Pierre : « Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait spirituel et pur afin que par lui vous croissiez pour le salut. » (1P 2, 2) Gratitude à l’égard des nouveaux baptisés adultes, témoins de l’œuvre de l’Esprit dans notre Eglise ! 

De la blancheur du baptême à celle du matin de Pâques, c’est le même éclat qui, en nous sautant aux yeux, devrait nous bouleverser autant que les femmes venues au tombeau. L’éclat de l’ange qui avait l’aspect de l’éclair et dont la robe était blanche comme neige. (Mt 28, 3) Gratitude à l’égard de ces tout petits que j’ai suivis en séance de Godly Play et qui savent s’émerveiller de la beauté des anges vêtus de blanc ! (Jn 20, 12)

Un modèle de vie

A l’écart, sur une haute montagne, les vêtements de Jésus devinrent resplendissants, d’une blancheur telle qu’aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte. (Mc 9, 3) Ce texte de la Transfiguration a été donné aux consacrés comme modèle de leur vie. Je rends grâce pour le paysage de nos montagnes où Dieu se dévoile à nos yeux. Et gratitude envers les personnes qui luttent non seulement contre l’érosion des glaciers, mais d’abord contre celle de la vie religieuse dans le diocèse. 

Face à toi-même

Dans le cadre du Jubilé, la Congrégation du Saint Bernard a demandé à Benjamin Bender, comédien et musicien martignerain connu pour son engagement chrétien et pour sa foi, de créer et de présenter un spectacle autour de la spiritualité de la montagne. Il est accompagné d’Aline Bonvin qui cosigne la mise en scène et de Laurine Moulin qui composera la musique du spectacle.

La coloc M.C. : plus qu’un spectacle, une aventure humaine.

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photos: Jules Joris

Benjamin, vous êtes en train de préparer un spectacle autour de la spiritualité à la montagne, pourquoi un spectacle ? 
L’année passée, j’ai eu la joie de mettre en scène « la coloc M.C. » avec les DJP, ç’a été un très beau parcours et un très beau spectacle. Des membres de la congrégation du Grand-Saint-Bernard m’ont alors proposé de remettre le tablier de service et de monter un nouveau projet pour le jubilé. Pour moi, ces spectacles sont l’occasion de m’exprimer dans l’Eglise à travers mon art mais surtout de proposer un chemin de découverte, de partage, d’amitié (et de travail !) à des jeunes. Participer à un spectacle est un véritable engagement. Nos jeunes ont besoin de recevoir de vraies responsabilités dans un cadre bienveillant pour s’épanouir !  

Pouvez-vous nous donner un avant-goût de ce que vous comptez présenter, sans nous en donner toutes les clés ?
« Face à toi-même» raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne. Cinq témoignages qui s’entremêlent et se répondent. Des expériences de vie parfois très différentes, des avis divergents, pourtant, ce lien toujours si fort et présent qui persiste avec la montagne. 

Sur le plateau quinze jeunes comédien·nes, huit chanteur·euses et cinq musicien·nes tenteront de nous faire voyager à travers ces récits de vie bruts et parfois bouleversants. Si la cordée nous permet d’atteindre des sommets, les interprètes essayeront de sonder notre lien si profond avec la montagne. 

Quelle a été votre base de travail ? 
Pour poser des questions aux personnes que nous avons rencontrées, nous nous sommes inspirés de la prière du pèlerin de la montagne de Gratien Volluz. Nous aborderons donc des thèmes comme la verticalité, la mort, la migration, l’élévation, mais aussi la vie en fond de vallée, l’attrait à la montagne, etc. 

Qui retrouvera-t-on sur scène ?
Nous retrouverons celles et ceux qui veulent bien s’y trouver ! J’appelle tous les jeunes du Valais romand, peu importe leur rapport au théâtre, à me contacter. Nous ne montons pas un spectacle dramatique dans lequel un jeu d’acteur de haute qualité est demandé. Nous allons travailler sur l’appropriation de la parole de l’autre et sa restitution. Dès lors, il vous suffit de savoir parler pour entrer dans ce projet ! 

Les scouts d’Europe ont été mandatés pour créer un décor naturel afin d’avoir un impact écologique réduit et de montrer ce que l’homme, lorsqu’il connait la nature et qu’il la respecte, est capable de construire. 

Informations pratiques

Si tu as entre 16 et 25 ans et que tu es tenté par l’aventure, contacte sans attendre Benjamin au 079 900 71 40. N’aie pas peur ! 

Vous pouvez d’ores et déjà réserver le samedi 9 mars 2024 à 20h et le dimanche 10 mars 2024 à 17h à l’Espace Saint-Marc. 

Les informations pour les réservations suivront en temps voulu. 

Premières communions sur les Paroisses du Haut-Lac

Photos: Jérémie Gonzalez, Jean-Sébastien Allet, Stéphanie Reumont

Au cours du mois de mai écoulé, une trentaine d’enfants des paroisses de Vionnaz, Revereulaz, Vouvry et Port-Valais ont reçu leur première des communions avec Jésus !

Ils s’y sont préparés depuis des mois, à travers plusieurs rencontres catéchétiques et messes des familles ! 

Ils ont appris à ouvrir leur cœur à l’Amour de Dieu, à écouter sa Parole et croire que Jésus est vraiment présent dans ce petit bout de pain.

La présence de Jésus dans la communion, ce n’est pas un Mystère qu’on peut démontrer mathématiquement, c’est un acte de foi, un acte de confiance.

Paroisse de Vouvry – 14 mai à l’église de Vouvry

Abaterusso Aurora, Goncalves Gomes Liam Antonio, Monteiro Keyla Gabriella, Pignat Liv, Sarrasin Clem, Togni Martin, Tornay Mélissa, Andrade Mafalda, Cabral Emy.

Paroisse de Vionnaz – 18 mai à l’église de Vionnaz

Paroisse du Bouveret – 21 mai à l’église du Bouveret

Bussien Marie, Cachat Adrien, Gehrig Tyfenn, Henzen Thomas, Raemy Loïse, Tamborini Pauline, Cravotta Olivia.

Athée souhaits

Par Stéphane Vergère | Photo : Raphaël Delaloye

Après un temps pascal riche en célébrations, suivi des premières communions, voici venu le temps de rendre grâces à l’occasion de la Fête-Dieu et d’apprécier encore les événements vécus et d’approfondir notre foi… que ce soit durant ce mois de juin ou alors durant la pause estivale qui pointe à l’horizon.

C’est selon et à tes souhaits !

Car même s’il nous arrive de prendre le large, n’oublions pas que LUI veille constamment dans un coin de notre barque. Et IL attend patiemment qu’on veuille bien l’inviter, qu’on LUI fasse une petite place en nous et qu’on LUI fasse confiance. 

Alors comment ne pas s’inspirer de ce petit récit très éclairant ?

«À tes souhaits ?»

Un maître voyageait avec son disciple qui était chargé de s’occuper du chameau. Un soir, tellement fatigué, le disciple n’attacha pas l’animal et dit à Dieu dans sa prière d’en prendre grand soin. Or le lendemain matin, le chameau avait disparu ! « Où est le chameau ? » demanda le maître. Je ne sais pas, répondit le disciple. « Tu dois le demander à Dieu ! Hier soir j’étais si fatigué que je lui ai confié notre chameau. Ce n’est donc pas ma faute s’il s’est enfui ou s’il a été volé. » Le maître lui répondit : « Oui, c’est bien de faire confiance à Dieu de tout ton cœur, mais d’abord attache ton chameau. Car Dieu n’a pas d’autres mains que les tiennes. »

L’Ascension de Jésus au Ciel et l’envoi de l’Esprit Saint à la Pentecôte sont le prélude d’une présence fidèle et aimante à nos côtés. Mais notre Père compte aussi sur nos mains pour que son Règne vienne…

Sur ce, il ne dépend que de nous pour qu’advienne le meilleur et qu’évolue notre foi jour après jour jusqu’à nous laisser rejoindre par LUI. 

D’ores et déjà BEL ÉTÉ et… à vos souhaits !

Jeux, jeunes et humour – juin 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Que se passe-t-il le dimanche après la Pentecôte ?
L’Eglise fête la Sainte-Trinité. Après avoir reçu le don de l’Esprit Saint, nous sommes à même de mieux saisir l’originalité du cœur de la foi chrétienne : la Révélation d’un Dieu unique en trois personnes. C’est l’occasion de nous rappeler que nous sommes baptisés : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

par Pascal Ortelli

Humour

Un monsieur se promenait au bord d’un lac quand il remarqua quelque chose d’insolite. Un homme assis dans l’herbe en tenue de pêcheur, mais sans canne à pêche, avec à sa droite une boîte de conserve.

– Que faites-vous mon brave ?
– Comme vous le voyez, je suis en train de pêcher.
– Comment ça ?
– Si vous me donnez 20 francs, je vous explique comment.

Piqué dans sa curiosité, le promeneur sort 20 francs.

– Alors ?
– Je m’approche de l’eau avec ma boîte de conserve et le poisson saute dedans.
– Et vous en attrapez beaucoup ?
– Vous êtes le cinquième aujourd’hui !

par Calixte Dubosson

Il est où Jean-Pascal?

Par une grand-maman | Photo: pexels.com

La question m’est posée, dans un chuchotement, par ma petite-fille Mia qui le connaît bien. Elle a six ans et elle interroge… Nous sommes au dernier banc de cette église paroissiale bondée, comme tous ceux qui sont là et qui arrivent encore, nous sommes venues avec sa mère pour un dernier A-Dieu à Jean-Pascal… Ces questions enfantines et essentielles montrent le désarroi que provoque cette présence-absence… On est là pour lui, autour de lui et il n’est pas là… Donc, ce dialogue chuchoté et ponctué de longs silences réflexifs a commencé comme ça : 

– Il est où Jean-Pascal ? 
– Là-bas, au bout de l’allée, dans une grande boîte. On appelle cette boîte un cercueil… Veux-tu te mettre debout sur le banc pour voir ? Mia acquiesce gravement. Elle se met debout sur le banc, elle regarde… 
– Tu le vois ?
– Je vois la boîte…

Un long moment après : 
– Est-ce qu’il y a une clé à cette boîte ?
– Non… Il n’y a pas de clé, simplement un couvercle.
– C’est comme une boîte de Dieu ? (un tabernacle, je suppose…)
– Non… Euh… oui, un peu… 
– Elle n’est pas grande la boîte…
– Non… 
– Elle est posée sur quoi ?
– Sur une sorte de table… 

Longtemps après, alors qu’elle est à nouveau assise entre sa mère et moi : 
– Pourquoi il est mort Jean-Pascal ?
– Parce qu’il était très malade. Tu savais qu’il était malade ?
– Oui, j’ai été le voir à l’hôpital…
– Tu as vu qu’il était malade ?
– Oui, il était tout fin… (!)
– …
– Où il va après ?
– On va mettre son cercueil au cimetière. Tu te souviens qu’on a été au cimetière ensemble ? En dessous, dans la terre, il y a les boîtes. 
– Il va prendre l’avion ?
– Non, il ira dans la grande voiture grise qu’on a vue dehors… 
Tu te rappelles ?
– Oui… 
– … 
– Alors on pourra aller le voir là-bas ? 
– On pourra voir l’endroit où on a mis son cercueil. On saura que c’est cet endroit-là. 
– Ah… 

Voilà… dans cette (autre) boîte de Dieu, on était nombreux. On ne pouvait pas le voir, lui pour qui on était là… Et on ne pourra rien voir d’autre qu’un endroit qu’il s’agit de voir. Mais cet endroit, ce lieu où quelque chose reste de la personne, a toute son importance. Les questions reviendront, heureusement. Elles disent un esprit en éveil qui appréhende une des choses les plus complexes de notre vie : certains départs sont « pour toujours ». Mais ceux qui, comme Jean-Pascal, ont laissé en nous leur empreinte lumineuse, y resteront aussi, « pour toujours »…

La Pentecôte: la réception de l’Esprit Saint

Par Nathalie Traeger Angelini
Photo : Matthieu Angelini

La Pentecôte est célébrée cinquante jours après Pâques. Elle est importante car elle marque la naissance de l’Eglise chrétienne. Elle commémore la descente du Saint-Esprit sur les apôtres de Jésus-Christ, après son ascension au ciel. Cet événement est relaté dans les Actes des Apôtres, où il est dit que les apôtres ont été remplis du Saint-Esprit et ont commencé à parler en d’autres langues, ce qui leur a permis de prêcher l’Evangile à une foule multilingue venue pour la fête juive de la Pentecôte.

La Pentecôte symbolise la réception de l’Esprit Saint, qui est considéré comme la troisième personne de la Trinité, comme le conseiller et le consolateur des chrétiens, les aidant à comprendre les enseignements de Jésus et à les mettre en pratique.

La Pentecôte est également un temps de célébration et de gratitude pour le don de l’Esprit Saint qui habite en chacun de nous, un temps de renouveau et de renaissance. Elle nous rappelle que les valeurs que le Christ nous a transmises (l’amour, la charité, la bienveillance, la joie, le pardon, etc.) sont essentielles pour nourrir notre foi et notre relation avec Dieu. La Pentecôte est un temps de réflexion sur notre propre cheminement spirituel et notre relation avec Dieu. C’est une occasion de se tourner vers l’Esprit Saint pour être guidé dans notre vie de foi. Elle est une invitation à renouveler notre engagement envers Dieu et à vivre notre foi avec plus de ferveur et de détermination.

En célébrant la Pentecôte et en renforçant notre foi, nous pouvons devenir des porteurs de paix, d’amour, de bienveillance et de joie. La bienveillance est une vertu qui nous permet d’être à l’écoute des autres, de les respecter et de les traiter avec compassion. C’est une qualité qui nous permet de mieux comprendre les besoins des autres et de nous montrer attentifs à leur douleur. En adoptant une attitude bienveillante, nous pouvons développer une relation plus profonde avec notre communauté chrétienne et témoigner de l’amour de Dieu envers tous. La joie est un élément essentiel de notre foi. Elle nous aide à rester optimistes et à voir le meilleur en chaque situation. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à être des porteurs de joie et de bienveillance dans notre vie quotidienne. Nous pouvons les diffuser autour de nous en étant de bons témoins de l’amour de Dieu et en montrant notre gratitude pour toutes les bénédictions que nous recevons.

La Pentecôte est un temps de renouveau pour notre relation avec Dieu et notre engagement envers notre communauté chrétienne. Que cette Pentecôte soit pour nous tous un temps de renouveau spirituel, d’amour, de pardon, de joie et de gratitude. Que l’Esprit Saint nous guide dans notre vie de foi et nous aide à partager l’amour de Dieu avec le monde entier.

Du nouveau pour la Fête-Dieu à Estavayer

Quelques nouveautés marqueront le déroulement de la procession de la Fête-Dieu, le jeudi 8 juin prochain. D’abord, la messe qui précédera la procession aura lieu à la collégiale, indépendamment de la météo (donc plus en plein air, vers le home). Ensuite, le parcours de la procession sera légèrement différent : il partira de la collégiale, puis empruntera la Grand-Rue jusque devant le monastère des dominicaines (1er reposoir), se poursuivra par la rue de Forel pour arriver à la place des Bastians (2e reposoir) et regagnera la collégiale (3e reposoir) par la rue de l’Hôtel-de-Ville (cjy).

Là où tout a commencé

Depuis le début de son pontificat, le Pape n’a eu de cesse d’appeler les jeunes à s’engager et à dire « oui » à l’appel de Dieu. Encore cette année, des milliers d’entre eux vont y répondre en se rendant aux JMJ. Rencontre avec Elisa Freléchoux pour qui ces rencontres ont une saveur particulière.

Par Myriam Bettens
Photos : J.-Claude Gadmer, DR

Les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) ont pour vous une signification spéciale…
Oui exactement ! Mes parents s’y sont rencontrés, mais ce n’est bien entendu pas la seule raison qui me pousse à y aller. Pour la petite histoire, ils habitaient dans deux régions différentes, éloignées d’à peu près 400 kilomètres. Pas loin d’où vivait ma mère, se situait une communauté de frères dont l’un d’eux est allé enseigner dans l’école où travaillait mon père. Ils ont organisé ensemble un voyage aux JMJ… Mes parents ont fini par se marier (rires).

Que représentent pour vous ces JMJ ?
C’est l’occasion de participer à un voyage avec des jeunes qui partagent la même foi que moi. Ce partage n’est pas toujours évident dans la vie quotidienne. En plus, j’imagine que rencontrer des jeunes du monde entier et participer à un événement de cette ampleur aura un impact certain dans ma vie et restera dans ma mémoire pour longtemps.

Justement, de quelle manière pensez-vous que ces rencontres soutiendront et alimenteront votre foi ?
Cela peut vraiment devenir une source de motivation. Le fait de voir autant de personnes s’unir dans la même foi et la même prière peut réellement « réveiller » quelque chose en soi. C’est également très encourageant de voir que d’autres jeunes comme moi ont cette foi-là. Cela permet de la garder, d’en être fière et surtout, de ne pas avoir peur d’en témoigner.

Hors du cadre des JMJ, dans le quotidien, pouvez-vous partager cette foi ?
A l’heure actuelle, je suis la coordinatrice des servants de messe de ma paroisse et nous avons eu plusieurs fois l’opportunité de partir avec le groupe de la chorale. Je connais également les jeunes de ma paroisse et ils organisent régulièrement des activités en groupe. Mais clairement, ce n’est pas à l’échelle des JMJ (sourires).

La rencontre de Lisbonne sera la première édition à laquelle vous participerez. Comment vous y préparez-vous ?
J’ai vraiment hâte (rires). A vrai dire, je n’ai pas particulièrement envie de « préparer » ces rencontres. Dans le sens où, je ne souhaite pas avoir des attentes précises, ni même me projeter dans quelque chose de particulier. Je préfère juste attendre, avec impatience, et vivre le moment !

C’est l’aventure en quelque sorte ?
C’est aussi cela qui est chouette, non ? Rencontrer un grand nombre de personnes que l’on ne connait pas encore, sortir de ses habitudes et se laisser « porter » par le moment. 

Le pape François a souvent encouragé les jeunes à s’engager « pour changer le monde ». Vaste responsabilité…
Oui, en effet, cela paraît très compliqué à mettre en œuvre. Mais effectivement, lorsqu’on regarde l’Eglise aujourd’hui, où elle en est, je crois qu’il incombe particulièrement aux jeunes d’en renouveler l’image. C’est finalement à nous de donner l’exemple à d’autres, puis aux nouvelles générations. De plus, il est toujours plus facile d’agir lorsqu’on a un modèle qui nous ressemble. Pour prendre un exemple concret, l’histoire de Carlo Acutis a eu beaucoup plus d’influence sur moi que le récit de n’importe quel autre saint.

Et donc, en tant que jeune, comment fait-on pour changer l’image de l’Eglise ?
Si j’avais la réponse, le problème n’existerait certainement plus (rires)! La première étape consiste déjà à oser dire que l’on est croyant. Le fait de montrer qu’on est fier de cela permettra de percevoir notre foi comme quelque chose de positif. Ensuite, c’est par des discussions, en traduisant en gestes notre ouverture, en réaffirmant que l’Eglise n’est pas seulement les scandales qui font les gros titres des journaux. C’est un travail de patience et de persévérance.

(Auto) bio express

Je m’appelle Elisa Freléchoux, j’ai 17 ans et suis en dernière année au Lycée cantonal de Porrentruy. Dès la prochaine rentrée universitaire, j’intégrerai la Faculté de droit de Fribourg. En dehors des heures de cours, je fais du patinage artistique et du piano, mais j’aime aussi passer du temps avec mes amis, cuisiner ou encore lire. Je suis également responsable des servants de messe de ma paroisse : la transmission des gestes et significations qui constituent notre foi me permet d’approfondir la mienne.

Des jeunes du monde entier seront à Lisbonne.

Vécu avec le chanoine Jean-Pascal Genoud

Jean-Pascal prend des risques pour se faire entendre lors d’une de ses homélies au balcon de l’église Saint-Michel au Bourg lors de la fête patronale.

Par Marie-Laure Tindom-Comby | Photo: Marion Perraudin

Un petit message vers 23h… et on démarre au quart de tour pour préparer une animation de messe de confirmation. Tout est réglé à 1h du matin ! On a même pu trouver un sonorisateur ! Quelle réactivité, quel dynamisme, quel enthousiasme ! Quelle joie de partager des projets avec Jean-Pascal ! Nous sommes vraiment reconnaissants d’avoir pu parcourir un bout de chemin avec lui. – Merci Seigneur pour son amour, son humour, sa bienveillance, son intelligence, sa liberté, son audace, sa créativité ! Merci pour qui il a été pour nous, une vraie lumière ! « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. » (Ga 5, 1) : le verset sur son avis de décès représente tellement bien la personne qu’il était. Un homme Libre, de cette liberté qui rend joyeux, cette liberté qui ose sans s’embarrasser du superflu, qui donne plus d’importance au fond qu’à la forme, qui remet en question les codes pour revenir à l’essentiel, cette liberté qui aime simplement.

Tous à Cheyres pour la fête paroissiale!

L’ouverture d’une nouvelle année pastorale se prête bien pour en faire une belle fête en invitant tous les paroissiens à une messe solennelle suivie d’une partie conviviale. 

Par l’abbé Darius, curé-modérateur

Cette Eucharistie, concélébrée par nos prêtres, permettra de renouveler la mission de toutes les personnes engagées pour affaire du Christ dans notre paroisse Saint-Laurent Estavayer. Tous nos choristes sont les bienvenus pour former un chœur-mixte sous la direction de Jacques Michel.

Nous donnons cette année rendez-vous à tous les fidèles de notre paroisse à la salle polyvalente de Cheyres, le dimanche 17 septembre 2023 à 10h.

Cette messe sera suivie d’un apéro dinatoire.

Nous tenons à ce que toute nouvelle année pastorale soit vécue avec nos efforts quotidiens à mettre le Christ au cœur de notre vie. C’est bien pour cette raison que nous nous donnons le fil rouge qui restera toute l’année à nos yeux et dans nos cœurs : «Jésus-Christ ma soif et ma source.»

Les participants de la fête recevront des cartes avec ce slogan et de grandes affiches seront exposées dans toutes les églises de notre paroisse pour que Celui qui est notre soif et source de tout bonheur n’arrête pas de nous conduire et nous réjouir.

La répartition d’un don exceptionnel

Nous l’avions annoncé dans ces colonnes : en plein covid, le Conseil de la paroisse Saint-Laurent Estavayer avait décidé de faire un don exceptionnel de 100’000.– francs à diverses institutions régionales. Les noms des destinataires de ce don n’avaient pas été dévoilés. Lors de la récente assemblée de paroisse, ce fut chose faite, le président annonçant que les attributions avaient été faites en fonction de la présentation d’un projet précis pour des montants de 5 ou 10’000 francs pour chaque bénéficiaire.

Voici les 15 institutions bénéficiaires avec les montants respectifs :
* Les Cartons du Cœur Fr. 10’000.–
* Saint Vincent-de-Paul Fr. 10’000.–
* La Tuile Fr. 10’000.–
* Zoe4Live Fr. 10’000.–
* Porte Bonheur Fr. 5’000.–
* Maison d’Enfants à Avenches Fr. 5’000.–
* Au contour d’Elsa Fr. 5’000.–
* Table Couvre-toi Fr. 5’000.–
* Caritas Fribourg Fr. 10’000.–
* Fondation Chalet Saint-Laurent Fr. 5’000.–
* Espace Femmes Fr. 5’000.–
* Banc Public Fr. 5’000.–
* Solidarité Broye Ukraine Fr. 5’000.–
* La Rosière Fr. 5’000.–
* PassePartout Fr. 5’000.–

Ce sont donc au total 15 organisations qui ont bénéficié de cette opération « coup de cœur » de la paroisse (cjy).

Peinture de Paul Monnier, église Saint-Charles-Borromée, Avusy (Genève)

Par Amandine Beffa | Photo: Jean-Claude Gadmer

Saint Charles-Borromée, le saint patron de l’église d’Avusy, dans le canton de Genève, est surtout connu comme artisan de la Contre-Réforme catholique. Il fait en effet partie des évêques ayant permis l’application du Concile de Trente. Paul Monnier a toutefois choisi de représenter un autre épisode de la vie de l’archevêque de Milan : l’épidémie de peste qui a touché la ville en 1576.

L’œuvre monumentale, une des premières réalisations de l’artiste avec le Groupe Saint-Luc, couvre une surface de plus de 100 m². Elle est divisée en deux parties. Au second registre, Charles Borromée est conduit au Ciel au terme de sa vie terrestre. Sur les côtés, des anges portent son chapeau de cardinal (à gauche) et une couronne (à droite). Selon certaines interprétations, la couronne est une allégorie de la charité. 

Revenons au premier registre. A l’arrière-plan, il est possible de reconnaître la cathédrale de Milan. Devant, est dressé un autel et l’archevêque distribue la Sainte-Communion. Il est entouré d’une foule de personnes en grande souffrance. En effet, si le saint a aidé les autorités civiles à mettre en place des mesures de protection pour éviter que la maladie ne se propage, il s’est aussi engagé pour ne laisser personne dans une détresse spirituelle. Il fait construire des croix à tous les carrefours de la ville. Des autels y sont dressés pour célébrer la messe et pouvoir apporter l’Eucharistie aux habitants alors strictement confinés. Charles Borromée demande aux prêtres de déambuler dans les rues en priant et de confesser ceux qui le désirent par la fenêtre de leur habitation. Dans le respect des gestes barrière – comme nous le dirions aujourd’hui – il rend visite aux malades, convaincu que la santé de l’âme est plus importante que celle du corps.

Le travail de Paul Monnier étant d’une grande qualité, il vaut la peine de s’arrêter sur les détails : les drapés du tissu, les expressions des visages, le mouvement des mains… Ensemble, ils composent l’émotion de cette œuvre qui nous parle, plus largement, de tous ces prêtres qui donnent leur vie au service des plus petits.

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