Mgr Jean-Marie Lovey et son Vicaire général, Pierre-Yves Maillard, seront en visite pastorale chez nous la première semaine d’octobre, pour la troisième (et dernière fois). La semaine débute avec les messes de confirmation. Mais qu’est-ce que la visite pastorale ?
Par Sandrine Mayoraz et Jérôme Hauswirth | Photo : DR
Après sa nomination, notre évêque Jean-Marie a eu à cœur de renouveler les visites pastorales. Profitant de son « petit diocèse », il planifie de visiter tous les secteurs pastoraux sur trois ans.
Comme un berger qui connait ses brebis (Jn 10, 14), l’Evêque accompagné du Vicaire général va à la rencontre des fidèles qui lui sont confiés. La visite pastorale a pour but de « prendre la température » d’un lieu, de rencontrer les paroissiens et les agents pastoraux (prêtres et laïcs), d’entendre leurs préoccupations et leurs joies, d’encourager la foi, de découvrir les réalités spécifiques et les projets pastoraux d’un lieu. Après une semaine, Mgr Jean-Marie a un panorama de la « santé » et de la sainteté d’un secteur de paroisses. Puis, tous les cinq ans, il présente au Pape un rapport sur l’état du diocèse qui lui est confié.
Simplicité au programme
C’est une visite officielle. Dans un récent courrier, l’évêché rappelle que Mgr Jean-Marie Lovey s’attache « à cultiver un esprit de simplicité et de cordialité. Le principal est de passer quelques jours dans le quotidien d’un secteur pastoral et de ses activités ordinaires. Il n’est donc pas prioritaire d’organiser des événements particuliers, mais plutôt de compter simplement avec la présence de l’évêque dans la vie ordinaire du secteur ».
Chez nous, la semaine commence par les confirmations agendées depuis longtemps. Il n’y aura pas d’autres messes dominicales en présence de notre évêque, par contre, il célébrera chaque matin une messe dont certaines seront suivies d’un temps d’échanges informels. Il prendra le temps de rencontrer certains conseils et groupes paroissiaux, ainsi que d’effectuer les entretiens annuels avec nos prêtres et agents pastoraux laïcs.
Jamais deux sans trois
Cette troisième visite pastorale sera certainement la dernière visite de notre évêque. En effet, « l’évêque diocésain qui a atteint septante-cinq ans accomplis, est prié de présenter la renonciation à son office au Pontife Suprême qui y pourvoira après examen de toutes les circonstances ». Canon 401. Ainsi, en 2025, Mgr Jean-Marie Lovey aura atteint l’âge d’une retraite bien méritée.
Programme de la visite
Samedi 30.09.2023 • 10h : messe de confirmation aux Perraires à Collombey
Dimanche 01.10.2023 • 10h30 : messe de confirmation à l’église de Monthey
Lundi 02.10.2023 • 8h30 : messe au monastère
Mardi 03.10.2023 • 8h30 : messe au monastère • 19h : réunion avec les deux Conseils de Communauté
Mercredi 04.10.2023 • 8h : messe église de Monthey et café, croissant sur le parvis • 12h : repas avec les groupes d’enfants et de jeunes du secteur • 18h30 : rencontre des catéchistes du secteur
Jeudi 05.10.2023 • 8h30 : messe au monastère • 18h30 : réunion avec les deux Conseils de Gestion
Vendredi 06.10.2023 • 8h : messe église de Monthey
« Prendre soin des autres… deux jeunes blouses racontent »
Depuis trois ans, Mélanie Rais de Chamoson, et Sébastien Gauye de Sion, étudient les soins infirmiers à la HES-SO. Ils témoignent aujourd’hui pour nous.
Texte et photo par Mélanie Rais et Sébastien Gauye
De nature dynamique et joviale, Mélanie Rais, 22 ans, est engagée dans de nombreux milieux qu’ils soient sportifs, villageois, associatifs, etc. Passionnée par l’humain elle explique : « J’ai choisi les soins car pour moi, il est important que l’on puisse prendre soins les uns des autres. Parfois, lorsque je vais travailler, je me demande qui soigne qui. » Sébastien Gauye, 23 ans, est un jeune chrétien engagé au service des plus fragilisés de notre société. Naturellement empathique et passionné de l’humain, il aime s’occuper des autres et prendre soin d’eux.
Pour apprendre le métier d’infirmier, Mélanie et Sébastien ont opté pour le modèle de la Nursing Team Academy. Cette approche pédagogique innovante propose une nouvelle manière d’apprendre et d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir un-e professionnel-le de la santé. Ce mode d’apprentissage valorise et construit toute la capacité d’autonomie et de responsabilité de l’apprenant-e à pouvoir assumer pleinement son processus d’apprentissage. Le corps enseignant s’y inscrit comme ressource à part entière. Les étudiant-es y évoluent majoritairement en groupe, à l’image d’une équipe de soin. Au sortir de cette formation, Sébastien et Mélanie sont plutôt ravis de leur expérience : « Cette voie de formation nous a fait grandir, nous a comblés au-delà de nos aspirations. Elle est devenue une véritable école de vie pour nous .»
La foi et les soins infirmiers ? Nombre de personnes recherchent dans leur processus de guérison un sens à leur maladie. Il n’est pas toujours simple pour elles de le faire… D’autant plus que la question du sens reste personnelle et sacrée à chacun. La question du sens est multiple. En tant qu’infirmier-ère, nous pouvons essayer d’accompagner au mieux ce vécu bouleversé ou fragilisé. C’est ici que le prendre soin s’inscrit : il exprime autant une façon de faire que d’être avec la personne soignée. Pour atteindre pleinement autrui, il est essentiel de le reconnaître et de l’accueillir dans toutes ses dimensions. Prendre soin c’est donc accueillir, aimer, rejoindre, soigner l’autre tel qu’il-elle est… dans ses questionnements, ses doutes, ses douleurs, ses affinités, ses choix, ses joies, ses peines, sa manière d’être et de faire aussi. C’est une rencontre entre deux humanités. Pour y parvenir, il y a cette part de confiance envers autrui qui est nécessaire, ce qui n’est pas sans rappeler la démarche de la foi qui développe ce même esprit d’engagement et de confiance mutuelle. Dans le soin, la foi c’est cette petite flamme qui est en chacun de nous pour transcender nos infirmités et nous aider ainsi à accomplir pleinement nos humanités respectives.
« Au cœur de l’Église, je serai l’Amour », disait sainte Thérèse de Lisieux. Et si nous pouvions transposer ce même appel au domaine des soins ?
Mosaïque visible à l’église de Martigny-Croix avec les insignes de l’Hospice du Simplon, le cœur, l’ancre et la croix.
Par Klaus Sarbach Photo : DR
Une valise n’est pas un « outil de départ » mais de déménagement. Elle prend les valeurs les plus importantes pour les utiliser dans un autre endroit. Après 48 ans de service sacerdotal, je dois refaire ma valise. Je me rends compte que je suis un homme très riche. Non de mérites accumulés, mais de cadeaux et d’expériences accueillis.
Ma mère disait : « Mange ce qui est dans ton assiette. » Aujourd’hui, mon « assiette » est très variée : dans 2 pays, 4 langues, 12 paroisses, 3 hospices, sous 5 prévôts et 5 évêques, etc.
Combien de « grains d’or » ai-je pu accueillir et semer dans des cœurs ! L’or, ce sont les dons du Dieu d’amour et des cœurs humains, frères et sœurs, qui partagent ma vie. Partout j’ai reçu des rayons de soleil. Et les « gouttes de pluie » des souffrances et des déceptions ont été essuyées par la main miséricordieuse de Dieu.
Donc, mon cœur déborde d’action de grâce. Le cœur haut-valaisan dit : « Que Dieu vous les rende mille fois ! » C’est en nous laissant guider par son Esprit, nourrir du Corps de Jésus et en cultivant avec nos frères et sœurs le bout du jardin d’espérance qui nous est confié, que même le « vicaire-grand-père » espère pouvoir continuer à servir le troupeau de Jésus comme le sodzi (serviteur d’alpage).
Pour vous exprimer mon MERCI, je dis avec saint Pierre devant le paralysé : « Ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus, marche ! » Malgré le « virus de l’indifférence » qui nous fait mal, marchons avec Jésus. Si chacun partage le légume de son jardin à sa saison, nous sommes bien nourris et nous avancerons dans la confiance dans la cordée de Jésus qu’est l’Eglise de nos jours. Portons-nous dans la prière. Sachez que l’Hospice du Simplon est à 90 minutes de voiture, que sa porte est ouverte 365 jours par an – et celle du cœur même la nuit !
Dès la rentrée de cet automne, nous avons la joie d’accueillir un prêtre, originaire du Haut-Valais, l’abbé Martin Filipponi. Il vient effectuer un stage d’une année sur les paroisses du secteur de Monthey. Nous avons donc voulu faire plus ample connaissance avec lui.
Questions posées par Jean-Michel Moix | Photo : Martin Filipponi
Cher Martin, peux-tu te présenter en quelques mots ? Je m’appelle Martin Filipponi, je suis prêtre catholique et j’ai 44 ans. J’ai grandi à Gampel. Après l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier à l’HEVs à Viège. J’ai ensuite travaillé au Réseau Hospitalier Valaisan, dans un service médical spécialisé dans les soins palliatifs et l’oncologie. Pendant ce travail, on entre en contact avec les grands thèmes existentiels de la vie. D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi l’être humain souffre-t-il ? Qui est à tes côtés ? Comment Dieu se manifeste-t-il ? C’est à cette époque que ma vocation de prêtre a grandi. Mais il a fallu encore un peu de temps. Dieu a eu beaucoup de patience avec moi.
Quand as-tu été ordonné prêtre ? Après des études de théologie et de philosophie à Coire et à Heiligenkreuz près de Vienne, j’ai été ordonné prêtre avec deux autres confrères dans la cathédrale de Coire le 13 mai 2017. C’était beau et un événement spirituel qui est resté profondément gravé dans mon cœur. Le fait que la famille, de nombreux amis et des fidèles du Valais soient venus en bus a été une vraie joie.
Et qu’est-ce qui t’a motivé à devenir prêtre ? Comment s’est dessinée ta vocation à la prêtrise ? En principe, c’est Dieu qui appelle. L’appel à la prêtrise vient de Lui. La question est de savoir si nous pouvons entendre cet appel et le discerner. Pour cela, il faut aussi des prêtres qui nous accompagnent. Personnellement, il y a eu chez moi plusieurs événements qui se sont conjugués.
Notre mère nous a initiés à la vie de foi, nous avons prié en famille et dans les groupes de prière.
Un aspect est certainement une expérience personnelle pendant l’adoration eucharistique. A cela s’ajoutent les festivals de jeunesse. Il ne faut pas oublier l’impact de prêtres exemplaires qui ont accompli leur ministère avec joie et dévouement et qui avaient du temps pour nous, les jeunes.
Les prêtres ont souvent des préférences personnelles ou des domaines dans lesquels ils se sentent particulièrement à l’aise. Qu’en est-il de ton côté ? Je pense que la prière personnelle et la célébration de l’eucharistie sont importantes et belles. Le prêtre doit se tenir devant Dieu, être avec Lui et prier. Et ce qu’il reçoit de Dieu, il faut le mettre en pratique au service des hommes.
D’autre part, je trouve que l’accompagnement spirituel est une belle mission. Pendant mes études de licence, l’abbé Maximilian Heim OCist, m’a demandé de travailler au séminaire en tant que directeur spirituel. Le service consistait entre autres à accompagner spirituellement les candidats au sacerdoce. Aujourd’hui encore, je suis très reconnaissant de cette expérience.
Finalement, la théologie du corps de Jean-Paul II me fascine et représente une théologie qui souligne la dignité du corps et présente la beauté de l’amour d’une manière holistique. Il y a encore beaucoup d’autres facettes du ministère sacerdotal qui sont belles. La pastorale des malades et la pastorale familiale en font partie. C’est avec plaisir que je donne des catéchèses. Mais pour l’instant, il s’agit d’abord d’approfondir la langue française. 😉
Croix ancienne de l’église d’Aumont-Aubrac (GR65).
Le thème du journal de ce mois portera sur la trame « médecin et chrétien ».
Il est très étonnant de voir combien les grandes figures du christianisme : la petite Thérèse, Bernadette Soubirous, Bienheureux Frédéric Ozanam, Marthe Robin, saint Damien, saint François d’Assise et même notre sainte Glânoise, Marguerite Bays, ont souvent dû lutter contre des maladies de toutes sortes et ceci malgré leur proximité avérée et leurs liens très étroits avec le Seigneur. Sainte Bernadette de Lourdes a même reçu un message étonnant de Marie : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Maladies, handicaps et souffrances ne sont pas absents de la vie chrétienne.
Et pourtant nous avons reçu deux magnifiques sacrements de guérison : le sacrement de la réconciliation et le sacrement des malades. A travers eux et par d’autres manières encore, Jésus nous soigne et nous guérit même parfois. Certes, Jésus est notre médecin, il a guéri de nombreux malades, nous pouvons lire de nombreux témoignages dans les Evangiles et il guérit encore aujourd’hui pour le bien de l’Annonce de sa Bonne Nouvelle ; mais surtout, il guérit notre être profond, notre âme ; il guérit notre force intérieure de vie persécutée par le mal auquel nous avons succombé ou que nous subissons. Par le pardon il nous libère des conséquences désastreuses du mal dans nos vies et par le sacrement des malades il nous offre sa force, son Esprit d’Amour qui nous permettra d’affronter toutes les épreuves auxquelles nous sommes appelés à faire face dans nos vies. Grâce à lui et avec lui, nous savons que dans n’importe quelles situations de souffrance, comme pour lui sur la croix, il nous donne son Esprit d’Amour qui nous permettra de transcender la souffrance, de passer au-delà de nos blessures, pour laisser à ce qui est vie en nous prendre la première place, pour mettre au centre la force d’Amour qui nous permettra de tenir debout malgré nos paralysies, nos béquilles, nos tumeurs et nos désespoirs.
L’espérance revivifiée qui n’est autre que le renouvellement de la confiance au Christ, reste le chemin de guérison le plus accessible et le plus efficace pour tous. Il nous guérit intérieurement, nous ouvre aux autres et nous permet d’accueillir l’aide de nos frères dont nous avons besoin, quels que soient leurs charismes et leur spécialisations médicales ou autres.
Bon chemin de guérison à tous, bonne route avec le Christ.
« Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » J’avais fini par bien la connaître cette phrase qui revenait souvent quand nous abordions le thème des souvenirs d’enfance. « Chez nous, il n’y en avait que pour mon frère ! » Il y avait dans cette phrase une forme d’âcreté bien particulière, une âcreté de pamplemousse, presque désagréable, mais fraîche et qui faisait plisser les yeux de Marguerite quand elle la disait, comme lorsqu’on mord un fruit trop acide.
Cette phrase lui donnait un véritable « coup de jeunesse » en lui faisant remonter au visage une maussaderie d’adolescente. Les mois ont passé, les années peut-être, et Marguerite a de moins en moins fréquenté les discussions de groupe…
Un jour, dans l’intimité de sa chambre, la jeunesse revient au centre de la discussion. Marguerite se souvient du souhait de ses parents qu’elle aille en Suisse alémanique pour apprendre la langue. Elle raconte le départ de Lancy, l’arrivée à Bâle, la grande maison des hôtes, leur pingrerie, leur froideur hautaine, la dignité blessée de cette toute jeune fille, et l’ennui… l’ennui qui s’installe, qui serre la gorge, coupe l’appétit et empêche de dormir.
En rentrant du cours d’allemand, un jour, Marguerite n’y tient plus… elle se rend chez la logeuse d’une camarade genevoise plus chanceuse qu’elle et téléphone au bureau de l’entreprise paternelle. La commission sera faite au patron quand il reviendra de livraison. Voilà, c’est dit… Je suis tellement malheureuse ici !
Au matin du jour suivant, Marguerite est réveillée par un drôle de bruit, des cailloux, des petits cailloux qui résonnent aux volets de bois… Elle ouvre la fenêtre et voit son père, là dans la cour, souriant et fatigué… Il s’est mis en route dès qu’il a appris les nouvelles de sa fille… Il n’a pas fermé l’œil dans le train entre Genève et Bâle…
Le silence s’installe entre nous, plein, nostalgique et curieusement mêlé de contentement : dans le geste chevaleresque de son père brille une tendresse brute, non taillée, infiniment précieuse… Et toutes ces années plus tard, Marguerite se rend compte que ce matin-là, « il n’y en avait que pour elle… ».
Simon entouré des confrères et séminaristes lors de la première messe à Vannes. Simon a choisi de célébrer une messe votive à l’Esprit Saint, ce qui explique la couleur rouge.
Par Valentin Roduit | Photo : Marie-Fontenelle Heiser
En été 2022, les paroisses de Collombey et Muraz sont allées en pèlerinage en Bretagne, à Sainte Anne d’Auray, chez la grand-maman de Jésus (voir L’Essentiel octobre 2022).
Là-bas, nous avons été accueillis par Simon Liot de Nortbécourt, dit « le breton ». Quelques semaines plus tard il était ordonné diacre et revenait de nombreux week-ends dans nos paroisses pour exercer son ministère par la prédication, la catéchèse, un baptême et de nombreuses autres rencontres ou moments conviviaux.
Le 18 juin dernier, Simon a été ordonné prêtre à Sainte Anne d’Auray, dans une basilique lumineuse et remplie de sa famille, de ses amis, de nombreux prêtres, diacres et chrétiens de son diocèse.
Dans son homélie, l’évêque, Mgr Raymond Centène, a rappelé que « notre Dieu est le Dieu qui sauve » et que « Dieu veut avoir besoin de nous pour accomplir son dessein d’Amour et de Salut ». C’est bien dans ce dessein que Simon s’est formé durant sept ans, entre Sainte Anne d’Auray, Fribourg, Jérusalem et nos paroisses de Collombey et Muraz.
Lors d’une première messe à Vannes à la tonalité très intérieure (Simon n’avait plus de voix), il a exploré dans sa prédication la mission du prêtre d’offrir le sacrifice. De même que chaque fidèle offre des sacrifices à Dieu, le prêtre s’offre lui-même et rend présent le sacrifice du Christ.
Simon est également venu célébrer une « première messe » (dans la tradition de l’Eglise, des grâces spéciales sont attachées aux messes célébrées durant la première année de sacerdoce, et aux bénédictions qui peuvent être données par lui) au Monastère des Bernardines à Collombey le mardi 4 juillet. Ceux qui l’ont entendu progresser en homélie durant son diaconat ont pu se réjouir de le voir présider l’eucharistie et de prier avec lui.
Soigner, guérir et prendre soin des frères et sœurs en humanité.
Propos recueillis par Alessandra Arlettaz | Photos : Romaine Pouget
Le thème est « Médecin et Chrétien », me dit-on, en me demandant d’écrire cet article. En ce qui me concerne, ce serait plutôt « Chrétienne et Médecin », puisque c’est une chrétienne, intérieurement déjà consacrée au Seigneur, qui a débuté avec enthousiasme des études de médecine à l’âge de 19 ans. A cette période, je me savais déjà en « état de vie consacrée », bien que ne voyant pas encore sous quel type d’engagement cela allait « s’officialiser ».
Le Seigneur ne m’a fait découvrir l’existence de l’Ordre des Vierges consacrées que 11 ans plus tard, alors que déjà médecin depuis 5 ans, il me tardait vraiment de pouvoir Lui dire « OUI » officiellement. Dans le même temps, je savais tout à fait clairement que j’étais faite pour être médecin. Je dirai donc que je suis une enfant de Dieu qu’Il a appelée à une double vocation, celle de consacrée et celle de médecin, ceci se mariant très bien à la vocation de vierge consacrée.
A partir du moment où une rencontre personnelle et profonde avec Dieu a lieu, toute la perception de la vie est fortement imprégnée de cette dimension. Les études, et l’activité professionnelle, ont un sens différent et peuvent être vécues comme une mission donnée par le Seigneur pour vivre, selon Son Cœur, notre « stage d’Amour » sur la terre. De fait, si le but perçu de la vie sur la terre est d’apprendre à aimer, notre façon de percevoir nos journées, les interactions avec nos frères et sœurs en humanité (y compris professionnelles) en a nécessairement la « couleur et l’odeur », en dépit de nos limites personnelles et des épreuves qui agitent la surface. La vie consacrée qui nous fait « élan d’amour » en réponse à un « Elan d’Amour » touche ainsi naturellement toutes les dimensions de notre vie, activité professionnelle comprise.
Soigner, guérir, quelle mission magnifique et hautement privilégiée !
Personnellement, il m’est donné d’aimer « prendre soin ». Plus j’avance, plus j’aime d’ailleurs « prendre soin » de mes frères et sœurs en humanité, plutôt que simplement « soigner ». En effet, au-delà de la passionnante dimension scientifique, il y a toujours la rencontre d’une personne tout à fait inédite dans sa dimension corporelle, psychique et spirituelle. Et je pense que le Seigneur (si on le veut bien) essaye toujours d’ouvrir notre intelligence sur chacune de ces dimensions, pour que le soulagement apporté soit le plus large possible et s’opère dans le plus grand respect possible de la personne unique et sacrée qui nous est confiée. Ainsi, quand on ne peut pas guérir, on peut toujours être un « baume sur les blessures de nos frères », une présence de Vie auprès de ceux qui sont « en fin de cette vie », …
Je conclurai par une immense action de grâce envers Celui qui nous a aimés le premier et qui nous accompagne avec tant de patience et de délicatesse dans les missions qu’Il nous a confiées pour notre plein épanouissement, pour la joie de tous et pour que notre vie soit une vivante louange à la gloire de Son Nom.
(Cf. Wikipédia et Catéchisme de l’Eglise catholique)
Dans l’Eglise catholique, une vierge consacrée est une femme qui, par amour de Dieu, s’est engagée à vivre dans le célibat et la chasteté, et a été consacrée au nom du Seigneur par l’évêque de son diocèse de domicile.
L’Ordre des Vierges consacrées remonte aux temps apostoliques. « Dès les temps apostoliques, des vierges chrétiennes, appelées par le Seigneur à s’attacher à Lui sans partage dans une plus grande liberté de cœur, de corps et d’esprit, ont pris la décision, approuvée par l’Eglise, de vivre dans l’état de la virginité « à cause du Royaume des cieux » »
C’est la devise de l’association Africa Smile. De retour du Togo où elles ont travaillé comme enseignantes bénévoles, deux Octoduriennes, Ludmila Becerra et Valentine Rey, nous livrent leur témoignage.
Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR
Ludmila Becerra, présentez-nous Africa Smile. LB : Fondée en 2014 à Lomé, les objectifs de l’association sont la lutte contre la pauvreté et l’aide au développement rural. Active dans l’éducation, la culture, le sport, la santé, l’environnement, elle a fusionné en 2019 avec l’Association de Volontariat International Djidudu autour du projet O-Vie (Orphelins Vie). Africa Smile apporte son soutien toutes confessions confondues. Latévi Lawson et Reine Dayalor en sont les piliers.
Vous êtes enseignante. Quelles sont les différences principales entre l’école ici et au Togo ? LB : Nous avons travaillé avec des élèves de CE1 (7-8 ans) sur un projet d’expression et de lecture. Il y a de grandes disparités : peu de matériel, un enseignant pour 120 élèves et donc des cours uniquement en frontal. Le cours est donné puis recopié et l’oral a une moindre place.
A quoi ressemble la journée type d’une stagiaire ? VR : L’été, l’horaire est plus léger avec des cours de 8 à 12h, mais l’école reste ouverte sauf pour deux semaines. On débute en chansons avec des enfants très motivés puis il y a une pause repas de 30 minutes durant laquelle nous leur donnons des poches d’eau. Régulièrement, le repas est payé et préparé par les stagiaires aidés de Zobré. C’est un moment festif avec du riz et des pâtes en sauces, des haricots et le traditionnel foufou. Après le repas, Aristide, notre enseignant, sort le tam-tam et place à la danse ! Le retour se fait ensuite à pied pour tous.
Quels autres projets concrets avez-vous réalisés ? VR : Nous avions lancé une cagnotte avant le départ. Sur place, nous avons remarqué le manque d’eau : les enfants reçoivent des poches d’eau de 5 dl pour deux. A l’aide de la cagnotte d’un troisième stagiaire et la réactivation des réseaux, le total a pu financer la construction d’un forage à la petite école. C’était le besoin primaire le plus urgent. A peine la somme reçue, les ouvriers sont venus creuser un puits de 39 m. Avec le surplus, deux salles de classe supplémentaires ont pu être construites.
Quels sont vos plus beaux souvenirs ? LB / VR : Les danses, les chants comme « Kékéli » (trad. lumière), les sourires, les causeries avec les responsables et les stagiaires, les moments passés avec Hola, le chauffeur, à la découverte des paysages luxuriants de Kpalimé et dans la ferme de la maman de Latévi Lawson qui s’occupe de cinq orphelins, les balades au marché entourées de chèvres et de taxis-motos à la recherche de pagnes, les séances de tressage, dire « bonsoir ! » à midi, se faire souhaiter la « bonne arrivée ! », être surnommées « les tatas »… L’Afrique quoi ! Le premier jour du forage a aussi été un moment émouvant avec cette satisfaction d’apporter un bien aussi précieux que l’eau.
Qu’est-ce qui vous a marquées dans le mode de vie au Togo ? LB / VR : La perception différente du temps, des déplacements, la cordialité, la cohabitation des religions (christianisme, animisme, islam) avec l’appel à la prière puis les cloches des églises, les plats traditionnels vendus dans la rue… Outre le positif, il y a malheureusement trop de déchets plastiques et des routes de sable difficilement praticables.
Que répondez-vous au reproche souvent formulé aux jeunes bénévoles occidentaux : « Il y a assez à faire ici, pourquoi aller à l’autre bout du monde ? » LB : L’un n’empêche pas l’autre mais quand des besoins élémentaires manquent, nous réalisons notre chance et puis, la rencontre avec une autre culture est un plus. Soyons reconnaissants et, quand nous partageons, peu importe où. VR : Le niveau de pauvreté n’est pas comparable et le filet social quasi inexistant. Il faut aussi savoir sortir de sa zone de confort pour adopter d’autres perspectives et perdre nos habitudes chronophages.
Continuez-vous à soutenir l’association ? LB : Nous aidons à distance la petite école et l’orphelinat en proposant des idées et en trouvant un financement. Sinon, via les réseaux, on peut participer à des cagnottes, parrainer un enfant (25 € par mois pour nourrir sa famille), acheter des chouchous, des tote bags de l’association, devenir bénévoles ou stagiaires, en parler. De mon côté, par le biais de ma petite entreprise (fabrication de chouchous avec des tissus neufs et recyclés), j’aide chaque mois l’association : mes créations avec des tissus du marché de Lomé sont vendues à Fr. 4.– et j’assure le suivi aux abonnés.
Les enfants de la catéchèse ayant participé à l’après-midi récréatif au couvert du Bochet.
Tableau de saint Bernard de Mont-Joux, le Saint Patron de la chapelle d’Illarsaz.
Petite chorale des Jeunes du Chablais.
Messe de la Patronale célébrée par le curé, entouré de ses deux vicaires.
La verrée après la messe.
Signalons qu’une année jubilaire a commencé avec saint Bernard de Mont-Joux, appelé aussi saint Bernard des Alpes ou encore saint Bernard de Menthon (1020-1086) (à ne pas confondre avec saint Bernard de Clairvaux). En effet, le 15 juin 1923, jour de la fête liturgique de saint Bernard du Mont-Joux, le pape Pie XI, a proclamé « notre » saint, patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Pour marquer ce centenaire, la congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard va mettre à l’honneur, une année durant, leur saint Patron, du 15 juin 2023 au 28 août 2024 (jour de fête de saint Augustin, second patron des chanoines).
Saint Bernard du Mont-Joux, priez pour nous, qui sommes ici-bas comme des voyageurs. Aidez-nous à gravir la sainte montagne spirituelle de notre existence, tout comme Moïsea, jadis, gravit le mont Sinaï, pour parvenir à la rencontre béatifiante avec Dieu !
La Vierge noire à Einsiedeln, notre Dame des Ermites.
Texte et photos par Véronique Denis
La rencontre a lieu à son cabinet, au cœur de la ville de Martigny. Avec Hannelore, pas de demi-mesure. Elle est tout entière dévouée à sa tâche de médecin généraliste, médecin répondante pour les EMS de Charrat-Fully-Saillon-Leytron-Grimisuat. Célibataire par choix, elle considère son travail de médecin comme une véritable vocation au service de l’humain. Elle ne compte pas ses heures pour vivre à fond sa mission de médecin.
Elle a été élevée dans une famille pratiquante, notamment lors de ses vacances d’été au Jura, chez ses grands-parents maternels. La messe quotidienne à 7h l’émerveillait et elle a participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec les Jurassiens, auprès de la Vierge noire. Aujourd’hui, elle entretient d’excellents contacts avec les chanoines du Grand-Saint-Bernard, responsables des communautés paroissiales du secteur de Martigny.
Ces souvenirs d’enfance l’ont confortée dans sa foi chrétienne et aujourd’hui encore, la prière quotidienne (elle passe tous les soirs à l’église paroissiale de Notre-Dame de la Visitation à Martigny-ville pour allumer un lumignon et confier les patients rencontrés durant la journée) et la messe du dimanche nourrissent sa vie de croyante.
Lors de ses visites dans les EMS, au moment où les résidents vont vivre leur Pâque, le passage vers la Vie éternelle, elle invite toujours les familles chrétiennes à contacter le prêtre ou le pasteur pour une rencontre et recevoir les sacrements de l’Onction des malades ou le viatique. En tant que médecin-adjointe au médecin cantonal pour les districts de Martigny-Entremont, lors des morts violentes (suicide, Exit, accident, etc.), Hannelore est appelée avant la levée des corps. Durant le trajet en voiture, avant le constat, elle confie le défunt au Père des cieux et prie son saint « préféré », saint Antoine de Padoue. Elle invite parfois les patients, selon leur situation personnelle et leur religion, à recourir à la prière pendant le processus de guérison ou de fin de vie.
Médecin – chrétienne, pour Hannelore, c’est un tout. Il n’y a pas de séparation. La foi chrétienne apporte à sa vie professionnelle une autre dimension : la relation à l’Autre, à Dieu qui est source de vie, d’amour et de bonté.
Nous terminons l’entretien en évoquant ses merveilleux souvenirs vécus à Lourdes lors des pèlerinages d’été. Les contacts noués avec les résidents de la Castalie, fidèles pèlerins de Lourdes en été, l’ont même amenée à demander à la Fondation Annette et Léonard Gianadda de financer l’achat d’un nouveau bus pour les sorties des membres de Cérébral Valais.
Merci Hannelore pour ta joie de vivre, ta foi intense qui t’habite et qui déborde d’espérance et de charité pour tous ceux que tu rencontres.
Christelle Gaist est une jeune femme enthousiaste. Passionnée d’art et de nature, elle y trouve facilement des portes d’entrée vers Dieu. Fraîchement confirmée, elle a à cœur de participer plus activement à la vie de la paroisse. Ainsi, elle a récemment souhaité rejoindre la rédaction de votre magazine préféré. Elle permet ainsi à notre petit groupe et à L’Essentiel de se diversifier.
Par Christelle Gaist Photos : DR
En début d’année, j’ai rencontré un homme à la chapelle de la Bâtiaz. Il avait pris pour habitude d’apporter chaque semaine des fleurs à la Vierge Marie. Quelque temps plus tard, j’ai entendu une femme confier le seul regret qu’elle éprouvait par rapport à son mariage. Elle aurait voulu réserver le plus beau bouquet du jour à Marie. Au mois d’avril, j’ai pu vivre l’opulence des églises florentines, ornées de bouquets plus magnifiques et plus odorants les uns que les autres.
Durant la belle saison, une idée a germé dans mon esprit : et si les fleurs avaient été créées par notre Seigneur pour rendre hommage à Marie ? C’est en prenant le temps de regarder toutes ces merveilles qui colorent le printemps et l’été, que l’existence de Dieu et de son génie créatif m’apparurent comme une évidence.
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus nous demande de ne pas verser dans un souci excessif. Il nous invite à observer les lis des champs, qui ne travaillent ni ne filent, mais qui pourtant sont habillés par Dieu d’une manière exceptionnelle (Mt 6, 25-34). Si le Seigneur donne autant de splendeur aux herbes des champs, pourquoi ne serait-il pas aussi généreux avec nous les êtres humains ?
Les lis sont utilisés dans de nombreuses représentations picturales de l’Annonciation, comme par exemple celle de Léonard de Vinci. Face à Marie, l’archange Gabriel en tient une gerbe dans sa main gauche. Avec leurs pétales qui s’ouvrent, les lis semblent annoncer eux-mêmes la venue de Jésus. Notre Dame a souvent été associée aux fleurs pour mettre en évidence sa grâce, sa pureté et sa beauté. Certaines personnes ont vu dans les ancolies la main gantée de la Vierge. Je ne peux m’empêcher de penser au bleu céleste de son manteau en m’extasiant devant les gentianes des montagnes.
Les Anglo-saxons ont une expression que j’affectionne tout particulièrement. Selon eux, il faudrait s’arrêter un instant pour sentir les roses. Les fleurs sont une invitation à déceler la présence de Dieu dans notre quotidien et à s’en réjouir. Elles sont un rappel de ses miracles. Ces petites dames des champs, des sous-bois, des marais sont, elles aussi, je le crois, porteuses de la Bonne Nouvelle. A travers elles, Dieu ne nous livrerait-il pas un peu de l’essence du ciel ?
Les Journées Mondiales de la Jeunesse se sont déroulées cette année au Portugal, en la ville de Lisbonne. Merci à Mauro de nous faire part de son expérience des trois semaines des JMJ.
Par Mauro Cortese | Photos : Camille Ulrich
Lors de ma première semaine, j’ai vécu l’expérience de me mettre au service des autres, en particulier des personnes les plus fragiles. Le pèlerinage a commencé à Lourdes. La cérémonie d’ouverture a été grandiose car dès le premier soir, nous avons pu écouter gratuitement un concert dans le sanctuaire avec Andrea Bocelli accompagné d’un orchestre. J’ai vécu cette expérience comme un cadeau du ciel car c’était une chance qu’il soit là en même temps que nous alors que je suis très attaché à la culture italienne et spécialement à sa musique. Par la suite, j’ai dédié toute cette semaine au service et à nouer des amitiés avec des personnes en situation de handicap. Il y a tellement de choses à partager sur une semaine aussi belle et intense. Mais le mieux pour comprendre est de vivre cette expérience au moins une fois !
Ma deuxième semaine est la semaine des JMJ en diocèse. Après une messe internationale à la grotte de Lourdes avec les JMJistes d’autres pays nous sommes partis en car, direction Braga au Portugal. Arrivés à Braga, nous avons été accueillis comme des rois. La paroisse et les familles nous avaient préparé un apéro accompagné de plein de bonnes choses à manger. Chez les familles, nous mangions très bien et nous avions vraiment l’impression de faire partie de leur famille. Ils avaient à cœur de nous présenter leur culture, leurs monuments, leur pays. Nous étions très touchés par leur accueil. Nous avons hélas dû leur dire au revoir pour partir à Lisbonne à la fin de la semaine. Mais nous gardons contact à travers les réseaux sociaux.
La troisième semaine à Lisbonne était encore différente. Le climat change, nous découvrons l’océan. Les déplacements dans la ville se faisaient en train ou en bus. Il y avait énormément de jeunes provenant de tous les pays. Ce fut également un moment très marquant : aller à la rencontre de 1,5 million de jeunes provenant de cultures différentes mais partageant la même foi, vivre des messes en plein centre de Lisbonne avec une foule de jeunes qui s’étendait à l’infini, rencontrer le Pape et écouter sa parole, se faire de nouveaux amis.
Nous avons vécu tellement de choses marquantes lors de ces trois semaines qu’il m’est difficile de tout énumérer. L’expérience qui m’a peut-être le plus marqué, a été la Veillée du samedi soir avec le pape François. Le Saint-Père a une santé fragile mais quand il parle à une foule de jeunes, il nous transmet l’espérance et la force. Il nous touche. Le moment d’adoration que nous avons vécu, a été unique. Il y avait un silence profond au milieu d’une foule d’1,5 million de jeunes qui priaient devant le Saint Sacrement.
Je ne peux que vous recommander de venir aux JMJ en 2027 ! (à Séoul, en Corée du Sud).
A Lourdes (première escale lors du voyage en car).Coucher du soleil (samedi soir de la Veillée).
Médecine et chrétienté sont (trop) souvent perçues comme deux univers différents. C’est oublier que saint Luc est le saint patron des médecins ; avant d’être l’un des évangélistes et l’auteur des Actes des Apôtres, il était médecin lui-même. Parmi ceux qui ont relaté les épisodes marquants de la vie de Jésus, c’est dans l’évangile de Luc que l’en retrouve plus de détails des guérisons effectuées par Jésus : modeste et compatissant, il retient plus que les autres évangélistes tout ce qui marque la bonté du Sauveur.
Médecine et chrétienté se trouvent étroitement mêlées. La vie, la compassion, l’amour du prochain guident de la même manière l’action du médecin et du chrétien qui célèbrent la Vie et l’Amour du prochain.
Comme il est écrit dans l’Ecclésiaste 9, 12-13 : « Mon fils, quand tu es malade ne te révolte pas, mais prie le Seigneur et il te guérira. Puis aie recours au médecin, car le Seigneur l’a créé lui aussi, ne l’écarte pas, car tu as besoin de lui. Il y a des cas où l’heureuse issue est entre leurs mains. A leur tour en effet, ils prieront le Seigneur. » Aimons nos médecins ainsi que nos médecins de l’âme.
Si les notions de préservation du patrimoine et de restauration sont désormais incontournables, elles sont toutefois récentes. En effet, avant le XIXe siècle, c’est le besoin et les goûts du moment qui orientaient les décisions. Aujourd’hui, des questions profondes accompagnent les grands chantiers: quel est le sens d’un lieu? Parle-t-il du passé? Est-il au service des hommes de ce temps? Est-il fonctionnel ?
Par Amandine Beffa | Photos : J.-Claude Gadmer, Flickr, DR
La question de la restauration des édifices a pris un sens tout particulier le 15 avril 2019. En effet, ce soir-là, Notre-Dame de Paris brûlait sous les yeux du monde entier, entraînant avec l’effondrement de sa flèche de multiples questions. Entre désir de reconstruire à l’identique et volonté de donner de la place à des artistes contemporains, les débats sont vifs. Pourtant, si ces questions sont incontournables aujourd’hui, elles sont récentes. Les concepts ont pour la plupart été définis après la Révolution française.
En soi, nous n’avons pas attendu le XIXe pour réparer et reconstruire. Les incendies ont longtemps été très fréquents et les édifices ne sont pas laissés en ruines. Cependant, les bâtiments évoluaient selon les goûts et les besoins. Par exemple, le style gothique remplace le roman. De nombreuses églises sont ainsi détruites et reconstruites. La cathédrale de Beauvais en France est un cas unique, un manque de fonds n’ayant pas permis de finir la construction de la cathédrale gothique.
Tournant révolutionnaire
La période révolutionnaire marque un tournant. Certains considèrent qu’il convient de détruire toutes les traces de l’Ancien Régime. D’autres, comme l’Abbé Grégoire, soutiennent au contraire que les monuments détiennent la « mémoire collective » et qu’il convient de les conserver.
La notion de « monument historique » apparaît en 1830. Des postes d’Inspecteur général des monuments historiques sont créés pour classer les édifices et évaluer les travaux nécessaires. Les premiers principes sont toutefois définis par des architectes et non par des historiens, ce qui oriente le débat.
S’il est possible d’adresser un certain nombre de reproches à Eugène Viollet-le-Duc, il est indispensable de reconnaître ses apports. Son nom est en effet indissociable du développement de la notion de restauration. Très cultivé, l’architecte français défend un patrimoine qui n’intéresse pas à son époque. Beaucoup d’édifices tombent en ruines sans que cela n’émeuve personne. Dans une volonté de « cohérence historique », Viollet-le-Duc essaie de rester fidèle à ce qu’il comprend des édifices. Il tente d’utiliser des techniques et des matériaux correspondant à ceux de l’époque d’origine. Ses recherches sont documentées. Il refuse par exemple d’utiliser du fer pour les charpentes. Il ne cherche pas à retrouver le bâtiment tel qu’il a été, mais à proposer un idéal. Il recherche la « cohérence historique ». Il écrit dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française : « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut ne jamais avoir existé à un moment donné. »
Fin XIXe, John Ruskin s’oppose à Viollet-le-Duc et à la « théorie de l’unité de style » qu’il considère comme une destruction. Critique d’art et théoricien, il préfère la conservation et enjoint à « accepter qu’un bâtiment puisse mourir ». L’idée est de garder en vie et non d’intervenir pour rétablir à un état historique donné.
Fondements scientifiques
Il faut attendre 1931 et la Charte d’Athènes pour que les premiers fondements scientifiques soient posés. Elle insiste sur la valeur des phases successives des édifices, reconnaissant que chaque époque est un apport et mettant l’accent sur « la continuité de vie ».
La Charte de Venise date de 1964 et distingue notamment les notions de préservation et de restauration. Elle propose « que l’on restaure les monuments historiques dans leur dernier état connu ». La restauration au sens strict est appelée à revêtir un caractère exceptionnel et la « réinvention » est rejetée. L’idée-force est que la conservation « s’arrête là où commence l’hypothèse ». Il importe que les interventions soient lisibles et réversibles. Elles doivent : « S’intégrer harmonieusement à l’ensemble, tout en se distinguant des parties originales. »1
Ces points s’illustrent de manière particulière à travers la restauration de la fresque de Gino Severini à la basilique Notre-Dame de Lausanne. En effet, la restauration de 1976 a très légèrement modifié l’œuvre originale. Aujourd’hui, se pose la question d’une restauration au dernier état connu ou à l’état d’origine 2.
En Suisse, la protection des monuments historiques est une compétence cantonale. La première loi date de 1898 et est promulguée dans le canton de Vaud. Il faut attendre 1966 pour voir apparaître une loi fédérale sur le sujet. En 1880, la Société pour la conservation des monuments historiques est fondée. Théodore de Saussure en est le premier président.
Questions profondes
Aujourd’hui, des questions profondes accompagnent les grands chantiers : quel est le sens d’un lieu, parle-t-il du passé ? est-il au service des hommes de ce temps ? est-il fonctionnel ?
Dans le canton de Genève, l’église de l’Epiphanie a brûlé en 2014 et celle du Sacré-Cœur en 2018. La première a été reconstruite a l’identique alors que la seconde renaîtra différemment. L’abbé Pascal Desthieux, ancien Vicaire Episcopal pour le canton de Genève, souligne que les deux visions répondent avant tout aux besoins et aux désirs des paroisses. Le chantier du Sacré-Cœur est guidé par des perspectives liturgiques et esthétiques. L’autel sera positionné au centre afin de rappeler que l’église est le lieu de la communauté rassemblée autour du Christ. Il s’agit aussi de créer un lieu qui soit beau et qui donne envie d’être visité : « Il faut que lorsqu’on arrive on se dise : « waouh, c’est super » », commente l’abbé Desthieux.
Le défi de la conciliation du lieu de rassemblement pour les célébrations et du lieu de prière quotidienne en dehors des offices s’est aussi posé. Il a été nécessaire de travailler sur les jeux de lumière. Pascal Desthieux rappelle l’adage Lex orandi,lex credendi, soulignant l’importance du lieu où l’Eglise célèbre ce qu’elle croit.
1 Charte de Venise, articles 9-13. 2 Voir par exemple l’article du journal Le Temps sur le sujet : Rossel, N., Art liturgique à Lausanne – Faut-il supprimer les retouches de la fresque du Valentin ? 14.03.2021.
La reconstruction de l’église du Sacré-Cœur est en cours au centre de Genève.
L’église de l’Epiphanie à Genève a été reconstruite à l’identique après l’incendie de 2014.
La restauration de 1976 a très légèrement modifié la fresque de Gino Severini à la basilique Notre-Dame de Lausanne.
Soixante-huit enfants ont célébré leur première communion dans quatre églises de la paroisse en avril et mai derniers. Reflets illustrés avec la liste des enfants concernés.
Photos: Guillaume Grandgirard (Estavayer, Bussy et Cugy)et Marc Ducrest (Murist)
Première communion à Estavayer
Ont reçu la première communion à Estavayer le 30 avril dernier : Bieri Félix, Bloechle Thibault, Bloechle Timéo, Cardoso Duarte Leniker, Despont Adrien, Do Rosario Mendes Mathilde, Dos Santos Ramos Lais, Florim Miranda Tomas, Ganière Philippe, Mauron Valentin, Mota de Aguiar Marujo Santiago, Pellet Mathis, Pereira Dias Anaïs, Perritaz Warren, Pillonel Colin, Pythoud Lehyan, Riello Lina, Semedo Varela Eddylson, Semedo Varela Edilsa, Stegmann Liam, Stegmann Mila, Teixeira Coelho Enzo, Volery Kilyam.
Première communion à Cugy
Ont reçu la première communion le 7 mai à Cugy : Lya Berger, Emy Buchs, Patrick De Sousa Gomes, Ioana-Bianca Mihaila-Faur, Jessy Pochon,Hugo Santos Mateus, Jonas Sukyart, Laura Afonso, Ella Bueno, Emilie Cherbuin, Zoé Cosandey, Liam Sa Silva, Alicia Dubey, Colin Fasel, Maeva Inguscio, Devon Tarabori, Pierre Vanheck.
Première communion à Murist
Ont reçu la première communion à Murist le 21 mai : Evelyne Duarte, Alana Herrera Gusman, Leandro Santos Mota, Elioth Marci, Julia Studer, Simon Bertschy, Nelson Brügger, Quentin Emery, Noah Ménétrey, Elise Noël, Leo Rajic, Caroline Simoes Marques, Ryan Baechler, Ilidio Bernardo Pereira, Laura Duc, Marine Martin, Nolan Pillonel, Eliott Watson.
Première communion à Bussy
Ont reçu la première communion à Bussy le 21 mai : Baudois Camille, Bayart Caithlyne, Carrard Maël, Ruffieux Luca, Boguszewski Lena, Marques Luca, Oliveira Monteiro Nayara, Vésy Noé, Marmy Noha, Nunes Semedo Kyara.
Par François-Xavier Amherdt | Photo: cath.ch/B. Hallet
Bien sûr, il vaut la peine d’investir des millions pour entretenir le patrimoine de nos cathédrales, pour réparer la flèche de Notre-Dame de Paris ou restaurer la Basilique de Valère à Sion. Cela permet, d’une part, à d’innombrables visiteurs, dont beaucoup sont très éloignés de l’Evangile, de recevoir une forme de catéchèse à travers les portails, les narthex, les tympans des colonnes, les vitraux, les sculptures et les peintures qu’ils trouvent dans ces édifices. Surtout si des visites guidées sont organisées et si les cicérones désignés possèdent des compétences théologiques et ecclésiales adéquates.
Sacerdoce royal et spirituel
Mais ensuite, et surtout, cela donne l’occasion aux pierres vivantes de la construction sainte en Jésus-Christ que nous sommes d’exercer leur sacerdoce royal et spirituel (1 Pierre 2, 5). Il est très symbolique que ce soit une épître de l’apôtre Pierre qui le clame si fortement, en reprenant probablement une homélie baptismale et en l’insérant dans la trame de la lettre. Ce passage de 1 P 2, 4-10 est l’un des textes les plus cités par le Concile Vatican II. Car il exprime au mieux la dignité si élevée de celles et ceux qui reçoivent le baptême et l’onction du saint chrême : désormais, nous sommes toutes et tous proches de la pierre précieuse et choisie par le Père, Jésus-Christ lui-même, lui que les hommes ont rejeté, qui constitue un rocher d’achoppement pour ceux qui ne le reconnaissent pas et qui est devenu la clé de voûte.
Le Fils de Dieu, notre fondation
En offrant notre existence en sacrifice spirituel, agréable à la Trinité sainte, nous participons à l’édification de l’Eglise comme la maison maternelle et accueillante pour l’humanité entière. Si nous nous appuyons sur le Fils de Dieu comme notre fondation, nous savons que rien ne pourra nous ébranler ni nous confondre. Croire dans le Verbe fait chair, c’est ainsi faire partie du peuple élu, bénéficiaire de la miséricorde divine, et proclamer à la face du monde les merveilles du Seigneur qui nous a appelés à son admirable lumière. Comme prêtres, nous nous donnons nous-mêmes, prophètes chargés de cette annonce salvatrice et rois-serviteurs de l’unité. Soyons pierres vivantes au cœur des cathédrales, pour qu’elles resplendissent dans l’univers.
Quatre processions de la Fête-Dieu ont parcouru les rues de localités de notre paroisse, le jeudi 8 juin dernier. Reflets en images.
Photos: Matthieu Angelini (Estavayer), André Bise (Font), Raphaël Roulin (Bussy) et Antonella Reggiani-La Faci (Cugy)
A Estavayer…
… la procession a emprunté un nouvel itinéraire raccourci après la messe à la collégiale. C’était la première Fête-Dieu vécue à Estavayer pour le nouveau curé-modérateur, l’abbé Darius.
A Font…
C’est l’abbé Bernard qui a conduit la procession à Font pour la région ouest de la paroisse dans un décor idyllique avec la participation du chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres.
A Cugy…
C’est l’abbé Jean-Louis Hôte, de la communauté des Focolari de Montet, qui a célébré la messe et conduit la procession à travers le village de Cugy avec la participation du chœur mixte et de la fanfare.
… et à Bussy
La procession de la communauté de Notre-Dame des Flots a eu lieu cette année à Bussy et a été conduite par le Père Matthias, avec la participation du chœur mixte de Notre-Dame des Flots, de la fanfare « La Villageoise » de Rueyres-Bussy-Morens et de « L’Echo du Lac » de Forel-Autavaux-Montbrelloz.
En arrière-fond, un procès sur un immeuble à Londres ; sur le devant de la scène, un Pape résolument déterminé à boucler le dossier « assainissement des finances du Saint-Siège » et autres règlements touchant au patrimoine de l’Eglise.
Touche finale
Point d’orgue symptomatique de sa réforme financière de l’Eglise et du Vatican, un motu proprio (ou lettre apostolique faisant acte de son « propre chef », motu proprio en latin), en italien, signé du 20 février dernier et publié dans les deux organes officiels que sont l’Osservatore Romano (journal du Saint-Siège) et les Acta Apostolicae Sedis (archives), déclare sans équivoque que « tous les biens mobiliers et immobiliers, les disponibilités liquides et les titres en mains des divers Dicastères de la Curie romaine ou de la Cité du Vatican, présents et futurs, sont des biens publics ecclésiastiques et comme tels bien du Saint-Siège ». Point barre !
Quoi de neuf ?
Finies les acquisitions par tel ou tel cardinal cupide ou opportuniste, tel ou tel organisme sis dans la Cité du Vatican et agissant en son nom propre sous couvert d’être au service du Pape ! Terminés les passe-droits entre amis et collègues. Basta cette forme de népotisme encore existante même si bien réduite depuis les temps des Borghese et des Borgia ! Arrivederci les entourloupes enrichissant tel ou tel « serviteur du Saint-Père »… au nom de ce même service ! Oui, tout pour et seulement pour la mission : évangéliser !
Administrateurs et pas proprio !
« Aucune institution ou entité d’Eglise ne peut s’arroger le droit absolu et privé de propriété d’un bien d’Eglise » qui doit être, selon la dernière constitution apostolique Praedicate Evangelium, dévolue exclusivement à la mission au sens large du terme.
Et « les biens confiés auxdites entités ne font d’elles que des administratrices et des non des propriétaires » sous la tutelle du désormais unique responsable financier de l’Eglise, le « Conseil pour l’Economie » et son « Secrétariat » – entités créées par François pour rationaliser, assainir et simplifier la gestion du patrimoine ecclésiastique.
François avait été élu il y a dix ans pour évangéliser… même les finances de l’Eglise – et c’est réussi ! Reste à faire suivre…
Par Marianne Berset Dessin : Eva Bertschy / Photo : LDD
Chaque année au mois de novembre, nous invitons les enfants à être des missionnaires en soutenant par la prière, le partage de dessins et la participation à un temps fort. Durant cette année scolaire, nous étions en Indonésie où Missio-enfance a mené un projet qui veille à protéger les enfants. Aujourd’hui, Missio et les catéchistes de la paroisse adressent un chaleureux remerciement à tous les enfants qui ont participé au temps fort ou qui ont transmis un dessin pour les enfants d’Indonésie.
Les responsables ont sélectionné quelques dessins. Cette année, c’est Eva Bertschy, en 8H à Montet, qui reçoit un cadeau.
A la rentrée, nous irons à la rencontre des enfants d’Amazonie. Nous nous réjouissons déjà de vous retrouver pour le temps fort.
A tous un bel été en se rappelant que le Seigneur nous aime tous d’un amour infini.
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