Lisse, lumineux et immuable comme l’ivoire, c’est ainsi que l’on peut présenter le mariage de Gilberte et Jean-Paul Kurmann. Ils vont fêter cet automne leurs noces d’ivoire, c’est-à-dire 62 ans de mariage.
Par Hugo Moesch | Photo : DR
Leur mariage fait partie des temps révolus puisqu’il a eu lieu à Sion, ce 7 octobre 1961 à la Chapelle de l’Evêché où ils ont échangé leur promesse sous les chants du Chœur du Sacré Cœur. Gilberte Fauth est issue d’une famille de huit enfants et Jean-Paul Kurmann membre d’une fratrie de trois.
Il est venu à Monthey en mai 1962 déjà pour s’associer à Bernard Cretton en un bureau d’architecture qui se révélera profitable. La paroisse montheysanne était menée en ces temps-là par le curé Louis Bonvin dont les anciens se souviennent pour avoir fait élever la chapelle du Closillon. Notre couple, heureux d’avoir œuvré de manière à atteindre la retraite simultanément, souligne les impulsions qui leur ont été données au cours des retraites à Bex au Foyer de Charité Dents-du-Midi.
Jusqu’à l’année dernière, encore, Jean-Paul a veillé à organiser une présence à l’église en après-midi pour que les visiteurs puissent avoir le réconfort d’une présence humaine. Cette présence au long cours, c’est comme si nous étions spectateurs d’un marathon : pour une course, on applaudit quelques minutes, mais eux méritent que nos applaudissements retentissent encore pendant des années.
Prière proposée par Jean-Michel Moix : par Michel Hubaut, extrait du livre « Veillez et priez », Ephèse Diffusion, J.-P. Dufour, 1999
Seigneur, Toi qui nous as créés homme et femme
Seigneur, Toi qui nous as créés à ton image et ressemblance, homme et femme, mystérieux mélange de terre animéede ton souffle divin, viens habiter la respiration de notre amour.
Que chacune de nos aspirations soit accueil et que chacune de nos expirations soit don, au rythme de ton propre amour.
Seigneur, Toi la source jaillissante de tout amour humain, accorde-nous la grâce de devenir, l’un pour l’autre, un signe de ton invisible Présence, un appel à aimer sans retour, un sacrement, un chemin qui conduit vers ton Royaume de vie éternelle.
Seigneur, donne-nous assez de foi pour bâtir la maisonde notre amour, pierre par pierre, sur le Roc du Christ.
Garde-nous des lézardes qui la menaceraient de ruine.
Apprends-nous à bâtir une maison qui ferme ses voletsaux mauvais vents de l’usure du temps et ouvre ses portes à tous ceux qui ont besoin de réchauffer leur cœur à la vive flamme de notre bonheur.
Seigneur, apprends-nous à tisser le manteau de notre amour, avec les mailles de la fidélité, du pardon et de la patience,de la vérité, de la joie et de la souffrance.
Aide-nous à ne laisser filer aucune petite maille sourced’une irrémédiable déchirure.
Seigneur, quand viendront les heures de tempête, donne-nous la force de jeter vers Toi l’ancre de la prière afin de pouvoir atteindre, ensemble, et pour toujours, la rive de ton éternité.
Seigneur, que la gratuité et la fécondité de notre amour chantent ton Alliance avec la terre et célèbrent les nocesdu Christ et du peuple de Dieu.
Par Thierry Schelling | Photo : Grégory Roth/cath.ch
« Quand on me dit qu’il y a une congrégation qui attire beaucoup de vocations, je l’avoue, cela me préoccupe », déclarait François au symposium des religieux et religieuses en 2017, car « je m’interroge sur ce qu’il s’y passe ».
De quoi être clair quant à la « crise » des vocations religieuses en Europe notamment : pas le nombre, mais la qualité, condamnant fermement la « traite des novices » : ces congrégations qui, face à la chute des postulants autochtones, partent dans des pays du Sud recruter des jeunes qui n’avaient pas vraiment de vocation religieuse. C’est aussi une forme d’abus !
Qualité !
Il a mis en garde contre « l’hypocrisie de la médiocrité, de ceux qui veulent entrer au séminaire, car ils se sentent incapables de se débrouiller par eux-mêmes dans le monde ». Une hypocrisie qui est « une peste », a-t-il encore asséné.
Réalisme
« Le jour où il n’y aura plus assez de vocations sacerdotales pour tout le monde, le jour où… le jour où ce jour viendra, avons-nous préparé les laïcs, avons-nous préparé les gens à continuer le travail pastoral dans l’Eglise ? », interroge François avec lucidité. D’ailleurs, à prier pour les vocations depuis tant et tant d’années, Dieu a répondu au vu du nombre de femmes et d’hommes qui s’engagent en Eglise, en théologie, en pastorale spécialisée et plus seulement comme catéchistes 1 !
Le pape François élargit la notion de vocation : « Un proverbe de l’Extrême-Orient dit : « l’homme sage regarde l’œuf et voit l’aigle ; il regarde la graine et voit un grand arbre ; il regarde un pécheur et voit un saint ». C’est ainsi que Dieu nous regarde : en chacun de nous, il voit des potentialités, parfois inconnues de nous-mêmes et tout au long de notre vie, il travaille sans relâche pour que nous puissions les mettre au service du bien commun. C’est ainsi que naît la vocation… »
Il y a donc plus que de l’espoir…
1 400 laïcs et 235 prêtres pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, à titre d’exemple de la réponse de Dieu à nos prières !
Vous avez pu découvrir la première partie du témoignage de Christophe Rosay dans les colonnes de notre dernier numéro. En 1979, le jeune motard sierrois avait décidé, avec des amis, de prendre part à une folle aventure à moto. Course improbable qui devait le mener au Col de l’Assekrem dans le massif du Hoggar, et bien plus loin encore. A son retour, peu à peu sa relation avec le Seigneur se creuse et des «surprises» l’attendent… Il raconte.
Texte et photos par Christophe Rosay
Ma Honda XLV750-R sort de révision. Elle se révèle être « le dromadaire » dont je rêve depuis longtemps. Un agenda est enfin programmé pour le Dakar 1984 qui passera par l’Assekrem. Je m’en réjouis. Une équipe est formée, la recherche de sponsors commence. Le projet fédère de nombreux amis. Pourtant, un accident de travail va barrer ma route.
Attention les yeux ! – « L’œil est crevé, il faut opérer » m’apprend-on. Le vide s’ouvre devant moi : il engloutit mes projets. J’avance dans le vide. Ma vie semble foutue. Il me faudra plusieurs années pour y voir plus clair. L’absence de vue stéréoscopique me rend vulnérable et m’interdit la conduite à moto. Je ne vois plus ni le relief, ni les trous. Je m’encouble sur les trottoirs. Je ne supporte plus la lumière du soleil. Je me sens anéanti. J’ai 26 ans. Mon médecin me suggère de transformer mon hobby, la photo, en future profession car, dit-il, il faut fermer un œil pour regarder dans le viseur. Son idée me plaît. Je garde pourtant un pied en mécanique en collaborant au projet d’un nouveau garage moto d’un ami. Ma vue s’améliore et je reprends discrètement la conduite sur deux roues. Mes sensations reprennent vite le pas sur la prudence et la peur.
Accident hivernal – Un beau samedi de février, je me dis que ce serait bien de faire tourner le moteur de la V-Twin rouge. A la sortie d’un village, je mets les gaz à fond. Le moteur rugit, le cardan vibre et le plaisir est au rendez-vous. La route tourne légèrement et me voici, les roues dans l’ombre de la glissière. Le pneu avant dérape sur le bitume. C’est la chute, avec la vision du piquet de glissière dans la trajectoire de ma tête. Je crie dans mon casque : « Seigneur, pas maintenant ! » J’entends : « Vite, pivote sur toi-même ! » Un tour sur moi-même et je passe ainsi entre les poteaux. J’entends un grand crac en frottant ma hanche à ce satané piquet. Je frôle la glissière, vole par-dessus le talus et plonge dans la vigne en contrebas. Je me sens blessé à l’intérieur. Je remonte sur la route pour qu’on me voie. Là, je fais cette promesse au Seigneur : « Si tu me laisses en vie, j’arrête la moto ! » Je me réveille l’hôpital avec des fixateurs externes pour tenir en place mon bassin endommagé. Encore une fois, le Seigneur est présent et la guérison sera totale. La moto ? Pas une raie : personne ne comprendra. La gendarmerie la recherche. Le jeune aspirant de la patrouille prend mal à la vue d’autant de sang perdu, persuadé d’une mort sans délai. A cet instant, je sens le Seigneur me dire : « Je ne t’ai pas laissé une moto pour faire le con… »
Un nouveau regard – J’ai 33 ans. Une cousine me parle des chrétiens charismatiques, des dons de prophétie et de guérison, mais surtout de Jésus Christ. Ce soir-là, j’entends des versets bibliques étonnants alors que je nage en plein tourment. Je « bois » ses paroles tant elles correspondent à ma soif de connaissance. Alors je remets ma vie avec sincérité entre les mains de Jésus. Les liens malveillants sont coupés : « Il n’y aura plus jamais d’accident. » Pourtant ma vie s’effondre : poursuites pour dettes et perte de mon logement font de moi un SDF durant plus de trois mois. Durant ce temps, je m’interroge sur mon avenir. J’ai presque tout perdu mais au-dedans la conviction que le Seigneur est vivant m’habite. Il m’aide à me reconstruire. Rapidement, je trouve un emploi en mécanique.
Le retour à l’assemblée du dimanche matin – Un jour dans ma paroisse, je propose de raconter l’anecdote de la « petite Bible » bleue 1, celle qui m’avait accompagné durant mon raid moto de 1979. A la sortie du culte, je me trouve assailli de questions. Ces années de passion et de liberté que j’avais enfouies au plus profond de moi-même réapparaissent soudainement, mais là pour servir les « choses de Dieu ». Je me dis : « Seigneur, quelque chose change : la moto que je t’avais promis d’oublier est maintenant à l’église ! » Conseiller de paroisse, je veux m’engager sur le chemin de la foi et je lance l’idée d’un culte destiné aux jeunes sur la base d’un sujet que je maîtrise : la moto.
Dieu dans ton moteur – Je propose un témoignage de ma traversée du Sahara avec, en écho, des textes bibliques sur cet immense vide en moi. Ce sera la parabole du bon samaritain. En présentant le milieu motard, j’insiste sur la camaraderie et l’amitié qui sont à l’origine de l’entraide. La prière inspirée par l’évangile de Jean (14, 6) nous rassemble tous : « Seigneur, deviens notre GPS intérieur afin que nous prenions les bonnes décisions sur notre chemin de vie. »
Un cadeau inespéré – Malgré ma promesse au Seigneur, je cherche à acheter une nouvelle moto. Je suis dépité car mes recherches n’aboutissent que sur des modèles bien trop chers pour moi. Je n’ai que 2’000 francs. Pourtant, une occasion improbable s’offre à moi. Un ami me dit : « J’ai un client qui vend son ancienne Africa Twin. Je lui ai fait tous les services. » J’avais prié pour une moto pareille et voilà qu’elle m’est offerte sur un plateau à trois jours de mon anniversaire. Et le Seigneur là-dedans ? Je me souviens : « Je ne te laisse pas une moto pour faire le con… » Je roulerai donc à son service, avec le petit NT bleu 2 toujours dans ma poche.
Avec du recul – Aujourd’hui, je reconnais que c’est ce Jésus qui tant de fois m’a sauvé. Il s’est révélé dans le Hoggar puis ne m’a plus lâché. Par sa puissance de guérison et d’amour, ma vue s’est tant améliorée que je peux désormais faire mon « retour sur terre », comprenez : rouler à moto ! C’est vers lui que j’ai crié lorsque je glissais sur le bitume en direction du piquet de glissière. C’est un Jésus de liberté : en son nom les liens que j’ai pu avoir à des esprits mauvais ou à des spiritualités new age, ésotérique ou chamanique ont été coupés. C’est lui aussi que j’avais abandonné lorsque mes affaires marchaient bien. C’est lui que, par orgueil, j’avais mis de côté lorsque je me promettais de faire de ma vie une belle réussite. Lui aussi, lorsque, pour plaire à des chimères, j’ai mis cette lampe sous le boisseau de l’incrédulité. Lui encore, que j’ai placé en sourdine dans les difficultés de couple. Lui qui m’a relevé après un divorce difficile dans lequel j’ai bien risqué m’enlever la vie, alors que je croyais être dans une impasse.
L’expérience spirituelle décisive au sommet de l’Assekrem, conjuguée avec la camaraderie et l’esprit d’équipe m’ont fait découvrir une autre approche de la vie ; la dimension verticale d’un monde que l’on ne voit pas mais qui est pourtant bien présent ; la conscience d’appartenir à quelque chose d’infiniment grand qui me relie à la vie et qui m’élève de façon à ce que je voie plus loin.
1 En réalité, un exemplaire des Nouveaux Testaments diffusés dans les écoles par l’Association internationale des Gédéons. 2 La Biker Bible est un Nouveau Testament avec témoignages de motards et références de clubs chrétiens en Europe. 3 Voir la première partie du témoignage de Christophe dans le numéro d’avril 3-2023.
Dans le milieu motard, la camaraderie et l’amitié sont à l’origine de l’entraide.
Home les Tilleuls: Bertha a fêté ses cent ans avec une trentaine de personnes, dont ses cinq petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants. Ils étaient tous là. Nous la félicitons. Portrait d’une centenaire.
Texte et photos par Yves Tornay
Née à Collombey-le-Grand d’un papa fribourgeois et d’une maman de Val-d’Illiez, Bertha Valery épouse en 1947 Louis Ostrini dont le père avait fui l’Italie durant la Grande Guerre. Elle a par ailleurs un frère aîné.
Catholique, Bertha grandit à Collombey. La famille n’est pas très priante mais on va à la messe tous les dimanches (messe des enfants à 9h à Monthey). Et la veille de la Toussaint, sur ordre de maman, « on récitait un chapelet pour les morts, à genoux ou assis, entre quelques rires ».
Bertha pratique la marche en montagne et le ski, dans la grosse neige des prés de Val-d’Illiez, chez grand-mère. « On n’a pas vu grand-chose de la guerre, nous ! Papa, qui faisait les équipes à la Ciba, avait de la campagne. On vivait bien quand même, on vivait mieux qu’à présent, il me semble. Aujourd’hui il y a trop de disputes, on n’ose bientôt plus ouvrir la télé. Le monde est à moitié fou. »
Puis Bertha part trois ans à Soleure apprendre l’allemand et suivre un apprentissage d’employée de bureau, dans l’horlogerie. Au retour elle sera secrétaire à la fabrique d’engrais chimique de Martigny (lever à 4h30, départ à pied pour le train de 6h20 à Saint-Triphon).
« J’ai toujours travaillé. Après Martigny, pour la carrière Dionisotti à Monthey. A la mort de mon beau-père, ma belle-mère est venue vivre à la maison et s’occuper de mes deux petits. Puis j’ai travaillé à mi-temps au home les Tilleuls, jusqu’en 1990. »
« J’amenais les sœurs* à la Dixence, à Saas-Fee, à la Gemmi. Sœur Bénédicte avait pris un coup de soleil violent. Elle ne sortait jamais. J’ai de bons souvenirs des sœurs. Je les amenais à Annecy. C’était une grâce de Dieu de pouvoir les fréquenter. »
« Question foi, je ne suis pas une fervente. Mais Dieu, je lui parle beaucoup. J’ai vécu deux pèlerinages à Lourdes, (les enfants étaient déjà grands). J’ai très peu voyagé. Non, je n’aimais pas voyager. »
« Tous les lundis, mon fils me demande : « Tu as été à la messe ? » Mais j’oublie que c’est dimanche, les jours sont tous les mêmes, on ne sait plus quel jour on vit. »
« Et les amis ? vous savez, on n’a plus beaucoup d’amis à cet âge. Je me donne encore deux ans à vivre. Ma mère est morte aux Tilleuls à 102 ans, après deux jours de maladie. Elle avait fait une belle mort ; ici, je vais faire comme elle. »
* Il s’agissait des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy qui s’occupaient à cette époque des soins et de la gestion au Home.
L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.
Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud | Photos : cath.ch, Pixino
Peut-être êtes-vous parmi le grand nombre de personnes en recherche de ce qui peut donner du goût à l’existence et, si possible, une joie profonde. Ou avez-vous des proches, des collègues dans cette situation…
La vie actuelle nous propose à la fois de multiples opportunités, mais également « des pièges ». A mes yeux, un des premiers et des plus redoutables de ceux-ci est la confusion entre ce qui est de l’ordre des besoins et ce qui relève du désir, compris comme élan de vie. Les besoins fondamentaux sont assez vite identifiables : être en bonne santé, avoir un toit, se nourrir, se sentir en sécurité. Malheureusement, un pourcentage important de la population ne peut déjà pas les satisfaire. Etre attentif à autrui et se faire proche de celui qui souffre peut être un chemin d’humanisation mutuelle.
La manière de répondre à ces besoins peut être très variée et relève de sa propre culture. Les multiples messages qui nous parviennent par tous les canaux cherchent à nous influencer et à nous attirer vers certains produits. Nous sommes très, trop sollicités et tout va en s’accélérant. De plus, il y a une tendance à faire croire que des objets et des styles de consommation seront des réponses adéquates aux désirs profonds comme l’amour, l’amitié, la reconnaissance, la réalisation de soi…
Aussi je suggère de prendre du recul, d’être au calme, de ralentir pour s’offrir les conditions d’être à l’écoute de ses aspirations profondes et de ses valeurs essentielles. Le silence, la méditation, le dialogue et la prière sont des atouts essentiels pour « désensabler » notre source intérieure et pour rencontrer Celui qui désire nouer une alliance avec nous. Il nous accompagne dans notre recherche de nos dons propres que nous pouvons partager. Tout en étant attentif aux besoins de base, Jésus nous ouvre un horizon de vie pour combler nos désirs profonds. Nous laisserons-nous bousculer et inspirer par l’Esprit Saint pour vivre chacune et chacun notre vocation spécifique ?
On connaît la rubrique ainsi nommée et ce titre joue un peu sur les mots, mais la (re)découverte de ce texte de Jean XXIII frappe par son bon sens et l’humilité du propos. Ces buts quotidiens ne demandent pas d’être surhumains, mais de vivre debout, ouverts, le visage tourné vers la lumière…
Par Françoise Besson | Photos : Wikipedia, S Migaj/pexels
Décalogue de la sérénité du pape Jean XXIII
1. Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre ma journée sans chercher à résoudre le problème de toute ma vie.
2. Rien qu’aujourd’hui, je prendrai le plus grand soin de me comporter et d’agir de manière courtoise ; je ne critiquerai personne, je ne prétendrai corriger ou régenter qui que ce soit, excepté moi-même.
3. Rien qu’aujourd’hui, je serai heureux sur la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde mais également dans celui-ci.
4. Rien qu’aujourd’hui, je consacrerai dix minutes à une bonne lecture en me rappelant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, de même la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.
5. Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action et n’en parlerai à personne.
6. Rien qu’aujourd’hui, j’accomplirai au moins une chose que je n’ai pas envie de faire, et si on m’offense je ne le manifesterai pas.
7. Rien qu’aujourd’hui, je me plierai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci cèdent à tous mes désirs.
8. Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m’en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.
9. Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement – même si les circonstances attestent le contraire – que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.
10. Rien qu’aujourd’hui, je n’aurai aucune crainte. Et tout particulièrement je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté.
Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant.
Dans les premiers siècles de l’Eglise, les baptêmes avaient lieu à l’âge adulte la nuit de Pâques. Les nouveaux baptisés portaient alors leur vêtement blanc de baptême toute la semaine, jusqu’à la messe du dimanche suivant, qui en a hérité son nom « in albis ».
Les paroisses de Collombey et Muraz ont invité cette année les familles des baptisés de l’année pour se réjouir ensemble non seulement de la Résurrection de Jésus (Pâques dure une semaine entière dans la liturgie…), mais aussi de la vie d’enfant de Dieu que nous avons reçue.
Bénédiction des enfants
Jésus lui-même donnait les enfants en exemple pour entrer dans le Royaume des Cieux.
Nous avons prié pour ces enfants, pour qu’ils grandissent sous le regard de Dieu, et que le Seigneur soutienne leurs parents dans leur mission d’éducation chrétienne. Ce fut aussi l’occasion pour certaines familles de ré-inviter les parrains-marraines pour célébrer l’événement. Les enfants ont reçu une bénédiction spéciale pour grandir sous le regard de Dieu.
Un rappel du baptême pour tous
Les nouveaux baptisés sont revenus avec leurs cierges de baptême qui ont été rallumés au Cierge Pascal, signe de la Résurrection du Christ qui illumine toute notre vie. Mais c’est bien toute l’assemblée qui a pu vivre un rappel de son baptême par l’aspersion (attention, durant le temps pascal, vous risquez d’être aspergés le samedi soir ou dimanche 😃).
En plus des enfants, il y avait parmi les nouveaux membres de notre communauté Carolina (15 ans), baptisée la nuit de Pâques à Monthey.
Après tout, une fête des baptisés, c’est une fête de toute l’Eglise, parce que c’est ce qui nous rassemble, c’est notre identité de chrétiens !
Enfin, un MERCI
A vous, les parents qui prenez à cœur l’éducation chrétienne de vos enfants. Vous êtes des apôtres de l’Evangile, vous les lancez sur une route qui peut les amener au bonheur. La communauté chrétienne vous remercie, vous encourage et sera toujours là pour prier et se réjouir avec vous des étapes de croissance de chaque « frère et sœur en Christ ».
«L’amour vécu dans les familles est une force constante pour la vie de l’Eglise.» Pape François, Amoris Laetitia, n° 88
Deux familles de Muraz, cinq familles de Collombey et une jeune baptisée ont reçu la bénédiction et les prières de la communauté.
Que fête-t-on le 31 mai ? L’Eglise commémore la Visitation, autrement dit la visite de Marie, enceinte de Jésus, à sa cousine Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Les deux femmes et les deux enfants qu’elles portent « tressaillent de joie ». On retrouve déjà là les trois dimensions constitutives de la Bonne Nouvelle annoncée 30 ans plus tard par Jésus : une charité attentive aux besoins des autres, la joie d’un cœur ouvert au projet de Dieu et la reconnaissance de la mission du Christ.
par Pascal Ortelli
Humour
Il est deux heures du matin. La police, qui effectue sa ronde nocturne, aperçoit sur la voie publique un homme titubant. Arrivés à sa hauteur, les policiers lui demandent ce qu’il fait là à cette heure tardive :
– Je vais assister à une conférence sur les méfaits de l’alcoolisme.
– Une conférence ? A deux heures du matin. Qui peut organiser une conférence à une heure pareille ?
L’attente est une perte de temps pour celui qui n’attend rien. Il y a dans la foi en Jésus-Christ une patiente patience qui ne se confond pas avec l’agitation du monde. La durée fait partie de la réalité dans laquelle nous vivons. L’expérience de l’attente forme le cœur et la pensée de celui qui, lové dans la présence de Jésus, s’attend à lui.
Texre et photo par Olivier Taramarcaz
La question du Seigneur – Jésus interroge notre temps : « Quand le fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8) Nous pourrions dire : « Trouvera-t-il encore l’attente sur la terre ? » Le Seigneur nous invite à le chercher ardemment, à désirer sa venue, à l’attendre. La question du Seigneur incite à réfléchir à la manière dont nous nous tenons dans l’attente. Elle laisse entrevoir, que las d’attendre, la plupart des hommes auront laissé s’éteindre en eux la conscience de l’éternité et, abandonné la Parole vivante, préférant se tourner vers la consommation de soi et des autres. L’expression de Mai 68 : « Vivre sans temps mort ; jouir sans entrave », illustre cette réduction de la vie à soi-même, à ses sens. Jésus nous a avertis : « Dans les derniers temps, parce que le mal ne cessera de croître, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » (Mt 24, 12) Le relativisme peut s’installer dans le cœur. Les vierges folles se sont assoupies sur leur lampe éteinte (Mt 25, 1-13). Ce drame de l’endormissement spirituel reflète celui de notre temps, hypnotisé par les lampes éteintes de l’ésotérisme, formaté par les illusions des énergies spirituelles occultes.
L’empreinte de sa présence – Le psalmiste parle d’une attente placée en quelqu’un : « En toi est mon espérance ; en toi est mon attente. » (Psaumes 39.7) Il expérimente dans la relation personnelle avec le Seigneur, le bienfait de sa présence : « Puisqu’il est près de moi, […] mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse, et mon corps repose dans la paix. » (Psaumes 16. 8-9) La première empreinte de la présence du Ressuscité est intérieure. Elle se manifeste par le repos de l’âme, la paix du cœur et de l’esprit. Jésus désire d’abord nous libérer intérieurement : « Venez à moi, je vous donnerai du repos. » (Mt 11, 28) Lové dans l’intimité d’un cœur à cœur avec le Seigneur, je porte alors du fruit, et c’est lui qui le produit en moi : « L’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. » (Ga 5, 22)
L’espérance éternelle – Dans l’attente d’une espérance aimante, David confie : « Mes destinées sont dans ta main. » (Ps 31, 15-16) Quand je le réalise, je marche autrement, porté par le souffle de mon Créateur. Edmond Jabès se demande : « Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ? »1 En Suisse, le nombre de suicides assistés a triplé en 10 ans. Plus de 1000 personnes par année trouvent une main leur tendant une solution létale. Voilà la nouvelle forme de « compassion » de notre temps sans espérance. Quelle conception de la vie sous-tend cette pratique ? David, de son côté, se reconnaît dans le dessein de Dieu : « C’est toi qui as formé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. […] Je n’étais qu’une masse informe, mais tu me voyais et, dans ton livre se trouvaient déjà inscrits tous les jours de ma vie, alors qu’aucun d’eux n’existait encore. » (Ps 139, 14-16)
Le parfum de son amour – David a goûté au fruit de l’attente : « Combien est grande ta bonté […] que tu viens répandre sur ceux qui s’abritent en toi. » (Ps 31, 20-21) La présence du Seigneur exhale un parfum qui pénètre en soi comme le courant de l’air vivifiant. Par son Esprit, Dieu régénère, console, renouvelle celui qui s’attend à lui. L’Esprit de Dieu embrase le disciple qui l’embrasse. L’espérance appelle la pureté de la lumière de Christ : « Quiconque a cette espérance en lui se purifie. » (1 Jn 3.3) Paul l’exprime par le langage des saveurs : « Nous sommes pour Dieu le parfum de Christ. » (2 Co 2, 15) Le cœur léger, lavé des scories, celui qui se tourne vers Dieu s’élance, porté par le souffle de son Esprit : « Ceux qui s’attendent à l’Eternel renouvellent leur force ; ils prennent leur envol comme des aigles ; ils courent et ne se lassent point, ils marchent et ne se fatiguent point. » (Is 40, 31) Nourri par cette parole, j’ai écrit ce texte : « Etre éclairé par l’aube, me laver le cœur à sa lumière, regarder le chemin. »2
Bibliographie * Les citations sans numérotation sont tiréesde la Bible, avec mention des passages. 1 Edmond Jabès, La mémoire et la main, Paris, Fata Morgana, 2012. 2 Olivier Taramarcaz, Chants de la rivière, Chemin d’en Haut, Art et Foi, 1987,84.
La vie liturgique de nos paroisses est soutenue par un certain nombre de « petites mains », de bénévoles. Parmi ceux-ci citons les sacristains et les fleuristes. Avec cet article, nous voulons les remercier de leurs services et inviter d’autres personnes de bonne volonté à les rejoindre.
Par Jean-Michel Moix, Anny Nyffenegger, Chiara Stucki | Photos : Jean-Michel Moix
Le groupe des sacristains
Merci à Cyril Curchod (à droite de la photo), à qui se joignent, dès ce printemps, deux nouveaux : Cédric Lattion (1er depuis la gauche) et Jayden Goncalves (2e depuis la gauche).
Le groupe des fleuristes
Merci à Gabriella Zucchinetti, Chiara Stucki, et Anny Niffenegger ainsi qu’à Hugo Gregorio et Christiane Brunner (de gauche à droite) qui œuvrent principalement pour l’église de Muraz (Anny Niffenegger s’occupant de la chapelle d’Illarsaz comme fleuriste et sacristine). Manquent sur les photos : Carla Lopez (pour l’église de Muraz) et Mireille Mabillard (pour la chapelle de N.-D. des Neiges).
Nous avons voulu en savoir davantage sur le parcours de l’un ou l’autre fleuriste.
Avec Anny Nyffenegger…
De quelles chapelles est-ce que tu t’occupes ? Je suis fleuriste pour Illarsaz et Collombey. Et je suis sacristine pour Illarsaz.
Comment as-tu commencé comme fleuriste ? J’ai été invitée par le curé Etienne Margelisch.
Qu’est-ce qui te plaît dans cette activité ? J’ai toujours aimé faire de la décoration florale et autres bricolages pour les décorations de Noël et autres.
Avec Chiara Stucki …
Peux-tu te présenter brièvement ? Je m’appelle Chiara Stucki, je suis infirmière en pédiatrie et lors de mon temps libre j’apprécie de passer du temps dans la nature, faire des randonnées, m’occuper du jardin et être avec mes proches.
Comment as-tu débuté comme fleuriste ? Ma fonction a débuté avec ma maman qui faisait déjà partie du groupe des fleuristes bénévoles. Elle a l’âme d’une artiste et s’investit pour faire des compositions avec de magnifiques résultats. Mon admiration pour son travail m’a naturellement motivée à me joindre à l’équipe après que cela m’ait été proposé. Toute l’équipe a toujours été très accueillante et bienveillante. Au besoin et durant ma première année, ils étaient toujours disponibles pour aider et me conseiller. Nous avions aussi généralement un cours par année qui était offert par la paroisse et organisé par une fleuriste professionnelle. C’était très intéressant et utile. Nous nous entraidons et collaborons pour les grandes fêtes telles que la confirmation. Cela se fait toujours dans une belle ambiance, avec parfois quelques imprévus, mais surtout des bons rires et de beaux souvenirs.
Qu’est-ce qui te plaît dans ton activité de fleuriste ? Je suis très touchée par la beauté de ce que l’on peut créer même avec simplicité à partir d’éléments naturels et tout particulièrement par la délicatesse, la fraîcheur et la subtilité des fleurs. Lorsque je les regarde, bien qu’elles soient à l’origine une petite graine ou un bulbe, je suis souvent émerveillée par un résultat aussi parfait, complexe, poétique et subtil. Je pense alors qu’il y a Quelqu’un d’incroyable derrière la création, débordant d’un amour lui aussi parfait, poétique et subtil.
J’ai du plaisir à me retrouver dans le silence, à créer quelque chose, qui je l’espère, va apporter des sentiments positifs aux personnes qui participent aux messes ou qui passent par là avec leurs peines ou leurs joies.
Peux-tu encore nous partager une petite anecdote ? Cet été, alors que je m’affairais dans le local matériel, j’ai entendu des bruits étonnants venant de l’armoire à balais. Comme si quelqu’un s’y cachait et bougeait le matériel. Peu rassurée, j’ai ouvert la porte et me suis retrouvée face à… une hirondelle toute fatiguée me regardant d’un air : « Ah enfin ! C’est pas trop tôt. » Après un peu d’eau et de repos, elle a pu reprendre son envol à l’extérieur.
Il est des métiers qui sont bien plus que des métiers. Des emplois dont le niveau d’exigence et les contraintes sont tels qu’ils requièrent, chez ceux qui les choisissent, une bonne dose de foi… Nicolas Rey partage son expérience à la SWISSINT, l’Armée suisse engagée pour des missions de maintien de la paix.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer, DR
« L’ONU est une organisation assez peu versée dans la religion. »
Lorsqu’on parle de vocation, on pense plutôt à la prêtrise. Les métiers de l’armée ont-ils aussi une valeur vocationnelle ? Pour ma part, cela a d’abord été un sens du devoir et une volonté de pouvoir expérimenter quelque chose de nouveau, mais je n’ai jamais ressenti cela comme une vocation. La question de faire de ma vie une succession de mission pour l’armée s’est posée, mais ce n’était pas une option. De plus, il faut rester humble, car même si à notre échelle nous essayons de rendre le monde un peu meilleur, sur le terrain il n’est pas toujours évident d’y discerner la présence divine.
On entend souvent que militaire et chrétien sont deux termes (ou deux statuts) inconciliables. Qu’en pensez-vous ? Le saint patron de l’infanterie est saint Maurice. Plusieurs autres saints sont associés aux métiers militaires, donc je ne crois pas que cela soit incompatible. Il y a toujours eu un lien entre la notion de combat et le christianisme, bien que l’idée même de violence n’entre jamais, à mon sens, en ligne de compte. Elle est en tout cas quelque chose qu’on se refuse.
De quelle manière la volonté de Dieu s’accomplit-elle quand on est militaire ? C’est assez… dichotomique (rires). Si nous faisions sa volonté, il n’y aurait pas besoin de soldats de maintien de la paix. En même temps, on pourrait voir une sorte d’intention divine, de pouvoir participer à notre petite échelle à rendre le monde un peu meilleur.
Le drapeau suisse, sous lequel vous officiiez, est une référence claire à la croix christique. Est-ce que cela a de l’importance pour vous ? Cela a soulevé quelques interrogations, surtout au Moyen-Orient. Je me suis demandé comment cela allait être reçu auprès de nos partenaires musulmans. J’avais l’inquiétude que ces interlocuteurs nous voient en « croisés », mais cela n’a jamais été le cas. D’une part, parce que nous œuvrions sous la bannière de l’ONU et d’autre part, car les Suisses ont une réputation d’ouverture et d’intérêt pour l’autre, tout en essayant d’éviter le « faux pas culturel ». Même si pour moi la foi reste quelque chose de très personnel, l’importance symbolique est autant de nature historique que religieuse.
Etait-il possible de vivre ou de partager votre foi dans l’exercice de vos fonctions ? Par principe, nous n’abordions pas tellement les questions de foi. Les gens étaient très pudiques à ce sujet, quand bien même nous y étions continuellement confrontés dans les pays où nous étions missionnés. A dire vrai, l’ONU ne permet pas vraiment de vivre sa foi… c’est une organisation assez peu versée dans la religion pour des raisons évidentes.
Les zones de conflits sont des lieux éprouvants physiquement et moralement. En quoi votre foi était-elle une ressource ? Les voies du seigneur peuvent parfois sembler difficilement explicables ou justifiables, mais elles m’ont amené à grandir. Lors des missions, il y avait des moments éprouvants et aussi de la solitude, mais sentir que Dieu m’était personnellement présent m’a permis de tenir un peu mieux.
L’armée cherche à augmenter de 40 % les effectifs de l’aumônerie. Pensez-vous que les jeunes recrues sont encore sensibles à la dimension spirituelle ? La dimension spirituelle décrite comme telle, je pense que non. Par contre, l’utilité de l’aumônerie et du soutien spirituel est indéniable. Même si les recrues ne considèrent que rarement que ce soutien est de l’ordre du spirituel. J’ai payé mes galons de capitaine en pleine crise Covid, avec du service ininterrompu. En d’autres termes, personne ne pouvait quitter la caserne. Durant cette période, l’appui de l’aumônerie a été inestimable. Cette orientation spirituelle permet à l’aumônier un rapport beaucoup plus vrai avec les gens. Un psychologue va s’attacher à l’aspect clinique, alors que l’aumônier travaille avec la pâte humaine…
(Auto) bio express
A 31 ans et après un cursus de latiniste helléniste au Collège Saint-Michel de Fribourg, je me suis installé à Genève depuis une dizaine d’années, où j’ai fait mes études en relations internationales (Bachelor et Master). Au bénéfice d’une formation d’officier (capitaine), j’ai pu prendre part à des missions de promotion de la paix en Bosnie-Herzégovine (EUFOR) et au Moyen-Orient (UNTSO), avant de rentrer pour reprendre le commandement d’une compagnie d’infanterie. Je me tourne maintenant vers les métiers de la police.
Du 1er au 3 mars dernier, tous les agents pastoraux de la partie francophone du diocèse de Sion étaient conviés à se retrouver au Foyer Franciscain de Saint-Maurice pour leur session pastorale annuelle, formation continue mais surtout occasion de se rencontrer autour de notre évêque.
Par l’abbé Vincent Lafargue | Photos : cath.ch, DR
Vincent Lafargue.
C’est Arnaud Join-Lambert qui assurait les apports théoriques, cette année. Ce père de famille, professeur de théologie à Louvain (Belgique), fait partie des grands penseurs européens de l’Eglise de notre temps. Il nous a invités à réfléchir à comment vivre et annoncer l’Evangile dans une société devenue « liquide », un concept que les sociologues utilisent volontiers aujourd’hui pour parler d’un monde dans lequel le relationnel a pris le pas sur l’institutionnel, le réseau sur la stabilité géographique, le manque de repères au lieu de valeurs reçues et transmises.
L’occasion d’abord de se situer. Sommes-nous passéistes, en nostalgie d’une Eglise à dentelles, adeptes du « c’était mieux avant » ? Ou sommes-nous les acteurs d’une Eglise qui doit sans doute commencer par aller vers les gens, là où ils sont, avant de les attendre là où elle les veut ?
Seulement voilà, lorsqu’il s’agit de rêver l’Eglise de demain, dans les petits groupes de travail formés après chaque conférence, force est de constater que notre imagination manque furieusement d’audace. Que de réponses convenues, que de petits rêves étriqués ou téléphonés ! On sent bien que l’avenir est au dépassement de ce que nos esprits sont encore capables de concevoir.
Et c’est là le véritable enjeu : tant que les membres de l’Eglise-institution garderont le même logiciel, il leur sera vain de demander aux paroissiens de faire une mise à jour de leur pratique. Comme une illustration de cette incapacité à dépasser ce qu’on a toujours fait depuis des siècles, la messe de la session était célébrée chaque soir à la royale abbaye de Saint-Maurice et consacrait la frontière entre laïcs sagement parqués dans les bancs et clercs élevés aux places de choix dans les stalles millénaristes du chœur. On peut regretter que les organisateurs n’aient pas eu l’audace de certaines années précédentes où les participants à la session imaginaient et vivaient aussi une eucharistie différente, entre eux, avant de la porter au monde.
L’Eglise du monde de demain est amenée à être cash, comme on le dit volontiers chez ses jeunes membres : franche, audacieuse, innovante, surprenante. Comme le disait George Bernard Shaw jadis : « Il y a les gens qui voient les choses comme elles sont et qui se demandent pourquoi, et puis il y a ceux qui les rêvent telles qu’elles n’ont jamais été et qui se demandent… pourquoi pas. » Puissent les membres de notre Eglise diocésaine appartenir à la seconde catégorie !
Radio Maria a commencé à émettre ses émissions religieuses, catholiques, en mai 2020 pour la Suisse romande. L’on peut y écouter en direct ou en différé (en « podcast ») la messe du jour, la prière des Laudes ou des Vêpres, le Chapelet depuis Lourdes… Sous la direction de l’abbé Jean-Pascal Vacher, différents intervenants animent des émissions de foi (catéchèse, vie de saints…), des questions de société (bioéthique, éducation, médecine…) et donnent la parole à des chrétiens « engagés ».
Aujourd’hui, Radio Maria Suisse Romande risque de « plonger » comme le Crédit Suisse. Elle ne vit que sur le don des auditeurs et ses finances sont dans le « rouge ». Avant de devoir licencier du personnel, avant de voir « mourir » Radio Maria, l’abbé J.-P. Vacher lance un « S.O.S. », un appel pressant à la générosité des auditeurs.
C’est pourquoi nous relayons son appel.
Pour écouter Radio Maria Suisse Romande :
Avec une radio DAB +, ou sur internet (radiomaria-sr.ch) ou avec l’application mobile Radio Maria Suisse Romande.
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La chapelle semble rayonner, peut-être pour symboliser l’influence que Nicolas a exercée.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
Le verrier fribourgeois Jules Schmid a réalisé plusieurs vitraux pour l’église catholique de Charmey. Une première série date de 1938 et une deuxième de 1960, ce qui peut expliquer les différences de style.
Le vitrail représentant saint Nicolas de Flüe comporte deux registres. Dans la partie basse, le saint est représenté revêtu d’une robe de pèlerin. Il tient un chapelet dans une main et un bâton dans l’autre. C’est ainsi qu’il se serait présenté devant sa famille au moment de faire ses adieux en 1467 pour devenir ermite.
La Suisse du XVe siècle est incertaine et en proie à de nombreux conflits. Pour Nicolas, Dieu est le Dieu de la paix. C’est cette conviction qui l’anime alors qu’il sert dans l’armée. On raconte qu’il combattait l’épée dans une main et le chapelet dans l’autre.
Le saint est analphabète, ce qui n’empêche pas les puissances européennes de lui envoyer des émissaires pour bénéficier de ses conseils et de sa sagesse. L’épisode le plus marquant est représenté dans la partie haute du vitrail. Le 21 décembre 1481, après plusieurs années de discussion, la Diète de Stans s’apprête à prendre l’épée pour résoudre une querelle qui dure depuis quatre ans. Un conseiller se rend auprès de Nicolas qui lui remet un message de paix à destination des Confédérés. Le texte est consultable sur internet. Il se conclut ainsi : « Gardez-vous de divisions : elles vous détruiraient. Aimez-vous les uns les autres, Confédérés, et que le Dieu tout-puissant vous garde en sa bonté, comme Il l’a fait jusqu’à aujourd’hui. » Beaucoup sont convaincus que le saint a sauvé la Suisse ce jour-là.
Dans le haut du vitrail, en arrière-plan des Confédérés se serrant la main, la chapelle semble rayonner, peut-être pour symboliser l’influence que Nicolas a exercée sans jamais quitter son ermitage.
Le visiteur attentif notera que le vitrail comporte la mention Bx Nicolas de Flüe. La raison est extrêmement simple. L’œuvre a été réalisée en 1938 et Nicolas de Flüe a été canonisé en 1947.
Vous soignez avec Amour ce parterre de roses que votre main a planté ; elles sont belles comme un enfant des hommes et tous les jours vous leur rendez visite. Vous les soignez, vous leur apportez la nourriture qui leur convient, soit parce que vous l’aviez prévu dès la terre de plantation, soit parce qu’un nutriment nouveau est indispensable. Certains jours vous les offrez en cadeau à un ami ou bien vous les placez dans un vase proche de votre cœur. Elles sont en partie liées à votre vouloir mais certaines prennent un chemin que vous ne voudriez pas… Les voilà accablées par la maladie ou certaines se rebellent et vous piquent avec gourmandise. Vous voudriez qu’elles déploient tous leurs efforts pour resplendir, pour que leurs pétales soient comme la soie, leur senteur un parfum divin, mais elles ont leur mot à dire et peuvent se rebeller. Cependant si des gourmands poussent à partir de leur pied, elles comptent toujours sur vous pour les enlever.
Ainsi en va-t-il des humains, ils agissent selon leur bon vouloir mais ne comprennent pas quand Celui qui les a pétris au cours des âges et qui les a fait surgir de l’histoire de l’univers, ne vient pas à leur secours alors qu’ils se sont affranchis de lui. L’Humanité aurait-elle perdu la trace de son Jardinier ? Comment recevra-t-elle l’information vivifiante, celle qui la rapproche de son Créateur ? Certes, l’humanité est comme les roses, elle se meurt, mais une greffe spirituelle lui est proposée, une renaissance, une résurrection comme celle que nous fêtons à Pâques dans le sillage du Christ. Et Lui, le Christ, ne cesse de tendre la main à toutes « ses roses », quelle que soient leur espèce, leur beauté. Chacune, il les voudrait toutes dans le bouquet final, réunies autour de Lui.
« Unies, par la prière nous sauverons nos enfants. »Se soutenir mutuellement par des prières toutes simples, s’appuyersur la Parole de Dieu et choisir la confiance…
Par Marie-Hélène Rudin Cajeux, coordinatrice valaisanne et l’abbé Valentin Roduit | photo : l’abbé Valentin Roduit
Ce beau projet est celui de la Prière des mères, né en Angleterre en 1995, et présent en Valais depuis 15 ans. Le mouvement réunit, partout dans le monde, des groupes de deux à huit femmes au cœur de mère, désirant confier leurs enfants et tous les enfants du monde à la protection du Seigneur. Chaque semaine, les mères prient dans leur groupe, réunies chez l’une d’entre elles. Elles prient pour leurs enfants et face aux difficultés de ceux-ci, demandent la grâce de l’Abandon au Seigneur et du lâcher prise. Guidées par le petit livre blanc et bleu de la fondatrice Veronica Williams, les mères s’ouvrent à l’action du Seigneur et reçoivent de nombreuses réponses à leurs prières, à commencer par la paix du cœur. Sans jugement ni conseils, les prières formulées restent dans l’intimité et la confiance du groupe.
Murielle, une maman, raconte : « La Prière des mères m’a donné les meilleurs outils pour calmer les tracas de maman : prendre conscience que nos enfants sont avant tout ceux du Seigneur, Lui confier nos enfants (on dépose leurs noms dans un panier qui symbolise les bras du Seigneur) et Lui faire pleinement confiance. »
La Prière des mères fera une escale à Collombey. Bienvenue à toutes les femmes au cœur de Mère pour prier ensemble une fois, de manière ponctuelle et pourquoi pas entendre l’appel à lancer un groupe…
Le vendredi 19 mai à 8h30 au Monastère des Bernardines : messe aux intentions de la prière des Mères en Valais. La messe sera suivie de la prière des Mères avec toutes celles qui seront là, et un partage fraternel.
Pour vous procurer un carnet de prière, créer ou connaître un groupe proche de chez vous, n’hésitez pas à contacter : • Coordination VS : Marie-Hélène Rudin Cajeux, 077 485 66 93, cajeux.rudin@gmail.com • Coordination CH : Christine Delalande, 022 349 97 24, switzerland@mothersprayers.org
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec le séminariste du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, Rémi Steinmyller.
Rémi Steinmyller.
Par Rémi Steinmyller | Photos : DR
Au moment de rédiger cette carte blanche, la Suisse romande compte plus de 400 inscrits qui se rendront au Portugal en juillet prochain.
Quel est leur désir profond ? Vivre un événement dans la foi, c’est-à-dire une expérience communautaire. Ce que ces jeunes vont découvrir sur place c’est que leur foi, qui peut parfois être mise entre parenthèses pendant l’année, peut être vécue avec joie. Les JMJ seront la grande respiration annuelle dont chaque croyant a besoin. Une retraite spirituelle, lors d’un voyage qui mène loin de chez soi : c’est ce qu’on appelle un pèlerinage. Jésus n’était-il pas constamment sur les routes ? Il entraîne derrière lui une foule innombrable ; à Lisbonne c’est lui qui rassemble des centaines de milliers de personnes ! Si certains y vont pour la fête, ils se rendent vite compte que Dieu mène la barque et qu’il les appelle à le rencontrer. Nombreux sont ceux qui, bouleversés par la joie qui transpire de l’événement, se rendent compte que l’Eglise resplendit de la diversité de ceux qui en font partie.
Mais ne nous berçons pas d’illusions, la grande effervescence vécue va retomber. Eh quoi ? Regardons l’évangile: alors que Jésus a disparu aux yeux des apôtres et que ceux-ci retournent à leurs occupations, il faudra que Pierre se lève au milieu des disciples, pour proposer d’aller à la pêche.
De même, il en faudra quelques-uns parmi les pèlerins de retour de Lisbonne, qui se lèvent et qui disent : « Allons ! Et engageons-nous pour Jésus-Christ. » Comment ? Il faudra créer des petites communautés vivantes qui prient. Il faudra ici des témoins qui donnent leur vie au Christ pour continuer de vivre ce qu’ils auront vécu auprès du Seigneur là-bas. Si nous souhaitons que l’esprit des JMJ continue, il faut s’engager là où le Seigneur nous le demande.
Etre pèlerin, cela consiste, de retour chez soi, à témoigner du voyage, à se souvenir des rencontres dans lesquelles nous avons vu le Seigneur et surtout à faire advenir le règne du Christ en s’engageant à un événement dans lequel la foi est impliquée. Comme Marie, levons-nous et partons en hâte vers les lieux dans lesquels le Seigneur nous appelle.
Les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) sont une formidable aventure spirituelle et humaine. La prochaine édition aura lieu en été 2023. Elles sont proposées à tous les jeunes de 16 à 30 ans qui désirent vivre cette aventure.
Par le Comité romand JMJ | Photos : WYofficial, DR
Plusieurs routes et différentes formules sont proposées au départ de la Suisse (en vélo, en passant par Lourdes, en passant par Braga). 420 jeunes Romands sont déjà en route pour l’aventure. Les jeunes pèlerins pourront découvrir le Portugal et recevront l’hospitalité des Portugais qui se préparent à recevoir les jeunes du monde entier depuis des mois. Des jeunes seront en route entre le 22 juillet et le 8 août selon les formules, ils seront tous le 31 juillet à Lisbonne pour vivre une semaine le long du Tejo du 1er au 6 août 2023 à l’invitation du pape François.
Cet évènement mondial hors du commun rassemble des jeunes venus des cinq continents. L’invitation est faite à tous. La rencontre des cultures et le vivre ensemble lors des JMJ est un riche témoignage d’humanité pour construire la paix.
Tous sont invités à vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse. Les anciens participants, les amis, les paroisses sont invités à encourager les jeunes à participer, à prendre soin de les accompagner spirituellement et à les soutenir financièrement. Les jeunes de 16 et 30 ans sont invités à se lever et à partir pour l’aventure. Ensemble, en marche, à la suite de Marie : « Elle se leva et partit en hâte. » (Luc 1, 39)
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec le séminariste du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, Rémi Steinmyller.
PAR Rémi Steinmyller | Photos : DR
Au moment de rédiger cette carte blanche, la Suisse romande compte plus de 400 inscrits qui se rendront au Portugal en juillet prochain.
Quel est leur désir profond ? Vivre un événement dans la foi, c’est-à-dire une expérience communautaire. Ce que ces jeunes vont découvrir sur place c’est que leur foi, qui peut parfois être mise entre parenthèses pendant l’année, peut être vécue avec joie. Les JMJ seront la grande respiration annuelle dont chaque croyant a besoin. Une retraite spirituelle, lors d’un voyage qui mène loin de chez soi : c’est ce qu’on appelle un pèlerinage. Jésus n’était-il pas constamment sur les routes ? Il entraîne derrière lui une foule innombrable ; à Lisbonne c’est lui qui rassemble des centaines de milliers de personnes !
Dieu mène la barque
Si certains y vont pour la fête, ils se rendent vite compte que Dieu mène la barque et qu’il les appelle à le rencontrer. Nombreux sont ceux qui, bouleversés par la joie qui transpire de l’événement, se rendent compte que l’Eglise resplendit de la diversité de ceux qui en font partie.
Mais ne nous berçons pas d’illusions, la grande effervescence vécue va retomber. Eh quoi ? Regardons l’évangile: alors que Jésus a disparu aux yeux des apôtres et que ceux-ci retournent à leurs occupations, il faudra que Pierre se lève au milieu des disciples, pour proposer d’aller à la pêche.
Créer des communautés vivantes
De même, il en faudra quelques-uns parmi les pèlerins de retour de Lisbonne, qui se lèvent et qui disent : « Allons ! Et engageons-nous pour Jésus-Christ. » Comment ? Il faudra créer des petites communautés vivantes qui prient. Il faudra ici des témoins qui donnent leur vie au Christ pour continuer de vivre ce qu’ils auront vécu auprès du Seigneur là-bas. Si nous souhaitons que l’esprit des JMJ continue, il faut s’engager là où le Seigneur nous le demande.
Etre pèlerin, cela consiste, de retour chez soi, à témoigner du voyage, à se souvenir des rencontres dans lesquelles nous avons vu le Seigneur et surtout à faire advenir le règne du Christ en s’engageant à un événement dans lequel la foi est impliquée. Comme Marie, levons-nous et partons en hâte vers les lieux dans lesquels le Seigneur nous appelle.
La pratique de la prière, ses liens avec la méditation sont décrits et analysés dès les débuts de l’ère chrétienne. Saint Jérôme (347-420) écrit : « Le moine se reconnaît non à ses paroles et ses discours, mais à son assise en silence. »
Mais cette « méditation chrétienne », qui peut prendre la forme d’une attitude contemplative, se situe toujours dans l’attention du croyant à la présence de Dieu comme le précise le théologien Eckhart von Hochheim (1260-1328) : « Il est très doux pour un ami d’être près de son ami. Dieu nous assiste et demeure près de nous, constant et immuable. »
Cependant, si la prière peut utiliser les méthodes de la méditation, elle prend de nombreuses formes : parole et silence, méditation sur un texte et simple disponibilité, solitude et communauté. Bien des polarités de ce type structurent le champ de la prière chrétienne.
Les bienfaits de la méditation
La science s’intéresse à la méditation en cherchant à montrer ses effets sur nos comportements, nos perceptions de notre environnement. Il apparaît ainsi que la méditation apporte de nombreux bienfaits essentiellement sur nos perceptions mentales et psychologiques :
• La méditation favorise le bien-être mental.
• La méditation stimule le cerveau.
• La méditation réduit la douleur.
Il est démontré qu’à l’issue de cinq séances de 20 minutes de méditation, la plupart des participants ont remarqué une diminution significative de leur niveau de stress au quotidien, d’anxiété, de dépression, de colère et de fatigue, et une meilleure attention. Par ailleurs, ils ont vu leur comportement s’améliorer sur le plan émotionnel, cognitif et social.
Prière silencieuse
Concrètement, l’attention portée dans la foi à la présence de Dieu se trouve facilitée par l’énonciation intérieure du Nom de Dieu. Origène (185-253) nous le rappelle lorsqu’il écrit : « Aujourd’hui encore le nom de Jésus apaise les âmes troublées, réduit les démons, guérit les maladies ; son usage infuse une sorte de douceur merveilleuse ; il assure la pureté des mœurs ; il inspire l’humanité, la générosité, la mansuétude. »
En présence de Dieu, ce que nous sommes est plus important que ce que nous faisons, « Dieu est le Dieu du présent, disait Eckhart von Hochheim. Tel il te trouve, tel il te reçoit, tel il te prend. » C’est dans cette relation de personne à personne entre le croyant et Dieu que réside la spécificité de la méditation chrétienne.
Ce qui est essentiel dans cette longue tradition d’assise silencieuse, ce n’est pas la pratique, encore moins ce qui pourrait apparaître comme des techniques, c’est la présence du Christ. C’est Lui qui donne sens à la pratique, c’est le don de son Esprit qui fait grandir l’union avec Lui.
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