Le Carême, un « catéchuménat-pour-tous »

Le forsythia à la floraison lumineuse annonciatrice de l’arrivée du printemps !

Par Simon Roduit | Photo : DR

Lors d’une rencontre de préparation au baptême adulte, l’un des catéchumènes qui recevra les sacrements d’initiation à Pâques cette année me pose une question qui m’interpelle : « Pourquoi est-ce que les baptêmes des adultes ont lieu à Pâques et pas à Noël ? » 

En effet, cette fête qui commémore la naissance de Jésus pourrait convenir à la naissance d’un homme à la vie d’enfant de Dieu. Je tente de chercher avec lui une raison à cela… Si le baptême chrétien était célébré à Noël, la symbolique de la naissance à une vie nouvelle serait bien mise en valeur ; mais qu’en serait-il de la dimension de mort au péché, de changement de vie, si bien signifiée par la fête de Pâques – passage de la mort à la résurrection avec le Christ ?

La réflexion sur la mort au péché et le renoncement à sa vie ancienne est intéressante pour un catéchumène qui se prépare au baptême durant le temps du Carême, mais aussi pour tout chrétien qui renouvelle les promesses de son baptême chaque année lors de la Veillée pascale. Le temps du Carême est comme un « catéchuménat-pour-tous », une invitation annuelle à quitter l’homme ancien pour revêtir l’homme nouveau (Cf Ep 4, 22-24). Ainsi, le temps du Carême nous propose des actions concrètes comme le jeûne et l’aumône, pour s’entraîner à se détourner de ses actions mauvaises et à accomplir la volonté de Dieu. Mais ces actions concrètes ne seraient rien sans la prière, cette relation amicale et transformante avec le Créateur de tout bien, qui manifeste à Dieu notre désir de faire sa volonté, notre disponibilité à la conversion.

Chaque année, le temps du Carême arrive avec le printemps, et nous voyons la nature qui renaît, les bourgeons qui éclosent, laissant tomber par terre une enveloppe morte qui les avait protégés du froid hivernal pour laisser émerger une fleur et ses couleurs. La liturgie nous invite à ne pas nous réjouir au même rythme que toutes les fleurs précoces, mais à laisser grandir le désir de cette éclosion spirituelle jusqu’à la fête de Pâques. Nous savons combien quelque chose qui a été désiré longuement est d’autant plus apprécié – la venue d’un enfant, l’ascension d’un sommet difficile, l’obtention d’un travail tant cherché. Ainsi la prière durant le temps du Carême nous permet de creuser en nous le désir de Dieu pour mieux recevoir sa vie à Pâques.

Comme le catéchuménat est le temps où le désir du baptême grandit, le Carême est pour tous le temps du long désir, qui nous permet par les œuvres concrètes de mourir à nous-même, mais aussi par la prière de nous préparer à recevoir la vie nouvelle du Christ ressuscité.

Le sens du Carême

Le Carême est une période de «jeûne» et d’approfondissement de sa foi, durant laquelle il est commun de s’abstenir de boire de l’alcool ou de manger de la viande ou du chocolat, de jeûner pour certains et de pratiquer l’abstinence les jours de pénitence, soit le vendredi, jour traditionnellement associé à la mort de Jésus-Christ.

Par Nathalie Angelini-Traeger | Illustration : DR

Pour moi le sens principal de ce temps particulier c’est la préparation à la fête de Pâques, qui commémore la résurrection du Christ. Pendant 40 jours, nous sommes invités à repenser nos choix, notre mode de vie. Mais ce n’est pas tout, le Carême nous donne aussi l’opportunité de freiner un peu nos vies bien trop souvent remplies ou « simplement » polluées de distractions qui ne nous apportent ni la paix, ni la joie et à nous recentrer sur ce qui est juste, sur ce qui nous fait du bien, mais aussi sur nos proches et les autres. 

Matthieu 9 : 15

Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.

Alors oui jeûner nous est demandé en tant que fidèles, mais sommes-nous en tous capables ? Oui et non et finalement là n’est pas le plus important. Le plus important en Carême est de prier, de se rapprocher de sa foi, d’aimer ses frères, de donner, d’aider son prochain, de pardonner à ceux qui nous ont offensés. Nous ne devrions jamais jeûner en oubliant le plus important, car s’abstenir de manger, de boire ou peu importe les choix qui sont les nôtres en cette période si particulière, nous ne devrions jamais perdre de vue le plus important : le Royaume de Dieu, sa Justice, sa Paix par le Saint Esprit et la Joie 

Luc 18 : 11-14

Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Seigneur pour ce Carême, aide-moi à être dans les bonnes dispositions de cœur envers mon corps et mon prochain, dans la prière, tout en honorant du mieux que je peux ton Royaume. Car je sais que ce n’est pas l’aliment lui-même dont je vais me priver qui va compter, mais ce qu’il va produire dans ma vie.

Les ados en pèlerinage: rêver ou espérer?

Ils étaient six Montheysans, sur le quai de gare à Aigle, direction le Simplon pour le pelé des ados. Rejoints par six autres Valaisans, ils ont d’abord été perplexes voire décus du petit nombre, bien loin des soixante espérés…

Par Sandrine Mayoraz | Photo : Gérard Puippe

Un soleil splendide nous accompagne sur l’itinéraire en raquette. Qui es-tu ? Et quels sont tes rêves ? Ces questions ont guidé la marche les uns vers les autres pour faire connaissance et celle vers notre intériorité… « Devenir médecin », « que chacun grandisse dans un foyer aimant », « que tout le monde s’entende bien durant ce week-end », « rentrer vivant », lâche un autre avec humour. 

Au fil du week-end différents ateliers d’écriture, de peinture, de musique, de discussion ont permis de révéler leur espérance et leur aspiration. Autour du feu, symbole de l’Espérance dans la nuit, certains ont osé des paroles personnelles. S’inspirant de l’Evangile du jour 1, un jeune animateur partage : « Mon Espérance pour cette semaine, ce serait de me débarrasser du superflu pour ne garder que le nécessaire. » Pour ma part, je suis admirative de la sagesse, la profondeur et l’audace dont témoignent ces jeunes.
Je suis reconnaissante de pouvoir partager ces moments avec eux : ils sont des témoins entre eux et aussi source d’Espérance pour nous, les adultes qui les accompagnons. 

Au terme du week-end, les six sont enchantés. Ils ont su tirer parti du petit nombre : « Nous avons pu connaître tout le monde et être un grand groupe plutôt que plusieurs petits groupes. Nous avons bien partagé. »

1 « Que votre parole soit « oui », si c’est « oui », « non », si c’est « non ». Ce qui est en plus vient du Mauvais. » (Mt 5, 37)

Archéologie biblique et catéchèse

Pour l’équipe pastorale : texte et photo par Isabelle Poncet

La Bible nous fascine, nous interroge et nous fait nous interroger sur l’existence de Dieu. Comme on aimerait avoir des preuves sur la véracité de certains faits et de certains récits ! Si l’existence de Jésus est attestée en tant que personnage historique, seule la foi nous fait reconnaître en Lui le Fils de Dieu.

En tant qu’adultes, nous sommes toujours en train de découvrir les richesses des textes bibliques, de les réinterpréter, de se les approprier. Ce qui ne se fait pas sans comprendre le contexte de l’époque. 

De nos jours, les enfants n’acceptent plus de prendre pour acquis ce qu’on leur dit. Ils se questionnent, ils réfutent et c’est difficile pour eux de croire. 

Certains propos de la Bible leur paraissent invraisemblables et c’est là que l’archéologie biblique peut nous aider, notamment en ancrant Jésus dans l’histoire comme personnage ayant réellement existé. 

Dans un des livrets proposés dans le programme de catéchèse (« Et qui donc est Dieu » – chez Bayard), les enfants tentent de comprendre « Pourquoi Jésus s’est-il laissé tuer sur la Croix ? » Une carte de Jérusalem à l’époque et un film leur permettent de visualiser le parcours du Christ lors de sa Passion, à travers des vestiges archéologiques. Voir qu’en creusant, les archéologues ont retracé le parcours à travers la ville de l’époque leur permet de prendre conscience que Jésus a bien existé et que ce que nous leur racontons n’est pas que des histoires que l’on ne peut pas visualiser. Déjà que Dieu, on ne Le voit pas… ! 

Néanmoins, si les vestiges peuvent nous aider à croire, la foi, elle, ne peut venir que de la rencontre personnelle avec le Christ. En tant que parents et catéchistes, nous semons, mais Dieu seul récolte !

La solitude des prêtres

PAR JUDITH BALET HECKENMEYER
PHOTOS: JUDITH BALET HECKENMEYER, FRANK JULLIARD

Lorsque ce terme est évoqué, de suite vient à l’esprit le sujet du célibat des prêtres. Mais vivre avec quelqu’un au quotidien est-il gage de ne pas ressentir de la solitude? Même au milieu d’une foule, il est possible de ressentir une solitude extrême.

Mais la solitude peut aussi être une bénédiction, car elle permet de mieux se relier au fond de son être. Jésus n’est-il pas parti pour 40 jours dans le désert avant sa grande épreuve ?

Certains religieux vivent en communauté, mais bien souvent les prêtres vivent seuls.

Ils ne manquent certainement pas d’occasions de réunions, de conseils de tous ordres, de rencontres privées avec leurs paroissiens, mais la fonction qu’ils occupent mettrait-elle une barrière à de solides relations amicales, ou à oser demander de l’aide ?

Lorsque des difficultés surviennent dans la vie d’un prêtre, vers qui peut-il se tourner pour partager ? Comment se fait-il accompagner lorsque de grandes remises en questions le taraudent ? Car il ne doit pas toujours être facile d’accueillir les souffrances des autres, de porter leurs malheurs, de les accompagner dans la peine, les deuils, les maladies, leur propre solitude. Comme pour tous les frères humains, les prêtres ne sont pas à l’abri des dépressions, des dérapages (dont l’opinion publique avide de scandales se délecte tant actuellement), des suicides. Bref, des maux qui touchent au fond tous les êtres humains. Et lorsqu’il y a maladie, dans la fin de vie, la solitude leur est-elle plus grande encore ?

Ce n’est que lorsque la solitude est pesante, qu’il est nécessaire de la rompre. Pour aider, il faut une demande. Pour répondre, il faut une question.

Il est donc de la responsabilité de chacun, prêtre ou non, de chercher de l’aide, des soutiens lorsque la solitude devient difficile à vivre ! De même que lorsqu’elle est nécessaire, bienvenue ou appréciée, de la savourer avec délectation.

De la solitude à l’épanouissement

PAR ROMAINE CARRUPT
PHOTO: PHOTO VAL, ST-PIERRE-DE-CLAGES

Le sentiment de solitude ne doit pas fermer le cœur mais l’ouvrir. Le Seigneur appelle à la vie consacrée celui qui garde son cœur ouvert. « »Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.» (Mt 4, 19-20). C’est dans le discernement et en expérimentant des instants de silence dans la solitude de la prière que l’appel prend sens.

Un cœur détaché de soi-même, débarrassé de tout attachement, peut apporter le sens de la solitude, l’ouvrir au désir d’en vivre régulièrement. Un cœur vide se remplit de Dieu et le rend disponible pour aimer comme Jésus nous le demande.

L’amour divin conjugué à l’amour humain est la rencontre au centre de nous-mêmes. Le mystère de la solitude permet d’atteindre la liberté du cœur, il s’ouvre à Dieu et aux hommes.

Le pape François invite les prêtres qui vivent des périodes de ténèbres à ne pas se replier sur eux-mêmes. Il les invite à sortir d’eux-mêmes, à rayonner la joie, à aller vers le monde et apporter la lumière de Dieu qui est en eux pour rejaillir sur le peuple.

Dans le monde actuel du tout, tout de suite, poser des temps de cœur à cœur avec le Seigneur offre une respiration dans la solitude pour libérer le cœur et l’ouvrir à l’abandon, au lâcher-prise, et permettre à Dieu d’œuvrer en nous.

Vivre le célibat dans l’amour du Seigneur ne ferme pas l’accès aux véritables amitiés. C’est l’ouverture à la découverte de pouvoir aimer quelqu’un pour ce qu’il est, comme le Christ l’a aimé, et ainsi s’épanouir au-delà de l’érotique et du charnel.

Le besoin de relations humaines est légitime, Dieu est Dieu, il peut sembler parfois éloigné. Le confrère, le collègue, une personne avec laquelle nous sommes liés par une amitié profonde, avec laquelle nous partageons une véritable amitié spirituelle dans un dialogue chaste et constructif peut combler ce besoin.

Le prêtre. Qui est-il ?

PAR DANIÈLE CRETTON-FAVAL | PHOTO: ALPHONSE DARBELLAY

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et son frère André occupés à pêcher. Il leur dit: «Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent, et il les envoya pour que se répande la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre.»

Comme eux, le prêtre s’est senti appelé, un jour, et il a répondu « oui ». Il a fait don de sa vie, qui englobe son avenir, ses facultés, ses joies, ses souffrances, ses rêves de foyer, enfin, l’offrande totale de son soi. Le prêtre accepte cet « Allez » de Jésus avec les scénarios et les défis toujours inconnus de cette vocation au service de Dieu et des autres.

Le prêtre vit aujourd’hui dans une société où les inquiétudes sont nombreuses, avec ce sentiment de ne plus être entendu, lorsqu’il parle d’évangélisation. On pourrait affirmer avec Isaïe : « Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler de toi. » Hélas, souvent, la Bonne Nouvelle se dilue dans les forces incontrôlables dues à la fuite en avant de la mondialisation, de l’économie, des technosciences, des médias, des réseaux sociaux, de la perte de notre culture judéo-chrétienne, qui fut à l’origine de notre démocratie, et résultat : ce tout amalgamé vient nous embrumer le cœur et l’esprit.

Le prêtre, en plus de semer le riche trésor de la Parole avec foi, pour faire croître le Royaume de Dieu ici-bas, doit encore trop souvent avoir des facultés entrepreneuriales pour que la paroisse fonctionne bien dans ses besoins et services matériels qui sont nombreux en ce temps de complexités tout azimut.

Le prêtre, comme le dit notre pape François, est celui qui doit veiller jalousement à ne pas se laisser voler l’enthousiasme missionnaire, la joie de l’Evangile et l’espérance ! Il est chargé de nous arracher au pessimisme ambiant, et nous aider à reprendre conscience des trésors et des ressources contenus et offerts lors de la célébration de l’Eucharistie, par les sacrements et dans les Evangiles. Semer, ressemer sans fin la Parole par l’écrit, par la voix, par la patience, tel est le charisme du prêtre. Servir et encore et toujours servir dans la fidélité à la Parole donnée le jour de l’ordination, dans un combat personnel que la vie impose.

Le prêtre, il est vrai, reçoit la grâce et la miséricorde du Père pour être son disciple, et que Sa Grâce est toute-puissante, mais, j’ose penser quand même que « prêtre » est un sacré job !

Pour conclure : revisitons la prière que sainte Faustine a reçue de Notre Seigneur : « Aujourd’hui, amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses ; immerge-les dans mon Insondable Miséricorde. Elles m’ont donné la force d’endurer ma douloureuse Passion ; c’est par elles, comme par des canaux, que ma Miséricorde et mon Amour se déversent sur l’humanité souffrante. »

Témoignages de nos quatre prêtres

La solitude par Bernard Maire

Photo: Robert Zuber

D’après le dictionnaire, est solitaire non seulement celui qui est seul par obligation, mais aussi celui qui aime à être seul ou à vivre seul par désir ou par besoin. La solitude est donc l’état d’une personne seule, retirée du monde, qui la subit ou qui la cherche.

Je l’imagine pourtant comme une personne tout de noir vêtue : elle me rencontre lorsque je suis vulnérable, lorsque je n’ai pas pris le temps de méditer la parole de Dieu, ou encore de prier l’Office divin.

Elle est ingrate, sournoise et elle se trouve cachée quelque part en moi. Je n’ai pas de remède infaillible, ni de médicaments, aucune potion… rien si ce n’est de me remettre en route et de retrouver la puissance de la prière et de l’Evangile dans le quotidien de ma vie ! ou encore de me laisser faire par Dieu.

C’est Jean Rostand qui a dit : « Etre adulte, c’est être seul ! » On ne le dira jamais assez fort : cette solitude-là peut être féconde et enrichissante quand elle est choisie, souhaitée, voulue, à l’instar du Maître qui aimait à se retirer loin de la foule, pour méditer et prier.

Un temps pour soi par Bruno Sartoretti

Photo: Camp Biblique Œcuménique de Vaumarcuse

Est-il bien judicieux de parler de la solitude du prêtre ?

Le ministère qui nous est confié nous invite à la rencontre des personnes de la communauté afin de répondre à leurs désirs spirituels. Et ils sont nombreux ces désirs, et variés. Pour mieux réaliser la mission, il faut sortir des sentiers battus, de nos églises bâtiments afin de rencontrer l’Eglise vivante, donc prendre le temps d’aller en commissions au village, de prendre un café avec une personne rencontrée sur le chemin, de prendre le temps de discuter, … Il n’y a pas de sentiment de solitude, mais plutôt un sentiment de vie partagée, d’accompagnements mutuels, de soutiens et d’échanges comme dans une grande famille.

Mais il faut aussi des temps pour soi. Des temps pour se ressourcer, pour prier, pour lire la Parole de Dieu,… Des temps pour prendre soin de son corps afin de garder une santé qui permette les rencontres. Si ces temps demandent une certaine solitude, ils sont surtout des temps pour mieux vivre ensemble.

La solitude du prêtre n’est pas un poids qui m’opprime, mais des temps qui m’invitent à mieux préparer la vie de la grande famille de Dieu. La solitude n’est pas un temps où je me sens persécuté ou oublié, mais un temps que je mets à profit pour mieux laisser la place à Dieu, pour qu’Il puisse mieux vivre en moi afin que je puisse mieux le proclamer et en témoigner plus.

Merci donc à vous, les paroissiennes et paroissiens, qui êtes de ma famille. Vous me donnez beaucoup d’espoirs et d’envies par vos paroles et vos présences, par vos bonjours et vos questions, par vos sourires et vos saluts. Merci de faire de moi un homme debout, ressuscité, parce que vous me donnez la présence qui supprime la solitude.

La solitude par Robert Zuber

Photo: Robert Zuber

La solitude je l’ai vraiment rencontrée au moment du Covid où elle est devenue très négative, lourde et presque invivable. Il a fallu l’apprivoiser en donnant un sens à cette nouvelle réalité. Cela a été possible car j’ai osé ouvrir mon cœur à des proches et à un frère prêtre.

Ce qui m’a tenu et qui me pousse à continuer mon ministère dans la joie et la confiance ce sont tous les regards échangés, les sourires, les partages et les rencontres. Et aussi tous ces moments de prière, de célébration, de méditation de la Parole.

Pour moi l’essentiel c’est de rester en relation avec Dieu et avec les autres, c’est aussi la certitude que Jésus conduit son Eglise, les communautés et donc mon ministère.

Aujourd’hui la solitude est un chemin que je prends avec Jésus et Marie, en communion avec celles et ceux qui peinent et qui sont en souffrance.

J’ai encore mieux saisi qu’au cœur de ma solitude, il y a une Présence d’amour qui m’invite à m’ouvrir à Lui et aux autres pour mieux vivre et pour mieux aimer.

Apprivoiser la solitude par Rémy Delalay

Photo: Rémy Delalay

Durant mes 20 années de vie monastique, j’ai appris à apprivoiser la solitude. Comme dans ma cellule monastique, je n’ai à la maison ni radio ni télévision. Le silence à la maison apaise et aide à écouter son cœur et l’Esprit qui parfois se manifeste. J’ai l’habitude des repas en silence et du travail solitaire. Le silence extérieur n’est pas synonyme de solitude intérieure. Bien au contraire, il aide à porter ses proches et le monde dans la prière et les laissent se rendre présents par la communion des saints. Je ne me sens ainsi pas seul.

Dans le ministère, je suis bien entouré par les Conseils de communauté et les Conseils de gestion des différentes paroisses dont j’ai la référence. Les catéchistes, les sacristains et sacristines sont aussi importants et je les rencontre très souvent. On partage toujours un moment fraternel avant les célébrations.

Paradoxalement, c’est quand je suis avec beaucoup de monde que je peux me sentir très seul. Quand l’église est pratiquement pleine et que presque personne ne répond, quand je dois prier le Notre Père pratiquement seul au micro, alors oui, je me sens horriblement seul et triste. Quand je me suis retrouvé plusieurs fois à la messe de semaine seul avec la sacristine, alors oui, je me sens seul et triste. Ces moments sont des instants dans le brouillard, comme sur la photo, mais ils ne durent pas longtemps car le soleil brille en dessus. Et autour de moi, bien des personnes ont des fardeaux bien plus lourdes à porter.

Seigneur, à quoi bon ?

PAR LE PÈRE LUDOVIC LÉCURU | PHOTO: PIXABAY

Rien de ce que j’ai accompli pour toi ne semble porter du fruit.

Jusqu’à présent, j’ai cherché à te suivre.

Finalement je ne sais plus où est le chemin.

J’ai prié davantage, et je ne suis pas plus fort(e) qu’avant.

Je me suis rappelé ton amour, et je me sens bien seul(e).

Je sais que Jésus aussi a connu l’insuccès.

Après son discours dans la synagogue de Nazareth, les gens ont voulu le précipiter du haut de la falaise.

Ses concitoyens ont voulu le lapider.

Les Pharisiens ont conspiré contre lui et fomenté de faux témoignages pour le perdre.

Les gens lui ont préféré Barabbas le bandit.

Jamais, cependant, il ne s’est laissé décourager par les événements.

Il ne s’est pas scandalisé de ce qui lui arrivait.

Il a aimé les siens jusqu’au bout.

Pardonne-moi quand je ne m’appuie plus sur toi avec foi.

Même quand je suis découragé(e), ta grâce est toute-puissante.

Même quand je suis fatigué(e), tu es ma force.

Même quand je compte plus sur moi que sur toi, tu ne m’abandonnes pas à mes pauvres forces.

Assure mes pas sur le chemin de ma vie. Tout est bien, Père, car tu es là.

Amen.

La solitude du prêtre

PAR L’ ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO, CURÉ
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE

«Il n’est pas bon que l’homme soit seul» (Ge 2, 18) dit Dieu dans le premier des livres de la Bible, le livre de la Genèse. Selon saint Paul, l’apôtre est «mis à part» pour exercer sa mission. Comment concilier ces deux injonctions de l’Ecriture? L’Eglise latine a tranché depuis longtemps, imposant à ses ministres la loi du célibat sacerdotal. Le prêtre est un homme «seul». Ainsi le veut la Tradition. De plus, la communauté, les confrères, ne sont plus aussi porteurs qu’auparavant.

Souffre-t-il parfois de solitude ? Morale, affective ? Poser la question, c’est y répondre. Une disponibilité plus grande est sans conteste laissée à qui choisit cette façon de vivre. Il y a des prêtres qui ne comptent pas leur temps. Mais d’immenses difficultés surgiront dans l’existence de ces hommes seuls si l’équilibre n’est pas trouvé. L’histoire de l’Eglise est affligée d’incessants problèmes à ce propos, de scandales, même. Ces comportements déviants n’évangélisent personne.

Dans l’Eglise de Rome, on ne sait, on ne veut résoudre ces problèmes récurrents. On préfère que l’Eglise se meurt et se suicide petit à petit plutôt que de réformer ce qui doit l’être. Que restera-t-il de notre Eglise d’ici 20 ans ? J’imagine – mais qui suis-je pour me permettre un avis sur la question – l’existence d’un clergé marié, sur le modèle de celui qui anime les paroisses de l’Eglise d’Orient, ce qui n’empêcherait pas que des prêtres célibataires déploient leur charisme, dans le cadre de communautés fraternelles suivant une règle.

Vivons dans la sérénité et l’harmonie, quel que soit notre état de vie, en cultivant l’essentiel, notre foi en Jésus-Christ, dispensateur de vie et d’amour. Que celui-ci comble chacun !

La solitude de nos prêtres

Par vœu, par choix ou par nécessité, la solitude se vit comme une compagne agréable ou comme une souffrance au quotidien. Que ce soit le jeune en recherche de partenaire pour la vie ou la personne âgée ayant perdu son conjoint, nombreux sont ceux qui expérimentent le silence et l’absence à la place d’une relation suivie et complémentaire. Au moment où ce thème est abordé dans la rubrique «éclairage» de notre magazine, il nous a semblé important de donner la parole aux prêtres qui desservent notre secteur pour qu’ils partagent avec nous quelques réflexions sur leur «solitude».

Par l’Abbé Gildas tchibozo

Dire que le prêtre est seul, cela me dérange un peu ; et pourtant, c’est quelquefois la réalité.

Au sens théologique du terme, il est bien vrai que le prêtre n’est jamais seul. Avant de s’en aller vers son Père,
Jésus faisait cette promesse aux disciples: «… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt 28, 20)

Par ailleurs, l’Apôtre Paul affirme dans sa Lettre aux Galates (5, 20): «Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.» Donc, en réalité, le prêtre ne devrait jamais se sentir seul ou solitaire. Il est sans doute isolé, du fait qu’il incarne une réalité, que je qualifierais de «mystique», qui gêne les gens de notre époque.

Me sentir seul et isolé, oui, cela m’est pourtant arrivé plusieurs fois ! Je donne juste deux témoignages.

Le premier, c’est quand on m’affecte pour aller d’une paroisse à une autre. Là, je me rends compte que je suis seul, et que je dois y aller seul !

Le deuxième témoignage, c’est surtout après les grandes célébrations paroissiales. L’église est remplie de fidèles (à la sortie de la messe, les paroissiens attendent volontiers pour des échanges, ou même pour l’apéro). Mais, quelques minutes après, la paroisse est vide et je me rends compte que je dois retourner seul à la cure, dans ma chambre. Malgré la présence des confrères prêtres, je me sens seul ; et c’est sans doute aussi leur ressenti. Chacun se sent seul face à lui-même. Néanmoins, en reprenant mes esprits, je culpabilise de me laisser gagner par un tel sentiment, alors que j’ai pleinement conscience que le Christ est en moi et il est avec moi de façon permanente, que j’appartiens à un corps sacerdotal, à une famille biologique, et aussi ecclésiale qui m’entourent. Pourtant, je suis seul ! Alors, j’ai compris il y a fort longtemps que la solitude du prêtre ne se trouve pas dans le fait de son état de vie, comme célibataire, mais plutôt dans son état d’être, en tant que configuré au Christ, seul à Gethsémani, seul sur la croix. Depuis lors, je vis ma solitude avec beaucoup de joie, surtout grâce à la bienveillance des paroissiens qui comprennent mes limites humaines.

Par Joseph Voutaz

Pour moi il y a une bonne et une mauvaise solitude.

La mauvaise solitude correspond à l’isolement et à la fatigue. Elle est un cercle vicieux qui me plonge dans l’activisme. Même si je croise du monde, le cœur reste vide. Le remède consiste à prendre du temps en face de Dieu pour lui confier ma vie et mon cœur.

La bonne solitude correspond au ressourcement. Dans mon ministère, je croise
tant et tant de visages que j’ai parfois besoin de prendre du recul. Etre seul, prendre du recul, prier, ça fait du bien : Jésus prenait lui même des temps prolongés de prière.

J’ajoute que la vie communautaire (pas toujours facile cependant !) est un cadeau inestimable qui fait que je ne me sens jamais vraiment seul !

Par René-Meinrad Kaelin

En complément des articles de Joseph et de Gildas, qui parlent davantage de leur vécu, je vous donne un regard vertical, spirituel sur la solitude du prêtre.

Par rapport à tant et tant de personnes qui vivent dans une profonde
solitude et qui en souffrent tant et plus, je pense que la solitude du prêtre est très différente.

D’abord, elle est CHOISIE :
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. »
Cette solitude n’est pas stérile… elle nous permet de porter du fruit et d’être écouté-exaucé par le Père.

Cette solitude est HABITéE. Le prêtre, fidèle à son engagement, peut dire comme Jésus :
« Je ne suis jamais seul ; le Père est toujours avec Moi. » (Jn 8, 16)

Et il y a la promesse merveilleuse du Christ à Pierre :
« Pierre se mit à lui dire ; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? » Jésus leur dit : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres, avec des persécutions et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. » (Mt 17, 27-29)

La promesse : recevoir au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des frères, des sœurs, des mères… des enfants…

Je pense ici, à la communauté qui nous entoure et qui nous porte : la communauté bernardine de ma famille religieuse… la communauté de la famille paroissiale… Il y a aussi toutes les personnes avec lesquelles nous nouons un profond contact par le biais du ministère sacerdotal.

NON NON, je ne suis jamais seul avec le Seigneur, mon Bon Pasteur… !

La solitude du prêtre

PAR PIERRE-ANDRÉ GAUTHEY

«La solitude du prêtre…» Vaste sujet, important et ô combien délicat.

Merci aux chroniqueurs(euses) qui vont s’y risquer, dans L’Essentiel de ce mois !

– «La solitude, ça n’existe pas» chantait haut et fort Gilbert Bécaud. Pas d’accord avec toi, l’ami. Désolé.

– «Quand vous butez sur toutes sortes d’épreuves, pensez que c’est une grande joie.» (Jc 1, 2) Là encore, je décroche… Dieu me pardonne!

– «Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel , écrivait une femme de lettres… Là aussi, je peine à avancer!

C’est alors que me tombe du ciel un article de journal, signé de l’abbé Jean-René Fracheboud: «Notre vie passe par d’impressionnantes variations climatiques. Au temps des hautes pressions, peuvent succéder des périodes de basses pressions, des dépressions, le brouillard…»

Et que dire de ces quelques lignes de Guy Gilbert. «Rien n’est plus petit, plus fragile qu’un prêtre: l’isolement affectif, la solitude et un ministère asséchant, peuvent le tuer. Par voie de conséquence, il peut déraper tragiquement…»

Quant au dernier livre de Mgr Daucourt «Prêtres en morceaux», c’est un cadeau du ciel… et je vous le recommande chaudement! Des remèdes à l’isolement du prêtre existent, Dieu merci. Davantage de contacts personnels, l’Eucharistie vécue en profondeur et non célébrée par routine, plus d’humilité. «Le prêtre est serviteur et non sauveur du monde.» (G. Daucourt)

Oui, il faut le savoir, des prêtres souffrent de solitude, pour des raisons diverses.

ALORS dites-leur que vous les aimez, que vous les aimez comme ils sont, rien de plus, rien de moins!

«Nul n’est trop pauvre, pour ne rien avoir à donner ; nul n’est trop riche pour ne rien avoir à recevoir.» (op. ci.)

Un évêque avait dit un jour à ses prêtres: «Faites ce que vous pouvez faire, et ce que vous pouvez faire, essayez de bien le faire.»

Une chose est certaine, et saint Paul nous le rappelle: «Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.»

Découvrons notre église paroissiale

L’Essentiel vous proposera ces prochains mois une rubrique « Découverte ». En effet, tant d’entre nous entrent et sortent de l’église de Martigny mais combien en connaissent les secrets ? L’édifice est pourvu depuis deux ans de bornes qui ponctuent un circuit de visite audio-vidéo automatisé, simple et ludique dont notre curé Jean-Pascal est l’acteur. Vous retrouverez ces bornes de présentation thématique contre les piliers de l’église.

Par Fabienne Seydoux, adapté par Marcel Comby | Photos: DR

Lorsque nous entrons dans l’église paroissiale de Martigny construite à la fin du XVIIe siècle (1678-1680) en style toscan, notre regard se porte en premier sur le Christ en Croix. Alors que sur le maître-autel, on a, dans le tableau central, Jésus avant sa naissance, dans le ventre de sa mère et qu’on le voit, sur le haut, devenu enfant bénissant le monde, nous le trouvons ici, dans l’arc de la voûte, à la maturité de sa vie, à l’heure où il a fait l’offrande de sa vie pour le salut du monde.

En fait, comme chacun sait, ce n’est que tout récemment que cette splendide sculpture du crucifié, qui date du XVe siècle, a été installée ici ! C’est pourtant bien là qu’elle avait été posée à l’origine, lors de la construction de l’église. Pour des raisons inconnues, elle a été déposée en 1862 lors d’une restauration. Le crucifix a même longtemps quitté l’église pour séjourner un temps dans un musée à Sion, passé par l’église de Charrat, avant de revenir à Martigny. Mais on lui trouvait difficilement une bonne place. On a essayé de le mettre contre le clocher, puis, lors de la grande rénovation de 1993, au fond de l’église. La dernière rénovation de 2020 a permis de le remettre enfin à sa place d’origine, après 340 ans d’une étonnante pérégrination. 

La plus ancienne œuvre d’art présente dans cette église, c’est justement ce splendide crucifix. Il nous faut en effet revenir plus de 500 ans en arrière. Le 30 septembre 1495, Jean Boular de Vevey, artisan sculpteur de renom, signe la quittance pour le crucifix de Martigny. On est à l’époque gothique et le Christ y est figuré grandeur nature, avec une taille de 180 cm. Les traces de la flagellation sont bien visibles. Il faut dire qu’à l’époque l’Europe est marquée par la grande peste qui fait des ravages énormes. Le Christ y est représenté, avec un réalisme émouvant, un peu comme ces malades de la peste, avec des plaies au cœur, sur les bras, des ficelles colorées évoquant le sang qu’il a versé par amour. Saint Pierre s’exclamera : « C’étaient nos péchés qu’il portait sur le bois. » (1P 2, 24) Le crucifix rappelle la mort du Christ, mais sa position plongeante, juste au-dessus de l’actuel autel de célébration, conçu en 1993 dans un style résolument contemporain, par les architectes Chabbey et Boillat, renvoie spatialement au mystère de sa Résurrection. En effet, sur la table de l’autel, invisible, ressuscité, mystérieusement présent, il se donne désormais, à chaque célébration de l’Eucharistie, comme le « Pain de vie éternelle » au Peuple de Dieu qui s’est rassemblé pour faire mémoire de sa mort et de sa résurrection.

C’est un Christ qui nous invite à sortir de l’église et à agir pour lui. Au pauvre qui rentre dans l’église, il lui dit : tu es comme moi je te comprends, je vis ce que tu vis je viens t’encourager à avancer. 

Il y a quelque chose de splendide et ce Christ qui a 500 ans devient une actualité. Il n’est pas là pour faire un discours. Il est là pour être vu, pour dire : « Je t’aime, laisse-toi toucher par ma tendresse. »

Nous vous encourageons à prendre le temps de visiter notre Eglise paroissiale et à consulter les huit bornes de présentation qui vous aideront à mieux comprendre les œuvres d’art suivantes : le maître-autel, le crucifix, le baptistère, la chaire, les confessionnaux, la visite virtuelle du sous-sol archéologique, le clocher, l’orgue historique « Maerklin ». 
BONNE VISITE.

L’année des grands travaux paroissiaux

La dernière assemblée paroissiale, tenue le 7 décembre à Estavayer, a été pour le moins particulière. Outre l’adoption du budget de fonctionnement pour 2023, l’assemblée a surtout avalisé et, fait rare, à l’unanimité, des crédits d’investissement pour près de 2 millions de francs pour conduire sept chantiers. Du coup, 2023 sera l’année des grands travaux paroissiaux!

PAR CLAUDE JENNY
PHOTOS: GEORGES LOSEY

Faire voter des crédits d’un tel volume n’était pas gagné d’avance. C’est dire que le Conseil de paroisse avait mijoté des présentations solides et détaillées, avec moult photos et plans à l’appui. Et la présentation magistrale d’Alexandre Duc, président de paroisse, a fait que les sept crédits ont été votés… sans la moindre question ou objection. Du jamais vu !

Détaillons succinctement les sept chantiers qui seront conduits cette année :

• Rénovation de la cure de Cugy : désormais inoccupée, cette bâtisse protégée a besoin d’un sérieux lifting intérieur pour la mettre aux standards d’aujourd’hui et permettre à l’abbé Darius de l’occuper dans le courant de cette année (montant du crédit voté : Fr. 390’000.–) ;

• Porche de la collégiale d’Estavayer : des travaux s’avèrent nécessaires pour assurer une stabilisation de cette partie de l’édifice (montant du crédit voté : Fr. 83’000.–) ;

• Rénovation à l’église de Rueyres-les-Prés : des travaux de diverses natures sont nécessaires afin de poursuivre la rénovation de ce lieu de culte : sécurisation de la voûte, peinture, etc. (montant du crédit voté : Fr. 175’000.–) ;

• Rénovation de la cure de Forel : ce bâtiment, qui abrite la salle paroissiale mais également un appartement loué à des tiers, a besoin d’une rénovation quasi complète (toiture, fenêtres, équipements ménagers, etc.). Cette rénovation a été largement discutée, a relevé le président de la commission financière qui y a finalement souscrit (montant du crédit voté : Fr. 730’000.–) ;

• Drainage et création sanitaire à l’église de Lully : des infiltrations d’eau rendent certains travaux de drainage nécessaires. Un WC à la sacristie sera également aménagé (montant du crédit voté : Fr. 100’000.–) ;

• Entretien de l’église de Nuvilly : les intempéries ont fait apparaître de gros problèmes à la toiture, au clocher, aux façades. De gros travaux s’avèrent nécessaires (montant du crédit voté : Fr. 425’000.–) ;

• Goudronnage d’un chemin du cimetière de Cugy : ce cimetière est encore géré par la paroisse qui souhaite mettre ce chemin en état avant d’entamer des négociations avec la commune pour qu’elle en reprenne ce fonds, comme c’est le cas de tous les autres cimetières sur le territoire de la paroisse. Celui de Vuissens sera repris par la commune d’Estavayer (montant du crédit voté : Fr. 43’000.–).

Des travaux couverts
Des travaux pour un montant total de 1,946 million. Un montant effectivement élevé, a reconnu le président, mais qui résulte de la promesse faite au moment de la fusion de suivre les dossiers en cours. Pour l’avenir, le Conseil de paroisse soumettra un plan d’investissements pour les travaux futurs.

A relever que le financement de l’ensemble de ces travaux est couvert par les liquidités de la paroisse, qui n’a donc pas à recourir à l’emprunt. Le président a aussi donné la garantie que la presque totalité de ces travaux seront confiés à des entreprises de la région, ce qui représente aussi un joli coup de pouce à l’économie locale.

Un budget 2023 équilibré

Le budget de fonctionnement de la paroisse pour cette année a également été accepté à l’unanimité de l’assemblée. Il s’établit à presque 3 millions (2,989 millions). Charges et produits sont équilibrés. Il ne présente pas de grandes différences par rapport aux postes du budget 2022 et atteste de la très bonne santé financière de la paroisse et d’un solide matelas de liquidités pour financer les chantiers actuels et futurs.

L’abbé Darius serait-il en train d’hypnotiser l’assemblée ? Que nenni, il est intervenu pour adresser un message une fois tous les votes
sous toit !

Dimanche des laïcs

PAR BERNARD SONNEY, VICAIRE GÉNÉRAL DU DIOCÈSE LGF | PHOTO: CRAL

5 février 2023 – Des baptisés en mouvement(s)

Le sens de « la journée de l’apostolat des laïcs », c’est d’être un point de repère. Il nous rappelle le chemin parcouru et l’engagement progressif de tous les baptisés dans des activités pastorales autrefois dévolues aux prêtres et aux consacrés. La démarche synodale actuelle appelle tous les baptisés à être à l’écoute de l’Esprit Saint et de nos frères et sœurs. « Rien de neuf », direz-vous peut-être ! Oui ou non ! Tout dépend de notre foi et du chemin que nous sommes prêts à parcourir. Les laïcs actifs dans les mouvements qui composent la « Communauté romande de l’apostolat des laïcs » (CRAL) et les laïcs à l’œuvre dans les multiples registres de la vie de l’Eglise sont tous appelés à redécouvrir leur véritable identité de baptisés et à en vivre réellement.

Le chœur mixte d’Estavayer a choisi son nouveau chef

Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte Saint-Laurent Estavayer.

Lorsqu’un chœur doit choisir celui ou celle qui succédera à son chef en place depuis 30 ans, ce n’est pas tâche aisée! Le chœur mixte d’Estavayer a dû se livrer à cet exercice en décembre dernier. Il a choisi un chef chevronné, Jean-Louis Raemy, pour succéder à Jean-Pierre Chollet, qui se retirera l’été prochain.

PAR CLAUDE JENNY 
PHOTOS: LDD, GEORGES LOSEY

La sélection s’est faite d’abord sur dossiers et trois candidats ont été retenus : deux hommes et une femme. Les trois ont été conviés à conduire une répétition avec travail d’une partition. Et ensuite, le choix s’est opéré de manière démocratique : « chaque chanteuse et chanteur ainsi que l’organiste ont voté et le choix s’est porté de manière nette en faveur de M. Raemy. Presque un plébiscite ! » relate Maurice Bourqui, président, heureux que le chœur d’Estavayer puisse à l’avenir travailler avec un chef qui affiche une jolie pointure.

Le futur nouveau chef, qui entrera en fonction avec la nouvelle année pastorale, à la fin de l’été, n’est pas un inconnu ! Bardé de diplômes dans le domaine de la musique, il a surtout – à 45 ans – une grande expérience de la direction chorale. Il a déjà dirigé plusieurs chœurs d’Eglise à Autigny-Chénens, Villaz-Saint-Pierre, Billens, etc. Il dirige présentement trois chorales : une d’Eglise – le Cecilienchor von Tafers (chœur mixte de la paroisse de Tavel) – et deux profanes : l’ensemble vocal « la Rose des Vents » et le chœur d’enfants « Les Tournesols ». En parallèle à ses activités chorales, Jean-Louis Raemy est enseignant au CO du Giboux. Il habite Billens, est marié et père de 2 enfants.

Adepte du chant sacré

Jean-Louis Raemy se dit ravi d’avoir été sélectionné : « Je me réjouis de travailler avec ce chœur car on sent tout de suite de belles potentialités, et une envie de travailler des pièces sacrées pour leur donner un rendu de qualité » note le futur directeur, qui affectionne le chant sacré et les belles célébrations. Il se dit aussi ouvert aux contacts avec les autres chorales, voire à l’organisation de manifestations en commun. Toutes les chorales de la région se retrouveront d’ailleurs en novembre à Cugy, pour les Céciliennes. Un rassemblement qu’il affectionne, ayant fonctionné dans le passé comme responsable choral dans un autre décanat.

Le choix des chanteurs et chanteuses, auquel a été associé l’organiste, devrait donc apporter un vent nouveau au chœur mixte de la collégiale tout en assurant une continuité et en évitant de déstabiliser un ensemble qui n’a connu qu’un seul chef ces trente dernières années !

Dernière minute : l’actuel directeur en arrêt maladie

Au moment de boucler ce journal, nous apprenons que l’actuel directeur, Jean-Pierre Chollet, directeur jusqu’à fin août prochain, ne peut présentement pas diriger pour raison médicale. Imprévu qui oblige les responsables du chœur mixte à trouver momentanément des solutions de dépannage. Il se pourrait donc que le nouveau directeur entre en fonction, au moins partiellement, avant la date prévue du 1er septembre.

De g. à d., Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse, Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte, Maurice Bourqui, président du chœur mixte et Philippe Marchello, organiste titulaire de la Collégiale d’Estavayer.

Entrons en Carême avec la Campagne œcuménique 2023

PHOTO: EPER, KRISTIN BETHGE

Thème choisi : manger équitable pour les autres et pour la planète.

Si nous sommes ce que nous mangeons, cela ne dépend pas uniquement du choix entre une pomme ou un burger. La provenance des aliments que nous consommons et la façon dont ils ont été cultivés et produits déterminent elles aussi qui nous sommes ainsi que notre rapport à la Terre.

Nos systèmes alimentaires sont à l’origine de plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à l’intensification des événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les ouragans. Ces phénomènes mettent en péril la production de denrées alimentaires et menacent directement le droit à l’alimentation de millions de personnes. Nous sommes toutes et tous responsables du monde d’aujourd’hui et de demain. Un changement doit s’opérer rapidement : une agriculture plus respectueuse des ressources et de l’environnement et une consommation locale et saisonnière peuvent participer à améliorer le bilan carbone de notre production alimentaire.

Pour aller plus loin : www.voir-et-agir.ch

Voix du Sud

Diary Ratsimanarihaja, hôte de la Campagne œcuménique

Photo : Andriamparany Rasamimanana / Portrait : Karen Andrianirina

Née à Antananarivo, la capitale de Madagascar, Diary Ratsimanarihaja s’intéresse au domaine agricole dès sa jeunesse et poursuit des études pour devenir ingénieure agronome. Un choix pertinent dans un pays où 80 % de la population dépend de l’agriculture. Elle se spécialise ensuite en agroéconomie et obtient un diplôme en Politique et pratique du développement à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID).

Aujourd’hui, elle est membre de la coordination d’Action de Carême à Madagascar. En tant que responsable des thématiques agroécologie et changements climatiques, elle met son savoir et son énergie au service des populations locales dans le but de renforcer leur sécurité alimentaire et leur autonomie financière face au dérèglement climatique.

Bien que Madagascar soit l’un des pays les plus exposés aux cyclones – qui deviennent de plus en plus fréquents et puissants et entraînent de graves inondations –, le sud de Madagascar souffre paradoxalement d’une grande sécheresse.

Au-delà des différentes aides d’urgence, Diary insiste sur la nécessité d’apporter des solutions durables pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. L’agroécologie propose diverses techniques aux paysans et paysannes qui permettent d’augmenter la production et la qualité de la nourriture ainsi que les revenus. Nous aurons le plaisir d’accueillir Diary Ratsimanarihaja en Suisse du 9 au 26 mars 2023.

Les divers canaux de formation des employés de l’Eglise

Dans notre édition de décembre 2022, nous vous avons présenté les membres qui composent l’équipe pastorale de notre paroisse. Tous n’ont pas la même formation. Tous n’ont pas les mêmes tâches ! Il est vrai néanmoins que, pour travailler professionnellement en Eglise, les prêtres ne sont pas les seuls à disposer d’une formation poussée. Tous les laïcs et laïques, qu’ils / elles soient animateur pastoral, auxiliaire pastoral, catéchiste, etc., ont suivi une formation ou sont en cours de formation. Les voies sont multiples et diverses. Nous publions dans cette double page une infographie qui apporte un éclairage sur les chemins – académiques, de base, duals – que peuvent suivre nos agents pastoraux. Et nous vous disons aussi quelle est la formation de chacun des membres de notre équipe pastorale. (cjy)

Infographie : Service de la communication de l’église catholique fribourgeoise

Concrètement, chez nous…

Par Gérard Dévaud

Parmi les nombreux laïcs engagés dans notre paroisse, il y a des personnes issues des différentes formations mentionnées sur le tableau ci-contre. En voici un bref aperçu :

• Marianne Berset et Gérard Dévaud ont suivi l’IFM (actuellement la FAP) et sont ainsi appelés « animateurs pastoraux ». Ils font partie de l’équipe pastorale et peuvent assumer toutes sortes de charges pastorales, hormis les sacrements ;

• Rachel Jeanmonod termine actuellement sa formation à la FAP et recevra son diplôme « d’animatrice pastorale ». Elle est déjà membre de l’équipe pastorale.

• Mireille Duc et Nicole Monnard ont suivi la formation Emmaüs. Elles sont ainsi appelées « auxiliaires en pastorale » et, de ce fait, peuvent être membres de l’équipe pastorale. Elles assument certaines responsabilités liées à leur formation et à leurs expériences.

• Cette année, nous pouvons aussi compter sur la collaboration de Jean-Pierre Cantin, diacre. Celui-ci, bien que laïc, a été ordonné comme diacre. Il peut donc célébrer certains sacrements : le baptême et le mariage. Au vu de son petit pourcentage dans notre paroisse (25% pour la confirmation), il n’est pas membre de l’équipe pastorale.

De plus, nous avons la chance d’avoir une personne qui suit la formation CPP (Certificat de pratique pastorale) : il s’agit de Barbara Bargiel qui se forme dans le domaine de la catéchèse. Notons que nous pouvons encore compter sur plusieurs personnes engagées, entre autres dans le domaine de la catéchèse, qui se sont formées au Parcours Galilée.

Fête des couples jubilaires

PAR FABIENNE SEYDOUX | PHOTOS: DR

A Martigny, comme à Bovernier, la fête de l’Immaculée Conception est jour de fête pour les couples jubilaires. Ainsi, au cours de la célébration, chaque couple a non seulement été béni, mais a également reçu un petit présent confectionné par des enfants lors d’un atelier de catéchèse. Puis ils ont été invités à une raclette, afin de passer un bon moment de partage dans une ambiance très conviviale. Une équipe de choc, constituée de membres du conseil de communauté de Martigny, était à leurs petits soins. Que tous les couples qui seront jubilaires l’année prochaine réservent la date de l’Immaculée Conception 2023 ! L’appel est lancé !

Nouvelle rubrique : « La Bible au quotidien »

PAR L’ABBÉ DARIUS, CURÉ-MODÉRATEUR
PHOTO: DR

«Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Matthieu 5, 21-22. 38-39. 43-44).

Je passe avec Jésus à une nouveauté radicale

Il me passionne car il se comporte comme Dieu. Il se présente comme Fils du Très-Haut et comme tel, il m’interpelle. Il m’appelle à une mission – toujours nouvelle…

Une collègue de la rédaction de notre périodique Essentiel propose cette nouvelle rubrique biblique. Par ce texte, j’accomplis la tâche de montrer, comment cet « océan » qu’est la Bible me nourrit.

Aujourd’hui, je choisis le passage de l’évangile selon saint Matthieu qui m’impressionne énormément.

Vous avez appris, entendu ; on vous a présenté un enseignement de Dieu lui-même… mais moi, je vous dis… Qui peut parler ainsi ? N’est-ce pas un fou ou… un Dieu. Oui, c’est le Dieu-Emmanuel qui montre le vrai sens de ces anciennes instructions divines.

Le Christ est venu accomplir la Loi du Père, la conduire à sa perfection, lui donner un sens profond. Ce sens nouveau, c’est l’amour.

Ma justice se vérifie-t-elle simplement dans le fait que je n’ai pas tué, ni commis d’adultère, ni volé ? Ou dois-je plutôt m’interroger ainsi : est-ce que j’aime à l’image du Christ ? Suis-je disponible à progresser dans la fidélité à ce premier de tous les commandements ? Ma justice peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, de ceux qui, bien qu’obéissant à la Loi, gardent le cœur dur…

Il m’arrive de vouloir guérir du mal que l’on m’a fait par la colère et la vengeance, parce que je recherche la justice. Cependant la vengeance ne répare rien. Au fond de moi, je veux surtout que ma souffrance, mon état de victime soient reconnus. La compréhension, le soutien, la bienveillance de mes proches, peuvent être suffisants pour m’apaiser…

Le mal est guéri par l’amour. Pardonner est toujours difficile, mais la joie de la réconciliation est énorme. En m’ouvrant à l’invitation du Christ de m’abstenir de sentiments mauvais de haine, de vengeance et de rancune à l’égard d’autrui, je stoppe la violence qui pourrait être croissante. Le monde a besoin de mon engagement authentique pour sa progression dans l’amour. Je choisis la non-violence. Je choisis d’aimer quand on ne m’aime pas ; de rendre le bien pour le mal !

Jésus m’invite à prier pour mes ennemis. Ma prière est à la base de toute bonne relation avec ceux qui sont différents de moi ou qui se comportent comme mes adversaires. Elle contribue aussi à la conversion de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui s’éloignent de lui.

• Lire également l’éditorial

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