Une proposition…

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : DR

… de bibliothèque d’objets en prêt

Besoin d’une perceuse pour faire des trous dans le Gruyère ? Un casque antibruit pour ne plus souffrir des répétitions de cor des Alpes de votre voisin ? Plus sérieusement, pourquoi acheter un objet que vous n’utiliserez qu’une seule fois ? Empruntez-le ! La Manivelle fonctionne exactement comme une bibliothèque ou une ludothèque. Il suffit de vous inscrire, de payer une petite cotisation, de réserver l’objet sur lequel vous avez jeté votre dévolu et de l’emprunter pour une période définie. Toutefois, attention, la Manivelle fonctionne de la même manière qu’une bibliothèque, les oublieux paient des frais de retard… Plus d’informations et lieux de prêts sur manivelle.ch

… Pour emprunter à vos voisins ce qu’il vous manque

Frapper à la porte de son voisin pour lui emprunter un caquelon à fondue ou une pompe à vélo se pratique de moins en moins. Chacun préfère posséder « ses » objets. Pumpipumpe rend tous les objets cachés dans les appartements, armoires et caves visibles. L’association à but non lucratif créée en 2014 à Berne est un outil pour activer le réseau de voisinage. Pour que cela fonctionne, il faut rendre ces objets visibles là où les voisins passent quotidiennement, c’est-à-dire aux boîtes aux lettres. Pumpipumpe propose donc sur son site web une série d’autocollants à apposer sur sa propre boîte afin de montrer à ses voisins quels objets vous êtes disposés à prêter. Qui sait, le prêt d’un objet pourrait déboucher sur un apéro ou même une fondue dans un caquelon… partagé ! Plus d’informations et autocollants disponibles sur Pumpipumpe.ch

Rencontre avec Florine Keller, photographe et thérapeute

Je rencontre inopinément Florine alors qu’elle circule dans l’église de Martigny, prenant des photos à l’occasion de la bénédiction d’un couple. On échange rapidement quelques mots, car la célébration doit commencer. La jeune femme est photographe et thérapeute. Elle vit à deux pas de l’église, c’est un profil intéressant, me dis-je. Qu’aurait-elle à partager ? Je me prends à lui proposer sans détour une interview pour votre magazine préféré…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : PHOTO-FLO.COM

Florine, qui êtes-vous donc ?
Je suis une jeune femme de 35 ans née à Martigny dans le coin de la ville où j’ai passé une grande partie de ma vie. Voyageuse dans l’âme, j’ai parcouru le monde et également vécu dans d’autres villes et aux Etats-Unis quelques années. Depuis 2010, je suis photographe indépendante. J’ai un studio photo à mon domicile, ce qui me permet de faire par exemple des photos d’identité. Mes spécialités sont les portraits et les photos en extérieur. Je me déplace aussi pour diverses prises de vue : architecture, mariage, reportage, photos d’entreprise. En outre, je suis aussi Maître Reiki indépendante et thérapeute énergéticienne. Je pratique principalement à mon domicile, mais il m’arrive de me déplacer à l’occasion de certaines situations de vie.

 

D’où votre passion pour l’image vous vient-elle ?
Sans cesse émerveillée par l’environnement qui m’entoure, j’aime saisir l’instant pour en partager sa beauté. J’ai découvert la photographie parce que je suis sensible aux belles choses et aux émotions. Quoi de plus pratique que la photographie pour partager la beauté de la nature, d’une fleur, la puissance des montagnes ? C’est aussi à travers les photos que nous pouvons revivre des instants de vie et garder les souvenirs d’un jour tout particulier, au travers d’un portrait pris sur le vif par exemple. J’ai réalisé que je pouvais mettre en valeur par l’image les petites choses à côté desquelles les gens passent pour les rendre immortelles et réchauffer les cœurs.

 

Qu’est-ce qui guide votre regard lorsque vous appuyez sur le déclencheur ?
Ce sont les émotions et le ressenti. Je travaille majoritairement avec une technique de reportage et de prise de vue du moment présent. « Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. » Ce mot d’Henri Cartier-Bresson m’a toujours beaucoup parlé.

 

Vous m’avez parlé de thérapie. Que proposez-vous ?
Je propose des soins énergétiques en travaillant avec l’énergie Reiki. Il s’agit d’une méthode de soin japonaise assortie d’autres techniques qui en découlent comme la karmathérapie ou l’énergie cristalline. Depuis mon diplôme de Maître Reiki je continue à me former pour soigner mais aussi pour enseigner ces diverses techniques.

 

Le Reiki n’est donc pas une religion ? 
Non ce n’est pas une religion. On peut voir le Reiki comme une philosophie de vie, mais c’est surtout une énergie qui soigne par le renforcement de l’énergie vitale. Elle peut être utilisée par tout un chacun, du moment que la personne est initiée et formée. En général, les personnes qui le pratiquent ont une prédisposition, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un don.

C’est comme tant d’autres choses, exercer sérieusement demande une formation, du travail et surtout de la pratique. On peut parler de philosophie de vie, car elle peut contribuer à transformer une personne sur des plans bien plus large que son seul renforcement immunitaire. C’est-à-dire que l’on peut travailler sur une grippe ou un blocage du dos, mais aussi sur « les maux de l’âme » ou « l’éveil ». Le praticien agit comme un canal. Il réceptionne l’énergie et la transmet au receveur par l’imposition des mains.

 

Pourquoi le Reiki et pas l’Esprit Saint ?
Je ne suis pas théologienne. Peut-être est-ce une question de point de vue ?… Si l’amour universel « est » l’Esprit Saint, le Reiki en ferait-il partie ?

Comment voyez-vous votre avenir dans ce XXIe siècle assez lugubre ?
Je souhaite que mon avenir et celui de l’humanité soient heureux et des plus lumineux car du chaos naît l’harmonie.

Merci et bon vent, Florine !

 

Spectacle théâtral « La Lumière du désert »

Cette pièce de théâtre nous fera entrer dans l’aventure spirituelle et humaine de saint Charles de Foucauld. Un homme toujours en recherche : une lumière dans les déserts de nos vies.

Une aventure spirituelle et humaine fascinante… Vicomte Charles de Foucauld, riche, jeune indiscipliné, athée, officier de cavalerie, explorateur, géographe, linguiste, puis moine cistercien, prêtre, ermite au Sahara, marabout chrétien des Touaregs, frère universel, toujours en quête de sens, de vérité, d’authenticité et d’absolu. Il voulait des compagnons, il mourra dans la solitude. Il a cru apporter l’Evangile aux Musulmans, il a été assassiné par l’un d’entre eux. Il pensait que la France apporterait les lumières de la civilisation au Maghreb, elle en sera expulsée. Mais frère universel il reste à jamais. Un précurseur silencieux, une voix dans le désert ? « Il tient une place essentielle dans l’ordre du monde. »

➯ A Martigny, dimanche 8 janvier 2023 à 16h à l’église de Martigny-Bourg.
Entrée libre. Collecte à la sortie.

Nos ados à Lourdes: pèlerinage d’été 2022

Cette année le pèlerinage des «Ados de Lourdes» a rassemblé une trentaine d’Ados venus principalement du diocèse de Sion mais aussi de celui de Lausanne-Genève et Fribourg. Ils étaient encadrés par cinq animateurs et deux prêtres. Adeline Meuwly, Emeric Gendre, Ahmid-Nicolas Diawara Tercitano et Camille Berset de notre Unité Pastorale y ont participé. Ci-dessous un récit de cette formidable expérience.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALINE JACQUIER (ANIMATRICE GROUPE ADOS LOURDES

C’est en car que nous avons quitté le Valais vendredi soir vers 19h pour nous retrouver à Lourdes samedi matin à 9h. A peine arrivés, nous avons pris possession de notre campement au « Village des Jeunes ». Les ados logeaient sous tentes alors que les animateurs dormaient dans le chalet attenant, privilège de l’âge ! Les repas de midi étaient pris au réfectoire et préparés par notre formidable équipe cuisine. Quant à ceux du soir, nous les mangions autour du feu de camp.

Sur les pas de Bernadette

Comme nous étions arrivés deux jours avant le reste des pèlerins romands, nous en avons profité pour visiter la région, notamment les grottes de Bétharram. La partie ouverte au public s’étend sur 2,8 km et comprend une impressionnante dénivellation de 80 mètres. Avec la canicule qui nous guettait à l’extérieur, cette sortie fut très appréciée par l’ensemble du groupe. Nous nous sommes également rendus à Bartrès, petit village à 3 km de Lourdes, où se situe la bergerie, endroit où Bernadette gardait ses moutons.

La majorité de nos activités se passaient au sanctuaire ou dans les environs. Pour certaines d’entre elles, notre groupe se séparait. Les plus âgés ont eu la possibilité, tout au long de la semaine, de seconder les hospitaliers et brancardiers auprès des malades et personnes en situation de handicap.

Quant à nous, dont c’était la première fois à Lourdes, nous sommes allés marcher sur « les pas de Bernadette » en visitant les lieux où elle a vécu. Nous avons aussi appris à mieux la connaître grâce à la comédie musicale qui est jouée à Lourdes durant tout l’été.

Lourdes, lieu de grâces

Marie avait dit à Bernadette : « Viens boire à la source et t’y laver. » Nous avons pu passer plusieurs fois à la grotte, boire à la source ainsi que nous rendre aux piscines pour y effectuer le geste de l’eau (l’immersion n’est actuellement plus possible en raison du Covid). Pour accompagner nos prières, nous avons brûlé des cierges aux intentions qui nous avaient été confiées. Au cœur de notre pèlerinage, nous avons vécu un moment fort de communion avec l’ensemble des autres pèlerins lors de la procession mariale.

L’évêque du diocèse du Valais, Mgr Jean-Marie Lovey, a présidé le pèlerinage. Il a passé la soirée du jeudi en notre compagnie, au « Village des Jeunes ». Nous avons pu lui poser des questions et partager librement avec lui autour d’une raclette.

Vendredi matin, le réveil fut plus difficile que les jours précédents car il était synonyme de rangement du camp. Après la célébration mariale d’envoi et avant de monter dans le car pour rentrer chez nous, nous avons rempli une dernière fois nos gourdes à la source de la grotte en promettant à Marie et Bernadette d’y revenir l’année prochaine mais cette fois avec nos amis.

Notre Dame de Lourdes, prie pour nous !

Témoins de la foi auprès des jeunes : Aline et Camille

Aline Jacquier et Camille Vianin sont depuis septembre engagées au Service diocésain de la jeunesse, en compagnie de Gaëtan Steiner. En quelques mots clés, portraits croisés de ces deux aînées de famille, envoyées en mission par notre Eglise.

RÉDACTION DE LA LETTRE D’INFORMATION DIOCÉSAINE | PHOTO : DR

Les JMJ
Aline : « C’est là que la foi que mes parents m’ont transmise est devenue la mienne. J’ai beaucoup reçu. Je ne pouvais pas garder ce cadeau pour moi ! »
Camille : « Elles m’ont permis d’aller beaucoup plus en profondeur dans mon expérience de foi. Un lieu de conversion. »

Accompagner les jeunes
Aline : « Des agents pastoraux jeunesse ont fait pour moi figure de grands frères, de grandes sœurs dans la foi. A son tour, j’aimerais pouvoir être cette grande sœur pour d’autres, offrir cette belle relation. »
Camille : « A un âge où on cherche sa place, où on se pose des questions, c’est aussi offrir des amitiés saines, un lieu où on peut partager, écouter, être soi-même sans jugement. »

Le Christ, pour moi c’est…
Camille : « Celui qui me guide, qui m’aide à prendre les bonnes décisions. C’est avec Lui que je vais converser. C’est Quelqu’un à qui je confie ma vie et les projets de la jeunesse… »
Aline : « Un ami, qui sait tout de moi, avec qui je peux parler, un guide que je ne cesse de découvrir jour après jour. »

Formation
Camille : « Asseoir mes connaissances bibliques, théologiques, grandir dans ma foi, pour pouvoir mieux la transmettre plus loin. »
Aline : « Mieux connaître le visage du Christ pour mieux l’aimer. »

L’Eglise d’aujourd’hui, de demain
Aline : « Le pape François disait que les jeunes ne sont pas l’Eglise de demain, mais plutôt l’aujourd’hui de Dieu ! Soyons conscients que nous portons le Christ en nous, comme une greffe. Nous sommes co-christés… Cette Eglise est en sortie, allant aux périphéries, avec pour moi un leitmotiv hérité des JMJ de Rio : allez sans peur pour servir. »
Camille : « Elle est aussi en dehors du bâtiment église, par exemple à la conférence organisée par l’aumônerie des écoles tertiaires avec Claude Nicollier… C’est là qu’on rencontre énormément de jeunes, dans des endroits où on n’irait pas forcément. Mon désir : partout là où Dieu m’a mis, rester pour aimer. »

Le message qu’elles aimeraient transmettre aux jeunes
D’une seule voix : « Quitte ton canapé, chausse tes crampons et va aux JMJ ! Rendez-vous à Lisbonne ! »

Aline

A 33 ans, elle entame une formation d’animatrice pastorale au CCRFE à Fribourg. De son métier d’assistante de direction, elle retrouve aujourd’hui en pastorale notamment la gestion de projets et les relations humaines.
Déjà active depuis longtemps au comité JMJ romand puis engagée en pastorale jeunesse sur le décanat de Sion, elle a rejoint depuis septembre le Service diocésain de la Jeunesse. Aline, c’est Fully forever !, les JMJ, discuter et rigoler.

Camille

Elle a 29 ans et elle partage son temps entre Sierre, Sion et Fribourg. Après un Master en Affaires internationales, elle a travaillé tant à la Mission de Thaïlande qu’au Conseil œcuménique des Eglises. Engagée dans l’aumônerie des écoles tertiaires et de l’ECG, elle y retrouve le côté interculturel et interreligieux, l’ouverture à tous, de n’importe quel milieu social, contexte ou Eglise. Responsable de la pastorale jeunesse sur les paroisses de Sierre, elle étudie la théologie à Fribourg. Aimant mettre les gens en relation, mélanger les groupes, elle a aussi besoin de temps plus solitaire pour pouvoir se reconnecter.

A tous les jeunes intéressés :

Journées mondiales de la Jeunesse 2023 à Lisbonne du 23 juillet au 8 août.
Plus d’infos sur : www.jmj.ch et aussi -> https://paroissemartigny.ch/jmjvelo/https://paroissemartigny.ch/jmjvelo/

Buisson ardent et icônes…

… relecture de mon chemin de foi

PAR JEAN-MARC WILD | PHOTOS : MATTHIAS WILD

En recherche du Vivant, la nature a été, très tôt dans mon enfance, un miroir qui reflète ce qui est beau et vrai. Je l’ai reproduit, en dessinant et en peignant des animaux, des plantes et puis des paysages. Avec cette pas- sion du Vivant, durant ma jeunesse, mon regard a commencé à pénétrer l’interface du visible; pour chercher ce qui est «de rière» l’apparence; l’Etre qui ordonne tout.

Après un parcours aux Beaux-Arts à Berne et une formation théologique de deux ans à l’école de la Foi à Fribourg, ma recherche du Vivant et l’expression artistique personnelle se mêlent et se fécondent. Dans notre quotidien matériel et jusque dans notre chair, n’y a-t-il pas une révélation qui vient de l’Esprit, un Souffle du Vivant qui cherche à s’exprimer?

En traversant une forêt, en Crète, sur les pas de saint Paul avec une quinzaine de jeunes de notre Unité Pastorale, je méditais sur la force de la Vie en admirant des arbres géants. Entre deux, des géants couchés pourrissaient et se décomposaient pour retourner à la petitesse de la poussière, me renvoyaient la question: que fais-tu de ta vie? En emportant un bout de bois chez moi, cette question, résistant au temps, s’est transformée en une expression de ma foi.

Le bout de bois est devenu un buisson ardent. Dans toute la matière, dans chaque être, une lumière habite, intérieure et invisible. Une lumière incréée comme dirait un croyant orthodoxe; le JE SUIS, le nom de Dieu révélé à un curieux Moïse. Le nom que le Christ incarne et révèle en affirmant: Je SUIS la VIE – Je SUIS la LUMIÈRE du monde. C’est existentiel: qu’est-ce qui peut me séparer de l’Amour fondateur du Christ – ni la mort et la décomposition, ni l’enfer et les esprits… (d’après Rm 8, 38-39).

L’art serait-il sacré dans la mesure où une œuvre matérielle laisse transparaître une lumière christique qui éclaire et attire tout être?

A Hauterive, accompagné par un moine iconographe, j’ai pu «écrire» deux icônes. Ce n’est plus mon expression personnelle et artistique qui compte, mais l’expression d’une longue tradition qui veut rendre visible l’ordre profond des choses – la Parole divine révélée dans l’histoire de l’humanité. Comme un vitrail enseigne lorsqu’il est traversé par la lumière, l’icône renvoie à une autre dimension par la lumière intérieure de la foi.

Là, justement, où mon regard s’arrête sur le visage du Christ, représenté, matérialisé par une superposition de couches de peinture; là, ma foi m’ouvre à « ce qui est derrière », à une présence transcendantale. Le sensible devient une passerelle pour le spirituel. Dans une icône bénie il y a quelque chose de l’ordre du sacramentel.

Les Paroles que j’ai choisi d’inscrire dans le livre ouvert du Christ bénissant, sont devenues le roc de ma prière quotidienne: «Si tu savais le don de Dieu… et Celui qui te dit : Donne-moi à boire.» (Jn 4, 7-17) Chaque matin, je me rappelle que ma vie est fondée et ancrée dans un don gratuit. Le «Si» de l’affirmation de Jésus me fait aussitôt prendre conscience de mon non-savoir face à ce don de Dieu qui me dépasse infiniment ! Mais malgré cette petitesse, le Christ m’invite à lui donner à boire! Deux soifs se rencontrent. N’est-ce pas cela la prière? Lui donner à boire moi- même durant ces moments que je Lui offre avant de commencer la journée.

C’est un long chemin de fidélité, où l’Autre travaille plus que moi-même, où Sa patience dépasse la mienne, où Son Amour réanime le mien – jusqu’au moment où je pourrai supporter la question que Jésus a posée à Pierre: M’aimes-tu vraiment?

Jeunesse-Lumière

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de la Valaisanne Viviane Gay-des-Combes de prendre la plume.

PAR VIVIANE GAY-DES-COMBES | PHOTOS : DR

Je m’appelle Viviane, j’ai 27 ans, je viens de Martigny et j’ai terminé mes études d’assistante en pharmacie. L’année dernière, j’étais à Jeunesse-Lumière, une école de prière et d’évangélisation. C’est une école catholique qui accueille des jeunes entre 18 et 30 ans pour vivre ensemble une expérience de foi et de charité fraternelle.

Cette année, nous étions 23 jeunes de huit pays différents à vivre ensemble dans une grande maison dans le sud de la France, à deux heures de Toulouse. Notre année s’est articulée autour de quatre piliers. La vie de prière, la vie fraternelle, la vie de mission et la vie de formation. Cette expérience m’a beaucoup apporté sur le plan spirituel et humain. Construire une vie de prière m’a aidée à mieux démarrer mes journées et m’a permis de les vivre plus sereinement. Je me sentais apaisée les jours où j’avais prié le matin.

Les différents cours donnés par des laïcs ou des prêtres de la région portaient sur la bible, l’oraison ou encore la vie consacrée ou le mariage. Ces cours m’ont permis d’apprendre davantage sur ma foi et de poser toutes mes questions pour pouvoir mieux comprendre en quoi je crois et pourquoi. Le dernier pilier était la mission. Nous sommes partis à la rencontre de jeunes étudiants dans des collèges privés catholiques. Nous leur avons partagé notre joie de croire, comment on vivait notre foi au quotidien et qu’est-ce que cela nous apportait. Nous leur avons aussi transmis notre témoignage de vie.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la vie fraternelle. Apprendre à connaître d’autres jeunes, vivre avec eux, partager les joies et les peines ensemble, se découvrir à travers les autres, apprendre à s’aimer, se pardonner sont toutes des expériences que j’ai vécues cette année. Elles m’ont permis de grandir et de mieux me connaître. J’ai tissé de beaux liens d’amitié avec eux et je me réjouis de les revoir. Pour la suite, j’ai le désir de partir fonder l’école Jeunesse Lumière à l’île Maurice avec trois autres jeunes de mon année.

Se lancer dans une nouvelle aventure, participer à la fondation de l’école, découvrir une nouvelle culture et un nouveau pays sont des éléments qui m’ont motivée à me lancer dans ce nouveau projet.

Je suis en attente du visa et dès que possible, je m’envole là-bas. Si vous le souhaitez, vous pouvez me soutenir dans la prière ou financièrement.

Merci de votre soutien et en Union de prière !
(CH95 0076 5000 C088 6684 1).

Festival

L’art sacré a son festival. A Sion. Le FAS !

 

Initialement nommé Festival de Musique Sacrée, essentiellement consacré à cet art majeur, le rendez-vous annuel proposé par la Maîtrise de la Cathédrale est devenu le Festival d’Art Sacré, permettant ainsi la découverte de nouvelles réalités artistiques : architecture, peinture, etc.

LILIANE VARONE ET JEAN-HUGUES SEPPEY | PHOTOS : CC-CAHINAC

Le 17e FAS se décline donc à nouveau en musique et en peinture. Les façades majestueusement habillées par les reproductions de tableaux du Caravage, vous accueillent, de messe en messe, de concert en récital. Bienvenue !

Les concerts

➤ Donné par l’Ensemble vocal de la Maîtrise ainsi que par le prestigieux ensemble Les Sacqueboutiers de Toulouse, le concert du 4 décembre est construit autour du Caravage et en lien avec l’exposition. Il se veut varié, jouant sur les contrastes à la manière du grand peintre et incluant des pièces de l’époque ainsi que d’autres œuvres musicales en lien avec le peintre milanais.
Dimanche 4 décembre à 17h – Aux couleurs du Caravage

➤ Place aussi aux artistes locaux pour le concert du 11 décembre avec un trio valaisan: l’excellente soprano Franziska Heinzen chante des airs baroques, accompagnée de la dynamique violoncelliste Lina Luzzi et de l’organiste Jean-David Waeber. Franziska et Jean-David sont deux musiciens employés de la Maîtrise à qui est confiée le joyau qu’est l’Ecole Maîtrisienne, rassemblant une trentaine de jeunes en formation.
Dimanche 11 décembre à 17h – Caprices d’Amour

➤ Le chœur Novantiqua, avec son nouveau chef, Sylvain Jaccard, vous propose, le lendemain de Noël 26 décembre, une (re)découverte de la Messe en Sol majeur de Francis Poulenc que le compositeur a dédiée à la mémoire de son père, grâce auquel il estime avoir « etrouvé la foi». Novantiqua vous propose aussi une interprétation renouvelée de ses Quatre motets pour le temps de Noël.

Deux pièces récentes entourent les œuvres de Poulenc: le Lark Ascending de Ralph Vaughan Williams ainsi que The Ancient Prairie du compositeur letton Ēriks Ešenvalds.
Lundi 26 décembre à 17h – La Découverte

➤ Dimanche 8 janvier, Les Jeunes à l’Unisson, Ecole Maîtrisienne, Singschule Oberwallis et Chœur d’Hommes de la Schola (à découvrir dans L’Essentiel de janvier).

 

Les récitals d’orgue

L’organiste titulaire Edmond Vœffray et l’organiste adjointe Catherine Gremaud-Babel font résonner les grandes orgues de la Cathédrale, les mardis 20 décembre (M. Vœffray) et 3 janvier (Mme Gremaud-Babel) à 19h30. A l’issue de chaque récital, vous avez la possibilité de monter à l’orgue pour une visite de l’instrument.

 

 

L’événement Caravage

photo : Domaine public
Dans la Cathédrale, l’exposition de reproductions grandeur nature de tableaux du peintre italien Le Caravage. A ne pas manquer !

« L’art, voie royale vers Dieu »

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Recevant les mécènes des Musées du Vatican quelques mois après son élection (2013), pape François leur a déclaré : « A chaque époque, l’Eglise a fait appel aux arts pour exprimer la beauté de sa foi et proclamer le message évangélique de la magnificence de la création de Dieu, de la dignité de l’homme créé à son image et ressemblance et du pouvoir de la mort et de la résurrection du Christ pour apporter rédemption et renaissance à un monde marqué par la tragédie du péché et de la mort. »

Tout est bien résumé : l’art exprime la foi d’une époque de l’Eglise. Il parlait jadis et ne peut ne plus parler aujourd’hui, mais chaque époque produit son art, devrait produire son art, exprimant la foi des contemporains. L’important est ce qu’il provoque dans le cœur de celle ou celui qui regarde : « Contempler le grand art, expression de la foi, aide à retrouver ce qui compte dans la vie », dira-t-il en 2018.

Risque de stagnation

Reprenant le thème du chant sacré, en 2017, il rappelle : « D’un côté, il s’agit de sauvegarder et valoriser le patrimoine riche et multiforme, hérédité du passé, en l’utilisant avec équilibre aujourd’hui et évitant le risque d’une vision nostalgique et archéologique ; d’autre part, il est nécessaire de faire en sorte que la musique sacrée et le chant liturgique soient pleinement inculturés aux langages artistiques et musicaux d’aujourd’hui. »

De même, avec le rite tridentin, qui est une « liturgie morte pour quelques vivants », qui souffre d’« indietrismo »1 et qui est déconnecté de l’esprit du Concile Vatican II, notamment son ecclésiologie. C’est plus qu’une question de goût – ce que l’art est aussi – car par l’art, on catéchise : et certaines images fausses sont tenaces (Dieu est-il un vieillard aux cheveux chenus ?) mais nécessitent un balayage…

Au cirque !

Jongleurs et clowns sont parfois présents aux audiences du mercredi et François ne manque pas de les remercier pour leur « travail de beauté qui fait du bien à tous ». N’est-ce pas le but de toute forme d’art dans le fond, qui plus est de l’art religieux ?

1 Mot italien, littéralement « en-arriérisme » ou « retour en arrière », récurrent chez François pour décrire cette nostalgie de certains Catholiques à croire que « c’était mieux avant »…

La Beauté dans l’art chrétien

PAR L’ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO,
CURÉ-DOYEN
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE

A son origine, ces paroles de la Genèse, au premier soir de la création du monde: «Et Dieu vit que cela était beau.» Dieu est beauté. Des siècles durant, belles étaient les œuvres des hommes inspirés pour rendre gloire au Créateur de toutes choses. Figurez-vous, mes frères, si vous le pouvez, quelle est la Beauté. Tous ces belles choses que vous voyez, que vous aimez, c’est Lui qui les a faites. Si elles sont belles, combien Beau est-il lui-même?» (Saint Augustin) Contemplant la beauté des choses visibles, bien pensées, réalisées avec talent, nous cheminons vers celui qui est la Beauté même.

La Création Nouvelle, née de la résurrection du Christ, incite le chrétien à se passionner pour une culture de la beauté. Malheureusement, nous connaissons un cancer qui ronge l’Eglise de l’intérieur d’elle-même: la culture du moche. Un grand nombre d’éléments très moches défigurent la vie de l’Eglise d’aujourd’hui. Dans sa liturgie, dans sa musique, dans son architecture, nous sommes loin de l’intelligence et de la splendeur des temps passés. La laideur n’évangélise personne, elle conduit à l’indifférence, au mépris de la religion, et finalement, à son abandon complet.

Au contraire, il importe beaucoup pour nous d’apprécier des œuvres d’art authentique qui nous rapprochent de Dieu: davantage que les paroles, la communication non verbale de ce qui fait du bien à voir et à entendre joue un rôle primordial dans la transmission et dans l’accueil du message du Christ.

Une bonne pâte

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Gritti-quoi? Gri-tti-bänz! Mais oui, vous savez… cette préparation en pâte sucrée que l’on mange à l’approche de la Saint-Nicolas. Un bonhomme en pâte, quoi! Fallait le dire plus tôt…

Disponible de la mi-novembre à la fin décembre sur tous les étals de boulangeries, ce petit bonhomme en pâte ou Grittibänz est très étroitement lié au 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas. Le terme en lui-même est composé de deux mots. Gritti, provient de Gritten et se traduit par «écarter les jambes». Bänz, quant à lui, est la forme abrégée du prénom «Benedikt» qui, en raison d’une occurrence fréquente, est utilisé de manière générale pour désigner un «homme». Par corrélation, il désignait le Schmutzli, personnage païen aux manières austères qui devint le sujet du bienveillant évêque Saint-Nicolas.

L’un des plus anciens témoignages d’une figure de pâte en forme d’homme, le jour de la Saint-Nicolas, se trouve dans la maxime de Saint-Nicolas du réformateur zurichois Heinrich Bullinger datant de 1546. Il est à souligner que la figurine en question est un Grittibänz féminin. Il semblerait donc que pendant longtemps, les pâtisseries en forme de femmes n’étaient pas aussi rares qu’aujourd’hui… Par ailleurs, la vénération de Saint-Nicolas s’étant implantée au nord des Alpes dès le XIe siècle, différentes coutumes en ont découlé au fil du temps. L’une d’entre elles trouve son origine dans le nord de la France et consiste à élire parmi les élèves, le jour de la Saint-Nicolas, un enfant-évêque qui dirige le monastère et l’école le temps d’une journée. La plus ancienne source rapporte une telle coutume à Bâle au XIVe siècle: les enfants traversaient la ville avec à leur tête un enfant-évêque déguisé. Tous recevaient un Wecken – un petit pain – à base de farine blanche. Puis, à partir du XIXe siècle, les sources commencent à indiquer que l’on mangeait des Teigmännli – bonshommes en pâte – le 6 décembre. C’est ainsi que la première référence au nom actuel de Grittibänz fait son apparition.

Les petits Romands, eux, ne découvrent cette spécialité qu’à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Avant cela, ils devaient se «contenter» des biscômes et des mandarines de Saint-Nicolas et des anailles – noix et noisettes – du Chalande genevois.

Recette: Grittibänz – Bonhomme en pâte de la Saint-Nicolas

Temps de préparationTemps de reposTemps de cuisson
40 minutes sur deux jours2 heures25

Le Grittibänz est de retour! Annonciateur de la proche venue du Saint-Nicolas, mais aussi de son acolyte le Père Fouettard… Si votre soulier contient un morceau de charbon au lieu de la friandise tant attendue, cela ne signifie qu’une chose: il faudra être plus sage l’année prochaine!

Ingrédients pour la pâte

  • 500 g de farine pour tresse
  • 1 ½ cc de sel
  • 3 ½ cs de sucre
  • ½ dé de levure (env. 20 g) émiettée
  • 80 g de beurre en morceaux, ramolli
  • 3 dl de lait tiède

Ingrédients pour le façonnage

  • 8 raisins secs
  • 1 œuf battu
  • 2 cs de sucre en grains
Le Grittibänz est lié au 6 décembre.

Préparation

  1. Préchauffer le four à 180°.
  2. Dans un récipient, mélanger la farine, le sel, le sucre et la levure.
  3. Ajouter le beurre et le lait puis pétrir le tout en une pâte souple et lisse. Couvrir et laisser lever à température ambiante pendant env. 2 h jusqu’à ce que la pâte double de volume.
  4. Couper la pâte en 4 morceaux et former des rouleaux avec. Découper env. ¼ dans chacun d’eux pour la tête.
  5. Pour les jambes, entailler le tiers inférieur de chaque rouleau. Pour les bras, entailler en biais le tiers supérieur de chaque rouleau. Avec les bouts de pâte découpés, former des boules ovales et les replacer sur les corps. Représenter les yeux à l’aide de raisins secs. Mettre les bonshommes en pâte sur une plaque chemisée de papier cuisson et les laisser lever pendant encore 30 min. env.
  6. Les badigeonner d’œuf et saupoudrer de sucre en grains. Faire cuire env. 25 min. dans le bas du four préchauffé. Sortir et laisser refroidir sur une grille.

La beauté du Temple

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Si le pape François nous invite, dans La joie de l’Evangile (n. 167), à emprunter en pastorale et catéchèse la voie de la beauté (via pulchritudinis), c’est que la personne du Christ incarné comble notre vie d’une splendeur nouvelle et d’une joie profonde.

L’art sacré, soit dans la richesse du patrimoine passé, soit dans la floraison des productions actuelles, est ainsi à même d’offrir un langage symbolique, dans la ligne des paraboles du Nouveau Testament. Car le corps du Christ manifeste pleinement la présence de Dieu, ainsi que le signifiait déjà le Temple d’Israël chanté par le prophète Ezéchiel (chapitre 47). Comme l’eau vive s’échappait du côté droit du sanctuaire pour faire fleurir la nature sur son passage et assainir la Mer Morte, ainsi Jésus sur la croix laisse couler de son sein l’eau et le sang qui transmettent l’Esprit à l’humanité à travers les siècles. C’est en son corps ressuscité, rebâti en trois jours (Jean 2, 19), que le Christ fait habiter la plénitude de la divinité qui se répand sur l’univers.

La magnificence du Temple ancien d’Ezéchiel rejaillit sur le Temple Nouveau que constitue le Crucifié-Transfiguré au Calvaire. Les ennemis de son dessein d’amour n’ont pas réussi à défigurer la beauté du Serviteur souffrant, car son cœur ouvert englobe l’ensemble de l’humanité dans le salut généreusement offert. Si bien que l’Agneau immolé devient lui-même le Temple glorieux de la Jérusalem céleste descendue du ciel (Apocalypse 21, 22). Il est tellement rayonnant de la beauté de sa gloire qu’il sert de flambeau à la Cité parfaite, sa Fiancée et son Epouse (Apocalypse 21, 9), flanqué de douze portes formées d’autant de perles (Apocalypse 21, 21), au cœur de laquelle prennent place les multitudes des nations. Et cette Ville sainte, illuminée par l’Agneau victorieux, « resplendit telle une pierre très précieuse, comme un jaspe cristallin » (Apocalypse 21, 11).

Les assises de son rempart brillent des mille feux des bijoux les plus fascinants (Apocalypse 21, 18-21) et couronnent de ce fait toutes les disciplines artistiques humaines. Puissions-nous tous nous y retrouver pour en admirer l’éclat !

Se prendre une châtaigne

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Les bogues c’est toujours embêtant, à moins d’être tombés d’un arbre. Mais pour ces bogues-là, pas besoin d’être un as du décodage pour les distinguer de leurs cousins. On vous raconte tout sur cette piquante surprise automnale, histoire de pas vous faire gauler (sic) en les ramassant.

Il n’y a pas que les amateurs de «castagne» qui les apprécient. A l’automne venu, de petites cahutes fleurissent çà et là dans nos villes. La harangue du vendeur vous promet des «chauds… marrons… chauds». Mais détrompez-vous, ce qui se trouve dans le petit cornet de kraft qu’il vous tend n’a rien à voir avec son cousin de la Promenade de la Treille, annonciateur du printemps et dont les fruits servent aux enfants pour réaliser leurs sculptures «cure-dentesques», ni même avec le marronnier tant apprécié des journalistes en mal de «scoops».

Pour des millions d’Européens, l’importance historique du châtaignier – «l’arbre à pain» – est comparable à celle des céréales ou de la pomme de terre. En Suisse, son fruit occupait jadis une place à part dans l’alimentation de base, surtout dans le sud du pays, en Valais et dans la région du lac des Quatre-Cantons. Divers noms de localités, tels que Kastanienbaum (LU) ou Kestenholz (SO), témoignent de l’importance et de l’ancrage de ce fruit dans la tradition helvétique. Au Tessin, la châtaigne était déjà devenue l’aliment de base au VIe siècle et constituait la principale monnaie de paiement des redevances seigneuriales ou ecclésiastiques. Surnommé «le pain du pauvre», le fruit conférait à la population l’unique source de survie durant plusieurs mois lors de périodes de disette.

Traditionnellement, sa consommation débute entre le 1er novembre et la Saint-Martin. La fourrure que l’on découvre en ouvrant la bogue évoque celle du manteau que saint Martin a partagé alors avec un mendiant et rappelle, outre la générosité du saint, celle de l’arbre. Gare toute- fois : les fruits des châtaigneraies tessinoises – même tombés au sol – appartiennent à leur propriétaire jusqu’à la Saint-Martin. Ensuite, libre à vous de gauler l’arbre…

Recette: Le gâteau des anges

Temps de préparationTemps de cuissonPortions
45 minutes sur deux jours60 minutes sur deux jours12

La châtaigne est une école de persévérance et ne récompense que ceux qui ont le courage de surmonter tous les obstacles qui précèdent sa dégustation: bogue piquante et peau adhérente. Les fins gourmets devront être encore plus patients pour goûter à cette douceur très prisée de la fin d’année: les marrons confits (ou glacés).

Ingrédients et ustensiles

  • 1 panier de cuisson
  • 1 pèse-sirop ou densimètre en degré Baumé (°Bé)
  • 1 kg de marrons
  • 1 c. à s. de sel
  • 1,5 l d’eau
  • 1 kg de sucre en poudre
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 1 gousse de vanille
Les fins gourmets apprécient cette douceur de fin d’année: les marrons confits.

Pelage des marrons

Commencez par pratiquer une incision dans chaque marron. Faites bouillir une marmite d’eau avec une cuillère à soupe de sel. Plongez les marrons 5 min dans l’eau bouillante. Sortez et égouttez-les. Il vous sera plus facile de les peler en ôtant les deux peaux. Rincez les marrons à l’eau froide.

Cuisson des marrons

Placez les marrons dans une marmite et recouvrez-les d’eau froide. Portez l’eau à frémir mais sans la faire bouillir. Laissez cuire les marrons 30 min. Surveillez bien cette cuisson, car les marrons sont fragiles et ne doivent pas casser.

Préparation du sirop

Dans une marmite large, mélangez le litre et demi d’eau, le sucre blanc, le sucre vanillé et la gousse de vanille fendue dont vous aurez préalablement gratté les grains dans l’eau. Portez à ébullition et laissez bouillir pendant 5 min. Le sirop est prêt quand vous mesurez 20°Bé avec le pèse-sirop. Coupez le feu.

Réalisation des marrons confits

Placez les marrons dans un panier de cuisson puis plongez-le dans le sirop bouillant. Laissez cuire à feu très doux jusqu’à ce que le sirop atteigne les 25°Bé (environ 10 min). Puis ôtez du feu et laissez refroidir l’ensemble jusqu’au lendemain (pendant 20 à 24h). Le lendemain, ôtez avec précaution les marrons du sirop. Portez le sirop à ébullition. Puis replongez les marrons dedans et prolongez la cuisson à feu très doux jusqu’à ce que le sirop monte à 35°Bé. Otez les marrons du sirop et laissez-les sécher sur une grille.

Conservation

Une semaine dans le bas du réfrigérateur. A sortir au moins une heure avant la dégustation.

Revivre les gestes de convivialité paroissiale: de l’eucharistie aux agapes

Cela semble une banalité aujourd’hui – voire anachronique – de dire que nous reprenons peu à peu conscience du plaisir des gestes de convivialité au sein de nos communautés.
Le repas des bénévoles et la fête patronale à Sainte-Thérèse en sont les illustrations les plus enthousiastes de ce début d’automne 2022.

PAR ANNE-MARIE COLANDRÉA | PHOTOS : DR

Le repas des bénévoles est l’occasion de retrouver toutes les personnes qui offrent de leur temps et de leurs talents: des enfants et jeunes de la Maîtrise, des membres du chœur mixte, aux personnes de l’accueil lors des messes dominicales, des lecteurs, des ministres de l’eucharistie aux personnes engagées dans le service de la sacristie, des catéchistes et toute autre personne œuvrant pour la vie paroissiale. Tous et toutes ont partagé, avec gourmandise, les agapes aux goûts et couleurs ukrainiennes. Ce repas offert aux bénévoles de Sainte-Thérèse est aussi l’occasion de soutenir une communauté sœur par les liens caritatifs : ainsi l’amitié née des relations pastorales avec le Père Sviatoslav ont permis cette rencontre.

La fête patronale est à la fois l’expression de l’attachement à la Petite Thérèse, avec gratitude, et de l’émerveillement face à la beauté des expressions de la foi. Cette beauté s’exprime dans la liturgie, dans les nombreux bouquets de roses – symbole cher à Thérèse – dans l’église comme dans les locaux avec toute l’attention offerte pour recevoir les paroissiens qui ont pu participer au buffet. C’est aussi l’occasion de se retrouver avec la communauté polonaise qui réside à Sainte-Thérèse. Plus que les mots ce sont les sourires sur les visages rayonnants, les rencontres qui se tissent entre fidèles de longue date et les nouveaux arrivés et l’enthousiasme des enfants qui donnent le ton de cette fête aux cultures multiples, en communion sous le patronage de la sainte. Les enfants ayant fait connaissance avec la Petite Thérèse au caté, sont venus nombreux, entrainant leur famille, pour venir fêter celle qui est comme eux. Ils ont manifesté leur joie en honorant pleinement chaque étape de cette journée avec les jeunes bénévoles venus les accompagner du déjeuner à l’animation des jeux.

Un grand merci à tous les participants et à tous ceux et toutes celles qui contribuent à la réalisation de ces moments de communion.

Mieux ou pas ?

PAR JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND
PHOTOS: JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND, MONIQUE CHESEAUX

A la lecture du thème central du présent numéro « Fin du monde, une histoire sans fin » ce n’est pas l’Apocalypse qui m’est venue à l’esprit, ni même la foule de perspectives peu réjouissantes se profilant dans le sillage du réchauffement climatique. Non. Rien de cela. La première phrase qui a fait écho à cette question dans mon esprit était « C’était mieux avant ».

Du coup, en cherchant le rapport entre ces deux phrases (je me suis dit qu’il y en avait forcément un), je me suis rendu compte que mon état d’esprit du moment avait fait rebondir mes pensées sur « une histoire sans fin », avant de les faire ricocher sur un « c’était mieux avant ».

En effet, ayant eu, peu avant ma lecture, des discussions sur la situation générale des sociétés villageoises et des cycles de hauts et de bas que l’on y rencontre, j’étais forcément exposé à ce type d’association (plus ou moins naturelle je l’avoue). Je pense ici tout particulièrement aux groupes de bénévoles qui « quittent »
parfois, par vagues, la société dans laquelle ils s’étaient engagés durant plusieurs années et dont la participation active était devenue quelque chose d’acquis. Ce phénomène nous met a priori devant un constat pessimiste car tout à coup les chiffres, à qui l’on a donné tant d’importance, chutent. La société qui avait des bases solides, nous apparaît tout à coup en péril, au bord du crash. On fait alors juste abstraction du fait que les membres de ce groupe qui s’en vont étaient arrivés en même temps dans cette société, ou engagés les uns par les autres, les uns envers les autres, justement par la force de leurs liens et intérêts de l’époque.

Pour ma part, je ne vois pas dans ce phénomène un signe de fin, mais bien un signe de renouveau. Immanquablement, de nouvelles forces vont prendre le relais, avec de nouvelles idées, de nouvelles attentes, une énergie nouvelle. Evidemment, il y a parfois un « vide » (la reprise peut prendre plus ou moins de temps), bien souvent des « c’était mieux avant », mais au bout du compte l’essentiel doit rester de répondre aux besoins et attentes du moment en vivant pleinement chaque nouveau cycle.

Lumière de la Paix à Fribourg

Dimanche 11 décembre à 17h, la flamme de Bethléem sera accueillie à l’église Saint-Paul au Schönberg. Des adolescents ainsi que quelques chanteurs à l’étoile seront les ambassadeurs de cette chaîne de lumière, qui se répandra simultanément dans d’autres lieux d’accueil en Suisse et sur le continent européen.

PAR JEAN-MARC WILD ET PAUL SALLES
PHOTOS: FRIEDENSLICHT.CH

Une « Nuit des lumières » œcuménique et interculturelle avec des chants de Taizé nous rassemblera pour recevoir cette lumière qui voyage inlassablement, de main en main, de personne à personne – un cœur à cœur avec « Jésus le Christ, lumière intérieure ».

En ces temps où le bruit des armes fait l’actualité, la prière pour la paix se fait toujours plus pressante et nécessaire. Venez joindre votre prière à notre espérance du Royaume où la fraternité universelle est unie dans le Christ.

Et alors que nous nous préparerons à accueillir dans la crèche le « prince de la paix » (Is 9, 5), celui pour qui les anges chantent dans le ciel « Gloire à Dieu et paix sur la terre » (Lc 2, 14), que cette lumière allumée dans l’église de la Nativité à Bethléem puisse être accueillie dans nos foyers, nos quartiers, nos communautés et que nous soyons des artisans de paix.

Munissez-vous d’une lanterne ou d’une bougie fermée pour porter cette lumière dans vos familles, vos quartiers, vos paroisses et vos célébrations de Noël. Des bougies et lanternes seront également proposées sur place.

La Lumière de la Paix sera ensuite accessible dans la chapelle de Saint-Justin jusqu’au 2 février, fête de la Chandeleur.

Contact : Jean-Marc Wild (jmw@justinus.ch)
Informations : www.friedenslicht.ch/fr

Génial !

 

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : DIVERS

Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien Delphine, Diane, Luca, Iris, Miaro, Gérome, Sviatoslav, Słavomir, Karol, Etienne, Odette, Françoise, Jonathan, Lorenzo, Lionel, Pierre et Astrid ! Ouf, cela fait une longue liste, mais pas aussi longue que celle des servant.e.s de messe célébrant, le soir à St-Jo, à 18h, avec les abbé Karol et Thierry ! Les photos sont à peine assez larges pour embrasser tout le monde, et le chœur de l’église est lui adéquat pour mettre chacune et chacun côte à côte, et ainsi face à l’assemblée qu’ils et elles servent si fidèlement à Champel, aux Eaux-Vives et ailleurs.

A cause du temps, c’est l’option B qui nous a retenus : Meinier, en campagne genevoise. Après quelques jeux à St-Jo’ pour « briser la glace », TPG, accueil église rénovée récemment pour ses 300 ans, présentation par l’aimable président de paroisse, quelques jeux avant le pique-nique, puis, soleil apparaissant, promenade d’une petite heure dans les alentours, retour à la salle, jus, jeux, joie !

Retour à l’église pour se préparer à la célébration, au grand ravissement des fidèles : Où sont-ils les jeunes ? Eh bien… là où elles et ils se sentent co-actrices et co-acteurs de l’animation, y compris de la liturgie ! ! !

 

 

This is the end ?

PAR CHRISTOPHE ANÇAY
PHOTO: MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

«Au commencement», tels sont les premiers mots de la Bible. Dieu a créé le monde. Il a un début. Cela veut-il dire qu’il a aussi une fin ?

Dieu a créé le monde et y a placé l’homme et la femme. Et qu’avons-nous fait de cette création ? Notre façon de vivre nous conduit de façon assez certaine si ce n’est à la fin du monde, à la fin d’un monde – la Terre n’a pas besoin de l’humanité pour tourner ni le cosmos de la planète bleue. L’exploitation irraisonnée des ressources, la pollution et le réchauffement qui s’ensuivent auront des conséquences graves pour l’humanité. La domination de l’argent, qui conduit une partie de l’humanité à construire sa fortune sur la misère de l’autre, ne peut conduire à autre chose qu’à un effondrement.

« Dieu créa l’homme à son image. » (Genèse 1, 27) Dans les circonstances qui sont les nôtres, saurons-nous être à l’image de Dieu qui crée et saurons-nous créer un monde nouveau ? Ou serons-nous comme Adam et Eve qui, en voulant se prendre pour Dieu, ont causé la ruine de leur monde ?

La Bible aime parler d’accomplissement plutôt que de fin du monde. Saurons-nous être guidés par l’Esprit pour mettre le génie humain au service de l’accomplissement de la création ? La Bible s’achève par le Livre de l’Apocalypse. Pourquoi ce titre est-il si souvent associé à quelque chose de terrible alors qu’il signifie « révélation » et raconte, dans son langage imagé, la création qui atteint son apothéose en Dieu ?

Voici les mots de la fin dans la Bible : « Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! » (Apocalypse 22, 20-21)

Toutes les citations bibliques, © AELF

Des bulles pour Jésus

Dans son église transformée en atelier, le bédéiste Alain Auderset déploie tout son génie créatif au service du Christ et de son message. Celui qui a rencontré Jésus dans une bulle, témoigne du coup de pouce de Dieu au quotidien.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

L’auteur dans son atelier à Saint-Imier.

Votre première rencontre avec Dieu s’est faite au travers d’une BD. Vous êtes ensuite devenu bédéiste, un hasard guidé ?
Un hasard avec des majuscules ! Ces bandes dessinées étaient dans la poubelle de ramassage du vieux papier (ndlr. des magazines Tournesol édités par la Ligue pour la lecture de la Bible). Pour moi, ces BD étaient comme des miettes tombées de la table du Seigneur. Elles étaient extraordinaires, car rien de pareil n’existait dans mon monde. J’ai fait mon catéchisme, mais ce n’était pas présenté comme quelque chose à vivre. Plutôt des choses à faire, à apprendre, des rites et je n’en voyais pas l’intérêt. Ça ne me faisait pas rêver du tout. J’ai découvert Dieu dans cette BD et cela m’a vendu du rêve (rires). J’ai commencé à Lui parler, puis j’ai trouvé une Bible : j’avais accès à ce qu’Il voulait me dire. Cette relation personnelle avec Dieu a fait germer en moi toutes ces graines de créativité.

D’ailleurs, l’Atelier Auderset est une ancienne église reconvertie en lieu de création. Encore un clin d’œil divin ?
C’est certain ! Je n’avais absolument pas l’argent pour me payer une maison, loin de là. Même pas un rond de côté. J’ai dit à Dieu : « Tu m’aides ? » Un couple que je ne connaissais pas s’est pointé en me disant que Dieu leur avait parlé. Ils me tendent 100’000 francs et m’expliquent que j’ai 40 ans pour les rembourser. J’ai été à la banque avec ce prêt miraculeux, puis j’ai pu acheter ce lieu. C’est dingue, mais c’est Dieu !

Votre début de carrière avec la BD Idées reçues est pour ainsi dire miraculeux…
Oui complètement. J’ai été voir un imprimeur en lui disant que je voulais le meilleur pour cette bande dessinée. Nous n’avons donc pas lésiné sur la qualité… mais j’ai omis de lui dire que je n’avais pas un rond à ce moment-là. Avec des amis, nous avons prié. Un homme est venu à ma rencontre, il avait eu une vision de moi et m’a demandé ce qu’il pouvait faire pour m’aider. Je lui ai demandé s’il pouvait m’avancer l’argent pour l’impression de cette BD. Ce qu’il a fait. En francophonie, lorsque tu sors une bande dessinée et qu’elle se vend à plus de 2000 exemplaires, c’est considéré comme un succès. J’en ai imprimé 5000. Tout a été vendu en trois mois. Après cela cette BD a encore été écoulée à près de 66’000 exemplaires !

Pour vous, c’est quoi d’être un artiste chrétien ?
C’est un artiste connecté à Dieu pour pouvoir puiser auprès de Lui ce que tu donnes aux autres. Pas seulement aux autres chrétiens, mais aussi au reste du monde. On doit donner le goût (ndlr. en étant le sel de la terre), changer la mentalité qu’il y a autour de nous, être promoteurs de valeurs.

Comment réagissent les gens face à votre message ouvertement chrétien ?
Cela leur parle parce que c’est ce dont ils ont besoin. Ils aimeraient vivre avec Dieu quelque chose d’aussi absolu, mais beaucoup ne savent pas où ils en sont. Les croyants ont un peu tendance à vivre entre eux en pensant que cela n’intéresse pas les gens.

Les idées vous viennent spontanément lors de vos rendez-vous avec Dieu. Ne faudrait-il donc pas signer vos BD : Auderset et… Dieu !
C’est vrai ! D’ailleurs j’y ai déjà pensé (rires), mais je ne sais pas si cela serait bien compris. Alors je préfère que les gens Le découvrent eux-mêmes.

Biographie express

Après une formation de graphiste à la Haute Ecole d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds, Alain Auderset dessine ses premières bulles. En 2001, après sept ans de travail, il publie la bande dessinée Idées reçues. Suivent une dizaine d’autres, traduites en huit langues. Au total, il en écoule plus de 150’000 exemplaires. Dans un second temps, il se met à l’écriture avec ses Rendez-vous dans la forêt. Cette série à succès a donné un nouveau souffle à l’Atelier Auderset. Elle rend compte de la spiritualité qui anime l’auteur à travers, notamment, le temps qu’il consacre régulièrement à Dieu dans une forêt proche de chez lui. Il vit aujourd’hui dans son église-atelier à Saint-Imier.

Au total, Alain Auderset a écoulé plus de 150’000 BD.

Fin du monde, une histoire sans fin

Aujourd’hui encore, le message délivré par l’Apocalypse, l’un des livres les plus mystérieux de la Bible, se place en totale opposition avec un imaginaire populaire catastrophiste marqué par l’idée de « fin du monde ». Cette crainte possède pourtant des vertus utiles à la progression de l’être humain.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : FLICKR, PXHERE, DR

L’avenir du monde et de l’espèce humaine cause nombre d’inquiétudes à nos contemporains. Les technologies de surveillance de masse, la crise climatique, la récente pandémie ou encore une guerre aux portes de l’Europe poussent à envisager les pires scénarios. Cherchant des réponses pour confirmer ou apaiser cette crainte, certains entrevoient dans les événements historiques des signes annonciateurs d’un cataclysme imminent. Pour cette raison, l’Apocalypse et ses étranges prophéties sur la fin des temps a souvent servi de support à un imaginaire catastrophiste florissant. Aucun écrit n’a autant agité les passions et les fantasmes sur la fin du monde. Alors que l’inconscient collectif ne garde trop souvent du texte que son interprétation « apocalyptique », le livre communément attribué à saint Jean porte un message d’espoir encore valable actuellement.

Happy end…

« C’est comme si on s’était arrêté avant la fin du livre », pointe Daniel Marguerat, professeur émérite de Nouveau Testament à l’Université de Lausanne. Cette remarque ferait presque sourire le dominicain Pierre de Marolles, spécialiste de l’Apocalypse. En effet, l’Apocalypse compte vingt-deux chapitres et « dès le chapitre quatre, bien avant l’arrivée de la fameuse Bête, le livre nous dit que l’agneau immolé (ndlr. Jésus) a déjà triomphé du mal qui ronge le monde ». Or, le dernier livre de la Bible traîne toujours une tenace réputation longtemps alimentée par la propension de certains théologiens et communautés religieuses « à lire le texte comme une sorte de calendrier de la fin des temps », indique encore Daniel Marguerat. A l’opposé de ce que l’Apocalypse tente de communiquer. Le frère dominicain attribue ce manque de curiosité pour le texte en lui-même parce qu’« inconsciemment les gens ont accepté que l’Apocalypse devait avoir une interprétation historico-prophétique dont ils ne possèdent pas les clés ».

Un pas en avant, deux en arrière

Les deux théologiens s’accordent à dire que la clé principale de lecture se trouve dans l’Ancien Testament. « Ce livre récapitule un peu tous les autres. Sans avoir un peu bourlingué dans la Bible, c’est l’overdose d’images et de vocabulaire biblique. Il faut faire le tour du propriétaire, s’imprégner de l’intelligence et du vocabulaire avant de revenir à ce dernier livre », conseille Pierre de Marolles. Daniel Marguerat rappelle tout de même « que l’auteur de l’Apocalypse se sert de métaphores et de figures pour parler d’un mal qui ronge, sans pour autant le nommer, afin qu’il soit toujours vrai ». Mais face à des crises, il est « rassurant de se dire qu’on sait », suppose Pierre de Marolles. Christan Grosse, professeur d’Histoire et anthropologie des christianismes modernes à l’Université de Lausanne va même plus loin en affirmant que « la crise valide les interprétations de type eschatologiques ou apocalyptiques ». Il poursuit : « Les récits prédisant des transformations profondes et violentes, voire la fin des temps, se sont multipliés au cours de l’histoire humaine. On en est toujours au même point. Mais ils ont une validité, car ils donnent sens à une expérience collective et permettent des mobilisations. »

Les hommes et les femmes de l’avenir

En effet, la crise, porteuse d’incertitudes, peut devenir un accélérateur, soit en cédant à la peur panique et en dévalisant les supermarchés de toutes ses denrées alimentaires, soit en s’en servant pour amorcer une mobilisation. Issu du grec krisis, étymologiquement parlant, le mot recouvre les sens de décision et de jugement. Autrement dit, cette rupture offre l’opportunité de sortir d’une voie toute tracée pour se remettre en question. A ce titre, Daniel Marguerat relève que « le message de l’Apocalypse doit être entendu sur deux notes : celui de la confiance et celui de la militance. Oui, le Mal ne détient pas le dernier mot sur l’avenir du monde et de l’humanité, mais ce Mal qui défigure l’humanité doit être combattu au nom de la victoire finale de Dieu. Le combattre c’est déjà dire que nous sommes les hommes et les femmes de l’avenir ».

L’Apocalypse se dévoile

Photos : Millenium production

La série documentaire Les 7 Eglises de l’Apocalypse sortie en novembre 2020 et déclinée en neuf épisodes de vingt-six minutes chacun, dévoile au spectateur le message prophétique délivré par l’auteur de l’Apocalypse aux premiers chrétiens. Pour mener cette enquête avec le plus d’objectivité possible, la production a fait appel à vingt-trois intervenants issus du monde entier et de confessions différentes, dont le frère Pierre de Marolles et Daniel Marguerat. Benjamin Corbaz, pasteur dans l’Eglise Evangélique réformée du canton de Vaud (EERV), a organisé en mai 2021 plusieurs soirées cinéma au sein de l’Eglise Martin Luther King Lausanne où il exerce son ministère. « Nous regardions deux épisodes et nous discutions ensuite ensemble de la manière dont cela nous questionnait sur notre identité de chrétiens. Il était très positif de voir une nouvelle compréhension du texte se dévoiler ». C’est dans cette même optique de « décryptage » que Matthieu Gangloff s’est lancé dans la rédaction de L’Apocalypse pour mieux vivre, un ouvrage de vulgarisation paru en 2016 aux éditions La Maison de la Bible. Le pasteur, aujourd’hui chargé de cours à l’Institut biblique de Nogent (France), est interpelé en 2014, par le succès d’un prétendu « eschatologue ». L’homme « avait soi-disant eu une révélation de Dieu sur la fin des temps » et prodiguait sa bonne parole au travers de trois tomes de quatre cents pages et d’événements réunissant plus de deux mille personnes. « Certains vont chercher dans les signes des temps tout ce qui pourrait être dit dans le texte, alors que d’autres considèrent l’Apocalypse comme un livre fermé de plusieurs sceaux qu’il ne faut surtout pas toucher. Ces deux attitudes permettent à des charlatans de manipuler les foules. » Sans chercher à produire « une énième contribution, mais plutôt une synthèse de ce que plusieurs théologiens ont déjà écrit », Matthieu Gangloff estime que « sans avoir réponse à tout, il est possible de dégrossir certains traits et d’être encouragé par ce livre, cela même si on ne comprend pas tout ».

Les sites archéologiques des sept Eglises présentées dans le documentaire se découvrent en Turquie.

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