C’est le 2 avril dernier que 203 enfants, membres d’équipes MADEP-ACE de la Suisse romande, se sont retrouvés dans la belle ville médiévale de Saint-Ursanne pour fêter les 80 ans d’existence de ce Mouvement d’Apostolat des enfants, issu de l’Action catholique.
Pour rappel, le Mouvement est toujours présent, sous différents noms, dans une quarantaine de pays à travers le monde (MIDADE), avec pour principale conviction que « Les enfants ont des droits et (qu’) ils peuvent participer à la construction d’un monde de justice et de paix où qu’ils soient »…
Mue par ce beau slogan, une petite délégation de six enfants a représenté notre secteur lors de cette journée imaginée et organisée par de jeunes Jurassiens.
Au programme : découverte de la ville à travers un jeu de piste, jeux dans l’esprit des joutes moyenâgeuses, partage d’un gigantesque gâteau d’anniversaire et célébration dans la magnifique collégiale. Le long voyage de retour nous a laissé le temps de partager nos impressions : tous ont apprécié de découvrir cette jolie ville, de s’essayer à un combat d’épée (en carton !), de se déguiser. Avoir eu l’occasion de rencontrer des enfants d’ailleurs leur a également fait sentir et vivre concrètement l’appartenance à une Eglise plus vaste que celle de leur clocher paroissial…
« Super chouette ! Formidable ! »
Rosine, Lily, Léa, Raphaël, Gabrielle et Gabriel ont représenté le secteur d’Aigle.
La fin de l’année pastorale est toujours riche en activités et en événements. Le Chemin néocatéchuménal a tenu sa grande mission à la fin du mois d’avril. Cécile Benelli nous partage cette magnifique aventure.
Le temps entre Pâques et la Fête-Dieu est traditionnellement marqué par les célébrations des premières communions. Plus d’une centaine d’enfants de notre décanat ont reçu pour la première fois l’Eucharistie. Retour en photos sur ces moments de grâce et de foi partagés.
De nombreux jeunes ont participé à Crossfire, un festival qui mélange allègrement foi chrétienne et décibels.
Frère Mathieu-Marie, dominicain, a eu la joie d’être ordonné prêtre le 19 juin au couvent de l’Annonciation de Paris. Il nous partage son parcours et la joie qu’il a eu d’œuvrer au sein de notre décanat.
Vous pourrez également découvrir le portrait d’Edward Mezger. Après plusieurs années comme cérémoniaire à la cathédrale Saint-Nicolas, il a quitté la Suisse pour poursuivre ses études à Munich.
L’actualité de cet été, c’est, hélas, toujours la guerre en Ukraine. Jean-Marie Monnerat a recueilli le témoignage d’un couple qui a accueilli une famille ukrainienne. Face aux fléaux que représentent la maladie et la guerre, l’homme a de tout temps eu recours à la prière pour obtenir la guérison des malades ou l’apaisement des conflits. Dans sa rubrique, Sébastien Demichel nous présente la place de la prière dans les temps de crise.
L’année pastorale touche à sa fin, les vacances approchent. Ce temps de repos et de ressourcement est nécessaire avant de repartir pour une nouvelle année pastorale, avec ses défis et ses nouveautés. Ils seront nombreux cet automne dans notre décanat, et vous seront annoncés dans le numéro de septembre-octobre.
En attendant, il est temps pour chacun de se reposer et de se ressourcer. La rubrique de Paul Salles « ma foi sur le web » vous propose des pèlerinages en ligne. L’abbé Arnaud Evrat nous rappelle l’importance de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Le ressourcement passe aussi par la convivialité. Pour festoyer cet été avec vos amis, Yoana Aviolat, qui œuvre à la cure Saint-Nicolas, vous propose sa recette de flan tomate-poivron et sa sauce feta. C’est notre nouvelle rubrique « à la table des curés » !
Je vous souhaite une bonne lecture et un été reposant et ressourçant !
Comme chaque année, la course des servants de messe a eu lieu le vendredi 27 mai 2022 (Pont de l’Ascension) afin de les remercier pour leur engagement au sein de nos 4 paroisses.
Rendez-vous leur est donné devant l’église de Payerne à 8h15 où un magnifique bus des Voyages Jean-Louis & Novabus nous attend ! 26 servants répondent présents à l’invitation et 7 accompagnants sont là afin de partager avec eux cette journée qui débute avec un superbe soleil.
Direction Grandson où nous avons réservé l’église Saint Jean-Baptiste afin de partager une messe. L’abbé Luc de Raemy sollicite les enfants pour la lecture et demande également leur aide pour servir la messe, il évoque de jolis souvenirs dans cette église où lui-même a servi étant enfant.
Nous poursuivons notre journée en nous dirigeant au bord du lac, vers une très jolie place avec table de pique-nique et jeux. Joli moment de détente pour chacune et chacun.
La sortie continue au Château de Grandson pour une quête médiévale où deux équipes s’affrontent dans une course effrénée à travers le château pour retrouver au plus vite le fameux trésor de Grandson. Nous terminons en beauté par la visite et des jeux de piste au Centre Pro Natura de Champ-Pittet à Cheseaux-Noréaz.
La journée a été riche et nous marchons bien lorsque le signal du retour est donné à 17h15. Nous sommes ravis de retrouver notre bus afin de rentrer tranquillement à Payerne où nous arrivons aux alentours de 18h.
Chers servants, merci de répondre toujours présents pour animer et rendre encore plus vivantes nos messes. Vous amenez de la spontanéité et de la joie à nos célébrations. Ce service à Dieu et à l’Eglise vous et nous aide à aller à la rencontre du Seigneur avec amour et tendresse.
Toute l’équipe des servants de messe remercie chaleureusement la paroisse de Fétigny-Ménières, plus précisément l’équipe organisatrice de la sortie : Mmes Marlyse Ansermet, Claire Michel et Carmen Gamba. Un merci aussi à tous les accompagnateurs et accompagnatrices de nos paroisses qui ont consacré leur journée pour être aux côtés des jeunes.
Dernier volet de notre série M@ foi sur le web, consacrée aux moyens digitaux pour vivre sa foi. Et puisque vient l’été, et qu’avec lui ce sont les souvenirs de voyages qui réapparaissent, découvrons qu’il est aussi possible de vivre un pèlerinage devant l’écran de son smartphone.
PAR PAUL SALLES | PHOTOS : VISITE-PANORAMIQUES.COM, SINOD.FR
Alors, oui, les puristes vont crier au sacrilège, car on est loin de l’expérience fondatrice des pèlerinages médiévaux où, par pénitence, on partait de chez soi pour rejoindre à pied Saint-Jacques-de-Compostelle, Rocamadour, le Mont-Saint-Michel, Rome ou Jérusalem. On conçoit vite
que l’effort physique ne sera pas le même, l’expérience humaine ne sera pas la même, mais seront-ils inexistants pour autant ? Quant à la conversion spirituelle, qui dépend tout autant de l’action de l’Esprit Saint que des kilomètres parcourus, est-elle rendue insignifiante par l’immédiateté de l’écran ? Il faut le concéder, il manque beaucoup d’ingrédients à un pèlerinage virtuel pour qu’il soit un vrai pèlerinage, mais il peut tout de même servir de support à une vraie expérience spirituelle.
C’est surtout durant la phase de pandémie en 2020-2021 que le pèlerinage virtuel s’est développé : puisqu’il n’était plus possible de partir loin de chez soi, on pouvait essayer de s’échapper virtuellement.
La première manière de vivre un pèlerinage, qui est peut-être la moins élaborée, est d’effectuer des visites virtuelles de lieux de pèlerinage. Ainsi, les cathédrales de Saint-Jacques à Compostelle, celles de Chartres, du Puy-en-Velay, ou les sanctuaires de Conques, Rocamadour et le Mont-Saint-Michel sont virtuellement visitables sur le site www.visites-panoramiques.com, ou www.360cities.net Dans la même idée, on peut visiter toutes les basiliques de Rome, la chapelle sixtine ou les musées du Vatican sur le site www.rome-roma.net. Mais avec cette solution, il s’agit davantage d’une visite que d’un pèlerinage.
Certains sanctuaires, comme Lisieux par exemple, offrent la possibilité de traverser un itinéraire sur les pas de sainte Thérèse à travers six modules en vidéos (www.carmeldelisieux.fr).
Les sanctuaires de Lourdes ont élaboré en 2020 et 2021 le pèlerinage mondial et digital à Lourdes nommé Lourdes United, et qui visait à proposer sur la journée du 16 juillet (dernière apparition de la Vierge à sainte Bernadette), des temps de prière en plusieurs langues, des témoignages, des conférences, la possibilité de déposer un cierge ou une intention de prière à distance. Bref, un mini-pèlerinage sur une journée. La levée des mesures sanitaires a permis la reprise des pèlerinages sur le site, mais il reste toujours la possibilité de suivre à distance les temps de prière
qui ont lieu à la grotte de Massabielle ou de déposer une intention de prière.
Pour ceux qui ont toujours voulu partir en Terre Sainte, mais qui redoutent la chaleur, vous pouvez suivre le Mooc (cours en ligne) proposé par le collège des Bernardins à Paris. Bible en main, il vous conviera à un voyage virtuel à Bethléem, sur les rives du lac de Tibériade et jusqu’au saint-Sépulcre. Grâce au support de vidéos tournées sur place à l’été 2021 et à un programme de cours (lectures bibliques, commentaires, exercices, …) réparti sur quinze semaines, il est possible de goûter un peu de l’expérience unique que vivent tous les pèlerins en Terre Sainte : lire la Bible, en la découvrant à travers les paysages où elle a été écrite et vécue. Ce cours a été donné en ligne au printemps 2022, et sera disponible (en archives) à partir de l’automne 2022.
Après avoir passé de nombreux jeudis à réfléchir et échanger sur divers thèmes, les jeunes sont partis en week-end sous la Dent de Morcles, dans le chalet qu’une de leur famille avait prêté. Un grand merci à eux.
Vendredi, un pique-nique sur une aire d’autoroute permit de se sentir rapidement « en vacances ». A la nuit tombante, nous arrivâmes au chalet après un petit quart d’heure de marche au milieu des arbres, sous les étoiles tellement plus visibles qu’à Genève.
Le samedi fut tranquille, entre repas, jeux et promenade autour du village de Morcles.
Enfin, le dimanche, après un temps de prière, le repas et les rangements, une excursion nous mena le long du bis du Trient, avec une belle vue sur le glacier, au bout du sentier. Le retour se fit par la France, après une boisson bienvenue au col de la Forclaz.
Dès Vallorcine, le spectacle des glaciers, sous le doux soleil du début de soirée, glaciers blancs se glissant dans le vert printanier, offert par ce chemin du retour fut éblouissant, glacier du Tour, d’Argentière et ceux de la mer de glace au-dessus de Chamonix, ainsi que les sommets, dents et massifs telle la Tête à l’Âne. Un instant précieux pour clore une belle fin de semaine.
Merci à chacun pour son enthousiasme et sa solidarité dans les tâches diverses.
Romain en sage zen méditation sous la cascade.
Grâce à l’atelier bien outillé du papa d’Arnaud, les jeunes ont passé un long moment de bricolage. Ici l’une de leur construction: un hôtel à insectes.
Sous le village de Morcles, le torrent invitait les plus courageux à la baignade.
Après avoir longé le bisse du Trient, petite pause au pied du glacier du Trient pour Vincent, Arnaud, Patrick, Guwani, Lucien, Romain et Alexandre.
L’annonce de Caritas demandant des familles pour accueillir les Ukrainiens qui ont fui leur pays a retenu leur attention. Sans trop réfléchir, Brigitte et Claude Geinoz ont donné leur accord pour recevoir chez eux une mère et son enfant. Trois jours plus tard et après quelques échanges administratifs, on leur confie Katrina et Liora, une jeune maman et sa fille de 5 ans.
PAR OLIVIER CAZELLES | PHOTOS : OLIVIER CAZELLES, BRIGITTE GEINOZ
Brigitte et Claude, comment se sont passés les premiers moments ?
Brigitte et Claude Geinoz : Sans aucun problème. Nous avons pu mettre à disposition de nos hôtes une chambre avec un lit gigogne, une petite terrasse et une salle de bains. C’est leur espace, et Katrina a modifié la disposition des meubles à sa convenance. Le reste de la maison, salon, cuisine, terrasse et jardinet, sont partagés en permanence. Nous ne parlons pas anglais, mais avec les gestes, ça fonctionne. Et nous parlons «Google»: nous utilisons le dictionnaire en ligne sur nos Smartphones pour les cas particuliers.
Katrina est discrète. Elle participe volontiers aux tâches communes, mais nous ne la considérons pas comme une aide ménagère : elle est chez nous comme une invitée. Je remplis le frigo en tenant compte de leurs préférences et de leurs habitudes. Mais elle préfère nous laisser manger seuls. Comme elle est végétarienne, elle prépare les repas pour elle et sa fille.
Comment votre famille et votre entourage ont-ils réagi à votre engagement ?
Ils ont été inquiets et on a beaucoup parlé. Nos enfants avaient peur pour nous, ils craignaient qu’accueillir des réfugiées nous donne trop de travail, que je n’aie plus assez de temps pour m’occuper de leur papa. Maintenant ils sont rassurés et la famille s’est agrandie avec Katrina et Liora. C’est Isabelle, la femme de notre fils Christophe, qui est allée les chercher à Boudry à ma place. Claude est partie prenante de l’accueil. Mais, étant en fauteuil roulant, il est fragile et a aussi besoin d’attention. Si sa situation demandait une prise en charge temporairement plus lourde, je pourrais bénéficier de l’aide d’une amie afin d’être disponible pour lui et pour que Katrina et Liora ne soient pas seules.
Cette après-midi, une personne de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) est venue à la maison. Elle a réglé divers points administratifs (responsabilité civile, assurances, …) et finalisé un projet de contrat d’accueil entre nous et Katrina : on nous accorde une aide correspondant aux frais de location. Comme elle a peur d’être une charge trop lourde pour nous, cette entrevue l’a beaucoup soulagée moralement.
Katrina, dans quelles conditions a eu lieu votre départ d’Ukraine ?
Nous habitons à Odesssa, sur la mer Noire. C’est à 500 kilomètres de Marioupol, cette ville complètement détruite. Cette invasion brutale, ces bombardements, m’ont terrifiée. J’ai eu très peur pour ma fille. Je ne voulais pas qu’elle connaisse la guerre et souffre des séquelles de ce qu’elle aurait vécu. Nous nous sommes d’abord réfugiées en Roumanie, puis nous sommes arrivées en Suisse. Nous nous sommes retrouvées au centre d’accueil de Boudry, sur le lac de Neuchâtel. Malgré la situation, ma famille est restée à Odessa : c’est son choix pour le moment. Beaucoup de mes amis ont également fui l’Ukraine ; ils ont été accueillis dans divers pays européens et même au Canada. Le père de ma fille, resté sur place, nous appelle un jour sur deux. Pour le moment, il n’est pas recruté par l’armée, de même que les autres hommes de notre famille. Il continue de travailler.
Que faites-vous de vos journées ?
Professionnellement, je suis styliste après avoir fait des études universitaires à Kiev. L’usine de confection pour laquelle je travaillais a dû fermer. La production s’est arrêtée à cause de la guerre et je ne peux pas faire de télétravail pour mon employeur.
Ma priorité est d’apprendre le français. Je suis des cours à Founex où une association et des bénévoles s’occupent de nous. Je dois parler français si je veux trouver du travail.
Liora va à l’école enfantine au centre-ville. Et elle y est heureuse. Elle apprend le français et l’anglais. Elle s’entend bien avec Brigitte, Claude et leur chien Filou. Elle est tout excitée quand elle entend « piscine », un mot magique. Quand Brigitte fait les courses et lui rapporte une petite surprise, elle s’écrie « Oh, my God ! » en se tenant la tête à deux mains, ce qui fait rire tout le monde.
Comment vivez-vous votre séjour en Suisse ?
Je suis très entourée. Sally, la voisine de Brigitte, est accueillante. Et comme elle est anglaise, elle est une très bonne traductrice. Grâce à tous les voisins de Brigitte et Claude, j’ai fait de nombreuses connaissances.
J’ai beaucoup de chance d’être en Suisse. Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui nous accueillent et qui montrent tant de gentillesse à notre égard. J’ai même la chance de pouvoir découvrir le pays. Je reçois des titres de transport. C’est ainsi que j’ai déjà pu visiter Vevey et Chaplin’s World, le musée Chaplin; demain, j’irai à Lucerne. On me conseille de monter au Pilate.
Brigitte et Claude, vous vivez une expérience très singulière. Quel lien faites-vous avec l’Evangile ?
Cette décision nous est tombée dessus. Nous avons lu l’annonce de Caritas et il était évident pour nous qu’il fallait dire oui. J’avais mal pour ces femmes qui devaient quitter l’Ukraine avec leurs enfants en laissant leur mari sur place. Nous devions accueillir quelqu’un comme nous aurions aimé l’être dans des circonstances similaires.
Et puis, c’est normal puisque nous sommes chrétiens et que nous pratiquons notre religion. Avec la maladie de Claude, nous sommes moins engagés à la Colombière, mais auparavant nous avons notamment travaillé avec Tchad Missions Nyon et chanté dans la chorale. Recevoir Katrina et Liora est pour nous une façon d’être disponibles pour notre prochain.
Katrina en pleine discussion avec Sally, voisine anglophone et traductrice.
Katrina et Liora sont heureuses d’être accueillies en Suisse.
PAR FLORENCE CHERUBINI | PHOTOS : FLORENCE CHERUBINI, PATRICIA FRAUENKNECHT
Cette année encore, lors de la seconde semaine des vacances de Pâques, le MADEP-ACE Vaud a organisé cinq journées spéciales d’animation intitulées «Bien joué!». La possibilité offerte de choisir une ou plusieurs d’entre elles a été fort appréciée par les familles, qui ont ainsi pu organiser l’emploi du temps de leurs enfants de manière plus libre. Encadrés par trois adultes, c’est donc une vingtaine d’entre eux, représentant toutes les équipes de notre Secteur, soit Aigle, Bex, Leysin, Ollon et Villars, qui se sont retrouvés dans les locaux de la paroisse de Bex, pour donner le meilleur d’eux-mêmes.
Les activités proposées autour de la cuisine, du sport, de jeux en lien avec le cinéma, d’Escape Game, ainsi que des jeux coopératifs, des temps de réflexion et de méditation, et du temps libre ont permis de mettre en lumière le partage, la créativité, l’écoute, l’amitié et le vivre ensemble – le tout dans la joie et une bonne humeur constante et grâce aussi à la Fondation des Plans et au Conseil de Paroisse de Bex qui, par leur générosité, ont grandement contribué à la réussite de ces Journées.
Les enfants étaient enthousiastes et des liens interparoissiaux se sont tissés entre eux au fil des jours, en fonction de la complémentarité de chacun, dans une ambiance réellement synodale…Et ils en redemandent !
En espérant pouvoir revivre cette belle expérience l’an prochain, nous leur disons déjà un grand merci d’avoir su rendre visible et vivante la joie de l’Evangile !
Les membres d’une joyeuse équipe et leur avatar!
«Seul, on va plus vite; ensemble, on va plus loin!»
Piñata…
… et jeux de collaboration!
Impossible de terminer la journée sans la traditionnelle partie de «Loup-Garou»!
«Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.» (Mt 18, 20)
PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER
L’été est à notre porte. Si une élémentaire prudence est de mise, il s’annonce riche de belles découvertes. Profitez-en pour vous aérer et vous changer les idées !
L’année qui se termine aura aussi été celle d’une réflexion sur la synodalité, selon le vœu du pape François, et, dans notre Unité pastorale (UP), sur le thème « Nous sommes Eglise ». Tous, laïcs et prêtres, salariés et bénévoles, nous avons pu apporter notre pierre à la réflexion commune, exprimer nos déceptions, nos attentes, nos espérances, en un mot dessiner l’Eglise dont nous rêvons. Celle dans laquelle nous nous sentons bien, celle qui nous dynamise et nous entraîne vers l’avant.
Pour le pape, « la synodalité exprime la nature de l’Eglise, sa forme, son style, sa mission », elle n’est pas « un titre parmi d’autres, une manière de la penser qui offre des alternatives ». Il le disait à son diocèse de Rome le 18 septembre 2021. Il le dit à chacun de nous. Et cette marche commune – c’est le sens du mot « synode » – implique la participation de tous. Pour Sœur Nathalie Becquart, sous-secrétaire du synode des évêques, une Eglise synodale est « une Eglise en mouvement, en déplacement », dynamique, vivante, forte de toutes ses composantes ; une Eglise ouverte, plus participative, qui recherche plus le consensus que la majorité.
Le processus synodal, dans lequel notre UP est engagée elle aussi, est une opportunité à saisir pour développer, à notre niveau, des communautés à l’écoute de chacun, où le partage des responsabilités progresse, où tous, hommes et femmes, laïcs et prêtres, ont leur place. Tous baptisés, tout égaux en dignité.
Il y a là un changement de paradigme. A nous d’y souscrire. Car cette Eglise, elle ne se fera pas sans nous ! Elle se bâtit dès aujourd’hui sur les efforts de chacun, et nul n’est trop pauvre ou trop petit pour se soustraire à la tâche. L’Eglise, c’est chacun de nous, dans notre paroisse, notre communauté. Le moindre geste contribue à renforcer la communion, et chacun a quelque chose à donner, à sa mesure.
Alors oui, dépassons les préjugés, la méfiance, les critiques et la peur de perdre ; prenons la parole, osons des mots et des gestes de vérité et de liberté, marchons main dans la main. L’Eglise de demain, elle sera celle que nous bâtirons ensemble : riche de ses diversités, de ses harmoniques, de ses couleurs complémentaires.
Bel été à chacun. Pour qu’à la rentrée, après avoir cheminé en nous, les bonnes idées éclosent et tissent entre nous les fils d’une belle solidarité. Rendez-vous dimanche 4 septembre à Gland pour la messe de reprise de l’année pastorale.
PAR CHIARA ROSATI, 28 ANS, AGENTE PASTORALE DE LA JEUNESSE UP PRILLY-PRELAZ | PHOTOS : DR
La «MVP 2022», c’était un véritable camp de 4 jours à Morges, organisé par des jeunes, qui a débuté la soirée du Jeudi saint 14 avril, et s’est terminé le Dimanche de Pâques 17 avril après la messe, et qui a rassemblé des 12-17 ans de toute la région !
Le but était de monter petit à petit vers Pâques, en partageant les diverses célébrations quotidiennes du Triduum pascal, tout en vivant des journées rythmées par des activités spirituelles (temps de prières, louanges, témoignages, enseignements, confessions), sportives (sports de camps, jeux de balles, divers jeux, marches) et artistiques (activités manuelles, théâtre, chants et bricolage).
En tant qu’animatrice de la jeunesse des confirmands et confirmés de l’UP Prilly-Prélaz, je suis reconnaissante d’avoir pu vivre cette expérience incroyable et unique avec certains de mes jeunes ! Dès le début, on s’est sentis plongés dans une ambiance festive, joyeuse, musicale, chaleureuse et priante. On était comme une grande famille et avec l’esprit de fraternité on a fêté autour de l’événement central de notre foi : la résurrection !
Quelle grâce de voir plus de 100 jeunes enthousiastes partager leur joie authentique, profonde tout en témoignant leur foi.
« Je voulais y aller pour passer un moment où l’on parle plus du Seigneur. » Clara, 15 ans, jeune confirmée
Jecy, 14 ans, confirmande : « J’ai appris beaucoup de choses, comme les histoires bibliques et j’ai découvert que beaucoup de jeunes ont la foi en Dieu, tout comme moi. Depuis, j’ai changé ma manière de prier. Je garde des souvenirs incroyables : le soir où on a tous chanté des louanges, tous les témoignages qu’on a entendus, la marche Via Crucis et l’occasion d’écrire les péchés qu’on n’a jamais dit à Dieu. »
« C’était une expérience vraiment incroyable ! J’ai adoré ce camp c’était génial. Ce qui m’a surprise c’était les moments spirituels qu’on a vécus ensemble, ça m’a remplie de joie. J’aimerais vivre à nouveau ce sentiment d’être en famille. J’ai découvert que j’ai laissé entrer Jésus dans ma vie plus qu’il était déjà. Cette expérience m’a aidée à en apprendre plus sur l’histoire de Dieu. J’étais touchée par le soir des confessions. J’y suis allée car je voulais en apprendre plus sur moi et sur Dieu. Alors merci de m’avoir permis de vivre une telle expérience. » Frena, 15 ans, jeune confirmande
Sara, 19 ans, bénévole catéchiste des confirmands : « Superbe expérience que je recommande. Je ne m’attendais pas à voir autant d’enfants qui croient en Dieu et le fait de voir que dès leur jeune âge, ils confiaient leur vie à Dieu m’a beaucoup touchée. Durant la MVP je me sentais tellement apaisée. J’ai senti au fond de moi une présence qui m’apaisait et qui m’a fait ressentir une grande joie. C’est important de rencontrer et d’échanger avec des jeunes chrétiens pour avancer dans la foi, on peut s’aider, se soutenir et apporter nos connaissances pour nous enseigner mutuellement les paroles de notre père. »
Ruth, 17 ans, bénévole catéchiste des confirmands : « Quelle surprise de voir autant de jeunes heureux grâce à Dieu… J’ai appris à avoir plus de confiance en moi et à m’ouvrir aux autres. J’aimerais trop revivre de pareils événements ! »
Le Père dominicain Benoît-Dominique de La Soujeole, professeur émérite de dogmatique à l’Université de Fribourg et professeur invité à l’Angelicum à Rome, a donné une conférence dans les salles sous l’église de la Colombière jeudi 19 mai sur «Marie, Mère de l’Eglise, modèle de la communion des saints». Ceci dans le cadre du thème d’année de l’Unité pastorale (UP) Nyon-Terre Sainte, «Nous sommes Eglise».
PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET PHOTOS : PHILIPPPE ESSEIVA, BRIGITTE BESSET
C’est avec un humour contagieux, et devant une trentaine de paroissiens, que le dominicain français Benoît-Dominique de La Soujeole a expliqué d’où vient le titre de Mère de l’Eglise donné à Marie, son sens et sa pertinence pour les catholiques. Il a souligné en ouverture que «Marie est fondamentalement mère», que «toute sa personne est constamment engagée dans une relation de maternité, une relation dans laquelle et par laquelle elle donne la vie à partir d’elle-même et hors d’elle-même».
Dans un premier temps, il a posé quelques jalons historiques, rappelant que la première maternité de Marie, définie par le concile d’Ephèse en 431, est d’être Mère de Dieu, sa vocation étant de mettre au monde «Dieu le Verbe s’incarnant en elle et par elle sous l’ombre de l’Esprit saint». Et que c’est autour de cette réalité que sont disposés les autres aspects du mystère marial: l’Immaculée Conception, «proclamée parce que les catholiques le croyaient et pas le contraire», la virginité et sa présence du début à la fin de l’œuvre de salut accomplie par son Fils, de Cana au pied de la croix et à la Pentecôte.
Au deuxième millénaire chrétien, a relevé le conférencier, on a développé des liens entre le mystère central et des mystères subordonnés. La théologie catholique a ainsi considéré que le Christ et l’Eglise, son corps dont nous sommes les membres, «forment comme une seule personne». Conséquence: «Si le Christ tête et l’Eglise corps forment comme une seule réalité spirituelle, alors la Mère de la tête – Marie – est aussi la Mère du corps, la Mère de l’Eglise».
Mots neufs, réalité ancienne
Un titre marial authentifié récemment, a précisé le Père de La Soujeole, par le concile Vatican II dans le chapitre 8 de la Constitution dogmatique «Lumen gentium» dont le titre est «La bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise». «Le concile, a souligné le conférencier, a explicitement fait le lien entre le mystère du Christ et celui de l’Eglise, plaçant Marie en relation profonde avec les deux: Mère de la tête, elle est aussi Mère du corps parce que tête et corps ne font pas deux mais un».
Lors de la promulgation de la Constitution, le 21 novembre 1964, le pape Paul VI a décrété que «Marie serait désormais honorée et priée aussi par le titre de Mère de l’Eglise». Les Pères conciliaires se sont alors levés pour acclamer la Vierge Marie sous ce titre. Un titre qui, s’il était neuf, exprimait, a poursuivi le Père dominicain, «l’acquis du second millénaire de la vie de foi du Peuple de Dieu». Puis la réforme liturgique a introduit des messes en l’honneur de Marie dont la messe de Marie, Mère de l’Eglise.
Un amour accompli
Dans un deuxième temps, le conférencier a commenté la collecte, la prière qui ouvre la messe de Marie, Mère de l’Eglise, et qui en donne le sens doctrinal : « Dieu de miséricorde, notre Père, ton Fils unique, en mourant sur la croix, a voulu que la Vierge Marie sa Mère soit aussi notre Mère. Nous te prions afin que, soutenue par son amour, ton Eglise ait joie de donner naissance à des enfants toujours plus nombreux, de les voir grandir en sainteté et d’attirer à elle toutes les familles des peuples. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur ».
L’adresse, « Dieu de miséricorde, notre Père », place d’emblée la célébration « dans l’histoire du salut qui est l’œuvre de l’amour miséricordieux de Dieu. C’est un amour qui pardonne, qui répare, qui relève » à partir, ici, du pied de la croix, où Jésus donne à Marie Jean comme fils et à Jean Marie comme mère. « C’est donc lors de l’accomplissement total et parfait de l’œuvre confiée au Christ qu’intervient au cœur de la Passion cette maternité de Marie sur tous les hommes appelés à être disciples du Christ », a précisé le Père de La Soujeole. Et la maternité de Marie « est la forme accomplie de son amour. C’est un amour qui donne et soutient la vie et qui fait de l’Eglise, qui reçoit cet amour, une mère à son tour » en nous donnant la vie divine, la vie de la grâce.
Mais comment cette vie nous parvient-elle et devient-elle nôtre ? Elle a sa source en Dieu et nous est donnée grâce à l’Incarnation. « L’humanité de Jésus, parce qu’elle est unie dans sa personne même au Verbe éternel, est elle-même remplie de toute la grâce, de l’Esprit saint en personne, et c’est dans cette humanité unique que tout le salut pour tous les hommes réside et c’est par elle qu’elle se communique à tous », a expliqué le conférencier.
Le conférencier a su capter son auditoire.
La soirée s’est terminée par une prière.
Le tableau de Berna s’est rempli au fil des conférences et des saisons.
Un double rôle
Et Marie dans tout cela? Par sa proximité avec le Christ, elle occupe «une place intermédiaire entre le Christ et nous dans les deux sens: Marie intervient auprès de son Fils pour nous, c’est son intercession, et elle intervient auprès de nous pour nous montrer le Christ, c’est son exemplarité». Comme à Cana.
Marie est ainsi médiatrice «dans les deux sens: ascendant quand elle s’adresse au Christ pour nous; descendant quand elle s’adresse à nous de la part du Christ. C’est l’ensemble de cette activité mariale qui constitue sa maternité, car tout ce que Marie fait est en relation avec la vie de la grâce à communiquer, à être effectivement reçue, au besoin réparée et toujours nourrie». Si cette maternité, a relevé le Père de La Soujeole, concerne chacun de nous, elle a une dimension ecclésiale: Marie est Mère de chaque fidèle et de la communauté formée par les fidèles et les pasteurs. Comme une mère l’est de chaque enfant et de la famille. Son double rôle d’intercession et d’exemple «concourt à ce que la grâce du Christ porte en nous, de façon inséparablement individuelle et communautaire, tous ses fruits».
Mère de l’Eglise, Marie l’est par deux actes majeurs: l’intercession et l’exemple. Par le premier, elle se fait notre avocate, intervenant auprès d’une autorité, Jésus, «en faveur de quelqu’un qui dépend de cette autorité et qui en attend un bienfait». Ainsi, «Marie intercède de façon générale en demandant au Seigneur sa grâce pour nous, et plus particulièrement – car comme Mère elle connaît bien ses enfants – les grâces particulières qui nous sont nécessaires (grâce de fidélité, grâce de repentir, grâce de force,…) ». Une intercession « parfaite » de sorte que, «lorsque nous prions Marie en sollicitant son intercession, nous sommes d’emblée placés dans la bonne direction!», a précisé le conférencier.
«Le deuxième acte par lequel Marie exerce sa maternité est son exemplarité»: elle nous apprend, par son exemple, à vivre de la grâce filiale reçue au baptême. Comment? Par quatre attitudes: l’écoute, la prière, le don de la vie et l’offrande.
De l’écoute à l’offrande
La Vierge est d’abord celle qui écoute : « Elle a reçu la Parole de Dieu avec foi et l’a gardée dans une méditation constante lui permettant d’aller toujours plus profondément dans l’intelligence des desseins de Dieu pour y participer de toujours plus près », a souligné le Père de La Soujeole. En cela, elle est l’exemple de l’Eglise « qui reçoit, garde, scrute et accomplit la Parole de Dieu ». Et chaque chrétien « est invité à recevoir – écouter au sens biblique – la Parole de Dieu pour en vivre ».
Puis la Vierge est celle qui prie: elle demande quelque chose à Dieu. Que demander à Dieu? «Ce qu’il veut nous donner à condition qu’on le lui demande.» Mais quoi? Les demandes contenues dans le Notre Père, qui «embrassent tous les aspects de notre vie». Marie a prié le Notre Père, l’Eglise le prie «pour y scruter l’action de Dieu, à laquelle il nous associe».
La Vierge donne la vie: elle a mis au monde le Verbe de Dieu et, par son intercession, «elle ne cesse de l’accomplir en nous» et pour l’Eglise. «Elle nous montre que la vocation chrétienne s’accomplit dans le don de la vie: la vie du corps, la vie de l’esprit, la vie de la grâce.»
Enfin, Marie est la Vierge de l’offrande. S’offrir, a expliqué le conférencier, «est le terme, l’accomplissement, le but unique de toute vie humaine: disposer de soi, par amour, pour se donner à Dieu». Le Christ et Marie se sont ainsi offerts à Dieu. Et l’Eglise, depuis deux mille ans, entraîne ses enfants sur ce chemin, en particulier lors de la messe.
En conclusion le Père de La Soujeole a constaté que «quand nous célébrons Marie avec le titre de Mère de l’Eglise, nous sommes invités à ressaisir le mystère ecclésial dans toute son ampleur (tous les états de vie), dans l’identité radicale de tous qui réside dans le baptême, dans les relations vitales par lesquelles nous recevons la vie de la grâce et la transmettons à notre tour». Ainsi, «Marie est d’une importance considérable pour rencontrer le Christ, comprendre sa Parole, recevoir sa grâce, vivre le chemin d’accomplissement ainsi offert».
La statue de l’Immaculée Conception dans l’église de la Colombière à Nyon.
Dans l’église de Founex, une niche sur la gauche abrite une oeuvre du sculpteur alsacien Jacques Hartmann.
La Vierge de l’église de Saint-Cergue.
A Gland, entre le narthex et l’église Notre-Dame du Fiat, le oui de l’Annonciation, invite le visiteur à entrer. En dolomie, pierre reconstituée des Pyrénées, elle vient du monastère Notre-Dame de la Gloire-Dieu aux Voirons, en Haute-Savoie.
Souvent très attendu lors d’un mariage, «oui» est ce mot par lequel notre vie est engagée aux côtés de la personne que l’on aime.
«Oui !»… Trois petites lettres que l’on peut prononcer facilement, sans vraiment mesurer ses conséquences sur nous. Marie en sait quelque chose! En acceptant d’être la mère de Jésus, elle ne mesurait alors pas dans quoi elle s’embarquait!
Tel est le plongeon que font ces couples qui, un jour, décident de se dire «oui».
Un «oui» source d’amour donné et reçu, de bonheur, de partage, et générateur de vie.
Mais qu’est-ce qui fait que certains mariages durent?
Le 31 janvier 1982, mes parents se disaient « oui » devant Dieu. Quarante ans plus tard, alors qu’ils se préparaient à célébrer ce merveilleux anniversaire, l’un de leurs petits-fils dit :
«Grand-père, 40 ans c’est beaucoup! Comment avez-vous fait?» Papa réfléchit, passant dans sa mémoire tous les moments partagés avec son épouse et il lui dit: «J’ai une réponse, mais cette question est plutôt compliquée, car il peut y avoir autant de réponses que de personnes. Je vais donc aller trouver ta grand-maman et nous te donnerons une réponse qui vaut pour nous deux.» Et leur réponse fut: «C’est la grâce de Dieu et la patience qui ont soutenu notre amour.»
Ces mots me rappelèrent ce passage de saint Paul aux Corinthiens qui dit que «l’amour prend patience» (1 Corinthiens 13, 1-8).
La patience – ce doux mélange de calme, constance, courage, douceur et persévérance – est aussi la vertu qui fait supporter les adversités, les douleurs, les incommodités.
Dans la Bible, nous lisons que Dieu est amour, que Dieu est patient.
Je me suis amusée à poser la question autour de moi et mon papa disait vrai : il y a autant de réponses que de couples. Pour certains, c’est la chance extraordinaire d’avoir un partenaire gentil, facile à vivre, joyeux, pacifique. Pour d’autres, c’est le partage, le dialogue, l’honnêteté, la confiance, le pardon, l’humour, savoir être reconnaissant et dire merci. Mais aussi s’appuyer sur Dieu, qui est source de tout amour et qui donne tout pour vivre de cet amour…
En ce qui me concerne, voilà 25 ans que je partage la vie d’un homme merveilleux, qui met un point d’honneur à faire mon bonheur et celui de nos enfants. Nous avons pris ensemble la décision de nous choisir et de renouveler notre oui chaque jour en nous appuyant sur Dieu.
Et vous qui vous êtes ou qui allez vous engager par un «oui» quel qu’il soit… comment envisagez-vous de le vivre au quotidien de façon pérenne?
Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, le périmètre est étendu et c’est l’abbé Jean-Jacques Theurillat qui prend la plume.
PAR L’ABBÉ JEAN-JACQUES THEURILLAT, VICAIRE ÉPISCOPAL POUR LE JURA PASTORAL | PHOTOS : CATH.CH, JURA PASTORAL
Le 31 juillet prochain, je terminerai mon mandat de vicaire épiscopal pour la partie francophone du diocèse de Bâle, après treize années d’activités. Par cette fonction, il m’aura été donné d’être le témoin des évolutions et des changements qui ont marqué l’Eglise catholique en ce début de XXIe siècle. Je pourrais énumérer ce que j’ai vu disparaître ou les déficiences qui continuent d’affecter la vie ecclésiale. Mais ce n’est pas cela qui me marque en ce moment.
Je voudrais dire mon enthousiasme face au renouveau provoqué par l’appel du pape François à une Eglise plus synodale, appel qui s’est traduit dans chaque diocèse par une large consultation. Cette demande à avancer ensemble est l’autre versant de l’interpellation à être une Eglise en sortie, non pas repliée sur nos difficultés internes, mais joyeuse d’aller à la rencontre de tous ceux qui ne connaissent pas, ou pas assez, la Bonne Nouvelle du Christ. L’histoire a fait de l’Eglise catholique une institution mondiale. Mais on a parfois l’impression que sa gestion interne est devenue sa seule raison d’être. Or, les derniers mots de Jésus dans l’Evangile de Matthieu sont : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples. » La raison d’être de la communauté rassemblée par l’Esprit c’est d’aller à la rencontre, d’écouter, d’accueillir et de témoigner.
Je trouve salutaire l’impulsion du pape, même si sa communication peut sembler parfois brouillonne ou abrupte. A force de baigner dans la tiédeur ecclésiale, une stimulation piquante est bienvenue. Je me réjouis de me mettre à la tâche, au niveau paroissial, pour construire un nouveau visage d’Eglise avec tous ceux qui le souhaitent. Je me réjouis d’être bousculé par la Parole et par l’Esprit pour construire la fraternité, travailler à la solidarité qui témoigne du dynamisme de la résurrection. Ce n’est donc pas aigri ou désabusé que je termine mon mandat, mais le cœur joyeux, rempli de cet élan qui nous pousse à construire la communauté que Dieu veut.
Alors que l’épisode de la tour de Babel a dispersé les individus à travers le monde faute de se comprendre, la Pentecôte marque le mouvement inverse. Le monde d’alors doit ce prodige à la venue du Saint-Esprit. Symbolisé par une colombe, il est de tradition de déguster à cette occasion un gâteau porte-bonheur.
Couronnement du temps pascal, la Pentecôte commémore le don du Saint-Esprit aux apôtres cinquante jours après Pâques. On entend souvent dire que la Pentecôte est un «anti-Babel». Selon les Ecritures, au moment de l’épisode de la tour de Babel, les hommes ont été dispersés par la confusion linguistique (Genèse 11, 1-9), tandis qu’à la Pentecôte, l’Esprit Saint les a réunifiés par le don des langues (Actes, 2). Signe de l’universalité de l’Eglise, cet événement est aussi compris comme le point de départ de la mission évangélisatrice de l’Eglise animée et soutenue par l’Esprit Saint.
La Pentecôte a officiellement été fêtée à partir du concile d’Elvire, vers 300. A partir de la fin du IVe siècle, sa veillée nocturne était marquée, comme à Pâques, par des baptêmes. La semaine qui suivait, attestée au VIIe siècle, per- mettait de catéchiser les nouveaux baptisés. Au milieu du Moyen Age, dans plusieurs cathédrales d’Ile-de-France, de Normandie et de Provence, des tourterelles et des pigeons symbolisant l’Esprit Saint voltigeaient sous les voûtes.
L’oiseau a inspiré quelques spécialités culinaires propres à la Pentecôte, telles que le Colombier. A
l’époque contemporaine, l’usage d’une fève, en forme d’oiseau blanc aux ailes déployées, cachée dans un gâteau du même nom est attesté lors du repas de Pentecôte. Mais la naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire. Quant à la symbolique de la blanche colombe porteuse de pureté, d’innocence, d’amour ou encore de paix, la zoologie en dresse un autre portrait. La dénomination de «colombe» est, en réalité, un terme générique désignant une famille d’environ 200 espèces…dont aucune n’est blanche. Après cette révélation, le pigeon fait moins grise mine et le corbeau peut médire l’âme en paix…
Recette: Le Colombier de Pentecôte
Temps de préparation
Temps d’attente
Portions
30 minutes
45 minutes
8
Ingrédients
Les fruits confits (130 g) à incorporer à la préparation doivent être marinés 12 heures avant dans une bonne rasade de Grand-Marnier, de Cointreau, voire même de Kirsch.
225 g de pâte d’amandes ou massepain
3 œufs
20 g de farine
20 g de fécule
65 g de beurre fondu tiède
150 g d’amandes effilées
130 g de fruits confits marinés au Grand-Marnier (12 heures)
1 moule à tourte ou à manqué d’environ 20 cm
Pour le glaçage:
175 g de sucre glace
2 à 3 cuillères à soupes d’eau chaude (ou à parts égales eau et ligueur de la « marinade » des fruits confits)
La naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire.
Préparation
Déposer la pâte d’amandes dans la cuve du batteur ou un bol. Travailler au fouet puis ajouter un par un les 3 œufs entiers. Mélanger durant 5 minutes.
Incorporer délicatement la farine et la fécule tamisées.
Ajouter le beurre fondu tiède.
Egoutter les fruits confits (conserver la liqueur pour le glaçage), les fariner légèrement et les ajouter à la préparation.
Beurrer généreusement un moule à tourte. Chemiser les bords du moule d’amandes effilées, puis y verser l’appareil.
Cuire dans un four préchauffé à 170° C pendant 25 minutes environ. Vérifier la coloration du gâteau et adapter le temps de cuisson en fonction.
Démouler le gâteau et y introduire une fève (une colombe en porcelaine, si vous en avez une!) puis le laisser refroidir sur une grille.
Glacer le dessus du gâteau avec le mélange de sucre glace-eau (ou de sucre glace-eau-liqueur) et décorer avec des fruits confits.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de la Vie Sur le chemin de nos doutes et de nos questionnements Laissons-la éclairer nos aujourd’hui Pour l’offrir comme le pain de la joie.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de l’Espérance Sur le chemin de nos peines et de nos joies A la table de nos rencontres, Partageons-la comme le pain de la confiance.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de la Miséricorde Sur le chemin difficile de nos blessures Laissons sa clarté nous conduire au pardon offert et reçu Pour partager le pain de la réconciliation.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de l’Amour Sur le chemin de nos rencontres et de nos amitiés Entretenons cette flamme fragile afin qu’elle puisse grandir Pour partager le pain de la fête.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de Dieu Trinitaire Sur le chemin de notre vie, laissons-le être notre seul guide, Devenons témoins porteurs de cette Lumière, Nourris du Pain de la Vie.
Chaque matin est nouvelle naissance, Chaque matin recevons-nous des mains du Père, Offrons-nous à son Fils Laissons-nous conduire par l’Esprit Saint
Le soleil commençait à peine sa course dans le ciel que nous nous sommes retrouvés pour une dernière répétition en ce matin du 30 avril. La journée s’annonçait belle avec ce petit quelque chose de frais qui annonce un renouveau, celui du printemps de l’Esprit Saint qui allait bientôt nous visiter.
A 16h, la fête pouvait commencer. L’église, joliment fleurie, accueillait familles et amis venus en nombre pour accompagner les confirmands. Sous les doigts experts de Lise Colas, le grand orgue ouvrait la célébration en accompagnant la procession d’entrée, le Christ en tête.
Mgr Alain de Raemy a admirablement présidé, assisté du Père Joël, notre curé. Les paroles de l’évêque sont allées droit au cœur de tous, ne laissant personne indifférent, sachant trouver les mots simples et directs dont chacun avait besoin.
Très émouvante fut la lecture (anonyme) d’extraits de lettres que les confirmands ont adressées à l’évêque afin d’expliquer avec leurs mots pourquoi ils demandaient à confirmer leur foi, révélant ainsi, non seulement une vraie réflexion personnelle, mais également l’importance pour eux de ce qu’ils ont reçu durant ces deux années de catéchèse (rassurant au passage le petit catéchiste que je suis qu’il n’a peut-être pas travaillé en vain).
Qu’il me soit permis, ici, de vous livrer ce qui pour moi restera le sommet de cette célébration qu’a été la chrismation. Me tenant à proximité de l’évêque, j’eus ce privilège, non pas d’entendre les paroles prononcées dans ce cœur à cœur avec les candidats, mais de voir croître de plus en plus sur ces visages, des sourires radieux, particulièrement au moment de recevoir le saint chrême. A mesure que chacun, accompagné, qui de son parrain, qui de sa marraine, défilait devant l’évêque, montait en moi une profonde Action de grâce pour chacun d’eux, produisant dans le profond de mon cœur comme en écho de l’esprit ces mots simples qui constataient pourtant de l’invisible : qu’ils sont beaux. Oui, ils sont beaux ces jeunes, devenus encore plus proches par l’union du Saint-Esprit, ils sont beaux de l’Esprit Saint venu habiter leur cœur et cette beauté transparaissait sur tout leur être.
Nous étions ici au cœur même de l’action divine qui se donne dans la simplicité des mains et des saintes huiles. Cette jeunesse avec qui j’ai pu cheminer, parfois turbulente, parfois plus fermée, qu’ils étaient resplendissants maintenant dans ce moment de vérité (vite, je faisais disparaître une larme écharpée).
Alors, bien sûr, la fête s’est poursuivie comme il se doit, et l’apéro servi au fond de l’église a été fort apprécié grâce à toute l’équipe de volontaire qui l’a préparé et servi. Je profite de les remercier tous chaleureusement au passage, car sans eux, la fête n’aurait pas été aussi belle. Un grand merci, encore, à Sabrina Faraone qui n’a pas ménagé sa peine afin que cette célébration se déroule au mieux, aux musiciens qui ont donné beaucoup de leur temps également dans la préparation, et à toutes les petites mains indispensables qui ont œuvré dans l’ombre, d’une manière ou d’une autre, contribuant au succès de cette belle journée. Je n’oublie pas de remercier le Seigneur lui-même qui nous fait toujours la grâce de sa présence en nos cœurs et qui nous en a particulièrement réjouis en ce jour.
Dans notre dernier numéro, nous vous proposions une rencontre avec les Sœurs Anne-Françoise Sager et Verena Boss, actives à l’aumônerie de l’EMS Castel Notre-Dame. Nous publions aujourd’hui la fin de cette interview : une rencontre avec Sœur Claire Sierro et Sœur Marie-Thérèse Rieder, qui nous partagent ce qui les anime et les grands traits du chemin qui les a conduites jusqu’au Castel.
Sœur Marie-Thérèse Rieder.
PAR LAURE BARBOSA-STRAGIOTTI PHOTOS : DR
Par une vie de louange, de témoignage et de compagnonnage au cœur du monde, les Sœurs de Saint-Maurice s’inscrivent dans le sillage du libre don de Maurice et ses hommes. Vers l’an 280 près d’Agaune, ces soldats romains originaires de Thèbes (Egypte) refusèrent de renier le Christ, de persécuter leurs frères et moururent martyrs au nom de leur foi. Aujourd’hui comme hier, les Sœurs vivent leur vocation dans des engagements variés. Actives dans divers lieux en Suisse et à Madagascar, leur maison-mère se situe à La Pelouse sur Bex.
Sœur Claire Sierro.
Sœur Claire Sierro vient de fêter ses 60 ans de profession ! Lors du sacrement de confirmation, Claire entend que « plusieurs seront appelés » et la question vibre en elle. Joyeuse, elle aime aussi la vie de village et la danse mais à 18 ans, après son service comme fille de salle pour les ingénieurs à la Grande Dixence, elle ne manque jamais de s’arrêter à la petite chapelle pour prier… Claire se sent appelée et après un entretien avec un prêtre, entre au noviciat à Vérolliez à l’aube de ses 20 ans. Elle travaille et se forme en divers lieux et notamment au Castel. Au foyer Bon Accueil à Lausanne, elle accompagne de jeunes étudiantes et arpente souvent la ville en prière tout en apportant la communion. Elle retourne ensuite à la Pelouse pour tenir la pharmacie et prendre soin des sœurs malades.
Depuis 2019, elle a rejoint l’aumônerie du Castel et à 82 ans, peut encore donner du temps et visiter les personnes âgées. Sœur Claire estime cela très gratifiant : « Merci de m’avoir donné la foi Jésus, tu es mon ami et mon médecin, j’ai confiance en toi et te confie les pauvres et les malheureux. On n’a jamais fini de découvrir la conscience que Dieu habite en chacun de nous et ne nous abandonne pas une minute ! »
Sœur Marie-Thérèse Rieder est originaire du Lötschental. Entrée à l’école de Vérolliez, elle s’ennuie tellement qu’elle compte les secondes et tricote la nuit, pourtant elle en repartira avec le mystérieux sentiment que le Seigneur la veut là ! Depuis petite, l’appel n’est jamais parti mais se partage entre l’envie de partir en mission et celle d’entrer au couvent pour y vivre cloîtrée. Au moment d’entrer au noviciat, tout ennui la quitte aussitôt mystérieusement… Elle choisit l’école d’infirmière et travaille 10 ans en salle d’opération à la Clinique générale de Sion. Désireuse d’être proche des plus pauvres, elle demande un départ en mission mais passe encore dix ans à la Clinique Saint-Amé. A 50 ans Marie-Thérèse tente sa dernière chance pour la mission, car il est question d’ouvrir un dispensaire à Madagascar ! Débute alors un temps de grâce, de rencontres, de pauvreté, mais rempli d’espérance. A son arrivée sur place : une case, une tente et la chaleur… et elle s’annonce : « Je sais soigner les malades et balayer ! » En 2017 à contrecœur, Marie-Thérèse est rappelée en Suisse. Cela lui permettra d’accompagner sa sœur en fin de vie avant de rejoindre le foyer Bon Accueil puis l’aumônerie du Castel. « On comprend après, le pourquoi du comment ! La foi est une grâce, une petite graine qui bien cultivée, devient un grand arbre. Ma prière c’est Jésus, à la vie à la mort… »
Début mai, des jeunes se sont mobilisés autour des JMJ de Suisse romande à Lausanne, prélude des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront à Lisbonne en 2023.
Nous avons tous besoin de temps forts – de pèlerinage au rassemblement de fêtes – temps où nous avons l’occasion de vibrer de la présence du Christ. Les « jeunes », comme nous avons trop vite tendance à les nommer en catégorie, ont sans doute plus besoin de partager leur expérience de Foi, leur expérience de relation au Christ. Ils se retrouvent entre amis, s’encouragent à partager, à s’engager.
Certes nous pouvons regretter de ne pas les « voir » dans nos assemblées ecclésiales. Cependant, ne faut-il pas « voir » sans a priori et se laisser prendre par les lieux et les modalités de la quête de nos jeunes : quêtes de sens, quêtes de charité et d’amitié, quêtes de joie et d’espérance, quêtes des Béatitudes à conjuguer dans leur réalité et celle du monde.
Certes, en paroisse, il est sans doute plus aisé de les rencontrer dans les parcours de la catéchèse. Les jeunes suivent diverses routes. Les « Ado-du-Cycle se retrouvent autour de gestes concrets en participant au samedi du partage, en rencontrant des témoins pour réfléchir sur des thèmes qui les préoccupent ou encore sur le sens du bénévolat. Les confirmands, tout en veillant à approfondir leur relation au Christ, répondent fidèlement, et en toute simplicité, aux propositions de leurs animateurs et catéchètes. Cette année, ils ont même relevé le défi de rompre le rythme mensuel des rendez-vous au fil des invitations. Ils ont accepté de se laisser prendre par la nouveauté – voire l’inconnu – et ainsi de sortir de leur confort. Ils ont partagé l’élan et l’enthousiasme de leurs jeunes aînés avec les Jeunes de Lourdes, ceux du Figuier aux côtés des personnes en situation de handicap. Ils ont participé à la journée cantonale des confirmands au cours de laquelle une vague de 300 jeunes gens et jeunes filles saisissent la possibilité d’une « communion » à l’horizon de sensibilités chrétiennes et culturelles si diverses et pourtant si proches autour du Christ tel qu’Il se manifeste dans ces circonstances. Il y eut enfin, la gageure de rencontrer d‘autres confirmands des paroisses voisines (et méconnues) : se présenter, faire tomber les timidités et les réticences, en se prenant au jeu au sens littéral comme au sens plus investigateur à la suite des figures des deux saints Joseph des Ecritures. Ce fut l’occasion de comprendre la pédagogie de l’art et de l’architecture d’une église, en parcourant Saint-Joseph à coup de quiz. Et bien sûr, les gourmandises d’une collation aident à dégeler les attitudes. Du côté des catéchètes, lors de ces temps forts, il n’y a pas besoin de long discours, ni même de grande leçon de religion : accueillir, se risquer avec eux et vibrer de la passion pour le Christ. Aimons nos jeunes, nos communautés que le Christ construit : écoutons la « petite Espérance » en nos cœurs « car rien n’est impossible à Dieu » si nous le suivons, là où nous sommes, tels que nous sommes.
Voilà revenu le temps du jardin, des heures de travail patient, des jours où nous trouvons le bonheur et l’apaisement dans le soin donné à la terre, qui elle-même parle à notre âme… les images se croisent et nourrissent l’esprit…
PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR
Dans les évangiles, il y a des fleurs bien habillées et du blé en épi d’une variété très productive, qui a poussé dans une bonne terre…
Dans les évangiles, il y a des vignes qu’on chérit ou qu’on laisse à l’abandon, des figuiers qui parfois ne produisent rien, et des plantes qui poussent si bien que les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid…
Dans les évangiles, il y a de la vermine, de la mauvaise herbe, des ronces et même des brigands qui abîment les clôtures…
Dans les évangiles, il y a des journées de travail harassantes, d’autres qui commencent au beau milieu de l’après-midi, de la patience, de la poussière, et la satisfaction dangereuse d’avoir les greniers pleins à craquer…
Dans les évangiles, il y a une nature qui nourrit, des épis arrachés et froissés un jour de Sabbat, et le fruit du figuier qui s’offre peut-être enfin, au-delà du récit…
Dans les évangiles, il y a des chemins parcourus en tous sens, des chemins qui mènent à la Vie, une vie qui est Le Chemin…
Dans les évangiles, il y des sources, des puits, de la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir abreuvé la terre…
Dans notre nature, nos champs, nos jardins, il y a toute la Bonne Nouvelle et ses paraboles, la vie à protéger comme on protège les plus petits, la croissance malgré tout, même dans l’adversité, et l’émerveillement de voir la pousse fragile et têtue, soulever la terre et frémir dans le vent…
Dans notre nature, nos jardins, nos vies, il y a tout l’amour du jardinier, parfois penché vers la terre, parfois debout et méconnaissable, jusqu’au moment mystérieux où il prononce notre nom…
Pour renforcer le sentiment de communauté et, peut-être, agir comme un remède
aux épreuves que certaines personnes traversent, la Pastorale de la santé est présente dans les milieux de santé et de vie pour répondre aux besoins spirituels.
Ces accompagnements offrent la possibilité d’aller puiser les ressources nécessaires
pour affronter une nouvelle étape de vie.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : PASTORALE DE LA SANTÉ
« L’accompagnement spirituel, pour moi, c’est oser se laisser rejoindre par l’autre dans sa propre vulnérabilité comme " Jésus et la samaritaine au bord du puits de Jacob ", d’humain à humain par la nourriture commune de la parole de Dieu ou pas. Ensemble accompagner " le souffle de vie ", le don gratuit de Dieu », témoigne Ami Satchi. Elle est l’une des nouvelles Référentes Régionales Santé (RRS) qui officient au sein de plusieurs EMS genevois. Depuis septembre 2020, ces nouveaux engagements sont venus renforcer l’équipe de bénévoles et d’aumôniers de la Pastorale de la santé. Ils visent à développer encore l’accompagnement spirituel prodigué dans différents lieux d’hospitalisation et de vie.
« La Pastorale de la santé est un grand et dynamique service de l’Eglise Catholique romaine à Genève. Il offre présence, soutien, accompagnement spirituel dans le respect de la personne fragilisée par la maladie ou la vieillesse », détaille Cathy Espy-Ruf, sa responsable. « Sans le concours d’une équipe compétente et expérimentée, les milliers de visites auprès de patients des HUG et de résidents des EMS, les nombreuses messes, célébrations œcuméniques, sacrements, cérémonies du souvenir ou encore funérailles, ne pourraient pas avoir lieu », rappelle-elle également. Les aumôneries œuvrent avec un vrai souci d’œcuménique, dans le respect des convictions de la personne rencontrée et dans un dialogue interreligieux.
Une collaboration soutenue avec le personnel soignant permet d’identifier plus aisément les souffrances morales et spirituelles. Des outils sont mis à disposition des aumôniers et des soignants permettant d’intervenir de la manière la plus appropriée. Deux petites brochures ont, par exemple, été publiées. L’une pour aider le personnel hospitalier à comprendre ce qu’est l’accompagnement spirituel et lui expliquer qu’il n’est pas exclusivement dévolu aux aumôneries, l’autre fournit des indications au sujet de dix-sept confessions chrétiennes et non chrétiennes en matière de pratique religieuse et de soins.
Au service, mais comment ?
Une chose que la Pastorale de la santé accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Cathy Espy-Ruf : On est présents et je pense que les gens ne réalisent pas le nombre de prestations que nous accomplissons. Nous sommes également en lien avec les paroisses au cœur de ce volet
de diaconie. Je remercie vraiment le vicariat de nous donner les moyens d’être sur le terrain.
Toute l’équipe de bénévoles, aumôniers et RRS est motivée. Leurs compétences, ainsi que la diversité de leurs personnalités offrent des prestations de qualités. Je considère toutes ces personnes comme les visages de l’Eglise.
Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?
CER : Le nombre de personnes qui sont rencontrées dans un moment de fragilité lié à une hospitalisation ou une entrée en EMS est considérable. Cela représente des milliers de visites ! Il y a aussi l’accompagnement des familles, parfois jusqu’aux funérailles. Je pense que nous sommes vraiment un service en interface avec la société, car tout le monde un jour ou l’autre est concerné par la santé, ou sa perte partielle. Nous avons aussi un rôle très important à jouer au niveau social. La santé fait partie des questionnements existentiels. On s’interroge souvent sur la vie et son sens au moment d’un problème de santé.
Le chanoine Klaus Sarbach réagit à sa façon au thème du dossier romand, au centre de votre Magazine, et qui traite du patrimoine immobilier de l’Eglise.
PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : DANIEL TORNAY
Depuis le début de ma vie religieuse, j’ai vécu, par saccades, durant 21 ans en Octodure. Puis-je pour autant affirmer que, pour les martignerains, je fais partie des « meubles » de la Cité ?
« Meuble ? » – Oui, dans le sens que la parole est « meuble » c’est-à-dire « mobile » ; qu’elle peut bouger, être déplacée, changer, être utilisée pour différents services. Ainsi, en 47 ans de sacerdoce, j’espère avoir été « utile » dans douze paroisses et trois hospices, en deux pays, en trois langues, en plaine et en montagne… et de pouvoir encore être utile comme « vicaire grand-père » !
Partout, j’étais bien dans ma peau parce que partout je me suis senti « chez moi », dans « ma maison », accueilli par des frères et des sœurs, par des amis de Jésus. J’étais dans mes « meubles » que sont les activités sacerdotales différentes, complémentaires et enrichissantes.
« Immeuble ? » – C’est-à-dire que l’on ne peut pas bouger ? Un immeuble est un bâtiment au service de tous qui offre une sécurité, une chaleur, une solidarité, une vie partagée que ce soit en des jours de soleil ou de pluie. L’immeuble « Eglise » a des racines invisibles qui lui fournissent l’eau qui nous nourrit et qui nous purifie ; la sève invisible qui lui apporte les forces de vie qui viennent du Créateur et que nous appelons la foi, l’espérance et la charité.
« Patrimoine ? » – Le patrimoine, ce sont des choses et des valeurs que nous n’avons pas fabriquées nous-mêmes, mais que nous héritons gratuitement de Dieu et de nos « pères » (au sens d’ancêtres) dans la vie et dans la foi. L’immeuble « église » n’est donc pas un « musée mort » mais est le lieu où l’on peut trouver ce qui est nécessaire pour se maintenir en vie et maintenir debout l’Eglise de Jésus, la Maison de toutes les filles et de tous les fils du Père. L’église – immeuble visible – devient donc un « meuble vivant » et nourrissant par l’amour que les habitants accueillent régulièrement du Père et partagent entre eux selon les besoins de chacun. Alors, quand nous disons : « je fréquente l’église », nous faisons davantage que le devoir dominical : nous expérimentons cette phrase d’une personne anonyme : « Le charme d’une maison ce sont les amis qui la fréquentent. »
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