Le dimanche 29 août 2021 a eu lieu la célébration du 70e anniversaire de la construction de l’église de Saint-Martin et la bénédiction des nouveaux vitraux réalisés par les artistes Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltchinger.
TEXTE ET PHOTOS PAR MONIQUE GASPOZ
La célébration de l’eucharistie a marqué le coup d’envoi de la fête. Elle a été présidée par le vicaire général Pierre-Yves Maillard, accompagné à l’autel par le curé Laurent Ndambi et de nombreux autres prêtres attachés à la communauté paroissiale de Saint-Martin. L’église était éclairée d’une lumière nouvelle de vie et de résurrection. Même le sapin aux pives bronzées revendiquait sa place à la fête derrière le vitrail aux fruits de la terre. La chorale Sainte Cécile et la chorale africaine ont animé de leurs chants la célébration.
Se référant à la lettre aux artistes de Jean-Paul II en 1999, le vicaire général a dit que l’Eglise a besoin des artistes quand les mots n’arrivent pas à tout expliquer ce qui est de l’ordre de l’invisible et du mystère. Les artistes nous font passer de ce monde à Dieu pour nous purifier, nous sanctifier. Ces vitraux en sont l’exemple vivant, à la suite de saint François d’Assise, troubadour de la joie, d’ailleurs représenté dans une grande statue en bois face aux sept vitraux du Cantique des Créatures. La bénédiction a eu lieu en pensant à tous ceux qui entreront davantage dans la louange de Dieu grâce à ces vitraux.
De vifs remerciements ont été adressés au curé Laurent Ndambi, au comité de rénovation, aux artistes, à tous les bénévoles ainsi qu’aux très nombreux donateurs qui ont permis cette belle réalisation. La fête a continué sur la place de l’église grâce à l’apéro servi par les Hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes et aux prestations de la fanfare La Perce-Neige et des Fifres et Tambours. Les personnes inscrites ont pu ensuite partager ensemble une bonne raclette à la salle bourgeoisiale.
L’église de Saint-Martin : un peu d’histoire1
Il est difficile de situer exactement la date de fondation de la paroisse d’Hérens qui comprenait les paroisses actuelles de Saint-Martin et d’Evolène. Les ancêtres du Val d’Hérens faisaient partie de la paroisse de Sion hors les murs. Selon une inscription à la cure de Saint-Martin situant la construction du presbytère sous l’épiscopat de Mgr Aymond, évêque de 1049 à 1070, il pourrait y avoir eu une paroisse de Saint-Martin d’Hérens à cette époque déjà. De 1252 à 1288, un ou le premier curé se nomme Maître Martin, curé et notaire. On retrouve également Guillaume de Nendaz de 1260 à 1277 et Pierre de Suen, vicaire en 1286. Les paroissiens des villages d’Evolène venaient à pied participer aux offices à l’église de Saint-Martin d’Hérens dès cette époque-là. La séparation des deux paroisses se passe progressivement. Une première église est érigée à Evolène en 1446. En 1703, le premier curé est installé à Evolène. Il faudra cependant attendre 1853 pour la séparation définitive des paroisses de Saint-Martin et Evolène en deux entités distinctes.
L’ancienne église de Saint-Martin qui datait de 1743-1745 donnait vers 1930 des signes évidents de décrépitude. Le souvenir de la catastrophe de 1909 de l’église de Nax est encore bien présent et fait avancer les démarches et les expertises pour examiner s’il y a danger. Le curé Damien Bex, responsable de la paroisse de 1936 à 1983, confie la réalisation d’une nouvelle église aux architectes Denis Honegger (1907- 1981) et Fernand Dumas (1892-1956). Après le choix entre plusieurs avant-projets, les plans définitifs sont prêts en 1948 et l’ancienne église est démolie en 1949. Les travaux durent deux ans. Les entreprises locales sont mises à contribution et les paroissiens effectuent de nombreuses heures de bénévolat pour mener à bien la construction de la nouvelle église, inaugurée en 1951. Comme l’argent manque pour les vitraux, de simples carreaux de couleurs ont été installés aux fenêtres.
Ainsi, la pose des nouveaux vitraux à l’occasion du 70e anniversaire de l’église vient harmonieusement compléter tout ce que nos ancêtres avaient déjà réalisé.
1 La plupart des informations sont tirées du document « 1951-2001, Jubilé de la consécration de l’église paroissiale de Saint-Martin »
PAR ROLF ZUMTHURM, CURÉ-DOYEN | PHOTO : DOMINIQUE LUISIER
Expérimenter une Eglise-communauté. Dans l’église rénovée de Bex, les paroissiens sont rassemblés en forme de «U», unis par le baptême et interpellés par la Parole. Dans son message pour l’inauguration, l’architecte Duthilleul le décrit: «Ainsi, dès le début de la célébration, les fidèles réunis au nom de Jésus, peuvent avoir conscience qu’ils forment un Corps: cela est signifié, et, parce que c’est signifié, cela peut se réaliser… Les fidèles peuvent alors prendre conscience que « chacun d’eux est un membre de ce Corps », c’est-à-dire que chacun d’eux a la responsabilité d’agir comme le Christ agit.»
Devenir une Eglise pour les autres. L’Eglise n’est pas la fin en elle-même, elle existe pour les autres. « Nous sommes chrétiens pour les autres. » Voilà notre vision pastorale qui a été phagocytée par la première vague du Covid à peine un mois après sa promulgation par notre évêque. L’équipe pastorale repense la diaconie en ces temps difficiles pour beaucoup. Et le secteur se trouve renforcé par l’arrivée de Clotilde Jollien du département « Solidarités » pour une pastorale de rue.
Favoriser une Eglise qui dépasse les frontières. Il n’y a pas que l’Eglise catholique. Regarder par-dessus la haie, partager avec d’autres communautés chrétiennes, pratiquer l’œcuménisme sur le terrain. Voilà ce qui est vécu au Forum chrétien romand qui a choisi notre région. Du 10 au 13 octobre, il rassemble à Leysin les responsables et délégués de toutes les Eglises chrétiennes de la Suisse romande. Le Forum se conclut par une célébration commune coorganisée avec la TRO (Table ronde œcuménique) le mardi 12 à 10h30 à la salle de l’Eglise de Châble-Croix à Aigle. Tous les paroissiens du secteur y sont invités.
Dimanche 12 septembre 2021 ! Avant que tous les voyants Covid ne virent au rouge, les fidèles de l’Entremont sont invités à Orsières pour la bénédiction et l’inauguration de la nouvelle chapelle dédiée à l’enfant du lieu, le chanoine Maurice Tornay, natif de la Rosière !
PAR MICHEL ABBET | PHOTOS : ANNE-LYSE BÉRARD
Vitrail porte réalisé par Adrien Thétaz
La chapelle n’est pas la seule nouveauté proposée aux paroissiens et aux visiteurs venus d’ailleurs. A l’entrée, une exposition relate la vie du Bienheureux. C’est une excellente entrée en matière. En effet, en enlevant deux rangées de bancs au fond de l’église, on a créé un dégagement bienvenu et ainsi allégé toute la partie tournée vers le couchant. On a profité de cette place libérée pour y installer une exposition en 4 « chapitres ». Le résultat, des plus probants, doit sa réussite au recyclage des bancs, transformés en écrin pour mettre en valeur les objets ayant appartenu au chanoine. Mais surtout, on a mis tout de suite la personne entrant dans l’église en relation avec le Bienheureux ! Libre à elle ensuite de s’arrêter un moment pour faire connaissance avec cet homme d’exception. Et puis, la voilà interpellée…
Car, au sommet de l’église, à gauche, une porte s’impose à son regard. Les couleurs, volontairement vives, étincellent grâce à la luminosité naturelle qui inonde la chapelle! Là où beaucoup auraient bien vu une porte en bois ou pas de porte du tout, on a choisi de créer le contraste ! Voici donc le chanoine « mis en lumière ». Il est « là », presque vivant et son regard à la fois bienveillant et pénétrant ne manque pas d’interroger. Naturellement, le quidam se laissera donc comme aimanter et se dirigera vers la chapelle. A coup sûr il fera le pas et franchira la porte pour se trouver dans ce nouvel espace de méditation. Là, il aura rendez-vous avec son Dieu et avec Maurice Tornay. Quelques mots suffiront pour débuter la conversation. La suite du dialogue appartiendra à chacun. Bonne visite !
Extrait du discours du président de la commune
Le Conseil municipal est persuadé que la Via Francigena possède un énorme potentiel. Et il est évident que tout ce qui se rapporte au Bienheureux Maurice Tornay représente une offre complémentaire bienvenue. Ce tourisme à connotation spirituelle et religieuse peut aussi être synonyme de développement économique et doit être valorisé.
… Et aujourd’hui, nous sommes satisfaits d’avoir pu participer à la réalisation de la chapelle dont nous célébrons la bénédiction. Je profite d’ailleurs de relever le fait que toutes les Communes du district ont décidé de verser un montant pour ce projet, reconnaissant son importance pour l’Entremont entier.
… Je me réjouis donc du lancement des travaux du Cœur d’Orsières dans quelques jours qui vont transformer notre village comme la Chapelle du Bienheureux magnifie notre église.
Joachim Rausis
Extraits de l’allocution du président de l’Association des amis du Bienheureux
… Ceci dit, même si l’emplacement s’est imposé naturellement, toucher à la bâtisse la plus emblématique d’une commune, n’est pas sans risque. Vos échos sur la réalisation que nous inaugurons, souvent très positifs, voire enthousiastes nous confortent, et sur les choix, et sur les options prises.
Puisse cet Espace permettre au passant par une catéchèse indirecte, de découvrir le Bienheureux Maurice Tornay, de perpétuer sa mémoire, son engagement sans faille, son don total pour conduire les âmes à Dieu.
Puisse cette chapelle favoriser et le culte rendu à Dieu et les prières d’intercession adressées au Bienheureux Maurice Tornay, pour les habitants de ce pays, pour nos paroisses, pour la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard et le renouvellement de ses effectifs.
Maurice Tornay
Mot du président du comité d’organisation
La fête a été belle, grâce à tous les paroissiens qui ont participé à la cérémonie et grâce au beau temps qui est de mise chaque fois que l’on organise une manifestation en l’honneur du Bienheureux. Bien sûr, le Covid a joué les trouble-fête, nous privant notamment de la présence des fanfares. L’année de leur 100e anniversaire, l’image aurait été belle de les voir jouer ensemble. Mais ce n’est que partie remise. Merci à tous les bénévoles et à tous les participants ! Vu les conditions sanitaires nous ne pouvons qu’être pleinement satisfaits de cette journée.
Les années passent. Serge Kaninda doit aujourd’hui penser très sérieusement à sa retraite, qui commencera en début d’année prochaine. Mais retraite ne signifie pas, pour lui, se ranger chez soi. Non, sa foi le pousse à continuer à poursuivre sa vocation de baptisé. Aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, il propose un projet très intéressant pour notre UP. C’est autour d’une table, à leur domicile actuel, avec quelques fromages, du pain et un bon verre de vin rouge, que nous échangeons sur ce projet. Je vous laisse le découvrir.
TEXTE ET PHOTOS PAR MATHIAS THELER
Serge a étudié la philosophie et la théologie au Congo où il a travaillé durant une douzaine d’années. Il vient en Suisse pour suivre une formation de disciple à l’école de la foi. Après un engagement professionnel comme éducateur social et un bachelor en travail social, il est sollicité pour travailler en Eglise, en Suisse. Il partage son temps entre deux mi-temps, à la santé (bureau pastoral) et à l’aumônerie de la Glâne. Puis, il prend la responsabilité du dicastère de la santé. Ensuite, il quitte son poste en catégorielle (personnes engagées dans les aumôneries, dans la formation) pour venir en territoriale (personnes engagées dans les paroisses), dans notre UP, Notre-Dame de la Brillaz. Il arrive en 2015, en même temps que notre curé modérateur Eric Marchand. Sa mission touche différents aspects : une présence plus visible, l’accueil des migrants et le parcours de confirmation et une présence invisible, en solidarité et auprès des personnes âgées. Il vit à Estavayer-le-Gibloux depuis 2002 avec son épouse Geneviève.
Quant à Geneviève, une fois le diplôme de licence en théologie en poche, elle a travaillé une année comme aide-soignante à Genève avant d’être engagée par le vicariat de Fribourg à la catéchèse et au bureau de la formation d’adultes. Durant son passage à la formation, elle a accompagné bon nombre d’adultes durant leur parcours Galilée. Elle s’est aussi spécialisée à l’Ecoute centrée sur la personne (à l’école de Jean Monbourquette). Elle a pu ainsi se mettre à l’écoute des personnes et former des personnes intéressées par l’écoute. Par la suite, Geneviève est passée à l’aumônerie en EMS pour aboutir, à ce jour, à la catéchèse spécialisée auprès des enfants et jeunes affectés par certains handicaps.
Quand ils se sont rencontrés, Serge et Geneviève ont très vite eu envie de vivre quelque chose ensemble. Ils furent en contact avec les missionnaires de Bethléem dans le but d’être envoyés en Afrique. Mais ce projet ne vit jamais le jour. Bien qu’ils aient travaillé ensemble dans le dicastère de la santé, leur rêve profond a toujours été de vivre quelque chose, conçu et réfléchi ensemble, pour le vivre au jour le jour. Enfin ce rêve peut se réaliser ! Un ami, prêtre à Saint-Martin, dans le val d’Hérens en Valais, a fait appel à eux pour travailler dans son secteur, dans le but de construire, avec lui, un engagement de couple. Il était même prévu que le couple s’installe à Evolène pour y bâtir un lieu d’accueil. Serge et Geneviève furent emballés par ce nouveau projet qui leur parlait vraiment. Pour construire ensemble une communauté vivante, il y a plein de choses à développer, surtout dans la pastorale de l’accueil et de la présence. Mais hélas, le projet ne put se réaliser pour différentes raisons.
C’est après une discussion avec Eric Marchand que l’idée a surgi : « Pourquoi ne pas vivre cette expérience dans l’UP Notre-Dame de la Brillaz ? Il y a aussi des besoins ici. » Serge s’approche de la retraite et Geneviève a de la disponibilité pour s’y engager. Une porte s’ouvre. « Dans ce projet que nous mettrons en place, il est plus facile de le faire en vivant sur les lieux et d’y habiter. » Ainsi est née l’idée de s’installer dans une cure de notre UP. Au départ, Serge et Geneviève pensaient s’installer à Onnens. Après avoir rencontré Jean Glasson, qui fut enthousiasmé par ce projet, ils apprirent que la cure d’Onnens était déjà occupée. Le vicaire épiscopal proposa alors à Serge et Geneviève de réaliser leur projet ailleurs. Mais ils n’acceptèrent pas sa proposition car ils ont des relations ici : « On se connaît déjà. » Ensuite, Eric apprit que la cure d’Autigny allait se libérer. Ce fut la providence.
Le projet, qui peut enfin voir le jour, entre bien dans la vision de l’autorité ecclésiastique, aussi bien du diocèee que du canton. Il a pour objectif principal de « Faire vivre la cure comme lieu de pastorale et de convivialité, par notre présence et notre accueil »1.
Visions concrètes en commun :
1) Ouvrir la cure d’Autigny pour l’accueil et l’écoute. Permettre des temps de rencontre et de prière avec d’autres couples, ainsi que des temps de convivialité et de partage pour toutes et tous, en réalisant des cafés-rencontre et des repas solidaires.
2) Envisager une pastorale en dehors de la cure. Etre présent auprès des personnes seules, à domicile. Faire de l’accueil lors de célébrations, en premier lieu à l’église d’Autigny. Aider à l’animation du parcours de confirmation. Participer au Conseil de communauté d’Autigny.
3) Un engagement à la pastorale familiale. Une collaboration large avec Romain Julmy : préparation au mariage, Eveil à la foi, la catéchèse, etc. Collaborer aussi avec Jean-Marc Andenmatten pour les « Midis avec Dieu », continuer les repas-rencontre.
4) Etre ouvert à tout ce qui peut se présenter à eux comme besoins pastoraux.
Serge et Geneviève Kaninda partent avec un projet, plus ou moins dessiné dans leur tête, afin de répondre à un réel appel, tel Abraham. Réussiront-ils ou ne réussiront-ils pas ? L’équipe pastorale s’est montrée intéressée et en a fait bon accueil. Mais le succès ou l’échec dépendra aussi de la communauté, de son accueil. Le but premier du projet de Serge et de Geneviève est de faire grandir le Royaume de Dieu en eux et au cœur de la communauté. La question centrale qu’ils se posent : « Est-ce un projet pour Dieu ou un projet de Dieu ? Cette question devra toujours nous habiter. »
« Pour le reste, à la Grâce de Dieu ! »
1 Directive sur l’utilisation des cures, signée par le vicariat et la CEC, en vigueur depuis le 1er janvier 2021: «La cure est un lieu significatif pour la pastorale. Elle est lieu de vie, d’accueil, de rencontres. Il est pertinent que, dans toute la mesure du possible, elle soit occupée par un agent pastoral (prêtre, diacre ou laïc)». A partir de 2022, Serge s’engage à 100% comme bénévole dans notre UP et Geneviève reprendra un certain pourcentage.
C’est certainement au dynamique curé de Muraz, l’abbé Amédée Vaneri, que l’on doit la première chapelle d’Illarsaz à la fin du XVIIe siècle. Financée par des messes et à leurs frais, elle fut le lieu modeste où les paroissiens gagnaient le Ciel par la prière. A l’origine, il s’agissait d’un petit bâtiment couvert d’une toiture surmontée d’un clocheton, à croupe vers l’ouest et à demi-croupe vers l’entrée, à l’est. A la croisée des chemins, à côté d’un carrefour routier, elle sera démolie dans les années 1960.
Un nouvel édifice est construit d’après les plans du bureau Zimmermann, à quelques distances de la chapelle originelle, au sud du hameau. Il sera béni le 20 juin 1964. Il s’agissait à une époque pastoralement prospère de donner à Illarsaz une chapelle dont la taille et l’emplacement puissent en faire un véritable outil d’évangélisation. La nouvelle chapelle est très sobre, d’un seul volume allongé. Le clocher ajouré s’élève indépendamment, à l’extrémité nord-ouest. Enfin une croix de mission en granit, datée de 1900, lui fait pendant au sud-ouest. Relevons ici que la conception générale n’est pas sans rappeler la rénovation de l’ancienne église de Port-Valais, par le même architecte.
Le retable est typique du pré-baroque de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tableau peint à l’huile à la même époque représente une Annonciation. A gauche, sur une nuée, se tient l’ange Gabriel dont les ailes et le plissé du vêtement trahissent le mouvement tandis que la Vierge, agenouillée sur la droite, adopte une position d’accueil, les deux mains repliées sur la poitrine. Le fond est occupé par une composition domestique avec, au centre, une fenêtre en cul-de-bouteille dont chacun des battants porte, dans la partie supérieure de la croisée, des armoiries. A droite, celles de la famille de Riedmatten, et à gauche, celles des Stockalper. On peut dès lors imaginer que le tableau fut réalisé en 1661 / 2, à savoir quand le gouverneur de Monthey était Peter de Riedmatten, époux d’Anna de Stockalper.
Enfin le tableau de saint Bernard, signé Emmanuel Chapelet, est daté de 1862. Revêtu de l’aumusse et tenant le bâton prévôtal, le saint est représenté en pied, debout sur un démon qu’il tient enchaîné. Détail touchant, saint Bernard, imité dans sa position par le démon, lève les yeux vers le ciel où apparaît, à l’angle gauche, une petite croix. Dans le fond s’étend le paysage du col du Grand-Saint-Bernard avec, au centre, le bâtiment de l’hospice.
Deux églises paroissiales du secteur du Val d’Hérens, celle de Saint-Martin, à Saint-Martin, et celle de Saint-Nicolas à Hérémence, célèbrent chacune leur consécration respective. L’une, à Saint-Martin, avec ses 70 ans, fête son jubilé de platine. L’autre, à Hérémence, avec ses 50 ans, fête son jubilé d’or. Mais qu’est-ce qu’un jubilé ?
Dans la Bible, le mot jubilé exprime l’idée d’allégresse. A cet effet, le texte le plus ancien instituant le jubilé se trouve dans la Loi de Moïse dans laquelle il était demandé aux fils d’Israël d’observer tous les 7 ans une année sabbatique et après ces 7 années sabbatiques, soit 7 x 7 ans faisant 49 ans, une année jubilaire (cf. Livre du lévitique 25, 8-10).
Quatre mesures sociales devaient accompagner l’année jubilaire : le repos de la terre, la libération des esclaves, la remise des dettes, l’affranchissement des propriétés. Mais ces mesures ne furent que peu appliquées.
Nous nous souvenons du jubilé de l’an 2000 : l’entrée de l’Eglise et du monde dans le 3e millénaire. Pour mémoire, le premier jubilé chrétien a été célébré en 1300, décrété officiellement par le pape Boniface VIII.
Ainsi, au fil des siècles, un jubilé se fêtait d’abord chaque 50 ans, puis tous les 25 ans en principe, soit une fois par génération. Une exception à cette règle a été marquée par la célébration en 1983 du jubilé pour fêter le 1950e anniversaire de la Rédemption. Il y a eu d’autres exceptions, par le fait qu’en 1800, il n’y a pas eu de jubilé car le pape avait été fait prisonnier par Napoléon. En 1950 a été proclamée l’Année sainte de la définition du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Le jubilé de platine de l’église de Saint-Martin marquée exceptionnellement par la pose des nouveaux vitraux a été célébré le 29 août 2021. Le jubilé d’or de l’église d’Hérémence sera fêté le 31 octobre prochain (programme p. 10).
Nous adressons bénédictions et remerciements à tous les comités d’organisations, aux donateurs et à tous les paroissiens de notre vallée où « la foi est reine » !
Vendredi 19 mars 2021, le pape François a invité les catholiques à vivre une année de réflexion sur la famille en s’arrêtant sur l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia jusqu’à la célébration de la 10e Journée mondiale des familles prévue le 26 juin 2022, à Rome. Pour le 5e anniversaire de ce texte, le pape François nous demande de réfléchir à l’importance de la famille dans l’Eglise et dans le monde, d’où la présentation de cette exhortation dans cet article.
Synode sur la famille du 5 au 9 octobre 2014 1
PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD
Amoris laetitia : naissance d’une exhortation apostolique
Du 5 au 9 octobre 2014 et du 4 au 25 octobre 2015, se sont tenues à Rome deux assemblées du Synode des évêques sur la famille. Le premier synode était consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation » et le deuxième avait pour thème : « Jésus Christ révèle le mystère et la vocation de la famille ». A l’issue de ces deux synodes, en plus d’un certain nombre de documents officiels parus à ces occasions, le pape François avait annoncé qu’il rédigerait un document synthétisant ces deux rencontres.
Ce sera l’exhortation apostolique Amoris laetitia (La joie de l’Amour) parue le 8 avril 2016. Cette synthèse du pape François est un appel à un rayonnement de l’Amour de Dieu au cœur des familles, et par conséquent, au cœur de l’Eglise et du monde. Ce texte très riche se compose d’un court préambule, de 9 chapitres et d’une petite conclusion qui nous invite à entrer dans une contemplation de l’amour de Dieu pour l’être humain avec un regard centré sur la mort et la résurrection du Christ, un regard qui plonge dans le Salut offert à toute l’humanité… un Salut qu’il nous est demandé de faire connaître et qui est indissociable de l’annonce de l’Evangile.
Amoris laetitia: Chapitre par chapitre
Chapitre 1 : A la lumière de la Parole
Dans ce premier chapitre, le Pape rappelle la multitude d’histoires familiales dans la Bible et la complexité des relations interfamiliales. Il insiste sur l’importance du couple qui donne naissance à une nouvelle famille « car la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. Sous ce jour, la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant 2 ». Quant aux enfants, ils sont pleinement membres de la famille et de l’importance de l’Eglise domestique – l’Eglise composée de la cellule familiale. C’est dans cette vision que la famille est décrite comme lieu de catéchèse et qu’elle « est appelée à partager la prière quotidienne, la lecture de la Parole de Dieu et la communion eucharistique pour faire grandir l’amour et devenir toujours davantage un temple de l’Esprit » 3.
Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille
Ici, le pape François insiste sur la diversité des familles et sur les défis qui les attendent dans un monde en évolution constante. Il précise les problèmes que les familles peuvent rencontrer comme le délitement des liens familiaux, la montée des individualismes exacerbés, la violence, etc. qui vont à l’encontre du bien commun qui s’appuie sur des familles stables. Toutefois, les familles ont aussi besoin d’être aidées pour se développer dans un environnement sociétal favorable leur assurant la paix et une situation économique correcte. Une des missions de l’Eglise est donc d’accompagner et de soutenir les familles afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vocation à l’amour dans le monde actuel.
Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus – la vocation de la famille
Dans ce chapitre, le Pape insiste sur l’importance du sacrement du mariage compris comme un lien indissoluble qui unit un homme et une femme et les inscrit dans le désir d’avoir des enfants. Il précise aussi que la famille est un lieu de tendresse et d’amour. Il rappelle que Jésus lui-même a grandi dans une famille portée par l’amour et l’attention de ses parents. Il est important de souligner que « l’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde » 4.
Chapitre 4 : L’amour dans le mariage
S’appuyant sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13, 4-7), le pape François insiste sur l’amour qui doit nourrir les couples et avoir sa source en Dieu. Il rappelle que l’amour est patient, qu’il place les conjoints dans une attitude de service mutuel. Pour lui, l’amour n’envie pas, ne cherche pas son intérêt et s’appuie sur le pardon. L’amour espère, supporte tout et doit conduire à faire grandir la charité conjugale. S’appuyant sur le Concile Vatican II, le Pape insiste sur l’amour matrimonial en soulignant que Dieu aime l’épanouissement de ses enfants et il affirme que « Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures » 5. Le pape François termine en insistant sur l’importance d’une évolution de l’amour conjugal au fil des ans et des événements familiaux.
Sainte Famille à la lessive 6
Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond
Pour le pape François, l’amour dans un couple est appelé à devenir fécond, à s’épanouir en donnant la vie et en prenant soin des enfants que la famille reçoit. Mais, il insiste aussi pour que face à la douleur de l’infertilité, les couples n’oublient pas qu’ils sont aussi appelés à la fécondité à leur manière et selon leurs spécificités propres. Le Pape rappelle aussi que la famille ne se résume pas au couple et à ses enfants, mais à la famille élargie ce qui implique le respect de tous : des parents, des enfants et des membres plus âgés.
Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales
Dans ce chapitre, le pape François insiste sur l’annonce de l’Evangile dans les familles d’aujourd’hui, sur l’importance de guider les fiancés en les préparant au sacrement du mariage, sur l’accompagnement qui doit se faire en Eglise durant les premières années matrimoniales mais aussi sur un accompagnement des conjoints sur le long cours pour les aider à dépasser les crises, les angoisses et les difficultés de couple. Il faut aussi permettre un accompagnement spécifique des veuves et des veufs car la mort qui vient séparer les conjoints est une grande souffrance pour celui qui reste seul.
Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants
Pour le pape François, les « parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée » 7. Face aux évolutions de notre société, il est donc important que les parents donnent une formation morale à leurs enfants, qu’ils soient patients avec eux sans oublier qu’ils devront peut-être sanctionner des actions mauvaises commises par leurs enfants. La famille est donc un lieu d’éducation globale, c’est là que naît l’éducation à l’amour, l’éducation sexuelle et surtout la transmission de la foi. Et il ne faut pas oublier que dans l’éducation donnée, les parents sont appelés à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant afin de le guider et le faire grandir à son rythme.
Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité
Pour l’Eglise, le « mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » 8. Toutefois, les couples doivent aussi être accompagnés spécifiquement en cas de divorce, dans des situations de mariage civile, de simple vie commune, etc. Et, dans toutes ces circonstances, en particulier auprès des divorcés remariés, l’Eglise est appelée à agir dans une logique de miséricorde pastorale sans pour autant brader son idéal du mariage.
Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale et familiale
Ce chapitre insiste sur le fait qu’une « communion familiale bien vécue est un vrai chemin de sanctification dans la vie ordinaire et de croissance mystique, un moyen de l’union intime avec Dieu. En effet, les exigences fraternelles et communautaires de la vie en famille sont une occasion pour ouvrir de plus en plus le cœur, et cela rend possible une rencontre toujours plus pleine avec le Seigneur » 9. Pour y parvenir, le pape François rappelle l’importance de rester axé dans la lumière de Pâques, dans la foi au Ressuscité afin de pouvoir vivre une spiritualité de couple dans un amour exclusif et libre, dans une spiritualité de l’attention à l’autre, de la consolation et de l’encouragement mutuel.
Zélie et Louis Martin: premier couple cannonisé. 10
Conclusion
En conclusion, pour le pape François « aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Eglise, de cette communauté si belle qu’est la famille de Nazareth et de la fraternité sans tache qui existe entre les saints du ciel. Et, en outre, contempler la plénitude que nous n’avons pas encore atteinte, nous permet de relativiser le parcours historique que nous faisons en tant que familles […]. De même, cela nous empêche de juger durement ceux qui vivent dans des conditions de grande fragilité. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » 11.
1 Image tirée de l’article Wikipédia «Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation»: Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation – Wikipédia (wikipedia.org). 2 Amoris Laetitia §11. 3 Amoris laetitia §29. 4 Amoris laetitia §66. 5 Amoris laetitia §150. 6 Image tirée de l’article Wikipédia «Sainte Famille»: Sainte Famille – Wikipédia (wikipedia.org) 7 Amoris laetitia §259. 8 Amoris laetitia §292. 9 Amoris laetitia §316. 10 Images tirées de l’article Wikipédia «Louis et Zélie Martin»: Louis et Zélie Martin – Wikipédia (wikipedia.org) 11 Amoris laetitia §325.
Cette question me renvoie d’abord à mon enfance et à mes premiers sentiments liés au bâtiment le plus impressionnant de ma petite ville natale et ses alentours sacrés; aux pratiques religieuses de mes chers parents, auxquelles nous – les enfants – étions progressivement initiés; à une longue liste des merveilleux témoins de la foi, prêtres et fidèles; à l’exceptionnelle période de mes 15-19 ans avec la participation aux mouvements de l’Eglise bien-aimée, pleine de retraites spirituelles pour les jeunes et de pèlerinages à pied vers Notre-Dame de Jasna Gora…
Parler de l’Eglise, comme communauté des hommes et des femmes en chemin vers Dieu, c’est voir d’abord son fondateur et son cœur, le Christ. Il n’y a ni compréhension, ni appréciation de l’Eglise sans ouverture au Seigneur Jésus, sans adhésion à lui.
Le Christ me passionne, son évangile me porte, dirige mon existence et me remplit d’espérance. Son Eglise m’épaule et permet de réaliser chaque jour la volonté du Seigneur ; elle me donne des ailes et me relève quand je tombe.
Mon Eglise ? C’est une histoire d’amour…
J’aime l’Eglise confiante au Christ, comme un enfant.
J’aime l’Eglise qui proclame le salut de l’homme, qui croit en l’homme… J’aime l’Eglise qui ne s’adapte pas au monde mais au Christ qui aime le monde. J’aime l’Eglise des Actes des Apôtres, armée et riche des pauvres, humble, éprouvée et persécutée…, sans privilèges.
J’aime l’Eglise une, coloriée comme l’automne, riche en diversités selon les continents et les pays; œcuménique. J’aime l’Eglise sainte par la présence de Dieu, envoyée à tous, missionnaire et solidaire, l’Eglise des frères et sœurs.
J’aime l’Eglise qui dérange au milieu de la nuit, quand on devient plat et passif. J’aime l’Eglise qui éveille à la liberté et appelle ad maiora; qui met en face de choix difficiles et qui montre le chemin.
Le projet Cathoguesser est né il y a presque deux ans. Cette application a l’originalité d’être un quizz sur la foi et la culture chrétienne, et d’être entièrement réalisé par des jeunes. Son application pour smartphone sortira prochainement.
PAR CÉLINE SALLIN
LOGO : JULES JORIS
« Quel Suisse a fondé la communauté de Taizé ? », « qui est le père des trois religions monothéistes ? » Vous connaissez les réponses ? Vous serez redoutables en jouant à Cathoguesser ! C’est ce genre de questions que nous avons trouvées sur la Bible, la foi et la religion chrétienne.
Cathoguesser, c’est donc une application ludique pour smartphone qui pose des questions à choix multiples et, pour certaines de ces questions, vous trouvez une courte explication pour enrichir vos connaissances. J’ai imaginé ce projet car j’ai constaté que beaucoup de jeunes dans les transports en commun étaient plantés sur leurs téléphones. Un jeu sur natel, c’est donc un bon moyen de les atteindre et de lancer une discussion sur la religion. Cela dit, comme l’un des jeunes de mon équipe me l’a fait remarquer, il y a aussi parmi les personnes plus âgées une tendance à utiliser les tablettes et les ordinateurs. C’est pourquoi l’application devrait convaincre les personnes de tout âge !
Un team
J’ai appelé des jeunes que j’ai connus dans divers contextes paroissiaux (Montée Vers Pâques, témoignages lors de matinées des religions, Relais XXL, Alphalive). Yaëlle, Samuel, Joël, Thomas, Mauro, Jules et Dessy ont répondu présents et motivés ! C’est aussi l’occasion pour nous de creuser notre foi et de chercher des réponses à des questions qu’on se pose, de fouiller la Bible, etc.
Nous sommes donc huit jeunes motivés, âgés de 17 à 24 ans, à avoir collaboré à la réalisation de cette application. Nous avons pris deux ans pour réunir plus de 400 questions, réponses et explications, développer la partie technique et informatique, se trouver un nom et un logo. Et nous voici bientôt prêts à vous présenter Cathoguesser. Nous sommes très heureux de pouvoir présenter prochainement au grand public cette application, concrétisation matérielle d’un rêve un peu fou.
Le jeu
Le jeu se subdivise en plusieurs catégories de questions : La Bible, fête et vie chrétienne, christianisme au fil du temps, personnalités et saints chrétiens, tour du monde (lieux de pèlerinage ou monuments religieux), actualités (personnalités, événements récents). A chaque fois, quatre propositions de réponses et ensuite une petite explication permettent d’enrichir les connaissances de chacun. Un jeu donc idéal pour se détendre dans le train ou en groupe lors d’une soirée chrétienne.
Alors si tu es jeune ou moins jeune, que tu te poses des questions sur la foi catholique, que tu veux en apprendre un peu plus sur la Bible, les personnalités chrétiennes et sur les actualités cathos ou que par curiosité tu veux voir de quoi est capable une équipe de jeunes cathos motivés, Cathoguesser est pour toi ! Ça sort bientôt.
PAR JEAN SAUVENAY | PHOTO : MARIE-FRANÇOISE SALAMIN
Nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise, et pour chacun de nous qui composons cette Eglise.
Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est, dans ses grandeurs et dans ses faiblesses. Aide-nous à reconnaître son unité dans les mille visages de ton peuple. Aide-nous à surmonter les divisions, à éviter les jugements hâtifs et à bannir les caricatures. Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences, l’immense réseau des saintetés cachées, qui sont les pierres vivantes de l’Eglise.
Puisse ton Eglise retrouver la fraîcheur et la force dont elle a besoin pour annoncer l’Evangile aujourd’hui. Qu’en renforçant les liens de l’unité entre les évêques, les prêtres et les laïcs, elle renforce aussi l’Espérance.
Qu’elle apparaisse aux yeux de tous comme une porte ouverte et une source de vie. Qu’elle soit toujours davantage l’Eglise des pauvres et des saints. Nous te le demandons par Marie, mère de l’Eglise.
Après avoir terminé une année de formation à Lyon au sein de l’Ecole Pierre (école créative pour les jeunes au service de l’Eglise), Laura Pellaud est de retour chez elle. Enfin pas tout à fait: la native d’Ovronnaz habite désormais à Sierre pour remplacer une partie du travail de Raphaël Delaloye. Rencontre.
TEXTE ET PHOTO PAR YVES CRETTAZ
Yves : Peux-tu te présenter en quelques mots…
Laura : Je m’appelle Laura, j’ai vingt et un ans et je suis actuellement à 60% en stage à la paroisse de Sierre comme animatrice pastorale. Je suis partie étudier à Lyon mais avant cela, j’étais très engagée du côté de la paroisse de Fully. J’ai notamment bien collaboré pour « les journées de la joie ». Un concept simple mais tellement profond qui consistait à aller passer du temps avec les requérants d’asile aux Mayens-de-Chamoson. J’apprécie tellement ces moments.
Peux-tu te décrire en trois adjectifs ?
Aventurière, dynamique et (elle réfléchit)… drôle. J’aime tellement rigoler et faire des blagues !
Pourquoi es-tu partie étudier à Lyon ?
Mon côté aventurière a pris le dessus au moment du choix. Je travaillais dans un EMS et avec ce COVID-19, c’était très très dur. J’avais envie de changer d’air. De plus, j’aime tellement mon Eglise et je voulais la découvrir autrement. J’ai donc opté pour cette école créative au service de Dieu. Une année de formation en théologie, communication, management, photo et vidéo, gestion de projets, musique et louange… Bref, une année riche et incroyable !
Que retiens-tu de cette expérience française ?
Wahou ! Wahou ! C’était fou ! Tu sais, l’Eglise est universelle. Elle est faite d’une multitude de gens différents mais qui ont tous quelque chose à apporter. Que ce soit en Valais ou ailleurs, chacun a une place dans cette belle Eglise. Il faut juste oser prendre sa place ! Chacun-e est le/la bienvenu-e.
As-tu un conseil à donner aux jeunes de la région ?
J’ai appris beaucoup de choses à Lyon mais une m’a particulièrement touchée : par exemple, on ne doit pas animer une messe pour la reconnaissance : ce n’est pas important de savoir qui chante ou qui a écrit les partitions. Le plus important est de savoir de qui ça parle !
Un mot pour conclure ?
L’Eglise doit avancer avec son temps. Mais attention à ne pas oublier les personnes qui ont construit cette Eglise, année après année. Elles ont donné énormément de leur personne pour qu’elle avance, il faut donc veiller à ne pas détruire cela ! On doit continuer ce beau travail. Les jeunes ont une place à prendre dans cette Eglise mais il ne faut pas piquer celle des plus anciens. Je pense que si on mélange les différents âges, ça fera un très bon cocktail. L’Eglise a encore de belles années devant elle avec ce mode de fonctionnement, je pense… du moins je l’espère.
Un conte est souvent l’occasion d’une petite réflexion. Celui-ci, tiré de la sagesse hindoue, nous montre à quel point il est illusoire, pour combler nos vides, de s’appuyer sur le monde de la matière.
PAR DOMINIQUE PERRAUDIN
PHOTO : PIXABAY
« Il y a fort longtemps, on raconte qu’un prince hindou organisa un défi qui consistait à combler tous les vides d’une salle de son palais. Beaucoup arrivèrent avec des solutions toutes plus étonnantes les unes que les autres, mais personne n’y parvint. Un enfant demanda à entrer dans la salle. Il alluma une bougie et la lumière envahit soudain toute la pièce. »
Au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, nous faisons tous l’expérience d’être de plus en plus encombrés, souvent de futilités, et notre cœur peut s’obscurcir. La société dont nous faisons partie nous propose le plus souvent des voies faciles, larges, sans efforts. Jésus, lui, nous invite sur des chemins de crête, souvent plus étroits et plus raides, qui conduisent à la paix, à la justice et à l’amour. En évitant les jugements hâtifs, en acceptant nos différences, n’avons-nous pas déjà fait un bout du chemin ? Comment sortir du brouhaha de cette vie trépidante qui nous fait si souvent perdre de vue le sens des valeurs de l’Evangile ?
Les moyens de reprendre pied sur de meilleurs voies existent, mais peuvent si vite être étouffés… Laissons le temps au silence de monter en nous ; contemplons la lumière de l’enfant qui se tient à notre porte ; laissons parler notre cœur qui murmure : « Regarde la beauté que le Créateur à mis à ta disposition, vois la maman qui berce son enfant, écoute ces oiseaux qui emplissent le ciel de leur chant mélodieux, contemple ces étoiles qui scintillent au firmament. Et surtout le matin à ton réveil remercie la Trinité sainte pour le soleil, pour la pluie, pour les nuages, pour toute cette nature qui nous entoure et qui nous permet de vivre. »
Ce petit conte peut nous aider à comprendre que seule « cette mystérieuse lumière », que Dieu ne cesse de nourrir en nous et que nous avons à accueillir à chaque instant, nous comble véritablement.
J’ai passé mon enfance et mon adolescence à Fully, dans la vigne de mon papa, située à flanc de coteau, surplombant la vallée du Rhône. Là, j’ai goûté à la joie de la contemplation, de l’émerveillement.
PAR OLIVIER TARAMARCAZ | PHOTOS : DR
J’ai appris à écouter le grillon, à faire silence devant le chant de la huppe fasciée, à m’émerveiller assis à côté du lézard vert, à humer les saveurs de la terre, reflet du bon goût de la Parole. J’aime observer tout ce qu’il y a de ciel dans l’herbe. Ce paysage fait partie de ma vie. Un jour, je me suis assis dans la vigne que mon papa a plantée l’année de ma naissance. J’ai commencé à dessiner les vieux ceps, les treilles oubliées, me remémorant des souvenirs d’enfance.
Le bon goût du réel. – J’ai de l’estime pour ce qui n’éblouit pas. Trop de phrases ne volent que dans des ciels bleus. La poésie de la vie se nourrit de réel. Un jour, à la vigne, mon papa m’a dit : « Un coup de pioche produit plus d’effet que beaucoup de paroles. » Les saveurs de la terre portent leur monde, discret, humble, infini. Les équations du temps contemporain épris par la transgression des lois naturelles, des lois éternelles, n’exhalent aucun parfum, aucune saveur. Elles me sont inutiles. Ma vie trouve une tonalité dans le langage de la terre du ciel, la terre que Dieu nous a léguée pour en prendre soin. Ma terre est une terre de prière.
Le rythme des pas. – Je marche au rythme des pas. La raison des pas me préserve du dogme de la vitesse apprise. Je marche dans les pas du Vigneron céleste, du Créateur qui m’invite à le suivre dans le repos, à m’asseoir à la table du partage. Dans sa présence, je fais des travaux d’intérieur dans la vigne de mon cœur. Mon premier souci est de ne pas échapper à l’éternel. Je me questionne : qu’est-ce qu’il me manque pour ne pas manquer à la vie ? Est-ce que ce que je fais, me fait ou me défait ? Quel fruit je porte dans ma vigne ?
Le fruit durable. – Ce qui est pour un temps se trouve dans le temporaire ; ce qui est pour l’éternité se trouve dans le durable. Jésus dit : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit. […] Je vous ai donné mission d’aller, de porter du fruit qui soit durable. » (Jn 15, 5-16) Détaché du Cep, je suis à l’image d’une vigne sauvage, qui croît sans mesure, sans limite, et aussi sans porter de fruit, sinon des semblants de fruits acides. Attaché au Cep, à Jésus-Christ, Il produit en moi le fruit qui demeure, le fruit de l’Esprit qui agit dans ma vie : l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la maîtrise de soi… La présence du Ressuscité reconfigure le monde sur le fondement biblique de la durabilité. Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25)
Diacre Martin Brunner-Artho, directeur Missio Suisse
Le mois missionnaire 2021 nous emmène à la découverte de l’Eglise du Vietnam. Un pays où être chrétien n’est pas sans risque. Cela devrait nous questionner sur notre manière de vivre et de rendre compte de notre foi…
TEXTE ET PHOTOS PAR MISSIO SUISSE
Vous est-il déjà arrivé de ne plus pouvoir vous taire, de devoir absolument parler ? Par exemple face à une injustice criante ? Ou parce que vous venez de vivre quelque chose de si beau qu’une joie débordante vous envahit… Cela m’amène à m’interroger : ce besoin de communiquer existe-t-il aussi pour ce qui est de notre foi ? « Nous taire ? Impossible ! », répondent Pierre et Jean au Sanhédrin. Parler en public peut toutefois comporter des risques. Au Vietnam, par exemple, l’Eglise vit sous un régime athée. Officiellement, la liberté religieuse y est reconnue, mais elle est étroitement réglementée par le Bureau des affaires religieuses. L’Eglise doit se montrer prudente, car toute action peut vite être considérée comme une « menace pour la sécurité nationale ». Et qu’en est-il de nous ? La foi nous fait-elle ressentir une joie telle qu’on souhaite la communiquer ? MERCI pour le soutien apporté à nos actions.
Diacre Martin Brunner-Artho, directeur Missio Suisse
L’Eglise vietnamienne en quelques chiffres
Le Vietnam compte 27 diocèses, 52 évêques pour 7 millions de fidèles (sur 98 millions d’habitants). Les catholiques représentent environ 6,7% de la population du pays. L’Eglise du Vietnam compte plus de 2’800 séminaristes dans onze grands séminaires, 80’000 jeunes laïcs engagés dans la catéchèse et plus de 2’668 prêtres répartis dans 2’228 paroisses. En 1988, le pape Jean-Paul II a canonisé 117 catholiques, au nom des centaines de milliers de martyrs vietnamiens morts pour leur foi.
Message du pape François pour le Dimanche de la Mission universelle, 24 octobre 2021
PHOTO : DR
En la Journée mondiale des Missions […] Rappelons-nous qu’il y a des périphéries qui sont proches de nous, au centre d’une ville, ou dans sa propre famille. Il y a aussi un aspect d’ouverture universelle de l’amour qui n’est pas géographique mais existentiel. Toujours, mais spécialement en ces temps de pandémie, il est important de développer la capacité quotidienne d’élargir notre cercle, d’atteindre ceux qui spontanément nous ne sentirions pas comme faisant partie de nos centres d’intérêts, même s’ils sont proches de nous. Vivre la mission, c’est s’aventurer à développer les sentiments mêmes du Christ Jésus et croire avec lui que celui qui est à mes côtés est aussi mon frère et ma sœur […].
LA PRIÈRE DU MOIS DE LA MISSION UNIVERSELLE 2021 À ÉTÉ ÉCRITE CONJOINTEMENT PAR MISSIO VIETNAM ET MISSIO SUISSE
Dieu, notre Père, ton Fils nous a confié sa mission; avec confiance et persévérance nous nous engagerons jusqu’au bout.
A la suite de Pierre, nous ne pouvons pas nous taire, parce que la foi est notre appui, parce que l’espérance nous soutient, parce que ton amour nous anime.
Par la puissance de l’Esprit Saint, rends-nous forts pour suivre l’exemple de Jésus, proclamer la bonne nouvelle aux pauvres, libérer les captifs et donner la vue aux aveugles.
Protège et accompagne les membres de notre Eglise, au Vietnam, en Suisse et dans le monde entier. En frères et sœurs, nous voulons nous encourager les uns les autres pour proclamer ton message libérateur.
Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Les pieds sur terre, un caractère bien trempé, un sourire communicatif, une générosité jamais prise en défaut ! Elle est pourtant difficile à cerner, Romaine Pouget et pour cause ; elle a la liberté des personnes qui ont mis leur vie entre les mains de Dieu et n’a qu’un seul credo : aimer son prochain comme Dieu l’aime, elle. Alors, le plan de carrière, très peu pour elle… et c’est certainement pour cela que tout lui réussit. Entretien.
PAR MICHEL ABBET PHOTOS : COLLECTION ROMAINE POUGET
Romaine, l’année dernière fut une année charnière…
Oui et non. Je sentais intérieurement qu’il fallait changer, donner une autre orientation à ma vie. L’épuisement professionnel guettait, il fallait dire stop.
Et tu as démissionné du poste de médecin-chef de l’hôpital de Martigny, que tu occupais depuis neuf ans. Vu de l’extérieur, c’était surprenant !
Certainement, puisque je n’avais pas d’autre poste en vue. Toutefois quand on s’épuise dans une situation et qu’il n’y a pas de développement possible malgré tous les efforts fournis, je crois qu’il faut savoir se retirer, quitter. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, notamment par souci de ce que cela allait impliquer pour le site de Martigny. J’ai confié mon avenir professionnel à la vierge Marie et finalement il m’est paru clair qu’il fallait aller « plus loin », même si on ne sait pas d’emblée « où » cela va nous mener. Maintenant, avec le recul, je me dis que c’était une « décision inspirée ». Mais cela n’a pas été tout seul.
Tu as « galéré » quelque peu ?
Disons que dans ma vie, j’ai l’habitude de répondre à un Appel… Et là, à part l’appel à quitter, je n’entendais pas l’Appel avec A majuscule, donc ça me stressait forcément un peu. C’est comme quand on marche en montagne dans le brouillard et qu’on voit un piquet après l’autre mais pas le but. J’avais depuis un moment l’idée de m’octroyer une année sabbatique pour prendre de la distance et donner de ma personne autrement et ailleurs. Des séjours en Argentine, au Togo et au Vietnam étaient envisagés… mais tous ces projets ont été systématiquement contrariés par la pandémie… rien de ce que je programmais ne se concrétisait. Comme je suis peu patiente de nature, je n’ai pas trouvé ça très confortable sur le moment !
Les piquets ?
Un des piquets a été par exemple « Notre Dame du Mont-Carmel ». Mon père Gaspard avait fait l’AVC (qui a conduit à son décès) le 16 juillet 2019, jour de Notre Dame du Mont-Carmel, alors que j’étais précisément à Lourdes (c’est aussi le dernier jour des apparitions). Par la suite, de façon assez incroyable (cf. suite…), je me retrouvais sans l’avoir prémédité très souvent dans des lieux qui lui étaient dédiés.
Et…
En septembre 2020, alors que le « plan Argentine » devenait une nouvelle fois très incertain, le Seigneur a soufflé à ma sœur Bénédicte d’aller demander au prêtre béninois Gildas Chibozo de « prendre Romaine au Bénin ». Il lui a répondu : « Oui, bien sûr, c’est une très bonne idée on va demander au père Théophile Akoha »… qui a dit : « Qu’elle vienne et on verra ! » Une fois de plus il a fallu attendre… La deuxième vague du Covid est arrivée en automne. Evidemment il fallait aider, j’ai repris provisoirement du service à l’hôpital de Martigny pour six mois, pour passer le gros de la crise.
Finalement…
Finalement la situation sanitaire s’est calmée et j’ai enfin pu « mettre les voiles ». Je suis partie pour Cotonou le lundi de Pâques 2021 et y suis restée presque trois mois. La semaine je travaillais à l’hôpital Saint-Luc (qui est le deuxième plus grand hôpital de Cotonou en termes d’affluence et qui dépend de l’archidiocèse de Cotonou), m’occupant surtout de la médecine interne et de la réanimation. J’étais logée à la résidence des prêtres, près de l’institut Jean-Paul II (Institut de formation notamment en pastorale de la famille ou les diocèses d’Afrique de l’Ouest envoie des prêtres, agents pastoraux se former pour 2-3 ans), ce qui m’a permis d’avoir la messe quotidienne et de faire communauté avec eux.
Et… j’ai découvert après deux semaines que la statue de l’oratoire qui est dans cour de l’hôpital Saint-Luc est… Notre Dame du Mont-Carmel !
On voit tes yeux briller !
Oh oui ! Rien ne m’a coûté ! J’ai très rapidement réalisé que j’allais devoir longtemps dire merci pour cette Afrique. C’est comme si le Seigneur m’avait mise globalement en été. Je n’avais qu’à soigner les personnes, à prier, à découvrir des frères et sœurs aux magnifiques valeurs humaines et un nouveau pays. Grande joie intérieure de partager avec eux cette simplicité de vie, de découvrir une autre culture, de chanter et prier avec eux et de prendre soin d’eux comme ils ont si bien pris soin de moi.
Magnifiques valeurs humaines ?
La première chose qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée au Bénin, c’est la vie ! La joie, la relation avec Dieu, avec les autres, en toute simplicité. Je me suis sentie d’entrée bien, dans une société où les valeurs essentielles vont de soi. Les gens parlent naturellement de Dieu par exemple et ceci quelle que soit leur religion. On « rend grâce » parce que l’on a bien dormi, on « bénit » le Seigneur d’être en vie, on demande une « pluie de bénédictions » pour celui qui a son anniversaire, on lui demande de nous soutenir dans tous les passages difficiles, bref, Dieu fait partie du « quotidien ». Le contexte fait que l’on a vraiment conscience que la vie est passagère et qu’elle peut basculer à tout moment.
Et par rapport à nos valeurs ?…
Par rapport aux « couleurs et à la chaleur » africaines, une impression un peu de « gris et de froid » au niveau de l’humanité occidentale, comme si l’on s’était mis un peu en hypothermie générale… Peut-être parce que de ce côté-ci, pour le moment, on a mis de côté la Source de la Vie… en pensant être des sources nous-mêmes et en éludant au maximum les questions existentielles essentielles… en courant dans tous les sens…
Au niveau médical…
Bien sûr, c’est un peu un « désert » au niveau des moyens techniques et il faudra vraiment les aider pour ceci. On peut aussi parfois imaginer une meilleure organisation pour sauver des vies, mais les qualités humaines des soignants sont remarquables, de même que l’attitude des malades et de leurs proches qui se plaignent rarement. Beaucoup de malades relativement jeunes ne peuvent être sauvés, mais quand on a fait « tout ce qu’on a pu » on le confie à Dieu. Il y a très peu de révolte par rapport au départ d’une personne.
Tu vas donc retourner au Bénin ?
Grace à Dieu, oui ! A mon retour, j’ai vraiment ressenti le désir de pouvoir donner un peu de mon temps et de mes compétences à cette chère terre africaine qui me fait d’ailleurs tant de bien. Comme le Seigneur nous fait toujours désirer ce qu’Il veut nous donner, Il m’a trouvé un super plan professionnel « africo-compatible ». Je suis engagée dès septembre comme médecin-chef adjoint dans le service d’urgences de l’hôpital du Jura ce qui me permet de partir deux fois deux mois par an au Bénin, ce qui me permettra, entre autres, de contribuer au développement des soins aigus de l’hôpital Saint-Luc et de former les médecins sur place. La proposition écrite des ressources humaines m’est arrivée…le 16 juillet (jour de Notre Dame du Mont-Carmel)…
Alors, pour en parler, on prend rendez-vous pour un prochain entretien ?
Volontiers. A Cotonou ?
Merci beaucoup Romaine, bon vent et que Dieu t’accompagne !
En lien avec les Editions Saint-Augustin, la rédaction de votre magazine préféré vous propose un nouveau type d’abonnement, numérique, à un prix très intéressant durant cette première année.
TEXTE ET PHOTO PAR PASCAL TORNAY
Fruit d’une collaboration avec les Editions Saint-Augustin, cette nouvelle offre numérique sera disponible dès le 1er octobre 2021. Dès lors, il sera possible de s’abonner à L’Essentiel, votre magazine paroissial, par le biais de vos petits écrans et de le recevoir, 9 fois par an, sous une forme numérique, consultable sur tous les supports connectés. Il sera possible de régler votre abonnement directement en ligne avec une carte bancaire.
Pour les lectrices et lecteurs déjà abonnés, rien de changé ! Si ce n’est que vous avez un accès privilégié, pour le même prix et si vous le souhaitez, à la version numérique. Pour cela, il vous suffit de vous enregistrer. Pour ce faire, rendez-vous sur la page L’Essentiel du site de votre paroisse.
Nous proposons cet accès numérique à un tarif promotionnel de Fr. 30.– pour un an pour tout nouvel abonnement conclu et ce, jusqu’au 30 septembre 2022.
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Dans le prolongement des évangiles, le livre des Actes des Apôtres présente la Parole de Dieu comme l’acteur principal de l’histoire du salut: «La Parole de Dieu croissait et se multipliait», affirme l’auteur au terme des deux premières séquences de la narration. (Actes 12, 24)
Dans la première, l’Esprit Saint, promis par le Père, se répand en abondance comme des langues de feu sur le groupe des douze et les rend capables d’annoncer l’Evangile dans toutes les langues de la terre, lors de l’événement fondateur de la Pentecôte (2, 1-13). De discours en guérisons, de comparutions en emprisonnements et en libérations miraculeuses, les apôtres déploient les potentialités de la Bonne Nouvelle à Jérusalem et constituent la première communauté chrétienne (2, 42-47 ; 4, 32-35). Après chaque persécution, ils reviennent auprès des leurs et rapportent les merveilles réalisées en eux et à travers eux par le Seigneur, si bien qu’une nouvelle Pentecôte leur advient pendant leur prière commune (4, 23-31). Puis, en un dynamisme irrésistible, la force de l’Esprit multiplie les fruits de la Parole dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que le Christ l’avait annoncé avant son Ascension auprès du Père (1, 8).
Les voyages de Paul
Dans la deuxième séquence (6 à 12), les sept diacres sont institués, avec Etienne et Philippe. Puis Saül est mis à bas de sa monture lors de sa vocation. Ensuite, Pierre baptise le centurion Corneille et tous les siens. Enfin l’Eglise d’Antioche se fonde là où « pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens » » (11, 26).
Par la suite, la question de l’accès des païens, à la foi, sans avoir à passer par la circoncision et la loi juive une fois réglée (par le concile à Jérusalem en Actes 15, 3e séquence), s’ouvre la dernière partie du récit avec les multiples voyages de Paul et ses plantations d’Eglises sur tout le pourtour de la Méditerranée, jusqu’à son dernier trajet vers Rome (16-28).
Depuis, c’est l’Esprit du Seigneur qui continue de manifester la fécondité de son message de libération, entre ombres et lumières, dans l’histoire de l’Eglise. A nous d’écrire les actes des témoins du XXIe siècle !
On dit de Jean XXIII qu’en connaisseur de l’histoire de l’Eglise et des Conciles, il aurait pris deux décisions en conséquence: s’appeler Jean (pour contrecarrer l’interruption, à cause d’un antipape, des papes légitimes nommés Jean) et convoquer Vatican II…
Nombreuses sont les « Histoires des papes », de von Pastor (16 volumes de 1886 à… 1961 !) à Rendina (2020) rééditée 6 fois depuis 1983 ; la papauté racontée décline maintes formes de gouvernement, du « paterfamilias » au césaro-papisme 1, moults développements du génie humain dans toutes les disciplines (arts, politique, économie…); elle est à l’origine d’incomparables atlas de cartographies en lien avec la colonisation des terres (pardon, l’évangélisation !)… Mais le Pape, c’est l’Eglise ?
Histoire de l’Eglise
Oui, du lui à Elle, il n’y a souvent qu’un pas (ou deux !) : de la tendancieuse Histoire de l’Eglise, de Daniel-Rops à la Nouvelle Histoire de l’Eglise de Daniélou et Marrou (notez l’adjectif !), en passant par le rigoureux Handbuch der Kirchengeschichte par Jedin, on culmine en termes d’exhaustivité objective, peut-être, dans les 13 volumes de Histoire du christianisme de Mayeur et cie. Tout ce développement en quelques décennies, de 1948 à 2000 pour les auteurs cités ! Mais on s’écarte du Pontife pour se concentrer sur les communautés locales (diocèses, paroisses…).
Sacrée histoire !
« Une fois que tu connais cette histoire papale, il n’y a pas grand-chose qui se passe dans la curie du Vatican et dans l’Eglise d’aujourd’hui qui puisse te choquer » 2, confesse le pape François qui raconte que dans son exil de Córdoba, il avait lu les 37 volumes de Histoire des papes de von Pastor. « C’était comme si le Seigneur me préparait avec un vaccin » ! Croyait-il si bien dire ?
1 L’étude de la coiffe papale est à ce titre révélatrice ! 2 Un temps pour changer, Paris-Flammarion, p. 69.
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