Aux frontières de la mort

Spécialisé dans l’étude des expériences aux frontières de la mort depuis plus de 20 ans, auteur de plusieurs livres, le Dr Patrick Theillier, constate qu’elles transforment ceux qui les vivent.

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS
PHOTOS : DR

Pourquoi vous être intéressé aux expériences de mort imminente ?

Pendant 12 ans j’ai été responsable du bureau des constatations médicales de Lourdes. Cette fonction m’a permis de recevoir des confidences sur les expériences de mort imminente (EMI). En écoutant les personnes qui disent avoir été guéries à Lourdes et celles qui les ont vécues, des similitudes se dégagent : les bénéficiaires ne voient plus la vie de la même façon. Ils savent que leur expérience indicible n’est pas banale. Beaucoup se taisent, mais tous
s’en souviennent.

D’un point de vue scientifique, elles montrent que la frontière entre la vie et la mort est une question mal connue. La mort n’est pas instantanée, elle est un processus qui se déroule en plusieurs temps. Le premier est la mort clinique, différente de la mort biologique. Les théologiens eux aussi affirment que la séparation de l’âme et du corps prend du temps.

Qu’est-ce qu’une expérience de mort imminente ?

Il s’agit d’une expérience faite par des personnes mortes cliniquement. Leur cœur, leur pouls et leur respiration se sont arrêtés. Le cerveau n’est plus irrigué, mais elles continuent à avoir une conscience malgré tout ; elles peuvent rester plusieurs minutes ainsi et revenir à la vie.

Que perçoivent ces personnes que l’on croit mortes ?

Les récits mentionnent l’impression de sortir de son corps ou de flotter au-dessus de la pièce. Parfois, les mourants entendent les conversations, voient le personnel médical s’affairer ou d’autres choses que les « vivants » ne perçoivent pas. D’autres, une fois revenus à la vie, décrivent des faits qui se sont passés alors qu’ils étaient « morts ». Parfois ils sont happés dans un grand tunnel, aspirés par une lumière blanche, éclatante, qui apporte une paix profonde. Ils y distinguent souvent un Etre de lumière, que des croyants identifient comme le Christ devant lequel ils relisent leur vie, ce qu’ils ont pu faire de bien ou de mal ; le tout sans culpabilité, sans crainte ni angoisse. Il semble tout connaître ; interroge avec tendresse, amour et exigence. Le sujet comprend de lui-même en quoi il a bien ou mal agi. Ensuite, certains reconnaissent des êtres chers décédés. Parfois l’Etre de lumière leur demande de retourner sur terre, d’autres fois les mourants demandent à y retourner.

Dans quel état intérieur revien­nent ceux qui ont vécu une EMI ?

Le retour se fait souvent à regret, parfois dans les larmes. Voici quelques témoignages : « J’étais un avec Dieu et un avec tout, c’était extraordinaire. Je n’ai jamais ressenti une telle joie, j’avais accès à la joie du monde entier… Le mal n’existait pas… J’aimais et je me savais aimé pour toujours, j’étais pardonné. » Beaucoup de personnes qui ont fait une EMI en gardent une paix intérieure profonde et sont réconciliées avec la mort.

Ce moment apporte un changement de priorités : plus d’attention aux autres, plus d’intérêt pour la spiritualité.

Mais toutes les expériences ne sont pas positives…

Dans 2 à 3% des cas, « le voyage » est désagréable, froid voire terrifiant. Les « expérienceurs » se retrouvent dans ce qu’ils appellent l’enfer avec parfois un sentiment d’un châtiment mérité. Ils perçoivent des odeurs pestilentielles, des flammes ou des cris…

Les personnes qui vivent une Emi sont-elles nombreuses ?

Plusieurs millions dans le monde sont revenues de la mort clinique. L’amélioration des techniques de réanimation médicale favorise ces retours. Moins de 20% de ceux-ci font l’expérience de visions ou de sensations inhabituelles. On les appelle les « expérienceurs ». Beaucoup n’osent pas en parler. Ils ont tous les âges et sont de toutes les religions.

Que dit la médecine ?

Beaucoup de médecins restent dubitatifs. Pour eux, ces expériences sont un phénomène paranormal dont on trouvera un jour une explication rationnelle. Mais les témoignages sont trop nombreux pour ne pas les écouter. Certains scientifiques s’y intéressent plus sérieusement, s’ouvrent à l’existence d’une conscience supra matérielle, une autre dimension de l’être qui perdure même quand le cerveau n’est plus irrigué.

Et qu’en pense l’Eglise ?

Elle a toujours été prudente vis-à-vis des phénomènes extraordinaires, comme celles des miracles.

Mais sainte Thérèse d’Avila, sainte Catherine de Sienne avaient parlé déjà de ces expériences. Les EMI sont riches d’enseignements. A une époque peu ouverte au spirituel, je vois comme un signe du Ciel qui ouvre à la vie invisible. Le fait que les « expérienceurs » ne soient pas toujours croyants intéresse le médecin chrétien que je suis.

Ces récits montrent aussi l’importance d’accompagner les malades et les mourants, de prier pour eux « à l’heure de leur mort ». Elle est le moment du choix et du face-à-face pour entrer dans cette vie invisible, mais bien réelle, et peut être plus vraie que cette vie terrestre.

 

Biographie

En 1989, Patrick Theillier est choisi pour tenir le poste
de médecin permanent du Bureau médical des
sanctuaires de Lourdes.
Il a aussi présidé l’Association médicale internationale de Lourdes, qui comprend plus de dix mille professionnels
de santé dans septante-cinq pays. Il est également l’auteur de plusieurs livres.

 

Via Jacobi: Gland – Coppet

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà dLe mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Coppet au fil des châteaux.

Départ depuis la gare de Gland, 5h15 aller simple, 21, 25 km

1. Depuis la gare CFF, longez les voies en direction de Genève et descendez sur votre gauche dans la zone industrielle pour rejoindre la Serine.

2. Vous suivrez alors la rivière sur un sentier de forêt parsemé… de toblerones, vestiges en béton de notre défense antichar durant la Seconde Guerre.

3. Traversez la route principale et continuez dans le bois pour rejoindre Prangins par la plage. Ne manquez pas de vous arrêter au château.

4. Après un détour dans des quartiers résidentiels, rejoignez Nyon le long de la voie ferrée. La traversée de la ville présente peu d’intérêt si ce n’est pour ses arrêts, comme au château avec son musée historique, l’un des premiers de Suisse, et son importante exposition consacrée à la porcelaine ancienne.

5. Le tracé vous conduit alors au Bois-Neuf pour rejoindre Crans-près-de-Céligny. Après avoir traversé cette charmante localité vaudoise, franchissez le Nant de Pry pour atteindre Céligny, une enclave genevoise. Peu de temps après, vous arriverez à l’institut œcuménique de Bossey où le Pape a déjeuné lors de sa venue en juin 2018.

6. Après avoir contourné le château, descendez en direction de Founex. Une longue traversée vous mènera jusqu’à Commugny. De là, après avoir franchi le canal de Grenier, plongez sur le château de Coppet, en contrebas de la gare.

Le retour se fait aisément en train. 

Curiosité

Le château de Prangins qui abrite le musée national suisse avec l’exposition « Noblesse oblige ! » sur la vie de château au XVIIIe siècle.

Coup de cœur

Le salon de thé et la pâtisserie Guillaume Bichet à Coppet pour récupérer en douceur de cette longue étape.

Ils nous précèdent…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : FRANÇOISE BESSON

Les voilà, ils nous précèdent, ce sont eux, nos familiers, nos tout aimés, ceux dont nous connaissions si bien le rire, la voix, il nous semble que leur démarche se donne encore à voir…

Ils sont en habit de fête, ils vont à la fête, ils y vont d’un bon pas dans cette lumière de tournesols… Tout occupés à vivre ou vaincus par l’épuisement ou le non-sens, ils passent un jour le voile, debout à nouveau, et entament sur la toile la marche de tout temps… Leur marche est presque un pas de danse, ils entendent une musique qui nous est inconnue, ils vont le cœur en joie vers le cœur de la fête.

Les voilà, nos absents, nos grands manquants et ceux aussi que personne n’a vraiment connu, qui n’ont aimé personne, qui font, étonnés, leurs premiers pas légers et qui trouvent là, juste après le passage, une main qui se tend et qui saisit la leur.

Ils nous précèdent et nous marchons à leur suite, aucun ne se retourne, ils savent bien que nous arrivons, forcément… puisqu’à cette fête, nous sommes tous invités…

«J’adore les enterrements»

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Enterrer les morts, premier signe cul­turel/cultuel humain… Croire que nos défunt.e.s continuent ailleurs, autrement, fait partie du patrimoine mondial de l’humanité ; toutes les religions déroulent des cérémonies tentant de répondre à la question: où va-t-on post mortem?

Bien des enterrements célébrés le sont pour des personnes que nous ne connaissions pas dans nos communautés dominicales. « Vous savez, il était croyant mais non pratiquant », est le leitmotiv de ces dernières décennies… Et d’aucuns se font parfois rabrouer par un curé sourcilleux. Heureusement, des « enterreurs » a-religieux existent, sans confession, mais pleins de compassion… Pas besoin d’être ordonné pour enterrer…

Il n’empêche : une famille en deuil, peut-être un peu empruntée, vient toujours demander un rituel de passage aux nautoniers que nous, pasteurs, prêtres et laïcs formés, restons pour beaucoup, malgré tout. Une occasion d’être à notre place avec tact et intelligence. Oui, j’adore les enterrements : les gens y sont vrais, en attente d’un sens
(direction et contenu), et peuvent vivre le témoignage d’une humanité rassemblée, au-delà de ses mille et une différences, par l’affection et l’amour pour celle ou celui qui nous a quittés…

En librairie – novembre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Myriam, mon amour
Jelle Lemaitre

A 30 ans, on a la vie devant soi. Mais quand le cancer vient bouleverser le bonheur d’une jeune famille, quand la mort vient séparer un couple, comment survivre à une telle souffrance ? Jelle Lemaitre, père de deux jeunes enfants, a vécu ce véritable chemin de croix aux côtés de son épouse Myriam, touchée par un cancer en 2017 et foudroyée en huit mois. Avec pudeur et simplicité, Jelle Lemaitre retrace ce cheminement où l’espérance a fait irruption dans la nuit comme le soleil du matin de Pâques. Ce témoignage bouleversant, mais serein, sur le veuvage précoce est avant tout un hymne à la vie et un appel à saisir les joies de chaque instant. 

Editions Première Partie

Acheter pour 19.50 CHF

De la mort jaillit la vie
Marguerite Chevreul

Elles sont 300 millions dans le monde dont le conjoint est décédé, mais dont on ne parle guère. Moins nombreux, mais tout aussi éprouvés, il y a les veufs ! Tous doivent assumer la responsabilité du foyer, affronter les difficultés matérielles et psychologiques et souvent assurer l’éducation des enfants. Eprouvées humainement, les veuves sont capables d’une étonnante résilience. De la mort elles font rejaillir la vie en s’appuyant sur le Christ ressuscité. Ce livre, qui s’appuie sur de solides références bibliques, s’adresse à tous ceux qui traversent le deuil ou le veuvage : il leur ouvre des chemins de lumière et de vie.

Editions Salvator

Acheter pour 32.40 CHF

Les soignants 
Gwenaëlle Boulet

Pasteur, philosophe, organiste, médecin, Albert Schweitzer (1875-1965) est le précurseur de l’action humanitaire. En 1952, il reçoit le prix Nobel de la paix.
Pédiatre et psychanalyste, Françoise Dolto (1908-1988) a consacré sa vie à faire entendre la voix des enfants. Frère Luc de Tibhirine (1914-1996), moine médecin, tenait un dispensaire où il accueillait et soignait la population locale à Tibhirine, en Algérie. Il a été assassiné avec six autres moines en 1996. Cette BD montre comment chacune de ces trois figures incarne à sa manière, l’engagement du médecin au XXe siècle.

Editions Bayard Jeunesse

Acheter pour 17.50 CHF

Etre là   
Elisabeth de Courrèges

A travers une série de récits bouleversants écrits après son confinement dans un EMS, Elisabeth de Courrèges partage, dans cet ouvrage, les rencontres qui ont jalonné son parcours de chrétienne et de soignante. Pour cette ergothérapeute de 26 ans, il s’agit de faire de chaque parole, chaque main serrée et chaque regard une présence du Christ auprès de ceux qui souffrent. Un livre d’une grande profondeur pour aborder la solitude, la souffrance et la fin de vie.

Editions Mame

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Je t’aime d’un amour éternel

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

La plupart des philosophies contemporaines visent comme but: «être bien», «être heureux». Nos contemporains se jettent donc vers toutes sortes de propositions pour trouver le «bonheur», cherchant ce qui fait du bien, comme le yoga, la méditation, les pratiques ésotériques, le développement personnel, pensant trouver une réponse au mal-être.

PAR OLIVIER TARAMARCAZ | PHOTO : PIXABAY

La recherche du bien-être pour lui-même signifie d’orienter sa vie vers ce but, en ne pensant pas à la limite que porte en lui-même le bien-être. Le bien-être procure une sensation momentanée d’être bien : « Je me sens bien » ; « ça fait du bien ». En se plaçant soi-même au centre, on devient le centre, le centre d’intérêt, d’action. Si je suis au centre, je vais organiser ma vie pour m’épanouir, me réaliser, m’accomplir. Tous mes choix, décisions, viseront ma croissance, mon bien-être personnel. Cette recherche n’est pas négative en soi, mais la question est : dans quelle direction est-ce que je me dirige ? Où cela me conduit-il finalement ? Le psalmiste souligne la limite de la recherche du bien-être : « Il pouvait se dire heureux pendant le cours de sa vie et on pouvait le louer d’avoir trouvé le bien-être, il lui faudra [pourtant] bien rejoindre ses ancêtres décédés qui, jamais plus, ne verront briller la lumière. » (Psaume 49, 19)

La recherche de sens. – Le sentiment de bien-être donne-t-il une réponse à la recherche de sens, au-delà du temps de la vie sur terre ? Dès lors se posent quelques questions : quelles sont les pensées qui fondent réellement ma vie ? Quelles sont les pensées que je cultive dans ma vie, qui sont en concurrence, voire en opposition avec la pensée de Dieu, révélée dans sa Parole ? Jésus me pose une question : « Est-ce que ce que je fais me fait ou me défait ? » La présence de Dieu produit la vie dans le cœur. Mais je ne peux pas produire la présence de Dieu, par aucun artifice, ni philosophique, ni culturel, ni politique… C’est Dieu seul qui me donne une nouvelle naissance, une nouvelle vie. C’est de lui seul que je reçois une nouvelle espérance : « Je mettrai mon esprit en vous » (Ezéchiel 36, 25-27). La promesse du Dieu vivant est extraordinaire. Aucun homme ne peut faire cela. Il désire mettre son Esprit en moi. Il l’accomplit dans la vie de toute personne qui fait appel à Jésus, qui a donné sa vie pour nous libérer de ce qui nous sépare de lui, de ce qui pèse sur nos cœurs, de nos échecs, de nos erreurs, de notre vie desséchée. Jésus le Ressuscité veut me ressusciter.

La recherche de la vie. – Vivre n’est pas seulement lié à une durée, à une accumulation de jours, à une accumulation de biens (matériels, culturels) ou à la recherche du bien-être. La vie réelle c’est de connaître intimement, personnellement celui qui m’a créé, soit de vivre une relation avec le Dieu personnel qui me donne la vie par son Esprit : « La vie éternelle c’est te connaître toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Evangile de Jean 17, 3) La vie réelle, la vie éternelle commence ici et maintenant, soit le jour où je me tourne vers Jésus-Christ, et je me détourne de la vie centrée sur mon propre moi. L’apôtre Pierre dit avec insistance : « Laissez le Seigneur être le centre de votre vie. » (Première épître de Pierre 3, 5) Est-ce que je connais ce désir qui me porte à désirer la présence de Dieu au centre de ma vie ? Ou est-ce que laisser Dieu à la périphérie de ma vie me suffit ? Le Seigneur me dit : « Je t’aime d’un amour éternel. » (Jérémie 31, 3) Est-ce que je continuerai mon chemin en refusant cette déclaration d’amour, ou est-ce que je répondrai comme le psalmiste : « Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien » (Psaumes 73, 8) ?

Enterrer dans l’intimité: témoignage de Sarah Barras

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), novembre 2021

En décembre 2020, en pleine pandémie, Sarah Barras a repris l’entreprise de pompes funèbres de son père Willy, actif pendant 40 ans, lui-même successeur du fondateur Louis. L’occasion pour L’Essentiel de poser des questions sur ce nouveau défi et sur les obsèques dans l’intimité.

PAR HUGUES REY, MONTANA-CORIN
PHOTO: DR

Comment envisagez-vous votre mission au service des familles endeuillées ?
Mes activités d’hôtelière à Crans-Montana, pendant une quinzaine d’années, m’ont formée à l’accueil des touristes en vacances dans un cadre de détente ou de fête. Après ce parcours, j’ai repris l’entreprise de mon père dans le contexte compliqué de la pandémie. Je rencontre alors des personnes éprouvées par un deuil, désemparées et fragilisées. J’essaie avant tout de me mettre à leur service avec authenticité, coeur, discrétion et flexibilité afin de leur apporter un soutien, non seulement pratique et professionnel, mais également de leur exprimer empathie et réconfort grâce à mon écoute et à mes conseils.

Quels changements avez-vous apportés depuis le passage de témoin?
Au niveau de l’infrastructure, avec l’aide de mon mari et de mon père, j’ai aménagé un espace d’accueil pour les familles. J’ai réalisé la mise à niveau du site Internet de l’entreprise. Pour ce faire, j’ai écouté ma sensibilité féminine. Au-delà de l’accueil des familles, qui reste essentiel, je veille, avec soin, aux différentes étapes : veillée, cérémonie, enterrement ou dépôt de l’urne au colombarium.
La gratitude des personnes endeuillées me confirme régulièrement dans cette activité devenue une réelle vocation. En tant que femme, je suis heureuse de participer, à ma mesure, au renouvellement de la profession, d’y apporter douceur et empathie, plus librement exprimées aux familles que par les générations passées, tout en veillant aux exigences de qualité et de disponibilité de la tradition familiale.

Comment se déroulent des funérailles dans l’intimité ?
Il s’agit d’une cérémonie à laquelle participe un nombre restreint de gens informés par un canal privé. Quelquefois, une liturgie de la parole remplace la messe dont le sens se perd de plus en plus.

Pendant la pandémie, les funérailles dans l’intimité sont devenues une obligation, mais comment expliquez-vous cette tendance née avant la crise sanitaire?
L’atténuation de la croyance religieuse et l’incompréhension des rituels expliquent en partie cette demande : dans un premier temps, il arrive que des familles, submergées par l’angoisse et la tristesse, veuillent régler au plus vite les adieux à leur cher défunt. Elles se ravisent généralement après que je leur ai expliqué l’importance de laisser du temps au temps pour entrer dans cette réalité, certes douloureuse, mais qui demande de la patience aussi bien pour commencer le deuil que pour organiser la cérémonie avec sérénité. Parfois, la famille compte peut-être sur plus de recueillement et de liberté, désireuse d’échapper à une curiosité et à des regards mal ajustés de la part de certaines personnes. Enfin, l’aspect financier peut expliquer ce choix qui, en l’absence de rencontres conviviales après la cérémonie, s’avère moins coûteux.

Que ne faudrait-il pas perdre de vue avant d’opter pour des funérailles dans l’intimité?
L’absence de la communauté peut laisser un sentiment de solitude aux familles, qui ne doivent pas oublier la place que leur défunt occupait au sein de la société. L’individualisme ambiant conduit à négliger cette réalité-là. Les chants de la chorale, la prière et les réponses des croyants soutiennent grandement la famille qui peut s’appuyer ainsi sur la communauté.
Il arrive que des personnes expriment leur tristesse de ne pouvoir assister à la cérémonie ; elles s’y joignent discrètement en se tenant dans le fond de l’église.

Comment l’absence de la communauté aux funérailles peut-elle être compensée ?
C’est le plus souvent lors de la messe de septième, un samedi ou un dimanche, à un moment où l’on est moins sous le coup de l’émotion. La fraternité communautaire peut s’y exprimer et être accueillie avec plus de sérénité. Quand les visites au défunt se sont faites en l’absence de la famille, la sortie de la messe permet enfin aux connaissances de poser des gestes de sympathie envers la famille affligée et d’inscrire le deuil dans un temps fort en communauté.

Un grand merci pour votre témoignage et cet éclairage sur les funérailles dans l’intimité.

Le Père Damien rend hommage aux missionnaires du Val de Bagnes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Enfant, j’entendais parler de mes deux oncles, Jean et André, qui sont partis très loin, en Afrique, comme missionnaires. Des histoires qu’ils nous racontaient pendant leurs rares vacances nous semblaient des contes de fées. Tellement elles nous paraissaient invraisemblables, connaissant seulement les réalités de nos vallées.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN

PHOTOS : DR

Je voyais aussi des femmes de nos villages qui passaient tout l’hiver dans les ouvroirs, cousant des habits, repassant des draps de lit qu’elles mettaient dans des sacs pour les envoyer dans les pays où travaillaient ces missionnaires, et entre autres, au Rwanda, où mon oncle André était archevêque.

Beaucoup de Bagnards ont soutenu Mgr André Perraudin dans sa mission au Rwanda mais ils ne savaient pas qu’après un certain nombre d’années, il allait y avoir « des retours » !

L’évêque Perraudin, lui, semblait le savoir, à lire sa lettre datée du 28 mai 1958 adressée au Centre missionnaire de Bagnes : « Tous ceux qui nous aident verront un jour le fruit de leurs sacrifices. » Cela s’est réalisé 60 ans après, puisque le Père Damien Niyoyiremera, prêtre rwandais, est actif dans nos contrées depuis 2018. Il est l’un des fruits des petits grains qu’ont semés les Bagnards sans le savoir.

Le Père Damien vient de publier deux livres inédits sur les missionnaires du Val de Bagnes : « Un bonjour du Val de Bagnes au Rwanda et retour » (PubliBagnes) et « Le Val de Bagnes au cœur de la mission de l’Eglise universelle » (Saint-Augustin). Dans le premier livre, il compare la vie dans le Val de Bagnes à celle de son pays, le Rwanda. Qui aurait envie de goûter au vin de banane et le comparer à nos vins valaisans ? Qui pourrait comprendre comment des vaches à longues cornes ne se blessent pas en comparaison avec nos combats de reines ? Comment s’imaginer comment, dans un pays où il y a tant de vaches laitières, on ne produit pas de fromages comme ceux du Val de Bagnes ?

Le second livre rend témoignage aux missionnaires du Val de Bagnes qui ont donné de leur vie au service de la mission auprès du peuple africain. Il y a notamment consacré deux chapitres au sujet de Mgr André Perraudin, l’un des grands pionniers de l’Eglise du Rwanda.

Vous souhaitez vous les procurer ? Prenez directement contact avec le Père Damien au 079 900 68 30 ou au secrétariat paroissial au 027 776 13 53.

 

 
 

Mise en bière

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : DR

Apôtre du bon goût, la Brasserie de l’Abbaye de Saint-Maurice n’ayant pas bullé tout l’été vous a concocté de quoi vous faire mousser une fois l’hiver venu. Que de propos alambiqués pour (ne pas) dévoiler la nouvelle cuvée spéciale de bières de l’Abbaye.

Défendre ses convictions

Vous l’aurez compris, il n’est pas ici question d’eau. Ni minérale, ni bénite, mais d’élixir de la Dame-Jeanne. En d’autres termes de bières. Pas de celles qui requièrent un funèbre éloge, mais bien de celles qui se partagent dans un moment de convivialité. Pour marquer ses deux ans d’existence et rendre un hommage, posthume celui-ci, aux 20’000 pèlerins rassemblés sur le tombeau de Saint-Maurice en 1873, la Brasserie de l’Abbaye de Saint-Maurice commercialise une nouvelle bière en édition limitée. La Vox, une bière houblonnée de type American Pale Ale produite en 20’000 exemplaires en l’honneur desdits pèlerins, a un « caractère » semblable à celui de Saint-Maurice. Elle remémore l’homme, puis le saint, ayant élevé sa voix pour défendre ses valeurs et convictions. Cela au prix de sa vie, comme le relate son récit hagiographique. De quoi ne laisser personne indifférent. Si toutefois l’édition limitée venait à manquer, d’autres bières pourraient se charger d’étancher, au moins un peu, la soif de tous les férus d’histoire agaunoise.

(Une) gorgée d’histoire

La production se décline à l’heure actuelle en trois spécialités. Une blanche légère, surnommée Candide, le nom du plus proche de Maurice et dont la levure a été prélevée sur un parchemin datant de 1319. La Febris de type ambré est une bière plus charpentée faisant référence à l’incendie de l’abbaye en 1693. Et pour terminer, la DXV ou 515 (en rappel de l’année de la fondation de l’abbaye), une bière d’abbaye typique, brassée avec trois fois plus de matière première que pour une bière simple. Avec pour vocation de « suspendre la course du temps pour s’ouvrir à soi-même et aux autres », le projet de la brasserie porte également sur des aspects culturels et économiques. Les revenus générés par la vente des bières servent à soutenir les projets de l’abbaye, ainsi que son site archéologique tout en continuant à investir dans le patrimoine.

Année de la famille Amoris laetitia (2021-2022)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

Vendredi 19 mars 2021, le pape François a invité les catholiques à vivre une année de réflexion sur la famille en s’arrêtant sur l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia jusqu’à la célébration de la 10e Journée mondiale des familles prévue le 26 juin 2022, à Rome. Pour le 5e anniversaire de ce texte, le pape François nous demande de réfléchir à l’importance de la famille dans l’Eglise et dans le monde, d’où la présentation de cette exhortation dans cet article.

Synode sur la famille du 5 au 9 octobre 2014 1

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD

Amoris laetitia : naissance  d’une exhortation apostolique

Du 5 au 9 octobre 2014 et du 4 au 25 octo­­bre 2015, se sont tenues à Rome deux assemblées du Synode des évêques sur la famille. Le premier synode était consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation » et le deuxième avait pour thème : « Jésus Christ révèle le mystère et la vocation de la famille ». A l’issue de ces deux synodes, en plus d’un certain nombre de documents officiels parus à ces occasions, le pape François avait annoncé qu’il rédigerait un document synthétisant ces deux rencontres.

Ce sera l’exhortation apostolique Amoris laetitia (La joie de l’Amour) parue le 8 avril 2016. Cette synthèse du pape François est un appel à un rayonnement de l’Amour de Dieu au cœur des familles, et par conséquent, au cœur de l’Eglise et du monde. Ce texte très riche se compose d’un court préambule, de 9 chapitres et d’une petite conclusion qui nous invite à entrer dans une contemplation de l’amour de Dieu pour l’être humain avec un regard centré sur la mort et la résurrection du Christ, un regard qui plonge dans le Salut offert à toute l’humanité… un Salut qu’il nous est demandé de faire connaître et qui est indissociable de l’annonce de l’Evangile.

Amoris laetitia: Chapitre par chapitre

Chapitre 1 : A la lumière de la Parole

Dans ce premier chapitre, le Pape rappelle la multitude d’histoires familiales dans la Bible et la complexité des relations interfamiliales. Il insiste sur l’importance du couple qui donne naissance à une nouvelle famille « car la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. Sous ce jour, la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant 2 ». Quant aux enfants, ils sont pleinement membres de la famille et de l’importance de l’Eglise domestique – l’Eglise composée de la cellule familiale. C’est dans cette vision que la famille est décrite comme lieu de catéchèse et qu’elle « est appelée à partager la prière quotidienne, la lecture de la Parole de Dieu et la communion eucharistique pour faire grandir l’amour et devenir toujours davantage un temple de l’Esprit » 3.

Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille

Ici, le pape François insiste sur la diversité des familles et sur les défis qui les attendent dans un monde en évolution constante. Il précise les problèmes que les familles peuvent rencontrer comme le délitement des liens familiaux, la montée des individualismes exacerbés, la violence, etc. qui vont à l’encontre du bien commun qui s’appuie sur des familles stables. Toutefois, les familles ont aussi besoin d’être aidées pour se développer dans un environnement sociétal favorable leur assurant la paix et une situation économique correcte. Une des missions de l’Eglise est donc d’accompagner et de soutenir les familles afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vocation à l’amour dans le monde actuel.

Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus – la vocation de la famille

Dans ce chapitre, le Pape insiste sur l’importance du sacrement du mariage compris comme un lien indissoluble qui unit un homme et une femme et les inscrit dans le désir d’avoir des enfants. Il précise aussi que la famille est un lieu de tendresse et d’amour. Il rappelle que Jésus lui-même a grandi dans une famille portée par l’amour et l’attention de ses parents. Il est important de souligner que « l’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde » 4.

Chapitre 4 : L’amour dans le mariage

S’appuyant sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13, 4-7), le pape François insiste sur l’amour qui doit nourrir les couples et avoir sa source en Dieu. Il rappelle que l’amour est patient, qu’il place les conjoints dans une attitude de service mutuel. Pour lui, l’amour n’envie pas, ne cherche pas son intérêt et s’appuie sur le pardon. L’amour espère, supporte tout et doit conduire à faire grandir la charité conjugale. S’appuyant sur le Concile Vatican II, le Pape insiste sur l’amour matrimonial en soulignant que Dieu aime l’épanouissement de ses enfants et il affirme que « Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures » 5. Le pape François termine en insistant sur l’importance d’une évolution de l’amour conjugal au fil des ans et des événements familiaux.

Sainte Famille à la lessive 6

Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond

Pour le pape François, l’amour dans un couple est appelé à devenir fécond, à s’épanouir en donnant la vie et en prenant soin des enfants que la famille reçoit. Mais, il insiste aussi pour que face à la douleur de l’infertilité, les couples n’oublient pas qu’ils sont aussi appelés à la fécondité à leur manière et selon leurs spécificités propres. Le Pape rappelle aussi que la famille ne se résume pas au couple et à ses enfants, mais à la famille élargie ce qui implique le respect de tous : des parents, des enfants et des membres plus âgés.

Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales

Dans ce chapitre, le pape François insiste sur l’annonce de l’Evangile dans les familles d’aujourd’hui, sur l’importance de guider les fiancés en les préparant au sacrement du mariage, sur l’accompagnement qui doit se faire en Eglise durant les premières années matrimoniales mais aussi sur un accompagnement des conjoints sur le long cours pour les aider à dépasser les crises, les angoisses et les difficultés de couple. Il faut aussi permettre un accompagnement spécifique des veuves et des veufs car la mort qui vient séparer les conjoints est une grande souffrance pour celui qui reste seul.

Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants

Pour le pape François, les « parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée » 7. Face aux évolutions de notre société, il est donc important que les parents donnent une formation morale à leurs enfants, qu’ils soient patients avec eux sans oublier qu’ils devront peut-être sanctionner des actions mauvaises commises par leurs enfants. La famille est donc un lieu d’éducation globale, c’est là que naît l’éducation à l’amour, l’éducation sexuelle et surtout la transmission de la foi. Et il ne faut pas oublier que dans l’éducation donnée, les parents sont appelés à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant afin de le guider et le faire grandir à son rythme.

Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

Pour l’Eglise, le « mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » 8. Toutefois, les couples doivent aussi être accompagnés spécifiquement en cas de divorce, dans des situations de mariage civile, de simple vie commune, etc. Et, dans toutes ces circonstances, en particulier auprès des divorcés remariés, l’Eglise est appelée à agir dans une logique de miséricorde pastorale sans pour autant brader son idéal du mariage.

Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale  et familiale

Ce chapitre insiste sur le fait qu’une « communion familiale bien vécue est un vrai chemin de sanctification dans la vie ordinaire et de croissance mystique, un moyen de l’union intime avec Dieu. En effet, les exigences fraternelles et communautaires de la vie en famille sont une occasion pour ouvrir de plus en plus le cœur, et cela rend possible une rencontre toujours plus pleine avec le Seigneur » 9. Pour y parvenir, le pape François rappelle l’importance de rester axé dans la lumière de Pâques, dans la foi au Ressuscité afin de pouvoir vivre une spiritualité de couple dans un amour exclusif et libre, dans une spiritualité de l’attention à l’autre, de la consolation et de l’encouragement mutuel.

Conclusion

En conclusion, pour le pape François « aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Eglise, de cette communauté si belle qu’est la famille de Nazareth et de la fraternité sans tache qui existe entre les saints du ciel. Et, en outre, contempler la plénitude que nous n’avons pas encore atteinte, nous permet de relativiser le parcours historique que nous faisons en tant que familles […]. De même, cela nous empêche de juger durement ceux qui vivent dans des conditions de grande fragilité. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » 11.

1 Image tirée de l’article Wikipédia «Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation»: Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation – Wikipédia (wikipedia.org).
2 Amoris Laetitia §11.
3 Amoris laetitia §29.
4 Amoris laetitia §66.
5 Amoris laetitia §150.
6 Image tirée de l’article Wikipédia «Sainte Famille»: Sainte Famille – Wikipédia (wikipedia.org)
7 Amoris laetitia §259.
8 Amoris laetitia §292.
9 Amoris laetitia §316.
10 Images tirées de l’article Wikipédia «Louis et Zélie Martin»: Louis et Zélie Martin – Wikipédia (wikipedia.org)
11 Amoris laetitia §325.

Mon Eglise ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2021

PAR L’ABBÉ DARIUSZ KAPINSKI
PHOTO : DR

Cette question me renvoie d’abord à mon enfance et à mes premiers sentiments liés au bâtiment le plus impressionnant de ma petite ville natale et ses alentours sacrés; aux pratiques religieuses de mes chers parents, auxquelles nous – les enfants – étions progressivement initiés; à une longue liste des merveilleux témoins de la foi, prêtres et fidèles; à l’exceptionnelle période de mes 15-19 ans avec la participation aux mouvements de l’Eglise bien-aimée, pleine de retraites spirituelles pour les jeunes et de pèlerinages à pied vers Notre-Dame de Jasna Gora…

Parler de l’Eglise, comme communauté des hommes et des femmes en chemin vers Dieu, c’est voir d’abord son fondateur et son cœur, le Christ. Il n’y a ni compréhension, ni appréciation de l’Eglise sans ouverture au Seigneur Jésus, sans adhésion à lui.

Le Christ me passionne, son évangile me porte, dirige mon existence et me remplit d’espérance. Son Eglise m’épaule et permet de réaliser chaque jour la volonté du Seigneur ; elle me donne des ailes et me relève quand je tombe.

Mon Eglise ? C’est une histoire d’amour…

J’aime l’Eglise confiante au Christ, comme un enfant.

J’aime l’Eglise qui proclame le salut de l’homme, qui croit en l’homme… J’aime l’Eglise qui ne s’adapte pas au monde mais au Christ qui aime le monde. J’aime l’Eglise des Actes des Apôtres, armée et riche des pauvres, humble, éprouvée et persécutée…, sans privilèges.

J’aime l’Eglise une, coloriée comme l’automne, riche en diversités selon les continents et les pays; œcuménique. J’aime l’Eglise sainte par la présence de Dieu, envoyée à tous, missionnaire et solidaire, l’Eglise des frères et sœurs.

J’aime l’Eglise qui dérange au milieu de la nuit, quand on devient plat et passif. J’aime l’Eglise qui éveille à la liberté et appelle ad maiora; qui met en face de choix difficiles et qui montre le chemin.

Jésus, j’aime très fort ton Eglise !

Cathoguesser, une application made in Monthey

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Le projet Cathoguesser est né il y a presque deux ans. Cette application a l’originalité d’être un quizz sur la foi et la culture chrétienne, et d’être entièrement réalisé par des jeunes. Son application pour smartphone sortira prochainement.

PAR CÉLINE SALLIN
LOGO : JULES JORIS

« Quel Suisse a fondé la communauté de Taizé ? », « qui est le père des trois religions monothéistes ? » Vous connaissez les réponses ? Vous serez redoutables en jouant à Cathoguesser ! C’est ce genre de questions que nous avons trouvées sur la Bible, la foi et la religion chrétienne.

Cathoguesser, c’est donc une application ludique pour smartphone qui pose des questions à choix multiples et, pour certaines de ces questions, vous trouvez une courte explication pour enrichir vos connaissances. J’ai imaginé ce projet car j’ai constaté que beaucoup de jeunes dans les transports en commun étaient plantés sur leurs téléphones. Un jeu sur natel, c’est donc un bon moyen de les atteindre et de lancer une discussion sur la religion. Cela dit, comme l’un des jeunes de mon équipe me l’a fait remarquer, il y a aussi parmi les personnes plus âgées une tendance à utiliser les tablettes et les ordinateurs. C’est pourquoi l’application devrait convaincre les personnes de tout âge !

Un team

J’ai appelé des jeunes que j’ai connus dans divers contextes paroissiaux (Montée Vers Pâques, témoignages lors de matinées des religions, Relais XXL, Alphalive). Yaëlle, Samuel, Joël, Thomas, Mauro, Jules et Dessy ont répondu présents et motivés ! C’est aussi l’occasion pour nous de creuser notre foi et de chercher des réponses à des questions qu’on se pose, de fouiller la Bible, etc.

Nous sommes donc huit jeunes motivés, âgés de 17 à 24 ans, à avoir collaboré à la réalisation de cette application. Nous avons pris deux ans pour réunir plus de 400 questions, réponses et explications, développer la partie technique et informatique, se trouver un nom et un logo. Et nous voici bientôt prêts à vous présenter Cathoguesser. Nous sommes très heureux de pouvoir présenter prochainement au grand public cette application, concrétisation matérielle d’un rêve un peu fou.

Le jeu

Le jeu se subdivise en plusieurs catégories de questions : La Bible, fête et vie chrétienne, christianisme au fil du temps, personnalités et saints chrétiens, tour du monde (lieux de pèlerinage ou monuments religieux), actualités (personnalités, événements récents). A chaque fois, quatre propositions de réponses et ensuite une petite explication permettent d’enrichir les connaissances de chacun. Un jeu donc idéal pour se détendre dans le train ou en groupe lors d’une soirée chrétienne.

Alors si tu es jeune ou moins jeune, que tu te poses des questions sur la foi catholique, que tu veux en apprendre un peu plus sur la Bible, les personnalités chrétiennes et sur les actualités cathos ou que par curiosité tu veux voir de quoi est capable une équipe de jeunes cathos motivés, Cathoguesser est pour toi ! Ça sort bientôt.

Prière pour aimer l’Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

PAR JEAN SAUVENAY | PHOTO : MARIE-FRANÇOISE SALAMIN

Nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise,
et pour chacun de nous
qui composons cette Eglise.

Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est,
dans ses grandeurs et dans ses faiblesses.
Aide-nous à reconnaître son unité
dans les mille visages de ton peuple.
Aide-nous à surmonter les divisions,
à éviter les jugements hâtifs
et à bannir les caricatures.
Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences,
l’immense réseau des saintetés cachées,
qui sont les pierres vivantes de l’Eglise.

Puisse ton Eglise retrouver
la fraîcheur et la force dont elle a besoin
pour annoncer l’Evangile aujourd’hui.
Qu’en renforçant les liens de l’unité
entre les évêques, les prêtres et les laïcs,
elle renforce aussi l’Espérance.

Qu’elle apparaisse aux yeux de tous
comme une porte ouverte et une source de vie.
Qu’elle soit toujours davantage
l’Eglise des pauvres et des saints.
Nous te le demandons par Marie, mère de l’Eglise.

Amen

De Lyon à Sierre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

Après avoir terminé une année de formation à Lyon au sein de l’Ecole Pierre (école créative pour les jeunes au service de l’Eglise), Laura Pellaud est de retour chez elle. Enfin pas tout à fait: la native d’Ovronnaz habite désormais à Sierre pour remplacer une partie du travail de Raphaël Delaloye. Rencontre.

TEXTE ET PHOTO PAR YVES CRETTAZ

Yves : Peux-tu te présenter en quelques mots…

Laura : Je m’appelle Laura, j’ai vingt et un ans et je suis actuellement à 60% en stage à la paroisse de Sierre comme animatrice pastorale. Je suis partie étudier à Lyon mais avant cela, j’étais très engagée du côté de la paroisse de Fully. J’ai notamment bien collaboré pour « les journées de la joie ». Un concept simple mais tellement profond qui consistait à aller passer du temps avec les requérants d’asile aux Mayens-de-Chamoson. J’apprécie tellement ces moments.

Peux-tu te décrire en trois adjectifs ?

Aventurière, dynamique et (elle réfléchit)… drôle. J’aime tellement rigoler et faire des blagues !

Pourquoi es-tu partie étudier à Lyon ?

Mon côté aventurière a pris le dessus au moment du choix. Je travaillais dans un EMS et avec ce COVID-19, c’était très très dur. J’avais envie de changer d’air. De plus, j’aime tellement mon Eglise et je voulais la découvrir autrement. J’ai donc opté pour cette école créative au service de Dieu. Une année de formation en théologie, communication, management, photo et vidéo, gestion de projets, musique et louange… Bref, une année riche et incroyable !

Que retiens-tu de cette expérience française ?

Wahou ! Wahou ! C’était fou ! Tu sais, l’Eglise est universelle. Elle est faite d’une multitude de gens différents mais qui ont tous quelque chose à apporter. Que ce soit en Valais ou ailleurs, chacun a une place dans cette belle Eglise. Il faut juste oser prendre sa place ! Chacun-e est le/la bienvenu-e.

As-tu un conseil à donner aux jeunes de la région ?

J’ai appris beaucoup de choses à Lyon mais une m’a particulièrement touchée : par exemple, on ne doit pas animer une messe pour la reconnaissance : ce n’est pas important de savoir qui chante ou qui a écrit les partitions. Le plus important est de savoir de qui ça parle !

Un mot pour conclure ?

L’Eglise doit avancer avec son temps. Mais attention à ne pas oublier les personnes qui ont construit cette Eglise, année après année. Elles ont donné énormément de leur personne pour qu’elle avance, il faut donc veiller à ne pas détruire cela ! On doit continuer ce beau travail. Les jeunes ont une place à prendre dans cette Eglise mais il ne faut pas piquer celle des plus anciens. Je pense que si on mélange les différents âges, ça fera un très bon cocktail. L’Eglise a encore de belles années devant elle avec ce mode de fonctionnement, je pense… du moins je l’espère.

Bienvenue… !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

Quel plaisir et quelle joie de vous présenter dans ces pages les trois nouvelles venues. Sœurs de Saint Maurice, elles quittent le beau lieu de La Pelouse sur Bex, où vit leur communauté-mère, pour venir prendre part à la vie de notre secteur en s’installant au Prieuré de Vétroz.
Nous leur souhaitons la bienvenue et nous nous réjouissons de les rencontrer dans nos villages et dans nos rues.

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : SŒURS DE LA PELOUSE

Soeur Anne-Margrit Keist

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Sœur Anne-Margrit Keist. Originaire de la Suisse centrale, notre famille a émigré à Spiez, dans l’Oberland bernois. Dans notre vieille boulangerie louée il y avait de la place pour nos parents, les six enfants et tous nos collaborateurs. C’était une maison en bois, pleine de vie, qui sentait bon le pain frais !

Il fallait bien aller apprendre le français – j’ai abouti dans le Bas-Valais. J’y ai découvert les Sœurs de Saint-Maurice et à 21 ans, je suis revenue et j’ai été accueillie dans la communauté comme postulante.

Maintenant j’ai 75 ans, ma vie est déjà longue, elle fut remplie et heureuse. Si vous désirez en savoir plus, vous êtes invité.e à venir échanger autour d’une tasse de café dans le Prieuré de Vétroz où notre petite Communauté vient d’être accueillie. Je me réjouis de faire votre connaissance, de découvrir votre visage, d’accueillir votre partage.

Avec toute ma joie.

Bonjour,

Je m’appelle Sœur Isabelle-Marie Gollut, je suis née à Massongex et je suis la dernière d’une famille de six enfants. J’ai fait un apprentissage de couturière et d’infirmière assistante avant d’être religieuse, et ensuite j’ai fait la formation aux ministères en Eglise (FAME) en catéchèse et catéchèse spécialisée. La vie religieuse m’a ouverte à beaucoup de domaines que je n’aurais sûrement pas exercés autrement.

J’ai eu la joie de servir la communauté à la clinique Saint-Amé, à La Pelouse, à Lausanne et dernièrement au Castel Notre-Dame à Martigny, ainsi que dans différents services en Eglise, à Bex, à Monthey et sur Lausanne.

Anecdote : une visite surprise qui devient un rendez-vous régulier : un soir, j’avais oublié de fermer la porte de ma chambre et je m’apprêtais à aller me coucher. Je vois la poignée de la porte qui se baisse et un des résidents ouvrir, me regarder, me sourire et me dire : « Ah ! Oui, tu es de la famille ! On habite le même appartement ». Je mets mes souliers et je le raccompagne gentiment dans sa chambre. Dans l’ascenseur, il se regarde dans le miroir et dit : « Adieu, papa, il faudra qu’on se parle ; j’ai quelques affaires à discuter avec toi ! »

Pendant mes loisirs, j’aime bien aller marcher ou faire du vélo, être au bord d’un ruisseau dans le silence, rencontrer mes amis, ma famille, faire de la couture, prendre du temps simplement.

Pour notre communauté je souhaite que notre maison soit un lieu d’accueil où chacun se trouve bien et heureux. Pour les paroissien.ne.s, je me réjouis de faire leur connaissance, de partager ce qui les fait vivre, de faire un bout de chemin avec eux, heureux de vivre ensemble de nouvelles expériences de vie et de découvrir la richesse, la beauté, l’histoire de cette belle contrée dans les vignes.

Soeur Isabelle-Marie Gollut
Soeur Nicole Lechanteur

Je m’appelle Nicole Lechanteur. Originaire de Belgique, en région liégeoise, j’ai été institutrice avant de me lancer dans diverses animations chrétiennes (animation de Camp-Prières, Ecole de prière, Café Chrétien, Sessions bibliques). Théologienne et bibliste, j’ai travaillé comme assistante paroissiale puis dans la formation. J’y ai expérimenté la joie et la force de se mettre à l’écoute de la Parole.

En 2015, je me suis sentie appelée au sein de la Communauté des Sœurs de Saint-Maurice. J’y ai reconnu une communauté façonnée par le Christ et sa Parole, une communauté priante, une communauté ouverte au monde, signe et témoin de l’Amour de Dieu, une communauté fraternelle vivant un réel compagnonnage dans le quotidien. Voilà ce qui m’a appelée ! C’est aussi ce que je désire vivre ! Je viens d’y faire mes premiers vœux.

Je souhaite me mettre à l’écoute des attentes des hommes et femmes du « Secteur des Coteaux du Soleil », cheminer, faire route avec celles et ceux qui le désirent. Je souhaite aussi faire goûter la force de la Parole de Dieu, de la foi et la grâce de vivre une vie de relation avec notre Dieu et avec nos frères et sœurs dans le Christ. Je suis appelée à rejoindre les personnes éprouvées par un deuil et à accueillir les nouveaux arrivants : porter avec elles, avec eux, leurs peines, leurs espérances et leurs joies ; accueillir leurs désirs et leurs attentes…

Pendant mes loisirs, j’aime marcher et contempler la nature, me ressourcer, vivre des moments de convivialité…

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : MP

Voilà un thème qui invite à la rencontre. En effet, raconter implique au minimum deux personnes, l’une qui relate et l’autre qui écoute. A travers ces lignes, je me permets de vous partager, de vous raconter mon Eglise, mais plutôt mon Eglise rêvée.

Je rêve d’une Eglise libre et joyeuse, ouverte aux messages de l’Evangile et guidée par l’Esprit Saint. Elle s’articule autour d’une communauté, car l’Eglise, ce sont les hommes et femmes de ce temps. Elle a leur visage et leur sourire. Elle est solidaire et accueille chacun et chacune dans sa réalité de vie. Elle donne envie de partager, de se rencontrer, de vivre dans un esprit de communauté et a le souci des uns et des autres. Les moments conviviaux sont partagés à la sortie d’une célébration, dans la rue, dans les maisons. La bienveillance, l’accueil, l’écoute et la disponibilité sont ses fondations. Chacun et chacune est artisan de paix dans son lieu de vie. Ils sont ainsi le petit grain de sel qui va donner de la saveur à la vie des autres.

Mon Eglise rêvée, c’est vous et moi, ensemble pour réfléchir, prier, célébrer et construire dans le respect de chacun, chacune. Tous nourris de la Parole et de l’Eucharistie s’ajustant toujours mieux à l’exemple d’Amour du Christ.

Il est facile de rêver, parfois le chemin de la réalité est plus sinueux mais avec la Foi, l’Espérance et la Joie tout reste possible.

Alors bienvenus, bienvenues, prenez place et racontez-moi aussi votre Eglise !

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

PAR VÉRONIQUE DENIS | PHOTOS : JULIEN VERGÈRE ET PIERRE-YVES MAILLARD

Selon la définition du dictionnaire, raconter signifie « faire le récit d’une histoire ou relater les faits » ! Loin de moi l’idée de retracer l’histoire de l’Eglise qui dure depuis plus de 2000 ans.

J’aimerais plutôt nous inviter à nous arrêter au présent et à nous projeter sur l’avenir.

L’Eglise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Mais faut-il s’en émouvoir ? ou s’en réjouir ?

Pour ma part, j’y vois plutôt un signe d’espérance, ouvert sur l’avenir.

Car le Christ n’abandonnera jamais son Eglise. Ce que nous vivons en ce moment, est certes difficile et la situation du COVID ne joue pas en notre faveur. Et l’apôtre Pierre nous invite à garder confiance : « Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1P 2, 9)

L’Eglise, mon Eglise, votre Eglise est le reflet de ce que je veux et peux offrir. Je ne vais pas énumérer la longue litanie des manques ou des critiques qu’on relate malheureusement trop souvent. Je nous invite à raconter les signes positifs : les parents qui s’engagent dans le cheminement de la foi de leurs enfants, les anciens qui veillent et prient pour les plus jeunes, des jeunes qui misent tout sur le Christ, des couples qui font le pari de la fidélité, des paroissiens qui s’engagent pour embellir nos églises, nos chapelles, animer nos célébrations avec les chants et la musique, aider les prêtres dans le service de l’autel, veiller sur les plus fragiles et les plus faibles, visiter les malades et leur offrir le Pain de vie, proclamer les lectures, les laïcs engagés et les prêtres du secteur qui portent le souci de l’unité et accompagnent chaque baptisé dans leur cheminement spirituel, …

Chacune et chacun peut continuer cette énumération et il faudrait plus qu’une page pour raconter tout ce qui est vécu.

Rendons grâce à Dieu pour notre Eglise et demandons au Christ le courage pour continuer sa mission. Avec la force de l’Esprit Saint, notre témoignage débordera ainsi en torrent de lumière.

Collombey-le-Grand: la chapelle Notre-Dame des Sept-Joies

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Nous poursuivons notre série historique et architecturale par la visite de deux chapelles; celle de Notre-Dame des Sept-Joies à Collombey-le-Grand et celle de Saint-Bernard de Mont-Joux à Illarsaz.

PAR PATRICK ELSIG 1 , ADAPTÉ PAR L’ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH | PHOTOS : ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH

Les relevés cadastraux et les sources d’archive ne mentionnant aucun édifice antérieur, il semble que cette chapelle ait été construite ex nihilo. C’est donc en 1847 que la première pierre est posée mais d’importantes inondations repoussent le travail de plusieurs années. La date de 1855, qui timbre la clé de l’encadrement de l’entrée (réalisé en calcaire de Collombey tout comme la croix de mission à l’extérieur) rappelle la construction du gros oeuvre. La charpente est levée en juillet 1857 et l’édifice doit probablement être terminé vers la fin de cette année qui voit le paiement de la plupart des grosses dépenses.

Relevons le nom local de Michel Joseph Vanay pour la réalisation de la charpente. La chapelle est consacrée le 13 novembre 1866, jour de la fête de Notre-Dame des Sept-Joies. Cette fête fut instituée par l’évêque Walter Supersaxo pour commémorer la victoire de la Planta (13 novembre 1475). Ce vocable fait aussi écho, à la même époque, à Notre-Dame des Neiges, à Muraz, qui s’appelait alors Notre-Dame des Sept-Douleurs. Une manière spirituelle pour Collombey de répondre à Muraz ? Peut-être. En tout cas une manière politique pour la paroisse bas-valaisanne de dire à l’évêque de Sion sa loyauté dans un contexte national tendu !

A l’intérieur de la chapelle, les deux saints latéraux du retable sont étonnamment sans attributs. On peut donc tout imaginer. Un homme et une femme anonyme, ce peut être tout le monde dans la grande foule des amis de Dieu. A gauche un saint de 62 cm et à droite une sainte de 64 cm. Tous deux sont placés devant un fond bleu terminé par une coquille qui leur sert d’auréole. Le tableau central peint à l’huile sur toile représente l’Immaculée Conception de Marie. Il est signé Emmanuel Chapelet et date de 1858, soit l’année des apparitions de Marie à Lourdes qui s’est fait justement connaître comme l’Immaculée Conception (« Que soy era Immaculada Councepciou »).

1 Patrick Elsig, « Les monuments d’art et d’histoire du canton du Valais, tome VII, le district de Monthey », 2015, Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, Berne

« Raconte-moi ton Eglise »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

TEXTE ET PHOTOS PAR PIERRE ANÇAY

Lorsque l’on m’a proposé de «raconter mon Eglise» pour L’Essentiel, j’ai hésité quelque peu avant d’y répondre. Que pourrais-je bien dire ? Il ne s’agissait, bien entendu, pas de décrire l’édifice où nous autres chrétiens célébrons le culte, mais plutôt de «raconter mon Eglise» dans son sens premier que l’on retrouve dans le christianisme, soit «l’Institution rassemblant l’ensemble des chrétiens en communion avec le Pape et les évêques».

Ainsi, comme pour beaucoup, « mon Eglise » est d’abord « l’église paroissiale » où se vivent concrètement tous les faits, les gestes, les cérémonies liées à notre vie chrétienne. Au fil des ans, en plus des messes dominicales et de semaine notamment lorsque nous étions désignés pour servir la messe, c’est à l’église paroissiale que nous avons reçu les différents sacrements, en premier celui du baptême.

De toutes ces cérémonies, je me souviens tout particulièrement du jour de ma première communion où nous sommes descendus en rang par deux, de la cour de l’école jusqu’à l’église, d’abord le groupe des filles « encadrées » par des institutrices suivi du groupe des garçons tous munis d’un brassard blanc sur la manche gauche du costume. L’après-midi de ce même jour, nous nous sommes retrouvés à l’église pour la consécration à Marie à qui nous chantions, en levant nos bouquets de fleurs, l’inoubliable cantique : « Vierge Marie, je te confie mon cœur ici-bas. Prends ma couronne, je te la donne, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras ! »

C’est à l’église qu’aujourd’hui encore la communauté paroissiale se retrouve pour les messes, les fêtes ponctuant l’année liturgique, les ensevelissements et autres rencontres ou célébrations religieuses.

Finalement, c’est dans et par cette « église paroissiale », que petit à petit s’est « conscientisée » mon intégration et ma participation à cette « Eglise universelle » qui, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1 : « Dieu a établi le Christ au-dessus de tout être céleste… Il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, et l’Eglise, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude… »

Aussi, arrivé à l’automne de ma vie, je ne saurais assez dire ma « reconnaissance » à « l’église de ma paroisse » ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont servie au cours
du temps. Oui, vraiment merci pour tout ce qui a été fait pour moi et pour nous tous « dans » et « par » cette « Eglise paroissiale et universelle qui est le Corps du Christ » !

«Pas à pas…»

PAR JANIE LUISIER
PHOTO : VÉRONIQUE DENIS

A l’image d’un pèlerin décidé, je vis mon Eglise avec cette volonté d’avancer, mais aussi avec cette vulnérabilité qui me pousse à me placer humblement sous le regard de Dieu. En Père attentif et aimant, respectant toujours ma liberté et mes choix, Il pose sur mon chemin des jalons : l’adoration hebdomadaire, la prière des mères, la Vierge Pèlerine, des témoins qui ont vécu concrètement leur foi en laissant à Dieu les commandes de leur vie… Aussi, j’aimerais vous partager un message de sainte Teresa de Calcutta qui m’encourage à toujours mieux le connaître, à l’inviter dans mon quotidien, avec la volonté de lui faire plaisir dans le service et la prière :

« Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle… mais avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres, mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ?… Demandez-en la grâce. Il a l’ardent désir de vous la donner… Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. »

Mon Eglise…

TEXTE ET PHOTO PAR VIRGINIA DA SILVA

Mon Eglise est l’écoute, le partage, l’ouverture et le service à l’autre.

Je ne peux pas vivre ma foi sans ces éléments. Elle est, dans ma vie, une source de force, d’écoute et en même temps de refuge dans les moments difficiles. A mon arrivée en Suisse, les premières personnes à me tendre la main étaient des fidèles paroissiennes de Saxon. A ce moment-là, je me suis reconnue dans cette Eglise. Depuis, je travaille pour que l’on aille de plus en plus vers l’autre.

Malheureusement, en Eglise, on est souvent dans le faire et pas dans l’être. On veut tellement accomplir les tâches qui nous sont demandées que l’on oublie le contact humain. Et pourtant il n’y a pas besoin de grand-chose, quelquefois un simple sourire. Avec le COVID, on s’est retrouvés à l’entrée de nos églises. Pour ma part, quelle chance ! j’ai pu échanger avec les gens, les accueillir, pour finalement avoir la meilleure des récompenses : une personne qui me dit : « Quel bonheur de se sentir accueilli avec ce grand sourire. » Eh oui… cela suffit de montrer que l’on est là pour accueillir, accompagner, partager et laisser la place à l’autre. C’est ce que on a fait avec moi « l’étrangère ».

La devise de ma vie est : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

Chaque personne que je rencontre est le visage du Seigneur. Seulement ainsi, je peux vivre mon Eglise en accord avec le plus profond de moi-même.

Eglise aux cent mille visages…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), octobre-novembre 2021

PAR MATHIAS THELER

PHOTO : DOMINIQUE RABOUD (10 ANS DE L’UP)

Aujourd’hui avons-nous raison d’aimer notre Eglise ? Ne la voyons-nous pas comme une institution lourde qui semble plus condamner qu’essayer d’avancer avec les personnes ? Est-elle uniquement moralisatrice, tout en jouant sur la culpabilité des gens ?

Effectivement, la doctrine de l’Eglise semble pesante pour beaucoup d’entre nous. Elle affirme un idéal chrétien qui semble à des années-lumière de nos réalités humaines. Joël Pralong affirme pourtant que « La doctrine de l’Eglise est importante, elle est une lumière sur le chemin, mais c’est le Christ qui est la lumière dans les cœurs ». Aurait-elle donc encore du sens aujourd’hui… ? Peut-elle nous aider à avancer ? J’apprécie beaucoup le regard porté par un ancien professeur d’université qui nous invite à voir les commandements non comme des commandements, mais comme des paroles, des balises, qui tracent le chemin et nous indiquent quand nous le dépassons.

Effectivement, l’être humain est libre, mais il a aussi besoin de repères, non pas pour le condamner ou le culpabiliser, mais pour savoir où il se situe dans sa vie de foi. Pour le reste, il en revient à la conscience de chacun que seul le Christ peut véritablement éclairer. Mais est-ce uniquement cela l’Eglise ?

Non, car elle est avant tout l’ensemble des chrétiens, des baptisés, éclairés par le Christ, par la Parole de Dieu, qui chemine en communauté, ensemble, vers le Royaume promis par Dieu. Ensemble veut bien dire que nous avons tous la responsabilité de l’Eglise, de nos communautés ecclésiales. Ayons conscience de cela !

J’aime beaucoup le pape François qui ose affirmer : « … je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. » (EG 49) L’Eglise est avant tout humaine, elle a tous nos visages.

Aujourd’hui, le slogan de notre UP réaffirme que, si nous nous mettons à la suite du Christ, nous sommes invités à être ensemble de vrais bâtisseurs de nos communautés. Voilà la vocation du chrétien. J’aimerais d’ailleurs remercier toutes les personnes qui s’engagent dans nos paroisses, mais la liste serait bien longue. Vous pouvez, dans vos villages, à travers les articles de L’Essentiel, mettre un ou plusieurs visages sur ces personnes, qui témoignent, bénévolement dans leur quotidien, de leur engagement. Ils sont témoins d’une communauté qui s’engage. Saint Paul le dit clairement : « Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. » Chacun porte, selon ce qu’il est, la responsabilité de sa communauté ecclésiale.

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