Comme un chapelet de perles

Les jubilés que nous fêtons rappellent la fidélité à un engagement pris ou une promesse échangée, qui ont tenu sur le chemin malgré les embûches. Comme le sommet visé par l’alpiniste ; comme le phare qui brille sur la côte.

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY

Ils sont nombreux les jubilés qui s’égrènent comme les perles d’un chapelet tout au long d’une vie. Chacun suit son propre chemin jalonné par des temps de discernement, de choix, de promesses, d’engagement, de remises en question, des temps empreints de joie, mais aussi parfois de doutes. Célébrer un jubilé, ce n’est pas seulement faire une fête, partager un bon repas, se réjouir d’être toujours là malgré le temps qui passe. C’est aussi parfois une gratitude discrète, silencieuse, qui éclot comme une rose qui répand un parfum de joie sereine. Un moment durant lequel on peut ouvrir les mains pour recevoir un cadeau inédit, porteur d’un message qui parle d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Célébrer ce « oui ». – Un jour d’octobre passé, c’était un jubilé de mariage que nous fêtions, mon mari et moi, sous la douceur d’un soleil tendre. Ce fut un jour teinté de surprise, car pour cet anniversaire, nous avons reçu un cadeau inédit, touchant, imprégné d’une incroyable tendresse, qui racontait ce que signifie « dire oui » pour le meilleur et pour le moins bon, mais oui pour toujours, quoi qu’il arrive sur le chemin. Durabilité de l’amour qui se dépasse discrètement, mais fidèlement, nourri par la tendresse, la
patience, l’humilité.

Un cadeau : un signe. – Vous devez vous demander, cher lecteur, de quel cadeau je veux parler… Eh bien, c’était un beau « bouquet de fleurs » d’amour, de tendresse, de patience, de sérénité… Ce que je décrivais plus haut, offert par un couple d’amis que nous sommes allés trouver chez eux lors de notre séjour dans leur région. Lui, prenant soin 24h/24, jour après jour, de son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade des plus avancés. Avec une sérénité et un sourire émouvant, il nous disait que le « oui » prononcé au jour de leur mariage, l’avait engagé pour toujours, même sur le chemin le plus difficile d’une terrible maladie.

Prendre soin *. – Prendre soin de son épouse redevenue telle une enfant, privée de sa lucidité, de ses capacités, était naturel pour lui dans le mouvement de cet amour nourri d’une profonde tendresse. Combien de patience et de douceur pour guider les gestes et les pas, veiller, relever après la chute ! Nous avons reçu comme un cadeau exceptionnel en ce jour particulier, le magnifique témoignage de ce que peut être le chemin de l’amour, au-delà de la jeunesse, des moments de joie et d’enthousiasme face aux projets communs ! Prendre soin de l’autre que l’on a choisi et à qui on a donné sa parole, le plus loin possible dans ce voyage de vie un jour entrepris ensemble, y compris dans ce qu’il y a de plus difficile à accueillir et à gérer quotidiennement, semble être un défi lancé au temps et à la durabilité. Développement durable… Ici, nous
avons découvert le miracle que peut faire l’écologie de l’amour, quand celui-ci est nourri de tendresse et enraciné au plus profond, comme un chêne enraciné dans sa terre.

Dans le terreau de la réalité. – Lui est le jardinier du bout de terre de son épouse, le soleil et l’eau dont elle a besoin pour aller au terme de sa saison. Nous n’avons pas reçu un sermon pompeux sur l’amour pour fêter ce jubilé, mais quelque chose de réel, de tangible, de visible dans le terreau de la réalité. En déambulant tous les quatre au bord de la mer, sur une plage irrégulière – au moins autant que nos vies – accompagnés du chant des vagues, des cris d’enfants et des mouettes, sous le tendre soleil, nous avons touché encore plus la réalité de l’alliance, apprécié sa saveur toute particulière : elle avait le goût de la mer qui ne s’arrête jamais, de son mouvement perpétuel entre calme et tempête. Sa main dans la sienne, sa main dans la mienne… Nos mains unies. Dans l’amour, la tendresse, dans la confiance. Merci P. et A.

* Il s’agit du thème annuel des Equipes Notre-Dame.

My-Bourg, mercredi 8 décembre à 18h : Messe présidée par le chanoine Gilles Roduit et animée par les Equipes Notre-Dame Secteur Valais. Boisson chaude offerte à la sortie.

Synode 2021-2023: pour une Eglise synodale

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : DOMINIQUE LUISIER, FABIENNE THEYTAZ, JUDITH WARPELIN

L’Eglise de Dieu est convoquée en synode afin de lancer une réflexion sur le thème: «Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission».

Ce synode s’est ouvert à Rome les 9-10 octobre 2021 puis, le 17 octobre 2021, dans chaque Eglise particulière. Cette première phase de réflexion synodale s’achèvera en octobre 2023 au cours de la «XVIe Assemblée Générale des Ordinaires du Synode des Evêques». Toutefois, octobre 2023 ne sera pas l’aboutissement final de cette réflexion sur la synodalité puisque les Eglises locales seront impliquées au-delà de cette date.

Pour le pape François, «Le chemin de la synodalité est précisément celui que Dieu attend de l’Eglise du troisième millénaire»1 et qui est un prolongement du Concile Vatican II. Le but est de réfléchir à vivre davantage la communion, à réaliser la participation dans l’Eglise et à s’ouvrir à la mission. Notre ligne directrice étant notre «marche ensemble» en tant que Peuple de Dieu, peuple missionnaire en se mettant, aujourd’hui, à l’écoute de l’Esprit Saint.

Ce synode se déroule dans notre monde marqué par des changements sociétaux majeurs. C’est pour cela que l’Eglise est appelée à porter une attention particulière aux personnes en souffrance, aux migrants, aux adultes vulnérables, aux victimes d’abus sexuels dans l’Eglise dont la racine se trouve bien souvent dans le cléricalisme. Il s’agit de s’ouvrir aussi aux jeunes, aux femmes.

Notre «Eglise est constitutivement synodale»2 ce qui signifie qu’elle est bien plus que des assemblées d’évêques car l’Eglise est spécifiquement «Peuple de Dieu qui manifeste et réalise concrètement sa communion en cheminant ensemble, en se rassemblant en assemblée et par la participation active de tous ses membres à sa mission évangélisatrice»3. Toutefois au cours du IIe millénaire de l’Eglise, l’accent a été mis sur la structure hiérarchique de cette dernière. Le Concile Vatican II a toutefois insisté sur l’importance de l’égalité des chrétiens qui, par leur baptême, sont tous prêtres, prophètes et rois et en affirmant que «la totalité des fidèles ne peut se tromper dans la foi»4.

Puisant sa source dans les Ecritures5, le processus synodal ne vient pas supprimer le rôle des pasteurs de l’Eglise ni la structure hiérarchique de l’Eglise catholique, mais elle ouvre un cheminement, «où chacun a quelque chose à apprendre. Le Peuple fidèle, le Collège épiscopal, l’Evêque de Rome, chacun à l’écoute des autres; et [où tous sont] à l’Ecoute de l’Esprit Saint»6. Une Eglise synodale est alors un signe prophétique, un sacrement universel de Salut, un instrument de l’union intime avec Dieu et avec le genre humain.

Ce synode est donc à la foi héritier de l’Ecriture et de la Tradition, mais aussi un chantier ou une expérience pilote «qui permet de commencer à recueillir, dès à présent, les fruits du dynamisme que la conversion synodale progressive distille dans la communauté chrétienne»7.

Pour le pape François, l’interrogation fondamentale qui guide cette consultation est la suivante :

Une Eglise synodale, en annonçant l’Evangile, «marche ensemble»: comment ce «marche ensemble» se réalise-t-il aujourd’hui dans votre Eglise particulière? Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre «marcher ensemble»?8

Pour y répondre, il s’agit de nous demander à quelles expériences de notre Eglise particulière cela nous fait-il penser ? Cela nous invite à relire nos ressentis bons ou mauvais et à les analyser pour savoir quelles sont les intuitions qu’elles ont suscitées en nous et pour notre Eglise particulière? Il s’agit aussi de recueillir les fruits, de s’interroger sur ce que l’Esprit nous demande aujourd’hui, sur ce qui est à confirmer, sur ce qui est à changer afin de voir quels chemins de consensus s’ouvrent pour notre Eglise particulière. Chaque Eglise particulière est donc appelée à interroger les fidèles, les prêtres, les religieux, les institutions ecclésiales, etc.

Pour ce faire, le document préparatoire du synode des évêques propose d’approfondir dix pôles essentiels qui sont les suivants9:

1. Les compagnons de voyage: Dans l’Eglise et dans la société, nous sommes sur la même route côte à côte… Il s’agit de savoir qui sont nos compagnons de voyage, qui fait partie de ce que nous percevons comme étant « notre Eglise » ?…

2. Ecouter: L’écoute est le premier pas, mais demande d’avoir l’esprit et le cœur ouverts, sans préjugé… Percevoir qui dans notre Eglise particulière subit un manque d’écoute (minorité, marginaux, exclus, …) ?…

3. Prendre la parole : Tous sont invités à parler avec courage et parrhésie, c’est-à-dire en conjuguant liberté, vérité et charité… Comment favorisons-nous ceci dans notre Eglise particulière ?…

4. Célébrer: «Marcher ensemble» n’est possible que si ce chemin repose sur l’écoute communautaire de la Parole et sur la célébration de l’eucharistie… De quelle manière célébrons-nous ?…

5. Coresponsables dans la mission : La synodalité est au service de la mission de l’Eglise, à laquelle tous ses membres sont appelés à participer… De quelle manière chaque baptisé est-il un acteur missionnaire ?…

6. Dialoguer dans l’Eglise et dans la société : Le dialogue est un chemin qui demande de la persévérance, et comporte aussi des moments de silence et de souffrance, mais qui est capable de recueillir l’expérience des personnes et des peuples… Quels sont les lieux de dialogue dans notre Eglise particulière ?…

7. Avec les autres confessions chrétiennes : Le dialogue entre chrétiens de diverses confessions, unis par un seul baptême, occupe une place particulière sur le chemin synodal… Quelles sont nos relations œcuméniques ?…

8. Autorité et participation: Une Eglise synodale est une Eglise de la participation et de la coresponsabilité… Comment s’exerce l’autorité au sein de notre Eglise particulière?…

9. Discerner et décider: Dans un style synodal, les décisions sont prises via un processus de discernement, sur la base d’un consensus qui jaillit de l’obéissance commune de l’Esprit… Comment la participation de tous aux décisions est-elle favorisée?…

10. Se former à la synodalité: La spiritualité du marcher ensemble est appelée à devenir le principe éducation de la formation humaine et chrétienne de la personne, formation des familles et des communautés?… Comment formons-nous les personnes qui ont des responsabilités au sein de l’Eglise?…

Dans le diocèse de Sion, le processus synodal en est à ses débuts, mais il est possible d’en apprendre plus et de répondre à une consultation diocésaine en ligne sur le site du diocèse de Sion. De plus, afin d’éviter les grands rassemblements en cette période de pandémie, Mgr Lovey a annoncé le 3 novembre 2021 que le chemin synodal diocésain se ferait sous forme de visites pastorales. En attendant, marchons ensemble, unis autour de Jésus Christ, qui est la tête du Corps dont nous sommes les membres.

1 Synode 2021-2023, Pour une Eglise synodale, Document préparatoire, §1.
2 Synode 2021-2023, §10-15.
3 Synode 2021-2023, §10.
4 Synode 2021-2023, §13.
5 Synode 2021-2023, §16-24.
6 Synode 2021-2023, §15.
7 Synode 2021-2023, §25.
8 Synode 2021-2023, §26.
9 Synode 2021-2023, §30.

Nous sommes des êtres de désir

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTOS : DR

Nos plus profonds désirs sont la preuve même de l’existence de Dieu, affirme Sophia Kuby, dans un magnifique petit livre « Il comblera tes désirs. Essai sur le manque et le bonheur ». J’ai eu la joie de rencontrer cet été cette jeune théologienne allemande, qui travaille comme formatrice de leaders chrétiens chez ADF (adfinternational.fr).

Elle commence par cette constatation : nous sommes faits de désirs. De grands désirs. Nous ne sommes jamais pleinement satisfaits, nous ne serons jamais entièrement comblés. Même quand nous obtenons ce que nous espérions, il nous arrivera tôt ou tard de désirer d’autres choses. Mais il est bon que nous ayons ces profonds désirs en nous, car c’est ce qui nous rend réellement vivants et nos manques sont le moteur de beaucoup de nos actions. Une certaine spiritualité chrétienne visait à réfréner tout désir, avec le risque de devenir des personnes éteintes. Nous cherchons à apaiser notre désir insatiable par la consommation, la distraction, la recherche de plaisirs. Mais, en fait, notre désir est infini. Comme croyants, nous voyons que seul Dieu peut réellement nous combler et nous croyons qu’il veut notre bonheur. Nos désirs d’infini nous ouvrent à plus grand que nous et au bonheur du Ciel. L’enjeu dès lors est d’orienter vers Lui nos manques et de renoncer à des ersatz de bonheur pour qu’Il puisse nous combler entièrement.

Voilà qui peut éclairer notre Avent, temps de l’attente et de l’espérance, comme le chante magnifiquement cet hymne :

« Voici le temps du long désir,
Où l’homme apprend son indigence,
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres.
L’amour en nous devancera
le temps nouveau que cherche l’homme ;
Vainqueur du mal, tu nous diras :
Je suis présent dans votre attente. »

Concert de Noël

PHOTO : DR

Le Chœur d’Hommes, le Chœur des Familles, le Chœur des Jeunes, le chœur Saint-Michel, le Chœur la Romaine et l’Ensemble Vocal de Martigny sont heureux de vous inviter à leur concert de Noël en faveur de l’association « Les Pinceaux magiques » qui aura lieu le samedi 18 décembre à 19h30 à l’église du Bourg. Ouverture des portes dès 18h30.

Le certificat covid est requis afin d’accéder à cette manifestation.

Jeux, jeunes et humour – décembre 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi associe-t-on saint Nicolas aux enfants ? 
La fête de la Saint-Nicolas apparaît vers le XIe siècle sur la base d’une légende franco-allemande qui reprend des éléments revisités de la vie de Nicolas de Myre (IIIe siècle) et Nicolas de Sion (VIe siècle). Les trois innocents protégés par ces deux évêques d’Anatolie deviennent les trois enfants égarés chez le boucher Pierre le Noir qui les découpe en morceau pour les mettre dans son saloir. Pris sur le vif, le boucher avoue tout à saint Nicolas qui ressuscite les enfants et devient leur protecteur.

par Pascal Ortelli

Humour

A l’EMS Saint-Joseph, Nestor vient vers son ami Henri et lui annonce :
– Il y a Louis qui est décédé.
– Ah ! Et l’enterrement, c’est quand ?
Nestor retourne vers l’affichoir et revient en disant :
– C’est mercredi !
Soudain, pris d’un doute, il retourne consulter le faire-part.
– Non, c’est vendredi la sépulture.
– Ah, reprend Henri, Louis va mieux, alors !

par Calixte Dubosson

Création et évolution (Genèse 1-2)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Parmi les dossiers où l’on oppose souvent, à tort, la science et la foi, se trouve la belle problématique de la création. Les jeunes y sont particulièrement sensibles, risquant de reléguer le langage biblique à de l’obscurantisme anachronique et de lui préférer le discours scientifique, apparemment plus adapté à notre âge postmoderne. Or les textes de la Genèse disent le « pour-quoi » du monde créé, sans empiéter sur le « comment » scientifique de l’évolution.

Ce serait commettre un véritable contresens que d’opposer les deux regards : ils ne s’excluent pas, ils se complètent. C’est manquer de respect pour les Ecritures que de ne pas prendre en considération les genres littéraires des deux premiers chapitres de la Genèse : ce sont des récits théologiques et épiques et non descriptifs et informatifs.

La preuve que nous ne sommes pas appelés à faire une lecture littérale et « fondamentaliste » des pages inaugurales de la Révélation (contrairement à ce que préconisent certains frères et sœurs chrétiens évangéliques, notamment étasuniens, qui récusent faussement l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les écoles), c’est que, précisément, nous avons deux présentations de l’acte créateur divin : Genèse 1 le met en scène comme une grande liturgie par séparations successives, culminant dans l’apparition de l’homme et de la femme à l’image du Seigneur (Genèse 1, 27) et dans le repos sabbatique. En Genèse 2, nous avons l’impression que l’écrivain inspiré « reprend les choses à zéro », qu’il propose la création de l’homme seul (2, 7), puis du grand jardin dont celui-ci est dépositaire responsable, avant de parvenir au couple, avec la femme tirée de la côte de l’homme (2, 23).

Essayez d’en faire le scénario d’un film : c’est impossible. Précisément parce que le texte scripturaire se place sur un autre registre : celui du « sens » des réalités, telles que voulues par Dieu. Quant au langage de l’évolution, plus les sciences dévoilent la splendeur de l’infiniment grand et petit, plus elles chantent l’immensité de celui qui a présidé à leur mise en ordre cosmique !

Croyons de manière intelligente et scientifique, de manière à rendre les approches scientifiques toujours plus humaines et spirituelles !

Coupe du Monde : oui – Exploitation des travailleurs : non

L’ACAT Suisse * lance sa pétition annuelle à l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’Homme le 10 décembre. La pétition demande aux autorités de l’Emirat arabe du Qatar, organisateur de la Coupe du Monde de football 2022, de respecter les droits humains des travailleurs migrants.

PAR ACAT SUISSE | PHOTOS : DR

ACAT Suisse est très préoccupé par la situation de milliers de résidents étrangers travaillant au Qatar – en particulier de celles et ceux œuvrant à la mise sur pied de la Coupe du Monde de football de 2022. Depuis l’attribution au Qatar de l’organisation de cet événement, des milliers de travailleurs, en grande partie étrangers, sont décédés sur les chantiers liés à ce projet à cause des conditions de travail et de climat très dures, ainsi que du manque de protection à leur égard. Et ce, souvent sans que leurs familles en aient été informées, ni indemnisées. En 2020, le Qatar a aboli le système très controversé de la « Kafala ». Cette décision est à saluer. Cependant, de nombreuses lacunes existent encore dans la protection des droits des travailleuses et travailleurs au Qatar.

Des conditions de travail inhumaines. – Afin de remédier durablement aux nombreuses lacunes dans la protection des droits des travailleuses et travailleurs au Qatar, nous enjoignons urgemment à :

• Enquêter sur les décès ayant eu lieu dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde, établir les responsabilités, poursuivre et juger les responsables ainsi qu’accorder une indemnisation et une réparation équitables et adéquates aux familles des victimes.

• Augmenter le nombre de contrôles sur les conditions de travail des ouvrier·ères engagé·es et instaurer une période de repos obligatoire proportionnelle aux conditions climatiques et au type de travail effectué.

• Exiger des médecins légistes l’établissement d’un certificat détaillant les causes précises des décès, avec l’obligation d’effectuer une autopsie dans les cas de mort suspecte, soudaine ou sans cause établie.

• Créer, au niveau national, un système efficace d’enregistrement des décès et de leurs causes avec l’obligation de transmettre rapidement les informations recueillies aux familles concernées, au Qatar ou à l’étranger.

* ACAT = Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – www.acat.ch

Signez la pétition sur www.acat.ch

Via Jacobi: Coppet – Genève

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà dLe mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Genève pour une dernière étape tout urbaine.

Départ depuis la gare de Coppet, 5h aller simple, 20,15 km

1. Depuis la gare CFF, montez en direction de Commugny et prenez sur la gauche à la 4e intersection le chemin Sous-Gay qui vous permettra de traverser Tannay et Mies.

2. Après avoir atteint le complexe sportif d’Ecogia, descendez sur la gauche pour franchir le Nant de Braille. Vous arriverez alors à Versoix où vous longerez un joli petit « bisse » sur un chemin très apprécié par les enfants. Au bout de la localité, descendez pour rejoindre la voie ferrée et le pont sur la Versoix. 

3. Le tracé qui vous conduira sans grande difficulté à la gare de Genthod-Bellevue offre d’intéressants coups d’œil sur la rade. Longez la voie ferrée en ne manquant pas de saluer le taureau au regard inquisiteur.

4. Grimpez ensuite à Chambésy-Village où vous entrerez de plein fouet dans la Genève internationale. Villas, châteaux et ambassades se succèdent à un rythme fou. Au
niveau du domaine de Penthes, piquez du nez sur le jardin botanique.

5. Il vous reste alors à rejoindre la gare Cornavin par les quais puis de vous rendre à Bel-Air pour atteindre la vieille-ville.

6. Après une halte obligée à la cathédrale pour contempler le vitrail de saint Jacques, libre à vous de poursuivre en direction de Saconnex-d’Arve jusqu’au château de Compesières, siège d’une ancienne commanderie sur le chemin de Saint-Jacques, aujourd’hui musée de l’Ordre de Malte (comptez 1h45 de marche en plus).

Le retour se fait aisément en transports publics.

Curiosité

L’horloge Malbuisson et son carillon où défilent 42 personnages de bronze, au rythme de 16 cloches, sur le thème de l’Escalade, moment clé de l’histoire genevoise.

Coup de cœur

Le parc de jeux dans la forêt enchantée du jardin botanique.

Des « trésors » à partager

 

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS : DR

Pour s’essayer au menu de Loïs Auberson, c’est par ici : www.tresorsdesmonasteres.com

A seulement 17 ans, Loïs Auberson fonde Trésors des monas­tères, un site internet réunissant les produits confectionnés par des congrégations de Suisse romande.

Cette initiative vise à venir en aide aux monastères et communautés religieuses, privés de recettes en raison de la crise sanitaire.

Un menu monastique !

En apéro, une bière de l’Abbaye de Saint-Maurice. Un plat principal accompagné de légumes et de la sauce rouge de l’Abbaye de la Fille-Dieu de Romont. Le repas s’achève en douceur(s) avec des biscuits du Carmel et une tisane de l’Abbaye de la Maigrauge. Voilà le menu idéal de Loïs Auberson, car en fin gourmet, il a essayé toutes les spécialités qu’il propose sur le site qu’il a fondé pour promouvoir les produits monastiques du cru. « J’ai tout goûté », lance-t-il avec un ton malicieux dans la voix. Mais c’était pour la bonne cause. Il lui fallait se faire son propre avis afin de conseiller au mieux les futurs acheteurs.

Pour ce jeune Neuchâtelois, tout est allé très vite. A la lecture d’un article de presse, il découvre
les difficultés financières auxquelles les monastères romands doivent faire face à cause de la pandémie. Ni une, ni deux, il les approche pour leur proposer son idée. Et s’ils préparaient des coffrets surprise contenant leurs spécialités ?

Petit coffret deviendra grand

Le projet fonctionne tellement bien que Loïs Auberson décide de créer un site internet pour permettre aux personnes intéressées de s’abonner à ces fameux coffrets. « L’impulsion première était d’aider ces monastères par une action ponctuelle et aujourd’hui cela se prolonge par le biais de la vente en ligne. »

Douze communautés

De « petites mains » lui apportent un certain soutien logistique dans la préparation des coffrets, mais le jeune homme assume la plus grande partie de ce projet. Au-delà de l’aspect de soutien, cet engagement le porte dans sa vie de croyant. « Il y a dans la foi des moments de doute et de questionnement. Là, je sais que douze communautés pensent et prient pour moi. Je vois aussi ces religieuses et religieux comme des modèles. Passer autant d’années enracinées en Christ me rend admiratif. »

 

3 questions à… Jésus !

Pourquoi pas ? Le mois de décembre est celui qui pointe vers la célébration de sa naissance – bien qu’Il ne soit pas né un 25 décembre ! Comment voit-il cette période ?

PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Cher Jésus, tu vas voir une fois encore les temples et les églises se remplirent de gens qui viendront écouter des concerts, des veillées, des Carols, des messes et des cultes bien préparés, pour familles ou avec chœur… qu’en penses-tu ?

Cela me réchauffe le cœur de voir que c’est par la beauté que l’être humain se laisse émouvoir et mouvoir… Pour ma part, c’était la beauté du lys dans les prés qui m’avait le plus ému. Et mu, car j’ai parcouru des kilomètres dans mon propre pays, jusqu’à ses frontières décriées par les bien-pensants et j’y ai toujours trouvé la beauté de la nature, simple et sobre, à l’image de Dieu…

Comment vis-tu le fait que toi et nous savons bien que tu n’es pas né un 25 décembre ?

Eh bien moi non plus, comme des milliers de personnes aujourd’hui dans le monde, spécialement dans des pays où l’administration est déficiente, je ne sais pas exactement ma date de naissance. Mes parents me disaient que c’est à 12 ans, lors de ma Bar Mistvah, que je suis né véritablement : à la communauté juive, à notre village, aux yeux de Yahvé. Pour ma part, il me semble être né des centaines de fois : quand, au matin, contemplant le soleil se lever de derrière les montagnes – j’aimais bien aller seul, tôt, dans la solitude des collines –, le premier rayon me caressait le visage comme un « Shalom » de Dieu mon Père ; quand, le jour où mon cousin Jean-Baptiste m’immergea dans les eaux du Jourdain ; quand mes disciples revenaient, fatigués et tout heureux d’avoir reçu l’annonce que le Royaume était tout proche et changeaient le cœur des écoutants ainsi que le leur…

Que souhaiterais-tu dire à la communauté de Saint-Joseph ?

Chaque matin est un Noël car je ne dors pas mais veille à tes côtés, ô paroisien.ne ! Chaque jour est un Noël car donner est facile et apprendre à recevoir encore mieux. Chaque soir est un Noël car la nuit n’est point ténèbre, mais appelle à la confiance et à l’espérance car demain me porte vers un nouveau jour… de Noël ! Et puis, fais simple cette année, tu veux bien ?

Ces sourds qui savent écouter

Marlène Pochon vit à Chamoson. Elle est maman et grand-maman. Elle a travaillé plus de 20 ans comme infirmière. Il y a 16 ans, elle a ressenti le besoin de changer d’orientation professionnelle. Marlène donc a choisi de se mettre au service des personnes sourdes et malentendantes. Elle travaille comme codeuse interprète en LPC, c’est-à-dire langage parlé complété …

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

Codeuse interprète en LPC… Mais quel est donc ce travail ?

J’interviens auprès des enfants appareillés ou implantés à partir de la garderie ou de la crèche jusqu’à la fin de la formation professionnelle. Mais j’assume aussi d’autres missions pour les personnes adultes sourdes ou malentendantes.

Les sourds entendraient-ils mieux que nous ?

Je dirais plutôt qu’ils savent écouter. Entendre est une difficulté mais ils écoutent vraiment. L’écoute leur permet une relation vraie et leur permet de s’approprier des informations, d’apprendre. Les personnes entendantes, elles, sont noyées par une multitude de sons, de bruits qu’ils entendent, mais écoutent-ils vraiment ?

Qu’est-ce qui t’a poussée dans cet univers des malentendants ?

Ma relation à mon métier ne m’apportait plus la satisfaction nécessaire à un épanouissement. Pour réfléchir, je suis allée passer une semaine chez une amie. Cette personne, orthophoniste, s’occupait du langage des enfants implantés cochléaires *. Ce fut une découverte et même une révélation. Oui, c’était cette relation vraie, juste, que je voulais vivre !

Ton travail, c’est donc d’assister les personnes sourdes ou malentendantes dans leur scolarité ou leur formation ?

Exactement, j’interviens en milieu préscolaire, durant toute la scolarité obligatoire, pendant la formation professionnelle ou les études supérieures. Nous intervenons aussi dans les institutions spécialisées. Nous sommes une aide au développement de l’autonomie de la personne et facilitons l’intégration sociale. Nous aidons à la passation des savoirs et à la transmission d’informations. Nous aidons dans la communication et la relation entre enfants et jeunes en milieu scolaire. Les personnes sourdes ou malentendantes ont des besoins divers et variés (visite chez le médecin, colloque professionnel, formation, permis de conduire, loisirs, etc.

Quelle est cette langue qu’on appelle « parlé complété » ? Que permet-elle ?

D’abord, ce n’est pas une langue, mais un complément à la lecture labiale. Exemple : si je dis « pain, bain ou main », mes lèvres montrent la même chose. Avec la langue parlée complétée, j’ai recours à un système de clés syllabiques associées aux mouvements labiaux pour transmettre un message oral à une personne sourde ou malentendante. Cela permet une réception parfaite du message oral, sans plus de confusion car la main près du visage dessine et complète syllabe après syllabe tout ce qui est dit.

Comment les personnes sourdes ou malentendantes vivent-elles au quotidien ? Quelles sont leurs difficultés ?

C’est une adaptation permanente à l’environnement, aux personnes en face. Les informations sont très souvent mal transmises. Exemple : dans les trains, sur les quais de gare, les informations sont souvent uniquement sonores. Les portables et les ordinateurs aident à la communication mais c’est très insuffisant. Il manque énormément d’informations écrites ou d’attention pour ces personnes. En plus, depuis deux ans avec le COVID, c’est juste l’enfer pour eux, car les masques cachent les visages.

Tu expliques que les traits du visage sont des vecteurs de communication très importants : comment cela ?

Les yeux expriment ce que tu vis à l’intérieur, tu ne peux pas tricher si tu prends le temps d’observer en vérité. Donc avec les yeux, tu communiques. Les traits du visage expriment aussi des émotions, les mimiques, les attitudes passent des messages. Souvent les mots sont inutiles, ton visage montre si tu es heureux, fâché, triste… Elles sont expertes dans le domaine de l’observation. Il y a tellement d’informations sur nos visages ! Tricher avec eux est difficile à ce niveau.

D’une certaine manière, pourrait-on dire que les personnes sourdes/malentendantes entendent mieux que les autres ?

Je dirais qu’elles entendent différemment, pas forcément avec les oreilles mais avec les yeux et là est toute la différence. Elles entendent peut-être mieux car leur attention à l’autre est plus présente, plus profonde, plus vraie. C’est tellement important pour eux, qu’ils y mettent beaucoup d’énergie et de cœur. Leur écoute est peut-être plus vraie.

Quels ont été tes principaux défis dans ta relation avec les personnes sourdes ou malentendantes ?

Je dirais d’abord apprendre moi aussi à écouter différemment. Puis la patience et me réjouir de chaque progrès. L’observation et l’attention sont des aspects importants. Le plus grand défi, c’est d’arriver à dire suffisamment merci pour tout ce que m’ont apporté ces jeunes jusqu’ici. Saurais-je le faire ?

Merci Marlène.

* Implants cochléaires ? L’implant cochléaire est une prothèse auditive interne et externe. L’élément interne est constitué d’un stimulateur électronique et d’un faisceau d’électrodes. Le stimulateur est placé sous la peau et le faisceau inséré dans la cochlée au cours d’une intervention chirurgicale. La partie externe est composée d’un microphone, d’un processeur vocal et d’une antenne. Cette partie est posée sur l’oreille et le cuir chevelu.

Mosaïque d’Alexandre Blanchet

Eglise Saint-Joseph, Genève

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’œuvre que je vous présente ce mois-ci est toute particulière pour moi : Saint-Joseph est l’église de mon enfance. J’ai grandi, dimanche après dimanche, en regardant Jésus marchant sur un établi qui ressemblait beaucoup à celui qui se trouvait dans l’atelier de mon papa encadreur. Cette mosaïque nous parle précisément de cela : d’une histoire d’enfance, d’une photo de famille, de quelques instantanés de la vie d’un enfant et de ceux qui ont pris soin de lui.

Chaque année, pendant la période de l’Avent, nous écoutons les mêmes textes. Avec le temps, nous oublions peut-être de nous laisser émerveiller par l’extraordinaire message de l’ange : « Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit: ‘‘Dieu-avec-nous’’. » (Mt 1, 23)

L’œuvre d’Alexandre Blanchet nous invite à nous arrêter sur ce qu’est l’Incarnation. Le Dieu qui a fait le ciel et la terre, celui qui a fait sortir Israël du pays d’Egypte, qui a fait toutes ces grandes choses… nous rejoint sur terre. Il aurait pu venir directement en tant qu’adulte. Il choisit cependant de le faire, non comme Mary Poppins qui apparaît portée par le vent pour aider les familles qui en ont besoin, mais comme un bébé. Et même comme un embryon qui grandit dans le ventre de sa mère. Notre Dieu se remet, fragile parmi les fragiles, entre les mains de ses créatures. Il choisit de tout recevoir de deux êtres humains.

Ici, Jésus apprend à marcher, tenu par les mains de Joseph; la Sainte Famille est rassemblée autour de l’établi où Joseph travaillait. On rétorquera peut-être que ces scènes ne sont pas bibliques. C’est vrai, elles ne font pas partie de celles qu’il a semblé essentiel de transmettre par les Evangiles. Toutefois, elles nous aident à (re)découvrir des aspects auxquels nous ne pensons peut-être pas tous les jours. Cet enfant qui marche sur l’établi, c’est notre Dieu…

22ème Journée de la presse paroissiale – Novembre 2021

Samedi 27 novembre dernier s’est déroulée la 22e Journée de la presse paroissiale à Saint-Maurice, vous retrouverez ici des documents en lien avec cette journée.

Quelques liens utiles:

Thèmes et rubriques 2022

Thèmes 2022

Mois Sujet
Janvier L’espérance face aux crises (François-Xavier Amherdt)
Où puiser des raisons d’espérer encore, envers et contre tout? C’est tout le dynamisme de l’Evangile qui s’inscrit dans cette perspective de «résilience spirituelle». Le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ a des retombées sur les crises que nous traversons, sanitaire, écologique, économique, ecclésiale. Le terme «crise» veut dire d’ailleurs en grec moment décisif où prendre des options fondamentales. Les siècles qui nous précèdent ont connu des épreuves encore pires que les nôtres. Soyons dans la joie et espérons, avec le pape François: le meilleur est à venir. Notre foi est tournée vers l’accomplissement, vers l’eschatologie, vers les choses dernières, dès aujourd’hui.
Février Pastorale des handicapés (Thierry Schelling)
Vous rappelez-vous encore des Jeux paralympiques de l’été 2021? Un vrai feu d’artifice de prouesses humaines par ces femmes et ces hommes en situation de handicap. Une pastorale pour et par eux égaye la vie des communautés d’Eglise. Tour d’horizon.
Mars Consacrer sa vie à autre chose (Myriam Bettens)
Ils ont dit oui à Dieu pensant peut-être que c’était pour la vie. Pourtant, il arrive qu’ils discernent que leur place n’est pas là et d’autres sont guidés vers la sortie avant les vœux définitifs. Un éclairage sur les motivations qui poussent ces religieux à remettre en cause leur engagement et quitter la vie consacrée.
Avril Chrétien dans un monde qui ne l’est plus? (Calixte Dubosson)
La société de consommation, les nouvelles technologies mais surtout le relativisme font qu’il est de plus en plus difficile de diffuser la vérité chrétienne. Dans la plupart des interviews, les réponses «oui et non» ou encore l’adverbe «relativement» sont systématiquement utilisés. Dans un monde gouverné par le phénomène de l’émotion, le chrétien peut-il proposer une sagesse qui demande du recul par rapport au vécu et approfondissement de l’évènement?
Mai Dieu au féminin (Thierry Schelling)
Elle est créatrice et Mère de toutes et tous, Dieu.e… Surprenant? Dérangeant? Et pourtant, «à son image» nous sommes créé.es, c’est-à-dire «mâle et femelle». C’est donc que Dieu est féminine…
Juin Le patrimoine immobilier de l’Eglise (Pascal Ortelli)
A qui appartiennent les édifices religieux et les bâtiments qui parfois les entourent? Comment gère-t-on ces biens? D’une manière responsable en lien avec les principes de l’enseigne- ment social de l’Eglise ou dans l’optique de maximiser les rendements? Une église peut-elle être désacralisée et vendue comme en France? Voilà autant de questions abordées dans ce tour d’horizon romand.
Juillet-août Faut-il se désoler de la baisse des mariages à l’église? (Calixte Dubosson)
La constatation est générale: de moins en moins de couples choisissent de se marier à l’église. Beaucoup ne se sentent plus à l’aise dans un lieu qu’ils ne fréquentent plus. D’autres utilisent des organismes profanes pour penser la cérémonie selon les désirs de chacun. Faut-il se désoler de ce phénomène ou, au contraire se réjouir d’un surcroît de vérité dans la démarche des jeunes chrétiens d’aujourd’hui?
Septembre Ecole buissonnière (Myriam Bettens)
Il n’y a pas si longtemps, le paysage éducatif romand se composait en grande partie d’écoles et d’instituts confessionnels. Leur nombre s’est fortement réduit. Entre fermetures et reprises par l’Etat, les établissements qui subsistent cherchent à préserver la liberté de développer un projet de société autre que celui de l’Etat, tout en coexistant avec celui de l’école publique.
Octobre Vous avez dit Synode? (Thierry Schelling)
Synode. Mot qui (dé)plaît, mot piège, peut-être. A une année du lancement, selon la nouvelle méthodologie voulue par le pape François, du Synode sur la synodalité – projet voulant «imaginer un futur différent pour l’Eglise» – où en est-on concrètement? Bilan à mi-parcours, entre réjouissances et déceptions.
Novembre Fin du monde, une histoire sans fin? (Myriam Bettens)
La notion d’apocalypse remonte aux origines de notre monde. Toutes les civilisations et toutes les religions ont un discours en la matière. Mais cette crainte a resurgi à l’aune de la pandémie de coronavirus. Certains y entrevoient un signe de la fin des temps, un fléau apocalyptique. Pourtant, il y a dans la fin du monde une histoire sans fin.
Décembre Le langage de l’art sacré (Amandine Beffa et Jean-Claude Gadmer)
L’art sacré en Suisse romande est riche en époques et styles différents (de l’abbatiale de Romainmôtier à l’église de Gland). Il a en commun d’être un langage qui s’adresse aux «hommes de ce temps». Aujourd’hui, il nous parle de ce qui habitait le cœur de nos ancêtres: de la théologie de l’époque, mais aussi de ce qui faisait leurs angoisses et leurs joies.

Hors-série (automne 2022)

Trois jubilés pour la mission de l’Eglise
En 2022, l’Eglise commémorera trois jubilés : les 400 ans de la fondation de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, les 200 ans de la création de l’œuvre de la Propagation de la Foi par Pauline Jaricot à Lyon et les 100 ans de l’élévation à la nature pontificale et universelle de trois Œuvres missionnaires – aujourd’hui nommées Missio en Suisse – dont la Propagation de la Foi, l’œuvre la plus ancienne. Autant de thèmes à découvrir dans notre hors-série qui sera proposé l’automne prochain.

Rubriques 2022

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2022.

En 2022, nous vous proposons quatre nouvelles rubriques

La carte blanche diocésaine: chaque mois, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève- Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Paroles de jeunes, parole aux jeunes: à tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profiteront de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse.

Faire recette: du fruit cueilli par Adam et Eve au repas de la Cène, de nombreux moments décisifs de la Bible se jouent autour d’un repas. Aujourd’hui encore, la nourriture que nous mangeons pour marquer les temps forts de l’année dit quelque chose de nos racines chrétiennes. Une invitation à «guigner» dans la cuisine de vos voisins et à reproduire leurs recettes dans la vôtre !

Zoom sur…: capucins, Focolari, dominicains ou diaconesses de Saint-Loup, comment s’y retrouver parmi les nombreuses communautés religieuses, œcuméniques ou interreligieuses qui peuplent la Suisse romande? Chaque mois, L’Essentiel donne un coup de projecteur sur l’une d’entre elles, en lien avec une fête qui la caractérise, un élément lié à sa fondation ou les notes de sa spiritualité spécifique.

Format B5

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Nouveau! Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Paroles de jeunes, parole aux jeunes Nouveau! Tournus externe
14 Zoom sur… Nouveau! Pascal Ortelli
15 Faire recette Nouveau! Myriam Bettens
16 En librairie Calixte Dubosson

Format A4

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Parole de jeunes, parole aux jeunes Nouveau! Tournus externe
8 Carte blanche diocésaine Nouveau! Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

Radio R : la radio positive et souriante !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Radio R est un projet de radio chrétienne lancé en Suisse romande sur le DAB+ et sur Internet en 2015. Il est porté par Radio Réveil, une association du canton de Neuchâtel qui produit des contenus radiophoniques chrétiens depuis 1949.

PAR EMMANUEL ZIEHLI

PHOTOS : LOUANGE.CH, DR

Initialement, son travail était destiné à de grandes radios périphériques françaises (RMC, RTL et Europe1), puis des radios libres, des radios chrétiennes françaises (dont RCF, Notre-Dame et Maria) et quelques radios locales en Suisse (RTN et Rhône FM notamment).

En 2015, elle passe le cap de la diffusion grâce à l’arrivée du DAB+ en Suisse. Vous y entendrez principalement de la musique chrétienne (80% de la programmation) ainsi que des chroniques (20% de la programmation) produites par Radio R ou issues des radios des grandes familles chrétiennes de Suisse et de France (protestantes, catholiques et évangéliques).

Le ton est résolument positif et souriant. Toutes les heures, la RTS prend le relai pour les nouvelles, les équipes de journalistes et d’animateurs accompagnent les auditeurs dès 6h jusqu’à midi et de 16h jusqu’à 20h en vous proposant des réflexions sur des sujets variés (famille, musique, actualité, femmes, etc.) et de manière non exhaustive.

En Valais, deux antennes diffusent Radio R : Crans-Montana et Chemin-Dessus. L’association « Radio Réveil » produit « Twittomélies » depuis 2016 qui enregistre actuellement sa cinquième saison. Contraction de twitto et homélie, ce sont de petits encouragements d’une minute au quotidien et sont dus à l’abbé Vincent Lafargue. Ces contenus sont particulièrement appréciés sur Radio R mais également sur une vingtaine de radios chrétiennes en France et en Afrique.

https://radio-r.ch/ ainsi qu’Appstore et Playstore.

Sépulture dans l’intimité

PAR CALIXTE DUBOSSON | PHOTOS : CATH.CH/FLICKR

Paris 9 décembre 2017: le décès de Johnny Hallyday crée une émotion nationale. Lors de ses obsèques, un «hommage populaire» lui est rendu avec une descente des Champs-Elysées en musique, par le cortège funéraire, devant près d’un million de personnes. Suit une célébration religieuse en présence de nombreuses personnalités politiques, de la chanson, du cinéma et des médias. Le tout est retransmis en direct par les chaînes d’information, en continu.

Authon (France), samedi 5 dé­cembre 2020 : une quarantaine de personnes – famille et cercle proche – assistent à la messe de sépulture de M. Valéry Giscard d’Estaing. Une assemblée réduite, imposée par les mesures sanitaires, mais qui correspond au « souhait et à la volonté » d’intimité de l’ancien président de la République.

Sion, 11 janvier 2021 : « Je désire que ma mort soit annoncée et accueillie comme une fête, celle de la rencontre du Père dans les cieux, la troisième naissance », avait écrit le cardinal Henri Schwery dans son testament spirituel. Malgré ce désir, les normes imposées par la pandémie ont drastiquement limité la participation à ses funérailles : cardinal ou pas, c’était 50 personnes, pas plus.

L’intimité, une pratique de notre temps

Trois événements, trois manières différentes de vivre un deuil. La pandémie du Covid a contraint les familles à vivre leur deuil dans l’intimité. Pourtant, cette pratique n’est pas nouvelle. Elle était en progression constante depuis quelques années. Ce phénomène montre une approche totalement inédite de la façon d’appréhender et de vivre l’évènement de la mort. On assiste actuellement à une modification de l’attitude des gens face aux rituels qui accompagnent la mort ; les funérailles sont de plus en plus fréquemment célébrées dans l’intimité de la famille, voire dans la plus stricte intimité, dans une église, dans un centre funéraire ou dans les locaux aménagés des entreprises de pompes funèbres elles-mêmes. La dimension sociale est progressivement écartée. Par ailleurs, on ne fait plus systématiquement appel au prêtre pour la célébration.

Cette évolution est plus particulièrement perçue en milieu urbain. Dans un village où société civile et communauté religieuse se recoupent souvent plus largement, la sépulture est un événement qui revêt à la fois un caractère social et religieux. En effet, de près ou de loin, une large partie de la population se sent concernée par la mort d’un membre de la communauté villageoise, en raison de sa proximité avec lui. Très souvent, beaucoup ont partagé un bout d’histoire avec le défunt ou sa famille.

En ville, il en va autrement. Cela ne fait pas toujours sens de célébrer des funérailles à l’église si le défunt n’était pas croyant ou si sa proche famille ne l’est pas non plus. Après discussion avec les services funèbres, avec le prêtre, on opte alors pour une célébration dans l’intimité ou dans la plus stricte intimité. Cela met en évidence un élément qui m’interpelle : la famille ne prend plus nécessairement en compte le lien social de son défunt, aussi petit soit-il, pour laisser la possibilité aux personnes ayant, d’une manière ou d’une autre, été proches de celui-ci, de lui dire « à Dieu ». Cela n’est pas toujours bien accepté par ces personnes qui expriment parfois leur regret et leur désapprobation.

L’intimité vue par les professionnels

Comment en est-on arrivé là ? Pour un employé des pompes funèbres : « Certaines familles vivent des ruptures, des déchirures en leur sein et n’envisagent pas d’être exposées au regard de tous : comme mises à nu. La célébration dans l’intimité est alors une protection. » Pour un autre : « L’aspect financier pèse lourd : par exemple, l’argent manque et il apparaît impossible d’honorer la présence de chacun à travers une invitation à une agape largement ouverte. » Pour d’autres enfin, la participation importante ou faible aux obsèques risque de mettre à nu les bonnes ou mauvaises qualités relationnelles du défunt. Ils choisissent alors une cérémonie privée de public.

Georges Mottiez, ancien directeur de pompes funèbres, « considère que la perte, ou l’absence, de pratique religieuse parmi les jeunes générations explique en grande partie la demande d’intimité. Il n’y a plus aucun repère. Les gens viennent à l’église avec leur playlist pour la cérémonie, ignorant qu’il y a souvent un chœur pour l’enterrement. On se fait sa propre religion. C’est « à la carte » », précise-t-il. Même si le défunt était pratiquant, il arrive que les enfants changent parfois les dernières volontés du parent, en demandant l’intimité. La célébration n’a plus la même dimension. La famille souhaite une célébration simple, pas trop longue. Par ailleurs, on ne veut plus trop s’afficher à l’église dont on s’est éloigné ou qu’on n’a jamais fréquentée. Les gens ne participent plus à l’assemblée dominicale, notamment après avoir été forcés dans leur enfance ou leur jeunesse.

Citée par le Journal de Cossonay en 2013, la pasteure Christine Nicolet regrette cette situation : « Nous sommes tous touchés par l’individualisme de notre société, et nous nous en plaignons. Alors pourquoi contribuer encore à la montée de la solitude en demandant à partir tout seul ? La mort n’est pas une affaire privée, elle est affaire de société. En tout cas si on veut que cette société continue d’être humaine. »

L’intimité imposée

Voilà ce qui est pour une intimité choisie et assumée. Mais qu’en est-il lorsque celle-ci est imposée par les circonstances ? La pandémie du coronavirus a profondément impacté la façon de vivre de notre société et aussi celle de l’Eglise. Nous avons été contraints d’aller contre nos réflexes naturels de solidarité avec les familles en deuil en les laissant seules assumer une « double » peine : celle de perdre un être cher et celle de ne pas pouvoir célébrer avec la communauté des amis et des connaissances.

De tout temps, la réaction spontanée des personnes humaines a été de présenter à la famille endeuillée ses condoléances soit par une présence physique, soit par des messages et des offrandes de messes. Au temps de Jésus déjà, les sépultures rassemblaient une affluence considérable comme le souligne saint Luc : « Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. »

Soit en tant que prêtre, soit en tant que famille, lors des célébrations dans l’intimité, jamais nous n’avons autant cruellement ressenti l’absence de nos proches et connaissances ainsi qu’un désir d’être entourés et consolés par des poignées de main ou des accolades sincères. Il est donc précieux de redire ici le rôle essentiel de la communauté paroissiale dans le processus de deuil. Pourtant, j’ai ressenti que les brèves cérémonies vécues dans un décor plus restreint que l’église paroissiale, avec une approche plus personnalisée notamment avec des textes et des musiques que le défunt appréciait, a mis du baume au cœur des familles. Beaucoup ont quand même trouvé une réelle consolation dans ces moments de prière.

Quel avenir pour le processus de deuil ?

La question se pose donc : verra-t-on une augmentation de l’intimité amorcée avant la pandémie ? Ou au contraire, assistera-t-on à un retour de belles cérémonies vécues par de grandes assemblées ? Verra-t-on les célébrations comme celle de Johnny Hallyday devenir monnaie courante ou alors assistera-t-on à un renforcement de celle vécue pour Valéry Giscard d’Estaing et pour le cardinal Schwery qui auraient, à coup sûr, rempli trois églises ? La réponse est à lire d’ici peu dans les faire-part des familles endeuillées de nos quotidiens.

Une prière exaucée

Une dame de 90 ans, fille unique et célibataire, m’a confié qu’elle priait tous les jours pour qu’il y ait du monde à son enterrement. J’ai accueilli cette confidence sans lui rétorquer que c’était humainement impossible. Le jour de son décès, nous fixons la cérémonie pour le mercredi suivant.
Deux heures après, un autre décès m’est signalé. La famille désire également le mercredi. Je réponds que c’est impossible, la place est déjà prise. La famille insiste :
«Ne peut-on pas s’arranger avec la famille de la dame pour une cérémonie commune?» «Bien sûr», acquiesce le curateur de la nonagénaire. L’église fut remplie et la prière de la dame pleinement exaucée !

La veuve et la foule (Luc 7, 11-17)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Quand il est question de funérailles, dans les évangiles, et que Jésus y est mêlé, la famille du défunt est toujours fort bien entourée: ainsi de nombreux Juifs sont venus auprès de Marie et Marthe, les proches du Christ, pour les consoler de la mort de leur frère (cf. Jean 11, 45). De plus, ils restent avec elles quatre jours après la mise au tombeau de Lazare. Si bien qu’ils peuvent assister au miracle du retour à la vie de ce dernier, grâce à l’intervention priante de Jésus : après avoir vu pleurer Marie et les Juifs qui l’accompagnaient, le Maître frémit, il pleure lui aussi, il invoque le Père et arrache son ami à la mort (cf. 11, 33-44). C’est devant l’assemblée des personnes présentes que le Fils de Dieu opère, si bien d’ailleurs que certains vont le dénoncer auprès des pharisiens pour qu’il soit arrêté et mis à mort.

Quand la veuve de Naïn porte en terre son fils unique, une foule considérable de la ville est là et fait route avec la femme désespérée (cf. Luc 7, 11-17). Les gens deviennent ainsi eux aussi témoins de l’acte de résurrection du Christ, lorsque celui-ci s’approchant, touchant le cercueil, intime l’ordre au jeune homme de se lever et qu’il le rend à sa mère. Le deuil et l’œuvre du Fils de l’homme se vivent en groupe.

C’est en peuple que le Seigneur sauve Israël, c’est en communauté que la populace se laisse alors saisir d’admiration devant l’événement inconcevable et glorifie Dieu pour le prophète qui s’est levé de la sorte et a visité la nation élue. C’est toujours en communauté que la Trinité nous rejoint, lorsque nous sommes frappés d’abattement et de malheur et qu’elle nous remet debout par l’espérance.

Ne restons jamais seuls, dans nos épreuves. L’Esprit nous donne des frères et des sœurs « con-solateurs » (c’est le sens du terme latin cum-solus, être avec ceux qui sont seuls). Laissons-nous porter et soutenir par eux. Et donnons à tous la possibilité de dire adieu à la personne décédée.

En librairie – novembre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Myriam, mon amour
Jelle Lemaitre

A 30 ans, on a la vie devant soi. Mais quand le cancer vient bouleverser le bonheur d’une jeune famille, quand la mort vient séparer un couple, comment survivre à une telle souffrance ? Jelle Lemaitre, père de deux jeunes enfants, a vécu ce véritable chemin de croix aux côtés de son épouse Myriam, touchée par un cancer en 2017 et foudroyée en huit mois. Avec pudeur et simplicité, Jelle Lemaitre retrace ce cheminement où l’espérance a fait irruption dans la nuit comme le soleil du matin de Pâques. Ce témoignage bouleversant, mais serein, sur le veuvage précoce est avant tout un hymne à la vie et un appel à saisir les joies de chaque instant. 

Editions Première Partie

Acheter pour 19.50 CHF

De la mort jaillit la vie
Marguerite Chevreul

Elles sont 300 millions dans le monde dont le conjoint est décédé, mais dont on ne parle guère. Moins nombreux, mais tout aussi éprouvés, il y a les veufs ! Tous doivent assumer la responsabilité du foyer, affronter les difficultés matérielles et psychologiques et souvent assurer l’éducation des enfants. Eprouvées humainement, les veuves sont capables d’une étonnante résilience. De la mort elles font rejaillir la vie en s’appuyant sur le Christ ressuscité. Ce livre, qui s’appuie sur de solides références bibliques, s’adresse à tous ceux qui traversent le deuil ou le veuvage : il leur ouvre des chemins de lumière et de vie.

Editions Salvator

Acheter pour 32.40 CHF

Les soignants 
Gwenaëlle Boulet

Pasteur, philosophe, organiste, médecin, Albert Schweitzer (1875-1965) est le précurseur de l’action humanitaire. En 1952, il reçoit le prix Nobel de la paix.
Pédiatre et psychanalyste, Françoise Dolto (1908-1988) a consacré sa vie à faire entendre la voix des enfants. Frère Luc de Tibhirine (1914-1996), moine médecin, tenait un dispensaire où il accueillait et soignait la population locale à Tibhirine, en Algérie. Il a été assassiné avec six autres moines en 1996. Cette BD montre comment chacune de ces trois figures incarne à sa manière, l’engagement du médecin au XXe siècle.

Editions Bayard Jeunesse

Acheter pour 17.50 CHF

Etre là   
Elisabeth de Courrèges

A travers une série de récits bouleversants écrits après son confinement dans un EMS, Elisabeth de Courrèges partage, dans cet ouvrage, les rencontres qui ont jalonné son parcours de chrétienne et de soignante. Pour cette ergothérapeute de 26 ans, il s’agit de faire de chaque parole, chaque main serrée et chaque regard une présence du Christ auprès de ceux qui souffrent. Un livre d’une grande profondeur pour aborder la solitude, la souffrance et la fin de vie.

Editions Mame

Acheter pour 20.60 CHF

Pour commander

Je t’aime d’un amour éternel

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

La plupart des philosophies contemporaines visent comme but: «être bien», «être heureux». Nos contemporains se jettent donc vers toutes sortes de propositions pour trouver le «bonheur», cherchant ce qui fait du bien, comme le yoga, la méditation, les pratiques ésotériques, le développement personnel, pensant trouver une réponse au mal-être.

PAR OLIVIER TARAMARCAZ | PHOTO : PIXABAY

La recherche du bien-être pour lui-même signifie d’orienter sa vie vers ce but, en ne pensant pas à la limite que porte en lui-même le bien-être. Le bien-être procure une sensation momentanée d’être bien : « Je me sens bien » ; « ça fait du bien ». En se plaçant soi-même au centre, on devient le centre, le centre d’intérêt, d’action. Si je suis au centre, je vais organiser ma vie pour m’épanouir, me réaliser, m’accomplir. Tous mes choix, décisions, viseront ma croissance, mon bien-être personnel. Cette recherche n’est pas négative en soi, mais la question est : dans quelle direction est-ce que je me dirige ? Où cela me conduit-il finalement ? Le psalmiste souligne la limite de la recherche du bien-être : « Il pouvait se dire heureux pendant le cours de sa vie et on pouvait le louer d’avoir trouvé le bien-être, il lui faudra [pourtant] bien rejoindre ses ancêtres décédés qui, jamais plus, ne verront briller la lumière. » (Psaume 49, 19)

La recherche de sens. – Le sentiment de bien-être donne-t-il une réponse à la recherche de sens, au-delà du temps de la vie sur terre ? Dès lors se posent quelques questions : quelles sont les pensées qui fondent réellement ma vie ? Quelles sont les pensées que je cultive dans ma vie, qui sont en concurrence, voire en opposition avec la pensée de Dieu, révélée dans sa Parole ? Jésus me pose une question : « Est-ce que ce que je fais me fait ou me défait ? » La présence de Dieu produit la vie dans le cœur. Mais je ne peux pas produire la présence de Dieu, par aucun artifice, ni philosophique, ni culturel, ni politique… C’est Dieu seul qui me donne une nouvelle naissance, une nouvelle vie. C’est de lui seul que je reçois une nouvelle espérance : « Je mettrai mon esprit en vous » (Ezéchiel 36, 25-27). La promesse du Dieu vivant est extraordinaire. Aucun homme ne peut faire cela. Il désire mettre son Esprit en moi. Il l’accomplit dans la vie de toute personne qui fait appel à Jésus, qui a donné sa vie pour nous libérer de ce qui nous sépare de lui, de ce qui pèse sur nos cœurs, de nos échecs, de nos erreurs, de notre vie desséchée. Jésus le Ressuscité veut me ressusciter.

La recherche de la vie. – Vivre n’est pas seulement lié à une durée, à une accumulation de jours, à une accumulation de biens (matériels, culturels) ou à la recherche du bien-être. La vie réelle c’est de connaître intimement, personnellement celui qui m’a créé, soit de vivre une relation avec le Dieu personnel qui me donne la vie par son Esprit : « La vie éternelle c’est te connaître toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Evangile de Jean 17, 3) La vie réelle, la vie éternelle commence ici et maintenant, soit le jour où je me tourne vers Jésus-Christ, et je me détourne de la vie centrée sur mon propre moi. L’apôtre Pierre dit avec insistance : « Laissez le Seigneur être le centre de votre vie. » (Première épître de Pierre 3, 5) Est-ce que je connais ce désir qui me porte à désirer la présence de Dieu au centre de ma vie ? Ou est-ce que laisser Dieu à la périphérie de ma vie me suffit ? Le Seigneur me dit : « Je t’aime d’un amour éternel. » (Jérémie 31, 3) Est-ce que je continuerai mon chemin en refusant cette déclaration d’amour, ou est-ce que je répondrai comme le psalmiste : « Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien » (Psaumes 73, 8) ?

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