Christus Vivit: l’éclairage

Voici la quatrième partie de notre série sur l’exhortation Christus Vivit du pape François suite au synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Dans ce numéro, nous vous proposons de décrypter le septième chapitre du texte.Par Paul Salles
Photo: FJ

La première intuition que le pape ne cesse de rappeler, c’est que l’Église ne peut pas proposer une pastorale à destination des jeunes. Elle doit initier un chemin de rencontre avec les jeunes, et dans lequel les jeunes sont acteurs, sujets de la mission qui leur est adressée. Ainsi, les meilleurs évangélisateurs des jeunes sont les jeunes eux-mêmes. Nous ne devons pas proposer quelque chose pour eux, mais les accompagner de manière à ce qu’ils puissent développer leur créativité et les autres charismes que Dieu leur donne, dans l’Église. Mais nécessairement, ce sera avec leurs manières de faire qui ne sont pas forcément celles auxquelles nous aurions pensé. 

Les grandes lignes
Le pape François donne deux axes principaux de travail. Tout d’abord la recherche et l’invitation adressée aux jeunes qui n’ont pas encore fait cette expérience de l’amour de Dieu pour eux. Il s’agit d’une première annonce, celle du cœur de la foi qui mène à la rencontre personnelle avec Jésus. Cette annonce peut prendre toutes les formes, dans tous les milieux possibles, mais elle doit revêtir le « langage de la proximité » et la « grammaire de l’amour ». D’autre part, notre action doit viser la croissance et la maturation de la foi pour ceux qui ont déjà fait cette expérience. Le pape met en garde contre une formation qui resterait uniquement au niveau dogmatique ou moral. Il plaide pour un accompagnement qui leur permettrait d’approfondir l’essemble de la foi (le kérygme) et d’enraciner les expériences de la foi et de la vie chrétienne dans des propositions riches de sens et d’amour fraternel (entraide mutuelle, vie en communauté, service des plus pauvres…). Le pape souligne ainsi l’importance de développer des lieux qui soient de véritables foyers, où l’on peut faire l’expérience de la foi comme d’une vie de famille. Il demande même que l’on puisse laisser des locaux à disposition des jeunes pour qu’ils puissent créer cette vie fraternelle et prendre leur place dans la communauté ecclésiale.

Le pape cite ensuite différents domaines à renforcer : la prière et les rencontres favorisant le silence, le service du prochain, la musique, le sport ou la sauvegarde de la création, mais en soulignant que rien ne pourra jamais remplacer les fondamentaux de la vie chrétienne que sont la fréquentation de la Parole de Dieu, de l’eucharistie, du sacrement du pardon, à l’image des saints et à l’école de la longue tradition spirituelle de l’Église.

Accompagner une pastorale populaire et missionnaire
Le pape rappelle de nouveau l’importance de développer une pastorale « populaire », c’est-à-dire de ne pas se laisser enfermer dans un entre-soi qui nous fait perdre le souffle missionnaire. Il est bon de soigner la formation de jeunes leaders, passionnés par l’Évangile. Mais il ne faut pas oublier l’immense majorité des jeunes qui n’attendent (en apparence) rien de l’Église. Ce sont les brebis perdues pour lesquelles le bon pasteur ne craint pas de laisser le troupeau pour partir à leur rencontre. Il nous faut les rejoindre et créer des espaces de rencontre où chacun puisse trouver sa place. Sachons laisser aux jeunes l’initiative de créer de nouvelles formes de mission pour porter l’Évangile de façon nouvelle à leur génération. 

Enfin, le pape se fait l’écho des demandes des jeunes réunis en présynode qui demandent d’authentiques accompagnateurs. Trop souvent, ils se retrouvent seuls par manque de personnes qui puissent véritablement faire un bout de chemin avec eux, qui sachent marcher à leur rythme, être une oreille attentive. Ils décrivent ainsi les qualités de l’accompagnateur idéal : « Qu’il soit un chrétien fidèle et engagé dans l’Église et le monde, qui cherche constamment la sainteté, quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance, qui ne juge pas, qui écoute activement les besoins des jeunes et y répond avec bienveillance, quelqu’un qui aime profondément avec conscience, qui reconnaît ses limites et comprend les joies et les peines d’un chemin de vie spirituelle. » (CV 246)

Statue de saint Amé (Roger Gaspoz, Notre-Dame du Scex)

Par Amandine Beffa
Photo: Jean-Claude Gadmer

Les mains de saint Amé semblent s’ouvrir à la fois
pour prier Dieu et pour accueillir le poids du monde.

Au début du VIIe siècle, saint Amé, un moine de l’abbaye de Saint-Maurice, reçoit un appel à aller vivre dans la solitude sous le regard de Dieu. Il choisit une anfractuosité de la falaise qui surplombe la bourgade. 

Si plusieurs édifices se succèdent dans le temps, la vocation du lieu est inchangée. La chapelle de Notre-Dame du Scex accueille depuis les chercheurs de Dieu, que ce soit pour quelques minutes ou quelques années.

En 2011, pour célébrer le 1400e anniversaire de l’installation du premier ermite, Roger Gaspoz réalise une statue d’airain à son effigie.

Un aspect apaisant
Les mains de saint Amé, posées sur la Bible, semblent s’ouvrir à la fois pour prier ce Dieu pour lequel il a tout quitté et pour accueillir le poids du monde. D’ailleurs, si vous passez après une averse, vous remarquerez que les mains de la statue accueillent la pluie comme le saint accueille la volonté de Dieu et les prières de ceux qui gravissent les 487 marches qui les guident jusqu’ici.

Roger Gaspoz dit lui-même de saint Amé qu’il est présence : « […] à l’autre, imprégné qu’il est des errances et des espérances de ceux et celles qui viennent se confier à lui. Présence à ce Dieu à qui l’ermite aux mains ouvertes remet tout. Il se fait offrande de cette humanité à Celui qui entend tout, qui accueille tout, au Tout-Puissant en amour. »

L’œuvre du peintre et sculpteur valaisan dégage quelque chose d’apaisant. Son visage calme et ses yeux clos nous invitent à méditer un instant à ses côtés.

Laissons à Roger Gaspoz les derniers mots : « Oui, saint Amé est à la fois solitude, recueillement et présence, canal entre Dieu et les hommes. »

Source : « Notre-Dame du Scex », in Les Echos de Saint-Maurice, n° 23, automne 2011.

Jeux, jeunes et humour – mars 2020

Par Marie-Claude Follonier[thb_image image= »4620″ img_link= »url:/wp-content/uploads/2020/02/Jeu_mars2020. »]

Question de mars

Le papa de Jésus, c’est Joseph ou Dieu ?

De fait, ce sont les deux, mais pas sous le même rapport. Nous croyons que Jésus a été conçu dans le ventre de Marie par l’action de l’Esprit-Saint, ce qui n’empêche pas Joseph d’être son véritable père humain sur le mode de l’adoption. L’important pour l’époque était de reconnaître l’enfant et de lui donner son nom, ce que fit Joseph. De plus, si Jésus était issu d’un mariage « normal », cela ne remettrait pas en cause sa filiation divine pour autant. Car elle est d’un autre ordre que les lois de la biologie. Ainsi Jésus, dans tous les cas, est 100 % Dieu et 100 % homme.

Par Pascal OrtelliDans la vie, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, affirme le curé dans son cours de catéchisme.

– Ah, dit le petit nouveau, ça doit être vrai. Mon père me le dit tout le temps.

– C’est bien mon petit. Et qu’est-ce qu’il fait ton papa dans la vie ?

– Il est boxeur !

Par Calixte Dubosson

Les viandes consacrées aux idoles

Par François-Xavier Amherdt
Photo: DRC’est à la liberté que nous convie saint Paul, ainsi qu’au respect des frères et des sœurs qui ne disposeraient pas de la connaissance nécessaire pour le discernement de problèmes concrets. Dans la communauté de Corinthe, la New York de l’époque, c’était le surplus des viandes offertes en sacrifice aux idoles païennes (« idolothytes ») qui faisait problème. On les vendait au marché, et les chrétiens se demandaient s’ils avaient le droit de les acheter et de les consommer, sans pactiser pour autant avec les faux dieux : un cas de conscience pour les soucieux d’une observance stricte au Dieu unique.

Le caillou qui fait tomber
Pour les « forts », aucun problème. Puisque les idoles « n’existent pas », en réalité, et qu’en Jésus-Christ, les baptisés ont acquis une pleine liberté, il n’y a donc pas de difficulté à manger ces viandes « idolothytes ». Aucune fausse loi extérieure ne doit entraver la liberté intérieure. Pour les « faibles », c’est-à-dire les scrupuleux qui se faisaient du souci et avaient peur de pactiser ainsi avec le péché, il valait au contraire mieux y renoncer, par souci de pureté.

L’apôtre des nations fait triompher le principe pastoral du « scandale des faibles ». Mieux vaut pour les « forts », par charité chrétienne, renoncer à exercer leur liberté souveraine, plutôt que de plonger les « faibles » dans un problème de conscience et provoquer leur chute – c’est le sens en grec du mot skandalon, le caillou qui fait tomber. 

Sobriété évangélique
De même, aujourd’hui, nous pouvons manger ce que nous souhaitons, en vertu de la liberté accordée par le Seigneur. Nous ne sommes soumis à aucun interdit alimentaire. Rien ne nous oblige à devenir végétariens ni véganes. Mais si nous pouvons contribuer à sauvegarder la création et à favoriser le bien-être des peuples et des paysans, contraints à la monoculture ou à l’élevage intensif sous la pression des lois du marché, si nous pouvons nous unir ainsi positivement à ceux qui prônent une sobriété heureuse, très évangélique, achetons moins de viande et consommons équitable. Notre liberté en sortira grandie !

Saint-Ursanne (JU)

Par Pascal Ortelli
Photos: DR
[thb_image lightbox= »true » image= »4653″]Le jubilé du 1400e anniversaire de la mort de saint Ursanne est l’occasion de (re)découvrir le riche patrimoine de cette cité médiévale, perle du Jura. A cet effet, un circuit secret sera inauguré en avril pour « faire parler les pierres »…

Circuit secret : deux heures à pied.

1. Rendez-vous à l’Office du tourisme et téléchargez gratuitement l’application mobile qui vous permettra de découvrir l’histoire de la ville à votre rythme. Une version payante donne accès à plusieurs endroits insolites, mis en scène par des animations son et lumière et de la réalité augmentée.

2. Poursuivez jusqu’à la collégiale après avoir franchi plusieurs postes qui vous font découvrir la vie du saint ermite irlandais. Là, vous verrez son sarcophage.

3. Gravissez ensuite les 180 marches menant à la grotte de l’ermite. Un ours vous y attend ! Laissez-vous surprendre par la symbolique mythique de cet animal, tout en contemplant la ville.

4. Redescendez par le sentier de la Tourelle en passant par la porte Saint-Pierre, l’une des trois portes de la ville toutes encore debout, pour vous rendre à la statue de la sirène. Laissez-vous charmer par sa légende.

5. Regagnez votre point de départ en ne manquant pas de faire une halte sur le pont Saint-Jean pour vous recueillir devant la statue de saint Jean Népomucène, protecteur des ponts.

Plus d’infos sur: https://www.ursanne1400.ch/st-ursanne/Decouvrir-St-Ursanne/Circuit-Secret.html

Saint-Ursanne est la perle du Jura.

«Je suis une œuvre à la Lumière de l’Evangile»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unité pastorale de Notre-Dame de Tours (FR), mars 2020

Par Marco Cattaneo | Photo: DR

«La campagne de Carême de cette année 2020 aborde la problématique des semences, source de vie. Les étudiants sont aussi des semences, des semences d’humanité. D’où ce témoignage du Directeur de Saint Justin.J’ai pour mission d’offrir à des hommes et des femmes venant de pays émergeants, un environnement leur permettant d’acquérir une formation afin de faire ultérieurement bénéficier leur pays d’origine des connaissances acquises en Suisse. Grâce à l’aide de ces jeunes retournés chez eux, j’ai développé des aides dans leurs pays, ce qui m’a permis d’aller vers des personnes n’ayant pas forcément accès aux hautes écoles de leurs pays et surtout d’augmenter le nombre d’aides, car le coût est entre cinq et sept fois inférieur au coût d’une aide en Suisse.

J’ai aussi pour mission de promouvoir dans mes foyers de Fribourg, Zurich et Genève, une école de vie, où tolérance, respect et égalité de droit s’exercent dans un esprit démocratique. Ces maisons ne sont pas des ghettos, elles ressemblent à un village, ouvert à tous les peuples, à toutes les religions et à toutes les cultures. Ensemble nous nous efforçons de réaliser à notre niveau un monde plus pacifique et plus juste. Nous cultivons des relations fraternelles durables.

J’entends éveiller la compréhension de l’Eglise universelle comme communauté solidaire de foi. Dans cet esprit, je pense que les personnes en formation devraient être capables d’aider à résoudre les lancinants problèmes de leurs pays d’origines. Je soigne et encourage également le dialogue interculturel et interreligieux afin que les paroles, les gestes et les regards deviennent des pierres angulaires de l’édifice du « Monde en paix ». 

Nous espérons être des partenaires ayant les mêmes droits. Pour nous il n’y a plus, « ni Juifs, ni chrétiens, ni esclaves, ni hommes libres, ni hommes, ni femmes, car vous êtes tous UN dans le Christ Jésus. » (Gal. 3, 28)

Jésus-Christ et sa Bonne nouvelle, telle qu’elle vit dans l’Eglise, sont les bases de mes actions. Avec le Magistère de l’Eglise et en accord avec les principes qui régissent l’engagement universel de toutes les Eglises, je mets l’accent sur le respect de la dignité humaine, la justice sociale et la solidarité, le respect de la Création, la responsabilité et l’espérance. Voilà dans quel esprit j’avance dans cette mission depuis maintenant plus de 90 ans grâce à cette folle vision de mon père fondateur, Mgr François Charrière.

Toutes les personnes associées à mon œuvre doivent pouvoir s’identifier à cette mission et son esprit : ils sont des instruments de gestion du personnel. Toutes les personnes concernées prennent part au processus de planification et de décision selon les responsabilités qu’elles exercent. Cela implique une information adéquate et qu’elles s’efforcent d’aborder honnêtement et ouvertement les différences d’opinions et les conflits. De plus, elles utilisent de façon responsable les ressources disponibles (immeubles, finances, énergie, etc.) sachant qu’elles n’en sont que les gestionnaires. 

Seule, mon œuvre ne peut avancer, elle compte sur la responsabilité de chacun et chacune, selon ses convictions, afin que mon œuvre puisse continuer sa mission d’aide à la formation pour un monde meilleur. Vous, hommes et femmes de ce monde, vous pouvez m’aider par un geste de solidarité et de joie envers ceux qui souhaitent se former mais ne peuvent pas par faute de moyen. MERCI de votre partage.

« Donner de la joie, ici et ailleurs. »

Le fanatisme dans l’assiette

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mars 2020

Par le Chanoine Lionel Girard | Photo: Indra Laferte

Le thème du fanatisme dans l’assiette renvoie-t-il au vieil adage mens sana in corpore sano? Pas si sûr…Tout d’abord, parce qu’il établit un parallèle trop rapide entre l’esprit et le corps. Et tous les sondages, statistiques ou analyses de mettre l’accent sur ce que nous avons pu expérimenter nous-mêmes : l’équilibre mental parfait, le poids idéal, bref, cette quête insatiable de l’équilibre ou du bien-être semble plus complexe que la simple résultante d’une hygiène alimentaire basée sur la diététique dont les experts peinent à donner des recettes unanimes. 

Délaissons un instant nos balances, nos calculs de calories, d’IMC ou nos analyses sanguines… oui sortons de ce nombrilisme obsessionnel pour aborder une autre nourriture. Car l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (Mt 4, 4)

Ainsi dès les commencements, Dieu a parlé pour créer et protéger sa création. Il nous a invités à nous nourrir des bons fruits qui prolifèrent dans le jardin, à l’exception de ceux de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ainsi tout au long de la Révélation, le thème des repas se déploie tel un fil rouge ponctuant toute rencontre avec lui, souvent corrélés d’une offrande rituelle. Pensons par exemple aux visiteurs d’Abraham, à Esaü, à Elie face à la veuve de Sarepta… Quant à la nouvelle Alliance, elle s’ouvre sur la naissance du Verbe incarné déposé dans une « mangeoire » à Bethléem, se poursuit avec d’autres repas (Cana, Hérode, Marthe et Marie, multiplication des pains…) qui annoncent une réalité nouvelle : notre véritable nourriture, c’est Jésus lui-même, qui institue l’Eucharistie entouré de ses disciples. Par ce sacrement inséparable de la croix, tous les sacrifices sont récapitulés et dépassés, et cette action de grâces nous laisse entrevoir le festin des noces éternelles où l’amour seul régnera éternellement.

Incompatible donc avec tout fanatisme puisque le don par excellence est au cœur du mystère, l’assiette peut nous conduire à l’amour, si nous décidons de choisir comme régime quotidien, celui qui consiste à fréquenter, méditer, contempler la Parole vivante. Là est notre véritable régime capable de transformer nos cœurs et nos corps en offrandes saintes à sa gloire.

Une Montée vers Pâques pour les jeunes à Orbe

Le groupe de jeunes d’Orbe (GJ Urba) et la pastorale d’animation jeunesse Eglise catholique – Vaud (PASAJ) invitent tous les jeunes du canton à une montée vers Pâques à Orbe. Elle consistera en quatre jours de camp pour (re)découvrir le mystère de Pâques, approfondir sa foi et passer des moments forts entre amis et avec d’autres jeunes!Par Jérémie Favre
Photos: DR

La montée vers Pâques 2019 avait réuni à Morges 120 jeunes de 13 à 26 ans. Cette année, du 9 au 12 avril, c’est le groupe de jeunes d’Orbe (GJ Urba) qui reprend le flambeau.

L’an dernier, les participants ont vécu quatre jours intenses avec beaucoup d’amour et peu de sommeil. Une ambiance unique a régné dès le premier soir. Les jours qui ont suivi ont été rythmés par des activités pour tous les goûts : discussions en groupes, repas conviviaux, veillées de prière, messes, matchs de « bubble foot », témoignages, footing du matin, soirées au bar « chill and relax », louange du samedi jusque tard dans la nuit, etc. Ce mélange d’activités fun et foi a séduit les jeunes, qui ont tous beaucoup apprécié l’expérience. De nombreux partages entre les participants et avec le Christ ont apporté une dimension supplémentaire à ces quelques jours.

Réjouissez-vous, car il y a un « avant » et un « après » cet événement : on y ressent vraiment l’amour de Jésus. Oui, il est mort et ressuscité par amour pour nous !

Un programme intense et varié
A Orbe, à la paroisse catholique, du Jeudi saint 9 avril au dimanche de Pâques 12 avril, les célébrations du Triduum pascal, animées par les jeunes, donneront le rythme de ces quatre jours. Elles seront accompagnées de témoignages, de veillées et de moments de partage. Des activités et des soirées plus décontractées seront aussi au programme avec notamment un bar ouvert tous les soirs. Sans oublier les temps de louange, avec comme point culminant celui du samedi soir !

Le but est de se retrouver entre jeunes chrétiens qui assument leur foi et veulent l’approfondir. A noter qu’une partie des activités sera ouverte au public indépendamment de l’âge.

Des saints pour aujourd’hui
Qu’est-ce que la sainteté ? Comment être saint aujourd’hui avec tous les problèmes du monde ? A quoi Dieu m’appelle-t-il ? Ces quatre jours nous aideront à mieux comprendre ce que la sainteté signifie dans nos vies. Deux groupes réfléchiront au thème « Be the saints of today », « Soyez les saints d’aujourd’hui » : le premier est destiné aux 13-15 ans, le second aux 16-25 ans. Au plaisir de vous retrouver nombreux à Orbe du 9 au 12 avril !

Vous trouverez toutes les informations ainsi que le formulaire d’inscription pour la montée vers Pâques sur www.pasaj.ch/mvp2020. Vous pouvez poser vos questions à Marija à l’adresse électronique suivante: marija.minarski@cath-vd.ch.

Aimer, ça vaut la peine!

Par l’abbé Alexis Morard, curé modérateur
Photo: DR

Le temps du carême – dans notre incons­cient collectif – rime souvent avec amertume. Mais, comme dit un cantique, « mon amertume amère me conduit à la paix » ! (Is 38)

Loin de s’inventer des pénitences pour se donner bonne conscience, le temps du carême est un temps privilégié où l’on se donne du temps, justement, pour mieux aimer. Se donner de la peine pour aimer comme Dieu nous aime : voilà une définition évangélique de ce qu’on appelle communément pénitence. Et si nous suivons le Christ « jusqu’au bout » (Jn 13, 1), il nous donnera rendez-vous à la Croix où l’Amour est crucifié, mais où il aura le dernier mot !

Je nous invite donc à entrer dans ces 40 jours comme en quarantaine, non pas pour nous protéger les uns des autres ou pour nous replier sur nous-même, mais pour apprendre à mieux nous aimer d’un amour de charité, c’est-à-dire de l’Amour même dont Dieu nous aime tant. Car, comme l’a dit le pape François, « si le mal est contagieux, le bien l’est aussi » ! 

Alors, que notre charité se donne de la peine, que notre charité se fasse inventive…

Bon carême, dans la paix du Christ !

Carême 2020: «Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Haut-Lac (FR), mars-avril 2020

Texte par Madlaina Lippuner, Action de Carême | Photo : Action de Carême 

Loin de la cause, proches des effets : la réalité des petit(e)s paysan(ne)s du Sud – dont les moyens de subsistance sont menacés – peut nous sembler très éloignée. Que savons-nous en effet des multinationales des semences, des accords de libre-échange et de leurs conséquences pour l’existence des cultivateurs et cultivatrices, pour la biodiversité et pour notre avenir en Suisse ? Comme le montre la Campagne œcuménique d’Action de Carême, Pain pour le prochain et Être Partenaires, nous sommes cependant beaucoup plus interdépendants qu’il ne semble.En sélectionnant depuis des millénaires des variétés de plantes cultivées, les familles paysannes se portent garantes de la biodiversité et de la sécurité de notre alimentation. Elles les adaptent en effet aux conditions locales et à l’évolution du climat, les échangent, les multiplient et les vendent. Ce sont elles qui produisent 70% des aliments consommés dans le monde. Si l’agriculture paysanne est ainsi un modèle de réussite, pourquoi est-ce que les multinationales imposent de plus en plus leur propre vision ? 

Les grands semenciers et les promoteurs des accords de libre-échange exigent l’adoption d’une législation draconienne relative aux semences et aux obtentions végétales, que de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie ont fini par mettre en vigueur. Ces lois interdisent aux familles paysannes d’échanger ou de vendre leurs semences et les contraignent à acheter des semences industrielles, pour le plus grand bénéfice des multinationales. Les semences industrielles sont inadaptées aux conditions locales, très gourmandes en engrais et vulnérables aux ravageurs, de sorte que les paysan(ne)s doivent aussi acheter des engrais et des pesticides, tombant ainsi dans le cercle vicieux de l’endettement et de la pauvreté.

Sous le titre « Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir », la campagne œcuménique 2020 dénonce ces abus et montre que l’espoir n’est pas perdu. Dans de nombreux pays, des mouvements de paysan(ne)s s’opposent au maïs OGM et promeuvent, grâce à l’appui d’Action de Carême, de Pain pour le prochain et de leurs partenaires locaux, des techniques de culture agro­­écologiques.

Pour plus d’informations

www.voir-et-agir.ch/semences,
également : www.voir-et-agir.ch/events
Pour faire un don : CCP 46-7694-0

Jeunesse franciscaine à Romont

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), mars-avril 2020

Par Nathalie Jaccoud | Photo: Vincent Lathion

Après quelques parties de UNO en guise d’échauffement, voici un des refrains qui résonne dans la cure de Romont, chaque fois que le groupe de jeunes franciscains se réunit ! En effet depuis septembre et jusqu’en juin nous cheminons avec le thème « Choisis la vie ». Aidés par la démarche proposée pour toutes les fraternités franciscaines dans la revue « Cahier de spiritualité franciscaine » nous approfondissons ce thème en travaillant en alternance des textes bibliques et des écrits franciscains. 

L’Evangile est au cœur de la spiritualité franciscaine puisque saint François d’Assise en a fait sa règle de vie. C’est pourquoi nous prenons le temps chaque mois de nous mettre à l’écoute d’un texte puis de le mettre en lien avec notre vie. Ce lien vie-foi est essentiel. Ainsi par exemple nous nous sommes mis à l’écoute du deutéronome (30, 15 et ss). Nous avons partagé sur la difficulté de faire des choix dans notre vie quotidienne, surtout lorsque l’enjeu est important : choix d’une formation, d’une future profession… Et nous avons découvert que Dieu veut que nous soyons des vivants, que les choix que nous faisons nous mènent vers plus de vie, et que dans les situations difficiles que nous n’avons pas choisies nous soyons malgré tous des vivants !

La prière à l’oratoire ou au salon vient aussi nourrir notre foi avant que nous nous retrouvions autour de la table pour nourrir nos estomacs. En effet notre rencontre
se termine toujours autour de la table où nous dégustons de délicieux spaghettis, ou d’excellentes pizzas sans oublier de succulents desserts ! Les sous-sols de la cure n’ont plus de secrets et c’est sans hésitation que nous trouvons le chemin de la réserve de Coca !

Si tu as entre 13 et 18 ans, que François d’Assise t’interpelle, que tu souhaites vivre l’Evangile et que tu aimes les spaghettis, rejoins-nous, tu es le/la bienvenu(e) !

Vivre le temps de Carême en jeûnant: une belle expérience

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mars 2020

Par Christian Moullet | Photo: Séverine Pillonel

Interrogez dix personnes qui pratiquent le jeûne, vous entendrez dix raisons différentes: par exemple pour se purifier, pour remettre le corps dans un état de bien-être initial ou pour maigrir. Témoignages.Lors du Carême 2019, j’ai vécu une semaine de jeûne avec un groupe d’une vingtaine de personnes. Afin de partager notre vécu et trouver du soutien, les participants se rencontraient chaque soir. Pour ma part, avoir pratiqué une semaine de jeûne était tout à la fois la recherche d’une discipline face à la nourriture et une recherche spirituelle. 

Dans notre société de surconsommation, beaucoup d’entre nous avons la possibilité d’acheter la nourriture que l’on veut. A tout moment de la journée, nous pouvons vivre plein de petits plaisirs faits de viennoiseries, de mignardises ou d’autres aliments qui font du bien à son palais. Choisir de vivre un temps où on élimine petit à petit toute nourriture, en premier lieu ces « plaisirs », puis chaque groupe d’aliments les uns après les autres, amène à prendre du recul sur sa manière de consommer la nourriture et de dépasser ses automatismes. Ça remet aussi l’église au milieu du village, ou plutôt l’importance d’un repas au milieu de la journée. 

Prendre soin de sa nourriture intérieure
L’aspect spirituel, c’est le Christ qui me le donne. L’évangile nous dit que Jésus, après son baptême, quitta les bords du Jourdain et fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. 

De mon côté, le fait de diminuer ma quantité de nourriture jusqu’à ne plus manger pendant sept jours m’a amené à prendre mieux soin de ma nourriture intérieure. Le diable n’est pas venu me tenter. Pendant la pause de midi et du soir, au lieu de me soucier de manger, j’avais du temps pour le silence et ainsi laisser de la place au Christ. Et après sept jours, quand j’ai eu faim, je me suis remis à manger petit à petit. Rien d’extraordinaire en soi, juste une expérience intense afin de me préparer au mieux à fêter la mort et la résurrection du Christ.

Le témoignage de Nathalie Angelini : « un cadeau pour approfondir ma foi »

« Je jeûne une à deux fois par année depuis 2013. A chaque fois c’est différent. Pour moi, jeûner est une joie et un honneur. C’est un moment privilégié, un cadeau que je me fais pour approfondir ma foi. Ainsi j’apprends à mieux connaître le Christ, ce qui me remplit de bonheur. En plus, quand le jeûne se vit en lien avec d’autres personnes, ça me permet d’approfondir encore plus ses bienfaits. Paradoxalement, la privation de nourriture ne m’affaiblit pas, mais m’apporte une force intérieure pour témoigner du Christ. 

Si le jeûne est important pour ma foi, c’est certainement un plus pour ma vie : il m’apporte énergie, apaisement et bien-être dans tout mon corps. J’y trouve aussi une force de communion avec ceux qui ont peu ou rien et me rappelle que ce n’est pas l’abondance qui rend heureux. » 

Jeûner ensemble et promouvoir le droit à l’alimentation

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), mars 2020

Photo: DR

Dans le cadre de la Campagne œcuménique organisée chaque année par Pain pour le prochain et Action de Carême, nous vous présentons quelques témoignages de participant-e-s à l’action « Jeûner ensemble ». Ce jeûne de préparation à Pâques, pratique ancrée dans la tradition chrétienne, se veut aussi signal de solidarité envers celles et ceux qui subissent la faim dans le monde, notamment au Guatemala.

Ouverture à une autre dimension

Par Aimé Riquen

Je pratique le jeûne depuis 10 ans maintenant dans le temps du Carême, mais c’est chaque fois nouveau, c’est comme visiter un nouveau pays, de le découvrir pour la première fois. C’est une sorte de détoxification du corps, on met au repos nos organes internes qui ont aussi besoin de vacances et de repos. 

Le point fort, c’est le 4e ou 5e jour de jeûne, le corps a pris un rythme, on est bien, on flotte, tout est léger, tout est clair, tout est facile, pas d’histoires, pas de problèmes, une sorte d’état de grâce, que du bonheur.

Spirituellement, on est ouvert à une autre dimension, on a une autre sensibilité pour rencontrer les autres, pour se rencontrer, on a plus de temps pour méditer, pour prier.

Daniel, Vétroz

Un nouvel élan

Par Marie-Paule Dénéréaz

Je pratique le jeûne lors du Carême depuis une quinzaine d’années. Mes motivations sont de prendre un temps d’arrêt, d’écouter davantage mon corps et mon esprit et de retrouver ce qui fait sens dans mon existence. Le jeûne favorise le retour à l’essentiel, le retour à soi. Ce temps me permet aussi de faire le point sur ma vie et de lui redonner un nouvel élan.

La semaine de jeûne ne se limite pas à sept jours. Elle est encadrée par un temps de préparation et une période de réalimentation en douceur. Les réunions quotidiennes et les partages en groupe sont un soutien précieux.

Spirituellement, c’est l’occasion d’une rencontre plus intense avec Dieu, avec le silence de mon Etre, comme un temps de désert. Le Carême m’invite à prier pour les plus démunis, particulièrement ceux qui souffrent de la faim.

Elisabeth, Conthey

Un challenge

Par Olivier Thurre

J’ai pratiqué le jeûne pour la première fois il y a quatre ans durant le Carême. La première tentative, je la considérais un peu comme un challenge. Serai-je capable de le faire ou vais-je craquer avant la fin de la période envisagée ? Avec le recul, je conseillerais de bien se préparer, car la privation de nourriture est moins pénible si l’on a bien choisi les boissons qu’on va consommer pendant la période de jeûne.

Chaque jeûne est différent, mais à chaque fois je retiens une meilleure connaissance personnelle et une plus grande maîtrise de soi. Chaque expérience a changé radicalement mon rapport à la nourriture, à la connaissance du sentiment de satiété. En me privant de nourriture, je me sens beaucoup plus en éveil et j’éprouve la satisfaction d’être en permanence dans la joie.

Chacun peut réussir une telle expérience, à condition de la confier au Christ. Dès lors elle prend tout son sens et ne devient plus un sacrifice.

Marlyse, St-Pierre-de-Clages

Réussir à prier en famille

Se rassembler pour une prière familiale, est-ce possible quand on n’a pas pris ce pli avec ses enfants, ou qu’ils rechignent? Voici quelques pistes pour favoriser ces moments bénis.

Par Bénédicte Jollès
Photo: Flickr« Une famille qui prie reste unie », disait Mère Teresa. La prière commune est une grâce que quelques familles entretiennent, elle est l’occasion pour les parents de témoigner de leur foi et pour les plus jeunes d’apprendre à parler au Seigneur. Simple et court, ce temps impliquera les enfants pour les canaliser. Quelques propositions pour vous aider.

1. Avez-vous un coin prière chez vous ? Agrémenté d’une Vierge ou d’un crucifix… Il permet de se mettre ensemble en présence de Dieu, par exemple en allumant une bougie qui rappelle qu’Il est lumière. « Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux », dit le Christ dans l’évangile (Mat 18-20). Dommage de ne pas lui demander sa force et sa paix.

2. Lisez la Bible en famille. Chaque jour, vous pouvez accéder avec votre smartphone aux lectures proposées par la liturgie. Repérez à l’avance le texte le plus facile à comprendre.

3. Des proches séjournent à la maison ? Grands-parents, parrain ou marraine ? Profitons-en pour prier ensemble.

4. Le bénédicité est un moment favorable : la famille est rassemblée. Cette prière simple s’adapte à la circonstance du jour : merci pour le passage d’amis, pour un examen obtenu, sans oublier l’intercession pour l’un ou l’autre… 

5. Profitez des visites d’églises ou de sanctuaires. Au détour d’une balade, pourquoi ne pas y déposer une bougie ? Y formuler une prière ? Chacun pourra confier à haute voix une intention, et les petits ne manquent pas d’idées. « Pendant nos marches en montagne, nous récitons le chapelet après le pique-nique, il aide à repartir et permet de prier ensemble », témoigne Laurent, père de famille, heureux d’avoir repris cette tradition familiale à ses parents.
Le livret « Vivre la prière en famille » a été élaboré par les pastorales familiales des cantons de Suisse romande pour vous aider. Il est en vente auprès de celles-ci à Fr. 2.–.

Le fanatisme, maladie du cœur humain

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), mars-avril 2020

Par Vincent Lathion | Photo: Pixabay

Le terme fanatisme est avant tout rattaché au monde religieux (sa racine vient d’ailleurs de « fanum » qui signifie « temple » en latin). Il décrit une attitude de ferveur extrême allant jusqu’à l’aveuglement de la raison : inutile de préciser donc, que sa connotation est normalement négative.

Il faut pourtant, contre une méfiance actuelle envers les religions, se demander si une telle attitude relève proprement du monde de la foi, ou bien s’il s’agit plus généralement d’un risque qu’encourt l’être humain lorsqu’il défend une cause. L’Histoire récente en Occident nous donne quelques éléments de réponse à travers les régimes totalitaires du siècle passé : elle nous fait pencher pour la seconde solution.

Il faut donc croire qu’en l’homme, sommeille toujours la possibilité d’un excès. Ce désir le pousse tantôt à choisir le « trop », tantôt le « trop peu ». Certes, l’énergie et l’ardeur qu’une personne déploie pour une cause juste peut être admirée. Mais la prudence s’impose quand les discours se font idéologiques et lorsque les moyens d’atteindre son objectif s’éloignent de ce que préconise une réflexion paisible. Il y a donc une différence claire entre une belle passion, une ardeur généreuse et un fanatisme obtus et obstiné. Cette distinction est donnée par la raison.

Le fanatisme est sans doute un risque qui guette davantage les personnes qui débutent et la fougue de la jeunesse, mais aucune tranche d’âge ou catégorie de personnes ne peut s’en dire immunisée. Par ailleurs, comme nous l’avons mentionné auparavant, ce danger ne se limite pas au domaine religieux, mais peut toucher d’autres sphères de la vie sociale. 

Alors comment s’en préserver ? Une manière facile d’y remédier réside probablement dans l’écoute attentive des personnes qui nous entourent et dans la sagesse acquise par l’expérience. En effet, les solutions simples demeurent parfois les plus efficaces.

Du réchauffement climatique à la confiance

Loin de mon esprit d’écrire ou d’ouvrir un débat sur le réchauffement de la planète. Incontestablement, la température moyenne de la terre va en augmentant et, suivant les dires de la plupart des physiciens, nous allons au-devant de catastrophes naturelles.Par Dominique Perraudin
Photo: pontifexenimages.com

Voici quelques réactions types : « Certains pays ne font rien ou presque pour lutter, nous allons à une catastrophe écologique. » ; « L’état devrait prendre des mesures drastiques pour enrayer ce phénomène. » ; « Il faut s’attaquer aux grands pollueurs que sont les usines, les hydrocarbures etc. » ou encore « Nous sommes menacés d’extinction. » Que faire de ces paroles…

Je sais que la planète terre n’est pas éternelle. Quant à dire que la fin du monde est proche, je n’irais pas jusque-là. Nous chrétiens, comment devrions-nous nous positionner ? Est-ce que la foi a quelque chose à voir avec cet état de fait ? Devons-nous avoir peur de cet avenir incertain ? Notre confiance en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit s’étiole-t-elle ? Nous cherchons des causes et des coupables. Je trouve que chacun à sa manière se protège et que le pessimisme est de rigueur. On peut se dire : le monde va mal. Dieu, la Vierge Marie deviennent de plus en plus absents de nos prières. On peut se demander : comment réagit la Trinité face à l’Occident qui se paganise ? Va-t-elle laisser éclater sa colère ?

La force de la foi
Nous oublions facilement que Dieu nous écoute, nous réconforte, que Jésus n’est pas le Dieu qui rend coup pour coup mais le Dieu qui aime, et qui nous aimera toujours. N’a-t-il pas dit à ses disciples : « Si vous aviez la foi aussi grande qu’une graine de moutarde vous diriez à cette montagne d’aller se jeter dans la mer elle le ferait. » 

Oui, la foi renverse les montagnes ; elle apaise les esprits tourmentés et elle donne la paix. Il est vrai que les petits efforts de chacun sont nécessaires, que les petits ruisseaux font de grandes rivières. Ne déréglons pas cette horloge si bien huilée. Agissons à notre niveau ! Soyons les missionnaires du XXIe siècle ! Ne gaspillons pas nos ressources ! Agissons en chrétiens en marchant avec optimisme en louant Dieu pour cette belle planète qui nous permet de vivre et qui permettra à nos enfants également de vivre ! Voilà ma position.

Pas utopiste
Non, je ne suis pas utopiste. J’essaie d’agir de mon mieux de façon à laisser aux prochaines générations un environnement sain. Des catastrophes naturelles, des cycles de refroidissement et de réchauffement, il y en a eu avant aujourd’hui. Mais il est vrai que maintenant le changement s’accélère. C’est un fait, mais Dieu, lui, sera toujours là. Il n’abandonne personne, nous encourage sans cesse et veut nous rendre heureux. Ces paroles ne sont pas une manière de faire la « politique de l’autruche » mais elles sont un vrai encouragement à l’espérance. Les trois vertus : foi, espérance et amour sont mises à rude épreuve, mais ne sont-elles pas source de vie si l’on essaie de les mettre en pratique dans ce domaine aussi. La pratique n’est pas facile ! Nous sommes très imparfaits, mais il y a une chose qui peux nous rendre heureux et nous donner la paix : c’est de dire chaque matin en se levant : « Jésus, je t’aime. Merci pour la belle nuit. Merci pour la belle journée qui s’annonce. »

En le disant avec conviction, vous verrez, votre visage s’illuminera et la paix s’installera. Et la terre s’en trouvera transformée.

«Ensemble, faisons vivre l’Eglise»

Ils étaient une centaine de bénévoles de l’unité pastorale Nyon-Terre Sainte à se retrouver pour le forum sur le bénévolat sur le thème «Ensemble, faisons vivre l’Eglise» samedi 1er février à Nyon. L’occasion de tisser des liens et, pour les responsables, de remercier chacun pour son travail qui construit l’Eglise.Par Geneviève de Simone-Cornet
Photos: Walter Hauser 

Ce forum était l’aboutissement d’un an et demi de réflexion sur le bénévolat menée dans notre unité pastorale (UP) par Fabiola Vollenweider Gavillet, ancienne de l’Equipe pastorale. Il voulait rassembler les bénévoles de l’UP, nourrir et stimuler leur réflexion et les inviter à célébrer dans la joie et la reconnaissance sur le thème « Ensemble, faisons vivre l’Eglise ».

Tout a commencé par un repas offert aux bénévoles – il y avait 110 inscrits – dans les salles sous l’église de la Colombière servi par les « tabliers rouges », les salariés de l’UP : un moment de convivialité pour resserrer les liens ou faire connaissance.

Puis trois invités ont aidé les bénévoles à réfléchir, dans la salle de paroisse, au sens de leur engagement, à reconnaître sa valeur et à faire des suggestions et des propositions : l’abbé Joël Pralong, supérieur du séminaire de Sion à Givisiez (FR), Isabelle Vernet, coordinatrice du Département bénévolat de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC), et Cédric Pillonel, secrétaire général de la FEDEC.

Pratiquer l’amour charité

L’abbé Pralong a prononcé deux interventions sur « Le bénévolat, un appel de Dieu à vouloir prendre soin de la communauté », invitant ses auditeurs à s’interroger sur le bénévolat et sur le sacerdoce baptismal, qui fait de chaque baptisé un prêtre, un prophète et un roi. Puis, à partir de la parabole des talents, à prendre conscience que pour Dieu l’essentiel c’est d’aimer, non de calculer et d’être dans la course à la performance. Il a vite conquis son public par sa simplicité et son humour.

Bénévolat ? Le mot vient du latin « benevolus », « bonne volonté » : « C’est vouloir du bien et faire du bien à l’autre indépendamment de ce que l’on ressent pour lui ». Pour le pape François, c’est plus qu’éprouver du plaisir en présence de l’autre, plus que se faire du bien. Ce n’est ni l’éros, l’amour captatif qui vise la reconnaissance, ni la philia, l’amitié, l’amour où on se fait du bien mutuellement. Mais l’amour charité, l’amour évangélique, « gratuit comme une lampe qui éclaire, le seul qui bâtit la communauté, où nous sommes donnés par Dieu les uns aux autres ». C’est, a dit le prêtre valaisan, « poser des actes de bien, des actes de volonté indépendamment de ce que nous ressentons pour l’autre (sympathie ou antipathie) » et ainsi « rendre Dieu présent dans tout ce que nous faisons ».

Cet amour se manifeste de cinq façons : bénir autrui, ce qui libère de la rancœur ; prier pour ceux qui nous persécutent, faire du bien à ceux qui nous haïssent ; pardonner à nos ennemis, vider notre cœur des amertumes ; rendre le bien pour le mal ; faire du bien à autrui.

Prêtres, prophètes et rois

Cet amour a été répandu dans nos cœurs au baptême : « Mon Moi humain s’emboîte dans le Moi divin comme une poupée russe et mon action est alors reliée au Moi divin qui se manifeste par trois fonctions : royale, sacerdotale, prophétique. »

Car le baptisé est roi, « il a un pouvoir, une autorité, une force pour faire régner la justice, la paix et l’harmonie. La fonction royale est d’abord de se gérer soi-même, de mettre de l’ordre dans sa vie selon l’Evangile pour gérer son groupe de manière humaine et chrétienne en ne cherchant pas seulement le résultat, le bon fonctionnement, le rendement, mais le bien des personnes – la paroisse n’est pas une entreprise qui doit faire du chiffre », a affirmé l’abbé Pralong. C’est cette fonction que mettent en valeur les bénévoles qui ont des postes à responsabilité, « appelés à prendre soin de ce qu’il y a de plus fragile en l’autre».

Le baptisé est aussi prêtre : « En participant à la prière dont le sommet est l’eucharistie et en offrant, en union avec le Christ, ses contrariétés quotidiennes pour sauver des âmes ». « Ce geste d’offrande est celui des malades, des handicapés, des souffrants, des personnes âgées qui, au lieu de se replier sur eux-mêmes, deviennent féconds pour le monde. La fonction sacerdotale se révèle le mieux dans « les visiteurs de malades, ceux qui sont engagés pour les plus pauvres, qui ont conscience qu’eux aussi sont blessés. On ne peut ramasser le blessé sur le chemin que si on a été soi-même ramassé ». Comme chez les personnes qui décorent l’église ou préparent les liturgies.

Enfin, le baptisé est prophète : « Il éprouve la douleur de l’autre, pose une parole, un geste qui encouragent. » En conclusion de la première partie, l’abbé Pralong a invité chacun à « être le parfum de l’Eglise qui apaise ».

Ne pas se comparer aux autres

Dans un deuxième temps, il a relu la parabole des talents pour en dégager la logique. Gare à une lecture moralisatrice qui « engendre la course à la réussite, à la performance, à l’esprit de comparaison, à la jalousie » ! « Que l’on soit un camion-citerne ou un dé à coudre, l’essentiel est d’avoir aimé, d’avoir au moins essayé, car Dieu regarde le travail, la bonne volonté, le don de soi et non le résultat. »

« Ai-je reconnu que je n’ai pas tous les talents ? Je peux exister par mon engagement, mais est-ce que je laisse passer Dieu ? », s’est interrogé le conférencier. « L’important est d’être bien dans son talent » et d’avoir conscience que « nos vrais talents naissent de nos blessures ». Et puis, nos talents, « ce sont les autres qui les reconnaissent » !

En conclusion, l’abbé Pralong a proposé plusieurs points de réflexion concrets. « Ce n’est pas le nombre de cordes à son instrument de musique qui compte, c’est la caisse de résonance afin que chacun donne un son mélodieux », et mes talents, je les fais résonner par la charité. Emerveillons-nous : s’émerveiller « c’est reconnaître l’identité de l’autre, c’est l’antidote au soupçon ». « Nous ne sommes pas jugés par Dieu, c’est nous-mêmes qui nous jugeons : Dieu est un Père avec qui nous pouvons dialoguer, non un patron qui commande. » Tous nous sommes fils et filles de ce Dieu, « capables de Dieu, capables d’amour, de réflexion profonde, de don de soi ». « A partir de là, on peut accueillir toute personne sans la juger, en portant sur elle un regard positif, car évangéliser n’est pas faire la morale ou imposer sa vérité. » Nous sommes appelés à nous laisser façonner et aimer par Dieu dans la confiance, à « aller au bout du possible et laisser l’impossible à Dieu ».

Enfin, l’abbé Pralong a mis en garde les bénévoles : « Attention : nos talents, nous pouvons les utiliser pour nous grandir et n’attendre que de la reconnaissance ! Il ne faut jamais perdre le but : représenter Dieu, le faire connaître, le laisser agir. Etre au service de sa gloire et non de la nôtre. »

L’oxygène de l’Eglise

Les participants se sont aussi retrouvés en ateliers pour s’interroger : qu’est-ce que j’aimerais donner ? Qu’est-ce que j’aimerais recevoir ? Quelles sont mes suggestions et mes propositions ? Beaucoup de bonnes idées ont surgi, soulignées par Isabelle Vernet lors de la remontée : les bénévoles voudraient donner le goût de vivre, faire sans rien attendre en retour, savoir dire non ; recevoir quelque chose qui nourrit pour aller plus loin, de la gratitude, des échanges vrais, des espaces de discussion, un soutien; ils aimeraient revivre une telle journée et savoir accueillir les jeunes et les jeunes retraités, accepter les idées nouvelles, rester ouverts, vaincre leurs peurs.

Une table ronde animée par Cédric Pillonel a réuni les abbés Joël Pralong et Jean-Claude Dunand, Isabelle Vernet et Brigitte Besset, qui a témoigné de son engagement comme bénévole (voir encadré). Le curé modérateur de l’UP, l’abbé Dunand, a rappelé que « le bénévolat donne sens à l’Eglise » et souligné l’importance du sacerdoce baptismal : « Chacun a sa place et c’est le Christ qui donne la reconnaissance. » Citant le jésuite Pierre Teilhard de Chardin, il a lancé : « Le bénévolat est l’oxygène de l’Eglise. » Les questions qui ont suivi ont souligné le besoin de formation et le désir de rejoindre les jeunes pour leur donner le goût du bénévolat et leur montrer qu’on y apprend beaucoup.

Des flammes d’espérance

La messe a rassemblé les bénévoles, la communauté paroissiale et les communautés linguistiques dans l’église pour la messe de l’UP en français, espagnol et portugais. L’occasion, pour Fabiola Vollenweider Gavillet, de souligner que « l’Eglise ne peut vivre que par nous, les bénévoles », que « le bénévolat est le poumon de l’Eglise ». Elle a ensuite remercié les bénévoles « pour leur cœur ouvert à la présence du Christ et leur regard fraternel sur leurs frères ». Elle a rappelé les quatre piliers du bénévolat, représentés par quatre bougies apportées en procession et déposées sur l’autel : la formation, la célébration, la diaconie et la communion.

Dans son homélie, l’abbé Pralong, comparant notre vie à une bougie, a constaté que « nous avons tous beaucoup à donner » avec la mèche fragile de notre foi, la flamme de notre espérance et la cire de notre charité. Notre mission : « Etre dans ce monde la flamme qui redonne espoir. »

La messe s’est terminée par la bénédiction solennelle des bénévoles tandis que défilaient sur l’écran les différents domaines où ils s’engagent. L’abbé Dunand les a remerciés d’« avoir pris le temps de faire Eglise ensemble » en ce jour. Un signet leur a été remis à la sortie. Et un apéritif dans la salle de paroisse a clôturé le forum.

Une plante à arroser

Bénévole depuis presque 38 ans, Brigitte Besset a témoigné de ce qui la motive. Elle fait de la catéchèse et est engagée dans plusieurs autres activités dans la communauté de Gland. « Le plus dur, je crois, c’est cette étape, le premier pas avant la découverte, et le saut dans l’inconnu… » Un choix personnel et libre. Pourquoi est-elle toujours bénévole ? Pour « la confiance que l’on me témoigne ». La joie. La gratitude. L’amitié : « On se retrouve entre bénévoles, on organise des actions, on compare nos idées, on se met en route ensemble. »

Le temps donné « est un enrichissement personnel, un épanouissement. [… Quelle joie pour moi de voir des visages rayonnants après une célébration, un sourire après les larmes d’une personne âgée, un enfant qui s’émerveille, un merci si grand qu’il m’envahit ! ».

« Quoi de plus naturel pour moi ? Le Christ a tout donné gratuitement. Il m’invite à me mettre au service des autres comme il l’a fait. Pour moi, c’est vivre l’Evangile. » « Il y a aussi cet élan naturel du cœur que je sens très fort en moi qui m’incite à aider mon semblable, à prendre soin de lui, à organiser des rencontres, à vivre des temps de convivialité en Eglise, à écouter le prochain et ses besoins… Je sens aussi très fort que je ne suis pas seule dans ce que je vis dans le bénévolat, mais bien accompagnée. Je sens la présence du Christ à mes côtés: il me donne la force et les dons nécessaires à mes engagements. »

Le bénévolat a aussi ses peines et ses tristesses : « Il m’arrive d’être touchée, voire blessée, par une remarque, un commentaire, une décision, une attitude ; d’être frustrée et démunie. » Brigitte Besset a terminé par ce constat : « Mon engagement est fragile… comme une plante que je dois songer à nourrir et arroser. Cela implique des moments de recul, de relecture à la lumière de la Parole de Dieu. » Mais le bénévolat est avant tout « une richesse humaine, une expérience spirituelle profonde, un don de soi, un temps d’amitié et de fraternité ».

Un temps de jeûne!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mars 2020

Texte et photo par Robert Zuber

Rien que de parler du jeûne, il me semble que mon estomac crie famine ! Je ne sais pas pour vous, mais moi, je bannirais volontiers ce mot du dictionnaire…

C’est en arrivant dans le secteur qu’on m’a proposé d’accompagner le groupe de jeûneurs, en précisant que je n’étais pas obligé de faire l’exercice.

En réfléchissant, je me suis rendu compte qu’accompagner des personnes sans faire avec eux cette expérience n’avait pas beaucoup de sens, alors je me suis lancé un défi : vivre la semaine de jeûne.

Bien sûr, je vis en communion avec l’Eglise les deux jours de jeûne recommandés, le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint, mais vivre une semaine complète de jeûne, ça me semblait une autre histoire.

Aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir relevé ce challenge, car cette semaine est une semaine de grâce.

Oh, je ne dis pas que c’est facile, mais la communion entre les participants et le soutien mutuel par la prière et les rencontres sont une grande aide.

Ne pas se préoccuper de manger libère du temps pour prier, méditer la Parole de Dieu, se promener, découvrir et s’émerveiller de l’Œuvre de Dieu, de sa présence agissante.

Et Dieu nous travaille avec amour, il nous éclaire sur le sens de notre vie, sur les ajustements à faire pour mieux être en relation avec lui et avec les autres. Il nous rend attentifs à la beauté de la création et à la valeur des aliments.

Je dois vous avouer qu’au moment de commencer la semaine de jeûne, je prends une grande inspiration pour me motiver, mais une fois commencé, ce n’est que du bonheur !

Je vous invite donc et vous encourage à faire le pas. Rejoignez notre groupe de jeûneurs et soyez sûrs que Jésus vous donnera toutes les grâces nécessaires pour vivre cette belle aventure avec Lui.

A vous tous, bon Carême, belle route vers le matin de Pâques.

Faire tout le bien qu’on peut faire au nom du Christ

Connaissez-vous le chanoine Benoit Vouilloz? Peut-être l’avez-vous rencontré au Simplon, quand il était prieur de l’hospice, ou au Saint-Bernard, durant les années où il était Prévôt… Ou encore à Orsières, Martigny ou Bagnes, plus récemment… Moi, j’ai eu l’immense plaisir de le rencontrer pour l’Essentiel… Je vous livre ici quelques-unes des réflexions qu’il partage avec nous.Par Françoise Besson
Photo: DR

La famille
Avec mes frères et sœurs, nous avons eu beaucoup de chance de vivre une vie de famille très équilibrée, pleine d’amour. Nous étions cinq. Une de mes sœurs était infirme moteur cérébral. Cela nous a marqués… Notre sœur, Eve-Marie, était vraiment quelqu’un ! Aujourd’hui quand on parle de s’arranger pour que les enfants à naître qui sont malformés n’arrivent pas à l’existence, c’est grave… Grave de simplifier la vie comme ça, parce que la vie est vaste ! Ma sœur Eve-Marie a été pour beaucoup dans l’appel que j’ai ressenti. Nous étions là devant un mystère. Cela ne nous a pas du tout révoltés et je pense que cela a été pour moi un approfondissement de la foi. 

Jamais nous n’avons obéi à nos parents parce qu’il fallait obéir à ses parents. On obéissait par amour, même si on ne voyait pas toujours ce qu’il y avait derrière la demande ou la proposition. On écoutait : c’est le premier sens du verbe obéir !

J’étais un étranger
Une parole de Jésus qui m’a habité toute ma vie, c’est le texte de l’évangile (Mt 25) où Jésus dit : « J’ai eu faim, vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, vous m’avez donné à boire… » Oui, quand je regarde ma vie, je me dis que c’est ça qui m’a guidé, je crois que j’ai toujours spontanément aimé tout le monde. Je me souviens que, dans mon enfance, les étrangers qu’on rencontrait à l’école étaient des Italiens. On avait un peu tendance à les tenir à l’écart, mais moi j’aimais être avec eux, les inviter à jouer à la maison, parce qu’ils n’étaient pas tout à fait comme nous…

De même aujourd’hui, ce n’est pas pour obéir à Jésus et mettre en pratique cette parole de Matthieu 25, que je suis proche des personnes migrantes, mais c’est spontanément… Comme croyant, je pense que c’est parce que Jésus nous habite… 

La foi est le fruit de l’amour
Saint Augustin disait : « Je ne veux pas comprendre pour commencer à croire, mais je veux croire pour commencer à comprendre. » Qu’il me permette de prolonger sa réflexion en disant : « Je ne veux pas croire pour commencer à aimer, mais je veux aimer pour commencer à croire. » C’est l’amour qui soutient la foi, parce que l’amour ouvre des horizons, donne un autre regard…  Dans le texte de la pêche miraculeuse (Jn 21), c’est l’élan d’amour et d’amitié qui permet à Jean de reconnaître Jésus, quand il dit : « C’est le Seigneur ! »

L’essentiel de la vie c’est l’amour, la foi en Dieu et en Jésus est l’expression d’un amour qui est en nous. Dans notre relation à Dieu, on ne croit par obligation, mais par amour… L’obligation est un mot qu’il faut rayer du vocabulaire religieux ! La foi est un don de Dieu qui nous aime, qui parle à notre cœur, nous invitant à lui faire confiance, donc à l’aimer. 

Croire… c’est difficile…
La foi n’est pas toujours très « ressentie », parfois j’envie un peu ceux qui ont, comme on dit, « la foi à transporter les montages » parce que pour moi, il y a une certaine nuit de la foi… Cela implique une confiance, une confiance à la fois réfléchie et spontanée… 

Je dis souvent aux incroyants que je les comprends et ce n’est pas par désir de les « capter » ! Parce que ce n’est pas facile dans le monde d’aujourd’hui, avec les découvertes scientifiques et tout le brassage qu’on connaît, de croire que dans l’histoire humaine, il y a cette présence diffuse et par moments bien manifestée de Dieu, qu’Il a conduit l’humanité, avec le choix d’un peuple (hébreu) et qu’un enfant né dans ce peuple est Dieu, le Verbe fait chair, la Parole… 

Dans les textes bibliques, je suis très touché par cette insistance des évangélistes et des apôtres Paul et Pierre à dire « C’est vraiment vrai », car ils sont conscients de la difficulté de croire. De même, on trouve à la fin de l’évangile de Jean : « celui qui témoigne dit vrai et il sait qu’il dit vrai », Jean pressent très bien que ce n’est pas facile de croire. 

Vivre la foi
Ce qui compte, c’est de vivre notre foi : c’est l’intuition de Charles de Foucauld ou des sœurs de Calcutta. Les gens savent ce qui les motive sans qu’elles le disent. Leur mission est de consoler, d’être accueillantes, de soigner, de réconforter… Oui, la première mission est là : faire le bien, tout le bien qu’on peut faire, au nom du Christ… Le Christ est la vraie lumière, Il est le sauveur par sa naissance et dans le mystère Pascal… C’est le Christ qui nous garde en communion, pour moi la foi en Jésus est le pilier de toutes nos relations humaines… Dans le fond, ce qui fait l’unité ce serait le désir profond que ceux qui ne partagent pas notre foi aient la joie de connaître le Christ, de savoir qu’ils sont aimés autant que nous… 

Et s’il fallait…
Un dernier message, ce serait celui-ci : garder jusqu’à la fin de sa vie un cœur qui aime, c’est le plus important. Un cœur attentif, à tout le monde, et surtout aux plus nécessiteux, aux plus déshérités.

L’important n’est pas de savoir combien il y a de catholiques dans le monde, nous ne sommes pas en compétition… L’important c’est de savoir qu’il y a des frères et sœurs en humanité qui partagent la joie que nous avons !

Retrouvailles ados de Lourdes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Saint-Protais (FR), mars 2020

Texte et photo par Philippe Valax, responsable des Ados de Lourdes

Le dimanche 8 décembre 2019, 22 ados (15 Valaisans et 7 Fribourgeois) ayant vécu le pèlerinage d’été de la Suisse romande 2019 se sont rencontrés à Rossens pour une journée retrouvailles. En début de matinée, nous avons commencé par un temps de réflexion orientée sur différents signes à Lourdes : le rocher, l’eau, la lumière, la foule. Super ambiance et partage ! Après un bon morceau de pizza, nous avons visionné un extrait du film : « Lourdes » de Thierry Demaizière et Alban Teurlai. Film plein d’émotion et d’humanité, à voir absolument !

Grâce à un riche échange, nous nous sommes préparés pour la messe de l’Immaculée Conception. Durant la messe, quelques ados ont témoigné sur les différents signes de Lourdes en lien avec leur expérience vécue à Lourdes. La soirée s’est terminée par un magnifique moment de convivialité, 60 personnes à la salle Saint-Rémy avec une excellente raclette. Merci à tous pour cette amitié partagée autour de Marie notre Mère.

Pèlerinage d’été à Lourdes 2020

Du samedi 11 au samedi 18 juillet

Pour les Ados: départ vendredi 10 juillet +- 22h 

Retour en Suisse samedi 18 juillet +-9h (voyage de nuit) 

Les Ados de notre UP (12-15 ans) qui le souhaitent peuvent prendre part à ce magnifique événement. Pour les encourager, ils sont soutenus financièrement pour la moitié du coût de la semaine ! Profitez de vivre ces moments de grâce dont on garde toujours un souvenir profond et vivace. 

Renseignements et inscriptions sur le site : http://www.pele-ete-lourdes.ch/

Responsable des Ados de Lourdes au niveau Romand et responsable dans notre unité pastorale :
Philippe Valax
Av. des Invuardes 12
1530 Payerne,
philippe_valax@bluewin.ch
079 733 07 83

Soirée d’informations : mardi 28 avril 2020 de 19h15-20h15 salle de paroisse Rossens.

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