Jeûner?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), mars-avril 2020

Par Vincent Lafargue | Photo: DR

Le jeûne est un pilier de notre foi chrétienne, tout comme pour les Juifs et les Musulmans, ainsi que pour la plupart des grandes religions du monde. Il est recommandé notamment comme une action déterminante au temps du Carême. Mais est-il toujours bien compris ?

Le chocolat ? Mauvaise pioche !
J’entends souvent, au moment du Carême, des gens se priver du petit carré de chocolat quotidien « parce que c’est bon ». Se priver de ce qui est bon n’a rien à voir avec un jeûne. Cela vient de la mauvaise compréhension du péché capital lié à la nourriture et qu’on a catastrophiquement traduit en français par « gourmandise », alors que dans toutes les autres langues, il s’agit de la « gloutonnerie ». Ce qui est mal, c’est d’abuser, à l’excès, de ce qui est bon. Et non pas d’aimer ce qui est bon ! Sinon, comme Dieu est bon, cela reviendrait à dire qu’il ne faut pas aimer Dieu !

Si vous vous privez de chocolat parce c’est bon, vous n’avez – pardonnez-moi – strictement rien compris à la démarche du jeûne.

Un moins pour un plus
Jeûner, c’est d’abord se priver de quelque chose qui nous éloigne de Dieu. Et s’en priver pour se rapprocher davantage de Dieu à travers une action qui remplace cette privation. Un moins pour un plus, en quelque sorte.

Si tel ou tel repas nous éloigne de Dieu parce qu’il est pour nous l’occasion d’excès de table, il est bon de jeûner parfois d’un repas. Mais faisons quelque chose de ce temps ou de l’argent que nous aurions mis dans ce repas. C’est le sens de nos pochettes de Carême qui recueillent l’argent que nous aurions mis dans autre chose. Si nous jeûnons toute une semaine pour l’exploit ou pour maigrir, nous risquons bien de passer à côté de la démarche spirituelle (et de reprendre aussi vite les kilos perdus, d’ailleurs).

Rappelons que le droit canon précise que seuls sont tenus au jeûne alimentaire les personnes majeures et seulement jusqu’à soixante ans (canon 1252). Le Catéchisme de l’Eglise Catholique précise, lui, au numéro 2043, que ce commandement de l’Eglise qu’est le jeûne « nous prépare aux fêtes liturgiques et nous dispose à acquérir la maîtrise sur nos instincts et la liberté du cœur ». Mais le jeûne ne concerne pas forcément la nourriture !

Jeûner d’autre chose que de nourriture
Un célèbre poème propose, si nous voulons jeûner, de commencer par jeûner de paroles blessantes, de critiques, de mécontentements divers, de ressentiment contre notre prochain, de rancune, d’égoïsme, de pessimisme, de préoccupations et d’inquiétudes inutiles, d’occupations superficielles, de paroles futiles ou calomnieuses, et même de jugements dans notre cœur.

Ce jeûne-là vous fera passer un sain Carême et sera profitable aux autres. Bien plus que de vous priver de ce petit carré de chocolat qui fait toute la saveur d’une journée.

Entre ciel et terre

La dépression, le burnout, la solitude et le suicide sont des problématiques bien réelles dans le monde agricole, bien que souvent sous-estimées. Car c’est un monde où l’on a appris à travailler sans se plaindre. Maria Vonnez, aumônière et paysanne diplômée, vient apporter une écoute et un soutien à ces passionnés de la terre en détresse.

Par Myriam Bettens
Photos: Thierry Porchet, DRUne première sonnerie retentit, une seconde, puis une troisième. Le répondeur s’enclenche, personne au bout du fil. Deux tentatives infructueuses plus tard, c’est la voix chaleureuse de Maria Vonnez qui m’accueille, mais elle ne semble pas situer la raison de mon appel. A la mention de l’article en cours, la mémoire lui revient : « Je vous avais complètement oubliée, s’excuse-t-elle. Je suis à l’école d’agriculture de Granges-Verney durant deux jours pour accompagner les futurs agriculteurs. » Habituellement vers 14h, cette assistante pastorale pour le monde agricole est déjà au volant de sa voiture. Elle sillonne les routes du canton de Vaud à la rencontre des passionnés de la terre en quête d’une oreille attentive.

Accepter de se faire du bien

Passionnés par leur métier, les exploitants agricoles font trop souvent primer le travail au détriment de leur bien-être.

Suite à une vague de suicides dans le canton de Vaud en 2015, le projet « Sentinelle Vaud – Promotion de la Vie » est né afin de mettre en place un dispositif pour accompagner et soutenir les exploitants en difficulté. « Généralement, une personne a vu que quelqu’un n’allait pas bien et nous contacte », indique-t-elle. Ces « sentinelles » peuvent être des conseillers agricoles, des épouses, des grand-mères ou même le vétérinaire. Pascale Cornuz, pour l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, et Maria Vonnez, pour l’Eglise catholique, prennent ensuite le relais. « Aujourd’hui les agriculteurs sont beaucoup plus seuls qu’avant. Parfois ils ne voient personne de la journée, alors ils ruminent leurs idées noires », développe l’aumônière. Passionnés par leur métier, les exploitants agricoles font trop souvent primer le travail au détriment de leur bien-être : « Ils ne se permettent pas de se faire du bien », affirme-t-elle. Le burnout, la dépression et les idées suicidaires existent toujours, mais sont devenus moins tabous grâce à l’écoute attentive de Maria Vonnez et de sa collègue. « La preuve, ils nous acceptent et se confient », lance-t-elle encore.

En route vers l’autre

Chaque matin elle téléphone donc à ces agriculteurs en détresse. « Ce matin à 8h15, j’ai appelé un agriculteur qui n’allait pas bien. Il a déjà tenté de mettre fin à ses jours », raconte-t-elle pudiquement. « Ils apprécient que je prenne de leurs nouvelles. Partager avec une autre oreille leur fait du bien », ajoute la paysanne diplômée. Ensuite vers 9h, elle s’installe au volant de sa voiture pour rendre visite aux exploitants avec lesquels elle a fixé un entretien. Ce temps de trajet est aussi pour Maria Vonnez l’occasion de confier au Christ les situations difficiles de ces agriculteurs. Souvent l’entretien se prolonge jusqu’en fin de matinée. Aux alentours de 11h30, l’aumônière regagne son domicile pour se restaurer et reprend ensuite le chemin d’une seconde visite. Puis, lorsque l’agriculteur a terminé le gros de son travail à 17h, l’aumônière reprend du service par téléphone.

Entouré du vivant

Ces tranches de vie ne ressemblent peut-être pas à L’amour est dans le pré, mais recèlent aussi leur part de joie. « Beaucoup me disent par exemple combien leurs épouses sont fantastiques », note-t-elle. Puis elle conclut par quelques mots tirés du film Au nom de la terre : « Les paroles du réalisateur du film, Edouard Bergeon, disant que l’agriculteur est entouré du vivant, m’ont beaucoup touchée. Je trace un parallèle avec notre ministère qui consiste à rencontrer le vivant (en parlant de l’humain, ndlr) afin de l’aider à retrouver le chemin de ce qui le fait vivre. »

Temps forts d’une journée

8h –> Premier entretien téléphonique de la journée

9h-11h30 –> L’assistante pastorale prend la route pour se rendre sur les lieux de ses visites, soit chez des agriculteurs/trices soit à l’école d’agriculture

11h30 –> Retour à la maison pour manger avant de reprendre la route

14h –> Après-midi dévolue à d’autres rencontres avec les agriculteurs ou des entretiens téléphoniques

17h –> Coups de fil à des agriculteurs rencontrés en entretien afin de prendre de leurs nouvelles

La 3G!

Par Thierry Schelling
Photo: DRLa 3G dans notre assiette.

G comme glouton ! L’une des insultes contre Jésus par le parti des « bien-mangeant » (cf. Mt 11, 19). En opposition à l’ascèse du prophète qui jeûne et s’abstient. Mais Jésus déclare la manducation et toute nourriture comme bonnes (cf. Mc 7, 19), faisant éclater les règles alimentaires de sa propre société théocratique. Dieu, pain eucharistique, se consomme.

G comme grignotage. Insupportable au ciné quand les doigts raclent le paquet de pop-corn juste sous ton oreille ; ou que le Napolitain te crie : « Viens ! » alors que tu sirotes ton espresso de 10h. Quel prix au plaisir du palais ? Dieu, plus pacotille que produit naturel, se consume.

G comme gaspillage. Honteux sur les chariots lors d’une session diocésaine où l’esprit de Laudato si’ passe à la poubelle ! Regarde ton compost à domicile : ne tries-tu pas encore tes déchets ? Dieu, consonne et voyelles, solide et liquide, se déguste avec modération.

Du souffle dans l’assiette

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), mars 2020

Texte par Catherine Amos | Photo: LDD

Ce mois réunit en Suisse romande de nombreux groupes de jeûneurs. Rencontre avec Catherine Poscio qui animera un de ces groupes, au monastère de Géronde.

Catherine Poscio animera la semaine de jeûne à Géronde du 4 au 11 mars prochain.

Elle soutient, encourage les jeûneurs, mais aussi… leur partage un texte essentiel pour elle, qui permet à chacun-e de cheminer intérieurement. Même si l’Action de Carême et Pain Pour le Prochain chapeautent ces semaines particulières, chaque organisateur est libre de choisir le thème qui va accompagner ces jours de « pause ». Pour Catherine, « nous sommes tous en chemin, nous sommes animés et même perfusés en continu par la Présence d’Amour ». 

Le sentiment du manque dans le jeûne amène à ressentir d’autres manques : de reconnaissance, d’être compris, de temps… Le jeûne nous incite à ralentir : une pause corporelle et psychique durant laquelle chacun-e peut ressentir les émotions agréables ou désagréables qui parcourent son corps. Durant les retrouvailles du soir, elle invite les jeûneurs à laisser passer le Souffle en eux. Ce Souffle divin, qui à travers le souffle physique (la respiration), permet de défaire les nœuds, les résistances intérieures… pour devenir plus léger et plus perméable à cette Présence qui nous transforme et nous offre la paix. 

Etre attentif à nos inquiétudes, nos amertumes, nos colères, nos tristesses, nos attentes… les déposer à la lumière du Christ pour les pacifier… nous amènent à penser et agir différemment.    

Apprendre à se mettre sur « pause » pour changer intérieurement, puisqu’on ne peut changer les circonstances extérieures. Comme le disait déjà le Christ « ce ne sont pas les coupes et les ustensiles qu’il faut purifier, mais l’intérieur de l’homme ».

Pour animer ces rencontres, elle a choisi certaines années des textes d’Anselm Grün, d’Eckhart Tolle ou les Accords Toltèques. Elle propose à ceux qui seraient intéressés de lire le livre qui lui sert de fil rouge. 

Cette année le thème qu’elle a choisi est « notre (bien) être est contagieux », avec l’idée de lâcher les obligations à courir après le bien-être ! Pour cela elle s’appuie sur le livre « Conversations avec Dieu » de Neale Donald Walsch.

En ce temps de « Car-Aime », invitation à chacun-e à suivre le Christ pour plus de Lumière dans nos vies !

Vivre une semaine de jeûne ?
Hélas le groupe de Sierre est complet pour ce Carême.
Plus d’infos auprès de Catherine Poscio, 027 455 69 18
Appel à celles et ceux qui seraient intéressés à suivre une formation pour animer une semaine de jeûne, des cours sont mis sur pied avec les objectifs suivants :
• Volet Santé : Connaissance approfondie sur la physiologie du jeûne, person–nes à risque, comment encadrer au niveau de la santé les participants-es.
• Volet Solidarité : Intégration de la semaine de jeûne à la campagne œcuménique.
• Volet Spiritualité : Eléments de conduite spirituelle pour une semaine de jeûne.
• Volet Administratif : Que doit-on faire avant, pendant et après une semaine de jeûne.

Pour tout renseignement : Katrin Fabbri (079 332 38 09)

«Vous êtes le sel de la terre», nous dit Jésus

Par Marie-Claire Gay-des-Combes
Photo: DR

Quelle image audacieuse nous donne à vivre Jésus ! Le sel, cet aliment invisible, mais qui change complètement nos préparations culinaires, est utilisé pour apporter une saveur divine à notre vie.

J’ai toujours été touchée par cette image. Est-ce parce que j’aime bien cuisiner ? Ou est-ce parce que le plat préparé avec amour, servi aux convives me parle aussi beaucoup ? Quoi qu’il en soit, je trouve incroyable que nous revient, à nous, pauvre humanité, la touche finale de la saveur de Dieu.

Si nous laissons germer, grandir et s’épanouir cette petite phrase de l’évangile au fond de notre cœur, comment ne va-t-elle pas irradier tous nos gestes quotidiens ? Dieu présent au fond de notre cœur va déployer tout son amour, sa beauté, en petites doses de saveur. Quelle merveille ! Et oui, c’est bien Lui qui vit en nous, Lui qui nous donne l’impulsion de laisser passer sa Lumière. Dieu ne force pas, Il est patient et il aime notre humanité. A nous donc de laisser de l’espace pour que puisse émerger sa lumineuse Présence. 

En vivant au quotidien « Je suis le sel de la terre », nous nous rendons assez vite compte que ce n’est pas le « j’ai fait ceci ou cela » qui donne de la saveur à notre plat, mais bien sa réalisation avec amour, son service discret et surtout la vue du visage qui s’illumine au-devant de nous. Oui, il faut un vis-à-vis pour que vive ce geste, il faut un visage qui puisse le recevoir et ainsi la saveur déploiera tous ses arômes. Nous sommes vivants avec l’autre et à travers l’autre, dans le don et non dans le faire.

Etant catéchiste, en lien avec les enfants et leurs familles, il m’a semblé évident d’offrir un espace où la saveur du don, nourri par la prière, puisse se déployer 😉 . Nous avons pu confectionner une soupe relevée de sel, confectionnée avec amour, liée avec l’eucharistie, offerte à la communauté et servie par des enfants heureux et fiers.

Restons en lien incessant avec cette lumière intérieure d’amour, renforçons-la par la prière, laissons-la émerger à travers nos mains, nos yeux… et les personnes que nous rencontrerons, toucheront du bout des doigts, cette saveur invisible du goût de Dieu.

L’hostie comme seule nourriture

Marthe Robin, c’est la Présence totale de Dieu aux côtés de toute l’Humanité dans une chambre d’un petit bled de France, Châteauneuf-de-Galaure. Plus de trente ans après sa mort, son rayonnement est international.

Par Chantal Salamin
Photo: DR

Marthe ne pouvait avaler que l’hostie.

A 16 ans, Marthe, petite fille généreuse et joyeuse, tombe dans un coma de quatre jours qui la laisse paralysée des jambes. Sa maladie, l’encéphalite léthargique, se manifeste par crises et va paralyser ses voies digestives à 28 ans, l’empêchant de manger et boire, seule l’hostie peut être avalée. Le Christ devient sa seule nourriture, et c’est en Lui qu’elle puise sa force. Elle fait l’expérience dans sa chair et dans son âme d’une union toujours plus grande avec Dieu.

Douleur et empathie
Marthe transforme sa douleur en empathie pour les autres qui mène nombre d’entre eux à une authentique expérience de conversion. Plus de 100’000 personnes l’ont visitée : camionneurs, compositeurs, agriculteurs, journalistes, théologiens et philosophes et ont témoigné :

Louisette : « Lorsque ça ne va pas, je pense au rire, à la joie de Marthe et ça me redonne du courage. » 

Jean Vanier : « Marthe faisait tomber tout préjugé qu’on pouvait avoir de quelqu’un de très mystique. Le plus important n’est pas tellement ce qu’elle disait… c’est ce qu’elle était en elle-même : une présence de Dieu, une présence de Jésus. »

« Ranimer dans le monde l’amour qui s’éteint »
« Je voudrais être partout à la fois pour dire et redire au monde combien le Bon Dieu est bon, combien il aime les hommes, et se montre pour tous tendre et compatissant », disait Marthe Robin.

A 31 ans, elle reçoit du Christ la demande de créer « les Foyers de Charité, des foyers de lumière, de charité et d’amour ». Fondés avec le Père Georges Finet, ces foyers de vie rassemblant célibataires, couples et prêtres sont « comme un refuge des grandes détresses humaines », « des pécheurs, des sceptiques viendront y puiser la consolation et l’espérance, donc c’est fait pour que des gens se récupèrent, fassent une forme de cure d’âme pour retrouver la santé, retrouver la vie et finalement le salut », comme nous le dit le père Jean-François Hue, prêtre au foyer de La Flatière. Aujourd’hui, 76 Foyers de Charité sont répandus dans 40 pays.

Le site: martherobin.co

Célébration de l’unité

Quelle chance! A l’heure de la messe, à 10h15 dimanche 19 janvier, l’église de la Colombière accueillait la célébration œcuménique pour l’unité des chrétiens sur le thème «Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire».Texte et photos Par Olivier Cazelles

Bien des paroissiens étaient présents avec des membres des sept Eglises chrétiennes de Nyon pour cette prière annuelle en vue de l’unité : l’église était comble. Eric Monneron, diacre de la paroisse catholique, a accueilli chacun avec sa chaleur communicative et présenté à l’assemblée les pasteurs et laïcs qui interviendraient dans cette liturgie.

Le chant, confié à un groupe choral, était soutenu par des instrumentistes. Alternant recueillement, louange et appel à l’Esprit Saint, la musique créait les conditions pour écouter la Parole de Dieu et participer activement à la prière.

Au début de la célébration, Catherine Albrecht, diacre de l’Eglise réformée évangélique du canton de Vaud, a invité les enfants à une animation adaptée. Les tout-petits étaient accueillis à la garderie par Eulalia Valea et son équipe, de la Colombière.

Evangélisation de Malte
Le thème de cette année faisait référence à l’histoire de l’apôtre Paul qui, avec ses compagnons de route, a fait naufrage sur les côtes de l’île de Malte. Les naufragés ont été accueillis et soignés par la population locale. Dans sa prédication, Jean-François Bussy, de l’Eglise du Réveil, est revenu sur la mise en place de la Pastorale nyonnaise il y a trente ans pour souligner l’importance toujours actuelle de transmettre la Bonne Nouvelle de Jésus. Une Bonne Nouvelle qui génère la joie dans la confiance en Jésus.

« N’ayons pas honte de l’Evangile, et d’y croire ! », a-t-il dit. Car saint Paul le constate : la proclamation de l’Evangile agit avec une puissance miraculeuse susceptible de transformer nos cœurs et les situations que nous vivons. L’annonce de l’Evangile aux habitants de Malte commence par une catastrophe, un naufrage. Et Jean-François de s’écrier : « Alors courage ! L’avenir de l’Eglise à Nyon est devant nous avec cette garantie : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » »

Intercession et partage
La prière d’intercession a souligné la nécessité de ramer pour faire avancer la barque de l’Eglise. Porteuses d’une symbolique forte, des rames se sont élevées du sein de l’assemblée avant d’être appuyées sur l’autel. Chaque rame a apporté sa sensibilité: générosité, hospitalité, réconciliation, illumination, force, espérance, confiance.

L’offrande a été répartie entre le Service Pâques Nyon, qui encourage les chrétiens à s’investir dans l’espace public au service de leurs concitoyens, et l’association Compassion international, qui parraine des enfants démunis.

Autour de tables enrichies des préparations de chaque communauté, l’apéritif a permis de se parler, de faire connaissance, d’échanger des nouvelles. Comme on aimerait que ce soit possible au hasard des rencontres tout au long de l’année !

Avec Eric Monneron, au micro, les ministres des Eglises nous bénissent.

L’homme et la nourriture: histoire d’un rapport complexe

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), mars-avril 2020

Texte et photo par Vincent Lathion

Un animal pas comme les autres
Si les animaux pouvaient parler, ils ne manqueraient pas de s’exclamer au sujet de l’homme : « En voici un, qui ne fait rien comme les autres ! » En effet, pour la nourriture comme en d’autres domaines de la vie, l’homme est un cas unique dans le règne animal.

Il faut, pour commencer, convenir que l’alimentation occupe une place essentielle dans la vie humaine. Elle est nécessaire. Elle possède de plus une forte dimension sociale : pourrait-on s’imaginer une réunion de famille, une fête de village ou encore une sortie d’entreprise où l’on ne mange ni ne boit ? Ou bien s’acquitter de son devoir d’hospitalité, sans servir quoi que ce soit à son hôte ? Qui dit social, dit aussi réglementé, codifié : les règles de bienséance au cours d’un repas peuvent certes varier d’une culture à l’autre, d’un milieu social à l’autre, mais force est de reconnaître qu’elles existent toujours.

Sans tordre le sens des mots, nous pouvons donc dire que le rapport de l’homme à la nourriture relève de l’art : un art qui commence en cuisine dans la confection des plats, qui touche aussi à la manière de dresser une table et qui se poursuit dans l’art du service et dans celui de manger. Parler d’art signifie en d’autres termes que l’homme se sert de son intelligence dans ces activités.

La nourriture dans le monde religieux
Mais la relation de l’homme à la nourriture n’est pas seulement investie par sa raison, elle l’est encore par son sens religieux. Pensons ici, entre autres, aux prescriptions nombreuses de l’Ancien Testament sur les aliments ou aux interdits qui touchent certaines viandes dans le judaïsme et l’islam. Le christianisme a abrogé une grande partie de ces lois et dans le régime instauré par le Christ, il n’y a plus de nourriture interdite en soi.

Citons ici l’Evangile de Marc (7, 18-19) :
« Alors il [Jésus] leur dit : « Etes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. »

Il reste, bien sûr, que le chrétien associe aussi son corps à sa quête de Dieu : il est donc encouragé, à certains moments, à jeûner et à mener une vie d’ascèse. Les périodes par excellence pour de tels exercices sont le Carême et l’Avent. Ces temps liturgiques possèdent en effet une dimension pénitentielle, car ils invitent les croyants à se préparer aux grandes fêtes de l’année en s’éloignant de tout ce qui les détourne de Dieu. 

Le jeûne y aide, puisqu’il permet d’une part de prendre conscience de la faiblesse de son corps – et par là de notre dépendance à Dieu – et d’autre part de réaliser que l’homme ne vit pas seulement de nourriture, mais qu’il aspire à quelque chose de plus grand. Par ailleurs, en canalisant le désir de la nourriture, le jeûne donne à la personne une meilleure maîtrise sur l’ensemble de ses envies, ce qui favorise un certain dépouillement et une attitude de prière.

Relevons cependant que l’ascèse n’est pas propre au christianisme, qu’elle est parfois même davantage pratiquée dans d’autres religions. Il faut néanmoins noter que sa particularité en christianisme tient à la dimension de charité dans laquelle elle s’inscrit. Le but que le disciple du Christ vise à travers l’ascèse n’est pas un exploit physique, pas même une soumission parfaite des sens à sa volonté. Il recherche plutôt un regain de charité, une foi plus grande et une relation plus étroite à la Trinité. Voilà pourquoi le chrétien peut offrir un jeûne pour un autre que lui-même ou pour une intention particulière. Il sait que Dieu écoute les cœurs contrits et que faire pénitence pour quelqu’un est aussi une manière d’imiter le Christ dans son sacrifice pour nous.

Les pratiques alimentaires dans le monde actuel
Enfin, nous sommes parfois surpris par le zèle de nos contemporains à se priver de certains aliments et à choisir des régimes particuliers. Ces démarches sont en revanche rarement entreprises pour des motifs religieux, mais davantage pour des raisons écologiques, quelquefois pour une santé meilleure, ou encore pour le bien-être animal.

Il est pourtant judicieux de se demander si ces causes n’ont pas été réinvesties par un sentiment religieux dans quelques cas. Le risque d’une catastrophe écologique sonne alors un peu comme l’annonce prophétique d’une apocalypse toute proche, tandis que le comportement de certaines personnes dans ce domaine évoque la ferveur des fidèles les plus pieux.

Est-ce à dire que l’homme, même athée ou agnostique, demeure profondément religieux ? La question est ouverte !

Comment vivre le temps de Carême?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mars 2020

Par l’abbé Julien Toulassi, vicaire de la paroisse Saint-Laurent Estavayer | Photo: DR

Le temps de Carême est avant tout un temps de grâce pour tout chrétien qui le vit intensément selon les propositions de notre Eglise. Les quarante jours du Carême sont des «jours saints», comme les appelle saint Benoît.

Le Carême, temps de générosité.

Il mérite d’être considéré comme une période sainte entre toutes, non seulement parce qu’il correspond à la retraite du Seigneur au désert et sa lutte avec le démon mais aussi parce qu’il constitue la préparation immédiate au plus saint des mystères, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Mais comment vivre ce temps pour être rempli des dons de l’Esprit Saint ?

Temps de purification des sens et du péché

Le temps de Carême est un temps de combat spirituel et de lutte contre le péché. Pour suivre l’exemple du Christ, son chef et son maître, et pour réaliser en lui-même le mystère de la Sainte Quarantaine, le chrétien durant ces jours saints doit se livrer plus totalement, et plus exclusivement, au service de son Dieu. Le carême est consacré très spécialement à la purification des sens et du cœur. 

Pendant ce temps, le chrétien doit purifier sa pensée (des mauvaises pensées : penser le mal de son frère, concevoir un plan de vol, vivre intellectuellement le plaisir de la chair), sa bouche (en évitant de tenir des propos injurieux, des critiques non fondées, propos vindicatifs et belliqueux, s’abstenir de ces douces friandises, ces mets copieux et délicieux où se complaît notre sensualité, éviter la gourmandise), ses yeux (éviter de s’attarder sur la contemplation de la créature au risque d’en succomber, la convoitise, éviter de promener ses yeux où ils n’ont pas droit d’observation, éviter de s’adonner au jeu de séducteur ou de charmeur en utilisant trop de produits artificiels de beauté), son toucher (éviter à dessein de toucher certains lieux érogènes de son corps, éviter la masturbation, éviter les jeux de main), son cœur (faire la charité de façon désintéressée, éviter de mentir, de désirer la femme d’autrui, fuir le péché, etc.).

Purifier ses sens de façon générale revient à redécouvrir que son corps est le temple de l’Esprit Saint. La purification suppose aussi la croissance de la vertu. On ne peut arriver à cela sans une vie de prière quotidienne par la récitation du chapelet, des prières ordinaires de l’Eglise, les visites au Saint Sacrement, source de ravitaillement spirituel.

Temps de conversion et de miséricorde

Le temps de Carême est un temps de conversion et de miséricorde où Dieu nous demande de revenir à lui. Le Carême est le temps de laisser nos mauvaises habitudes et vivre les vertus évangéliques. Il est aussi le temps le plus favorable pour procéder à un sérieux examen de conscience, pour vérifier loyalement ses dispositions intérieures, se rendre compte de ce qu’il y a lieu de corriger ou de redresser dans sa vie, et pour discerner les points faibles sur lesquels il nous faut exercer une surveillance plus attentive. 

Ajoutons qu’un retour au sacrement de pénitence nous aidera à opérer la régénérescence spirituelle nécessaire. D’ailleurs, le Carême est le temps de pénitence et la confession est le sacrement par excellence de la miséricorde. Pour élargir et compléter l’action purificatrice du sacrement de pénitence, nous disposons de l’eucharistie dont l’Eglise ne manque pas, durant le Carême, de souligner la vertu purifiante. Pendant cette période de grâce nous devons renouveler nos promesses baptismales et tenir en haute estime les sacrements de pénitence et de l’eucharistie.

Temps de croissance spirituelle

Pendant ce temps précieux, il faut s’appliquer à faire le bien et c’est sans doute le meilleur moyen pour éviter le mal. C’est pourquoi l’Eglise pendant le temps de Carême recommande à chaque chrétien de s’abstenir du péché en pratiquant la justice sous toutes ses formes. Cultiver les vertus chrétiennes est sûrement le procédé le plus efficace pour extirper les vices qui leur sont opposés. 

Nous sommes invités à vivre intensément la liturgie de la parole de chaque célébration eucharistique. C’est aussi le moment d’une écoute attentive de Dieu à travers la Lectio Divina où l’on découvre ce que Dieu attend de nous. Nous devons imiter le Christ à travers les grands moments de sa vie et faire la route avec lui comme un ami de tous les jours, un frère en humanité qui nous comprend mieux que nous-mêmes. Ce faisant c’est vivre une certaine intimité avec Lui. 

La prière de l’Oraison et aussi les pèlerinages sont autant de voies pour nous aider à l’école de la grâce, de vivre chrétiennement notre temps de Carême.

Temps de partage

C’est le moment plus que jamais de pratiquer la charité envers les plus démunis de la paroisse ou de la société. A ce propos, saint Athanase dans un sermon affirme ceci : « Il est bon de jeûner, mais il est mieux encore de faire l’aumône. Celui qui peut faire les deux accomplit deux biens ; mais, en tout cas, le jeûne sans l’aumône ne suffit nullement. Donc, si quelqu’un ne peut jeûner, qu’il fasse l’aumône. » Ce passage ne veut nullement déprécier le jeûne mais veut seulement montrer que tous nous devons faire l’aumône selon notre condition et nos ressources. Durant le temps de Carême, la charité doit s’exercer envers tous les affligés. Le Christ lui-même nous le dit dans une page de l’Evangile : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais sans abri, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venus à moi… » Ce passage de saint Matthieu est en soi un appel vibrant pour redécouvrir une autre dimension de l’aumône. Dans ce sens, l’aumône n’est pas nécessairement le partage d’un bien matériel mais aussi son temps, sa vie, son être. Le chrétien pendant le temps de Carême doit ouvrir les yeux et être attentif à ceux qui souffrent autour de lui. Aller visiter un malade, un prisonnier, conseiller un frère en difficulté c’est aussi faire de l’aumône ; partager une partie de son être. C’est ce qu’il convient d’appeler aumône spirituelle.

La rénovation morale que, chaque année, l’Eglise s’efforce d’opérer dans tous ses membres par le temps de Carême, n’est pas seulement individuelle, elle est surtout collective et sociale. C’est pourquoi, durant la Sainte Quarantaine, l’Eglise insiste pour que les fidèles tant individuellement que collectivement participent plus fréquemment, et avec une vraie ferveur aux exercices de piété recommandés par elle pour bénéficier intensément à la vie de grâce qu’est le temps de Carême.

«Pâqu’et Surprises»: Montée vers Pâques des jeunes

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), mars 2020

Par Céline Sallin, animatrice | Photo: Mauro Cortese, Céline Sallin

Judas qui trahit Jésus, mauvaise surprise… Pierre qui renie Jésus, mauvaise surprise… Jésus meurt sur la croix, très mauvaise surprise. Puis Marie Madeleine et Marie de Magdala qui reviennent du tombeau, surprise!!!Jeune du Chablais valaisan, nous t’invitons activement à venir participer à la Montée Vers Pâques (dite MVP) qui aura lieu du 9 au 12 avril 2020 sous le thème « Pâqu’et Surprises ». De Val d’Illiez à Monthey en passant par Muraz, nous te proposons un Triduum pascal dynamique et surprenant ! 

La MVP est un camp catho s’adressant principalement aux jeunes dès le CO. Nous vivons ensemble quatre jours pour nous remémorer les derniers instants du Christ sur terre, depuis son dernier repas jusqu’à sa Résurrection. Nous explorerons cette année le thème des surprises que les Apôtres ont vécues aux côtés de Jésus et nous vous en préparerons aussi quelques-unes. Et toi, comment vis-tu les surprises de Dieu ?

Du côté des animateurs
Pour les neuf animateurs, la MVP 2020 a déjà débuté. Depuis novembre, toujours motivés, nous réfléchissons ensemble pour vous concocter plusieurs jours inoubliables. Les idées ont fusé et les activités se sont mises en place. Entre le film, la nouvelle roue des petits jeux et Pignata,
le programme sera riche : promis, tu ne t’ennuieras pas ! Il y aura aussi les célébrations dans les paroisses pour partager et approfondir notre foi.

En tout cas, tous vous diront que l’union fait la force… Notre bonne équipe proposera notamment aux jeunes un méga « Fort-Boyard » qui nous demandera de la détermination, de la collaboration entre tous, de la concentration et surtout du plaisir à participer. 

Alors toi qui envisages de venir, n’hésite plus, attrape un ou deux copains, ton kit
de survie dont un sac de couchage, ta bonne humeur et aussi un paquet avec trois objets qui te représentent pour le jeu de connaissances du jeudi soir, nous t’attendons.Infos : Sandrine Mayoraz, 079 739 24 22
Scanne le code QR pour t’inscrire

Carême: un temps de conversion

Par Jean-Michel Girard, prévôt du Grand-Saint-Bernard
Photo: pontifexenimages.com

Dans un programme de réflexion sur la manière d’utiliser les ressources de notre monde, je lisais ce titre : « Conversion écologique ». Le terme « conversion » qu’utilisent les chrétiens s’applique tout à fait dans le domaine de notre comportement envers la création : se détourner du mal pour se tourner vers le bien (ou le Bien). 

En fait, il convient à tous les domaines de notre vie. Notre manière d’agir est toujours entachée d’une certaine connivence avec le mal que saint Paul décrit pour lui-même avec cette formule : « Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire. Qui me délivrera de ce corps de péché ? » (Rm 7, 19) 

Quand Jésus parle du bon grain et de l’ivraie qui poussent ensemble durant le temps de ce monde, il est bien conscient du mélange qui nous habite. C’est la réalité. Il ne s’agit pas de se décourager ou de se culpabiliser. Jésus dit qu’il faut « accepter » ce mélange, ne pas prétendre à une vie irénique où seul le bien subsiste. 

Il nous donne, cependant, l’orientation : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». C’est tout un chemin ; c’est le chemin, c’est l’entreprise de la vie. Selon les forces du moment, les inspirations de l’Esprit, les lumières qui nous viennent, changer d’attitude. Que ce soit vis-à-vis de telle ou telle personne, dans des habitudes qui nous nuisent… mais aussi par rapport à l’écologie. Le mélange est partout. Il ne faut pas s’étonner que dans l’usage que nous faisons des biens communs de la création, nous ayons réussi des choses magnifiques au service de l’humanité, mais que s’y soient mêlés tant d’intérêts égoïstes.

La conversion écologique est une belle conversion, parce que la création est belle, parce que le projet de Dieu de nous faire vivre dans une maison commune est beau, parce que la vie des générations futures peut, doit être belle.

La louange pour remplir les églises?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), mars 2020

Texte par Gauthier Tschopp | Photo: Yves Crettaz

Cela fait plus d’une année que le concept des soirées de louange contheysannes est en marche et cela n’est pas près de s’arrêter. Samedi 8 février dernier, c’était la huitième soirée #EgliseContheyCentre où plus de six cents personnes étaient réunies pour louer Dieu aux sons et aux sourires des différents groupes invités.Le principe, tiré de l’Eglise Lyon Centre, est de proposer une soirée chaque deux mois à travers laquelle on peut vivre une belle célébration, des temps conviviaux, un concert de pop-louange et une adoration animée. L’objectif des organisateurs est de remettre au centre le caractère humain de l’église car « l’église, avant d’être un bâtiment, est un réseau de personnes partageant une foi et une amitié profonde avec Dieu ». L’abbé Pierre-Yves Pralong qui organise ces soirées avec plusieurs jeunes, n’a pas oublié de le rappeler durant son homélie.

Pour ce faire, les jeunes ont mis la main à la pâte, avec un chaleureux accueil des paroissiens à l’entrée de la soirée, la pose d’un grand écran pour suivre les chants de la soirée ou encore l’espace apéro à la sortie de la célébration.

Pour cette huitième du nom, les organisateurs ont invité trois groupes pour l’animation de cette soirée. Le chœur Oundikwé pour la messe, le groupe Adoray Brig pour l’adoration ainsi que le groupe français de pop louange Antydot. Ce dernier est un groupe professionnel qui se produit régulièrement dans des paroisses pour annoncer la Bonne Nouvelle sous une autre forme : la musique jeune.

« Le plus beau dans ces soirées est de voir danser une personne âgée avec un jeune sur ces morceaux de Antydot » relève un jeune organisateur. Il a raison : tous ces sourires à la sortie de la soirée furent merveilleux. 

Au-delà des spots, écrans ou groupes musicaux, une telle soirée permet de valoriser les talents de chacun tout en laissant agir l’Esprit Saint. C’est ça l’Eglise de demain : chacun y trouve sa place !

#EgliseContheyCentre, ça te branche ? Rendez-vous le 18 avril prochain pour une nouvelle soirée !

Les interdits alimentaires

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Cœur, Ouchy-Lausanne (VD), mars 2020

Par Alice Jossi-Zamora | Photo: DR

Selon le judaïsme, les lois de cacherout ou prescriptions alimentaires, furent dictées par Dieu à Moïse lors de l’Exode. Comprises dans la Torah (Lévitique 11 et Deutéronome 14), ou dans la tradition (Torah orale), leur rédaction ne s’est faite que vers le VIe siècle av. J.-C., à un moment particulier de l’histoire juive : l’exil à Babylone. Ce contexte explique, peut-être, leur diversité.

Ces lois peuvent avoir différentes interprétations :

Premièrement, par nécessité sanitaire : interdiction de manger de la viande de porc ou d’un animal prédateur pouvant transmettre des maladies ; abattage après contrôle de l’état de l’animal ; examen minutieux des végétaux afin qu’ils ne contiennent aucun insecte, ni parasite ; lavage des mains.

Deuxièmement, par nécessité sociale : que ce soit lors de l’arrivée au pays de Canaan, à la fin de l’Exode, ou pendant la période de l’exil à Babylone, les Juifs étant peu nombreux par rapport aux peuples les côtoyant, pour maintenir leur cohésion et empêcher leur dissolution, les Juifs observants ne devaient pas manger avec les Gentils ou les païens. 

Et finalement par spiritualité : on doit rendre louange à Dieu par l’étude de la Torah, par la prière et par l’observation de ses commandements à travers tous les actes de la vie. Dieu en ayant dicté les règles, les repas doivent permettre la sanctification intérieure et être action de grâce pour les biens reçus.

Evidemment, ces règles contraignantes entraînaient l’exclusion de l’état de pureté d’une partie des Juifs eux-mêmes, trop pauvres pour pouvoir les respecter. En effet, comment appliquer le commandement de séparation entre mets carnés et mets lactés lorsqu’on ne possède pas assez d’ustensiles de cuisine ? Comment cachériser une casserole en la trempant dans l’eau bouillante alors que les combustibles coûtent cher ? Toutes ces règles divisaient la société entre observants et ceux qui ne le pouvaient pas, entre purs et impurs, entre Juifs et Gentils. 

C’est tout cela que Jésus a voulu changer n’hésitant pas à partager la table des impurs. A sa suite, ses disciples mangeaient avec des non-juifs ou ne se lavaient pas toujours les mains. Aux pharisiens choqués, Jésus a magistralement répondu :  

« Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l’homme. » (Mat 15, 11)

Pour le monde juif, l’enseignement de Jésus est révolutionnaire car il vise l’universalité et il accueille inconditionnellement tout le monde.

La faim justifie les moyens

Les régimes «sans» ont la cote, mais que l’on veuille éliminer le gluten, les produits laitiers, la viande n’est pas uniquement un effet de mode. Au-delà de la simple restriction alimentaire, ces interdits peuvent aussi résulter d’une réelle nécessité ou de convictions profondes. Analyse de notre assiette.

Par Myriam Bettens
Photos: DRImaginez la Cène, Jésus convie tous ses disciples à un repas qu’il sait être le dernier. La table est dressée, le vin tiré et les mets proposés viennent déjà titiller les papilles des convives. Brusquement, Jean se penche vers le Christ : « En fait, je ne mange pas de viande. » A la suite du « disciple bien-aimé », les autres s’enhardissent et exposent leurs doléances alimentaires. La représentation dépeinte peut prêter à sourire. Pourtant, si Jésus vivait aujourd’hui, elle serait certainement courante. Le renoncement à un aliment, bien connu des fidèles catholiques durant la période précédant Pâques, n’est plus l’apanage du catholicisme. La société séculière a vu émerger nombre de petits carêmes laïques, tels que le Dry January (janvier sans alcool) ou encore le Vegan Month (mois végane en novembre). De fait, que les motivations soient sanitaires, éthiques, environnementales ou même économiques, les régimes alimentaires spécifiques ont grandement gagné en popularité au cours des dernières années.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Zoé et sa maman ont dû adapter leurs recettes de cuisine.

« C’était le 17 mai 2017. Un mercredi, je crois », lance Zoé. Alors âgée de 11 ans, le diagnostic tombe, elle est cœliaque. Les maux d’estomac et les ennuis gastriques récurrents de l’adolescente alertent sa maman, Laurence, sur une possible intolérance au gluten. Un test en pharmacie, puis un examen sanguin en cabinet confirment ses soupçons et l’intolérance dont souffre Zoé est sévère. Un véritable tsunami pour sa maman. « C’est une maladie auto-immune avec un impact important au niveau social. On se demandait toujours si on pouvait aller manger dehors ou accepter une invitation », expose-t-elle. La famille a dû aménager petit à petit son quotidien en adaptant les recettes de cuisine ou en s’approvisionnant en desserts sans gluten. « Nous avons trouvé des solutions à tout. Mon plus grand truc c’était les caracs, et maintenant une boulangerie en produit aussi sans gluten », précise Zoé.

Pour une bouchée de pain

Marguerite s’est armée de volonté et de discipline.

Pour Marguerite, ce n’est pas uniquement le gluten qu’il fallait bannir, mais aussi la caséine (protéine de tous les produits laitiers, ndlr). Cette octogénaire souffre depuis quarante ans de polyarthrite rhumatoïde, ce qui la handicape dans certaines de ses tâches quotidiennes, mais « la maladie est sous contrôle depuis deux ans et sans devoir prendre de médicaments », expose-t-elle avec un sourire. Pour arriver à ce résultat, Marguerite a dû s’armer de volonté et de discipline. « Dans les années quatre-vingts, mon médecin m’a proposé de suivre le régime Seignalet pour améliorer les symptômes de ma polyarthrite », affirme-t-elle. Il lui faut donc abandonner la consommation du gluten et de tous les produits laitiers, supposés inflammatoires pour les articulations. Elle suit donc ce régime quelque temps et constate que ses symptômes s’améliorent. La tâche était plus compliquée que pour Zoé, car « il n’existait presque pas de produits sans gluten à l’époque, alors qu’aujourd’hui je trouve même du pain ! » s’enthousiasme l’aînée.

Ne pas manger «de la daube»

Les régimes dits « sans » ne concernent pas strictement ce qui se trouve dans notre assiette, mais peuvent aussi s’apparenter à un mode de vie. En janvier dernier, un tribunal britannique a reconnu au véganisme éthique le droit d’être protégé au même titre que toute religion. Que cela soit pour le bien-être animal ou la réduction de son empreinte carbone, les arguments en faveur d’une alimentation exclusivement végétale ne manquent pas. Dans le cas de Malena Azzam, c’est surtout le sort des animaux qui a été le déclencheur. Végétarienne depuis qu’elle est petite, puis végétalienne pour des raisons de santé, elle a supprimé petit à petit tous les produits d’origine animale, autant dans son alimentation que dans le choix de ses vêtements et de ses cosmétiques. « Je suis tombée sur une vidéo montrant la manière choquante dont la laine pour les vêtements était produite, et depuis j’ai décidé d’être radicale dans mon mode de vie », déclare-t-elle. Aujourd’hui, elle a repris la direction de la crémerie végane cofondée avec son père et son compagnon à Genève. Elle note que la demande pour ce type de produits est en pleine croissance : « Si certaines personnes suivent un effet de mode, peut-être par bonne conscience, une majorité est convaincue par des arguments que nous ne pouvons plus ignorer et qui nous obligent à faire des choix responsables notamment en changeant le contenu de notre assiette. » D’autre part, elle voit aussi une nouvelle population intéressée par l’alimentation végane : celle de parents cherchant une alternative à ce que propose l’industrie agro-alimentaire pour nourrir leurs enfants. 

Malena Azzam a repris la direction de la crémerie végane cofondée avec son père et son compagnon
à Genève.

De la viande ou de l’oseille

Le manque de ressources financières peut aussi pousser à ne plus acheter de viande. « Je ne cuisinais que très peu de viande à mes enfants. Les produits carnés étaient trop chers pour moi », révèle Denise *. Cette sexagénaire indique que personne dans sa famille n’était végétarien à proprement parler, mais que la viande était souvent remplacée par des légumineuses ou d’autres sources de protéines moins coûteuses. Ses enfants, maintenant adultes, mangent de la viande sans pour autant en consommer à tous les repas, une question d’éducation et d’habitude selon elle. Changer d’alimentation et donc de mode de vie n’est pas anodin et entraîne un certain nombre de sacrifices. Heureusement, il existe en Suisse un plat qui met tous les régimes alimentaires au diapason. Qu’elle soit sans pain ou même sans fromage, maintenant qu’elle est aussi produite à base de noix de cajou, la fondue a plus d’un tour dans son caquelon !

* Nom d’emprunt

Un sain(t) rapport à la nourriture

Alessandra Roversi, collaboratrice de Biovision, une fondation en lien avec le développement écologique en Afrique, en Suisse et au niveau global, s’occupe du secteur de la consommation durable. Elle porte un regard perspicace sur notre rapport à la nourriture : « Si l’on prend l’étymologie de religion, religio, « lien moral, inquiétude de conscience », nous devons certainement être plus conscients des impacts de nos choix alimentaires sur nos corps et sur notre environnement et transformer un peu notre approche individuelle et collective. » Elle poursuit : « La nourriture est un champ d’action important dans un monde où on sent que l’on a de moins en moins de prises sur la réalité et sur nos choix. Cela reste un domaine où l’on peut choisir, personnaliser. » Selon ses dires, il nous faut « réapprendre une certaine frugalité et une certaine simplicité dans notre approche de ce que l’on mange, dans le respect de celles et ceux qui produisent, de la terre et voir tout cela de façon plus holistique. »

Un forum réussi

Par Geneviève de Simone-Cornet
Photo: Jean-Claude Gadmer

Camion-citerne ou dé à coudre ? Peu importe, car Dieu regarde le cœur, le désir de bien faire, la bonne volonté et non la performance. L’image est parlante : elle a été donnée par l’abbé Joël Pralong, supérieur du séminaire de Sion à Givisiez (FR), lors du forum sur le bénévolat, qui a rassemblé à la Colombière samedi 1er février une centaine de bénévoles engagés sur notre unité pastorale (voir pages 4-7). Le succès était au rendez-vous : des visages joyeux et des cœurs contents, une ambiance de fête et l’envie de recommencer. Bravo et merci à l’Equipe pastorale et à Fabiola Vollenweider Gavillet, qui ont porté ce projet avec persévérance et donné de leur temps dans la joie et l’enthousiasme.

Ainsi, sur les 400 bénévoles que compte notre unité pastorale, une centaine avait répondu à l’invitation. Et ils ont vécu un temps fort qui restera gravé dans leur mémoire. Ils ont partagé des moments de convivialité, de réflexion, de partage et de célébration dans une ambiance festive. Qu’il est bon parfois de se retrouver ainsi pour constater que l’on n’est pas seul, que beaucoup donnent de leur temps et de leurs compétences pour faire vivre l’Eglise à Nyon et Founex ! Pour se dire qu’être bénévole est un enrichissement humain et spirituel, un don de soi qui apporte beaucoup, un engagement qui crée un réseau de solidarité. Car c’est cela aussi, l’Eglise : un grand nombre de bonnes volontés qui se rejoignent et se complètent pour former un tissu aussi coloré qu’utile.

Chacun a ses compétences à apporter pour le bien de la communauté. Il importe de discerner et de ne pas vouloir tout faire : tous n’ont pas tous les talents – les « bénévoles bouche-trous » s’épuisent vite. Et n’oublions pas de temps en temps, comme en ce 1er février, de reconnaître le travail accompli et de remercier, car la gratitude est le carburant du bénévolat.

C’est au nom de leur baptême que les bénévoles s’engagent : leurs multiples activités mettent en valeur le sacerdoce baptismal et lui donnent tout son sens. En un temps de crise pour l’Eglise, il est heureux que les baptisés aient toujours plus conscience de leur vocation au service de la communauté et prennent la place qui leur revient. Car avant d’être laïcs, religieux, religieuses ou prêtres, nous sommes tous baptisés : le sacerdoce baptismal est la vocation première de tout chrétien, le terreau de tous ses engagements.

Nous sommes tous égaux dans l’Eglise. Engageons-nous, forts de cette conviction, pour bâtir des communautés vivantes et ouvertes.

Le temps qu’il faut…

La Bible regorge de paroles qui parlent de semences, de récoltes, de semeur, de bon grain. Il en est de même de notre langage courant.Par Valérie Pianta
Photo: DR

Dans la transmission générationnelle, même notre vie est une histoire de semences : quel émerveillement, comme grands-parents, de regarder notre petite-fille et de penser que notre semence de vie traverse le temps, se prolonge, se mélange et s’enrichit et reprend forme à travers celle de nos enfants, ses parents, pour donner naissance à une nouvelle souche de vie, un nouveau rameau porteur de vigueur, de nouveautés, d’inédit !

Tout l’avenir du monde est enfoui au cœur d’un petit être en marche, porteur de ce que nous lui avons donné et sans cesse disponible pour capter toute nouvelle richesse qui contribue à sa croissance, et à un faire un être unique.

Unique mais inscrit dans une histoire !
La parole de Dieu semée dans l’univers a donné naissance à la création. Dieu sème sa parole qui s’enracine dans le cœur des hommes, qui peuvent en récolter les fruits en toute liberté, lorsque pour eux arrive le moment. Des fruits de discernement, de sagesse, de tendresse, de bienveillance, de compassion… des fruits de miséricorde.

Bien souvent, le problème est que nous avons de la peine à nous rappeler la parole de l’Ecclésiaste.  Il y a un temps pour tout, un temps pour planter, un temps pour récolter. Si tout pouvait se passer dans le temps que nous avons décidé, le temps qui nous arrange, pas forcément celui de notre maturité, mais dans notre temps qui est celui de notre empressement à réussir, à posséder, à maîtriser !

Notre temps cadré par nos exigences n’est pas celui de Dieu agissant dans nos cœurs comme la pluie et le soleil qui fécondent la terre. Pour que la Parole devienne semence de vie qui germe, arrêtons-nous pour voir ce qui est bon, très bon ; posons notre regard sur l’homme et la création qui l’entoure, écoutons battre le cœur de la vie.

On ne fait pas pousser les salades en tirant sur les feuilles, n’est-ce pas ?
Prenons donc le temps de cultiver, prendre soin, nourrir chaque semence déposée par Dieu à travers sa parole, ses Sacrements, dans notre vie quotidienne, le temps de nous reposer, pour que tout ce que nous portons comme belles semences puisse se déposer et s’enraciner, afin de fleurir au bon moment. 

Apprenons à faire confiance au temps insaisissable d’un Dieu insaisissable…
« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel… un temps pour planter, et un temps pour arracher. » (Ecclésiaste 3, 1-2)

« On récolte ce qu’on sème… »

 « Il dit encore : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi. » (Marc 4, 26-29)

Action de Carême – Campagne 2020

[thb_image image= »25360″]

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), mars 2020

Texte et photo par Jean-Hugues Seppey et AdC

Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir

Les semences et les graines constituent la base de presque toute vie ; c’est la raison pour laquelle elles sont au cœur de la Campagne œcuménique 2020. Elles sont à l’origine de nos légumes et du blé pour notre pain. Même le pommier qui donne tant de fruits est issu d’une seule graine. Plus de 70 % de la nourriture produite dans le monde est le fait de petits paysans et paysannes et non de l’agro-industrie. Les familles paysannes nourrissent l’essentiel de la population mondiale, mais pour y parvenir, encore faut-il qu’elles aient accès aux ressources nécessaires, notamment aux semences locales, et qu’elles puissent en garder la maîtrise. L’agriculture paysanne cultivant avec des semences locales est durable et mieux adaptée aux conditions climatiques d’une région donnée. Elle constitue un élément de réponse important face aux défis posés par les changements climatiques. 

C’est de cette idée qu’est tiré le slogan de la Campagne œcuménique 2020 : « Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir ».

Action de Carême et Pain Pour le Prochain proposent à nouveau de nombreuses initiatives pour que chacun puisse profiter du temps du Carême pour penser à mieux préserver l’avenir commun.

• Le calendrier de Carême
• Les soupes de Carême pour partager et donner
• Le pain du partage (chez certains boulangers)
• Le jeûne
• La Journée des roses du samedi 21 mars (merci pour votre générosité)
L’action « Give a Rose » pour offrir une rose virtuelle tout en soutenant la campagne par les réseaux sociaux (https://voir-et-agir.ch/roses)

Mission Jeunesse-Lumière

Par Paul Salles
Photo: FJ

Du 9 au 22 mars 2020, le canton de Fribourg accueillera une petite équipe de jeunes missionnaires de l’école d’évangélisation Jeunesse-Lumière. 

Il s’agit d’une école d’évangélisation et de prière fondée en France en 1984 par le Père Daniel-Ange. Son intuition : les premiers témoins de Dieu pour les jeunes, ce sont les jeunes eux-mêmes. Chaque année, des jeunes du monde entier, âgés entre 18 et 30 ans, prennent une année sabbatique pour se former à la vie spirituelle et à la mission. Avec Jeunesse-Lumière, ils apportent leur témoignage dans les paroisses ou les écoles. 

Pour être missionnaire, pour partager la joie de croire, nous n’avons pas besoin d’avoir une longue formation, d’avoir suivi une longue préparation. Toutefois, il est aussi bon de pouvoir prendre le temps de se former et d’approfondir notre relation avec ce Dieu qui nous sauve. C’est ce que font ces jeunes, et la pastorale des jeunes du canton les a invités à venir partager leur expérience avec les jeunes fribourgeois. 

Ainsi les jeunes missionnaires passeront dans les classes d’enseignement religieux des CO du Belluard et de Jolimont à Fribourg, ainsi que dans celui de la Veveyse et de la Glâne. Parallèlement à ces interventions, ils rencontreront les confirmands des unités pastorales concernées par ces CO, ils animeront des messes dominicales et des veillées de prière, visiteront différents groupes de jeunes et tiendront des stands de rencontre au marché. 

Inviter des jeunes missionnaires, ce n’est pas leur déléguer notre propre appel au témoignage, c’est se laisser entraîner par des jeunes qui ont fait cette expérience folle qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir et que c’est en partageant sa foi qu’elle grandit. 
Pour les rencontrer et, avec eux, partager notre foi, voici les principaux moments forts de leur visite : 

Du lundi 9 au vendredi 13 mars : passage dans les classes des CO du Belluard et de Jolimont

Mardi 10 mars : soirée avec les confirmands à Belfaux

Du lundi 16 au mercredi 18 mars : passage dans les classes du CO de la Veveyse et dans les groupes d’aumônerie

Du mercredi 18 au vendredi 20 mars : passage dans les classes du CO de la Glâne

Vendredi 20 mars : rencontre à l’aumônerie du CO de la Glâne, soirée avec les jeunes à Ursy

Samedi 21 mars : participation aux 24h pour le Seigneur à Fribourg

Dimanche 22 mars : messe paroissiale à Chatel-Saint-Denis (10h), rencontre avec les confirmands et messe des jeunes à Fribourg (18h30 – Sainte-Thérèse)

Les catéchistes de l’UP Saint-Joseph s’inspirent de Marguerite Bays

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), mars-avril 2020

Texte et photo par Bernard Bovigny

Une trentaine de catéchistes de l’unité pastorale Saint-Joseph se sont réunis samedi 18 janvier à la salle paroissiale de Villars-sur-Glâne pour une matinée de ressourcement et un moment de prière. Toutes et tous ont été à l’écoute de l’abbé Martial Python, auteur de plusieurs ouvrages sur la première sainte fribourgeoise.Le curé-modérateur installé à Romont a abordé le thème « Marguerite Bays, catéchiste ». Le XIXe siècle – celui où a vécu sainte Marguerite (1815-1879) – était une période très tourmentée pour l’Église catholique, a rappelé Martial Python. La Suisse est traversée par des idéaux anticléricaux issus de la Révolution française. 

Un courant de déchristianisation traverse les campagnes fribourgeoises et beaucoup d’enfants d’origine modeste ne fréquentent pas l’école. C’est dans ce contexte que s’est déployée l’activité de Marguerite Bays, membre du Tiers-ordre de Saint-François. Elle est très liée au couvent des Capucins de Romont, où elle prie et rencontre des religieux « très éclairés, même intelligents », comme le Père Apollinaire Deillon, auteur d’une Histoire des paroisses du canton de Fribourg. C’est par de tels liens que Marguerite Bays a eu accès à la Parole de Dieu, ce qui n’était pas courant à l’époque.

Elle vivait aussi la retraite annuelle avec les sœurs de la Fille-Dieu à Romont, où elle recevait une « nourriture spirituelle consistante », où vie et Écritures saintes s’unifient, conformément à la spiritualité franciscaine.

Marquée par la spiritualité de François d’Assise, Marguerite Bays a toujours manifesté une préférence pour les plus fragilisés, à commencer par les enfants illégitimes de sa région, destinés à l’orphelinat en raison de la honte ressentie par leurs parents. Son père lui-même était « illégitime » et son frère a eu un enfant hors mariage, prénommé François. Marguerite s’en est occupée alors qu’on le destinait à l’orphelinat. Elle a également éduqué plusieurs enfants de la famille et des très pauvres de la région. « De ces êtres fragilisés, elle en faisait des êtres droits et emplis de dignité. Elle ne supportait pas que l’on fasse travailler des enfants le dimanche », relève l’abbé Python.

La tendance, à l’époque, surtout dans les familles pauvres, était d’envoyer les enfants dès 7 ans dans des fermes pour travailler. Attendrie, Marguerite les rassemblait pour jouer avec eux, distribuant des victuailles aux affamés et les emmenant à la chapelle de Notre-Dame du Bois.

Les témoignages des contemporains de Marguerite Bays attestent de sa bonté, mais aussi de ses qualités pédagogiques : « Avec elle, les prières n’étaient jamais longues. » En bonne disciple de saint François, elle a introduit les crèches dans les maisons de la région. Sa propre crèche remplissait pratiquement une pièce et reprenait des scènes de l’Évangile et beaucoup d’éléments de la nature environnante. Marguerite racontait la vie de Jésus en la décrivant.

Elle faisait participer activement les enfants en leur demandant de cueillir des fleurs pour orner les oratoires à Marie qu’elle confectionnait avec son frère. Elle redonnait aux enfants leur dignité, les habillant et les nettoyant. « Catéchiste, elle l’était d’abord en demeurant attentive aux pauvretés des enfants, en les écoutant. Une pauvreté qui n’a d’ailleurs pas disparu », relève Martial Python. Récemment un enfant des écoles de Romont s’est évanoui, car il n’avait pas pris de repas depuis deux jours. Le curé de Romont invite ainsi les catéchistes à détecter ces formes de pauvreté dans leurs classes. « Chez Marguerite, il n’y avait pas de rupture entre la vie et la foi. Par son regard chaleureux, elle avait le don de rassurer et d’attirer à elle les défavorisés. Sensible à la justice sociale, elle estimait que les pauvres avaient des droits. »

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp