Pourquoi parler de « table de la Parole » pour qualifier les lectures de la messe ? * Bien que nous ne lisions pas les lectures de la messe sur une table, mais à l’ambon, parler de « table de la Parole » fait écho à la table du Corps du Seigneur, l’eucharistie célébrée sur l’autel. Il s’agit de deux lieux où le Seigneur se rend présent – dans la Parole et dans le pain – certes sous deux modes différents, mais lors d’une même célébration.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Lors d’une promenade, un paroissien voit son curé en train de jardiner. – Bonjour, M. le Curé. Alors, on travaille la terre ? – Oui, mon cher, c’est une détente bienvenue après le ministère du dimanche. – Et vous faites quoi maintenant ? – Oh, je mets un peu de fumier sur les fraises. – Ah, ben moi, M. le Curé, sur les fraises, je mets du sucre !
Pour ce numéro du mois de mai, nous avons voulu parler de la piété mariale, puisque le mois de mai est appelé traditionnellement aussi le mois de Marie (cf. pp. 9-11). Nous avons recueilli en outre des témoignages « d’enfants de Marie ». Et nous y parlons du pèlerinage de la Suisse romande à Lourdes.
Notons que cette année, nous fêtons le centième anniversaire des pèlerinages à Lourdes. Rappelons-nous. Là-bas, au pied des Pyrénées, au bord du Gave, dans la niche d’une grotte, Notre Dame apparaît à une enfant de 14 ans, Bernadette, qui ne sait ni lire, ni écrire et qui aspire à faire sa première communion. Qu’à cela ne tienne, Marie elle-même, lui fera son catéchisme et la préparera à recevoir ainsi Jésus-Hostie. Marie lui apprend à faire avec application le signe de la croix. Elle accueille avec joie les « Ave Maria » que Bernadette lui adresse en égrenant son chapelet. Et sur la demande instante de Bernadette, Notre Dame consent à lui dire son nom : je suis, lui dit-elle, « l’Immaculée Conception » ! Confirmant ainsi le dogme proclamé quatre ans plus tôt par le pape Pie IX à Rome, en 1854. Les années ont passé. Mais le message de Notre-Dame à Lourdes demeure toujours d’actualité : « Priez, faites pénitence pour vos péchés, venez vous laver à la fontaine… » Alors mettons-nous à nouveau à l’écoute de Notre Dame, notre sainte Mère du Ciel !
En lien avec le thème central (cf. pp. 16-17) des « fausses couches », nous avons aussi rapporté les impressions de ces mamans qui ont vécu une telle expérience douloureuse (cf. p. 15).
Et puis en ce mois de mai, nous vivrons les fêtes de l’Ascension et des premières communions solennelles, de la Pentecôte et même de la Fête-Dieu (le 30 mai). A ce propos, nous nous sommes intéressés sur le Haut-Lac à la participation des parades (militaires) à la Fête-Dieu, de l’hommage public qui est rendu à notre Seigneur Jésus-Christ, réellement présent dans le Sacrement de l’Eucharistie.
Puisse la lecture de notre magazine paroissial vous apporter une bonne nourriture spirituelle !
Placé sous l’égide de la communication, le dimanche des médias (26 mai) invite à réfléchir aux enjeux d’une communication en harmonie avec l’enseignement de l’Eglise et respectueuse de la dignité humaine. Entretien avec Monseigneur Josef Stübi, responsable du dicastère des médias pour la Suisse.
Par Myriam Bettens Photos: Jean-Claude Gadmer
A l’occasion du dimanche des médias, quels seraient vos souhaits ou recommandations à leur égard ? Qu’ils continuent à percevoir et à accomplir leur mission comme un service à la communauté humaine, qu’ils ne « surutilisent » pas leur liberté rédactionnelle et journalistique tout en restant conscients des exigences éthiques des médias. Les médias, c’est-à-dire les professionnels des médias, portent une très grande responsabilité dans notre société démocratique, mais aussi dans le cadre du processus synodal qui est en cours dans notre Eglise à l’échelle mondiale.
Que pensez-vous du traitement réservé à la religion dans les médias en général (ceux n’étant pas spécialistes du fait religieux) ? Les religions font de temps en temps l’objet d’articles dans les médias. Toutefois, j’aimerais parfois que les reportages soient un peu plus fondés et différenciés. Mais je ne veux pas en faire le reproche aux journalistes. Ils sont sous pression et doivent constamment fournir des informations, même sur des sujets pour lesquels ils n’ont pas les connaissances nécessaires. Il y a quelques années, ces connaissances étaient encore présentes dans certaines rédactions. Il y avait par exemple aussi des experts sur les religions et les églises. De ce point de vue, les églises et les religions sont également concernées, car dans la mesure du possible, elles doivent aussi mettre ces connaissances à disposition.
Vous avez été récemment choisi en tant qu’évêque des médias pour la Suisse. En quoi ce mandat consiste-t-il ? Je n’ai pas reçu de cahier des charges (rires). J’ai une grande liberté dans l’organisation de cette tâche et je peux fixer moi-même les priorités. Il s’agit en grande partie de réseautage. Je me considère comme une personne de contact entre la Conférence des évêques et les médias ecclésiastiques. Il est important de connaître les journalistes ecclésiastiques et de les écouter, eux et leurs préoccupations. C’est aussi pour cette raison que j’ai invité les rédactrices et rédacteurs de bulletins paroissiaux de Suisse alémanique à une rencontre, à Soleure, l’automne dernier. Dans le contexte des défis médiatiques actuels dans le milieu ecclésial, cette rencontre a été une bonne chose pour moi et, je pense aussi, pour les journalistes présents. Le souhait exprimé de poursuivre sur cette voie sera bientôt suivi d’une rencontre thématique.
La frontière entre journalisme et communication est mince. Quelle posture les médias catholiques doivent-ils prendre vis-à-vis de l’Eglise pour conserver leur indépendance journalistique ? Je vois effectivement un besoin de clarification, car des attitudes très différentes s’affrontent. D’une part, on peut se demander si les médias de l’Eglise sont encore ecclésiastiques, mais d’autre part, ils ne sont pas non plus des « rapporteurs de cour ». Au vu des comptes rendus de certains journalistes catholiques, on pourrait plutôt conclure à la première hypothèse. A l’inverse, on ne peut pas non plus exiger de ces journalistes qu’ils fassent les yeux doux aux évêques et aux instances de droit public ecclésiastique. Personnellement, je considère le journalisme et la communication comme deux choses différentes, mais néanmoins essentielles dans le réseau de communication de l’Eglise.
Le droit à la critique, quitte à fâcher ou déplaire, doit rester un pilier de l’indépendance journalistique. Approuvez-vous cela ? Je suis tout à fait d’accord avec cela. Je voudrais toutefois ajouter que cela doit toujours se faire avec le respect qui s’impose.
Bio express
Josef Stübi est originaire de Lucerne.
Monseigneur Josef Stübi est né le 26 mars 1961 à Lucerne. Après avoir obtenu sa maturité à Immensee, il a étudié la philosophie et la théologie à Lucerne et à Munich, puis a été ordonné diacre et prêtre en 1988. Le pape François a installé le curé et chanoine Josef Stübi en qualité de nouvel évêque auxiliaire dans le diocèse de Bâle le 20 décembre 2022. Sa consécration épiscopale a eu lieu le 26 février 2023 à Soleure. Il a été nommé, dans un premier temps, responsable du dicastère des médias pour la Suisse allemande en mars 2023. Depuis, sa responsabilité a été étendue au reste de la Suisse.
Jeudi, 16h, la cloche des écoles sonne ! Vite, c’est l’heure pour une quarantaine d’enfants et une vingtaine de jeunes plus motivés que jamais de se préparer pour leur Montée vers Pâques. Pendant quatre jours, ils se réunissent pour cheminer ensemble vers Pâques ! Au programme, jeux, prière, amitié !
Par Lucie Jacquemettaz et Céline Sallin | Photos : Aloïs Morel, Mauro Cortese
Du côté des enfants
Jeudi saint 28 mars, une belle célébration autour du dernier repas de Jésus nous rassemble. Mime, prières et chants viennent ajouter de la ferveur à ce moment. Vendredi, après avoir partagé la soupe de Carême concoctée par les confirmands, nous nous tournons vers le chemin de croix. Les enfants l’ont préparé en ouvrant grand leur cœur afin de rédiger des intentions de prières pour le monde entier. Ils ont tant d’idées qu’il est impossible de les arrêter ! Arrive déjà le samedi… c’est le jour des confessions et de la décoration de l’église. Des croix fabriquées avec beaucoup d’application ornent les bancs. Le soir, les plus grands participent activement à la Veillée pascale en prêtant leur voix pour des lectures. C’est déjà dimanche ! L’ambiance est à la fête lorsque parents et enfants se retrouvent pour déguster un déjeuner canadien… et se lancer dans une chasse aux œufs mémorable avant de rejoindre l’église pour le grand moment de la messe de Pâques !
La joie est communicative lorsque les enfants chantent ensemble de tout leur cœur. Chacun repart rempli de gratitude pour ces moments partagés au son des cloches qui sonnent à toute volée !
Du côté des jeunes
Quel est le moment fort de ta journéedu vendredi ? « Quand on est retourné à l’église après le chemin de croix, quand Florian – l’animateur – lisait, on s’agenouillait à chaque fois et c’était facile à comprendre, facile d’écouter et méditatif. » Florian
Et ta journée du samedi ? « Après la prière du matin, on a accueilli les plus grands de la MVP Kids. On a essayé de les motiver à venir l’année prochaine, c’était trop bien. Ensemble, on a fabriqué un symbole – par exemple la paix – qu’on aimerait retrouver après s’être confessé. L’après-midi nous avons lu les textes de la Veillée Pascale avec une des sœurs du monastère pour essayer de les comprendre et représenter ce qu’on avait lu sur une pièce de puzzle. » Claire « J’ai beaucoup aimé participer à la Veillée Pascale, d’habitude elle est longue mais là on ne sent pas le temps passer parce qu’on participe, on anime en chantant. Et vu qu’on était un groupe soudé et qu’on était tous ensemble c’était génial et beau. » Staicy
Quel est pour toi le moment le plus marquant de la MVP ? « C’est la confession, on peut dire tout ce qu’on a fait de mal, il n’y a pas de jugement et Dieu nous pardonne. » June
En somme, la MVP des jeunes c’est… « Un chouette moment à passer dans la foi tous ensemble dans un endroit superbe. J’ai bien aimé me réveiller à 4h pour aller prier les vigiles avec les sœurs et entendre les oiseaux chanter, c’est quelque chose d’unique à vivre. » Staicy « C’est du partage jeune et c’est chouette à vivre une fois. » Flavie
La deuxième édition de la MVP kids rassemble une quarantaine d’enfants.
Les jeunes de la MVP avec leurs accompagnateurs.
Les stations sont illustrées par les jeunes lors du chemin de croix à Vionnaz.
La chevelure bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
Quel est le rapport entre une statue du XVIe siècle et un compositeur néo-classique défenseur de l’avant-garde ?
La réponse se trouve à Blonay.
Sous ses apparences de chapelle ancienne, l’église Sainte-Croix date en réalité des années 1960. En quelques années, le nombre d’habitants catholiques ayant fortement augmenté, un lieu de culte était nécessaire. Il était toutefois impératif que l’église ne dénote pas avec le château, ce qui explique son style, à une époque où l’architecture était plus audacieuse.
En 1968, une statue de la Vierge à l’Enfant rejoint le chœur. Elle a été offerte par Gertrud Hindemith (décédée en 1967).
L’épouse du compositeur allemand Paul Hindemith est chrétienne, mais ses racines juives lui imposent de fuir la guerre. Le couple se réfugie en Valais, puis aux Etats-Unis. Il ne rentre en Europe qu’en 1953 et s’installe alors à Blonay.
Toute l’Europe ne connaît pas simultanément les mêmes courants artistiques. Alors qu’en Italie la Renaissance entraîne la réalisation d’œuvres d’une finesse sans pareille depuis le XIVe siècle, la France et notamment la Champagne proposent encore des sculptures de style gothique au XVIe siècle.
La chevelure dorée et légèrement bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque. Les émotions ne sont pas l’affection ou la joie d’une mère. On lui trouverait presque quelque chose de triste, ce qui est très fréquent à la période gothique.
L’Enfant porte une grande grappe de raisin (disproportionnée par rapport à sa taille à lui). Cet attribut est fréquent dès le XIVe siècle. Le fruit évoque bien évidemment l’Eucharistie. On pourrait mentionner que dans l’Evangile selon saint Jean, c’est Marie qui – d’une certaine manière – provoque le premier miracle lors du mariage à Cana. Alors que les mariés n’ont plus de vin, c’est elle qui invite son Fils à faire quelque chose.
En regardant la photo – ou la statue – de près, on remarque les traces de polychromie. Elles nous rappellent les couleurs chatoyantes qui recouvraient les statues alors.
Le règne de l’Esprit malin. Tel est le titre d’un roman que Ramuz écrit entre 1914 et 1917. Le travail sur ce roman accompagne donc « l’apocalypse » de la Première Guerre mondiale ; c’est le récit d’une catastrophe touchant un village valaisan dans lequel on reconnaît Lens.
Par Benjamin Mercerat | Photos : DR
C. F. Ramuz, poète hanté par l’Absolu, n’en est pas pour autant enfermé dans sa tour d’ivoire. La prégnance de l’Absolu dans l’homme, il la trouve dans le lien social, la communauté, dont l’idéal qu’il s’en fait n’est pas étranger à la Communion des Saints. Or Ramuz, comme il l’écrit dans son Journal, se considère comme un « chrétien sans Christ ».
Dans Le règne de l’Esprit malin est décrite l’action du diable sur une communauté. Le malin, comme dans les légendes, a pris les traits d’un certain Branchu, cordonnier qui arrive au village au début du récit. Son talent et ses prix le font rapidement accepter par la population ; mais une série de malheurs coïncide avec son installation. Des bêtes meurent, des enfants tombent malades ; Lude se révolte contre sa condition et décide d’aller déplacer les bornes limitant ses champs : il fuit ensuite son foyer, laissant sa femme et sa fille Marie.
Or l’emprise de Branchu augmente : il ramène à la vie la vieille Marguerite ; mais d’autre part il jette de mauvais sorts aux jeunes femmes. Il faut que son action cesse. Au moment où il doit être cloué au mur par la foule en colère, un rire effrayant sort de sa bouche et tous s’enfuient. Le diable, même s’il peut faire croire à certains qu’il est le Christ, s’en différencie fondamentalement en ceci qu’il rejette la Passion.
Branchu réunit à l’auberge communale les habitants peu scrupuleux, leur offre tout ce qu’il est souhaitable d’avoir comme biens de ce monde. Le curé du lieu a fui, on le retrouvera pendu. D’où viendra le salut ? Au début de la crise, la jeune Marie Lude, son père ayant fui après son forfait, a quitté le village avec sa mère. Y revenant pour faire paître sa chèvre, elle est appelée par une voix qui semble être celle de son père. Elle s’approche et constate la désolation des lieux ; les derniers résistants lui intiment de ne pas approcher de l’auberge. Alors que Branchu sort pour se confronter à elle, elle fait le signe libérateur, le signe de la croix. Le village est sauvé.
Ce qui frappe ici d’un point de vue chrétien, c’est l’absence de toute médiation christique. Si le signe de croix est efficace, c’est parce que le Christ a accepté ce supplice pour nous sauver ; or le Christ n’est à aucun moment présenté comme le Sauveur. C’est sur la jeune fille que se reporte en quelque sorte toute la vertu salvifique ; et cela annonce le roman suivant de Ramuz : La Guérison des maladies, dans lequel une jeune fille alitée prend sur elle tous les maux d’une communauté, qu’elle finit par sauver par sa mort. Là encore, dans ce récit inspiré par la vie de sainte Lydwine de Schiedam que Ramuz transpose dans son système de pensée, le Christ n’a guère de réalité spirituelle.
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Le règne de l’Esprit malin (1917) in Œuvres complètes, tome 2, éditions Rencontre, 1967.
« Vue de Lens, mulet blanc », Albert Muret, Association « Les Amis de Muret ». C’est grâce au peintre Muret que Ramuz a découvert Lens.
Assise devant son bureau de Saint-Maurice, Emmanuelle Bessi avoue d’emblée : « Je suis bavarde. Très bavarde même. » Puis, levant un sourcil en même temps que ses mains, elle commente : « Je suis née comme ça. »
Faut-il y voir une relation de cause à effet ? En janvier 2022, elle est la première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion… voire en Suisse. « Et peut-être même en Francophonie ! Le journal La Croix m’avait même interviewée à l’époque. »
Cette mission, elle en dessine rapidement les contours. « Cela ne consiste pas seulement à aller lire à la messe. A l’origine, le Lectorat et l’Acolytat étaient les premiers pas que faisaient les futurs prêtres avant d’être ordonnés dans leur ministère. Cela implique de transmettre la parole de Dieu, par l’écrit, par l’oral, mais aussi dans la vie de tous les jours. »
Catholique en terre vaudoise
Née au Togo – « mes parents y travaillaient pour une ONG » – en 1973 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Emmanuelle revient en Suisse à l’âge de 14 mois. « Mes grands-parents m’ont fait grandir dans la foi. Toute petite déjà, je ne dépassais guère de l’ambon, j’allais lire à Saint-Guérin à Sion. Alors que j’avais à peine trois ans, je demandais de m’expliquer ce qu’est la Trinité. J’ai sans doute traumatisé mes catéchistes, rigole-t-elle franchement. Puis, nous avons déménagé juste en-dessus d’Ollon. Une catholique en terre vaudoise… »
Une soif d’absolu
De manière naturelle, la recherche des réponses à ses questions l’a conduite à faire des études de théologie. « J’ai toujours eu une soif d’absolu. A Huémoz, je racontais que je voulais devenir religieuse. Mes copines d’école se tordaient de rire… » Mais la vocation était là. « J’ai voulu entrer à l’Abbaye de la Maigrauge, mais des problèmes de santé m’en ont empêchée. C’est alors que j’ai découvert la vocation de Vierge consacrée. Je me suis dit que ça correspondait parfaitement à mon style de vie. Une religieuse en liberté en quelque sorte ! »
Ce qui lui permet aujourd’hui de donner des cours d’histoire de l’Eglise en Ardèche, mais aussi de travailler, à temps partiel, pour la congrégation des Sœurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice. « J’y organise et reconditionne les archives. J’aimerais poursuivre cette tâche et montrer tout ça aux Sœurs d’Afrique, basées au Togo. » Une manière de boucler la boucle ? « Peut-être un nouveau départ… »
Emmanuelle Bessi • Née au Togo en 1973. • En janvier 2022, première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion, voire en Suisse.
Candice Udressy a fait sa première communion lors de la récente veillée pascale à Collombey. Aux côtés des trois nouveaux baptisés, elle portait aussi fièrement son vêtement blanc en rappel du baptême. Suite à sa première communion, nous l’avons revue à la messe et lui avons posé quelques questions.
Propos recueillis par Valentin Roduit Photo : Jade Dransart
Candice, tu as fait ta première communion à Pâques cette année, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as fait ce choix ? Mon choix de faire ma première communion était purement personnel. Hormis le baptême à ma naissance, mes parents ne m’ont pas vraiment éduquée religieusement et ne m’ont jamais forcée à rien. Je recevais des signes de Dieu mais j’étais souvent réticente à son appel.
Est-ce que tu as eu des témoins sur ton chemin de foi, des amis qui t’ont aidée à mieux connaître Dieu ? Je fréquentais une amie chrétienne avec qui j’ai fait ma première prière. Elle m’a beaucoup aidée et c’est notamment grâce à elle que j’ai assisté à ma première messe. Depuis je m’efforce de suivre l’enseignement puissant de Jésus-Christ.
Qu’est-ce que tu trouves de plus parlant dans le message de Jésus pour nous ? Ce que je trouve le plus beau dans la religion c’est le sacrifice de Dieu pour nous: il a envoyé son Fils unique non pas pour nous juger mais pour nous sauver.
Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui ont des doutes au sujet de la foi ? Je pense que suivre Jésus n’est pas toujours facile. Soyez convaincu qu’il est parmi nous tous ! Lisez la parole et priez sans cesse. Que le Seigneur nous fortifie dans nos chemins de foi !
La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.
Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »
Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »
Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »
Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.
Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach. Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.
Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu. T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.
Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. Et ce fut la JOIE. T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux. J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »
Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.
Regard ce mois-ci sur la médaille de sainte Rita. Fêtée le 22 mai et patronne des causes désespérées, elle nous apprend la patience et nous rappelle qu’il n’y a pas de situation sans issue positive possible.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.
Texte et photos par Jean-Michel Moix
Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?!
Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).
Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits !
En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. – Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ? – Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!
Prière de l’Angélus
L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit. Je vous salue Marie…
Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole. Je vous salue Marie…
Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous. Je vous salue Marie…
Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.
Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917
Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Le deuil invisible Jessica Brazeau
Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.
Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.
La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde
Pier Giorgio Frassati M. & O. Malcurat – Marco Greselin
Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.
A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.
Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR
J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat
Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck
L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir.
Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité.
C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)
L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.
L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.
En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.
Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont
Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »
« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »
Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi.
Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »
Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.
Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »
Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.
A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ? Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »
Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.
Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.
De Lourdes à Medjugorje Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).
C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens !
De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime.
J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloisefêtera ses 100 ans cette année 2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu. Web :https://amisdebukavu.com
Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo.
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)
Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.
La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.
La parade unit les générations.
Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.
Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).
Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions. Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.
Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François
En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2
« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…
Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : « Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela… » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un « cœur d’arc-en-ciel » et me l’a donné en me disant : « Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider. » Elle est incroyable !
Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »
1 Prénom d’emprunt 2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.
Une épicerie solidaire à Massongex
« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : « ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »
Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.
Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga
La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.
Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !
Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.
Témoignage de Daniel
Baptême de Daniel.
Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.
Témoignage d’Adrien
Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).
Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.
A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.
Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.
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