Le roman catholique d’un agnostique

Le règne de l’Esprit malin. Tel est le titre d’un roman que Ramuz écrit entre 1914 et 1917. Le travail sur ce roman accompagne donc « l’apocalypse » de la Première Guerre mondiale ; c’est le récit d’une catastrophe touchant un village valaisan dans lequel on reconnaît Lens.

Par Benjamin Mercerat | Photos : DR

C. F. Ramuz, poète hanté par l’Absolu, n’en est pas pour autant enfermé dans sa tour d’ivoire. La prégnance de l’Absolu dans l’homme, il la trouve dans le lien social, la communauté, dont l’idéal qu’il s’en fait n’est pas étranger à la Communion des Saints. Or Ramuz, comme il l’écrit dans son Journal, se considère comme un « chrétien sans Christ ».

Dans Le règne de l’Esprit malin est décrite l’action du diable sur une communauté. Le malin, comme dans les légendes, a pris les traits d’un certain Branchu, cordonnier qui arrive au village au début du récit. Son talent et ses prix le font rapidement accepter par la population ; mais une série de malheurs coïncide avec son installation. Des bêtes meurent, des enfants tombent malades ; Lude se révolte contre sa condition et décide d’aller déplacer les bornes limitant ses champs : il fuit ensuite son foyer, laissant sa femme et sa fille Marie. 

Or l’emprise de Branchu augmente : il ramène à la vie la vieille Marguerite ; mais d’autre part il jette de mauvais sorts aux jeunes femmes. Il faut que son action cesse. Au moment où il doit être cloué au mur par la foule en colère, un rire effrayant sort de sa bouche et tous s’enfuient. Le diable, même s’il peut faire croire à certains qu’il est le Christ, s’en différencie fondamentalement en ceci qu’il rejette la Passion.

Branchu réunit à l’auberge communale les habitants peu scrupuleux, leur offre tout ce qu’il est souhaitable d’avoir comme biens de ce monde. Le curé du lieu a fui, on le retrouvera pendu. D’où viendra le salut ? Au début de la crise, la jeune Marie Lude, son père ayant fui après son forfait, a quitté le village avec sa mère. Y revenant pour faire paître sa chèvre, elle est appelée par une voix qui semble être celle de son père. Elle s’approche et constate la désolation des lieux ; les derniers résistants lui intiment de ne pas approcher de l’auberge. Alors que Branchu sort pour se confronter à elle, elle fait le signe libérateur, le signe de la croix. Le village est sauvé.

Ce qui frappe ici d’un point de vue chrétien, c’est l’absence de toute médiation christique. Si le signe de croix est efficace, c’est parce que le Christ a accepté ce supplice pour nous sauver ; or le Christ n’est à aucun moment présenté comme le Sauveur. C’est sur la jeune fille que se reporte en quelque sorte toute la vertu salvifique ; et cela annonce le roman suivant de Ramuz : La Guérison des maladies, dans lequel une jeune fille alitée prend sur elle tous les maux d’une communauté, qu’elle finit par sauver par sa mort. Là encore, dans ce récit inspiré par la vie de sainte Lydwine de Schiedam que Ramuz transpose dans son système de pensée, le Christ n’a guère de réalité spirituelle.

Bibliographie : 

C. F. Ramuz, Le règne de l’Esprit malin (1917) in Œuvres complètes, tome 2, éditions Rencontre, 1967.

« Vue de Lens, mulet blanc », Albert Muret, Association « Les Amis de Muret ». C’est grâce au peintre Muret que Ramuz a découvert Lens.

«Une religieuse en liberté»

Texte et photo par Nicolas Maury

Assise devant son bureau de Saint-Maurice, Emmanuelle Bessi avoue d’emblée : « Je suis bavarde. Très bavarde même. » Puis, levant un sourcil en même temps que ses mains, elle commente : « Je suis née comme ça. » 

Faut-il y voir une relation de cause à effet ? En janvier 2022, elle est la première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion… voire en Suisse. « Et peut-être même en Francophonie ! Le journal La Croix m’avait même interviewée à l’époque. » 

Cette mission, elle en dessine rapidement les contours. « Cela ne consiste pas seulement à aller lire à la messe. A l’origine, le Lectorat et l’Acolytat étaient les premiers pas que faisaient les futurs prêtres avant d’être ordonnés dans leur ministère. Cela implique de transmettre la parole de Dieu, par l’écrit, par l’oral, mais aussi dans la vie de tous les jours. »

Catholique en terre vaudoise

Née au Togo – « mes parents y travaillaient pour une ONG » – en 1973 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Emmanuelle revient en Suisse à l’âge de 14 mois. « Mes grands-parents m’ont fait grandir dans la foi. Toute petite déjà, je ne dépassais guère de l’ambon, j’allais lire à Saint-Guérin à Sion. Alors que j’avais à peine trois ans, je demandais de m’expliquer ce qu’est la Trinité. J’ai sans doute traumatisé mes catéchistes, rigole-t-elle franchement. Puis, nous avons déménagé juste en-dessus d’Ollon. Une catholique en terre vaudoise… »

Une soif d’absolu

De manière naturelle, la recherche des réponses à ses questions l’a conduite à faire des études de théologie. « J’ai toujours eu une soif d’absolu. A Huémoz, je racontais que je voulais devenir religieuse. Mes copines d’école se tordaient de rire… » Mais la vocation était là. « J’ai voulu entrer à l’Abbaye de la Maigrauge, mais des problèmes de santé m’en ont empêchée. C’est alors que j’ai découvert la vocation de Vierge consacrée. Je me suis dit que ça correspondait parfaitement à mon style de vie. Une religieuse en liberté en quelque sorte ! » 

Ce qui lui permet aujourd’hui de donner des cours d’histoire de l’Eglise en Ardèche, mais aussi de travailler, à temps partiel, pour la congrégation des Sœurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice. « J’y organise et reconditionne les archives. J’aimerais poursuivre cette tâche et montrer tout ça aux Sœurs d’Afrique, basées au Togo. » Une manière de boucler la boucle ? « Peut-être un nouveau départ… »

Emmanuelle Bessi 
• Née au Togo en 1973.
• En janvier 2022, première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion, voire en Suisse.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Première communion de Candice

Candice Udressy.

Candice Udressy a fait sa première communion lors de la récente veillée pascale à Collombey. Aux côtés des trois nouveaux baptisés, elle portait aussi fièrement son vêtement blanc en rappel du baptême. Suite à sa première communion, nous l’avons revue à la messe et lui avons posé quelques questions.

Propos recueillis par Valentin Roduit
Photo : Jade Dransart

Candice, tu as fait ta première communion à Pâques cette année, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as fait ce choix ?
Mon choix de faire ma première communion était purement personnel. Hormis le baptême à ma naissance, mes parents ne m’ont pas vraiment éduquée religieusement et ne m’ont jamais forcée à rien. Je recevais des signes de Dieu mais j’étais souvent réticente à son appel. 

Est-ce que tu as eu des témoins sur ton chemin de foi, des amis qui t’ont aidée à mieux connaître Dieu ?
Je fréquentais une amie chrétienne avec qui j’ai fait ma première prière. Elle m’a beaucoup aidée et c’est notamment grâce à elle que j’ai assisté à ma première messe. Depuis je m’efforce de suivre l’enseignement puissant de Jésus-Christ. 

Qu’est-ce que tu trouves de plus parlant dans le message de Jésus pour nous ?
Ce que je trouve le plus beau dans la religion c’est le sacrifice de Dieu pour nous: il a envoyé son Fils unique non pas pour nous juger mais pour nous sauver.

Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui ont des doutes au sujet de la foi ?
Je pense que suivre Jésus n’est pas toujours facile. Soyez convaincu qu’il est parmi nous tous ! Lisez la parole et priez sans cesse. Que le Seigneur nous fortifie dans nos chemins de foi !

Mathématiques chrétiennes

Par Pierre Guillemin
Photo : DR

La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.

Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »

Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »

Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »

Deux nouveaux auxiliaires de l’Eucharistie

Patricia Granger et Thierry Fournier.

Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.

Propos recueillis par l’abbé Jean-Michel Moix | Photos : J.-M. Moix, Patricia Granger

Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 
Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. 
Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. 
Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach.
Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.

Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? 
P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu.
T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.

Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? 
P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. 
Et ce fut la JOIE.
T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. 
Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux.
J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »

Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? 
P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.

En ce mois de Marie

Statue de Marie, église de Monthey.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.

Texte et photos par Jean-Michel Moix 

Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?! 

Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).

Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot  français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits ! 

En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. 
– Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ?
– Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!

Prière de l’Angélus

L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit.
     Je vous salue Marie…

Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole.
     Je vous salue Marie…

Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous.
     Je vous salue Marie…

Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, 
afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, 
nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, 
jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917

Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

En librairie – mai 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le deuil invisible
Jessica Brazeau

Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.

Editions de l’Homme

Acheter pour 31.00 CHF

Des vies transformées
Père Geoffroy de Lestrange

Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 24.10 CHF

Journal intime de la Vierge Marie
Sophie Chauveau

La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde

Editions Folio

Acheter pour 16.20 CHF

Pier Giorgio Frassati
M. & O. Malcurat – Marco Greselin

Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.

Editions Plein vent

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Pèlerinage d’été des jeunes à Lourdes

A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.

Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR

J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat

Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck

L’espérance

« Dieu l’unique espérance pour l’humanité… » Chemin de croix du Vendredi saint 2024 avec les familles.

Par François Lamon 
Photo : Marion Perraudin

L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir. 

Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité. 

C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)

L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.  

L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.

Vivre en enfant de Marie

En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.

Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont

Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »

« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »

Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi. 

Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »

Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.

Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »

Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.

A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ?
Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »

Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.

Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.

De Lourdes à Medjugorje
Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).

C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens ! 

De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie
Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime. 

J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !

Bruit et silence

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

« Le silence est la clé de voûte de la vie chrétienne » déclare Maurice Zundel.

Pourtant, la Nature est remplie de bruits. Ils font partie intégrante de la Création : la terre regorge de bruits générés par les animaux, les végétaux (on parle actuellement de langage des plantes et des arbres). L’Univers, considéré comme vide, est parcouru de bruits dits cosmiques. Le bruit de fond émis par de gigantesques trous noirs, que les astronomes traquaient depuis 25 ans, a été identifié depuis 2015 grâce à une technique de détection des ondes gravitationnelles.

Le silence qu’évoque Maurice Zundel est une invitation à faire silence pour mieux recevoir et accueillir la Parole de Dieu : « Il s’agit de devenir une parole vivante de Dieu. » 

« Ce silence n’est pas une consigne, mais un rayonnement », il s’oppose aux bruits que nous générons dans nos actes, nos paroles et nos attitudes. Il n’est pas l’absence totale de bruit, mais une invitation à ne pas perturber notre environnement humain, animal, végétal par des bruits sans fondements. Exactement comme en physique où les bruits parasites se superposent au signal que l’on cherche à identifier et constituent une gêne pour la compréhension de l’information que le signal transporte. 

Le silence ou plutôt l’absence de bruit parasite, c’est l’attitude de Dieu : « Dieu regarda les fils d’Israël et Dieu sut. » (Exode 2, 25)

L’abbé Pierre: une vie de combats

Le nouveau film biographique consacré au célèbre abbé se classe 19e du box-office français 2023 1. Un joli succès auprès d’un public varié qui évite l’écueil de l’apologie, montrant l’homme derrière l’icône, ses colères, ses doutes. Pourquoi Henri Grouès fait-il encore recette 17 ans après sa mort ?

L’affiche du nouveau film de Frédéric Tellier.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR 

1. Une personnalité qui nous fait grandir
Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française endosse le rôle de façon remarquable. « J’avais l’impression que ce rôle allait me faire grandir, me rendre meilleur acteur et même meilleur humain. Cela a été une expérience unique. » a expliqué le comédien à la RTS 2. Derrière cette performance se cache l’énorme travail d’un acteur qui s’est dit « habité » par ce personnage unique.

2. Des combats pour les démunis qui trouvent un écho aujourd’hui, 70 ans après l’appel
Le réalisateur, Frédéric Tellier, explique que le parcours de l’abbé nous interpelle sur l’état de notre monde actuel. Durant le terrible hiver 54, c’est la découverte d’une femme morte de froid dans la rue, son avis d’expulsion dans la main, qui révolte l’abbé et constitue le point de départ de « l’insurrection de la bonté ». Or, on meurt toujours dans la rue et Les Restos du Cœur annoncent une hausse de 400’000 bénéficiaires en cinq ans 3. Un logement décent pour tous, c’était l’une des grandes batailles de l’abbé et là encore, la crise du logement version 21e siècle fait écho à la problématique des années 50.

3. L’abbé Pierre, ce n’est pas uniquement Emmaüs
En 1940, Henri Grouès, de santé fragile, est démobilisé. Dès 1942, il rejoint les résistants et adopte le pseudonyme « abbé Pierre ». Il cache les réfractaires au Service de Travail Obligatoire, fabrique de faux papiers pour les juifs, rejoint de Gaulle. Après la guerre, il s’engage en politique et s’insurge contre les lois qu’il juge contraires à l’Evangile. Il défend les sans-papiers exploités pour reconstruire la France et milite pour la réinsertion des prisonniers. A l’heure de la montée des extrémismes, l’engagement de ce prêtre atypique nous questionne. C’est une femme, Lucie Coutaz, rencontrée « en résistance », qui sera à ses côté pendant 40 ans et c’est un ancien bagnard suicidaire, Georges Legay, qui sera son premier compagnon d’Emmaüs, retrouvant un sens à sa vie dans l’aide aux nécessiteux.

4. Une Fondation qui exige du réalisme, pas une glorification
L’équipe du film s’est appuyée sur la biographie de 1994 d’Olivier Gorce 4 ainsi que sur l’abondante documentation et les témoignages fournis par la Fondation Abbé Pierre. A Cannes, le réalisateur a confié que les membres de la Fondation lui répétaient : Il faut être irrévérencieux ! Parce que l’abbé n’aurait pas aimé que ce soit un peu trop propre. Tu n’hésites pas ! Tu y vas, tu montres tout ! Comme l’explique Frédéric Tellier, c’est injuste de résumer 74 ans de la vie d’un homme en 2h15. Olivier Gorce ajoute que le risque, était celui de « l’accumulation des actions héroïques » qui aurait semblé peu crédible. C’est le duo fondamental avec Lucie Coutaz qui a structuré la dramaturgie et s’est imposé à nous. Ainsi, il y a forcément du subjectif, des choix artistiques, mais l’équipe, qui a travaillé cinq ans sur le sujet, a réalisé un incroyable travail d’historien, ce qui remet le réalisme au centre de l’œuvre. 

5. Un homme hors du commun fait aussi de paradoxes
Bourgeois, résistant, prêtre, député, révolutionnaire, humaniste, star des médias, simple compagnon… Ce petit bonhomme était tout cela. Si le film place la combativité de l’abbé au centre, il expose aussi ses paradoxes : à la fois colérique et tendre, orgueilleux et humble, homme d’action mais, en même temps, en doute perpétuel et totalement inadapté à un monde qu’il juge trop cruel mais qu’il veut pourtant changer. L’œuvre de Tellier explore les facettes d’un personnage complexe, fascinant, attachant et absolument indémodable.

L’Abbé Pierre : une vie de combats, de Frédéric Tellier, 2023, prochainement en VOD. www.fondation-abbe-pierre.fr et chez nous, www.emmaus.ch

1 Télé-Loisirs, 14 décembre 2023.
2 Un film biographique ambitieux sur l’Abbé Pierre montre l’homme derrière l’icône, www.rts.ch, 29 novembre 2023.
3 Six infographies pour comprendre la crise que traversent Les Restos du Cœur, www.radiofrance.fr, 4 septembre 2023.
4 Gorce Olivier : L’Abbé Pierre, le Missionnaire de l’impossible, Les Dessous de l’Histoire, Paris, 1994.

Avec Lucie Coutaz, son bras droit, dans les années 50.

La prière sur le silence

Prière proposée par le Père Joseph Akuamoah-Boateng, spiritain | Photo : unsplash.com 

Dans le silence je viens vers toi, Seigneur. Accorde-moi un esprit de prière et d’adoration. Que ce temps en ta présence me soit un moment de grâce et de paix. Dans ce silence du désert, ne laisse pas le péché me parler, ni le tentateur me distraire.

Daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi. Tais en moi et autour de moi tout bruit qui puisse me troubler le cœur. Apprends-moi à entendre des pauvres et des petits. Aide-moi à les aimer et à les aider comme toi. 

Ô Seigneur, fais que dans ce silence, j’entende ta douce voix qui murmure ta belle mélodie à travers la beauté de la création. Qu’émerveillé d’être en ta présence et rempli de joie, mon âme et mon cœur puissent t’acclamer : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de ta gloire. »

Ô Seigneur, donne-moi un cœur qui t’écoute ! Que je puisse dire comme le petit Samuel : « Parle, ton serviteur écoute ! » Que je puisse dire comme Marie : « Oui, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Ô Seigneur, au pire moment de la vie, que je garde la foi et la confiance en Toi jusqu’au bout. Et que, comme le Seigneur en prière au mont des oliviers, je puisse prier : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne ! »

Amen.

Une proposition… pour parler d’amour à nos enfants

Dès leur plus jeune âge, nos enfants nous questionnent sur l’amour, le corps humain, les différences garçon-fille. Plus tard, ils se posent des questions sur les changements à la puberté, la sexualité, les relations, etc. Parents, éducateurs, nous n’avons pas toujours les bons mots pour leur parler de ces sujets si importants. Quelles ressources pour eux ? Avec quels mots leur parler ? Quels objectifs leur proposer et quels chemins prendre ? Comment les « équiper » pour se préparer à vivre l’amour ?

Par Myriam Bettens | Photo : DR

La pastorale des familles de Genève propose un café / échange sur la manière d’accompagner nos enfants dans les grandes étapes de leur croissance (puberté, adolescence, devenir adulte …), de parler à nos adolescents d’amour, de sexualité, car « il n’est pas toujours facile pour les parents d’aborder les sujets sur l’affectivité et la sexualité avec leurs enfants, ni pour eux d’en parler à leurs parents ». 

Chaque 1er mardi du mois entre octobre et juin 2024, de 12h30 à 14h30, à la salle paroissiale de la cure de Notre-Dame, 3 rue Argand, 1201 Genève. 

Prochaines dates : le 7 mai et le 4 juin 2024

Des ressources (livres, DVD, etc.) sont également à disposition, à la consultation ou à l’emprunt, dans les bureaux de la Pastorale des familles de Genève.

Renseignements et inscriptions sur le site web de la pastorale des familles sur pastorale-familles-geneve.ch ou au 079 259 51 33

Silence!

Le maître mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité?

Par Calixte Dubosson
Photos: DR, Flickr, Pixabay

Un monde de bruit

Dans cette vie moderne, nous avons la possibilité, si nous le souhaitons, de ne jamais être en silence. Il y avait déjà la télévision, les publicités… Et maintenant il y a aussi Internet et les réseaux sociaux, accessibles partout depuis notre poche, prêts à remplir les moindres interstices de nos existences. Une question, un doute ? Google a la réponse. Un sentiment de vide ? Vite, remplissons-le avec des vidéos YouTube ! Il est de plus en plus habituel de croiser dans nos rues des personnes coiffées avec des écouteurs ou de petits objets qui remplissent leurs oreilles. Ainsi, elles sont constamment à l’écoute de leur musique ou groupe préféré. Le bruit est familier et rassurant, il nous évite de nous confronter à ce grand vide qu’est le silence. Mais le silence, est-ce vraiment le vide ? Pas vraiment, en fait. J’y répondrai plus tard.

Un jeune me dit : « J’aime bien écouter ma musique lors de mes temps libres, car elle me permet de m’évader de ce monde qui me fait peur et qui, chaque jour, déverse sur moi un flot de mauvaises nouvelles telles que les guerres et les catastrophes. » Un autre me confie : « Avec mon smartphone qui me permet de choisir toutes les musiques que j’aime, je peux oublier quelques instants tous mes problèmes et j’en ai beaucoup ! »

La parenthèse du Covid

Au début de 2020, la pandémie du Covid est venue frapper à nos portes. Nous voici confinés, le travail mis à distance, la famille et les amis au loin, les églises vidées, les rencontres numérisées. Les moteurs s’étaient tus. Les avions restaient au sol, les engins de chantier au hangar et la plupart des voitures au garage. Les citadins redécouvraient dans leurs rues devenues étrangement silencieuses, le chant des oiseaux, persuadés pour certains que ces derniers étaient revenus en ville alors qu’ils étaient toujours là. Seulement, à ce moment-là, leur chant parvenait enfin à leurs oreilles. Les moteurs s’étaient tus, mais les hommes ? « Très vite, l’air s’est révélé saturé d’informations, d’annonces, de débats, de protestations. Les chiffres annoncés chaque soir, les déclarations officielles, les oppositions, les contre-pieds… Jour après jour, et de plus en plus avec les vagues successives, l’angoisse, la peur, la colère et l’incompréhension ont pris le pouvoir, et ce fut à grand bruit », commente Anne Le Maître1.

Les débats pour se forger une opinion

Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. Quotidiennement, les chaînes d’info en continu (Cnews, LCI), mais aussi BFM TV diffusent des heures de débats sur l’actualité, en fin de journée. Les plateaux de télévision sont précisément conçus pour mettre en scène un débat contradictoire : l’animateur, au centre de l’image, distribue la parole et arbitre entre des invités qui se font face. Une sorte de deux contre deux ou de trois contre trois, avec au bas de l’image, un bandeau mentionnant le thème du jour afin que le téléspectateur puisse prendre le débat en cours de route.

La mise en scène est donc pensée pour susciter le débat. A priori, celui-ci doit être équilibré. Par exemple, sur les sujets politiques, les chaînes essaient de donner la parole aux différentes tendances politiques, en invitant soit des responsables de partis politiques, soit des journalistes ayant des opinions politiques différentes. Mais est-il possible de s’assurer que le profil des intervenants choisis garantisse cet équilibre ? De plus, le téléspectateur peut-il vraiment se convaincre que derrière les arguments énoncés avec un tel aplomb et une telle assurance, se dégage une vérité qui met tout le monde d’accord ? Pourtant, chacun de nous a soif de savoir quelle est la vérité des choses. On reste sur notre faim avec ce sentiment désagréable d’avoir perdu notre temps et un bon moment de sommeil qui nous aurait fait autant de bien que ces débats stériles souvent émaillés de remarques pas très évangéliques envers les intervenants. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité ? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple ?

Le silence de la montagne

La vie est faite de contraintes, de stress, de monotonie. Elle a besoin de respirer, de se dégourdir, d’élargir son regard. La montagne est ce lieu privilégié pour vivre ce que les enfants des écoles appellent : récréation. Ces quelques minutes si précieuses pour libérer une énergie jusqu’ici contenue, rejoignent ces instants magiques vécus dans les décors de nos alpes majestueuses. Dans la vie, notre oreille recueille plus le bruit des catastrophes que le murmure des petits gestes de l’amour. Elle s’use et désespère à enregistrer le mal du monde. Elle n’entend plus la musique de l’espérance. En montagne, elle perçoit de nouveau la beauté du monde. Un aigle plongeant dans le bleu de l’azur, le soleil qui vient éclairer la marche silencieuse de l’aube, les oiseaux feignant de vous ignorer et qui se ruent sur les restes du pique-nique, les chamois baignés de lumière : tout cela aiguise le regard, le nourrit, enchante l’âme et ravive notre foi en la vie contrairement aux mauvaises nouvelles distillées chaque jour par les réseaux sociaux qui nous font désespérer de la vie.

Comment écouter si l’on ne se tait pas ?

Le silence monastique

Je vais régulièrement à l’Abbaye de Tamié pour me ressourcer. Entre les murs de l’Abbaye, des moines silencieux pour qui Dieu est le seul voyage valable. Des marcheurs d’éternité qui ont choisi pour chemin la voie du silence. « Ecoute », tel est le premier mot de leur règle, rédigée par saint Benoît qui encourage le moine à « incliner l’oreille de son cœur ». Et comment écouter si l’on ne se tait pas ? Et comment parler si l’on n’a pas pris le temps de réfléchir et de méditer ? « Le Christ ne parle pas fort, disait un jour une amie carmélite, expliquant à des jeunes son choix d’une vie sans paroles. Il faut faire silence pour l’entendre. » 

Dans le cloître intérieur qu’est la vie intime des moines et des moniales, détachée du tumulte et de la superficialité, dans cet espace de contemplation qu’ils ont choisi, là se tient la Présence. La Présence devenue homme en Jésus. Je ne cesse de me remémorer l’image de cet homme silencieux face à la femme adultère, de ce Dieu dessinant sur le sable qui ne répond pas quand on l’interroge, cet homme gardant le silence face à ses contradicteurs. Le silence quand la foule acclame. Le silence quand la foule accuse. Le silence qui parle plus fort que tous les discours.

1 Anne Le Maître, « Un si grand désir de silence », Cerf, 2023, p. 32.

L’Abbaye de Tamié, lieu de ressourcement.

Des exemples parlants

Nous pouvons être témoins à longueur de journée de débats stériles, mais aussi pimentés ! 
Il suffit d’allumer son poste TV. En voici deux exemples très parlants : 

Dialogue de sourds et débat TV
– Je suis pour une baisse de l’impôt contrairement à mon vis-à-vis qui pense…
– Je vous arrête tout de suite, car…
– Laissez-moi parler, je vous ai laissé vous exprimer, alors ne me coupez pas.
– On ne peut pas laisser dire n’importe quoi…
– C’est vous qui dites n’importe quoi. Comment peut-on prétendre à de hautes fonctions publiques si l’on n’est pas capable de dire la vérité aux téléspectateurs ?
– Vous ! Le détenteur de la vérité, laissez-moi rire !

Débat pimenté : l’exemple Chirac-Mitterrand
• Chirac : « Permettez-moi juste de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République… Nous sommes deux candidats, à égalité, et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. »
• Mitterrand : « Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier Ministre. »

Les chaines d’info en continu diffusent des heures de débat, souvent stériles.

Où est le centre de gravité de ma vie?

La Croix, centre de gravité entre Ciel et Terre. Messe au Plan de l’Au le 15 août 2022.

Chaque point peut-il être perçu comme un centre du monde?  Quel est le centre de gravité de ma vie?

Quand la pose d’un nouveau « signe du Christ » devient le centre de gravité d’une communauté. Ici le 18 septembre 2021 à Bovernier.

Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR

Adolescent, je pensais que la Suisse était au centre du monde. Lors d’un voyage d’une année en Amérique latine, alors que j’avais 20 ans, mon centre s’est déplacé. Un jour, assis au milieu d’une grande gare, au Mexique, attendant une correspondance, je demeurais le regard fixé sur une carte du monde peinte sur l’une des façades. J’ai d’abord cherché à situer la Suisse, à peine marquée sur la carte, point à partir duquel j’avais jusque-là regardé le monde. Puis, déplaçant le regard, j’ai été déporté intérieurement. Pointant le lieu où je me trouvais, un renversement s’est opéré. C’est un moment de basculement, m’amenant à revisiter ma carte du monde. Monde géographique intériorisé et monde réel reconfiguré. 

Le centre de gravité – On peut se demander s’il y a un centre du corps humain ? Le centre du corps humain est lié à son centre de gravité. C’est lui qui donne équilibre et stabilité. Chez un adulte, il est situé autour du bassin, légèrement en dessous du nombril. C’est un point physique, qui invite à réfléchir au centre de gravité dans sa vie. C’est à partir de ce centre que je vais orienter ma vie, fixer mes buts, déterminer mes choix, prendre des décisions. 

Lorsque l’on se considère comme centre du monde, on situe sa subjectivité comme première. Par cette orientation vers soi, chacun au final est le nombril du monde, avec soi comme seule boussole intérieure, comportant le risque de tourner en rond « autour de soi », ou « en soi », sans se trouver, à l’image de l’oignon dont on cherche le centre en l’épluchant, sans jamais le trouver.

La sagesse humaine au centre – Le soi comme mesure du monde est central aujourd’hui. Il est convenant de valoriser son expérience personnelle comme loi universelle, la sensualité de la nature divinisée, ses sensations et intuitions, en référentiel spirituel. Du côté rationnel, depuis le siècle des lumières (1715-1789), la raison de l’homme s’est affichée comme seul fondement légitime : « La raison éclaire tous les hommes, elle est la [les] lumière [s]. » 1 

Max Stirner (1806-1856), fondateur de l’anarchisme individualiste, précurseur de l’existentialisme, a posé le fondement du « moi » comme centre du monde : « Pour moi, il n’y a rien au-dessus de moi. » Karl Marx (1818-1883) s’est affirmé « contre », dans une visée de déconstruire : « L’athéisme par la négation de Dieu, pose l’existence de l’homme. » 2 Jean-Paul Sartre (1905-1980) a posé en absolu sa désespérance : « Il n’y a pas d’autre univers que l’univers de la subjectivité humaine », avec comme conséquence : « Le monde est absurde, la vie est absurde. » 3 

Le Christ au centre – L’apôtre Paul ouvre un espace de réflexion à partir d’un autre centre : « Vous étiez en ce temps-là sans Christ, […] sans espérance et sans Dieu dans le monde. » (Ep 2, 12) La Parole de Vie indique que sans Christ, il n’y a pas d’espérance dans ce monde. Chacun cherche la vie réelle. « En Jésus se trouvent la vie, le mouvement et l’être. » (Ac 17, 27-28) Jésus lui-même a déclaré : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12) 

Combien de personnes prennent davantage au sérieux les pensées sans fondement des philosophies ou de la sagesse humaine, sans aucune considération pour le contenu du Livre de la Vie, la Bible ? Au final, il appartient à chacun de choisir de s’appuyer sur le fondement instable de ses pensées du moment, de ses intuitions volatiles, de sa sensibilité, de son émotivité ou de choisir de reconnaître le poids des paroles de l’Ecriture et d’accueillir Jésus comme le centre de sa vie. 

Références bibliographiques
1 Albert Soboul, La Civilisation et la Révolution française, Paris, Arthaud, 1978, p. 19. 
2 Karl Marx, Manuscrits, 1844.
3 Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel, 1970.

Dieu passe dans nos vies!

Par l’abbé Valentin Roduit | Photo : DR

Pâques, c’est le passage de la mort à la vie. Le moment où Dieu transforme un objet de supplice en bijou.

Pâques, c’est le passage des hébreux à travers la mer rouge. Le passage du vieil homme à la vie nouvelle d’enfant de Dieu à travers l’eau du baptême.

Pâques, c’est le passage du paisible dernier repas aux cris de la Passion, des cris au silence du tombeau, du silence à la joie de la Résurrection.

Dans ce numéro, il sera question de ce silence, qui peut préparer en nous des passages.

Chaque matin, le passage de la nuit au jour nous émerveille.

Chaque jour, le passage de la solitude à la prière commune nous nourrit.

Chaque jour, le passage de l’écoute de la Parole à sa mise en pratique nous met au défi.

Dieu passe dans chacune de nos vies. Saurons-nous ouvrir les yeux et les oreilles pour recevoir ce qu’Il veut nous dire dans le silence ?

Les enfants du pardon ont accueilli la miséricorde.

Les familles des baptisés ont accueilli la foi.

Les confirmands ont accueilli l’Esprit Saint.

Chacun de nous, accueillons l’invitation à adorer le Seigneur dans le silence et prenons la résolution de Lui laisser le temps pour qu’il passe vraiment dans chaque pièce de notre cœur.

Dieu passe pour nous donner la vie !

De la colline à la plaine

Une dernière visite de la chapelle de la Maison diocésaine avant sa désacralisation prévue le lendemain.

Après deux siècles de présence en Vieille-Ville, l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR) s’apprête à déménager son siège à la paroisse du Sacré-Cœur. Elle a organisé une après-midi portes ouvertes avant de quitter définitivement son site historique début mai.

Mgr Farine fut locataire de la Maison diocésaine pendant plusieurs années.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Non, je ne vais pas faire la visite, je connais ! », lance Mgr Pierre Farine dès son entrée dans le bâtiment. C’est que l’ancien évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg (LGF) s’y entend sur la question. Il a habité les lieux lorsqu’il était en poste. Or, pour les nombreux curieux qui patientent dans le petit hall déjà bondé, c’est peut-être bien la première fois qu’ils pénètrent à l’intérieur de la Maison diocésaine de l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR), autrement dit le vicariat. Et en ce Mardi gras, l’occasion a été offerte au public d’en faire une visite guidée avant son déménagement en mai prochain dans la nouvelle Maison d’Eglise située à la paroisse du Sacré-Cœur, en contrebas de la Place de Neuve. 

Les visiteurs se sont passé le mot, si bien que le premier tour guidé est déjà complet bien avant l’ouverture des portes. Pour les autres, ne reste plus qu’à patienter jusqu’au suivant en baguenaudant au gré des pièces de la bâtisse, ouvertes cet après-midi-là. Les plus hardis s’attaquent directement à la volée de marches les conduisant aux étages supérieurs tout en lisant les panneaux explicatifs disposés le long du parcours. Les autres se laissent d’abord tenter par les douceurs caractéristiques du mardi précédent le Carême, proposées aux visiteurs en guise de goûter, avant d’entamer leur visite. 

Avant de s’atteler au remplissage des cartons en vue du proche déménagement, tous les membres du personnel de la Maison diocésaine, siège de la direction pastorale et administrative de l’ECR, ont été réquisitionnés afin d’accueillir les nombreux visiteurs. Une manière de donner à ces derniers la possibilité de rencontrer les personnes qui œuvrent dans les coulisses de leur Eglise. Les mains se serrent et les questions vont bon train. « Pour quand est prévu le déménagement ? », demande une visiteuse. « Qu’allez-vous faire de ce bâtiment une fois que vous aurez déménagé ? », s’interroge une autre. « Il sera proposé au marché de la location. Vous pouvez postuler », glisse innocemment Fabienne Gigon, la représentante de l’évêque à Genève, avec un sourire. 

Pas sûr que la dame dépose son dossier, même si la maison de la Rue des Granges a partagé le pavé avec d’illustres voisins, tels que Yoko Ono, le pilote de Formule 1, Jean Alesi, ou encore l’Infante d’Espagne… Après deux siècles de présence sur la colline de la Vieille-Ville, site historique du pouvoir à Genève, l’institution descend en plaine, symbole de proximité avec l’ensemble des Genevois.

L’Eglise catholique romaine à Genève en quelques dates

1740-1744 : Date estimée de la construction du bâtiment de la Rue des Granges.

1798 : Accession des catholiques aux droits d’établissement durable et de pratique religieuse à Genève.

1819 : Constitution du diocèse de Lausanne et Genève : les catholiques passent de la juridiction de l’évêque de Chambéry à celle de l’évêque de Lausanne résidant à Fribourg.

1851 : Acquisition de la propriété du bâtiment de la Rue des Granges. L’immeuble devient la cure de l’église Saint-Germain, seul lieu de culte catholique romain à Genève.

1971 : Le Vicariat général est supprimé et remplacé par le Vicariat épiscopal

2022 : L’immeuble de la rue des Granges prend désormais le nom de « Maison diocésaine de Genève ».

2024 : Messe de dédicace de l’église du Sacré-Cœur par Mgr Charles Morerod. Le 31 mai 2024, à 18h30.

Les portes ouvertes de la Maison diocésaine ont fait le plein !

Le silence du 7e sceau

L’ouverture du 7 e sceau précède les sept sonneries de trompettes.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : Pixabay

Dans la tradition prophétique et apocalyptique, le silence annonce la venue du jour du Seigneur. C’est dans la plénitude du Dieu trinitaire que s’engendrent la Parole et la manifestation ultime pour l’ensemble de la création et du cosmos. 

Aussi, le texte de la Révélation est-il comme suspendu lorsque l’Agneau glorifié, aussi dénommé le Lion de la tribu de Juda et le Rejeton de David, ouvre le 7e sceau du rouleau écrit au recto et verso que lui a remis l’Ange au nom de l’Ancien des jours (Apocalypse 5, 1-14). Nos traductions bibliques le signalent par trois points de suspension, telle une ouverture sur l’infini.

« Il se fait alors dans le ciel un silence d’environ une demi-heure… », c’est-à-dire selon le langage symbolique du dernier livre des Ecritures, d’une durée indéfinie. 

C’est à ce moment que va se dérouler, selon une nouvelle liturgie céleste marquée par sept sonneries de trompettes (cf. Apocalypse 8-9 ; 11, 15-18), la réalisation des décrets divins et salvifiques, tels que consignés dans le rouleau désormais descellé par le Christ crucifié et ressuscité. La volonté du Seigneur s’accomplit définitivement.

Prélude à la conversion

Puisse le silence de l’oraison et de l’intériorité préluder à notre conversion en Eglise. Car c’est de la prière silencieuse du face-à-face avec Dieu que peut jaillir la dynamique de retournement ecclésial à laquelle nous sommes tous et toutes convié(e)s. 

Puissent les espaces de recueillement ponctuer nos liturgies, si souvent verbeuses et trop bavardes. C’est dans ces inter-stices que l’Esprit peut se glisser et faire germer en nos cœurs l’obéissance à la volonté du Très-Haut. Puisse le calme de la nature, de nos paysages extérieurs et intérieurs, apaiser notre agitation incessante et nous conduire à l’essentiel de la réalité, grâce au souffle du Saint-Esprit. 

Nous sommes suspendus au dessein divin dont la concrétisation et l’exécution vont apporter la paix, le shalom définitif.

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