Que représente la résurrection pour moi?

Par Astrid Belperroud | Photo : DR

Animatrice pastorale de la jeunesse, j’ai eu à cœur de poser cette question aux jeunes confirmés 2023… et cela reste toujours une question remplie de mystères. Je les ai laissés me répondre de façon anonyme, ainsi il y a une certaine liberté dans la réponse et certains m’ont demandé : « Si je ne comprends pas ou ne crois pas à la résurrection, est-ce grave si j’ai confirmé ? »  

Et de leur répondre « bien sûr que non… la résurrection, comme l’eucharistie, reste un grand mystère mais nourri d’espérance. Dans leur réponse on peut voir qu’il y encore confusion entre réincarnation et résurrection, est-ce aussi clair pour nous adultes ? Pas forcément. 

Et ce qu’il y a de merveilleux dans notre vie sur terre, c’est que nous avons toute une vie pour comprendre, toute une vie pour vivre, expérimenter, toute une vie à rencontrer le Christ.

Quelques mots de jeunes confirmés :

« Pour moi, la résurrection c’est quand après être décédés, nous sommes ramenés sur terre pour un court instant, ça peut être pour dire au revoir ou accomplir des dernières épreuves. C’est ce qu’a fait Jésus ou plutôt ce pourquoi Dieu l’a ressuscité. »

« Jésus a vaincu la mort, la vie est plus forte que tout, j’ai compris dans ma vie que je vivrai plusieurs petites morts mais avec Jésus dans ma vie, je me relèverai chaque fois avec plus de force. »

« La résurrection représente Jésus qui revient sur terre. »

« La résurrection c’est le fait de se redonner une chance, de repartir de zéro en se souvenant de nos erreurs, afin de les éviter lors de notre seconde vie. »

« C’est le passage de la mort à la vie. » 

« Renaissance. »

« C’est Jésus qui nous met, remet debout, chaque fois que l’on perd courage. »

« Pour moi, la résurrection montre le pouvoir de Dieu mais aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »

« Parfois la vie est compliquée, mais Dieu a une raison pour tout et au final, il t’élévera toujours de ta peine. »

« La résurrection m’évoque l’espoir, c’est croire aux secondes chances, espérer et vivre. On peut réellement renaître à nouveau. »

« La résurrection c’est la renaissance de Dieu, il est à l’origine et à la fin de la vie qui ne s’arrête jamais. »

« La résurrection montre le pouvoir de Dieu, mais est aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »

« Pour moi, c’est la nuit de Pâques le centre de ma foi. Jésus a vaincu la mort pour nous. Nous ne serons plus jamais seuls, c’est la lumière du cierge Pascal qui est présente et nous met de la lumière dans nos vies. »

A chacune de nos rencontres, il y a la lumière… une bougie bien visible, qui nous aide à apprivoiser l’invisible. Ne l’oublions pas, nous sommes tous en chemin, à la rencontre du Seigneur.

«Le silence est essentiel…»

Par Thierry Schelling | Photo : Pxhere

… dans au moins trois domaines, liste le pape François : la vie du croyant, la vie de l’Eglise et sur le chemin de l’unité des chrétiens.

Ainsi s’exprime-t-il parmi les leaders de toutes les Eglises-Sœurs réunis pour la veillée de prière œcuménique, le 30 septembre 2023, un jour avant l’ouverture de la première phase du Synode 2023-2024.

Pour le croyant

Les débuts et la fin de notre existence terrestres sont silencieux. « Le Verbe de Dieu s’est fait silence dans la mangeoire et sur la croix. » Devant la croix de San Damiano, François d’Assise jadis comme les responsables d’Eglises en septembre 2023, le croyant se tient en silence, un silence qui n’est pas du tout vide. « Dieu parle plutôt dans un zéphyr, un fin silence sonore », paraphrase-t-il l’expérience d’Elie dans le Livre des Rois.

Pour l’Eglise

Le silence « permet le dialogue et l’écoute » de l’autre et de l’Esprit Saint à l’œuvre dans nos vies. Il améliore le « discernement » au travers des bruits et du vacarme de notre temps, pour écouter la volonté de Dieu. Les différends se résolvent mieux si on commence par écouter ce qui est différent, « dans un silence actif ».

Pour l’unité des chrétiens

Le silence qui devient prière permet d’accueillir le don de l’unité « comme le Christ la veut », « avec les moyens qu’il veut », disait Paul Couturier, à l’origine de la Semaine de prière pour l’unité et que rappelle François. Se mettre ensemble en prière et dans le silence, c’est comme semer des graines d’espérances que Dieu fera germer, dit-il en substance aux consœurs et confrères chrétiens. Et de conclure : « Faisons silence pour que le monde croie ! »

En ce temps de Renouveau

Texte et photos par Marion Perraudin

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Au cœur de nos vides intérieurs, de nos déserts stériles
Le vide apparent du tombeau,
Devient lieu de rencontre avec le Ressuscité,
Il nous rejoint, Lui le Vivant.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Sur nos chemins d’Emmaüs, malgré nos désillusions,
Jésus Ressuscité se fait compagnon de voyage.
Pour rallumer dans nos cœurs, la chaleur de la foi et de l’espérance.
Le Christ Vivant fait tout comprendre : la Vie, la mort, mais surtout l’Amour.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Laissons la parole du Christ « La Paix soit avec vous »
Déverrouiller la porte de la chambre haute de nos peurs,
Accueillons son souffle qui nous donne une vie nouvelle.
Devenons des croyants audacieux, des témoins joyeux dans nos lieux de vie.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Comme à Pierre, le Ressuscité nous demande « M’aimes-tu ? »
Dans nos échecs et nos reniements il chemine à nos côtés
Lui, le Christ Vivant, qui a triomphé de la mort et du péché
Il nous invite à nous laisser guérir et transformer par la force de l’amour miséricordieux.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
La joyeuse mission donnée par le Christ à l’Ascension,
Osons proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle !
Dans la joie de l’Ascension, Jésus monté aux cieux, nous plante solidement dans la terre,
Dans la joie de l’Ascension, le Fils remonte vers le Père,
Il nous ouvre la porte vers notre patrie, le cœur de Dieu 

Bulbocode, première fleur de printemps qui éclot entre janvier et février alors que tout est sec et endormi dans l’hiver.
Fleur de magnolia ou le rose dans la ville.

Les Colis du Cœur: l’anniversaire d’une association indispensable

Des bénévoles de tout âge et de tout le Chablais se mobilisent pour les collectes depuis de 30 ans.

Texte et photos par François-Xavier Mayoraz, membre du comité des Colis du Cœur

En cette année 2024, l’association des Colis du Cœur va fêter ses 30 ans d’existence. Comme la plupart le savent déjà, cet organisme a pour but de fournir une aide alimentaire ponctuelle aux personnes de la région qui sont dans le besoin. Il faut voir cela comme un coup de pouce momentané, dans une période de vie compliquée vécue par les personnes.

C’est le 8 avril 1994 que les Colis du Cœur virent le jour, sous l’impulsion de quelques femmes et notamment de Mme Ginette Fessard, qui va incarner généreusement cette association pendant un quart de siècle. Si aujourd’hui Mme Fessard s’est retirée, la pauvreté, elle, continue d’exister, notamment en raison de l’inflation, qui met à mal de plus en plus de personnes.

Mais où trouver toute cette nourriture que nous redistribuons ensuite ? Pour ce faire, trois fois par année, nous nous postons devant les différents magasins alimentaires de la région et nous sollicitons la générosité des personnes qui viennent faire leur course, en leur proposant d’acheter quelques denrées en plus et de nous les déposer à la sortie. 

Par ailleurs, de temps en temps, nous rencontrons des personnes qui ont particulièrement à cœur de donner quelque chose, car eux-mêmes par le passé ont dû faire appel à cette association.

Toutefois, si les Colis du Cœur perdurent encore aujourd’hui, c’est sans conteste grâce à l’aide infiniment précieuse des nombreux bénévoles. Que ce soit de la prise de contact au téléphone avec les demandeurs, en passant par la confection des colis et leur distribution, ainsi que de la présence dans les magasins lors des trois récoltes annuelles, tous ces bénévoles font un travail incroyable et ne ménagent aucunement leurs efforts. Un immense merci à eux !

Et joyeux anniversaire aux Colis du Cœur !

Le samedi matin 8 juin aura lieu l’anniversaire officiel des Colis du Cœur.

Choisir la fraternité

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud, est l’auteur de cette carte blanche. 

Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud
Photos : cath.ch, DR

Le 1er février dernier, nous avons fait mémoire du dramatique appel de l’abbé Pierre adressé sur les ondes en 1954 à la suite du décès d’une femme sans logement en France. Cette réalité demeure actuelle aussi en Suisse romande.

Cet évènement m’a amené à reprendre un livre de l’abbé Pierre « La Fraternité »1. Il est paru en 1979 à l’occasion des 50 ans de la fondation d’Emmaüs. Quelle vision prophétique émerge des propos de l’abbé ! Elle est simple et profonde. Il dénonce des situations de misère et d’injustice. Il annonce un horizon nouveau en comptant sur l’engagement de tous. L’abbé Pierre nous invite à un choix radical. « Ces deux voies sont très claires : moi sans les autres ou moi avec les autres. Etre heureux sans les autres ou être heureux avec les autres. Etre suffisant ou être communiant. »

Un double écho a résonné en moi… du côté de la vie de Jésus et de l’appel du pape François à travers son encyclique « Tous frères ». Avons-nous pris conscience que Jésus nous invite à devenir des sœurs et des frères ? Simplement considérer toute personne comme une sœur ou un frère amène une transformation radicale en soi et dans la relation. C’est un long apprentissage vers la Vie. Les histoires des douze fils de Jacob et des douze apôtres nous indiquent les écueils à surmonter, le temps nécessaire, les changements à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.

Au centre de son texte, le pape François nous offre une relecture d’une parabole connue, mais « adoucie »… Il l’intitule « un étranger sur le chemin » et non le « bon samaritain » ! Si nous souffrons, qu’attendons-nous de celui qui s’approche ? Choisissons-nous d’ouvrir les yeux et notre cœur pour permettre à celui qui souffre de trouver sa place dans la fraternité universelle ? Cette fraternité n’est-elle pas la grande voie pour œuvrer à la paix, témoigner de l’espérance, œuvrer au devenir d’une Eglise synodale et vivre sa vocation baptismale ?

1 Abbé Pierre, Fraternité, Arthème Fayard, 1979.

La Pentecôte, couronnement du temps pascal

Par l’abbé Bernard Alassani 
Photo : André Bise | Dessin : Bernadette Lopez

Plusieurs fêtes se déroulent durant la période pascale. Nous avons entre autres la Pentecôte qui termine le temps pascal. D’origine grec, la Pentecôte signifie « cinquante ». Elle se fête cinquante jours après Pâques. 

C’est une fête religieuse qui permet de commémorer la descente de l’Esprit Saint parmi les apôtres, la réalisation de la promesse de Jésus faite à ses disciples « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12) ou « quand viendra, le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur »
(Jn 15, 26-27). 

La Pentecôte représente le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines et commence le Vendredi saint.

L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi saint), ressuscité le jour de Pâques, et monté au ciel vers le Père (à l’Ascension).

La Pentecôte a son origine dans le peuple juif. Bien avant Jésus-Christ, de nombreux croyants venaient en pèlerinage vers le temple de Jérusalem. Ils venaient remercier Dieu pour tous ses dons : la terre, la loi de l’alliance et les promesses des prophètes. 

Lors de la fête de la Pentecôte, les apôtres découvrent que Dieu donne aussi Jésus comme sauveur et l’Esprit Saint comme source de vie nouvelle. Comme promesse fait par le Christ ressuscité : l’Esprit Saint. L’union des cœurs dans la charité et l’unité des esprits dans la vérité. Trois signes manifestent sa présence : les langues de feu, le vent, la colombe. 

Groupe Œcuménique d’Accueil des Réfugiés (GOAR) de Monthey: Jacqueline Rigamonti passe le flambeau

Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.

Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR

Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.

Vocation à l’autre

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey. 

Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)

Au cœur de la mission : la rencontre

Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !

Merci !

Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées »,  dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.

Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.

Jeux, jeunes et humour – avril 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi la prière d’ouverture s’appelle « collecte » ? *
La prière d’ouverture qui change à chaque messe prend place après le Kyrie ou le Gloria. Normalement, un temps de silence la précède pour permettre à chacun de prier personnellement dans son cœur, avant que le prêtre ne rassemble ces prières et prie au nom de tous. Voilà pourquoi, elle porte le nom de « collecte », parce qu’elle collecte et réunit les diverses demandes des fidèles en une seule prière que le prêtre présente à Dieu au nom de la communauté.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Deux religieux avaient obtenu la permission de leur Abbé de participer à une noce familiale. Ils revinrent au couvent en ayant légèrement abusé de la dive bouteille. Comme il était déjà tard et que nos deux compères, visiblement éméchés, voulaient éviter à tout prix de croiser leur Abbé dans les couloirs, l’un des deux dit à l’autre : 
– Va devant, fais quelques pas et je verrai si tu marches droit !
Après cela, le marcheur revient vers son confrère et lui demande le résultat du test. Celui-ci répondit :
– Oui, tu marches droit, mais qui était donc celui qui marchait avec toi ?

Par Calixte Dubosson

Le double engagement de Colin Mosengo

De lui, on peut d’emblée dire qu’il a la foi chevillée au corps ! Elle le fait vibrer. Colin Mosengo, jeune père de famille de Vuissens, vient d’accepter un double engagement paroissial. Rencontre à Lausanne où il se rend quotidiennement pour son travail.

Texte et photo par Claude Jenny

Récemment, Colin Mosengo a suivi la formation pour devenir auxiliaire de l’eucharistie, qu’il ira porter le dimanche à l’hôpital d’Estavayer. « Je me réjouis de vivre cette mission au service des autres » dit-il. Il a aussi été désigné pour remplacer Jacques Monnard comme représentant de notre paroisse au sein du Conseil pastoral cantonal, un organe qui va reprendre son rôle de liant au niveau de toute la communauté catholique fribourgeoise.

Ce Staviacois a toujours trempé dans le bain catholique, notamment par sa maman qui a été membre du Conseil de communauté du chef-lieu. Formé au travail social, bachelor en poche, il a œuvré d’abord dans l’accompagnement de personnes marginales. Puis il a bifurqué professionnellement. Si son activité est aujourd’hui de traquer ceux qui font du mal aux autres, il inscrit ce parcours professionnel dans une démarche qui n’est pas incompatible avec son engagement de chrétien. « Il faut faire face à une certaine perversion du mal dans la société et la personne qui est dans la faute doit d’abord le reconnaître, pour pouvoir éventuellement être pardonnée par la suite. Je peux agir de diverses manières envers les autres, mais aussi dans un but de faire de la prévention, d’œuvrer dans la bienveillance et la recherche du « bien vivre ensemble ». 

Son métier, il le pratique une médaille de la Vierge autour de son cou et avec une icône qui illumine son bureau. Lorsqu’il n’est pas au cœur d’un monde dur professionnellement, il aime aller se ressourcer. Entrer dans une église, vivre un temps d’adoration. « J’aime les sacrements, et particulièrement celui du pardon car si Dieu nous pardonne nos fautes, c’est pour que nous sachions aussi le faire. » 

Ne pas quitter le bateau !

Dans cette Eglise bien secouée, Colin Mosengo se dit content que l’abcès soit en train d’être crevé car, dit-il, « on peut pardonner mais on ne peut pas cacher ce que l’on a fait de mal. Il faut donc que la vérité éclate au grand jour. Il faut passer par ce «  nettoyage interne  » ». Mais, s’empresse-t-il de préciser, il ne faut pas quitter le bateau ! « Bien au contraire ! Il faut rester à bord parce qu’un renouveau est possible. L’Eglise doit garder ses traditions et notamment toutes ses richesses liées aux sacrements. Mais elle peut aussi évoluer sans rien enlever à la puissance d’amour du Christ. L’Eglise appartient au peuple de Dieu. Pas à la hiérarchie. Il faut donc oser demander. J’aimerais que notre Eglise retrouve davantage de joie et que ses cérémonies soient davantage des manifestations de joie partagée. »

Colin Mosengo est un témoin engagé. On le sent habité d’une ferme volonté de vouloir faire avancer le bateau. Un rôle de pilote qu’il accomplissait aussi lorsqu’il était aux commandes de la vedette de la Société de sauvetage d’Estavayer !

Le premier Pardon

Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Muraz en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.

Les enfants de 4H de Collombey et de Muraz, inscrits au parcours de préparation au sacrement du Pardon, ont bénéficié pour la première fois de ce beau et grand sacrement le 2 février (à Collombey) et le 9 février (à Muraz). C’est l’occasion, sous forme d’une interview, de faire le point sur ce sacrement, avec les catéchistes engagées dans cette préparation.

Propos recueillis par Antonella Cimino et Béatrice Lucciarini | Photos : Jean-Michel Moix, Simone Lattion

Qu’est-ce que je trouve de beau ou de grand dans ce sacrement du Pardon ? 
Antonella : Ce que je trouve de beau et de grand c’est cette guérison ; le sacrement du Pardon guérit l’âme et le cœur ; cette tristesse et ce poids qui étaient présents, s’envolent pour laisser place à la paix.
Béatrice : Pour moi, le sacrement du Pardon est le sacrement de l’Amour de Dieu. Il nous aide à vivre avec Lui et avec les autres. Il nous permet de mettre sa Parole dans notre vie.

En quoi, le sacrement du Pardon aide-t-il l’enfant à grandir dans la foi (chrétienne) ? 
Antonella : Il permet de se réconcilier avec Dieu, avec les autres ainsi qu’avec soi-même. Les enfants comprennent que ce sacrement est utile pour grandir dans la foi, ils peuvent le demander à chaque fois qu’ils veulent réparer le fil d’amitié qui a été cassé entre Dieu et les autres.
Béatrice : Discuter de sa vie, sous l’angle de la foi, avec un prêtre aide l’enfant à grandir.

Lors de la préparation des enfants à ce sacrement, quel message entendez-vous faire passer ? 
Antonella : Le message est que l’Amour de Dieu est sans limite. Son pardon nous transforme véritablement. Qu’il est bon de vivre dans le respect, le partage, la générosité, la vérité, l’amour… lorsque nous sommes pardonnés et que nous-mêmes nous pardonnons, nous nous rapprochons encore plus de l’autre, de Dieu.
Béatrice : Le plus important est l’amour de Dieu. « Dieu t’aime très fort, plus que tu ne peux l’imaginer. Il veut que tu sois heureux. Il aime pardonner. »
Cependant, je trouve très important que les enfants découvrent l’importance du pardon dans leur vie de tous les jours avec les autres : en famille, avec les copains, avec les adultes qu’ils côtoient. Et ceci indépendamment de toute conception chrétienne. Sans pardon, la vie « communautaire » est très difficile, voire impossible.

Pour quelles raisons, selon vous, le sacrement du Pardon est-il aujourd’hui délaissé voire oublié ? 
Antonella : Le sacrement du Pardon nous met dans l’humilité devant Dieu qui nous aime malgré toutes nos faiblesses ; cette rencontre est essentielle. 
Peut-être que certains ne voient pas leurs péchés donc ils n’éprouvent pas le besoin de se confesser.
Béatrice : Notre société individualiste ne voit pas l’« utilité » du sacrement du Pardon et du dialogue avec le prêtre. Nos contemporains ont de la difficulté à se reconnaître pécheurs.

Qu’est-ce que ce sacrement nous dit sur Dieu, sur nous-mêmes ?
Antonella : Le psaume 147, 3 nous dit : « Dieu est celui qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. » Il le fait à travers le sacrement de la réconciliation. C’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur et avec nos frères que nous pouvons être vraiment en paix.
Béatrice : Il nous révèle ce que nous dit l’Evangile de Jésus : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à moi ne marchera pas dans les ténèbres ; mais il aura la lumière qui conduit à la vie. » (Jean 8, 12)

Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Collombey en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.

L’éthique de la tech

L’intelligence artificielle (IA) grignote chaque jour un peu plus d’espace dans nos vies. Porteuse de promesses dans certains domaines tels que la recherche médicale, elle ne cesse de générer craintes et mises en garde, et ce, jusqu’au Vatican. Eclairage avec Ezekiel Kwetchi Takam, dont les travaux explorent les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Pour le chercheur, le futur nous appartient.

Cette année, les débats du Forum économique mondial (WEF) portaient sur l’intelligence artificielle et sa régulation. L’IA est considérée comme l’un des principaux risques de la prochaine décennie. Qu’en pensez-vous ?
L’intelligence artificielle est bien l’un des plus grands dangers de la prochaine décennie, mais pas pour les raisons apocalyptiques et extinctionnistes auxquelles nous pensons. Ce discours-là est essentiellement articulé autour d’un questionnement existentiel de l’intelligence artificielle, alors que les enjeux concrets se déploient déjà. Elle est dangereuse, non pas parce qu’elle anéantirait la civilisation humaine suivant un schéma de science-fiction, mais en raison de ses impacts écologiques, économiques et humains. Prenons l’écologie. L’énergie nécessaire à la puissance de calcul pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle populaire aujourd’hui représentera 14 % des émissions totales de CO2 en 2040.

L’ONU souhaite la création d’un pacte mondial pour le numérique, or il existe aujourd’hui au moins sept cents politiques d’encadrement de l’intelligence artificielle avec des priorités et des systèmes de valeurs différentes. On s’en sort comment ?
L’existence d’une pluralité de chartes éthiques n’est pas véritablement un problème, à condition qu’il existe une réelle redistribution de ses chartes dans les différentes régions du monde. En d’autres termes, il faudra que toutes les régions du monde puissent produire des chartes qui s’inscrivent dans leur réalité socioculturelle. L’initiative de l’ONU serait alors fructueuse, d’une part, si elle se libère de cette naïveté de croire qu’elle pourra produire un pacte mondial et d’autre part en capabilisant toutes les régions du globe afin qu’elles puissent penser des réflexions éthiques sur l’intelligence artificielle et les partager sur une plateforme gérée par l’ONU où ces différentes visions pourraient entrer en dialogue.

OpenAI [développeur de ChatGPT] vient de révéler le démarrage d’une collaboration avec le département américain de la défense. Les sept péchés capitaux rapportent apparemment plus que le développement d’une IA « éthique » ?
Absolument et c’est très révélateur de cette idéologie accélérationniste et technocapitaliste qui sous-tend le développement des intelligences artificielles. Au sein de OpenAI, deux visions du futur de l’intelligence artificielle se confrontent. Ceux qui souhaitent la ralentir, car elle pourrait poser de grands défis à l’avenir et ceux qui la considèrent comme une possible solution à tous les maux de l’humanité. Le CEO, Sam Altman, semble faire partie de cette catégorie. Certes, dans ce discours, on peut ressentir une certaine tonalité altruiste, mais au fond c’est une idéologie qui s’inscrit simplement dans un capitalisme néolibéral.

A l’occasion de la journée mondiale de la paix, le Pape a exhorté à un développement éthique de l’intelligence artificielle. Est-ce un vœu pieux de sa part ?
Je trouve cette réflexion du Pape très pointue d’un point de vue conceptuel et très riche au niveau propositionnel. Ce n’est pas la première initiative du Pape en ce sens. Le Vatican a toujours été très précurseur dans les réflexions autour de l’éthique de l’intelligence artificielle. Déjà en 2020, l’Académie pontificale pour la vie avait publié L’appel de Rome pour une éthique de l’IA, entérinée par plusieurs entreprises dans le domaine dont IBM et Microsoft. Ce n’est donc pour moi pas un vœu pieux, car dans notre société, le futur nous appartient, il est le résultat de notre volonté. Le plus important est d’avoir des volontés réalistes, innovantes et disruptives et cet appel s’inscrit dans ce dynamisme-là. L’essentiel serait maintenant de savoir si nous avons la volonté de porter ce dessein à son stade de réalisation et là, c’est un choix qui nous appartient.

Bio express

Ezekiel Kwetchi Takam est né en 1998 à Bertoua (au Cameroun). Il est doctorant en éthique théologique à l’Université de Genève. Ses travaux explorent, sous une perspective théologique, les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle. Outre ses recherches, il propose conférences et accompagnement des entreprises souhaitant répondre éthiquement aux problématiques posées par ces nouvelles formes d’intelligence.

Sachez aussi…

• Assemblée sur les comptes paroissiaux

Le jeudi 25 avril prochain, à 19h30, au centre des Focolari, à Montet, aura lieu l’habituelle assemblée paroissiale de printemps destinée à présenter les comptes de fonctionnement de l’année dernière ainsi que les comptes d’investissement également de 2023. 

Un « point pastoral » figure également à l’ordre du jour et l’assemblée – selon une habitude désormais – pourra entendre une présentation d’une confrérie active sur le territoire paroissial. Ce sera au tour de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel de se faire connaître par l’intermédiaire de son président André Butty.

Cette assemblée est publique et donc ouverte à tous les membres de la paroisse (cjy)

• Fête paroissiale le 22 septembre à Bussy

Une date à réserver dans l’agenda : le dimanche 22 septembre ! Comme l’année dernière, une fête paroissiale – avec une messe unique pour toute la paroisse pour le démarrage de la nouvelle année pastorale – aura lieu cette année à l’église de Bussy. L’occasion, comme l’année dernière à Cheyres, de vivre une célébration commune à toutes les communautés et de passer un moment convivial. (cjy)

• Appel décisif pour 15 enfants de notre paroisse

Samedi 24 février, plus de 130 enfants de tout le canton, dont 15 de notre paroisse, ont vécu l’appel décisif en vue de leur prochain baptême en avril. Cette étape importante a été célébrée à l’église Saint-Pierre de Fribourg en présence de plusieurs prêtres, des parents et futurs parrains et marraines de ces enfants. (gd / photo LDD)

• Rendez-vous lacustre le 11 août pour la Saint-Laurent

Fêter la Saint-Laurent est une tradition bien vivante à Estavayer que la Confrérie des pêcheurs s’emploie à conserver avec ferveur en intronisant les nouveaux membres à l’occasion d’une messe en plein air sur la place Nova Friburgo, suivie de la bénédiction des embarcations et d’une partie conviviale avec friture, etc. Saint Laurent étant le saint patron de notre paroisse, l’équipe pastorale vous donne rendez-vous le dimanche 11 août pour cette unique messe au bord du lac en cas de beau temps et à la collégiale si le temps est maussade. (gd / photo Georges Losey)

Les 40 heures à Collombey

« Le truc le plus fou que je fais dans ma vie ! » C’est la manière dont en parle Olivier, un adorateur des 40 heures de Savièse, qui se lève la nuit une fois par mois pour aller passer une heure seul dans l’église avec le Saint-Sacrement.

Texte et photos par Valentin Roduit

Pourquoi 40 heures ?
40 ans, c’est la traversée du désert par les hébreux ; 40 jours, c’est le déluge au temps de Noé et le temps que Jésus passe au désert. C’est aussi notre Carême, temps pour se préparer à la grande fête de Pâques ; 40 heures, c’est un temps de prière que peut donner une communauté au Christ pour en recevoir de belles grâces. La tradition a commencé il y a 450 ans à Milan, introduite et popularisée par saint Philippe Neri à Rome. L’idée était : 40 heures de prière avant le début du Carême, en réparation du mal commis à carnaval.

40 heures de prière à la suite, c’est beaucoup !
La tradition veut que les croyants se relaient en présence du Saint-Sacrement exposé. La petite tradition rejoint la grande, puisque les sœurs du Monastère des Bernardines ont proposé longtemps une nuit d’adoration tous les premiers vendredis du mois. A Collombey, nous adorons tous les vendredis de 20h à 21h. Une adoration prolongée permettra que chacun passe un temps privilégié avec le Seigneur, relié aux autres adorateurs.

A quelle date, ces 40 heures ?
Cette année, les 40 heures démarrent à Collombey, du jeudi 2 au samedi 4 mai 2024, pile à mi-chemin entre Pâques et la Fête-Dieu. Ce temps privilégié de prière nous permettra de reconnaître la présence du ressuscité dans l’Eucharistie. Ce sera aussi le week-end des premières communions, nous pourrons porter spécialement les enfants qui recevront pour la première fois le Seigneur le dimanche 5 mai à Collombey ou le jeudi 9 mai à Muraz.

40 heures, ça demande 40 personnes ?
Un temps de prière seul avec le bon Dieu, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les 40 heures existent déjà dans d’autres paroisses. Chacun s’engage pour une heure et les adorateurs forment une chaîne humaine. Un « Je vous salue Marie » prié ensemble permet de passer le relais entre les adorateurs. Un livret d’intentions permettra de confier ce qu’on a sur le cœur aux autres adorateurs.

Comment faire pour participer aux 40 heures ?
Seul, à deux ou en famille, inscrivez-vous pour venir prier une heure dans la belle chapelle du Monastère de Collombey. Dans un premier temps, vous pouvez sélectionner une tranche de journée, puis nous attribuerons les horaires.
N’importe quelle heure du jour ou de la nuit entre le jeudi soir 19h et le samedi 11h. A vous de jouer : Est-ce que vous pensez que ce sera plus difficile de trouver des adorateurs pour le jour ou la nuit ?

Fresque du Jugement dernier, église Saint-Romain du château, Rarogne, Valais

Du côté des élus, tous regardent dans la même direction.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

L’église Saint-Romain du château est un des joyaux du gothique tardif en Suisse. On peut notamment y admirer une fresque du Jugement dernier réalisée par Hans Rinischer.

Il semble qu’à l’origine, la fresque comprenait un Christ juge. Cependant, des considérations architecturales ont amené à modifier l’agencement et à supprimer une portion de l’œuvre. 

Des infiltrations d’eau ont entraîné plusieurs campagnes de restauration. Celle des années 1920 a cherché à retrouver autant que possible la représentation d’origine, rajoutant visages et couleurs. Ces pratiques ont disparu aujourd’hui. La restauration des années 1970 a fait le choix de retouches visibles de près, permettant ainsi de préserver la lisibilité.

Si le ciel est bleu à gauche comme à droite, sur la terre, les réalités sont différentes. D’un côté, le sol est vert, de l’autre ocre et dépouillé. On pourrait y voir une allusion au pays de lait et de miel promis par Dieu, opposé à la terre aride. Il y a aussi la symbolique de la vie et de la mort.

A notre gauche (à la droite du Christ, s’il était représenté) se trouvent les élus. A notre droite (à la gauche du Christ), se trouvent les damnés (Cf. Mt 25, 31-46).

Du côté des élus, c’est l’unité qui prédomine. Tous regardent dans la même direction. Parmi eux, un personnage dénote. Sa peau n’est pas de la même couleur, son corps est marqué par les années. Cela peut étonner alors que l’état de conservation du corps est parfois compris comme un reflet de la perfection spirituelle. Les ecclésiastiques chargés dans une charrette et ramenés de force chez les damnés nous permettent peut-être une interprétation. Ce ne sont pas forcément ceux que l’on attendait qui seront sauvés.

En contraste avec la paisibilité des élus, c’est le désordre et l’horreur qui sont de mise chez les damnés. Mais, ce qui différencie ceux qui sont sauvés de ceux qui ne le sont pas n’est pas l’état de leur corps. On pourrait y voir un signe que ce qui distingue élus et damnés n’est pas visible, que cela se joue dans le secret du cœur.

Deux nouvelles diplômées

L’équipe pastorale est heureuse de pouvoir compter sur de nouvelles forces. Elle remercie Barbara Bargiel et Laura Johner pour leur investissement et leur motivation à se former afin d’apporter un témoignage enrichi aux personnes qu’elles vont côtoyer.

Par Marianne Berset | Photos : Pierre Bondallaz, Véronique Benz

Après le parcours Galilée basé sur un enrichissement de la foi personnel, Barbara Bargiel, de Montet, a suivi une formation d’un jour par semaine sur une année et demie à Lausanne pour l’obtention d’un certificat de pratique pastorale. Cette formation basée sur la pratique pastorale lui a permis d’approfondir sa foi mais encore de développer des techniques d’animation, de mise en œuvre de missions en collaboration avec une équipe de catéchistes ou d’enfants. Son travail final s’est essentiellement porté sur le cheminement vers la vie eucharistique. Elle sera accueillie au sein de l’équipe pastorale et sera nommée répondante de la communauté de Lully. Elle recevra son certificat le 15 juin prochain.

Après une formation Siloé de deux ans et demi à Avenches à raison de trois soirées par mois, Laura Johner a poursuivi sa formation avec le parcours Emmaüs qui s’est vécu par un stage pratique et 6 mois de spécialisation en catéchèse. Laura Johner étant titulaire d’une thèse en théologie dans son pays d’origine, la formation s’est basée essentiellement sur la pédagogie et l’animation de groupe. Elle est engagée comme catéchiste professionnelle pour accompagner les enfants de la paroisse Saint-Laurent et prendra également la responsabilité de la catéchèse enfantine pour la nouvelle année pastorale.

Nos sincères félicitations à ces deux catéchistes et merci à leur famille qui ont accepté toutes ces absences pour qu’elles prennent le temps de se nourrir de la Parole et d’acquérir les bases de la pédagogique pour la transmission de la foi.

Laura Johner (à gauche sur la photo) recevant son diplôme des mains de Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton de Fribourg.

La foi en tous ses états

« Le Christ est ressuscité ! / Il est vraiment ressuscité ! » C’est ainsi que les chrétiens (spécialement en Orient) se saluent en ce temps de Pâques. C’est aussi une profession de foi. Et c’est pour préserver cette même foi que des chrétiens endurent encore aujourd’hui la persécution et même le martyre. Nous pouvons ainsi nous demander : comment se porte la foi (chrétienne) en Suisse ? Pourquoi est-ce important de « croire » ? 

Par Jean-Michel Moix | Graphiques / Photos : OFS, DR

Des données statistiques pour la Suisse

Les récentes données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent clairement en l’espace de ces 50 dernières années un recul de la foi chrétienne et une avancée de l’agnosticisme/déisme/incroyance : avec des personnes se disant « sans confession
religieuse ».

Jugeons-en par les graphiques ci-dessous :

Mais qu’est-ce donc que la foi ? 

Donnons ici une première définition : la foi, c’est notre attachement (d’intelligence comme de cœur) à Jésus-Christ, à son enseignement, à son Eglise.

Et voici une deuxième définition avec ce qu’on appelle « l’acte de foi » : Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

Et puis, pour troisième définition, nous pourrions ajouter que la foi est une vertu théologale surnaturelle. Elle est une vertu dans le sens que plus on l’exerce plus elle se fortifie et grandit, et moins on l’exerce plus elle a tendance à diminuer ou à s’affaiblir. Elle est théologale car elle nous oriente vers Dieu, elle nous unit à Lui. Elle est surnaturelle parce qu’elle est un don de Dieu qui nous est donné avec la grâce surnaturelle que nous recevons au jour de notre baptême.

Que vous procure la foi ? 
Relevons dans l’ancien rite du baptême des enfants, le dialogue préliminaire entre le prêtre et les parents, parrain et marraine : 
Prêtre : … que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ? | Réponse : La foi.
Prêtre : Que vous procure la foi ? | Réponse : La vie éternelle.

Quel est le signe qui synthétise notre foi ?
C’est le signe de croix que l’on trace sur nous en commençant par exemple une prière. Ce faisant nous professons trois grandes vérités fondamentales qui constituent comme le cœur de notre foi : 
1) Foi en la sainte Trinité : un seul et unique Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
2) Foi en l’Incarnation du Fils : de ces trois personnes divines, c’est le Fils (Jésus-Christ) qui s’est fait homme.
3) Foi en la Rédemption : en s’immolant pour nous sur l’autel de la croix, Jésus a réalisé le grand sacrifice que Dieu le Père a agréé pour nous racheter. Dit autrement, par sa passion et sa mort sur la croix, Jésus nous a mérité la grâce des grâces, le don du Salut.

Des galons et des notes

Texte et photo par Nicolas Maury

Quand il explique qu’à l’armée, il avait « beaucoup de nouilles sur l’épaule » et qu’il a fait carrière dans la police genevoise, nombre d’éléments deviennent clairs. Notamment la manière qu’il a, durant la discussion, de plier méticuleusement chaque bout de papier à sa portée. « Je suis un peu carré, sourit Hervé Devillaz. Par exemple, quand je célèbre un enterrement, tout est réglé en amont. J’arrive dans l’église, je salue le corps, je fais une prière et j’y vais. Si tout est bien planifié, rien ne coince. » 

Dans la paroisse de Bernex, le Valaisan d’origine porte de multiples casquettes : sacristain, officiant pour les funérailles, directeur de chorale et musicien. « Je suis arrivé ici en 1979. Au départ, j’allais surtout à l’église à Perly. L’abbé Kaelin, qui y officiait, connaissait mon père. De temps en temps, je venais aussi à Bernex. Comme je joue de la guitare depuis mes 13 ans, j’ai intégré la chorale « La-midoré » que je dirige aujourd’hui. Freddy – le papa de notre pianiste – était sacristain. Je lui donnais parfois un coup de main. Il m’a tout appris. J’ai repris la fonction à son décès, dans les années 90. »

Au sein de l’UP Champagne, Hervé Devillaz a côtoyé bon nombre du curés. « J’ai toujours été proche d’eux. » Et de citer Pierre Farine, devenu évêque en 1996, et Charles Christophi. « Quand j’ai pris ma retraite, il m’a proposé de suivre la formation pour célébrer des enterrements. Ayant souvent été confronté à des levées de corps, je n’ai aucun souci pour discuter avec les gens dans des situations difficiles, tout en faisant preuve d’empathie. »

Le sacerdoce du bénévolat

Mais c’est quand il parle de musique que les yeux du Genevois d’adoption s’illuminent. « En 1992, lors d’un concert à Monthey, j’ai découvert la flûte de pan. J’ai trouvé le son tellement beau que je m’en suis acheté une avec ma solde de capitaine. J’ai eu de la chance d’apprendre cet instrument avec Zamfir et Syrinx. A l’église, je programme l’accompagnement sur ma playlist et je joue. »

Comme il le définit lui-même, son sacerdoce, c’est le bénévolat. « Je suis un laïque à disposition. Le hic, c’est que personne n’est éternel. Alors je cherche à motiver les gens autour de moi pour reprendre le flambeau. Ce n’est pas forcément facile, mais je continue d’essayer ! La clef, c’est de tout faire à travers une approche chrétienne. »

Hervé Devillaz, né en Valais en 1954. Arrivé à Bernex en 1979. Sacristain depuis 30 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Bonne fête à toutes les mamans!

Le 12 mai prochain, ce sera la traditionnelle « fête des mamans ». A cette occasion, et pour leur rendre hommage à toutes, nous publions dans cette page et dans la suivante, trois témoignages personnels. Merci aux trois personnes pour leurs contributions.

« Une fête de l’amour que j’apprécie»

Liliana en compagnie de sa maman et de ses frères.

Par Liliana Pochon | Photo : Michaël Pochon

C’est bientôt le temps de la fête des mamans. Voici mon témoignage de ce que représente dans notre famille cette belle fête. Chaque année, au joli mois de mai, un dimanche qui nous met dans la joie et réchauffe les cœurs, cela nous réunit et c’est une belle occasion de dire : merci ! 

Lorsque nous sommes scolarisés jusqu’à la fin de la primaire, rien de plus facile, on se laisse guider ! Merci aux professeurs ! Entre dessins, peintures, bricolages, poèmes, tout est prêt. Mais lorsque nous passons au secondaire, la mission cadeau se corse ! Soit la mission tombe à l’eau (flemme, pas d’argent, pas d’idée, pas le temps) soit au contraire, on continue les traditions qui nous tiennent à cœur. Pour ma part, je tiens à lui dire merci ce jour-là. Cela fait du bien de rendre heureux ceux qui vous sont chers. Après tout, nous n’en n’avons qu’une, autant en prendre soin. 

Pour la petite anecdote, mon papa m’a raconté que lorsqu’il était petit, le 1er mai, jour férié pour les écoliers fribourgeois, ils allaient chanter dans les maisons du quartier, les gens leur donnaient un p’tit sous et avec l’argent récolté, ils allaient acheter un p’tit cadeau pour la fête des mamans. Alors effectivement, ils étaient bien organisés ! Mais étant en 2e année de CO, je n’ai plus cette possibilité, alors je m’organise autrement ! 

Pour la beauté de cette fête, je vous partage un poème que j’avais pris d’un poète, sans le savoir, que ma maman elle-même avait partagé à sa maman (belle coïncidence qui l’avait beaucoup émue). 

Le voici : 

Il y a plus de fleurs
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans tous les vergers ; 

Plus de merles rieurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans le monde entier ; 

Et bien plus de baisers 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Qu’on en pourrait donner. 

Maurice Carême

Amour, amitié, confidence, bienveillance, autant de valeurs qui se transmettent et se partagent avec sa maman, ainsi je vous souhaite à vous, les mamans, une bonne fête des mamans entourées de l’amour de vos enfants.

« Une fête vraiment nécessaire »

Par Anne Kamoo

Pourquoi est-il important de fêter la fête des mères ?  Selon moi, c’est tellement évident.

Toutes ces femmes qui donnent la vie, qui éduquent leurs enfants, qui les soignent, qui les aiment, partageant leurs joies et leurs peines…

Quelle chance ai-je d’avoir une telle maman ? De simples mots ne suffisent pas pour la remercier de tout ce qu’elle  m’apporte. Elle est un pilier dans ma vie, un soutien émotionnel et elle me guide dans mon quotidien. C’est pourquoi célébrer l’amour d’une mère au moins une fois dans l’année est vraiment nécessaire.

C’est chaque jour la fête des mamans !

Elodie en compagnie de ses enfants.

Par Elodie Mota

Qu’est-ce que la fête des mères ? 

Nos mamans sont une partie intégrante de nos vies, elles se consacrent nuit et jour à leurs enfants, à soigner les petits bobos, à faire des câlins, à les remplir d’amour, à sécher leurs larmes. 

Une fois dans l’année, elles sont mises à l’honneur, afin de les remercier, de leur montrer qu’elles sont importantes dans nos vies. La fête des mères tourne autour de ces femmes merveilleuses et si attentionnées. Une mère est prête à tous les sacrifices pour que ses enfants soient heureux. Elle consacre sa vie afin que ses enfants deviennent des hommes et des femmes respectables. Alors pourquoi n’avoir qu’un jour dans l’année pour lui dire merci ? 

Nos mères donnent absolument tout pour nous, leurs enfants. N’attendons pas un jour spécial pour les mettre sur un piédestal, faisons-le chaque jour. 

A toutes ces femmes guerrières, aimantes, soignantes, combatives, une joyeuse fête des mères ! 

C’est très important de fêter les mamans!

Par Matylda (8 ans)

La fête des mamans, c’est quelque chose où on donne des cadeaux à sa maman et on profite d’être avec sa maman. C’est très important de passer du temps avec elle. Elle doit aussi être contente de ce que l’on fait. Pour moi, ma maman est une personne que je peux croire.

Tout simplement offrir de l’amour

Par Gabriela (10 ans)

La fête des mamans, pour moi, c’est comme l’anniversaire de notre maman. Des fois, on peut lui offrir des cadeaux ou des fois on peut la remercier pour ce qu’elle fait. On peut aussi passer du temps avec elle. On peut l’aider dans ses tâches ménagères. Mais tout ce que l’on fait, ça revient à la même chose : on veut tout simplement lui offrir de l’amour !

Vie monastique et silence

Vivant en communauté, les sœurs bernardines du monastère de Collombey cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes qui viennent à elles. En ce début du mois de février, nous partons à la rencontre de Sœur Elisabeth qui nous parle de cette vie de prière et de silence.

Propos recueillis par Yasmina Pot
Photo : Abbé Valentin Roduit

En grimpant l’escalier jusqu’au monastère, on entend de moins en moins de bruit. On est à la fois loin de la plaine et tout proche d’elle. Les dernières marches longent l’hôtellerie et son jardinet. Puis c’est l’arrivée à la porte d’entrée. Sœur Elisabeth nous accueille au parloir en souriant.

Sœur Elisabeth, on le comprend en arrivant ici, la beauté du monastère et de la nature qui l’entoure est propice à une vie de prière. 
Oui, c’est un environnement calme qui nous permet d’être attentives au Seigneur dans la prière et le silence. 

Parlez-nous de l’importance du silence dans votre vie monastique.
Le silence est observé pendant presque toute la journée. Heureusement, sinon dans les grandes communautés, il y en aurait du bruit ! Pour notre vie de prière, le silence sert à rester avec le Seigneur, à se rapprocher de Lui. On est à l’église sept fois dans la journée, pour les différents offices. Si on avait beaucoup parlé pendant le jour, à la messe on « mijoterait » ce qu’on a entendu au lieu d’écouter la Parole et prier. On peut aussi rappeler que le silence permet de ne pas pécher par la parole. 
Pendant nos heures de travail, on parle peu parce qu’on est séparées. Bien sûr, si on a quelque chose à demander on peut le faire. Avec le silence on parle à Dieu plutôt qu’aux gens. J’aime tout particulièrement l’oraison du soir, ce temps de recueillement silencieux à la fin de la journée, c’est un moment spécial. On parle à Dieu, on peut Lui confier ses joies et ses peines, et en sortant on se dit : « Tiens ! ça va mieux. » 

Quels sont les souvenirs de vos premières années au monastère ?
Lorsque je suis entrée au monastère en 1951, à l’âge de 17 ½ ans, nous étions 21 sœurs. Aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Il y avait deux moments de récréation d’une demi-heure par jour : après le dîner et après le souper. Là on pouvait parler. Vu notre nombre, le respect du silence était beaucoup plus strict que maintenant. Si on nous entendait beaucoup parler, on nous reprenait. Le grand silence se faisait à partir de l’office des complies, à la tombée du jour. 

Rappelez-nous ce qu’est le grand silence.
Le grand silence commence à partir de 20h, à peu près. Nous nous levons à 4h30 du matin pour l’office de 5h. Jusqu’à la fin de la messe du matin, à 9h, on n’entend plus parler. Les prêtres vivant ici font eux aussi silence. Et si on a quelque chose à dire, on le fait à voix basse.

Notre entretien avec sœur Elisabeth touche à sa fin. Mère Gilberte, prieure du monastère, se joint à nous. Elle nous parle aussi du grand silence : « Pour moi ce sont les plus belles heures. Cette prière de la nuit, ces moments où la nature est en silence. Et maintenant avec l’hiver c’est encore beaucoup plus frappant. Cela apporte la paix, l’harmonie ; l’harmonie avec soi-même en premier et avec les autres. Le grand silence c’est un peu comme un puits dont on tire nos ressources pour la journée. Ces heures du matin on ne les retrouve plus après, ce n’est plus le même silence. »

Agriculture chrétienne

Par Pierre Guillemin | Photo : Flickr

L’agriculture moderne s’est profondément industrialisée, elle n’est plus une activité de subsistance, mais une activité de production, de rentabilité, d’exploitation des sols et des ressources végétales, animales et humaines. 

Pourtant, l’agriculture nous rappelle sans cesse notre lien à Dieu : en créant l’Univers, il nous donne la responsabilité de l’entretenir et de l’aimer. La dernière exhortation apostolique du Pape François Laudate Deum, qui complète son encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015, insiste sur le rôle de l’Homme dans le changement climatique actuel et ses conséquences sur les mondes végétaux et animaux et donc sur notre mode de production agricole.

Quelle façon de produire ?

Il ne s’agit pas de condamner la production agricole en tant que telle, mais de nous interroger sur notre façon de produire ce dont nous avons besoin d’abord pour subsister, ce qui n’exclut pas de bénéficier de produits d’excellente qualité gustative et nourrissants (n’est-ce pas la fonction première de l’agriculture ?).

Lieu de coexistence

L’Europe, et la Suisse n’y échappe pas, est actuellement traversée par de nombreux mouvements de protestations d’agriculteurs qui dénoncent les incertitudes croissantes, la précarité, l’isolement et le désespoir de personnes écrasées par les dettes ; qui dénoncent également la perte de sens d’un métier pourtant indispensable à la société, dont l’un des marqueurs est le nombre croissant de suicides.

Des initiatives chrétiennes se mettent en place pour répondre à ce grand défi auquel fait face l’agriculture. Parmi elles, citons « L’aumônerie pour le monde du travail et agricole » à Lausanne, qui, en étroite collaboration avec l’Eglise évangélique réformée vaudoise, apporte soutien, aide et conseils à tous les acteurs du monde du travail et agricole. 

Le fil directeur pour protéger la Nature et donc l’agriculture est, comme le rappelle le pape François, le respect de « la maison commune » c’est-à-dire de la Terre non pas comme simple théâtre de l’existence humaine, mais comme lieu de coexistence et de cohabitation porté par Dieu.

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