Mathématiques chrétiennes

Par Pierre Guillemin
Photo : DR

La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.

Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »

Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »

Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »

Deux nouveaux auxiliaires de l’Eucharistie

Patricia Granger et Thierry Fournier.

Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.

Propos recueillis par l’abbé Jean-Michel Moix | Photos : J.-M. Moix, Patricia Granger

Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 
Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. 
Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. 
Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach.
Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.

Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? 
P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu.
T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.

Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? 
P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. 
Et ce fut la JOIE.
T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. 
Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux.
J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »

Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? 
P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.

En ce mois de Marie

Statue de Marie, église de Monthey.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.

Texte et photos par Jean-Michel Moix 

Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?! 

Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).

Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot  français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits ! 

En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. 
– Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ?
– Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!

Prière de l’Angélus

L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit.
     Je vous salue Marie…

Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole.
     Je vous salue Marie…

Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous.
     Je vous salue Marie…

Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, 
afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, 
nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, 
jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917

Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

En librairie – mai 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le deuil invisible
Jessica Brazeau

Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.

Editions de l’Homme

Acheter pour 31.00 CHF

Des vies transformées
Père Geoffroy de Lestrange

Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 24.10 CHF

Journal intime de la Vierge Marie
Sophie Chauveau

La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde

Editions Folio

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Pier Giorgio Frassati
M. & O. Malcurat – Marco Greselin

Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.

Editions Plein vent

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Pèlerinage d’été des jeunes à Lourdes

A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.

Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR

J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat

Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck

L’espérance

« Dieu l’unique espérance pour l’humanité… » Chemin de croix du Vendredi saint 2024 avec les familles.

Par François Lamon 
Photo : Marion Perraudin

L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir. 

Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité. 

C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)

L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.  

L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.

Vivre en enfant de Marie

En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.

Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont

Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »

« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »

Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi. 

Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »

Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.

Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »

Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.

A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ?
Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »

Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.

Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.

De Lourdes à Medjugorje
Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).

C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens ! 

De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie
Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime. 

J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !

Eliane et Marcel

Eliane et Marcel Comby, mariés depuis 41 années, à leur domicile de Martigny.

Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance. 

Propos recueillis par Françoise Besson 
Photos : DR

Marcel : le carillonneur des rogations

« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose… 

Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations. 

Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !

Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation. 

Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement

Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée ! 

Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage. 

Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant. 

Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…

Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr

J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !

Eliane

J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ». 

Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »

Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…

1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloise fêtera ses 100 ans cette année
2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.

L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu.
Web : https://amisdebukavu.com

Tradition de chez nous: les militaires de la Fête-Dieu

Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.

Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)

Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.

Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !

Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement. 

Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !

Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?

Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.

Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.

Rencontre avec des passionnés de la parade

Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)

Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.

La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !

C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.

En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des
reposoirs par quartier. 

J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année ! 

Journée type d’un paradeur à Vionnaz :

Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.

18h30, assemblée et souper.

Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.

Contact : Raphaël au 079 285 54 11.

La parade unit les générations.

Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)

La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.

Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)

J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession. 

Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.

J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes. 

Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse ! 

Journée type d’un paradeur de Vouvry

A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare. 

Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).

Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions.
Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.

Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?

« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François

Des anges sur mon chemin…

Théophile et Chantal Carthoblaz, responsables de l’Epicerie solidaire de Massongex.

En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photos : DR

Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2

« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…

Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : «  Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela…  » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un «  cœur d’arc-en-ciel  » et me l’a donné en me disant : «  Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider.  » Elle est incroyable !

Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »

1 Prénom d’emprunt
2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.

Une épicerie solidaire à Massongex

« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : «  ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village  », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »

Informations complémentaires : https://www.massongex.ch/vivre-ensemble/sante-social/epicerie-solidaire/

Dessin de la fille d’Audrey, 4 ans, pour encourager sa maman.

Reflets de la Semaine sainte sur le Haut-Lac

Lavement des pieds par le Père Joseph au cours de la messe du Jeudi saint au soir à Vionnaz.

Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga

La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.

Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau  activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a  confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !

Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.

Témoignage de Daniel

Baptême de Daniel.

Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.

Témoignage d’Adrien

Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).

Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.

A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi  car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.

Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.

«Si je chante, c’est pour Toi!» (III)

Edmond Voeffray, titulaire des orgues de Martigny, est un musicien professionnel.

Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui leur tient à c(h)œur ? Regards croisés.

Propos recueillis par Pascal Tornay 
Photos : Marion Perraudin, DR

Voici le troisième et dernier volet de notre triptyque « musique et liturgie ». Ce mois-ci, nous laissons la parole à Doris Sauthier, chantre et directrice du Chœur des Familles et Edmond Voeffray, organiste titulaire des orgues de Martigny.

Comment le chant habite-t-il votre vie ?
Doris : Le chant m’a habitée depuis mon enfance. Il m’a dévoilé ses différentes facettes et m’a fait apprécié toutes ses couleurs : profane, religieuse, classique, moderne. Quel que soit le groupe vocal, les notes de musique égrenées me vont toujours droit au cœur et me rendent plus humaine.
Edmond : En tant que musicien professionnel, je vois chaque instant de ma vie habité par la musique. Travail personnel, enseignement, liturgies, concerts, administration, spéculation ou recherche occupent corps et esprit presque totalement.

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? 
Doris : Que la liturgie soit simple et belle et puisse rejoindre toutes les sensibilités. Pour certains, le silence dit Dieu, pour d’autres, c’est la musique ou le chant. Selon les générations, la musique chantée ou jouée sera méditative ou explosive, mais surtout porteuse de sens.
Edmond : Que la musique favorise la vie d’une célébration. En ce sens, j’essaie de m’opposer à l’usage de musique enregistrée où un des acteurs de l’interaction interprète / auditeur est absent.

Qu’est-ce qui vous agace ? 
Doris : Qu’une personne mette son talent à disposition et que des remarques fusent… Trop haut, trop long, trop fort, pas assez ceci, cela… en oubliant qu’il n’est pas si simple de prêter sa voix, de se « dévoiler ».
Edmond : L’envahissement du lieu sacré par la technologie. Après une longue journée devant un ordinateur, on peut désirer autre chose lors du service divin que de voir une publicité Microsoft projetée par erreur sur le buffet d’orgue ou entendre le bruit ridicule signalant la connexion de la sono…

Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ?
Doris : J’aime beaucoup les chants à Marie. Ils occupent une place privilégiée dans ma vie. Elle m’a accompagnée dans toutes les périodes décisives.
Edmond : Dans l’absolu, celle que, après un long travail, je maîtrise au mieux. Ceux qui ont chanté de la polyphonie vocale connaisse le plaisir de pouvoir tenir son registre, alors imaginez la volupté de pouvoir mener seul les « quatre registres » en les habitant pleinement !

Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ?
Doris : A travers le chant et la musique, je me rapproche toujours plus de L’Essentiel (!). Il me remet en question sur ma façon d’être et d’agir. Il m’invite toujours plus à entrer en relation.
Edmond : Contrairement à beaucoup d’autres religions, le catholicisme n’a pas développé de réticence excessive à l’utilisation de l’art musical même purement instrumental. L’Eglise a ainsi pris à son service les artistes. Loin de se laisser impressionner par les crises iconoclastes de la Réforme, l’Eglise a continué à miser sur le pouvoir des arts d’élever la spiritualité des fidèles et cela en dépit de certains textes de la Bible ou de certains Pères. Ainsi, pratiquer la musique dans des lieux tels que l’église de Martigny-Ville ou la cathédrale de Sion m’apporte des émotions toujours renouvelées.

Doris Sauthier dirige le Chœur des Familles, ici lors de la fête paroissiale en septembre 2018.

Le deuil d’une fausse couche

En écho au thème proposé par les Editions Saint-Augustin, trois parents s’expriment sur leur deuil suite aux fausses couches. Tous ont gardé une place pour leur enfant dans leur cœur de parents et dans leur famille.

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR

Fausse couche, vrai bébé ?

Dans les années 90, on ne parlait pas du fœtus comme d’un enfant. Moi, je le considère comme un enfant. Après l’intervention, en salle de réveil, deux mondes se côtoient : j’ai perdu mon cinquième bébé et je pleure. La femme à côté s’étonne de mes larmes : elle vient d’avorter de son troisième. Je me suis sentie jugée et vraiment déséquilibrée ou anormale. Mes trois fausses couches ont été physiquement violentes, toujours avec une hospitalisation. C’est un deuil. Un vrai. « Se dire, c’est fini, il n’y a plus de bébé », c’est une première étape. Ni échographie, ni prénom, ni corps – on ne connaissait pas le sexe – je garde leur souvenir dans ma mémoire.

Mes enfants ont chacun leur place dans la fratrie. C’est important que ceux qui n’ont pas grandi font partie de la famille. Je ne supporte pas qu’on sous-entende que ce ne sont pas des enfants : ils ont été désirés, attendus – peu de temps mais attendus vraiment – et ils sont aimés. Je n’ai aucun doute sur le fait que Dieu les a accueillis auprès de lui.

Un jour, chez ma gynécologue, j’annonce que c’est mon sixième, puis je me reprends : j’ai quatre enfants à la maison. Et l’assistante m’a dit : « Oui, vous avez raison, c’est votre sixième enfant. » J’étais légitimée dans mon cœur de maman, j’avais enfin le droit de parler de mes bébés partis trop vite. Leur vie, si courte fut-elle, a enfin de la valeur. 

Un deuil sans corps

Enceinte, je connaissais les statistiques sur les fausses couches. Pour moi, il n’y a qu’une seule statistique : 100 % de mon bébé est mort. Une copine m’a dit : « Tu peux en parler à ma sœur, elle l’a aussi vécu. » J’ai eu l’impression qu’un monde s’ouvrait à moi : tant de femmes ont connu cette douleur. Et moi, est-ce que j’étais une maman ? Ces échanges sans tabou m’ont aidée et soutenue.

Dans l’Eglise, on a des mots : la communion des saints, la vie éternelle. On reconnaît la vie dès sa conception, mais on n’a pas de rite pour ce deuil-là. J’ai eu besoin d’un geste. Alors j’ai acheté 13 fleurs pour les 13 semaines où j’ai porté cet enfant. Après une prière, je les ai jetées dans une rivière et je les ai regardées partir. Après ce rituel, j’ai retrouvé le sommeil. J’ai pu envisager sereinement une autre grossesse. 

Papa concerné aussi

La première chose difficile, c’est l’annonce de la gynécologue. C’était à quelques jours de l’annonce officielle à la famille, c’était le premier petit-enfant de mes parents. On dit souvent que pour les pères, tant que le bébé n’est pas là, ce n’est pas concret. En fait, c’est faux : pour moi, j’avais déjà des projets, des idées de prénoms, un avenir avec ce bébé. Il y a déjà une présence remplissante. Le deuil que j’ai eu est perçu comme un fait divers par la plupart, alors que le deuil de la mère est reconnu de plus en plus.

Nous lui avons donné un prénom, nos enfants et nos proches le connaissent. J’ai écrit à mon bébé une lettre que j’ai lue durant une cérémonie d’adieu. Mon message a été particulièrement difficile à dire à travers les larmes, mais c’était un soulagement et un apaisement. Verbaliser marque l’absence, l’adieu, mais paradoxalement atteste de son existence et de son passage dans nos vies.

«Le silence est essentiel…»

Par Thierry Schelling | Photo : Pxhere

… dans au moins trois domaines, liste le pape François : la vie du croyant, la vie de l’Eglise et sur le chemin de l’unité des chrétiens.

Ainsi s’exprime-t-il parmi les leaders de toutes les Eglises-Sœurs réunis pour la veillée de prière œcuménique, le 30 septembre 2023, un jour avant l’ouverture de la première phase du Synode 2023-2024.

Pour le croyant

Les débuts et la fin de notre existence terrestres sont silencieux. « Le Verbe de Dieu s’est fait silence dans la mangeoire et sur la croix. » Devant la croix de San Damiano, François d’Assise jadis comme les responsables d’Eglises en septembre 2023, le croyant se tient en silence, un silence qui n’est pas du tout vide. « Dieu parle plutôt dans un zéphyr, un fin silence sonore », paraphrase-t-il l’expérience d’Elie dans le Livre des Rois.

Pour l’Eglise

Le silence « permet le dialogue et l’écoute » de l’autre et de l’Esprit Saint à l’œuvre dans nos vies. Il améliore le « discernement » au travers des bruits et du vacarme de notre temps, pour écouter la volonté de Dieu. Les différends se résolvent mieux si on commence par écouter ce qui est différent, « dans un silence actif ».

Pour l’unité des chrétiens

Le silence qui devient prière permet d’accueillir le don de l’unité « comme le Christ la veut », « avec les moyens qu’il veut », disait Paul Couturier, à l’origine de la Semaine de prière pour l’unité et que rappelle François. Se mettre ensemble en prière et dans le silence, c’est comme semer des graines d’espérances que Dieu fera germer, dit-il en substance aux consœurs et confrères chrétiens. Et de conclure : « Faisons silence pour que le monde croie ! »

En ce temps de Renouveau

Texte et photos par Marion Perraudin

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Au cœur de nos vides intérieurs, de nos déserts stériles
Le vide apparent du tombeau,
Devient lieu de rencontre avec le Ressuscité,
Il nous rejoint, Lui le Vivant.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Sur nos chemins d’Emmaüs, malgré nos désillusions,
Jésus Ressuscité se fait compagnon de voyage.
Pour rallumer dans nos cœurs, la chaleur de la foi et de l’espérance.
Le Christ Vivant fait tout comprendre : la Vie, la mort, mais surtout l’Amour.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Laissons la parole du Christ « La Paix soit avec vous »
Déverrouiller la porte de la chambre haute de nos peurs,
Accueillons son souffle qui nous donne une vie nouvelle.
Devenons des croyants audacieux, des témoins joyeux dans nos lieux de vie.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
Comme à Pierre, le Ressuscité nous demande « M’aimes-tu ? »
Dans nos échecs et nos reniements il chemine à nos côtés
Lui, le Christ Vivant, qui a triomphé de la mort et du péché
Il nous invite à nous laisser guérir et transformer par la force de l’amour miséricordieux.

En ce temps de renouveau,
Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver,
Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin,
La joyeuse mission donnée par le Christ à l’Ascension,
Osons proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle !
Dans la joie de l’Ascension, Jésus monté aux cieux, nous plante solidement dans la terre,
Dans la joie de l’Ascension, le Fils remonte vers le Père,
Il nous ouvre la porte vers notre patrie, le cœur de Dieu 

Bulbocode, première fleur de printemps qui éclot entre janvier et février alors que tout est sec et endormi dans l’hiver.
Fleur de magnolia ou le rose dans la ville.

Les Colis du Cœur: l’anniversaire d’une association indispensable

Des bénévoles de tout âge et de tout le Chablais se mobilisent pour les collectes depuis de 30 ans.

Texte et photos par François-Xavier Mayoraz, membre du comité des Colis du Cœur

En cette année 2024, l’association des Colis du Cœur va fêter ses 30 ans d’existence. Comme la plupart le savent déjà, cet organisme a pour but de fournir une aide alimentaire ponctuelle aux personnes de la région qui sont dans le besoin. Il faut voir cela comme un coup de pouce momentané, dans une période de vie compliquée vécue par les personnes.

C’est le 8 avril 1994 que les Colis du Cœur virent le jour, sous l’impulsion de quelques femmes et notamment de Mme Ginette Fessard, qui va incarner généreusement cette association pendant un quart de siècle. Si aujourd’hui Mme Fessard s’est retirée, la pauvreté, elle, continue d’exister, notamment en raison de l’inflation, qui met à mal de plus en plus de personnes.

Mais où trouver toute cette nourriture que nous redistribuons ensuite ? Pour ce faire, trois fois par année, nous nous postons devant les différents magasins alimentaires de la région et nous sollicitons la générosité des personnes qui viennent faire leur course, en leur proposant d’acheter quelques denrées en plus et de nous les déposer à la sortie. 

Par ailleurs, de temps en temps, nous rencontrons des personnes qui ont particulièrement à cœur de donner quelque chose, car eux-mêmes par le passé ont dû faire appel à cette association.

Toutefois, si les Colis du Cœur perdurent encore aujourd’hui, c’est sans conteste grâce à l’aide infiniment précieuse des nombreux bénévoles. Que ce soit de la prise de contact au téléphone avec les demandeurs, en passant par la confection des colis et leur distribution, ainsi que de la présence dans les magasins lors des trois récoltes annuelles, tous ces bénévoles font un travail incroyable et ne ménagent aucunement leurs efforts. Un immense merci à eux !

Et joyeux anniversaire aux Colis du Cœur !

Le samedi matin 8 juin aura lieu l’anniversaire officiel des Colis du Cœur.

Choisir la fraternité

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud, est l’auteur de cette carte blanche. 

Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud
Photos : cath.ch, DR

Le 1er février dernier, nous avons fait mémoire du dramatique appel de l’abbé Pierre adressé sur les ondes en 1954 à la suite du décès d’une femme sans logement en France. Cette réalité demeure actuelle aussi en Suisse romande.

Cet évènement m’a amené à reprendre un livre de l’abbé Pierre « La Fraternité »1. Il est paru en 1979 à l’occasion des 50 ans de la fondation d’Emmaüs. Quelle vision prophétique émerge des propos de l’abbé ! Elle est simple et profonde. Il dénonce des situations de misère et d’injustice. Il annonce un horizon nouveau en comptant sur l’engagement de tous. L’abbé Pierre nous invite à un choix radical. « Ces deux voies sont très claires : moi sans les autres ou moi avec les autres. Etre heureux sans les autres ou être heureux avec les autres. Etre suffisant ou être communiant. »

Un double écho a résonné en moi… du côté de la vie de Jésus et de l’appel du pape François à travers son encyclique « Tous frères ». Avons-nous pris conscience que Jésus nous invite à devenir des sœurs et des frères ? Simplement considérer toute personne comme une sœur ou un frère amène une transformation radicale en soi et dans la relation. C’est un long apprentissage vers la Vie. Les histoires des douze fils de Jacob et des douze apôtres nous indiquent les écueils à surmonter, le temps nécessaire, les changements à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.

Au centre de son texte, le pape François nous offre une relecture d’une parabole connue, mais « adoucie »… Il l’intitule « un étranger sur le chemin » et non le « bon samaritain » ! Si nous souffrons, qu’attendons-nous de celui qui s’approche ? Choisissons-nous d’ouvrir les yeux et notre cœur pour permettre à celui qui souffre de trouver sa place dans la fraternité universelle ? Cette fraternité n’est-elle pas la grande voie pour œuvrer à la paix, témoigner de l’espérance, œuvrer au devenir d’une Eglise synodale et vivre sa vocation baptismale ?

1 Abbé Pierre, Fraternité, Arthème Fayard, 1979.

La Pentecôte, couronnement du temps pascal

Par l’abbé Bernard Alassani 
Photo : André Bise | Dessin : Bernadette Lopez

Plusieurs fêtes se déroulent durant la période pascale. Nous avons entre autres la Pentecôte qui termine le temps pascal. D’origine grec, la Pentecôte signifie « cinquante ». Elle se fête cinquante jours après Pâques. 

C’est une fête religieuse qui permet de commémorer la descente de l’Esprit Saint parmi les apôtres, la réalisation de la promesse de Jésus faite à ses disciples « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12) ou « quand viendra, le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur »
(Jn 15, 26-27). 

La Pentecôte représente le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines et commence le Vendredi saint.

L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi saint), ressuscité le jour de Pâques, et monté au ciel vers le Père (à l’Ascension).

La Pentecôte a son origine dans le peuple juif. Bien avant Jésus-Christ, de nombreux croyants venaient en pèlerinage vers le temple de Jérusalem. Ils venaient remercier Dieu pour tous ses dons : la terre, la loi de l’alliance et les promesses des prophètes. 

Lors de la fête de la Pentecôte, les apôtres découvrent que Dieu donne aussi Jésus comme sauveur et l’Esprit Saint comme source de vie nouvelle. Comme promesse fait par le Christ ressuscité : l’Esprit Saint. L’union des cœurs dans la charité et l’unité des esprits dans la vérité. Trois signes manifestent sa présence : les langues de feu, le vent, la colombe. 

Groupe Œcuménique d’Accueil des Réfugiés (GOAR) de Monthey: Jacqueline Rigamonti passe le flambeau

Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.

Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR

Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.

Vocation à l’autre

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey. 

Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)

Au cœur de la mission : la rencontre

Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !

Merci !

Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées »,  dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.

Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.

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