Etre à contre-courant… signe du temps ?

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur, 

Il n’y a que les poissons morts qui vont dans le sens du courant.

Ce proverbe chinois, tel que je l’ai retenu, était à choix comme thème de dissertations lors de mon collège. Il fait corps avec moi depuis. Nul souvenir des arguments de mes thèse et antithèse de l’époque… pourtant l’interpellation demeure. Comment être « un vivant » dans notre monde ?

Je pense à ce passage énigmatique de l’évangile de Luc où Jésus « passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 30). Il va littéralement à contre-courant de cette foule voulant le jeter en bas d’un escarpement. Quand et comment le Seigneur nous invite-t-il à l’imiter ?

Toujours dans l’association d’idées émerge cette injonction de la constitution pastorale Gaudium et Spes (« Joie et espoir », 1965, art. 4) « l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée, à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. » Le discernement des signes des temps est demandé par Jésus lui-même (Mt 16, 2-3 ; Lc 12, 54-57) et les évangiles nous montrent le caractère subversif de la Bonne nouvelle, de la Parole de Dieu. 

En écho encore, cette formule de la célébration eucharistique juste avant la communion, prononcée par l’assemblée et le prêtre : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri ». Elles reprennent les paroles du soldat de l’évangile de Matthieu (Mt 8, 5-11) : l’humilité et la confiance de ce centurion romain ne sont-elles pas un exemple de contre-courant total ? Comment cette parole offerte par la liturgie, dimanche après dimanche, jour après jour, peut-elle nous fortifier à oser un contre-courant en examinant les signes du temps ?

En ce début d’année, je demande au Seigneur, pour son Eglise, le discernement, afin de participer à la lecture du temps présent et aller par les voies qu’Il souhaite, sans crainte de ne pas se conformer à « l’air du temps ». Je sollicite la grâce de sa Parole pour guérir tout ce qui empêche d’en être des témoins vivants et d’annoncer sa présence, son royaume déjà de ce monde.

Puisse-t-Il, en cette année qui s’ouvre devant nous, nous bénir et nous faire don de ses grâces afin de poser nos pas dans ceux du Christ qui nous précède. 

Meilleurs vœux pour vos proches et vous !

En librairie – janvier 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le management… selon Jésus
Florian Mantione – Hervé Ponsot

Qui a dit que, dans l’Evangile, il n’était question que de religion ? Incroyable mais vrai, c’est également un excellent manuel de management ! Voici le livre qu’il nous fallait pour réconcilier l’attaché-case avec l’encensoir, l’homme d’affaires et le prêtre. Le livre qui nous fait comprendre, à la relecture de la vie de Jésus, son rôle de leader et l’efficacité de son discours et de sa stratégie pour convertir le monde.

Editions du Cerf

Acheter pour 15.00 CHF

Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde
Jean-François Chemain

La vieille Europe, la chrétienté, est-elle en train de mourir après avoir rempli sa mission d’ensemencer le monde du christianisme ? On peut s’interroger sur la nécessité d’un tel pessimisme. L’Occident se trouve désormais au banc des accusés. A l’extérieur, on conteste son hégémonie, invoquant des griefs présents et passés. A l’intérieur, les uns, surenchérissant sur le monde, exigent qu’il fasse repentance de ce qu’il a été – conquérant, dominateur, homogénéisateur… tandis que d’autres, nostalgiques de la « chrétienté », lui font grief de ce qu’il ne serait plus assez « chrétien ». A l’heure du doute, Jean-François Chemain livre ici une réflexion puissante et originale sur les apports civilisationnels du christianisme et la légitimité de leur devenir.

Editions Artège

Acheter pour 30.90 CHF

Madeleine Delbrêl
Elisabeth de Lambilly

Madeleine Delbrêl, née dans une famille peu croyante, perd la foi à 15 ans. Elle rencontrera à nouveau le Christ grâce à des amis chrétiens et, à 20 ans, est « éblouie par Dieu », lors d’un passage en l’église Saint-Dominique de Paris. Sa conversion la pousse à s’engager dans le scoutisme puis à travailler comme assistante sociale auprès des plus pauvres, annonçant la Bonne Nouvelle de l’Evangile dans les banlieues rouges de la capitale. Avec des amies, elle fonde une communauté qui s’attache à rencontrer les gens où ils vivent, devenir leur ami, les recevoir chez soi, s’entraider. Une biographie qui se lit comme un roman, pour nourrir l’âme des jeunes et moins jeunes.

Editions Emmanuel Jeunesse

Acheter pour 19.40 CHF

Les plus beaux Récits de la Bible
Katleen Long Bostrom

Ce n’est pas toujours aisé d’initier les enfants à la Bible. Ce livre est l’outil idéal, car il narre, à l’aide d’une langue simple et de magnifiques images, 17 histoires fameuses tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Editions Bayard Soleil

Acheter pour 27.80 CHF

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Une individualité catho-compatible

Marie-Laure Durand était invitée à Genève dans le cadre de la formation des agents pastoraux de l’ECR.

Aujourd’hui, le concept de gouvernance fait débat, aussi au sein de l’Eglise. Récemment de passage à Genève, la théologienne Marie-Laure Durand a proposé quelques pistes pour repenser la gouvernance en Eglise, à la lumière de la Bible, lors d’une conférence organisée par l’Eglise catholique à Genève (ECR). 

Marie-Laure Durand.

Texte et photos par Myriam Bettens

Depuis une cinquantaine d’années, la société a évolué d’une masse homogène vers une communauté d’individus. Cette émancipation change radicalement la dynamique du pouvoir et la façon de l’exercer. Elle soulève également de nombreuses questions et pose de nombreux défis à ceux qui étaient communément considérés comme la hiérarchie. A ce propos, Marie-Laure Durand souligne l’importance de la prise en compte des singularités de chaque individu pour « faire communauté ». Elle rappelle encore la « catho-compatibilité » de cette compréhension de l’individuation en revenant à la Bible. 

« La singularité est un processus anthropologiquement biblique, car il n’y a de révélation que dans une situation particulière de préoccupations ». Autrement dit, il n’y a de révélation dans la Bible qu’à partir de la singularité. « Lorsque les gens acceptent d’avoir leurs problèmes, leurs questionnements identitaires, alors la révélation peut avoir lieu. C’est parce que Moïse ne sait pas s’il est juif ou égyptien que Dieu se révèle à lui ». L’enseignante à l’Institut catholique de la Méditerranée (Marseille) estime qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur de cette singularité, « au contraire il faut s’appuyer dessus. La participation n’est jamais en contradiction avec la synodalité. Ce que l’Eglise a mis en mouvement n’est qu’un retour à la Tradition ». La théologienne a tenté de rassurer son auditoire sur la possibilité, malgré tout délicate, de gouverner des individus. Néanmoins, un changement de paradigme s’impose où la gouvernance ne serait plus un rapport de force entre imposant et subissant, mais l’adhésion entre un proposant et un acceptant. La construction de décisions demandera, certes, plus de temps et de patience, mais ouvrira une porte où l’opposition entre singularité et vivre-ensemble n’aurait plus lieu d’être. 

Toutefois, un participant à la conférence s’étonne des propositions de l’oratrice. « Les pistes que vous proposez sont déjà connues depuis le pape Léon XIII dans le Rerum Novarum. Pourquoi sont-elles restées confinées à un cercle très restreint ? ». Celle-ci répond que l’Eglise a fait des choix en préférant insister sur la Doctrine morale aux dépens de la Doctrine sociale, car « ces questions-là doivent être sous-tendues par des mises en œuvre pratiques en termes de gouvernance. Or, ce que l’on vivait dans la pratique risquait de contredire les concepts. » Face à ce constat, la théologienne propose de sortir d’un mode de pensée où transcendantalité rime encore trop souvent avec gouvernance, pour se tourner vers une vraie prise en compte de la communauté dans une manière de gouverner plus horizontale.

Le roi déçu… et déchu

Dans Le roi déçu : l’exercice compliqué de la gouvernance (Cerf, 2021), Marie-Laure Durand relit la parabole matthéenne de l’invitation à la noce (Mt 22, 1-14). Dans cette version, le roi veut fêter le mariage de son fils, or il ne se contente pas de lancer les invitations, mais force des inconnus à participer aux festivités et envoie même ses troupes exécuter les invités récalcitrants. L’auteure propose dans ce petit ouvrage (83 p.) une relecture de cette parabole sur le plan de la gouvernance des organisations et les dégâts causés par un exercice trop vertical du pouvoir. Celui-ci ne laissant aucunement la possibilité de s’exprimer librement et brise, de fait, tous les liens de confiance.

A la lumière du Christ, être chacun-e une étoile qui guide et éclaire les autres

Par l’abbé Frank Stoll
Photo : Valentin Roduit

« Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui» (Mt 2, 2), dirent les mages en arrivant chez le roi Hérode le Grand. Or, s’ils ont vu l’étoile c’est parce qu’ils se sont mis en quête active du moindre signe dans le ciel qu’ils avaient l’habitude de scruter. A Bethléem, l’étoile s’était arrêtée au-dessus du lieu précis où était l’enfant. Non pas dans un palais mais dans une « maison », non pas auprès d’un roi mais d’un fragile nouveau-né, non pas auprès d’un riche mais d’un pauvre. Pourtant ils ne s’y trompent pas, c’est bien lui qu’ils cherchaient, c’est bien auprès de lui que leur cœur est bouleversé. Enfin ils voient et reconnaissent dans cet enfant, le Sauveur.

Certes, il n’y a pas toujours des signes pour dire Dieu dans le ciel de nos vies mais il suffit d’un seul comme celui qui fut accordé aux mages pour découvrir ce que nous ne pensions pas pouvoir découvrir. Car rencontrer le Christ Jésus, ce n’est pas une fin, c’est toujours un commencement, c’est toujours une naissance ou une renaissance, un chemin nouveau, un chemin fait d’inattendu, un chemin encore inconnu, encore à découvrir. Aussi la rencontre avec le Christ nous pousse toujours vers un ailleurs, guidés non plus simplement par une étoile mais par l’Esprit de Dieu qui nous montre le chemin. Voilà le chemin de la foi, qui ne s’arrête jamais et se renouvelle sans cesse.

Pour la suite de cette année qui s’ouvre, je souhaite à toutes et à tous de continuer avec persévérance et espérance votre marche vers l’inconnu de Dieu, de prononcer les paroles et de poser les gestes qui illuminent le cœur des autres et leur existence, d’être chacun-e des étoiles qui les guident et les éclairent sur les chemins de leur vie, à la lumière du Christ !

La prière la plus courte de la chrétienté: Jésus

Par Martin Filipponi | Photo : DR

Le nom de Jésus a une origine divine, puisque c’est l’archange Gabriel qui a donné à Marie le nom qu’elle devait donner à Jésus : « Voici que tu vas concevoir un enfant, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il dominera sur la maison de Jacob pour toujours, et son règne n’aura pas de fin. » (Luc 1, 31-33) Joseph a également reçu l’attribution du nom de Jésus par un messager de Dieu : « … c’est à lui que tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui rachètera son peuple de ses péchés. » (Matthieu 1, 21)

L’attribution du nom n’était pas sans importance à l’époque de Jésus, car le nom porte en lui-même une signification plus profonde. Ainsi, Anne signifie en hébreu « celle qui est bénie ». Noé représente celui qui apporte le repos. Le nom de Jésus, issu de l’hébreu Yeshua, signifie : « Le Seigneur est salut, il est salut. » Jésus est le nom qui, selon la volonté de Dieu, a été donné à son fils. Jésus est également désigné par le titre de Christ et signifie Messie, l’oint. L’onction était réservée aux rois, aux prêtres et aux prophètes. Par le baptême, chaque chrétien participe à la royauté, à la prêtrise et à la prophétie du Seigneur.

Anciennement dans l’Eglise, on utilisait l’abréviation IHS, qui signifie Iesus Hominum Salvator. Traduit : Jésus, Sauveur des hommes ou interprété populairement comme Jésus, Sauveur, Bienheureux. Une autre interprétation du nom est In Hoc Salus : en lui est le salut ou In Hoc Signo vinces : dans ce signe tu vaincras. La vénération du nom de Jésus a été encouragée par le saint père franciscain et prêtre Bernardin de Sienne (1380-1444). Le monogramme du Christ IHS est utilisé par les jésuites dans les armoiries de leur ordre.

Aujourd’hui, la vénération du nom de Jésus a trouvé sa place dans l’année liturgique et c’est ainsi que toute l’Eglise célèbre le 3 janvier la fête du très saint nom de Jésus. Le verset d’ouverture de la célébration eucharistique est tiré de l’épître aux Philippiens et fait resplendir la puissance du nom de Jésus : « Au nom de Jésus, que toutes les puissances dans les cieux, sur la terre et sous la terre fléchissent le genou, et que toute langue confesse : Seigneur Jésus-Christ dans la gloire de Dieu le Père. » (cf. Ph 2, 10-11)

L’évangéliste Jean renvoie aux paroles de Jésus, qui associe le nom de Jésus à la prière : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète. » Comme le peuple d’Israël, en tant que peuple privilégié, invoque le nom de Dieu, prions le Seigneur en son nom pour la paix dans le monde et dans nos familles. Demandons-le avec confiance et générosité.

Santa Maria Maggiore : l’église mère de Monthey

Extérieur de l’église de Santa Maria Maggiore.

Texte et photos par Jérôme Hauswirth

On est toujours le fils de quelqu’un. Vrai pour les hommes et les femmes de tous les temps. Vrai aussi pour les églises. Notre église paroissiale de Monthey, née en 1851, n’échappe pas à la règle. Elle est fille de Santa Maria Maggiore, dans le val Vigezzo, une des sept vallées latérales du val d’Ossola, une large vallée italienne de la rivière Toce, dans le Piémont, affluent du lac Majeur. 

Le val Vigezzo est connu sous le surnom de « vallée des Peintres » ayant jadis abrité bien des artistes paysagistes ou portraitistes. C’est ainsi que l’édifice actuel de notre église paroissiale de Monthey doit son goût italianisant (exceptionnel dans cette région !) à ces peintres piémontais. 

Sur la route de mes vacances, entre Domodossola et Locarno, en octobre dernier, j’ai assisté à la messe dominicale à Santa Maria Maggiore. J’y ai pris quelques photos. Comme un pèlerin. Avec toute la dévotion qu’un fils doit à sa mère 😊.

2 et 3 décembre 2023: deux nuits illuminées à Muraz

Eglise paroissiale et cure illuminées.

Texte et photos par Jean-Michel Moix

Le village de Muraz a connu une animation nocturne particulière au cours du samedi soir 2 décembre et du dimanche soir 3 décembre 2023. Dans le cadre des 9es nuits valaisannes des images, sous la direction de la fondation Edelweiss, et avec le concours de l’Association du Vieux Collombey-Muraz la place sous l’église a connu une affluence particulière. Différents groupes, chorales, fanfares… s’y sont produits. L’on s’est pressé en outre pour une visite guidée des fouilles archéologiques sous l’église paroissiale de Muraz. Un petit train a emmené les voyageurs pour un « tour du village ». Et au passage l’on pouvait contempler divers édifices illuminés de manière féérique !

La rénovation de l’église paroissiale de Muraz en 1972 a mis à jour dans son sous-sol des vestiges de différents édifices : d’abord d’une villa romaine du Ier siècle, puis d’une seconde villa romaine, puis d’un premier oratoire vers le VIe siècle, puis d’un second oratoire ou chapelle, puis d’une église du XVIIe siècle, puis de l’église démolie à la fin du XIXe siècle.

A partir d’une photo prise lors de la rénovation de l’église en 1972.

Réalisme et mesure

Par Paul H. Dembinski
Photo: cath.ch

L’activité financière au sens étroit du terme recouvre les transactions intertemporelles, celles qui font le pont entre aujourd’hui et demain à l’instar d’un crédit, d’un contrat d’assurance ou d’un investissement boursier ou immobilier. Dans chacun de ces cas, la somme payée ou reçue aujourd’hui est connue, alors que la valeur future de l’actif est incertaine. C’est la raison pour laquelle l’activité financière est parfois qualifiée, de manière imagée, de « commerce de promesses ». Ainsi, comme toute promesse, la finance repose sur la confiance. Sans confiance, pas de finance.

L’attitude chrétienne, en finance, exige de toutes les parties, comme préalable à la confiance, une bonne dose de prudence et de circonspection. Le vendeur de services doit faire attention à ne pas promettre plus qu’on ne peut raisonnablement attendre, alors que l’acheteur doit veiller à ne pas céder au chant des sirènes – aussi doux soit-il – et ne pas se dessaisir de son bon sens. Prudence et circonspection impliquent donc l’humilité et la capacité de renoncer à ce qui apparaît comme trop beau pour être vrai. En un mot – du réalisme et de la mesure. Tout un programme.

La Patronale de Collombey-le-Grand

La chapelle en fête.

Le dimanche le plus proche du 13 novembre, Collombey-le-Grand est en fête pour Notre-Dame des Sept Joies. Cette année encore, la chapelle était pleine des chanteurs du chœur mixte et paroissiens qui sont venus pour se réjouir avec la Vierge Marie. La fête s’est poursuivie toute la journée avec une brisolée sous l’abri bienvenu de la tente près du four. Merci au Fournil de rehausser la fête patronale de ce fraternel repas. Rencontre avec son président Marc Hauswirth qui nous raconte.

Propos rapportés par Valentin Roduit | Photos : Simone Lattion, Association le Fournil

Qu’est-ce que le Fournil ?
Le Fournil est une association née en 2001, mandatée à l’époque par la commune pour déplacer
le four de la grange Pistoletti lors de sa démolition. Le four n’a pas pu être déplacé comme tel, il est parti en poussière quand il a fallu le démonter.

Seule la plaque mentionnant son année de construction 1848 a pu être récupérée.

Ça n’a pourtant pas arrêté le projet citoyen, puisqu’un nouveau four a vu le jour en 2002.

Depuis, l’association continue à faire vivre Collombey-le-Grand.

Comment peut-on faire vivre un village ?
L’association rassemble la population lors de 4 manifestations où le four tourne. A chaque fois, il faut une semaine pour faire chauffer le four progressivement. Puis c’est notre boulanger Henri Vanay qui fait le pain et les gâteaux durant toute une journée. Il est professionnel, il faut bien ça parce qu’il y a du débit… quelque 500 miches pour la fête du pain !

Quelles sont les 4 fêtes de Collombey-le-Grand ?
Il y a la fête du pain le samedi du Jeûne fédéral, le dimanche de la fête patronale, la fenêtre de l’Avent un samedi de décembre et le samedi des Rameaux. A chaque fois, les membres de l’association – une septantaine – sont invités à commander ce qu’ils veulent, et un apéro est organisé près du four. Lors de la patronale, le petit déjeuner est proposé avec le pain du four et la brisolée est offerte aux membres. La fête du pain et la fenêtre de l’Avent sont quant à elles ouvertes au grand public.

Quels sont les défis de votre association ?
Actuellement, ce n’est pas facile de trouver des jeunes pour faire vivre l’association. Il faut toujours s’adapter à notre temps. D’ailleurs, pour l’anecdote, nous avions commencé avec la soupe à Camille, ça marchait bien. Mais maintenant, nous avons dû nous renouveler avec les nouvelles générations et nous proposons des hamburgers, lors de la fête du pain.

Hommage à Camille Chervaz (à droite), membre fondateur du Fournil décédé en automne 2022.

Devenir membre du Fournil ?

Bienvenue parmi nous, contactez Marc au 079 565 13 36.

Vous trouvez d’autres infos sur le site de la commune : https://www.collombey-muraz.ch/commune/fournil-2646.html

Finance chrétienne

Les dons : une source de financement pour l’Eglise. Qui prendra soin de ne pas blesser autrui par son action financière.

La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise).

Par Pierre Guillemin | Photos : DR, Flickr, PxHere

Le Vatican dispose d’un Conseil pontifical Justice et Paix.

Si l’on cherche le fil directeur de la pensée chrétienne appliquée à la finance, ce sera la volonté constante de ne pas blesser autrui par son action financière directe (l’usure par exemple) ou indirecte (environnement, pollution, conditions de travail…).

Le taux d’intérêt

Les taux d’intérêt sont les piliers de la vie économique : ils affectent l’ensemble des agents économiques comme les entreprises, les banques, les administrations et les individus. 

Historiquement, le crédit à intérêt est présent dès 3000 ans av. J.-C. : on retrouve trace de telles pratiques dans la civilisation sumérienne. Les taux d’intérêt sont de 33.3 % pour les prêts en grains et 20-25 % pour les prêts en argent-métal. Mais à cette époque, la monnaie n’existe pas encore, on pratique alors l’échange de marchandises, le troc comme base des transactions.

Dès 325 après J.-C., le premier Concile de l’Eglise chrétienne interdit le prêt à intérêt en se référant au texte du Deutéronome 23 : 19-20 : « Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni sur l’argent, ni sur les denrées, ni sur aucune chose qui se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger, mais tu n’en tireras point de ton frère, afin que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas prendre possession. » Ce texte pose un problème au point de vue économique en ne rendant pas égaux les acteurs économiques : on crée ainsi une distorsion entre chrétiens et non-chrétiens, juifs et non-juifs très illustrative du comportement des populations du Moyen Age. Les banquiers lombards contournent la règle en instituant des « contrats de change » et des « contrats de société ». 

Conscients des déviations de la règle et des blocages qui en résultent, Luther, Calvin et Zwingli légitiment les prêts à intérêt au XVIe siècle donnant un avantage considérable aux pays protestants en favorisant le financement des entreprises et des projets économiques leur permettant ainsi de grandir, de se fortifier et de développer plus vite de nouveaux produits et technologies. Au XVIIIe siècle, les pays catholiques lèveront petit à petit cette réprobation morale sur le sujet, mais la culture de ces pays reste encore de nos jours très marquée par cette notion d’argent « péché ».

Pourtant, les Evangiles abordent cette question de l’emprunt d’une manière claire et sans en nier l’existence, bien au contraire. Par exemple, la parabole des talents souligne l’importance d’employer les ressources de manière productive et responsable. 

« Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que j’amasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. » Matthieu 25 : 26-27

D’une préférence à l’autre

Les théories économiques justifient l’existence de l’intérêt. En économie néo-classique, par exemple (fin XIXe et XXe siècles), les agents ont une prédilection pour le présent : ils préfèrent consommer immédiatement plutôt que dans un futur toujours incertain. De ce fait, l’intérêt représente la rémunération pour ne pas consommer immédiatement. En économie keynésienne1, le taux d’intérêt exprime la préférence pour la liquidité : les agents peuvent conserver leur épargne soit sous forme de dépôts monétaires non rémunérés, soit sous forme d’actifs rémunérés. Il faut donc offrir un intérêt positif aux agents qui acceptent de détenir une partie de leur épargne sous une forme moins liquide, notamment en obligations permettant un financement des entreprises.

L’avertissement de saint Paul

Pourtant, la véritable question ne vient pas tant du taux d’intérêt en lui-même, mais de l’exagération qui découle d’une situation jugée avantageuse par les agents économiques aujourd’hui et demain, car elle conduit, du fait d’un excès de confiance, à l’usure et au surendettement et finit par des krachs économiques et financiers (parmi les plus récents : 1929, 1987, 2001-2002, 2008, 2022). D’un point de vue académique, cette exagération a fait l’objet de nombreuses études comportementales et mathématiques : citons les travaux du Professeur Didier Sornette, à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich, qui démontre, par la modélisation mathématique, que tout système physique, économique, démographique lié à une notion de croissance, génère des situations extrêmes (exagération) et finit inévitablement par subir des chocs, parfois brutaux, qui font « éclater la bulle ».

Saint Paul nous met en garde contre cette exagération dans sa lettre aux Romains 13 : 7-8 : « Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt ; le tribut à qui vous devez le tribut ; la crainte à qui vous devez la crainte; l’honneur à qui vous devez l’honneur. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. »

Saint Paul met ainsi l’accent sur les responsabilités des chrétiens envers les autres, au sens le plus large du terme, encourageant l’évitement de l’endettement et le respect des engagements financiers. Ce verset souligne l’importance de l’amour envers son prochain, considéré comme une dette constante et éternelle. Il rappelle également la nécessité de remplir ses obligations financières, comme payer les impôts et éviter de s’endetter.

L’éthique chrétienne du financement

La finance et ses acteurs doivent avant tout se préoccuper de l’objet de leurs actions. De nombreuses déclarations, articles et livres sur le sujet ont été publiés ces dernières années et notamment par les Conseils Pontificaux 2.

En 1996, le Conseil Pontifical Cor Unum écrivait : « La destination universelle des biens implique que l’argent, le pouvoir et la réputation soient recherchés comme des moyens pour : a) Construire des moyens de production de biens et de services qui puissent avoir une réelle utilité sociale et promouvoir le bien commun. b) Partager avec les plus défavorisés, qui incarnent aux yeux de tous les hommes de bonne volonté le besoin de bien commun : ils sont en effet les témoins vivants de la carence de ce bien. Mieux encore, pour les chrétiens, ils sont les enfants chéris de Dieu qui, par eux et en eux, vient nous visiter. […]. »

En juin 2013, le Conseil pontifical Justice et Paix publiait une note intitulée Postures chrétiennes face à la finance dans laquelle il écrivait : « La finance n’est plus organisée autour des défis à relever pour faire avancer le bien commun en favorisant des projets réels et socialement bénéfiques, mais repose sur la logique d’un marché d’actifs perçus comme autant de produits à commercialiser, d’un risque qu’il faut réduire à zéro et du plus grand profit individuel sur le court terme. […] Les choix financiers sont-ils au service d’une dynamique globale ou de notre seule promotion, du bien commun ou de notre seul intérêt privé ? »

Ethique et morale

Enfin dans son livre intitulé Finance catholique, Antoine Cuny de la Verryère présente sept principes financiers catholiques (« princificats ») : prohibition du court-termisme, prohibition des investissements non vertueux, obligation de privilégier l’épargne vertueuse, prohibition des profits injustes, obligation de partage des profits, obligation de transparence, obligation d’exemplarité financière. « La finance chrétienne est une finance éthique qui cumule, à la fois, les critères de la finance durable ou « finance ISR » (ISR = Investissement Socialement Responsable) et ceux de la finance solidaire. En outre, elle ajoute d’autres critères éthiques spécifiques à la religion chrétienne. »

Les questions soulevées par la « finance chrétienne » sont complexes mais, dans tous les cas, il s’agit d’abord de répondre à toute forme d’exagération génératrice de crises et d’appauvrissement. Dans cette optique, concluons avec Clives Staples Lewis : « On ne peut pas rendre les hommes bons par la loi et sans hommes bons, on ne peut pas avoir une bonne société. C’est pourquoi nous devons poursuivre en réfléchissant à la seconde chose : la moralité à l’intérieur de l’individu. »

1 D’après John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique considéré comme le fondateur de la macroéconomie moderne.

2 Les conseils pontificaux sont devenus des dicastères en 2022 avec la nouvelle constitution de la Curie romaine Praedicate Evangelium.

La bourse de New York, symbole de l’excès de confiance, fut au centre de plusieurs krachs financiers.

Le Foyer de Charité de Bex, entre passé et présent

J.-R. Fracheboud en la chapelle du Foyer (en 2015).

Pendant près de 35 ans, l’abbé Jean-René Fracheboud a prêché des retraites au Foyer de Charité de Bex. Depuis le mois de septembre dernier, il a passé la main. C’est le chanoine de Saint-Maurice, Guy Luisier, qui lui a succédé en tant que Père du Foyer. 

Texte proposé par Jean-Michel Moix
Photos : Bernard Hallet/cath.ch

Voici un extrait d’un interview qu’il a donné à ce sujet à Bernard Hallet, pour le site d’information catholique : Cath.ch

Vous avez passé près de 35 ans au Foyer de Charité, qu’est-ce que vous en gardez ? 
Jean-René Fracheboud : Accueillir et rencontrer des « chercheurs de Dieu » a été passionnant. Les gens choisissent de venir au Foyer. D’une manière ou d’une autre, ils portent en eux un désir d’approfondissement de leur vie. Chaque rencontre est unique, le cœur de notre foi est un Dieu qui croit en l’homme, qui est venu le rencontrer, le sauver. J’ai pu vivre d’une manière très concrète cette passion en découvrant que Dieu n’est pas dans les nuages, ni extérieur, mais au cœur de l’humain avec les joies, les peines, les drames.

D’une manière plus concrète, quelle évolution avez-vous observée durant toutes ces années sur les retraitants qui sont passé à Bex ?
L’évolution a été impressionnante. Au début, dans les années 1980 /1990, les gens qui fréquentaient le Foyer avaient un lien avec les communautés paroissiales. On avait à faire à des pratiquants qui éprouvaient régulièrement le besoin de s’arrêter pour éprouver leur mission. Depuis, les assemblées dominicales se sont réduites et les pratiquants réguliers se sont raréfiés. Il y a encore des gens engagés qui éprouvent le besoin de venir en retraite. J’ai observé un véritable glissement vers l’accueil de personnes qui reviennent d’un désert spirituel et qui ont tout à découvrir et qui sont en recherche de sens, de profondeur et de dignité. Cette évolution est très nette. De plus en plus de gens sont venus parce qu’ils étaient marqués par de grandes souffrances, par des problèmes d’identité, des cassures familiales, des difficultés professionnelles. Ils ont été amenés à s’interroger sur leur manière de vivre et la manière de trouver des forces pour continuer à mener le combat de la vie.

Merci Jean-René pour ton engagement de prédicateur au sein du Foyer de Bex : puisse la parole que tu as semée tout au long de ces années, lever et porter de nombreux et bons fruits spirituels !

Le Foyer de Charité de Bex est ouvert depuis 1971.

Petite retraite ignatienne au Foyer de Bex : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024

Le Foyer de Bex accueillera un week-end de ressourcement spirituel pour découvrir les exercices de saint Ignace avec les coopérateurs du Christ-Roi : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024. Enseignements, méditations, lecture de la Bible et discernements spirituels seront animés par le Père Yves Bochatay et le Frère Louis-Marie, CPCR, en collaboration avec les abbés Jérôme Hauswirth, David Roduit et Mgr Jean-Pierre Voutaz. 

Prix : Fr. 195.– par personne

Inscription par mail, à l’adresse : priat@outlook.com

Les talents à faire fructifier

La parabole des talents, vue par Andreï Mironov.

Par François-Xavier Amherdt | Photo: DR

La plupart du temps, quand nous entendons parler de la « parabole des talents », nous pensons spontanément aux qualités dont les uns seraient dotés (les talentueux) plus que les autres. Or, à l’époque, un talent équivalait à une importante somme d’argent que le maître de la parabole remet à ses serviteurs, afin qu’ils en tirent ample profit et la lui rendent avec des bénéfices. En effet, les questions financières sont omniprésentes dans l’Evangile, car c’est souvent le nerf de la guerre : la survie individuelle et la subsistance collective en dépendent.

Si les richesses constituent un danger (cf. Matthieu 19, 23-26), si nous ne pouvons pas servir à la fois Dieu et l’argent (cf. Matthieu 7, 24), et si Jésus nous invite à nous en détacher pour pouvoir le suivre, comme il le demande au jeune homme fortuné (Matthieu 19, 16-22.27-30), l’essentiel est de les faire fructifier dans l’honnêteté pour le bien commun. Peu importe combien de talents nous recevons, ce qui compte, c’est que nous soyons créatifs et pleins d’allant avec ce dont nous disposons. D’ailleurs, les deux premiers serviteurs se voient attribuer la même récompense, alors qu’entre eux, la différence de mise de départ est importante (5 et 2 talents). Cela vaut pour la gestion intelligente, habile et respectueuse des capitaux économiques, politiques et sociétaux, mais aussi pour les biens ecclésiaux. Cela concerne surtout le trésor du Royaume, là où se trouve notre cœur (cf. Matthieu 7, 19-21).

Si nous désirons que le Seigneur nous dise un jour : « Viens, entre dans la joie de ton maître » et nous étreigne pour l’éternité, il convient que nous prenions des risques pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. Le seul reproche qui est fait au troisième serviteur, c’est d’avoir méconnu le visage de son patron et d’avoir eu peur en enterrant son petit magot sous terre. Il l’aurait mis en jeu et se serait donné corps et âme à sa tâche, envers Dieu, ses frères et sœurs et lui-même, avec son unique talent, il aurait aussi vu les portes du ciel s’ouvrir à deux battants devant lui. Donnons-nous donc aux autres sans retenue !

Saint-Valentin: célébrer l’Amour

Le 14 février à la Saint-Valentin, notre société fête l’amour. C’est l’occasion de répondre à cette invitation et célébrer l’Amour au sein du couple. A leurs noces d’or, les jubilaires sont unanimes : l’Amour conjugal n’est pas du « tout cuit ». Il s’apprend, se construit, s’entretient. Chaque couple trouve sa stratégie, son rythme et ses ressources pour prendre soin et nourrir cette relation privilégiée. Voici quelques propositions – non exhaustives – et témoignages de couples de par chez nous.

Par Sandrine et François-Xavier Mayoraz | Photos : Jean-Michel Moix, Pixabay

Saint-Valentin autrement

Proposé depuis trois ans par la Pastorale de la Famille, le concept est tout simple : un souper en tête-à-tête au restaurant et entre chacun des trois plats, une piste de réflexion qui invite à un cœur-à-cœur en couple. Une participante revient sur cette soirée : « La saint Valentin est une excellente excuse pour trouver le temps d’être à deux. L’apéro a permis un échange et un partage avec d’autres couples. Puis, on passe à table pour un souper aux chandelles. J’ai trouvé le matériel de réflexion super, on a pu l’emmener à la maison et le rouvrir durant l’année. » Dans une ambiance romantique, cette Saint-Valentin régale les estomacs et les cœurs. Comme le 14 février est aussi le mercredi des Cendres, la date du souper est anticipée en 2024.
Mercredi 7 février à 19h30 au Labo 1 à Monthey
Prix : Fr. 50.– par personne
Inscription : famille@cath-vs.org

Un week-end de retraite en famille 

Certains couples aspirent à une retraite spirituelle, un temps prolongé à l’écart, de silence et de méditation. Mais caser les enfants, trouver un lieu, gérer la logistique familiale freinent cette envie. Le foyer de Charité à Bex 2 par exemple propose des retraites ciblées pour les couples où les enfants (4-12 ans) bénéficient sur place d’un encadrement adapté. Ainsi, leurs parents profitent de ce temps de ressourcement. Animé par des couples et un prêtre, ce week-end allie réflexions spirituelles et pratiques sur la vie conjugale, temps libres, dialogues et prières.

En équipe

D’autres couples se réunissent mensuellement en petites équipes pour un échange et un partage sur le quotidien. Ces mouvements s’appellent Equipe Notre Dame, Vivre & Aimer ou Vie et Foi 3. Chaque mouvement a sa spécificité et son style. Et tous partagent les mêmes valeurs – amitié, confidentialité, bienveillance – et souhaitent soutenir les couples qui veulent vivre leur amour à la lumière de la foi. Le groupe apporte un élan et devient un espace de confiance. « Avec chaque enfant qui arrivait, on a perdu notre « lien ». C’est pourquoi, on a décidé de rejoindre les END. Ce qui est génial, c’est justement l’équipe : il y a des gens avec plein d’expériences, différents âges. Et fixer nos rendez-vous en équipe nous « force » en quelque sorte à s’organiser et nous consacrer du temps. En parlant des différents sujets, on se « découvre » un peu, de nouveau. Il y a les « points concrets d’effort » propre à chacun – honnêtement, on ne les réalise pas encore entièrement – mais on prend des habitudes petit à petit » explique une trentenaire.

1 Av. de France 5
2 Plusieurs dates sont proposées https://foyer-dents-du-midi.ch/programme/3-jour-pour-couples
3 Présentation sur http://pastorale-famille-sion.ch/pages/mouvements

Extrait du livre « Carnet de route des fiancés », J. Villeminot.

Fin des privilèges

Par Thierry Schelling | Photo : DR

En mars 2023, un tremblement de terre a secoué les parois des palais pontificaux du Vatican. Passée inaperçue sauf dans la presse spécialisée, la mesure est de taille et pourtant si… ordinaire : les cardinaux et autres chefs de dicastères de la Curie romaine devront payer un… loyer !

Ainsi en a décidé François, par le Secrétariat à l’Economie de l’organisme curial. Un rescrit du Préfet, l’Espagnol Maximino Caballero, a ordonné la fin de l’utilisation gratuite des biens immobiliers du Saint-Siège (logements) « pour faire face aux engagements croissants que l’accomplissement du service à l’Eglise universelle et aux nécessiteux exige dans un contexte économique comme celui d’aujourd’hui, d’une gravité particulière », précise le décret.

Comme tout le monde

Désormais, prélats et laïcs engagés par la Curie Romaine et qui logent dans les nombreux édifices appartenant au Saint-Siège, devront s’acquitter d’un loyer, comme tout locataire. Cela ne concerne pas les religieuses et religieux qui eux demeurent dans les maisons des Ordres auxquels ils appartiennent.

Solidarité

En 2021, suite au Covid, le Pape avait réduit le salaire des responsables curiaux, car le budget du Saint-Siège avait été grevé par la pandémie. Le Pape décrit cette mesure comme un « sacrifice extraordinaire ». A noter que le Pape, lui, n’a aucun salaire, mais chaque année fait acte de charité lors de la quête dite « du Denier de Saint-Pierre », qui lui permet d’envoyer de l’argent auprès des nécessiteux du monde entier par l’entremise de son (nouveau) Dicastère du Service de la Charité (l’ancienne Aumônerie Apostolique).

Il y a 10 ans, le pape François était mandaté par les Cardinaux qui l’élurent d’assainir les finances du Saint-Siège et de la Cité du Vatican ; cette mesure est un point (presque) final à cette réussite de mandat. Comme quoi, quand on veut, on peut : il n’y a pas de petites économies…

L’Eglise face aux abus sexuels du clergé

Intro par Jean-Michel Moix

Les cas d’abus sexuels, commis par des membres du clergé, ont fait récemment la « une » de nos journaux, notamment du Nouvelliste, depuis la publication d’une étude de l’université de Zurich, le 12 septembre dernier, étude commandée et financée par l’Eglise catholique suisse. Suite à cette étude, l’émission de la RTS « Mise au point » du 19 novembre a braqué ses projecteurs sur l’abbaye de Saint-Maurice. Le magazine « l’Illustré » du 29 novembre a renchéri et a livré également sa propre enquête. Chaque divulgation charrie comme un torrent de boue qui blesse la foi des fidèles et salit l’Eglise du Christ, « notre Mère » ! Plus que jamais l’Eglise, dans son institution, est confrontée à un devoir de vérité, de justice, de réparation, de réforme intérieure. 

C’est pourquoi nous vous proposons ce texte de l’abbé Paul Martone, porte-parole de notre évêque pour la partie germanophone de notre diocèse de Sion.

L’Eglise, ma Mère

Par l’abbé Paul Martone | Photo : kath.ch

Nous tous, sommes bouleversés par les récits d’abus et d’agressions commis par des agents pastoraux qui ont ainsi trahi tout ce qui était sacré pour eux. Ils ont ainsi blessé physiquement et moralement de nombreuses personnes, et parfois même les ont détruites. Nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour rendre justice aux victimes et prévenir les abus sexuels à l’avenir. 

Ces graves scandales ont pour conséquence de jeter une ombre de suspicion sur tous les prêtres, voire sur l’Eglise en tant que telle. N’oublions cependant pas que l’Eglise n’est pas simplement une vieille institution, mais qu’en elle agit le Christ vivant et ressuscité. Notre espoir et notre joie sont là où le Christ vit. 

C’est ce lien que nous devons remettre au centre. La solution ne se trouve pas dans une modification des structures, la suppression de l’obligation du célibat et l’introduction du sacerdoce féminin. Chacun et chacune d’entre nous, pas seulement les ecclésiastiques, mais tous les chrétiens et chrétiennes doivent entreprendre un véritable chemin de purification et de conversion, vers le Christ crucifié. Cette question est au cœur de l’Evangile. Si l’Eglise perdait de son prestige et de son influence, nous ne devrions pas le regretter, car nous correspondrions peut-être mieux ainsi au plan de Dieu pour elle. 

Mais malgré tout, l’Eglise reste notre mère. Karl Rahner la décrit avec justesse : « L’Eglise est une vieille femme avec beaucoup de rides et de ridules. Mais elle est ma mère. Et on ne frappe pas une mère. » 

Chacun de nous est invité à aimer, à ressentir et à penser avec cette Mère-Eglise : « Non seulement l’Eglise du passé, ni l’Eglise qui n’existe pas encore, mais l’Eglise concrète et présente, dont les rides et les taches doivent être effacées, même par notre humble aide. » (Jean-Paul II pendant sa visite à Sion en 1984)

La première étape pourrait être : sans vouloir minimiser ce qui s’est passé, retrouver le courage de parler de ce que cette mère nous a fait de bien, et de dire pourquoi nous l’aimons malgré tout.

«Mon aîné voulait devenir pape»

A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande. Fabienne Bingler, secrétaire/comptable de la paroisse francophone du Sacré-Cœur de Bâle, ouvre le chemin.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

Quand on lui demande quelle est sa fonction, Fabienne Bingler répond du tac au tac : « Je ne fais pas seulement le secrétariat et la compta, mais m’occupe de plein de choses : l’ouverture de l’église, le rangement de la sacristie. Même la Putzfrau ! » Pour preuve, à l’heure de l’interview, elle bataille avec un chauffage récalcitrant…

L’emploi de la langue de Goethe ne doit rien au hasard. Son employeur est la Paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle, qui compte près de 400 fidèles et trouve son origine dans l’exode de population de 1871 : « Souvent, des jeunes venus à Bâle pour échapper à l’enrôlement dans l’armée prussienne. Il y avait aussi des cheminots alsaciens, ainsi que des Jurassiens et des Valaisans voulant un enseignement religieux dans leur langue. »

Parfaitement bilingue, Fabienne se rappelle très bien la manière dont elle a été embauchée. « C’était deux ans après la naissance de mon premier garçon. Je cherchais un job et j’ai postulé. Etre catholique était un prérequis. Mais ce qui a fait la différence c’est ma souplesse professionnelle. » 

Avouant volontiers être croyante, son métier est, pour elle, un reflet de sa foi en Dieu. « J’ai essayé de la transmettre à mes enfants. Ma mère et moi leur apprenions à prier. Comme je travaillais pour la paroisse, nous allions peut-être un peu plus souvent à la messe que les autres. A l’époque, mon aîné voulait devenir pape. A l’école, quand il dessinait, il mettait des croix partout. Quand la maitresse lui a demandé pourquoi, il a expliqué que c’est parce que je travaillais dans une église. »

La Française d’origine ne dément pas avoir un caractère bien trempé. « Il faut parfois avoir de la patience avec les paroissiens qui pensent que, vu que nous travaillons pour l’Eglise, nous devons être là en permanence. Mon mari n’est pas ravi quand, le dimanche matin, nous sommes dérangés par un téléphone impromptu. Mais j’essaye d’être de bonne humeur et de montrer mes bons côtés. Même mon curé en est souvent étonné (rire) ! »

Fabienne Bingler, 55 ans, secrétaire et aide-comptable depuis mars 2006 à la paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle. Maman de deux garçons de 19 et 13 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

En librairie – décembre 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Paul de Tarse
Daniel Marguerat

Célèbre parmi tous les apôtres, saint Paul est aussi le plus mal connu. On le dit colérique, doctrinaire, antiféministe, hostile au judaïsme. Après le message simple de Jésus, il serait venu tout compliquer avec une théorie obscure du péché… Mais qui a vraiment lu ses lettres ? Qui a deviné l’homme derrière les propos de Paul de Tarse ?

L’originalité du livre de Daniel Marguerat est d’immerger ses écrits dans la vie tumultueuse et passionnée de l’apôtre. Car derrière les textes de ce grand théologien, il y a un homme qui aime, qui lutte, qui peine et qui souffre. Un livre passionnant, qui fait découvrir un Paul peu connu. Sa pensée incandescente fait de lui, aujourd’hui encore, l’enfant terrible du christianisme.

Editions du Seuil

Acheter pour 37.50 CHF

Les 12 inouïs de l’Evangile
François-Xavier Amherdt

A force d’entendre et de réentendre sans cesse les Saintes Ecritures, il se peut que leur puissance créatrice n’atteigne plus nos cœurs et nos consciences. Voici donc douze inouïs de l’Evangile, parmi tant d’autres, douze réalités que nous, croyants et baptisés, n’avons jamais vraiment vues et entendues, malgré les témoins, les saintes et saints au long de l’histoire de l’Eglise. Il s’agit de rendre compte avec douceur et respect, en toute bonne conscience, de l’espérance qui nous habite. Une démarche détonante, inédite, tissée des surprises et des clins d’œil que nous fait l’Esprit pour nous communiquer par heureuse contagion le virus de la joie de l’Evangile.

Editions Parole et Silence

Acheter pour 18.20 CHF

Bien dans ses baskets
Joël Pralong

Qui d’entre nous n’a jamais expérimenté un vide existentiel ? En partant des problématiques qui touchent la jeunesse d’aujourd’hui (hyperactivité, burn-out, hyperémotivité, dépression liée au vide existentiel, angoisse de l’avenir, etc.), Joël Pralong aborde le sujet complexe du vide affectif qui engendre névrose, dépression, mésestime de soi. Face à ce constat, il donne surtout des pistes spirituelles qui rejoignent les problématiques évoquées à partir de ce qui leur est commun et creuse par lui-même un sujet peu traité. Un livre didactique émaillé de témoignages et d’images, qui s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux adultes.

Editions EdB

Acheter pour 19.50 CHF

L’Evangile pour les enfants
Christine Ponsard et Jean-François Kieffer

Dieu, personne ne l’a jamais vu. Pourtant, depuis deux mille ans, retentit cette bonne nouvelle : Dieu s’est fait homme. Jésus qui est Dieu aime avec un cœur d’homme. Lire les évangiles, c’est connaître Jésus et apprendre à aimer comme Lui. Cette bande dessinée permettra à l’enfant de découvrir les plus grands épisodes de l’histoire de Jésus racontés par deux auteurs de talent : Christine Ponsard et Jean-François Kieffer (à partir de 6 ans).

Editions Mame

Acheter pour 20.70 CHF

Pour commander

Rome 2023

Nous étions quelque 130 pèlerins, issus principalement des paroisses de Monthey, Choëx, Collombey et Muraz, à nous être rendus à Rome en pèlerinage du 23 au 27 octobre. 

Par Jean-Michel Moix | Photos : Jean-Michel Moix, Bastien Clerc

Voici quelques impressions glanées au retour de ce pèlerinage : 

« Merci pour ce pèlerinage. J’ai pu voir plein de basiliques et d’églises magnifiques. J’ai également apprécié les explications des guides. » 

« Merci d’avoir pu voir le Pape. »

D’une fille de 13 ans : « J’ai eu du plaisir à venir à Rome avec vous, je me suis faite de bonnes amies. Je suis allée à Rome, seule, avec ma grand-maman et je suis rentrée avec cinq, six amies. Du coup je remercie Dieu et j’ai aimé aller voir le Pape et aussi faire du shopping. »

« Merci d’avoir pu visiter et prier sur les tombeaux et reliques de saint Pierre, saint Barthélemy, saint Clément, sainte Cécile, sainte Agnès, saint Louis de Gonzague ou encore saint Jean Berchmans. »

Sévaz: moment fraternel chaque mardi

Après les messes en semaine, l’heure est au café !

A Sévaz, nous avons la chance d’avoir une petite chapelle. L’avantage est que même si parfois il y a peu de monde, on ne se sent pas perdu. Une bonne ambiance règne entre les fidèles. Le mardi, la tradition de boire le café après la célébration est bien ancrée.

Marie-Antoinette Losey une paroissienne qui aime accueillir.

Par Bernadette von Niederhäusern
Photos : Anita Marmy, Bernadette von Niederhäusern

J’ai eu la chance de vivre ces moments tout d’abord avec Marie-Thérèse Pauchard qui nous a accueillis jusqu’à plus de nonante ans. Son exemple a incité à continuer. Après son décès, Marie-Antoinette Losey s’est spontanément proposée pour prendre le relais. J’ai été à sa rencontre.

Pourquoi vous êtes-vous proposée ? « J’avais de la place et mon mari aimait bien l’ambiance. C’était une joie pour lui, car il recevait la communion. Maintenant qu’il est décédé, cela me permet d’avoir des rencontres. Tous les participants apprécient ce moment de convivialité. » Marie-Antoinette prend soin de nous accueillir chez elle avec des biscuits faits maison. Les participants se partagent les tâches : faire le café, apporter des gâteaux ou autres friandises, faire la vaisselle. Lorsqu’il n’y a pas de messe, on récite le chapelet. Ensuite, on continue avec ce moment de partage chez Mme Losey. On peut dire que nous vivons la communion fraternelle. Pendant le Covid, cela nous manquait. Quelle joie d’aller chez elle, c’est un vrai moment de bonheur! Merci pour cet accueil et cette écoute!

« Roráte, cæli désuper »

Par Simon Roduit | Photo : Pascal Tornay

L’ambiance du temps liturgique de l’Avent nous pousse à l’intériorité, que ce soit par le froid nous incitant à rester tout près de nos cheminées, ou par les messes « rorate » nous plongeant dès le matin dans une atmosphère recueillie et silencieuse. Alors que notre société nous pousse à marche forcée dans un rythme toujours plus rapide telle une averse d’été lors d’un orage du soir, il est bon parfois de ralentir quelque peu, comme les flocons qui tombent et virevoltent au gré de la brise nocturne.

Voici justement qu’un événement de notre paroisse vient nous interpeller : l’anniversaire des 10 ans de l’adoration continue à Martigny, que nous fêterons peu avant Noël. Des noces d’étain pour une présence fidèle auprès du Seigneur, que ce soit dans le silence des nuits hivernales ou au cœur de journées bien remplies. Pour s’arrêter l’espace d’une heure dans une attitude de contemplation silencieuse, il faut souvent un petit temps d’adaptation, un peu comme lorsqu’on approche un mourant sur son lit d’hôpital ou un bébé dans les bras de sa maman. Pour ne pas réveiller le nourrisson ou ne pas brusquer le malade, nous ralentissons notre pas et l’approchons tranquillement, afin de l’habituer à notre présence, de prendre son rythme… Mais ce n’est pas toujours facile : à genoux devant le Saint Sacrement, le tourbillon de nos pensées peut nous rattraper et nous enfermer dans notre monde. Alors la vue de cette petite hostie qui ne bouge pas nous ramène à l’essentiel : « Seigneur, je te confie tous mes soucis, ce monde trop rapide pour moi… »

En ceci consiste la grâce du temps de l’Avent et de Noël : alors que la nature tourne au ralenti, engourdie par le froid, nous sommes invités à revenir à l’essentiel avec des temps réguliers au rythme du Bon Dieu : la messe du dimanche, la prière du soir, le passage dans une chapelle ou un partage biblique… Ainsi, nous parviendrons mieux à nous émerveiller devant ce petit enfant à la crèche, qui viendra si discrètement, comme la rosée le matin.

« Roráte, cæli désuper… » Cieux, faites tomber la rosée, que nous la recevions ; que nous LE recevions dans notre cœur.

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