A la lumière du Christ, être chacun-e une étoile qui guide et éclaire les autres

Par l’abbé Frank Stoll
Photo : Valentin Roduit

« Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui» (Mt 2, 2), dirent les mages en arrivant chez le roi Hérode le Grand. Or, s’ils ont vu l’étoile c’est parce qu’ils se sont mis en quête active du moindre signe dans le ciel qu’ils avaient l’habitude de scruter. A Bethléem, l’étoile s’était arrêtée au-dessus du lieu précis où était l’enfant. Non pas dans un palais mais dans une « maison », non pas auprès d’un roi mais d’un fragile nouveau-né, non pas auprès d’un riche mais d’un pauvre. Pourtant ils ne s’y trompent pas, c’est bien lui qu’ils cherchaient, c’est bien auprès de lui que leur cœur est bouleversé. Enfin ils voient et reconnaissent dans cet enfant, le Sauveur.

Certes, il n’y a pas toujours des signes pour dire Dieu dans le ciel de nos vies mais il suffit d’un seul comme celui qui fut accordé aux mages pour découvrir ce que nous ne pensions pas pouvoir découvrir. Car rencontrer le Christ Jésus, ce n’est pas une fin, c’est toujours un commencement, c’est toujours une naissance ou une renaissance, un chemin nouveau, un chemin fait d’inattendu, un chemin encore inconnu, encore à découvrir. Aussi la rencontre avec le Christ nous pousse toujours vers un ailleurs, guidés non plus simplement par une étoile mais par l’Esprit de Dieu qui nous montre le chemin. Voilà le chemin de la foi, qui ne s’arrête jamais et se renouvelle sans cesse.

Pour la suite de cette année qui s’ouvre, je souhaite à toutes et à tous de continuer avec persévérance et espérance votre marche vers l’inconnu de Dieu, de prononcer les paroles et de poser les gestes qui illuminent le cœur des autres et leur existence, d’être chacun-e des étoiles qui les guident et les éclairent sur les chemins de leur vie, à la lumière du Christ !

La prière la plus courte de la chrétienté: Jésus

Par Martin Filipponi | Photo : DR

Le nom de Jésus a une origine divine, puisque c’est l’archange Gabriel qui a donné à Marie le nom qu’elle devait donner à Jésus : « Voici que tu vas concevoir un enfant, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il dominera sur la maison de Jacob pour toujours, et son règne n’aura pas de fin. » (Luc 1, 31-33) Joseph a également reçu l’attribution du nom de Jésus par un messager de Dieu : « … c’est à lui que tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui rachètera son peuple de ses péchés. » (Matthieu 1, 21)

L’attribution du nom n’était pas sans importance à l’époque de Jésus, car le nom porte en lui-même une signification plus profonde. Ainsi, Anne signifie en hébreu « celle qui est bénie ». Noé représente celui qui apporte le repos. Le nom de Jésus, issu de l’hébreu Yeshua, signifie : « Le Seigneur est salut, il est salut. » Jésus est le nom qui, selon la volonté de Dieu, a été donné à son fils. Jésus est également désigné par le titre de Christ et signifie Messie, l’oint. L’onction était réservée aux rois, aux prêtres et aux prophètes. Par le baptême, chaque chrétien participe à la royauté, à la prêtrise et à la prophétie du Seigneur.

Anciennement dans l’Eglise, on utilisait l’abréviation IHS, qui signifie Iesus Hominum Salvator. Traduit : Jésus, Sauveur des hommes ou interprété populairement comme Jésus, Sauveur, Bienheureux. Une autre interprétation du nom est In Hoc Salus : en lui est le salut ou In Hoc Signo vinces : dans ce signe tu vaincras. La vénération du nom de Jésus a été encouragée par le saint père franciscain et prêtre Bernardin de Sienne (1380-1444). Le monogramme du Christ IHS est utilisé par les jésuites dans les armoiries de leur ordre.

Aujourd’hui, la vénération du nom de Jésus a trouvé sa place dans l’année liturgique et c’est ainsi que toute l’Eglise célèbre le 3 janvier la fête du très saint nom de Jésus. Le verset d’ouverture de la célébration eucharistique est tiré de l’épître aux Philippiens et fait resplendir la puissance du nom de Jésus : « Au nom de Jésus, que toutes les puissances dans les cieux, sur la terre et sous la terre fléchissent le genou, et que toute langue confesse : Seigneur Jésus-Christ dans la gloire de Dieu le Père. » (cf. Ph 2, 10-11)

L’évangéliste Jean renvoie aux paroles de Jésus, qui associe le nom de Jésus à la prière : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète. » Comme le peuple d’Israël, en tant que peuple privilégié, invoque le nom de Dieu, prions le Seigneur en son nom pour la paix dans le monde et dans nos familles. Demandons-le avec confiance et générosité.

Santa Maria Maggiore : l’église mère de Monthey

Extérieur de l’église de Santa Maria Maggiore.

Texte et photos par Jérôme Hauswirth

On est toujours le fils de quelqu’un. Vrai pour les hommes et les femmes de tous les temps. Vrai aussi pour les églises. Notre église paroissiale de Monthey, née en 1851, n’échappe pas à la règle. Elle est fille de Santa Maria Maggiore, dans le val Vigezzo, une des sept vallées latérales du val d’Ossola, une large vallée italienne de la rivière Toce, dans le Piémont, affluent du lac Majeur. 

Le val Vigezzo est connu sous le surnom de « vallée des Peintres » ayant jadis abrité bien des artistes paysagistes ou portraitistes. C’est ainsi que l’édifice actuel de notre église paroissiale de Monthey doit son goût italianisant (exceptionnel dans cette région !) à ces peintres piémontais. 

Sur la route de mes vacances, entre Domodossola et Locarno, en octobre dernier, j’ai assisté à la messe dominicale à Santa Maria Maggiore. J’y ai pris quelques photos. Comme un pèlerin. Avec toute la dévotion qu’un fils doit à sa mère 😊.

2 et 3 décembre 2023: deux nuits illuminées à Muraz

Eglise paroissiale et cure illuminées.

Texte et photos par Jean-Michel Moix

Le village de Muraz a connu une animation nocturne particulière au cours du samedi soir 2 décembre et du dimanche soir 3 décembre 2023. Dans le cadre des 9es nuits valaisannes des images, sous la direction de la fondation Edelweiss, et avec le concours de l’Association du Vieux Collombey-Muraz la place sous l’église a connu une affluence particulière. Différents groupes, chorales, fanfares… s’y sont produits. L’on s’est pressé en outre pour une visite guidée des fouilles archéologiques sous l’église paroissiale de Muraz. Un petit train a emmené les voyageurs pour un « tour du village ». Et au passage l’on pouvait contempler divers édifices illuminés de manière féérique !

La rénovation de l’église paroissiale de Muraz en 1972 a mis à jour dans son sous-sol des vestiges de différents édifices : d’abord d’une villa romaine du Ier siècle, puis d’une seconde villa romaine, puis d’un premier oratoire vers le VIe siècle, puis d’un second oratoire ou chapelle, puis d’une église du XVIIe siècle, puis de l’église démolie à la fin du XIXe siècle.

A partir d’une photo prise lors de la rénovation de l’église en 1972.

Réalisme et mesure

Par Paul H. Dembinski
Photo: cath.ch

L’activité financière au sens étroit du terme recouvre les transactions intertemporelles, celles qui font le pont entre aujourd’hui et demain à l’instar d’un crédit, d’un contrat d’assurance ou d’un investissement boursier ou immobilier. Dans chacun de ces cas, la somme payée ou reçue aujourd’hui est connue, alors que la valeur future de l’actif est incertaine. C’est la raison pour laquelle l’activité financière est parfois qualifiée, de manière imagée, de « commerce de promesses ». Ainsi, comme toute promesse, la finance repose sur la confiance. Sans confiance, pas de finance.

L’attitude chrétienne, en finance, exige de toutes les parties, comme préalable à la confiance, une bonne dose de prudence et de circonspection. Le vendeur de services doit faire attention à ne pas promettre plus qu’on ne peut raisonnablement attendre, alors que l’acheteur doit veiller à ne pas céder au chant des sirènes – aussi doux soit-il – et ne pas se dessaisir de son bon sens. Prudence et circonspection impliquent donc l’humilité et la capacité de renoncer à ce qui apparaît comme trop beau pour être vrai. En un mot – du réalisme et de la mesure. Tout un programme.

La Patronale de Collombey-le-Grand

La chapelle en fête.

Le dimanche le plus proche du 13 novembre, Collombey-le-Grand est en fête pour Notre-Dame des Sept Joies. Cette année encore, la chapelle était pleine des chanteurs du chœur mixte et paroissiens qui sont venus pour se réjouir avec la Vierge Marie. La fête s’est poursuivie toute la journée avec une brisolée sous l’abri bienvenu de la tente près du four. Merci au Fournil de rehausser la fête patronale de ce fraternel repas. Rencontre avec son président Marc Hauswirth qui nous raconte.

Propos rapportés par Valentin Roduit | Photos : Simone Lattion, Association le Fournil

Qu’est-ce que le Fournil ?
Le Fournil est une association née en 2001, mandatée à l’époque par la commune pour déplacer
le four de la grange Pistoletti lors de sa démolition. Le four n’a pas pu être déplacé comme tel, il est parti en poussière quand il a fallu le démonter.

Seule la plaque mentionnant son année de construction 1848 a pu être récupérée.

Ça n’a pourtant pas arrêté le projet citoyen, puisqu’un nouveau four a vu le jour en 2002.

Depuis, l’association continue à faire vivre Collombey-le-Grand.

Comment peut-on faire vivre un village ?
L’association rassemble la population lors de 4 manifestations où le four tourne. A chaque fois, il faut une semaine pour faire chauffer le four progressivement. Puis c’est notre boulanger Henri Vanay qui fait le pain et les gâteaux durant toute une journée. Il est professionnel, il faut bien ça parce qu’il y a du débit… quelque 500 miches pour la fête du pain !

Quelles sont les 4 fêtes de Collombey-le-Grand ?
Il y a la fête du pain le samedi du Jeûne fédéral, le dimanche de la fête patronale, la fenêtre de l’Avent un samedi de décembre et le samedi des Rameaux. A chaque fois, les membres de l’association – une septantaine – sont invités à commander ce qu’ils veulent, et un apéro est organisé près du four. Lors de la patronale, le petit déjeuner est proposé avec le pain du four et la brisolée est offerte aux membres. La fête du pain et la fenêtre de l’Avent sont quant à elles ouvertes au grand public.

Quels sont les défis de votre association ?
Actuellement, ce n’est pas facile de trouver des jeunes pour faire vivre l’association. Il faut toujours s’adapter à notre temps. D’ailleurs, pour l’anecdote, nous avions commencé avec la soupe à Camille, ça marchait bien. Mais maintenant, nous avons dû nous renouveler avec les nouvelles générations et nous proposons des hamburgers, lors de la fête du pain.

Hommage à Camille Chervaz (à droite), membre fondateur du Fournil décédé en automne 2022.

Devenir membre du Fournil ?

Bienvenue parmi nous, contactez Marc au 079 565 13 36.

Vous trouvez d’autres infos sur le site de la commune : https://www.collombey-muraz.ch/commune/fournil-2646.html

Finance chrétienne

Les dons : une source de financement pour l’Eglise. Qui prendra soin de ne pas blesser autrui par son action financière.

La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise).

Par Pierre Guillemin | Photos : DR, Flickr, PxHere

Le Vatican dispose d’un Conseil pontifical Justice et Paix.

Si l’on cherche le fil directeur de la pensée chrétienne appliquée à la finance, ce sera la volonté constante de ne pas blesser autrui par son action financière directe (l’usure par exemple) ou indirecte (environnement, pollution, conditions de travail…).

Le taux d’intérêt

Les taux d’intérêt sont les piliers de la vie économique : ils affectent l’ensemble des agents économiques comme les entreprises, les banques, les administrations et les individus. 

Historiquement, le crédit à intérêt est présent dès 3000 ans av. J.-C. : on retrouve trace de telles pratiques dans la civilisation sumérienne. Les taux d’intérêt sont de 33.3 % pour les prêts en grains et 20-25 % pour les prêts en argent-métal. Mais à cette époque, la monnaie n’existe pas encore, on pratique alors l’échange de marchandises, le troc comme base des transactions.

Dès 325 après J.-C., le premier Concile de l’Eglise chrétienne interdit le prêt à intérêt en se référant au texte du Deutéronome 23 : 19-20 : « Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni sur l’argent, ni sur les denrées, ni sur aucune chose qui se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger, mais tu n’en tireras point de ton frère, afin que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas prendre possession. » Ce texte pose un problème au point de vue économique en ne rendant pas égaux les acteurs économiques : on crée ainsi une distorsion entre chrétiens et non-chrétiens, juifs et non-juifs très illustrative du comportement des populations du Moyen Age. Les banquiers lombards contournent la règle en instituant des « contrats de change » et des « contrats de société ». 

Conscients des déviations de la règle et des blocages qui en résultent, Luther, Calvin et Zwingli légitiment les prêts à intérêt au XVIe siècle donnant un avantage considérable aux pays protestants en favorisant le financement des entreprises et des projets économiques leur permettant ainsi de grandir, de se fortifier et de développer plus vite de nouveaux produits et technologies. Au XVIIIe siècle, les pays catholiques lèveront petit à petit cette réprobation morale sur le sujet, mais la culture de ces pays reste encore de nos jours très marquée par cette notion d’argent « péché ».

Pourtant, les Evangiles abordent cette question de l’emprunt d’une manière claire et sans en nier l’existence, bien au contraire. Par exemple, la parabole des talents souligne l’importance d’employer les ressources de manière productive et responsable. 

« Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que j’amasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. » Matthieu 25 : 26-27

D’une préférence à l’autre

Les théories économiques justifient l’existence de l’intérêt. En économie néo-classique, par exemple (fin XIXe et XXe siècles), les agents ont une prédilection pour le présent : ils préfèrent consommer immédiatement plutôt que dans un futur toujours incertain. De ce fait, l’intérêt représente la rémunération pour ne pas consommer immédiatement. En économie keynésienne1, le taux d’intérêt exprime la préférence pour la liquidité : les agents peuvent conserver leur épargne soit sous forme de dépôts monétaires non rémunérés, soit sous forme d’actifs rémunérés. Il faut donc offrir un intérêt positif aux agents qui acceptent de détenir une partie de leur épargne sous une forme moins liquide, notamment en obligations permettant un financement des entreprises.

L’avertissement de saint Paul

Pourtant, la véritable question ne vient pas tant du taux d’intérêt en lui-même, mais de l’exagération qui découle d’une situation jugée avantageuse par les agents économiques aujourd’hui et demain, car elle conduit, du fait d’un excès de confiance, à l’usure et au surendettement et finit par des krachs économiques et financiers (parmi les plus récents : 1929, 1987, 2001-2002, 2008, 2022). D’un point de vue académique, cette exagération a fait l’objet de nombreuses études comportementales et mathématiques : citons les travaux du Professeur Didier Sornette, à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich, qui démontre, par la modélisation mathématique, que tout système physique, économique, démographique lié à une notion de croissance, génère des situations extrêmes (exagération) et finit inévitablement par subir des chocs, parfois brutaux, qui font « éclater la bulle ».

Saint Paul nous met en garde contre cette exagération dans sa lettre aux Romains 13 : 7-8 : « Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt ; le tribut à qui vous devez le tribut ; la crainte à qui vous devez la crainte; l’honneur à qui vous devez l’honneur. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. »

Saint Paul met ainsi l’accent sur les responsabilités des chrétiens envers les autres, au sens le plus large du terme, encourageant l’évitement de l’endettement et le respect des engagements financiers. Ce verset souligne l’importance de l’amour envers son prochain, considéré comme une dette constante et éternelle. Il rappelle également la nécessité de remplir ses obligations financières, comme payer les impôts et éviter de s’endetter.

L’éthique chrétienne du financement

La finance et ses acteurs doivent avant tout se préoccuper de l’objet de leurs actions. De nombreuses déclarations, articles et livres sur le sujet ont été publiés ces dernières années et notamment par les Conseils Pontificaux 2.

En 1996, le Conseil Pontifical Cor Unum écrivait : « La destination universelle des biens implique que l’argent, le pouvoir et la réputation soient recherchés comme des moyens pour : a) Construire des moyens de production de biens et de services qui puissent avoir une réelle utilité sociale et promouvoir le bien commun. b) Partager avec les plus défavorisés, qui incarnent aux yeux de tous les hommes de bonne volonté le besoin de bien commun : ils sont en effet les témoins vivants de la carence de ce bien. Mieux encore, pour les chrétiens, ils sont les enfants chéris de Dieu qui, par eux et en eux, vient nous visiter. […]. »

En juin 2013, le Conseil pontifical Justice et Paix publiait une note intitulée Postures chrétiennes face à la finance dans laquelle il écrivait : « La finance n’est plus organisée autour des défis à relever pour faire avancer le bien commun en favorisant des projets réels et socialement bénéfiques, mais repose sur la logique d’un marché d’actifs perçus comme autant de produits à commercialiser, d’un risque qu’il faut réduire à zéro et du plus grand profit individuel sur le court terme. […] Les choix financiers sont-ils au service d’une dynamique globale ou de notre seule promotion, du bien commun ou de notre seul intérêt privé ? »

Ethique et morale

Enfin dans son livre intitulé Finance catholique, Antoine Cuny de la Verryère présente sept principes financiers catholiques (« princificats ») : prohibition du court-termisme, prohibition des investissements non vertueux, obligation de privilégier l’épargne vertueuse, prohibition des profits injustes, obligation de partage des profits, obligation de transparence, obligation d’exemplarité financière. « La finance chrétienne est une finance éthique qui cumule, à la fois, les critères de la finance durable ou « finance ISR » (ISR = Investissement Socialement Responsable) et ceux de la finance solidaire. En outre, elle ajoute d’autres critères éthiques spécifiques à la religion chrétienne. »

Les questions soulevées par la « finance chrétienne » sont complexes mais, dans tous les cas, il s’agit d’abord de répondre à toute forme d’exagération génératrice de crises et d’appauvrissement. Dans cette optique, concluons avec Clives Staples Lewis : « On ne peut pas rendre les hommes bons par la loi et sans hommes bons, on ne peut pas avoir une bonne société. C’est pourquoi nous devons poursuivre en réfléchissant à la seconde chose : la moralité à l’intérieur de l’individu. »

1 D’après John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique considéré comme le fondateur de la macroéconomie moderne.

2 Les conseils pontificaux sont devenus des dicastères en 2022 avec la nouvelle constitution de la Curie romaine Praedicate Evangelium.

La bourse de New York, symbole de l’excès de confiance, fut au centre de plusieurs krachs financiers.

Le Foyer de Charité de Bex, entre passé et présent

J.-R. Fracheboud en la chapelle du Foyer (en 2015).

Pendant près de 35 ans, l’abbé Jean-René Fracheboud a prêché des retraites au Foyer de Charité de Bex. Depuis le mois de septembre dernier, il a passé la main. C’est le chanoine de Saint-Maurice, Guy Luisier, qui lui a succédé en tant que Père du Foyer. 

Texte proposé par Jean-Michel Moix
Photos : Bernard Hallet/cath.ch

Voici un extrait d’un interview qu’il a donné à ce sujet à Bernard Hallet, pour le site d’information catholique : Cath.ch

Vous avez passé près de 35 ans au Foyer de Charité, qu’est-ce que vous en gardez ? 
Jean-René Fracheboud : Accueillir et rencontrer des « chercheurs de Dieu » a été passionnant. Les gens choisissent de venir au Foyer. D’une manière ou d’une autre, ils portent en eux un désir d’approfondissement de leur vie. Chaque rencontre est unique, le cœur de notre foi est un Dieu qui croit en l’homme, qui est venu le rencontrer, le sauver. J’ai pu vivre d’une manière très concrète cette passion en découvrant que Dieu n’est pas dans les nuages, ni extérieur, mais au cœur de l’humain avec les joies, les peines, les drames.

D’une manière plus concrète, quelle évolution avez-vous observée durant toutes ces années sur les retraitants qui sont passé à Bex ?
L’évolution a été impressionnante. Au début, dans les années 1980 /1990, les gens qui fréquentaient le Foyer avaient un lien avec les communautés paroissiales. On avait à faire à des pratiquants qui éprouvaient régulièrement le besoin de s’arrêter pour éprouver leur mission. Depuis, les assemblées dominicales se sont réduites et les pratiquants réguliers se sont raréfiés. Il y a encore des gens engagés qui éprouvent le besoin de venir en retraite. J’ai observé un véritable glissement vers l’accueil de personnes qui reviennent d’un désert spirituel et qui ont tout à découvrir et qui sont en recherche de sens, de profondeur et de dignité. Cette évolution est très nette. De plus en plus de gens sont venus parce qu’ils étaient marqués par de grandes souffrances, par des problèmes d’identité, des cassures familiales, des difficultés professionnelles. Ils ont été amenés à s’interroger sur leur manière de vivre et la manière de trouver des forces pour continuer à mener le combat de la vie.

Merci Jean-René pour ton engagement de prédicateur au sein du Foyer de Bex : puisse la parole que tu as semée tout au long de ces années, lever et porter de nombreux et bons fruits spirituels !

Le Foyer de Charité de Bex est ouvert depuis 1971.

Petite retraite ignatienne au Foyer de Bex : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024

Le Foyer de Bex accueillera un week-end de ressourcement spirituel pour découvrir les exercices de saint Ignace avec les coopérateurs du Christ-Roi : du vendredi 8 mars (19h) au dimanche 10 mars (14h) 2024. Enseignements, méditations, lecture de la Bible et discernements spirituels seront animés par le Père Yves Bochatay et le Frère Louis-Marie, CPCR, en collaboration avec les abbés Jérôme Hauswirth, David Roduit et Mgr Jean-Pierre Voutaz. 

Prix : Fr. 195.– par personne

Inscription par mail, à l’adresse : priat@outlook.com

«Mon aîné voulait devenir pape»

A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande. Fabienne Bingler, secrétaire/comptable de la paroisse francophone du Sacré-Cœur de Bâle, ouvre le chemin.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

Quand on lui demande quelle est sa fonction, Fabienne Bingler répond du tac au tac : « Je ne fais pas seulement le secrétariat et la compta, mais m’occupe de plein de choses : l’ouverture de l’église, le rangement de la sacristie. Même la Putzfrau ! » Pour preuve, à l’heure de l’interview, elle bataille avec un chauffage récalcitrant…

L’emploi de la langue de Goethe ne doit rien au hasard. Son employeur est la Paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle, qui compte près de 400 fidèles et trouve son origine dans l’exode de population de 1871 : « Souvent, des jeunes venus à Bâle pour échapper à l’enrôlement dans l’armée prussienne. Il y avait aussi des cheminots alsaciens, ainsi que des Jurassiens et des Valaisans voulant un enseignement religieux dans leur langue. »

Parfaitement bilingue, Fabienne se rappelle très bien la manière dont elle a été embauchée. « C’était deux ans après la naissance de mon premier garçon. Je cherchais un job et j’ai postulé. Etre catholique était un prérequis. Mais ce qui a fait la différence c’est ma souplesse professionnelle. » 

Avouant volontiers être croyante, son métier est, pour elle, un reflet de sa foi en Dieu. « J’ai essayé de la transmettre à mes enfants. Ma mère et moi leur apprenions à prier. Comme je travaillais pour la paroisse, nous allions peut-être un peu plus souvent à la messe que les autres. A l’époque, mon aîné voulait devenir pape. A l’école, quand il dessinait, il mettait des croix partout. Quand la maitresse lui a demandé pourquoi, il a expliqué que c’est parce que je travaillais dans une église. »

La Française d’origine ne dément pas avoir un caractère bien trempé. « Il faut parfois avoir de la patience avec les paroissiens qui pensent que, vu que nous travaillons pour l’Eglise, nous devons être là en permanence. Mon mari n’est pas ravi quand, le dimanche matin, nous sommes dérangés par un téléphone impromptu. Mais j’essaye d’être de bonne humeur et de montrer mes bons côtés. Même mon curé en est souvent étonné (rire) ! »

Fabienne Bingler, 55 ans, secrétaire et aide-comptable depuis mars 2006 à la paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle. Maman de deux garçons de 19 et 13 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

L’énergie

Le soleil, source de l’énergie qui alimente notre planète.

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

L’énergie désigne « la capacité à effectuer des transformations ». Toute action requiert de l’énergie : le fait de se déplacer, de se chauffer, de fabriquer des objets et même de vivre. L’énergie est là, dans notre quotidien. Mais qu’est-ce que l’énergie ?

L’énergie, en physique, est une propriété fondamentale de l’univers. Elle est définie comme l’aptitude ou la capacité à effectuer un travail ou à produire un changement dans un système. L’énergie se présente sous différentes formes et constitue un concept clé pour comprendre le comportement du monde physique. La chose la plus importante
à savoir sur l’énergie est la loi de conservation de l’énergie, qui stipule que l’énergie ne peut être ni créée ni détruite. C’est-à-dire que l’énergie totale d’un système fermé reste constante ; en d’autres termes, l’énergie ne peut ni disparaître ni naître et ne peut que passer d’une forme à une autre. Ce principe est l’un des concepts fondamentaux
de la physique.

Par exemple, lorsque nous soulevons un objet, nous transférons l’énergie de nos muscles à l’objet que nous manipulons.

Schématiquement, l’énergie apparaît sous les formes suivantes :
• l’énergie thermique, qui génère de la chaleur ;
• l’énergie électrique ou électro magnétique, qui fait circuler les particules – électrons – dans les fils électriques ;
• l’énergie mécanique, qui permet de déplacer des objets ;
• l’énergie chimique, qui lie les atomes dans les molécules ;
• l’énergie de rayonnement ou lumineuse, qui génère de la lumière ;
• l’énergie musculaire qui fait bouger les muscles.

Selon les dernières estimations des scientifiques, le début de la maîtrise des sources d’énergie par l’Homme remonte à 400’000 ans av. J-C. A l’époque, l’Homme apprend à maîtriser le feu (énergie thermique). Puis, plus tard, il démultiplie sa force en utilisant l’énergie fournie par des matériaux sous-tension (arc), il apprend à maîtriser le vent, l’eau conduisant à la création de moulins. Avec l’ère industrielle, l’Homme commence à exploiter des ressources fossiles (charbon, puis pétrole et gaz) et à développer des machines qui vont lui permettre de produire davantage et de meilleure qualité. 

Mais puisque nous avons besoin de tant d’énergie pour accomplir nos tâches quotidiennes, n’oublions pas les mots de saint Paul aux Ephésiens : « Puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. »

Deux nouveaux chevaliers de Saint-André

Drapeau de Saint-André.

Lors de la messe de la patronale de la Saint-André, le dimanche 26 novembre, deux paroissiens ont été élevés au rang de « chevaliers de Saint-André » en raison de leur engagement au service de la communauté paroissiale de Muraz. Il s’agit de Simone Genolet et Bernard Fournier. Petite présentation.

Texte et photos par Jean-Michel Moix

Simone Genolet

Originaire de Lyon, en France voisine, Simone poursuit une formation dans la confection de la fourrure. En 1963 elle se marie avec René Genolet. Ils habitent tout d’abord à Monthey puis ils viennent s’établir à Muraz en 1974. 

Dans son quartier de la ville de Lyon, Simone connaissait le « Prado », institution fondée à l’origine par le Père Chevrier pour l’éducation des enfants pauvres et en danger. Et Simone s’inspirera toute sa vie de l’esprit du « Prado » pour s’engager au service de la société et de l’Eglise. Elle intègre ainsi les Samaritains pendant de longues années. Déjà à l’église de Monthey, puis ensuite sur Muraz, Simone est une fidèle lectrice aux messes dominicales. Avec l’appui du curé Etienne Margelisch, elle intègre l’équipe des auxiliaires de l’Eucharistie : portant fidèlement la communion, chaque vendredi, aux villageois de Muraz ou d’Illarsaz, puis également chaque mardi aux patients de l’hôpital de Monthey, et ensuite encore aux résidents de La Charmaie. A l’époque du curé André Dubuis, elle participe aux réunions de l’ACO (Action Catholique Ouvrière), faisant la connaissance au passage de l’abbé Gabriel Carron, à qui elle rendra visite plus tard en Argentine, à Santa Fe. 

Sur le plan plus personnel, Simone se dévoue auprès de sa fille Fabienne, qui souffre d’un lourd handicap. Elle-même est éprouvée à présent par des soucis de santé.

Merci Simone pour toutes ces années au service de la Paroisse de Muraz, notamment comme auxiliaire de l’Eucharistie, comme lectrice, ou encore comme membre de la Chorale !

Bernard Fournier

Natif de Monthey, Bernard Fournier est venu s’établir à Collombey-le-Grand, avec sa femme Monique. Outre son emploi principal à la Ciba, puis à Syngenta comme laborantin, Bernard est devenu un passionné de la photo. On lui doit en particulier les tableaux du chemin de croix de Rovra (reproduits à partir du chemin de croix de l’église de Muraz). On lui doit aussi les tableaux du chemin de croix de l’église de Collombey (reproduits à partir des vitraux de l’église de Bex). La paroisse lui est en outre reconnaissante pour les photos lors de la dernière restauration de l’église de Muraz ainsi que lors des pèlerinages à Rome ou en Bretagne.

Son engouement pour la photo remonte à sa jeunesse, lorsqu’il s’est intéressé au domaine de l’astronomie. S’étant fabriqué un télescope, il s’est mis à la photo en prenant des prises de vue de la lune, des planètes… puis il a collaboré avec des photographes de Monthey. Il a connu l’époque du développement des photos en chambre noir, avec « l’argentique ». Par la suite, avec l’évolution technologique, il est venu au numérique, et travaille aujourd’hui avec des programmes informatiques tels que « Photoshop ». Il est ainsi capable de restaurer une photo à partir d’une photo dégradée ou déchirée. Il peut aussi tirer un poster à partir d’une simple carte postale. 

Merci Bernard d’immortaliser ainsi des moments forts de la vie de nos paroisses de Muraz et de Collombey !

 

Cugy: un nouvel élan pour la Confrérie Saint Eloi

Les membres de la Confrérie Saint Eloi de Cugy ont connu un jour de liesse en ce dimanche du 15 octobre puisqu’elle a marqué le centenaire de son drapeau en faisant bénir une nouvelle bannière. Organisme qui date du Moyen-Age, cette confrérie s’est donné un nouveau gouverneur et remet sa devise – « Fais ce que dois » – à l’ordre du jour.

Le nouveau gouverneur, Alexandre Bersier, durant son allocution.

Par Claude Jenny
Photos : André Bise

Constituée entre 1455 et 1525, la confrérie sise dans le périmètre Cugy-Vesin, était autrefois réservée aux honorables du lieu et fonctionnait comme une mutuelle en manifestant son aide au prochain, notamment durant les épidémies de peste, expliqua Patrick Chuard, vice-gouverneur, lors de sa présentation aux participants de la dernière assemblée de la paroisse Saint-Laurent Estavayer. Il faut savoir que saint Eloi était à l’époque très populaire, autant que saint Nicolas, relate notre confrère.

Nouveau gouverneur, nouvel aumônier

Patron des orfèvres et plus largement de tous les métiers liés au travail du fer – par exemple les maréchaux-ferrants – Saint Eloi est une confrérie attachée à sa devise qui figure évidemment en bonne place sur le nouveau drapeau béni le 15 octobre lors de la messe dominicale. Forte actuellement d’une quinzaine de membres, elle s’est donné un nouveau gouverneur en la personne d’Alexandre Bersier qui a succédé à Daniel Bersier ainsi qu’un nouvel aumônier, l’abbé Nicolas Glasson remplaçant le Père Jean Richoz, ancien prêtre résidant à Cugy. C’est lui qui a béni le nouveau drapeau en présence des membres de la confrérie. « Nous voulons être fidèles à notre dimension chrétienne en étant actifs au service des personnes âgées de notre communauté locale» explique le nouveau gouverneur.

« Donner du temps pour les autres »

« Nous voulons tout simplement donner du temps pour les autres en consacrant régulièrement quelques heures pour aller rendre visite aux anciens de la commune de Cugy-Vesin, chez eux ou en EMS » explique Alexandre Bersier. « Ce faisant nous sommes fidèles à notre devise – «  Fais ce que dois  » – en vivant des moments de partage. Les rencontres que nous avons vécues récemment nous confortent dans le bien-fondé de notre démarche » ajoute-t-il. 

A l’heure où c’est plutôt le « Fais ce que tu veux » qui résonne dans la société, la bénédiction du nouveau drapeau a été une belle occasion de montrer la raison d’être d’une confrérie qui honore un saint à qui une chapelle est d’ailleurs dédiée à l’entrée de la ville d’Estavayer-le-lac.

La confrérie de Saint Eloi de Cugy posant devant l’église avec sa nouvelle bannière.

Saints par fidélité à «leur» pays

Début 2018, le diocèse d’Alger a engagé un processus de béatification englobant les 19 martyrs de la guerre civile algérienne, indissociables les uns des autres, en un signe de témoignage de foi commun. Le 8 décembre de cette même année, l’Algérie a célébré la première béatification en pays majoritairement musulman.

Par Myriam Bettens | Photo : cath.ch/Bernard Hallet

La décennie noire débute en 1991 en Algérie. Le gouvernement vient d’annuler les élections législatives durant lesquelles les résultats du Front islamique du salut (FIS) laissent clairement augurer une victoire et le risque de la mise en place d’une république islamique. Une guérilla islamiste émerge alors rapidement et dirige ses attaques contre les civils. 

L’Eglise catholique algérienne n’est pas épargnée. Composée essentiellement de catholiques non autochtones, elle devient la cible de groupes terroristes. Même menacés, ces religieux ne souhaitent pas quitter le pays. Ils se sentent « Algériens » et refusent d’abandonner « leur » peuple. Entre 1994 et 1996, dix-neuf religieux, dont Mgr Claverie et les tragiquement célèbres moines de Tibhirine, paient de leur vie cet attachement indissoluble. 

Signe riche de sens

Ils sont reconnus martyrs par le pape François le 26 janvier 2018, ce qui conduit à leur béatification le 8 décembre de la même année en la chapelle de Santa Cruz à Oran. Le lieu de cette célébration n’a pas été laissé au hasard. Pierre Claverie, alors évêque d’Oran, a été tué dans la nuit du 1er août 1996 par une bombe placée contre la porte de l’évêché. Son chauffeur, un jeune musulman de Sidi Bel Abbès, Mohamed Bouchikhi, était allé le chercher à l’aéroport cette nuit-là. Les deux hommes sont morts ensemble. « Ce signe du sang mêlé est riche de sens et le choix de la ville d’Oran est là pour le signifier », révélait l’évêque d’Oran en poste en 2018 au quotidien El Watan. 

Cette béatification, en terres majoritairement musulmanes, aurait pu être perçue comme la mise en avant par l’Eglise de « ses » martyrs au détriment des nombreuses autres victimes. Or l’accueil a été très positif, autant par la presse que par les autorités civiles et religieuses algériennes. Le matin même, la Grande mosquée d’Oran avait rendu hommage aux bienheureux et aux cent quatorze imams qui se sont élevés contre le terrorisme, en un témoignage de communion interreligieuse.

Patronale à Monthey: messe prêchée par le chanoine Simone Previte

Par Sandrine Mayoraz | Photo : F.-X. Mayoraz

Le 8 décembre, l’Eglise fête l’Immaculée Conception. Pour la paroisse de Monthey, c’est la Patronale et selon la tradition locale, en ce jour de Solennité, on invite un prédicateur, souvent un chanoine de l’abbaye de Saint-Maurice. Cette année, c’est un jeune prêtre, le chanoine Simone Previte qui nous prêchera sur ce thème qui nous tient à cœur, Marie dans son Immaculée Conception. D’origine italienne par ses deux parents, il est né à Monthey et a vécu à Massongex et à Epinassey avant de rejoindre l’Abbaye. Après avoir prononcé ses vœux perpétuels, il a été ordonné diacre, le 8 décembre 2022 et prêtre le 10 juin 2023. 

Lully: le chœur mixte a fêté ses 80 ans

Le chœur mixte de Lully a fêté début octobre les 80 ans de son existence. Une journée de réjouissances pour marquer cet anniversaire fêté par les 22 chanteuses et chanteurs et la communauté paroissiale.

Par Claude Jenny
Photo : LDD

Dirigé par Sarah Fontaine, de Châtillon depuis une décennie, le chœur mixte de Lully a fêté cet anniversaire en pleine préparation des Céciliennes de la mi-novembre : « Oui, nous sommes en pleine préparation ! Nous participerons au concert en nous joignant au chœur de Fétigny-Ménières – que je dirige également – et à celui de Cugy » explique la directrice. En temps normal, le chœur de Lully anime une fois par mois la messe dominicale ainsi que lors des grandes fêtes. Ce sera le cas pour la messe de minuit à  Noël. « Nous animerons également le dîner des aînés mais nous avons renoncé cette année à préparer un concert de l’Avent en raison des Céciliennes » explique Sarah Fontaine.

Le chœur mixte de Lully est né pendant la dernière guerre, en 1943. « Mais un chœur d’hommes existait bien avant ! Il a été créé il y a 200 ans mais c’est en 1943 que les dames ont été acceptées dans la chorale » raconte le président Olivier Pochon. Et pour l’anecdote, si les dames avaient depuis lors le droit de chanter, elles n’avaient par contre pas le droit de prendre part à la course annuelle…

En librairie – décembre 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Paul de Tarse
Daniel Marguerat

Célèbre parmi tous les apôtres, saint Paul est aussi le plus mal connu. On le dit colérique, doctrinaire, antiféministe, hostile au judaïsme. Après le message simple de Jésus, il serait venu tout compliquer avec une théorie obscure du péché… Mais qui a vraiment lu ses lettres ? Qui a deviné l’homme derrière les propos de Paul de Tarse ?

L’originalité du livre de Daniel Marguerat est d’immerger ses écrits dans la vie tumultueuse et passionnée de l’apôtre. Car derrière les textes de ce grand théologien, il y a un homme qui aime, qui lutte, qui peine et qui souffre. Un livre passionnant, qui fait découvrir un Paul peu connu. Sa pensée incandescente fait de lui, aujourd’hui encore, l’enfant terrible du christianisme.

Editions du Seuil

Acheter pour 37.50 CHF

Les 12 inouïs de l’Evangile
François-Xavier Amherdt

A force d’entendre et de réentendre sans cesse les Saintes Ecritures, il se peut que leur puissance créatrice n’atteigne plus nos cœurs et nos consciences. Voici donc douze inouïs de l’Evangile, parmi tant d’autres, douze réalités que nous, croyants et baptisés, n’avons jamais vraiment vues et entendues, malgré les témoins, les saintes et saints au long de l’histoire de l’Eglise. Il s’agit de rendre compte avec douceur et respect, en toute bonne conscience, de l’espérance qui nous habite. Une démarche détonante, inédite, tissée des surprises et des clins d’œil que nous fait l’Esprit pour nous communiquer par heureuse contagion le virus de la joie de l’Evangile.

Editions Parole et Silence

Acheter pour 18.20 CHF

Bien dans ses baskets
Joël Pralong

Qui d’entre nous n’a jamais expérimenté un vide existentiel ? En partant des problématiques qui touchent la jeunesse d’aujourd’hui (hyperactivité, burn-out, hyperémotivité, dépression liée au vide existentiel, angoisse de l’avenir, etc.), Joël Pralong aborde le sujet complexe du vide affectif qui engendre névrose, dépression, mésestime de soi. Face à ce constat, il donne surtout des pistes spirituelles qui rejoignent les problématiques évoquées à partir de ce qui leur est commun et creuse par lui-même un sujet peu traité. Un livre didactique émaillé de témoignages et d’images, qui s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux adultes.

Editions EdB

Acheter pour 19.50 CHF

L’Evangile pour les enfants
Christine Ponsard et Jean-François Kieffer

Dieu, personne ne l’a jamais vu. Pourtant, depuis deux mille ans, retentit cette bonne nouvelle : Dieu s’est fait homme. Jésus qui est Dieu aime avec un cœur d’homme. Lire les évangiles, c’est connaître Jésus et apprendre à aimer comme Lui. Cette bande dessinée permettra à l’enfant de découvrir les plus grands épisodes de l’histoire de Jésus racontés par deux auteurs de talent : Christine Ponsard et Jean-François Kieffer (à partir de 6 ans).

Editions Mame

Acheter pour 20.70 CHF

Pour commander

Rome 2023

Nous étions quelque 130 pèlerins, issus principalement des paroisses de Monthey, Choëx, Collombey et Muraz, à nous être rendus à Rome en pèlerinage du 23 au 27 octobre. 

Par Jean-Michel Moix | Photos : Jean-Michel Moix, Bastien Clerc

Voici quelques impressions glanées au retour de ce pèlerinage : 

« Merci pour ce pèlerinage. J’ai pu voir plein de basiliques et d’églises magnifiques. J’ai également apprécié les explications des guides. » 

« Merci d’avoir pu voir le Pape. »

D’une fille de 13 ans : « J’ai eu du plaisir à venir à Rome avec vous, je me suis faite de bonnes amies. Je suis allée à Rome, seule, avec ma grand-maman et je suis rentrée avec cinq, six amies. Du coup je remercie Dieu et j’ai aimé aller voir le Pape et aussi faire du shopping. »

« Merci d’avoir pu visiter et prier sur les tombeaux et reliques de saint Pierre, saint Barthélemy, saint Clément, sainte Cécile, sainte Agnès, saint Louis de Gonzague ou encore saint Jean Berchmans. »

Sévaz: moment fraternel chaque mardi

Après les messes en semaine, l’heure est au café !

A Sévaz, nous avons la chance d’avoir une petite chapelle. L’avantage est que même si parfois il y a peu de monde, on ne se sent pas perdu. Une bonne ambiance règne entre les fidèles. Le mardi, la tradition de boire le café après la célébration est bien ancrée.

Marie-Antoinette Losey une paroissienne qui aime accueillir.

Par Bernadette von Niederhäusern
Photos : Anita Marmy, Bernadette von Niederhäusern

J’ai eu la chance de vivre ces moments tout d’abord avec Marie-Thérèse Pauchard qui nous a accueillis jusqu’à plus de nonante ans. Son exemple a incité à continuer. Après son décès, Marie-Antoinette Losey s’est spontanément proposée pour prendre le relais. J’ai été à sa rencontre.

Pourquoi vous êtes-vous proposée ? « J’avais de la place et mon mari aimait bien l’ambiance. C’était une joie pour lui, car il recevait la communion. Maintenant qu’il est décédé, cela me permet d’avoir des rencontres. Tous les participants apprécient ce moment de convivialité. » Marie-Antoinette prend soin de nous accueillir chez elle avec des biscuits faits maison. Les participants se partagent les tâches : faire le café, apporter des gâteaux ou autres friandises, faire la vaisselle. Lorsqu’il n’y a pas de messe, on récite le chapelet. Ensuite, on continue avec ce moment de partage chez Mme Losey. On peut dire que nous vivons la communion fraternelle. Pendant le Covid, cela nous manquait. Quelle joie d’aller chez elle, c’est un vrai moment de bonheur! Merci pour cet accueil et cette écoute!

« Roráte, cæli désuper »

Par Simon Roduit | Photo : Pascal Tornay

L’ambiance du temps liturgique de l’Avent nous pousse à l’intériorité, que ce soit par le froid nous incitant à rester tout près de nos cheminées, ou par les messes « rorate » nous plongeant dès le matin dans une atmosphère recueillie et silencieuse. Alors que notre société nous pousse à marche forcée dans un rythme toujours plus rapide telle une averse d’été lors d’un orage du soir, il est bon parfois de ralentir quelque peu, comme les flocons qui tombent et virevoltent au gré de la brise nocturne.

Voici justement qu’un événement de notre paroisse vient nous interpeller : l’anniversaire des 10 ans de l’adoration continue à Martigny, que nous fêterons peu avant Noël. Des noces d’étain pour une présence fidèle auprès du Seigneur, que ce soit dans le silence des nuits hivernales ou au cœur de journées bien remplies. Pour s’arrêter l’espace d’une heure dans une attitude de contemplation silencieuse, il faut souvent un petit temps d’adaptation, un peu comme lorsqu’on approche un mourant sur son lit d’hôpital ou un bébé dans les bras de sa maman. Pour ne pas réveiller le nourrisson ou ne pas brusquer le malade, nous ralentissons notre pas et l’approchons tranquillement, afin de l’habituer à notre présence, de prendre son rythme… Mais ce n’est pas toujours facile : à genoux devant le Saint Sacrement, le tourbillon de nos pensées peut nous rattraper et nous enfermer dans notre monde. Alors la vue de cette petite hostie qui ne bouge pas nous ramène à l’essentiel : « Seigneur, je te confie tous mes soucis, ce monde trop rapide pour moi… »

En ceci consiste la grâce du temps de l’Avent et de Noël : alors que la nature tourne au ralenti, engourdie par le froid, nous sommes invités à revenir à l’essentiel avec des temps réguliers au rythme du Bon Dieu : la messe du dimanche, la prière du soir, le passage dans une chapelle ou un partage biblique… Ainsi, nous parviendrons mieux à nous émerveiller devant ce petit enfant à la crèche, qui viendra si discrètement, comme la rosée le matin.

« Roráte, cæli désuper… » Cieux, faites tomber la rosée, que nous la recevions ; que nous LE recevions dans notre cœur.

Noël: le sapin, la couronne, quatre bougies et les cadeaux!

Des traditions de Noël qui bercent nos enfances et nos enfants. D’où viennent-elles ? On s’interroge sur les origines de nos traditions et sur ce qu’elles nous disent autour de cette fête…

Par Sandrine Mayoraz
Illustrations : DR

Contrairement aux idées reçues ces symboles ne sont ni bibliques, ni inventés par les chrétiens. Ils sont liés aux fêtes religieuses païennes du solstice d’hiver ! Mais les chrétiens leur ont donné une signification nouvelle pour honorer Jésus.

Le Sapin

Notre sapin, rendu célèbre par sa chanson est souvent un épicéa ! Dans l’Antiquité, l’épicéa était le symbole de l’enfantement. Vert au milieu d’une nature froide et morte, ce conifère manifeste la vie et l’espérance. Ainsi, notre beau sapin est repris par les chrétiens comme l’arbre de Noël, symbole de l’enfantement de Jésus. 

A l’origine, on y suspendait des pommes. En 1858, à la suite d’un hiver rigoureux qui a affecté les récoltes, un artisan verrier a eu l’idée de créer la boule de Noël telle que nous la connaissons aujourd’hui.

La couronne 

Au cœur de l’hiver, voyant les jours diminuer, nos ancêtres craignent que le soleil disparaisse pour toujours. Alors ils ornent leur porte d’une couronne pour évoquer le soleil et appeler son retour. Le cercle est aussi un symbole très ancien de la vie éternelle et rappelle le cycle des saisons. 

Pour les chrétiens, cette couronne va signifier que c’est Jésus la lumière véritable qui éclaire nos vies et que Jésus va revenir. L’Avent n’est donc pas seulement l’attente avant Noël, mais aussi l’attente du Retour glorieux du Christ.

Les quatre bougies de l’Avent

Quand la couronne n’est pas suspendue à la porte, mais posée sur une table, on lui ajoute quatre bougies. 

Quatre comme les quatre semaines qui nous séparent de Noël. Elles sont allumées chaque dimanche. Elles évoquent aussi les quatre grandes étapes de l’Alliance de Dieu qui ont précédé la venue de Jésus.

1. Le pardon accordé à Adam et Eve ;
2. La foi d’Abraham et des patriarches croyant en la Terre promise ;
3. La joie de David en alliance avec Dieu ;
4. L’enseignement des prophètes annonçant un règne de justice et de paix.

Les cadeaux !

Enfin, incontournables et parfois controversés : les cadeaux. 

Dans la Rome antique, offrir des cadeaux aux enfants était un geste sacré qui rappelait que les dieux eux-mêmes avaient reçu des cadeaux dans leur enfance. Cette tradition était profonde et spirituelle. Au Moyen Age, l’Eglise légitime cette pratique en évoquant les présents apportés par les Mages. Attribués plus tard à saint Nicolas, évêque de Myre, les cadeaux sont distribués en fin d’année : le 6 décembre, à Noël ou à l’Epiphanie selon les pays.

Les cadeaux font partie de Noël aujourd’hui. Sources de joie et de partage, ils égayent cette nuit particulière où l’humanité a reçu le plus précieux des cadeaux : la naissance de son Sauveur.

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